Lyon BD se fait l'Amérique

CONNAITRE | Lyon BD se double d'une convention 100% comics. Une initiative qui, si elle relève pour l'instant plus du gage de bonne volonté que de l'événement per se, l'impose un peu plus comme un rendez-vous majeur. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 juin 2014

«Pourquoi ne pas aimer la bande dessinée? Mais s'en targuer c'est autre chose. C'est dire, en sous main, il n'y a pas d'art mineur» osait Alain Finkielkraut à l'antenne de France Culture début mai. Un mois plus tôt, dans nos pages, Philippe Druillet lui adressait sans le savoir une réponse toute faite : «On est dans les musées, on les emmerde». Une fois de plus, c'est évidemment au légendaire fondateur de Métal Hurlant que le festival Lyon BD donne raison, lui qui s'apprête à reconduire ses impromptus au Musée des Beaux-arts.

Mais à Lyon BD, le neuvième art est aussi sur scène, celle de la Comédie-Odéon, qui verra se succéder le temps de créations plus ou moins improvisées l'Allemand Reinhard Kleist, lauréat du Grand Prix de Lyon en 2013, le blogueur culinaire Guillaume Long ou encore Wandrille, le fondateur des très indépendantes (et très atypiques) éditions Warum et Vraoum.

100 balles et un Marsupilami

Plus généralement, le casting est une fois de plus très dense. Et on ne dit pas ça uniquement parce que les principaux invités ont déjà émargé dans nos colonnes, à l'image du tandem Laurent Galadon et Damien Vidal, Christian Rossi, Didier Tronchet, Guy Delisle, notre cover bird de l'an passé Lewis Trondheim. De nombreux régionaux, tel le tordant B-Gnet ou Chloé Cruchaudet seront aussi au rendez-vous. De très nombreux régionaux même, lancement du sixième volet du projet Bermuda de la librairie Expérience oblige.

Mais c'est évidemment d'ailleurs que viendront les plus belles rencontres. De Bretagne d'abord, terre d'origine de Jean-Claude Fournier, successeur de Franquin aux commandes de Spirou et Fantasio et auteur d'albums parmi les plus mémorables de la série, en tête les écologistes Tora Torapa et L'Ankou – il est également l'invité d'honneur du très familial festival d'Ecully. Du Michigan ensuite, où est né Craig Thompson, auteur des monumentaux Blankets (une autobiographie adolescente qui épouse les contours de l'Amérique profonde) et Habibi (récit érudit et mystique qui lie deux enfances tragiques dans un Orient de conte).

Et surtout d'Argentine, mère patrie d'Eduardo Risso, dessinateur de l'indépassable polar conspirationniste 100 Bullets – le pitch : un mystérieuse G-Man fournit à des personnes triées sur le volet de quoi prouver un méfait à leur encontre et exercer en toute impunité leur vengeance. Il est la principale attraction de Comic Gones, une toute nouvelle annexe entièrement dédiée aux comics. Il est aussi malheureusement la seule, le reste du programme raclant les fonds de tiroir et ratant sa cible éditoriale – une expo sur Spider-Man alors que Batman fête ses soixante-quinze ans, m'enfin ? Mais c'est l'intention qui compte. Et vu la reconnaissance croissante que ce pan finalement méconnu de la BD mondiale – on n'en retient que l'impérialisme et le décorum over the top alors que, tout passionné un peu lucide vous le dira, les meilleurs scénaristes du monde bossent pour Marvel, DC et consorts – elle risque de compter de plus en plus.

Lyon BD
Au Palais du commerce, à l'Hôtel de ville et à la Comédie Odéon, samedi 14 et dimanche 15 juin

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B-gnet fait rimer BD et antiquité

Bande-dessinée | Après Jibé et Obion, le musée gallo-romain de Lyon lance un troisième projet avec le 9e art : c’est le Lyonnais B-gnet qui prend le relais.

Sébastien Broquet | Mardi 14 février 2017

B-gnet fait rimer BD et antiquité

Trente planches sorties de l’imagination du dessinateur et scénariste B-gnet, cet adepte du visuel ou du mot qui en cache un autre : le niveau 3 du musée gallo-romain porte sur ses murs une œuvre qui détonne des sculptures antiques... Un délice de subtilité que l’on retrouve dans cette collaboration avec le festival Lyon BD, initiée par Alexandra Coste, responsable de l’action culturelle du musée. Le cadre : une île expérimentale, à l’image de Jurassic Park, où le véritable conservateur du musée, Hugues Savay-Guerraz, se transforme en John Hugues César et élève ses propres dieux à Antique Parc. Une archéologue et son stagiaire, pendu à son téléphone, sont entraînés malgré eux. Pour l’histoire, ouvrez grand les yeux. « Ne nourrissez pas les dieux ! » Les dieux et les mythologies s’y croisent : Jupiter et son fils Mercure, la déesse Diane ou le vrombissant Hercule. La dangereuse gorgone (oui, à l’époque, il aurait été préférable d’avoir son smartphone pour la tuer) et les cyclopes sont aussi de la partie. L’espri

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BD Webtrip : “Chers correspondants…“

BD Webtrip | Sous l’égide des Entretiens Jacques-Cartier — qui favorisent les brassages d’idées entre le Canada et la France — deux festivals majeurs de bande dessinée (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

BD Webtrip : “Chers correspondants…“

Sous l’égide des Entretiens Jacques-Cartier — qui favorisent les brassages d’idées entre le Canada et la France — deux festivals majeurs de bande dessinée ont noué depuis cinq ans de fructueuses relations : le festival de la BD francophone de Québec et le LyonBD festival. Ce jumelage fraternel a donné naissance à des résidence d’artistes, des invitations mutuelles, ainsi qu’à d’intenses sessions de réflexions sur les métiers de l’illustration et les particularismes vécus de chaque côté de l’Atlantique. Mais également à des projets éditoriaux dont le dernier en date, Correspondances, sort de presse. Il compile six mois d’échanges entre quatre auteurs de la Belle Province et quatre ressortissants de l’Hexagone ; six mois de découvertes réciproques, de comparaisons et d’interrogations amusées. L’anodin flirte avec l’intime de la création, la description sociétale voisine avec la sociologie fine d’une profession, et la variété des styles proposés garantit une lecture captivante. La genèse de cet album sera dévoilée durant la première partie d’une journée d’étude à l’École Bellecour (10h30 à 12h), l’après

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Une enfance en Irak

Bande Dessinée | Lewis Trondheim et Brigitte Findakly content l'enfance de cette dernière dans Coquelicots d'Irak, tout juste paru chez L'Association.

Sébastien Broquet | Mardi 11 octobre 2016

Une enfance en Irak

C'est l'histoire d'une petite fille, qui grandit en Irak dans les sixties. Une petite fille que son père emmène voir les lions ailés, vers Mossoul. Elle a grandi, mais en France, dès les années 70 avant de devenir femme, coloriste, et ici, scénariste : cette petite fille, c'est Brigitte Findakly, qui publie ces jours du côté de L'Association un livre émouvant, Coquelicots d'Irak. Un ouvrage largement autobiographique, un peu façon carnet de croquis, réalisé à quatres mains. Les deux autres mains, ce sont celles de Lewis Trondheim, ce petit génie prolifique de la bande dessinée contemporaine : on lui doit des séries à succès, comme Les formidables aventures de Lapinot, Donjon Zénith, Les Cosmonautes du futur, Ralph Azham ; et nombre d'albums, comme l'épatant Île Bourbon 1730, avec Appollo. En passant, il a collaboré avec la fine fleur des auteurs contemporains : Jean-Christophe Menu, Joann Sfar, ou encore Nicolas Keramidas

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Lyon BD Festival : le plein de super

Bande Dessinée | Pendant que l’immense machine angoumoisine se prend bide sur bide, au grand dam des auteurs et du public, Lyon BD Festival continue de se muscler. Une décennie seulement après sa création, l’incontournable rendez-vous lyonnais est devenu plus fécond que jamais.

Vincent Raymond | Mercredi 1 juin 2016

Lyon BD Festival : le plein de super

Les plus de 200 illustrateurs, scénaristes et coloristes attendus cette année au Lyon BD Festival savent bien qu’ils n’auront pas à apposer leur signature jusqu’à épuisement sur des albums, ni à pester contre les remises de prix. Choyés par une équipe noyautée depuis l’origine par des consœurs et confrères lyonnais (ça aide), nombre d’entre eux sont des habitués. Certains ont même été sollicités pour co-construire l’événement en participant aux projets ou créations présentés durant le week-end. Ainsi, Obion montrera le fruit de sa résidence au musée Gallo-romain (qu’il publie en album), des auteurs français et espagnols se rencontreront et se raconteront dans l’exposition Influences croisées, quand Jimmy Beaulieu, Rubén Pellejero ou Jean-Yves Mitton croqueront des œuvres au Musée des Beaux-Arts… Entre deux spectacles (Lincoln sur scène) ou BD-concerts (Boulet et Inglenook), Lyon BD initie à nouveau une grande exposition avec la complicité du scénariste JC Deveney. Après la question de la parité en BD (Héroïnes), le festival célèbre les super-héros à travers les éditions Lug, décisives dans l’essor des comics Marvel en France. Le panorama proposé retra

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À la librairie Expérience, le tiercé de la BD d'humour dans le désordre

CONNAITRE | Le premier, Fabrice Erre, est professeur d'histoire et de géographie. Quand il ne donne pas vie à des dictateurs saisissants d'idiotie (dans le cas de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 octobre 2015

À la librairie Expérience, le tiercé de la BD d'humour dans le désordre

Le premier, Fabrice Erre, est professeur d'histoire et de géographie. Quand il ne donne pas vie à des dictateurs saisissants d'idiotie (dans le cas de Guide Sublime) ou d'humanité (dans celui de Madumo, sorte de Truman Show renversé sur l'évaluation du poids des souvenirs), il raconte avec un sens consommé de l'auto-dérision les aléas administratifs et intellectuels du soi-disant plus beau métier du monde (Une année au lycée). Le second, Fabcaro, est l'un des principaux complices du premier – notamment sur la farce spatiale Mars. En solitaire, il renouvelle par l'absurde et avec une causticité toute anthropologique l'art très codifié du strip, par exemple dans Amour, passion et CX Diesel, variation plouc sur la sitcom pour ménagère, ou Talk show, défilé de vaniteux finis à la pisse dont la lecture mettrait Mireille Dumas dans tous ses états. Quant au troisième, le Lyonnais B-Gnet, on ne le présente plus – signalons toutefois que sa dernière publication, le recueil d'historiettes fantastiques Bonsoir, est à l'instar de son Lu

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Dix auteurs lyonnais à découvrir à Lyon BD

CONNAITRE | Baru, Loisel, Peeters, Schuiten, Trondheim... Nous avons, au fil des saisons, déjà largement commenté l’œuvre des invités les plus illustres de Lyon BD 2015. Profitons plutôt des dix ans du festival pour louer autant d'auteurs qui comptent ou vont compter dans le paysage lyonnais (parmi les 150 recensés à ce jour !). Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

Dix auteurs lyonnais à découvrir à Lyon BD

Jean-Christophe Deveney Jean-Christophe Deveney coordonne deux des projets les plus révélateurs des préoccupations supra-événementielles de Lyon BD. D'un côté Webtrip, un feuilleton qui voit collaborer à distance auteurs du cru et invités internationaux (cette année exclusivement des Catalans). De l'autre Héroin(es), une expo (et désormais un livre) qui fait subir aux grands héros du neuvième art un changement de sexe, manière ludique de pointer certains automatismes phallocrates que le milieu peine à désapprendre. Il est surtout un excellent scénariste, le seul de cette sélection, notamment de Mangetrouille (Le Lombard), un croquignolet triptyque jeunesse sur les craintes enfantines, et de Bang ! (Akileos), un polar russophile particulièrement sombre et pétaradant. Héro(ïne)s Jusqu'au 27 juin à la Maison du Livre, de l'Image et du Son Retour sur Webtrip

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En mille morceaux

ARTS | A l'occasion du festival Lyon BD, la Fondation Bullukian accueille l'exposition La Tendresse des pierres, réalisée à partir du livre éponyme de la (...)

Pauline Lambert | Dimanche 15 juin 2014

En mille morceaux

A l'occasion du festival Lyon BD, la Fondation Bullukian accueille l'exposition La Tendresse des pierres, réalisée à partir du livre éponyme de la dessinatrice Marion Fayolle, oeuvre autobiographique évoquant la maladie qui a emporté son père publiée en octobre dernier. Soixante planches originales sont exposées, décryptant la dégradation de sa santé – sa dépendance est imagée par la perte progressive de son nez, de sa bouche ou encore de ses poumons, que l'on voit traîner derrière lui – son retour à la maison, son hospitalisation à domicile. Allégorique et surréaliste, ce travail témoigne surtout d'une nouvelle rencontre entre cet homme présenté comme froid et silencieux et sa fille, qui aurait souhaité s'agripper à lui comme on peut se retenir à un rocher. Les dessins, à mi-chemin de l'imagerie médiévale et de l'illustration jeune public, mettent en scène des silhouettes, souvent de profil, en perpétuelle évolution. Diplômée de l'Ecole des Arts décoratifs de Strasbourg et collaboratrice de nombreuses publications de presse (Libération, le New York Times...), Marion Fayolle décline leurs mouvements à l'aide de calques

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Le grand détournement

CONNAITRE | Previously in Le Petit Bulletin, nous nous engagions à vous reparler de B-Gnet. Promesse tenue grâce à la librairie Expérience, où il présentera vendredi 20 (...)

Benjamin Mialot | Mardi 17 juin 2014

Le grand détournement

Previously in Le Petit Bulletin, nous nous engagions à vous reparler de B-Gnet. Promesse tenue grâce à la librairie Expérience, où il présentera vendredi 20 juin une parodie d'une idiotie absolue des aventures de Tintin, Spirou, Lucky Luke et Asterix. Quatre emblèmes de la BD franco-belge que cet impur produit d’Émile Cohl a, tel Sid Phillips, l'apprenti-Frankenstein de Toy Story, amalgamé en Lutin Spirix, anti-héros de péripéties-valises politiquement pas très correctes. Au-delà de son irrévérence monty-pythonnesque, le génie de l'exercice réside dans ce qu'il saisit des codes du genre. Didascalies redondantes ou deus ex machina aberrants, rien n'échappe à B-Gnet, pas même le catalogue en quatrième de couverture, dont l'hilarante ineptie renforce le sentiment que procurait la lecture de ses pastiches de western (Old Skull) et chroniques de la beaufitude (Saint-Étienne Lyon) : il a que

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Un combat ordinaire

CONNAITRE | Hasard du calendrier, deuxième épisode. Début avril, alors que les Conti se retrouvaient à plaider une énième fois leur cause devant la justice, Dargaud publiait (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 mai 2014

Un combat ordinaire

Hasard du calendrier, deuxième épisode. Début avril, alors que les Conti se retrouvaient à plaider une énième fois leur cause devant la justice, Dargaud publiait une BD retraçant une lutte ouvrière qui défraya la chronique près de quatre décennies avant la leur, celle des Lip. Lip, du nom d'une manufacture horlogère bisontine centenaire dont les actionnaires voulurent sceller la fermeture à l'été 1973. Suivront près de trois ans d'un conflit tonitruant au terme duquel le patronat, bien que parvenu à ses fins, sera le grand perdant sur le plan de la dignité. Cette grande histoire, Laurent Galandon, qu'on connaissait jusqu'ici pour des mièvreries mémorielles à hauteur de môme (L'Envolée sauvage sur la Seconde Guerre mondiale, Les Innocents coupables sur les bagnes d'enfants) et le dessinateur Damien Vidal ont choisi de raconter en la confrontant à la petite, en l'occurrence celle de l'émancipation féminine, incarnée par Solange, épouse soumise qui redécouvre le désir et s'ouvre à la politique au contact d'un leader charismatique. Le résultat, qui doit évidemment beaucoup à Lip, l'imagination au pouvoir, le formidable documentaire que Chri

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Chloé Cruchaudet récompensée

CONNAITRE | L'auteur de BD lyonnaise Chloé Cruchaudet vient de se voir attribuer, par l'Association de Critiques de Bandes Dessinées, le Grand prix de la critique (...)

Benjamin Mialot | Lundi 9 décembre 2013

Chloé Cruchaudet récompensée

L'auteur de BD lyonnaise Chloé Cruchaudet vient de se voir attribuer, par l'Association de Critiques de Bandes Dessinées, le Grand prix de la critique 2014 pour Mauvais genre. Une récompense plus que méritée compte tenu de la beauté charbonneuse et de la force dramatique de cet incroyable et néanmoins véridique portrait d'un déserteur de la Grande Guerre qui, pour échapper au peloton d'exécution et avec la complicité de son épouse, se travestit en femme.

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Unique en son genre

CONNAITRE | Chloé Cruchaudet n'est jamais aussi passionnante que lorsqu'elle s'inspire de faits réels. Nous en avions fait le constat en 2008 à la parution chez (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 11 octobre 2013

Unique en son genre

Chloé Cruchaudet n'est jamais aussi passionnante que lorsqu'elle s'inspire de faits réels. Nous en avions fait le constat en 2008 à la parution chez Delcourt de Groenland/Manhattan, roman graphique d'une austère élégance dans lequel cette jeune Lyonnaise au visage de sirène retraçait, à la fin du XIXe siècle, l'incroyable déracinement forcé de Minik, un esquimau ramené dans la soute de son navire par l'explorateur américain Robert Peary pour minimiser l'échec d'une expédition polaire.     Rebelote avec Mauvais genre, toujours chez Delcourt, ou l'histoire toute aussi véridique et n

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Lignes de front

CONNAITRE | Pendant des décennies, Jean "Moebius" Giraud, l'immortel co-créateur de Blueberry, a été la référence absolue du western réaliste. Et bien qu'ils aient été (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 12 septembre 2013

Lignes de front

Pendant des décennies, Jean "Moebius" Giraud, l'immortel co-créateur de Blueberry, a été la référence absolue du western réaliste. Et bien qu'ils aient été nombreux à s'aventurer avec succès sur les mêmes impitoyables terres, du docteur ès sales trognes Hermann Huppen (Comanche) au touche-à-tout François Boucq (Bouncer

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Lewis, un style pour chaque histoire

CONNAITRE | Lewis Trondheim est l’invité du festival Lyon BD, dont la huitième édition célèbrera par ailleurs deux magazines ayant publié ses planches, à savoir "Spirou" et "Fluide Glacial". Plongée dans l’univers aussi fourmillant qu’atypique de cet auteur au fort tempérament. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 7 juin 2013

Lewis, un style pour chaque histoire

«Les journalistes savent que je ne les aime pas. […] J’aimerais bien nettoyer l’univers de la bande dessinée des pseudo-journalistes qui n’y connaissent rien. Je crois que le temps des consensus mous est fini, pour la BD et pour le reste. Il faut nommer nos ennemis, aussi puissants soient-ils». Ces mots, rapportés par le quotidien 20 Minutes le 2 février 2006, furent parmi les premiers prononcés par Lewis Trondheim au lendemain de la remise, à son attention, d'un Grand Prix de la ville d'Angoulême, l'équivalent pour le neuvième art d'une Palme d'or cannoise, tant en termes de prestige que de potentiel polémique. Plus tard, c'est l'inculture de ses pairs («Quand je vois que nombre de mes confrères ne connaissent pas la plupart [des auteurs éligibles à un Grand Prix], ni leurs travaux, ni ne veulent entendre parler d’un auteur japonais, j’ai honte !») et la multiplication des «sous-prix pour faire plaisir aux sponsors» qui lui fera claquer la porte de l'Académie des Grands Prix, chargée de désigner le récipiendaire annuel de la récompense.

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Boom, here comes the groom

CONNAITRE | Le 21 avril 1938 paraissait le premier numéro de Spirou, magazine jeunesse pensé comme un contrepoint moral des comics américains. Soixante-quinze ans plus tard, l'idéal de son fondateur, Jean Dupuis, n'est qu'un lointain souvenir. Son héritage en revanche est, comme veillera à le rappeler Lyon BD, plus concret que jamais. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 5 juin 2013

Boom, here comes the groom

Les Schtroumpfs, Gaston Lagaffe, Boule et Bill, Lucky Luke... Tous ces personnages emblématiques de la BD européenne ont un point commun : ils sont nés dans les pages de l'hebdomadaire Spirou, à l'instar du groom du même nom. Pas mal pour ce qui n'était à l'origine, soit en 1938, que le résultat de l'indignation d'un imprimeur belge d'obédience catholique, Jean Dupuis, face à la pauvreté morale et éducative de la production made in USA, alors en plein boom. La longévité de l'entreprise tient, justement, aux qualités d'entrepreneur de Dupuis et à leur perpétuation à travers ses successeurs et les rédacteurs en chef qui les servirent au fil des décennies. Qualités qui s'exprimaient autant en termes de gestion patrimoniale (au contraire de Tintin, qui disparut avec son créateur, Spirou est la propriété d'un éditeur) que de flair artistique ou d'adaptation aux évolutions du marché (après Mai 68, Spirou s'intéressa plus ostensiblement aux lecteurs adolescents). Nouvelles galeries Fidèle à sa convivial

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LBDO fait tourner la BD

CONNAITRE | Souvenez-vous, c'était en 1992. Tout juste auréolé d'un run de quatre ans sur Jeopardy! et du lancement en fanfare du tirage télévisé du Millionnaire, Philippe (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 8 juin 2012

LBDO fait tourner la BD

Souvenez-vous, c'était en 1992. Tout juste auréolé d'un run de quatre ans sur Jeopardy! et du lancement en fanfare du tirage télévisé du Millionnaire, Philippe Risoli prenait la succession de Patrick Roy au poste de présentateur du Juste Prix. Un poste qu'il occupa pendant une décennie, sans jamais parvenir à constituer un capital sympathie aussi élevé que son prédécesseur. Il a pourtant tout essayé : lancer de micro, entrée par un écran géant plutôt que par une porte à volets, passage d'une vitrine hebdomadaire à une vitrine quotidienne... Rien n'y a fait : Le Juste Prix est resté aussi indissociable de Patrick Roy que les musiques extrêmes l'ont été du député socialiste du même nom. Le rapport avec l’association Lyon BD Organisation ? Elle a beau multiplier les passerelles et contextualisations, on se rend chaque fois à son festival avec pour seule idée : taper un max de dédicaces à ses invités. Ils sont cette année une bonne centaine, parmi lesquels Jean-Claude Fournier, qui présida aux destinées de Spirou & Fantasio de 1968 à 1981 (on lui doit notamment L'Ankou, l'un des meilleurs albums de la série),

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Par cœur Lewis

CONNAITRE | Imaginez. Nous ne sommes pas en 2012, mais en 1974. Le Comoedia, votre cinéma fétiche, est encore loin d'avoir la taille et le standing qui sont les siens (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 29 mars 2012

Par cœur Lewis

Imaginez. Nous ne sommes pas en 2012, mais en 1974. Le Comoedia, votre cinéma fétiche, est encore loin d'avoir la taille et le standing qui sont les siens aujourd'hui (il vient d'ouvrir sa deuxième salle), mais déjà, sa réputation de havre du septième art n'est plus à faire. La preuve, il reçoit à la fin de la semaine François Truffaut. Vous voyez le topo ? Vous mesurez l'état d'excitation dans lequel se seraient trouvés les cinéphiles de l'époque ? Et bien dites-vous que celui des bédéphiles de ce siècle est à un niveau voisin depuis qu'ils savent que Lewis Trondheim passera promouvoir ses derniers travaux vendredi 6 avril à la librairie Expérience. Car Lewis Trondheim, Laurent Chabosy de son vrai nom, est un peu le François Truffaut des cases et phylactères. Toutes proportions gardées, bien sûr, ne serait-ce parce que la bande dessinée n'est et ne sera jamais qu'un art mineur (tant mieux). Il n'empêche : comme le réalisateur des 400 coups fut le chef de file de la Nouvelle Vague, Trondheim a été, avec Joann Sfar,

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