La saison 2015/2016 du Théâtre de la Croix-Rousse

ACTUS | Ludique et politique est le visuel de la nouvelle plaquette (une croix faite de craies fragilisées) du Théâtre de la Croix-Rousse. Ludique et politique (et du coup franchement excitante) sera sa saison 2015/2016. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 31 mai 2015

Des Fourberies de Scapin décapées au karcher par Laurent Brethome, le crépusculaire Mon traître d'Emmanuel Meirieu, David Bobée et son Lucrèce Borgia à (trop) grand spectacle... L'entame de la saison 2014/2015 du Théâtre de la Croix-Rousse fut l'une des plus fulgurantes qu'on ait connue depuis l'arrivée à sa direction de Jean Lacornerie.

La rentrée 2015/2016 est bien partie pour soutenir la comparaison, ne serait-ce que parce qu'elle s'ouvrira sur la reprise du Bigre de Pierre Guillois, comédie muette «à voir et à revoir» (du 29 septembre au 3 octobre) selon la formule consacrée car aussi hilarante qu'ingénieuse.

Suivront :

  • une prometteuse transposition des conseils pour accéder à un trône et le conserver de Machiavel dans l'univers férocement contemporain du stage de formation par Laurent Guttmann (Le Prince, du 6 au 16 octobre) ;

  • le retour, sous bannière Nimis Groupe, d'une partie des singuliers Belges du Raoul collectif (Le Signal du promeneur) avec Ceux que j'ai rencontrés ne m'ont peut-être pas vu, une pièce dénonçant la cruauté kafkaïenne des offices d'immigration (21 et 22 octobre, dans le cadre du défricheur festival Sens Interdits, dont on vous reparlera) ;

  • un habile récital sur la crise de modernité du monde arabe, Médina Mérika du Turc Adelwaheb Sefsaf (25 au 27 octobre, là aussi pour Sens Interdits) ;

  • et enfin le nouveau projet de Gilles Pastor, dont nous avions fort apprécié le Pasolini à crampons (Affabulazione) l'an passé, rien moins que l'adaptation des écrits autobiographiques du corrosif Thomas Bernhard pour le grand Jean-Marc Avocat (3 au 7 novembre).

Autant de pièces que relient un fil jalonné d'inextricables nœuds sociaux. A l'instar du palmarès du dernier Festival de Cannes, la prochaine saison de la Croix-Rousse sera en effet pas mal en prise avec les maux de l'époque, furent-ils cycliques (Fleisch, un «marathon de danse» de Pauline Laidet ancré dans la crise des années 30, du 10 au 12 mai), mentaux, avec L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau, opéra médical (on y parle d'agnosie) porté à la scène par Dominique Pitoiset (13 au 17 novembre, en partenariat avec l'Opéra de Lyon), ainsi que Rendez-vous Gare de l'est, portrait d'une trentenaire sous médication par Guillaume Vincent, un proche des auteurs du Molièrisé Crocodile trompeur (9 au 13 février), ou encore cicatriciels dans le cas de Brundibar, opéra jeune public composé dans le ghetto de Terezín que mettra justement en scène Jeanne Candel (25 mars au 3 avril, toujours avec l'Opéra) – son compère Samuel Achache proposera quant à lui, du 2 au 6 février en partenariat avec la Renaissance, La Fugue, un spectacle musical dont on ne sait pas grand chose d'intelligible pour le moment.

Faut rigoler

Qu'on se rassure, l'ambiance ne sera pas tout le temps à la "défête", notamment grâce à Lacornerie lui-même qui rejouera deux de ses créations les plus entraînantes, Bells Are Ringing à la Maison de la danse du 3 au 6 novembre et Mesdames de la halle du 11 au 28 décembre.

Dans le genre ludique, on attend au tournant la très ludique Colonie Bakakaï, décidément obsédée par les textes compliqués, puisque après son excellent travail d'après Gombrowicz, elle s'attaquera au Sentiment d'une montagne de Tarkos (13 au 16 janvier à la Renaissance), et la non moins astucieuse Cordonnerie, de retour avec une adaptation en milieu urbain de Blanche-Neige (7 au 10 juin).

Des adaptations de classiques, il y en aura quelques autres :

  • une Belle au bois dormant de Jean-Michel Rabeux (21 au 25 novembre), qui en finira là avec sa période Perrault ;

  • un spectacle à mi-chemin du jazz et du nouveau cirque s'appuyant sur les dessins de Fred, co-fondateur de Hara-kiri et surtout auteur de l'inestimable Philémon (J'ai horreur du printemps de Mélissa Von Vépy, du 12 au 15 janvier) ;

  • un Godot (qui semble succéder à Lucrèce Borgia dans le palmarès des dépoussiérages) par Laurent Fréchuret (19 au 30 janvier) ;

  • un Tartuffe (1er et 2 mars) prenant le parti de son anti-héros par le poil à gratter Benoît Lambert (Elf, la pome Afrique, Avenir radieux, une fission française) ;

  • un mashup féministe de Puccini par Simonne Moesen (Tanto Amoere, 19 au 21 mai) ;

  • et enfin une espèce de director's cut (2h20 !) à paillettes et froufrous des Précieuse ridicules par Camille Germser.

Enfin, on ne savait pas dans quelles cases les ranger, mais ils devraient laisser une trace dans les esprits : le fidèle Quatuor Bella (le temps d'un crossover avec le groupe de jazz noise Jean Louis le 8 avril), le collectif (oui, encore un) In Vitro pour un cycle de trois pièces (signées Brecht, Lagarce et lui-même) soldant l'héritage de mai 68 (Des années 70 à nos jours, du 16 au 19 mars) et Caroline Guiela Nguyen et ses Hommes Approximatifs, avec une sorte de Six Feet Under sur planches qui promet d'être encore plus déchirant que son flaubertien Elle brûle (Le Chagrin, du 9 au 13 février).

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Cinq finalistes pour la direction du Théâtre de la Croix-Rousse

Mercato | Cinq dossiers ont été retenus parmi les 25 candidatures à la succession de Jean Lacornerie à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse.

Sébastien Broquet | Mercredi 29 juillet 2020

Cinq finalistes pour la direction du Théâtre de la Croix-Rousse

Jean Lacornerie, par choix personnel, quittant ses fonctions à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse le 31 décembre prochain, les tutelles se sont lancées en quête de son — ou sa — successeur. Les représentants et représentantes de la Région, de la Drac et de la Ville se sont ainsi réunis le jeudi 23 juillet pour étudier les 25 dossiers de candidatures déposés. Les finalistes retenus ont jusqu'au 7 septembre pour affiner leur projet, qui sera ensuite auditionné par le jury le 21 septembre. Cinq candidats et candidates ont été retenus, que voici : - Un premier duo, avec le musicien et metteur en scène Camille Rocailleux, issu du Conservatoire national supérieur de musique de Lyon, qui a fondé et co-signé les spectacles de la compagnie de danse ARCOSM de 2001 à 2016. Il a collaboré avec Jérôme Savary ou la chanteuse Camille et fondé la compagnie EVER en 2013, mêlant spectacle vivant et technologie. Il fait équipe avec A. Favr

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Jean Lacornerie quitte le Théâtre de la Croix-Rousse

Mercato | Le directeur du Théatre de la Croix-Rousse, Jean Lacornerie, quittera ses fonctions à l'issue de la convention qui prend fin le 31 décembre 2020. À (...)

Nadja Pobel | Vendredi 17 janvier 2020

Jean Lacornerie quitte le Théâtre de la Croix-Rousse

Le directeur du Théatre de la Croix-Rousse, Jean Lacornerie, quittera ses fonctions à l'issue de la convention qui prend fin le 31 décembre 2020. À 56 ans, il choisit « pour des raisons personnelles » de tourner cette page-là, à un moment où ce théâtre se porte très bien. Très heureux de cette aventure il continue, après sa création récente The Pajama Game, de bâtir la saison 2020-2021 qu'il dévoilera au printemps prochain. Sa collaboratrice Anne Meillon, directrice déléguée, fera elle valoir son droit à la retraite en juillet prochain.

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"The Pajama Game" : la grève en chantant

Comédie Musicale | Jean Lacornerie et Gérard Lecointe signent avec The Pajama Games une impeccable comédie musicale sur fond de lutte des classes.

Nadja Pobel | Mardi 17 décembre 2019

Dire que The Pajama Game est le spectacle idéal de la fin d'année serait un peu court et surtout très réducteur. La comédie musicale que signent Jean Lacornerie et Gérard Lecointe - avec le chorégraphe Raphaël Cottin - est simplement une excellente production. Le metteur en scène (directeur du théâtre de la Croix-Rousse) et le directeur musical (directeur du Théâtre de la Renaissance), à l’œuvre sur scène comme percussionniste, ont eu l'excellente idée, après leur collaboration notamment pour Bells are Ringing, de dégotter cette création de George Abbott et Richard Bissell de 1954, récemment jouée par Harry Connick Jr. et portée à l'écran par Stanley Donen en 1957. Les ouvrières d'une usine de fabrication de pyjamas sont en grève pour obtenir une augmentation de salaire et lorsque la cheffe du syndicat tombe amoureuse du nouveau directeur exécutif, ce dernier fait face au big boss (devenu ici une voix dans un haut-parleur), fouille dans l

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La Cordonnerie, des contes en triple

Théâtre | Toujours en vadrouille à travers la France, les Lyonnais de la compagnie La Cordonnerie sont régulièrement rappelés par le théâtre de la Croix-Rousse qui leur offre un jubilé début novembre avec la reprise de trois de leurs ciné-concerts : des contes distordus avec brio.

Nadja Pobel | Mardi 15 octobre 2019

La Cordonnerie, des contes en triple

Depuis le début des années 2010, les tubes s'enchaînent pour La Cordonnerie. Ils ont leur recette qui, loin de s'affadir, prouve de création en création qu'elle contient les bons ingrédients. Ainsi Métilde Weyergans et Samuel Hercule fabriquent-ils des ciné-spectacles à partir des contes, voire en tirant Shakespeare et Cervantès par la manche ((Super) Hamlet repris dans cet hommage et Dans la peau de Don Quichotte). En 2015, ils livraient Blanche-Neige ou la chute du mur de Berlin, qui sera joué ici le jour même de la célébration de ce trou percé dans la capitale allemande le 9 novembre 1989. Le Théâtre de la Croix-Rousse y adjoint judicieusement dans la foulée un concert de Rostropovitch par le Quatuor Debussy. En ce jour historique, le Russe avait attrapé son violoncelle pour interpréter Bach au pied de ce pan de la honte. Il était une fois Mais pour entamer cette rétrospective du duo lyonnais, Hansel et Gretel reviennent. Ce ne sont pas les enfants de Grimm mais un couple de vieux. Ils ont été magiciens, stars de l'émission La Piste aux étoiles

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Au bout des contes : et pour les enfants, quelles pièces réserver ?

Conte | Loin du théâtre collé à l’actu, d’autres artistes ont choisi les contes et s’adressent aussi aux petits. Mais leur propos n’est pas si déconnecté du réel qu’il n’y paraît.

Nadja Pobel | Mardi 10 septembre 2019

Au bout des contes : et pour les enfants, quelles pièces réserver ?

Drôle, sombre, grinçant et pour tout dire ébouriffant est la Blanche-Neige, histoire d’un prince (au Théâtre de la Croix-Rousse en janvier) de Michel Raskine qui a fait les beaux jours du In d’Avignon cet été. L’autrice Marie Dilasser y a incorporé ses préoccupations sur l’écologie, a détourné le genre et avec un castelet de marionnettes (101 nains dont Lèche-botte), l’ancien directeur du théâtre du Point du Jour livre aux enfants une fable parfaite. Joël Pommerat lui ne signe pas la suite de Ça ira mais sa nouvelle création, Contes et légendes (au TNP en décembre), se fera avec des enfants confrontés aux adultes et androïdes pour tenter de comprendre de quoi demain sera fait. Autre conte pour les grands cette fois, celui de Desplechin, Un Conte de Noël (au Radiant, via une programmation Célestins et Théâtre de la Croix-Rousse, en février) sera créé par Julie Deliquet. Le plus brillant des cinéastes français qui se délecte de mises en scène théâtrales occasionnellement, à la Comédie-Française (Père en 2015, Angels in America

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Ciné-Mystère

ECRANS | Vous connaissez, bien entendu, le principe de la séance mystère ; à part le titre du film projeté, rien n’est caché au public : ni le jour (dimanche 18 (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

Ciné-Mystère

Vous connaissez, bien entendu, le principe de la séance mystère ; à part le titre du film projeté, rien n’est caché au public : ni le jour (dimanche 18 novembre), ni l’heure (18h), ni le lieu (l’Aquarium Ciné-Café). On peut même vous dire que le choix de ce mois a été confié à un voisin croix-roussien, Jean Lacornerie, qui a eu carte blanche en amont de sa nouvelle création, L’Opéra de quat’sous. Vous en savez beaucoup, en fait… Ciné-Mystère À l’Aquarium Ciné-Café ​le dimanche 18 novembre à 18h

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Les créations de la saison fait maison par les directeurs

Théâtre | Focus sur les créations ou reprises concoctées par les directeurs et directrices des théâtres de la métropole, de Claudia Stavisky à Louise Vignaud.

Nadja Pobel | Lundi 10 septembre 2018

Les créations de la saison fait maison par les directeurs

Si Joris Mathieu passe son tour après des années foisonnantes (reprise de son très dark Frères sorcières et tournée d'Artefact et Hikikomori, souvent à l'étranger), c'est Christian Schiaretti qui sera le directeur de structure le plus prolifique. Initialement en poste jusqu'au 31 décembre 2019, il sera finira en fait son contrat fin de saion 2019-20 et coordonnera bien le centenaire du TNP en 2020. Dans les prochains mois, il sera omniprésent : outre la reprise de La Leçon (mai) et la création de La Voix humaine avec la magnétique Sylvia Bergé-de-la-Comédie-Française (octobre), il s'attelle à deux mastodontes : Victor ou les enfants au pouvoir de Roger Vitrac (mars), fable cruelle dont Antonin Artaud fut le premier "montreur" et L'Échange de Paul Claudel (décembre). Au vu de l'explication de texte qu'en a faite Schiaretti lui-même lors des Langagières (festival réitéré en mai), il est sûr que sa lecture en sera acérée, infiniment réfléchie tant la diction et les césures qu'il en a alors proposées étaient soupesées « Il faut respecter le vers clau

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Dans la peau de Don Quichotte : lutter contre les moulins à vent

Théâtre | C'est un ciné-spectacle sans cesse recommencé que la compagnie La Cordonnerie déroule depuis vingt ans. Avec des contes, puis aujourd'hui Don Quichotte, elle signe des fables plus politiques qu'elles en ont l'air. En musique live, vidéo, bruitages de doublage de voix au plateau. As usual.

Nadja Pobel | Lundi 30 avril 2018

Dans la peau de Don Quichotte : lutter contre les moulins à vent

Hansel et Gretel étaient de vieilles personnes mises au ban de la société avant même que Macron ne rabote les petites retraites, Blanche-Neige se barrait de sa tour HLM et trouvait refuge loin de la cité. Don Quichotte est sorti du livre d'une bibliothèque de Picardie (tiens tiens, région du président en chef de notre beau pays) lors du supposé bug du passage à l'an 2000 et parcourt les routes sur sa Rossinante de bicyclette accompagné d'un Sancho Panza bienveillant face à la douce folie de cet homme amoureux d'une médecin psychiatre. Au départ, il est pourtant Michel Alonzo qui a entrepris de résumer tous les livres de la médiathèque où il travaille afin de les préserver. Mais au XXIe siècle, devenu cet énergumène du Moyen-Âge, il est transformé en bête de foire, un SDF un peu dérangeant, moqué voire humilié par un édile peu amène qui dirige sa commune comme une entreprise et esti

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Le soliloque vire au polar

Théâtre de la Croix-Rousse | Pour sa deuxième création de la saison, Jean Lacornerie change radicalement de genre et confie à Elizabeth Macocco le soin délicat d'incarner une vieille femme vigoureuse. Réjouissante petite forme.

Nadja Pobel | Mardi 14 février 2017

Le soliloque vire au polar

On l'avait laissé en novembre avec un Opéra de quat'sous pimpant et peuplé de marionnettes, revoici Jean Lacornerie dans un autre endroit du théâtre qu'il dirige depuis 2010, le studio, très peu usité ces dernières années. Entre deux murs, il y fait déambuler Faila, 93 ans, en proie à un agresseur qu'elle est parvenue à berner en l'enfermant dans une pièce de son appartement. Il va geindre, baragouiner sans que jamais ne nous parviennent directement ses mots. Écrit par l'auteur argentin contemporain Federico Jeanmaire, ce texte qui n'avait rien de théâtral se révèle être une formidable matière à jeu, tant ce soliloque vire au polar. Qui est derrière cette porte en train de s'acharner sur la poignée ? Quel âge a-t-il ? Quels sont ses liens avec la victime ? Peu à peu, se dévoile une histoire qui reflète tout autant la réalité de la lutte des classes sociales (il est pauvre, elle est bourgeoise) que la psychologie d'une femme rapidement devenue orpheline après que sa mère, entichée d'un pilo

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Hansel et Gretel : la crise des contes

Théâtre de la Croix-Rousse | Et si Hansel et Gretel étaient de vieilles personnes mises au ban d'une société individualisée parce qu'en crise ? La compagnie La Cordonnerie amène ce succulent – quoiqu'amer - spectacle créé en 2015 à la Croix-Rousse, et c'est une bonne nouvelle !

Nadja Pobel | Mardi 13 décembre 2016

Hansel et Gretel : la crise des contes

Ça s'appelle une recette. Ce pourrait être rébarbatif, paresseux ; c'est tout le contraire. Il en va de la compagnie La Cordonnerie comme des grands chefs : ils perfectionnent leur savoir-faire. Les ingrédients ? Des personnages connus de tous (Hamlet, Blanche-Neige, Hansel & Gretel), une réécriture contemporaine, un film muet, avec mise en parole, bruitage et musique en live sur un plateau de théâtre pendant qu'est projetée la vidéo. Déjà passé avec Blanche-Neige ou la chute du mur de Berlin fin juin à la Croix-Rousse (voir ci-dessous) et cet automne à la Renaissance avec la formidable et très étonnante Udo, version décalée et réduite de Blanche-Neige, centrée sur le père de cette héroïne Disney, voici que cette compagnie revient avec son spectacle précédent, cet Hansel et Gretel, presque deux ans au compteur et toujours bien arrimé au réel. Chaussures à leurs pi

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L'Opéra de quat'sous : misère en lumières

SCENES | Avec des musiciens intégrés au jeu, un décor non-naturaliste, des marionnettes à taille humaine, Jean Lacornerie signe un Opéra de quat'sous très homogène, plein d'allégresse et de liberté.

Nadja Pobel | Mardi 8 novembre 2016

L'Opéra de quat'sous : misère en lumières

Postulat de départ : remonter aux origines de cette œuvre écrite en six mois à peine par Kurt Weill et Bertolt Brecht en 1928. Ainsi, une traduction a été commandée à René Fix pour s'éloigner de tous les remaniements que le dramaturge berlinois a rajouté au fil des décennies et les chansons sont interprétées en allemand. Les mots sont crus et raccords avec l'énergie noire que développent les chefs de pègre : le criminel Macheath et son rival Peachum. Polly, la fille de ce dernier tombée dans les bras du premier s'en trouve même surnommée la « pute à gangster » et quand il s'agit de qualifier cette période trouble, elle est « pourrie. » Tout ce qui aurait pu entraver le rythme ou la compréhension a été gommé. Et loin d'appauvrir la pièce, cette propension à aller vite la sert. À commencer par la rapidité de jeu de Vincent Heden qui virevolte sur les tables de l'écurie (qui ressemble plus, et fort à propos, à un atelier d'usine) et entre les piles de cartons. C'est lui qui donne le la. Et ses a

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Tous à Oullins !

KIDS | C'est à l'heure de partir à l'imprimerie que nous découvrons le magnifique Udo complètement à l'est, prequel de Blanche-Neige ou la chute du mur de Berlin. La (...)

Nadja Pobel | Mardi 18 octobre 2016

Tous à Oullins !

C'est à l'heure de partir à l'imprimerie que nous découvrons le magnifique Udo complètement à l'est, prequel de Blanche-Neige ou la chute du mur de Berlin. La Cordonnerie, qui s'est fait une spécialité de transposer des contes sur scène avec vidéos bruitées, dialoguées en direct, fabrique là un court spectacle de moins d'une heure épatant. Mentionné dans le livre mais jamais raconté, le roi, père de Blanche-Neige, livre sa vie de circassien en Russie, loin de sa fille adorée. Trouvailles vidéo, recherches sonores, voici un condensé de ce que cette compagnie sait faire de mieux. Au théâtre de la Renaissance d'Oullins, du 25 au 27 octobre à 16h (dès 8 ans).

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Spectacles jeune public : Le futur, c'est maintenant

Avec les kids | Rien ne sert de gaver les petits (comme les grands) de théâtre au risque de faire une indigestion. Mieux vaut piocher astucieusement du côté du retour de (...)

Nadja Pobel | Mardi 6 septembre 2016

Spectacles jeune public : Le futur, c'est maintenant

Rien ne sert de gaver les petits (comme les grands) de théâtre au risque de faire une indigestion. Mieux vaut piocher astucieusement du côté du retour de L'Après-midi d'un foehn de Phia Ménard (La Mouche, 23 novembre) ou de Petit bain (du 7au 11 février) du très inventif Johanny Bert capable de faire un spectacle pertinent même avec des post-it®. Ici, il reconstitue une montagne de mousse avec une petite marionnette, allégorie d'un jeu éphémère pour les enfants dès 2 ans. Le spectre de l'enfance se fait de plus en plus large : Joris Mathieu accueille au TNG le très délicat spectacle (dès 16 ans) de Myriam Marzouki, Ce qui nous regarde, où est interrogé avec délicatesse (oui c'est possible) le port du voile. Le jeune directeur lance également son festival biennal, Nos futurs, qui s'étalera jusqu'à Noël avec des spectacles — souvent à l'adresse des ados — ayant trait à demain pour « mieux affronter le r

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Théâtre made in Lyon : Tour d'horizon des créations maison

De Stavisky à Lacornerie | Inchangés depuis des lustres pour la plupart, les directeurs des grandes scènes de Lyon creusent scrupuleusement leur sillon, en montant des textes attendus.

Nadja Pobel | Mardi 6 septembre 2016

Théâtre made in Lyon : Tour d'horizon des créations maison

Incroyable ! Christian Schiaretti aura l'honneur d'imaginer le centenaire du TNP en 2020 : en poste depuis 2002, il a été reconduit à la tête de l'établissement jusqu'à fin 2019 ; son contrat arrivait à échéance en décembre. En cette rentrée, il revient, après un Bettencourt Boulevard bancal, à l'auteur qu'il a le mieux transposé à la scène depuis son arrivée : Aimé Césaire. Il reprend Une saison au Congo (du 2 au 10 décembre), créé en 2013 puis signera La Tragédie du roi Christophe (du 19 janvier au 12 février). Dans la première, il avait su organiser clairement la conquête de l'indépendance de ce pays et la chute de son héros pacifiste Lumumba grâce à une alchimie entre sa troupe habituelle du TNP et des comédiens du collectif burkinab

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Tartuffe, le poing levé

SCENES | Depuis plus d’un an, le metteur en scène Benoit Lambert trimballe partout sa version de Tartuffe (jusqu'au 12 mars au théâtre de la (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 mars 2016

Tartuffe, le poing levé

Depuis plus d’un an, le metteur en scène Benoit Lambert trimballe partout sa version de Tartuffe (jusqu'au 12 mars au théâtre de la Croix-Rousse) relue à l’aune de la lutte des classes : celui qui est par ailleurs directeur du CDN de Dijon a voulu faire du héros moliéresque ce que Jouvet préconisait : « un garçon charmant, inquiétant et très intelligent » loin de la caricature bigote et du scélérat qu’il incarne parfois. Si cet imposteur s’immisce dans la famille bourgeoise d’Orgon, c’est pour bousculer l’ordre établi des puissants. Tout dans le travail de Lambert cherche à élimer les apparences des nantis : leur intérieur en boiserie est en fait de pacotille, imprimé sur des panneaux… In fine, le retour à la morale n’a pas été modifié mais le prince ne moque pas le pauvre Tartuffe qui parait bien victime d’un système contre lequel il a tenté de lutter avec filouterie. Ajoutez à ce parti-pris des acteurs tous excellents et parfaitement accordés, des transitions menées avec brio et en musique jusqu’à faire résonner James Bond et voilà une adaptation aussi vive et maligne que Tartuffe lui-même. NP

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L’enfance nue de Thomas Bernhard

SCENES | Ce sont de petits bijoux que Christiane Ghanassia a traduits et adaptés : de courts récits autobiographiques de Thomas Bernhard publiés entre 1975 et 1982. (...)

Nadja Pobel | Mardi 27 octobre 2015

L’enfance nue de Thomas Bernhard

Ce sont de petits bijoux que Christiane Ghanassia a traduits et adaptés : de courts récits autobiographiques de Thomas Bernhard publiés entre 1975 et 1982. Où il est question de la douloureuse enfance du futur écrivain : l’internat, la guerre, la maladie, la mort aussi, de celui qui l’a élevé et dont il était très proche, son grand père. L'ensemble donne bien sûr des clés pour comprendre la misanthropie qui parcourt l’œuvre de l’Autrichien. Mais aussi son goût pour les situations soliloquées. Dans sa nouvelle création, Gilles Pastor, qui avait signé l’an dernier un très intelligent Affabulazione, égrène ainsi cinq monologues portés par un maitre du genre, Jean-Marc Avocat, dont la voix à la fois caverneuse et douce s'accorde parfaitement avec ces écrits dépourvus de cynisme mais pas de gravité. Le travail sur la vidéo, dont Pastor est un habitué, est fort à propos également, avec de grandes vues sur les Alpes qui accentuent notamment ce sentiment de solitude dont il est question dans la deuxième partie, consacrée à l’internat.

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Sens Interdits 2015 : 4 spectacles à ne pas manquer

SCENES | Le Songe de Sonia (Russie) Pour la troisième fois, Tatiana Frolova expose sa Russie au festival. Elle qui, en 1985, fonda le KnAM, un des tout (...)

Nadja Pobel | Mardi 13 octobre 2015

Sens Interdits 2015 : 4 spectacles à ne pas manquer

Le Songe de Sonia (Russie) Pour la troisième fois, Tatiana Frolova expose sa Russie au festival. Elle qui, en 1985, fonda le KnAM, un des tout premiers théâtres libres de Russie, tente aujourd'hui de survivre sous Poutine et met en avant ce que le régime tait, ici le mystère qui plane sur le nombre élevé de suicides dans son pays. Elle s’appuie pour cela sur un travail vidéo une fois de plus remarquable et sur Le Songe d’un homme ridicule de Dostoïevski, où un homme sur le point de se supprimer est rattrapé par le souvenir d’une enfant. Du 15 au 23 octobre et du 3 au 7 novembre aux Célestins Dreamspell (Lituanie) Encore étudiante en troisième année à l’académie lituanienne de musique et de théâtre, Kamilé Gudmonaité s’est elle aussi inspirée d’un Songe, celui, plus onirique, de Strinberg cette fois-ci. Elle y emmène six comédiens très expressifs, en exploration de questions existentielles tenant, par exemple, au rôle de l’individu dans le système sociétal. Ce spectacle inédit en France a déjà été salué dans plusieurs festivals européens, notamment celui de Brno où a il reçu, en 2015, le prix de la meilleure mise en sc

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Sens Interdits, le carrefour mondial du théâtre

SCENES | «Ce n’est pas du jeu, c’est la vie. Et pourtant c’est du théâtre !» Voilà comment Patrick Penot parle de ce festival Sens (...)

Nadja Pobel | Mardi 13 octobre 2015

Sens Interdits, le carrefour mondial du théâtre

«Ce n’est pas du jeu, c’est la vie. Et pourtant c’est du théâtre !» Voilà comment Patrick Penot parle de ce festival Sens Interdits qu’il a imaginé en 2009 sous forme de biennale. Au départ, il y a la volonté de montrer un théâtre international peu diffusé sur les scènes lyonnaises, à l’exception des géants Ostermeier ou Claus Peymann – même si, à l’époque, le TNP en accueillait encore quelques-uns dans le sillage du Festival d’Automne parisien. Pour avoir travaillé en Pologne, à Vienne ou Athènes, l’ancien co-directeur des Célestins sait qu’une autre voix dramatique nous manque : celle, plus politique, des pays où la culture n’est pas un joyau de famille comme en France. Cette année, c’est l’exclusion qui constitue le fil rouge de l'événement, celle dont sont victimes les ex-Yougoslaves de Common ground, les rescapées de la Seconde Guerre mondiale de Displaced women ou les Françaises rapatriées d’Indochine (et parquées dans des centres d’accueil sommaires et largement méconnus) de CAFI. Sens Interdits n’est toutefois pas une simple compilation de témoignag

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Les grands rendez-vous de la saison théâtrale 2015/2016

SCENES | Souvent sur un mode biennal, tous les festivals de théâtre qui comptent réapparaîtront cette saison. Présentation.

Nadja Pobel | Mercredi 9 septembre 2015

Les grands rendez-vous de la saison théâtrale 2015/2016

Sens Interdits C’est LE festival. Celui qui tous les deux ans nous transmet les récits du monde, de ses déchirures et de ses espoirs, sur un plateau. Cette année, quinze spectacles venus de quatorze pays permettront d’explorer notre mémoire commune, le long du fil rouge de l’exclusion, qu'il soit question des migrants avec Ceux que j’ai rencontrés ne m’ont peut-être pas vu ou du Chili traumatisé par Pinochet avec Acceso par le réalisateur Pablo Larraín (No). Les rescapés du Rwanda se feront aussi entendre dans Hate Radio grâce au Suisse Milo Rau et la fidèle Tatiana Frolova reviendra pour la troisième fois avec un spectacle documentaire qui mènera chez elle, au fin fond d’une Russie endolorie. Mais si les thèmes abordés à Sens Interdits sont durs, jamais ce festival n’est mortifère. Il est, au contraire, depuis trois éditions, la preuve que le théâtre contemporain est d’une vitalité inouïe. Du 20 au 28 octobre aux Célestins et dans la Métropole

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Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

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Si vous les avez raté, un rattrapage s’impose. D'abord Bigre! (Croix-Rousse, 29 septembre au 3 octobre), hilarante comédie sans paroles sur l’ultra moderne solitude. Au même endroit Jean Lacornerie reprend ce qui est (avec Roméo et Juliette) sa comédie musicale la plus aboutie, Mesdames de la Halle (11 au 28 décembre). De son côté, au milieu d’une saison presque entièrement dédiée au langage, le TNP fait place aux délicats balbutiements de En courant, dormez par Olivier Maurin (6 au 15 avril), alors que la Renaissance reprend la foutraque Visite de la vieille dame (23 au 2

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Laurent Brethome donne le ton de la saison jeune public

SCENES | Des spectacles à venir, "Riquet" (délesté de sa houppe) est sans conteste le plus émouvant et le plus abouti. Retour sur ce travail de Laurent Brethome qui passera par le Toboggan et tour d’horizon des propositions jeune public de la saison. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 9 septembre 2015

Laurent Brethome donne le ton de la saison jeune public

C’est quoi être différent ? Comment faire avec ce qui manque ? La beauté pour cette fille laide mais intelligente, la jugeote pour sa ravissante sœur, que leur père fatigué de porter la couronne veut marier à un prince repoussant ? De toutes ces aspérités handicapantes, il émane une humanité qu’Antoine Herniotte a su magnifiquement retranscrire dans son adaptation de Riquet et que Laurent Brethome a transposé sur le plateau en éléments très concrets. Les robes de princesse sont en papier froissé, le château se dessine en direct, les baguettes magiques sont des brosses à WC... À cette apparente économie de moyens correspond une débauche de créativité et, surtout, un goût pour une forme artisanale de théâtre qui ramène à des émotions très enfantines. Invité à ouvrir rien moins que le In d’Avignon cet été, Brethome a une nouvelle fois livré un spectacle très organique (la peinture dans Les Souffrances de Job, l'eau dans

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La saison 2015/2016 des Célestins

ACTUS | Toujours plus internationale et comptant 8 créations et 9 co-productions, la nouvelle saison des Célestins, au cours de laquelle sa co-directrice Claudia Stavisky se mesurera au très caustique "Les Affaires sont les affaires" de Mirbeau, s'annonce prometteuse. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 2 juin 2015

La saison 2015/2016 des Célestins

Belgrade, l'un de leur meilleur spectacle de la saison en cours, n'a pas encore été joué que déjà les Célestins dévoilent déjà leur programmation 2015-2016. Bien que des mastodontes nationaux et internationaux soient à l'affiche, la jeunesse s'y fait une place avec : Piscine (pas d'eau) (du 3 au 13 février), pièce trash de Mark Ravenhill et inspirée de la biographie de la photographe Nan Goldin, récemment passée (plus que furtivement) à Nuits Sonores. La metteur en scène Cécile Auxire-Marmouget travaille par ailleurs avec Claudia Stavisky sur le projet La Chose publique, médiation avec les habitants de Vaulx-en-Velin. Pour Piscine, elle a notamment convié l'excellent David Ayala, l'amant un peu rustre de En roue libre cette année. Un beau ténébreux (du 10 au 13 mars) du très précieux mais pas si populaire Julien Gracq, mis en scène par Matthieu Cruciani, déjà aux manettes de Non réconciliés de François Bégaudeau, vu à la Célestine La fidélité qui caractériste par ailleurs le théâtre permettra cette saison de revoir des artistes particuli

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Victor Bosch revient à la comédie musicale

ACTUS | Le directeur du Radiant-Bellevue convie Jean Lacornerie au générique de son futur spectacle "Forever Young". Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 4 mai 2015

Victor Bosch revient à la comédie musicale

Déjà producteur de Kirikou et Karaba, du Petit Prince et, surtout, de la success story Notre-Dame de Paris, Victor Bosch reprend du service dans l'univers des comédies musicales. Du 15 octobre au 30 janvier, il présentera sur la scène parisienne de Bobino Forever Young, non sans l'avoir rôdé début octobre au Radiant-Bellevue, à Caluire, qu'il dirige depuis 2012. Forever Young a été créée à Hambourg il y a trois ans et a déjà rencontré un vif succès en Allemagne et en Espagne. La version française qu'il présentera n'aura toutefois, dit-il, "rien à voir avec ce qui a été fait". Ainsi, s'il est question dans les déclinaisons étrangères de six retraités qui, en 2060, se souviennent de leur jeunesse et des tubes qui l'ont rythmée (Bee Gees, Madonna, Daft Punk...), avec ce que cela suppose de gags gériatriques et de démarches branlantes, ici, les comédiens interprèteront des trentenaires projetés dans le futur. Pour mener à bien ce spectacle, Victor Bosch a fait appel à Jean Lacornerie. Le directeur et metteur en scène du Théâtre de la Croix-Rousse, qui a toujours allié théâtre et musique (et s'est récemment

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La saison 2015/2016 de l'Auditorium

ACTUS | L’Orchestre National de Lyon et l’Auditorium viennent de dévoiler une saison 2015/2016 monumentale et foisonnante dont les promesses vont ravir les mélomanes avertis comme ceux qui voudraient faire leurs premiers pas dans le répertoire symphonique. Philippe Yves

Benjamin Mialot | Mercredi 29 avril 2015

La saison 2015/2016 de l'Auditorium

Du côté des monuments symphoniques, Leonard Slatkin dirigera les épiques 5ème (les 12 et 14 novembre) et 9ème (le 12 septembre) Symphonies de Beethoven avant de s'attaquer, plus tard, à Ainsi Parlait Zarathoustra (le 4 février 2016), la plus kubrickienne des œuvres de Richard Strauss. Plus généralement, les pianistes tiendront le haut de l’affiche, en témoignent les invitations aux solistes Hélène Grimaud (les 17 et 19 septembre), Nikolaï Luganski (18 et 19 décembre), Lang Lang (le 11 janvier) ou encore Murray Perahia, qui se produira avec la Londonienne Academy of Saint Martin in the Fields (le 4 juin). Parmi les pépites de la saison, notons les Kindertotenlieder, le chef d’œuvre endeuillé de Mahler, sous la jeune baguette de Lionel Bringuier (19 et 21 mai) ou encore la venue du chef d’orchestre Charles Dutoit à la tête du Royal Philharmonic Orchestra de Londres (le 20 octobre) ainsi que le retour de T

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La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

ACTUS | De New York à Séoul, du conte philosophique à la relecture de ghetto movie, de la rumba au baroque : à la rentrée, la volonté de Dominique Hervieu de présenter la danse sous ses formes les plus variées ne faiblira pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 27 avril 2015

La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

Heureux soient ceux qui ont manqué l'arrivée de Maguy Marin à Ramdam, elle sera à l'honneur du prochain "Archipel" de la Maison de la danse. Succédant à Découflé, elle reprendra son chef-d’œuvre May B et Bit, sa création pour la Biennale 2014 (fin février début mars), ainsi que Singspiele, dernier spectacle co-écrit avec David Mambouch qu'elle présente justement à Ramdam cette semaine (mi-mars, au TNP). La saison 2015/2016 de la Maison de la danse sera marquée par trois autres temps forts. D'abord, un mois (novembre) de festivités autour de New York. Jean Lacornerie et les Percussions Claviers de Lyon y reprendront leur remarquable version de la comédie musicale téléphonique Bells Are Ringing, tandis que le CNDC Angers dansera, notamment, un Event (un patchwork de fragments de chorégraphies) du maître post-moderniste Merce Cunningham. Surtout, on y retrouvera Bill T. Jones le temps d'un pur exercice formel autour du Quatuor de Ravel et de La Jeune fille et la mort de Schubert, et le très en vue Kyle Abr

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Coup d'oeil sur la saison 2015/2016 de l'Opéra de Lyon

ACTUS | Fort d'un solide casting de nouvelles têtes (Wouajdi Mouawad, Dominique Pitoiset, Jeanne Candel...) et d'habitués (Olivier Py, Laurent Pelly, David Marton...) et fidèle à sa volonté de donner à voir à la fois la modernité du répertoire et la vitalité de la création contemporaine, l'Opéra de Lyon placera sa saison 2015/2016 sous le signe de l'humanisme. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 14 mars 2015

Coup d'oeil sur la saison 2015/2016 de l'Opéra de Lyon

La présentation de la saison 2015-2016 de l'Opéra de Lyon a débuté par une confirmation : celle de la nomination de Daniele Rustioni en tant chef permanent. D'ici sa prise de fonction en septembre 2017, le jeune prodige italien de 32 ans dirigera notamment La Juive, fastueuse romance inter-religieuse qui valut à Jacques Fromental Halévy les louanges de Wagner, sur une mise en scène d'Olivier Py. Une production d'autant plus symbolique qu'elle s'inscrira dans le traditionnel festival de l'Opéra (fin mars et début avril 2016), dédié cette fois à l'Humanité, journal emblématique... Ah non. D'après nos notes, il présentera en fait des œuvres disant la nécessité de lutter contre les intégrismes, dont une création mondiale : Benjamin, dernière nuit, un biopic du génie tourmenté Walter Benjamin (en partenariat avec la Biennale Musiques en scène, avec l'écrivain Régis Debray au livret, Bernhard Kontarsky à la direction et John Fulljames à la mise en scène). Un double programme mettant en lumière des compositeurs passés par le ghetto de Terezin –

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Des amants détonnants

SCENES | Grâce à l’Opéra de Lyon, Jean Lacornerie signe la première adaptation en France du compact "Roméo et Juliette" de Boris Blacher. Et tient enfin sa grande mise en scène en tant que directeur du théâtre de la Croix-Rousse. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 3 mars 2015

Des amants détonnants

Les contraintes ont du bon. Bien sûr, la production de l’Opéra de Lyon offre à Jean Lacornerie plus de moyens qu’il n’en a probablement jamais eus, à tout le moins des moyens que le théâtre de la Croix-Rousse seul ne pouvait déployer. Reste qu'une fois cette question financière évacuée, force est de constater que le canevas serré de cette pièce a obligé le metteur en scène à être concis, précis et inventif. Par le passé, depuis son arrivée dans ce théâtre en 2010, Lacornerie avait signé de très enthousiasmantes versions de Mesdames de la halle et, sur un ton plus désinvolte, de la comédie musicale Bells are ringing en novembre 2013. Mais Jean Lacornerie s’était aussi accordé des parenthèses qui, bien que se voulant légères, n’étaient guère un amusement pour le spectateur, comme l’inachevé Broadway melody ou très récemment des

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Am stram GRAME

MUSIQUES | La musique classique s’étire et s’expose sur plusieurs siècles. Nous le savons, mais nous l’oublions. Elle s’étend même si loin que la musique contemporaine (...)

Pascale Clavel | Mardi 6 janvier 2015

Am stram GRAME

La musique classique s’étire et s’expose sur plusieurs siècles. Nous le savons, mais nous l’oublions. Elle s’étend même si loin que la musique contemporaine paraît souvent futuriste en comparaison. Ainsi de celle que, à partir du 22 janvier, donneront à écouter pendant presque 2 mois les Journées GRAME, véritables bouffées d’air du temps qui contrasteront avec les programmations que nous vous commentions en début de saison : l'Opéra et ses "jardins mystérieux", l'Auditorium et son intégrale Brahms, la Croix-Rousse et le Roméo et Juliette 39-45 de Jean Lacornerie... Concerts (comme celui du collectif SR9TW, qui revisite Tom Waits), performances (de Félix Lachaize, qui rendra compte d'un d'un mois de field recordings à Taipei) ou théâtre musical (Chants d'hiver, expédition polaire sur fond de Schubert), tous les moyens y seront bons pour secouer notre cocotier et montrer la vivacité de la création actuelle. On en profitera pour jeter une oreille attentive à la nouvelle création des Percussions Claviers de Lyon de Gérard Lecointe, directeur du Théâtre de la Renaissance – où se tient le gros des Journées GRAME – à l'appétit artistique d'ogr

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Deuxième départ

SCENES | Après un premier tiers de saison assez calme, l’activité théâtrale s’intensifie nettement cette rentrée. Entre stars de la scène locale et internationale, créations maison et découvertes à foison, revue de détails. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 6 janvier 2015

Deuxième départ

Une Biennale de la danse enchaînée avec les vacances de la Toussaint auront bien grévé la dynamique théâtrale de ce début de saison, sauf à la Croix-Rousse qui a, en apnée, aligné Laurent Brethome, Emmanuel Meirieu, David Bobée et Pierre Guillois. Le rythme n'y faiblira pas en 2015 avec notamment les très attendus Elle brûle (mars) du duo féminin Mariette Navarro / Caroline Guiela Nguyen et Discours à la nation (avril), manifeste d'Ascanio Celestini dont s’est emparé David Murgia du Raoul Collectif. Claudia Stavisky se confrontera elle à nouveau à un texte britannique après le très réussi Blackbird, en montant pour la première fois en France En roue libre (j

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Très chers voisins

SCENES | Dans "Bigre", pièce sans paroles qui se fait pourtant bien entendre, un trio de comédiens emmené par l’épatant Olivier Martin-Salvan cherche quelques grammes de bonheur dans une marrée de petites misères. Et c'est hilarant. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 18 novembre 2014

Très chers voisins

En prenant le parti de se passer de texte, Pierre Guillois, également présent sur scène, a dû inventer une autre forme d’échange entre ses trois personnages. Un pari d'autant plus risqué que ce qu’il a à nous dire n’est pas très réjouissant. Voyez ces trois individus, cloitrés dans leurs studios grands comme des mouchoirs de poche. Ils pourraient être des étudiants rongeant leur frein en attendant des jours meilleurs. Mais ce sont des adultes, comme un nombre croissant des locataires des appartements minuscules et branlants dont s'enorgueillit notre belle société. Des adultes anonymes dont les caractéristiques font non seulement de parfaits ressorts comiques pour ce spectacle burlesque, mais expriment également comment l’homme, esseulé, s’est mis à parler aux murs. C’est là que le théâtre reprend ses droits, via un travail méticuleux sur le décor constitué par leurs trois cabanes. L’un des protagonistes loge ainsi dans une piaule high tech et d’un blanc immaculé, ne commandant ses objets que par des artifices (claquement de main, télécommande). Un autre vit dans un capharnaüm digne d’un psychopathe (ou d’un pauvre qui n’aurait pas de placards). La trois

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Gilles Pastor en terrain conquis

SCENES | Sur un plateau de jeu impeccable, le metteur en scène Gilles Pastor transforme ses acteurs (et ses footballeurs !) en figurines animées au service d'un texte complexe et passionnant de Pasolini : "Affabulazione". Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 11 novembre 2014

Gilles Pastor en terrain conquis

Il y a les spectacles qui prennent le temps de se mettre en place et ceux qui, dès leur entame, existent pleinement. Avec Affabulazione, Gilles Pastor a indiscutablement choisi la deuxième option. Sur une musique de clavecin en stéréo, il crée d’emblée une dissonance. Et chacun des comédiens de venir du fond de la salle, puis traverser le plateau, dos aux spectateurs. Et rejoindre les coulisses. Ce mini prologue donne le ton : celui d’un spectacle net, d’une élégance peu commune et déjà délicatement grinçant. Placé sous le haut patronage de Sophocle, avec la voix de Jeanne Moreau pour faire résonner son spectre, Affabulazione raconte dans une langue superbe, quoique complexe, comment un père, riche industriel milanais des années 70, est perturbé par un rêve dans lequel il a pensé tuer son fils. «Comme si dans mon sommeil il avait plu» dit-il. De cet Œdipe inversé allié à une foi soudaine découle une réflexion sur le sens de la paternité et de la jeunesse disparue qui, loin de rester à l'état de théorie insaisissable, s’incarne sur le plateau. Comme dans Théorème, l’équilibre familial s’en trouve chamboulé. Par terre

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Menu: plaisirs, repas léger

SCENES | Après une grosse création la saison dernière, l'enjoué et pimpant Bells are Ringing, Jean Lacornerie s'offre cette année une forme plus légère avec un tour de (...)

Nadja Pobel | Mardi 4 novembre 2014

Menu: plaisirs, repas léger

Après une grosse création la saison dernière, l'enjoué et pimpant Bells are Ringing, Jean Lacornerie s'offre cette année une forme plus légère avec un tour de chant sur le thème du plaisir, invitant pour l'occasion le chanteur lyrique Jean-Paul Fouchécourt, collaborateur régulier des prestigieux Berliner Philarmonikern Boston Symphony Orchestra ou les Musiciens du Louvre. Accompagné au piano par le ténor Jamal Moqadem, actuel directeur artistique du Studio de l'Opéra de Lyon, il livre un concert hétéroclite puisque figurent au générique Offenbach, Rameau, Mozart mais aussi Serge Lama et Charles Trénet. Autant de répertoires entre lesquels Jean Lacornerie tisse un fil rouge grâce à une mise en scène qui instille des éléments de jeu et d'interaction avec le public. Un sac à main emprunté à un spectateur ou un jeu sur les costumes sont ainsi autant de prétextes à triturer la figure du couple, à questionner le mariage et la fidélité et aussi, bien sûr, à soulever la question du genre, tandis que le magicien Thierry Collet apporte à l'ensemble une part de fantaisie avec de

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Dix incontournables pour 2014/2015

SCENES | Outre les spectacles cités dans notre gros plan et les panoramas lisibles par ailleurs, voici une dizaine de spectacles qui attisent notre curiosité ou réveillent de bons souvenirs. Bien plus, en tout cas, que les deux mastodontes avignonnais un peu fades qui passeront par là, au TNP, "Orlando" d'Olivier Py et "Le Prince de Hombourg" de Giorgio Barberio Corsetti.

Nadja Pobel | Mardi 9 septembre 2014

Dix incontournables pour 2014/2015

Phèdre Avec Les Serments indiscrets l’an dernier, Christophe Rauck présentait une version très personnelle, entre suavité et force, de la pièce méconnue de Marivaux. Il s’attaque maintenant au classique de Racine que tous les grands comédiens ont un jour joué dans leur vie, à commencer par Dominique Blanc sous la houlette de Patrice Chéreau. Dans ce casting-ci, on retrouvera la mythique Nada Strancar (dans le rôle de Oenone, nourrice de Phèdre), au milieu d'un décor agrègeant une nouvelle fois les apparats de l’époque Louis XIV à un univers moins propret, aux murs à nu voire lézardés. Rauck se garde de ripoliner les œuvres majeures pour mieux les révéler. Faisons-lui à nouveau confiance. Nadja Pobel Du 8 au 17 octobre aux Célestins  

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Diète à la maison

SCENES | Qu’ont cuisiné les directeurs des grandes salles pour cette saison ? En marge des spectacles qu’ils accueillent, ils mitonnent d'ordinaire leurs plats en arrière-salle mais cette saison, hormis à la Croix-Rousse, c’est régime. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 9 septembre 2014

Diète à la maison

C’est ce qui s’appelle un été pourri : non seulement Météo France a enregistré, sur la période juillet-août, le plus fort cumul de précipitations dans l’Hexagone depuis 1959, mais comme si cela ne suffisait pas, Christian Schiaretti, directeur du TNP, a dû en plus affronter des vents contraires. Pour son retour au festival d’Avignon après des années de disette sous l’ère Archambault-Baudrillier, son didactique quoique passionnant Mai, juin, juillet s’est en effet pris une volée de bois vert de la part de la presse nationale, en même temps que le poste d’administrateur général de la Comédie Française lui échappait. Son dossier ayant mystérieusement disparu entre la rue de Valois et le palais de l’Elysée, il n’a jamais été remis au chef de l’Etat qui a choisi Éric Ruf, aux dépens également du candidat dépêché en dernière minute (Stéphane Braunschweig ) par l’ex-ministre de la culture Aurélie Filippetti. Les camouflets sont une denrée bien partagée. Toujours est-il qu’au TNP, dont il reste directeur au moins jusqu’en 2016, il n’avait de toute façon pas prévu de création en 2014-2015, notamment à cause de la diminution de son budget, amputé de 250 000€ (sur un total

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Bien chaussés

SCENES | Depuis 1996, la Cordonnerie de Samuel Hercule s’illustre dans la confection de spectacles tout public originaux : des ciné-concerts théâtralisés pensés de A à (...)

Aurélien Martinez | Mardi 25 mars 2014

Bien chaussés

Depuis 1996, la Cordonnerie de Samuel Hercule s’illustre dans la confection de spectacles tout public originaux : des ciné-concerts théâtralisés pensés de A à Z, de la réalisation du film à sa transposition musicale sur scène. Un travail qui s’est affiné avec le temps, les dernières propositions (sur Hamlet et Frankenstein par exemple) conservant paradoxalement l'esprit artisanal des débuts tout en faisant montre d'un souci de précision incroyable. Les images sont ainsi tournées en amont, suivant un schéma détaillé. Un prémontage est ensuite établi, qui sert de base pour les répétitions. Là, les musiciens-acteurs précisent la narration et le découpage, jusqu'à un résultat d'une grande habileté, où ce qu’il se passe sur le plateau ne sert jamais de faire-valoir à ce que diffuse l’écran. Ainsi de la narratrice Métilde Weyergans, arrivée tardivement dans l’aventure, qui parvient toujours à capter le regard des spectateurs et à le guider vers ses camarades de jeu, leurs instruments et leurs objets sonores en tout genre. Tout ce petit monde sera au Théatre de Villefranche samedi 29 mars (et jeudi 17 avril à Bron) avec Hänsel et Gretel, la faim de

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Tendre est la nuit

SCENES | The Tender Land est une œuvre millefeuille qui parvient à apporter de la finesse et de la douceur à un sujet tout à fait abrupt et cruel. Nous sommes dans (...)

Nadja Pobel | Dimanche 26 janvier 2014

Tendre est la nuit

The Tender Land est une œuvre millefeuille qui parvient à apporter de la finesse et de la douceur à un sujet tout à fait abrupt et cruel. Nous sommes dans le Midwest américain, dévasté par la crise économique qui sévit dans les années trente. Un couple de paysans ruiné, les Moss, s'est sacrifié pour payer des études à sa fille mais celle-ci, au moment de faire fructifier son apprentissage, préfère suivre deux vagabonds de passage. Tous les espoirs d'une vie meilleure s'effondrent alors. Bien avant d'être un spectacle que Jean Lacornerie a créé en mars 2010 et qu'il reprend aujourd'hui, cet opéra fut écrit en 1954 par Aaron Copland, qui venait alors de découvrir Louons maintenant les grands hommes, livre pour lequell'écrivain américain James Agee et le photographe Walker Evans avaient intégré trois familles de farmers pour mieux dire leur quotidien. Marqué par deux photos – une femme d'une tristesse insondable et une jeune fille légèrement plus enjouée – Copland, associé à son librettiste Erik Johns, en tira deux actes ici restitués à diverses échelles. Il y a bien sûr les acteurs-chanteurs, mais aussi de petites marionnettes qu'ils manipulent (sous la houlette de la spéc

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Crocodile dandy

SCENES | "Le Crocodile trompeur" est une relecture du "Didon et Énée" de Purcell mixant les codes de l’opéra et du théâtre. Une création drôle, inventive et réjouissante défendue par une équipe artistique qui, l’air de rien, insuffle un grand vent d’air frais au vaste monde du spectacle vivant. Rencontre avec la metteur en scène Jeanne Candel. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Benjamin Mialot | Lundi 25 novembre 2013

Crocodile dandy

C’est l’histoire de deux comédiens-metteurs en scène qui décident, un jour, de monter un opéra avec les codes du théâtre. Pourquoi pas le Didon et Énée de Purcell, une tragique histoire d’amour ? Oui, pourquoi pas, en effet... Qu’importe si l’on touche là à une pièce phare d’un domaine  moins enclin que d’autres à valider béatement toutes les excentricités de jeunes bien décidés à asséner un bon coup aux conventions. Sauf que Jeanne Candel, qui a mis en scène ce Didon et Énée avec Samuel Achache, joue d’emblée la carte de l’humilité : «On n’a pas réfléchi comme ça... On s’est plutôt demandé comment retravailler et réécrire ce monument de la mémoire collective. Dans les opéras, je me suis souvent dit que je trouvais la musique et les interprètes sublimes, mais qu’au niveau de ce qui était représenté, la musique était toujours plus puissante que le reste.» D’où l’idée de triturer l’œuvre, de l’amputer de certains de ses membres lyriques, quitte à en rajouter d’autres plus théâtraux. En résulte la proposition Le Crocodile trompeur (le nouveau titre est issu d’une réplique que la reine Didon, blessée d’être quittée, adresse à Énée), que l’

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New York sous cloche

SCENES | En rajeunissant la comédie musicale "Bells Are Ringing", Jean Lacornerie signe un divertissement de grande qualité... mais qui peine tout de même à soutenir la comparaison avec les productions anglo-saxonnes. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 21 novembre 2013

New York sous cloche

Au milieu du plateau trône une façade, posée sur une tournette telle une vitrine de jeu télévisé. Côté face se dévoile le bureau d'une opératrice téléphonique, Ella Peterson, godiche esseulée qui se plait à recueillir sous de fausses identités les confidences des abonnés : un acteur en mal de rôles, un dentiste se rêvant compositeur, un dramaturge peinant à boucler le script qui fera de lui l'idole du tout-Brooklyn... C'est l'appartement de briques de ce dernier qui se découpe côté pile, havre de paresse et de débauche où, au terme de quelques quiproquos - courtoisies également d'un flic suspectant Susanswerphone, la compagnie employant Ella, d'être une maison close, et d'un mafieux travesti en mélomane cherchant à y installer une opération de paris clandestins -, batifoleront ces deux tourtereaux au bout du rouleau (et du fil).  Mais c'est à cour et à jardin que se joue la réussite de l'adaptation signée Jean Lacornerie de Bells Are Ringing (ou Amélie Poulain chez les bookmakers)

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Les moments forts de la saison théâtre 2013/2014

SCENES | Sélection réalisée par Nadja Pobel, Benjamin Mialot et Aurélien Martinez

Benjamin Mialot | Mardi 10 septembre 2013

Les moments forts de la saison théâtre 2013/2014

Regards Née avec une malformation au visage, Séverine Fontaine a dû composer avec pendant toute son enfance. La jeune femme devenue comédienne a décidé de se nourrir de cette expérience pour livrer ce solo présenté comme «un manifeste pour la différence». Dans une scénographie convoquant une série de lampes, elle joue habilement avec le regard du spectateur. Un spectacle sincère et fort.Au Centre Albert Camus, Bron, du 1er au 4 octobre Le Président C’est grinçant et marquant comme… du Thomas Bernhard. Michel Raskine a su adapter cet immense dramaturge autrichien avec le

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Livraison à domicile

SCENES | Les prochaines créations des directeurs-artistes des grandes maisons. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 6 septembre 2013

Livraison à domicile

TNP Christian Schiaretti monte Le Roi Lear de Shakespeare (du 10 janvier au 15 février) à la demande de (et avec) l’acteur rocailleux et monumental Serge Merlin. Le comédien avait déjà interprété ce rôle sous la direction de Matthias Langhoff avec une grosse machinerie dont il souhaite se débarrasser ici. Ca tombe bien, Schiaretti n’a pas son pareil pour mettre en avant le texte, ici traduit par Yves Bonnefoy. Célestins Déjà joué 44 fois cet été dans la cour du château de Madame de Sévigné à Grignan, Chatte sur un toit brûlant, mis en scène par Claudia Stavisky, ouvrira durant un mois (du 19 septembre au 20 octobre) la saison des Célestins. Théâtre de la Croix-Rousse Bells are ringing, c’est la création dont Jean Lacornerie rêve depuis longtemps. Triomphe à Broadway dès sa création en 1956 avant d’être porté à l’écran par Vincente Minelli, ce spectacle n’a jamais encore été joué en France. Ce

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L’amour fou

SCENES | Deux heures trente qui passent comme une lettre à la poste : le "Cyrano de Bergerac" mis en scène par Dominique Pitoiset et interprété par Philippe Torreton est une réussite éclatante, qui redonne ses lettres de noblesse au théâtre de répertoire. Aurélien Martinez

Benjamin Mialot | Jeudi 16 mai 2013

L’amour fou

Les plupart des grands textes, dont on nous assure à longueur de plaquette qu’ils sont toujours d’actualité (façon de justifier des choix souvent guidés par de simples soucis de remplissage – oui, Molière, Shakespeare & co déplacent encore les foules), sont de véritables machines à jouer. Les prendre tel quel aujourd’hui est une excellente manière de les transmettre au public. Le metteur en scène Dominique Pitoiset livre ainsi un Cyrano de Bergerac savoureux car défendu par des comédiens investis, avec au centre un Philippe Torreton royal et magistral. Refusant le grandiloquent auquel certains interprètes de Cyrano nous ont habitué (dont l’inoubliable Depardieu dans le film de Jean-Paul Rappeneau), il donne à son personnage, ce grand amoureux qui se sacrifiera justement par amour, une humanité touchante, tout en accentuant avec panache son côté cabotin lettré. Une performance captivante. Balcon 2.0 Car il y a dans ce spectacle une véritable envie d’attraper le public pour l’emmener dans les arcanes du très savoureux texte d’Ed

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Images et sons de cloche

SCENES | Durant le week-end de Pâques, les Subsistances ressuscitent la création avec une dizaine de spectacles en tous genres et accessibles à petits prix. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 22 mars 2013

Images et sons de cloche

Inoxydable laboratoire du spectacle vivant, Les Subsistances poursuivent leurs week-ends de petits ou grands spectacles, avec une ribambelle d’artistes de tous poils à découvrir. Il n’y a dans la programmation de Ca cloche que deux exceptions à l’inconnu : le metteur en scène et directeur du Théâtre de la Croix-Rousse Jean Lacornerie, et le musicien et comédien Denis Mariotte, compagnon de route et de création de la chorégraphe Maguy Marin. Mais ces deux-là se lancent aux Subsistances dans de bien étranges aventures artistiques. Jean Lacornerie monte ainsi deux créations autour de la musique du compositeur américain Ben Johnson, proche de John Cage et défenseur de la musique dite microtonale dans la lignée d’Harry Partch (attention, ça fait un peu mal aux oreilles au début). L’un des deux spectacles portera sur les lettres de Calamity Jane à sa fille, confiée à une famille d’accueil (on le comprend !) en Angleterre. «Ben Johnston invente un phrasé musical au plus près de la langue parlée, au plus près du souffle de la mère qui se confie. Le lyrisme surgit quand vient la révolte, les aigus claquent quand vient

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Table rase

SCENES | En prenant au pied de la lettre l’ouvrage de Lénine "Was tun ?" ("Que faire ?"), l’écrivain Jean-Charles Massera et son acolyte et co-auteur, le metteur en scène Benoît Lambert, livrent un spectacle tonique auscultant dans un même élan le poids de l’histoire et l’amour d’un couple de sexagénaires. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 17 janvier 2013

Table rase

Alors qu’il répare en silence son vieux réveil et qu’elle range placidement ses courses, ils décident subitement de faire le tri dans leur bibliothèque. À peine commencé, le spectacle, extrêmement concret avec son décor brut et rassurant, se décale scénographiquement - du coin à jardin où est aménagée la cuisine, le plateau s’ouvre sur sa longueur et est investi par une charrette de vieux ouvrages bientôt répartis partout au sol - et via la gestuelle des personnages - des mouvements quotidiens, on passe à des amorces de pas de danse maladroits et touchants. Ce pas de côté est un palier pour entrer dans le vif du sujet : jeter ou garder des livres, les balancer aux orties ou sanctifier des périodes historiques ? Les ouvrages sur la Révolution Française ? Il faut bien sûr les conserver car ils relatent la fin des privilèges. A moins qu'il ne faille s'en débarasser, car ils disent aussi la création de La Marseillaise et la Terreur. Et que faire du Capital ? Le réserver car il a influencé positivement des milliers d'hommes ou le mépriser car la révolution russe qu'il a inspiré fut meurtrière ? Rouge tendre Que faire ?

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Tout le théâtre qu’il aime

SCENES | Adepte du théâtre musical, dont il fait la ligne claire du Théâtre de la Croix-Rousse depuis son arrivée à sa tête en 2010, Jean Lacornerie réadapte et prolonge (...)

Nadja Pobel | Vendredi 14 décembre 2012

Tout le théâtre qu’il aime

Adepte du théâtre musical, dont il fait la ligne claire du Théâtre de la Croix-Rousse depuis son arrivée à sa tête en 2010, Jean Lacornerie réadapte et prolonge pour les fêtes de fin d’année Applause, créé précédemment à la Renaissance d’Oullins. En piochant dans les comédies musicales américaines, il reprend à son compte leur discours de célébration des métiers du spectacle. Et notamment celui de comédien, à la vie beaucoup moins glamour et pailletée en coulisse que sur scène. Les metteurs en scène «intellos»,  les critiques et globalement l’hypocrisie du milieu, se font joyeusement dégommer par une équipe de chanteurs fidèles au metteur en scène, à l'image de Laurence Pelly, Sophie Lenoir ou Jacques Verzier. Mais cet hommage, pourtant indubitablement tendre et sincère, aux gens de théâtre dits «bizarres» ne parvient pas à masquer une approximation de jeu, un manque de coordination au plateau et surtout le fait que l'ensemble se résume à un mille-feuilles, une succession de scènes sans cohérence évidente oscillant entre le grotesque assumé mais pénible (voir la reprise de Shakespeare avec souffleuse improvisée) et le tour de chant maît

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Apportez-nous du théâtre !

SCENES | «Vous souvenez-vous du temps qu’il faisait [quand vous l’avez rencontrez] ? - Il faisait beau». Tout ne serait donc question que de météo dans les (...)

Nadja Pobel | Vendredi 6 janvier 2012

Apportez-nous du théâtre !

«Vous souvenez-vous du temps qu’il faisait [quand vous l’avez rencontrez] ? - Il faisait beau». Tout ne serait donc question que de météo dans les sentiments comme nous le disent en ce moment et à leur manière (brillante) Jeff Nichols dans Take shelter et Anne Wiazemsky dans Une année studieuse (sa rencontre infiniment lumineuse avec Jean-Luc Godard). Gilles Pastor, dont nous avions beaucoup aimé récemment le travail sur les échanges entre Duras et Mitterrand (Marguerite et François), revient avec une création aux Subsistances (du 10 au 14 janvier) et ce drôle de titre : Odette, apportez-moi mes morts ! Il y est question d’amour via le monologue de quatre veuves interprétées par le grand comédien Jean-Philippe Salério. Gilles Pastor dit que ces textes sont autobiographiques, l’un des époux disparus dont il est question est son père. Il y a donc sa mère mais aussi ses tantes. Outre leurs voix et leurs mots, il restitue leurs visages à travers la vidéo qu’il utilise régulièrement dans ses spectacle

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Red Cross story

MUSIQUES | Au Théâtre de la Croix-Rousse, le tout frais directeur Jean Lacornerie met en scène West Side Story, LA comédie musicale entre toutes, dans une version concert. Il explique ici son goût pour le genre, et le choix de cette approche. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 8 décembre 2011

Red Cross story

Quel est ce lien puissant qui vous unit à la Comédie Musicale depuis si longtemps ?JeanLacornerie : Plus je mets en scène des comédies musicales, plus j’ai envie d’en faire. Comme beaucoup de monde, j’en ai vu au cinéma. Puis j’ai eu l’occasion de mettre en scène une œuvre de Kagel en Caroline du sud, j’ai passé quelques jours à New-York et je suis allé voir des comédies musicales au théâtre. Là, j’ai trouvé une forme musicale qui m’intéressait énormément. La comédie musicale, c’est d’abord du théâtre. J’ai monté un Bernstein puis, de fil en aiguille, j’ai pu voir à quel point ce répertoire était riche. Je pense que le public français aime la comédie musicale mais n’en connaît qu’une petite partie. Dans ce répertoire il y a une énergie, l’expression d’une joie de vivre qui est très agréable. Pourquoi donner West Side Story en version concert, dans une conception presque intime ?C’est une version concert améliorée. Nous ne faisons que la partie musicale pour 5 percussionnistes, 1 pianiste et 4 chanteurs. Nous avons fait abstraction des dialogues. Lorsque Gérard Lecointe, membre fondateur des Percussions Claviers, a fo

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La carte et le territoire

SCENES | Que font un écrivain français (Duras) et un Président de la République française (Mitterrand) quand ils se rencontrent ? Ils parlent de leur pays, de ses reliefs, de son histoire. Ils nous parlent de nous. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 27 octobre 2011

La carte et le territoire

François Mitterrand l’a toujours dit : il aime la France «physiquement». Il en connait les campagnes (la Charente, l’église d’Aulnay) et les villes (Paris, où il aime toujours revenir). Dans les entretiens de 1986, dont est tiré le spectacle, il réaffirme son attrait pour la géographie : «ce sont les cartes coloriées de mon enfance qui ont déterminé ma vision du monde» confie-t-il. Lui qui fut ministre de la France d’Outre-Mer, «c'est-à-dire, en fait, ministre de l’Afrique», évoque les couleurs ocre-jaune de l’Égypte et les odeurs de la forêt des Landes dont il ne peut se passer. On découvre aussi le Mitterrand humaniste ne craignant pas les vagues d’immigration que Duras aborde pragmatiquement. Et il rappelle cette réalité : la France est un pays de droite qui parfois (quatre fois en 200 ans) se prend de passion pour la gauche. Il ne faut donc pas chercher dans ce spectacle de polémique sur la vie du Président. L'affaire Bousquet, celle du sang contaminé, de l’Oratoire ou encore sa francisque n’étaient d’ailleurs pas toutes sorties de terre. Outre la géographie du monde, Mitterrand et Duras remuent leur histoire commune et leur amitié née pendant l’Oc

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Ciel, mon théâtre !

SCENES | Changements de direction à la tête des théâtres, nouvelles infrastructures, orientations artistiques différentes pour les lieux existants… Ces bouleversements vont-ils modifier en profondeur le paysage théâtral lyonnais ? Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 5 septembre 2011

Ciel, mon théâtre !

Rarement les institutions culturelles lyonnaises, et notamment les théâtres, auront connu de tels bouleversements. Dans un milieu dans lequel les directeurs ont la réputation (et souvent l’habitude) de rester en fonction autant que faire ce peut, parfois bien au-delà du raisonnable, on a assisté la saison dernière à des changements profonds. À l’échelle locale, le plus médiatique fut sans doute celui occasionné, en juillet 2010, par le décès de Philippe Faure, directeur du Théâtre de la Croix-Rousse depuis 1994 et dont la succession a été le révélateur d’un malaise profond chez les metteurs en scène de la région. Dans les semaines qui ont suivi l’annonce de la disparition de Philippe Faure, dix-sept candidats ont fait connaître leur volonté de prendre la direction du lieu. Une grande partie d’entre eux était composée de metteurs en scène à la recherche d’un lieu dans lequel établir leur compagnie, un lieu dans lequel créer leurs spectacles et, finalement, un moyen de sortir d’une forme de précarité. Et le tollé provoqué par la décision de la Ville de Lyon (propriétaire du théâtre) de ne pas lancer d’appel à candidatures pour le recrutement d’un nouveau directeur ne dit pas autre ch

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Grands méchants loups

SCENES | Théâtre / Un samedi soir sur un campus universitaire, dans l’appartement d’un professeur d’histoire, George, et de sa femme, Martha. Comme tous les (...)

Dorotée Aznar | Lundi 24 janvier 2011

Grands méchants loups

Théâtre / Un samedi soir sur un campus universitaire, dans l’appartement d’un professeur d’histoire, George, et de sa femme, Martha. Comme tous les samedis, George et Martha sont allés dîner chez le père de Martha, président de l’université. Ils rentrent tard, ivres. Mais ce samedi-là, une surprise attend George : Martha a invité leurs nouveaux voisins, un jeune et séduisant professeur de biologie et sa frêle épouse. Pour adapter la pièce à succès d'Edward Albee, le metteur en scène Dominique Pitoiset s’appuie tout d’abord sur une nouvelle traduction de Daniel Loayza. Mais il s’appuie surtout sur une distribution remarquable, capable de nous embarquer dans un jeu de massacre dont les règles changent constamment. George et Martha cherchent-ils des témoins à qui infliger le récit de leur amour déclinant ou sont-ils des loups complices dans leur recherche de chair fraîche ? Les comédiens choisis par Pitoiset (qui interprète également George) livrent toutes les facettes et toutes les nuances des personnages de la pièce, inversent les rapports de force et maintiennent une tension permanente, tout en restituant l’humour (souvent très noir) des situations. La performance des comédiens et

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«Faire entrer le théâtre musical à la Croix-Rousse»

SCENES | Entretien / Jean Lacornerie, nouveau directeur du Théâtre de la Croix-Rousse. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 13 décembre 2010

«Faire entrer le théâtre musical à la Croix-Rousse»

Petit Bulletin : Vous êtes-vous porté candidat pour la direction de ce théâtre ?Jean Lacornerie : Oui, c’était une volonté de ma part de quitter le Théâtre de la Renaissance. J’ai eu l’occasion de parler de cette volonté avec la Ville et j’ai donc décidé de présenter un projet pour prendre la direction du Théâtre de la Croix-Rousse. Quelles sont les grandes lignes de ce projet ?Il s’agit de faire entrer le théâtre musical à la Croix-Rousse. C’est l’objet de mon travail de metteur en scène et je veux en faire l’un des axes forts de ce théâtre. Je veux également inscrire ce théâtre dans la ville et travailler avec les habitants. Je crois beaucoup en des spectacles qui font participer les gens. Il faut construire ensemble sur un plateau et réussir à fabriquer un projet artistique et pas seulement sympathique. Quelle sera désormais la place du théâtre dramatique dans ce lieu ?Un volet consacré au théâtre dramatique est absolument nécessaire. Je souhaite présenter des artistes régionaux à la Croix-Rousse même si, en raison de la taille du plateau, il ne s’agira pas d’artistes débutants mais plutôt d’une sorte de «deuxième émergence», des jeunes

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