Le cinéma interné

Dorotée Aznar | Dimanche 20 novembre 2011

Dans le cadre des journées professionnelles «Cinéma et psychiatrie», l'Institut Lumière organise une soirée ouverte à tous le mardi 29 novembre à 20h. Heureuse initiative car le programme, qui sera présenté et commenté par trois spécialistes de la psychiatrie, aura pour point d'orgue la projection de Spider de David Cronenberg (2002). Mal aimé à sa sortie, y compris dans ces colonnes, le film n'a depuis cessé de grandir dans nos esprits au fil des visions, jusqu'à apparaître comme une œuvre majeure du cinéaste canadien. Ralph Fiennes y incarne un homme au comportement bizarre, bredouillant d'incompréhensibles morceaux de phrases et notant ses pensées dans un carnet avec une écriture en pattes de mouche (d'araignée ?). Tout juste sorti de l'asile, on l'envoie dans une pension médicalisée près du quartier où il passa son enfance. Là-bas, il revit les épisodes qui l'ont conduit à commettre un acte irréparable et l'ont plongé dans la folie — à moins que celle-ci n'ait toujours été là, névrose latente liée à un œdipe mal digéré… Le génie du dispositif inventé par Cronenberg est de mêler au sein des plans le présent et le passé, le souvenir des faits et le rapport distordu que le personnage entretient avec la réalité. C'est par la mise en scène que la psyché de Spider nous apparaît dans toute sa confusion, sans effet spécial mais avec une leçon de jeu et de cinéma, qui conduit à un terrible sentiment de désarroi, une tristesse qui dure bien au-delà du dernier plan. Christophe Chabert

Cinéma et psychiatrie : «Spider», à l'Institut Lumière, mardi 29 novembre.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Viggo Mortensen passe derrière la caméra, on en a parlé avec lui pendant le Festival Lumière

Falling | Le comédien aux mille talents vient de signer son premier long-métrage en tant que cinéaste, qu’il a présenté en première française durant le Festival Lumière à Lyon. Une histoire de famille où l’attachement et l’oubli se livrent un duel sans ménagement. Rencontre.

Vincent Raymond | Mercredi 4 novembre 2020

Viggo Mortensen passe derrière la caméra, on en a parlé avec lui pendant le Festival Lumière

Comment se fait-il que ce soit cette histoire en particulier que vous ayez racontée pour votre premier film — car vous avez écrit plusieurs scénarios avant de réaliser Falling ? Viggo Mortensen : Je suppose que je voulais me souvenir de mes parents — de ma mère, pour commencer —, pour le meilleur et pour le pire comme tout le monde. Même si c’est devenu une histoire père/fils, l’inconscient de leur combat repose sur une différence d’opinion autour de leurs souvenir de leur femme et mère. Elle reste, à mon avis, le centre moral de l’histoire. Et c’est très important pour moi le casting de la mère, Gwen. Hannah Gross était parfaite, géniale : même si elle n’est pas là tout le temps, elle est là. Mais la raison pour laquelle j’ai fait mes débuts comme réalisateur et scénariste avec cette histoire, c’est parce que j’ai trouvé l’argent (sourire). J’avais essayé plusieurs fois, il y a 23-24 ans, avec un autre scénario, au Danemark, j’avais 20-30% du budget, mais pas davantage. Au bout du compte, je pense que c’était mieux que j’attende,

Continuer à lire

Videodrome, film dément

ECRANS | À l’occasion des 6e Journées Cinéma et Psychiatrie organisées par la Ferme du Vinatier, le Comœdia accueille une projection-débat autour d’un film collant (...)

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Videodrome, film dément

À l’occasion des 6e Journées Cinéma et Psychiatrie organisées par la Ferme du Vinatier, le Comœdia accueille une projection-débat autour d’un film collant parfaitement à la thématique choisie pour les travaux — Sexe(s), psy-&-vidéos —, Videodrome (1983) de David Cronenberg. Une plongée dans la fascination pour la violence et le désir charnel ; une anticipation de notre rapport viscéral aux écrans — des préoccupations récurrentes chez Cronenberg, au demeurant. Le film sera suivi d’un échange animé par le Dr Alain Bouvarel (pédopsychiatre, directeur du Centre National de l'Audiovisuel en Santé Mentale/Festival de Lorquin), le Dr Jean-Pierre Salvarelli (psychiatre - hôpital du Vinatier) et le Dr Jean-Christophe Vignoles (psychiatre - hôpital Saint Jean de Dieu). Videodrome Au Comœdia le mardi 22 novembre à 20h

Continuer à lire

Et Cronenberg fit le bzzzzz

ECRANS | C’est l’une des nouveautés de la rentrée dans les CNP-Cinémas Lumière (on ne sait plus comment les appeler) : le retour des projections du samedi minuit aux (...)

Vincent Raymond | Lundi 31 octobre 2016

Et Cronenberg fit le bzzzzz

C’est l’une des nouveautés de la rentrée dans les CNP-Cinémas Lumière (on ne sait plus comment les appeler) : le retour des projections du samedi minuit aux Terreaux. Désormais baptisées “Séances Midnight Movies” — même si elles sont programmées à 22h30 —, elles n’affichent certes plus systématiquement le merveilleux Graphique de Boscop mais un long-métrage différent chaque semaine, prélevé dans le vaste corpus du cinéma horrifique, assorti comme il se doit d’une petite introduction. Le film sélectionné ce 5 novembre, La Mouche (1987), semble faire écho au carnaval sucré et horrifique qui vient tout juste de s’achever. David Cronenberg y offre en effet à son interprète Jeff Goldblum de splendides métamorphoses, grâce à des postiches bien gluants de diptère mutant amoureusement fignolés par Chris Walas — dûment récompensé par un Oscar du maquillage. Remake éloigné de la première adaptation d’une nouvelle de

Continuer à lire

Maps to the stars

ECRANS | David Cronenberg signe une farce noire et drôle sur les turpitudes incestueuses d’Hollywood et la décadence d’un Los Angeles rutilant et obscène. Un choc ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 20 mai 2014

Maps to the stars

La «carte des stars» du titre fait référence à ces dépliants indiquant l’emplacement des villas appartenant aux célébrités hollywoodiennes à Los Angeles ; la carte du dernier film de David Cronenberg se résume en revanche à un cercle d’une demi-douzaine de personnages portant des prénoms impossibles, gravitant dans l’univers du cinéma et unis par des liens scénaristiques mais aussi par de tortueux liens du sang. Il y a un jeune acteur de treize ans arrogant et cynique, star d’une franchise ridicule (Bad babysitter) et déjà passé par la case réhab', son père moitié gourou, moitié thérapeute new age, une comédienne vieillissante obsédée par le fantôme de sa mère morte dans un incendie, un chauffeur de limousine qui se rêve scénariste et acteur… Et, surtout, une fille mystérieuse qui s’incruste dans leur vie, un peu folle et portant sur son corps les stigmates de graves brûlures. Film choral ? Pas vraiment, car Maps to the stars tisse assez vite une toile réjouissante où chacun va illustrer la décadence dans laquelle s’enfonce un Los Angeles corrompu au dernier degré, réplique vulgaire et morbide de celui décrit par John Schlesinger dans s

Continuer à lire

Au fil de la performance

SCENES | A l'occasion notamment du festival de danse Spider, consacré pour une part à la performance, on s'interrogera ici sur cette forme artistique revenue sur scène après ses extravagances des années 1960-70. Assagie la performance ? Pas si sûr... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 avril 2014

Au fil de la performance

Tenter de recenser ce qu'a été la performance depuis le début du XXe siècle, c'est être forcé de dresser une liste à la Prévert : les provocations de Dada ou des surréalistes (qui urinaient par exemple sur les passants du haut de l'Arc de Triomphe), les happenings de Alan Kaprow dans les années 1950 impliquant la participation du public, les prises de risque d'un Chris Burden se faisant tirer une balle dans le bras, les danses dans les espaces publics de Anna Halprin ou de Trisha Brown, les concerts déjantés de Fluxus, les rituels sanguinolents des actionnistes viennois, les paires de claques échangées entre Marina Abramovic et Ulay jusqu'à l'insupportable... Derrière ces tribulations hétérogènes qui ont touché les arts plastiques, la danse et, dans une moindre mesure, le théâtre et la musique, on peut toutefois déceler quelques idées communes : faire voler en éclats les codes de la représentation, dissoudre la frontière entre l'artiste et le public, abattre le quatrième mur. La performance naît d'une violence expressive. Elle est encore une mise à l'épreuve du corps qui n'est plus le support d'un "jeu représentatif", mais qui est pris, présenté, violenté dans

Continuer à lire

(Télé)Visions de Cronenberg

ECRANS | Hourra ! C’est le retour de L’Épouvantable vendredi cette semaine à l’Institut Lumière, dans une formule allégée à deux films au lieu de trois. Pour cette (...)

Christophe Chabert | Jeudi 15 novembre 2012

(Télé)Visions de Cronenberg

Hourra ! C’est le retour de L’Épouvantable vendredi cette semaine à l’Institut Lumière, dans une formule allégée à deux films au lieu de trois. Pour cette nouvelle saison, c’est David Cronenberg qui a l’honneur de lancer les hostilités, avec deux films donc, et pas des moindres. D’abord La Mouche, son œuvre la plus célèbre, qui fait aujourd’hui encore l’unanimité même chez les détracteurs du cinéaste. Pourtant cette commande de Mel Brooks autour du remake d’une série B fantastique (La Mouche noire avec Vincent Price), avait tout de la fausse bonne idée. Cronenberg y décrit le calvaire de Seth Brundle (Jeff Goldblum), physicien geek ayant inventé une méthode de téléportation révolutionnaire mais qui, lors d’un test sur sa personne, voit son génome mélangé à celui d’une mouche ; plutôt qu’à une métamorphose gore, on assiste à l’avancée réaliste et tragique d’une forme virulente de cancer, à laquelle Cronenberg ajoute une déchirante histoire d’amour entre Brundle et une jolie journaliste (Geena Davis), façon La Belle et la bête. Ensuite, flashback quelques années auparavant avec Videodrome, grande œuvre culte où Max Renn (James Wo

Continuer à lire

The Amazing Spider-Man

ECRANS | Après un ravalement de casting, Spider-Man revient pour raconter à nouveau ses origines. Entre faiblesse des enjeux, mise en scène approximative et acteurs sous-employés, était-ce vraiment nécessaire ? Jérôme Dittmar

Jerôme Dittmar | Jeudi 28 juin 2012

The Amazing Spider-Man

Hollywood a toujours pratiqué l'amnésie forcée. Suites, remakes et désormais reboot ; recycler ou faire table rase est une pratique courante. Dix ans après le premier film de Sam Raimi, Sony remet donc les compteurs de Spider-Man à zéro pour relancer sa licence. Mais comment tout recommencer avec si peu d'intervalle entre les films ? En ne changeant rien. The Amazing Spider-Man n'a pas la prétention de raconter autre chose que l'histoire de son héros adolescent, et tant pis si elle est connue. Tout ou presque ce qui fait la mythologie du personnage est donc rapatrié ici : la figure du geek transformé en justicier, la découverte des pouvoirs et la responsabilité qui en découle, la perte de l'oncle Ben et la fabrication d'une icône héroïque populaire. Si le film se veut malgré tout une variation (le Lézard remplace le Bouffon vert ; Gwen Stacy devient la première amoureuse de Peter Parker), il suit les mêmes traces que son aîné, sauf que le casting a changé, et ce n'est qu'une partie du problème. Cahier des charges

Continuer à lire

Cosmopolis

ECRANS | Après A dangerous method, David Cronenberg signe une adaptation fidèle et pourtant très personnelle de Don De Lillo. Entre pur dispositif, théâtralité assumée et subtil travail sur le temps et l’espace, un film complexe, long en bouche et au final passionnant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 25 mai 2012

Cosmopolis

David Cronenberg a le goût du paradoxe. Quelques mois seulement après A dangerous method, où sa mise en scène baissait les bras face au rouleau compresseur scénaristique de Christopher Hampton, le voilà qui transforme le roman de Don De Lillo, Cosmopolis, en un pur objet de cinéma, dont l’origine littéraire (et, une fois sur l’écran, quasi-théâtrale) est littéralement bousculée par le regard de Cronenberg. Il suffit par exemple de voir comment Cronenberg subvertit l’idée même de chapitre à l’écran : Eric Packer, son héros, monte un matin dans sa limousine avec pour seul objectif d’aller «se faire couper les cheveux». Trader arrogant, dont la volonté de contrôle l’a progressivement insensibilisé aux soubresauts du monde (la visite du Président des Etats-Unis, un début d’émeute et même sa propre épouse, simple trophée qu’il n’a plus envie de contempler), Packer dialogue froidement avec les passagers qui se succèdent dans l’habitacle. Or, ceux-ci ne montent pas dedans : la scène commence et ils y sont déjà, comme si ils s’étaient téléporté par on ne sait quel tour de magie à l’intérieur. Et lorsqu’elle se termine, ils disparaissent aussi sec du récit, et

Continuer à lire

Le fil de nos pensées

ARTS | Même si son œuvre monumentale à la Sucrière a nécessité 6 000 pelotes de laine, tout ne tient qu’à un fil chez Chiharu Shiota : celui que les Anciens disaient relier l’âme à l’au-delà et qu’aujourd’hui on pourrait voir comme constituant le réseau fragile et incertain de la psyché, de la mémoire et de l’identité. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 6 mai 2012

Le fil de nos pensées

«Je pense à la chaleur que tisse la parole autour de son noyau le rêve qu'on appelle nous», écrivait Tristan Tzara. Ne cherchons pas trop vite les significations ou les symboles, et laissons l’œuvre monumentale de Chiharu Shiota se donner d'abord à nos sensations, à la déambulation, à la rêverie et aux dérives de l'imagination... Occupant les 1700 m² du premier étage de la Sucrière, l'installation impressionne d'emblée fortement et compose un espace-temps difficile à définir : parmi des lumières tamisées et extrêmement précises, nous sommes projetés dans une sorte de souterrain mystérieux, hanté par de grands fantômes blancs vaporeux. Soit seize robes blanches démesurées (qui semblent identiques et sont en réalité toutes légèrement différentes, dessinées par le styliste Mongi Guibane), aux traînes reliées entre elles ainsi qu'aux piliers du bâtiment, le tout prenant place parmi les trames de milliers de fils de laine noire entrecroisés (6 000 pelotes et 600 km de laine). Tout communique et est relié en un vaste réseau : fils, tissus, parois de béton, sol, piliers. Cortex

Continuer à lire

Faire trembler pour mieux troubler

SCENES | On ne le répétera jamais assez : les «week-ends» des Subsistances sont ce que propose de mieux le Laboratoire international de création artistique. Quatre (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 mars 2012

Faire trembler pour mieux troubler

On ne le répétera jamais assez : les «week-ends» des Subsistances sont ce que propose de mieux le Laboratoire international de création artistique. Quatre jours durant, des compagnies de danse, de théâtre et de cirque, ou encore des plasticiens, proposent des créations, des performances, des installations, de petites ou de grandes formes, pour des prix plus qu'abordables. Dans un espace architectural idyllique, le spectateur passe ainsi, au cours d'une même soirée, d'un univers à l'autre, avec souvent de bonnes surprises à la clef. Les Subsistances ont choisi de placer ce nouveau week-end sous le signe de la peur et de la panique, thème d'actualité pour le moins. Nous serons heureux d'y retrouver le chorégraphe américain installé à Berlin, Jeremy Wade, que nous suivons et défendons depuis longtemps dans ces colonnes. S'inspirant aussi bien de la gestuelle des malades mentaux que de la danse des clubbers berlinois, l'artiste développe des pièces écorchées vives, organiques, intuitives, puissantes. Sa création Foutain interrogera les voies de propagation de la peur et les possibilités corporelles d'y résister. On notera par ailleurs la présence

Continuer à lire

A dangerous method

ECRANS | La rivalité entre Freud et son disciple Carl Gustav Jung, un sujet complexe mais idéal pour David Cronenberg, qu’il rend passionnant pendant 45 minutes, avant de laisser la main à son scénariste, l’académique Christopher Hampton. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 14 décembre 2011

A dangerous method

Au détour d’une séquence de séduction entre Sabina Spielrein (Keira Knightley, qui donne beaucoup d’elle-même à ce personnage de femme hystérique découvrant la nature sexuelle de son mal) et Carl Gustav Jung (Michael Fassbender, loin de l’animalité de Shame, comme cherchant à déchirer le corset moral qui l’enserre), celle-ci lui dit : «Dans chaque homme, il y a une part féminine». L’admirateur de David Cronenberg saisit instantanément ce qui renvoie à l’œuvre du cinéaste canadien : la sexualité comme révélateur de la confusion des genres. A dangerous method raconte le conflit entre Freud, qui pense que tout est explicable par la nature libidinale des êtres, et Jung, qui croit que certains phénomènes proviennent d’un inconscient collectif. Mais il dit aussi qu’il y a une part d’inexplicable dans le désir et que la chair prend toujours le dessus sur le cerveau. Malaise dans la civilisation Comment raconter cette rivalité intellectuelle sans s’empêtrer dans des couches de dialogues explicatifs ? Cronenberg trouve de belles parades à cet écueil : par la mise en scène, comme lors de ce passage remarquable où le dispositif d’analyse inventé par Jung

Continuer à lire

Spider

SCENES | Vite, vite, oublions la désastreuse mise en scène de textes de Rimbaud par Lukas Hemleb aux Subsistances. Et revenons à ce que le lieu sait faire de mieux : (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 29 septembre 2011

Spider

Vite, vite, oublions la désastreuse mise en scène de textes de Rimbaud par Lukas Hemleb aux Subsistances. Et revenons à ce que le lieu sait faire de mieux : accueillir dans un certain désordre et en prenant quelques risques des chorégraphes, musiciens et plasticiens peu connus. Durant plusieurs jours (du 6 au 8 octobre), le «laboratoire» européen Spider (réunissant en une coopérative d’idées et de moyens plusieurs compagnies européennes, dont les Lyonnais de Loge 22) proposeront des spectacles, des performances, des installations et des ateliers de danse et d’écriture. Sans oublier un concert d’ouverture ce mercredi 5 octobre au Marché Gare (avec W.A.T.S. et d’autres invités). JED

Continuer à lire

Spider-man 3

ECRANS | Critique / Disons-le tout de suite : Spider-man 3 n'est pas aussi enthousiasmant que son prédécesseur. Il lui manque le swing et la grâce qui permettaient (...)

| Mercredi 9 mai 2007

Spider-man 3

Critique / Disons-le tout de suite : Spider-man 3 n'est pas aussi enthousiasmant que son prédécesseur. Il lui manque le swing et la grâce qui permettaient au 2 de slalomer sans accros entre les genres, et sa volonté de boucler la trilogie le pousse parfois à faire rentrer au forceps des péripéties qu'on aurait bien vu prendre un peu plus d'espace. Mais ce que Spider-man 3 perd en plaisir immédiat, il le gagne en folie conceptuelle, si bien qu'on y repense longtemps après la projection, un rien frustrante. Sam Raimi a voulu mettre le paquet à tous les niveaux : trois méchants plutôt qu'un, des thématiques à foison, des doubles lectures constantes, des effets spéciaux d'une grande puissance de suggestion... Et aussi une multiplication des registres, jusqu'au hors-jeu : si la comédie est parfois hilarante (géniale séquence avec Bruce Campbell en serveur français), elle n'évite pas toujours un deuxième degré gênant. Bryce Dallas Howard transformée en potiche nunuche, ce n'est pas très gentil, et Peter Parker faisant son Travolta dans les rues, ça n'est pas franchement tordant... C'est quand il cherche à englober tous les visages de ses personnages que le cinéaste s'en sort le mieux. Ve

Continuer à lire

Une araignée au plafond

ECRANS | Cinéma / Spider-man 3 prolonge une série qui détonne et étonne dans le paysage des blockbusters hollywoodiens par son ambitieux mélange des genres, ses surprenantes visées théoriques et la personnalité de son auteur, Sam Raimi. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 9 mai 2007

Une araignée au plafond

La redécouverte par Hollywood des comics américains n'aura pas fait que des miracles. Si Bryan Singer a réalisé deux grands films avec ses X-Men, il a carrément planté son Superman returns, pendant que le tâcheron Brett Ratner massacrait dans le même temps la franchise avec un X-Men 3 honteux. Pour un Guillermo del Toro s'accomplissant pleinement en adaptant Blade puis Hellboy, des usurpateurs sans talent faisaient n'importe quoi avec les héros emblématiques de Marvel (Elektra, Punisher, Daredevil, Ghost Rider...). Et on ne va pas revenir sur 300, dont les commentaires élogieux de certains geeks sur les forums français éclairent mieux que les analyses de Jean-Michel Apathie le score actuel de Nicolas Sarkozy. Pierre angulaire de cette mode durable mais guère fructueuse et parfois douteuse, la série Spider-man a tout de suite fait la différence, cas à part et cas d'école en même temps. Son réalisateur Sam Raimi revisite l'esprit des comics depuis son premier film, le fameux Evil Dead. Cinéaste du cadre tordu, du mouvement de caméra impossible, de l'image-icône et de la plasticité des corps, il marie cette influence initiale avec une cinéphilie gourmande qui l'a poussée à aborder tou

Continuer à lire