La marionnette sur tous les fronts

Marionnettes | À Gadagne, au TNG, au Théâtre de Guignol, la marionnette est partout à Lyon. Revue de détail avec des projets aboutis ou en cours.

Nadja Pobel | Mardi 14 mars 2017

Photo : © DR


Depuis que la compagnie des Zonzons avait annoncé son départ du théâtre de Guignol, faute de proposition suffisamment solide de leur point de vue en provenance de la mairie, le devenir de cette salle était en suspens. Et surtout Georges Képénékian, 1er adjoint du maire de Lyon, en charge de la culture, se devait de faire contre-feu. C'est fait depuis ce mardi 14 mars où il a souhaité donner « un second souffle » à la marionnette.

Rien de bien nouveau in fine sinon la réaffirmation que le TNG (qui présente beaucoup de spectacles avec des marionnettes "modernes") et le musée Gadagne allaient travailler en bonne intelligence, sans moyens supplémentaires dédiés.

Ainsi, le musée Gadagne soigne ses collections. Outre le fait qu'il expose l'histoire de la ville de Lyon, il accueille ce qui fut de 1950 jusqu'aux travaux de 1999-2009 le Musée international de la marionnette, devenu le Musée des marionnettes du monde il y a huit ans et qui, dès le 7 avril, sera le Musée des arts de la marionnettes.

Ce changement d'appellation n'est pas anodin. À l'occasion de la réouverture de trois salles (les six autres verront un nouveau jour en avril 2019), il est question pour Xavier de la Selle, le directeur, d'évoquer le spectacle « car ce musée détient, outre les personnages, des pièces de décor, de répertoire. Le sujet n'est pas juste une collection d'objets, mais nous nous intéressons au spectacle vivant même si c'est contradictoire avec la notion même de musée. »

Ces trois premières salles seront un moyen de découvrir ce qu'est la marionnette, comment elle prend vie.

Ce volet-ci est assuré par le TNG depuis fort longtemps avec la présence tout au long de la saison d'artistes aussi essentiels que Phia Ménard (et son travail sur le vent notamment, où les marionnettes ne sont faites que de sacs plastiques : L'Après-midi d'un foehn et Vortex). Émilie Flacher et sa très douce Clairière ou Johanny Bert sont aussi à l'affiche cette saison, avant la venue de l'autre directeur d'un CDN jeune public en France (entièrement consacré au théâtre d'objets), Renaud Herbin, de Strasbourg, avec Wax très prochainement.

Joris Mathieu, à la tête du TNG et Xavier de la Selle ont annoncé de concert la possible désignation d'une compagnie de marionnettes qui travaillerait avec leurs deux lieux. Mais aucune date, aucun nom, aucun budget n'a été avancé.

Si le message global – Lyon n'abandonne pas la marionnette, que ce soit Guignol ou d'autres – est bien passé, c'est pour l'instant à la compagnie MA menée par Emma Utgès (ancien membre des Zonzons) de faire vivre avec irrévérence la figure des gones. En effet, depuis février elle propose avec ses acolytes une programmation de spectacles qui devrait s'étaler tout au long de l'année ; et deux soirées pré-électorales, les Parsidentielles, les 22 avril et 6 mai. Pour gérer ce théâtre dans des locaux enfin réhabilités au cœur du palais de Bondy, un appel à projets sera lancé dans quelques mois, auquel les membres de MA pourront bien sûr répondre.

Parce que Lyon a inventé Guignol et en a fait un élément de son offre touristique et parce que le ministère de la Culture a annoncé début février la création d'un label national de la marionnette, celle-ci a encore de beaux jours devant elle et c'est heureux. Reste à concrétiser, préciser et stabiliser toutes ces démarches.

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Remonter le temps

Histoire | Nouvelle entrée, nouveau cheminement, le Musée d’Histoire de la Ville à Gadagne vient de rouvrir le premier quart de son parcours rénové pour raconter le Lyon d’aujourd’hui à l’aune de son passé, à des visiteurs en perpétuelle mutation.

Nadja Pobel | Mardi 7 janvier 2020

Remonter le temps

Entrer par l’intérieur-même de la cour de ce palais de la Renaissance. Ce n’est pas une mince nouveauté. Avant de découvrir ce qui se trame dans cette nouvelle proposition, Xavier de La Selle, directeur des Musées Gadagne, le rappelle : « chacun a son idée sur Lyon, on traverse la ville pour venir ici et on va y retourner » et prolonger l’immersion dans le patrimoine. En entame de la visite, un "mur des clichés" avec une dizaine d’objets typiques (amenés à changer) racontés oralement de façon assez humoristique par l’excellent écrivain du cru François Beaune qui dit ce que sont le Pot lyonnais, le saucisson, les lumignons, Guignol… avant que ne se dévoile une vidéo de la Ville qui n’attirera que les touristes tant elle est banale. Mais c’est la suite qui, malgré son apparente maigreur, est en fait dense. Exit les grandes fresques emplies d’illustrations et de résultantes des fouilles archéologiques. Dans un context

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La R&D du TNG

Théâtre | Depuis 2015, Joris Mathieu est aux commandes du seul Centre Dramatique National de Lyon, le Théâtre Nouvelle Génération. Lieu qui n’a cessé de se chercher une identité et semble trouver ses marques en ayant l’audace de montrer des pièces naissantes.

Nadja Pobel | Mardi 17 septembre 2019

La R&D du TNG

Théâtre des Jeunes Années et désormais Théâtre Nouvelle Génération, rebaptisé par Nino D'Introna, resté dix ans durant à la tête de ce CDN (de 2004 à 2014), ce lieu est depuis 2015 entre les mains de Joris Mathieu. Le metteur en scène est arrivé avec sa compagnie Haut et Court et l’envie « d'imaginer demain ». Ce qui s'est traduit par le festival Nos Futurs (désormais annuel sous forme de fil rouge, entre décembre et février) et se décline tout au long de saisons qui ont parfois été nébuleuses, à l'instar des propres créations du directeur (sans le repère du vocable, dans des univers visuels sans grande lumière) : la programmation nous a parfois laissés dans le brouillard. Le constat ne peut s'arrêter là. I

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Marionnettes à portée de main à Gadagne

Musée | Trois salles étaient ouvertes depuis avril 2017, voici désormais la totalité du Musée des Arts de la Marionnette accessible à Gadagne. Moins historique. Plus interactif.

Nadja Pobel | Mardi 27 novembre 2018

Marionnettes à portée de main à Gadagne

« Bonjour les fenottes, bonjour les gones ! » Enserré dans une cage de verre qui laisse apparaître la beauté du bâtiment Renaissance de Gadagne, Guignol salue le visiteur. Fil rouge bien plus que personnage central de ce Musée des Arts de la Marionnette entièrement repensé qui prend place dans celui des marionnettes du monde, il raconte lui-même son histoire : « me rev'là !, nous dit-il plus loin, quoi qui faut dire ? Ah oui, mon succès...». Rédigés par la compagnie M.A. à la tête du théâtre encastré dans le palais Bondy, ces cartels s'insèrent avec fluidité dans un parcours ambitieux qui vise à montrer que la marionnette est un art vivant reposant entièrement sur le mouvement. Gageure alors que de l'exposer ? Le musée Gadagne a su déjouer cette équation délicate. Déjà, dans les salles d'introduction ouvertes depuis un an et demi, la place était donnée à ceux qui travaillent ces figurines : où il est montré par vidéo comment elles s'animent sans jamais laisser à penser que cela est facile

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Au Guignol de Lyon, des marionnettes en prise avec le réel

Marionnettes | Hasard du calendrier : alors que rouvre le Musée des Arts de la Marionnette à Gadagne, la compagnie M.A., présente dans l'exposition, livre Krach, une création sans Guignol mais aussi féroce que le célèbre Lyonnais pour raviver la lutte des classes.

Nadja Pobel | Mardi 27 novembre 2018

Au Guignol de Lyon, des marionnettes en prise avec le réel

« Vous êtes prêtes ? » Ainsi s'adresse le metteur en scène Nicolas Ramond à son équipe en cette matinée de répétitions, à J-8 de la première. Parmi eux : trois hommes et une femme. Son choix de féminiser ainsi la langue phallocrate française indique clairement le ton de ce spectacle politique. Le contestataire Guignol est remisé au placard le temps que ses contemporains prennent sa relève. Un couple de pauvres va croiser des riches. Les seconds vont commencer par se demander comment nommer les premiers, sans vraiment trouver. Simon Grangeat, auteur prolixe de théâtre engagé ne surfe pas sur une dichotomie qui verrait s'opposer les bons et les méchants. L'objet transitionnel qu'est la marionnette autorise de toute façon « une grande liberté et même cruauté » selon Nicolas Ramond. « Les pauvres sont aussi bêtes que les nantis dans cette pièce car, avec la monnaie glanée dans la rue, ils vont s'acheter un ticket de "gratto-gratte" et ne pas le jouer car il serait potentiellement gagnant ; ils préfèrent le faire spéculer » raconte Emma Utgès, comédienne et marionnettiste qui, ave

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Joris Mathieu pour redynamiser les Ateliers

Entretien | En 2015, Joris Mathieu prenait la tête d'un Théâtre des Ateliers moribond ; rapidement après, il obtenait la direction du Théâtre Nouvelle Génération à Vaise et rattachait le premier au deuxième, en en faisant une seule et même entité. Alors que les tutelles lui ont accordé un second mandat qui le mènera jusqu'à fin 2021, il nous explique ses ambitions pour cette (double) salle.

Nadja Pobel | Lundi 30 avril 2018

Joris Mathieu pour redynamiser les Ateliers

Quelle place spécifique avaient les Ateliers dans votre projet de CDN ? Joris Mathieu : Depuis le départ, il y a l'idée de ce qu'on va lancer de manière beaucoup plus franche dès janvier : un vivier, l'association avec des artistes que l'on peut qualifier d’émergents, même si je n'aime pas trop ce terme, associés sur des phases longues avec des temps de recherche en amont suivi d’accompagnement en soutien aux productions. La logique du projet est de se dire qu'on a la chance de vivre dans une métropole culturelle très dense et qu'il faut soutenir de façon plus constructive les équipes artistiques, locales et nationales : nous sommes un Centre Dramatique National. Ce vivier existait déjà avec Catherine Hargreaves... Oui, mais c'était une première expérimentation en accompagnant une artiste pour qu'elle puisse développer son travail en lui donnant de la visibilité. On poursuivra ce processus en mettant en place deux choses : accompagner non pas un seul artiste, mais a priori quat

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Le Théâtre Guignol de Lyon confié pour trois ans à la compagnie M.A.

Théâtre Guignol de Lyon | Amorcé depuis l'an dernier avec la réouverture d'une partie du Musée des Arts de la Marionnette à Gadagne, un "réseau" dédié à cet objet bien vivant se met en place à Lyon. La compagnie M.A. vient d'être mandatée pour diriger durant trois ans le Théâtre de Guignol. Et il y a fort à parier que c'est par le prisme de ce patrimoine que la subversion est la plus prégnante.

Nadja Pobel | Mercredi 17 janvier 2018

Le Théâtre Guignol de Lyon confié pour trois ans à la compagnie M.A.

Guignol, Gnafron et le bâton. Si ce triptyque est à la base de l'enfance de tout gone depuis deux siècles, il n'est pas enfermé dans la naphtaline. En confiant, après la réception de neuf candidatures, la gestion du Théâtre de Guignol de Lyon à la compagnie M.A., Loïc Graber, adjoint à la culture de Képénékian, dit à la fois vouloir « respecter le patrimoine et la tradition lyonnaise » et ouvrir la marionnette « à la création contemporaine et l'expérimentation de nouvelles formes ». Ainsi, dans un palais de Bondy fraîchement rénové, c'est la troupe qui a assuré l'intérim avec la compagnie des Zonzons qui s'installe durant trois années. Emma Utgès, à la tête de cette aventure collective, est venue à cet art en 2003 en rencontrant précisément les Zonzons et a acquis depuis des formations à la technique et à l'esprit de Guig

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La Compagnie M.A., nouvelle tête de Guignol

Marionnette | C'était un secret de polichinelle officialisé par la Ville de Lyon en ce début d'année : la compagnie M.A. reprend la gestion du Théâtre de Guignol de (...)

Nadja Pobel | Mardi 9 janvier 2018

La Compagnie M.A., nouvelle tête de Guignol

C'était un secret de polichinelle officialisé par la Ville de Lyon en ce début d'année : la compagnie M.A. reprend la gestion du Théâtre de Guignol de Lyon qui vient de réintégrer son emplacement dans un palais de Bondy rénové. À sa tête : Emma Utgès, comédienne, acolyte d'Emmanuel Meirieu dans les années 2000 et tournée vers la marionnette depuis 2003. Membre de l'ancienne troupe directrice, les Zonzons, elle s'installe dans ses nouvelles fonctions et appartiendra à un "réseau marionnette" avec le TNG et les musées Gadagne qui depuis avril dernier ont réouvert partiellement et transformé l'espace dédié à cet art dans la partie "Musée des arts de la marionnette".

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Gadagne, incarné

Un musée repensé | Il avait fait peau neuve en 2009, essuyant même un incendie qui avait retardé l'ouverture. Puis, vitrine de Lyon parmi d'autres, ce double musée (des (...)

Nadja Pobel | Mardi 28 novembre 2017

Gadagne, incarné

Il avait fait peau neuve en 2009, essuyant même un incendie qui avait retardé l'ouverture. Puis, vitrine de Lyon parmi d'autres, ce double musée (des marionnettes et d'Histoire de la ville) a vécu quelques années d’événements tous azimuts (dont une très belle exposition dédiée à la gastronomie) sous l'ère de sa directrice précédente. Depuis l'arrivée de Xavier de la Selle en 2015, ce musée emprunte une nouvelle voie avec des moyens certes réduits, une mutualisation un peu forcée par sa tutelle (avec le musée Malartre de l'automobile de Rochetaillé puis celui de l'Imprimerie et de la Communication Graphique) mais une ligne claire : être un « musée de ville », et non un musée d'Histoire de la ville comme on l'entend classiquement. Nulle envie de jeter par-dessus bord les travaux scientifiques des historiens. Mais un refus que les particularismes locaux ne soient montrés qu'au travers des pièces de collectionneurs, qui « reflètent le goût des élites » et non pas la vie de tous selon Xavier de la Selle. Il s'agit désormais de montrer au musée les enjeux contemporains et à venir d'une cité et de prendre en compte ses habitants. C

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Musée des marionnettes : Manipulations à vue

Marionnettes | À Gadagne, réouverture du début du parcours du musée des marionnettes, qui fait de ces pantins un art résolument vivant et contemporain.

Nadja Pobel | Mardi 11 avril 2017

Musée des marionnettes : Manipulations à vue

Et après tout, pourquoi pas ? Cesser un temps (pour des raisons de restrictions budgétaires certainement) le rythme effréné des expositions temporaires, de la course au nombre record de visiteurs. Revenir aux fondamentaux, loin de l'événementiel. Le musée Gadagne ouvre en ce début avril trois de ses six salles consacrées à la marionnette. Depuis 1950, outre sa fonction d'être un lieu d'Histoire de la ville, ce somptueux bâtiment Renaissance héberge plus de 2000 marionnettes, costumes, décors.... Musée international de la marionnette, musée des marionnettes du monde, c'est désormais un musée des arts de la marionnette. Derrière ce changement de nom, il y a une idée claire : la marionnette vit. Et tant pis pour le paradoxe qui consiste à l'enfermer dans un musée. Elle sort désormais des cages de verre qui l’enserrent encore jusqu'en avril 2019 dans les autres parties de cette déambulation. Ce cœur qui bat Deux petits couloirs et trois salles exiguës plongées dans un bleu Klein marquent le changement radical d'approche : la mar

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Beaucoup de promesses sur les scènes

Théâtre & danse | Quelques grands noms du panthéon théâtral et de nombreux trentenaires au talent cru : voilà de quoi remplir la deuxième moitié de saison qui, espérons-le, sera plus nourrissante que la première.

Nadja Pobel | Mardi 3 janvier 2017

Beaucoup de promesses sur les scènes

Étrange début de saison où les seules vraies émotions ont émané du solo de Vincent Dedienne, de deux des trois Fugues par le Ballet de l'Opéra, de la petite forme Udo de La Cordonnerie, du best of des Subs ou de La Cuisine d'Elvis à la Comédie de Saint-Étienne ; justement, son directeur Arnaud Meunier viendra bientôt avec son spectacle pour enfants Truckstop au TNG puis Je crois en un seul Dieu aux Célestins, où il retrouvera Stefano Massini après Chapitres de la chute. La Meute est de retour L'attaque en trombe de 2017, confiée à La Meute, devrait faire mentir cet automne morose : avec La Famille royale dès le 4 janvier au Toboggan (dont la directrice Sandrine Mini est poussée vers la sortie par sa municipalité) déjà, et dans la foulée aux Célestins qui ont l'intelligence de leur faire de nouveau confiance. Après Belgrade, la jeune troupe adapte le roman sulfureux et vigoureusement

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Suivez le conteur

KIDS | En cette fin d'année, le Musée Gadagne a réalisé trois visites contées vraiment magiques pour les petits à partir de 3 ans. Et ceci en écho avec ses collections. (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 23 novembre 2016

Suivez le conteur

En cette fin d'année, le Musée Gadagne a réalisé trois visites contées vraiment magiques pour les petits à partir de 3 ans. Et ceci en écho avec ses collections. Bama et l'antilope cheval, Le fabuleux destin du prince Râma et Kasparek et le mystère des souliers usés sont trois histoires hyper attachantes qui amèneront les mouflets à écouter sagement pour ensuite déambuler dans les couloirs du musée. Parents, soyez sur le coup : les places partent très vite. Réservations via www.gadagne.musees.lyon.fr

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Guignol et les Zonzons : l'âge de l'émancipation

Théâtre de Guignol | Après 18 ans de bons et loyaux services, la compagnie des Zonzons quitte la direction du Théâtre de Guignol, faute de réponse claire de la mairie quant à son avenir, mais avec des souvenirs et des projets plein les poches.

Nadja Pobel | Mardi 22 novembre 2016

Guignol et les Zonzons : l'âge de l'émancipation

Elle a bon dos la petite marionnette de bois : adulée quand il faut en vendre à la pelle dans les boutiques touristiques, oubliée quand il s'agit de perpétuer son destin derrière un castelet, Gérard Collomb lui-même y étant allergique – élu maire, il fit supprimer les panneaux aux entrées de la ville mentionnant Guignol. Si différents lieux de Lyon en débitent des spectacles au kilomètre, c'est bien le Guignol de Lyon, rue Louis Carrand dans le 5e, qui délivrait son essence même : caustique et fondamentalement ironique, amusant les enfants comme les parents avec différents niveaux de compréhension. Ce travail a été mené à bien par la compagnie des Zonzons depuis 1998, quand elle a été appelée par Denis Trouxe, alors adjoint à la culture de Raymond Barre, pour succéder à Christian Capezzone qui venait de créer un trou d'un million de francs dans le budget. Autre temps ; autres mœurs. "C'est encore très actuel : c'est l'histoire d'un mec qui n'a plus de boulot." Cette équipe venue du théâtre (scénographe, comédien...) s'empare alors de ce mythe lo

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Une année au musée : permanence culture

Musées patrimoniaux | Poison, alimentation, imprimerie, typographie, études de quartier : les musées dits "patrimoniaux" et les bibliothèques se mettent en quatre pour agrandir le champs de vos connaissances. La preuve par six.

Nadja Pobel | Mardi 13 septembre 2016

Une année au musée : permanence culture

Alors que leur expo dense, très dense et fort instructive sur Le sport à l’épreuve du nazisme continue jusqu’à fin janvier, le CHRD annonce se consacrer ensuite à L’Alimentation en temps de guerre (dès avril). Après avoir passé au crible le quotidien des Français durant la guerre via l’habillement, ce sera cette fois au travers de la nourriture. Cette façon empruntée à l'historien Georges Duby de regarder l’histoire par le quotidien est passionnante. Dans un travail presque sociologique, le Rize de Villeurbanne se penche sur le quartier ouvrier de la cité Gillet, avec recueil de témoignages des habitants à foison pour une expo très vivace (du 6 octobre au 23 décembre). La bibliothèque municipale de la Part-Dieu décline le thème de la révolution de la mise en page sous Gutenberg, dans Impressions premières (du 30 septembre au 21 janvier) puis, à l’approche des élections, diffusera une série d’installations dans son réseau, liées à la démocratie et à la pensée. Quant au musée de l’Imprimerie, il suit son f

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Spectacles jeune public : Le futur, c'est maintenant

Avec les kids | Rien ne sert de gaver les petits (comme les grands) de théâtre au risque de faire une indigestion. Mieux vaut piocher astucieusement du côté du retour de (...)

Nadja Pobel | Mardi 6 septembre 2016

Spectacles jeune public : Le futur, c'est maintenant

Rien ne sert de gaver les petits (comme les grands) de théâtre au risque de faire une indigestion. Mieux vaut piocher astucieusement du côté du retour de L'Après-midi d'un foehn de Phia Ménard (La Mouche, 23 novembre) ou de Petit bain (du 7au 11 février) du très inventif Johanny Bert capable de faire un spectacle pertinent même avec des post-it®. Ici, il reconstitue une montagne de mousse avec une petite marionnette, allégorie d'un jeu éphémère pour les enfants dès 2 ans. Le spectre de l'enfance se fait de plus en plus large : Joris Mathieu accueille au TNG le très délicat spectacle (dès 16 ans) de Myriam Marzouki, Ce qui nous regarde, où est interrogé avec délicatesse (oui c'est possible) le port du voile. Le jeune directeur lance également son festival biennal, Nos futurs, qui s'étalera jusqu'à Noël avec des spectacles — souvent à l'adresse des ados — ayant trait à demain pour « mieux affronter le r

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Les expos de l'Euro 2016

ARTS | À l’occasion de l’Euro 2016, il va y avoir… de la culture ! Coup d’envoi le 21 avril aux musées Gadagne, avec une expo consacrée au ballon rond comme (...)

Nadja Pobel | Mardi 2 février 2016

Les expos de l'Euro 2016

À l’occasion de l’Euro 2016, il va y avoir… de la culture ! Coup d’envoi le 21 avril aux musées Gadagne, avec une expo consacrée au ballon rond comme religion et co-pilotée par le journaliste phare de L’Équipe Vincent Duluc. Suivront une vision de la Démocratie par le foot à la BM de la Part-Dieu (24 mai au 3 septembre) puis les années sombres des JO de Berlin 1936 à ceux de Londres en 48 au CHRD (22 juin au 29 janvier).

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Journées Grame, matins calmes

MUSIQUES | La France et la Corée célèbrent cette année le 130e anniversaire de leurs relations diplomatiques. Pour l'occasion, le Grame et le CNSMD vous invitent à une balade musicale inédite où les deux cultures s’emmêlent.

Pascale Clavel | Mardi 3 novembre 2015

Journées Grame, matins calmes

C'était l’occasion rêvée pour le Grame d’être au coeur de l'actualité, visible et investi. Son directeur, James Giroudon, a en effet scellé des liens durables avec la Corée depuis fort longtemps, donnant à entendre au public lyonnais à maintes reprises la grande diversité de sa musique. Cette saison, le pari est encore plus étonnant. On connaît du Grame son foisonnement d’idées novatrices, la richesse de ses rencontres, l'exigence de ses recherches sur des mondes insoupçonnés. Pour l’année de la Corée en France, il entend mettre en perspective la culture musicale traditionnelle et la création contemporaine des deux pays. Du 6 au 20 novembre, c’est un parcours quasi initiatique qui nous est ainsi proposé, en cinq rendez-vous dans trois lieux coutumiers de ce type de décloisonnement. Contrepoint C’est au TNG -Les Ateliers que tout commence, avec Un chemin de sable blanc de Marie-Hélène Bernard. Une oeuvre singulière pour chanteuse de pansori, percussions et création vidéo pensée comme une rêverie. Genre musical emblématique de la Corée, reconnu "Patrimoine mondia

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Coup d’œil sur la rentrée des musées historiques

ARTS | Du foot aux migrants, tout ce qui fait tourner nos JT – avec un manque de hiérarchisation affolante – sera disséqué dans les musées d'histoire lyonnais cette saison, au rang desquels celui des Confluences qui, pour sa première rentrée, a blindé son cartable.

Nadja Pobel | Mardi 15 septembre 2015

Coup d’œil sur la rentrée des musées historiques

Pour rendre un peu de dignité à ce monde affolé, rien de mieux que de filer au CHRD dont l’expo permanente – d’une qualité irréprochable, on ne le redira jamais assez – voisinera de février à mars avec Rêver d’un autre monde. Représentation du migrant dans l’art contemporain. Il ne s’agit pas là pour le musée de surfer sur cette actu brûlante – l'exposition a été pensée bien avant la vague d’émotion de ce début de mois – mais d'une sorte de continuité aux mémorables Voyages pendulaires (sur une famille de Roms roumains de Lyon) et Tchétchènes hors sol qui traitaient déjà de l’exil. Point de photoreportage cette fois, mais une matière purement artistique qui devrait permettre d'aborder par l'intime et en profondeur ce sujet douloureux. Sur cette idée de survie en terre hostile, le musée Gadagne propose lui une expo longtemps promise et très imagée : Guignol 14-18 (de novembre à février). Ou comment la marionnette populaire s’est faite tour à tour critique et patriotique, à l’avant comme l’arrière du front. Et puisque, en tant que musée historique de l

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«Imaginer demain, c’est être dans l’actualité» - Interview de Joris Mathieu

SCENES | Nommé à la tête du TNG en janvier 2015, Joris Mathieu lance cette semaine sa première saison d’un théâtre destiné à la fois aux très petits et aux bien plus grands. Saison qui se déploie désormais aussi en centre-ville, au Théâtre des Ateliers. Rencontre.

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

«Imaginer demain, c’est être dans l’actualité» - Interview de Joris Mathieu

Grand changement cette saison, la multiplications des lieux : le TNG est aussi dans les murs des Ateliers... Joris Mathieu : C’est une façon d’ouvrir le théâtre jeune public sur la ville, dans le centre, en poursuivant le travail sur les écritures contemporaines. Ce sont deux espaces pour construire et accueillir plus d’artistes en création. Car il y a tous ceux qui sont programmés et ceux que l’on ne voit pas, qui sont en répétition, en écriture… On a toujours besoin de plus de lieux pour développer cela comme le font les Subsistances, avec qui on commence à dialoguer pour imaginer ensemble un pôle de création pour les artistes. Votre projet s’appelle "Imaginer demain". Expliquez-nous… Il y a trois axes importants dans ce projet. Tout d’abord la place accordée à la jeunesse. Une génération c’est environ dix ans ; celle des 6–16 ans va pouvoir s’exprimer. On met pour cela en place des petits rendez-vous publics où des jeunes peuvent passer du temps dans le théâtre avec des artistes et moi-même, pour simplement voir ce qui nous nourrit mutuellement et peut en émerger. C’est important de les accompagner da

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La saison 2015/2016 du TNG

SCENES | Après dix ans de très bons et loyaux services de Nino d’Introna, le TNG, désormais fusionné avec le théâtre des Ateliers, fera en septembre sa première rentrée sous la direction de Joris Mathieu, assisté de Céline Le Roux. Détail de leur programmation, audacieuse et sensible. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 24 juin 2015

La saison 2015/2016 du TNG

Ils ne sont plus nombreux les Centres Dramatiques Nationaux à se consacrer au jeune public. Restent Strasbourg (entièrement dédié aux marionnettes) et Lyon, qui englobe désormais le théâtre des Ateliers après une transition flottante entre Gilles Chavassieux et Joris Mathieu. Conséquence de cette multiplication de plateaux, les jeunes spectateurs pourront aussi bien être conviés sur la Presqu’île que dans le 9e arrondissement, en fonction de la configuration des spectacles. Le projet de Joris Mathieu, lorsqu’il postula au TNG, était d’«imaginer demain», place à la pratique avec un axe fort sur l’écriture numérique. «C’est la jeunesse qui va construire le monde de demain, à nous de faire en sortir qu’elle ne le subisse pas et qu’elle ne fasse pas que le traverser» annonce-t-il en viatique de cette saison qu’il a souhaitée à la découverte de nouveaux mondes et de nouveaux langages. Il a dans cette idée convié les artistes Chiara Guidi (qui nous avait fait forte impression avec le conte en immersion Buchettino, où les spectateurs, allongés dans un grand dortoir en bois, se voyaient raconter l’histoire du

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Au TNG, une Belle Saison de découvertes

SCENES | Du 8 au 10 avril dernier, se tenait au TNG une des manifestations de l’initiative nationale La Belle Saison. Retour sur ces journées de découverte.

Nadja Pobel | Jeudi 23 avril 2015

Au TNG, une Belle Saison de découvertes

Il y a eu des débats, des tables rondes et surtout des lectures : onze mises en voix guidées par autant de metteurs en scène parmi lesquels de directeurs ou anciens directeurs de salles tels Anne Courel (ex-Théâtre Théo Argence), Marc Lesage (Les Célestins), Arnaud Meunier (Comédie de Saint-Etienne), Nino D’Introna (ex-TNG), Richard Brunel (Comédie de Valence) ou encore Jean-Pierre Jourdain (TNP). Car au cœur du théâtre, fut-il de plus en plus axé sur les arts numériques comme le sera à l’avenir ledit TNG avec Joris Mathieu, reste le texte, seul capable de faire parvenir les maux du monde aux oreilles des jeunes auditeurs (900 élèves ont fréquenté ces 3 jours en plus des 2000 spectateurs). La violence (La Bande de Xavier Carrar), la solitude (Du temps que les arbres parlaient de Yves Lebeau) ou la différence et la question du genre (Pierre est un panda de Christophe Pellet) ont ainsi été dites avec tact et talent, au point que les écoliers n’ont pas manqué d’assaillir les artistes de questions au terme des représentations : pour connaitre leurs secrets d’écritures, les techniques du plateau ou mieux cerner la complexité du propos.

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Le TNG fait place au texte

CONNAITRE | Le théâtre, ce n’est pas qu’une représentation. Du mercredi 8 au vendredi 10 avril, le Théâtre Nouvelle Génération se propose ainsi d'en remonter le (...)

Nadja Pobel | Mardi 7 avril 2015

Le TNG fait place au texte

Le théâtre, ce n’est pas qu’une représentation. Du mercredi 8 au vendredi 10 avril, le Théâtre Nouvelle Génération se propose ainsi d'en remonter le fil jusqu’à l’écriture avec l’opération "Lectures sur un plateau". Comme il se doit en ce lieu, c’est l’enfance et la jeunesse qui sont au cœur de cette manifestation où onze écrivains verront leurs pièces mises en voix. La Petite fille dans le noir de la précieuse et incisive Québécoise Suzanne Lebeau sera par exemple porté par Corinne Méric, comédienne souvent vue dans les pièces de Nino d’Introna. L’ancien directeur lira pour sa part La Foule elle rit de Jean-Pierre Cannet, jadis primé par le comité de lecture du TNG, tandis son successeur Joris Mathieu s’emparera d’un texte pour adolescents, Quartier 3 destruction totale de Jennifer Haley. Chacune de ces rencontres sera prolongée par une discussion avec des éditeurs, des traducteurs... Par ailleurs, des tables rondes en fin de matinée et des débats à l’audacieux créneau de 21h30 tenteront d'éclairer les enjeux de ces écrits, en traitant notamment de la question de la transposition de la violence ou encore du gen

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Gadagne retrouve sa tête

ACTUS | Depuis le départ, juste avant l’été, de Maria-Anne Privat-Savigny, les musées Gadagne (dédiés à l'histoire de la ville de Lyon et aux marionettes du monde) (...)

Nadja Pobel | Jeudi 5 février 2015

Gadagne retrouve sa tête

Depuis le départ, juste avant l’été, de Maria-Anne Privat-Savigny, les musées Gadagne (dédiés à l'histoire de la ville de Lyon et aux marionettes du monde) n’avaient plus de directeur (sinon en intérim). Ce ne sera bientôt plus le cas, avec l'arrivée en mai à leur tête de Xavier de la Selle, actuel directeur du très dynamique Rize (centre de mémoire et société) de Villeurbanne. Il dirigera par ailleurs deux autres musées municipaux – le musée de l’Imprimerie et de la communication graphique ainsi que le musée Malartre consacré à l’automobile –   conformément au rapprochement avait annoncé par la Ville de Lyon dès cet automne. Si les musées Gadagne (sis dans un exceptionnel bâtiment Renaissance) et le Musée de l’imprimerie (dont la collection permanente a été totalement repensée cet automne et étendue au champ de la communication graphique) sont connus des Lyonnais, le musée Malartre l’est moins. Et pour cause : ce qui fut le premier musée automobile de France est situé à Rochetaillée-sur-Saône et est devenu propriété de la Ville de Lyon en 1972, suite au rachat de l’entière collection, du parc et des murs. L’adjoint à la culture et premier adjoint de la Ville de

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Ciao Ré-génération

SCENES | Initié par Nino D’Introna lorsqu’il fut nommé à la tête du TNG, le festival Ré-génération vivra sa neuvième et dernière édition du 10 au 16 janvier. Avec lui s'évanouit (...)

Nadja Pobel | Mardi 6 janvier 2015

Ciao Ré-génération

Initié par Nino D’Introna lorsqu’il fut nommé à la tête du TNG, le festival Ré-génération vivra sa neuvième et dernière édition du 10 au 16 janvier. Avec lui s'évanouit une belle idée : celle de réunir, au moment où l’actualité culturelle redémarre tout juste, des spectacles jeune public produits par nos voisins européens (et québécois), à l'instar du Maduixa Teatro de Valencia, de retour avec Dot, où se croisent danse, vidéo et arts plastiques. La France ne sera pas en reste avec les circassiens de l’école de Ménival, les Zonzons pour une version guignolesque de Cyrano (créée en 1904 !) ou le très attendu Garçonne d'Elsa Imbert, fable sur l’identité et le genre dans laquelle la huitième fille d’un couple accepte de se faire appeler Simon pour contenter son père. Enfin, Nino d’Introna profitera de ce chant du cygne pour faire découvrir les "siens", notamment les Merendoni, deux vieux frères marionnettistes qui livre

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Guignol sur son 31

SCENES | Comment réveillonner quand on est petit et que minuit, sans la perspective d'une descente du Père Noël, n’a plus le moindre espèce d’intérêt ? Les Célestins ont (...)

Nadja Pobel | Mardi 16 décembre 2014

Guignol sur son 31

Comment réveillonner quand on est petit et que minuit, sans la perspective d'une descente du Père Noël, n’a plus le moindre espèce d’intérêt ? Les Célestins ont la réponse : il suffit de célébrer la nouvelle année à une heure décente, dans leur cas en programmant les circassiens de Solvo à 16h et 20h. Bien vous prendrait aussi d’emmener vos gones voir Guignol, le vrai de vrai, celui que Stéphanie Lefort et sa compagnie des Zonzons font revivre avec une vraie écriture comique à plusieurs niveaux de lectures — c'est-à-dire qui ne gâche pas le plaisir des enfants et éveille la curiosité des plus grands, comme dans Crasse paperasse qui évoquait très directement le sort des sans-papiers. Le Palais Bondy où est hébergé leur Théâtre de Guignol étant fermé pour travaux depuis mai 2013 et jusqu’en janvier 2016 — a minima — c’est pertinemment aux Musées Gadagne que leurs spectacles ont lieu depuis septembre. Les Couverts volés et

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Dolce D’Introna

SCENES | À l'heure où il quitte la direction du TNG après dix années marquées par des spectacles qui ont fait date ("Yaël Tautavel" en tête, programmé en ce moment), Nino D'Introna revient sur sa carrière italienne, nord-américaine puis lyonnaise. Où il est question de jeune public et, bien sûr, d'intergénération. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 9 décembre 2014

Dolce D’Introna

Le 31 décembre, Nino D'Introna fermera le Théâtre Nouvelle Génération qu'il avait baptisé ainsi en 2004, lorsqu'il avait succédé à Maurice Yendt et Michel Dieuaide, partis avec le nom Théâtre des Jeunes Années – l’appellation de leur compagnie et de feue la biennale. Alors âgé de 50 ans, D'Introna posait enfin ses bagages après avoir beaucoup bourlingué. Avec déjà cette idée en tête que le ministère de la Culture aujourd'hui martèle : le théâtre destiné au jeune public ne doit pas s'adresser qu'au jeune public, il doit être «intergénérationnel», vocable dont D’Introna a fait son fil rouge. S'adresser à tous, c'est ce qu'il fait dès ses débuts, presque par hasard quand, au lycée, il découvre le théâtre «et tombe amoureux à une vitesse folle de cet objet. Là où il y avait le mot théâtre, j'y étais». Sa spécialité ? Le mime. Attiré par le non-verbal, il monte de petites formes et intègre ce qui est en train de devenir une coopérative, le Teatro dell'angolo de Turin. Il a vingt ans. La question du jeune public ne se pose pas vraiment, «on jouait le matin comme le soir ; la compagnie travaillait beaucoup la commedia dell'arte et l'impro». Avec con c

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Joris Mathieu, en fusion

SCENES | Fraîchement nommé directeur du théâtre des Ateliers, Joris Mathieu vient d’être désigné pour prendre la suite de Nino d’Introna au TNG. Rencontre avec un metteur en scène passionné pour qui diriger un théâtre est autant, sinon plus, un acte politique que d’en faire. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 26 septembre 2014

Joris Mathieu, en fusion

Alors que les Ateliers, dont il est le directeur depuis janvier, rouvrent à peine (présentation de saison ce mercredi et premier spectacle dès le 14 octobre), voilà que Joris Mathieu vient d'être choisi pour reprendre les rênes du TNG. Cumulard ? Non, malin : puisque les premiers restent économiquement fragiles et que le second, Centre Dramatique National à destination du jeune public, est doté d'une salle si immense qu'elle est parfois peu propice à la découverte du théâtre par les plus petits, Mathieu a en fait proposé de fusionner les deux. D’ici la rentrée 2015-2016, il ne sera donc pas à la tête de deux SCOP mais d’une seule : le TNG, qui démultiplie ainsi ses possibilités de programmation. À trente-sept ans, Joris Mathieu accède donc non seulement à un lieu stable, où il pourra créer avec les fidèles de sa compagnie Haut et Court, qu’il a fondée en 1998, mais il pourra aussi désormais offrir à de jeunes compagnies l'espace de liberté dont il a lui-même bénéficié par le passé aux Clochards Célestes, au Polaris de Corbas (pendant trois ans) ou au théâtre de Vénissieux (où il fut six ans en résidence).   Ubiquité & Orbik Né de parents ins

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Joris Mathieu à la direction du TNG

ACTUS | La ministre de la culture et de la communication Fleur Pellerin a acté ce matin ce que tout le monde pressentait fortement depuis plusieurs semaines : la nomination de Joris Mathieu à la tête Théâtre Nouvelle Génération. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 19 septembre 2014

Joris Mathieu à la direction du TNG

À la tête également depuis le 1er janvier dernier du théâtre des Ateliers, dédié aux écritures contemporaines, Joris Mathieu entend diriger les deux théâtres de front et en complémentarité, comme il l’annonçait dès juin au moment de sa candidature. Né en 1977, Mathieu défend un théâtre plus sensoriel et technologique que basé sur le texte, bien qu'il ait par ailleurs adapté des écrits de Gombrowicz, Philippe K. Dick ou Antoine Volodine. Il succédera le 1er janvier 2015 à Nino D'Introna, qui avait à son arrivée en 2004 renommé le Théâtre des Jeunes Années en Théâtre Nouvelle Génération, parti poursuivre son parcours artistique en compagnie. Mathieu conviera deux artistes associées pour son premier mandat au TNG, Phia Ménard et Chiara Guidi (auteur avec Romeo Castellucci de l’inoubliable Bucchettino), et entend mettre en place des dispositifs innovants pour l'accompagnement de l'émergence. Plusieurs temps forts, en partenariat avec d'autres institutions, devraient aussi être imaginés afin de créer des parcours pour la jeunesse.

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Arrêt sur images

ARTS | Un retour sur la Grande guerre, des photos de Lyon en couleurs, d'autres en noir et blanc, des roses, et la ré-ouverture d'une exposition permanente complètement modernisée au musée de l’Imprimerie : coup d’œil sur les temps forts qui vont rythmer l’année à Gadagne, au CHRD & co.. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 16 septembre 2014

Arrêt sur images

La guerre en couleurs. Pas de vieux clichés colorisés, mais une exceptionnelle collection de soixante images prises par un Lyonnais sans histoire, Paul Nerson, qui durant la Seconde Guerre mondiale a photographié son épouse, aussi bien chez eux que dans les rues de la ville. Voilà le trésor, et l'éclairage inédit qu'il offre du quotidien pendant le conflit, que le CHRD proposera entre juin et septembre. Auparavant, après au terme de la très émouvante et très documentée expo sur le Débarquement (le 4 janvier), ce sont soixante-neuf dessins et un carnet de croquis qui seront présentés de mars à juin : ceux du déporté Arthur Goldschmidt, qui a réalisé des portraits de ses co-détenus lors de son internement au camp de Theresienstadt. Le CHRD avait fait peau neuve fin 2012. Le 12 novembre, c’est le vieillissant musée de l’Imprimerie qui s’offre, pour ses cinquante ans, une totale refonte de son parcours permanent - en garnde partie déjà visible - et adjoint à son nom la particule "et de la communication graphique". Une large part des collections sera dédiée

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Nino d'Introna, dix de der

ACTUS | Ce jeudi 12 juin, Nino d'Introna a effectué au TNG sa toute dernière présentation de saison, avant de quitter sa direction en décembre prochain avec, selon (...)

Pauline Lambert | Dimanche 15 juin 2014

Nino d'Introna, dix de der

Ce jeudi 12 juin, Nino d'Introna a effectué au TNG sa toute dernière présentation de saison, avant de quitter sa direction en décembre prochain avec, selon ses mots, «émotion et sérénité», dix ans après avoir pris la tête de ce Centre National Dramatique, le seul spécialisé jeune public en France avec le TJP de Strasbourg, centré sur les marionnettes. Dix ans pendant lesquels le metteur en scène a mené de nombreux projets à vocation «intergénérationnelle», terme qu’il aura martelé tout au long de ses mandats. Cette fin d’année est pour lui l'occasion d'en tirer un «bilan positif», que la programmation 2014/2015 entérinera avec la reprise de trois de ses spectacles : Quand on parle du loup, sa dernière création en date revisitant Le Petit Chaperon Rouge de Grimm et Perrault,  Les Derniers Géants, une lecture musicale créée en 2008, et enfin Yaël Tautavel, ou l'enfance de l'art,  adapté du texte de Stéphane Jaubertie en 2006, probablement son joyau avec

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Entre deux eaux

ARTS | Raconter le Rhône et la Saône, c’est embrasser Lyon dans son ensemble : son développement industriel et commercial, sa culture, ses fondements religieux et même son avenir. Dans une exposition parfois trop à l’étroit dans leurs murs, les musées Gadagne invitent à la navigation. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 26 avril 2013

Entre deux eaux

Au commencement était la Saône. Lugdunum, bâti sur la colline de Fourvière, s’est étendu sur ses contrebas jusqu'à toucher la rivière. Pourtant, du XIIe au XVIIe siècle, la ville se nommera Lyon-sur-Rhône. C’est dire à quel point la cité des Gaules fut tiraillée par ses deux bras aqueux mythifiés et fantasmés : la Saône est représentée comme une lascive femme et le Rhône comme un homme viril et indomptable dans les lithographies de Guillaume et Nicolas Coustou (XVIIIe siècle), tandis que l'historien Jacques Rossiaud poursuit cette personnification en n’hésitant pas à rappeler la métaphore du Confluent vu comme une fourche liquide en forme de sexe féminin. En attendant que ce prolixe médiéviste ne livre un catalogue complet sur le sujet à la rentrée de septembre, l’exposition Lyon, la rivière et le fleuve permet d’appréhender, notamment via des gravures et des tableaux, les ravages et les peurs générées par ces eaux que les habitants croyaient surnaturelles, au point d’imaginer un circuit interne et souterrain du fleuve (!), jus

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L'art est un jeu d'enfant

ARTS | Ça y est, c'est la sacro-sainte trêve des confiseurs. Les hémicycles sont déserts, les terrains de football en friche et la plupart des établissements culturels en sommeil. Bonjour l'ennui ? Non. Ne serait-ce que parce que les médiateurs des musées, eux, profitent de la période pour redoubler d'initiatives à l'adresse des plus jeunes. Décortication et coup d'œil sur quelques rendez-vous familiaux qui valent le coup. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 20 décembre 2012

L'art est un jeu d'enfant

«Nous sommes là pour faire en sorte qu'une personne qui découvre une œuvre le fasse dans les meilleures conditions possibles. Pas pour qu'elle l'apprécie mais pour qu'elle soit titillée par elle sur les plans intellectuel et émotionnel». Ainsi s'exprime Patricia Creveaux, chargée de programmation au Musée d'Art Contemporain, quand on lui demande d'expliciter la vocation qui sous-tend les activités de médiation culturelle que propose le lieu en marge de ses expositions. Marie-Anne Privat-Savigny, directrice des Musées Gadagne, voit pour sa part dans la somme d'ateliers déroulée en parallèle des collections présentées par ses établissements «des compléments indispensables du discours scientifique, qui insufflent de la vie aux objets exposés». Autant dire que chez l'une comme chez l'autre, mais aussi au Musée de l'Imprimerie, où l'on partage cette envie quasi pieus

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Guignol d’abord

SCENES | Si les discours des hommes politiques s’adressent aux adultes, leurs idées méritent parfois d’être transmises aux enfants. Avec "Crasse paperasse", les Zonzons poussent Guignol à aider des sans-papiers avec — réellement — humanité et cœur dans un spectacle toujours divertissant que ne renierait pas Jean-Luc Mélenchon. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 7 novembre 2012

Guignol d’abord

Lorsqu’en 1996, Jean-Louis Debré, ministre de l’Intérieur, décide de faire évacuer par mille policiers (!) l’église Saint-Bernard où avaient trouvé refuge 300 sans-papiers, il affirme – sans rire - que ça se passe avec «humanité et cœur». Quinze ans plus tard, la situation n’a guère changé, les sans-papiers sont indésirables partout et la phrase du ministre pourrait être reprise au premier degré par la troupe des Zonzons. Depuis 1998 en effet, ce collectif s’ingénie à réveiller Guignol, tendre avec les enfants mais toujours aussi indocile avec l’autorité. C’est donc presque naturellement que l’idole des gones se glisse dans ce nouveau récit aux multiples sous-couches dans lequel un couple de Roms est sommé de repartir dans un pays qui ne veut pas de lui et où un enfant est retrouvé abandonné. Luttant contre l’administration trop rigide et des policiers stupides, Guignol tente de redonner place à l’humanité. Retour à l’envoyeur Dans ce spectacle, la dialectique ne serait rien sans un décor soigné et riche de petits accessoires, sans ces marionnettes rendues presque vivantes et sans l’utilisation de la vidéo pour une étourdissante montée des vira

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Hey Papillot !

ARTS | Essayez toujours de demander une papillote à un breton, il est possible qu’il ne comprenne pas la question. C’est que ces chocolats de Noël, (...)

Nadja Pobel | Jeudi 15 décembre 2011

Hey Papillot !

Essayez toujours de demander une papillote à un breton, il est possible qu’il ne comprenne pas la question. C’est que ces chocolats de Noël, incontournables en Rhône-Alpes, sont une denrée bien localisée. La légende veut qu’au XVIIIe siècle, rue du Bât d’Argent (Lyon 1er), un apprenti-confiseur ait enveloppé un mot doux autour d’un chocolat qu’il vendait pour dire tout son amour à la demoiselle qu’il convoitait et à qui il n’osait pas parler. Pris en flagrant délit, le jeune homme fut renvoyé mais le patron, Monsieur Papillot, a gardé l’idée. Si la fable est incertaine car, dès 1607, on emploie le mot de "papillote" pour signifier que l’on enroule une mèche de cheveux à friser, puis pour désigner un papier dans lequel on enferme des légumes ou des poissons, l’histoire de cette sucrerie est bien en marche. Les chocolatiers Révillon ou Voisin se font une spécialité de ces confiseries. La blague ou le mot d’auteur qui l’entoure est une tradition de Noël autant que le chocolat (ou moins souvent la pâte de fruit) qui y est associé. Avec ses éternels bouts en frange et parfois un pétard, la papillote est un chocolat bien à part. La production, toujours très locale, se fait

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Aux fourneaux

ARTS | Le musée Gadagne ne dispose que 350m² pour raconter la création du mythe de la gastronomie lyonnaise, mais de l’avis de sa conservatrice Marie-Anne (...)

Nadja Pobel | Jeudi 15 décembre 2011

Aux fourneaux

Le musée Gadagne ne dispose que 350m² pour raconter la création du mythe de la gastronomie lyonnaise, mais de l’avis de sa conservatrice Marie-Anne Privat-Savigny, «il y avait de quoi remplir 2000 m² !». Si l’on se sent donc parfois à l’étroit dans ces murs et obliger de zapper rapidement entre les différentes étapes cette saga lyonnaise, il n’en demeure pas moins que c’est avec un appétit aiguisé que l’on découvre cette exposition qui se devait d’être montée par le musée dédié à l’histoire de la Ville. Une première salle raconte notamment les produits qui ont fait la gloire de la cuisine lyonnaise et notamment… les pâtes ! Il y avait neuf fabricants de pâtes mi-XIXe siècle dont Rivoire & Carret installé à Vaise. L’entreprise en révolutionne la fabrication et concurrence sérieusement les Italiens en utilisant une semoule de blé dur séchant rapidement ; les pâtes peuvent désormais être vendues chez l’épicier en paquet. Grands chefs et bouchons se font face dans la salle principale qui présente aussi des menus imprimés sur soie des grands repas de Présidents de la République en visite dans la capitale des Gaules. Enfin, il est montré que Lyon n’a pas exclusivement bâti sa répu

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La gastronomie à toutes les sauces

ARTS | Érigée au rang de quasi religion à Lyon, la gastronomie est enfin disséquée dans l’exposition «Gourmandises !» du musée Gadagne. Retour sur l’histoire de ce mythe "made in" gone, zoom sur le menu de l’expo et décryptage de ce bonbon ô combien d’actualité et local : la papillote. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 15 décembre 2011

La gastronomie à toutes les sauces

«Capitale mondiale de la gastronomie». L’appellation claque comme un trophée. Cette petite phrase sésame a été prononcée par le critique gastronomique Curnonsky (pseudonyme de Maurice Edmond Saillant) en 1934 au sortir de Chez Vettard (cuisinier de feu le Café Neuf place Bellecour) et est devenue le titre même d’un de ses ouvrages. Pourtant la réputation de la nourriture lyonnaise n’est alors pas nouvelle. Rabelais s’est inspiré de cette cuisine pour écrire Gargantua et Pantagruel ; Stendhal prétendait ne connaître qu’une chose que l’on fasse bien à Lyon : «On y mange admirablement bien et, selon moi, mieux qu’à Paris». Il faut dire que Lyon est au bon endroit : sur l’axe fluvial nord-sud par lequel transite des produits lors des foires du Moyen-Âge et qui en font un centre d’approvisionnement et de consommation. Parallèlement, les métiers de bouches se développent donnant parfois leur nom aux rues (rue de la Fromagerie, de la Poulaillerie). Lyon bénéficie aussi des spécialités locales alentours d’excellente qualité : les volailles de Bresse (seule AOC au monde pour le poulet), les poissons et grenouilles de la Dombes et des lacs savoyards, les fruits

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Gribouille en or

SCENES | Mardi soir (15 novembre), la virtuose des marionnettes pour petits mais aussi parfois seulement pour les grands, Emilie Valantin a reçu devant le public (...)

Nadja Pobel | Mercredi 16 novembre 2011

Gribouille en or

Mardi soir (15 novembre), la virtuose des marionnettes pour petits mais aussi parfois seulement pour les grands, Emilie Valantin a reçu devant le public du TNG, le Masque d’or de la meilleure création de marionnettes 2011. Absente lors de la remise des prix en avril à Moscou, c’est officiellement hier soir qu’elle s’est vu remettre cette prestigieuse distinction pour Gribouille,  un spectacle qu’elle a imaginé à Saint-Pétersbourg à l’invitation du théâtre Kukol il y a deux ans. Avec l’appui de la troupe permanente de 25 acteurs russes, elle s’est emparée du texte de Georges Sand Histoire du véritable Gribouille. Après sept semaines de travail avec ses nouveaux partenaires, 35 marionnettes étaient prêtes pour donner naissance à cette pièce d’1h10 accessible dès 8 ans. Ici, les marionnettistes ne se cantonnent pas derrière un castelet mais sont de véritables acteurs (avec des costumes extrêmement travaillés qui n’ont rien d’une combinaison noire dans laquelle ils se dissimuleraient) qui jouent autant qu’ils font vivre leur double. Récit triste d’un petit garçon abandonné par sa famille cupide et recueilli par un bourdon a priori ange gardien mais

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Le goût de Gadagne

ARTS | Conservatrice des Musées Gadagne depuis janvier, Maria-Anne Privat-Savigny expose ses projets pour ce lieu double (musée de l'histoire de la Ville de Lyon et des marionnettes du monde) situé dans un somptueux palais Renaissance du 5e arrondissement, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 14 février 2011

Le goût de Gadagne

Petit Bulletin : Vous dirigiez jusqu'à l'an dernier le Musée des tissus de Lyon. Qu'est-ce qui vous a menée au Musée Gadagne ?Maria-Anne Privat-Savigny : J'ai été attirée par le désir de Georges Képénékian, adjoint à la culture du maire de Lyon, de replacer ce musée dans la cité, de lui donner un vrai rôle. C'est un enjeu qui est, certes, assez propre à un musée d’histoire mais qui reste extrêmement intéressant. Vous dites vouloir faire de ce double musée un lieu que l'on puisse «goûter» de différentes manières. Pouvez-vous nous expliquer ce terme ?La manière de visiter les musées depuis plusieurs années s'est extrêmement diversifiée et je trouve que le support histoire et marionnettes est assez propice à ce genre d'évolution. Traditionnellement, on déambule dans un musée en lisant des cartels et parfois un audio-guide, mais il y a mille autres manières de découvrir une collection. Je crois notamment beaucoup au spectacle vivant, au théâtre et à la danse. On parle beaucoup de multimedia mais il y a des choses beaucoup plus classiques et traditionnelles à développer pour s'approprier cette histoire, pour l'expérimenter. Par exemple, pour évoquer Louise

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Rumeur à Gadagne

CONNAITRE | Le Musée Gadagne, musée d’histoire de Lyon et musée international de la marionnette situé dans le cinquième arrondissement dispose depuis sa rénovation de 31 (...)

Dorotée Aznar | Lundi 27 septembre 2010

Rumeur à Gadagne

Le Musée Gadagne, musée d’histoire de Lyon et musée international de la marionnette situé dans le cinquième arrondissement dispose depuis sa rénovation de 31 salles d’exposition permanente. Une seule chose lui manque : un directeur. Mais depuis quelques jours une rumeur circule ; c’est Maria-Anne Privat-Savigny, jeune directrice et conservateur en chef du musée des Tissus et musée des Arts décoratifs de Lyon, qui prendrait la direction de Gadagne dès 2011. À suivre.

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Le chien aboie…

SCENES | Théâtre jeune public / Nino d’Introna, le directeur du Théâtre Nouvelle Génération a toujours affiché sa volonté de proposer un théâtre intergénérationnel de qualité, (...)

Dorotée Aznar | Lundi 8 mars 2010

Le chien aboie…

Théâtre jeune public / Nino d’Introna, le directeur du Théâtre Nouvelle Génération a toujours affiché sa volonté de proposer un théâtre intergénérationnel de qualité, notamment en convoquant des auteurs contemporains. Avec sa nouvelle création, Du pain plein les poches, d’Introna franchit une étape supplémentaire : proposer une pièce pour un public adulte éventuellement accompagné par des enfants. Car si la pièce de Matéï Visniec est effectivement une fable, elle est également particulièrement dérangeante. Deux personnages s’y côtoient, Canne et Chapeau, autour d’un puits éloigné de la ville. Au fond du puits, on entend les aboiements d’un chien. Comment est-il tombé ? Qui est coupable ? Doit-on l’aider ? Comment ? Et d’ailleurs, n’est-il pas déjà mort ? Les deux personnages choisissent de disserter mais pas d’agir, se rejetant la faute à grand renfort de hurlements, excusant maladroitement leur lâcheté et leur absence de prise de décision. Si le dispositif scénique rappelant les mobiles disposés dans les chambres d’enfants et le recours à la vidéo tentent d’adoucir l’âpreté des dialogues en créant un cadre intime, l’univers sombre de la pièce prend le dessus. La délicatesse du tra

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De belles promesses

SCENES | Jeune public / Après une première partie de saison sans grands événements pour les «petits», l’année 2010 est annonciatrice de moments forts, notamment au (...)

Nadja Pobel | Mardi 22 décembre 2009

De belles promesses

Jeune public / Après une première partie de saison sans grands événements pour les «petits», l’année 2010 est annonciatrice de moments forts, notamment au Théâtre nouvelle génération (TNG), avec deux créations très prometteuses. Tout d’abord Fabrice Melquiot, presque un auteur classique pour le jeune public du haut de ses 38 ans, et qui a travaillé, cette saison, au plateau avec le metteur en scène Christian Duchange, déjà "maître d'œuvre" de la remarquable Lettre d'amour de 0 à 10. Les deux artistes donneront naissance, le 26 janvier, à une fable sur les coulisses des métiers du théâtre, Le Cabinet de curiosités. Ensuite, en mars, Nino D'Introna, le directeur du TNG, adaptera un texte de Matéï Visniec, Du pain dans les poches, et confiera un nouveau rôle à Jean-Ernst Marie-Louise qui était son Jojo dans Jojo au bord du monde il y a deux ans. En avant-goût de ce spectacle, une lecture du texte de Visniec sera proposée lors de la quatrième édition du festival Ré-génération. Du 5 au 13 janvier, cette manifestation accueillera des compagnies françaises, italiennes, catalanes, allemandes et québécoises. Hors des sentiers du TNG, la Compagnie du Théâtre Mu proposera de découvrir ou de r

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Schtroumpfs party

SCENES | Jeunes Publics / Presque tous les théâtres l’ont compris : rien de tel qu’un spectacle jeune public pour remplir les salles en période de disette et de (...)

Dorotée Aznar | Lundi 7 septembre 2009

Schtroumpfs party

Jeunes Publics / Presque tous les théâtres l’ont compris : rien de tel qu’un spectacle jeune public pour remplir les salles en période de disette et de vacances scolaires. Dans les théâtres de l’agglomération lyonnaise, on trouve pourtant une véritable programmation en direction des plus jeunes et des spectacles de qualité, souvent éprouvés dans d’autres lieux les saisons précédentes. Les petits peuvent également profiter d’un Centre Dramatique National, le Théâtre Nouvelle génération (Lyon 9e) où l’on ne prend pas les Schtroumpfs pour des dindes. À sa tête, Nino D’Introna, propose chaque saison des spectacles de théâtre, mais aussi de danse, de marionnettes, de théâtre d’objets ou de cirque. En octobre, le TNG accueillera "Le Reflet du silence", un duo homme-marionnette dansé (les 17 et 18 oct.), "Le Loup et la chèvre" (du 13 oct. au 20 déc.), un spectacle italien librement inspiré du conte de Kimura. En novembre, "La Nuit, un rêve féroce" mis en scène par Marc Lainé s’appuiera sur un dispositif scénique original (un lit immense) invitant le public à prendre part au rêve (du 6 au 15 nov.) et Véronique Chatard avec "Du vent dans les arbres" explorera le genre merveilleux. Enfin, c’

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Renaissance du Musée Gadagne

ARTS | Ouverture / Après dix ans de travaux de rénovation, 31 millions d'euros dépensés, un incendie et 7 000 m3 de terre évacués à la brouette, le(s) musée(s) Gadagne (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 4 juin 2009

Renaissance du Musée Gadagne

Ouverture / Après dix ans de travaux de rénovation, 31 millions d'euros dépensés, un incendie et 7 000 m3 de terre évacués à la brouette, le(s) musée(s) Gadagne rouvre ses portes au public. L'ancien hôtel particulier des Gadagni, riches banquiers florentins du XVIe Siècle, a retrouvé ses escaliers à vis, ses fenêtres à meneaux, ses cheminées impressionnantes, ses couleurs d'origine, ses plafonds peints et autres décors datant du XVIe ou du XVIIe siècle... Un chantier titanesque dont, effectivement, le résultat impressionne. Lors de la visite de presse, nous avions d'ailleurs tendance à regarder davantage le bâtiment lui-même que son contenu. Celui-ci, rappelons-le, est double (d'où l'appellation musées Gadagne) : une collection consacrée à l'histoire de Lyon de ses racines gauloises à nos jours ; une autre, superbe, aux marionnettes du monde entier. Les collections se déploient aujourd'hui sur 6 000 m² (la surface a doublé) et dans 39 salles d'exposition. Il faut ajouter à cela nombre d'éléments multimedia dynamisant la visite, un joli petit théâtre de 150 places et un magnifique jardin suspendu. La directrice de Gadagne, Simone Blazy, donne pour objectif à la déambulation d'être

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