XY repousse les limites de la haute voltige

SCENES | 22, rev'là les... vingt-deux acrobates de la compagnie XY et leur dernière création, "Il n'est pas encore minuit...". L'un des triomphes de la dernière Biennale de la danse, littéralement vertigineux et moins désinvolte qu'il n'y paraît. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 19 mai 2015

Photo : Christophe Raynaud Delage


«Citius, Altius, Fortius.» «Plus haut, plus fort, plus vite.» C'est la devise des Jeux Olympiques, telle que la formula Pierre de Coubertin en 1894. Ce pourrait être celle de XY, compagnie lilloise versée dans l'art à hauts risques du porté acrobatique dont elle n'a de cesse de repousser les limites formelles et spatiales depuis sa fondation en 2005. Sa nouvelle création la voit franchir un nouveau palier : présentée en avant-première à la prestigieuse Biennale de la danse, où elle fut unanimement acclamée, Il n'est pas encore minuit... met en scène pas moins de vingt-deux costauds et voltigeurs.

Cette force numérique est d'abord, évidemment, un facteur de multiplication. Multiplication des hauteurs – en fait de "pyramides humaines", il faudrait ici parler de "points culminants humains". Multiplication des distances – en particulier lors d'une suite de propulsions par "planches sauteuses" digne d'un jeu de plates-formes. Mais aussi multiplication des possibilités d'interaction, le spectacle s'équilibrant entre ascensions synchronisées et cabrioles faussement désordonnées, délicates mises en péril en petit comité et crises de hardiesse collectives pendant lesquelles tout le monde s'envoie en l'air dans la bonne humeur.

Ensemble c'est tout

Mais elle est également l'expression d'une véritable intention citoyenne, inscrite dans l'ADN même de la troupe. Car la maxime que se sont choisie Abdeliazide Senhadji et Mahmoud Louertani, les bâtisseurs en chef de ces instables édifices de chair, est en fait la suivante : «Tout seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin.»

Toute entière contenue dans le final de la pièce, où le groupe s'agglutine en un organisme qui n'hésite pas à phagocyter les individualistes, elle éclaire rétroactivement un spectacle dont les sommaires apparats (tenues de ville pré-Grande Dépression, éclairage cru, chorégraphies limitées à quelques pas de swing et de gentilles rixes) laissaient présager une "simple" débauche de virtuosité.

Alors que chaque déplacement d'air, du moindre soupir de soulagement au salto le plus sophistiqué, y charrie un bout de plaidoyer pour la solidarité et la mixité. De quoi, même en nous laissant le souffle coupé, rendre l'époque un peu plus respirable.

Il n'est pas encore minuit...
Au Théâtre de Villefranche mardi 26 et mercredi 27 mai


Il n'est pas encore minuit...

Par la Cie XY, 1h10, dès 6 ans.
Théâtre de Villefranche Place des Arts Villefranche-sur-Saône
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Maxime Mansion : dur comme du rock

Théâtre | Malgré un texte trop prévisible, Inoxydables s'avère être la meilleure des quatre propositions dans cette saison du TNP émanant du Cercle de formation et de transmission inventé en 2017. Du rock métal, une histoire d'amour et la guerre en 1h15.

Nadja Pobel | Mardi 2 avril 2019

Maxime Mansion : dur comme du rock

C'est d'abord un concert. Celui du groupe Klone. Du métal au TNP, bouchon d'oreille inclus : première bonne surprise de ce travail de Maxime Mansion, initiateur du festival En acte(s) qui tout au long de sa mise en scène ne va rien escamoter du récit de Julie Ménard. Mia, déjà bien imbibée, va tomber amoureuse du bassiste Sil dans le bruit et la moiteur de ce live dont, au-delà du son, la frénésie réconfortante nous parvient. Il s'agit de corps et d'attraction, de désir et d'impulsion mais aussi de mots plats, idiots, de rires bêtes parfaitement restitués et justes. Ils sont le socle de cette aventure qui se déploie ensuite dans un hangar pour les répétitions et qui va prendre le large. Car le bruit inquiétant des avions a prévenu : la guerre rôde. Il faut fuir. Au creux de moi Là encore, Maxime Mansion va au plus efficace. Des traversées sur terre ou dans la mer, de la jungle, des passeurs, des camions, de la montagne ou de la fatigue, il rend compte avec un éclairage minimal et ciblé sur ses deux personnages toujours pris dans les feux comme des rats. Trois fois, ils reviennent sur leur terre me

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Le Maxine's monte le son et se lance dans les concerts

Rock | Deux ans après son inauguration en septembre 2016, le Maxine's sis au 22 rue Pouteau (en lieu et place de feu le Phoebus) dans le 1er arrondissement (...)

Stéphane Duchêne | Samedi 1 septembre 2018

Le Maxine's monte le son et se lance dans les concerts

Deux ans après son inauguration en septembre 2016, le Maxine's sis au 22 rue Pouteau (en lieu et place de feu le Phoebus) dans le 1er arrondissement entame cette année une nouvelle activité déjà fort prisée par les bars des Pentes et consacrée le 1er septembre : la programmation de concerts. Se contentant jusqu'ici de "soirées" en tous genres (pastis pong, apéro beauf, chi-fu-mi parties, on en passe), le Maxine's dit 2.0 se mue désormais en salle de concerts et accueillera régulièrement de fières déflagrations rock. Après que les Lyonnais punks de Beaten Brats essuient les plâtres et sabrent la binouse ce samedi 1er septembre donc, c'est le groupe Off the Yard, maison lui aussi mais plus orienté folk (un folk certes résolument abrasif), qui poursuivra ensuite (samedi 8 septembre) une programmation promise à alterner, sous le sceau de l'underground et le plus souvent du punk, régionaux de l'étape (Deep Merries, Alexy Golonka) et

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Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 3 octobre 2017

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

06.10.17 LE PETIT SALON ELEKT'RHÔNE Neuvième édition déjà du festival Elekt'Rhône, qui se scinde en deux partys : un day en plein air au Parc Blandan (de 15h à 21h30) le samedi 7 conviant Bashed Groove et Art Feast, et une nuit au Petit Salon le vendredi soir avec l'une des valeurs sûres de la house de Détroit, Rick Wade, pas le plus connu mais pas le moins pertinent de sa ville, et le toujours très raffiné Fort Romeau. Deep. 06.10.17 BELLONA CLUB CABANNE & LOWRIS La paire Cabanne (Telegraph, Minibar) et Lowris (Æternum Music) s'aventure au Bellona sous son alias commun K.O.D. : toujours une joie d'accueillir les résidents de la péniche la plus courue de Paname ces dernières années, la fameuse Concrete, pour un back2back au long cours comme tous deux en ont le secret, parfumé de techno minimale et hypnotique. Mental.

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Michel Granger : « Pour Oxygène, Jarre a été gonflé de prendre un dessin écolo »

L'homme derrière les pochettes | Le peintre et illustrateur Michel Granger est indissociable de l’univers de Jean Michel Jarre : il a en effet signé les plus fameuses pochettes du compositeur depuis l’album fondateur Oxygène (1976). Histoire d’une rencontre et d’une amitié…

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Michel Granger : « Pour Oxygène, Jarre a été gonflé de prendre un dessin écolo »

C’est votre aquarelle Oxygène qui a donné son nom à l’album de Jarre. Elle préexistait donc à sa musique ? Michel Granger : Oui, elle avait été publiée dans le journal Pilote en 1972. Je l’ai ensuite présentée à la galerie Marquet, rue Bonaparte à Paris, où j’exposais en compagnie d’un groupe de dessinateurs : André François, Topor, Folon… C’est là que son épouse de l’époque, Charlotte Rampling, a acheté l’original pour lui offrir. Peu après, la dame de la galerie m’a dit que quelqu’un voulait me voir : c’était Jean Michel. Le 15 septembre 1976 à 17 heures — mon calepin est formel (sourire) — nous nous sommes rencontrés pour un projet de couverture de disque. J’ai dû refaire le fond de cette aquarelle qui était en 21x29, 7 pour l’adapter au format carré de la pochette… et depuis 40 ans, Jean Michel l’utilise. Auriez-vous spontanément associé votre travail à son univers ? Je n’aurais jamais fait un truc comme ça pour un album de musique — je n’y aurais même pas pensé ! Jean Michel a été gonflé, quand même ! Une tête de mort, à l’époque… C’était les débuts de l’écologie ;

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Les soirées du 1er au 7 juillet

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : la dernière Haste au Transbordeur, Inigo Kennedy à la Plateforme et Surgeon au Kao. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 1 juillet 2015

Les soirées du 1er au 7 juillet

03.07 Haste – This Is the End Après cinq ans d'activisme transmanche, le collectif techno Haste tire sa révérence. Mais pas n'importe comment : avec le sentiment du devoir accompli. «Il y a cinq ans, nous étions presque seuls. Aujourd'hui une vingtaine de promoteurs agitent la ville. En cela, Haste n'a plus lieu d'être» résume-t-il ainsi en préambule de son ultime soirée au Transbordeur – en extérieur, Summer Session oblige. Pour cette occasion très spéciale, il recevra de fidèles camarades de jeu franciliens (HXB de SNTWN et Oxyd de 75021), auxquels succédera PEEV, son co-fondateur. D'ici là, on dit merci.

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La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

ACTUS | De New York à Séoul, du conte philosophique à la relecture de ghetto movie, de la rumba au baroque : à la rentrée, la volonté de Dominique Hervieu de présenter la danse sous ses formes les plus variées ne faiblira pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 27 avril 2015

La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

Heureux soient ceux qui ont manqué l'arrivée de Maguy Marin à Ramdam, elle sera à l'honneur du prochain "Archipel" de la Maison de la danse. Succédant à Découflé, elle reprendra son chef-d’œuvre May B et Bit, sa création pour la Biennale 2014 (fin février début mars), ainsi que Singspiele, dernier spectacle co-écrit avec David Mambouch qu'elle présente justement à Ramdam cette semaine (mi-mars, au TNP). La saison 2015/2016 de la Maison de la danse sera marquée par trois autres temps forts. D'abord, un mois (novembre) de festivités autour de New York. Jean Lacornerie et les Percussions Claviers de Lyon y reprendront leur remarquable version de la comédie musicale téléphonique Bells Are Ringing, tandis que le CNDC Angers dansera, notamment, un Event (un patchwork de fragments de chorégraphies) du maître post-moderniste Merce Cunningham. Surtout, on y retrouvera Bill T. Jones le temps d'un pur exercice formel autour du Quatuor de Ravel et de La Jeune fille et la mort de Schubert, et le très en vue Kyle Abr

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Mondkopf - Hadès

MUSIQUES | Quatrième album de Mondkopf, Hadès est le récit d'une métamorphose : celle d'un rêveur – son (...)

Benjamin Mialot | Mardi 20 janvier 2015

Mondkopf - Hadès

Quatrième album de Mondkopf, Hadès est le récit d'une métamorphose : celle d'un rêveur – son pseudonyme germanophone signifie «Tête de Lune» – dont la musique charmait les hommes comme les animaux sauvages – et Zeus sait à quel point la faune électronique en grouille – en un paria en proie aux sentiments les plus vifs. Toute ressemblance avec un personnage célèbre de la mythologie grecque n'est pas fortuite. Véritable Orphée des temps modernes, Mondkopf a lui aussi poursuivi une quête intime dans les profondeurs infernales. Il en a ramené des bourdonnements infra-terrestres, des trompettes apocalyptiques et des mélodies d'une immuable mélancolie, essences d'une musique à mi-chemin de l'ambient et de la noise où la noirceur et le monolithisme ne sont pas des fins en soi – comme c'est le cas chez Sunn O))), dont le spectre encapuchonné plane sur les titres les plus retentissants du disque, à commencer par Eternal Dust – mais les r&eacu

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Chronique d'une Biennale 1/3

SCENES | Débuts balbutiants de la Biennale de la danse : seules les expérimentations d'Emmanuel Gat et les acrobaties virtuoses de XY nous ont mis un peu de baume au cœur cette semaine. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 septembre 2014

Chronique d'une Biennale 1/3

La puissance de narration, à partir d'images et de sons, appartient depuis longtemps au cinéma (de fiction ou documentaire). On peut le regretter ou non, mais force est de le constater. Il y a conséquemment quelque chose de tragi-comique à voir certains plasticiens, metteurs en scène ou chorégraphes s'échiner à vouloir nous raconter des histoires ou à concurrencer les modes de narration cinématographiques. On a de l'empathie pour un Thomas Ostermeier frustré de ne pas être Rainer Werner Fassbinder (ce qui ne l'empêche pas de faire régulièrement figure d'intouchable dans ces pages), et l'on a souffert à la Maison de la danse de voir le chorégraphe Lloyd Newson mimer un Ken Loach...   Chez le metteur en scène allemand comme chez le chorégraphe australien, le plateau tourne : gimmick mimant le "ça tourne" du cinéma, mais n'empêchant pas les choses de tourner en rond, même si les mots sont rudes et les propos crus, jusqu'au plus infernal des cercles de l'ennui. Le récit bavard de John est tissé de témoignages réels et passe de situations sociales dramatiques à de sor

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A voir et à revoir

SCENES | Secret d'une fin saison triomphale, le nouveau cirque est aussi cette année celui d'une rentrée haute en couleurs, Biennale oblige. Deux artistes (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 septembre 2014

A voir et à revoir

Secret d'une fin saison triomphale, le nouveau cirque est aussi cette année celui d'une rentrée haute en couleurs, Biennale oblige. Deux artistes devraient comme à leur habitue s'y jouer des frontières entre danse et contorsion. D'un côté le démiurge James Thierrée qui, quatre ans après l'insulaire Raoul, compose avec Tabac rouge (du 10 au 22 septembre au TNP) un conte baroque plein de peine et de fureur : celles d'un peuple opprimé par un roi crapoteux régnant sur un fatras de miroirs rouillés, d’échafaudages de guingois et de meubles poussiéreux. De l'autre Yoann Bourgeois, qui poursuit avec Celui qui tombe (les 20 et 21 septembre à l'Opéra), pièce pour six interprètes sur un sol mobile, ses délicates études du corps en déséquilibre. Également au programme de la grand-messe de la chorégraphie, la compagnie XY, qui avec Il n'est pas encore minuit... (aux Célestins du 12 au 18 septembre puis à Villefranche en mai), une création pour pas moins de vingt-deux acrobates, démultiplie son art du porté jusqu'au vertige, et l'ex-athlète

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Le retour des belles nuits : les soirées électro de l'été

MUSIQUES | Parce que les altophobes ont aussi le droit de se dorer la pilule à la lueur de projecteurs, bref récapitulatif des rendez-vous électro qui se tiendront (...)

Benjamin Mialot | Mardi 15 juillet 2014

Le retour des belles nuits : les soirées électro de l'été

Parce que les altophobes ont aussi le droit de se dorer la pilule à la lueur de projecteurs, bref récapitulatif des rendez-vous électro qui se tiendront d'ici la rentrée au niveau de la mer – en clair, ailleurs qu'au Sucre. Les plus notables sont ceux que produisent les faux cathos-tradi de PAPA MAMAN sous pavillon suédois à la Plateforme, en cela qu'ils verront se succéder toutes les forces vives de la scène techno locale, de CLFT (le 18 juillet, en présence du Berlinois Staffan Linzatti, qui excelle dans le kick au plancher) à La Rave (en clôture le 5 septembre) en passant par Macadam Mambo (le 25 juillet et accompagné pour l'occasion par l'explicite duo Acid Square Dance), Elektro System (en b2b avec Basse Résolution le 1er août) ou Haste (qui recevra le 8 août Oxyd, de l'entreprenant collectif parisien Technorama). Point d'orgue de la chose : un énorme live à quatorze mai

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Une Biennale sous perfs

SCENES | La seizième Biennale de la danse, toujours aussi prolifique et hétéroclite, se place cette année sous le signe de la performance et de ses avatars contemporains. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 juin 2014

Une Biennale sous perfs

Pour sa deuxième Biennale, Dominique Hervieu enfonce le clou de ses convictions et de sa sensibilité. Si sa programmation, comme celle de son prédécesseur Guy Darmet, s'ouvre à tous les styles de danse contemporaine (du hip hop avec l'incontournable Mourad Merzouki au néoclassique en passant par le flamenco avec Rocío Molina et quelques chorégraphes inclassables), elle s'enrichit d'un nombre de créations plus important (comme cette Carmen selon Dada Masilo) et, surtout, se teinte de deux ensembles thématiques : le cirque contemporain et la performance. Si le premier, notamment représenté par James Thierée et la Compagnie XY, est aujourd'hui une quasi porte enfoncée, la réflexion annoncée sur l'actualité de la seconde promet d'être beaucoup plus stimulante ! Le fil rouge tissé par Dominique Hervieu

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A bonne école

MUSIQUES | Enfant turbulent de la Cité des anges et tête d'affiche de la onzième édition de L'Original, Schoolboy Q redonne des couleurs au gangsta rap. Converties en niveaux de gris, les couleurs. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 29 avril 2014

A bonne école

On a les rappeurs mainstream qu'on mérite. En France, des culturistes qui se rêvent en Christian Audigier du ghetto, réduisent la culture hip hop à un folklore hyper-matérialiste et règlent leurs comptes à coups de hashtags – ou, pour les plus courageux, dans des rixes à cinq contre un entre deux étals de casquettes. Aux États-Unis, d'authentiques voyous dont le lourd passif constitue la toile de (bas)-fond de disques dont l'envergure narrative n'a d'égale que l'intensité de leur interprétation.Quincy Matthew Hanley est de ceux-là : né en Allemagne et grandi à Los Angeles, ce quasi-trentenaire qui porte le bob aussi bien que Raoul Duke, l'alter ego de fiction de Hunter S. Thompson, a fait ses gammes de dealer d'Oxycontin – analgésique mis au point pendant la Première Guerre mondiale, c'est dire s'il assomme – au sein des 52 Hoover Crips, l'un des nombreux gangs qui font de la Cité des anges l'une des métropoles les plus mal nommées des États-Unis, avant de passer par la case prison puis de s'imposer, sous le nom de Schoolboy Q, en deux mixtapes et trois albums, comme l'une des figures de proue du renouveau du rap US. Noir c'est noir Paradoxe : alors

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Perdu dans l'espace

MUSIQUES | Au Petit Bulletin on a toujours aimé Florent Marchet. Et ce depuis les débuts discographiques du Berrichon il y a une décennie tout juste. On a aimé (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 avril 2014

Perdu dans l'espace

Au Petit Bulletin on a toujours aimé Florent Marchet. Et ce depuis les débuts discographiques du Berrichon il y a une décennie tout juste. On a aimé Gargilesse, Rio Baril et Courchevel parce qu'on aime voyager avec lui. Or c'est à l'amour qu'on porte à un chanteur qu'on peut voir jusqu'où il peut aller trop loin. Car on a eu plus de mal à embarquer pour la Bambi Galaxy, le projet pop intersidéral que nous a livré Marchet en guise de dernier album en date. Un délire certes accrocheur mais qui s'égare parfois à force de vouloir se (nous) perdre dans l'espace. Entre "Sébastien Tellier meets 2001, l'Odyssée de l'espace" et Michel Houellebecq en guest star d'un hypothétique Battlestar Galactica : the musical, Bambi Galaxy est fascinant à bien des égards et aligne son lot de grandes chansons rétrofuturistes. Mais le jusqu’au boutisme du concept – chose avec laquelle Marchet est généralemen

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Le point, c’est tout

ARTS | Pour sa réouverture après travaux, et avant l’inauguration d'une exposition permanente fin janvier, le Planétarium accueille "XYZT", fascinant travail d’Adrien Mondot et Claire Bardainne conçu à partir de la notion de point. Une expérience interactive absolument réussie. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 14 novembre 2013

Le point, c’est tout

Il est ingénieur informaticien, comme on dit parfois en raccourci d’un métier lénifiant. Elle est plasticienne, scénographe et designer graphique, une triple profession à faire se pâmer les hipsters. Ils n’avaient rien pour se rencontrer et pourtant, depuis 2010, ils font route commune au point que le nom de la compagnie du premier, Adrien M, s’est doublé d’une certaine Claire B. À Poitiers, à Bussang mais surtout sur la scène nationale de l’Hexagone de Meylan, en périphérie grenobloise, ils composent à quatre mains des objets insolites, notamment le spectacle-conférence Un point c’est tout et l'exposition XYZT qui, deux ans après son invention, se retrouve au Planétarium. Simplement nommer les lieux où leur travail est accueilli (théâtres, comme celui des Célestins, dans le cadre cette semaine du festival Micro Mondes, sites scientifiques mais aussi scènes plus arty à l'image de celle des Subsistances) montre à quel point leurs œuvres sont à la croisée de disciplines

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Le bonheur est dans le pré

ARTS | Une balade sensitive au cœur d’une réalité numérique en mouvement : voilà ce que propose le jongleur et informaticien Adrien Mondot, en collaboration avec la plasticienne Claire Bardainne.

Dorotée Aznar | Mardi 5 juin 2012

Le bonheur est dans le pré

Ensemble, ils ont prolongé les recherches menées depuis quelques années par Adrien (notamment avec son maintenant fameux logiciel eMotion) ; recherches qui l’avaient entre autres conduit à élaborer Cinématique, spectacle phénoménal et onirique. Pour son passage à la forme exposition, l’univers de l’artiste ne s’en voit pas réduit, bien au contraire, le duo ayant imaginé des œuvres ludiques accessibles à tous qui revisitent la notion de nature avec un minimalisme graphique bienvenu. Il est par exemple impressionnant de se promener dans un champ numérique qui se meut au gré des pas des visiteurs, ou de faire s’envoler une flopée de lettres immatérielles par la simple action du souffle. Un cheminement par les émotions les plus simples, comme des réminiscences d’enfance qui s’en trouvent ici décuplées et réinterprétées. L’exposition XYZT [(x y z) pour l’espace, (t) pour le temps], sous-titrée Paysages abstraits, se joue ainsi habilement de la frontière entre réel et virtuel, en développant un langage poétique fait de «paradoxes math

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