Salaud, on t'aime

ECRANS | De Claude Lelouch (Fr, 2h04) avec Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Sandrine Bonnaire…

Christophe Chabert | Mardi 1 avril 2014

En hommage à son ami Georges Moustaki — «qui vient de nous quitter», est-il dit deux fois dans le dialogue au cas où on ne serait pas au courant — Claude Lelouch fait entendre sur la bande-son de Salaud, on t'aime Les Eaux de mars. Jolie chanson qui dit le bonheur du temps qui s'écoule, de la nature et des plaisirs fugaces. Soit tout ce que le film n'est pas, torture ultime où en lieu et place de cascade, on a surtout droit à un grand robinet d'eau froide déversant les pires clichés lelouchiens sur la vie, les hommes, les femmes, l'amitié, le tout en version "vacances à la montagne".

La vraie star du film, ce n'est pas Johnny, marmoréen au possible, mais un aigle que Lelouch filme sous toutes les coutures. Se serait-il découvert un caractère malickien sur le tard ? Pas du tout ! Cette fixette sur l'animal est une des nombreuses stratégies pour remplir cette interminable histoire de retrouvailles entre un mauvais père et ses quatre filles — qu'il a appelées Printemps, Été, Automne, Hiver ; Claude, arrête la drogue ! Son meilleur ami et médecin — Eddy Mitchell, tout content de faire du playback sur la scène chantée de Rio Bravo, et c'est tout — leur fait croire qu'il est gravement malade, mais en fait, c'est pas vrai ; «de quoi je vais avoir l'air, maintenant ?»  maugrée Johnny dans l'acmé dramatique des 90 premières minutes. Qui se poursuivent en polar sorti de nulle part, avec une Valérie Kaprisky qui se ridiculise en faisant très mal l'accent cubain et une dégustation de cigare dans une église sur fond d'expo photo bovine. Promis, juré : on n'invente rien.

Christophe Chabert


Salaud, on t'aime

De Claude Lelouch (Fr, 2h04) avec Johnny Hallyday, Sandrine Bonnaire...

De Claude Lelouch (Fr, 2h04) avec Johnny Hallyday, Sandrine Bonnaire...

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Un photographe de guerre et père absent, qui s'est plus occupé de son appareil photo que de ses 4 filles, coule des jours heureux dans les Alpes avec sa nouvelle compagne. Il va voir sa vie basculer le jour où son meilleur ami va tenter de le réconcilier avec sa famille en leur racontant un gros mensonge.


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Sandrine Bonnaire, sage femme dans "Voir le jour" de Marion Laine

Comédie Dramatique | À l’hôpital de Marseille, Jeanne est auxiliaire dans un service de maternité. Son quotidien, entre les arrivées, les départs, les naissances ; les relations tantôt coulantes, tantôt houleuses avec les collègues ou l’administration… Et puis la vie à côté, avec sa fille de 18 ans, presque autonome…

Vincent Raymond | Vendredi 28 août 2020

Sandrine Bonnaire, sage femme dans

Qu’elles soient documentaires ou fictionnelles, issues d’un long-métrage (comme Hippocrate) ou non, les séries thématiques hospitalières nous ont familiarisé depuis deux décennies avec les couloirs aseptisés et le vocabulaire spécifique ou l’adrénaline qui les parcourent. Faisant partie de la cohorte des films décalés par la pandémie, Sages femmes tombe à point nommé dans la mesure où il s’articule autour des difficultés récurrentes de fonctionnement du service : la continuité des soins, l’usure des personnels, le manque de suivi des stagiaires, les risques, la vétusté sont compensés par l’investissement surhumain des équipes plaçant leur mission au-dessus de leur vie personnelle — ce qui n’empêche pas, hélas, les fautes. L’eût-on vu avant la crise de la Covid-19 (ce qui est le cas pour le public de quelques festivals), qu’on l’eût perçu comme un signal d’alerte ; il n’en prend que plus de valeur aujourd’hui. Et puis, Marion Laine habille son tract

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Au mauvais accueil : "Une saison en France"

À côté | de Mahamat-Saleh Haroun (Fr, 1h40) avec Eriq Ebouaney, Sandrine Bonnaire, Bibi Tanga…

Vincent Raymond | Mardi 30 janvier 2018

Au mauvais accueil :

Les bons sentiments, la mauvaise littérature, toussa… Le précepte jadis énoncé par Jeanson se transpose toujours aussi aisément au cinéma. C’est triste pour les idées qu’ils défendent ; et cela le serait bien davantage si l’on ne reconnaissait pas le bancal des œuvres supportant ces justes causes. Décalque (involontaire ?) de celle de Moi, Daniel Blake, l’affiche d’Une saison en France place d’emblée le film dans une ambiance inconsciemment loachienne. Les similitudes s’arrêtent ici, tant les partis-pris s’opposent : à l’urgence documentarisante, Haroun préfère une esthétique posée, parfois surcomposée qui encombre de théâtralité vieillotte le récit de son héros. Centrafricain exilé en France, celui-ci attend la décision qui fera de lui, de son frère et de ses enfants des réfugiés légaux. Malgré l’aide de la femme qui l’aime, son attente son espoir ne cesse de s’effilocher et s

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Voir du pays : "Prendre le large"

ECRANS | de Gaël Morel (Fr, 1h43) avec Sandrine Bonnaire, Mouna Fettou, Kamal El Amri…

Vincent Raymond | Mardi 7 novembre 2017

Voir du pays :

Solitaire, n’ayant plus guère de lien avec son fils, Edith est touchée par un plan social. Plutôt que d’accepter une prime de licenciement, elle demande à être reclassée dans une usine textile du même groupe au Maroc, très loin de son Beaujolais. Espérant trouver dans l’éloignement géographique et l’affection d’étrangers ce qui lui fait viscéralement défaut — l’amour de son fils (égoïste et homosexuel) — Sandrine Bonnaire est ici bien triste à voir, dans la peau d’un personnage passif, dépressif et naïf mais aussi victime de gros plans peu flatteurs dès l’ouverture du film. Sa déconfiture ne cesse de dégouliner en suivant des rails aussi rectilignes que les Colonnes d’Hercule. On ne saurait trop déterminer ce qui motive vraiment Gaël Morel : parvenir au rapprochement tardif entre la génitrice et son fils prodigue ou bien dénoncer pêle-mêle les conséquences de la mondialisation, la précarité des ouvrier·ère·s au Maroc et la sournoise cruauté d’une contremaîtresse sadique. Une chose est certaine : le Droit du Travail tel qu’on le connaissait ne s’a

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Claude Lelouch : « je crois à l’incroyable fertilité du chaos »

4 questions à... | Claude Lelouch n’en a pas fini avec l’envie de filmer. Et ce n’est pas parce qu’il tourne autour des Hospices qu’il songe à l’hospice : son truc à lui, ce serait plutôt les bons auspices…

Vincent Raymond | Mardi 14 mars 2017

Claude Lelouch : « je crois à l’incroyable fertilité du chaos »

Comment avez-vous repéré les talents d’acteur de Me Dupond-Moretti ? Claude Lelouch : C’est mon métier, je ne sais rien faire d’autre (sourire). C’est quelqu’un que j’ai admiré. J’avais l’impression de voir Lino Ventura : ce type a une force incroyable ! Si je pouvais la conserver derrière une caméra, ce serait génial. Je l’ai rencontré par un copain, on a sympathisé et il m’a invité à une audience. Sa plaidoirie a duré 1h30, le temps d’un long-métrage. J’ai regardé tous les gens qui jugeaient l’accusé et je me suis dit que c’était eux qu’il fallait juger : l’avocat général qui réclame la perpétuité, le président qui se prend pour Dieu, les gens dans la salle qui viennent pour déguster le malheur des autres, les jurés… J’ai imaginé que tous avaient des casseroles : on a tous les qualités de nos défauts, on a tous des jardins secrets. Est-ce la vie qui vous donne l’envie de faire du cinéma, ou bien le cinéma qui vous donne le plaisir de la vie ? Je vie une double histoire d’amour avec le cinéma et la vie. L’un renforce l’autre, ils sont complémentaires. La vie est le plus grand

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"Chacun sa vie" : un Lelouch treize embrouillé

ECRANS | Entièrement récoltée à Beaune, la 46e cuvée de Claude Lelouch a un goût de déjà-bu. Pas étonnant, venant d'un réalisateur ayant autant de bouteille…

Vincent Raymond | Mardi 14 mars 2017

Attendre de Lelouch qu’il fasse autre chose que du Lelouch reviendrait à espérer d’un chat et d’une souris un concert d’aboiements. Si le cinéaste s’est jadis montré capable de détonner, pour répondre à un violent désamour du public (en témoigne le singulier Roman de gare), il ferait plutôt en règle générale sien l’aphorisme de Cocteau : « Ce qu’on te reproche, cultive-le : c’est toi ». Chacun sa vie est, à cette enseigne, un parfait exemple de monoculture lelouchienne — certes “hors-sol”, puisque totalement tourné à Beaune, où le virevoltant réalisateur a installé son école de cinéma. Il troque donc ses plans de Tour Eiffel ou de Champs-Élysées contre de larges vues de la Place Carnot, microcosme valant ici pour le monde entier. La Beaune année Autour de cette esplanade noyée sous le piano-jazz ininterrompu d’un assommant festival estival gravitent donc des êtres divers, soumis aux petits ou grands tracas de la vie, qui auront pour point commun de se retrouver tous témoins, jurés, juges, défenseur ou public dans une salle d’audience lors d’un procès final… Faut-il s’étonner que les meilleurs comédiens du film

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Varda et ses dames

Ciné Collection | Seule réalisatrice (ou presque) à avoir accompagné la Nouvelle Vague — qu’elle a même précédée d’une courte pointe avec La Pointe Courte (1955) — Agnès Varda n’est (...)

Vincent Raymond | Mercredi 4 mai 2016

Varda et ses dames

Seule réalisatrice (ou presque) à avoir accompagné la Nouvelle Vague — qu’elle a même précédée d’une courte pointe avec La Pointe Courte (1955) — Agnès Varda n’est pas le type d’auteure à s’enfermer dans un cinéma genré : ses films parlent de tout le monde, et s’adressent à tout un chacun comme à chacune. Pour autant, il lui est arrivé de capturer des portraits singuliers de personnages féminins, tels ceux de Cléo et Mona — des francs-tireuses à leur manière, livrées à leur solitude et à leurs angoisses. Par-delà des années, les héroïnes respectives de Cléo de 5 à 7 (1962) et de Sans toi ni loi (1985) partagent errance et incertitude. La première en temps réel et en noir et blanc redoute les résultats d’un examen médical ; la seconde fait la route comme si elle fuyait le spectre hideux de la stabilité, annonciateur de son inéluctable mort. Deux femmes en mouvement dans des sociétés rigides, deux rôles prodigieux offerts à des comédiennes aussi dissemblables que possibles : la délicate Corinne Marchand campe chignon relevé une Cléo toute entière absorbée par ses tourments intérieurs, quand Sandrine Bonnaire à peine échappée de l’étre

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Lelouch : des hauts et des bas-dabadaba

ECRANS | Ce n’est pas parce que son dernier opus sorti, Un + Une, nous a consternés, qu’il faut vouer Claude Lelouch aux gémonies. En plus d’un (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 janvier 2016

Lelouch : des hauts et des bas-dabadaba

Ce n’est pas parce que son dernier opus sorti, Un + Une, nous a consternés, qu’il faut vouer Claude Lelouch aux gémonies. En plus d’un demi-siècle de cinéma, l’homme a heureusement pour lui — et pour nous — fait mieux… et parfois bien pire. Plantée d’une cinquantaine de films de toutes tailles, la forêt de son œuvre de fiction se dissimule derrière quelques arbres dont le surestimé L’Aventure, c’est l’aventure (1972), le pudique La Bonne Année (1973) ou le plaisant Itinéraire d’un enfant gâté (1988), qui figurent parmi la rétrospective que l’institut Lumière lui consacre. Si l’on comprend que Viva la vie !, Les Parisiens ou le récent Salaud, on t’aime, sans doute les plus bancals de ses films, aient été “oubliés”, on regrette que l’audacieux Roman de gare (2007) ou le scoliotique mais sincère La Belle Histoire (1992) n’aient pas été retenus. On se consolera en appréciant “l’autre” Lelouch ; celui qui, lorsqu’il s’écarte de sa propre redite et ne cherche pas à contrefaire la vérité, se fait surprendre de bonne foi par

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Un + une

ECRANS | De Claude Lelouch (Fr, 1h53) Avec Jean Dujardin, Elsa Zylberstein, Christopher Lambert…

Vincent Raymond | Mardi 8 décembre 2015

Un + une

Le vétéran à la caméra virevoltante puise ici dans sa pire veine : l’auto-caricature ravie. Choix délibéré et paresseux pour celui qui se félicite de ne savoir faire que de «des films de Lelouch» (c’est-à-dire mettant en scène un homme et une femme succombant à une passion réciproque alors que rien ne laissait présager la naissance d’une idylle entre eux), oubliant sa capacité à se réinventer lorsqu’il s’en donne la peine — voir son Roman de gare (2007). Cherchant à insuffler de l’exotisme à son scénario, à défaut d’originalité, l’auteur l’a donc tourné en Inde. Mais cette délocalisation se révèle inopérante : elle semble avoir l’unique vocation d’offrir un cadre bariolé et folklorique aux interminables palabres du duo Zylberstein-Dujardin, enchaînant les aphorismes philosophico-romantiques, et aux chevrotements du pauvre Christophe Lambert, tandis que Francis Lai déverse son piano-bar. À se demander qui, du compositeur en roue libre ou des comédiens se regardant jouer à faire de l’impro dirigée, est le plus embarrassant.

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Sandrine Bonnaire s'enivre de "L'Odeur des planches"

SCENES | D'abord, il y a ce plaisir de voir une comédienne parmi les plus familières et attachantes de son époque fouler un grand plateau de théâtre, seule, pour nous (...)

Nadja Pobel | Mardi 28 avril 2015

Sandrine Bonnaire s'enivre de

D'abord, il y a ce plaisir de voir une comédienne parmi les plus familières et attachantes de son époque fouler un grand plateau de théâtre, seule, pour nous raconter une histoire qui la met dans le même état de rage que le personnage qu'elle incarnait à 15 ans, tenant tête à son Pialat de mentor. Sandrine Bonnaire résiste. Elle donne du cœur à un cri, celui de Samira Sedira, auteur de ce texte, L'Odeur des planches, «le plus autobiographique» dit-elle, publié en 2012 aux éditions du Rouergue. Alternant souvenirs historiques – ceux de ses parents débarqués d'Algérie dans les années 60 – et un vécu contemporain qui débute par la fin de ses droits Assedic et l'obligation pour elle de trouver un travail alimentaire, elle donne du rythme et de la force à son récit. Devenue femme de ménage, elle voit dans ce déclassement social une occasion de se rapprocher de sa mère qui, elle aussi, à dû combattre la solitude et se résoudre à ce métier. Finie la litanie des théâtres visités qu'elle récite comme un pensum, la voilà seulement définie par son corps, éreintée par cette tâche aride et dépourvue de toute pensée. Une «dépossession» de soi décrite ave

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Sandrine Bonnaire : «Ce métier est une offrande»

SCENES | Renouant avec le théâtre, Sandrine Bonnaire dit avec simplicité l'histoire d'une comédienne déchue et réduite à faire des ménages via le texte autobiographique de Samira Sedira, "L'Odeur des planches". Dialogue avec la plus radieuse des actrices françaises, née sous le haut-patronage de l'immense Maurice Pialat. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 28 avril 2015

Sandrine Bonnaire : «Ce métier est une offrande»

En 1989, vous jouiez pour la première fois au théâtre dans La Bonne âme du Se-Tchouan sous la direction de Bernard Sobel. Vous vous êtes ensuite absentée jusqu’à L’Odeur des planches. Qu’est-ce qui vous a menée au théâtre, vous en a éloignée puis vous y a ramenée ? Sandrine Bonnaire : J’ai effectivement arrêté le théâtre durant plusieurs années pour diverses raisons, notamment parce que j’ai eu un enfant et que j’avais peu envie de sortir chez moi le soir. Le désir n’était plus là, mais il est revenu il y a deux ans. En fait, j'avais sollicité Jean-Michel Ribes pour le projet du Miroir de Jade [pièce chorégraphiée créée dans la foulée de L'Odeur des planches, NdlR], pour lui demander s’il pouvait financer ce spectacle, et il m’a présenté Richard Brunel qui m’a proposé de faire cette lecture. On a fait trois jours de lecture à Valence et on avait envie de le reprendre avec le texte appris. On s’est rendu compte que ce texte devait être interprété, qu’une simple lecture ne convenait pas car on ne peut pas vraiment rester en retrait de ce récit. Qu’est-ce qui vous a attirée dans ce texte peu an

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Deuxième départ

SCENES | Après un premier tiers de saison assez calme, l’activité théâtrale s’intensifie nettement cette rentrée. Entre stars de la scène locale et internationale, créations maison et découvertes à foison, revue de détails. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 6 janvier 2015

Deuxième départ

Une Biennale de la danse enchaînée avec les vacances de la Toussaint auront bien grévé la dynamique théâtrale de ce début de saison, sauf à la Croix-Rousse qui a, en apnée, aligné Laurent Brethome, Emmanuel Meirieu, David Bobée et Pierre Guillois. Le rythme n'y faiblira pas en 2015 avec notamment les très attendus Elle brûle (mars) du duo féminin Mariette Navarro / Caroline Guiela Nguyen et Discours à la nation (avril), manifeste d'Ascanio Celestini dont s’est emparé David Murgia du Raoul Collectif. Claudia Stavisky se confrontera elle à nouveau à un texte britannique après le très réussi Blackbird, en montant pour la première fois en France En roue libre (j

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La Halle Tony Garnier a 100 ans

MUSIQUES | C'était en 1914, souvenez-vous (mais si, faites un effort) : sur une commande du maire Edouard Herriot, Tony Garnier mettait la touche finale à la fameuse (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 2 octobre 2014

La Halle Tony Garnier a 100 ans

C'était en 1914, souvenez-vous (mais si, faites un effort) : sur une commande du maire Edouard Herriot, Tony Garnier mettait la touche finale à la fameuse halle qui porte aujourd'hui son nom, censée abriter abattoirs et marché aux bestiaux. La Première Guerre mondiale en décida temporairement autrement. Réquisitionnée, elle  casernes et usine d'armement avant de retrouver sa fonction. Devenu à terme une salle de spectacles, l'endroit fête donc ses cent ans. Et c'est nous qui sommes bien contents. Déjà parce que la Halle en profitera, comme vous le savez, pour "investir" toutes les salles qui comptent à Lyon (Breton au Marché Gare le 21 novembre, Deltron 3030 au Transbordeur le 27, Owen Pallett à l’Épicerie Moderne le 6 décembre...). Mais aussi parce que la fête se prolongera en 2015 avec l'accueil de belles pointures parmi lesquelles le duo blues-rock The Black Keys (7 mars), les vieilles gloires du nu-metal System of a Down (14 mars, date unique en France qu'on espère plus calme que celle de 2005), Ennio Morricone (18

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J'enrage de son absence

ECRANS | De Sandrine Bonnaire (France, 1h38) avec William Hurt, Alexandra Lamy, Jalil Mehenni...

Jerôme Dittmar | Jeudi 25 octobre 2012

J'enrage de son absence

Deuxième réalisation de Sandrine Bonnaire après un premier docu sur sa soeur autiste, J'enrage de son absence prouve, encore, que les films d'acteurs font rarement des miracles. Histoire d'un deuil impossible : traumatisé par la mort de leur enfant, un homme hante la vie recomposée de son ex pour nouer une relation maladive avec son fils, cette nouvelle incursion dans la folie part pourtant sur de bonnes intentions. Consciente de devoir faire cinéma, Bonnaire aimerait filmer d'abord les corps et l'espace. Problème : ce qui avait tout pour devenir un Dark Water français se voit sans cesse rattrapé par la psychologie et son incapacité à pousser les choses dans une étrangeté plus radicale et surtout formelle. Le film s'enlise alors, suivant l'enfermement d'un William Hurt poussif dans une cave d'immeuble dont Bonnaire ne sait plus que faire, sinon un bon gros symbole. Le sens s'y retrouve étouffé, exsangue devant ce désir bizarre de rendre la peine de l'autre indiscutable. Jérôme Dittmar

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Rock n' Schmoll

MUSIQUES | Mardi 26 juillet

Dorotée Aznar | Mardi 12 juillet 2011

Rock n' Schmoll

Il l'a dit l'Eddy, cette fois, c'est sa dernière tournée, sa “dernière séance“ (lol). Ballot, il venait juste de sortir un album intitulé Come-back où il caracolait comme un desperado sur ses sérénades éternellement bluesy. Oui mais voilà, le Schmoll a décidé de raccrocher les tiags, parce que passé un certain âge ça donne des ampoules, même avec des chaussettes noires. C'est donc le moment de chevaucher jusqu'au Théâtre antique de Vienne pour voir le rideau tomber sur une carrière longue d'un demi-siècle. En somme, tout Eddy. SD

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D’un film à l’autre

ECRANS | De Claude Lelouch (Fr, 1h45) documentaire

Christophe Chabert | Mardi 5 avril 2011

D’un film à l’autre

Voir Claude Lelouch revisiter l’intégralité de son œuvre alors qu’il est, à nos yeux, un des plus redoutables cinéastes français, n’était pas forcément un cadeau. Surprise : D’un film à l’autre se laisse regarder, ne serait-ce que d’un point de vue cinéphile et historique. Passé ce plaisir-là, il y a beaucoup à redire sur la vision que Lelouch donne de ses films : s’il avoue volontiers ses faux-pas initiaux, s’il ne peut passer outre ses ratages les plus spectaculaires (Un homme et une femme vingt ans déjà, Une pour toutes…), il fait diversion lorsqu’il évoque des navets genre Viva la vie ou Hommes-femmes mode d’emploi. Plus ennuyeux, le cinéaste continue à penser que le public a le dernier mot, rappelant ainsi qu’il est autant producteur qu’auteur de ses films. Confirmation quand il parle de politique : pour lui, les années 70 étaient une époque où les idéologies servaient à masquer les plus grandes escroqueries. Il n’a pas complètement tort : aujourd’hui, leur soi-disant faillite révèle au grand jour les cinéastes escrocs. Christophe Chabert

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Vengeance

ECRANS | Cinéma / Johnnie (To) et Johnny (Hallyday) réunis avec une pléiade de stars de Hong Kong pour un polar au scénario minimaliste mais à la mise en scène flamboyante. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 18 mai 2009

Vengeance

Les derniers films de Johnnie To nous avaient laissés sur notre faim. Depuis Le sommet Election 2, il semblait vivre de projets mineurs, distractions qui rejoignaient les œuvres cosignées avec son associé Wa Ka-Fai. Vengeance, dont l'influence revendiquée est celle de Jean-Pierre Melville, augurait d'un retour aux choses sérieuses. Ce n'est pas le cas, mais ça ne l'empêche pas d'être un fort agréable film mineur. Samouraï amnésique Commençons par la grande faiblesse du film : son scénario minimaliste, d'ailleurs écrit par Ka-Fai, où un restaurateur français, qu'on devine charriant un lourd passé mafieux, débarque à Macao pour venger sa famille dessoudée par une triade chinoise. Étranger dans la ville, il devra faire équipe avec trois gangsters caractérisés avec la patte Johnnie To, et incarné par une bande de stars locales fidèles du cinéaste. C'est à peu près tout, et ce serait un peu maigre si le cinéaste ne déployait une artillerie visuelle absolument somptueuse ; sa manière de filmer Macao comme une mégalopole aux néons irisés et aux perspectives monstrueuses a quelque chose à voir avec le L.A. futuriste

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Un cœur simple

ECRANS | de Marion Laine (Fr, 1h45) avec Sandrine Bonnaire, Marina Foïs, Pascal Elbé…

Dorotée Aznar | Mercredi 19 mars 2008

Un cœur simple

Prêt à être projeté à des hordes de scolaires, Un cœur simple tombe assez vite des yeux. Mais comment peut-il en être autrement quand toutes ses audaces cinématographiques sont concentrées dans son prégénérique ? Après cette entrée en matière réussie, le film brode péniblement autour de la nouvelle originale de Flaubert pour tenir son heure quarante-cinq, durée réglementaire du cinoche français pour assurer cinq séances quotidiennes et remplir la case prime-time lors du passage télé. Ce formatage atteint la chair du film, d’un académisme digne de celui des Destinées sentimentales d’Assayas, où rien ne vient troubler la petite manufacture d’images : ni la folie, ni la mort, ni l’enfance bafouée, ni l’égoïsme bourgeois, ni la religion étouffante. C’est propre, tiède, mou, et on crie à nouveau : Claude Chabrol, reviens ! CC

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