Zëro dëfaut

MUSIQUES | En accompagnement de la lecture Calaferte délivrée par Virginie Despentes, Zëro, culte formation noise (ex-Bästard) et post-rock lyonnaise, sort également son cinquième album en 10 ans : "San Francisco".

Stéphane Duchêne | Mercredi 2 mars 2016

Photo : © DR


Zëro. Avec un tréma autant qu'un trauma, le même qui trônait par dessus l'ancien avatar qu'était Bästard. L'un succédant à l'autre sont deux légendes de la noise lyonnaise. Lyonnaise, mais pas que. Noise, mais pas que.

En quatre ans d'existence (si l'on occulte leur vie passée sous le nom de Deity Guns) Bästard a creusé le sillon de tout un pan du rock expérimental français (noise, jazz bruitiste, no wave, indus) au fil de nombreux disques dont l'un fameux, produit par Lee Ranaldo de Sonic Youth.

Séparé en 1997, après une éclipse de dix ans et épuré de quelques membres, le groupe repart à Zëro et la machine aussi, résolument tournée vers le post rock. Depuis un moment associés aux lectures toute en tension de Virginie Despentes, il se dit que l'expérience a quelque peu joué sur la conception de leur cinquième album, San Francisco, tout juste paru. Un album qui sonnerait presque plus "pop", avec tous les guillemets qu'une telle mention nécessite (on pense aux morceaux Ich... Ein Groupie ou Cheap Dream Generator). Zëro ou un groupe qui ne souffrira pas de la disparition de l'accent circonflexe mais ne débarrassera jamais l'auditeur, aussi averti soit-il, d'un accès circonspect. SD


Carte blanche à Virginie Despentes

Lecture musicale du Requiem des Innocents de Louis Calaferte accompagnée par le Groupe Zëro
Espace Albert Camus 1 rue Maryse Bastié Bron
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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La Fête du Livre Jeunesse de retour

Villeurbanne | Déplacée pour cause de crise sanitaire, la Fête du Livre Jeunesse de Villeurbanne prendra place sur le calendrier du 14 au 20 juin et adopte pour thème (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 11 juin 2021

La Fête du Livre Jeunesse de retour

Déplacée pour cause de crise sanitaire, la Fête du Livre Jeunesse de Villeurbanne prendra place sur le calendrier du 14 au 20 juin et adopte pour thème cette année un héros récurrent des livres pour enfants : l'animal, avec comme mot d'ordre Pas si bêtes !. Tout au long de ce rendez-vous incontournable en France — le deuxième du genre en termes d'affluence après celui de Montreuil — seront ainsi interrogées les représentations de la faune dans la littérature pour kids. Si la formule est un peu réduite par rapport aux années précédentes au vu du contexte, avec plusieurs rencontres en digital, le programme n'en reste pas moins intéressant. Ainsi, dans les bibliothèques de la ville, on partira à la rencontre des Humanimaux, la série de Éric Sicard (Maison du Livre, de l’Image et du Son, à partir de 8 ans). À la Médiathèque du Tonkin, le 16 juin, une fresque collective sera coordonnée par Émilie Vast (à partir de 6 ans). Plusieurs projections sont au menu également, dont celle de Goshu le violoncelliste de Isaho Takahata (le mercredi 16 juin au Rize à 16h30, à

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Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

Littérature | Après nous avoir expliqué en quoi consisterait son édition 2021, en ligne, la Fête du Livre de Bron livre les détails de sa programmation, adulte et jeunesse, et donne rendez-vous du 10 au 28 mars, du mercredi au dimanche, sur son site Internet.

Stéphane Duchêne | Lundi 1 mars 2021

Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

Une cinquantaine d'invités, un événement on line (et non on hippodrome, comme d'usage) étalé sur trois semaines, telle est la formule choisie de l'édition 2021 de La Fête du livre de Bron placée sous le signe de L'invincible été camusien qui ferait ici, davantage que de thème, office de devise de résistance, de vaccin contre la fatalité. Et si rien ne remplacera dans les cœurs des lecteurs une version "en présentiel", selon la formule désormais consacrée, on pourra quand même se contenter d'une jolie programmation tout à la fois resserrée (le nombre d'auteurs : réduit) et rallongée (dans la durée : trois semaines au lieu de cinq jours). Programmation qui, il faut le préciser, s'inspire plus que largement de celle imaginée pour l'édition en bugne à bugne envisagée dans un premier temps. Au programme donc, et comme nous l'expliquait il y a peu Yann Nicol, directeur de l'événement : des rendez-vous récurrents chaque week-end (entendre « s

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Yann Nicol : « se contenter d'attendre le retour à la normale n'est pas raisonnable »

Fête du Livre de Bron | Passé entre les gouttes l'an dernier en se tenant un mois plus tôt que d'habitude, la Fête du Livre de Bron a attendu 2021 pour être rattrapée, comme tout le monde, par le Covid. Et à dû renoncer à se tenir autrement que virtuellement. L'occasion pour le festival brondillant de se repenser pour le présent et pour l'avenir et d'être au final plus... présent. Son directeur Yann Nicol nous explique comment.

Stéphane Duchêne | Mercredi 17 février 2021

Yann Nicol : « se contenter d'attendre le retour à la normale n'est pas raisonnable »

Le 2 février, la Fête du Livre a annoncé qu'elle se tiendrait en numérique. Une annonce qui a mis par terre plusieurs mois de préparation d'une édition qui se voulait adaptée à la situation sanitaire. Yann Nicol : Nous avons poussé jusqu'au bout pour essayer de tenir les choses mais au bout d'un moment la persévérance devient de l'entêtement. On a essayé de se mettre en situation de pouvoir répondre, d'être prêt avec une formule "en présentiel", comme on dit, plus adaptable. On avait notamment décidé de ne pas organiser le festival à l'hippodrome de Parilly parce que c'était un lieu très vulnérable à la fermeture, qui nous coûte cher, comme les locations de chapiteaux. Je ne voulais pas mettre de l'argent dans un lieu qui aurait trois chances sur quatre d'être fermé, ça me semblait complêtement déraisonnable. Et ouvrir l'hippodrome avec une jauge de 500 personnes, ça promettait d'être absolument sinistre. M

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La Fête du Livre de Bron jette l'éponge et se réfugie à son tour dans le virtuel

Littérature | La traditionnel rendez-vous de mars fidélisant les amateurs de littérature n'aura pas lieu cette année — et se contentera d'une édition virtuelle, comme plusieurs autres événements (Assises Internationales du Roman, Quais du Polar...) l'ont fait l'année dernière.

Sébastien Broquet | Mardi 2 février 2021

La Fête du Livre de Bron jette l'éponge et se réfugie à son tour dans le virtuel

En 2020, ayant avancé ses dates pour ne pas se superposer aux élections municipales, la Fête du Livre de Bron avait réussi à se tenir tout à fait normalement et à ne pas intégrer la longue liste des événements annulés, toujours en cours d'élaboration — et ce sans doute jusqu'à l'automne prochain. Mais pour cette 35e édition de 2021, c'est rapé : « après avoir tenté, avec enthousiasme et persévérance, de proposer un festival en présence des auteurs et du public, l'association s'est résolue à transformer la 35e édition de la Fête du Livre de Bron en un événement 100% digital. Une formule inédite et attractive, entièrement en ligne, qui se déploiera sur les réseaux sociaux et le tout nouveau site de la Fête du Livre de Bron, appelé dans l'avenir à constituer un véritable média numérique autour de la littérature, des sciences humaines et de la littérature jeunesse. Dans le contexte actuel, l’équipe de la Fête du Livre de Bron est plus que jamais convaincue de la nécessité de donner la parole aux écrivains, aux intellectuels et aux artistes pour comprendre le temps présent et en

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La Fête du Livre de Bron revient en mars 2021

Littérature | Après avoir avancé son édition 2020 en février pour des raisons de calendrier — ce en quoi les organisateurs ont été involontairement bien inspirés — la (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 30 juin 2020

La Fête du Livre de Bron revient en mars 2021

Après avoir avancé son édition 2020 en février pour des raisons de calendrier — ce en quoi les organisateurs ont été involontairement bien inspirés — la Fête du Livre de Bron réintégrera l'an prochain ses quartiers du mois de mars. Pour sa 35e édition, le festival brondillant se tiendra du 3 au 7 mars 2021. En attendant, podcasts (des rencontres des éditions passées notamment mais aussi du Bookmakers mensuel proposé par Richard Gaitet sur Arte radio — et conseils de lecture sont à retrouver sur le site de la Fête du Livre. Et en septembre, on connaîtra les livres sélectionnés pour le Prix Summer, remporté cette année par Anne Pauly avec Avant que j'oublie, et dont le vainqueur est désigné par un panel de lecteurs régionaux.

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Camille de Toledo : « un temps autre s’est ouvert »

Podcast | Camille de Toledo, écrivain et chercheur, repense sa résidence croisée initiée à Lyon en un rendez-vous de conversations à distance, chaque mardi. Toujours sous l'égide de l’École Urbaine de Lyon, la Fête du Livre de Bron et l’European Lab. Il nous explique.

Sébastien Broquet | Mardi 9 juin 2020

Camille de Toledo : « un temps autre s’est ouvert »

Vous remodelez votre cycle de résidence et de rencontres à Lyon en une forme nouvelle, des conversations nocturnes chaque dimanche soir : pouvez-vous nous présenter ce concept et comment il va se dérouler ? Camille de Toledo : Je crois ardemment aux vertus d’une conversation croisée entre les arts et les sciences humaines, entre une poétique et une politique, entre thérapeutique et savoir. C’est à cette intersection que nous avons lancé avec l’École Urbaine de Lyon, la Fête du Livre de Bron et l’European Lab, en janvier dernier, le cycle "Enquêter, enquêter, mais pour élucider quel crime ?". Nous vivons aujourd’hui à l’heure d’une très vaste révélation d'un "crime terrestre", ce qu’on nomme également en droit un écocide, même si la notion n’est pas encore, hélas, reconnue pénalement. Quand nos affaires humaines, à l’échelle planétaire, ont été interrompues par cet

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Santiago Amigorena, l'enfant du silence

Littérature | Avec Le Ghetto intérieur, Santiago H. Amigorena livre le roman qui planait sur toute son œuvre. Où l'auteur franco-argentin brise le silence hérité d'un grand-père juif accablé par la peine d'avoir survécu, parce qu'exilé, à l'Holocauste qui emporta sa mère.

Stéphane Duchêne | Mercredi 12 février 2020

Santiago Amigorena, l'enfant du silence

[Edit-Fête du Livre] D'où vient que les écrivains mettent parfois la moitié d'une vie - cinq, dix livres - pour écrire le livre que porte depuis la première ligne leur geste littéraire, s'affronter yeux dans les yeux au sujet pour lequel ils s'installent chaque jour à l'écritoire et qui supporte, subliminal, l'œuvre jusque-là délivrée ? Eux-mêmes ont rarement la réponse, probablement à chercher du côté d'une maturation psycho-généalogique qui soudain bourgeonne à découvert, nue comme un ver et qu'on ne peut plus ignorer. La question est particulièrement sensible s'agissant de Santiago Amigorena qui depuis 21 ans écrit pour dire qu'il ne peut pas dire, aveu formalisé en préambule de ce Ghetto Intérieur à l'évocation d'une œuvre autobiographique qui porte un abyssal non-dit. Soit l'histoire du grand-père Vicente Rosenberg, juif polonais devenu argentin - qui ne se sent aucun des trois - à qui parviennent dès 1940 des nouvelles de plus en plus funestes de Pologne où les Juifs, son frère, sa mère, restés à Varsovie, sont parqués dans un ghetto dont il peine à mesurer les contours, à comprendre ce qui vraiment

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Laurent Binet : « une autre mondialisation était possible »

Fête du Livre de Bron | Et si, au lieu du contraire, les Incas avaient "découvert" et asservi l'Europe ? C'est ce renversement qu'opère Laurent Binet, invité de la Fête du Livre, dans son fascinant Civilizations (Grasset), Grand Prix de l'Académie Française. Un roman picaresque où l'érudition historique sert justement à tordre la vérité de l'Histoire pour accoucher d'un autre monde.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2020

Laurent Binet : « une autre mondialisation était possible »

Qu'est-ce qui a présidé à la démarche de ce livre et pourquoi cette histoire-là ? Laurent Binet : C'est une invitation au salon du livre de Lima qui m'a fait m'intéresser à la conquête de l'Amérique, aux pré-Colombiens. Un livre de Jared Diamond, aussi, De l'inégalité parmi les sociétés, dans lequel il pose la question : « Pourquoi est-ce Pizarro qui est venu capturer Atahualpa au Pérou et pas Atahualpa qui est venu capturer Charles Quint en Europe ? » Là, je me suis dit que j'allais raconter cette histoire alternative. Vous semblez avoir conçu Civilizations comme un scénario de jeu vidéo, dont le lecteur serait le héros... Le "z" du titre est effectivement une référence au jeu vidéo. Et j'ai conçu l'histoire de ce livre comme un jeu de stratégie. Comment on fait pour conquérir u

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Fête du Livre de Bron : un idéal, des idées hautes

Fête du Livre de Bron | Après "La vie sauvage" l'an dernier qui illustrait autant un désir de retour à la nature que la sauvagerie du libéralisme triomphant, La Fête du Livre de Bron a (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 janvier 2020

Fête du Livre de Bron : un idéal, des idées hautes

Après "La vie sauvage" l'an dernier qui illustrait autant un désir de retour à la nature que la sauvagerie du libéralisme triomphant, La Fête du Livre de Bron a dégainé pour cette édition 2020 anticipée un thème toujours fort à propos qui clame "Une soif d'idéal" dans ce monde où la moindre utopie, inspiration révolutionnaire toute entière contenue dans le "rouge idéal" baudelairien étouffe sous le poids d'un pragmatisme au cynisme rampant. La formule, elle, ne change pas qui alterne grands entretiens, tables rondes et lectures concepts (François Atlas et ses Fleurs du mal musicales, Charly Delwart et sa Databiographie). Et bien sûr grands noms (Jean-Paul Dubois, Leonora Miano, Jonathan Coe, Luc Lang, Laurent Binet) et semi-découvertes prises en flagrant délit de confirmation (Emma

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Le Goncourt Jean-Paul Dubois à la Fête du Livre de Bron

Littérature | C'est avec un peu d'avance sur les temps de passage habituels que la Fête du Livre de Bron a dévoilé les premiers noms d'auteurs et autrices invités à partager (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 25 novembre 2019

Le Goncourt Jean-Paul Dubois à la Fête du Livre de Bron

C'est avec un peu d'avance sur les temps de passage habituels que la Fête du Livre de Bron a dévoilé les premiers noms d'auteurs et autrices invités à partager leur « soif d'idéal » – thème de la cuvée 2020. Il faut dire que l'événement se déroulera un peu plus tôt que précédemment puisque cette édition investira l'hippodrome de Parilly du 12 au 16 février. Avant le dévoilement complet du programme le 9 janvier prochain, voici déjà les quelques noms avancés : notre bien aimée Emmanuelle Pireyre, comme éminente régionale de l'étape que l'on verrait bien dialoguer en sa chimère européenne avec le brexité Jonathan Coe, également de la partie ; Lionel Duroy ; Mathilde Forget et une brassée d'écrivains nouvellement décorés : Laurent Binet (Grand Prix de l'Académie française), Luc Lang (Prix Médicis), Cécile Coulon (Prix littéraire du Monde), Manuel Vilas (Prix Femina étrange

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"Allemagne année zéro" à l'Institut Lumière

Reprise | L’un des chefs-d’œuvres fondateurs du néoréalisme italien fut tourné… à Berlin, dans les décombres fumants de la guerre, peu après la capitulation nazie. (...)

Vincent Raymond | Mardi 1 octobre 2019

L’un des chefs-d’œuvres fondateurs du néoréalisme italien fut tourné… à Berlin, dans les décombres fumants de la guerre, peu après la capitulation nazie. Rossellini y montre la situation d’un enfant cherchant à subvenir aux besoins de sa famille et piégé par un environnement décidément trop hostile. Un constat terrible, et surtout une mise en garde toujours d’actualité, hélas. Allemagne année zéro Au Lumière Bellecour le mardi 8 octobre à 20h30

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Enfin l'ouverture officielle de Grrrnd Zero

Nouveau Spot | Enfin. Après près de quatre années de travaux et de vie cachée, Grrrnd Zero, squatt autorisé désormais localisé dans le quartier de La Soie, peut ouvrir grand ses portes officiellement, ayant recueilli toutes les autorisations nécessaires. L'occasion de revenir sur l'histoire de ce spot dédié aux cultures underground par la voix du collectif, aussi anonyme que pluriel.

Sébastien Broquet | Mardi 24 septembre 2019

Enfin l'ouverture officielle de Grrrnd Zero

#Start Grrrnd Zero : C’est le troisième lieu que l’on investit, il y en a eu deux autres avant. Deux et demi, si l’on compte notre incursion au Rail Théâtre. Notre collectif existe depuis 2004, monté à Lyon par des gens d’ici pour ouvrir un spot où accueillir des musiques alternatives. Le Pezner de Villeurbanne était fermé depuis un petit moment, le Kafé Myzik qui accueillait les musiques de traviole venait de fermer aussi ; la mairie s’était engagée à les reloger, en vain. Au sein de notre collectif, certains venait du Kafé Myzik, d’autres du milieu squatt d’autres villes. Ou n’avaient pas encore participé à des projets, mais voulaient s’investir. Tous se connaissaient très peu avant d’ouvrir le lieu. La solution du squatt n’a pas été envisagé de suite : on a cherché pendant un moment des locaux à occuper par un conventionnement, voire même loué. On s’est rendu compte assez r

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Prix Summer 2020 : la sélection

Littérature | Chaque année, La Fête du Livre de Bron remet son prix littéraire au moment du Festival qui aura lieu cette année du 12 au 16 février. Le prix Summer, c'est son (...)

Stéphane Duchêne | Dimanche 8 septembre 2019

Prix Summer 2020 : la sélection

Chaque année, La Fête du Livre de Bron remet son prix littéraire au moment du Festival qui aura lieu cette année du 12 au 16 février. Le prix Summer, c'est son nom, est décerné par un collège de lecteurs issus de 42 médiathèques de la métropole. Il avait l'an dernier récompensé Tiffany Tavernier pour Roissy (Sabine Wespieser). Comme de saison, la Fête du livre vient de dévoiler la liste des cinq romanciers en lice pour l'édition 2020 : Julia Deck pour Propriété privée (Minuit), Hélène Gaudy pour Un Monde sans rivages (Actes Sud), Vincent Message pour Cora dans la spirale (Seuil), Anne Pauly pour Avant que j'oublie (Verdier) et Sylvain Prudhomme pour Par les Routes (L'arbalète/Gallimard).

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Le monde des livres

Littérature | Avant la saison des festivals d'été, il y a celle des festivals littéraires, nourrie des centaines de livres parues en quelques mois et des milliers d'idées qui les composent. Tour d'horizon des événements littéraires majeurs du printemps.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 janvier 2019

Le monde des livres

Fête du Livre de Bron Retour à une thématique cette année, et même à une thématique forte pour la Fête du Livre de Bron qui explorera les recoins littéraires de "La Vie sauvage" : animalité de l'humain, violence du monde, libéralisme sauvage, question environnementale mais aussi subversion et insoumission. Où l'on retrouvera notamment le prix Goncourt Nicolas Mathieu pour Leurs enfants après eux (pour une collaboration qui s'annonce savoureuse avec le musicien Florent Marchet), mais aussi de nombreux autres comme Serge Joncour, David Diop, Charif Majdalani, Marielle Macé, Pascal Blanchard. Florence Aubenas, Andreï Kourkov, Domonique A, François More, FabCaro ou Jérôme Ferrari. Plus de détails sur cet alléchant programme le 23 janvier. À l'Hippodrome de Parilly du 6 au 10 mars Quais du Polar En dépit du réchauffement climatique, ils seront un peu glacés, cette année, les Quais du Polar. Le festival ayant choisi de rendre hommage au polar nordique et à ses joyeuses spécificités littéraires, culturelles et politiques. En invitant pas moins de 25 auteurs

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Le Goncourt à la Médiathèque de Bron

Littérature | Cette année, le Prix des lecteurs de la Fête du Livre de Bron a adopté le nom de Prix Summer, en référence au roman lauréat de 2018, signé Monica Sabolo. Pour (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 décembre 2018

Le Goncourt à la Médiathèque de Bron

Cette année, le Prix des lecteurs de la Fête du Livre de Bron a adopté le nom de Prix Summer, en référence au roman lauréat de 2018, signé Monica Sabolo. Pour l'attribution du prix, les organisateurs proposent toujours aux lecteurs de 37 médiathèques et bibliothèques de l'agglomération de choisir parmi cinq ouvrages et cinq auteurs à découvrir, lors de dix rencontres en bibliothèques, le roman de la rentrée littéraire de l'automne. Le prix étant remis lors de la Fête du Livre le vendredi 8 mars. Parmi les auteurs sélectionnés, l'on trouve notamment le lauréat du Prix Goncourt 2018 Nicolas Mathieu avec son roman Leurs enfants après eux (Actes Sud). Lequel répondra, en public, aux questions du groupe de lecteurs de la Médiathèque Jean Prévost de Bron le 12 décembre prochain à 19h. Une rencontre suivie d'une dédicace qui constituera un bel avant-goût de la Fête du Livre dont Nicolas Mathieu sera l'un des invités marquants.

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Street art : cuvée d’automne

Street Art | Après les murs de la ville et ceux des galeries d'art, le street art s'invite cet automne sur les pavés, au centre commercial et au stade !

Lisa Dumoulin | Jeudi 6 décembre 2018

Street art : cuvée d’automne

Après la vague d’expositions de street art à la rentrée dont on vous parlait ici, l’automne regorge encore de projets artistiques dédiés à cet art urbain. Du côté du crew décidément superactif de Superposition, plusieurs projets d’envergure ont vu le jour. Comme la fresque peinte à même le sol de la rue Victor Hugo et de la place Ampère, un projet mené en partenariat avec la Taverne Gutenberg, Maison G et l’association My Presqu’île. Onze artistes ont mis la main à la pâte : Azed, Bambi, Alex Beretta, Laurent Claveau, Khwezi, Masta, Koey, Osru, Quetzilla, Sphinx et Yandy. Le résultat filmé en vidéo est bluffant. Autre projet ambitieux : la réunion d’une trentaine d’artistes lyonnais et internationaux sur les murs d’un magasin du centre commercial Confluence. Une “coque” vide dans le jargon, en attente avant l’emménagement prochain d’une nouvelle marque. La boutique est transformée en galerie ép

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À la Fête du livre jeunesse, l'accueil questionné

Littérature jeunesse | Deux jours de festivités autour de la littérature jeunesse avec une cinquantaine d’invités en dédicace, des spectacles, des contes et des ateliers sur le thème de l’autre et de l’accueil : c'est la Fête du livre jeunesse de Villeurbanne.

Lisa Dumoulin | Mardi 20 mars 2018

À la Fête du livre jeunesse, l'accueil questionné

“Bienvenue !” : c’est le thème du festival cette année. Un accueil chaleureux et bien sûr un peu particulier, puisqu’il se positionne en résonance avec notre actualité, celle des mouvements migratoires importants qui confrontent les territoires à la question de l’accueil. Ainsi la cinquantaine d’auteurs, illustrateurs et scénaristes invités se proposent pendant deux jours d’ouvrir le débat sur l’acceptation de l’autre, l’accueil de la différence et d’inviter le public à réfléchir autour de l’altérité. Gérard Picot, le directeur artistique, explique : « Dire bienvenue ! c’est ouvrir notre propre porte. C’est faire fi de notre peur de l’autre nourrie de notre méconnaissance, que l’on ne fasse pas de son voisin un intrus, mais une possibilité de rencontre. » Ainsi les associations Terre d’Hommes et Singa (dispositifs de mise en relation entre les personnes réfugiées et leur société d’accueil) participent à la fête à travers notamment l’exposition Encrages, des illustrations originales sur les thèmes de l’exil et de l’enfance. Rayons expos toujours, des

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Annulation de la soirée d'ouverture avec Éric Vuillard

Fête du Livre de Bron | Ainsi qu'annoncé ce mardi par la Fête du Livre de Bron, la rencontre du mercredi 7 mars à l'Espace Albert Camus avec Éric Vuillard a dû être annulée. Une (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 mars 2018

Annulation de la soirée d'ouverture avec Éric Vuillard

Ainsi qu'annoncé ce mardi par la Fête du Livre de Bron, la rencontre du mercredi 7 mars à l'Espace Albert Camus avec Éric Vuillard a dû être annulée. Une nouvelle qui a pour conséquence de repousser la soirée d'ouverture du festival au lendemain, jeudi 8 mars, avec la rencontre avec Pierre Jourde à la Ferme du Vinatier et le récital musical de Marc Alexandre Oho Bambe au Jack Jack.

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Grégoire Bouillier : « Écrire c'est vivre »

Fête du Livre de Bron | Avec "Le Dossier M", enquête sur une histoire d'amour impossible comme clé de l'élucidation du suicide d'un ami, Grégoire Bouillier a livré un livre monstre absolument jouissif de plus de 1700 pages paru en deux volumes. Et continue de se poser en défenseur de la réalité contre les chantres de cette autofiction à laquelle on l'a souvent assigné. Interview fleuve pour une œuvre hors norme.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 mars 2018

Grégoire Bouillier : « Écrire c'est vivre »

Les premiers commentaires sur Le Dossier M se rapportaient surtout à son format hors-norme... Pensiez-vous qu'il soit encore possible de publier une œuvre d'une telle ampleur en 2018, sans faire reculer éditeurs, libraires, journalistes, lecteurs ? Grégoire Bouillier : C'est une question qui s'est posée seulement le livre fini. Pour ma part, j'avais une histoire à raconter et je ne suis pas du tout parti avec l'idée de faire un gros livre, d'autant plus que les précédents étaient brefs. C'est l'histoire que j'avais à raconter qui a décidé du format que ç'a donné à la fin. Ce n'était pas du tout prémédité. Comme le dit la phrase d'exergue, de John Coltrane, « je suis parti d'un point pour aller jusqu'au bout » et ce point, c'était le suicide de Julien. À partir de là, il fallait que je raconte toute l'histoire – toute l'histoire de M – comme une sorte d'enquête conduisant à élucider pourquoi Julien s'était suicidé. J'avais un certain nombre de scènes en tête qui formaient un che

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Zëro au Marché Gare

Hardcore | Zëro, en attendant un nouvel album à venir, squatte la scène du Marché Gare en compagnie de Noir Boy George : rappelons l'importance trop méconnue de ce trio né sur les cendres de Deity Guns et Bästard.

Sébastien Broquet | Mardi 23 janvier 2018

Zëro au Marché Gare

Zëro est devenu si rare à Lyon, que ce concert est presque un événement. Un joli coup, assurément, pour Le Chenil, tout jeune promoteur et collectif d'artistes (illustrateurs, sérigraphes, tatoueurs, musiciens...) des pentes né début 2016, qui convie sur la scène du Marché Gare le groupe le plus injustement méconnu du pays avec les Limiñanas ; mais pour ces derniers, la baguette magique d'Anton Newcombe vient de déclencher la mise en lumière... Ce n'est pas faute d'avoir croisé au fil des années des fées underground : Lee Ranaldo par exemple (guitariste de Sonic Youth) produisit en son temps (1992) Trans Lines Appointments, album fondateur et furieusement indispensable (réédité l'an dernier par Ici d'Ailleurs) des Deity Guns, ce groupe séminal qui fût la première incarnation de ce qui deviendra en 2006 Zëro. L'époque était noise, la suivante verra quasi les mêmes musiciens initier le post-rock en France avec un second classique instantané, signé désormais Bästard et intitulé Radiant, Discharged, Crossed-Off (lui aussi réédité l'an der

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La voix de Lemaître

Littérature | Donnant au départ dans le polar, l'écrivain et scénariste Pierre Lemaître connut la consécration en 2013 avec le roman Au revoir là-haut, sa première incursion hors (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 23 janvier 2018

La voix de Lemaître

Donnant au départ dans le polar, l'écrivain et scénariste Pierre Lemaître connut la consécration en 2013 avec le roman Au revoir là-haut, sa première incursion hors du genre policier, qui retrace la trajectoire de deux anciens poilus qui tentant de trouver une place dans la société d'après Grande guerre mettent au point une arnaque aux monuments aux morts. Prix Goncourt 2013, Au revoir là-haut fut adapté en BD en 2015 par l'auteur lui-même avant de connaître un second succès suite à sa transposition cinématographique réussie par Albert Dupontel sortie en octobre de l'année dernière. Soit quelques semaines avant la suite d'Au revoir..., second volet très attendu de la trilogie dite "Péricourt". Couleurs de l'incendie, paru en cette rentrée de janvier, met en scène Madeleine Péricourt – la sœur ruinée de la gueule cassée d'Au Revoir là-haut, Édouard – dans la fureur cruelle des années 30. Un roma

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Livres : la saison des auteurs

Panorama Littérature | Après les deux rentrées littéraires de l'année, riches de plus d'un millier d'œuvres, et avec le printemps, revient la saison des salons et autres manifestations littéraires d'envergure dans l'agglomération. Avant-programme à l'usage du lecteur compulsif.

Stéphane Duchêne | Mardi 9 janvier 2018

Livres : la saison des auteurs

Fête du livre de Bron La thématique, c'est fini. Désormais, la Fête du Livre de Bron, richesse littéraire oblige, s'articulera sous formes de cycles thématiques à même de lui rendre justice : l'enfance comme pays natal, la vie des autres, le roman familial, le rapport à l'Histoire, le roman social, la littérature de voyage seront autant de points d'ancrage avec les auteurs conviés à cette 32e édition de l'incontournable festival littéraire brondillant. Parmi eux, on retrouvera, comme d'usage, quelques unes des grandes plumes de la rentrée de septembre : Delphine Coulin, Pierre Ducrozet, François-Henri Désérable, Yannick Haenel, prix Médicis pour Tiens ferme ta couronne, Christophe Honoré, Lola Lafon, Monica Sabolo, Marie Richeux, mais aussi des "auteurs de janvier" comme Pierre Lemaître qui honorera dès le 24 janvier une rencontre à la Médiathèque de Bron au

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Les bons plans de la semaine #1

Un bon plan par jour jusqu'à la rentrée | Ne jamais s'ennuyer, jusqu'à la rentrée : voici nos sorties de l'été.

La rédaction | Mercredi 5 juillet 2017

Les bons plans de la semaine #1

Mercredi 5 juillet : Rotatives #4 Quatrième volet des soirées Rotatives. Déjà la dernière de la saison pour Hétéroclite, qui présente son numéro 124 couvrant juillet-août. En afterwork après une journée de labeur, pour prolonger l’apéro, prenez place dans l’ambiance feutrée du L Bar. On va picorer, on va picoler… Rentrer dans l’été en se trémoussant frénétiquement sur la playlist de l’éternel Yves Sans Roland, et chanter à s’en décoller le palais. En somme, une soirée Rotatives comme les autres. Au L Bar à 19h Jeudi 6 juillet : Tshegue chauffe les Summer Sessions Chaque année, aux premières lueurs des vacances, nous vous convions à une soirée en compagnie de l’équipe du journal au Transbordeur, avec un coup de cœur qui sera cette année Tshegue. Coup de foudre, aussi : entre la voix de l’ancienne chanteuse de Jaguar, la congolaise Faty Sy Savanet, et les productions de Nicolas Dacunha (aka Dakou), c’est assurément une belle histoire qui vient de débuter par un premier maxi

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La France dans l'œil de Virginie Despentes

Littérature | Le troisième volet des aventures de Vernon Subutex vient tout juste de paraître, et Virginie Despentes en parlera à la librairie Ouvrir l'Œil ce vendredi.

Sébastien Broquet | Mardi 13 juin 2017

La France dans l'œil de Virginie Despentes

Virginie Despentes conclut sa fresque, après deux ans d'attente (le tome 2 datait de juin 2015) qui furent assez longs pour les mordus de Vernon Subutex, l'anti-héros devenu une sorte de gourou à son corps défendant. L'écriture a pris plus de temps que prévu : les événements IRL se sont enchaînés, touchant directement au cœur de la vie de ces personnages, "l'obligeant" à les intégrer. Comment ne pas parler de Charlie Hebdo et du Bataclan, quand sa bande (la vraie, comme celle du bouquin) est branchée rock et rap, a grandi en écoutant NTM et allant voir les concerts du crew indé d'Angers tournant autour de la boutique Black & Noir, ou ceux de la bande Gougnaf à Lyon ? Comment occulter Nuit Debout, qui par certains aspects pourrait presque être vue comme inspirée par les longues sessions de discussion au parc des Buttes Chaumont, où Vernon, l'ancien disquaire respecté devenu sans domicile fixe, avait posé ses fesses fatiguées ? Despentes a pris acte et a chamboulé la troisième partie de son roman, lui

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Gaëtan Dorémus à la Fête du Livre Jeunesse

Kids | Avez-vous vu Trompette ? Sur les murs de Villeurbanne, ce petit oiseau dessine les silences, les cris, les larsens… et fait l’objet d’une exposition (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 4 avril 2017

Gaëtan Dorémus à la Fête du Livre Jeunesse

Avez-vous vu Trompette ? Sur les murs de Villeurbanne, ce petit oiseau dessine les silences, les cris, les larsens… et fait l’objet d’une exposition jusqu’au 22 avril à la Maison du livre, de l’image et du son. Ce personnage petit mais bruyant est créé par l’invité d’honneur du festival, Gaëtan Dorémus : auteur et illustrateur d’une cinquantaine d’albums, notamment aux éditions du Rouergue et Autrement mais aussi du Seuil jeunesse, ses dessins fins et colorés, travaillés en couches comme la sérigraphie, accompagnent des histoires souvent focalisées sur le vivre ensemble. Pour vivre ensemble, il faut parler et écouter et c’est le thème de cette 18e édition : “On va se faire entendre!”. Ateliers bruitages, spectacles musicaux, expositions qui ouvrent une fenêtre sur le monde, chansons, Poèmaton et liseuses de bonnes aventures… Le livre fait du bruit ! Sans oublier les 130 invités à rencontrer en dédicaces et lors des rencontres organisées pendant le week-end. La Fête du Livre Jeunesse, c'est à Villeurbanne le samedi 8 et dimanche 9 avril à

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Tanguy Viel : « Obtenir réparation par le récit »

Fête du Livre de Bron | Un homme, Martial Kermeur, jette dans la rade de Brest un agent immobilier qui quelques années auparavant l'a escroqué comme il a escroqué toute une ville avec un projet de « station balnéaire » jamais édifiée. Puis s'en explique longuement auprès d'un juge. C'est la trame, irrésistible, du roman de Tanguy Viel, Article 353 du Code pénal, écrit sous la forme d'une confession réparatrice. Avec l'idée que la parole et par là, la littérature, peuvent sauver de tout, même du pire. Entretien avec l'auteur, invité de la Fête du livre de Bron. Où il est question de la fin de l'idéal socialiste, de filiation impossible, de l'homme, cette plante verte, de bonne conscience et d'injustice, des Mille et Une Nuits, de Darwinisme et de méta-fiction.

Stéphane Duchêne | Mardi 7 mars 2017

Tanguy Viel : « Obtenir réparation par le récit »

Qu'est-ce qui a présidé – l'idée, l'image, la situation – à l'écriture d'Article 353 du Code pénal ? Cette scène de meurtre qui ouvre le livre, comme pour s'en débarrasser ? Tanguy Viel : Pour qu'il y ait vraiment roman, il fallait qu'il y ait un acte dramatique fort. Donc la première scène, la scène du meurtre [le narrateur jette à la mer l'agent immobilier qui l'a arnaqué, NDLR], est une des premières que j'ai écrite, même si je savais qu'elle était pratiquement de l'ordre du dénouement. Mais je ne dirais pas que c'est forcément la première idée qui m'a inspiré le livre. D'abord il y a cette histoire toute bête d'imaginer un type qui allait installer une station balnéaire dans la rade de Brest. Le caractère presque absurde du projet était en fait une sorte d'idée romanesque dont je ne voyais pas trop ce que j'allais faire. Et presque parallèlement à ça, ce qui est né, c'est la figure du narrateur, Martial Kermeur. Ce qui m'

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Marie Modianesque

Littérature | Comédienne, ayant étudié l'art dramatique à la Royal Académie de Londres, poète, chanteuse et écrivain, on connaît Marie Modiano pour un recueil de poésie, Espérance (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 mars 2017

Marie Modianesque

Comédienne, ayant étudié l'art dramatique à la Royal Académie de Londres, poète, chanteuse et écrivain, on connaît Marie Modiano pour un recueil de poésie, Espérance mathématique, pour ses albums dont l'un est la mise en musique du recueil précité, par son compagnon Peter Von Poehl, et pour un étrange roman baptisé Upsilon Scorpii. On la connaît évidemment aussi pour être la fille d'un Prix Nobel de Littérature, Patrick Modiano. Une filiation difficile à passer sous silence. En revanche, on la connaît un peu moins pour une histoire toute personnelle, intime, qui est aussi un petit bout d'Histoire de la littérature et qu'elle raconte dans Lointain son deuxième roman. Une histoire comme on ne les invente pas, insatiablement romanesque : celle de sa rencontre, adolescente, avec un jeune américain en 1994 sur le Pont des Arts. Un type un peu errant, musicien, poète, écrivain, qu'elle ramènera à la maison et dont elle finira par découvrir qu'il est l'auteur d'un gigantesque manuscrit écrit en pattes de mouches sur lequel il est urgent de se penche

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Insomniaque

MUSIQUES | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 18 octobre 2016

Insomniaque

22>10>16 NINKASI KAO EZ! #43 Amateurs de bass music, cette soirée va vous combler : c'est un best of du label Château Bruyant qui est ici convié, avec celui qui est sans doute le meilleur représentant du dubstep dans nos contrées, Niveau Zéro, accompagné d'un duo calorifère sur scène (Tambour Battant), d'un DJ passionnant repéré par Gilles Peterson (Nikitch) et enfin de The Unik : clairement pas une nuit pour âmes sensibles, mais les adeptes de breaks tropicalisés et de basses massives vont se caler sur le beat. Heavy. 22>10>16 LE PETIT SALON KEVIN SAUNDERSON Voici venir le quota de légende techno hebdomadaire dans la ville : et pour le coup, c'est rien moins que l'un des trois fondateurs du genre à Détroit, Kevin Saunderson, qui fait une halte au Petit Salon... On lui doit ce qui est devenu un mouvement de masse, mais aussi quelques hits absolus continuant de réveiller n'importe quel dan

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Lectures de saison

TNP | Voilà une autre façon de faire une présentation de saison. Les comédiens de la troupe du TNP lisent ce vendredi 23 septembre à la Maison de l'Image du livre et (...)

Nadja Pobel | Mardi 20 septembre 2016

Lectures de saison

Voilà une autre façon de faire une présentation de saison. Les comédiens de la troupe du TNP lisent ce vendredi 23 septembre à la Maison de l'Image du livre et du son à 19h de nombreux textes qui seront à l'affiche du théâtre villeurbannais cette année, à commencer par celui dans lequel ils joueront : La très excellente et lamentable histoire de Roméo et Juliette d’après William Shakespeare mise en scène par l'une d'entre eux, Juliette Rizoud, extraordinaire dans le rôle de la Jeanne de Delteil il y a quelques temps. Tous les autres écrits, très éclectiques, seront montés et interprétés par des personnes extérieures : La Boîte de Jean-Pierre Siméon, Bella Figura de Yasmina Reza, Gonzoo – Pornodrame de Riad Gahmi, Meurtres de la princesse juive d’Armando Llamas, Le Temps et la chambre

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À Villeurbanne : lire, pour grandir

CONNAITRE | Pas d’Invites cette année, mais la Fête du Livre est fort heureusement immuable à Villeurbanne ! Son passionné directeur Gérard Picot fera vivre la 17e édition de (...)

Nadja Pobel | Mardi 29 mars 2016

À Villeurbanne : lire, pour grandir

Pas d’Invites cette année, mais la Fête du Livre est fort heureusement immuable à Villeurbanne ! Son passionné directeur Gérard Picot fera vivre la 17e édition de cette manifestation qui irrigue les espaces publics de la ville et met à l’honneur cette année Claire Cantais. L’auteur-illustratrice a notamment publié (avec Delphine Beauvois) On n’est pas des poupées, sorte de Deuxième sexe à l’intention des enfants dès 4 ans. Où comment faire passer les premières notions de féminisme via la littérature jeunesse. Présente durant ce long week-end, Claire Cantais a aussi effectué, depuis octobre, un travail de terrain dans les écoles de la ville et répondu à cette volonté sans cesse renouvelée de la Fête du Livre de ne pas être seulement un festival sur un temps court. Transmettre le goût de lire Outre la traditionnelle librairie et les séances de dédicaces dans la salle Raphaël de Barros, Alice Zeniter, prix du livre Inter pour Sombre dimanche en 2013 et surtout auteur d’un formidable polar paru en septembre, Juste avant l’oubli, sera présente pour accompagner son spectacle musical Un ours, of course, ou comment

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Louis Calaferte : De la zone à la jungle

CONNAITRE | Dans le cadre d’une carte blanche accordée par la Fête du Livre, Virginie Despentes retrouve ses amis de Zëro pour une lecture-concert du Requiem des (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 2 mars 2016

Louis Calaferte : De la zone à la jungle

Dans le cadre d’une carte blanche accordée par la Fête du Livre, Virginie Despentes retrouve ses amis de Zëro pour une lecture-concert du Requiem des Innocents, de Louis Calaferte, dont elle nous conte la genèse : « Je suis entrée dans Calaferte par le Septentrion. Il y a plus de vingt ans… À l’époque j’ai fait plusieurs lectures avec Bästard (deux musiciens des Bästard sont aujourd’hui dans Zëro) : je lisais des nouvelles que j’avais écrites – mais aussi Calaferte. Quand Arnaud Cathrine – qui travaille à la Maison de la Poésie – m’a proposé de faire une lecture chez eux, je venais de voir Zëro en concert, et du coup j’ai tout de suite pensé – Zëro et Calaferte. Il a été d’accord. » « Je suis partie sur le Requiem de Calaferte parce que je l’ai lu récemment. C’est le plus grand livre sur la précarité que j’ai jamais lu. Il y a tout, dedans : beaucoup d’humour et de la tendresse, mais aussi ce que ça implique, vivre dans une jungle – ce qu’on appelait “la zone” à l’époque de Calaferte ressemblant de façon troublante à ce que l’on appelle “la jungle” aujourd’hui. » Lecture musicale du Requiem des Innocen

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Virginie Despentes : la Voix du peuple

CONNAITRE | À Bron, Virginie Despentes dialoguera ce week-end avec Edouard Louis. Et donnera une lecture-concert autour de Louis Calaferte, accompagnée du groupe Zëro. Dotée d’un talent certain pour peindre en quelques phrases le portrait de ses contemporains, celle qui doit son pseudonyme aux pentes de la Croix-Rousse est l’une des voix les plus passionnantes de la littérature populaire contemporaine.

Sébastien Broquet | Mercredi 2 mars 2016

Virginie Despentes : la Voix du peuple

Vernon Subutex est une parfaite photographie de l’époque, des débats qui l’animent, des trajectoires parfois contradictoires d’individus. Comment avez-vous créé cette fresque du temps présent ? Virginie Despentes : J’avais comme point de départ l’idée d’un presque quinquagénaire qui perd son appartement. Ensuite est venue l’idée qu’il ait été disquaire. Ça devait être un livre très court. Et puis c’est devenu Subutex. Je ne me suis pas dit que j’allais faire une photographie de l’époque, mais une fois qu’on prend le rock comme moteur, on se retrouve vite à brasser beaucoup de gens différents… Ce n’était pas prémédité, mais c’est un vrai centre de tri, ce truc ! En le lisant, on sent un vrai plaisir à l’écrire. Baise-moi était un cri sorti en quelques jours, là, il y a une maîtrise nouvelle dans l’écriture, une sorte de confiance à toute épreuve. Et aussi, une tendresse différente pour les personnages, surtout dans le volume 2. Je ne suis pas bien placée pour me rendre compte de ça. Je sais que j’avais plus de temps, plus les moyens de prendre ce temps pour écrire, parce qu’Apocalypse Bébé

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William Marx : « La Haine vaut mieux que l'indifférence »

CONNAITRE | Invité à réfléchir au(x) "Devenir(s) de la littérature", William Marx est l'auteur du savoureux La Haine de la Littérature où, de Platon le chasseur de poètes à Sarkozy l'allergique à La Princesse de Clèves, cet historien des Lettres recense, explique, réfute et moque 2500 ans d'attaques répétées.

Stéphane Duchêne | Mercredi 2 mars 2016

William Marx : « La Haine vaut mieux que l'indifférence »

Pourquoi vous être intéressé à La Haine de la Littérature ? William Marx : Il faut comprendre ce livre comme une déclaration d'amour à la littérature, mais une déclaration à l'envers. Cette discipline est en but depuis la plus haute antiquité à une hostilité très forte, et c'est peut-être ce qui l'a construit. Il me semblait important de la resituer dans ce contexte, d'énumérer l'ensemble des arguments qui lui ont été objectés et surtout d'y répondre. Ce livre se présente comme un éloge paradoxal de la littérature : à chaque attaque, parfois ridicule, j'oppose un antidote. On est surpris d'apprendre que les premiers pourfendeurs de la littérature furent les plus grands philosophes. L'ensemble des arguments énoncés depuis 2500 ans contre la littérature se trouvent quasiment tous chez Platon. La philosophie, historiquement, est née contre la poésie et ce discours que nous appelons aujourd'hui littérature. À l'époque, Platon rêve d'un État autoritaire totalement idéologique qui serait dirigé par les philosophes. Il va donc essayer de contester un certain nombre d'autres autorités, comme celle du poète – qui a alors

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«Être à la marge de l'institution» - Interview du collectif Grrrnd Zero

MUSIQUES | Forcé de déménager à Vaulx-en-Velin suite à son expulsion des usines Brossette, le collectif Grrrnd Zero s'apprête, suite à quelques concerts en extérieur, à reprendre le chemin du nomadisme. L'occasion de faire le point sur l'avancée de son installation, débutée il y a un peu plus d'un an dans une papeterie à l'abandon.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

«Être à la marge de l'institution» - Interview du collectif Grrrnd Zero

Avec le recul, compte tenu de l'état de vétusté de votre nouveau domicile et de son éloignement du centre-ville, avez-vous l'impression d'avoir reçu un cadeau empoisonné ? Grrrnd Zero : La localisation n'est pas si problématique. Par contre, l'ampleur du chantier, effectivement... On a encore beaucoup de taf à abattre. On savait que ça allait prendre du temps, mais il y a quelque chose d'intéressant dans cet effort. On repart avec une énergie nouvelle. Avec du recul, on regrette surtout l'enfumage de départ. On nous a forcé à partir très vite d'un endroit qui aurait pu être utilisé plus longtemps et nous permettre de préparer les travaux sereinement. C'était tellement urgent que le bâtiment est encore debout trois ans après. Le déménagement en lui-même n'est pas compliqué, c'est vraiment le contexte dans lequel il s'est produit : dans le speed, avec beaucoup de retards administratifs et des moyens insuffisants. Ce n'est pas rien, 300 000 balles de subventions. Mais d'après nos estimations, on est sur un projet à un million minimum. Même avec des architectes arrangeants et beaucoup de bénévoles, on est obligés de recourir à la débrouille

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Grrrnd Zero pousse le volume à onze

MUSIQUES | Previously on the Grrrnd Zero show : alors que le chantier de remise aux normes de l'ancienne papeterie du 60 avenue de Bohlen, Vaulx-en-Velin, (...)

Benjamin Mialot | Mardi 8 septembre 2015

Grrrnd Zero pousse le volume à onze

Previously on the Grrrnd Zero show : alors que le chantier de remise aux normes de l'ancienne papeterie du 60 avenue de Bohlen, Vaulx-en-Velin, se poursuit, ses occupants se sont vu accorder l'autorisation de donner quelques concerts au pied du bâtiment. Celui du vendredi 11 septembre a ceci de particulier qu'il coïncidera non seulement avec l'anniversaire du collectif, mais aussi avec le coup d'envoi de la cinquième édition du Humanist SK Festival – dont on vous reparlera plus amplement au moment de la venue des fulgurants Solids, dans une dizaine de jours. Pour l'occasion, GZ a convié autant de groupes qu'il a d'années d'activisme électrique à commémorer, soit onze (!). Parmi les premiers noms annoncés : Gammy Bird, espoir anglo-local de l'indie rock straight outta the 90s (i.e. à la fois tranchant et haut perché), les luchadores rapiécés de Cowbones, émules valentinois des Cramps et autres rockeurs de l'âge des cavernes, et les increvables maçons soniques de Cosmic Dead – leur dernier enregistrement en date totalise sur seulement quatre pistes débordant de f

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Étoiles noires sur Quais du Polar

CONNAITRE | Un an après la venue exceptionnelle et fort réussie de l'immense James Ellroy, Quais du Polar revient avec une édition 2015 non moins riche en figures importantes et en questionnements de fond sur l'état de l'art noir. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Étoiles noires sur Quais du Polar

Le public n'est semble-t-il plus le seul à se bousculer pour assister au festival Quais du polar – et participer à sa désormais célèbre enquête grandeur nature dans la ville. Même les auteurs, y compris les plus prestigieux, feraient des pieds et des mains pour s'y montrer. Ceci explique sans doute pourquoi Quais du Polar est chaque année aussi bien fréquenté – même s'il faut bien admettre que l'édition 2014 a placé la barre à une hauteur quasi inatteignable. Aucun Michael Connelly ou John Grisham, pour parler des principales têtes d'affiches, ne s'est ainsi fait prier pour rejoindre la toujours impressionnante cohorte d'auteurs de cette édition 2015 – les deux rois du procedural sont d'ailleurs conviés à régaler les fans autour d'une rencontre front contre front. Nord/Sud On imagine qu'il n'a guère été plus difficile de convaincre Luis Sepùlveda, Paco Ignacio Taïbo II (Mexique), Santiago Gamboa (Colombie) ou Leonardo Padura (Cuba) – l'accent étant mis cette année, on l'aura compris, sur l'Amérique latine, notamment lors d'une alléchante rencontre "Nord/Sud", ainsi que d'incontournables évocations de cartels et de dictatures qui ont au mo

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Résultat du concours Fête du livre de Bron

CONNAITRE | A l'occasion de sa 29e édition, la Fête du livre de Bron s'est associée au Petit Bulletin pour vous faire gagner une sélection d'ouvrages d'auteurs (...)

Benjamin Mialot | Samedi 7 mars 2015

Résultat du concours Fête du livre de Bron

A l'occasion de sa 29e édition, la Fête du livre de Bron s'est associée au Petit Bulletin pour vous faire gagner une sélection d'ouvrages d'auteurs invités. Pour cela, il vous fallait vous fendre d'un texte répondant à la question posée cette année par la Fête : "qu'est-ce qu'on a en commun ?". Vous avez été nombreux à participer (et nous vous en remercions) mais, comme dans Highlander, il ne pouvait en rester qu'un. Il se nomme Daniel Ostfeld et voici sa production : Quelques poils sur le bord de mon oreille. En désordre. Ils me dérangent. J'ai vu les mêmes chez mon voisin et cela m'agace. Quand je regarde mon visage de très près dans la glace, des tempes jusqu'au menton, j'aperçois les pores qui constellent la surface de ma peau, et de toutes petites lignes qui les relient les uns aux autres. Ici et là, quelques poils égarés. Tout cela compose une toile d'une relative harmonie. Ces petites lignes, qui ne sont pas encore des rides mais pourraient le devenir, je les ai vues aussi sur le poignet de mon bébé, ça m'a ému. Comme si elles étaient la preuve qu'il était membre de plein droit de la communauté des hommes. Des

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Belle de nuit

CONNAITRE | Après avoir remporté le prix interallié en 2012 avec "Oh...", le prolixe Philippe Djian revient en forme avec un roman rocambolesque que lui seul pouvait orchestrer : "Chéri-chéri", dont il est invité à débattre à la Fête du livre de Bron. Valentine Martin

Valentine Martin | Vendredi 6 mars 2015

Belle de nuit

Il le dit souvent, c'est la première phrase qu'il écrit qui lui indique quelle suite prendre. Philippe Djian est un auteur qui travaille sans plan et, jusqu'à présent, cela lui a plutôt réussi. Pour décrypter son nouveau roman, Chéri-chéri (Gallimard), il importe donc de se pencher sur sa première phrase, et même sur son premier paragraphe : «Le jour on m'appelait Denis. J'étais un écrivain qui connaissait un certain succès et qui avait la dent dure, comme critique. Certains soirs on m'appelait Denise. Bon, je dansais dans un cabaret.» Tout est dit. Écrivain le jour, travesti la nuit, Denis est plutôt bien dans sa vie. Il a une femme, Hanna, poupée blonde aux gros seins, qui ne voit pas le problème d'avoir un mari portant des bas résilles. Elle le surnomme même chéri-chéri. Bref, tout serait parfait sans Paul. Ce dernier est le père d'Hanna, et il ne supporte pas la double vie de son gendre. L'ennui, c'est qu'il est aussi mafieux sur les bords et décide de mener la vie dure à Denis en le forçant à travailler pour lui. Au moins avec Véronica, la mère d'Hanna, il n'y a pas de problème, elle aime bien Denise. Peut-être même un peu trop finalement...

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Un jour en France

CONNAITRE | En général, lorsqu'un journaliste se déplace dans un village, c'est parce qu'il s'y est produit une catastrophe. Florence Aubenas y est allée pour rencontrer des français normaux, sans histoire. Ou peut-être que si justement : des histoires à hauteur d'homme, qu'elle a compilée dans son nouvel ouvrage, "En France", dont elle discutera à la Fête du livre de Bron. Valentine Martin

Valentine Martin | Vendredi 6 mars 2015

Un jour en France

De l'Irak à la Syrie, elle a sillonné tous les points chauds du globe. Mais depuis quelques années, elle a enfin posé ses valises en France pour de bon. Grand reporter, Florence Aubenas s'est du coup vu proposer par le journal Le Monde (où elle travaille depuis 2012) une nouvelle expérience : tenir une chronique sur le quotidien des Français. Après avoir couvert les grands procès de France et s'être fait passer pour une demandeuse d'emploi dans Le Quai de Ouistreham, elle n'a pas hésité une seconde. Entre 2012 et 2014, Florence Aubenas a régulièrement pris sa voiture (ou le train de 5h du matin) direction la province, à la découverte ce que tout le monde croit connaître déjà. En France est un recueil de des chroniques qu'elle a tirées de ces déplacements, une fine mosaïque de portraits qui retrace des bouts de vies, des moments de tous les jours. Florence Aubenas ne voulait pas cibler une population particulière, alors elle les a toutes rencontrées : paysan, chauffagiste, syndicaliste, jeune dealer, maman au foyer... Pourtant une classe sociale se dessine : celle dite moyenne, voire moyenne moins, celle qui se lève tôt et qui ne p

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Bron, commune des livres

CONNAITRE | Rarement sans doute les différentes rencontres, dialogues et débats réunissant les auteurs invités par la Fête du Livre de Bron auront constitué de la sorte (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mars 2015

Bron, commune des livres

Rarement sans doute les différentes rencontres, dialogues et débats réunissant les auteurs invités par la Fête du Livre de Bron auront constitué de la sorte les pièces d'un puzzle thématique qui n'a sans doute jamais été aussi commun – et n'a donc jamais aussi bien porté son nom. «Qu'est-ce qu'on a en commun ?», donc, pose la question inspirée de l'essai de Christian Dardot et Pierre Laval, évidemment invités pour parler du vaste sujet de leur livre : à savoir proposer une révolution politique, sociale et écologique pour le XXIe siècle, celle du commun. Pour commencer, on pourrait dire plus précisément ici que ce qu'on a en commun, c'est la ou les littératures, quelles qu'en soient les approches. Littérature, qui cette année porte donc à la Fête du Livre une série de regards sur le contemporain à travers les enjeux du commun. Qu'ils passent par l'évocation du monde social et le plus souvent de son effritement (les rencontres "roman choral, roman social" avec Olivier Adam et Donal Ryan, "La France à hauteur d'homme" avec Florence Aubenas, "L'Italie, un nouveau monstre" avec Silvia Avalone et Simonetta Greggio) ; de l'histoire et de la mémoire ("La mém

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Dans la tête des Inconfiants

ARTS | L'écrivain Tatiana Arfel et l'artiste Julien Cordier publient Les "Inconfiants", fruit d'une résidence à l'hôpital psychiatrique du Vinatier. La Ferme éponyme leur consacre une rencontre et une exposition. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 mars 2015

Dans la tête des Inconfiants

Invités en résidence par la Fête du livre de Bron à l'hôpital psychiatrique du Vinatier (de mars à septembre 2014), Tatiana Arfel et Julien Cordier y ont d'abord animé des ateliers afin de rencontrer patients, soignants et autres personnels de l'hôpital. Un hôpital en l'occurrence en mutation, qui regroupait alors ses services de psychiatrie adulte pavillonnaire en un seul et grand bâtiment. Plus généralement, les deux comparses mettaient les pieds dans «un monde de fous» (pour reprendre le titre de l'ouvrage du journaliste Patrick Coupechoux publié en 2006) où la psychiatrie affronte les affres des normes gestionnaires et les impératifs d'efficacité à court terme. «Le vieux pavillon s’est disparu, pfuiiiiit. Il ne respire plus, le bâti passé où je vins de par mes années vertes – celles où les infir-mères et les mets-deux-saints priaient encore en moi, paumes jointes, Vierge et Esprit, où ils pensaient que oui, j’irons bien un jour» fait dire à l'un de ses "personnages" Tatiana Arfel, dans sa langue toujours vive et truculente. Chaque chapitre du livre donne ainsi la voix à un individu différent (patien

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Un horizon commun

CONNAITRE | «Qu'est-ce qu'on a en commun ?» se demande cette année la Fête du Livre de Bron à travers son lot habituel de rencontres et de débats. A l'origine de ce thème, il y a l’œuvre non pas d'un romancier mais d'un philosophe et d'un sociologue, Pierre Dardot et Christian Laval, qui "imaginent" un autre monde possible via un principe participatif et révolutionnaire : le «Commun». Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mars 2015

Un horizon commun

Comment définir le principe du commun, que vous développez dans Commun : essai sur la révolution au XXIe siècle ? Christian Laval : Le commun, c’est le mot qui désigne aujourd’hui un refus et un espoir. Le refus d’une société néolibérale fondée sur la concurrence généralisée, l’avidité, l’appropriation généralisée des ressources, l’enfermement communautariste, le nationalisme. Et c’est une aspiration à une autre forme de société, à la sauvegarde des ressources, à une «démocratie réelle» comme disent les indignés espagnols. Le commun, tel que les luttes et les expérimentations sociales nous le font découvrir depuis plusieurs années, n’est pas ce qui est déjà là dans la société ou donné d’avance dans la nature, mais un espace réellement partagé qui est à instituer, à développer, à entretenir et qui se définit par l’organisation démocratique radicale des rapports entre ceux qui participent à une activité, quelle qu’elle soit et quelle qu’en soit l’échelle. C'est en ce sens un principe politique qui vaut pour la société entière, à tous les niveaux et qui souligne que la co-participation à une activité implique la co-participation à

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Désordre littéraire

CONNAITRE | Ça n'est peut-être qu'un événement pour ses thuriféraires, mais c'en est surtout un pour la littérature tout court et pour la Fête du Livre. Car Eugène Savitzkaya (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 mars 2015

Désordre littéraire

Ça n'est peut-être qu'un événement pour ses thuriféraires, mais c'en est surtout un pour la littérature tout court et pour la Fête du Livre. Car Eugène Savitzkaya se fait au moins aussi rare que son œuvre, s'étalant sur 43 ans, mérite une mise en lumière bien plus importante – même si cet archétype de "l'écrivain Minuit" a obtenu en 1994, le prix triennal du roman pour Marin de mon cœur et si, surtout, il fut célébré en son temps comme un auteur remarquablement précoce. Chose réparée donc par la programmation de Bron pour le poète (le fameux Cochon farci), dramaturge et romancier (Fou trop poli, Exquise Louise) belge qui entretint également une belle correspondance avec Hervé Guibert, la seule que ce dernier avait accepté de laisser paraître en guise de dernière volonté (Lettres à Eugène). De ce parcours entre les lignes, parfois un peu dans les limbes de la littérature officielle, Savitzkaya donnera un salvateur aperçu au cours d'une lecture baptisée "L'indocile" et qui se tiendra le samedi 7 mars à 18h30. On pourra avoir à l'esprit en écoutant cet auteur fondamentalement hybride, cette phrase tir

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La nuit de Château

MUSIQUES | «Ne jamais faire confiance à un type qui après avoir été un punk joue de l'électro» prévenaient les Wampas. Didier et ses copains édentés auraient pu formuler le même (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 février 2015

La nuit de Château

«Ne jamais faire confiance à un type qui après avoir été un punk joue de l'électro» prévenaient les Wampas. Didier et ses copains édentés auraient pu formuler le même avertissement à propos d'un metalhead devenu producteur de dubstep, mais ils auraient pour le coup eu tort : le Parisien Niveau Zero a suivi un tel parcours – et arboré un temps une chevelure arachnéenne à faire passer Sinsémilia pour un bataillon d'apprentis Jacques Dessange – sans que cela l'empêche de s'imposer en une paire d'albums, dont le terrible Jasmine, bande-son âcre et tellurique du Printemps arabe, comme un pilier de la bass music hexagonale. Massif le pilier, à l'instar du reste de l'édifice Château Bruyant, du nom du radar à basses fréquences qu'il co-manœuvre avec le duo marseillais Tambour Battant – qui fait dans la ghetto-tech/house/whatever et le fait bien – et auquel le Transbordeur consacrera une "label night" ce samedi 28 février. Outre ces trois châtelains (manque à l'appel The Unik, mais il se ratt

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Concours d’écriture Fête du Livre de Bron

CONNAITRE | À l’occasion de sa 29e édition, du 6 au 8 mars 2015, la Fête du Livre de Bron et le Petit Bulletin vous invitent à participer à un concours d'écriture sur le (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 16 janvier 2015

Concours d’écriture Fête du Livre de Bron

À l’occasion de sa 29e édition, du 6 au 8 mars 2015, la Fête du Livre de Bron et le Petit Bulletin vous invitent à participer à un concours d'écriture sur le thème de l’édition : Qu’est-ce qu’on a en commun ?  A gagner : une publication sur les sites du journal et du festival ainsi que 5 livres de littérature française ou étrangère sélectionnés par la Fête du Livre. Plus d'informations en suivant ce lien.

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Fête du livre de Bron 2015 : les premiers noms

CONNAITRE | Qu'est-ce qu'on a en commun ? C'est la question que se posera la 29e édition de la Fête du livre de Bron du 4 au 8 mars prochain. Tenteront d'y répondre (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 18 décembre 2014

Fête du livre de Bron 2015 : les premiers noms

Qu'est-ce qu'on a en commun ? C'est la question que se posera la 29e édition de la Fête du livre de Bron du 4 au 8 mars prochain. Tenteront d'y répondre les auteurs suivants : Olivier Adam, Florence Aubenas, Silvia Avallone, Ramona Badescu, John Burnside (en dialogue avec José Carlos Somoza), Alain Choquart, Pierre Dardot, Patrick Deville, Simonetta Greggio, Serge Joncour, Olivier de Solminihac,   Laurent Mauvignier, Hubert Mingarelli, Raphaële Moussafir, Sylvain Prudhomme, Eric Reinhardt (le temps d'une lecture musicale avec Bertrand Belin), Eugène Savitzkaya, Eric Vuillard (notre cover boy de la rentrée littéraire, en dialogue avec Olivier Rolin) ou encore Valérie Zenatti.

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Une marée de basses

MUSIQUES | An de grâce 79 ap. J-C : le Vésuve pique un fard et ensevelit Pompéi sous les cendres. Nos experts sont formels, Lyon va subir le même sort cette semaine. La faute au Rumble Festival. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 30 septembre 2014

Une marée de basses

Pour une fois, commençons par la fin. Commençons par le dimanche 5 octobre, date à laquelle l'édition 2014 du Rumble Festival prendra fin, sur un open air qui devrait faire écho à l'une des soirées les plus mémorables de la défunte Fée Verte : le back to back du 7 septembre 2012, qui opposa Douster à Flore et se conclut sur une relecture trap de La Chenille. Le premier, sorte d'Alan Lomax en boubou, s'est depuis lancé dans une collecte de folklores électroniques à mêmes de se substituer à une liposuccion des fesses. La seconde, prêtresse de la bass music à racines (africaines) apparentes, vient elle de faire son retour avec Ritual, une performance audiovisuelle impressionnante de tellurisme, et s'apprête à donner à ses soirées Polaar une assise discographique. Ces deux Lyonnais de sang et tiers-mondistes de tympan se "contenteront" ici de se relayer sur scène – mais avec un peu de chance, c'est sur son remix en mode cumbia du thème du Roi lion que Douster laissera la place à sa consœur.   Ça va trembler chérie Les jours qui précèdent, le Rumble fera ressembler le périphérique

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Insomniaque - Semaine du 9 au 15 juillet

MUSIQUES | 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le premier anniversaire du Zèbre Magazine, la dernière Cosmic Adventure de la saison et Bobmo au DV1. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 8 juillet 2014

Insomniaque - Semaine du 9 au 15 juillet

10.07 Zebra One Parmi les médias invités par le Transbordeur à enivrer ses Summer Sessions, il en est un qui tirera la couverture à lui plus que les autres : le Zèbre Magazine, émanation du troquet associatif La Coopérative du Zèbre, qui fête son premier anniversaire. Pour l'occasion, il a mis les petits plats (éthiques) dans les grands en invitant, outre des selectors chevronnés, Zëro, monument noise bien de chez nous qui vient de publier un mini album tout ce qu'il y a de plus foudroyant. Pour un peu, c'est-à-dire si Shigeto n'avait pas tout déchiré le soir où nous étions de "corvée" de mix, on serait jaloux. 11.07 Tour de France – Cosmic AD Il y a les empêcheurs de tourner en rond, et il y a les autres, ceux dont le fil vital s'enroule sur lui-même avec l'homogénéité d'un ruban de Möbius. L'hirsute Kosme semble appartenir à la seconde catégorie, sa

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Villeurbanne de l’autre côté du miroir

CONNAITRE | Et si la folie (médiatique, politique) de ces dernières semaines quittait le réel pour revenir à sa place, dans l’imaginaire de la littérature ? En choisissant (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 avril 2014

Villeurbanne de l’autre côté du miroir

Et si la folie (médiatique, politique) de ces dernières semaines quittait le réel pour revenir à sa place, dans l’imaginaire de la littérature ? En choisissant le thème "Soyons fous !" pour sa quinzième édition, la précieuse Fête du livre jeunesse de Villeurbanne (qui se déploie dans toute la ville du 9 au 13 avril) promet de faire croire en l’impossible, à l’image de son invité d’honneur, Gilbert Legrand, sculpteur et plasticien qui imagine des personnages-objets aussi amusants que bien pensés : une hache devient un canard grognon, un pinceau un hérisson, une paire de ciseaux un couple enlacé... Compilées chez Sarbacane, ces créations sont à voir, au naturel ou en photo, à la MLIS durant un mois (jusqu’au 26 avril). L’artiste a aussi passé du temps à travailler avec les habitants du quartier de Cyprian-Les Brosses, la Fête du livre jeunesse étant tout sauf un saupoudrage tous azimuts. Au contraire, c'est tout au long de l'année qu'elle se construit avec les Villeurbannais, sous l'égide de son vaillant directeur et fondateur

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Fête du livre de Bron - Résultat du concours

CONNAITRE | A l’occasion de la 28ème édition de la Fête du livre de Bron, qui se tiendra ce week-end à l’Hippodrome de Parilly, le festival et Le Petit Bulletin vous ont proposé un concours d’écriture sur le thème de cette année : "plan B". L'heure est venue d'en dévoiler le vainqueur.

Benjamin Mialot | Jeudi 13 février 2014

Fête du livre de Bron - Résultat du concours

Pour rappel, la consigne était de "décrire en 500 signes votre dernier pas de côté, et nous dire ce que signifie pour vous, aujourd’hui, l’idée du plan B, en commençant par ces mots :  « Plan B comme… »". C'est Jérémy Rodriguez, dont le texte est reproduit ci-dessous, qui s'est le mieux sorti de l'exercice et remporte du coup les cinq ouvrages de littérature contemporaine mis en jeu. Bravo à lui.   Plan B, comme un bédo roulé sur un Budé, toute honte bue bouder l'étude d'Apuléesous les volutes d'un nébuleux éden(l'anachorète brûle ses livres, ne pas mourir de froid).   Plan B, comme l'embellie que le zombie fabule, abîme ouatée, cinéma bis, le blanc-bec bée, vive l'artiste.   Plan B, comme une samba sans balade sauvage, blague volage, l'aubade d'un olé indolore- solitude de coton.   Plan B, quand un plan cul supplée un amour perdu:dans le lit-monde que les démons colonis

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