Nuits de Fourvière : le Groupe Acrobatique de Tanger en forme(s) éclatante(s)

Cirque | Après Chouf ouchouf et Halka, le Groupe Acrobatique de Tanger revient à Lyon, aux Nuits de Fourvière, plus coloré que jamais !

Nadja Pobel | Lundi 5 juillet 2021

Photo : © Philippe Fleury


Réveille-toi ! Voici la traduction de ce FIQ ! que le Groupe Acrobatique de Tanger porte haut en couleurs et dans l'espace pour donner un aperçu de l'état de la jeunesse marocaine : dynamique et révoltée.

Mais plus encore, cette troupe s'exprime par ses gestes. Aux acrobates qui perpétuent la tradition millénaire marocaine des pyramides humaines, s'ajoutent quelques recrues issues du foot freestyle, taekwondo ou du hip-hop avec le DJ le plus en vue du pays, DJ Key. Ils sont saisissants aussi parce que le photographe Hassan Hajjaj les a habillé et a signé la scénographie en mêlant ses couleurs éclatantes qui surgissent du noir initial tout au long de ces 75 minutes.

Pour donner une colonne vertébrale à toutes ces énergies, la directrice de ce collectif Sanae El Kamouni continue à s'entourer des meilleurs avec cette fois-ci Maroussia Diaz Verbèke. Cette spécialiste de la corde volante y est créditée, ainsi qu'elle le souhaite, de ce joli néologisme qu'elle a inventé : circographe. Car ce n'est ici ni de la chorégraphie appliquée à la danse, ni de la mise en scène de théâtre : FIQ ! est une réelle incarnation de l'art circassien.

Groupe Acrobatique de Tanger, FIQ !
Aux Nuits de Fourvière les jeudi 15 et vendredi 16 juillet à 21h45 ; 15€/29€


FiQ ! (Réveille-toi !)

Par le Groupe acrobatique de Tanger & Maroussia Diaz Verbèke
Théâtres romains de Fourvière 6 rue de l'Antiquaille Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Magali Chabroud : « ouvrir l’imaginaire sur la ville »

Art de la Rue | Dans la ville, sous vos fenêtres, gratuitement, les compagnies d’art de la rue frayent et regardent la ville autrement. BlÖffique pose un regard poétique et politique sur nos lieux de vie. Sa fondatrice Magali Chabroud évoque pour nous ces aventures.

Nadja Pobel | Mardi 24 septembre 2019

Magali Chabroud : « ouvrir l’imaginaire sur la ville »

D’où vient ce drôle de nom de votre compagnie, blÖffique, créée en 2006 ? Magali Chabroud : C’est un mot inventé par Samuel Daiber Ernest, auteur d’art brut qui a fabriqué son propre langage à l’intérieur du français. Quand il n’avait pas suffisamment de mots qui lui convenait pour décrire son univers, il en rajoutait tout en continuant à construire ses phrases sur le mode grammatical que l’on connait. Du coup, ça fait une écoute à trou pour le spectateur : on doit compléter avec son imagination, parfois on n’est pas très sûr de ce qu’il veut dire. C’est assez fondateur de notre travail. Le spectateur est vraiment un partenaire de la construction du sens des spectacles qu’on fait. Dans la langue de Daiber, ce mot blöffique est équivalent à "machin" ou "truc". C’est un mot-valise qui lui sert à beaucoup de choses, qui peut prendre plein d’identités différentes, un mot caméléon. Nous lui avons ajouté une majuscule pour attirer l’attention comme dans notre dernier spectacle

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Le cirque : double tours et double lieux

Festival d'Alba | Dix ans pour le Pôle cirque de l'Ardèche. Autant pour le Festival d'Alba. Et voilà que les deux entités pilotées par Alain Reynaud se réunissent pour co-accueillir la crème de cette discipline toujours plus alléchante.

Nadja Pobel | Mardi 19 juin 2018

Le cirque : double tours et double lieux

Voici au moins un ruissellement qui fonctionne, qui plus est, au bénéfice de tous. La Cascade, pôle national de cirque comme la France en compte quatorze sur le territoire, mais un seul dans cette immense région Rhône-Alpes Auvergne, a fêté ce printemps ses dix ans d'existence. À l'époque, le label national ne lui était pas encore accolé, et pour cause, le Ministère ne les inventa qu'en 2010. Mais déjà Alain Reynaud et Claire Peysson (compagnies Les Nouveaux Nez & Cie et Les Colporteurs) pallient le manque de lieux de travail. Un outil, à Bourg-Saint-Andéol, est alors ouvert aux professionnels pour la création, la diffusion (étape de création) ou la formation (stages, mais pas d'école) qui aujourd'hui encore – faute de structures suffisantes dans les environs - a des délais d'attente pour l'occupation des salles de douze à dix-huit mois ! En parallèle de la Cascade se crée le Festival d'Alba, 30 km au nord, et à l'ouest de Montélimar. Étape reconnue en France pour les circassiens, ce rendez-vous de six jours mérite bien un décroché de la voisine Avignon. Et pour la première fois de son histoire, i

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Illuminations du printemps

Poésie | Pour sa seconde édition, le Magnifique Printemps fait la part belle à Rimbaud et se place sous le signe ô combien enchanteur de l'ardeur.

Nadja Pobel | Mardi 6 mars 2018

Illuminations du printemps

« Dévalent les eaux / abondantes / écumeuses / cette force de vie / qu'affirment / ces deux peupliers / dressés sur le ciel / toutes amarres rompues / partir partir / cet éclat rouge / qui a fusé / là-bas / ces formes incertaines » (Trouver la source, 2000) Si Charles Juliet – prix Goncourt de la poésie - n'est pas l'auteur le plus allègre qui soit, il est certainement l'un de ceux qui a su le mieux sortir des ténèbres. Il est donc, via ce texte, tout à fait à sa place, avec 90 confrères et consœurs, dans cet ABC poétique du vivre plus, sous-titre un poil trop à la mode d'une belle anthologie dédiée à l’ardeur et pilotée conjointement par Bruno Doucet et Thierry Renard. Cet ouvrage est le viatique de ce 20e printemps des poètes, décliné sur le thème de l'ardeur également et qui, à Lyon et dans la métropole, est devenu depuis l'an dernier le Magnifique Printemps, regroupant cette manifestation nationale et la Semaine de la langue française et de la francophonie. À voix haute Plus de quarante ren

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Avril en vrille, un festival bigarré

SCENES | Un grand week-end pour fêter le printemps avec des spectacles et des activités en famille : c’est le programme acidulé et croustillant d’Avril en vrille.

Lisa Dumoulin | Vendredi 24 mars 2017

Avril en vrille, un festival bigarré

Pour la deuxième édition du festival Avril en vrille du 30 mars au 2 avril, Les Subsistances renouent avec la forme des grands week-ends de quatre jours si chère à leur coeur. Quatre jours donc pour fêter le printemps en ouvrant le site - exceptionnel rappelons-le : à flanc de falaise, les pieds baignant dans la Saône et étoffé des jolis bâtiments abritant l’école nationale supérieure des Beaux-Arts. Une invitation conviviale à profiter de l’extérieur avec au programme : des spectacles gratuits en plein air pour toute la famille, un cours de danse géant, des ateliers coloriage ou collage avec des graphistes pour les enfants et les grands... Et une curiosité à ne pas manquer : la visite insolite des Subsistances par Magali Chabroud et le Blöffique théâtre. Son travail axé sur la création de formes théâtrales dans des lieux non dédiés à la représentation comme des immeubles, des squares, l’espace public en général, l'a amené à proposer Ce qui subsiste, brève histoire d’ici, une visite invitant à créer une brèche de fiction dans le quotidien.

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Patrick Chamoiseau invité d'honneur du Printemps des poètes

Poésie | Décentrons notre regard d'une Europe et d'États-Unis agonisants dans leurs démocraties en bout de course, et attardons-nous sur le Printemps des poètes pour ainsi lorgner vers l'Afrique, vers un printemps annoncé comme magnifique.

Nadja Pobel | Mardi 7 mars 2017

Patrick Chamoiseau invité d'honneur du Printemps des poètes

Il y a bien sûr le père Léopold Sédar Senghor, mis en exergue de ce Printemps des poètes couplé cette année à la Semaine de la Langue Française et de la Francophonie, réunissant ainsi sous l'appelation Magnifique printemps ! deux événements qui traditionnellement s’enchaînent pour dire au fond la même chose : les mots doivent être portés à la connaissance de tous et les écrivains venir à la rencontre de leur public. Scander dans un même mouvement que les poètes et l'Afrique sont vivants vaut bien de longs discours sur la politique culturelle dont nos futurs élus se fendent (ou pas). Alors, l'Espace Pandora, aux manettes, continue durant cette quinzaine à faire ce travail de terrain fondamental et militant qu'elle fait toute l'année : inscrire le poète dans la ville comme avec l'Algéroise Samira Negrouche qui clôturera la manifestation le 22 mars avec le Kanak Denis Pourawa. Plein sud Le parrain et l'invité d'honneur Lyonel Trouillot et Patrick Chamoiseau s'uniront en ouverture, le 11 mars pour une

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Des pains et du je

MUSIQUES | Emmené par le charismatique Arm, Psykick Lyrikah produit depuis plus de dix ans une musique affranchie et signifiante, où la combativité du hip hop le dispute à l'amertume du rock instrumental. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 4 février 2014

Des pains et du je

Tout a commencé par une silhouette. Celle d'un narrateur shakespearien en jean et hoodie, dénombrant «mille bruits, certes sanglants, à enfouir sous mille quêtes de soi, quelques milles crimes» les yeux clos, le visage indistinguable et le corps immobile, à l'exception d'une main droite fendant la pénombre telle une lame. La pièce s'appelait Hamlet / Thème et variations, elle était l'œuvre du metteur en scène David Gauchard - oui, celui dont nous louons saison après saison le travail, fut-il une relecture multimédia d'un classique élisabéthain ou la reprise à l'os d'un drame russe plein de bruit et de fureur - et on y faisait la connaissance, médusé, de Arm, MC magnétique dont la diction de grand inquisiteur condamnait à la fadeur ses camarades de plateau. De la même façon que la musique qu'il enregistre depuis cette époque, autrement dit depuis une bonne décennie, à la tête de l'entité Psykick Lyrikah, surclasse en tous points le reste de la production rapologique du pays. Avec laquelle elle ne partage pourtant rien d'autre que des racines goudronnées.  Kick-it like Arm Son verbe, acide et introspectif, on le

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Bal des nations

SCENES | «Il faut prendre les choses comme elles sont. On ne fait pas de politique autrement que sur des réalités. On peut sauter sur sa chaise comme un cabri en (...)

Nadja Pobel | Jeudi 2 janvier 2014

Bal des nations

«Il faut prendre les choses comme elles sont. On ne fait pas de politique autrement que sur des réalités. On peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l’Europe ! L’Europe ! L’Europe ! Mais ça n’aboutit à rien !» déclarait le Général de Gaulle à l’ORTF en 1965. Lui qui proclama un peu vite le Québec libre deux ans plus tard aurait pu être un bon ambassadeur de ce à quoi s’essaye chaque année le metteur en scène Nino D’Introna avec le festival Ré-génération : donner une consistance théâtrale à l’Europe (et au Québec). Au programme de sa huitième édition : douze projets par onze compagnies (avec parfois des alliances, comme celle des Québécois de Petites Âmes et des Français de Grain Troussebœuf pour Pomme, spectacle d'objets réalisé à partir de haïkus). Fidèle à certains artistes, le festival permettra notamment à la troupe grenobloise des Gentils de présenter une petite forme autour d’Alice au pays des merveilles (Et que vive la Reine !), aux Italiens de la Compagnia Rodisio de venir danser Ode à la vie avec un couple âgé au plateau et aux espagnols du Maduixa Teatre de montrer un travail inspiré du poète Joan Brossa,

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Cannes, à la Vie, à l’amour…

ECRANS | En couronnant ce qui est incontestablement le meilleur film de la compétition, "La Vie d’Adèle" d’Abdellatif Kechiche, Steven Spielberg et son jury ont posé un beau point final à un 66e festival de Cannes passionnant en son centre, sinon dans ses périphéries. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 27 mai 2013

Cannes, à la Vie, à l’amour…

Y croyait-on vraiment ? Imaginait-on Steven Spielberg se lever de sa chaise durant la cérémonie du palmarès cannois pour annoncer, du haut de sa stature de cinéaste mondialement reconnu et présentement président du jury, la Palme à La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche, chef-d’œuvre du naturalisme à la française relatant la passion entre Adèle et Emma à coups de grands blocs de réalité réinventée, des premiers regards à la dernière étreinte en passant par de longs moments d’intimité physique ? C’est pourtant ce qui s’est passé, et on en est encore ému. Car si La Vie d’Adèle n’était pas notre film préféré de la compétition — on dira lequel plus tard — c’était d’évidence le meilleur, le plus incontestablement ample et abouti, le plus furieusement contemporain, que ce soit dans sa matière romanesque, ses personnages ou son dispositif. Kechiche est aujourd’hui l’héritier direct de Pialat, même s’il développe aussi sa propre singularité et même si, avec ce film-là, il dévoile sa part la moins sombre, la plus solaire, comme une antithèse absolue de son précédent et terrible

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Cannes ou le petit air des (h)auteurs

ECRANS | Le festival de Cannes a à peine commencé, et il est déjà temps de pointer les déceptions et les bonnes surprises de sa sélection qui, une fois n’est pas coutume, ne sont pas là où on les attendait. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 17 mai 2013

Cannes ou le petit air des (h)auteurs

Bizarre, bizarre. Alors qu’on attaquait plutôt confiant ce 66e festival de Cannes, sa compétition nous a assez vite brinquebalé d’un sentiment à l’autre, au point de ne plus savoir dès le troisième jour à quel saint se vouer. Ainsi, que pouvait-on attendre du Gatsby le magnifique signé Baz Luhrmann en ouverture ? Pas grand-chose, sinon un film tapis rouge calibré pour monopoliser l’attention et garantir le minimum festif pour lancer la grand-messe cannoise. Surprise, Gatsby vaut infiniment plus que cela, et Luhrmann a réussi à s’emparer de manière fort pertinente du roman de Fitzgerald, cherchant à travers les ruptures de sa mise en scène à en capter les humeurs. De l’euphorie 3D pleine d’anachronismes pop de la première partie à la progressive nudité d’une seconde heure qui plonge dans le mélodrame, mais surtout dans le spleen et les regrets, Gatsby le magnifique enchante et déchante en deux temps et, bien sûr, beaucoup de mouvements — à commencer par ceux, parfaitement dosés, d’un impressionnant Leonardo Di Caprio. À l’inverse, on pouvait légitimement espérer de Fra

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Gatsby le magnifique

ECRANS | Cinéaste de l’imagerie pop, Baz Luhrmann surprend agréablement en trouvant la puissance romanesque nécessaire pour transposer le Gatsby de Fitzgerald. Et trouve en Di Caprio un acteur à la hauteur du personnage. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 15 mai 2013

Gatsby le magnifique

Gatsby le magnifique version Baz Luhrmann ressemble, dans sa première heure, à ce que l’on pouvait en attendre. Ou presque. Le réalisateur de Moulin Rouge retrouve ce qui a fait sa marque  - c’est loin d’être un défaut en période de standardisation : promenade pop à l’intérieur d’une époque à coups de grands mouvements de caméra impossibles, anachronismes musicaux, jeu sur les surfaces et sur la profondeur faisant ressembler sa mise en scène à un livre pop up, et le film dans son entier à un carnaval pop. L’ajout de la 3D intensifie tous ses partis pris – comme si le cinéma de Luhrmann avait toujours désiré cet artifice, mais pouvait enfin en avoir la jouissance – et il serait facile de ne voir là qu’épate visuelle et pyrotechnie gratuite. Mais que raconte Gatsby le magnifique sinon l’histoire d’un homme qui use et abuse de cette pyrotechnie pour attirer l’attention d’une seule personne, et qui déploie un faste sans égal pour mieux disparaître, se fondre dans la masse et faire oublier qui il est vraiment. En cela, Luhrmann a sans doute trouvé un sujet idéal, et ce n’est pas un hasard s’i

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Jouer à Shakespeare

SCENES | David Gauchard termine sa trilogie shakespearienne sur une note résolument optimiste. Avec "Le Songe d’une nuit d’été", il convoque à nouveau la vidéo et une bande son (pop) pour dynamiser ce texte complexe et loufoque. Musique, maestro ! Nadja Pobel (avec Aurélien Martinez)

Nadja Pobel | Vendredi 27 janvier 2012

Jouer à Shakespeare

Il y a eu Hamlet / Thème et variations pour questionner l’héritage et l’importance des choix. Puis un Richard III sombre (et génialement incarné par le granitique Vincent Gourion) pour restituer une réflexion politique sur le pouvoir. Déjà deux claques saluées à chaque fois dans nos colonnes. Non content de faire du théâtre, David Gauchard et sa compagnie L'Unijambiste y adjoignaient de la vidéo et de la musique à haute dose. Le trio hip-hop Abstrackt Keal Agram, Robert le Magnifique et Psykick Lyrikah pour Hamlet auxquels se rajoutait Olivier Mellano (guitariste de Dominique A ou Miossec entre autres) sur Richard III. Plus de live avec Le Songe mais une bande son à tomber par terre (et d’ailleurs éditée) avec sur scène le beatboxer Laurent Duprat et toujours Robert le Magnifique, Thomas Poli et Laetitia Shériff aux commandes. La méthode (qu

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Politique (science) fiction

CONNAITRE | Ciné-concert / Promenez-vous autour de la gare de Perrache (en vous rendant au Marché Gare, par exemple), et vous verrez sous certains ponts des tentes de (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 30 septembre 2011

Politique (science) fiction

Ciné-concert / Promenez-vous autour de la gare de Perrache (en vous rendant au Marché Gare, par exemple), et vous verrez sous certains ponts des tentes de fortunes où s’abritent les exclus de la société libérale et productiviste. Achetez votre quotidien national le matin, et lisez-y le récit de la dernière intervention policière pour démonter un camp de gens du voyage installés au cœur d’une grande ville française. Allumez votre télévision, et regardez le dernier divertissement de Marc-Olivier Fogiel vous expliquant avec son sourire Colgate fresh que la réussite tient au nombre d’entrées et que l’échec se mesure à vos maigres revenus. Ensuite, allez voir le ciné-concert de Robert Le Magnifique autour du film de John Carpenter They Live (dont le titre français, Invasion Los Angeles, est une honte !). Vous y verrez un ouvrier du bâtiment débarquer à Los Angeles avec ses outils sous le bras (musclé), se faire jeter un peu de partout parce que «c’est la crise», trouver refuge dans un bidonville posé au pied des buildings, avant d’assister, impuissant, à son démantèlement par un assaut particulièrement violent des forces de sécurité. Ce serait déjà troublant, mais Carpenter, alors (1

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