Des Invites pleines de surprises

CONNAITRE | De la bonne musique, le haut du panier des arts de la rue et surtout un esprit festif, associatif et généreux. Voilà de quoi va se parer Villeurbanne du 19 au 22 juin pour les traditionnelles Invites, 12èmes du nom. Revue de détail. Nadja Pobel et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 18 avril 2013

Sous-titré «festival pas pareil», les Invites sont effectivement en constante évolution et (ré)invention. Cette année, c'est sur le thème de la mer et en se révélant encore plus centrée que d'habitude sur le jeune public que la fête réinvestira Villeurbanne. Le parc de la Commune étant abandonné depuis trois ans, c'est en effet en centre-ville que se déroulera de nouveau le cœur de la manifestation, entre la place Lazare-Goujon et le parc du centre, de part et d'autre du cours Émile Zola, au niveau de la station de métro Gratte-ciel.

La compagnie Délices Dada fera des visites de la cité avec toujours autant de truculence et d'impertinence ; De Fakto proposera une création hip hop autour du Petit bal perdu chanté par Bourvil et chorégraphié par Découflé. La Constellation présentera elle aussi sa création de l'année, Outside, sorte d'opéra rock adapté au plein air. Bien d'autres propositions artistiques sont à découvrir au fil des rues - certaines, les impromptus, ne sont d'ailleurs pas encore annoncées et se dévoileront pendant le festival, à limage de fausses masterclasses de théâtre pilotées par François Rolin et Fred Tousch.

Côté musique, la programmation se révèle être l'une des plus punchy et branchées («dans le bon sens du terme», pour reprendre les termes de Patrice Papelard, le directeur) que l'événement ait connu. Elle verra notamment se succéder, à la Doua principalement, Lewis Floyd Henry, musicien de rue londonien dont on ne cesse de se demander s'il n'est pas le frère caché et loser de Jimi Hendrix, Skip & Die, excentrique formation sud-africaine aussi qui, à coups d'hymnes politisés où le dubstep le dispute aux musiques traditionnelles, a récemment retourné l'Épicerie Moderne, La Femme, la formation hexagonale la plus hype du moment (à raison, tant le concert mi-fantomatique mi-déjanté qu'elle a donné au Kao la semaine passée fut impressionnant) et l'increvable Rachid Taha.

Reste que le plus beau dans l'histoire est que toutes ces réjouissances (récapitulées dans notre agenda), une fois n'est pas coutume, seront gratuites. Prends ça la crise !

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Woodstower dévoile sa programmation 2021

Festival | Réservez votre fin août, la programmation de Woodstower est tombée : beaucoup de musique (rock, pop, rap, soul, musiques urbaines, électro, découvertes...) et pas mal de stand-up. Revue d'effectifs.

Stéphane Duchêne | Mercredi 19 mai 2021

Woodstower dévoile sa programmation 2021

Après nous avoir annoncé et expliqué la tenue de son édition limitée — en présentiel —, Woodstower vient d'en livrer le plat de résistance, à savoir sa programmation artistique. Laquelle débutera le mardi 24 août avec une soirée résolument pop : où l'on pourra accueillir dans La Grande Prairie prévue à cet effet, les Lyonnais d'Arche, petite troupe psychédélique très en vue au dernier Ninkasi Music Lab, la très cinématographique P.R2B et ce qui se fait de mieux en matière de branchitude frenchy par les temps qui courent : L'impératrice et Feu! Chatterton — dont le dernier album vaut, il faut bien le dire, son pesant de Moderna. Le lendemain, mercredi 25 août, ce sera musiques dites urbaines, bien urbaines, dans la plaine, avec là encore du Ninkasi Musik laborantin, ou plutôt laborantine, Elina Jones qui donne d'ailleurs plutôt dans le funk-soul, mais aussi le phénomène Yseult et deux apôtres du parler-chanter Abd Al Malik et Gaël Faye. Urbanité toujours le 26 aoû

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Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

Festival | Et si le monde d'après commençait le 25 juin en l'antique théâtre de Vienne avec pour bande-son un peu (beaucoup) de jazz ? Alors que sonne la débandade au royaume des festivals estivaux, Jazz à Vienne veut y croire en dévoilant une programmation à l'ancienne avec de vrais musiciens à présenter à un public en chair et en os. Les promesses n'engageant que ceux qui y croient, eh bien on y croit. Un peu.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 avril 2021

 Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

18 soirées, trois hommages, huit cartes blanches, voilà ce que nous promet Jazz à Vienne pour son édition 2021 placée sous le signe de la « relance », du « combat », et de la « générosité ». Il faudra au moins ça pour que le festival débute bien le 23 juin (prochain, pas 2022) et se termine comme une fleur le 10 juillet. Ça, de bonnes doses de vaccins et accessoirement de chance aussi. Car quand on dit « voilà ce que nous promet Jazz à Vienne », il faut bien admettre qu'il s'agit davantage d'un vœu pieu déguisé en promesse de la part d'un événement malgré tout conscient du caractère incertain de l'avenir quand on se trimballe un présent pareil. Mais enfin bon puisque programmation il y a, alors parlons de programmation sans nous attarder, ça nous changera, sur les moyens de la mettre sur scène cet été et devant un public avec ça. Tout commencerait donc le 23 juin avec une soirée qui commence à trouver le temps long puisque déjà prévue pour l'an dernier : celle de l'ouverture qui accueillera le petit fiancé de Jazz à Vienne, Jamie Cullum, et

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Traces : histoires de migrations

Biennale | Il était une fois un bailleur social lyonnais, Aralis, qui voulait rendre visible les enjeux de l’immigration. Vingt ans plus tard, la Biennale Traces a considérablement grandi et propose 150 temps forts sur toute la région pendant deux mois. Dont trois jours dédiés à Carte de Séjour et Rachid Taha.

Nadja Pobel | Mercredi 7 octobre 2020

Traces : histoires de migrations

Le programme est dense. Impossible à résumer, tant cette Biennale Traces est au carrefour de différentes composantes : l’approche culturelle et artistique, les sciences sociales et les actions militantes. Pour raconter quoi ? Des histoires d’immigration, de migrations. « Au départ, il était question de la mémoire des immigrés venus participer à la reconstruction industrielle de la France, ils étaient un peu oubliés. Puis le terme a glissé et le discours public s’est mis à parler des "migrants" vers 2015, 2016 » analyse Marina Chauliac, « avec un léger précédent au moment du Printemps arabe où la figure du migrant devient médiatique » complète Philippe Hanus. « Désormais les gens passent, traversent et surtout ce n’est plus une migration de travail. L’enjeu est la place qu’on leur fait, où on les héberge » poursuivent ces deux chercheurs, elle en anthropologie, lui en Histoire — qui sont aussi membres du bureau de l'association Traces. Ces gars de Rillieux Cette Biennale n’a pas vocation à enchaîner les colloques. « La

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Joan Bennett, actrice pour Fritz Lang

Institut Lumière | Elle aurait soufflé 110 bougies en cette nouvelle année, marquant également les trente ans de sa disparition. La notoriété de Joan Bennett (1910-1990) se (...)

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Joan Bennett, actrice pour Fritz Lang

Elle aurait soufflé 110 bougies en cette nouvelle année, marquant également les trente ans de sa disparition. La notoriété de Joan Bennett (1910-1990) se dilue sans doute aujourd’hui dans les replis du temps ; toutefois cette grande star des temps jadis demeure indissociable de la période américaine de Fritz Lang dont la rétrospective se poursuit gaillardement à l’Institut Lumière. On le vérifiera avec deux des quatre films qu’ils tournèrent ensemble durant les prolifiques années 1940, La Femme au portrait (1944) et Le Secret derrière la porte (1948). Deux films noirs imprégnés de références psychanalytiques — l’une des marottes de Lang, aficionado de Freud — où elle révèle des visages très opposés. Le premier film fait étrangement écho au Laura de Preminger, tourné la même année, ayant également trait à la fascination d’un homme pour un visage entrevu sur un tableau. Mais chez Lang, Bennett incarne une femme fat

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Le feu Taha

Hommage | Soirée hommage au Périscope consacrée à la figure toujours incandescente de Rachid Taha, avec en point d'orgue, une lecture musicale d'un texte signé Brigitte Giraud.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 octobre 2019

Le feu Taha

Alors que la scène lyonnaise s'apprête à panthéoniser Hubert Mounier sur un disque hommage collectif et un concert en grande pompe pas du tout funèbre, se prépare au Périscope une soirée qui, d'une autre manière, ravivera la mémoire de l'autre grand Lyonnais du rock, Rachid Taha, décédé soudainement il y a tout juste un an, quelques jours avant un concert doublement anniversaire qui s'annonçait radieux. Un événement multicartes, sous la bannière à rallonge "Lyon brûle-t-il ? : Musique, contestation et quartiers populaires, autour de l'histoire du groupe Carte de Séjour et de Rachid Taha". D'abord, écoute, projection et discussion : des membres du groupe et l'historien Philippe Hanus décortiqueront le parcours de Carte de Séjour, son "rock arabe", sa manière sans manières de braconner les genres et les identités pour s'en faire une propre. La fièvre et la brûlure Sa contemporanéité aussi avec la Marche pour l'égalité et contre le racisme, dite Marche des Beurs,

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Entre elle et lui : "La Femme de mon frère"

Comédie | Sophia vient de soutenir sa thèse et devant elle s’ouvre : le vide. Sans emploi ni relation sentimentale (mais enceinte d’un amant passé), elle squatte chez son frère Karim. Quand elle se résout à l’IVG, Karim flashe sur la gynéco. Les sentiments sont partagés. Sauf par Sophia…

Vincent Raymond | Mercredi 26 juin 2019

Entre elle et lui :

On parle souvent des "films du milieu" pour désigner des productions économiquement intermédiaires. Mais il faudrait reconsidérer la formule pour qualifier le jeune cinéma de la comédienne Monia Chokri (vue notamment chez Xavier Dolan), dont cette première réalisation de long-métrage laisse espérer de grandes choses. La Femme de mon frère est sans doute un film intermédiaire par son budget ; totalement par son sujet puisque Sophia se retrouve à tenir la chandelle entre sa gynéco et son frère. Il l’est surtout par son style à mi-chemin entre une inspiration résolument Nouvelle Vague (avec jump cut godardiens, effets de surimpression, errances nocturnes commentées en voix-off, citations littéraires) et sa tonalité de comédie américaine sentimentale des années 1980, ses décors pastel ou son ambiance familiale orientale explosive – un joyeux mélange entre Quand Harry rencontre Sally de Rob Reiner, Recherche Susan désespérément de Susan Seidelman et Le Complot d’Œdipe de Woody Allen. Débordant de rebondissements, cette petite saga portée par une anti-héroïne jalouse, agaçante, attachante et fragile à la f

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Royal de Luxe invités à Villeurbanne

Les Invites | C'est peut-être la compagnie de théâtre de rue la plus célèbre au monde et l'une des plus passionnantes à suivre : Royal de luxe sera à Villeurbanne pour (...)

Nadja Pobel | Mercredi 6 mars 2019

Royal de Luxe invités à Villeurbanne

C'est peut-être la compagnie de théâtre de rue la plus célèbre au monde et l'une des plus passionnantes à suivre : Royal de luxe sera à Villeurbanne pour six représentations, du 14 au 20 juin, en amorce du festival des Invites qui se déroulera du 19 au 22 juin. C'est bien à l'invitation de cette (désormais) biennale que douze comédiens vont débarquer avec Miniatures, un titre clin d’œil à ce qui a fait leur renommée : des marionnettes déambulatoires absolument géantes. Miniatures est une pièce dite "de place", qui se déroule dans un lieu fixe. La troupe investira un parking pour raconter le rêve d'un pilote d'avion qui s'est assoupi et observe le monde devenu miniature. Pyrotechnie, machines infernales, théâtre d'objet sont les outils de ce récit. L'équipe des Ateliers Frappaz, labellisés par l'État Centre national des arts de la rue et de l'espace public (CNAREP), dévoilera la programmation complète de la 16e édition des Invites le 11 avril. Le traditionnel défilé sera "éthique" et conduit par Art Point M avec 200 Villeurbannais.

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Rachid Taha : Le Gone du chaâbi

Disparition | Alors qu'il devait jouer ces prochains jours à l'Opéra de Lyon, le chanteur Lyonnais Rachid Taha, ancien leader de Carte de Séjour et grande figure du rock'n'raï, est décédé dans la nuit du 11 au 12 septembre dernier d'une crise cardiaque à l'âge de 59 ans. Il fêtait cette année les 20 ans de son chef d'oeuvre Diwan, symbole des passerelles esthétiques et culturelles bâties une vie durant par un artiste hors-normes.

Stéphane Duchêne | Mercredi 19 septembre 2018

Rachid Taha : Le Gone du chaâbi

C'était l'un des piliers de la culture lyonnaise et de sa scène rock, lui qui n'était lyonnais que d'adoption et avait depuis longtemps mis les voiles. Mais cela en dit long sur la trace laissée. Né à Oran en 1958, Rachid avait déménagé à l'âge de dix ans avec ses parents à Sainte-Marie-Aux-Mines en Alsace, par ailleurs patrie d'un musicien avec lequel il collaborera, Rodolphe Burger, puis à Lépanges-sur-Vologne dans les Vosges. Là, le tout jeune homme commence à se nourrir d'influences musicales qui ne le quitteront jamais, à commencer par le punk et le Clash, James Brown mais aussi la musique égyptienne, la chanson française, Bollywood et les films d'Elvis à propos desquels il disait – « mieux vaut un bon navet qu'un mauvais couscous » – tout en continuant à découvrir les incunables de son pays natal comme le chaâbi de Dahmane El-Harrachi. Ce n'est qu'à l'approche de la vingtaine que Rachid rejoint Lyon, plus précisément Rillieux-la-Pape, où il travaille dans une usine de radiateurs. Il y fonde le groupe

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Rachid Taha est décédé

Disparition | Le chanteur Rachid Taha est décédé mardi soir d'une crise cardiaque durant son sommeil, à son domicile, a annoncé Le Parisien. Il était âgé de 59 ans.

Sébastien Broquet | Mercredi 12 septembre 2018

Rachid Taha est décédé

Le rockeur né près d'Oran en Algérie, avait grandi à Lyon au son de Lapassenkof de son ami Robert Lapassade, et était ensuite devenu une icône de la sono mondiale, de sa cover de Douce France au sein de Carte de Séjour qu'il avait formé en 1981, jusqu'à l'album Diwan enregistré en 1998 avec Steve Hillage, qu'il s'apprêtait à rejouer sur scène la semaine prochaine pour les vingt ans de sa sortie, avec les cordes de l'Opéra de Lyon pour un concert exceptionnel dans lequel il s'était beaucoup investi ses derniers temps. Au-delà de Diwan, il avait prévu d'en faire un best-of de sa carrière, en rejouant également des titres de Carte de Séjour et en intégrant des titres de son prochain album, dont le frais single Je suis Africain. Rachid Taha était capable de s'approprier des titres venus d'horizons aussi divers que Ya Rayah de Dahmane El-Harrachi, dont il fît un hit international, ou encore Rock the Casbah de son groupe culte The Clash. Il fût également l'un des

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"Cherchez la femme" de Sou Abadi : cachez ce film qu’on ne saurait voir

ECRANS | de Sou Abadi (Fr, 1h28) avec Félix Moati, Camélia Jordana, William Lebghil…

Vincent Raymond | Mardi 27 juin 2017

Anne Alvaro est, décidément, une immense comédienne que son talent préserve de l’adversité — c’est-à-dire des pires des naufrages cinématographiques. Sa confondante interprétation d’une militante iranienne (accent inclus) réfugiée dans le XVIe arrondissement lui vaut de sortir sans dommage de cette épouvantable comédie sentimentale. Elle est bien la seule. La réalisatrice, par exemple, manque son coche dans ce mariage entre romance et critique sociale humoristique. Pas du fait d’une hybridation hasardeuse, ni du thème puisque l’on peut rire de tout, si c’est fait avec intelligence et talent. Car hélas, le choix d’un sujet brûlant n’exonère pas un auteur de maladresse ni de naïveté. Sou Abadi raconte ici le stratagème trouvé par un étudiant désirant continuer à voir sa copine enfermée chez elle par son grand frère revenu radicalisé d’un camp : il se couvre d’une burqa et se fait passer pour une femme. Quiproquos à l’ancienne, situations balourdes, personnage de fondamentalistes d’une bêtise profonde…

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Les Invites : la rue est à vous

Les Invites | Après une année blanche, les Invites se ré-installent au centre de Villeurbanne. Outre le fait que la ville se nappe alors d'une ambiance délicieusement festive, le festival "pas pareil" contient de nombreuses promesses artistiques. Idées de découvertes.

Nadja Pobel | Mardi 20 juin 2017

Les Invites : la rue est à vous

Investir la rue comme un manifeste. Celui d'une certaine liberté que l'état d'urgence a passablement mis à mal. Villeurbanne, en son quartier historique et vivant des Gratte-ciel, accueille à nouveau cette année le festival des Invites, 15e du nom. C'est une ville dans la ville qui va s'édifier sous les yeux des habitants et passants, conviés à être les chevilles ouvrières d'une cité éphémère en carton. Jolie métaphore d'un monde qui tangue. Olivier Grossetête, plasticien, a déjà expérimenté ce projet à Marseille où il vit. 8000m² de cartons vont prendre place dans la ville, collés entre eux par centaines pour prendre la forme de bâtiments dont la hauteur peut atteindre jusqu’à 25m de haut. Battre le pavé 25 spectacles vont se dérouler dans ce quartier dont certains ont déjà fait l'objet de résidences ce printemps aux Ateliers Frappaz, l'un des treize Centre nationaux des Arts de le Rue (CNAR). C'est le cas de Oh ! secours par le Teatro del Silencio. Cinquante habitants ont répété durant une semaine le rôle de mimes qui, avec la figure de Godot, viennent à la rencontre d

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Rachid Taha : "Sincèrement, on vous a prévenu"

Festival 6e Continent | Rockeur adepte des sons électroniques dès la première heure, moderniste enregistrant des albums consacrés au répertoire chaabi ou raï, bringueur parfois limite ou phénomène de scène dingue d’Elvis, chroniqueur avisé de notre époque, Rachid Taha est un caméléon, une utopie et un manifeste à lui tout seul.

Sébastien Broquet | Mercredi 1 juin 2016

Rachid Taha :

Au début des années 80, quand vous avez commencé avec Carte de Séjour, vous écoutiez les Talking Heads, produits par Brian Eno, ou The Clash. Aujourd'hui, ce même Brian Eno, ou Mick Jones, vous appellent pour travailler avec vous : comment le ressentez-vous ? Je le ressens d'une manière tout à fait normale, sans être prétentieux, mais quand j'ai commencé à Lyon avec Carte de Séjour, j'étais sûr que j'allais les rencontrer, que je travaillerais avec eux un jour ou l'autre. C'est arrivé. Et l'histoire continue : j'avais très envie de bosser avec Damon Albarn. Et nous allons tourner ensemble au mois de juillet. Tous ces gens avec qui je rêvais de travailler, je les ai eu : c'est super. Brian Eno, comment s'est passé la rencontre ? Il m'a appelé. Il travaillait justement avec Damon Albarn et il voulait faire une voix avec moi, pour un album à l'occasion des Jeux Olympiques en Grèce, en 2004. Moi j'étais fan et ça faisait longtemps que je voulais le rencontrer. Comme avec Robert Plant, aussi.

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La Femme défendue

MUSIQUES | Au milieu de la programmation atomisée du festival Reperkusound (au-delà d'un certain degré, entre Flavia Coehlo, Thylacine et Hilight Tribe, on ne peut plus parler d'éclectisme), on a retrouvé La Femme, cette petite frappe de la pop française que l'on aime tant détester.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 mars 2016

La Femme défendue

« Une snare un peu Berlin ». Il y a trois ans, nous évoquions avec enthousiasme la montée en puissance d'une scène pop francophone (Granville, Aline, Pendentif, tout ça) dont La Femme était l'un des leaders naturels. Deux de ses membres livraient au site The Drone une interview qui, en quelques phrases dignes d'un sketch (dont celle précitée qui fait beaucoup rire) dévoilait un ego gros comme le Ritz (et à dire vrai une bêtise, pardon une naïveté guère plus mesurée). On le leur reprocha vivement : leur côte de sympathie chez les initiés plongea tel François Hollande dans un sondage du Figaro. Soyons honnête. D'une, depuis quand reproche-t-on un peu d'arrogance et de désinvolture à un groupe de rock (de John Lennon aux frères Gallagher, on a vu légèrement pire) ? De deux, Sur la planche, les pensionnaires de Born Bad Records, particulièrement impressionnants en live (se rappeler d'une prestation costumée aux Victoires de la Musique 2014 dont le service public se souviendra longtemps), une fois les micros parasites et autres aimants à phra

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La programmation du Reperkusound 2016 en vidéo

MUSIQUES | La programmation de la onzième édition du festival printanier de Mediatone, programmée les 25, 26 et 27 mars au Double Mixte, vient de tomber sous la forme (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 25 novembre 2015

La programmation du Reperkusound 2016 en vidéo

La programmation de la onzième édition du festival printanier de Mediatone, programmée les 25, 26 et 27 mars au Double Mixte, vient de tomber sous la forme d'un teaser. Au programme notamment : le retour des branleurs psyché de La Femme, des platinistes de haut vol (Scratch Bandits Crew, L'Entourloop), le beatmaker bienheureux Guts, la fan favorite brésilienne Flavia Coelho et la pop éternellement juvénile de Coming Soon. Comptez 24€ par nuit et 60€ pour le pass. http://bi

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Aux Invites, l'art fait le trottoir

CONNAITRE | Fidèles à leur ethos d'ouverture au monde et de revalorisation de la notion de citoyenneté, Les Invites fêtent l'arrivée officielle des beaux jours avec quatre jours de déambulations tragi-comiques. Suivez le guide. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 16 juin 2015

Aux Invites, l'art fait le trottoir

Treize ans que Les Invites tordaient le cou aux idées reçues sur les artistes de rue et/ou engagés – des zonards qui creusent le trou de l'intermittence, en gros. Et soudain, patatras : les mains sont moites, les réflexes peut-être émoussés, on lâche prise et on se retrouve avec un concert du Collectif 13, "super" groupe de chanson pas contente et néanmoins décontractée du dreadlock où émargent des mecs de La Rue Ketanou, de Massilia Sound System, de Tryo... Le reste de la programmation musicale de cette quatorzième édition, bien qu'il ne renoue pas avec l'exubérance des têtes d'affiche de ces dernières années (Jean-Louis Murat et son orchestre, Har Mar Superstar, SKIP&DIE, La Femme, Rachid Taha...), propose une approche heureusement beaucoup plus authentique et subtile de l'altérité culturelle. Chercheurs d'or black (l'éclectique radio host Gilles Peterson, pour un Black Atlantic Club hors les murs qui devrait faire date, les ethnomusicologues du label francfortois Analog Africa, le baroudeur de longue date DJ Oil), bluesmen passés maîtres dans l'art du désensablement d'esgourde (le qua

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Lumière 2014, jours 6 et 7 - Les fantômes du permanent

ECRANS | «Un étrange voyage» d’Alain Cavalier, «Piège de cristal» de John MacTiernan, «Furtivos» de José Luis Borau, «La Femme de mon pote» de Bertrand Blier.

Christophe Chabert | Lundi 20 octobre 2014

Lumière 2014, jours 6 et 7 - Les fantômes du permanent

Voilà, le festival est fini, mais il est encore temps de revenir sur ses deux dernières journées de projection, dont un samedi riche en émotions. À commencer par la venue, tardive mais exceptionnelle, de John MacTiernan pour présenter Piège de cristal. Après avoir été honoré par la Cinémathèque Française et par le festival de Deauville, MacTiernan a débarqué quasiment à l’improviste à Lyon, où il s’est d’abord plié à l’exercice de la présentation d’un film du festival — en l’occurrence L’Homme de la rue de Capra ; puis, en catimini, Lumière a monté cette séance exceptionnelle autour du premier Die hard, ce qui n’a pas empêché la salle d’être comble en 24 heures, remplie de fans qui se sont rués sur le cinéaste une fois son introduction terminée. MacTiernan est apparu fatigué, se déplaçant difficilement, s’exprimant avec lenteur, lançant aux spectateurs un avertissement qui sentait bon la parano quant aux dérives de son pays vers l’extrême droite. Pour ceux qui n’auraient pas vraiment suivi "l’affaire MacTiernan", rappelons que suite à un vaste scandale lié à des écoutes illégales impliquant un certain nombre de grands n

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Lumière 2014, jour 1 – Garçon, des films !

ECRANS | "Mado" et "Garçon !" de Claude Sautet. "La Femme aux cigarettes" de Jean Negulesco.

Christophe Chabert | Mardi 14 octobre 2014

Lumière 2014, jour 1 – Garçon, des films !

Inutile de parler ici de la cérémonie d’ouverture, qu’on a séchée comme toutes les années — la Halle Tony Garnier, pour le cinéma, ce n’est simplement pas possible — mais le festival Lumière a pris l’heureuse initiative de commencer dès le lundi matin ses projections, ce qui fait qu’au moment d’aller se coucher, on avait déjà trois films au compteur — notre rythme de croisière prévu pendant une semaine. Avant de causer desdits films, deux remarques liminaires : d’abord, la moyenne d’âge carrément élevée à toutes les séances. On ne fera pas l’injure au festival en disant qu’il a réussi à transformer ce que beaucoup considère comme du "vieux cinéma" en cinéma pour vieux, mais tout de même… On n’avait pas eu ce sentiment les années précédentes, en tout cas, pas de façon aussi systématique. Est-ce à dire que, pour les séances du matin et de l’après-midi, seuls les retraités peuvent se rendre au cinéma ? Ce serait logique, mais l’absence de jeunes cinéphiles dans les rangs — à quelques exceptions près, quasiment toutes connues de nos services — est tout de même un peu flippante. Deuxième remarque : les présentations. On a eu droit hier au laïus introductif de Nicole G

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La Femme du ferrailleur

ECRANS | Au fin fond de la Bosnie, le réalisateur de "No man’s land" Danis Tanovic filme une fiction avec un maximum de documentaire dedans, et s’extirpe du misérabilisme de son contexte et des schémas parfois grossiers de son scénario par l’efficacité de sa mise en scène. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 février 2014

La Femme du ferrailleur

Un petit village enneigé au fin fond de la Bosnie. Nazif est ferrailleur, ce qui lui rapporte quelques maigres marks, tout juste suffisants pour nourrir ses deux enfants et sa femme Senada au physique fellinien. Elle est enceinte pour la troisième fois, mais la grossesse se passe mal et elle doit se faire opérer en urgence après une fausse-couche. Sauf que Nazif n’a pas d’assurance-maladie et que l’opération coûte un bras… C’est d’abord une surprise de retrouver Danis Tanovic, le cinéaste précis et élégant de No man’s land, aux commandes d’un film qui exhibe ostensiblement son caractère rugueux et mal dégrossi. L’image est brute, les cadres vacillants et les personnages comme le décor soulignent en permanence le réalisme du contexte. Sans parler du sujet, qui fustige les inégalités à l’œuvre dans la société bosniaque d’après-guerre — Nazif a passé quatre ans à se battre contre les Serbes «dans les tranchées», mais n’y a gagné que des souvenirs traumatiques. C’est d’ailleurs le projet du film tout entier : construire une fiction avec d’énormes pans de réalité documentaire, les acteurs étant au plus proche de ce qu’ils sont dans la vie. Au bout d

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Aux arts, citoyens !

CONNAITRE | Pour la douzième année consécutive, Villeurbanne offre à ses habitants (et aux autres) quatre jours de festivités en plein air avec Les Invites. Coup de projecteur sur ce festival généreux et chaleureux, le temps d'une rencontre avec Patrice Papelard, son créateur-concepteur. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 14 juin 2013

Aux arts, citoyens !

Comment Les Invites sont-elles nées ? Patrice Papelard : A l'initiative de Jean-Paul Bret, quand il a décidé de se présenter à la mairie de Villeurbanne en 2001. Je l’avais connu lorsqu’il était adjoint à la culture, à l’époque des Eclanova, pour lesquels il m’avait recruté. C’était un festival gratuit de 1989 à 1995, avec plus de musique que dans Les Invites mais où j’avais déjà amené les arts de la rue. Avec Les Invites, on voulait proposer au public de nous rencontrer, utiliser des matériaux pour transformer l’espace urbain et, en plus, confier à des associations la restauration. Manger et boire ensemble faisait partie intégrante du projet artistique. C’était très important.   S'agissait-il déjà d'un festival dit «pas pareil» ? On avait déjà inventé ça oui. «Pas pareil» car il était basé sur la gratuité et la participation et parce que dès la première année on a voulu un mélange d’exigence artistique et de conv

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Street Fighter

MUSIQUES | Quoi de mieux quand on organise un festival de rue gratuit que de faire appel, pour sa programmation musicale, a un authentique gars de la rue ? C'est (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 juin 2013

Street Fighter

Quoi de mieux quand on organise un festival de rue gratuit que de faire appel, pour sa programmation musicale, a un authentique gars de la rue ? C'est sur Tottenham Court Road ou sur Brick Lane, à Londres, qu'a été découvert cet émule de Rémy Bricka et de Jimi Hendrix qu'est Lewis Floyd Henry. Rémy Bricka pour le côté homme-orchestre, même si à vrai dire, on en a connu de plus rock'n'roll, genre Bob Log III, et Jimi Hendrix pour le jeu de guitare incendiaire et l'inspiration. Résumons nous donc : Lewis Floyd Henry joue de la guitare, de la batterie et de tout un tas de petits trucs, et son idole est Jimi Hendrix. Le genre de gars facile à programmer car il voyage avec sa maison (on dit que longtemps il n'en eut même pas) et son matériel sur son dos, d'où le titre de son album, à traduire ainsi : «Un homme et son landau de 30 W». Inutile donc de convoquer des trente-cinq tonnes pour la logistique du bonhomme. Ni d'ailleurs pour faire du bruit à sa place. Car Lewis fait à lui tout seul autant de boucan qu'une autoroute et manifeste autant d'agitation qu'une rue bondée

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Place nette (ou pas)

SCENES | Attention, toute la programmation des Invites ne figure pas dans le programme des Invites ! La compagnie star du théâtre de rue (à laquelle avait été confiée (...)

Nadja Pobel | Vendredi 14 juin 2013

Place nette (ou pas)

Attention, toute la programmation des Invites ne figure pas dans le programme des Invites ! La compagnie star du théâtre de rue (à laquelle avait été confiée l'an dernier la mise en scène de l’hommage à Jean Vilar au Festival d’Avignon), KompleXKapharnaüM, se fendra en effet d'impromptus, de jour comme de nuit, au village du festival et à la Doua, étrennant ainsi les premières esquisses de sa prochaine création (prête pour fin 2014), Do not clean. Ces rendez-vous scelleront une énième collaboration entre cette compagnie villeurbannaise et  le festival, qui l’avait notamment accueillie en 2011 avec le projet Fool, mené avec le groupe High Tone, une immense déambulation dans le quartier des Gratte-ciel qui avait réuni cinq mille personnes. Il s’agira cette fois d’une petite proposition, parfois même imperceptible, visant à s'interroger, toujours dans l'espace public, sur ce que l’on jette, ce que l’on garde et ce que l'on refuse de considérer. Mais qu’on ne s'y trompe pas : Do not clean n’est pas une fable écologique et donneuse de leçon sur le recyclage, quand bien même le collectif s’est

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L'amour à la machine

SCENES | Un duo pour danseur et pelleteuse. Il fallait y penser. La compagnie Beau Geste, en la personne du chorégraphe Dominique Boivin, l'a fait en 2005 et n'a (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 13 juin 2013

L'amour à la machine

Un duo pour danseur et pelleteuse. Il fallait y penser. La compagnie Beau Geste, en la personne du chorégraphe Dominique Boivin, l'a fait en 2005 et n'a depuis cessé de présenter le résultat aux quatre coins du monde. C'est dire le pouvoir de fascination qu'exerce cette courte pièce (vingt minutes chrono) à mi-chemin de la relecture mécanique de King Kong (plus une magnifique histoire d'amour impossible qu'un récit d'aventure), de la parabole sur la domination croissante des machines et du rêve d'enfant concrétisé. A quoi tient-il ? Au caractère périlleux et par extension spectaculaire de l'exercice, bien sûr, et à la technicité qu'il requiert de ses interprètes. Mais aussi et surtout à l'improbable alchimie qui s'y construit entre l'imposant engin de terrassement, dont le godet se fait tour à tour mâchoire dévorante et main protectrice, et le petit homme tiré à quatre épingles qui tente de l'apprivoiser. Bref, en dépit de la richesse proverbiale des Invites, on ne verra au cours de leur édition 2013 sans doute rien de plus atypique et gracieux que ce pas de deux - d'autant que c'est la voix de

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Made in french

MUSIQUES | Dans le sillage de Granville et La Femme, de passage à Lyon cette semaine, une poignée de groupes hexagonaux se réapproprient la langue française en miroir d'une certaine idée de la France, fantasmée comme un paradis perdu qu'il faudrait rapatrier. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 avril 2013

Made in french

«Le rock français, disait John Lennon, c'est comme le vin anglais». Y ajouter du français, ce serait donc comme le couper à l'eau, on le sait depuis toujours, voire à l'huile de moteur. A son inimitable manière, Jean-Louis Murat résumait ainsi le problème dans Les Inrocks de la semaine passée : «Dès que tu as basse-batterie, ta chanson est dépassée. Tu voulais faire une berline et tu te retrouves avec un semi-remorque». C'est pourtant avec une certaine légèreté de ton et la langue nullement chargée d'un trop lourd héritage – littéraire côté français, rock côté anglo-saxon – qu'une nouvelle génération de popeux a réinvesti la très casse-gueule combinaison mélodies anglophones/idiome francophone. La chose n'est pas nouvelle, a connu des tendances, des écoles (les labels Village Vert et Lithium), mais à vrai dire on n'avait pas vu pareil (épi-?) phénomène depuis l'agonie prématurée de baby rockers (Naast, Brats, Second Sex, Plastiscines...) trop vites portés aux nues d'une France qui rock et qui roll et précipités tout aussi rapidement dans les oubliettes

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Femme sous influences

MUSIQUES | «Il y a des filles dont on rêve / Et celles avec qui l'on dort / Il y a des filles qu'on regrette / Et celles qui laissent des remords / Il y a des (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 4 avril 2013

Femme sous influences

«Il y a des filles dont on rêve / Et celles avec qui l'on dort / Il y a des filles qu'on regrette / Et celles qui laissent des remords / Il y a des filles que l'on aime / Et celles qu'on aurait pu aimer / Puis un jour il y a la femme / Qu'on attendait». Nul doute que ces paroles, tirées de La Fleur aux dents, la best country song ever de Joe Dassin, ont résonné dans la tête de Pascal Nègre lorsqu'en novembre dernier il a conclu avec La Femme, de turbulents ados que l'industrie s'arrachait depuis des mois. Turbulents et insaisissables. De son mode de fonctionnement – trois compositeurs autour desquels gravitent de fausses ingénues - à ses origines géographiques (de Marseille à Paris en passant par Biarritz), de son look – la bande arbora un temps le combo chevelure platinée/regard perçant des gamins du Village des damnés – à sa culture musicale, bouillon 80's dans lequel barbotent en bonne entente la new wave unisexe de Marie et les garçons et le rock superbement minimal du Velvet Underground, cette Femme-là ne ressemble en effet à aucune autr

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The Voice(s)

MUSIQUES | Avant son vin nouveau qui fait la langue bleue, le Beaujolais nous offre chaque année une rasade de «nouvelles voix» dont le spectre est aussi large que (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 9 novembre 2012

The Voice(s)

Avant son vin nouveau qui fait la langue bleue, le Beaujolais nous offre chaque année une rasade de «nouvelles voix» dont le spectre est aussi large que celui des parfums fruités censés agrémenter le goût du Bojolpif. Essentiellement axé sur la dégustation de découvertes, agrémentée de quelques menues têtes d'affiches (Skip The Use, Lewis Floyd Henry, Sallie Ford), le Festival Nouvelles voix en Beaujolais offre à boire et à manger. Qu'il nous soit donc permis de faire notre marché pour y piocher les plus enthousiasmantes trouvailles caladoises de cette année. Comme les Angevins The Dancers qui, malgré leurs têtes de premiers de la classe du genre à vous marcher sur les pieds pendant un slow, portent plutôt bien leur nom, comme si les Concrete Knives avaient découvert les vertus conjuguées des Housemartins et des

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Les Invites de Villeurbanne 2012 : Invites pour tout le monde

CONNAITRE | Programmation des Invites de Villeurbanne 2012 : Le festival villeurbannais « pas pareil » vient de dévoiler sa foisonnante, éclectique programmation entre théâtre, danse, spectacles de rue, mimes, marionnettes, veaux, vaches, cochons, couvées, Didier Super en Christ sur BMX, des Grumaux, des carottes, et bien sûr de la musique de qualité à savourer en famille pour pas un rond. Stéphane Duchêne

Christophe Chabert | Lundi 23 avril 2012

Les Invites de Villeurbanne 2012 : Invites pour tout le monde

«Les Grumaux sont toujours là où on ne les attend pas». Il n'y a qu'aux Invites que l'on peut vous présenter de cette manière un (ou des) artiste(s) présent(s) – en l'occurrence, ici, des voltigeurs à mi-chemin de Mad Max et des Marx Brothers, les Demi-frères Grumaux. Bienvenue au festival pas pareil qui, dans les rues de Villeurbanne et pour la modique somme de rien, opère un retour à ces festivités d'antan où l'on montrait des ours à la foule pendant qu'un acrobate cracheur de feu tentait de prendre le dessus sur un joueur de flûte. On exagère à peine. Didier Christ Superstar Or donc, les Invites viennent de dévoiler leur programmation, qui contient de Grumaux mais pas que. Au rayon saltimbanque bien bancal, Didier Super devrait faire le boulot avec sa désormais célèbre – bien que non encore joué à Broadway, sans doute pour d'obscures histoires de contrats – comédie musicale, sobrement intitulée Didier Super La Comédie Musicale! (Et si Didier Super était la réincarnation du Christ ?). Où il est question de milliardaire dépressif, de témoins de Jéhovah, et d'un président de la Républ

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Les Invites de Villeurbanne en mode "commandos tricot"

ACTUS | Pour sa onzième édition qui se déroulera du 20 au 23 juin, Les Invites de Villeurbanne (qui dévoileront leur programme le mardi 24 avril, à suivre ici même !) (...)

Christophe Chabert | Vendredi 13 avril 2012

Les Invites de Villeurbanne en mode

Pour sa onzième édition qui se déroulera du 20 au 23 juin, Les Invites de Villeurbanne (qui dévoileront leur programme le mardi 24 avril, à suivre ici même !) lancent un appel à participation original : ils donnent rendez-vous à tous les volontaires qui le désirent dans ses Ateliers Frappaz (14-16 rue du Docteur Frappaz à Villeurbanne) pour s'initier au tricot et préparer ainsi une grande opération qui aura lieu au cours du festival. L'idée sera "d'habiller" le mobilier urbain, les arbres ou les statues de la ville avec des "vêtements" créés pour l'occasion. Les ateliers sont ouverts du mardi au vendredi de 14h à 18h, les cours sont dispensés sur place et le matériel est fourni. Pour plus d'informations, vous pouvez contacter Agathe Sinck au 04 72 68 90 17 ou sur le mail mediation@ateliers-frappaz.com.

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Supergator

MUSIQUES | Comme chaque année, le festival itinérant Les Nuits de l'Alligator se livre à un épuisant tour de France à la recherche des racines du blues et de tout ce qui s'en approche. Heureux les Lyonnais qui ont droit à une étape fort goûteuse de l'événement. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 février 2012

Supergator

Le film d'alligator, ou de crocodile, ou de caïman, est devenu un genre à part entière de la catégorie épouvante. Scénario type : une bande d'abrutis baguenaude à la recherche d'un saurien géant dont ils pensent pouvoir tirer le portrait en toute impunité. Mais comme rien ne se passe jamais comme prévu, c'est finalement le crocodile qui les trouve et comme il n'a pas son Leica sur lui, il bouffe tout le monde et s'en retourne barboter dans une mare de sang. Avec des titres tels que Crocodile, Crocodile 2, Lake Placid, Supergator ou... Solitaire, le seul intérêt du genre est des permettre à des réalisateurs (Tobe Hooper, Steve Miner, souvent pire) ou acteurs (Michael Vartan, le neveu de Sylvi

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Doux Tsamère

SCENES | Depuis des années, Arnaud Tsamère promène son spectacle «Chose promise» sur les routes de France, mais un coup de projecteur télévisuel lui permet maintenant de jouer dans la cour des grands. Comme ce 31 décembre à l’Auditorium Lumière du Palais des Congrès, une salle à la hauteur de ce petit chef-d’œuvre du one man show. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Mercredi 7 décembre 2011

Doux Tsamère

D’Arnaud Tsamère, on ne savait pas grand-chose avant de le voir dans Chose promise. On l’avait aperçu dans la série Hero Corp, on nous avait parlé de sa collaboration avec François Rollin, peut-être avait-on aussi entendu parler de son passé d’improvisateur… Mais c’était à peu près tout. Et pendant longtemps, ce fut le cas des spectateurs. Depuis plus de trois ans, Tsamère tournait son one man show dans des petites salles, jusqu’à ce que le miracle télévisuel puis celui d’internet ne le propulsent sur le devant de la scène. Grâce à l’émission de radio filmée de Laurent Ruquier, d’une médiocrité infinie mais véritable sésame du succès pour les humoristes, Tsamère a enfin conquis le grand public. Ce n’est que justice : Chose promise est un spectacle génial, d’autant plus remarquable qu’il ne cède à aucune des facilités actuelles du one man show comique. Pas de vulgarité, pas de réflexion sur les hommes, les femmes et le sexe, pas de quête d’une identification sociologisante et sondagière ; juste un texte parfait (co-écrit avec Rollin et Arnaud Joyet) et un comédien extrêmement talentueux. L’humour à mort Il arrive sur scène en s’adressant au pub

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Free Rock

MUSIQUES | Musique / Avec les années, à force de se figurer un festival «pas pareil», en plus d'être gratuit, on avait presque oublié que les Invites étaient également un (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 9 juin 2011

Free Rock

Musique / Avec les années, à force de se figurer un festival «pas pareil», en plus d'être gratuit, on avait presque oublié que les Invites étaient également un événement musical. La faute à une programmation plus aussi folichonne que par le passé. Le festival villeurbannais nous rappelle pourtant cette année à cette vérité avec de quoi satisfaire ceux que le spectacle de rue laisse un peu à la rue justement (il y en a). C'est donc un programme musical tout à fait goûtu que nous a pondu les Invites, entre valeurs sûres, exigence artistique et folie propre à la jeunesse. On vérifiera ainsi que pour être Raides, les Têtes qu'on connaît bien ne sont pas mortes. Ou que l'on peut aujourd'hui en 2011, mélanger le punk hollandais d'avant garde et le jazz éthiopien, comme le font régulièrement The Ex et Getatchew Mekuria, au risque de faire bondir les Claude Guéant de la police culturelle. Même si l'on a oublié les éphémères Quadricolor, terrible concept mort-né dans le cerveau malade de l'inénarrable Bruno Vandelli de feu-Pop Stars sur M6, on n'en goûtera pas moins la pop tordue du groupe éponyme (sans doute un hommage) : un quatuor de fieffés niçois en proie au foisonnement

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«Un appel à la découverte»

CONNAITRE | Entretien / Patrice Papelard, directeur artistique «pas pareil» des Invites de Villeurbanne, présente la huitième édition du festival gratuit de Villeurbanne. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 14 juin 2010

«Un appel à la découverte»

Petit Bulletin : Comment définiriez-vous les Invites aujourd’hui ?Patrice Papelard : Les Invites ont huit ans. Nous sommes un festival installé et reconnu, aussi bien localement que nationalement. On a reproché aux Invites de coûter trop cher à Villeurbanne, que répondez-vous ?Vous faites sans doute référence aux attaques que nous lance l’opposition, comme chaque année d’ailleurs, c’est désormais une tradition … Ma réponse est non, les Invites ne coûtent pas trop cher. Il faut voir à quoi sert l’argent et arrêter de faire du populisme. Les Invites coûtent 900 000 euros, c’est-à-dire le prix d’une place de cinéma par habitant. Après, on peut se demander combien coûte l’organisation d’élections communales, combien coûte un voyage officiel, combien coûte la rénovation du TNP ? 900 000 euros, c’est en deçà du budget d’un certain nombre de festivals. Et il faut ajouter que sur les 900 000 euros investis, 80% servent à payer des salaires. L’artistique ne représente que 20 %. Les Invites sont une PME. Vous n’avez aucun financement privé, c’est peut-être également ce qui vous est reproché.Bien sûr que c’est ça ! Le problème, c’est de trouver du sponsorin

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Pas vus, pas de prix

MUSIQUES | Musique / En dépit d'une place de plus en plus importante accordée à ce qu'on nomme communément les arts de la rue, les Invites met chaque année un point (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 11 juin 2010

Pas vus, pas de prix

Musique / En dépit d'une place de plus en plus importante accordée à ce qu'on nomme communément les arts de la rue, les Invites met chaque année un point d'honneur à ne pas s'engager pour autant dans une impasse musicale. Surtout qu'on y a vu du beau monde, aux Invites. Oui, mais voilà : quand on est à la tête d'un événement gratuit et qu'on ne peut compter sur une billetterie à 50 euros (pour être poli), difficile de se payer Lady Gaga (exemple non contractuel). Ce qui n'est pas plus mal dans la mesure où, aux Invites, on lui préfère des gens plus discrets qui ne portent pas de soutiens-gorge en forme de mitraillette ou de Cathédrale de Reims. C'est que, événement populaire oblige, il ne s'agit pas de faire peur aux enfants mais de proposer une programmation capable de toucher le plus grand nombre en restant artistiquement exigeante. Pas ramenard, le festival pas pareil opte donc, à l'exception du vétéran Sanseverino, pour la découverte, le «pas (encore) vu ailleurs». Alors oui, certes, on rétorquera que Piers Faccini ou Slow Joe ont tous deux dormi (et même chanté) à Lyon ces derniers mois. Mais, si l'on était moins égoïste, on dirait que la gratuité et l'esprit du festival perme

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Le banco BLK JKS

MUSIQUES | Musique / Révélation rock de l’année, les Sud-africains de BLK JKS vont créer l’événement aux Invites. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 10 juin 2010

Le banco BLK JKS

Alors que les yeux de la planète foot sont tournés vers l’Afrique du Sud, Les Invites reçoivent la visite d’un groupe qui a révélé au monde, avec son premier album "After robots", que le rock sud-africain était une réalité. On avait déjà fait connaissance avec le rap de Johannesbourg et l’électro du Cap ; on pouvait même, depuis quelques temps, se plonger dans l’histoire du rock psychédélique et du funk de Soweto grâce aux excellentes compilations "Next stop Soweto". Les quatre membres de BLK JKS (prononcez Black Jacks) semblent avoir digéré tout cela et produisent une musique reposant sur une énergie rock, même si leurs chansons ont peu à voir avec les tubes calibrés de Gossip. BLK JKS joue à tous les niveaux la carte du mélange : d’abord des langues, puisque l’anglais y rencontre un des nombreux dialectes officiels sud-africains ; ensuite dans les structures des morceaux, au cours sinueux, où les crêtes et les creux remplacent les couplets et les refrains, ménageant ainsi une grisante sensation de tempête et d’accalmie — à ce titre, l’excellent "Banna Ba Modimo" fait figure de manifeste. On peut même voir se profiler, dans les chœurs qui accompagnent Lakeside, autre morceau phare

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Les Invites de Villeurbanne 2010, par ici la programmation

CONNAITRE | Festival / Du mercredi 16 au samedi 19 juin, Les Invites de Villeurbanne proposent la neuvième édition du festival «pas pareil» et entièrement gratuit. Programmation.

Dorotée Aznar | Lundi 26 avril 2010

Les Invites de Villeurbanne 2010, par ici la programmation

Du mercredi 16 au samedi 19 juin, Les Invites de Villeurbanne proposent la neuvième édition du festival «pas pareil» et entièrement gratuit. Programmation. Plus de soixante spectacles seront proposés du 16 au 19 juin, en musique et en arts de la rue. Mercredi 16 juin- Arts de la rueTout fou tout flyBébert & LoloAnnibal et ses éléphantsOpusLes ColporteursGénérik vapeur26 000 couverts Jeudi 17 juin- Arts de la rueTout fou tout flyOpusCIAIlimitrofÉquipe BGénérik vapeurAnnibal et ses éléphantsLes Requins marteauxL’illustre famille Burattini26 000 couverts -MusiqueAnthony Joseph & the spasm bandSoul jazz orchestraBomba estereo Vendredi 18 juin- Arts de la rueTout fou tout flyCIACirqu’ulation localeCirkatomikNo tunes internationalCie Lézards bleusL’illustre famille Burattini26 000 couverts - MusiqueLucy loveGableSanseverinoThe SubsPiers Faccini Samedi 19 juin- Arts de la rueCIANo tunes internationalTeatro gestual de ChileDel reves

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Les Invités de mon père

ECRANS | Derrière ses allures de comédie à message élégamment filmée, écrite et interprétée, le deuxième long d’Anne Le Ny cache un film au discours contestable, dont les maladresses rejoignent un ennuyeux air du temps. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 25 mars 2010

Les Invités de mon père

L’honnêteté critique oblige à reconnaître que Les Invités de mon père est un film plutôt bien écrit, filmé avec un classicisme post-Sautet efficace et servi par des acteurs talentueux (Fabrice Luchini et Michel Aumont sont formidables, Karin Viard un peu moins, surtout quand son personnage perd les pédales à la fin). Ce deuxième long-métrage d’Anne Le Ny après Ceux qui restent n’a donc rien à voir avec certains navets franchouillards vus récemment. Mais son propos, déplaisant, se présente comme une réponse venue du bord opposé au Welcome de Philippe Lioret, un film déjà très faible ! Un bourgeois septuagénaire pas encore revenu de ses idéaux de la Résistance décide d’héberger chez lui des sans-papiers. Ses enfants poussent d’abord des cris d’orfraie, pensant voir débarquer un troupeau de Maliens dans le salon. Surprise : c’est une Ukrainienne blonde et sculpturale accompagnée de sa gentille petite fille qui s’installe chez leur père. Soulagement ? Un temps seulement, car ils découvrent que l’invitée est à la fois l’objet sexuel du paternel et une femme prête à tout pour rester en France. Not welcome…

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Tous invités

CONNAITRE | Festival / Présentation de la huitième édition des Invites de Villeurbanne, le festival «pas pareil» et gratuit, du 17 au 20 juin. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 15 juin 2009

Tous invités

Depuis huit ans et quelques semaines avant le grand raout des festivals d'été, les Invites de Villeurbanne imposent leur esprit de «festival pas pareil». Un rendez-vous pluridisciplinaire (mêlant arts de la rue, concerts, débats, repas de quartier, colloques), en plein air, et préparé en amont par les ateliers Frappaz et les Villeurbannais, véritables acteurs de la manifestation. La recette de ce succès repose également sur un ingrédient essentiel : la gratuité de tous les événements, qui permet d'attirer un public large et éclectique. En 2009, si les principes fondateurs restent inchangés, les Invites veulent bouleverser les habitudes des quelque 70 000 festivaliers foulant le sol de Villeurbanne à chaque édition. Les Invites passent ainsi de trois à cinq soirées et étendent leur terrain de jeu dans toute la ville de Villeurbanne (dont le parvis de la mairie et l'avenue Henri Barbusse), envoyant au passage leur thématique aux oubliettes. Plus de thématique donc, mais une nette volonté de dérouler le tapis rouge aux artistes burkinabés, aussi bien dans le registre musical (avec le crooner Victor Démé et le musicien Alif Naaba, issu de la «nouvelle scène africaine») qu'en arts de la

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Dehors, dedans

MUSIQUES | ARTS DE LA RUE / la particularité des invites est de proposer, en plus des concerts gratuits, un large choix de spectacles ouverts à tous et évidemment gratuits. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Vendredi 20 juin 2008

Dehors, dedans

En regardant attentivement la programmation arts de la rue de cette septième édition des Invites, on dresse un premier constat : à part la compagnie Les Mains, les Pieds et la Tête Aussi qui abrite l’acrobate Mathurin Bolze dont on a vanté les prodiges et chanté les louanges à multiples reprises dans ces pages, on ne connaît pas grand monde. Devant l’impossibilité de rencontrer la totalité des compagnies invitées, nous avons choisi de suivre le blÖffique théâtre qui propose une expérience théâtrale dans un immeuble, destinée aux spectateurs et aux habitants. Surprendre tout en s’adaptant au lieu dans lequel on crée, c’est l’objectif de Magali Chabroud qui cherche à «mettre la pensée en questions et faire vaciller les repères». En entrant dans le hall de cet immeuble du boulevard du 11 novembre à Villeurbanne, on trouve des gens qui dorment, comédiens ou mannequins. Au seizième étage, une femme entame un monologue dont le sens échappe peu à peu et invite à la suivre. Dans l’escalier qui permet de rejoindre le rez-de-chaussée, ils donnent l’impression d’être partout, ces gens qui dorment, qui se réveillent en sursaut, s’adressent aux spectateurs en les fixant dans les yeux et écr

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Carton d'Invites

MUSIQUES | MUSIQUE / LES INVITES font depuis l’an dernier coïncider leurs festivités pré-estivales avec la célébration musicale du 21 juin. ce qui permet au festival autoproclamé «pas pareil» de fêter la musique autrement. avec une vraie programmation notamment. Stéphane Duchène

Dorotée Aznar | Vendredi 20 juin 2008

Carton d'Invites

Sur le strict plan musical, disons le tout net, il nous semble avoir connu des éditions des Invites légèrement plus enthousiasmantes. Concédons quand même que peu d’événements de la sorte peuvent se targuer d’avoir sous la main un Daniel Darc, le soir de la Fête de la Musique. Seul hic, mineur, Daniel Darc est déjà venu deux fois à Lyon en l’espace de trois mois, et bien qu’on l’apprécie beaucoup et qu’on regarderait ses impressionnants tatouages pendant des heures, on aurait aimé voir une nouvelle tête du même calibre. Rodolphe Burger, présent aux Invites le 20, n’est venu à Lyon qu’une fois cette année, aux Subsistances. Aux Invites, il présentera peut-être de manière plus soutenue son dernier opus, No Sport, hommage à la devise de Winston Churchill, qui expliquait ainsi très laconiquement cette silhouette d’ «athlète» batracien qui était la sienne. Burger lui est plutôt du genre élancé et son sport préféré se pratique volontiers en combinaison de mots choisis (souvent avec des poètes comme Olivier Cadiot ou Pierre Alféri) et de musique de plus en plus expérimentale. Moins portée, ces temps-ci, sur cette veine rock creusée du temps de Kat Onoma. Du coup, l’homme de Sainte-Marie-a

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