"Sing Street" : band de jeunes

ECRANS | Un film de de John Carney (Irl, G-B, E-U, 1h46) avec Ferdia Walsh-Peelo, Lucy Boynton, Jack Reynor…

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Photo : © DR


Dublin, 1985. Espérant s'attirer les faveurs de la splendide Raphina, Conor décide de monter un groupe avec ses (rares) camarades de lycée. Une manière de s'évader de la crise économique omniprésente lui valant une relégation dans un établissement public et précipitant le divorce de ses parents…

Ex-fans des eighties, directeurs de salles de concert, préparez-vous à pleurer des larmes de vinyle devant cette charmante romance à l'accent rugueux fleurant la douce nostalgie du jukebox d'une époque musicalement magique — autant qu'elle empeste l'haleine nicotinée du skin. À elle-seule, la BO de Sing Street justifie le déplacement : Joe Jackson (Steppin' Out), Daryl Hall & John Oates (l'imparable Maneater), Duran Duran, The Cure (In Between Days, tudieu !), sans parler des compos du groupe Sing Street, pas déshonorantes… Un concentré de la diversité bouillonnante des années new wave, en perpétuelle réinvention culturelle, mélodique, vestimentaire ; une période métamorphique en écho aux mutations inhérentes à l'adolescence.

John Carney a su miraculeusement rendre tangible non seulement ce jaillissement, mais également le contexte social tourmenté ; restituer l'esthétique vidéo balbutiante de l'ère pré-MTV tout en façonnant une gentille love story avec de la vraie rébellion dedans, sans la moindre fausse note. Il mériterait un rappel.


Sing Street

De John Carney (Irl-Angl-EU, 1h46) avec Ferdia Walsh-Peelo, Lucy Boynton...

De John Carney (Irl-Angl-EU, 1h46) avec Ferdia Walsh-Peelo, Lucy Boynton...

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Dublin, années 80. La pop, le rock, le métal, la new wave passent en boucle sur les lecteurs K7. Conor, un lycéen dont les parents sont au bord du divorce, est obligé à contrecœur de rejoindre les bancs de l’école publique dont les règles d’éducation diffèrent de celles de l’école privée qu’il avait l’habitude de fréquenter. Pour impressionner la mystérieuse Raphina. Il décide de monter un groupe et de se lancer dans la musique, univers dans lequel il ne connait rien ni personne,


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Lyon : une Fête de la Musique en modèle réduit

MUSIQUES | Alors, Fête de la Musique ou pas ? Au-delà des errances du ministère de la Culture, de la contre-communication de la Ville de Lyon qui désire s'ériger en défenseur des artistes, entre annulations diverses, lundi soir et jauges vite complètes, il ne va pas être si simple d'écouter de la musique ce soir.

Sébastien Broquet | Lundi 21 juin 2021

Lyon : une Fête de la Musique en modèle réduit

« Nous vous avons invité cet après-midi pour vous informer que, à l'initiative du ministère de la Culture, en étroite coopération avec les grands médias, dans la soirée du 21 juin, soirée du solstice d'été, la musique (...) va prendre possession des trottoirs, des fenêtres, des places, des chaussées, des parcs, des jardins, des cours, des cours de casernes aussi bien que d'autres endroits moins inhabituels. » C'est ainsi que Jack Lang, le 1er juin 1982, annonçait la création de la Fête de la Musique, quelques mois après l'élection de François Mitterrand. 39 ans après sa création en vingt jours, c'est peu dire que l'édition 2021 ne suscite pas grande émotion en comparaison. Il aura fallu attendre le dernier moment pour écrire quoi que ce soit sur cette Fête de la Musique, chaotique à souhait dans son organisation, sa communication, sa validation. Ordres et contre-ordres, annulations et confirmations, reprogrammations et décrets contradictoires, déclarations de plus en plus ahu

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Vengeance(s) ! Quatre films de revanche à découvrir en salles

Cinéma | À l’occasion du retour de la revanche des salles obscures, la vengeance est servie comme plat de résistance au menu de bien des séances. Vous en reprendrez bien un peu ?

Vincent Raymond | Vendredi 21 mai 2021

Vengeance(s) ! Quatre films de revanche à découvrir en salles

Savoureux plat pour qui la cuisine, amer pour qui la déguste froide, la vengeance est en général plaisante à observer à l’écran. Si l’on a pu se délecter durant le confinement de l’excellent (et dépaysant) The Nightingale, la réouverture nous offre une sélection éclectique à dévorer ces trois semaines. En tête de gondole, une étrange fausse comédie noire (mais au vrai sous-texte féministe) signée Emerald Fennell, Promising Young Woman (le 26 mai, photo). Carey Mulligan y campe sous différents avatars une jeune femme feignant d’être ivre dans des bars ou des boîtes afin de piéger les hommes tentant d’abuser de son apparent état de faiblesse, histoire de les vacciner à tout jamais contre leurs comportements de sanglier. Consécutive à un traumatisme d’adolescence, sa croisade connaîtra un spectaculaire finale. Construit comme une rom-com alternative, où Cendrillon serait vêtue de conscience sociale et perdrait la vie au lieu d’un soulier de vair, c

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Ganafoul retrouvé et sidér...ant

Rock Story | En septembre, les Givordins de Ganafoul, tête du pont de la faste période "Lyon capitale du rock", ont réédité "Sider-Rock" un album jusque-là inédit de 1975, témoignant de leurs débuts, en quintet et en français. Un petit morceau d'Histoire pour les amateurs de rock en acier trempé.

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 novembre 2020

Ganafoul retrouvé et sidér...ant

Sur la photo de famille princière de la fameuse Lyon capitale du rock de la fin des années 70, gravitant de plus ou moins loin autour du punk et dont on aime par chez nous agiter le souvenir fiérot, Ganafoul avait pris soin, par goût (quoi d'autre ?), de s'assoir quelque peu à l'égard. Sur le trône notoirement vacant d'un genre encore peu exploré dans l'hexagone : le hard rock. Ce truc-là, ce drôle de machin à guitares ramenardes, poitrails saillants et cheveux en cascades, n'appartient alors quasi exclusivement qu'aux anglo-saxons, Led Zeppelin et AC/DC en tête. Rien que cela fait déjà de Ganafoul, qui doit son nom signifiant "comme un fou" en patois givordin, une originalité. Au départ un quintet, francophone — c'est important pour la suite — formé par le trio instrumental Édouard "DooDoo" Gonzales (guitare), Philippe "Fourmi" Veau (basse) et Yves Rothacher (batterie) vite complété par le guitariste Jack B

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Ado, sac au dos : "Rocks" de Sarah Gavron

Drame | Un nouveau chapitre dans le cinéma social britannique.

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Ado, sac au dos :

Londres, de nos jours. Sa mère instable ayant disparu sans crier gare, Rocks doit à 15 ans et en secret palier son absence et s’occuper de son petit frère. Les finances puis le toit venant à manquer, la sage Rocks va en plus se marginaliser au contact d’une nouvelle élève, Roshé… Errance et déshérence sont dans un bateau, ou plutôt dans une même galère. Ce nouveau chapitre dans le cinéma social britannique (qu’on s’abstiendra de numéroter tant le sujet semble, hélas, inépuisable) se distingue par les accents d’authenticité de ses jeunes protagonistes, doublement dépositaires de l’intrigue : ceux-ci l’investissent en la jouant avec d’autant plus de force et de conviction que le scénario repose sur un travail collectif initié par Sarah Gavron. C’est grâce à cela que Rocks nous permet, en entrant dans les foyers de chacune et chacun, d’avoir un regard sur ce système britannique communautaire cloisonné que la cinéaste avait déjà dépeinte avec adresse dans Rendez-vous à Brick Lane. Avoir 15 ans n’est pas une mince affaire dans un pays qui n’aide pas ses

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Un week-end avec Haenel

Biennale des musiques exploratoires | Vous n'avez rien de prévu le week-end du 13 au 15 mars et un RTT le vendredi, pourquoi pas le passer avec Yannick Haenel (Prix Médicis 2017 pour le (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 mars 2020

Un week-end avec Haenel

Vous n'avez rien de prévu le week-end du 13 au 15 mars et un RTT le vendredi, pourquoi pas le passer avec Yannick Haenel (Prix Médicis 2017 pour le savoureux Tiens ferme ta couronne). C'est dans le cadre de la Biennale des musiques exploratoires du GRAME que l'Auditorium a convié l'auteur pour mettre en lumière les liens entre les genres et les disciplines artistiques. Où l'on trouvera un florilège de concerts voués à faire dialoguer œuvres du répertoire et création musicale, avec entre autres le Quatuor Bela pour ouvrir le bal ; le Quatuor Tana autour de Beethoven et l'ONL pour un finale sur deux créations de Lara Morciano et Hugues Dufourt et un détonnant Boléro de Ravel mais aussi un concert spatialisé autour du Drumming

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La musique dans tous ses états

Biennale des Musiques Exploratoires | La Biennale des Musiques Exploratoires propose pas moins de cinquante spectacles et concerts, défrichant les nouvelles tendances de la création musicale, et les croisements entre musique et danse, théâtre ou arts plastiques.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 mars 2020

La musique dans tous ses états

Héritière de la Biennale Musiques en Scène, la Biennale des Musiques Exploratoires (BIME) suit à peu près le même sillon : celui de la créativité musicale actuelle et des croisements entre la musique et d'autres disciplines comme le théâtre, la performance, la danse... Pendant presque un mois, le festival proposera dans plusieurs lieux de la métropole rien moins qu'une cinquantaine de concerts et de spectacles, dont seize premières mondiales. L'écrivain Yannick Haenel (auteur des remarquables romans Cercle ou Renards pâles) en sera une sorte de parrain avec notamment l'écriture d'un petit opéra et un Week-end Yannick Haenel à l'Auditorium du 13 au 15 mars. Week-end où seront lus des textes de l'écrivain par Charles Berling, et où seront interprétés quelques choix de cœur de l'auteur : Drumming de Steve Reich, le Quintette à cordes en ut majeur de Schubert, L'histoire du soldat de Ramuz-Stravinsky lue, dansée et jouée... Sans oublier une œuvre du très singulier compositeur argentin (formé au CNSMD de

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A Star is Torn : "Judy"

Biopic | 1968. Elle a été, mais n’est plus grand chose à Hollywood, qui refuse désormais de l’assurer et l’engager. Alors, pour gagner de quoi vivre avec ses enfants, Judy Garland accepte une série de récitals à Londres. Le triomphe est au rendez-vous, mais ses vieux démons également…

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

A Star is Torn :

Reviendra le jour où des comédiens et comédiennes ne seront plus automatiquement primés pour avoir campé un personnage ayant existé et/ou surmontant des déboires physiques ou psychiques. En attendant, les biopics narrant parfois avec une empathie douteuse mais une certaine gourmandise voyeuriste la déchéance d’anciennes gloires creusant le fond après l’avoir touché, continueront à faire recette. Si Hollywood n’a pas son pareil pour produire des films dénonçant les agissements passés de ses propres studios, c’est qu’il y gagne : cette sorte de mise en pratique du circuit court et de la valorisation de ses déchets moraux lui permet de troquer sa mauvaise conscience en absolution oscarisée. En témoignant d’un minimum de contrition. Judy est l’énième variation sur ce thème. Où l’on voit la décatie Judy Garland, vieillarde de 47 ans (comme Edith Piaf), brave maman gay-friendly finir de mourir sur scène, rongée par les cachetons et l’alcool, hantée par son “formatage“ par le mogul

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Vincent Segal fait salon

Nuits de Fourvière | En ouverture classieuse des Salons de musique proposés par les Nuits de Fourvière, le maître violoncelliste Vincent Segal et le label No Format unissent leurs talents à l'Odéon pour célébrer leur conception de la musique pas comme les autres, friande de rencontres et d'épure.

Stéphane Duchêne | Mardi 18 juin 2019

Vincent Segal fait salon

D'une pierre deux coups, d'un concert deux rêves, c'est ce que réalisent cette année les Nuits de Fourvière en inauguration de ces Salons de musique, qui du 23 juin au 11 juillet offriront comme un genre de programmation parallèle au festival, entre l'Odéon, la Salle Molière et l'Opéra de Lyon. D'abord, il s'agissait d'exaucer le désir du violoncelliste protée Vincent Segal (révélé avec Bumcello et capable d'accompagner Enrico Macias et Susheela Raman, M et Mayra Andrade, Blackalicious et Agnès Jaoui) de proposer un autre genre de performance que celles régulièrement livrées par lui entre les marches des deux théâtres antiques, autour de quelques amis musiciens échangistes et sans amplification. Un salon de musique en somme. Ensuite, pourquoi pas en profiter pour fêter ainsi en grande pompe mais en toute modestie, les quinze ans du label No Format, fondé en 2004 par Laurent Bizot, défenseur des musiques singulières, immatures, métissées et improvisées, qui accueillit les premiers pas en piano solo de Gonzales,

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À la Bibliothèque de la Part-Dieu, haut les filles !

Culture Rock | Parmi les événements placés en annexe de son exposition consacré à l'âge d'or du rock lyonnais, la BmL invite Sophie Rosemont à venir présenter son livre Girls rock, indispensable piqûre de rappel sur l'importance (quantitative et qualitative) des femmes dans l'Histoire du rock.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 juin 2019

À la Bibliothèque de la Part-Dieu, haut les filles !

À l'exception de la regrettée Marie (et de ses Garçons), on ne compte guère de femmes à l'exposition Lyon capitale du rock proposée actuellement par la Bibliothèque municipale de Lyon. Est-ce à dire que le rock est exclusivement une affaire d'hommes ? Qu'à l'époque en tout cas, il l'était ? L'Histoire, essentiellement racontée par les (mâles) dominants tendrait à le prouver. Sauf qu'il ne faut pas gratter longtemps la surface de cette Histoire écrite au masculin pour que tombe l'évidence : les femmes et le rock c'est une histoire aussi vieille que le rock lui-même. Aussi loin que les premières notes de Rosetta Tharpe et Trixie Smith, pionnières (bien plus qu'on ne le sait) amazones de ce genre musical genré. C'est ce que tend non pas à démontrer – il n'y a pas lieu de le faire – mais à simplement montrer, décrire, raconter, la critique Sophie Rosemont (Rolling Stones, Les Inrocks, France Culture). Un travail de fourmi qui aurait pu donner lieu à un épais dictionnaire (les

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Auto-tune pour Elton John : "Rocketman"

Biopic | Après "Bohemian Rhapsody", le réalisateur britannique Dexter Fletcher s’attaque à la carrière d’Elton John avec "Rocketman". En se servant d’une cure de désintoxication comme base narrative. Et met face à face l'enfance du prodige introverti et son succès fulgurant d'icône de la pop culture. Démesuré et excessif.

Élise Lemelle | Mardi 28 mai 2019

Auto-tune pour Elton John :

Réaliser un film sur une rock star aussi fantasque qu’Elton John? Voilà le défi auquel s’est collé Dexter Fletcher en ne cherchant pas à raconter avec exactitude les événements passés mais en revendiquant « une course-poursuite imaginaire résolument loufoque et transgressive ». Et en privilégiant les moments-clés de la vie de l’artiste – sa rencontre avec son parolier Bernie Taupin, ses amours tumultueuses avec John Reid, son mariage blanc… Résultat ? Un film dans lequel la musique prend, bien évidemment, toute la place. Rocketman est ainsi nourri en séquences oniriques où la star et ses fans entrent en osmose grâce à une mise en scène dont les procédés (ralentis, envolés…) exacerbent l’émotion. Une émotion bien relayée par l’acteur Taron Egerton qui réinterprète toutes les chansons et s'enflamme dans des costumes outranciers. En découle un drama pailleté flamboyant, à la fois biopic et comédie musicale. Et

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Lugdunum Calling

Exposition | Un peu plus de quarante ans après le fameux "Lyon capitale du rock" de Libération, le Département Musique de la Bibliothèque Municipale revient, sous la forme d'une exposition merveilleusement documentée, sur la grande aventure rock qui agita la ville entre 1978 et 1983 et rend hommage aux acteurs qui l'ont menée. Forcément capital.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 mai 2019

Lugdunum Calling

On le sait, quelque part dans le Surmoi lyonnais vient se nicher un complexe vieux comme Lugdunum. Celui de n'être pas capitale à la place de l'arrogante Paris, fille trop facile du jacobinisme. Étrange quand on sait, car on le sait aussi, que Lyon croule sous les titres de "capitale" : des Gaules sous l'Empire Romain ; de la Résistance ; de la gastronomie ; de la soie ; des goals même pendant une décennie 2000 où la bande à Coupet et Juni rêgna sur la Ligue 1 pré-Qataris. Il est même établi qu'en 1528, François 1er hésita à faire de Lyon la capitale de son royaume. Même le journal... Le Parisien surnomma Lyon, "L'autre capitale" dans un article daté du 8 juin 2018. Et puis bien sûr, il y eut ce titre, historique, éphémère mais éternel, décerné un jour de juillet 1978 par Libération, à l'époque bible du bon goût s'il en fut : "Lyon, capitale du rock". Un titre justifié par l'effervescence musicale qui agita la ville pendant une poignée d'années, au tournant des années 70 et 80, du punk et de la new-wave, et à laquelle la Bibliothèque Munic

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3 questions à Cyrille Michaud, co-commissaire de l'exposition

Lyon capitale du rock | Le bibliothécaire musical à la BML et co-commissaire de l'exposition nous raconte la génèse de l'exposition.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 mai 2019

3 questions à Cyrille Michaud, co-commissaire de l'exposition

Quel a été le point de départ de cette exposition ? Cyrille Michaud : La rencontre avec le photographe Jean-Paul Bajard qui nous a montré les photos qu'il avait prises dans les années 70 et 80. On était d'abord parti sur l'idée d'une exposition de ses photos, assez modeste à l'espace patrimoine de la bibliothèque. Pour l'agrémenter nous avons fait des appels à collecte dont le succès a été tel (environ 1500 propositions de pièces) qu'on a revu notre ambition à la hausse en investissant la galerie. On a assez vite déterminé quel discours on voulait faire passer, notamment sur ce contexte difficile : qu'est-ce que c'était faire du rock à cette époque. Il était alors évident de commencer en 1978, à partir de l'expérience du Rock'n'Roll Mops avant de dérouler ce récit chronologiquement jusqu'en 1983 en mettant en lumière les groupes phares de l'époque sur lesquels on avait beaucoup de documentation. Pourquoi avoir choisi cette date butoir, sachant que certains groupes importants comme Carte de Séjour ou L'Affaire Louis Trio ont eu du succès après cette date ? On s'est surtout basé sur les années de sortie de

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Le Père Noël est un rockeur, le retour

Rock & Kids | Après avoir visité les cheminées du Marché Gare (2011), du Transbordeur par deux fois (2012 et 2013) et des clubs de rock des Pentes (2014), le Père Noël repasse en 2018 par le Rock'n'Eat, quai Arloing, et ce un peu en avance, puisque dès le 12 décembre. Pourquoi ? Pour un événement au profit des enfants du Secours Populaire baptisé "Le Père Noël et ses rockeurs".

Stéphane Duchêne | Jeudi 8 novembre 2018

Le Père Noël est un rockeur, le retour

Soit un concert, organisé par les associations M2M Entertainment et AQAB Events avec le soutien d'un certain nombre d'acteurs culturels (le Kraspek Myzik, la radio Sol FM, Mediatone, Spiritribe, [zOz] Photographie, Kosmic Webzine), dont chaque entrée sera convertie en jouet pour un enfant du SP – aucun des jouets offerts n'étant en rapport, c'est important, avec la guerre tient à préciser le Père Noël des rockeurs. Et pour attirer un maximum de monde (dans deux salles), la programmation ratisse large. Avec en ouverture : le folk-punk de Forest Pooky, qu'on ne présente plus, suivi du cabaret trash (et sacrément weird) d'Ursule et Madame (salle du billard), le duo hip-hop hardcore grenoblois As a new revolt et le stoner/rock « rien à branler » de R.A.B. Bref, un concert pour adultes au profit des enfants. Une combinaison parfaite en guise de costume de Père Noël.

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Rami Malek : « je voulais surprendre la caméra autant que lui la surprenait »

Bohemian Rhapsody | Les qualités de Rami Malek vont au-delà d’une ressemblance physique troublante avec Freddie Mercury. L’acteur s’est investi corps et âme dans ce portrait du meneur de Queen. Propos rapportés lors de sa visite parisienne.

Vincent Raymond | Dimanche 11 novembre 2018

Rami Malek : « je voulais surprendre la caméra autant que lui la surprenait »

Les membres de Queen Brian May et Roger Taylor sont producteurs exécutifs du film. Quelle influence ont-ils exercé sur le tournage, et vous ont-ils dit des choses particulière sur Freddie Mercury? Rami Malek : Déjà, vous pouvez imaginer à quel point c’était incroyable et monumental d’incarner Freddie Mercury : personne d’autre n’a été aussi provocateur ; après on a cassé le moule ! Quand Brian et Roger m’ont accueilli et accepté, ça a été comme une bénédiction. Je ne crois pas que j’aurais pu avoir une chance d’incarner Freddie s’ils n’avaient pas cru en moi. Brian m’a apporté beaucoup de soutien : il m’a permis de l’appeler à n’importe quel moment — ce que j’ai parfois fait à des moments difficiles extérieurs au films, parce qu’il était peu à peu devenu un mentor. Lorsqu’il a vu le film, ce qu’il m’a déclaré constitue pour moi le plus grand remerciement que je pouvais espérer ; j’en suis extrêmement fier. Vous avez déclaré que ce film avait changé votre vie. En quoi exactement ? Franchement, comment ne l’aurait-il pas changée ? En tant qu’acteur, j’ai été mis au défi

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Show must go on : "Bohemian Rhapsody"

Drama-queen | De la fondation du groupe Queen au légendaire concert de Wembley lors du Live Aid de 1985, la vie de son leader charismatique, chanteur et auteur principal, Farrokh Bulsara dit Freddie Mercury, entre ses inspirations géniales, ses caprices et ses excès.

Vincent Raymond | Mardi 30 octobre 2018

Show must go on :

Sa vie n’avait certes rien d’une comédie, mais elle fut musicale et couronnée de succès dès lors qu’il intégra ce qui deviendrait Queen. Voilà pourquoi Bryan Singer a pris le parti de réduire à ces dix-quinze années de carrière l’existence de Freddie M. À bien des égards, la démarche est justifiée : nul besoin de traîner dans les soubassements de l’enfance pour saisir que le petit Farrokh est complexé par ses origines — qu’il n’aura de cesse de dissimuler au long de sa vie : on le déduit de ses attitudes de jeune adulte. Plus intéressantes sont sa maturation artistique dans le groupe, l’édification artisanale du morceau-titre, son affirmation égotique et, dans une autre mesure, la découverte de son orientation sexuelle. No sex, we’re puritan Or c’est là que la bât blesse : la représentation de cette icône gay est, à tout le moins, ambiguë. Singer le dépeint quasiment sous les traits d’un “hétérosexuel contrarié“. En effet, les seules relations charnelles montrées à l’écran sont celles de Freddie avec sa première petite amie. Par la suite, il e

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Bérénice Gulmann : « Michaël Lévinas est un visionnaire »

Biennale Musiques en Scène | Bérénice Gulmann, déléguée artistique de la Biennale Musiques en Scène, nous emmène au cœur de la nouvelle et palpitante édition État(s) Limite(s). Des créations multiples qui posent la question des frontières, du virtuel et du réel, qui reposent la question des états humains. Quid de cet état entre rêve et sommeil, de ce lieu entre enfance et âge adulte ?

Pascale Clavel | Mardi 20 février 2018

Bérénice Gulmann : « Michaël Lévinas est un visionnaire »

Lorsque l’on regarde la programmation de cette édition, on a le tournis. Pourquoi ce trop ? Bérénice Gulmann : 47 concerts, c’est beaucoup. Grame est une sorte d’incubateur tout au long de l’année et la Biennale est là comme un moment phare qui montre la création contemporaine dans toute sa diversité. Les artistes s’emparent de disciplines sœurs, travaillent dans la transdisciplinarité. Un festival, c’est un moment où tout est possible, où le public est à même d’aller d’une proposition à une autre sans avoir une idée préconçue, il se laisse emmener par la dynamique, par l’énergie. C’est le cas par exemple du Crazy Week-end à l’Auditorium. Il y a de plus en plus de propositions participatives qui sont possibles grâce aux recherches faites à Grame et aux nouvelles technologies. On a tissé une programmation à la fois très savante et en même temps très ludique. Comment faire venir un public qui se détourne parfois de la musique de son temps ? On essaie, au sein d’une même programmation, d’avoir une musique de notre temps assez convenue, plus attendue et d’autres plus surprenantes. À l’Auditorium, da

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Une ville mise aux placards : "3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance"

Le film de la semaine | Marqué par un enthousiasmant trio d’interprètes (Frances McDormand/Woody Harrelson/Sam Rockwell) et une narration exemplaire, ce revenge movie décalé nous fait tomber avec délices dans le panneau. Le Midwest, le vrai…

Vincent Raymond | Mercredi 17 janvier 2018

Une ville mise aux placards :

Excédée par l’inertie de la police dans l’enquête sur le meurtre de sa fille, l’opiniâtre Mildred le fait savoir sur trois pancartes géantes jusqu’alors à l’abandon au bord d’une route peu fréquentée. Les conséquences indirectes de cette initiative dépasseront tout ce qu’elle aurait pu imaginer… La présence en tête de gondole de Frances McDormand biaise sans doute l’appréciation. N’empêche : Joel & Ethan Coen auraient pu signer 3 Billboards… Son scénariste et réalisateur, Martin McDonagh, qui s’était déjà illustré avec Bons baisers de Bruges (2008) — polar sérieusement déviant en dépit de son titre français bien naze — fond en effet avec une maestria comparable chronique sociale et sarcasme décapant dans une matrice de film noir. Certes, la géographie les sépare (McDonagh opte pour le Missouri quand les Coen balancent entre la froidure du Minnesota et le torride du Texas), mais le creuset humain est le même : une population globalement rurale riche en stéréotypes conservateurs ; un vase clos éloigné de l’administration fédérale conspuée à l’envi.

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Pete Rock & C.L. Smooth, un doigt de jazz

Hip-Hop | La crème du hip-hop new-yorkais fait une halte au Sucre. Ils n'ont rien enregistré depuis les 90's ? Oui, mais personne n'a fait mieux qu'eux depuis.

Sébastien Broquet | Mardi 12 septembre 2017

Pete Rock & C.L. Smooth, un doigt de jazz

Fin des années 80. La soul revendicatrice, comme un certain funk moite, taquin et coquin, rejoignent le catalogue des samples usités dans un hip-hop au sommet de sa créativité, débutant une période dorée où les classiques s'empilent dans les bacs des DJs jusqu'en 1995. De La Soul, Gangstarr, Wu Tang Clan, A Tribe Called Quest... et Pete Rock & C.L. Smooth, qui lâchent en 1992 Mecca and the Soul Brother, petite bombe à la production inventive et épatante et au flow léger mais conscient faisant suite au maxi All Souled Out sorti l'année précédente. Respect instantané pour ce duo east coast formé deux ans plus tôt ! Leur parcours météorique (ils se séparent deux ans plus tard, à la sortie du second opus, The Main Ingredient) en fait vite un objet de culte, en particulier chez les sourciers du son qui ne cessent de disséquer leurs morceaux pour en comprendre la magie de l'agencement des très nombreux samples (James Brown, Lou Donaldson, The Beginning of the End, Cannonball Adderley...) et les secrets de leur efficacité novatrice. Pete Rock, le sorcier du sample Tous deux poursu

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Ragnard Rock Festival : Black is black

Ragnard Rock Festival | C'est dans l'Ain que la crème du black metal européen se donne rendez-vous, au Ragnard Rock Festival, où se produira la légende norvégienne du genre, Satyricon.

Sébastien Broquet | Mardi 20 juin 2017

Ragnard Rock Festival : Black is black

Attention, festival pas pareil : à l'instar du Hellfest, sans doute encore plus dans la marge, le Ragnard Rock Festival convie depuis trois ans maintenant dans un petit village de l'Ain, à Simandre-sur-Suran, la fine fleur du black metal et du rock extrême, voire du folk traditionnel sur une scène adjacente. La liste des groupes est longue comme un glaive et il y a fort à parier que vous n'en connaissiez pas des masses : Satyricon, Fir Bolg, Paleowolf, Jar, Warbell, Borgne, Atavisma, Mor Dagor, Heavydeath, Acherontas... Tous ou presque sont à écrire en lettres gothiques. En tout, plus de quarante groupes sont programmés sur les deux scènes pour combler les 5000 festivaliers quotidiens. Le festival se revendique « viking » et ne lésine pas sur la symbolique : ainsi, les pass 3 jours étaient au nombre de 666 et vendus... 66, 60 euros. L'esprit se veut donc très païen et les cultures nordiques célébrées, ce qui occasionne parfois certains dérapages : la scène black metal étant gangrénée ces derniers temps par les mouvements d'extrême droite radicaux. L'an dernier, la venue du (très) controversé groupe polonais Graveland avait alimenté la polémiqu

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Guillaume Kosmicki à Musicalame

Musiques Savantes | Le livre débute par John Zorn et son mythique Naked City. Et parcourt au fil des pages 25 ans de musiques de traverses, incendiaires, innovantes, (...)

Sébastien Broquet | Mardi 13 juin 2017

Guillaume Kosmicki à Musicalame

Le livre débute par John Zorn et son mythique Naked City. Et parcourt au fil des pages 25 ans de musiques de traverses, incendiaires, innovantes, compliquées... savantes, dit l'auteur, Guillaume Kosmicki, qui clôture ainsi une trilogie consacrée, donc, aux Musiques Savantes. De la musique spectrale à la toujours très riche scène minimale, des pas de côté de Björk à Xu Yi ou Aphex Twin, c'est une somme essentielle qui se dessine là pour les férus d'archéologie discographique. Guillaume Kosmicki, musicologue, présentera son ouvrage à la librairie Musicalame le jeudi 15 juin à 19h30.

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Jour de fête

21 juin | Alors qu'en ce 21 juin, la ville se couvrira comme chaque année d'estrades, de scènes et de musiciens en tous genres, une petite sélection des événements s'imposait, dans laquelle picorer selon son goût et son humeur musicale.

Stéphane Duchêne | Mercredi 21 juin 2017

Jour de fête

Marathon de dancefloor On espère que vous aurez un peu forcé sur le cardio à l'approche de l'été. Il faudra au moins ça pour survivre au programme toujours marathon du Boulevard Électro de Gerland, sis au pied, ce n'est sans doute pas un hasard, du Palais des Sports. Au programme notamment, l'alliance de Tapage Nocturne, activiste bien nommé de la nuit lyonnaise, et de Nashton Records, label ayant pour particularité d'avoir un pied à Lyon et un autre à Varsovie. Avec Mediateurs Electronics en ouverture (avec notamment Craninho), le défi sera d'aller au bout des sept heures de danse proposée par Donü, Dykore, Pleije (Nashton Records), la house de Benny Bos et l'ensorcelant Salem Unsigned. Rendez-vous à la buvette, les mains sur les hanches, pour souffler un peu et se désaltérer. Tapage Nocturne & Nashton Records Au Boulevard électro à Gerland de 17h à minuit Combustion spontanée On reconnaît bien là l

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Guillaume Canet : « J’ai fait ma crise de la quarantaine à travers Rock'n'Roll»

Entretien | Après avoir digéré l’insuccès de Blood Ties, Guillaume Canet a tout remis à plat. À commencer par sa propre vie, dans une auto-fiction, "Rock’n’Roll".

Vincent Raymond | Lundi 20 février 2017

Guillaume Canet : « J’ai fait ma crise de la quarantaine à travers Rock'n'Roll»

Pourquoi ce film auto-réflexif sur votre métier et votre vie ? Guillaume Canet : Je voulais faire un truc sur l’image depuis longtemps, parce ce que quand on est très exposé, on entend énormément de choses. Ça m’amusait aussi de traiter un autre thème qu’un sujet boutique sur le cinéma ou la notoriété, en parlant du jeunisme et de la quarantaine chez l’homme. Aujourd’hui, on est très recentré sur soi : il faut être sain, avoir des cheveux (pas gris), on doit faire du sport, il y a une culpabilisation autour de la cigarette…. Je n’ai pas eu ma crise de la quarantaine, mais je l’ai faite à travers ce film. Comment avez-vous convaincu les autres de jouer avec leur image ? Ils ont tous été séduits par cette autodérision, cet humour. Yvan Attal, par exemple, que ça faisait marrer que je me fasse appeler “M. Cotillard”, m’a envoyé un message de bonne année signé “Yvan Gainsbourg”. Lui aussi passe à travers ce genre de choses-là. Donc le Guillaume Cotillard qui figure au générique, c’est vous ? En fait, c’est mon beau-frère, le frère de Marion, qui est aussi réalisateur. Il a ef

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"Rock’n’roll" : ego trip

ECRANS | Quand Guillaume Canet comprend qu’il fait figure, pour la nouvelle génération, de mec installé et pépère dans sa vie de famille comme dans son métier, le (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 février 2017

Quand Guillaume Canet comprend qu’il fait figure, pour la nouvelle génération, de mec installé et pépère dans sa vie de famille comme dans son métier, le quadra pète un câble et veut (se) prouver qu’il possède encore au fond de lui une étincelle rebelle. Mais l’a-t-il jamais eue ? Naviguant, à l’instar du Grosse Fatigue (1993) de Michel Blanc, dans la sphère privée voire l’intimité des stars, cette auto-fiction cathartique permet à Canet de (presque) assouvir tous ses fantasmes sans (réellement) basculer dans la transgression : c’est son image — c’est-à-dire son “moi ” médiatique — qui prend les coups qu’il s’assène lui-même. Sous l’œil complice de nombreux guests, l’acteur-réalisateur s’inflige un catalogue d’auto-punitions gros comme un dico — éprouverait-il un besoin inconscient et masochiste d’expier ? — avant de trouver un second souffle dans une seconde partie inattendue, nettement plus délirante. À mille lieues de toute subversion, Rock’n’roll souffre surtout d’un manque de décision dans la coupe et le montage, qui le plombe d’une grosse vingtaine de minutes.

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Ciné O’clock, 22e prise

Festival | Malgré le Brexit, les relations entre la France et l’Angleterre se portent à merveille du côté de Villeurbanne. Durant une semaine, le festival Ciné O’Clock se (...)

Julien Homère | Mardi 7 février 2017

Ciné O’clock, 22e prise

Malgré le Brexit, les relations entre la France et l’Angleterre se portent à merveille du côté de Villeurbanne. Durant une semaine, le festival Ciné O’Clock se révèle une Arche de Noé jouissive pour tous les amoureux des cinémas britannique et irlandais. La programmation embrasse un large spectre de 21 œuvres : les spectateurs pourront rattraper les films d’hier et d’aujourd’hui. De la Palme d’Or de Ken Loach (Moi, Daniel Blake) à la petite pépite bis Les Daleks envahissent la Terre, le festival propose de revoir ou découvrir tout ce que l’Irlande et l’Angleterre peuvent offrir d’aussi fou que solennel, d’aussi connu qu’oublié, d’aussi vieux que récent. Pour ceux qui voudront se replonger dans l'année écoulée, ou s’évader dans les années 1980, le quatrième long-métrage de John Carney,

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Cœurs de rockeuses

In Uterock | « Atteindre une espèce de transe, même quelques secondes, comme quand tu baises ou tu danses… c’est ça mon kiff ! » clame Julia, guitariste du groupe garage (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 10 janvier 2017

Cœurs de rockeuses

« Atteindre une espèce de transe, même quelques secondes, comme quand tu baises ou tu danses… c’est ça mon kiff ! » clame Julia, guitariste du groupe garage Little Garçon. « L’improbable m’anime. J’adore aller à contre-sens, à l’inverse des idées reçues » raconte Lydie, la batteuse des Toxic Frogs (punk celtique). Leur point commun : être une femme musicienne dans un groupe de rock, univers souvent masculin. Et s’être fait brosser le portrait dans le livre d’Emma Cordenod (l'auteure) et Aurélien Maillet (le photographe), In Uterock. Douze musiciennes d'Auvergne-Rhône-Alpes sont ici croquées. Elles racontent leur parcours, leur place en tant que femme dans le rock, leur motivation « car il en faut pour se faire une place au panthéon du rock à talons » dixit Franck Guscioni, le co-programmateur et coordinateur du Kraspek Myzik, qui signe la préface. Un ouvrage en rouge et noir permettant de découvrir ces groupes par le prisme de leurs personnalités féminines, illustré des belles photographies d’Aurélien Maillet. Soirée de la

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Guillaume Canet est-il rock’n’roll ?

ECRANS | Pour son cinquième long-métrage en tant que réalisateur, le comédien Guillaume Canet revient en France et devant la caméra avec ce qui s’annonce comme une (...)

Vincent Raymond | Mardi 3 janvier 2017

Guillaume Canet est-il rock’n’roll ?

Pour son cinquième long-métrage en tant que réalisateur, le comédien Guillaume Canet revient en France et devant la caméra avec ce qui s’annonce comme une autofiction, Rock'n'Roll : on devrait y suivre Guillaume Canet dans son quotidien, avec ses proches (dont sa compagne Marion Cotillard) frappé de plein fouet par la crise de la quarantaine et le doute quant à sa créativité. Si vous le souhaitez, vous pourrez le rassurer (et lui présenter vos vœux) à l’occasion de cette avant-première lyonnaise à laquelle il assistera. Rock'n'Roll Au Pathé Bellecour le mardi 10 janvier à 20h

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Mélodie en surface

ECRANS | Avec la période de Noël vient l’envie de consommer des sucreries chamarrées dans des proportions outrepassant les limites du raisonnable, en se (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

Mélodie en surface

Avec la période de Noël vient l’envie de consommer des sucreries chamarrées dans des proportions outrepassant les limites du raisonnable, en se recroquevillant dans d’épais lainages — une posture régressive expliquant l’audience télévisuelle stable de tous les épisode de la séries des Sissi avec Romy Schneider, lors de chacune des ses rediffusions hivernales. Les plus courageux pourront satisfaire cette pulsion en extérieur, grâce à la ressortie dans les salles du GRAC à l’occasion de CinéCollection d’un bon vieux classique de la comédie musicale : La Mélodie du bonheur (1965). Face à ce pain de sucre de près de trois heures, même votre votre popcorn au caramel aura des airs de polystyrène hypoglycémié. Signé par le chevronné Robert Wise, alors en état de grâce après West Side Story (1961), interprété par Julie Andrews fraîchement oscarisée pour Mary Poppins, adapté d’un succès de Broadway couvert de Tony Awards depuis sa création en 1959, cette histoire de gouvernante de sept enfants épousant le père (veuf) de cette famille nombreuse entre deux chansons et sur fond de montée du nazi

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Richard Bellia : « J'ai commencé par hasard et j'ai continué par habitude »

Photographie | Avec son livre Un œil sur la musique, le photographe Richard Bellia retrace 35 ans d'une carrière aux côtés des plus grands (The Cure, Nirvana, Joe Strummer). Avant la présentation de son ouvrage à Lyon, il est revenu sur sa vie derrière l'objectif.

Gabriel Cnudde | Mardi 15 novembre 2016

Richard Bellia : « J'ai commencé par hasard et j'ai continué par habitude »

Quand vous étiez jeune, vous étiez passionné de musique et de photographie. C'est pour ça que vous avez choisi ce métier, pour allier vos deux passions ? Ou bien vous n'y avez jamais réfléchi et ça s'est fait naturellement ? Richard Bellia : C'est exactement ça. C'est exactement la deuxième possibilité. C'est à dire que je l'ai fait, puis après je me suis retrouvé à l'avoir fait. Y'avait pas plus de plan de carrière que ça. Ça s'est fait de manière vachement simple. Les Anglais disent « I got carried away » et bien moi c'est pareil. J'ai commencé par hasard et j'ai continué par habitude. Vous avez énormément photographié les artistes sur scène et un peu moins en studio ? Pourquoi ? Êtes-vous plus attiré par le côté "libre" et "sauvage" de la scène ? Ce n'est pas aussi simple que ça. En fait, je crois qu'en tant que photographe, je prends ce qu'on me donne. Si on me dit que je dois aller au concert de X, je suis content. Si j'ai le droit de rester sur le devant de la scène, je suis encore plus content. Si on me dit que je peux y rester une demi-heure, je suis encore plus content. Si on me dit que je peux aller ret

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Voilà l'été : un jour, une sortie #8

Saison Estivale | Durant toutes les vacances, c'est un bon plan par jour : concert ou toile, plan canapé ou expo où déambuler.

La rédaction | Mercredi 24 août 2016

Voilà l'été : un jour, une sortie #8

50 / Mercredi 24 août : culte Breakfast Club Tout l’été, la classe revue Rockyrama investit le rooftop pour projeter huit films (de Akira à Poltergeist) directement corrélés à sa ligne éditoriale : du culte, si possible tamponné eighties. Ce soir, le kitch Breakfast Club, archétype du teen movie, sorti en salles en 1985 : parfait avant la rentrée. Attention, contient du Simple Minds dans la BO. Au Sucre dès 18h30 51 / Jeudi 25 août : cinéma Rester Vertical On peut compter sur Alain Guiraudie pour montrer autre chose de la vie à la campagne qu’une symphonie pastorale avec bergère menant son troupeau sur le causse et paysan bourru labourant à bord d’un tracteur écarlate. Si dans ses films, le cultivateur est gay comme le bon pain... (

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Voilà l'été : un jour, une sortie #7

Saison Estivale | Durant toutes les vacances, c'est un bon plan par jour : concert ou toile, plan canapé ou expo où déambuler.

La rédaction | Mercredi 17 août 2016

Voilà l'été : un jour, une sortie #7

43 / Mercredi 17 août : cinéma Toni Erdmann Pas de chance pour Maren Ade, nouvelle victime de la loi du conclave : encensée par les festivaliers de Cannes, elle en est repartie boudée par le palmarès. Pourtant, son film avait de très solides arguments artistiques et moraux pour décrocher ne serait-ce qu’un accessit. (lire la suite de l'article) 44 / Jeudi 18 août : punk Jello Biafra Il aurait pu être maire de San Francisco, mais devint légende du punk rock : California Uber Alles. S’il échoua aux élections municipales en 1979, Jello Biafra (de son vrai nom Eric Boucher) n’a rien raté de son parcours scénique le menant des Dead Kennedys à un album massue avec The Melvins. Inlassablement sur la route, éternellement engagé, le voici au Ninkasi accompagné de The GSM : parfait pour se décoincer les articulations engourdies par l

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Les Jeudis des Musiques du Monde fêtent leurs 20 ans

Sono Mondiale | Le CMTRA (Centre des Musiques Traditionnelles en Rhône-Alpes) est impliqué dans trois festivals cet été : le tout nouveau Charivari, la clôture des Nuits de Fourvière et bien entendu les Jeudis des Musiques du Monde. Tour d'horizon avec sa directrice, Yaël Epstein.

Sébastien Broquet | Mardi 21 juin 2016

Les Jeudis des Musiques du Monde fêtent leurs 20 ans

Les Jeudis des Musiques du Monde fêtent leurs 20 ans : pouvez-vous nous conter l’histoire de ce festival ? Yaël Epstein : Les Jeudis sont nés d’une volonté partagée du CMTRA et de la Ville de Lyon, avant même que les fêtes d’été ne soient créées. Nous étions au milieu des années 1990 et l’idée était à la fois de faire découvrir aux Lyonnais les musiques du monde, cette très grande famille musicale en pleine éclosion qui ne disposait que de peu d’espaces de diffusion, et de proposer un espace convivial de rencontre interculturelle dans la ville. Sir Jean & Afrobeat Experience comme Kumbia Boruka font l’actualité ces derniers mois et sont à l’affiche de vos événéments : quel est votre regard sur leur éclosion ? Ce sont deux groupes très représentatifs de ces nouvelles musiques du monde — que l’on appelle parfois sono-mondiale — qui réussissent à allier la singularité des musiques traditionnelles avec des sons et une énergie très actuels. C’est un véritable phénomène qui témoigne de la rapidité des échanges et des hybridations artistiques, qui ont encore une fois une longueur d’avance sur les politiques

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Temples : du soleil

Musiques en Stock | Quatuor de poupées psychés piquées de mysticisme et touchées par la grâce, Temples s'affirme comme les têtes (et quelles têtes !) de gondole du rayon lysergique de la grande épicerie indie rock. Au point qu'il se pourrait fort bien qu'avec leur Sun Structures, le soleil ne se couche pas sur Musiques en stock.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juin 2016

Temples : du soleil

Si l'on peut considérer qu'à notre époque un groupe psychédélique peut en cacher un autre, c'est doublement vrai en ce qui concerne Temples. Le groupe de James Edwards Bagshaw a tendance à boucher capillairement la vue vers la concurrence. Reste que ce serait un peu court – même si c'est long et touffu – car c'est surtout dans le domaine musical que Temples bouche la vue vers, et à, la concurrence. Au point de taper dans l'œil de Noël Gallagher — qui même dans ses rêves les plus fous n'a jamais pu approcher ne serait-ce qu'à un cheveu d'un tel sens du psyché — et même de Johnny Marr, ancien artificier à manche des Smiths, Robert Wyatt ou les Stones. Nés au succès par l'opération du Saint-Esprit (comprendre le Dieu Internet, multiplicateur des fans de leur première composition authentifiée, Shelter Song), les quatre garçons dans le vent de Kettering, férus de mysticisme, ont su le préserver par un sens de la composition et de l'arrangement (ces cordes !) qu'on ne retrouve guère aujourd'hui dans leur génération que chez un Jacco Gardner. Et par un sens du rappel à la nostalgie (cette voix qui évoque tantôt John Lennon dans ses moments les plus inspiré

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Fête de la musique 2016 à Lyon : nos bons plans

Fête de la musique | Tout le plaisir est dans la déambulation et la surprise, lors d'une fête de la musique réussie : mais voici quelques spots où il fera bon se poser mardi soir.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 juin 2016

Fête de la musique 2016 à Lyon : nos bons plans

Rock de chambre Quelle star du rock n'a jamais rêvé jouer sur le parvis d'une Chambre de Commerce et d'Industrie ? Pourquoi n'a-t-on jamais pensé — mais qu'avais-tu dans le melon, Malcom McLaren ? — à un Sex Pistols live au NY Stock Exchange ? L'histoire du rock est faite de malentendus, c'est comme ça. En voilà un de réparé avec cette folie d'un soir au pied de la CCI : au programme, fixé pour la pause déjeuner et l'afterwork : des habitués de nos nouveaux amis À Thou bout d'Chant : Via (chanson pop, jazz, bossanova, blues, rock, reggae… et un guitariste co-sosie de Phil Collins et William Sheller) et les petits jeunes rock de The Weds qui selon la jurisprudence Macron, au vu du lieu et au vu de leur nom, devraient jouer en costume. Du moins, on espère. Via, The Weds Sur le

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Un voyage en Iran

ECRANS | Quand un régime exerce un pouvoir excessif sur son peuple, abuse de son autorité et/ou confisque les libertés, alors s’élèvent des voix pour protester ou le (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 juin 2016

Un voyage en Iran

Quand un régime exerce un pouvoir excessif sur son peuple, abuse de son autorité et/ou confisque les libertés, alors s’élèvent des voix pour protester ou le dénoncer ; et celles des artistes sont souvent les premières à se faire entendre. Depuis l’instauration de la république islamique en Iran, les cinéastes ont multiplié les coups d’éclats : fictions et documentaires, tournés au grand jour ou sous le manteau, témoignent de la restriction démocratique, de la régression des droits des femmes et d’une certaine exaspération populaire. Dépassant le brûlot pour repenser la forme, le langage et les moyens de production cinématographiques, ces œuvres ont révélé plusieurs générations d’auteurs dont le talent est célébré partout dans le monde, sauf à Téhéran où certains sont emprisonnés (comme Jafar Panahi). Afin de savourer (ou découvrir) l’originalité de ce cinéma persan, l’association culturelle franco-iranienne de Lyon propose un double programme intégrant No Land’s Song d'Ayat Najafi, récent documentaire consacré à un projet-passerelle ô combi

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Brain Damage : rockers style

Walk the Walk #3 | Troisième épisode : cette fois-ci, c'est l'une des figures du film Rockers, le rare Kiddus I, qui se frotte en studio avec le Stéphanois Brain Damage. Deux époques, mais un même lieu : Harry J.

Sébastien Broquet | Vendredi 27 mai 2016

Brain Damage : rockers style

Kiddus I, c’est une apparition dans le mythique film Rockers : est-ce là que tu l’as découvert la première fois ? Que représente pour toi ce chanteur ? Martin Nathan : Je n'ai pas la prétention de dire que je suis un spécialiste du reggae ni de tout ce qui concerne la Jamaïque de manière générale. Lorsque Sam Clayton Jr m'a évoqué la possibilité de travailler avec Kiddus, je lui ai immédiatement avoué ne pas le connaître. Je n'avais en fait pas associé son nom à son inégalable apparition dans Rockers, l'un des moments forts de ce film, qui m'avait pourtant marqué. Ironie de l'histoire, cette scène mythique fût également tournée au studio Harry J... Que représente pour toi ce chanteur ? Il est pour moi une belle représentation de ce qu'a pu être l'exploitation de bon nombre d'artistes de cette époque-là par certains producteurs. Kiddus I, c'est une voix, un personnage, un charisme, et enfin... une carrière gâchée. Si son apparition dans Rockers a soudainement propulsé sa notoriété à l'international, son parcours reste un ensemble de projets avortés, de bandes master égarées ou de productions con

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No Land's Song

ECRANS | de Ayat Najafi (All/Fr, 1h31) avec Sara Najafi, Parvin Namazi, Sayeh Sodeyfi…

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

No Land's Song

Monter un concert avec des solistes féminines au pays des mollahs, où les voix non masculines sont prohibées… Le défi que s’est lancé la compositrice Sara Najafi rappelle le pari des Chats persans (2009) de Bahman Ghobadi, en particulier son jeu de cache-cache (de caméra) permanent. Najafi use de bien des contorsions pour parvenir à ses fins, mettant les autorités face à leurs contradictions et leur suprême hypocrisie — le documentaire rappelle qu’avant 1979, les Iraniennes pouvaient librement chanter et n’étaient pas spécialement voilées. Malgré des déconvenues, grâce à de la ruse légitime, on assiste à un concert-passerelle entre l’Iran et la France, avec, entre autres, Jeanne Cherhal et Élise Caron. VR

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Daniele Ghisi, le joueur de Pong

MUSIQUES | La Biennale au programme concocté par Damien Pousset débute cette semaine et dure jusqu'au 27 mars. Zoom sur l'une des belles surprises de cette édition : le compositeur Daniele Ghisi.

Pascale Clavel | Mercredi 2 mars 2016

Daniele Ghisi, le joueur de Pong

Le jeune compositeur et mathématicien italien Daniele Ghisi a écrit Any Road pour cette Biennale. Une oeuvre inspirée pour orchestre, électronique et vidéo. Le principe ? Le Pong. L'un des premiers jeux vidéo, le plus simple peut-être, le plus fascinant certainement. Le compositeur raconte : « De l’extérieur, Any Road peut paraître drôle mais j’ai écrit une pièce presque sérieuse. Un haut-parleur à droite, un haut-parleur à gauche, qui correspondent aux deux joueurs sur le Pong. La base du jeu, c’est la rythmique qui existe entre droite et gauche, toute la pièce est construite sur cette idée. L’orchestre se pose physiquement au milieu et métaphoriquement, il représente tout ce qui interagit avec les sons venants des haut-parleurs. C'est une ligne de commentaires très présents qui parfois prend toute la place, parfois se retire. » et Pong ! Pour Daniele Ghisi, le jeu vidéo est un art qui n’est pas encore tout à fait exploré. Le compositeur pense « qu’il existe vraiment des chef-d’œuvres qui ont compris depuis longtemps l’interaction entre vidéo, son et narration. » À l’origine, pour Any Road, G

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Un oeil sur... Krystina Marcoux

MUSIQUES | Dans la pléthorique et éclectique programmation marsienne (du 1er au 27) de la Biennale Musiques en Scène, il en est une qui ne risque pas de passer inaperçue, c'est la percussionniste, improvisatrice, comédienne, mime, n'en jetez plus, Krystina Marcoux. « Un œil sur... » est allé en jeter un d'oeil, en mode nouvelle formule, sur cette excentrique montréalaise de Lyon.

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 mars 2016

Un oeil sur... Krystina Marcoux

Québécoise, fan de Radiohead, de Bach, d'escalade et thésarde au CNSMD, la percussionniste - mais pas que - Krystina Marcoux multiplie les projets collaboratifs ou en solo, de la comédie à la danse, en passant par les pastiches de la Ligue d'Improvisation Théâtrale du Québec. Cette artiste multidisciplinaire, disciple de George Aperghis, a su y développer un univers aussi drôle que sensuel, fou que poétique, à la croisée du théâtre et de la musique. Pour s'en assurer on pourra toujours aller voir Zeee match, le 5 mars à la Biennale, un match d'impro pour percussion arbitré par un tromboniste, et, toujours à la Biennale, le 8 mars son premier spectacle solo, 400 ans sans toi... Invitation humoristique et percussive, forcément, à la découverte du Québec de Krystina Marcoux. Une commande de la Biennale et du Grame qui montre à quel point Lyon a su ouvrir grand les bras au talent de cette Montréalaise qui le lui rend bien. Et "nous" le rend bien en ouverture de cette vidéo où elle reprend du Radiohead en tapant sur des bambous. Ce qui lui va bien.

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L'institut Lumière se remet au sport

ECRANS | Séparément, chacun exerce sur le public une attraction confinant à la fascination : que dire alors d’une rencontre entre sport, (...)

Vincent Raymond | Mardi 19 janvier 2016

L'institut Lumière se remet au sport

Séparément, chacun exerce sur le public une attraction confinant à la fascination : que dire alors d’une rencontre entre sport, littérature et cinéma ? Elle se révèle forcément fusionnelle et des plus fécondes à l’écran, tant celui-ci transcende le mouvement, magnifie l’exploit, héroïse les sportifs dans leurs souffrances… Pour la troisième année, l’Institut Lumière mouille le maillot en consacrant un festival à l’art d’accommoder intelligence et muscles, en images ou en mots. Piochant dans le vaste corpus des œuvres dédiées au sport, la programmation mêle projections, débats, rencontres, colloque, hommages (l’immense cycliste Raymond Poulidor et le motard Giacomo Agostini seront célébrés), et quelques avant-premières (Free to run, de Pierre Morath - en sa présence - consacré au jogging, et Good Luck Algeria de Farid Bentoumi, présenté par ce dernier et Sami Bouajila). Sport parmi les plus cinégéniques, la boxe aura les honneurs d’une nuit, avec la projection des quatre premiers volets de la saga Rocky (au moment où Creed vient d’arriver dans les salles),

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Labeaume au cœur du monde

MUSIQUES | En Ardèche méridionale, Labeaume en Musique, c’est quatorze concerts dans la fraîcheur d’un théâtre de verdure, d’une plage ou d’une église. Un programme qui, (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Labeaume au cœur du monde

En Ardèche méridionale, Labeaume en Musique, c’est quatorze concerts dans la fraîcheur d’un théâtre de verdure, d’une plage ou d’une église. Un programme qui, cette année, a choisi de ne pas choisir entre le classique et la world. C'est d’ailleurs le versant métisse du festival qui retient toute notre attention, plus que l’honorable programme de musique de chambre, à l’image du concert de l’Orchestre Arabo-Andalou de Fès, porteur de la triple tradition chrétienne ibérique, afro-berbère du Maghreb et arabe. Un pont entre Fès et Grenade des plus émouvants, rarement invité par nos scènes. Souvent plébiscitée par notre rédaction, Rosemary Standley (la voix de Moriarty) présente de son côté Birds on a Wire, son duo avec la violoncelliste Dom La Nena qui réunit Purcell, Tom Waits, Lennon et Fairuz. Un tour de force vocal et musical qui est aussi un numéro de charme irrésistible. Autre star du violoncelle, Sonia Wieder-Atherton sera de la fête avec un récital de Bach à Nina Simone. Ajoutez à cela la venue du Grupo Compay Segundo et il ne vous reste qu’à prendre la route de

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Jusqu'à l'épuisement

MUSIQUES | Festival gratuit, éco-citoyen et fan de BD, Musiques en Stock a tout pour lui, à commencer par une programmation qui, sans chercher à en mettre plein la vue, se pose à chaque édition comme l'une des plus exigeantes de l'été. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 juin 2015

Jusqu'à l'épuisement

MC Solaar et Grand Corps Malade vous le diraient : il est des rimes riches dont il n'est pas facile d'accoucher. Alors on se contente de rimes simples, pas forcément plus aisées. Dans le monde merveilleux des festivals, la plus compliquée est sans doute de faire sonner de concert les mots "gratuité" et "qualité". C'est le pari que relève pourtant chaque année Musiques en Stock. Qui plus est pas dans une mégapole ni même une cité de grande ou moyenne envergure. Non, à Cluses, une ville de 17000 habitants qui double ainsi sa population le temps d'un long week-end et où l'on a pu croiser des pointures comme Adam Green, Deus ou The Dandy Warhols. Mais loin de se contenter des résultats de cette formule magique, Musiques en Stock avance sur plusieurs fronts : celui de l'éco-citoyenneté, qui n'est plus seulement un élément de démarquage, ainsi que celui la bédéphilie et de la place faite aux enfants dans un événement qui, bien qu'estampillé rock, se veut familial. Grande dame de Haute Savoie Pour le reste, cette quinzième édition continue de manier la notion de programmation avec des mains de dentellières, entre artistes reconnus mais n'ayant

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Fête de la musique : suivez le guide

ACTUS | «Deux fois plus de musique» nous promet la ville de lyon cette année – et 30° à l'ombre, mais tout le monde sait qu'il est aussi naïf d’espérer fêter la musique sous le soleil que de croire à l'existence d'une fée des croûtes. conséquence : cette sélection des scènes les plus alléchantes de cette édition 2015 devrait vous être deux fois plus utile. Benjamin Mialot et Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mardi 16 juin 2015

Fête de la musique : suivez le guide

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Rocky Votolato, poids plume du folk

MUSIQUES | De tous les punks qui ont un jour fait vœu de chasteté électrique (Chuck Ragan de Hot Water Music, Ben Nichols de Lucero ou encore Austin Lucas, passé par (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

Rocky Votolato, poids plume du folk

De tous les punks qui ont un jour fait vœu de chasteté électrique (Chuck Ragan de Hot Water Music, Ben Nichols de Lucero ou encore Austin Lucas, passé par le Kraspek début février) et avec lesquels il pousse régulièrement la chansonnette, Rocky Votolato est peut-être le plus atypique. Déjà parce qu'il fut parmi les premiers à croquer l'american way of life par la racine – sa carrière solo a débuté en 1999, juste au moment où son groupe, Waxwing, commençait à se faire un nom sur la Côte ouest. Ensuite et surtout parce que, en dépit de son nom de recouvreur de dettes rêvant de gloire sur les rings, là où ses pairs disent la quiétude terrienne et la houle sentimentale d'une voix travaillée à la liqueur de maïs, lui le fait presque en sourdine, comme si la moindre respiration un peu appuyée constituait une menace d'érosion. Son album le plus fameux, Makers (le troisième, sur un total de huit), est à ce titre un petit bijou d'americana poids plume, avec picking du bout des doigts et tout le tremblement – notes de lap steel qui ondulent comme des mirages, bouffées d'harmonica qui expulsent des particules de rouille et même un cyg

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Le Kraspek Myzik : 10 ans d'activisme indie

MUSIQUES | Depuis le début de l'année, le Kraspek Myzik fête son dixième anniversaire. L'occasion de revenir en compagnie de Nicolas Tiran, l'un de ses fondateurs, sur l'histoire de ce singulier «espace de diffusion et de création de musique indépendante». Valentine Martin

Benjamin Mialot | Mardi 5 mai 2015

Le Kraspek Myzik : 10 ans d'activisme indie

L'aventure commence en 2003, avec une association au nom redoutable : Lerocképamort. Elle compte alors trois fondateurs, jeunes et passionnés de musique – Nicolas Tiran, le dernier encore actif, est aujourd'hui son président, autour duquel gravite une trentaine de bénévoles. Dès le départ, leur mission s'impose d'elle-même, nette et sans concession : faire découvrir au public des artistes et des groupes de musique amateurs ou en voie de professionnalisation. Dans cette idée, Lerocképamort organise des concerts et se lance dans une activité de disquaire. Mais le besoin d'un local se fait rapidement sentir. Deux ans plus tard, l'association acquiert en bas des pentes de la Croix-Rousse le Kafé Myzik, alors vacant et pile dans ses moyens. «On connaissait déjà un peu le lieu avoue Nicolas Tiran. On savait comment il fonctionnait et ce qu'on pouvait en faire». Le Kafé Myzik devient le Kraspek Myzik, une salle de concert à taille très humaine (80 places) doublée d'un espace de vente de disques à l'écart des circuits traditionnels. Tous les styles de musique y sont représentés, du rap au folk en passant par l'électro. Une incongruité pour une assoc

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Les Inattendus à 24 notes par seconde

CONNAITRE | On ne loue pas souvent dans ces colonnes le travail mené par Les Inattendus à la MJC Monplaisir autour du cinéma expérimental ; la belle journée que (...)

Christophe Chabert | Mardi 21 avril 2015

Les Inattendus à 24 notes par seconde

On ne loue pas souvent dans ces colonnes le travail mené par Les Inattendus à la MJC Monplaisir autour du cinéma expérimental ; la belle journée que l’association consacre au cinéma, à la musique et au son ce samedi 25 avril est l’occasion de réparer cet oubli. La programmation y est non seulement variée mais aussi très ouverte à tous les spectateurs, à commencer par la projection inaugurale à 16h du Mécano de la générale de Buster Keaton, estampillée jeune public. À 18h, plus pointu et beaucoup plus rare, on pourra voir un superbe portrait du musicien Fred Frith, Step Across the Border, réalisé par Nicolas Humbert et Werner Penzel. Frith fait partie de la galaxie des grands expérimentateurs musicaux, ayant un temps gravité autour de John Zorn et de son label Tzadik, et associant son nom à d’autres musiciens mythiques comme Bill Laswell, Noël Akchoté ou Tom Cora ; ce film reste un document unique et exceptionnel sur son art — les cinéastes l’ont suivi pendant deux ans avant d’en tirer un montage de 90 minutes. La journée se terminera par la projection d’un film culte, Häxan, la sorcellerie à travers les âges, un des premiers fak

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Retour à Hicksville

CONNAITRE | Une fois n'est pas coutume, le festival d'Angoulême aura été le catalyseur de quantité de querelles de clochers – de notre côté, si on se félicite de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 3 février 2015

Retour à Hicksville

Une fois n'est pas coutume, le festival d'Angoulême aura été le catalyseur de quantité de querelles de clochers – de notre côté, si on se félicite de l'attribution tardive du Grand Prix à Katsuhiro Ōtomo, on reste esbaudi par le manque total d'audace qui sous-tend celle du Fauve d'Or à Riad Sattouf. Et une fois n'est pas coutume, on se dit que le meilleur moyen de les rendre caduques reste encore de relire le chef-d’œuvre de Dylan Horrocks Hicksville. Hicksville, c'est le nom d'un bled néo-zélandais dont les habitants sont tous des passionnés de BD, capables de disserter sur les mérites de tel ou tel fanzine entre deux échanges de politesse. Quand il s'agit de raconter le souvenir de Dick Burger, enfant du pays parti à la conquête de l'industrie des comics, il n'y a en revanche plus personne, au grand dam du journaliste Leonard Batts. Et il n'est pas au bout de ses surprises. Le lecteur non plus. Car sous ses airs d'enquête "twinpeaksienne", Hicksville cache bien plus : une bio déguisée de l'immense Jack Kirby, un embryon d'autofiction et, surtout, un hommage vibrant et œcuménique au neuvième art et à sa puissance d'évocation – qu

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Lost in translation

MUSIQUES | De son improbable quête américaine à la remorque d'un aïeul parti au XVIIIe à la recherche d'une tribu d'Indiens parlant gallois, Gruff Rhys a ramené une histoire insensée et passionnante, déclinée sur quatre supports. Dont un disque bouleversant baptisé "American Interior". Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 7 octobre 2014

Lost in translation

En 1792, un Gallois nommé John Evans, multiple arrière-grand-oncle de Gruff Rhys, l'ancien leader des Super Furry Animals, quitta son village de Snowdonia pour gagner le Nouveau Monde au prétexte de s'enquérir des fondements de la légende des "Indiens" Madogwys (ou Mandan), descendants supposés et surtout gaélophones (!) du prince gallois Madog ab Owain Gwynedd. Lequel aurait touché le sol américain dès le XIIe siècle. Pour Evans, l'affaire tourna alors à l'Aventure avec un grand A, à d'immenses péripéties qui l'amenèrent à arpenter le Nouveau Monde de part en part, à être incarcéré par les Espagnols car soupçonné d'être un espion britannique, à s'évader nu, à contribuer à arracher des griffes britanniques et pour le compte de la couronne espagnole (!) une partie du territoire américain et donc du futur Canada. Et même à dresser une cartographie du Missouri qui facilitera grandement l'expédition Lewis & Clark et le rachat de la (grande) Louisiane à la France par les États-Unis.

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Frànçois & the Atlas Mountains, guerriers de l'Ombre

MUSIQUES | Entre luminosité aveuglante et zones d’ombre, transe magique et mélancolie, évidence et mystère, Frànçois & the Atlas Mountains ont bouclé avec "Piano Ombre" une admirable trilogie discographique qui n’a cessé de les pousser un peu plus haut vers les sommets. Pour la première fois depuis la sortie de cet album inépuisable, les voilà enfin à Lyon. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 7 octobre 2014

Frànçois & the Atlas Mountains, guerriers de l'Ombre

François Marry a un visage de statue antique, le port altier d’un chef de guerre et un regard transparent qui semble scanner le monde qui l’entoure, mais dont les intentions seraient indéchiffrables. «En vérité, la vérité» sur François, on n’est pas près de la connaître. Ainsi, lorsqu’on lui demande de commenter le parcours d’un groupe, le sien, qui a mis (pris ou subi) le temps (près de dix ans) avant de parvenir à l’unanimité critique qui entoure le tout chaud sixième album Piano Ombre), François lâche, laconique et impassible tel un centurion drapé dans une toge de pudeur et de défiance, et comme un clin d’œil au titre de sa dernière œuvre, un «qui va piano va sano» dont il faudra se contenter. Publié comme son prédécesseur E Volo Love (2011), déjà passablement acclamé, sur le prestigieux label anglais Domino Records, Piano Ombre a valu au groupe à sa sortie, le 17 mars dernier, les Unes simultanées de Magic, Tsugi et des Inrocks – un triplé rare. Et comme bouclé une trilogie entamée avec Plaine inondable (2009), premier album du groupe à être notablement remarqué : «Piano Ombre produ

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Ceux qu'il faut (re)découvrir

MUSIQUES | En tête d'affiche ou en première partie de Just Rock?, il fera bon humer le talent de ces quatre frenchies dans le vent. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 7 octobre 2014

Ceux qu'il faut (re)découvrir

Joseph & The Merricks Si sa prestation est annoncée sous le nom de Joseph & The Merricks, c'est que le dénommé Joseph Merrick, s'accompagne cette fois d'un solide groupe. Dans lequel on retrouvera le raffiné Stéphane Garry (Pockett) aux manettes du second album de l'Ardéchois, Fatalitas, et dont la production illumine plus que jamais sa polymorphie monstrueuse : je-m’en-foutisme appliqué, finesse absolue des reliefs imparfaits et gracieuse tension entre aspiration pop-folk et intimations punk. Jeudi 9 octobre au Transbordeur   Isaac Delusion Passé avant l'été par les Summer Sessions du Transbo, Isaac Delusion est la petite bête pop qui monte. Qui monte vers les proverbiales nuées, notamment, et très régulièrement portée ou porteuse, tout dépend comment on se place, d'une dream pop particulièrement volatile qui entendrait non seulement pénétre

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Début de parcours

MUSIQUES | Avec le mois d'octobre s'ouvre la saison rock avec le festival Just Rock?, qui s'ouvre lui-même sur un parcours folk à travers sa ville d'accueil – Lyon, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 30 septembre 2014

Début de parcours

Avec le mois d'octobre s'ouvre la saison rock avec le festival Just Rock?, qui s'ouvre lui-même sur un parcours folk à travers sa ville d'accueil – Lyon, pour ceux qui l'ignoreraient encore – et plus précisément la Croix Rousse. Le schéma est à la fois quasi-immuable et intrinsèquement nomade puisque, comme son nom l'indique, il y s'agit de déambuler avec délice tout au long d'un samedi après-midi, en l'occurence le 4 octobre, à la rencontre d'artistes généralement débranchés – aussi branchés puissent-ils être par ailleurs. Rendez-vous cette année place Joannes Ambre dès 15 h – ça laisse le temps pour une matinée bien grasse – avec le bien-aimé Cyrz, dont c'est un peu le retour, comme évoqué dans ces pages la semaine dernière. A 16 h, direction le vidéo-club Atmosphere pour faire comme l'oiseau William Bird, avant d'aller à 17h à la bibliothèque faire les yeux doux à Julia Kat, plus radoucie que quand elle officie avec Little Garçon ou Black Luna. Puis à Anne Sila, jazzeuse mixte qui lorgne vers la chanson et la pop, à 18h (place Bellevue). Enfin, dernière étape du périple à 19 h, a

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