Des bugs et des matrices

Nadja Pobel | Mardi 20 mai 2014

Photo : "la cuisine moléculaire" Réseau / Véronique Binst et Sonia Paço-Rochia DR Alessia Contu


Depuis son ouverture, le Lavoir s'est imposé comme un lieu incontournable en matière d'expérimentation artistique et festive - en dépit de sa fermeture à minuit. La curiosité insatiable de ses fondateurs, Olivier Rey et Julien Ribeiro, les a amenés à être sollicités par de nombreux festivals, dont ils accueillent des temps forts, d'Écrans mixtes au Mirage Festival en passant par Paroles en festival. À leur tour d'en initier un avec Ladybug, qui rassemblera durant quatre jours les femmes qui font la création numérique en Europe. Un sujet qui préoccupe depuis longtemps déjà les deux lurons - ils étaient à l'origine des soirées Lectroniques au Théâtre de l'Elysée.

Hormis une incontournable table ronde sur l'égalité homme/femme dans ce domaine, il y sera surtout et heureusement question d'art, à commencer par celui toujours magnétique d'Adrien M. et Claire B. qui, avant de créer Pixel à la Maison de la danse avec Mourad Merzouki (en janvier 2015), se proposent avec Water Cycle, une véritable anamorphose aquatique obtenue par une savante programmation informatique, de remettre de l'eau dans ledit lavoir. Au Théâtre des Ateliers, où se déroule en partie le festival, les Franco-belge-néerlandaise de Lady Zone inviteront elles, entre deux performances, à un voyage sur Internet pendant les années 40. À voir aussi cette intrigante belgitude qu'est Le Capitalisme n'est pas une catastrophe par The Ultimate Compagny, ou quand un artiste se retrouve avec le pouvoir d'un trader. Enfin, puisque le Lavoir ne serait pas le Lavoir sans ses mythique parties, Clara Moto sera de passage samedi pour un set intime (et sur réservation !) à des lieues des hangars impersonnels qu'elle remplit d'ordinaire.

Nadja Pobel

Ladybug
Au Lavoir public et aux Ateliers, du jeudi 22 au dimanche 25 mai

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L'Ardèche, en flèche

Escapade | Y être allé, y aller, y retourner. L'Ardèche, quasi deux fois moins peuplée que la ville de Lyon, n'offre pas "que" des balades en kayaks et la copie de la Grotte Chauvet. C'est aussi une terre qui choie ses artistes à commencer par le peintre naïf Yankel, disparu en avril à l'aube de ses 100 ans. Balade artistique sur cette terre amie.

Nadja Pobel | Vendredi 10 juillet 2020

L'Ardèche, en flèche

330 000 habitants, plus petite préfecture de France (Privas), 3500 km de routes mais pas d'autoroute ni la moindre gare de voyageur de chemin de fer, l'Ardèche est paradoxale. Cette terre aux 900 dolmens (plus qu'en Bretagne !) est aussi un nid d'artistes, en témoigne cette école Roger Planchon à Privas (puisque le dramaturge est originaire de ce département où il situa son Cochon noir) ou encore l'existence une SMAC, un pôle national de cirque, un CNAREP (arts de la rue) et même un CDN posé à Valence mais sous-nommé Drôme-Ardèche. Et bientôt un centre d'art contemporain au château d'Aubenas à l'horizon 2023. Yankel, sa (dernière) saison En 1952, Yankel, fils de Kikoïne qui est déjà, comme son père, un peintre renommé et a croisé à Paris, dans l'atelier La Ruche, les plus grandes figures du XXe siècle (Chagall, Modigliani...), s'ancre dans une ancienne coconière à Labeaume. Il y meurt le 2 avril dernier à 17 jours de ses cent ans. Le Département avait déjà

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Fin de cycle au Lavoir Public

Croix-Rousse | Olivier Rey, directeur du Lavoir Public, annonce son départ en septembre prochain, à l'occasion du renouvellement de la convention entre le lieu et la mairie du 1er.

Sébastien Broquet | Mardi 28 janvier 2020

Fin de cycle au Lavoir Public

Ce mercato lyonnais des lieux culturels semble sans fin : le 30 septembre prochain, la convention liant l'équipe du Lavoir Public et la mairie du 1er prendra fin et la nouvelle équipe municipale aura alors en charge de sélectionner un nouveau projet prenant place dans les murs de cet ancien lavoir municipal. Depuis le 2 février 2012, c'est le metteur en scène Olivier Rey qui mène la barque avec un brio rare, en faisant l'un des spots les plus attractifs et insolents de la cité, programmant théâtre, clubbing, rencontres ou encore le festival OnlyPorn. Il avait créé cet espace de liberté à l'origine avec Julien Ribeiro et Juli Allard-Schaefer, le nommant dans un premier temps Club Théâtre pour une durée initiale d'un an, avant de le rebaptiser avec la prolongation de l'aventure. Mais si le directeur désire s'en aller et laisser la place — il dit lui-même que trop souve

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Olivier Rey ne se souvient pas de tout

1997-2017 : 20 ans dehors ! | Homme de théâtre, agitateur de talent, il dirige de main de maître Le Lavoir Public, l'un des lieux les plus excitants de la ville, où il a mis en scène un Huis clos qu'il a dépoussiéré, et où il organise quelques fêtes mémorables. On lui doit aussi le festival Only Porn.

Sébastien Broquet | Mardi 7 novembre 2017

Olivier Rey ne se souvient pas de tout

Où sortiez-vous en 1997 ? Olivier Rey : C'était quand déjà 97 ? Bac en 94, donc ça devait être ma période Beaux-arts... Bien sûr : les soirées Factory. Et La Centrale, mais c'était peut-être un peu après. On allait à l'Ambassade. Puis il y a eu à la place du Glob, je crois, l'Ambassade sur les quais de Saône. Ca n'a duré qu'un an, je ne sais plus si c'était cette année-là. Il y avait aussi à Saint-Georges une boîte indie pop où j'allais souvent, je n'arrive plus à me souvenir du nom... C'était tout petit, sur trois étages, on y dansait dans la cave. J'ai découvert tout le rock indé de l'époque là-bas. Je sortais beaucoup au théâtre aussi, c'était les débuts de l'époque Raskine-Guittier au Point du Jour où j'étais tout le temps fourré. Et est-ce que le Medley rue Childebert était déjà là ? Je ne sais plus. Je me souviens aussi d'une fête incroyable, inoubliable, dans le parking des Terreaux qui n'était pas encore ouvert, organisé par Cathy Bouvard avec Lyon Cap'. Mais est-ce que c'était en 97 ? Qu'écoutiez-vous ? Oh la la ! Ma culture musicale était encore balbutia

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Sartre, en boîte

Théâtre | Transposant Huis clos dans un nightclub, Olivier Rey utilise au mieux son espace incongru et donne une nouvelle fraîcheur à un texte vieillissant.

Nadja Pobel | Mardi 24 octobre 2017

Sartre, en boîte

Que faire dire encore à ce Huis clos que Sartre écrivit en 1944, juste avant son essai L'Existentialisme est un humanisme ? Ils sont trois à débarquer en Enfer, des morts plus que vivants qui ne cessent de se chercher des noises – ou de se séduire mais c’est la même chose : ils empiètent sur l’autre. Estelle assume son infanticide au nom de sa liberté avec une aisance qui n’a rien d'exagéré ; Garcin, dans une volonté de tout contrôler, se jauge à l’aune de ses deux congénères et se heurte à ce que son sexe ne soit pas avec évidence le plus fort. Inès n’a pas besoin de revêtir un tee-shirt légèrement connoté pour que son homosexualité affirmée ne suscite le rejet puis la curiosité. Les trois comédiens, tous parfaitement en place, y compris Mariek Sergent – dont ce n’est pas le métier : elle est la Tatie Charby qui anime vos nuits, notamment au Lavoir – mènent avec brio ce bal pas si mortuaire que cet au-delà ne le laisse supposer.. Électro et électrique Dans cette énième version de la pièce la plus jouée du philosophe, bien souvent les personnages sont prisonniers d’un espace indé

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Être et Lavoir

ACTUS | Le Lavoir public, lieu d'art et de vie berlinois par excellence, a récemment fait appel au financement participatif pour renflouer son budget. Alors que le slogan «arm aber sexy» ne lui est jamais si bien allé, Olivier Rey, l'un de ses deux fondateurs, découvre les limites du projet. Valentine Martin

Valentine Martin | Vendredi 13 mars 2015

Être et Lavoir

Né d'une rencontre entre le Club Théâtre, la fondation abbé Pierre pour le logement et la mairie du 1er arrondissement, le Lavoir public ouvre ses portes en 2012. L'idée est simple : créer un laboratoire artistique qui soit à la fois un vrai théâtre et un lieu à dimension plus festive, comme en regorge dans la capitale allemande. Ce mélange de formes qui permet de croiser les gens est cher à Olivier Rey, metteur en scène dudit Club. Il signe donc avec la mairie un contrat initial, qui permet à son collectif de s'installer au Lavoir pour 365 jours. Le côté éphémère du lieu crée une émulsion et très vite le public afflue. Tellement qu'à la fin de l'année, le contrat se transforme en convention d'occupation triennale avec la mairie. En 2015, le Lavoir a écrasé le nom de l'association de départ. Une année d'autant plus charnière qu'il change aussi d'équipe, Julien Ribeiro, l'autre fondateur de l'association, ayant décidé de quitter l'aventure pour poursuivre un projet personnel. Reste donc à la barre Olivier Rey, qui doit faire face à un criant manque de moyens. Pas Byzance Car si l'année 2014, a vu sa programmation avant-gardiste (sur les

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Un été bœuf

MUSIQUES | Ça alors ! Comme le temps passe vite. L'hiver a peine terminé voici venir le 21 juin, l'été et la Fête de la Musique. Ah ! Comme l'envie de tout voir est grande ! Mais comme c'est impossible, voici notre sélection rock-pop-jazz-variété, totalement subjective et non exhaustive. «100 % pur bœuf» assure l'organisateur, mais garantie sans flûte à bec. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Vendredi 14 juin 2013

Un été bœuf

Cette année à Lyon, la fête de la musique est, nous dit-on, garantie «100 % pur bœuf» et sera entièrement financée par Findus et la fratrie Spanghero (l'une de ces deux informations est fausse, l'autre contient un merveilleux jeu de mots). Surtout, le credo de cette année, c'est matin, midi et soir – ce qui fait beaucoup de bœuf, on vous l'accorde. Il faudra donc par exemple prendre une RTT ou profiter de sa pause de midi pour aller voir le joli plateau composé du prometteur folkeux Adam Wood et du plus pop... Poppy (en duo avec Silène) au Musée des Beaux-Arts entre 12h et 14h. Pour ceux dont la pause sandwich est trop courte, Adam Wood rejouera en fin de journée place Johannès Ambre, en groupe cette fois. Rappelons en tout cas que chaque année, le 21 juin est l'occasion de découvrir certains nouveaux talents. Remember Joe Bel l'an dernier et le chemin parcouru depuis. Elargis ton monstre Parmi les scènes emblématiques de l'événement, celle de Lerockepamort – associé au Marché Gare, au Périscope, à Thou Bout

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Toute première fois, au Lavoir et en public

SCENES | La première soirée théâtre au Lavoir public aura lieu ce soir 8 février à 20 heures. La soirée intitulée «Gilles Deleuze bonsoir» invite à découvrir : «un Gilles (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 8 février 2012

Toute première fois, au Lavoir et en public

La première soirée théâtre au Lavoir public aura lieu ce soir 8 février à 20 heures. La soirée intitulée «Gilles Deleuze bonsoir» invite à découvrir : «un Gilles Deleuze très sexy venu vous parler d'alcool, de taxi, d'Arménie, de premières fois, de robes, de Gauche... ». À l’affiche notamment, l’hilarant Ivan Gouillon , découvert lors des soirées «Pressings».  

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Rien n'aura eu lieu que le lieu

ACTUS | Pour 365 jours, Olivier Rey et Julien Ribeiro ouvrent dans un ancien lavoir le «Club Théâtre», un espace de spectacle vivant transversal. Ni une friche bordélique, ni une institution trop policée, soit exactement l'aventure un peu floue qui manquait à Lyon. Un lieu chargé d'histoire... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 février 2012

Rien n'aura eu lieu que le lieu

Un grand bac central, deux batteries de lessiveuses en métal gris alignées le long des murs principaux, une dominante de béton austère... C'est dans un ancien lavoir public des pentes de la Croix-Rousse que le Club Théâtre d'Olivier Rey et Julien Ribeiro (avec l'appui de Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement à Lyon) élira domicile un an durant pour proposer, 20 à 25 soirs par mois, spectacles (danse et théâtre), concerts, «crêpes party», soirées, festivals (du jeu vidéo indépendant, du cinéma porno, des lectures théâtrales électroniques...). Le modèle ? La Factory ouverte à tous les vents artistiques de Warhol, ou les théâtres berlinois où l'on peut tout aussi bien voir une pièce, boire une bière et danser... Et, réfléchissons un peu, ce Lavoir pourrait bien incarner ce que Michel Foucault désignait du nom d'hétérotopie, soit «ces contre-espaces, ces utopies situées, ces lieux réels hors de tous les lieux. Par exemple, il y a les jardins, les cimetières, il y a les asiles, il y a les maisons closes, il y a les prisons, il

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Révolution permanente

SCENES | C’est dans l’air. Les artistes, citoyens hautement revendiqués, semblent plus que jamais assoiffés de questionnements politiques. Sur les écrans, le (...)

Nadja Pobel | Jeudi 1 décembre 2011

Révolution permanente

C’est dans l’air. Les artistes, citoyens hautement revendiqués, semblent plus que jamais assoiffés de questionnements politiques. Sur les écrans, le documentaire de Christian Rouaud Tous au Larzac ! brille par sa pertinence et son enthousiasme. Réveiller les gens plutôt que leur fournir un manuel de petit guerrier, voilà bien aussi l’intention du metteur en scène Olivier Rey et de ses acolytes sur le projet Révolution (au Théâtre du Point du Jour du 12 au 14 décembre. Dire des choses sérieuses sans se prendre au sérieux promet Olivier Rey comme lors de ses «pressings», happenings branques, joyeux et engagés dans des lieux iconoclastes sur le travail, les rapports homme/femme ou le logement. Sur le plateau du théâtre du 5e, chacun des comédiens issus de l’impro, du classique, du clown, les plasticiens ou les vidéastes s’empareront des lettres du mot "Révolution" et les déclineront en autant de saynètes. S’il n’y a dans ce travail aucun appel au vote pour un quelconque parti, y figure bien le désir assumé de faire un théâtre militant sous forme d’AG et de redonner au terme Révolution son sens profond. En attendant que la

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La bonne parole

SCENES | Portrait / Olivier Rey est metteur en scène. À 33 ans, il fait partie de la jeune garde qui a envie de bousculer les codes. Avec L’Achat du cuivre, présenté au Théâtre le Point du Jour, il propose une réflexion sur le théâtre, le jeu, l’engagement et le monde. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 9 novembre 2009

La bonne parole

Olivier Rey est né à Villefranche-sur-saône, il y a 33 ans. Il s'installe à Lyon en 1991 pour apprendre le théâtre, au lycée. Sa famille reste à Villefranche, où son père exerce toujours les fonctions de… pasteur. Des prêches du dimanche, le metteur en scène a gardé une fascination pour les grands rassemblements : «j'adorais voir des gens se retrouver dans une salle pour écouter un message, une parole. Ce n’est pas le discours de mon père qui m’intéressait mais l’aspect social de la messe. Quand j’ai découvert le théâtre, j’ai retrouvé ce côté festif mais moi, c’est la parole des acteurs et des artistes qui m’intéressait». Des gens qui défilaient chez ses parents pendant les dîners, il a gardé le goût des rencontres et des amitiés fidèles. «J’ai toujours une histoire humaine avec les gens, il faut qu’il y ait une rencontre. Le noyau de gens avec qui je travaille est assez fixe, j’ai besoin de ce cadre, de cette complicité, de cette fusion-là. Ce que je demande aujourd’hui à mes acteurs, ce n’est possible que parce qu’il y a une reconnaissance mutuelle de notre travail». «Une certaine incohérence»Fusion certes, mais liberté aussi.

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Plus on est de fous...

SCENES | Table ronde / Il fallait y penser, le théâtre des Ateliers l'a fait. Ce n'est plus un, mais quatre metteurs en scène qui prennent leurs quartiers au théâtre : Gilles Chavassieux, Simon Delétang, Catherine Hargreaves et Olivier Rey. Qu'est-ce que cela va changer ? Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Mercredi 10 octobre 2007

Plus on est de fous...

Petit Bulletin : Vous parlez d'un «collège de metteurs en scène». En quelques mots, présentez-nous ce collège et expliquez-nous ce qui va changer aux Ateliers.Gilles Chavassieux : C'est le résultat de plusieurs années d'expérience. L'idée centrale est de produire les projets artistiques de jeunes metteurs en scène, en assurant une longue série de représentations et une reprise des créations la saison suivante. L'objectif est que les metteurs en scène n'aient pas besoin de créer une compagnie, avec toutes les responsabilités que cela implique. Il s'agit également de leur assurer un nombre de représentations raisonnable, de manière à ce que la profession puisse venir voir leur travail. L'autre chose, c'était de se demander si c'était intéressant de continuer comme on le faisait depuis trente ans. J'ai pensé que ce n'était pas drôle. C'est là qu'est venue l'idée de mettre en place un théâtre de metteurs en scène ; un collège artistique. Les metteurs en scène proposent des projets artistiques aux Ateliers qui sont discutés et qui, une fois retenus, sont pris en charge comme de véritables productions. Quels sont les engagements de la structure à l'égard du collège

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