Pialat à poing levé

Une rétrospective chasse l’autre à l’Institut Lumière. Après celle consacrée à Michael Cimino, c’est maintenant Maurice Pialat qui est à l’honneur durant tout le mois de mars. Autrement dit, de fortes personnalités, des réalisateurs qui ont essoré leurs producteurs par leur perfectionnisme et leur désir de ne faire aucun compromis. Dans le cas de Pialat, les choses sont plus compliquées encore : son cinéma cherche l’accident, le surgissement de la vie et du naturel dans l’espace contrôlé du tournage. On le sait, Pialat était exigeant avec ses comédiens, matière première et décisive de sa méthode. Pour le meilleur : Depardieu, systématiquement génial chez lui, de Loulou au Garçu, de Police à Sous le soleil de Satan ; Sandrine Bonnaire, qu’il découvre dans À nos amours et retrouve dans Police puis, magistrale, en Mouchette dans Sous le soleil de Satan ; ou Dutronc, inoubliable Van Gogh. Pour le pire aussi, tant ses rapports furent parfois houleux avec certains — Jean Yanne dans Nous ne vieillirons pas ensemble, Sophie Marceau pour Police. C’est cependant ce qui fait la grandeur du cinéma de Pialat : que ce soit dans la transposition de sa propre vie — Nous ne vieillirons pas ensemble, Loulou et Le Garçu forment une trilogie d’une franchise inégalée sur les aléas du sentiment amoureux et notamment son crépuscule — ou dans l’évocation des artistes qu’il admire — Bernanos et Van Gogh, tous deux réinventés par la vision très personnelle du sacré et de l’art selon Pialat — on est saisi par la force qui se dégage des images et le pur présent qu’il insuffle à ses mises en scène.

Christophe Chabert

Rétrospective Maurice Pialat
À l’Institut Lumière, jusqu’au 23 mars

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