Avignon - Jour 5 - Tout et son contraire

SCENES | "D'après une histoire vraie", "Drums and Digging"

Benjamin Mialot | Mardi 16 juillet 2013

Photo : Christophe Raynaud de Lage


Christian Rizzo a souvent divisé notre rédaction, entre admirateurs de la ligne claire du chorégraphe et pourfendeurs d'un langage hermétique – pour rester poli. D'après une histoire vraie, sa dernière création dévoilée au Festival d'Avignon, rebat les cartes, Rizzo lui-même expliquant avoir changé sa façon de travailler. Stop aux corps frêles et au sous-texte cérébral, place à une émotion brute. Soit huit danseurs et deux batteurs, pour une pièce centrée sur les danses folkloriques de groupe, imaginée à partir d'un souvenir fort – un spectacle vu par Rizzo à Istanbul « dans lequel jaillissait un groupe d'hommes se livrant à une danse traditionnelle, complètement effrénée, avant de disparaître aussitôt ».

Un jaillissement retranscrit sur scène en 1h15, dans une lente progression. D'où un spectacle qui prend du corps au fil de la représentation, emportant littéralement l'audience qui finit par se croire à un concert de rock – même si, le jour où nous y étions, personne n'a osé se lever. On ne savait pas Christian Rizzo capable d'une telle intensité, et l'on espère revoir ce spectacle en 2014/2015 dans la région – une autre pièce de Christian Rizzo, que nous n'avons pas vue, sera cette saison à la MC2 Grenoble.
Badaboum

Autre spectacle de danse, autre univers, et résultat diamétralement opposé. Le Drums and Digging du Congolais Faustin Linyekula, programmé la saison prochaine à l'Hexagone de Meylan, tourne à vide pendant l'heure et demi de représentation. Si le chorégraphe ne cache pas ce qui le tourmente (la situation au Congo, les conflits, la famine...), il n'arrive pas à faire sens avec ses idées. Reste l'image : Faustin Linyekula qui construit sa maison ; la nièce de Mobutu qui raconte son parcours ; ou encore une histoire de rêves et de chats. Tout ça en chantant et/ou en dansant. Mais des images se suffisent-elles à elles-mêmes ? Dans ce cas précis, non.

Aurélien Martinez 

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Un trio inattendu à la Maison de la Danse

Danse | Magma (les jeudi 19 et vendredi 20 décembre à la Maison de la Danse) est une création qui réunit, de manière inattendue, trois grandes et très disparates (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 décembre 2019

Un trio inattendu à la Maison de la Danse

Magma (les jeudi 19 et vendredi 20 décembre à la Maison de la Danse) est une création qui réunit, de manière inattendue, trois grandes et très disparates personnalités de la danse : le danseur et chorégraphe de flamenco Andrés Marín (qui s'est rapproché récemment du hip-hop), la danseuse classique Étoile (depuis 2014) du Ballet de l'Opéra de Paris Marie-Agnès Gillot, et l'inclassable chorégraphe Christian Rizzo qui avait débuté sa carrière avec des pièces de "non danse" très inspirées des arts plastiques et qui a soudain basculé vers des œuvres beaucoup plus mouvementées et rock ! De ce duo interprété par Andrés Marín et Marie-Agnès Gillot, accompagnés par deux musiciens sur scène, nous ne savons quasiment rien si ce n'est qu'il s'annonce comme un temps fort de la saison. Et que sa composition s'

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Rizzo, nouveau coup de jeune

Danse | Même ceux qui ne l'apprécient guère ne pourront reprocher au chorégraphe Christian Rizzo de ne pas se renouveler... Musicien rock, styliste et plasticien né à (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 décembre 2018

Rizzo, nouveau coup de jeune

Même ceux qui ne l'apprécient guère ne pourront reprocher au chorégraphe Christian Rizzo de ne pas se renouveler... Musicien rock, styliste et plasticien né à Cannes en 1965, il se tourne vers la danse dans les années 1990, signant plusieurs pièces controversées, entre performances et installations plastiques, où la danse se ralentit jusqu'à un quasi immobilisme et quelques gestes très ritualisés. À partir de 2010, le chorégraphe revient soudain au rock et au mouvement, se débarrassant de tout décorum esthétique, pour ne travailler que sur l'énergie physique et des corps libérés. En 2017, nouveau coup d'éclat et bain de jouvence : Rizzo se risque à une première pièce pour jeune public, à partir de six ans ! Spectacle pour trois interprètes, D'à côté tricote ensemble les deux grandes veines chorégraphiques de Rizzo : un travail à partir d'éléments épurés (le corps, le son et la lumière) qui, mis en relations, s'ouvrent peu à peu à la fiction, l'imaginaire, voire la science-fiction. L'immersion, au départ très perceptive, du public parmi une musique rythmique, un bain de

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Biennale de la danse 2016 : Ce qu'il faut voir

Biennale de la Danse | La 17e Biennale de la Danse garde la tête haute et le tour de bras généreux, malgré un budget au rabais, embrassant une fois encore tous les styles de danse contemporaine actuels. Parmi les trente-sept spectacles proposés, en voici huit à ne pas manquer.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2016

Biennale de la danse 2016 : Ce qu'il faut voir

Israel Galvan, Flacomen Le « danseur des solitudes » comme l'appelle le critique et historien d'art Georges Didi-Huberman fait son retour sur les scènes lyonnaises, avec un solo datant de 2014, accompagné de musiciens free jazz et flamenco. On sait, et on n'arrête pas d'admirer, la capacité du chorégraphe-danseur à tordre en tous sens les codes du flamenco et à en extraire la pulpe fondamentalement tragique. Galvan hisse ce tragique à la condition de tout individu, montrant, avec humour ou pas, ces forces qui nous traversent et se heurtent à l'intérieur de soi. Ces forces antagonistes qui sont aussi au cœur dialectique de tout geste, de tout mouvement dansé. À la Maison de la Danse du 14 au 16 septembre Yuval Pick, Are Friends Electric ? À l'instar de Galvan, le Lyonnais

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Le collectif selon Christian Rizzo

SCENES | Alors que le chorégraphe français Christian Rizzo a souvent divisé le public et la critique, sa dernière pièce dévoilée en 2013 au Festival d’Avignon a mis tout le monde d’accord. Bonne nouvelle : "D’après une histoire vraie" est programmée cette semaine à la Maison de la danse, dans le cadre du festival Sens dessus dessous. Un événement immanquable pour les amateurs comme pour les néophytes. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 24 mars 2015

Le collectif selon Christian Rizzo

Il n'existe pas que des tubes musicaux. C'est le cas aussi en danse contemporaine. Bien sûr, ces succès touchent moins de monde que la chanson d’une popstar anglo-saxonne aux millions de vues sur Youtube, mais tout de même, dans le milieu du spectacle vivant, ils arrivent à engendrer une dynamique pas si courante. En 2012, le hit, c’était Tragédie d’Olivier Dubois et ses dix-huit danseurs nus, vu la saison passée à la Maison de la danse. En 2013, c’était D’après une histoire vraie de Christian Rizzo, qui arrive cette semaine à Lyon. La comparaison entre les deux pièces prend son sens tant au niveau du rendu (l’une comme l’autre sont de véritables déclarations d’amour au corps) qu’au vu du parcours des deux chorégraphes qui, s’ils ont pu parfois violemment partager le public et les professionnels avec leur précédentes propositions, font cette fois-ci l’unanimité. Ainsi, presque deux ans après sa première représentation à Avignon et l’impressionnant bouche à oreille qui l’a entourée, la pièce de Christian Rizzo bénéficie toujours d’une immense tournée, qui rend du coup l’homme moins disponible pour les interviews – on a pu l’avoir seu

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La danse à contre-pied

SCENES | Avant que la danseuse étoile Sylvie Guillem ne vienne faire ses adieux scéniques aux Nuits de Fourvière (du 29 juin eu 2 juillet), l'année 2015 sera riche en (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 janvier 2015

La danse à contre-pied

Avant que la danseuse étoile Sylvie Guillem ne vienne faire ses adieux scéniques aux Nuits de Fourvière (du 29 juin eu 2 juillet), l'année 2015 sera riche en événements chorégraphiques. C'est d'abord Anne Teresa de Keersmaeker qui viendra transmettre, pour la première fois, l'une de ses pièces à une autre compagnie que la sienne, celle du Ballet de l'Opéra de Lyon en l'occurrence (du 7 au 11 avril à l'Opéra). Il s'emparera de Drumming Live, créée en 1998 sur une partition de Steve Reich et qui entrecroise le vocabulaire abstrait et rigoureux de l'artiste belge et une énergie physique explosive. Dans le cadre de la deuxième édition du festival Sens dessus dessous (du 24 au 29 mars à la Maison de la danse), le chantre de la "non danse" Christian Rizzo présentera quant à lui D'après une histoire vraie... Soit un retour à la "danse dansée" propulsant huit danseurs sur les rythmes effrénés de deux batteurs, passant de folklores méditerranéens à de véritables transes rock et tribales. Après ses grandes frasques collectives, le chorégraphe québécois Dave St-Pierre change lui au

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La saison danse en dix événements

SCENES | La saison danse 2014-2015 s'annonce aussi riche et variée que la Biennale qui l'inaugure. Voici, à ce titre, (au moins) dix rendez-vous chorégraphiques à ne pas manquer cette année.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 septembre 2014

La saison danse en dix événements

Hors-champ La chorégraphe belge Michèle Noiret (née en 1960) a été formée à l'école Mudra de Maurice Béjart. Ancienne collaboratrice  du compositeur Karlheinz Stockhausen, son écriture fine, graphique, développe une danse aérée et tonique. Elle vient à Lyon avec une pièce singulière pour cinq interprètes et un cameraman, oscillant entre danse et cinéma (les danseurs sont filmés en direct et des images projetées sur différents écrans). Hors-champ joue de passages entre écrans et plateau, corps réels et corps imaginaires, et nous plonge dans une atmosphère anxiogène, tendue à l'extrême, énigmatique. Jean-Emmanuel Denave Les 16 et 17 octobre à la Maison de la danse      

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Avignon - Jout 6 - Gloire au spectacle vivant !

SCENES | "Cour d’honneur" et "Place du marché 76"

Benjamin Mialot | Vendredi 19 juillet 2013

Avignon - Jout 6 - Gloire au spectacle vivant !

On écrit souvent tout le bien que l’on pense du travail de Jérôme Bel, chorégraphe atypique de la scène française, adepte notamment d’une forme proche du spectacle-documentaire. Au fil des ans, l'instigateur du hit The Show Must Go On a ainsi construit diverses créations pensées autour de la figure d’un danseur – Véronique Doisneau du Ballet de l’Opéra de Paris, Cédric Andrieux de la compagnie Merce Cunningham... Un danseur qui donne son nom au spectacle et qui, sur scène, évoque sa vie tant personnelle que professionnelle, notamment en rejouant des extraits des pièces auxquelles il a participé – ce qui permet à Jérôme Bel d’affirmer crânement n’avoir jamais écrit un seul pas de danse.Suivant toujours cette logique et désirant imaginer un spectacle sur «la mémoire d’un lieu, d’un théâtre», Jérôme Bel a conçu Cour d’honneur : oui, car quel plus beau théâtre que la Cour d’honneur du Palais des papes, place centrale et majestueuse de l’incontournable Festival d’Avignon ? Pour évoquer cette mémoire, après plusieurs pistes de réflexion (il voulait d’abord interroger tous ceux qui travaillent dans le lieu), Bel a fait appel au

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Avignon - Jour 4 - Course de fond

SCENES | "Je hais les gosses", "End/Igné" et le mouvement H/F

Nadja Pobel | Samedi 13 juillet 2013

Avignon - Jour 4 - Course de fond

L'éclectisme à Avignon n'est pas un vain mot. On y retrouve les trois quarts des spectacles programmés tout au long de la saison dans les café-théâtres lyonnais, dont celui d'un certain Monsieur Fraize qui, comme le dit son affiche, se relâche du 4 au 24 juillet. Nul lieu indiqué. Il n'est tout simplement pas là mais sur la photo, son polo et son pantalon de velours côtelé sèchent sur un fil. Joli coin d'œil par l'un des comiques qui nous aura fait pleurer de rire cette année. Mais revenons aux présents, éclectiques donc, avec les chansons d'Entre deux caisses, quatuor de musiciens inspirés par Allain Leprest, auquel ils rendent hommage dans une mise en scène de la chanteuse Juliette. Joli spectacle que ce Je hais les gosses, recommandé pour les enfants dès huit ans, en dépit de son ton un peu assassin envers eux et, surtout, de son caractère politique et utopiste - l'action se situe dans une décennie future et le groupe jette un regard amusé sur nos années deux mille, où l'on travaillait et allait à l'école pour apprendre un métier (folle hérésie !). Très dif

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Avignon - Jour 3 - Ultra moderne solitude

SCENES | "Les Particules élémentaires" et "Exhibit B"

Nadja Pobel | Samedi 13 juillet 2013

Avignon - Jour 3 - Ultra moderne solitude

Le buzz du festival n'est pas dans la cour d'honneur mais à quelques encablures d'Avignon, à Vedène, avec une adaptation improbable et inespérée du deuxième roman de Michel Houellebecq, qui contient tous les autres, Les Particules élémentaires. Aux manettes, un gamin de 26 ans, Julien Gosselin, pêche parfois par excès de jeunisme, comme si un micro et une séquence de coït à poil étaient les ingrédients indispensables d'un spectacle moderne. Passées ces quelques réserves, force est de constater que ce travail ne manque pas d'énergie. C'est toutefois quand on oublie le collectif (onze au plateau) et que le jeu comme le texte se resserrent sur un ou deux personnages, dans la deuxième partie de la pièce (sur près de quatre heures au total),  que ce travail trouve son point culminant. Par exemple dans cette magistrale et déchirante scène où Michel s'aperçoit, à quarante ans, qu'il est passé à côté de l'amour de sa vie, sa triste et désenchantée amie de collège. Gosselin parvient, sur un plateau nu, sans coulisses, avec des acteurs-musiciens en permanence en scène et une utilisation enfin judicieuse de la vidéo, à rendre l'abyssal individualisme q

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Avignon - Jour 2 - Tous azimuts

SCENES | "Ping Pang Qiu", "Orphelins" et "Concerto pour deux clowns".

Nadja Pobel | Vendredi 12 juillet 2013

Avignon - Jour 2 - Tous azimuts

Il nous a fallu laisser Angelica Liddell sur le côté pour enfin attaquer le Off du festival. Mais l'Espagnole n'est pas du genre qu'on oublie : récemment, son texte Belgrade avait résonné d'une manière absolument bouleversante au Théâtre des Ateliers,  grâce au collectif La Meute, et nous attendons depuis que cette création soit diffusée pour vous en parler plus longuement. À Avignon, elle met en scène ses propres textes, dont Ping Pang Qiu, dont le nom fait référence à la "diplomatie du ping-pong" - un échange de joueurs entre la Chine et les États-Unis dans les années 70, grâce auxquels les deux pays entretiennent depuis de bons rapports économiques, tant qu'il n'est pas question de droits de l'homme. Un travail documentaire à quatre voix, parfois trop délirant (le final où tout le monde se jette des nouilles chinoises à la figure) mais bien souvent instructif et intransigeant avec une Chine plus aimée que dénoncée.  De son côté, la comédienne Valérie Marinese, déjà aperçue au Théâtre de l'Elysée à Lyon joue dans Oprhelins, une très bonne pièce d'un dramaturge anglais contemporain, Den

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Avignon - Jour 1 - Static or not static

SCENES | "Par les villages" et "Remote Avignon"

Nadja Pobel | Jeudi 11 juillet 2013

Avignon - Jour 1 - Static or not static

En sortant de la cour d'honneur du Palais des Papes, 4h30 apres y être entré, un soulagement a envahi l'ensemble des spectateurs restés jusqu'au bout du solo de Jeanne Balibar, crispant quand il était audible. Car en adaptant Par les villages, long poème dramatique de Peter Handke, Stanislas Nordey, artiste associé de l'édition 2013 du Festival d'Avignon, a aussi fait le choix de l'anti spectacle. Autant l'enchaînement de deux monologues dans Clôture de l'amour ne manquait pas de puissance, autant l'exercice produit ici une ambiance mortifère, les émotions restant enfouies sous des gravas de logorrhée. La faute à une absence de réelle mise en scène - les acteurs, ultra-statiques, se parlent à dix mètres les uns des autres sur un plateau dont l'immensité offrait pourtant des conditions de jeu inouïes. Balibar n'est jamais dans son rôle, hautaine et absente à la fois. À cour, Olivier Mellano assure lui un splendide début de spectacle, avant que sa partition se fasse de plus en plus menue - et c'est d'a

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Dissoudre les certitudes

SCENES | La formule d’Aire de jeu est aussi simple que sympathique : un compositeur invité et quatre chorégraphes créant sur l’une de ses pièces, avec une musique jouée (...)

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 27 janvier 2013

Dissoudre les certitudes

La formule d’Aire de jeu est aussi simple que sympathique : un compositeur invité et quatre chorégraphes créant sur l’une de ses pièces, avec une musique jouée sur le plateau. Après David Lang en 2012, c’est sa compatriote américaine Julia Wofe qui est conviée pour cette deuxième édition du festival. Deux compositeurs très proches puisqu’ils ont cofondé avec Michael Gordon le collectif new-yorkais de musique contemporaine Bang on the Can. S’inscrivant dans le courant de la musique minimaliste ou répétitive (Philip Glass au premier chef), Julia Wolfe donne corps et chaleur à ses compositions en puisant aussi dans l’énergie rock. Une énergie qui a inspiré Maud Le Pladec (déjà présente pour Aire de Jeu 2012) qui lancera six danseurs sur Dark Full Ride, morceau pour quatre percussionnistes, avec «l’envie de travailler sur la démocratie, pas la démocratie réduite à son cadre politique. La démocratie "insurgente" qui œuvre pour la dissolution des certitudes». Autre femme forte invitée : l’artiste portugaise touche-à-tout Tânia Carvalho qui s’emparera d’une pièce pour cornemuse de Julia Wolfe, avec trois danseurs et «des intensités du corps, des rythmes, des pause

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Christian Rizzo, bio express

SCENES | 1965 : naissance à CannesFin des années 1980 : monte un groupe de rock à Toulouse, crée une marque de vêtements, puis formation à la Villa Arson à NiceAnnées 1990 : (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 28 octobre 2010

Christian Rizzo, bio express

1965 : naissance à CannesFin des années 1980 : monte un groupe de rock à Toulouse, crée une marque de vêtements, puis formation à la Villa Arson à NiceAnnées 1990 : interprète chez Mathilde Monnier, Hervé Robbe, Mark Tompkins...1996 : fonde sa compagnie L'Association fragile et présente ses premières performances, objets dansants et solos...2004 : création de «Autant vouloir le bleu du ciel et m'en aller sur un âne» ; et avec le ballet de l'Opéra de Lyon de «Ni fleurs ni Ford mustang»2006 : «Jusqu'à la dernière minute, on a espéré que certains n'iraient pas»2009 : «Ni cap ni grand canyon» avec le Ballet de l'Opéra de Lyon2010 : création à Lille de «L'Oubli, toucher du bois», et mise en scène de trois opéras à Toulouse, «Erwartung» et «Pierrot Lunaire» de Schönberg, «La Voix humaine» de Poulenc

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Corps fragiles

SCENES | Danse / Dans «L'Oubli, toucher du bois», Christian Rizzo épure son univers plastique, mise davantage sur les corps et les mouvements des danseurs, tout en explorant toujours les mêmes questions : la fragilité, la disparition, la finitude. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 28 octobre 2010

Corps fragiles

Jérôme Bel, Alain Buffard et Christian Rizzo forment un trio emblématique de ces chorégraphes français, nés dans les années 1960, qui ont été fortement marqués par les arts plastiques, par les «performeurs» des années 1970 en particulier (Vito Accounci, Bruce Nauman dont on peut voir actuellement des œuvres au Musée d'art contemporain et beaucoup d'autres). Eux-mêmes ont beaucoup utilisé la forme de la performance, parfois aussi celle de l'installation, préférant fouiller les possibilités du corps et sa présence «brute», plutôt que sa virtuosité et ses mouvements «dansés». Aujourd'hui, Jérôme Bel continue à déconstruire avec humour l'espace scénique et à briser les barrières artistiques, collaborant par exemple avec Anne Teresa de Keersmaeker dans «3Abschied», en s'attelant à la musique de Mahler et à la question de la mort. Buffard, dans sa dernière création ironiquement intitulée «Tout va bien», se dirige de plus en plus vers le texte et le théâtre, avec des pièces toujours déclenchées par ses colères devant l'état du monde. Christian Rizzo tente quant à lui de se détacher de l'image de «chorégraphe plasticien» qui lui colle à la peau, notamment depuis 2009 et sa deuxième créatio

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La perfection est de son monde

SCENES | Danse / Christian Rizzo présente au Toboggan un solo, composé pour la danseuse Julie Guibert fascinant et quasi parfait sur le plan plastique. Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 19 décembre 2007

La perfection est de son monde

Plasticien de formation, ancien rockeur, créateur d'une marque de vêtements, cheminant aussi bien dans les salles de spectacle que dans le milieu de la mode, Christian Rizzo est pour le moins un chorégraphe atypique. Chantre des durées étirées, des métamorphoses Ovidiennes, et de la pureté formaliste, il aime à citer cette phrase d'Oscar Wilde : «Donnez-moi un masque et je vous dirai qui je suis». Philosophie qui vaut pour l'artiste comme pour l'ensemble de ses pièces : partant du principe que tout n'est qu'artifice et masque (derrière un masque il y a un autre masque, et ce à l'infini), ses spectacles explorent et inventent des formes nouvelles, closes sur elles-mêmes, relativement indifférentes au réel qui chez lui existe peu, si ce n'est aux confins des masques... En 2004, il crée Ni fleurs, ni Ford Mustang pour le Ballet de l'Opéra de Lyon, rencontre à cette occasion la danseuse virtuose Julie Guibert et décide quelques années plus tard de composer pour elle un solo, B.C., Janvier 1545, Fontainebleau. Explication de texte : en 1545, à Fontainebleau, Benvenutto Cellini doit livrer deux sculptures à François Ier mais n'a le temps d'en réaliser qu'une ; il évite la colère du monar

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