Fortichimmo

MUSIQUES | Très orientée «nouveaux talents» en plus de quelques valeurs sûres, Fort en Jazz joue cette année la politique de l'offre rafraîchissante et du talent juvénile qui transpire par tous les pores du jazz et de ses dérivés. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 31 mai 2012

Photo : DR


Allez, avouez – faute avouée à moitié pardonnée comme disait mémé avant de nous coller une gifle au lieu de deux – quand on vous dit pianiste d'origine arménienne à Fort en Jazz, vous pensez immédiatement : André Manoukian. N'ayez pas honte, cela a également été notre cas. Eh bien si vous passez faire un petit tour à Francheville à l'occasion de Fort en Jazz, vous en ressortirez grandi en terme de «moi je connais un pianiste d'origine arménienne qui déchire, je peux te dire que c'est une autre came que Dédé Manoukian (qui pourtant n'est pas manchot)». Car oui, le Tigran Hamasyan dont il est question est un peu une bête de pianiste. Qui en plus, enfonce une autre idée reçue trop tenace selon laquelle le piano-jazz serait chiant à mourir (et Michel Petrucciani, il est pas mort peut-être ?). À même pas 25 ans, le jeune Tigran, passé par le Thelonious Monk Institute of Jazz et l'université de South California a remporté tout ce que le monde du jazz compte de prix et fait le tour du monde, quand d'autres peinent, à cet âge, à faire le tour du quartier. Avec son savant mélange de folklore arménien et de jazz, ce fan de rock ouvrira Fort en Jazz en conclusion d'une résidence au cours de laquelle il aura travaillé son prochain album.


«Keziah Jones norvégien»

À Francheville, cette année, ce sera un peu l'année des petites merveilles avec la présence par exemple de Bernhoft, présenté comme le «Keziah Jones norvégien» (et pourquoi pas un Marvin Gaye letton ?). En réalité un ovni, multi-instrumentiste, qui fleure bon les disques de Stevie Wonder et de Prince, le tout mêlé de blues féroce dès que l'animal s'emporte un peu. Bref, de quoi réviser quelques préjugés quant à la Norvège.

Prime à la jeunesse encore avec la franco-camerounaise Sandra Nkaké, également adoubée par Jazz à Vienne et on comprend pourquoi. La demoiselle a failli devenir journaliste mais la musique aurait perdu quelque chose en passant à côté de cette voix et de ce phrasé unique. C'est bien simple, Sandra Nkaké – qui est évidemment belle comme le jour, sinon ça ne serait pas drôle – fait à peu près ce qu'elle veut avec sa voix et ferait par conséquent à peu près ce qu'elle veut de ses auditeurs. Elle l'a bien compris sur Mansaadi, son premier album, enregistré avec De La Soul, Macy Gray et Erykah Badu : plutôt minimaliste en ce qu'il laisse la part belle à ses prouesses vocales et au groove sans pour autant chercher l'exploit. Il ne faudra donc pas rater ces trois là.

Pas plus qu'il ne faudra passer à côté de la plus «expérimentée» et ancienne chanteuse lyrique La Velle et sa voix à vous déchausser les dents qui couvre jazz, blues et gospel mais aussi quatre octaves. Ou encore du Kora Jazz Band initié par le pianiste d'Abdoulaye Diabaté. Parce que la kora est probablement l'instrument le plus vibrant qui soit – et pas seulement parce qu'il compte 32 cordes – surtout quand il s'agit de lui associer la «note bleue» qui est la signature du blues et du jazz. D'ailleurs s'il fallait mettre une note à Fort en Jazz pour cette capacité à jouer des coudes au milieu des géants festivaliers du genre, elle serait bleue.


Fort en Jazz
Du vendredi 1er au dimanche 17 juin
À l'Iris de Francheville

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Jazz à Vienne : les derniers noms dévoilés

Festival | Jazz à Vienne complète sa programmation avec quatre nouvelles soirées de choix.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Jazz à Vienne : les derniers noms dévoilés

Bien décidé à se tenir à peu près normalement, à partir de fin juin Jazz à Vienne avait annoncé la majeure partie de sa programmation début avril. La voici désormais complète avec l'ajout de quelques noms et non des moindres, qui avancent le début des festivités au 23 juin. Le festival allobroge vient en effet d'annoncer la tenue de quatre nouvelles soirées au théâtre antique. Le 24 juin d'abord, une soirée New Generation en compagnie du Portico Quartet et du Tigran Hamasyan trio (plus les talents Adami Jazz Gauthier Toux et Nils Petter Molvaer). Le 26 juin ensuite pour une soirée Brésil avec deux amis de longue date Seu Jorge & Rogê, enfin sur scène ensemble, et une carte blanche à Lucas Santana. Le samedi 3 juillet sera lui consa

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La patte de Tigran Hamasyan au Radiant

Jazz | Toujours au sommet, cette fois du Mont Ararat où son dernier disque puise son inspiration, Tigran Hamasyan revient après plusieurs années hors des sentiers battus au piano solo, formule qui l'a révélé comme un prodige du jazz et de la musique contemporaine.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 avril 2017

La patte de Tigran Hamasyan au Radiant

Tigran Hamasyan construit souvent ses disques en opposition aux précédents, comme s'il s'agissait de ne jamais reproduire la même formule et de changer sinon de visage – son style reste néanmoins reconnaissable entre tous –, du moins de masques, qui sont chez lui autant de nuances. Ainsi avait-on eu droit avec Shadow Theater à ce qui ressemblait beaucoup à un album de pop, contribuant à extraire pour de bon Tigran de son image de pianiste jazz et à magnifier ses talents de mixeur de genres : musique classique, contemporaine, traditionnelle, jazz, rock... Un disque qui reste sans doute à ce jour le plus impressionnant du jeune Arménien. Le suivant Mockroot revenait un peu plus aux basiques : le jazz, la musique arménienne, une expression du piano solo qui n'appartient qu'à lui, mais avec des intrusions rock très tendues, à la fois héritières du métal, mais aussi des expressions folkloriques du Caucase. Puis Tigran avait reculé de quelques siècles pour se produire dans des églises avec un chœur de chambre afin d'interpréter de la musique religieuse arménienne du Ve siècle (ce qui donna l'album Luys i Luso).

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Carrefour des inclassables

MUSIQUES | Dans la catégorie de ce que nous nommerons les inclassables, plutôt que sommairement world, jazz, blues, soul, etc., on retrouvera cette saison tout un aréopage de divas plus ou moins faunes et de grands fauves plus ou moins rugissants. Autant de personnalités musicales qui en imposent dès la première note. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Carrefour des inclassables

Au premier rang des femmes puissantes – dont la touche à tout Meshell Ndegeocello le 14 novembre à l'Epicerie Moderne –, il y a bien sûr la reine Susheela Raman. Inclassable, cette grande habituée des salles lyonnaises (cette fois le Kao, le 17 octobre) l'est peut-être plus que n'importe qui. Avec Queen Between, elle joue justement les go-between avec des musiciens du Rajasthan et la tradition qawwalie. Même constat pour une autre reine, Rosemary Standley qui, après Birds on a Wire avec Dom La Nena l'an dernier (à redécouvrir le 3 octobre à l'Atrium et le lendemain au Toboggan), vient présenter au Théâtre de Vénissieux, le 14 novembre, A Queen of Heart, un spectacle qui a déjà pris La Bastille (l'opéra parisien) et dans lequel elle se livre à un époustouflant exercice de transformisme music-hall où se croisent Purcell, Bashung, Nina Simone et l'âge d'or d'Hollywood. Pas de quoi, sans doute, impressionner la soul-woman Sharon Jones, reine elle du label Daptone, q

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Magic system

MUSIQUES | Depuis plus de vingt ans, Malik Mezzadri, plus connu sous le nom de Magic Malik, trimballe sa flûte traversière sur toutes les scènes du monde et (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 juin 2014

Magic system

Depuis plus de vingt ans, Malik Mezzadri, plus connu sous le nom de Magic Malik, trimballe sa flûte traversière sur toutes les scènes du monde et multiplie les collaborations jusqu'à la limite de la schizophrénie esthétique. Surtout, avec ou sans son Magic Malik Orchestra, le natif d'Abidjan grandi en Guadeloupe se nourrit, avec un instrument pas forcément taillé pour la légende, d'expériences musicales sans limites, entre jazz, hip hop et électro. C'est ce dernier genre que Malik explore en compagnie de DJ Oil (des Troublemakers), Gilbert Nouno et Hubert Motteau à la batterie sur Tranz Denied. Mais, on s'en doute, en appliquant son propre système de pensée, d'écriture et d'interprétation. La flûte y est toujours présente, mais Malik joue de nombreux autres instruments et chante sur ce qui relève davantage d'une plongée dans des univers musicaux multiples : pop japonaise (le très ludique Shibuyi Memories), world music et donc électro, certes, mais jouée à la manière d'une formation jazz. Tranz Denied est donc un OVNI, ambassadeur idéal de festivals de jazz qui cherchent, comme Fort

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Big Shorter

MUSIQUES | Pour fêter son quart de siècle, Fort en Jazz s'offre, en guise de climax d'une déjà belle programmation (Magic Malick, Roberto Negro, Malia, Bigre !, Médéric (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 juin 2014

Big Shorter

Pour fêter son quart de siècle, Fort en Jazz s'offre, en guise de climax d'une déjà belle programmation (Magic Malick, Roberto Negro, Malia, Bigre !, Médéric Collignon Quartet, Carla Bley trio...), une petite escapade du côté de l'Auditorium en compagnie de Jazz à Vienne et, surtout, du saxophoniste Wayne Shorter. Ni plus ni moins que l'un des grands maîtres de la soufflante jazz, et l'un de ceux qui font le lien entre l'ancienne génération, celle de l'âge d'or, des Miles et des Coltrane, et la nouvelle pour ne pas dire "les" nouvelles. Car Shorter affiche haut ses quatre-vingts printemps, ce qui pour un jazzman n'est guère signifiant mais le serait beaucoup plus pour un rocker.  Shorter, c'est donc le saxophoniste du quintette de Miles de 1964 à 1971 – où il côtoya aussi Herbie Hancock, l'un de ses grands partenaires historiques au fil des âges – dont il fut le principal maître d'oeuvre en matière de composition. Mais Shorter, c'est aussi la figure marquante d'un des monuments du jazz-rock (dont il avait au préalable déjà emprunté la voie avec Miles) : Weather Report. Le pont avec le rock ne s'arrêtera d'aill

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Mélange Fort

MUSIQUES | Alors que l'exposition hommage à Django Reinhardt se poursuit au Fort du Bruissin jusqu'au 14 juillet, le festival Fort en Jazz se refermera le 24 juin (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 24 mai 2013

Mélange Fort

Alors que l'exposition hommage à Django Reinhardt se poursuit au Fort du Bruissin jusqu'au 14 juillet, le festival Fort en Jazz se refermera le 24 juin avec les Canadiens de The Lost Fingers, dont le nom est un hommage au maître du jazz manouche et à ses fameux doigts manquants - lesquels ne l'ont pas empêché de devenir le plus grand guitariste de son genre. Pour eux, il s'agit surtout de revisiter à la sauce manouche des standards des années 80. Un bien beau symbole d'une édition 2013 qui n'hésite pas à abuser des mélanges. Ainsi aura-t-on la joie (ou pas) d'assister au grand retour de Matt Bianco, le groupe d'un certain Mark Reilly qui, à l'époque où les Smiths régnaient sur le bon goût, fut l'un des rares Anglais à produire une musique tournée vers le jazz et les rythmes latino. Non sans empocher le pactole avec quelques tubes, dont le mythique Yeh, Yeh. Parmi les prestations à ne pas rater, on notera celle du pianiste et claviériste Bojan Z, grand rafleur de Victoires du Jazz, tout comme Eric Legnini, qui viendra présenter un projet où se croisent afro beat, folk,

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Revenants

MUSIQUES | À force, les salles lyonnaises sont un peu comme le PMU du coin de la rue, elles finissent par avoir des habitués. Ce qui en dit long sur la qualité de l'accueil de nos salles. Ou sur le fait que Lyon soit bel et bien réapparu sur la carte de France du rock. SD

Stéphane Duchêne | Jeudi 13 septembre 2012

Revenants

Cette saison encore, quelques bienvenues impressions de déjà-vu. Qu'il s'agisse d'artistes quasi bi-annuel comme Dominique A – dont, quoi qu'il arrive, on ne se lasse pas – ou quasi-annuel comme Deerhoof ou The Wedding Present qui (re)vient tout spécialement pour jouer en intégralité l'un de ses albums mythiques Seamonsters. Il y a aussi les chouchous tels le Canadien Patrick Watson – pourtant de plus en plus déroutant – pour lequel l'Épicerie Moderne se damnerait volontiers, comme elle le ferait pour la formation hollandaise The Ex quasiment assignée à résidence, ou ses collègues bruitistes d'A Place to Bury Strangers aka «le groupe le plus bruyant de NY». Autre retours de groupe qu'on a l'impression d'avoir quittés hier : Dark Dark Dark, malheureusement programmé l'an dernier en face de The Chap, et les Caennais de Concrete Knives dont l'avenir, sur le label anglais Bella Union, s'annonce aussi glorieux que leurs hymnes pop sont foux-dingues. Tandis que ceux-ci passeront de la scène du Kafé, à celle plus p

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Oiseaux Jazz

MUSIQUES | Qui dit été dit festivals, qui dit festivals dit jazz, qui dit jazz dit Jazz à Vienne, point de rencontre annuel de la grande migration des jazzeux du monde entier. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 21 juin 2012

Oiseaux Jazz

Avec l'été et l'avènement des festivals, on assiste chaque année à une migration qui pourrait nous rappeler celle de certains volatiles sensibles au climat (oies, grues, etc...). Chaque été, à la même période, c'est la grande transhumance des jazzmen, irrésistiblement attirés par la qualité du climat français, et ici, rhonalpin, et la qualité de ses sites antico-historico-touristiques. Parmi ceux-ci, le théâtre antique de Vienne n'est pas le moins prisé. Or, la notoriété et le talent de ces drôles d'oiseaux aux cris étranges, trompettistes, saxophonistes, chanteurs, pianistes, guitaristes, n'est pas sans attirer de concert toute une foule d'amateurs qui, elle aussi opère une migration vers ce lieu de rassemblement, comme le fauve attiré par la pause réhydratation d'un troupeau de flamands roses. Cette année, à Vienne, les oiseaux sont encore une fois loin de se cacher pour mourir même si une partie d'entre-eux n'est pas de prime jeunesse. Mais ce sont eux qui ont construit la légende du jazz et par là d'un festival qui n'a de jazz que la raison sociale, car toutes les espèces de m

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Plus jazz que fort

MUSIQUES | Festival / Entré l'an dernier dans sa troisième décennie, Fort en Jazz entame celle-ci par un déménagement. Le festival qui jusqu'ici se déroulait au Fort du (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 20 mai 2010

Plus jazz que fort

Festival / Entré l'an dernier dans sa troisième décennie, Fort en Jazz entame celle-ci par un déménagement. Le festival qui jusqu'ici se déroulait au Fort du Bruissin, le «fort» de «Fort en Jazz», investira pour cette édition 2010 l'Iris de Francheville. Une solution moins coûteuse en infrastructure qui permet à Fort en Jazz de se concentrer sur une programmation plus riche et plus longue. En effet, que les amateurs se rassurent, s'il n'est plus question de fort, le jazz lui sera toujours fidèle au poste pour monter la garde pendant les deux semaines que dure désormais le festival. Toujours soucieux de promouvoir les projets innovants en Rhône-Alpes et de sensibiliser les plus jeunes à cette musique qui «englobe toutes les musiques» (cette année le jazz manouche avec la projection du film Swing de Tony Gatlif et des conférences-expositions sur Django Reinhardt), Fort en Jazz n'en soigne pas moins sa programmation, celle-là même qui donne son prestige à tout bon festival. On pourra ainsi y applaudir le génial contrebassiste israëlo-new-yorkais Avishaï Cohen, client prisé de ce genre d'événements qui viendra présenter son nouvel album Aurora. Ou encore la très rock n'roll, pour une j

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Ça jazze fort

MUSIQUES | Festival / Installé au Fort du Bruissin à Francheville, Fort en Jazz est parvenu à forger sa propre identité dans un pays jazz régional pourtant touffu. Cette année, le festival fête brillamment ses 20 ans. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 15 mai 2009

Ça jazze fort

Depuis vingt ans, Fort en Jazz réussit a priori l’impensable : célébrer le jazz dans une ancienne fortification militaire. En transformant un fort du XIXe siècle, sevré de boulets, en centre d’art contemporain perdu en pleine nature, la commune de Francheville est parvenue avec originalité à mettre en valeur son patrimoine (fut-il militaire, il n’en reste pas moins historique). Et c’est ce cadre «fort» qui a permis à Fort en jazz d’asseoir son identité face à des événements jazz voisins (Vaulx, Vienne) qui pourraient lui prendre de la lumière. Ainsi qu’une programmation plutôt bien vue. L’événement cette année est sans conteste la venue du Christian Vander Quartet. À la différence des fondus de jazz tordu, le grand public ignore probablement qui est Christian Vander. Impossible en revanche qu’il n’ait jamais entendu parler de Magma, la formation mythique formée par Vander à la fin des années 60 et qui a vu défiler des dizaines de membres, parmi lesquelles quelques futures légendes du jazz. Quand il n’est pas aux commandes de ce monstre musical qui en appelle autant à Coltrane (son idole) qu’à Stravinsky (idem), Vander évolue avec cette formation plus légère, très prisée des connais

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Fort intérieur

MUSIQUES | Le 12 juin, s’ouvre la partie musicale du festival Fort en Jazz qui, du haut de sa place forte médiévale, suit le jazz sur des chemins de traverse. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 5 juin 2008

Fort intérieur

Si Fort en Jazz à choisi de se retrancher entre les murs d’un fort défensif, c’est peut-être moins pour mettre en valeur le patrimoine local que pour défendre bec et ongles les valeurs et les vertus du jazz. Mais un jazz intergénérationnel et transversal. Pas grand-chose de commun à priori entre Jean-Jacques Milteau, Incognito (from London) et les Nantais d’Hocus Pocus. Si ce n’est le jazz qui cimente les interstices dans lesquels viennent se nicher les particularismes de chacun. Ce ciment-là le festival a choisi de l’exposer, au milieu des vieilles pierres par le biais de l’exposition l’Odyssée du Jazz (débutée le 24 mai, mais visible jusqu’au 24 juin). Manière de retracer, à l’usage des jeunes générations, les grandes étapes et les grandes figures de cette épopée qui court des racines africaines à l’affranchissement absolu que fut le free jazz. Avant d’essaimer librement dans tous les genres musicaux. Cet essaimage et cette liberté, Jean-Jacques Milteau en attestera mieux que quiconque. Son mérite aura été de montrer qu’on peut se faire un nom dans le concert international avec un instrument, l’harmonica, qui tient dans la poche arrière du jean. Instrument qui jusque-là dan

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