Dix auteurs lyonnais à découvrir à Lyon BD

CONNAITRE | Baru, Loisel, Peeters, Schuiten, Trondheim... Nous avons, au fil des saisons, déjà largement commenté l’œuvre des invités les plus illustres de Lyon BD 2015. Profitons plutôt des dix ans du festival pour louer autant d'auteurs qui comptent ou vont compter dans le paysage lyonnais (parmi les 150 recensés à ce jour !). Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

Jean-Christophe Deveney

Jean-Christophe Deveney coordonne deux des projets les plus révélateurs des préoccupations supra-événementielles de Lyon BD. D'un côté Webtrip, un feuilleton qui voit collaborer à distance auteurs du cru et invités internationaux (cette année exclusivement des Catalans). De l'autre Héroin(es), une expo (et désormais un livre) qui fait subir aux grands héros du neuvième art un changement de sexe, manière ludique de pointer certains automatismes phallocrates que le milieu peine à désapprendre. Il est surtout un excellent scénariste, le seul de cette sélection, notamment de Mangetrouille (Le Lombard), un croquignolet triptyque jeunesse sur les craintes enfantines, et de Bang ! (Akileos), un polar russophile particulièrement sombre et pétaradant.

Héro(ïne)s
Jusqu'au 27 juin à la Maison du Livre, de l'Image et du Son

Retour sur Webtrip saison 3
Au Palais du commerce dimanche 14 juin à 14h

Film de genre et BD
Au Comoedia vendredi 22 juin à 20h

Jérôme Jouvray

Frère de (voir ci-contre) mais aussi compagnon de (Anne-Claire, coloriste), Jérôme Jouvray est sans doute le dessinateur le plus emblématique de la vitalité de l'art séquentiel à la Lyonnaise – même s'il a vu le jour à Oyonnax. Il est aussi le plus polyvalent. Buddy western métaphysique (Lincoln, Paquet), relecture burlesco-sanglante de la Guerre froide (L'Idole dans la bombe, Futuropolis), récit d'apprentissage à la Twain en terres créoles (La Pès Rekin, Futuropolis aussi), biopic scorsesien d'un Mowgli des temps modernes (Johnny Jungle, Glénat, dont des planches, d'ailleurs scénarisées par Deveney, sont visibles à la bibliothèque du 5e) ou autofiction format strip (L'Atelier Mastodonte, Dupuis), Jérôme sait tout faire, dans un semi-réalisme d'une souplesse qui n'appartient qu'à lui. Y compris des couvertures exclusives pour le Petit Bulletin donc.

Johnny Jungle
A la BM du 5e jusqu'au 4 juillet

Film de genre et BD
Au Comoedia vendredi 22 juin à 20h

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"Les Fantômes de Séville" : on refait le match

Euro 2021 | Tronchet se penche dans une fiction très réaliste sur le traumatisme du Mundial 82 : la demi-finale sévillane de sinistre mémoire qui vit la Mannschaft écrabouiller les Bleus… À lire en ces temps d'Euro pas glorieux pour la bande à Deschamps.

Vincent Raymond | Mardi 29 juin 2021

Non, Tronchet n’est pas obsessionnel ; disons qu’il a de la suite dans les idées. Quand il ne pédale pas sur sa monture, il théorise ou dessine sur la bicyclette (Petit Traité de vélosophie) ; s’il n’est pas en train d’écrire un roman, il en signe l’adaptation BD ou cinématographique ; lorsqu’il ne part pas à la recherche de Jean-Claude Rémy, auteur-compositeur-interprète qu’il idolâtrait dans les années 1970, il métaphorise sa quête dans l’album Le Chanteur Perdu et enregistre un titre avec lui. Et quand il ne joue pas au foot (autre passion de sa prolifique existence), il écrit sur… un match ! Mais pas n’importe lequel : la mère de toutes les défaites amères ou, si l’on est optimiste, le combat épique ayant valu à l’équipe de France d’échouer pendant une demi-génération avant de vaincre son signe indien germanique et d’accéder au Graal suprême en 1998 face au Brésil.

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La course à l’abîme : "Midnight Runner"

Biopic | Champion de course, Jonas s’entraîne avec une ombre au-dessus de la tête : celle de son frère mort, qui jadis le soutenait. Déséquilibré par son absence, il se met à agresser des femmes nuitamment. Le jour, il donne le change : personne ne réalise vraiment la gravité de son état…

Vincent Raymond | Vendredi 26 juin 2020

La course à l’abîme :

Froid, clinique, sec… Tel semble Jonas, tel paraît être le film. Voudrait-on appuyer sur des clichés que l’on incriminerait en sus la rugosité du dialecte suisse-allemand, l’ambiance hivernale des entraînements dans les forêts boueuses ou sur le pavé bernois et l’image bleuâtre ! Nul besoin d'ajouter que Baumgartner s’est inspiré d’un fait divers pour charger la barque de ce douloureux long-métrage peu bavard, et cependant fascinant dans sa limpidité : le mal-être de Jonas évident, dévorant, obsédant et antérieur à la disparition de son frère — on découvrira qu’ils ont tous deux été placés dans une famille d’accueil — n’est plus apaisé par la pratique hypnotique du fond. Il a trouvé un dérivatif plus puissant dans la transgression d’un interdit ; une décharge d’adrénaline supérieure aux endorphines. Une pulsion contre la raison. Généalogie d’un processus criminel, Midnight Runner montre sans effet — si ce n’est des cauchemars trouant les nuits sans sommeil de Jonas comme autant de protestations subconscientes — l’effarement du névrosé répétant ses passages à l’acte, adressant des courriers

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D’autres vies que les nôtres

Bande Dessinée | La BD offre au lecteur la possibilité de déménager à chaque image, en le faisant changer de case. Et quand elle est biographique, elle lui permet aussi de changer de vie. Ça ne se refuse pas, en ce moment…

Vincent Raymond | Lundi 20 avril 2020

D’autres vies que les nôtres

Yolo. Vous frissonnez à la perspective de voire paraître à la rentrée des tombereaux de romans hermétiques interrogeant la problématique du moi physique confronté à une surface contrainte, mais ouvrant concomitamment à la verticalité abyssale de l’insondable cosmogonie existentielle ? Vous avez raison : la presse a vu éclore les premières feuilles de ces camuseries de comptoir sous les plumes soudainement bucoliques de citadins et citadines hors-sol, pressés de partager l’extraordinaire insolite de leur existence. Au moment où le pays — le monde entier — est censé partager le même quotidien reclus, d’aucuns s’empressent de nous faire comprendre que leur banalité n’a rien de commun avec la nôtre ; laissons-les à leur exceptionnelle… exception. À leurs autobiographies creuses ne cherchant même plus à se déguiser en autofictions, préférons celles et ceux qui sacrifient à l’exercice décidément plus humble de la biographie — même si, à travers leur sujet, il parlent toujours un peu d’eux-mêmes. Avec une mention spéciale pour les auteurs de BD. Parce qu’ils ont autant l’habitude de l’endurance solitaire que du travail en collaboration, cette école de modesti

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Didi-Huberman, les remous d'une pensée

Histoire de l'Art | À l'occasion de la sortie d'un livre d'entretiens, l'historien de l'art Georges Didi-Huberman sera de passage à Lyon cette semaine, à la librairie Michel Descours.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 décembre 2019

Didi-Huberman, les remous d'une pensée

À la lecture des entretiens de Georges Didi-Huberman avec Philippe Roux, nous apprenons (tant il est utilisé par l'un et l'autre) un nouveau verbe : géminer, qui signifie notamment doubler, multiplier par deux... Pour l'historien de l'art, il s'agit toujours de cela : de voir au moins double, de penser double, net et flou, près et loin, vers le passé et vers l'avenir, à même la matière des images et avec le recul du théorique... Il s'agit chez lui de déceler des gestes d'air jusque dans la pierre, des soulèvements dans la lenteur ou le figé, des survivances actuelles ou nouvelles dans les images du passé. Et ce, dans d'innombrables livres sur l'image en général, ou sur Pasolini, Pierre Fédida, Jean-Luc Godard, Georges Bataille, Fra Angelico, et tant d'autres. Avec pour guides quelques auteurs fétiches comme Kafka, Aby Warburg, Ernst Bloch, Baudelaire et, surtout, Walter Benjamin qui, selon Didi-Huberman, propose « un tout autre modèle de l'origine, voire de

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Survivances des images à l'ENSBA

Art Contemporain | À l’École des Beaux-Arts, un groupe de chercheurs et d’artistes explore la consistance mémorielle et temporelle des images à travers des œuvres et des créations. Une approche singulière de la recherche.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 26 novembre 2019

Survivances des images à l'ENSBA

Autour de Bernhard Rüdiger, plasticien et enseignant à l’École des Beaux-Arts de Lyon, un petit groupe de chercheurs et d’artistes travaille sur les liens entre art contemporain et temps de l’histoire. L’originalité de ce groupe est de mener ses recherches à travers des allers-retours constants entre théorie et création. La théorie insuffle des idées d’œuvres, la création fait rebondir ou se redéployer la théorie. Et depuis quelques années, le groupe produit tout à la fois des expositions (comme autant d’étapes de recherche) et des livres… Le groupe s’inscrit dans l’héritage des historiens de l’art Aby Warburg ou Georges Didi-Huberman (qui sera présent le 11 décembre à la galerie Descours pour une conférence), et de leur idée d’une survivance attenante à chaque image : une image n’est pas seulement une représentation, elle est aussi et avant tout l’entrelacs d

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Hubert Mounier dans la place

Chanson | C'est à la suite du concert hommage donné par Benjamin Biolay en juillet 2018 à Fourvière que la scène lyonnaise à commencé à mûrir l'idée d'un projet autour de cette (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 octobre 2019

Hubert Mounier dans la place

C'est à la suite du concert hommage donné par Benjamin Biolay en juillet 2018 à Fourvière que la scène lyonnaise à commencé à mûrir l'idée d'un projet autour de cette grande figure de la pop hexagonale mais aussi locale. Très vite, dans le sillage du chanteur Stan Mathis et des Chic Types, l'idée d'un concert fait son chemin puis d'un disque produit par Stardust ACP. La fine fleur de la scène chanson-pop de Lyon picore alors des titres dans le répertoire de Mounier et de l'Affaire Louis Trio pour en enregistrer des relectures au studio Magneto de They Call Me Rico : on y retrouve, en plus de tous les précités, Kent, un vieil ami, Carmen Maria Vega, Buridane, Joe Bel, Denis Rivet, Billie et quelques autres sur un vinyle à sortir le 5 novembre. Le même jour aura lieu dans la grande salle du Transbordeur une release party en présence de tous les intéressés (hormis Joe Bel en tournée au Canada et Kent) où tout ce petit monde dansera sur la chic planète d'Hubert. La chose est gratuite, mais l'on compte dé

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Saucisse party à la Croix-Rousse

Restaurant | En face du Substrat, bien ancré sur le plateau, vient d'ouvrir une annexe à saucisses : des petites, des grosses, au porc voire au poisson, à croquer sur chaise haute avec un verre de vin nature.

Adrien Simon | Mardi 8 octobre 2019

Saucisse party à la Croix-Rousse

Un samedi de rentrée et un problème : où manger après une séance au ciné Saint-Denis, sur le plateau ? À 100m de là, ça s'agite dans un petit local de la rue Pailleron. Surprise ! Dans la cuisine toute neuve de ce comptoir spécial apéro et faim de nuit, on trouve Hubert Vergoin. Dans une première vie, Hubert fut sommelier chez Bocuse, puis à la Rotonde. Il aiguisa ses couteaux à l'Harmonie des Vins, avant d'ouvrir sa propre sandwicherie, à Tassin. Mais ce n'est qu'en 2013 qu'il se fit vraiment connaître : grâce à Substrat. Le resto ouvre quasiment en même temps que le Café Sillon et le Kitchen Café, tous deux à la Guillotière. Or, les trois vont vite incarner le rafraîchissement de la cuisine lyonnaise. Le Substrat est vite un succès : « je viens du pinard, du vin nature, du bistrot lyonnais et c'est cette ambiance que je voulais, tout en rénovant les assiettes. On nous l'a reproché au début : quand tu fais un tartare de ca

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Trésors (jeunes) publics : "Des trésors plein ma poche"

Animation | de Ana Chubinidze, Natalia Chernysheva, Camille Müller & Vera Myakisheva (Fr, 0h35) animation

Vincent Raymond | Mardi 26 septembre 2017

Trésors (jeunes) publics :

Il était une fois un bonhomme miniature, un dragon mélomane, une araignée tricoteuse, un écureuil amateur de luge, une baleine et une poule voulant voler. Il était une fois six réalisatrices à l’origine de ces histoires. Quand il n’en réalise pas lui même, le studio valentinois Folimage aime à rassembler des courts-métrages à destination du tout jeune public dans des programmations à l’éclectisme graphique réjouissant. Les six films ici présentés remplissent leur office, même si comme dans tout trésor qui se respecte, certains joyaux brillent davantage que d’autres. Par exemple, on remarque ici l’aquarelle d’Alena Tomilova sur Le Nuage et la Baleine rappelant évidemment Le Moine et le Poisson de Michael Dudok de Wit ; ou bien La Luge de Olesya Shchukina, qui n’est pas sans évoquer le style anguleux, voire atome, de l’illustration jeunesse de la fin des années 1950.

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Hubert Charuel : « Une manière de dire au revoir à la ferme familiale »

Le Réalisateur de Petit Paysan | Petit Paysan deviendra-t-il grand cinéaste ? C’est bien parti pour Hubert Charuel, qui signe un premier long-métrage troublant. Entretien cartes sur étable.

Vincent Raymond | Mardi 29 août 2017

Hubert Charuel : « Une manière de dire au revoir à la ferme familiale »

De quelle(s) épidémie(s) vous êtes-vous inspiré ? Hubert Charuel : La maladie du film est fictive : elle présente plusieurs symptômes de maladies réelles, mais qui se soignent. J’ai grandi pendant la période de vaches folles et de fièvre aphteuse. On était dans cet esprit de paranoïa : l’angoisse de mes parents, de ma familles, des amis aux alentours était totale, personne ne comprenait ce qui se passait. Les vétérinaires ne savaient pas ce qu’était Creutzfeld-Jacob, n’avaient pas les résultats… Ça a vraiment choqué beaucoup de monde. Les abattages, c’est horrible : les gens arrivaient, on tuait tous les animaux, on creusait une fosse au milieu de la ferme, on brûlait les animaux sur place. Un traumatisme pour les éleveurs et les vétérinaires. Certains ne s’en sont pas remis, de faire des abattages totaux à la chaîne. D’autres ne s’en sont pas remis financièrement. Quand on dit à l’éleveur qu’il va toucher des indemnités, c’est plus complexe que ça. Elles viennent parfois un an, deux ans après. Ou jamais. En attendant, il y a un crédit à rembourser, des emprunts pour la mise

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De mal en pis : "Petit Paysan" de Hubert Charuel

Le Film de la Semaine | Un petit éleveur bovin tente de dissimuler l’épidémie qui a gagné son cheptel. Ce faisant, il s’enferre dans des combines et glisse peu à peu dans une autarcie paranoïaque et délirante. Une vacherie de bon premier film à voir d’une traite.

Vincent Raymond | Mardi 29 août 2017

De mal en pis :

Difficile d’être plus en phase avec l’actualité qu’Hubert Charuel. Au moment où l’on s’interroge sur la pérennité des aides à l’agriculture biologique, et où l’on peine à mesurer les première conséquences du énième scandale agro-industriel, son film nous met le nez dans la bouse d’une réalité alternative : celle des petits paysans. Ceux qui n’ont pas encore succombé, rongés par l’ingratitude de leur métier et les marges arrières de la grande distribution, ni été aspirés par leurs voisins, gros propriétaires fonciers ou de fermes automatisées — on en voit ici. Sans foin ni loi Pierre est un petit paysan à la tête d’un domaine raisonnable — c’est-à-dire qu’il la gère tout seul, mais en lui consacrant tout son temps. Lorsqu'il détecte dans son troupeau des animaux malades d’une mystérieuse fièvre hémorragique, il redoute le pire : l’abattage de la totalité de ses bêtes. La dissimulation lui offre une illusion de répit, mais les conséquences ne font qu’aggraver le problème. Hubert Charuel signe un portrait “empathique” de ce pro

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B-gnet fait rimer BD et antiquité

Bande-dessinée | Après Jibé et Obion, le musée gallo-romain de Lyon lance un troisième projet avec le 9e art : c’est le Lyonnais B-gnet qui prend le relais.

Sébastien Broquet | Mardi 14 février 2017

B-gnet fait rimer BD et antiquité

Trente planches sorties de l’imagination du dessinateur et scénariste B-gnet, cet adepte du visuel ou du mot qui en cache un autre : le niveau 3 du musée gallo-romain porte sur ses murs une œuvre qui détonne des sculptures antiques... Un délice de subtilité que l’on retrouve dans cette collaboration avec le festival Lyon BD, initiée par Alexandra Coste, responsable de l’action culturelle du musée. Le cadre : une île expérimentale, à l’image de Jurassic Park, où le véritable conservateur du musée, Hugues Savay-Guerraz, se transforme en John Hugues César et élève ses propres dieux à Antique Parc. Une archéologue et son stagiaire, pendu à son téléphone, sont entraînés malgré eux. Pour l’histoire, ouvrez grand les yeux. « Ne nourrissez pas les dieux ! » Les dieux et les mythologies s’y croisent : Jupiter et son fils Mercure, la déesse Diane ou le vrombissant Hercule. La dangereuse gorgone (oui, à l’époque, il aurait été préférable d’avoir son smartphone pour la tuer) et les cyclopes sont aussi de la partie. L’espri

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La danse du vice et de la vertu

Bande Dessinée | L'ouvrage est paru en septembre dernier, associant pour la première fois un scénariste repéré, Hubert, (Miss Pas Touche et Ogres-Dieux) avec Virginie (...)

Sébastien Broquet | Mardi 10 janvier 2017

La danse du vice et de la vertu

L'ouvrage est paru en septembre dernier, associant pour la première fois un scénariste repéré, Hubert, (Miss Pas Touche et Ogres-Dieux) avec Virginie Augustin, qui signa les dessins de Alim le Tanneur ou encore Voyage aux Ombres. Celle qui a travaillé au préalable pour les studios Disney (sur Tarzan et Hercule) ou encore sur le dessin animé Corto Maltese, la cour secrète des Arcanes change ici radicalement d'univers, œuvrant sur un scénario lorgnant plutôt vers une rencontre entre le marquis de Sade et Oscar Wilde. Monsieur Désire ? conte les frasques d'un dandy blasé, Édouard, et de sa toute nouvelle domestique, Lisbeth. Dans l’Angleterre victorienne, le noble accumule les ébats et les frasques, s'en ouvrant ouvertement et par pure provocation à sa servante qu'il imagine effaroucher ; en vain, celle-ci restant de marbre, au point qu'une relation nouvelle naît entre les deux protagonistes, énième danse commune du vice et de la vertu enjaillée par de piquantes réparties où le riche Édouard n'affiche pas la supériorité qu'il envisageait sur la désargentée Lisbeth.

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BD Webtrip : “Chers correspondants…“

BD Webtrip | Sous l’égide des Entretiens Jacques-Cartier — qui favorisent les brassages d’idées entre le Canada et la France — deux festivals majeurs de bande dessinée (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

BD Webtrip : “Chers correspondants…“

Sous l’égide des Entretiens Jacques-Cartier — qui favorisent les brassages d’idées entre le Canada et la France — deux festivals majeurs de bande dessinée ont noué depuis cinq ans de fructueuses relations : le festival de la BD francophone de Québec et le LyonBD festival. Ce jumelage fraternel a donné naissance à des résidence d’artistes, des invitations mutuelles, ainsi qu’à d’intenses sessions de réflexions sur les métiers de l’illustration et les particularismes vécus de chaque côté de l’Atlantique. Mais également à des projets éditoriaux dont le dernier en date, Correspondances, sort de presse. Il compile six mois d’échanges entre quatre auteurs de la Belle Province et quatre ressortissants de l’Hexagone ; six mois de découvertes réciproques, de comparaisons et d’interrogations amusées. L’anodin flirte avec l’intime de la création, la description sociétale voisine avec la sociologie fine d’une profession, et la variété des styles proposés garantit une lecture captivante. La genèse de cet album sera dévoilée durant la première partie d’une journée d’étude à l’École Bellecour (10h30 à 12h), l’après

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La chose publique : la révolte des images

Festival d'idées | L'historien de l'art et philosophe Georges Didi-Huberman viendra à la Villa Gillet parler d'images bien sûr, et tout particulièrement des représentations de la révolte et des soulèvements.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 novembre 2016

La chose publique : la révolte des images

Les hystériques, Fra Angelico, Georges Bataille, le chorégraphe Israel Galvan, le peintre Simon Hantaï, le plasticien Giuseppe Penone, le psychanalyste Pierre Fédida, Jean-Luc Godard, le film Le Fils de Saul de Laszlo Nemes... En plus d'une quarantaine de livres, il semble ne pas y avoir de thèmes ou d'auteurs que n'ait abordés l'historien de l'art Georges Didi-Huberman (né en 1953 à Saint-Étienne). Mais sous ce foisonnement de sujets, et derrière une œuvre en apparence fragmentée, c'est d'abord et avant tout à l'image qu'il s'intéresse. Une image comprise (en compagnie de Walter Benjamin, Aby Warburg, Freud et beaucoup d'autres) comme événement, comme puissance, comme fragment de réel, comme déchirure d'affects, comme survivance, et non comme simple représentation ou illustration. Les images, selon Didi-Huberman, imposent à la pensée et à l'écriture une ouverture nouvelle. « Là où manquent les mots de l'expérience de l'image, là même s'ouvre un ho

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Trente ans d'art contemporain à Saint-Fons

ARTS | Le Centre d'Arts Plastiques de Saint-Fons a trente ans et organise plusieurs événements au fil de l'année pour le fêter. Le premier sera dévolu à une fonction (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 20 septembre 2016

Trente ans d'art contemporain à Saint-Fons

Le Centre d'Arts Plastiques de Saint-Fons a trente ans et organise plusieurs événements au fil de l'année pour le fêter. Le premier sera dévolu à une fonction méconnue du CAP, celle d'artothèque, mettant à disposition du public des œuvres d'artistes contemporains renommés (800 œuvres au total !). Sous le signe d'Umberto Eco et de son "œuvre ouverte", le CAP présente jusqu'au 29 septembre les trésors de son artothèque, avec des œuvres de Urs Luthi, Olivier Mosset, Joël Hubaut...

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Téléactivité au Comœdia en présence de Jérôme Jouvray

Avant-Première | Prévu pour être diffusé sur Arte le 20 septembre à 20h30, le documentaire de Myriam Tonelotto [Thorium] La face gâchée du nucléaire possède l’originalité d’intégrer des (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 septembre 2016

 Téléactivité au Comœdia en présence de Jérôme Jouvray

Prévu pour être diffusé sur Arte le 20 septembre à 20h30, le documentaire de Myriam Tonelotto [Thorium] La face gâchée du nucléaire possède l’originalité d’intégrer des séquences animées signées par l’illustrateur Jérôme Jouvray et une équipe d’étudiants (Émile-Cohl, Bellecour École d’Art, EMCA). La réalisatrice et l’animateur se déplaçant pour une projection publique en avant-première au Comœdia, vous pourrez découvrir avant tout le monde le destin avorté des réacteurs à sels fondus, ce qui vous permettra de briller (dans le noir) en société. Ou de vous faire dédicacer votre programme télé… Au Comœdia le samedi 10 septembre à 11h

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"Casablancas, l’homme qui aimait les femmes" : un documentaire hagiographique sur le fondateur de l'agence Élite

ECRANS | Une épigraphe de Frédéric Beigbeder tresse d’emblée des lauriers à John Casablancas, expliquant les circonstances de fabrication de ce film devant être considéré (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

Une épigraphe de Frédéric Beigbeder tresse d’emblée des lauriers à John Casablancas, expliquant les circonstances de fabrication de ce film devant être considéré comme « le testament » du fondateur de l’agence Élite. S’ensuit un documentaire hagiographique porté par la voix-off dudit Casablancas, narrant son prodigieux parcours. Sur un opulent fond d’archives, le playboy étale son bon sourire à la Laurent Lafitte, plein de dents carnassières et aligne les perles édifiantes : comment il fut déniaisé à 15 ans par une Allemande sur une plage, comment il coucha avec la bonne en pension suisse, comment ce fissapapa taxa son paternel pour monter sa première agence de portemanteaux ambulants (dont la pub était assurée par Siné !), comment il créa un empire de chair féminine au logo phallique concurrençant Eileen Ford ; comment il se foula la cheville à Saint-Barth’, où il avait passé Noël en solitaire (sa compagne de l’époque et cadette de 32 ans, Stephanie Seymour, 18 ans, ayant décidé de mettre un terme à deux

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Lyon BD Festival : le plein de super

Bande Dessinée | Pendant que l’immense machine angoumoisine se prend bide sur bide, au grand dam des auteurs et du public, Lyon BD Festival continue de se muscler. Une décennie seulement après sa création, l’incontournable rendez-vous lyonnais est devenu plus fécond que jamais.

Vincent Raymond | Mercredi 1 juin 2016

Lyon BD Festival : le plein de super

Les plus de 200 illustrateurs, scénaristes et coloristes attendus cette année au Lyon BD Festival savent bien qu’ils n’auront pas à apposer leur signature jusqu’à épuisement sur des albums, ni à pester contre les remises de prix. Choyés par une équipe noyautée depuis l’origine par des consœurs et confrères lyonnais (ça aide), nombre d’entre eux sont des habitués. Certains ont même été sollicités pour co-construire l’événement en participant aux projets ou créations présentés durant le week-end. Ainsi, Obion montrera le fruit de sa résidence au musée Gallo-romain (qu’il publie en album), des auteurs français et espagnols se rencontreront et se raconteront dans l’exposition Influences croisées, quand Jimmy Beaulieu, Rubén Pellejero ou Jean-Yves Mitton croqueront des œuvres au Musée des Beaux-Arts… Entre deux spectacles (Lincoln sur scène) ou BD-concerts (Boulet et Inglenook), Lyon BD initie à nouveau une grande exposition avec la complicité du scénariste JC Deveney. Après la question de la parité en BD (Héroïnes), le festival célèbre les super-héros à travers les éditions Lug, décisives dans l’essor des comics Marvel en France. Le panorama proposé retra

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Cleet Boris, chanteur de l'Affaire Louis' Trio, est décédé

MUSIQUES | Cleet Boris, chanteur de L'Affaire Louis' Trio, est décédé ce jour à l'âge de 53 ans, des suites d'une rupture aortique foudroyante. C'est son ami Benjamin (...)

Sébastien Broquet | Lundi 2 mai 2016

Cleet Boris, chanteur de l'Affaire Louis' Trio, est décédé

Cleet Boris, chanteur de L'Affaire Louis' Trio, est décédé ce jour à l'âge de 53 ans, des suites d'une rupture aortique foudroyante. C'est son ami Benjamin Biolay qui a annoncé la nouvelle sur son compte Instagram, confirmée par son éditeur : « Les éditions Dupuis ont la douleur de vous faire part de la disparition d’Hubert Mounier ce matin, 2 mai 2016. » Hubert Mounier de son vrai nom était né à Lyon en 1962 et avait fondé le groupe de pop L'Affaire Louis' Trio vingt ans plus tard. Le groupe connaîtra le succès en 1987, avec le titre Chic Planète. Depuis, toujours sous son pseudonyme de Cleet Boris, il avait publié plusieurs bandes dessinées, dont le premier, J’ai réussi, était paru en 1985. La pochette de l'album de Chic Planète était dessinée par son ami dessinateur, Yves Chaland. Son éditeur précise dans un communiqué : « En 2011, les éditions Dupuis parvenaient enfin à le faire revenir à sa table à dessin avec La maison de pain d’épices, un récit autobiographique racontant au jour le jour les affres de la création musicale du disque éponyme. Depuis, Hubert travaillait sur un immense p

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Vendanges graphiques : c’est à voir, à voir, à voir !

CONNAITRE | Il va y avoir des bulles dans le condrieu ! Ce qui ressemble à une hérésie pour l’œnologue moyen résonne comme un cri de joie chez l’amateur de bandes (...)

Vincent Raymond | Jeudi 10 mars 2016

Vendanges graphiques : c’est à voir, à voir, à voir !

Il va y avoir des bulles dans le condrieu ! Ce qui ressemble à une hérésie pour l’œnologue moyen résonne comme un cri de joie chez l’amateur de bandes dessinées. Chaque année depuis 2013, la fin de l’hiver (ordinairement réservée à la taille des ceps) est illuminée par une récolte supplémentaire : Vendanges graphiques. Une manifestation qui, si elle réjouit les chais, convertit également les abstinents aux charmes condriots en réunissant la quintessence des illustrateurs amateurs de bonnes choses. Ce quatrième millésime s’annonce particulièrement gouleyant, avec la participation de Baudoin (monument vivant, auteur notamment de Tu ne mourras pas) ou celle de Marion Montaigne alias Professeur Moustache (qui signe la série Tu mourras moins bête… mais tu mourras quand même). Fred Campoy (sa Vie avec Alexandra David-Néel vient de paraître), EFA (Kia Ora, Alter Ego…), les incontournables frères Jouvray (l’immarcesible et immortel Lincoln), Émile Bravo (à qui l’on doit Le Journal d’un ingénu, tome essentiel des aventures de Spirou) seront également du voyage. Une

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Réveillon 2015 : du côté du café-théâtre

SCENES | ​Mieux vaut en rire, qu'ils disent. Dont acte : parmi les nombreuses occasions qui vous sont offertes de faire le deuil dans la bonne humeur de cette annus horribilis que fut 2015, voici les cinq qui méritent le plus votre attention.

Benjamin Mialot | Mardi 15 décembre 2015

Réveillon 2015 : du côté du café-théâtre

Milady au sous-sol Quelle tête en l'air ce Jacques Chambon ! Alors que Cendrillon faisait un matériau de nouvel an tout trouvé, c'est La Belle au bois dormant qu'il choisi de détourner, prolongeant le sommeil de la princesse jusqu'au XXIe siècle. Ça va que le résultat, romance anachronique pleine de pep's et de tendresse (grâce, notamment, à l'interprétation du couple Chrystel Rochas/Aurélien Portehaut, d'une complicité contagieuse), est à la hauteur de ses meilleurs travaux – tous fondés sur un même postulat réconciliateur. En tête le huis clos maritime Plein phare, d'ailleurs visible à la Comédie Odéon à 16h. Au Boui Boui à 17h30

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À la librairie Expérience, le tiercé de la BD d'humour dans le désordre

CONNAITRE | Le premier, Fabrice Erre, est professeur d'histoire et de géographie. Quand il ne donne pas vie à des dictateurs saisissants d'idiotie (dans le cas de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 octobre 2015

À la librairie Expérience, le tiercé de la BD d'humour dans le désordre

Le premier, Fabrice Erre, est professeur d'histoire et de géographie. Quand il ne donne pas vie à des dictateurs saisissants d'idiotie (dans le cas de Guide Sublime) ou d'humanité (dans celui de Madumo, sorte de Truman Show renversé sur l'évaluation du poids des souvenirs), il raconte avec un sens consommé de l'auto-dérision les aléas administratifs et intellectuels du soi-disant plus beau métier du monde (Une année au lycée). Le second, Fabcaro, est l'un des principaux complices du premier – notamment sur la farce spatiale Mars. En solitaire, il renouvelle par l'absurde et avec une causticité toute anthropologique l'art très codifié du strip, par exemple dans Amour, passion et CX Diesel, variation plouc sur la sitcom pour ménagère, ou Talk show, défilé de vaniteux finis à la pisse dont la lecture mettrait Mireille Dumas dans tous ses états. Quant au troisième, le Lyonnais B-Gnet, on ne le présente plus – signalons toutefois que sa dernière publication, le recueil d'historiettes fantastiques Bonsoir, est à l'instar de son Lu

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La rentrée musique côté jazz et world

MUSIQUES | Du côté de l'AOC "world, soul, jazz, etc.", le fourre-tout est de rigueur, les talents pluriels et les esthétiques en quinconce. Si bien qu'on ne sait plus où donner de la tête. Eh bien c'est juste ici, un peu partout.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté jazz et world

C'est comme souvent le Rhino jazz qui va donner le tempo de la rentrée jazz. Mais tel le rhinocéros, l'événement, une fois lancé, court dans tous les sens et c'est dans trois départements que le spectateur doit se mettre en mode safari. Tout le monde n'étant pas équipé d'une jeep, contentons-nous ici des haltes lyonnaises : outre Tigran (voir page 4), se présenteront l'étrangeté électro-jazz-blues Yom (à l'Opéra le 12 octobre), Vincent Perrier qui va «bopper avec Django» à la Clé de Voûte le 23 ou encore le duo Donkey Monkey, croisement de jazz et de rock japonais, oui madame, le 24 au Périscope. Un Périscope qui garde son cap de chaudron expérimental. Citons pêle-mêle : Emmanuel Scarpa et François Raulin (aucun lien) pour leur Tea Time le 1er octobre, le violoniste Régis Huby et son projet Equal Crossing dont on a lu, sans rire, qu'il promettait une «ambiance frottis» ; ou encore le 13 novembre le chelou Finlandais Mikko Innanen. Et pour la bonne bouche, Cannibales et vahinés, où l'on ret

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Olivier Jouvray : «Le livre est un objet sacré»

CONNAITRE | Scénariste, président du collectif L’Épicerie Séquentielle, co-fondateur de La Revue dessinée, membre actif du Syndicat des auteurs de BD et professeur à Émile Cohl, Olivier Jouvray est un peu le parrain du 9e art à la Lyonnaise. A Lyon BD, il crée l'événement en lançant le journal "Les Rues de Lyon", soit la ville racontée par ceux qui tentent d'y vivre de leur dessin. Propos recueillis par Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

Olivier Jouvray : «Le livre est un objet sacré»

Raconter la ville en bande dessinée. Où êtes-vous allé chercher cette idée ? Olivier Jouvray : En festival, j'ai rencontré de gens qui auto-éditaient des BD sur le patrimoine. Ce n'était pas toujours de bonne qualité, mais ils gagnaient deux à trois fois mieux leur vie que moi (rires). Plus sérieusement, j'ai trouvé étonnant que la BD de proximité soit totalement abandonnée à ceux qui n'ont pas les capacités techniques pour être publiés par des éditeurs. Les institutions ont du mal à trouver des relais locaux quand elles veulent travailler ce médium, et quand elles en trouvent, ils ne sont pas forcément formés à ce type de BD, qui demande une expérience qui s'approche de celle de documentariste ou de journaliste. L'autre élément, qui est plus de l'ordre du militantisme, c'est que cela fait six ans que les ventes de BD baissent, que les prix augmentent pour compenser la baisse du chiffre d'affaires, que la surproduction est galopante... Le milieu ne va pas bien. Certains éditeurs ont même déclaré que nous devions trouver un deuxième métier pour survivre... Ça m'a un petit peu mis les abeilles (rires). Je me suis dit :«D'accord, on v

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Les soirées du 10 au 16 juin

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le vernissage de l'expo Mawil au Goethe-Institut, Scratcha DVA à La Marquise et la résidence LYL au Croiseur. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

Les soirées du 10 au 16 juin

10.06 Tournoi de ping-pong auteurs-public Quand il ne raconte pas par procuration sa jeunesse à l'ombre du mur de Berlin (Kinderland, chez Gallimard, pavé de 300 pages aussi captivant dans sa description de l'insouciance enfantine que dans ce qu'il raconte en filigrane de la RDA), le dessinateur Mawil joue les selectors. Ce sera le cas trois jours avant le coup d'envoi du festival, dans le cadre du vernissage de l'expo que lui consacre (ainsi qu'à sa compatriote Barbara Yelin) le Goethe-Institut. Un événement d'autant plus intrigant qu'il fera suite à un tournoi de ping-pong à la mode est-allemande que nous comptons bien remporter.

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La librairie Expérience renfile son "Bermuda"

CONNAITRE | Des contributions du couple Jouvray (voir page précédente) et de Fred Salsedo – encore un talentueux pensionnaire d’Émile Cohl, connu principalement pour (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

La librairie Expérience renfile son

Des contributions du couple Jouvray (voir page précédente) et de Fred Salsedo – encore un talentueux pensionnaire d’Émile Cohl, connu principalement pour son travail sur la délirante série de piraterie Ratafia – une couverture de B-Gnet (voir page précédente aussi), une quatrième de couverture co-signée par les néo-Lyonnais Guillaume Long (voir où vous savez) et Anouk Ricard – dont le dessin, sorte d'art brut anthropomorphique, véhicule aussi bien leçons de vie que blagues cochonnes, selon qu'elle porte sa casquette d'illustratrice jeunesse ou celle de bédéiste underground : pour le septième volume de son recueil d'histoires courtes Bermuda, la librairie Expérience ne s'est pas refusée grand chose. Et surtout pas la traditionnelle dédicace géante qui accompagne chaque année la parution de ce projet pensé comme un instantané de la jeune création graphique locale – on l'avoue sans honte, la moitié à peine de la trentaine de noms au générique de cette septième cuvée nous est familière. Elle se déroulera cette année sur le seuil même de la boutique vendredi 12 juin de 14h à 20h et le lendemain de 10h à 22h – merci le ravitailleme

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Un œil sur... Mathieu Bertrand

CONNAITRE | A l'occasion du Lyon BD Festival, dont l'acte principal se déroule le week-end des 13 et 14 juin, "Un œil sur..." a posé son regard et ses caméras sur l'univers de la jeune BD lyonnaise à travers l'un de ses talents les plus prometteurs : le dessinateur Mathieu Bertrand.

Stéphane Duchêne | Vendredi 29 mai 2015

Un œil sur... Mathieu Bertrand

Formé entre autres dans la pépinière de talents graphiques qu'est l'école Émile Cohl, l'illustrateur, graphiste et bédéiste Mathieu Bertrand nous explique à travers son parcours les ressorts de l'émergence dans un contexte lyonnais particulièrement foisonnant et dont l'émulation est l'un des principaux moteurs. Mais aussi le rôle essentiel joué par les blogs, les fanzines et des structures telles que l'Épicerie séquentielle et Lyon BD dans la valorisation et la mise en relation des différents acteurs de la BD lyonnaise. Actuellement au travail sur son prochain album, Mathieu Bertrand a publié l'automne dernier aux Éditions les Enfants Rouges Mona, Les Petites Marées sur un scénario de Séverine Vidal. Un album qu'il dédicacera à l'occasion de Lyon BD. Un aperçu de son univers graphique est également disponible sur son site Internet www.matisme.com.

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Didi-Huberman, un autre regard sur l'art

CONNAITRE | Né en 1953 à Saint-Étienne, enseignant à l'EHESS à Paris, Georges Didi-Huberman est l'une des figures les plus importantes de la philosophie et de l'histoire (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 26 mai 2015

Didi-Huberman, un autre regard sur l'art

Né en 1953 à Saint-Étienne, enseignant à l'EHESS à Paris, Georges Didi-Huberman est l'une des figures les plus importantes de la philosophie et de l'histoire de l'art. Dans ses ouvrages (une bonne quarantaine !), il alterne réflexions singulières sur l'image et petits essais plus concis sur des artistes contemporains. Dans l'un de ses derniers livres, Essayer voir, consacré aux artistes Miroslaw Balka et James Coleman (dont le Musée d'art contemporain de Lyon conserve une installation importante), Georges Didi-Huberman poursuit sa pensée nomade à la croisée d'influences aussi diverses que le "montage littéraire" de Walter Benjamin, la psychanalyse, la figure méconnue du critique d'art Aby Warburg, la philosophie de Giogio Agamben, les récits de Samuel Beckett... Essayer voir est d'ailleurs un emprunt à «l'essayer-dire» de Beckett dans Cap au pire. Ni application de concepts logiques, ni intuition mystique irrationnelle, penser et écrire à partir (ou sur) des images selon Georges Didi-Huberman c'est «accepter, devant l'image, de perdre les repères de nos propres mots. Accepter l'impouvoir, la désorientation, le non-savoi

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Le grand détournement

CONNAITRE | Previously in Le Petit Bulletin, nous nous engagions à vous reparler de B-Gnet. Promesse tenue grâce à la librairie Expérience, où il présentera vendredi 20 (...)

Benjamin Mialot | Mardi 17 juin 2014

Le grand détournement

Previously in Le Petit Bulletin, nous nous engagions à vous reparler de B-Gnet. Promesse tenue grâce à la librairie Expérience, où il présentera vendredi 20 juin une parodie d'une idiotie absolue des aventures de Tintin, Spirou, Lucky Luke et Asterix. Quatre emblèmes de la BD franco-belge que cet impur produit d’Émile Cohl a, tel Sid Phillips, l'apprenti-Frankenstein de Toy Story, amalgamé en Lutin Spirix, anti-héros de péripéties-valises politiquement pas très correctes. Au-delà de son irrévérence monty-pythonnesque, le génie de l'exercice réside dans ce qu'il saisit des codes du genre. Didascalies redondantes ou deus ex machina aberrants, rien n'échappe à B-Gnet, pas même le catalogue en quatrième de couverture, dont l'hilarante ineptie renforce le sentiment que procurait la lecture de ses pastiches de western (Old Skull) et chroniques de la beaufitude (Saint-Étienne Lyon) : il a que

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Lyon BD se fait l'Amérique

CONNAITRE | Lyon BD se double d'une convention 100% comics. Une initiative qui, si elle relève pour l'instant plus du gage de bonne volonté que de l'événement per se, l'impose un peu plus comme un rendez-vous majeur. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 juin 2014

Lyon BD se fait l'Amérique

«Pourquoi ne pas aimer la bande dessinée? Mais s’en targuer c’est autre chose. C’est dire, en sous main, il n’y a pas d’art mineur» osait Alain Finkielkraut à l'antenne de France Culture début mai. Un mois plus tôt, dans nos pages, Philippe Druillet lui adressait sans le savoir une réponse toute faite : «On est dans les musées, on les emmerde». Une fois de plus, c'est évidemment au légendaire fondateur de Métal Hurlant que le festival Lyon BD donne raison, lui qui s'apprête à reconduire ses impromptus au Musée des Beaux-arts. Mais à Lyon BD, le neuvième art est aussi sur scène, celle de la Comédie-Odéon, qui verra se succéder le temps de créations plus ou moins improvisées l'Allemand Reinhard Kleist, lauréat du Grand Prix de Lyon en 2013, le blogueur culinaire Guillaume Long ou encore Wandrille, le fondateur des très indépendantes (et très atypiques) éditions Warum et Vraoum. 100 balles et un Marsupilami Plus généralement, le casting est une fois de plus très dense. Et on

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Dommage qu’elle soit si furtive

SCENES | Qu’on se le (re)dise, le Radiant-Bellevue est en train de salutairement bousculer le petit monde du théâtre lyonnais. En programmant, mardi 21 janvier, (...)

Nadja Pobel | Lundi 13 janvier 2014

Dommage qu’elle soit si furtive

Qu’on se le (re)dise, le Radiant-Bellevue est en train de salutairement bousculer le petit monde du théâtre lyonnais. En programmant, mardi 21 janvier, dans son éclectique saison, la jeune et encore peu connue Marielle Hubert, il prend des risques déjà récompensés, la salle affichant complet. Arrivée de la banlieue parisienne, Marielle Hubert a une vision très affirmée de ce qu’elle veut voir sur un plateau, comme on a pu le remarquer à l’Elysée avec Les Âmes rouges et Le Nuage en pantalon : des acteurs au centre, qu’en répétition elle ne lâche jamais des yeux. En montant Dommage qu’elle soit une putain de John Ford, paru en 1633 et censuré jusqu’au XIXe siècle, elle souhaite rendre sa pleine mesure à un texte trop souvent réduit à sa portion congrue : un amour incestueux entre un frère et une sœur. Pour elle, cette histoire ne fait en effet sens que si elle est racontée à l’aune de tous les autres personnages et dans l'intégralité de ses cinq actes : «c’est la société décrite par ces rôles secondaires qui conduit à cet inceste. Tout le monde se bat, se tue, vend des femmes. L’amour pur ne peut plus avoir lieu qu’entre la fratrie

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Jeunes confidences

SCENES | Et si on misait sur la relève en ce début d’année ? Les grands noms du théâtre auront beau être à Lyon tout au long des six mois à venir, c’est en effet du côté des jeunes que nos yeux se tourneront prioritairement. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 3 janvier 2014

Jeunes confidences

Enfin ! Enfin le théâtre des Ateliers est sorti de son état végétatif. Et la relève est tout un symbole, puisque c'est Joris Mathieu, adepte de la vidéo, qui en a été nommé directeur à la place du fondateur Gilles Chavassieux (lequel ne créera plus dans ce lieu). Autre désignation importante, celle de Sandrine Mini au Toboggan à Décines. D’autres directeurs tireront eux leur révérence : Roland Auzet à la Renaissance, par envie de reprendre son travail de compagnie, et Patrick Penot aux Célestins, pour cause de retraite. C’est d'ailleurs dans ce théâtre qu’il sera possible de découvrir le travail de Mathieu avec Cosmos de Witold Gombrowicz (février). D'une manière générale la jeune génération (disons les moins de quarante ans) fera l'actu de la rentrée avec Mon traître d’Emmanuel Meirieu (voir page 16) au Radiant, Dommage qu’elle soit une putain de John Ford par Marielle Hubert au Radiant encore (plus tard en janvier), qui s’annonce d’une curieuse violence mêlée de douceur, mais aussi l’exceptionnelle venue d’Howard Barker à Lyon, convaincu par la comédienne Aurélie Pitrat du collectif nÖjd de m

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Jibé : il va faire du bruit

SCENES | Candidat malheureux du dernier tremplin de l'Espace Gerson, le Stéphanois Jibé fait son retour dans la défricheuse salle du cinquième en tant qu'ultime tête d'affiche de l'an 2013. Une ascension légitime pour cet as du bruitage à la bonhomie contagieuse. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 décembre 2013

Jibé : il va faire du bruit

L'alouate est un primate qui ne paye pas de mine. Il ne mesure jamais plus de 70 cm queue comprise, pèse une quinzaine de kilos tout mouillé, se nourrit exclusivement de fruits et de plantes... Quand il ouvre la bouche, c'est une toute autre affaire : son cri, sorte de râle d'agonie porcin filtré par un vieux mégaphone, est audible à plus de trois kilomètres à la ronde, faisant de lui l'un des animaux les plus bruyants du monde. Jean-Baptise Mazoyer est vraisemblablement un cousin évolué de l'alouate. Sur le papier, rien ne laisse en effet supposer que ce jeune Stéphanois est l'un des humoristes les plus prometteurs de sa génération. Ni son nom de scène, qui fleure plus l'humour de vestiaire qu'autre chose, ni son signe caractéristique. Car Jibé est bruiteur. C'est en tout cas ainsi qu'il s'annonce, ponctuant la présentation d'un «voilà» qui en dit long sur le désarroi qu'il inspire de prime abord. Quand il fait vibrer ses cordes vocales, c'est une tout autre histoire : le plateau devient un écran de cinéma IMAX et ses considérations sur le quotidien se révèlent d'une drôlerie assez inouïe (dans tous les sens du terme). Si bien que depuis deux ans qu'il écume les trempli

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Minuit, l'heure du rire

SCENES | Nul besoin de s'exercer à la photographie en Patagonie ou de s'essayer à l'équitation en Laponie (entre autres "bons plans" formulés par les professionnels du tourisme) pour passer un réveillon insolite. Il suffit de franchir le seuil de l'un des nombreux café-théâtres de la ville. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 décembre 2013

Minuit, l'heure du rire

Une fois n'est pas coutume, le café-théâtre se taille la part du lion en matière de comptes à rebours festifs. Rien que dans le réseau dirigé par Stéphane Casez, ce sont pas moins de seize spectacles qui s’enchaîneront du milieu d'après-midi aux derniers coups de minuit. Dans le lot, pas mal de comédies un peu lourdingues, de celles qu'on promeut au Festival d'Avignon au volant d'une rosalie, mais aussi de belles occasions de (re)découvrir certains de nos coups de cœur. A la Comédie-Odéon par exemple, si vous n'avez toujours pas cédé à notre prosélytisme pro-Jocelyn Flippo, vous aurez la chance de le faire face à ce qui est pour l'instant son chef-d’œuvre, la désarmante romcom sur fond de crise d'identité sexuelle Loving Out. Le Rideau Rouge, lui, se lèvera notamment sur Les Loose Brothers, énergique et doux-amer "two-men-show" dans lequel Aurélien Portehaut et Yann Guillarme composent un savoureux duo d'artistes ratés jouant le tout pour le tout. Yann Guillarme qui

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Chloé Cruchaudet récompensée

CONNAITRE | L'auteur de BD lyonnaise Chloé Cruchaudet vient de se voir attribuer, par l'Association de Critiques de Bandes Dessinées, le Grand prix de la critique (...)

Benjamin Mialot | Lundi 9 décembre 2013

Chloé Cruchaudet récompensée

L'auteur de BD lyonnaise Chloé Cruchaudet vient de se voir attribuer, par l'Association de Critiques de Bandes Dessinées, le Grand prix de la critique 2014 pour Mauvais genre. Une récompense plus que méritée compte tenu de la beauté charbonneuse et de la force dramatique de cet incroyable et néanmoins véridique portrait d'un déserteur de la Grande Guerre qui, pour échapper au peloton d'exécution et avec la complicité de son épouse, se travestit en femme.

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Deux jours en or

CONNAITRE | Une cinquantaine de dessinateurs, scénaristes et coloristes en dédicace, une exposition de planches et crayonnés de Lincoln, l'excellent western (...)

Benjamin Mialot | Dimanche 3 novembre 2013

Deux jours en or

Une cinquantaine de dessinateurs, scénaristes et coloristes en dédicace, une exposition de planches et crayonnés de Lincoln, l'excellent western métaphysico-burlesque des frères Jouvray (dont le huitième tome vient de paraître), des impromptus théâtraux, la réalisation en direct d'une fresque par les artistes de la galerie Le Bocal, une remise de prix... Ce n'est pas le programme de la prochaine édition de Lyon BD, mais celui d'un festival du neuvième art autrement plus modeste : le festival de la Bulle d'or, un doyen dans son genre, puisque c'est sa vingt-quatrième édition qui se tiendra les 9 et 10 novembre à Brignais. Au-delà des têtes connues (Kieran, Marie Jaffredo, la fratrie susmentionnée...), il est un auteur en particulier dont la présence sur place justifie le déplacement : Renaud Dillies, petit maître de l’anthropomorphisme auquel on doit au moins deux chefs-d’œuvre, le terrassant Abélard (sur un doux rêveur qui se met en tête de décrocher la Lune pour sa bien-aimée) et, plus récemment, le déroutant Saveur coco, où il raconte en de magnifiques aquarelles d'inspiration mexicain

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Unique en son genre

CONNAITRE | Chloé Cruchaudet n'est jamais aussi passionnante que lorsqu'elle s'inspire de faits réels. Nous en avions fait le constat en 2008 à la parution chez (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 11 octobre 2013

Unique en son genre

Chloé Cruchaudet n'est jamais aussi passionnante que lorsqu'elle s'inspire de faits réels. Nous en avions fait le constat en 2008 à la parution chez Delcourt de Groenland/Manhattan, roman graphique d'une austère élégance dans lequel cette jeune Lyonnaise au visage de sirène retraçait, à la fin du XIXe siècle, l'incroyable déracinement forcé de Minik, un esquimau ramené dans la soute de son navire par l'explorateur américain Robert Peary pour minimiser l'échec d'une expédition polaire.     Rebelote avec Mauvais genre, toujours chez Delcourt, ou l'histoire toute aussi véridique et n

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Cases départ

CONNAITRE | L'an passé, la rentrée BD nous était apparue tristement routinière. Cette saison, c'est tout le contraire : de dédicaces majeures en initiatives éditoriales de niches, il y a d'ores et déjà de quoi légitimer pas mal de RTT. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 26 septembre 2013

Cases départ

Après un démarrage sur les chapeaux de roue avec Eric Powell et Julie Maroh, la rentrée BD se tasse un peu. Pour une raison toute bête : les libraires élaborent leur calendrier quasiment au jour le jour. Difficile, en conséquence, d'avoir une visibilité au-delà du mois d'octobre, sauf chez La BD, où se profilent deux événements : une masterclass au cours de laquelle Denis Bajram présentera la suite d'Universal War One, le magistral space opera qui l'a fait connaître au tournant du siècle (le 29 novembre) ; une rencontre avec Philippe Geluck (le 11 décembre), dont on ne peut que saluer la longévité artistique (les premiers gags du Chat datent de 1983), quand bien même il

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Le Radiant, nouveau radar

SCENES | C'est tel un Monsieur Loyal qui aurait emprunté sa chevelure à Krusty le Clown que le sémillant Victor Bosch a, en juin dernier,  lancé la saison 2013/2014 du (...)

Nadja Pobel | Mercredi 4 septembre 2013

Le Radiant, nouveau radar

C'est tel un Monsieur Loyal qui aurait emprunté sa chevelure à Krusty le Clown que le sémillant Victor Bosch a, en juin dernier,  lancé la saison 2013/2014 du Radiant-Bellevue, bousculant au passage la cartographie culturelle de l’agglomération - et les habitudes de communication, avec une plaquette originale, dédiée autant au public, en photo à chaque page, qu'aux artistes. Car non content d’être avant tout une salle de concerts éclectique (d’Axelle Red à Johnny Clegg en passant par SKA-P, Brigitte Fontaine ou du classique), le lieu, rouvert en janvier, autorise à son directeur tous les grands écarts théâtraux. Le public est là pour se divertir, nous dit-il, alors il aura droit à sa dose de comédie (Le Jeu de la vérité avec les "vus-à-la-télé" Vanessa Demouy et David Brécourt) et de grandes stars (Delon père et fille dans Une journée ordinaire). Ainsi considéré, le public (à 30% des habitants de Caluire) a toutes les raisons de faire confiance à ce grand manitou au carnet d’adresses conséquent, donc de répondre à ses invitations appuyées à applaudir «la nouvelle découverte que vous ne pouvez pas manquer», en l

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Faut pas dire du mal de Johnny

CONNAITRE | Qui, de Michael Phelps ou de Ian Thorpe, serait le plus à même de succéder à Johnny Weissmuller dans le rôle de Tarzan ? En voilà une bonne question. On ne sait si (...)

Benjamin Mialot | Dimanche 2 juin 2013

Faut pas dire du mal de Johnny

Qui, de Michael Phelps ou de Ian Thorpe, serait le plus à même de succéder à Johnny Weissmuller dans le rôle de Tarzan ? En voilà une bonne question. On ne sait si Jean-Christophe Deveney, Jérôme Jouvray et Anne-Claire Jouvray, respectivement scénariste, dessinateur et coloriste de Johnny Jungle, répondront à cette question lors de la soirée organisée par le Comoedia jeudi 6 juin (dans le cadre du "off" du festival Lyon BD) autour de cette icône plus ou moins oubliée de la culture populaire. Ce dont on a la certitude en revanche, c'est que cette biographie fantasmée – Johnny y est dépeint comme un enfant sauvage progressivement broyé par l'entertainment – et rocambolesque du quintuple champion olympique de natation devenu acteur de cinéma est l'une des bandes dessinées les plus distrayantes de l'année en cours. Et que sa mise en perspective le temps d'une projection, d'une discussion, d'une gribouille en direct et d'une séance de dédicace avec Tarzan, l'homme-singe, classique octogénaire de W. S. Van Dyke et premier volet de la série de douze adaptations des écrits de Edgar Rice Burrough

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Les raisins du phylactère

CONNAITRE | Qui trop embrasse mal étreint. Exemple : les smartphones et leurs médiocres fonctions non-téléphoniques, qui n'ont d'intelligent que leur conception par (...)

Benjamin Mialot | Dimanche 7 avril 2013

Les raisins du phylactère

Qui trop embrasse mal étreint. Exemple : les smartphones et leurs médiocres fonctions non-téléphoniques, qui n'ont d'intelligent que leur conception par renversement darwinien – de «la fonction crée l'organe» à «l'organe crée la fonction». La règle a bien sûr ses exceptions et le festival Vendanges Graphiques, qui entend promouvoir d'un même élan la BD et la production viticole de Condrieu, devrait en être une. C'est en tout cas ce que laisse supposer la liste des auteurs invités, plutôt sexy pour une première édition. Outre des talents régionaux qu'on ne présente plus, à l'image du clan Jouvray, qui présentera Johnny Jungle, habile variation hollywoodienne sur le thème de l'enfant sauvage, l'événement s'est en effet assuré les présences de Matthias Picard, dessinateur de Jim Curious, une virtuose fantasmagorie sous-marine se lisant avec des lunettes 3D, de Jean-Christophe Chauzy, auteur estampillé Fluide Glacial passé avec succès au thriller avec Revanche,

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Insomniaque - Semaine du 20 au 26 mars

MUSIQUES | 22.03. Zuper! #5Lancées au crépuscule de l'année 2012, les soirées Zuper! ont, comme le laisse supposer leur nom, d'une fantaisie phonétique à faire passer Michel (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 14 mars 2013

Insomniaque - Semaine du 20 au 26 mars

22.03. Zuper! #5Lancées au crépuscule de l'année 2012, les soirées Zuper! ont, comme le laisse supposer leur nom, d'une fantaisie phonétique à faire passer Michel Leeb pour un imitateur, pour ambition de programmer la crème des producteurs d'Outre-Rhin. Jusqu'à présent, elles y parviennent plutôt bien, même si la cinquième, accueillie à la Plateforme, aura pour tête d'affiche un Français au pseudo latino : Rodriguez Jr. Ça va que le bonhomme est signé chez Mobilee (Berlin) et que sa tech house n'a rien à envier en groove et en sophistication à celle de ses labelmates.    

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Les rendez-vous de la création contemporaine #91

ARTS | Podcast / De passage à Lyon pour une conférence à l’école des Beaux-arts, Clément Rodzielski a accepté de répondre à quelques questions concernant son travail. Gwilherm Perthuis s’intéresse à l’ouvrage ‘Ecorces’ de Georges Didi-Huberman; Michel Nurisdany part en Hongrie et évoque la situation de l’art et ses rencontres artistiques.

Dorotée Aznar | Mercredi 4 janvier 2012

Les rendez-vous de la création contemporaine #91

Date de première diffusion:  4 Janvier 2012Emission n°91Durée: 30’52 minInvité: Clément Rodzielski, artiste. Contenu: De passage à Lyon pour une conférence à l’école des Beaux-arts, Clément Rodzielski a accepté de répondre à quelques questions concernant son travail. Il s’agit d’une opportunité de découvrir la démarche d”un artiste qui agit loin de la facilité.   Chroniques: Gwilherm Perthuis s’intéresse à l’ouvrage ‘Ecorces’ de Georges Didi-Huberman; Michel Nurisdany part en Hongrie et évoque la situation de l’art et ses rencontres artistiques. Liens utiles: Site web de la galerie française de C. Rodzielski, la galerie Chantal Crousel. Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine 

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Hubert Mounier

MUSIQUES | Hubert MounierAprès un retour discographique (et graphique) remarqué (voir PB n°615), avec sa double (disque + BD) Maison de Pain d'Épice, Hubert (...)

Dorotée Aznar | Mardi 14 juin 2011

Hubert Mounier

Hubert MounierAprès un retour discographique (et graphique) remarqué (voir PB n°615), avec sa double (disque + BD) Maison de Pain d'Épice, Hubert Mounier/Cleet Boris retrouve cette fois la scène jeudi 16 juin au Transbordeur. Un retour aussi attendu par le musicien que par le public. Quant à ceux qui ont raté la récente exposition lyonnaise de ses plus belles planches à l'A.del Galerie ils pourront se rattraper avec une reprise de l'expo jusqu'au lundi 27 juin, au même endroit (33, rue Auguste Comte). Et même une dédicace samedi 18 et dimanche 19 juin dans le cadre de Lyon BD festival au Palais du commerce.Un accueil digne de ce grand monsieur. SD

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In BD with Mounier

ARTS | BD / Comme Fabio Viscogliosi ou Kent, Hubert Mounier/Cleet Boris fait partie de ces Lyonnais qui n'ont jamais vraiment choisi entre la BD et le rock. (...)

Dorotée Aznar | Lundi 28 mars 2011

In BD with Mounier

BD / Comme Fabio Viscogliosi ou Kent, Hubert Mounier/Cleet Boris fait partie de ces Lyonnais qui n'ont jamais vraiment choisi entre la BD et le rock. Sans doute parce que, pour cette génération, la double culture était une évidence. À cet égard, ses premières publications dans la revue lyonnaise Rock & BD à la fin des années 70 étaient plutôt prémonitoires. Cette fois, Cleet Boris a donc suivi pendant plusieurs années les pérégrinations de son Docteur Frankenstein, Hubert Mounier, dans les affres de la création, de la dépression, du sevrage (alcool et cigarette). Puis de la confiance retrouvée. Dans les coulisses de la genèse du disque La Maison de Pain d'Épice, Boris porte sur Mounier un regard et un trait «ligne claire» sans concession, ni auto complaisance, ramenant l'acte de création à ce qu'il est : un petit tas de doutes et de tâtonnements au beau milieu de la vie de tous les jours. Dans ce récit, l'auteur glisse même beaucoup d'autodérision et d'humour, notamment dans la description de l'amitié pleine de franchise qui unit Hubert Mounier et Benjamin Biolay (un vrai personnage de BD), chacun étant à la fois le disciple et le mentor de l'autre. Si ce Journal d'un disque n'est

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La Maison du Bonheur

MUSIQUES | Album / Sur "Sans Nouvelles", qui clôt quasiment "La Maison de Pain d'Épice", Hubert Mounier chante : «je suis heureux comme avant/Heureux comme un vieux (...)

Dorotée Aznar | Lundi 28 mars 2011

La Maison du Bonheur

Album / Sur "Sans Nouvelles", qui clôt quasiment "La Maison de Pain d'Épice", Hubert Mounier chante : «je suis heureux comme avant/Heureux comme un vieux disque à tourner sans fin/À chanter toujours le même refrain». Celui qui, avec l'Affaire Louis Trio, contait "L'Homme aux Mille Vies" semble en avoir vécu quelques-unes. Et au bout s'être retrouvé. Car si "La Maison de Pain d'Épice" est le quatrième album solo d'Hubert Mounier, on pourrait croire que c'est le premier. Le précédent, "Affaire Classée", était, il est vrai, un album de reprises (magnifiques) de l'Affaire Louis Trio. Et sur les deux premiers, "Le Grand Huit" et "Voyager Léger", planait l'ombre envahissante de Benjamin Biolay, béquille amicale d'un auteur-compositeur décomposé. Vieilli, usé, fatigué, Mounier mais conscient aujourd'hui que «malgré la menace de n'être nulle part à sa place (…) il faut bien voir le monde en face et profiter du jour qui passe», comme il le rime sur "Fatalitas", l'un des tubes en puissance d'un disque qui en compte de nombreux. Réenchanté par une vie privée épanouie et une paternité inespérée, «lâché» par un Benjamin Biolay trop pris par sa carrière, Mounier a pris le taureau par les cornes

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Double Je

MUSIQUES | Entretien / Hubert Mounier. Réconcilié avec son double Cleet Boris, l'ancien chanteur de l'Affaire Louis Trio revient en force avec un double projet baptisé La Maison de Pain d'Épice : soit un disque, signé Hubert Mounier, et la BD qui en conte la genèse via Cleet Boris. Avec pour fêter ça, une exposition lyonnaise aux accents pop. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Dorotée Aznar | Lundi 28 mars 2011

Double Je

Petit Bulletin : Une exposition Cleet Boris/Hubert Mounier, c'est une première, non ? Hubert Mounier : Complètement. Je raconte des histoires et je m'efforce de faire des bouquins qui aient de l'intérêt quand on les achète, mais je ne me suis jamais considéré comme un grand dessinateur. Alors exposer, cela me paraissait tout de suite un peu prétentieux mais j'ai fini par me laisser convaincre. Avec La Maison de Pain d'Épice, le disque et la BD, c'est aussi la première fois que vos deux activités principales, la BD et la musique, se rejoignent en un projet commun. Cela a-t-il une saveur particulière ? Oui, même si j'avais déjà mis en scène l'Affaire Louis Trio en BD. Mais c'est la première fois que mon double Cleet Boris raconte la vraie vie d'Hubert Mounier. J'avoue que, de moi-même, je n'y aurais pas pensé. Mais quand Dupuis me l'a demandé, l'occasion était trop belle pour que je ne tente pas de réunir mes deux passions. C'est encore une manière pour Cleet Boris de rattraper Hubert Mounier par le col...Si la BD est signée Cleet Boris c'est surtout par pudeur car jamais je n'avais été aussi exposé. Dans mes chansons, j'arrive toujours à év

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