Villa Gillet & Le Petit Bulletin
Immersion dans
L’Atelier des Récits 2022

Thierry Frémaux

Directeur de l’Institut Lumière, délégué général du festival de Cannes. CC

Petit Bulletin : De 1997 à aujourd'hui, quelle est votre vision de l'évolution culturelle de Lyon ?
Thierry Frémaux : Vaste question ! L'évolution culturelle de Lyon, comme souvent dans cette ville, passe par la gestion lente mais sûre de son projet général. La culture en fait partie et il me semble que la ville a toujours su tirer parti de ses acteurs culturels, qu'ils soient institutions ou hommes/femmes. Il y a toujours eu à Lyon une sorte de dream team de la culture parce que la ville est à une bonne échelle humaine. Les arts nobles (Opéra, Musées, Spectacle vivant, Musique, Bibliothèque Municipale) continuent d'avoir la plus belle place, tant sur le plan financier que symbolique mais d'autres sont venus s'installer tout en haut : les musiques contemporaines, les musiques électroniques, le cinéma, la vidéo, et la littérature même. Il a fallu lutter et rien n'a été donné spontanément mais les deux maires (Raymond Barre, puis Gérard Collomb) ont suivi. Il manque juste d'en favoriser l'éclosion des marges, de créer des lieux alternatifs plus nombreux, de permettre aux bars d'entretenir la flamme. Mais pour cela il faut des gens de talent.

Durant cette période, quel(s) événement(s) culturel(s), vous concernant ou non, vous paraissent avoir résumé cette évolution ?
Le premier élément fondamental, c'est le public lyonnais, autrefois réputé pour sa supposée froideur et qui fait la preuve, année après année, qu'il est le premier interlocuteur des publics, des journalistes, des institutions culturelles, qu'il construit, au fond, la politique culturelle de la ville en faisant le succès de ce qui lui plait. Sinon, je prendrai le trio suivant : Nuits sonores, Assises du Roman et Festival du cinéma, qui se sont inventés récemment, se sont installés et donnent le sentiment (et je le dis modestement pour celui dont j'ai la charge) qu'ils ont toujours été là. On pourrait dire la même chose des Nuits de Fourvière. J'ajoute que le travail des deux Musées principaux (beaux-arts et art contemporain) s'est considérablement renouvelé et permet à ces deux institutions d'impacter beaucoup plus fortement la vie locale.

Si vous ne deviez retenir qu'une oeuvre qui résumerait cette période, laquelle serait-elle et pourquoi ?
Ni livre, ni film, ni spectacle, l'événement culturel le plus important, pour moi, ce sont les berges du Rhône et la Confluence à venir – et les Vélo'v. Ici, la forme fait le fond et le surgissement même de ces nouvelles pratiques ont placé Lyon dans une autre dimension.

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