Un horizon commun

CONNAITRE | «Qu'est-ce qu'on a en commun ?» se demande cette année la Fête du Livre de Bron à travers son lot habituel de rencontres et de débats. A l'origine de ce thème, il y a l’œuvre non pas d'un romancier mais d'un philosophe et d'un sociologue, Pierre Dardot et Christian Laval, qui "imaginent" un autre monde possible via un principe participatif et révolutionnaire : le «Commun». Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mars 2015

Comment définir le principe du commun, que vous développez dans Commun : essai sur la révolution au XXIe siècle ?
Christian Laval :
Le commun, c'est le mot qui désigne aujourd'hui un refus et un espoir. Le refus d'une société néolibérale fondée sur la concurrence généralisée, l'avidité, l'appropriation généralisée des ressources, l'enfermement communautariste, le nationalisme. Et c'est une aspiration à une autre forme de société, à la sauvegarde des ressources, à une «démocratie réelle» comme disent les indignés espagnols.

Le commun, tel que les luttes et les expérimentations sociales nous le font découvrir depuis plusieurs années, n'est pas ce qui est déjà là dans la société ou donné d'avance dans la nature, mais un espace réellement partagé qui est à instituer, à développer, à entretenir et qui se définit par l'organisation démocratique radicale des rapports entre ceux qui participent à une activité, quelle qu'elle soit et quelle qu'en soit l'échelle. C'est en ce sens un principe politique qui vaut pour la société entière, à tous les niveaux et qui souligne que la co-participation à une activité implique la co-participation à la définition des règles qui l'organise.

C'est ce que signifie la rédecouverte des "communs" ou commons en anglais, dans le mouvement écologiste et par le mouvement altermondialiste. Les "communs" au pluriel désignent des pratiques collectives anciennes très répandues dans les sociétés traditionnelles et qui obéissent à des règles coutumières régulant une exploitation raisonnable et une distribution équitable des ressources, permettant ainsi à une communauté de vivre.

Mais loin d'être une simple aspiration à un retour archaïque, la référence actuelle aux "communs", en particulier dans l'univers numérique, est une projection dans l'avenir. Il s'agit ni plus moins que d'inventer des pratiques sociales innovantes selon des règles d'auto-gouvernement, c'est-à-dire d'inventer une manière d'agir en commun à partir de notre diversité, d'organiser à tous les niveaux nos relations sur d'autres bases que la rivalité et l'avidité, de faire de la coopération et de la délibération collective des principes généralisés étendus à toutes les activités qui produisent la société, et d'orienter les activités vers une destination sociale profitable aux usagers.

Faillite du politique dites-vous ? C'est en fait une politique très particulière qui vise à étendre la rationalité capitaliste à toute la société et à en imprégner la subjectivité de chacun : le 7 janvier, jour fatidique, Emmanuel Macron dévoilait dans Les Échos l'esprit même de la société idéale : «Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires.» Voilà un projet politique mené par l'actuel gouvernement, que l'on peut qualifier d'anti-commun.

En quoi le commun est-il différent non seulement de l'appropriation privée mais aussi de ce qui relève d'ordinaire, et c'est plus surprenant, du domaine public et/ou étatique ?
Le commun comme principe démocratique de la vie collective échappe à la dualité dans laquelle depuis trop d'années on veut nous enfermer : le capitalisme d'un côté, fondé sur la propriété privée exclusive, et la propriété d'État de l'autre, avec toute la prolifération bureaucratique qu'elle implique. Le communisme d'État, comme développement maximal de la bureaucratie, a prouvé historiquement qu'il n'est pas la solution. Le commun n'est pas la nostalgie des disciplines de parti et ne cultive pas le regret de la verticalité des commandements lorsque ceux d'en haut savaient pour les autres, ceux d'en bas.

Le commun tel qu'il se définit aujourd'hui est fondé sur une aspiration ancienne qui, il faut le rappeler, a précédé le communisme d'État : l'organisation démocratique de la production et de la vie sociale. Dépasser le capitalisme, aujourd'hui, ce n'est pas construire l'État total, c'est faire de la démocratie réelle le principe de la vie économique et sociale.

Est-ce la mutation de l'Etat, sa contamination par le néo-libéralisme et donc la faillite du politique face à l'économie et au marché qui ont fait, selon vous, muter et/ou apparaître de nouvelles formes de lutte ?
Les néolibéraux à la Thatcher/Reagan pensaient que le marché offrait un modèle universel applicable même aux services publics. Cet anti-étatisme était un leurre. L'État, en particulier aux États-Unis, n'a pas cessé d'agir, et de façon hyper-répressive, emprisonnant à tour de bras, intervenant militairement tous azimuts, espionnant tous les citoyens. Et surtout l'État néolibéral s'est entièrement dévoué à la construction d'une société de plus en plus organisée sur la norme de la concurrence, sur le modèle de l'entreprise, et avec pour objectif universel l'enrichissement des plus favorisés.

Faillite du politique dites-vous ? C'est en fait une politique très particulière qui vise à étendre la rationalité capitaliste à toute la société et à en imprégner la subjectivité de chacun : le 7 janvier, jour fatidique, Emmanuel Macron dévoilait dans Les Échos l'esprit même de la société idéale : «Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires.» Voilà un projet politique mené par l'actuel gouvernement, que l'on peut qualifier d'anti-commun.

Pierre Dardot et vous avez beaucoup travaillé sur Marx et ce livre est la continuation de ce travail. En quoi ce commun permet d'être critique à l'égard de l'expérience communiste tout en en conservant, d'une certaine manière, l'esprit originel, avec à l'esprit la question : «comment comprendre un projet post-capitaliste qui ne soit pas utopique» ?
Il faut ouvrir les yeux et voir dans le présent l'avenir possible.Le commun n'est pas ce qui est rêvé, c'est ce qui se pratique déjà. En ce sens, l'opposition utopie/réalisme n'a pas grand sens. Le philosophe Ernst Bloch, dans son Principe espérance, est le premier à avoir parlé «d'utopies concrètes». Des sociologues américains parlent aujourd'hui «d'utopies réelles» pour dire que l'avenir s'invente aujourd'hui dans les pratiques alternatives nouvelles, qui dessinent déjà, virtuellement, une autre société possible. C'est ce que nous montrons dans notre livre à travers de nombreux exemples.

Comment est-ce que, concrètement, ce principe dont vous faites le constat à travers des luttes existantes, peut aider à atteindre ce que vous appelez l'au-delà du capitalisme ?
Je vous répondrai en citant Michel Foucault, quand il disait que les concepts viennent des luttes et doivent y retourner. Le commun est un concept qui est aujourd'hui discuté partout dans le monde, parmi tous ceux qui luttent contre le capitalisme néolibéral. Son élaboration théorique peut et doit servir à l'avancement de la réflexion collective.

Nous avons souhaité explorer des pistes assez concrètes en faisant des premières propositions soumises à la discussion publique. Les questions que nous posons portent, par exemple, sur la manière dont l'entreprise privée, les services publics ou l'économie sociale et solidaire devraient être transformés dans un sens démocratique.

Nous insistons tout particulièrement sur la manière dont il faudrait subordonner le principe de la propriété privée au droit d'usage, qui est selon nous la voie la plus prometteuse pour dépasser le capitalisme. C'est la convergence de transformations potentielles dans tous ces secteurs qui permettra de dégager la voie vers un au-delà du capitalisme.

On pense bien sûr à l'idée d'auto-gouvernement, semblable par exemple à l'expérience de la Commune justement. Mais comment gouverner tout cela à grande échelle ?
Peut-il y avoir un commun mondial ? En réalité, c'est au niveau mondial que nous avons besoin de façon urgente d'une institution du commun car nul ne peut plus ignorer que si nous ne faisons pas de la planète, et plus précisément du climat, un enjeu commun, nous allons à la catastrophe. Pour le dire autrement, la catastrophe est garantie si nous laissons les égoïsmes des États et l'avidité des grandes entreprises faire la loi et empêcher une politique salvatrice de l'environnement. Nous vivons et subissons aujourd'hui une vraie tragédie du "non commun" et nous allons le payer très cher. La question est très concrète et très urgente : comment les peuples peuvent-ils trouver un moyen démocratique de peser sur les décisions prises en matière écologique ?

Le commun peut s'imaginer facilement dans le cadre d'une "commune", la bien nommée, c'est-à-dire dans l'unité politique territoriale, ou dans le cadre d'une petite unité de production, enfin partout où des relations de face-à-face et des liens d'interconnaissance facilitent la délibération et la décision commune. Mais il faut faire un effort supplémentaire pour imaginer comment il peut s'incarner dans un cadre plus large.

Les Communards de 1871 que vous évoquez avaient justement imaginé, dans la foulée de Proudhon, une organisation de la France et de l'Europe sur une base fédéraliste. C'est cette capacité imaginative dont nous avons besoin, cette «force imaginante du droit» dont parle la juriste Mireille Delmas-Marty, pour penser une réorganisation politique à l'échelle régionale ou mondiale qui fasse droit à la participation la plus grande possible des gens concernés.

C'est au niveau mondial que nous avons besoin de façon urgente d'une institution du commun, car nul ne peut plus ignorer que si nous ne faisons pas de la planète, et plus précisément du climat, un enjeu commun, nous allons à la catastrophe. Pour le dire autrement, la catastrophe est garantie si nous laissons les égoïsmes des États et l'avidité des grandes entreprises faire la loi et empêcher une politique salvatrice de l'environnement.

Dans notre société individualisée où le capitalisme, ce que vous appelez la «tragédie du non-commun», est intériorisé dans la mesure où il est parvenu à «changer le cœur et l'âme des gens» selon le souhait de Margaret Thatcher, et où les réflexes et le repli individuels reviennent très facilement, peut-on s'éduquer au commun, et comment ?
Je vous répondrai avec humour que les voies du commun sont impénétrables. Qui aurait pu croire au milieu du XVIIIe siècle que la révolution était non seulement possible mais assez proche ? Peut-être Rousseau, qui n'hésitait pas à écrire dans L'Émile en 1762 : «Nous approchons de l'état de crise et du siècle des révolutions.» Avec toute la réserve qui s'impose quant aux prévisions, nous avons le sentiment que nous approchons de la fin d'un monde. Mais les preuves manquent quant à ce qui viendra après. Le capitalisme néolibéral et les monstres qu'il engendre pourraient l'emporter si l'apathie fataliste est plus forte que la mobilisation pour un autre avenir.

Le commun n'est pas une nécessité historique, il ne correspond à aucune "loi de l'histoire". L'humanité peut échouer à se sauver.

Dans le livre, vous dites que ce changement ne peut passer que par une révolution. Puis vous insistez sur l'aspect «galvaudé», «récupéré» de ce terme, comme désamorcé. Et puis il y a aussi cette idée ancrée que toute révolution se confond avec l'insurrection et/ou est totalitaire. Alors, quelle révolution ?
L'idée de révolution a été enterrée sous les calomnies d'une certain nombre de gens intéressés à la sauvegarde de l'ordre des choses. Qu'on se souvienne de la commémoration de 1789 dont le sens politique émancipateur a été étouffé sous l'esthétisation clinquante d'un Jean-Paul Goude.

La révolution, ce n'est ni l'émeute, ni l'insurrection violente, ni les barricades, ni la terreur, qui n'en sont que des formes et des modalités historiques particulières. C'est la mobilisation d'un peuple qui entend changer des institutions oppressives, désuètes, mortifères. C'est une prise de parole collective qui a une portée instituante. La révolution est revenue à l'ordre du jour comme possibilité actuelle. On peut entendre son grondement aux quatre coins du monde.

Mais la révolution, comme les historiens nous l'apprennent, est un cycle, fait d'avancées et de reculs, de dévoiements et de périodes régressives. Ce que nous appelons «révolution du XXIe siècle», c'est en réalité la reprise du projet démocratique émancipateur à un moment où la régression néolibérale va jusqu'à détruire les formes les plus limitées de la "démocratie représentative libérale".

La révolution, ce n'est ni l'émeute, ni l'insurrection violente, ni les barricades, ni la terreur, qui n'en sont que des formes et des modalités historiques particulières. C'est la mobilisation d'un peuple qui entend changer des institutions oppressives, désuètes, mortifères. C'est une prise de parole collective qui a une portée instituante.

Que vous inspire l'arrivée au pouvoir de Syriza en Grêce et la progression de Podemos en Espagne ? Y voyez-vous une sorte de victoire sur le There is no alternative néolibéral ainsi qu'une réinvention de la démocratie ? Ou, tout cela se déroulant au cœur d'un système, disons, sclérosant et truqué, comme un feu de paille politique, une éruption qui va finir par rentrer dans le rang de l'orthodoxie économique ?
La victoire électorale le 25 janvier de Syriza montre que les choses bougent. C'est une première brèche. On a longtemps dit que les mouvements sociaux et les occupations des places par les Indignés étaient voués à l'impuissance politique.

On voit que c'est faux. La souveraineté populaire n'a pas complètement rendu les armes devant le pouvoir des marchés. Et l'on ne peut qu'admirer l'audace des nouveaux dirigeants grecs qui osent défier les puissances coalisées de la finance et de la bureaucratie européenne et internationale. Isolés, ils risquent d'être écrasés et d'échouer, comme le souhaitent la plupart des dirigeants européens. On ne peut qu'espérer une extension de cette victoire à d'autres pays le plus rapidement possible.

Quel sens donnez-vous, si cela en a un pour vous à l'élan sans précédent qui a suivi les événements de Charlie Hebdo ?
Nous avons assisté à une insurrection civique extraordinaire, qui a rassemblé une partie de la population française la plus sensible à la dimension humaniste et républicaine de notre civilisation issue de la Renaissance et des Lumières, attachée aux libertés de conscience, de pensée et d'expression. Le fanatisme, par essence meurtrier, n'a aucune excuse ni aucune place dans une société sécularisée, il doit être combattu d'où qu'il vienne. C'est le socle même sur lequel on peut construire une société pleinement démocratique.

Évidemment, le rappel massif de ces principes de liberté, aussi essentiels soient-ils, ne suffit pas. On n'endiguera la passion meurtrière pour la pureté des identités et des origines que par le développement des luttes de tous pour l'égalité sans rien renier de la liberté absolue de critiquer.

Votre livre a inspiré le thème de la Fête du livre de Bron, où il est surtout question de littérature. Que répondriez vous à la question «qu'avons-nous en commun» ?
Nous sommes évidemment très fiers d'avoir pu inspirer le thème de la Fête du livre de Bron. Bien sûr, notre livre n'est pas une fiction littéraire, mais il se veut une défense et illustration de l'imagination politique, juridique, sociale. Or, il existe un lien étroit entre l'imagination de l'art et l'imagination politique.

Pour nous, le commun ne va pas sans ce que nous appelons la «praxis instituante», c'est-à-dire l'activité humaine de création et de transformation des institutions. Ce que nous avons en commun, c'est d'abord cette possibilité de créer notre monde, qu'il soit fictif ou institutionnel. Deleuze a eu cette belle parole : «L'homme n'a pas d'instincts, il fait des institutions.» Mais il faut être plus précis.

Le fanatisme, par essence meurtrier, n'a aucune excuse ni aucune place dans une société sécularisée, il doit être combattu d'où qu'il vienne. C'est le socle même sur lequel on peut construire une société pleinement démocratique. Évidemment, le rappel massif de ces principes de liberté, aussi essentiels soient-ils, ne suffit pas. On n'endiguera la passion meurtrière pour la pureté des identités et des origines que par le développement des luttes de tous pour l'égalité sans rien renier de la liberté absolue de critiquer.

Tout le monde n'est pas forcément d'accord avec cette réponse fondée sur cette capacité démocratique de création des institutions. La question sur ce que nous avons en commun peut appeler d'autres réponses possibles. Pour certains, ce que nous avons en commun, c'est l'intouchable, l'inexorable, l'éternel ; c'est une origine ethnique, une race, des ancêtres, une communauté de foi. Cet "avoir commun" là, régressif et archaïque, s'appréhende comme une appartenance à une communauté imposée telle qu'on la trouve dans les sociétés traditionnelles.

Mais on voit que cette définition en termes d'appartenance et d'origine se nie comme commun, car elle exclut tous ceux qui ne sont pas de la communauté d'origine, de race ou de foi.

Le commun tel que nous l'envisageons est ouvert à toutes et à tous puisqu'il est fondé sur la mise en commun qui donne le droit de participer à l'invention des règles collectives. Or, la société moderne, dans toutes les activités qui la composent, repose sur la coopération de tous, non sur une loi transcendante fixée une fois pour toutes. C'est la base de l'aspiration à la démocratie moderne contre tous ceux qui nient ou exploitent cette coopération généralisée.

Ce que nous avons en commun, c'est ce que nous décidons collectivement de faire ensemble selon des règles que nous décidons ensemble. Ce n'est pas "l'avoir commun" ou "l'être commun", c'est l'agir commun.

"Qu'est-ce qu'on a en commun"
Rencontre avec Pierre Dardot et Christian Laval
A l'Hippodrome de Parilly samedi 7 mars à 11h

Commun : essai sur la révolution au XXIe siècle (La Découverte)


Qu'est-ce qu'on a en commun ?

Avec Pierre Dardot et Christian Laval
Hippodrome de Parilly Avenue Pierre Mendès-France Bron
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Stéphane Duchêne | Dimanche 8 septembre 2019

Prix Summer 2020 : la sélection

Chaque année, La Fête du Livre de Bron remet son prix littéraire au moment du Festival qui aura lieu cette année du 12 au 16 février. Le prix Summer, c'est son nom, est décerné par un collège de lecteurs issus de 42 médiathèques de la métropole. Il avait l'an dernier récompensé Tiffany Tavernier pour Roissy (Sabine Wespieser). Comme de saison, la Fête du livre vient de dévoiler la liste des cinq romanciers en lice pour l'édition 2020 : Julia Deck pour Propriété privée (Minuit), Hélène Gaudy pour Un Monde sans rivages (Actes Sud), Vincent Message pour Cora dans la spirale (Seuil), Anne Pauly pour Avant que j'oublie (Verdier) et Sylvain Prudhomme pour Par les Routes (L'arbalète/Gallimard).

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Le monde des livres

Littérature | Avant la saison des festivals d'été, il y a celle des festivals littéraires, nourrie des centaines de livres parues en quelques mois et des milliers d'idées qui les composent. Tour d'horizon des événements littéraires majeurs du printemps.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 janvier 2019

Le monde des livres

Fête du Livre de Bron Retour à une thématique cette année, et même à une thématique forte pour la Fête du Livre de Bron qui explorera les recoins littéraires de "La Vie sauvage" : animalité de l'humain, violence du monde, libéralisme sauvage, question environnementale mais aussi subversion et insoumission. Où l'on retrouvera notamment le prix Goncourt Nicolas Mathieu pour Leurs enfants après eux (pour une collaboration qui s'annonce savoureuse avec le musicien Florent Marchet), mais aussi de nombreux autres comme Serge Joncour, David Diop, Charif Majdalani, Marielle Macé, Pascal Blanchard. Florence Aubenas, Andreï Kourkov, Domonique A, François More, FabCaro ou Jérôme Ferrari. Plus de détails sur cet alléchant programme le 23 janvier. À l'Hippodrome de Parilly du 6 au 10 mars Quais du Polar En dépit du réchauffement climatique, ils seront un peu glacés, cette année, les Quais du Polar. Le festival ayant choisi de rendre hommage au polar nordique et à ses joyeuses spécificités littéraires, culturelles et politiques. En invitant pas moins de 25 auteurs

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Le Goncourt à la Médiathèque de Bron

Littérature | Cette année, le Prix des lecteurs de la Fête du Livre de Bron a adopté le nom de Prix Summer, en référence au roman lauréat de 2018, signé Monica Sabolo. Pour (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 décembre 2018

Le Goncourt à la Médiathèque de Bron

Cette année, le Prix des lecteurs de la Fête du Livre de Bron a adopté le nom de Prix Summer, en référence au roman lauréat de 2018, signé Monica Sabolo. Pour l'attribution du prix, les organisateurs proposent toujours aux lecteurs de 37 médiathèques et bibliothèques de l'agglomération de choisir parmi cinq ouvrages et cinq auteurs à découvrir, lors de dix rencontres en bibliothèques, le roman de la rentrée littéraire de l'automne. Le prix étant remis lors de la Fête du Livre le vendredi 8 mars. Parmi les auteurs sélectionnés, l'on trouve notamment le lauréat du Prix Goncourt 2018 Nicolas Mathieu avec son roman Leurs enfants après eux (Actes Sud). Lequel répondra, en public, aux questions du groupe de lecteurs de la Médiathèque Jean Prévost de Bron le 12 décembre prochain à 19h. Une rencontre suivie d'une dédicace qui constituera un bel avant-goût de la Fête du Livre dont Nicolas Mathieu sera l'un des invités marquants.

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À la Fête du livre jeunesse, l'accueil questionné

Littérature jeunesse | Deux jours de festivités autour de la littérature jeunesse avec une cinquantaine d’invités en dédicace, des spectacles, des contes et des ateliers sur le thème de l’autre et de l’accueil : c'est la Fête du livre jeunesse de Villeurbanne.

Lisa Dumoulin | Mardi 20 mars 2018

À la Fête du livre jeunesse, l'accueil questionné

“Bienvenue !” : c’est le thème du festival cette année. Un accueil chaleureux et bien sûr un peu particulier, puisqu’il se positionne en résonance avec notre actualité, celle des mouvements migratoires importants qui confrontent les territoires à la question de l’accueil. Ainsi la cinquantaine d’auteurs, illustrateurs et scénaristes invités se proposent pendant deux jours d’ouvrir le débat sur l’acceptation de l’autre, l’accueil de la différence et d’inviter le public à réfléchir autour de l’altérité. Gérard Picot, le directeur artistique, explique : « Dire bienvenue ! c’est ouvrir notre propre porte. C’est faire fi de notre peur de l’autre nourrie de notre méconnaissance, que l’on ne fasse pas de son voisin un intrus, mais une possibilité de rencontre. » Ainsi les associations Terre d’Hommes et Singa (dispositifs de mise en relation entre les personnes réfugiées et leur société d’accueil) participent à la fête à travers notamment l’exposition Encrages, des illustrations originales sur les thèmes de l’exil et de l’enfance. Rayons expos toujours, des

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Annulation de la soirée d'ouverture avec Éric Vuillard

Fête du Livre de Bron | Ainsi qu'annoncé ce mardi par la Fête du Livre de Bron, la rencontre du mercredi 7 mars à l'Espace Albert Camus avec Éric Vuillard a dû être annulée. Une (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 mars 2018

Annulation de la soirée d'ouverture avec Éric Vuillard

Ainsi qu'annoncé ce mardi par la Fête du Livre de Bron, la rencontre du mercredi 7 mars à l'Espace Albert Camus avec Éric Vuillard a dû être annulée. Une nouvelle qui a pour conséquence de repousser la soirée d'ouverture du festival au lendemain, jeudi 8 mars, avec la rencontre avec Pierre Jourde à la Ferme du Vinatier et le récital musical de Marc Alexandre Oho Bambe au Jack Jack.

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Grégoire Bouillier : « Écrire c'est vivre »

Fête du Livre de Bron | Avec "Le Dossier M", enquête sur une histoire d'amour impossible comme clé de l'élucidation du suicide d'un ami, Grégoire Bouillier a livré un livre monstre absolument jouissif de plus de 1700 pages paru en deux volumes. Et continue de se poser en défenseur de la réalité contre les chantres de cette autofiction à laquelle on l'a souvent assigné. Interview fleuve pour une œuvre hors norme.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 mars 2018

Grégoire Bouillier : « Écrire c'est vivre »

Les premiers commentaires sur Le Dossier M se rapportaient surtout à son format hors-norme... Pensiez-vous qu'il soit encore possible de publier une œuvre d'une telle ampleur en 2018, sans faire reculer éditeurs, libraires, journalistes, lecteurs ? Grégoire Bouillier : C'est une question qui s'est posée seulement le livre fini. Pour ma part, j'avais une histoire à raconter et je ne suis pas du tout parti avec l'idée de faire un gros livre, d'autant plus que les précédents étaient brefs. C'est l'histoire que j'avais à raconter qui a décidé du format que ç'a donné à la fin. Ce n'était pas du tout prémédité. Comme le dit la phrase d'exergue, de John Coltrane, « je suis parti d'un point pour aller jusqu'au bout » et ce point, c'était le suicide de Julien. À partir de là, il fallait que je raconte toute l'histoire – toute l'histoire de M – comme une sorte d'enquête conduisant à élucider pourquoi Julien s'était suicidé. J'avais un certain nombre de scènes en tête qui formaient un che

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La voix de Lemaître

Littérature | Donnant au départ dans le polar, l'écrivain et scénariste Pierre Lemaître connut la consécration en 2013 avec le roman Au revoir là-haut, sa première incursion hors (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 23 janvier 2018

La voix de Lemaître

Donnant au départ dans le polar, l'écrivain et scénariste Pierre Lemaître connut la consécration en 2013 avec le roman Au revoir là-haut, sa première incursion hors du genre policier, qui retrace la trajectoire de deux anciens poilus qui tentant de trouver une place dans la société d'après Grande guerre mettent au point une arnaque aux monuments aux morts. Prix Goncourt 2013, Au revoir là-haut fut adapté en BD en 2015 par l'auteur lui-même avant de connaître un second succès suite à sa transposition cinématographique réussie par Albert Dupontel sortie en octobre de l'année dernière. Soit quelques semaines avant la suite d'Au revoir..., second volet très attendu de la trilogie dite "Péricourt". Couleurs de l'incendie, paru en cette rentrée de janvier, met en scène Madeleine Péricourt – la sœur ruinée de la gueule cassée d'Au Revoir là-haut, Édouard – dans la fureur cruelle des années 30. Un roma

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Livres : la saison des auteurs

Panorama Littérature | Après les deux rentrées littéraires de l'année, riches de plus d'un millier d'œuvres, et avec le printemps, revient la saison des salons et autres manifestations littéraires d'envergure dans l'agglomération. Avant-programme à l'usage du lecteur compulsif.

Stéphane Duchêne | Mardi 9 janvier 2018

Livres : la saison des auteurs

Fête du livre de Bron La thématique, c'est fini. Désormais, la Fête du Livre de Bron, richesse littéraire oblige, s'articulera sous formes de cycles thématiques à même de lui rendre justice : l'enfance comme pays natal, la vie des autres, le roman familial, le rapport à l'Histoire, le roman social, la littérature de voyage seront autant de points d'ancrage avec les auteurs conviés à cette 32e édition de l'incontournable festival littéraire brondillant. Parmi eux, on retrouvera, comme d'usage, quelques unes des grandes plumes de la rentrée de septembre : Delphine Coulin, Pierre Ducrozet, François-Henri Désérable, Yannick Haenel, prix Médicis pour Tiens ferme ta couronne, Christophe Honoré, Lola Lafon, Monica Sabolo, Marie Richeux, mais aussi des "auteurs de janvier" comme Pierre Lemaître qui honorera dès le 24 janvier une rencontre à la Médiathèque de Bron au

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Gaëtan Dorémus à la Fête du Livre Jeunesse

Kids | Avez-vous vu Trompette ? Sur les murs de Villeurbanne, ce petit oiseau dessine les silences, les cris, les larsens… et fait l’objet d’une exposition (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 4 avril 2017

Gaëtan Dorémus à la Fête du Livre Jeunesse

Avez-vous vu Trompette ? Sur les murs de Villeurbanne, ce petit oiseau dessine les silences, les cris, les larsens… et fait l’objet d’une exposition jusqu’au 22 avril à la Maison du livre, de l’image et du son. Ce personnage petit mais bruyant est créé par l’invité d’honneur du festival, Gaëtan Dorémus : auteur et illustrateur d’une cinquantaine d’albums, notamment aux éditions du Rouergue et Autrement mais aussi du Seuil jeunesse, ses dessins fins et colorés, travaillés en couches comme la sérigraphie, accompagnent des histoires souvent focalisées sur le vivre ensemble. Pour vivre ensemble, il faut parler et écouter et c’est le thème de cette 18e édition : “On va se faire entendre!”. Ateliers bruitages, spectacles musicaux, expositions qui ouvrent une fenêtre sur le monde, chansons, Poèmaton et liseuses de bonnes aventures… Le livre fait du bruit ! Sans oublier les 130 invités à rencontrer en dédicaces et lors des rencontres organisées pendant le week-end. La Fête du Livre Jeunesse, c'est à Villeurbanne le samedi 8 et dimanche 9 avril à

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Tanguy Viel : « Obtenir réparation par le récit »

Fête du Livre de Bron | Un homme, Martial Kermeur, jette dans la rade de Brest un agent immobilier qui quelques années auparavant l'a escroqué comme il a escroqué toute une ville avec un projet de « station balnéaire » jamais édifiée. Puis s'en explique longuement auprès d'un juge. C'est la trame, irrésistible, du roman de Tanguy Viel, Article 353 du Code pénal, écrit sous la forme d'une confession réparatrice. Avec l'idée que la parole et par là, la littérature, peuvent sauver de tout, même du pire. Entretien avec l'auteur, invité de la Fête du livre de Bron. Où il est question de la fin de l'idéal socialiste, de filiation impossible, de l'homme, cette plante verte, de bonne conscience et d'injustice, des Mille et Une Nuits, de Darwinisme et de méta-fiction.

Stéphane Duchêne | Mardi 7 mars 2017

Tanguy Viel : « Obtenir réparation par le récit »

Qu'est-ce qui a présidé – l'idée, l'image, la situation – à l'écriture d'Article 353 du Code pénal ? Cette scène de meurtre qui ouvre le livre, comme pour s'en débarrasser ? Tanguy Viel : Pour qu'il y ait vraiment roman, il fallait qu'il y ait un acte dramatique fort. Donc la première scène, la scène du meurtre [le narrateur jette à la mer l'agent immobilier qui l'a arnaqué, NDLR], est une des premières que j'ai écrite, même si je savais qu'elle était pratiquement de l'ordre du dénouement. Mais je ne dirais pas que c'est forcément la première idée qui m'a inspiré le livre. D'abord il y a cette histoire toute bête d'imaginer un type qui allait installer une station balnéaire dans la rade de Brest. Le caractère presque absurde du projet était en fait une sorte d'idée romanesque dont je ne voyais pas trop ce que j'allais faire. Et presque parallèlement à ça, ce qui est né, c'est la figure du narrateur, Martial Kermeur. Ce qui m'

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Marie Modianesque

Littérature | Comédienne, ayant étudié l'art dramatique à la Royal Académie de Londres, poète, chanteuse et écrivain, on connaît Marie Modiano pour un recueil de poésie, Espérance (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 mars 2017

Marie Modianesque

Comédienne, ayant étudié l'art dramatique à la Royal Académie de Londres, poète, chanteuse et écrivain, on connaît Marie Modiano pour un recueil de poésie, Espérance mathématique, pour ses albums dont l'un est la mise en musique du recueil précité, par son compagnon Peter Von Poehl, et pour un étrange roman baptisé Upsilon Scorpii. On la connaît évidemment aussi pour être la fille d'un Prix Nobel de Littérature, Patrick Modiano. Une filiation difficile à passer sous silence. En revanche, on la connaît un peu moins pour une histoire toute personnelle, intime, qui est aussi un petit bout d'Histoire de la littérature et qu'elle raconte dans Lointain son deuxième roman. Une histoire comme on ne les invente pas, insatiablement romanesque : celle de sa rencontre, adolescente, avec un jeune américain en 1994 sur le Pont des Arts. Un type un peu errant, musicien, poète, écrivain, qu'elle ramènera à la maison et dont elle finira par découvrir qu'il est l'auteur d'un gigantesque manuscrit écrit en pattes de mouches sur lequel il est urgent de se penche

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À Villeurbanne : lire, pour grandir

CONNAITRE | Pas d’Invites cette année, mais la Fête du Livre est fort heureusement immuable à Villeurbanne ! Son passionné directeur Gérard Picot fera vivre la 17e édition de (...)

Nadja Pobel | Mardi 29 mars 2016

À Villeurbanne : lire, pour grandir

Pas d’Invites cette année, mais la Fête du Livre est fort heureusement immuable à Villeurbanne ! Son passionné directeur Gérard Picot fera vivre la 17e édition de cette manifestation qui irrigue les espaces publics de la ville et met à l’honneur cette année Claire Cantais. L’auteur-illustratrice a notamment publié (avec Delphine Beauvois) On n’est pas des poupées, sorte de Deuxième sexe à l’intention des enfants dès 4 ans. Où comment faire passer les premières notions de féminisme via la littérature jeunesse. Présente durant ce long week-end, Claire Cantais a aussi effectué, depuis octobre, un travail de terrain dans les écoles de la ville et répondu à cette volonté sans cesse renouvelée de la Fête du Livre de ne pas être seulement un festival sur un temps court. Transmettre le goût de lire Outre la traditionnelle librairie et les séances de dédicaces dans la salle Raphaël de Barros, Alice Zeniter, prix du livre Inter pour Sombre dimanche en 2013 et surtout auteur d’un formidable polar paru en septembre, Juste avant l’oubli, sera présente pour accompagner son spectacle musical Un ours, of course, ou comment

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Zëro dëfaut

MUSIQUES | Zëro. Avec un tréma autant qu'un trauma, le même qui trônait par dessus l'ancien avatar qu'était Bästard. L'un succédant à l'autre sont deux légendes de la noise (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 2 mars 2016

Zëro dëfaut

Zëro. Avec un tréma autant qu'un trauma, le même qui trônait par dessus l'ancien avatar qu'était Bästard. L'un succédant à l'autre sont deux légendes de la noise lyonnaise. Lyonnaise, mais pas que. Noise, mais pas que. En quatre ans d'existence (si l'on occulte leur vie passée sous le nom de Deity Guns) Bästard a creusé le sillon de tout un pan du rock expérimental français (noise, jazz bruitiste, no wave, indus) au fil de nombreux disques dont l'un fameux, produit par Lee Ranaldo de Sonic Youth. Séparé en 1997, après une éclipse de dix ans et épuré de quelques membres, le groupe repart à Zëro et la machine aussi, résolument tournée vers le post rock. Depuis un moment associés aux lectures toute en tension de Virginie Despentes, il se dit que l'expérience a quelque peu joué sur la conception de leur cinquième album, San Francisco, tout juste paru. Un album qui sonnerait presque plus "pop", avec tous les guillemets qu'une telle mention nécessite (on pense aux morceaux Ich... Ein Groupie ou Cheap Dream Generator). Zëro ou un groupe qui ne souffrira pas de la disparition de l'accent circonflexe mais ne débarrassera jamais l'auditeur,

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William Marx : « La Haine vaut mieux que l'indifférence »

CONNAITRE | Invité à réfléchir au(x) "Devenir(s) de la littérature", William Marx est l'auteur du savoureux La Haine de la Littérature où, de Platon le chasseur de poètes à Sarkozy l'allergique à La Princesse de Clèves, cet historien des Lettres recense, explique, réfute et moque 2500 ans d'attaques répétées.

Stéphane Duchêne | Mercredi 2 mars 2016

William Marx : « La Haine vaut mieux que l'indifférence »

Pourquoi vous être intéressé à La Haine de la Littérature ? William Marx : Il faut comprendre ce livre comme une déclaration d'amour à la littérature, mais une déclaration à l'envers. Cette discipline est en but depuis la plus haute antiquité à une hostilité très forte, et c'est peut-être ce qui l'a construit. Il me semblait important de la resituer dans ce contexte, d'énumérer l'ensemble des arguments qui lui ont été objectés et surtout d'y répondre. Ce livre se présente comme un éloge paradoxal de la littérature : à chaque attaque, parfois ridicule, j'oppose un antidote. On est surpris d'apprendre que les premiers pourfendeurs de la littérature furent les plus grands philosophes. L'ensemble des arguments énoncés depuis 2500 ans contre la littérature se trouvent quasiment tous chez Platon. La philosophie, historiquement, est née contre la poésie et ce discours que nous appelons aujourd'hui littérature. À l'époque, Platon rêve d'un État autoritaire totalement idéologique qui serait dirigé par les philosophes. Il va donc essayer de contester un certain nombre d'autres autorités, comme celle du poète – qui a alors

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Résultat du concours Fête du livre de Bron

CONNAITRE | A l'occasion de sa 29e édition, la Fête du livre de Bron s'est associée au Petit Bulletin pour vous faire gagner une sélection d'ouvrages d'auteurs (...)

Benjamin Mialot | Samedi 7 mars 2015

Résultat du concours Fête du livre de Bron

A l'occasion de sa 29e édition, la Fête du livre de Bron s'est associée au Petit Bulletin pour vous faire gagner une sélection d'ouvrages d'auteurs invités. Pour cela, il vous fallait vous fendre d'un texte répondant à la question posée cette année par la Fête : "qu'est-ce qu'on a en commun ?". Vous avez été nombreux à participer (et nous vous en remercions) mais, comme dans Highlander, il ne pouvait en rester qu'un. Il se nomme Daniel Ostfeld et voici sa production : Quelques poils sur le bord de mon oreille. En désordre. Ils me dérangent. J'ai vu les mêmes chez mon voisin et cela m'agace. Quand je regarde mon visage de très près dans la glace, des tempes jusqu'au menton, j'aperçois les pores qui constellent la surface de ma peau, et de toutes petites lignes qui les relient les uns aux autres. Ici et là, quelques poils égarés. Tout cela compose une toile d'une relative harmonie. Ces petites lignes, qui ne sont pas encore des rides mais pourraient le devenir, je les ai vues aussi sur le poignet de mon bébé, ça m'a ému. Comme si elles étaient la preuve qu'il était membre de plein droit de la communauté des hommes. Des

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Belle de nuit

CONNAITRE | Après avoir remporté le prix interallié en 2012 avec "Oh...", le prolixe Philippe Djian revient en forme avec un roman rocambolesque que lui seul pouvait orchestrer : "Chéri-chéri", dont il est invité à débattre à la Fête du livre de Bron. Valentine Martin

Valentine Martin | Vendredi 6 mars 2015

Belle de nuit

Il le dit souvent, c'est la première phrase qu'il écrit qui lui indique quelle suite prendre. Philippe Djian est un auteur qui travaille sans plan et, jusqu'à présent, cela lui a plutôt réussi. Pour décrypter son nouveau roman, Chéri-chéri (Gallimard), il importe donc de se pencher sur sa première phrase, et même sur son premier paragraphe : «Le jour on m'appelait Denis. J'étais un écrivain qui connaissait un certain succès et qui avait la dent dure, comme critique. Certains soirs on m'appelait Denise. Bon, je dansais dans un cabaret.» Tout est dit. Écrivain le jour, travesti la nuit, Denis est plutôt bien dans sa vie. Il a une femme, Hanna, poupée blonde aux gros seins, qui ne voit pas le problème d'avoir un mari portant des bas résilles. Elle le surnomme même chéri-chéri. Bref, tout serait parfait sans Paul. Ce dernier est le père d'Hanna, et il ne supporte pas la double vie de son gendre. L'ennui, c'est qu'il est aussi mafieux sur les bords et décide de mener la vie dure à Denis en le forçant à travailler pour lui. Au moins avec Véronica, la mère d'Hanna, il n'y a pas de problème, elle aime bien Denise. Peut-être même un peu trop finalement...

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Un jour en France

CONNAITRE | En général, lorsqu'un journaliste se déplace dans un village, c'est parce qu'il s'y est produit une catastrophe. Florence Aubenas y est allée pour rencontrer des français normaux, sans histoire. Ou peut-être que si justement : des histoires à hauteur d'homme, qu'elle a compilée dans son nouvel ouvrage, "En France", dont elle discutera à la Fête du livre de Bron. Valentine Martin

Valentine Martin | Vendredi 6 mars 2015

Un jour en France

De l'Irak à la Syrie, elle a sillonné tous les points chauds du globe. Mais depuis quelques années, elle a enfin posé ses valises en France pour de bon. Grand reporter, Florence Aubenas s'est du coup vu proposer par le journal Le Monde (où elle travaille depuis 2012) une nouvelle expérience : tenir une chronique sur le quotidien des Français. Après avoir couvert les grands procès de France et s'être fait passer pour une demandeuse d'emploi dans Le Quai de Ouistreham, elle n'a pas hésité une seconde. Entre 2012 et 2014, Florence Aubenas a régulièrement pris sa voiture (ou le train de 5h du matin) direction la province, à la découverte ce que tout le monde croit connaître déjà. En France est un recueil de des chroniques qu'elle a tirées de ces déplacements, une fine mosaïque de portraits qui retrace des bouts de vies, des moments de tous les jours. Florence Aubenas ne voulait pas cibler une population particulière, alors elle les a toutes rencontrées : paysan, chauffagiste, syndicaliste, jeune dealer, maman au foyer... Pourtant une classe sociale se dessine : celle dite moyenne, voire moyenne moins, celle qui se lève tôt et qui ne p

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Bron, commune des livres

CONNAITRE | Rarement sans doute les différentes rencontres, dialogues et débats réunissant les auteurs invités par la Fête du Livre de Bron auront constitué de la sorte (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mars 2015

Bron, commune des livres

Rarement sans doute les différentes rencontres, dialogues et débats réunissant les auteurs invités par la Fête du Livre de Bron auront constitué de la sorte les pièces d'un puzzle thématique qui n'a sans doute jamais été aussi commun – et n'a donc jamais aussi bien porté son nom. «Qu'est-ce qu'on a en commun ?», donc, pose la question inspirée de l'essai de Christian Dardot et Pierre Laval, évidemment invités pour parler du vaste sujet de leur livre : à savoir proposer une révolution politique, sociale et écologique pour le XXIe siècle, celle du commun. Pour commencer, on pourrait dire plus précisément ici que ce qu'on a en commun, c'est la ou les littératures, quelles qu'en soient les approches. Littérature, qui cette année porte donc à la Fête du Livre une série de regards sur le contemporain à travers les enjeux du commun. Qu'ils passent par l'évocation du monde social et le plus souvent de son effritement (les rencontres "roman choral, roman social" avec Olivier Adam et Donal Ryan, "La France à hauteur d'homme" avec Florence Aubenas, "L'Italie, un nouveau monstre" avec Silvia Avalone et Simonetta Greggio) ; de l'histoire et de la mémoire ("La mém

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Dans la tête des Inconfiants

ARTS | L'écrivain Tatiana Arfel et l'artiste Julien Cordier publient Les "Inconfiants", fruit d'une résidence à l'hôpital psychiatrique du Vinatier. La Ferme éponyme leur consacre une rencontre et une exposition. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 mars 2015

Dans la tête des Inconfiants

Invités en résidence par la Fête du livre de Bron à l'hôpital psychiatrique du Vinatier (de mars à septembre 2014), Tatiana Arfel et Julien Cordier y ont d'abord animé des ateliers afin de rencontrer patients, soignants et autres personnels de l'hôpital. Un hôpital en l'occurrence en mutation, qui regroupait alors ses services de psychiatrie adulte pavillonnaire en un seul et grand bâtiment. Plus généralement, les deux comparses mettaient les pieds dans «un monde de fous» (pour reprendre le titre de l'ouvrage du journaliste Patrick Coupechoux publié en 2006) où la psychiatrie affronte les affres des normes gestionnaires et les impératifs d'efficacité à court terme. «Le vieux pavillon s’est disparu, pfuiiiiit. Il ne respire plus, le bâti passé où je vins de par mes années vertes – celles où les infir-mères et les mets-deux-saints priaient encore en moi, paumes jointes, Vierge et Esprit, où ils pensaient que oui, j’irons bien un jour» fait dire à l'un de ses "personnages" Tatiana Arfel, dans sa langue toujours vive et truculente. Chaque chapitre du livre donne ainsi la voix à un individu différent (patien

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Désordre littéraire

CONNAITRE | Ça n'est peut-être qu'un événement pour ses thuriféraires, mais c'en est surtout un pour la littérature tout court et pour la Fête du Livre. Car Eugène Savitzkaya (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mars 2015

Désordre littéraire

Ça n'est peut-être qu'un événement pour ses thuriféraires, mais c'en est surtout un pour la littérature tout court et pour la Fête du Livre. Car Eugène Savitzkaya se fait au moins aussi rare que son œuvre, s'étalant sur 43 ans, mérite une mise en lumière bien plus importante – même si cet archétype de "l'écrivain Minuit" a obtenu en 1994, le prix triennal du roman pour Marin de mon cœur et si, surtout, il fut célébré en son temps comme un auteur remarquablement précoce. Chose réparée donc par la programmation de Bron pour le poète (le fameux Cochon farci), dramaturge et romancier (Fou trop poli, Exquise Louise) belge qui entretint également une belle correspondance avec Hervé Guibert, la seule que ce dernier avait accepté de laisser paraître en guise de dernière volonté (Lettres à Eugène). De ce parcours entre les lignes, parfois un peu dans les limbes de la littérature officielle, Savitzkaya donnera un salvateur aperçu au cours d'une lecture baptisée "L'indocile" et qui se tiendra le samedi 7 mars à 18h30. On pourra avoir à l'esprit en écoutant cet auteur fondamentalement hybride, cette phrase tir

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Concours d’écriture Fête du Livre de Bron

CONNAITRE | À l’occasion de sa 29e édition, du 6 au 8 mars 2015, la Fête du Livre de Bron et le Petit Bulletin vous invitent à participer à un concours d'écriture sur le (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 16 janvier 2015

Concours d’écriture Fête du Livre de Bron

À l’occasion de sa 29e édition, du 6 au 8 mars 2015, la Fête du Livre de Bron et le Petit Bulletin vous invitent à participer à un concours d'écriture sur le thème de l’édition : Qu’est-ce qu’on a en commun ?  A gagner : une publication sur les sites du journal et du festival ainsi que 5 livres de littérature française ou étrangère sélectionnés par la Fête du Livre. Plus d'informations en suivant ce lien.

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Fête du livre de Bron 2015 : les premiers noms

CONNAITRE | Qu'est-ce qu'on a en commun ? C'est la question que se posera la 29e édition de la Fête du livre de Bron du 4 au 8 mars prochain. Tenteront d'y répondre (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 18 décembre 2014

Fête du livre de Bron 2015 : les premiers noms

Qu'est-ce qu'on a en commun ? C'est la question que se posera la 29e édition de la Fête du livre de Bron du 4 au 8 mars prochain. Tenteront d'y répondre les auteurs suivants : Olivier Adam, Florence Aubenas, Silvia Avallone, Ramona Badescu, John Burnside (en dialogue avec José Carlos Somoza), Alain Choquart, Pierre Dardot, Patrick Deville, Simonetta Greggio, Serge Joncour, Olivier de Solminihac,   Laurent Mauvignier, Hubert Mingarelli, Raphaële Moussafir, Sylvain Prudhomme, Eric Reinhardt (le temps d'une lecture musicale avec Bertrand Belin), Eugène Savitzkaya, Eric Vuillard (notre cover boy de la rentrée littéraire, en dialogue avec Olivier Rolin) ou encore Valérie Zenatti.

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Villeurbanne de l’autre côté du miroir

CONNAITRE | Et si la folie (médiatique, politique) de ces dernières semaines quittait le réel pour revenir à sa place, dans l’imaginaire de la littérature ? En choisissant (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 avril 2014

Villeurbanne de l’autre côté du miroir

Et si la folie (médiatique, politique) de ces dernières semaines quittait le réel pour revenir à sa place, dans l’imaginaire de la littérature ? En choisissant le thème "Soyons fous !" pour sa quinzième édition, la précieuse Fête du livre jeunesse de Villeurbanne (qui se déploie dans toute la ville du 9 au 13 avril) promet de faire croire en l’impossible, à l’image de son invité d’honneur, Gilbert Legrand, sculpteur et plasticien qui imagine des personnages-objets aussi amusants que bien pensés : une hache devient un canard grognon, un pinceau un hérisson, une paire de ciseaux un couple enlacé... Compilées chez Sarbacane, ces créations sont à voir, au naturel ou en photo, à la MLIS durant un mois (jusqu’au 26 avril). L’artiste a aussi passé du temps à travailler avec les habitants du quartier de Cyprian-Les Brosses, la Fête du livre jeunesse étant tout sauf un saupoudrage tous azimuts. Au contraire, c'est tout au long de l'année qu'elle se construit avec les Villeurbannais, sous l'égide de son vaillant directeur et fondateur

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Fête du livre de Bron - Résultat du concours

CONNAITRE | A l’occasion de la 28ème édition de la Fête du livre de Bron, qui se tiendra ce week-end à l’Hippodrome de Parilly, le festival et Le Petit Bulletin vous ont proposé un concours d’écriture sur le thème de cette année : "plan B". L'heure est venue d'en dévoiler le vainqueur.

Benjamin Mialot | Jeudi 13 février 2014

Fête du livre de Bron - Résultat du concours

Pour rappel, la consigne était de "décrire en 500 signes votre dernier pas de côté, et nous dire ce que signifie pour vous, aujourd’hui, l’idée du plan B, en commençant par ces mots :  « Plan B comme… »". C'est Jérémy Rodriguez, dont le texte est reproduit ci-dessous, qui s'est le mieux sorti de l'exercice et remporte du coup les cinq ouvrages de littérature contemporaine mis en jeu. Bravo à lui.   Plan B, comme un bédo roulé sur un Budé, toute honte bue bouder l'étude d'Apuléesous les volutes d'un nébuleux éden(l'anachorète brûle ses livres, ne pas mourir de froid).   Plan B, comme l'embellie que le zombie fabule, abîme ouatée, cinéma bis, le blanc-bec bée, vive l'artiste.   Plan B, comme une samba sans balade sauvage, blague volage, l'aubade d'un olé indolore- solitude de coton.   Plan B, quand un plan cul supplée un amour perdu:dans le lit-monde que les démons colonis

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Plan A, B, C pour Chevillard

CONNAITRE | Eric Chevillard publie un jouissif Abécédaire, "Le Désordre Azerty", alors même que paraît "Pour Eric Chevillard", ouvrage critique collectif décomposant l’œuvre du plus singulier des écrivains français, méta-romancier et faux auto-fictif poussant la langue dans ses derniers retranchements pour mieux dire et faire le monde. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2014

Plan A, B, C pour Chevillard

«Mourir m'enrhume, c'est amusant. Le chaud et le froid sans doute». Il y a dans ces deux phrases de Mourir m'enrhume, tout Eric Chevillard. Mais il y a Eric Chevillard dans toutes les phrases d'Eric Chevillard. Ou peut-être qu'il n'y est pas. Disons qu'il y est mais qu'il s'y cache pour mieux s'en extraire et prendre les commandes de la langue. Pour détourner la fiction et lui assigner une réalité alternative qui brouille notre représentation littéraire du réel.  Le monde de l'auteur du Désordre Azerty est à part, parallèle, ou plutôt superposé au nôtre, mais toujours déroutant. Bruno Blanckeman, dans Pour Eric Chevillard, dirait que «l'écrivain flirte avec la phénoménologie romanesque mais ne conclut jamais». Preuve qu'aussi bien que le silence d'après Mozart est encore du Mozart, la critique de Chevillard est encore du Chevillard, au point que ses livres contiennent leur propre et incessante critique.  Le livre, chez Chevillard, est «une structure d'égarement qui multiplie les niveaux de situations romanesques, les jeu

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L'art de la tangente selon Sorj Chalandon et Jean Hatzfeld

CONNAITRE | Grands reporters à Libé (le journal, pas le showroom de Philippe Starck) dans les années 80, un peu avant, un peu après, Sorj Chalandon et Jean Hatzfeld sont (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 février 2014

L'art de la tangente selon Sorj Chalandon et Jean Hatzfeld

Grands reporters à Libé (le journal, pas le showroom de Philippe Starck) dans les années 80, un peu avant, un peu après, Sorj Chalandon et Jean Hatzfeld sont allés voir ailleurs s’ils y étaient. En Irlande du Nord pour le premier, dans une Yougoslavie en pleine explosion et au Rwanda pour le second. Ce qu’ils y ont vu s’est retrouvé dans d’excellents récits publiés dans le quotidien, ce qu’ils ont appris d’eux-mêmes se dessine en creux de leurs romans. Chalandon s’est de son côté inventé en luthier pour restituer son amitié brisée avec le leader et fossoyeur de l’IRA Denis Donaldson dans les livres jumeaux Mon traître et Retour à Killybegs, avant de quitter ce terrain pluvieux aux odeurs âcres de malt pour Beyrouth dans Le Quatrième Mur (sur deux amis montant Antigone en pleine guerre civile), récompensé cet automne par un Prix Goncourt des lycéens qui lui a collé les larmes aux yeux. Car si durs et puissants soient leurs textes, ces deux lascars n’en demeurent pas moins rieurs, loin de l’austérité ou du pessimisme qu’auraient pu leur conférer ce monde à désespérer de l'humanité qu’ils ont observé. Avant le pr

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Les écrits vains de Gaëlle Obiégly

CONNAITRE | «Accomplir quelque chose (…) même en étant nul». C'est ce qu'essaie de faire Gaëlle Obiégly tout au long de son dernier roman, Mon prochain. «Mon prochain», (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2014

Les écrits vains de Gaëlle Obiégly

«Accomplir quelque chose (…) même en étant nul». C'est ce qu'essaie de faire Gaëlle Obiégly tout au long de son dernier roman, Mon prochain. «Mon prochain», le sien donc, c'est nous, c'est un kurde croisé dans un avion, c'est daniel, son amoureux – tous les noms propres sont en minuscules pour mettre les Prochains à égalité –, c'est le fils d'adam, c'est son «amie gaëlle», projection délurée de l'auteur, c'est chacun des personnages rencontrés dans ce drôle de roman.  La narratrice s'y essaie en vain à l'écriture de reportages, ne parvenant qu'à accoucher de ce livre, fragmentaire, décousu, qui dit ce que ne disent pas les articles dont elle sait qu'elle ne les écrira pas : «le directeur du journal serait prêt à me salarier pour écrire des reportages pour rendre compte du monde (...). Ce que je préférerais c'est obtenir le financement de l'échec». Car cet échec est ce qui la met en contact avec son propre génie, du moins avec sa propre définition, quasi-littérale, du génie : «ce qui nous convoque à nous même».  D'où

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P.O.L. et les autres

CONNAITRE | En 1977, Paul Otchakovsky-Laurens souhaitait déjà publier les journaux de Charles Juliet. Las, personne chez Flammarion, où il travaillait alors, ne (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 février 2014

P.O.L. et les autres

En 1977, Paul Otchakovsky-Laurens souhaitait déjà publier les journaux de Charles Juliet. Las, personne chez Flammarion, où il travaillait alors, ne voulait de cet auteur inconnu. En 1983, il créé sa maison d’édition et la nomme à partir de l'acronyme composé par ses initiales (Otchakovsky est nom de son père décédé de la tuberculose quand il avait trois mois, Laurens celui de ses parents adoptifs). Et Charles Juliet de devenir un de ses auteurs marquants, tant avec ses romans qu'avec sa poésie, domaine que P.O.L défend avec ardeur. Son premier succès sera La Douleur de Duras, texte incandescent sur les morts-vivants revenus des camps nazis que l’écrivain avait laissé traîner dans son grenier. Martin Winckler, Marie Darrieusecq, Camille Laurens, Pierric Bailly, les radicaux Olivier Cadiot et Valère Novarina ou l’immense Emmanuel Carrère seront c

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Last exit to Bron

CONNAITRE | Retournant au charbon du réel, la littérature propose de le percevoir et de le vivre autrement. La Fête du Livre de Bron en prend acte et, avec ses soixante-dix invités (écrivains, intellectuels, poètes...), sort du sillon pour mieux nous inviter à lire des romans contemporains comme autant de plans B. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 11 février 2014

Last exit to Bron

C'est la crise donc. Comme si celle-ci était unique, économique et financière, et ses solutions elles-mêmes gestionnaires. Ce cercle imposé écrase bien des perspectives. Les sciences humaines et la littérature nous invitent elles à penser qu'il y a des crises au pluriel et qu'elles touchent au plus profond de la conscience individuelle, aux questionnements les plus intimes. La bourse broie du noir, mais c'est plus sourdement l'être humain qui vacille et se craquelle. «Les grandes poussées soudaines qui viennent ou semblent venir du dehors, celles dont on se souvient, auxquelles on attribue la responsabilité des choses […] n'ont pas d'effet qui se voit tout de suite. Il existe des coups d'une autre espèce, qui viennent du dedans – qu'on ne sent que lorsqu'il est trop tard pour y faire quoi que ce soit, et qu'on s'aperçoit que dans une certaine mesure on ne sera plus jamais le même» écrivait F. Scott Fitzgerald dans La Fêlure. S'emparant de Fitzgerald et d'autres auteurs américains, le philosophe Gilles Deleuze a défendu le roman comme «affaire de devenir, toujours inachevé, toujours en train de se

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Concours d’écriture – Fête du Livre de Bron 2014

CONNAITRE | A l’occasion de la 28ème édition de la fête du livre de Bron qui aura lieu du 14 au 16 février à l’hippodrome de Parilly, le festival et Le Petit Bulletin vous proposent un concours d’écriture sur le thème de l’année, intitulé Plan B.

Benjamin Mialot | Mardi 7 janvier 2014

Concours d’écriture – Fête du Livre de Bron 2014

Plan B comme… Le texte sélectionné par le jury sera publié sur le site du journal, et le gagnant se verra offrir 5 livres de littérature contemporaine. 500 signes pour décrire votre dernier pas de côté, et nous dire ce que signifie pour vous, aujourd’hui, l’idée du plan B, en commençant par ces mots :  « Plan B comme… » Envoyez vos textes avant mercredi 29/01 à minuit à planb@petit-bulletin.fr A vos claviers ! Plus d'infos : http://www.fetedulivredebron.com/

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Une maison pour les jeunes et la lecture

CONNAITRE | «Ce n’est pas un salon ni un festival, c’est une fête !». Voilà comment Gérard Picot, le fondateur et commissaire général de la bien-nommée Fête du livre jeunesse de Villeurbanne, décrit avec bonheur son événement. Rencontre avec ce passionné avant que ne débute, sur le thème du mouvement, la quatorzième édition. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 5 avril 2013

Une maison pour les jeunes et la lecture

Désacraliser le livre, ne surtout pas l’enfermer dans un salon feutré. Voilà le combat que mène Gérard Picot depuis plus de trente ans et, plus encore, depuis l'an 2000, date à laquelle, après diverses pérégrinations en France, il a fondé la Fête du livre jeunesse, ouvrant en grand les salles de Villeurbanne, fédérant des initiatives pré-existantes mais éparpillées et investissant l'espace public. Aujourd’hui, la MLIS (médiathèque principale de la ville), le CCVA (centre associatif), la salle Raphaël-de-Barros et le gymnase de l’IUT local accueillent environ 20 000 personnes chaque année. Gérard Picot a, dès la première édition, posé les fondamentaux qui président à l'événement : rendre les auteurs accessibles via des ateliers et des dédicaces, proposer du spectacle vivant et de l’art de rue pour que le livre vienne à la rencontre de chacun, le tout gratuitement. Car pour lui le lecteur n’est pas (qu’)un consommateur. Les ventes réalisées durant la fête sont d’ailleurs moins importantes que celles de manifestations comme Quais du polar - les visiteurs d’ici ont tout simplement un plus faible pouvoir d'ach

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Une époque formidable

CONNAITRE | Sous l'enseigne «L’époque et moi», la Fête du Livre de Bron questionne la manière dont le contemporain interagit avec la manière de le penser et donc de l'écrire, passant les évolutions politiques, économiques, culturelles, médiatiques de nos sociétés à travers le tamis de toutes les formes d'écriture : roman, essai, bande dessinée, série télévisée, chanson, poésie.... Poser l'équation de l'universel et de l'intime, d'un monde qui nous traverse autant qu'on le parcourt, c'est aussi le projet d'Emmanuelle Pireyre, invitée lyonnaise du festival pour "Féerie Générale" (Éditions de L'Olivier), Prix Médicis 2012. Un remarquable roman mosaïque qui à coups de micro-fictions imbriquées dans le réel, de réflexions et de collages littéraires, fait acte de résistance à une époque à la fois mondialisée et morcelée. Un roman qui semble dire, comme en écho à la thématique hôte : «L'époque ? Et Nous ?».

Stéphane Duchêne | Vendredi 8 février 2013

Une époque formidable

Comment reliez-vous Féerie Générale au thème de la Fête du Livre, «L'époque et moi» ? Emmanuelle Pireyre : Ce thème me plaît beaucoup. Tout mon travail d'écriture consiste justement à faire quelque chose avec l'époque, à transformer des éléments qui ne me conviennent pas en éléments qui me conviennent mieux. Comme je trouvais mon livre précédent un peu grinçant, ironique, j'ai pensé à l'idée de féerie générale, plus lumineuse, avec la difficulté d'inscrire ça dans un contexte qui me convient assez mal. Et puis je me suis dit que dans ce monde où tout est mondialisé, où tout communique, ma féerie à moi serait le moment où les choses sont séparées les unes des autres, les interstices dans lesquels on peut encore se glisser et trouver des espaces de liberté. Il y a dans ce titre, Féerie générale, quelque chose d'un cri, auquel on pourrait rajouter un point d'exclamation, façon «Grève générale !». Une sorte d'appel à la lutte poétique et politique...Je n'ai pas pensé le titre du livre comme ça au départ mais on m'a déjà fait cette remarque. On peut aussi penser au slogan «Rêve général» qu'on a

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Et si rien n’était vrai ?

CONNAITRE | Pour sa 26e édition, du 1er au 4 mars 2012 à l’hippodrome de Parilly, la Fête du Livre de Bron continuera d’effeuiller la littérature française contemporaine pour en saisir les perpétuelles mutations autour d’un thème à la Magritte : «Ceci n’est pas une histoire vraie». Gaël Dadies

Dorotée Aznar | Vendredi 24 février 2012

Et si rien n’était vrai ?

Un romancier peut-il manipuler la réalité pour en faire un récit de fiction ? Alors que le roman s’affranchit du fictionnel et donne naissance à des objets littéraires hybrides empruntant aux formes les plus diverses (témoignages, récits, autobiographies imaginaires), l’incontournable question : «Est-ce une histoire vraie ?», brûle les lèvres de chaque lecteur. Après avoir soufflé ses 25 bougies en 2011 en proposant un retour sur autant d’années de littérature contemporaine, la Fête du Livre de Bron revient au présent pour s’intéresser à cette part de vérité dissimulée dans les œuvres de fiction même si «Ceci n’est pas une histoire vraie». «Rien n’est vrai, tout est permis» Rendez-vous dès le jeudi 1er mars pour la soirée d’ouverture à la ferme du Vinatier autour d’une exposition photo et d’une lecture-performance. Dès le lendemain débuteront à l’hippodrome de Parilly, et ce pendant trois jours, les rencontres et les débats. Pour entrer dans le vif du sujet, une journée de réflexion intitulée : «L’Écrivain a-t-il tous les droits ?» est proposée vendredi 2 mars. Divisée en une conférence  et une table ronde, cette journée sera l’occasion d’appo

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Ceci n'est pas une Autriche

CONNAITRE | Le grand entretien réservé à Régis Jauffret, titré «Ceci n'est pas un fait divers» est sans doute la mise en abyme la plus parlante du thème de la Fête du Livre (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 23 février 2012

Ceci n'est pas une Autriche

Le grand entretien réservé à Régis Jauffret, titré «Ceci n'est pas un fait divers» est sans doute la mise en abyme la plus parlante du thème de la Fête du Livre de Bron : «Ceci n'est pas une histoire vraie». L'auteur de Microfictions s'est dernièrement attaqué à la matière croustillante et amère du fait divers. Après Sévère, Jauffret franchit un pas de plus dans l'étanchement de sa soif du mal le plus pur et du glauque absolu : avec Claustria, Jauffret décortique l'affaire Fritzl – un détraqué autrichien qui, non content d'avoir séquestré sa fille dans une cave pendant 24 ans, lui a fait une ribambelle d'enfants. À travers ce livre-monstre, c'est la manière dont Jauffret s'approprie ce fait-divers – il en a le droit, d'autres l'ont fait avant lui, et l'écrivain a tous les droits, ce qui ne veut pas dire qu'il en fait bon usage. Car la démarche invoque l'éternel procès en légitimité résumé en une phrase : «d'où parles-tu, camarade ?». Jauffret enquête, se met en scène – et, oserait-on dire, cabotine au pass

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Après les fêtes, les fêtes

CONNAITRE | Panorama / Où l’on parle pêle-mêle de rencontres citoyennes, de festivals, de littérature et de cinéma, de grands événements incontournables et de manifestations que l’on vous implore de ne pas contourner. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Lundi 2 janvier 2012

Après les fêtes, les fêtes

La bûche digérée, vous reprendrez bien un peu de pudding ? À l’image d’une rubrique qu’on qualifiera pudiquement d’éclectique (mais l’éclectisme, au Petit Bulletin, est une sorte de religion), voici que se profile en cette nouvelle année une avalanche de festivals en tout genre, aux programmes souvent prolifiques et que quelques lignes ne sauraient résumer. Prenez la Fête du livre de Bron, par exemple ; elle se tiendra cette année les 1er, 2, 3 et 4 mars, toujours à l’Hippodrome de Parilly, et elle a déjà inscrit à son menu une brochette d’auteurs impressionnante, faisant la part belle aux gloires saisonnières (dont «notre» Prix Goncourt, Alexis Jenni) mais aussi à des écrivains carrément hors-mode, tel l’increvable Philippe Djian, ou encore Anne Wiazemsky qui n’en finit plus de revisiter littérairement les rencontres marquantes de sa carrière : hier Bresson sur Au hasard Balthazar, aujourd’hui Godard durant le tournage de La Chinoise. Cinémas du monde De cinéma, il sera aussi beaucoup question avec le défilé des festivals «thématiques» : aux Alizés de Bron, Drôle d’endroit pour des rencontres fait le point sur le cinéma français, e

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L'île aux grands enfants

CONNAITRE | Non, la Fête du livre jeunesse n'est pas interdite aux adultes. Déjà parce que s'y déploie, de débats sérieux (en tête ceux consacrés au tabou de l'homosexualité et à (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 8 avril 2011

L'île aux grands enfants

Non, la Fête du livre jeunesse n'est pas interdite aux adultes. Déjà parce que s'y déploie, de débats sérieux (en tête ceux consacrés au tabou de l'homosexualité et à la parité dans l'édition) en expositions ciblées (de l'art postal à la place du corps dans les jeux), le B.A.-BA des salons littéraires. Surtout, il faut avoir conscience que le temps où la production dédiée aux lecteurs pré-pubères se résumait à des mascottes neuneus et des récits suintant de bons sentiments est largement révolu. Il suffit de se pencher sur le cast des invités pour s'en convaincre. Du côté des écrivains, on notera en particulier la présence de Jeanne Benameur, qui vient de signer avec Les Insurrections singulières (Actes Sud), portrait d'un ouvrier en pleine crise existentielle, un magnifique roman de révolte. Chez les illustrateurs, on ne manquera pas de jeter un œil aux pétillants gribouillis de Carole Chaix, aux acryliques veloutées de Nicolas Duffaut et aux estampes tridimensionnelles de Zhihong He. Enfin, dans la case BD, l'événement réside dans la venue du surdoué du mouvement Bastien Vivès, dernièrement auteur de Polina (Casterman), élégante et émouvante chronique de l’ascension d'une danseuse

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BERNARD QUIRINY

CONNAITRE | Dans un monde littéraire où le roman est un monarque absolu, se faire remarquer avec un recueil de nouvelles est déjà une façon de... se faire remarquer. (...)

Dorotée Aznar | Mardi 8 février 2011

BERNARD QUIRINY

Dans un monde littéraire où le roman est un monarque absolu, se faire remarquer avec un recueil de nouvelles est déjà une façon de... se faire remarquer. C'est le cas de Bernard Quiriny, né en 1978, dont les deux premiers recueils, L'Angoisse de la première phrase et surtout Contes Carnivores avaient estomaqué par leur geste borgesienne mais rigolarde, teintée de fantastique. Son premier roman Les Assoiffées, s'il n'atteint pas la maîtrise des deux précédents ouvrages, se déguste néanmoins avec bonheur. Et pour cause, tel un Will Self Belge, Quiriny y décrit une Belgique uchronique dirigée façon Corée du Nord par un pouvoir féministe totalitaire. Le tout à travers les yeux ravis et légèrement abrutis d'une poignée d'intellectuels français conquis par le Régime. Avec les truculents Bonzon et Bretin, qui ont récemment délaissé le fantastique, mais pas leur verve, pour la satire sociale (Discount), Quiriny trouvera à qui parler et ça risque d'être bath. SD “LE ROMAN, UNE SATIRE SOCIALE ?“ – LAURENT BONZON, DENIS BRETIN ET BERNARD QUIRINYÀ la Salle des Balances, dimanche 13 février à 11h.

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LINDA LÊ

CONNAITRE | On pourrait présenter Linda Lê à la manière dont elle évoque trois Grâces, salvatrices d'un aveugle, dans son roman Les Aubes : «elles portent haut les couleurs (...)

Dorotée Aznar | Mardi 8 février 2011

LINDA LÊ

On pourrait présenter Linda Lê à la manière dont elle évoque trois Grâces, salvatrices d'un aveugle, dans son roman Les Aubes : «elles portent haut les couleurs de l'exigence et du rêve». Par rêve, il faudrait alors entendre la singulière élégie d'un monde, pur, disparu, auquel l'auteur confronte tout au long de ses livres la douleur de l'incarnation. Une incarnation cependant bicéphale, car si la douleur est invariante, jamais elle ne laisse la place au seul désespoir : chez Linda Lê en effet, la vie est aussi possibilité de résurrection. Revêtus de l'absolu que confère la proximité de la mort, ses personnages sont des humains désemparés, des polichinelles de foires ou des figures d'icônes sensibles. Femmes le plus souvent, ces dernières semblent être les faces révélées de mythes grecs qui auraient quitté le symbole pour se lier à la terre. Tragiques dans leurs combats, initiatrices, résistantes, elles sont les âmes de l'existence aux prénoms d'utopie : Forever (Les Aubes), Sola (In Memoriam), Una (Cronos)... En elles, on retrouve la devise que Linda Lê porte en étendard ; par la beauté, la vérité et la littérature, rester en vie. MV “EXERCICE(S) D’ADMIRATION(S)“ – LINDA LÊ ET

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WILL SELF

CONNAITRE | Le monde selon Will Self, c'est plusieurs galaxies dans un seul cerveau. C'est un monde où les singes ont le pouvoir (Les Grands Singes), où les morts (...)

Dorotée Aznar | Mardi 8 février 2011

WILL SELF

Le monde selon Will Self, c'est plusieurs galaxies dans un seul cerveau. C'est un monde où les singes ont le pouvoir (Les Grands Singes), où les morts ne vont pas au Paradis mais déménagent simplement au Nord de Londres (Ainsi vivent les Morts). Un monde où il peut vous pousser un vagin derrière le genou (Vice-Versa) ou encore une civilisation qui se construit avec en guise de Bible, le journal intime d'un chauffeur de taxi bas du front. C'est le propos de son dernier livre, Le Livre de Dave, où Self accouche d'une sorte d'uchronie malade qui renvoie l'Angleterre à son absurdité et à ses contradictions. Le tout dans une langue d'une inventivité incroyable. Qui est vraiment Will Self, l'esprit accoucheur de cette oeuvre nichée quelque part entre JG Ballard, Anthony Burgess et Jonathan Swift ? Le genre de type à se vanter de prendre de la coke dans l'avion du Premier ministre anglais lors d'un voyage officiel ou à rédiger la structure de ses romans sur des milliers de post-it. Sa dernière lubie : toujours faire à pied le trajet qui sépare un aéroport de la ville qu'il dessert, pour mieux appréhender la réalité du monde. Selon Self. SD “LE MONDE SELON SELF“ – WILL SELFÀ la

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La fête de la Fête

CONNAITRE | Présentation / Comment évoquer 25 ans de littérature française à la Fête du Livre de Bron ? Les organisateurs ont choisi de proposer, en ouverture de la Fête, une (...)

Dorotée Aznar | Lundi 7 février 2011

La fête de la Fête

Présentation / Comment évoquer 25 ans de littérature française à la Fête du Livre de Bron ? Les organisateurs ont choisi de proposer, en ouverture de la Fête, une soirée d’anniversaire à la Ferme du Vinatier, jeudi 10 février. Là, cinquante livres qui ont été présentés par leurs auteurs à la Fête du livre pendant ces 25 éditions seront objets de débats et de réflexion. Dès le lendemain, trois journées de lectures, rencontres et tables rondes seront proposées à l’hippodrome de Parilly. On y croisera principalement des auteurs français donc, certains présents pour la première fois (Patrick Lapeyre notamment, auteur du délicat "La Vie est brève est le désir sans fin" ou Linda Lê), d’autres renouvelant leur fidélité à l’événement (Christine Angot, François Bégaudeau, Éric Faye, Philippe Forest, Maylis de Kerangal…). Pour cette édition, on notera une présence discrète (mais qualitative) d’auteurs étrangers avec Javier Cercas, Sofi Oksanen et Will Self et toujours la volonté de ne pas cantonner la littérature au seul genre romanesque en invitant également des poètes, sociologues, auteurs de bandes dessinées et des auteurs jeunesse. Dans la foisonnante programmation, on remarquera une soi

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