Les Rencontres d'après minuit

ECRANS | De Yann Gonzalez (Fr, 1h32) avec Kate Moran, Niels Schneider, Éric Cantona…

Christophe Chabert | Vendredi 8 novembre 2013

Au prix du foutage de gueule 2013, il y aura photo finish entre La Fille de nulle part, Les Coquillettes, La Fille du 14 juillet, Tip Top et ces Rencontres d'après minuit, d'une nullité toute aussi abyssale quoique pour des raisons différentes. Ici, une partouze organisée dans un lieu mystérieux — une maison hi-tech au milieu d'une forêt enneigée — vire plutôt à la branlette mentale, chaque personnage — «L'Étalon», «La Chienne», «La Star»… — exposant son passé dans une logorrhée verbale qui a le redoutable inconvénient d'être particulièrement mal écrite.

Parfois, c'est comique, mais on ne sait pas si c'est voulu — Canto qui parle longuement de sa «queue», avant de déballer la marchandise, l'horripilant Nicolas Maury en mauvaise copie de Copi… ; souvent, c'est insoutenable de prétention, notamment la dernière demi-heure, qui figure un potentiel équivalent auteuriste d'Ed Wood ou de son clone français Jean Rollin.

En même temps, Yann Gonzalez ne fait que reproduire ce qu'on a l'habitude de voir dans le mauvais théâtre subventionné, et sa mise en scène, statique et plate, scénographiée mais jamais filmée, le souligne sans équivoque. Soit une certaine idée de l'avant-garde d'il y a quarante ans ou, si vous préférez, de la ringardise absolue.

Christophe Chabert


Les Rencontres d'après minuit

De Yann Gonzalez (Fr, 1h32) avec Kate Moran, Niels Schneider...

De Yann Gonzalez (Fr, 1h32) avec Kate Moran, Niels Schneider...

voir la fiche du film


Au cœur de la nuit, un jeune couple et leur gouvernante travestie préparent une orgie. Sont attendus La Chienne, La Star, L’Etalon et L’Adolescent.


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Pas sages à l’acte : "Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait" d'Emmanuel Mouret

Drame | ★★★★☆ Un film de Emmanuel Mouret (Fr, 2h02) avec Camélia Jordana, Niels Schneider, Vincent Macaigne…

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Pas sages à l’acte :

C’est l’histoire de plusieurs histoires d’amour. Celles que Maxime raconte à Daphné, la compagne de son cousin François ; celles que Daphné raconte à Maxime. Et qu’advient-il lorsqu’on ouvre son cœur sur ses peines et ses joies sentimentales ? On finit par se rapprocher… Emboîtant et mélangeant les récits-souvenirs de ses protagonistes (à l’image de son délicat Un baiser s’il vous plaît), abritant un sacrifice amoureux absolu (comme le très beau Une autre vie) ; accordant aux jeux de langues et à la morale un pouvoir suprême (dans la droite ligne de Mademoiselle de Joncquières), ce nouveau badinage mélancolique d’Emmanuel Mouret semble une synthèse ou la quintessence de son cinéma. Jadis vu comme un héritier de Rohmer, le cinéaste trouve ici en sus dans la gravité sentimentale des échos truffaldiens ; son heureux usage de l’accompagnement musical (ah, Les Gymnopédies !) lui conférant une tonalité allenienne. Malgré le poids de ces référenc

Continuer à lire

Chambre avec vues : "Curiosa"

Drame | De Lou Jeunet (Fr, 1h47, avec avert.) avec Noémie Merlant, Niels Schneider, Benjamin Lavernhe…

Vincent Raymond | Mardi 2 avril 2019

Chambre avec vues :

Paris, fin XIXe. Pour sauver les finances familiales, Marie de Héredia est “cédée“ par son poète de père au fortuné Henri de Régnier, alors qu’elle aime son meilleur ami, le sulfureux Pierre Louÿs. Tous deux entretiendront malgré tout une liaison suivie, émaillée de photographies érotiques… Quand une chambre (noire) peut être le lieu de toute les passions… Lou Jeunet donne une vigueur nouvelle et réciproque à l’expression “taquiner la muse“ en animant son élégant trio — lequel ne restera pas longtemps prisonnier de sa relation triangulaire. La relation entre Pierre et Marie (où Henri fait figure d’électron satellite, ou d’observateur consentant) admet plus ou moins volontiers d’autres partenaires et inspire, outre des clichés porno/photographiques, une abondante correspondance ainsi qu’une féconde production littéraire chez les deux amants — sans parler d’un rejeton adultérin. Aussi paradoxal que cela paraisse, c’est le voyeurisme de l’érotomane Louÿs qui permettra l’émancipation de Marie : en découvrant l’exultation des corps, la jeun

Continuer à lire

Catherine Corsini : « l’inceste n’est pas le sujet »

Un amour impossible | Après Laetitia Colombani et sa variation sur "Pourquoi le Brésil ?", Catherine Corsini adapte à son tour un livre de Christine Angot empreint d’un vécu douloureux et de secrets vénéneux. Une grande fresque digne.

Vincent Raymond | Jeudi 8 novembre 2018

Catherine Corsini : « l’inceste n’est pas le sujet »

À quelle occasion avez-vous découvert le roman de Christine Angot ? Catherine Corsini : Par ma productrice, trois-quatre mois après sa parution. J’ai mis un peu de temps à le lire d’ailleurs, mais je suis tombé dedans : je l’ai ressenti à la fois comme une lectrice extrêmement bouleversée et comme une cinéaste qui prend de la hauteur. Il y avait un incroyable mélo à faire ! Et moi qui sortais de La Belle Saison, j’avais curieusement cette envie de mélodrame — une envie qui vient de mon amour des films de Douglas Sirk, revisitée ensuite par Todd Haynes ; ce truc assez formidable de parler des années 1950 jusqu’à aujourd’hui en essayant de moderniser le mélodrame classique hollywoodien. Comment Christine Angot a-t-elle reçu votre proposition ? C’était très courtois, elle a réfléchi. Ensuite, c’était une histoire d’engagement et d’argent, avec une liberté totale d’écrire, en lui soumettant le scénario une fois qu’il était terminé — et le fait qu’elle pouvait retirer son nom et la mention librement adapté si ça ne lui plaisait pas. À partir du mom

Continuer à lire

Odieux le père : "Un amour impossible"

Drame | de Catherine Corsini (Fr, 2h15) avec Virginie Efira, Niels Schneider, Estelle Lescure, Jehnny Beth…

Vincent Raymond | Mardi 6 novembre 2018

Odieux le père :

Châteauroux, années 1950. Rachel Steiner est courtisée par Philippe, un fils de famille portant beau. Hostile à toute mésalliance sociale, il repart laissant Rachel enceinte. Bien plus tard, après plusieurs retrouvailles épisodiques houleuses, Philippe renoue le contact avec leur fille Chantal… Adaptant ici le “roman autobiographique“ — on ne sait comment qualifier le genre de récit qu’elle pratique — de Christine Angot, Catherine Corsini réussit plusieurs tours de force. S’approprier son histoire tout en rendant digeste et dicible la voix de l’autrice sans la contrefaire, et raconter avec élégance ce qui rappelle la noirceur incestueuse de Perrault dans Peau d’Âne comme des meilleures tragédies raciniennes (où les amours sont aussi impossibles, car univoques). Renversant le propos du conte, l’ogre symbolique s’incarne ici dans un homme exerçant son emprise toxique et dévorante sur deux femmes… dont l’une est sa fille. À cette lecture analytique se superpose en fin de film une interprétation sociale qui si elle évoque dans la forme le dénouement de Psychose, où le

Continuer à lire

Lesbien descendu ? : "Un couteau dans le cœur"

Sapho-melon | de Yann Gonzalez (Fr, 1h42) avec Vanessa Paradis, Nicolas Maury, Kate Moran…

Vincent Raymond | Mardi 26 juin 2018

Lesbien descendu ? :

Productrice de séries Z porno gay, Anne digère mal sa rupture avec Loïs, sa monteuse. À ses finances déclinantes s’ajoute une épidémie de meurtres sanglants ravageant son équipe, laissant indifférente la police en cette fin des années 1970. Pourtant, Anne s’obstine à tourner… Copains comme cochons, Yann Gonzalez et Bertrand Mandico ont biberonné aux mêmes sources filmiques et partagent le désir de fabriquer un cinéma pétri de leurs références esthétiques. Mais quand le réalisateur des Garçons sauvages bricole un univers cohérent et personnel où affleure un subtil réseau d’influences savamment entremêlées, Gonzalez produit un bout-à-bout de séquences clinquantes et boiteuses se réfugiant derrière l’hommage à Argento, Jess Franco, Jean Rollin — qui sais-je encore parmi les vénérables du genre horrifico-déshabillé — pour en justifier la kitschissime maladresse ou l’outrageuse complaisance. Tout ici semble procéder d’une extrême roublardise. En premier lieu le choix de “l’icône” Vanessa Paradis, dont les qua

Continuer à lire

Os secours des ancêtres : "Coco"

Animation | Un petit Mexicain parcourt le Royaume des Morts pour déjouer une malédiction familiale et obtenir une bénédiction en retour. Coutumier des quêtes en milieu hostile (Monstre & Cie, Le Monde de Nemo), Lee Unkrich pousse plus loin le curseur et emporte les cœurs. Signé Pixar.

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Os secours des ancêtres :

Depuis qu’une aïeule a été abandonnée par son guitariste d’époux, la famille de Miguel a banni toute musique de sa vie. C’est donc un drame quand le garçonnet avoue, le Jour des Morts en plus, se destiner lui aussi à la guitare. Miguel espère trouver du soutien auprès de ses ancêtres… S’il faut aux sceptiques une preuve supplémentaire de l’existence d’un particularisme artistique des studios Pixar au sein de l’empire Disney, Coco tombe à pic : il constitue même une manière de manifeste. Là où les productions issues de la maison mère misent sur un arsenal codifié d’éléments rassurants pour fédérer leurs publics — schématisons : la quête d’une princesse entrelardée par des torrents de chansons —, la branche spécialisée dans les images de synthèse s’aventure dans des territoires insolites, plus stupéfiantes encore du point de vue narratif que technique. Une “originalité” artistique autorisée parce qu’elle s’avère globalement payante… notamment du côté du tiroir-caisse. Notes en sourdine Même si la musi

Continuer à lire

"Diamant noir" : Arthur Harari se frotte au thriller

ECRANS | de Arthur Harari (Fr, 1h55) avec Niels Schneider, August Diehl, Hans Peter Cloos…

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

Un cadre réputé prestigieux et impénétrable — le monde dynastique des diamantaires d’Anvers —, de la spoliation d’héritage, des truands, un cousin épileptique, une thésarde boxeuse, un négociant indien prêchant le jaïnisme, une bonne vengeance des familles bien remâchée, des cas de conscience en veux-tu-en-voilà et une séquence d’ouverture sanglante… Arthur Harari avait suffisamment d’éléments attrayants en mains pour signer un thriller original ou, à tout le moins, vif, sauf qu’il a dû égarer en cours de route sa notice de construction. Cela reste dépaysant pour qui aime entendre causer flamand ou allemand, même si l’on attendait davantage des personnages et surtout du rythme, rivalisant ici en tonus avec un ressort distendu.

Continuer à lire

Le Cœur régulier

ECRANS | de Vanja d’Alcantara (Fr./Bel., 1h30) Avec Isabelle Carré, Jun Kunimura, Niels Schneider…

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

Le Cœur régulier

D’un certain point de vue, Vanja d’Alcantara signe une adaptation conforme au roman d’Olivier Adam : Le Cœur régulier étant l’un de ses ouvrages les plus dépouillés, sinistres — sur ce point, il y a débat, car chaque nouveau livre de l’auteur de Je vais bien ne t’en fais pas rebat les cartes — et pour tout dire rébarbatifs, le film en découlant se révèle d’un intérêt chétif. Épure à la nippone ? Admettons, au risque de tomber dans le cliché. Or, Le Cœur régulier-film ressemble à une Biennale de la photographie tant il en accumule : contemplation, caméra à hauteur de tatami, mutisme éloquent, jeune écolière en uniforme délurée (comprenez : qui va se dénuder), Isabelle Carré grave dans l’attente d’une illumination intérieure, puis Isabelle Carré dégageant une sérénité irénique de chrétienne pour chromo sulpicien… Ce drame assourdissait par les mots sur papier, il indiffère sur écran. VR

Continuer à lire

Les Rois du monde

ECRANS | De Laurent Laffargue (Fr., 1h40) avec Sergi López, Céline Sallette, Éric Cantona, Romane Bohringer…

Vincent Raymond | Mardi 22 septembre 2015

Les Rois du monde

Jeannot Sanchez est du genre sanguin : il a passé du temps en prison pour avoir tranché à la hache les doigts d’un type qui s’étaient égarés sur l’épaule de sa compagne Chantal. Mais comme pendant son incarcération, Chantal s’est mise en ménage avec Jacky, le boucher du coin, Jeannot s’emploie à la reconquérir. À sa manière taurine et anisée… Derrière sa bonhomie coutumière, on avait presque oublié le Sergi López inquiétant de Harry, un ami qui vous veut du bien (2000), capable d’une animalité furieuse et ravageuse. Avec Les Rois du monde, Laurent Laffargue se fait fort de nous rafraîchir la mémoire dans ce film étrange qui, s’il se nourrit volontiers d’un pittoresque local (Casteljaloux, dans le Sud-Ouest de la France), ne saurait se réduire à de la "gasconnerie" folklorique. Car c’est tout un climat qu’il suscite et ressuscite, rappelant ce cinéma des années quatre-vingt en travaillant la pesanteur atmosphérique rurale comme un personnage (L’Été meurtrier, 37°2 le matin ou L’Été en pente douce). Quant aux "rois" de ce monde, ce sont en réalité de petits seigneurs dérisoir

Continuer à lire

Les luttes finales

CONNAITRE | C'est sous le signe du combat, de la lutte acharnée pour se faire une place - si possible la première - que se place la nouvelle édition du festival Cinéma, Sport et Littérature de l'Institut Lumière. Au programme : champions invétérés, docu fanatisés et films engagés, dans tous les sens du terme. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

Les luttes finales

Pour le coup d'envoi de cette deuxième édition, l'Institut a fait appel à deux des plus grands "lâche-rien" du sport français  : Hinault d'abord, Killy ensuite, histoire d'annoncer la couleur, celle de la lutte sous toutes ses formes. Le lendemain – également jour d'un déjà traditionnel colloque "Cinéma, sport et littérature" avec pléthore de journalistes et d'écrivains spécialisés – Eric Cantona, quasi pensionnaire des lieux, revient avec un de ces "Canto-docu" dont il a le secret – un genre en soi, identifiable à ses envolées lyriques, ou "cantonades", bientôt aussi mythiques que les Alain Decaux raconte... de notre enfance. Après Les Rebelles du Foot, l'ex-Mancunien s'est penché cette fois sur la question des liens entre le football français et l'histoire des grandes vagues d'immigration, toutes incarnées par des champions (Kopa le Polonais, Piantoni et Platini les Ritals, Zidane le Kabyle...). L'Histoire et les résonances politico-historiques du sport, ce sera aussi le thème sous-jacent de l'exposition signée Raymond Depardon, sise à la galerie de la rue de l'Arbre-Sec... Armées Rouges ...et celui d'un autre docu-politico-sportif : The

Continuer à lire

Le match de leur vie

CONNAITRE | Jesse Owens contrariant par l’exemple les théories de domination aryenne ; Jason Collins (NBA, Brooklyn Nets) et Michael Sam (Foot US, Université du (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 mars 2014

Le match de leur vie

Jesse Owens contrariant par l’exemple les théories de domination aryenne ; Jason Collins (NBA, Brooklyn Nets) et Michael Sam (Foot US, Université du Missouri), seuls exemples de sportifs masculins en activité à avoir publiquement annoncé leur homosexualité ; Tommy Smith et John Carlos levant un point ganté de noir sur le podium des JO de Mexico en 1968 ; Mohammed Ali refusant de répondre à la mobilisation pour la guerre du Viêt Nam...Nombreux, mais pas moins exceptionnels pour autant, sont les sportifs qui ont mis en péril leur carrière, parfois leur vie, pour défendre des idées en défiant un pouvoir politique impuissant à s’opposer à leur aura. C’est à ces moments où le sport devient vecteur de quelque chose de plus grand, où le corps du sportif ne lui appartient plus, devenant récipiendaire du corps social au mépris de sa propre intégrité, où son destin individuel s’infléchit au profit du destin collectif que se sont intéressés d'un côté Stephen Frears, de l'autre Gilles Perez et Gilles Rof avec leurs films Muhammad Ali’s greatest fight, présenté en avant-première lors de la manifestation, et Les Rebelles du Foot.Dans ce dernier, un cé

Continuer à lire

Lumière mouille le maillot

CONNAITRE | Inatteignable surhomme ou trop banal humain, le sportif est une figure mythique qui, loin de n’occuper que les journalistes et les fans, est aussi le sujet de nombreux films et livres. En consacrant un week-end au sport, l’Institut Lumière place l’athlète au centre du jeu. Stéphane Duchêne et Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 11 mars 2014

Lumière mouille le maillot

Dans ses Mythologies (1957), au rang desquelles le Tour de France se voyait consacrer un chapitre, Roland Barthes l’écrivait clairement : «le langage donne à l’événement la majoration épique qui permet de le solidifier». Sur la Grande Boucle spécifiquement, il ajoutait qu'elle était «le meilleur exemple d’un mythe total donc ambigu ; le Tour est à la fois un mythe d’expression et un mythe de projection, réaliste et utopique tout en même temps». Si dès lors que la littérature rencontre le sport, elle ne se focalise pas uniquement sur le vélo, force est de constater que cette discipline, comme la boxe, a fait couler beaucoup d’encre, l’origine modeste de leurs champions n’y étant sans doute pas pour rien - plus l’amplitude de destin est grande, plus le mythe se consolide. Philippe Delerm (La Tranchée d’Arenberg et autres voluptés sportives), Jean Echenoz (Courir, sur le destin d’Emil Zatopek), Dominique Noguez et bien d’autres ont fait de l’athlète un personnage de leurs nouvelles ou récits. Toutefois, davantage que les romanciers, le programme des premières rencontres "Sport, littérature et cinéma" de l'Institut Lumière conce

Continuer à lire

Eric Cantona remettra le Prix Lumière à Ken Loach

ECRANS | Eric Cantona, l'ex-footballeur de Manchester United devenu acteur, qui fut dirigé par Ken Loach pour Looking for Eric (projeté au cours de cette soirée), a (...)

Christophe Chabert | Mardi 18 septembre 2012

Eric Cantona remettra le Prix Lumière à Ken Loach

Eric Cantona, l'ex-footballeur de Manchester United devenu acteur, qui fut dirigé par Ken Loach pour Looking for Eric (projeté au cours de cette soirée), a donc été choisi pour remettre le quatrième Prix Lumière au cinéaste britanique lors de de la soirée qui se déroulera le 20 octobre à 18h45 à la Salle 3000 de la Cité Internationale. De nombreux autres invités viendront témoigner de leur affection pour le réalisateur et son œuvre.  

Continuer à lire

Ubu prisonnier

SCENES | Dan Jemmett aime les acteurs et ils le lui rendent bien. Il sait s’appuyer sur leur énergie ou leur force. On pense notamment à Denis Lavant, excellent (...)

Nadja Pobel | Jeudi 9 février 2012

Ubu prisonnier

Dan Jemmett aime les acteurs et ils le lui rendent bien. Il sait s’appuyer sur leur énergie ou leur force. On pense notamment à Denis Lavant, excellent dans le rôle d’un capitaine désenchanté (William Burroughs surpris en possession du chant du vieux marin de Samuel Taylor Coleridge) ou à David Ayala, étourdissant dans La Comédie des erreurs (reprise au Toboggan les 12 et 13 mars prochains). Pour Ubu enchaîné, pendant esclave d’Ubu roi, Dan Jemmett a fait appel à Éric Cantona. L’ancien attaquant de Manchester United, devenu défenseur convaincant de la cause des mal logés, est aussi un acteur mastodonte. Sa carrure et sa grande gueule le font entrer dans les habits d’Ubu avec naturel. Mais sur le plateau, Jemmett l’enferme dans une cage dorée. Rivé à un fauteuil, il éructe, jouant sur un seul mode. Lorsqu’il sort de scène pour traverser la salle, le spectacle nous offre enfin une respiration. Mais elle est de courte durée. Valérie Crouzet en Mère Ubu enragée en fait trop alors qu’elle possède tou

Continuer à lire

Des saillies et des hommes

SCENES | Deuxième round pour la saison théâtrale qui démarre en fanfare au TNP (Py-Pommerat en simultané). On pourra, durant les mois à venir, croiser des monuments du théâtre, continuer à découvrir le cheminement d’artistes prometteurs ou rattraper des immanquables. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 21 décembre 2011

Des saillies et des hommes

Et si ces six mois se faisaient sur le tempo survolté que Dan Jemmett transmet dans ses pièces ? Avec La Comédie des erreurs (Toboggan, mars), une pièce de jeunesse de Shakespeare, le grand David Ayala met la gomme. Et Cantona, qui sera à l’affiche de l’autre spectacle de Jemmett (Ubu enchaîné aux Célestins, février) ne devrait pas être en reste. Aussi intriguant sur les plateaux de théâtre et les écrans de cinéma qu’il était explosif sur la pelouse d’Old Trafford, on en redemande. Au rayon des idoles, on demande aussi Bernard Menez qui ne sera pas sur scène mais aux commandes de Le Gros, la vache et le mainate (Croix-Rousse en janvier). Plus dans leurs rôles, Duris fait bien l’acteur pour la première fois au théâtre sous la direction de Chéreau dans un texte de Koltès (La Nuit juste avant les forêts au TNP, mars) et Claus Peymann, le metteur en scène et agitateur de l’ex-Allemagne de l’Est, sera au TNP (avril) avec Richard II, après être passé par les Nuits de Fourvière en 2010. Shakespeare ter : David Gauchard montera lui un Songe d’une nuit d’été rock (Villefranche, janvier et Renaissance, février). Enfin, deux autres mas

Continuer à lire

Viens voir les comédiens…

SCENES | Une saison de théâtre, c’est aussi, n’en déplaise aux puristes, une saison d’acteurs exceptionnels à découvrir sur scène. D’Arestrup à Catherine Frot, de Cantona à Romain Duris, passage en revue des «stars» de cette rentrée. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 1 septembre 2011

Viens voir les comédiens…

S’il y a un acteur qu’on n’attendait pas là, c’est bien lui. Qu’Éric Cantona, pour qui on a une affection particulière, s’associe à Dan Jemmett, metteur en scène ayant l’habitude de mettre en pièces le répertoire (on se souvient de sa Nuit des Rois d’après Shakespeare), pourquoi pas ? Mais que les deux aient trouvé comme terrain d’entente Ubu enchaîné d’Alfred Jarry, voilà qui a de quoi stimuler les attentes et laisser s’épanouir tous les fantasmes. Ce qui fascine chez Cantona, c’est ce corps à la fois massif et sportif, cette voix puissante et chantante (combien d’acteurs en France ont le droit de jouer avec leur accent d’origine ?) ; un drôle de comédien dans une drôle de pièce, où le tyran devient esclave mais conserve ses humeurs et ses emportements. Romain Duris aussi a su faire de son corps souple et nerveux un instrument de fascination pour les metteurs en scène de cinéma. C’est en le filmant pour son très raté Persécution que Patrice Chéreau, qui ne rechigne plus autant à revenir au théâtre, a décidé de le pousser sur scène, faisant de lui le nouvel interprète (après Pascal Greggory, qui a fait le trajet inverse de Duris, des planches à l’écran) de son auteur fétiche, Berna

Continuer à lire

Switch

ECRANS | De Frédéric Schoendoerffer (Fr, 1h40) avec Karine Vanasse, Eric Cantona, Aurélien Recoing…

Dorotée Aznar | Lundi 4 juillet 2011

Switch

Frédéric Schoendoerffer n'a honte de rien. Pas de s'acoquiner avec Jean-Christophe Grangé au scénario (encore que), mais de rempiler pour un énième thriller référencé. Très sérieux, comme toujours, l'auteur de Truands convoque du lourd avec Switch, allant chercher Hitchcock (pour le film de machination) et Jason Bourne (pour l'action et la reconquête de l'identité volée). Mais quand Frédo pousse sa caméra dans les escaliers, façon Greengrass, en collant ici au cul de Cantona (pas mauvais), l'image tremble, ça se voit, et c'est tout. Tout le problème du maniériste est là : il imite en vain. Et l'intrigue ? Du Grangé : la vengeance d'un bébé éprouvette qui, élevé par une mère dans l'art contemporain, dégomme ses parents biologiques. Nul. Jérôme Dittmar

Continuer à lire

Les Amours imaginaires

ECRANS | De et avec Xavier Dolan (Canada, 1h40) avec Monia Chekri, Niels Schneider…

Christophe Chabert | Mardi 21 septembre 2010

Les Amours imaginaires

Xavier Dolan est gay. C’est l’incroyable nouvelle que ce Québécois de 22 ans nous assène avec ces assommantes "Amours imaginaires". Il est gay, donc il joue un gay dans un film qui, de la première à la dernière image, de Wong Kar-Wai à Christophe Honoré en passant par Demy, recycle le soi-disant cinéma gay avec un mélange d’esbroufe et de prétention. Par ailleurs, Xavier Dolan est un grand cinéaste. C’est le fabuleux mantra que ce très jeune réalisateur se répète à chaque plan de son deuxième long-métrage. Témoignages face caméra, ralentis sur des gens qui marchent, qui fument, qui se frôlent, dialogues alternant stylisation poétique et truculence tabernacle, Dolan ne doute jamais de son génie. Et pourtant… "Les Amours imaginaires", qui montre un garçon et une fille faire une fixette sur le même beau ténébreux, précieux et maniéré, mais qui en fait n’est ni gay, ni sexué (alors que tout est censé nous le faire croire dans le film !) n’est qu’un scénario de sitcom adolescent à l’idiotie confondante et au nombrilisme affligeant. CC

Continuer à lire

Looking for Éric

ECRANS | De Ken Loach (Ang-Fr, 1h57) avec Steve Nevets, Éric Cantona…

Christophe Chabert | Jeudi 21 mai 2009

Looking for Éric

D’une idée originale d’Éric Cantona, soumise sans obligation d’achat à Ken Loach et à son fidèle scénariste Paul Laverty, est sorti ce Looking for Éric, qui ressemble furieusement à son making of. Deux films y coexistent sans jamais vraiment se rencontrer : un film de Ken Loach assez banal, plus clairement orienté vers la comédie que d’habitude, où un facteur en plein marasme social et existentiel tente de reconquérir le cœur de sa femme, et un film avec Éric Cantona, où il apparaît en sphinx fantomatique prodiguant ses conseils sous forme d’aphorismes absurdes à ce supporter de Manchester qui l’adule. Le procédé, systématique, lasse très vite, mais c’est la faiblesse générale de ce feel good movie qui pose le plus question. Après un film aussi fort que It’s a free world, qui avait l’audace de briser le manichéisme loachien, le cinéaste embraye sur un recyclage sans génie de ses propres ficelles. Une chose saute aux yeux : plus il cherche à être léger, plus il est lourd. Particulièrement dans sa direction d’acteurs, puisque Steve Nevets en fait des tonnes dans le registre gueulard généreux assez monotone à l’arrivée. Même le corps de Cantona s

Continuer à lire