Slatkin trouve l'ouverture

MUSIQUES | Le nouveau directeur musical de l’Orchestre national de Lyon, Leonard Slatkin, a mijoté une saison qui tranche avec le passé. Pour l’ouverture, il a pris le pari audacieux de faire sonner le Requiem de Berlioz. Œuvre d’une puissance exceptionnelle et d’une religiosité toute singulière. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Vendredi 24 août 2012

On ne l'attendait pas là ce Requiem. Peut-être pouvions-nous l'imaginer quelque part dans la saison, entre une œuvre symphonique et un concerto pour piano... Mais c'est peut-être cela le style Slatkin : un langage direct, un geste musical vigoureux et subtil à la fois. On connait son amour pour la musique américaine contemporaine, son penchant pour la musique française du début du XXe siècle. Nous ne connaissions pas encore le chef d'orchestre amoureux d'oratorio, prenant à bras le corps l'un des monuments de la musique religieuse d'une époque romantique en pleine révolution orchestrale. Slatkin et Berlioz réunis, c'est 350 musiciens sur scène, une masse orchestrale imposante, une fanfare de cuivres et des choristes comme s'il en pleuvait : le Chœur de Lyon-Bernard Tétu, un ensemble de Washington, un chœur de Londres. Que connaissent les mélomanes de Berlioz ? Son extravagante chevelure, son tempérament volcanique, sa Symphonie fantastique, son Traité d'harmonie, mais son Requiem, beaucoup moins. En pleine époque romantique, là où les sentiments les plus exacerbés s'expriment, Berlioz apparait comme LE compositeur providentiel même si certains de ses contemporains se moquent ouvertement de lui. Les critiques vont bon train, ainsi Rossini : «Quelle chance que ce garçon ne sache pas la musique, car il en ferait de bien mauvaise…»

Stupeur et tremblement

Berlioz a toujours été fasciné par les possibilités dramatiques du texte du Requiem, pendant un temps, il a même pensé à en faire un opéra. Aussi, lorsqu'il reçut la commande d'une grande messe des morts à la mémoire des victimes de la Révolution de 1830, il se sentit pousser des ailes.

Berlioz a bousculé les codes, n'a pas hésité à réécrire certains passages du texte, à en couper d'autres comme dans le Rex tremendae où le chœur pétrifié par la peur ne chante pas les derniers mots. La masse orchestrale choisie par Berlioz vient de sa volonté de remplir l'église des Invalides, son soucis d'acoustique passant bien avant ses préoccupations religieuses. Alternance de grands moments dramatiques et de passages doux et recueillis, cette œuvre reste pour le moins atypique. Chaque mouvement faisant appel aux cuivres et aux timbales est suivi d'un mouvement contemplatif. Le tumulte s'éteint et fait place à la prière, puis le tumulte revient. Des vagues incessantes où émergent beauté et drame, joie et tristesse, toute l'humanité concentrée.


Requiem de Berlioz
À l'Auditorium de Lyon
Mardi 4 et mercredi 5 septembre

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Insomniaque : où danser ce week-end ?

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 26 septembre 2017

Insomniaque : où danser ce week-end ?

29.09.17 > LE SUCRE SHAKE YOUR CLASSICS Est-il possible de clubber avec votre maman voire de partager des gin-to avec votre grand-mère ? Grâce au Sucre, à l'Auditorium et au GRAME, c'est oui : le cycle de soirées mêlant musique classique et techno reprend, conviant-là l'Orchestre National de Lyon dirigé par le chef américain Leonard Slatkin avant un live de Birth Of Frequency, dont la techno est sous perfusion Détroit. Collision. 30.09.17 > NINKASI RAGGATEK NIGHT On a vu surgir avec un peu de surprise cet hybride costaud entre vocaux raggamuffin et techno dure, emmené en particulier par DJ Vandal... Puissance du beat, caresse du skank : le Ninkasi consacre une nuit à ce style très free party en conviant Guigoo (des Narcotek, qui a lui-même collaboré avec le suscité Vandal), l'Italien Pitch (de Mad Attack) en live, Astifleure et Asco (Total Reez).

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Le plus russe des Russes

Auditorium de Lyon | C’est un événement : en plein cœur du Festival Russe proposé par l’Auditorium, Leonard Slatkin dirige les six symphonies de Tchaïkovski.

Pascale Clavel | Mardi 15 novembre 2016

Le plus russe des Russes

À l’affiche, c’est un beau festival. L’âme slave révélée sous toutes les coutures : Borodin, Chostakovitch, et leur fantastique musique de chambre ; Moussorgski et ses Tableaux d’une exposition ; Grigori Sokolov, pianiste fascinant, aux interprétations quasi mystiques et profondément poétiques. Des festivités russes aussi, autour de musiques populaires où l’on comprend en trois mesures toute la mélancolie slave. En point d’orgue du festival, Tchaïkovski : compositeur éclectique, mélodiste hors pair. Son langage musical, fortement influencé par les romantiques allemands et par Berlioz pour l’orchestration, n’est pas vue d’un très bon œil par les compositeurs russes — en particulier ceux du Groupe des Cinq — parce que pour eux, le style doit être russe, uniquement, radicalement. L’âme humaine scrutée Entre symphonie classique et poème symphonique, les six symphonies de Tchaïkovski sont inclassables. Une dimension métaphysique pour chacune et une question en boucle pour toutes : quid

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Rentrée classique 2016 : Lyon va piano

MUSIQUES | On vous a offert un agenda tout neuf pour 2016 ? Entre autres bonnes résolutions, vous allez pouvoir noter les rendez-vous classiques immanquables (...)

Philippe Yves | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée classique 2016 : Lyon va piano

On vous a offert un agenda tout neuf pour 2016 ? Entre autres bonnes résolutions, vous allez pouvoir noter les rendez-vous classiques immanquables des mois à venir. Et ce sont les amoureux du piano qui seront les mieux servis tant les organisateurs de concerts ont convoqué à Lyon le gratin pianistique international. À l’Auditorium, on applaudira les padawans (l’Autrichien Till Fellner, de Beethoven à Berio le 11 mars, et Lang Lang, dont on vérifiera le 11 avril si la démesure sied au Concerto italien de Bach) comme le maître Murray Perahia, accompagné de l’Academy of Saint Martin-in-the-Fields le 4 juin. En attendant la réouverture de la Salle Molière, le piano s’écoute aussi Salle Rameau avec Ravel par Bertrand Chamayou le 5 février et un récital d’Alexandre Tharaud le 11 mai. À l’encre indélébile, vous noterez le double récital de Martha Argerich et Nicolas Angelich le 13 avril dans un monstrueux programme avec la version deux pianos du Sacre du Printemps. Ça ne se refuse pas. Et comme il n’y a pas que le piano dans la

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La rentrée musique côté classique

MUSIQUES | Cette saison, tous les lieux lyonnais consacrés aux musiques dites savantes affichent un programme qui ose, qui revendique, qui dénonce une époque contemporaine en plein repli. De belles expériences en perspective.

Pascale Clavel | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté classique

Peter Pan, Jean-Sébastien Bach et Matrix sont dans un bateau. Rien d’halluciné dans ces propos, juste une lecture aiguë de la nouvelle saison de l’Auditorium. Depuis l’arrivée du très décomplexé Jean-Marc Bador à la tête de la maison, la programmation s’affole, s’emballe et le choix semble si vaste qu’on pourrait s’y perdre. Il faudrait tout tester, devenir un mélomane glouton. Certains diront qu’il y en a pour tous les goûts, d’autres que, franchement, c’est trop. Partons de l’idée que la proposition est alléchante. Les portes se sont ouvertes sur l’inoxydable Symphonie n°9 de Beethoven dirigée par Léonard Slatkin. Cerise sur le gros gâteau, le public s'est vu investi d’une belle mission : chanter l’Hymne à la joie à tue-tête, avec ses tripes et ses convictions, acte quasi politique en ces temps où la fraternité entre les peuples est plutôt mise à mal – Jean-Marc Bador et Léonard Slatkin martèlent d'ailleurs d’une seule voix leur volonté d'«effacer les distances et gommer le temps» ; vaste ambition, utopie régalante. L’énigmatique pianiste Hélène Grimaud et l’indémodable Ton Koopman seront tous deux artist

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Williams / Spielberg : terrain d’entente

ECRANS | Le cinéma regorge de duos fameux formés par un compositeur et un metteur en scène : Bernard Hermann et Alfred Hitchcock, Philippe Sarde et Claude (...)

Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

Williams / Spielberg : terrain d’entente

Le cinéma regorge de duos fameux formés par un compositeur et un metteur en scène : Bernard Hermann et Alfred Hitchcock, Philippe Sarde et Claude Sautet, Georges Delerue et François Truffaut, Pino Donaggio et Brian De Palma, Howard Shore et David Cronenberg ou encore Carter Burwell et les frères Coen. De tous, le couple John Williams et Steven Spielberg est de loin le plus fidèle : Williams a orchestré toutes les bandes originales du cinéaste, à l’exception du futur Bridge of Spies pour des raisons de santé. Surtout, le musicien a écrit des scores qui ont participé à la popularité des films : le thème des Dents de la mer avec son crescendo inquiétant, les partitions symphoniques d’Indiana Jones, E.T., Jurassic Park, les cinq notes à la base de Rencontres du troisième type… Leurs collaborations récentes sont même parmi les plus surprenantes : la musique épurée et sombre de Munich, virevoltante et "mancinienne" des Aventures de Tintin, ambitieuse et complexe de

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La saison 2015/2016 de l'Auditorium

ACTUS | L’Orchestre National de Lyon et l’Auditorium viennent de dévoiler une saison 2015/2016 monumentale et foisonnante dont les promesses vont ravir les mélomanes avertis comme ceux qui voudraient faire leurs premiers pas dans le répertoire symphonique. Philippe Yves

Benjamin Mialot | Mercredi 29 avril 2015

La saison 2015/2016 de l'Auditorium

Du côté des monuments symphoniques, Leonard Slatkin dirigera les épiques 5ème (les 12 et 14 novembre) et 9ème (le 12 septembre) Symphonies de Beethoven avant de s'attaquer, plus tard, à Ainsi Parlait Zarathoustra (le 4 février 2016), la plus kubrickienne des œuvres de Richard Strauss. Plus généralement, les pianistes tiendront le haut de l’affiche, en témoignent les invitations aux solistes Hélène Grimaud (les 17 et 19 septembre), Nikolaï Luganski (18 et 19 décembre), Lang Lang (le 11 janvier) ou encore Murray Perahia, qui se produira avec la Londonienne Academy of Saint Martin in the Fields (le 4 juin). Parmi les pépites de la saison, notons les Kindertotenlieder, le chef d’œuvre endeuillé de Mahler, sous la jeune baguette de Lionel Bringuier (19 et 21 mai) ou encore la venue du chef d’orchestre Charles Dutoit à la tête du Royal Philharmonic Orchestra de Londres (le 20 octobre) ainsi que le retour de T

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L'Auditorium à la fête

MUSIQUES | A l'Auditorium cette saison, c’est champagne. Quarante bougies pour le lieu, soixante-dix pour son chef Leonard Slatkin, de nouveaux événements étonnants... De la musique comme s’il en pleuvait, de l’Amérique en découverte, de la danse, et même une intégrale des symphonies de Brahms. Une saison qui risque le trop ? Pascale Clavel

Pascale Clavel | Mardi 23 septembre 2014

L'Auditorium à la fête

Jean-Marc Bador, directeur de l’Auditorium, a posé son style et la maison doit suivre. Il dépoussière, a envie, pense vite... Trop selon certains. Pourtant, il offre au public un choix inouï, varié, éclectique, sans perdre pour autant de vue l’option symphonique. «Une saison toute en couleurs qui porte au plus haut l’exigence artistique tout en s’aventurant avec délectation hors des sentiers battus». C'est ainsi qu'il nous résume son programme. Le décor étant posé, regardons de plus près ce patchwork musical. A commencer par les dix jours de fête qui marqueront les quarante années d’existence de l’Auditorium et qui verront, comme un cadeau, Serge Baudo donner le 8 février La Symphonie fantastique, lui qui avait dirigé cette même œuvre le 14 février 1975 à l’ouverture de l’Auditorium. Séquence émotion donc. Plusieurs fils rouge traversent le reste de la programmation. Les compositeurs américains, chers à Slatkin, vont ainsi côtoyer leurs homologues français, explorant ensemble les univers musicaux particuliers des deux pays. On entendra notamment Porgy and Bess (le 11 décembre) et We

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Léonard Slatkin, 70 ans de génie

MUSIQUES | Quand il ne mène pas son monde à la baguette, Leonard Slatkin, en bon Yankee, taquine un tout autre type de bout de bois, beaucoup plus robuste celui-ci : (...)

Benjamin Mialot | Mardi 16 septembre 2014

Léonard Slatkin, 70 ans de génie

Quand il ne mène pas son monde à la baguette, Leonard Slatkin, en bon Yankee, taquine un tout autre type de bout de bois, beaucoup plus robuste celui-ci : la batte de base-ball. Si bien qu'à l'occasion de son soixante-dixième anniversaire, qui coïncide avec les Journées européennes du patrimoine, le chef de l'ONL animera ce week-end à l'Auditorium une initiation au plus abscons des sports américains – rappelons par exemple que les matchs se jouent en neuf manches, rien que ça, on dirait une règle de Kamoulox. Ce n'est pas la seule activité au programme de ces "Happy Days"(du 18 au 21 septembre) décalés et gratuits (et un rien égocentriques) : outre un pique-nique made in USA et des visites guidées du Saint des saints de la musique orchestrale, l'Auditorium proposera un prolongement sous forme d'exercices d'adresse de l'opération Fauteuil & tribune, initiée avec l'OL en 2005. Et bien sûr des concerts dirigés par le maître, dont un triple-programme au féminin (avec un concerto de Beethoven par la pianiste Olga Kern, la violoniste Baiba Skride et la violoncelliste Sol Gabetta, habituées des lieux) et un pot-pourri transatlantique avec l'Harmonie du Rhô

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Home sweet home

MUSIQUES | Après quelques mois de travaux et autant de temps d’exil pour ses musiciens, l'Orchestre National de Lyon revient chez lui, à l'Auditorium. Pour fêter (...)

Pascale Clavel | Vendredi 11 octobre 2013

Home sweet home

Après quelques mois de travaux et autant de temps d’exil pour ses musiciens, l'Orchestre National de Lyon revient chez lui, à l'Auditorium. Pour fêter l’événement, Leonard Slatkin a concocté un moment de musique qui promet d'éclabousser plus d’un spectateur : deux soirées Tchaïkovski d’une grande et belle densité, l'une autour de son célèbre Concerto pour piano n°1, que magnifiera le  jeune et brillantissime pianiste russe Andeï Korobeïnikov, l'autre centrée sur son hypnotique Symphonie n° 5, sinistre et néanmoins d’une élégance absolue. Ce sont là deux œuvres déjà bien inscrites dans l’inconscient collectif que programme l'ONL, déroulant au passage l’un des fils rouges de sa saison, celui consacré aux compositeurs russes. Le concerto, pourtant méprisé dès l’origine par le pianiste Nikolaï Rubinstein - qui déclarait sans honte que cette musique était simplement mauvaise - est en effet devenu vite populaire. Leonard Slatkin ne pouvait en trouver meilleur interprète que le prodige Korobeïnikov. Vainqueur du concours Tchaïkovski en 2003, il est un musicien hors normes et hors conventions, un virtuos

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Ça bouge chez les classiques

MUSIQUES | Signe d’une grande et belle vitalité artistique, cette saison encore les plus grands interprètes seront à Lyon. De Grame à l’Auditorium en passant par l’Opéra, Piano à Lyon et tant d’autres, tous s’y mettent pour proposer à public exigeant toujours plus, encore mieux. Petit tour d’horizon… Pascale Clavel

Pascale Clavel | Vendredi 20 septembre 2013

Ça bouge chez les classiques

Quelle autre ville que Lyon peut s’enorgueillir d’abriter en son sein autant de propositions musicales généreuses et surprenantes ? Pour son 31e Festival de musique baroque, Eric Desnoues surprend encore et fait venir à Lyon les immenses Savall (le 12 octobre à la Chapelle de la Trinité), Jaroussky (le 12 décembre), Minkowski (le 15 avril) et Herrweghe (le 11 juin). Cerise sur le gâteau, il accueillera le 20 mars le chef d’orchestre japonais Masaaki Suzuki, qui dirigera des cantates de Bach. Suzuki à la baguette et le Kapellmeister renait de ses cendres. Piano à Lyon, qui se délocalise pour une saison salle Rameau, offre de son côté dix concerts de haute volée, Jérôme Chabanne ayant tissé un programme où anciens et nouveaux se croisent. Gautier Capuçon et son complice Frank Braley reviendront ainsi ébouriffer le public lyonnais le 7 février tandis que l’hypnotique Alexandre Tharaud se frottera à l’Adagietto de la 5e symphonie de Mahler - qu’il a lui même transcrit pour piano - le 24 avril. Les Percussions Claviers de Lyon, quant à

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"Blackmail" en ciné-concert au festival Lumière

ECRANS | Comme chaque année, le festival Lumière investira l'Auditorium pour un ciné-concert où l'Orchestre National de Lyon, sous la direction de Lenoard Slatkin, (...)

Christophe Chabert | Jeudi 5 septembre 2013

Comme chaque année, le festival Lumière investira l'Auditorium pour un ciné-concert où l'Orchestre National de Lyon, sous la direction de Lenoard Slatkin, mettra en musique un chef-d'œuvre du muet. Pour l'édition 2013, ce sera donc Blackmail d'Alfred Hitchcock, fraîchement restauré par le British Film Institute grâce à son programme "Rescue the Hitchcock 9" — neuf films muets du cinéaste dont les copies étaient menacées de disparition — dans la partition composée en 2008 par Neil Brand et orchestrée par Timothy Brock. Le ciné-concert se déroulera le mercredi 16 octobre à 20h15, et Lumière programmera durant le festival le remake parlant de Blackmail, tourné quelques années plus tard par Hitchcock lui-même.

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Une fête au diapason

MUSIQUES | Le 21 juin, à moins d'être complètement sourd, on sent bien qu’il se passe quelque chose, que la musique est partout, qu’elle remplit les moindres espaces (...)

Pascale Clavel | Jeudi 13 juin 2013

Une fête au diapason

Le 21 juin, à moins d'être complètement sourd, on sent bien qu’il se passe quelque chose, que la musique est partout, qu’elle remplit les moindres espaces publics, qu’elle traverse les pores des peaux les plus imperméables, qu’elle se veut universelle, fraternelle voire conviviale. La musique dite classique, qui a longtemps boudé l’affaire, s’y colle depuis peu et quelques rares propositions valent le coup d’être écoutées cette année. Il faut d'abord chercher du côté de l’Auditorium pour tomber sur une programmation simple, drôle et décalée. En deux fois quarante-cinq minutes, le centre commercial de la Part-Dieu vibrera en effet, grâce à lui, aux sons du "cancan" de Jacques Offenbach, se pliera aux rythmes endiablés des suites d’orchestre de L’Arlésienne de Georges Bizet. Au beau milieu de ce temple de la consommation, Leonard Slatkin et l’Orchestre National de Lyon donnent rendez-vous à tous ceux qui passent par là, pour un vrai moment de joie musicale, à midi et à 18h, comme un petit moment d’apéritif en suspend. Si vous aimez l’orgue, rendez-vous plutôt au CNSMD, p

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L’invention du tube

MUSIQUES | Leonard Slatkin a un rêve : enregistrer toute l’œuvre avec orchestre de Ravel. Ce pari fou est déjà bien avancé, l’intégrale se fabriquant chez Naxos au fil (...)

Pascale Clavel | Lundi 6 mai 2013

L’invention du tube

Leonard Slatkin a un rêve : enregistrer toute l’œuvre avec orchestre de Ravel. Ce pari fou est déjà bien avancé, l’intégrale se fabriquant chez Naxos au fil des saisons. En novembre, nous avons pu en entendre deux extraits, L’Heure espagnole et L’Enfant et les Sortilèges, deux délicieux opéras interprétés pour l'occasion en version concert. Pour les deux soirées à venir, tubes garantis avec le très (trop ?) connu Boléro de Ravel, La Mer de Debussy et quelques pages musicales plus intimes mais tout aussi exaltantes. Par exemple Pavane pour une infante défunte et Rapsodie espagnole, pièces dans lesquelles Ravel déploie tout son génie de coloriste, livrant le portrait d'une Espagne féérique. Quant au Boléro, Ravel disait de lui qu’il devrait porter en exergue : «Enfoncez-vous bien cela dans la tête». Et le compositeur d’expliquer : «en 1928, sur la demande de Mme Rubinstein, j'ai composé un boléro pour orchestre. C'est une danse d'un mouvement très modéré et constamment uniforme… Le seul élément

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1 Ravel, 2 opéras

MUSIQUES | L’Heure espagnole et L’Enfant et les sortilèges, les deux opéras en un acte de Ravel, ne sont que très rarement donnés et encore plus rarement programmés (...)

Pascale Clavel | Jeudi 17 janvier 2013

1 Ravel, 2 opéras

L’Heure espagnole et L’Enfant et les sortilèges, les deux opéras en un acte de Ravel, ne sont que très rarement donnés et encore plus rarement programmés ensemble dans une même soirée. Précipitons-nous donc à l’Auditorium les 24 et 26 janvier prochains pour entendre ces deux petits bijoux bouffis de poésie et de drôlerie. L’Heure espagnole, comédie musicale enlevée, a été créée à l’opéra comique en 1911. L’intrigue en est simple : une Espagnole veut profiter de l’heure d’absence hebdomadaire de son mari pour inviter ses amants. L’Enfant et les sortilèges, sur un livret de Colette, est une fantaisie lyrique savoureuse et décalée. Ces deux opéras sont proposés en version concert, ce qui peut paraitre étonnant lorsqu’on sait que la mise en scène souvent magnifie une œuvre lyrique. Le procédé peut cependant se révéler très efficace si la distribution est parfaite, l’auditeur se concentrant alors sur l’essence même de la musique. Pour ce programme attendu (et qui s’exportera dès le 29 janvier à la salle Pleyel à Paris), celle imaginée par Leonard Slatkin s'avère très cohérente. Musicalement, les deux opéras montrent comment Ravel s’inspire

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La belle mue de L’ONL

MUSIQUES | À y regarder de près, l’histoire d’un orchestre peut être palpitante. Le public ne saisit pas toujours l’importance de la cohésion du groupe, de l’esprit (...)

Pascale Clavel | Vendredi 10 décembre 2010

La belle mue de L’ONL

À y regarder de près, l’histoire d’un orchestre peut être palpitante. Le public ne saisit pas toujours l’importance de la cohésion du groupe, de l’esprit d’équipe qui impérativement opérer au sein d'un orchestre, de l’adhésion quasi inconditionnel que chaque instrumentiste doit à son chef. L’affaire est souvent complexe : entre lutte d’égos, jalousies diverses, l’équilibre est difficile à trouver. L’ONL a eu la chance d’avoir toujours à sa tête des chefs d’une exceptionnelle qualité artistique. Petit tour d’horizon chronologique de ceux qui ont fait, à leur manière, un véritable son d’orchestre salué par la presse internationale. Serge Baudo de 1971 à 1986 : Pendant toute cette période à la tête de l’ONL, il a fabriqué, à la manière d’un artisan, un son français si particulier, reconnaissable dans le monde entier. Il a été un chef d’orchestre rempli d’humanité, et sa générosité a transcendé les musiciens de l’orchestre sur chaque œuvre interprétée. Emmanuel Krivine de 1987 à 2000 : Véritable sorcier, cet homme volcanique est un musicien hors norme, impatient comme les plus grands, agacé quand un son ne vient pas immédiatement de l’orchestre. Malgré toutes les polém

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