Courtney Geraghty : « j'assume que les propositions émanant d'hommes ne soient pas majoritaires »

Théâtre de la Croix-Rousse | À la tête du Théâtre de la Croix-Rousse depuis janvier, Courtney Geraghty va mettre à profit ses expériences à l’international pour ouvrir ce lieu à toutes les formes d’art vivant. Rencontre avec cette néo-Lyonnaise de 38 ans.

Nadja Pobel | Mercredi 8 septembre 2021

Photo : © Jeanne Claudel


Vous avez travaillé en Asie, en Amérique du Sud, aux États-Unis, jamais à Lyon. Quelle idée aviez-vous de cette ville avant de candidater à la direction du Théâtre de la Croix-Rousse ?
Courtney Geraghty : Je ne sais pas si j'avais une très forte image de Lyon, pour dire les choses sincèrement. J'étais venue dans le cadre professionnel, pour la Biennale de la Danse, pour voir des spectacles aux Subsistances et une fois en tant que touriste. Ce qui m'a poussée à venir ici c'est d'abord et avant tout l'opportunité car je dis les choses assez simplement : je travaillais à New York au début de la pandémie et mon job [NdlR : directrice du French Institute Alliance Française] s'est arrêté. J'ai d'abord écrit une lettre depuis New York en faisant des recherches et c'est devenu concret quand j'ai été retenue en short-list. Je suis venue à Lyon pour sentir cette ville, savoir si c'était un endroit où je me projetterai et j'y ai passé plusieurs semaines en parcourant la ville, en rencontrant beaucoup de gens, en passant beaucoup de temps au musée Gadagne, à m'imprégner de l'Histoire — j'ai trouvé formidable ce musée et je les en remercie car ça a aidé pour le dossier (rires). Je me suis dit que je pourrais vraiment me sentir bien ici. Sinon, je ne serais pas allée jusqu'au bout de la candidature. Je me suis beaucoup reconnue dans ce quartier très particulier de la Croix-Rousse qui m'a étrangement rappelé le quartier dans lequel j'habitais à New York, Brooklyn, un peu un village dans la ville. Il y a eu un autre facteur : le renouvellement des directions des institutions culturelles lyonnaises. Ça me paraissait être le moment pour arriver et participer à cette ébullition.

Quelle spectatrice de théâtre êtes-vous ?
Je pense que ma pratique de spectatrice a beaucoup évoluée. Ma première expérience de théâtre, c'est la comédie musicale puisque j'ai grandi (jusqu'à 11 ans) aux États-Unis et que ma mère m'emmenait chaque année en week-end à Broadway pour mon anniversaire. C'était le côté strass-paillettes, la musique, des airs qu'on pouvait ré-écouter, le merchandising aussi. Plus tard en France, j'ai fait du théâtre au collège. J'ai été marqué par La Cantatrice chauve de Ionesco. Je trouvais ça incroyable. C'était tellement décalé, ça m'a rendue très curieuse et m'a poussée à avoir une pratique d'actrice de laquelle a découlé ma pratique de spectatrice. J'ai commencé à m'abonner à des théâtres à Paris au lycée, à emmener des copines et là, puisque je ne connaissais pas grand chose, l'histoire était un moteur fort. J'étais heureuse d'aller voir Isabelle Huppert ou Dominique Blanc. Je recherchais l'émotion. Aujourd'hui ça a beaucoup bougé. Je suis moins attachée à l'émotion brute. Ce qui m'intéresse c'est qu'un spectacle me crée de l'inconfort. On est dans une société qui célèbre le confort en permanence et nous pousse à vivre dans des petits souliers. Or, j'aime que le théâtre m'amène à un endroit que je n'attendais pas, que ça me déplace comme je l'écris dans l'édito de la plaquette du théâtre, soit par une esthétique, un rapport au temps, un propos, une manière d'aborder un jeu d'acteur…

Vincent Macaigne, avec qui j'ai collaboré...

Quels sont les artistes qui vous ont déplacée à différents moments de votre vie de spectatrice ?
Philippe Quesne que j'ai invité cette saison [Farm fatale, en novembre]. La rencontre avec son travail était majeure. Il y a une proposition visuelle, une manière d'aborder un sujet qui n'est pas une narration linéaire. Il s'est affranchi de beaucoup de codes du théâtre pour proposer une expérience encore plus forte une fois qu'on accepte de lâcher. Vincent Macaigne aussi, avec qui j'ai collaboré. Son Requiem m'a donné envie de travailler avec lui. J'ai aussi été très marquée par le travail de Christiane Jatahy que e suis ravie d'accueilli au Théâtre cette saison avec Julia (du 9 au 13 novembre). Et par celui de Nacera Belaza, une chorégraphe qui distend le temps. Je me suis rendu compte qu'il y a peu de moments dans les vies qu'on a construites aujourd'hui où l'on accepte de mettre les choses en suspens. C'est très rare aujourd'hui qu'on soit en collectif dans le même espace-temps et c'est très important d'être dans une forme de respiration commune dans une salle de théâtre.

Vous qualifiez cette première saison d'inclusive. Mais n'est-ce pas un minimum ?
Bien sûr que si, mais pour autant ce n'est pas la norme. J'assume que les propositions émanant d'hommes ne soient pas majoritaires. Ce n'est pas quelque chose d'excessif dû à un militantisme féministe. Mais il y a un tel déséquilibre dans notre métier que, sans doute, le public ignore... Pendant très longtemps et maintenant encore, les hommes ont été plus largement soutenus, programmés et bénéficient de plus de moyens de productions que les femmes. Il y a donc besoin d'un peu de vigilance pour qu'on ne reproduise pas cet écueil. Il m'est arrivé de dire à des hommes cette saison, dont le spectacle m'intéressait pourtant beaucoup, que je tenais à présenter une programmation paritaire cette année.

"Nous nous rapprochons aussi fortement du Théâtre des Clochards Célestes"

Vous vous entourez notamment de Johanny Bert qui travaille sur cette société mélangée (pour les enfants et les grands, pour des marionnettes et des comédiens…). Quelle sera sa place dans la saison ?
Il sera artiste complice au moins pour les quatre prochaines saisons. Ça me paraissait important d'avoir un artiste qui reste proche du projet, car le Théâtre de la Croix-Rousse a toujours été dirigé par des artistes (Philippe Faure puis Jean Lacornerie). Johanny connaît bien ce lieu, le théâtre et le territoire, il a vécu à Lyon, il est Auvergnat.

Cette saison, on va travailler sur la création du Processus, un texte de Catherine Verlaguet avant tout à destination des adolescents, sur le sujet de l'avortement. C'est un seul en scène d'une comédienne qui sera Juliette Allain, formée au CNSAD. Ce spectacle a été conçu pour être en itinérance, dans les classes. Au fil du travail, les lycéens ont exprimé l'idée que ce serait bien que leurs parents entendent cela. Donc, il y aura une version salle, en janvier. Johanny Bert présentera aussi Une épopée, créé juste avant le Covid et peu vu jusque-là. C'est une expérience unique et j'espère inoubliable, l'occasion de vivre une saga théâtrale qui s'étale de 10h à 16h pour les enfants à partir de 8 ans. C'est l'histoire de deux jeunes qui partent à la découverte du monde, avec un propos sur le dérèglement climatique. Il y aura des pauses régulières, des goûters, des moments de calme avec sieste au casque. Et Johanny va aussi préparer des projets pour les années à venir. Il sera aux Célestins avec Hen. Je ne peux qu'encourager les gens à voir cela. Si on voit Processus, Hen et Une Épopée on aura une vision assez complète des facettes du travail de Johanny.

Ce travail mutualisé semble de plus en plus accru avec les institutions culturelles lyonnaises ?
Oui, nous nous rapprochons aussi fortement du Théâtre des Clochards Célestes et c'est très important pour nous. Ils vont présenter un spectacle en hors les murs chez nous (Étienne A, en février) mais nous leur avons donné une carte blanche pour développer des résidences qui seront dans le studio. Ça va permettre à des compagnies lyonnaises de se développer — passer d'une salle de 50 places jusqu'à une de 600 comme ici demande différents stades de développement.

On va aussi accueillir l'université nationale d'automne de HF [NdlR : association pour promouvoir l'égalité femmes-hommes dans les arts et la culture] en novembre. Avec la Villa Gillet, on va organiser un débat dans le cadre du festival Mode d'Emploi avec Philippe Quesne, sur les questions des enjeux du vivant aujourd'hui dans la création contemporaine. On s'associe au CHRD autour du spectacle de Pauline Hercule et Pierre Germain Ce que vit le rhinocéros (en mars), une fable sur des animaux qui sont dans le zoo du camp de Buchenwald.

Comment la crise du Covid va-t-elle impacter cette rentrée culturelle ?
On ne sait pas si cette saison aura lieu. Ici, on commence par des artistes réunionnais, brésiliens… Vont-ils pouvoir venir ? La reprise en juin ne s'est pas traduite par une ruée dans les théâtres. Ça a été très positif pour les festivals, l'événementiel. À la Croix-Rousse, nous avons été préservés car nous avions peu de spectacles en mai-juin mais, avec une limitation à 60% de la jauge, on n'a refusé personne.

Maintenant on essaie d'apporter les réponses nécessaires au public pour le rassurer. On rouvre en jauge pleine, passe sanitaire obligatoire et respect des gestes barrière. Il faudra certainement embaucher des personnes supplémentaires pour vérifier ce pass. Si on peut jouer, je serai très contente car ça nous a tellement manqué de faire du théâtre, d'être en lien avec le public et de présenter le travail des artistes... Mais il faut se souvenir que notre objectif premier est la démocratisation de l'accès à la culture et se retrouver dans une situation où on va devoir faire du tri à l'entrée n'est pas la raison pour laquelle on s'est engagé dans ce métier, c'est même l'antithèse. J'ai envie qu'on puisse jouer mais ce n'est pas simple. Ce qui me préoccupe beaucoup, ce sont les groupes scolaires. J'ai peur que beaucoup de professeurs ne puissent pas organiser des sorties sur le temps scolaire si toute la classe n'a pas le passe sanitaire [NdlR, la vaccination est possible dès 12 ans depuis le 15 juin]. Et ça a un impact économique aussi.

Avez-vous des aides spécifiques ?
On a eu une aide de la Ville en 2020 avec le fond d'urgence mais, contrairement au théâtre privé, nous n'avons pas eu d'aide sur le manque à gagner de la billetterie. Personne n'a failli pour le moment mais c'est maintenant que la question va se poser. Jusque-là, on a été très soutenu en France (remise de charges, chômage partiel, fonds de solidarité…). Je n'ai aucun grief à faire. L'inquiétude est pour maintenant. Avec le passe sanitaire et le public qui risque d'être moins au rendez-vous, est-ce qu'on va nous soutenir sur le manque à gagner de la billetterie et les déficits qui risquent de suivre ? Car on a prévu une programmation qui compte sur des salles bien remplies.

Présentation de saison avec Johanny Bert, Ludmilla Dabo et David Lescot
Au Théâtre de la Croix-Rousse le lundi 13 septembre à 19h30 ; entrée libre


Spectacle d'ouverture

Appuie-toi sur moi, par la compagnie Cirquons flex, 55 min, dès 8 ans. Circassiens réunionnais et un musicien live sous chapiteau sur le parvis du théâtre, du 22 au 26 septembre (mer, ven à 20h, jeu à 19h30, sam à 11h et 19h30, dim à 16h) ; de 5€ à 27€


Repères

1983 : Naissance à Boston, États-Unis

1994 : Arrivée en France

2007 : Chargée de projets artistiques à l'Ambassade de France de Tokyo

2009 : Chargée des relations internationales au Centquatre à Paris

2011 : Chargée des arts de la scène à l'Institut Français du Japon

2012 : Secrétaire générale et conseillère artistique du Festival Automne en Normandie et du Festival Terres de Paroles

2015 : Directrice de production et du développement pour Vincent Macaigne et Mohamed El Khati

2016 : Attachée culturelle à l'Institut Français et l'Ambassade de France du Chili

2018 : Directrice artistique au French Institute Alliance Française à New York

2021 : Directrice du Théâtre de la Croix-Rousse

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Courtney Geraghty, nouvelle directrice du Théâtre de la Croix-Rousse

Mercato | Pour succéder à Jean Lacornerie, directeur du Théâtre de la Croix-Rousse en partance à la fin de l'année, le jury a choisi ce lundi 21 septembre la Franco-Américaine Courtney Geraghty.

Sébastien Broquet | Mardi 22 septembre 2020

Courtney Geraghty, nouvelle directrice du Théâtre de la Croix-Rousse

Le choix du jury, qui s'est réuni le lundi 21 septembre et composé de l’association de gestion du Théâtre de la Croix-Rousse, de la Ville de Lyon, de la Région et de la DRAC Auvergne Rhône Alpes, s'est porté sur Courtney Geraghty. C'est donc la jeune femme de 37 ans originaire de Boston qui dirigera le Théâtre de la Croix-Rousse dès janvier 2021, succédant ainsi à Jean Lacornerie, lequel va quitter ses fonctions le 31 décembre prochain après dix ans à ce poste. 24 dossiers de candidatures avaient été déposés, parmi lesquels cinq finalistes ont été désignés pour passer l'oral — vingt minutes de présentation, vingt minutes de questions — ce lundi. C'est à la quasi unanimité que Courtney Geraghty a été désignée pour diriger ce théâtre emblématique de la ville. Elle s'est associée au metteur en scène auvergnat Johanny Bert, pour les prochaines saisons du théâtre. Courtney

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Cinq finalistes pour la direction du Théâtre de la Croix-Rousse

Mercato | Cinq dossiers ont été retenus parmi les 25 candidatures à la succession de Jean Lacornerie à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse.

Sébastien Broquet | Mercredi 29 juillet 2020

Cinq finalistes pour la direction du Théâtre de la Croix-Rousse

Jean Lacornerie, par choix personnel, quittant ses fonctions à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse le 31 décembre prochain, les tutelles se sont lancées en quête de son — ou sa — successeur. Les représentants et représentantes de la Région, de la Drac et de la Ville se sont ainsi réunis le jeudi 23 juillet pour étudier les 25 dossiers de candidatures déposés. Les finalistes retenus ont jusqu'au 7 septembre pour affiner leur projet, qui sera ensuite auditionné par le jury le 21 septembre. Cinq candidats et candidates ont été retenus, que voici : - Un premier duo, avec le musicien et metteur en scène Camille Rocailleux, issu du Conservatoire national supérieur de musique de Lyon, qui a fondé et co-signé les spectacles de la compagnie de danse ARCOSM de 2001 à 2016. Il a collaboré avec Jérôme Savary ou la chanteuse Camille et fondé la compagnie EVER en 2013, mêlant spectacle vivant et technologie. Il fait équipe avec A. Favr

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«Faire entrer le théâtre musical à la Croix-Rousse»

SCENES | Entretien / Jean Lacornerie, nouveau directeur du Théâtre de la Croix-Rousse. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 13 décembre 2010

«Faire entrer le théâtre musical à la Croix-Rousse»

Petit Bulletin : Vous êtes-vous porté candidat pour la direction de ce théâtre ?Jean Lacornerie : Oui, c’était une volonté de ma part de quitter le Théâtre de la Renaissance. J’ai eu l’occasion de parler de cette volonté avec la Ville et j’ai donc décidé de présenter un projet pour prendre la direction du Théâtre de la Croix-Rousse. Quelles sont les grandes lignes de ce projet ?Il s’agit de faire entrer le théâtre musical à la Croix-Rousse. C’est l’objet de mon travail de metteur en scène et je veux en faire l’un des axes forts de ce théâtre. Je veux également inscrire ce théâtre dans la ville et travailler avec les habitants. Je crois beaucoup en des spectacles qui font participer les gens. Il faut construire ensemble sur un plateau et réussir à fabriquer un projet artistique et pas seulement sympathique. Quelle sera désormais la place du théâtre dramatique dans ce lieu ?Un volet consacré au théâtre dramatique est absolument nécessaire. Je souhaite présenter des artistes régionaux à la Croix-Rousse même si, en raison de la taille du plateau, il ne s’agira pas d’artistes débutants mais plutôt d’une sorte de «deuxième émergence», des jeunes

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«Un théâtre de l’insolence»

SCENES | Entretien / Laurent Brethome et Philippe Sire de la Compagnie Le menteur volontaire se présentent en duo pour succéder à Philippe Faure. Propos recueillis par DA

Dorotée Aznar | Jeudi 2 décembre 2010

«Un théâtre de l’insolence»

Petit Bulletin : Laurent Brethome, pourquoi voulez-vous diriger la Croix-Rousse ?Laurent Brethome : Le Théâtre de la Croix-Rousse, c’est un théâtre et une équipe que je connais bien pour y avoir eu mes premiers succès et y avoir développé un important travail d’action culturelle, que ce soit l’animation d’ateliers amateurs, des présentations de chantiers, un travail en milieu carcéral… On vous a incité à postuler ?Laurent Brethome : Je termine mes trois années de résidence au Théâtre de Villefranche. Depuis quelques mois et plus particulièrement depuis les récents succès de mon travail au niveau national, je reçois des encouragements à postuler pour la direction d’un lieu. Mon attachement à Lyon et la possibilité de poursuivre ma collaboration avec Philippe Sire à travers un projet ambitieux et militant m’encouragent à présenter cette candidature. C’est ce lieu en particulier qui vous intéresse ?Laurent Brethome : J’ai songé à postuler à la direction du CDN de Poitiers, mais je n’en avais pas vraiment envie. J’ai un lien très fort avec le Théâtre de la Croix-Rousse, c’est ce lieu en particulier qui m’intéresse effectivement.

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«Je ne me défilerai pas»

CONNAITRE | Entretien / Sarkis Tcheumlekdjian, metteur en scène lyonnais et fondateur de la compagnie Premier Acte est candidat à la direction du Théâtre de la Croix-Rousse Propos recueillis par DA

Dorotée Aznar | Mardi 30 novembre 2010

«Je ne me défilerai pas»

Petit Bulletin : Êtes-vous candidat à la succession de Philippe Faure ?Sarkis Tcheumlekdjian : Ce n’est pas aussi simple. Je suis longtemps resté en retrait. On peut dire que j’ai écrit une lettre à la Ville pour rappeler que j’étais un observateur attentif du théâtre et que, si un appel à projets était lancé, je serais intéressé pour poser ma candidature. Plus clairement, si un appel est ouvert, je ne me défilerai pas. Vous vous portez candidat avec votre compagnie ?Oui, c’est une candidature de troupe ! Je serais ravi d’ailleurs de prendre un tel outil, notamment pour faire connaître le travail de la compagnie Premier Acte qui est peu connu dans la région, alors qu’il l’est ailleurs… En quelques mots, quelles sont les grandes lignes que vous défendriez si vous étiez à la tête de ce théâtre ?Je pense qu’il faut ouvrir le théâtre à l’international, aux compagnies émergentes et pérenniser le travail de l’équipe en place actuellement dans ce théâtre. Je crois que la direction d’un lieu culturel comme celui-ci doit être envisagée comme une mission. C’est une somme de travail énorme. Que retenez-vous du travail effectué par Philippe Faure ?

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«La popularité avant tout»

CONNAITRE | Entretien / Déborah Lamy, comédienne, candidate à la direction du Théâtre de la Croix-Rousse Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Mardi 30 novembre 2010

«La popularité avant tout»

Petit Bulletin : Pourquoi vous portez-vous candidate à la succession de Philippe Faure ?Déborah Lamy : Déjà pour dire que je me bats depuis 25 ans. Ensuite, parce que j’ai été très soutenue dans cette démarche ; j’ai reçu une centaine de lettres de soutien. Et ce, même si, évidemment, cette candidature n’a pas plu à tout le monde… Vous avez envoyé un dossier à la Ville de Lyon ?J’ai envoyé une lettre de quatre pages qui expliquait mes ambitions pour ce lieu. Et quelles sont-elles ?Pour moi, la popularité doit être au centre de toute réflexion et l’accès à la culture pour tous passe par des places moins chères. Je pense qu’il faut être vigilants à ce que ce théâtre ne devienne pas un lieu semi-privé. Vous vous sentez une responsabilité par rapport à ce théâtre ?Je suis Croix-Roussienne depuis 41 ans, je ne pense pas me tromper sur les attentes du public. Je voudrais simplement que ce lieu reste celui des Lyonnais. Peu importe la personne qui sera nommée, ce qui compte, c’est qu’elle soit compétente et bien entourée. C’est le théâtre qui doit être mis en avant, pas le nom d’un directeur. Comment faire de ce théâtre un lieu de

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CONNAITRE | Théâtre / Un nouveau directeur devrait être nommé dans les prochains jours à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse, après le décès de Philippe Faure en juillet dernier. Dix-sept candidats se seraient d’ores et déjà manifestés. Revue de détails. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 29 novembre 2010

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Si la Ville de Lyon n’a pas lancé d’appel à projets pour la nomination d’un directeur à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse, les projets sont tout de même parvenus jusqu’à elle. Dix-sept candidats auraient fait part de leur intérêt pour ce lieu, de manière plus ou moins officielle et dossiers plus ou moins fournis à l’appui. Sur la dizaine d’aspirants-directeurs que nous avons pu identifier, on croise principalement des Lyonnais ou des metteurs en scène ayant une bonne connaissance du terrain local et du Théâtre de la Croix-Rousse en particulier. En placeLa plupart des candidats ne disposent pas d’un lieu fixe, mais ce n’est pas de cas de tous. Certains dirigent même des théâtres dans l’agglomération. C’est vrai pour Jean Lacornerie, actuel directeur du Théâtre de la Renaissance à Oullins et autour duquel les rumeurs les plus folles ont circulé. S’il n’est pas particulièrement enthousiaste à l’idée d’aborder le sujet de sa candidature, Jean Lacornerie tient cependant à rétablir certains faits : «je n’ai pas présenté de candidature conjointe avec Cathy Bouvard et la Ville ne m’a jamais contacté pour m’inciter à postuler. Ce lieu m’intéresse en effet, parce que c’est u

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Dorotée Aznar | Lundi 29 novembre 2010

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Procédure / «Je n’ai pas d’interlocuteur à la Ville ». «Je ne sais pas si quelqu’un a reçu mon dossier». «Je sais officieusement que ma lettre a été reçue». «C’est un peu étonnant d’être traités avec un tel dédain». La plupart des candidats déclarés à la succession de Philippe Faure s’étonnent de n’avoir jamais été contactés par l’adjoint à la Culture de la Ville de Lyon, ni même d’avoir reçu de réponses (voire d’accusés de réception) aux différents courriers qu’ils ont envoyés. En choisissant de ne pas mettre en place de procédure de recrutement, la Ville de Lyon a suscité, dans le meilleur des cas, l’incompréhension. L’objectif premier était de ne pas retomber dans les travers de la nomination du successeur de Guy Darmet à la tête de la Maison de la danse et de la Biennale de la danse. En effet, l’appel à candidatures internationales s’était soldé par la nomination de Dominique Hervieu qui n’avait pas postulé et ne s’était jamais présentée devant la commission. La manière en avait choqués plus d’un. Pour la nomination d’un nouveau directeur au Théâtre Croix-Rousse, la méthode a été bien différente : pas d’appel à projets, pas de commission, un seul juge : Gérard Collomb. Une ma

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«La Ville décide seule»

SCENES | Entretien / Georges Képénékian, adjoint au Maire de Lyon, délégué à la culture et au patrimoine revient sur la «procédure» de nomination du futur directeur du Théâtre de la Croix-Rousse. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 29 novembre 2010

«La Ville décide seule»

Petit Bulletin : Vous n’avez pas lancé d’appel à projets pour la succession à Philippe Faure à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse. Cette absence de concertation ne risque-t-elle pas de poser problème ?Georges Képénékian : Tout se passera bien. La nomination du successeur de Philippe Faure est différente des autres procédures que nous avons pu connaître. Il n’y a pas de jury, pas de commissions ; la Ville décide seule. Bien sûr, nous discutons également avec nos partenaires, l’État, la Région et le département. Beaucoup de personnes qui se sont portées candidates se plaignent de n’avoir pas été reçues afin de pouvoir présenter leurs projets. Allez-vous les recevoir ?Non, nous n’allons pas recevoir tous les candidats. Au total, nous avons reçu 16 ou 17 dossiers, dont quelques-uns franchement inattendus. Nous les avons analysés, puis nous avons lancé une réflexion. Quel est votre projet pour le Théâtre de la Croix-Rousse, quel homme ou quelle femme voyez-vous à sa direction ?Nous ne voulons pas changer fondamentalement le lieu, il ne faut pas être en rupture avec ce que le public attend. Le futur directeur ou la future directrice sera un acteu

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Dorotée Aznar | Lundi 29 novembre 2010

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Ils sont candidats à la direction du Théâtre de la Croix-Rousse : Laurent Brethome & Philippe Sire, compagnie Le menteur volontaireYves Charreton & Florence Tournier-LavauxPhilippe Delaigue, compagnie La FédérationDéborah Lamy & Sarkis Tcheumlekdjian, compagnie Premier Acte (en son nom propre)Jean Lacornerie, directeur du Théâtre de la RenaissanceJoris Mathieu & Philippe Puiserver, compagnie Haut et CourtEmmanuel Meirieu, compagnie Bloc OpératoireSylvie Mongin-Algan, compagnie des Trois-HuitNicolas Ramond, compagnie Les TransformateursSarkis Tcheumlekdjian, compagnie Premier ActeNathalie Veuillet, compagnie Là Hors DePhilippe Vincent, compagnie Scènes Il a refusé la direction du Théâtre de la Croix-Rousse : Michel Raskine, comédien, metteur en scène et directeur du Théâtre Le Point du Jour

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CONNAITRE | Nomination / Presque deux mois après le décès du directeur du Théâtre de la Croix-Rousse, Philippe Faure, la question de la nomination de son successeur se pose. Dorotée Aznar

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Théâtre cherche (bon) directeur

«La saison 2010-2011 est bouclée et l’équipe en place n’a rien à craindre». Georges Képénékian, adjoint au Maire de Lyon, délégué à la culture et au patrimoine souhaite que la nomination du prochain directeur du Théâtre de la Croix-Rousse soit rapide (en décembre 2010 au plus tard), et la succession sans douleur. L’adjoint a donc rendu visite la semaine dernière à l’équipe du théâtre afin de rassurer les salariés sur leur avenir à court terme et a également pris le temps, explique-t-il, de parler des éléments essentiels qui caractérisent ce théâtre ; «le rayonnement, l’ouverture, le défi, la prise de risque…», autant d’idées fondamentales qui apparaîtront dans le cahier des charges auquel devra se conformer le futur directeur. Et les candidats ne manquent pas : «beaucoup de noms circulent. Des gens ont contacté Gérard Collomb, d’autres m’ont contacté...», raconte Georges Képénékian qui se dit à la recherche «d’ un homme ou une femme capable de continuer cette aventure originale à la Croix-Rousse. De continuer d’abord et de commencer ensuite». La programmation 2010-2011 restera donc inchangée et le nouveau venu s’engagera à ce que «les choses restent en place pendant un an avant de

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Curiosités de saisons

Théâtre / Les saisons se terminent à peine que les prochaines se profilent. À La Croix-Rousse, Philippe Faure a renoué avec une tradition qui lui est chère : la présentation de saison en costume. Après la ballerine, c'est déguisé en Père Noël que le directeur du théâtre est arrivé sur scène, accompagné par le quatuor Debussy qui assurait le Vive le vent en direct. Une manière de railler le ministère de la Culture qui l'avait trouvé bien naïf de croire aux promesses des ministres. Si le théâtre n'a pas officiellement obtenu le label Scène nationale, rien ne le laisse supposer, le directeur ayant décidé d'apposer le label convoité sur tous ses supports de communication. En ce qui concerne la programmation, le Théâtre de la Croix-Rousse accueillera plusieurs valeurs sûres qui ont séduit le public cette saison : les tragédies de Racine par Jean-Marc Avocat seul en scène, la version des Fourberies de Scapin d'Omar Porras ou Le Soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face du franco-libanais Wajdi Mouawad dont les détracteurs se comptent sur le doigt de la main. La Croix-Rousse accueillera également des «têtes d'affiches», avec en premier lieu La douleur de Duras, mis en s

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| Mercredi 20 décembre 2006

Il revient (il paraît)

Théâtre / Fans de Grosquick, collectionneurs d'autocollants Panini ou lecteurs des multiples épisodes du Club Des 5 (uniquement en Bibliothèque rose, bien sûr) ; bref tous ceux qui n'ont pas encore réussi à dire adieu aux héros du passé devraient en avoir les larmes aux yeux. Presque un siècle après sa naissance, Fantômas revient. Et en musique, s'il vous plait. Gabor Rassov s'est en effet attelé à une vaste entreprise de résurrection du superhéros superméchant, caméléon malfaisant aux multiples visages en un feuilleton théâtral épique et chanté en seize tableaux. Enfant illégitime de la série noire (bien que B) et de la comédie musicale cheap, ce nouvel épisode de Fantômas s'annonce un poil kitchoune, mais assurément décalé. Le génie du mal n'a pas changé de tailleur et revient avec le costard et la cape, pour devenir le père de l'humanité. Dans ce but, il va tenter d'exterminer tous les êtres humains à l'exception de sa fille Hélène, clonée en millions d'exemplaires. Et la fifille du monstre n'est autre que la douce Romane Bohringer, désormais habituée des planches du théâtre de la Croix-Rousse. Relativement novice quant il s'agit de pousser la chansonnette, elle sera accompagnée

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