Les films à voir au cinéma à Lyon du mercredi 15 décembre au mardi 4 janvier

En salles | Les films à voir au cinéma ces trois prochaines semaines : notre sélection.

Vincent Raymond | Mercredi 15 décembre 2021

Photo : © Météore films


Indispensables

★★★★☆ Bad Luck Banging or Loony Porn

Leș Ours d'Or se suivent et ne se ressemblent pas… tout en ayant des points communs. Comme Le Diable n'existe pas, Bad Luck Banging or Loony Porn évoque un tabou. Non pas la mort mais le sexe avec le calvaire d'une professeure très bien notée dont une vidéo (très) intime a été publiquement mise en ligne et vue par ses élèves, forcée de sauver son job lors d'une réunion avec les parents de l'école où elle exerce. En trois actes bien sentis, Radu Jude étrille l'hypocrisie de son pays fièrement nationaliste (longs plans sur sa dualité quartiers décrépis/zones commerciales mondialo-standardisée), et de ses concitoyens prompts à s'ériger en chantres des bonne mœurs (mais cependant volontiers libidineux, voyeurs, délateurs, prévaricateurs, révisionnistes, homophobes, misogynes, racistes, ne cherchant même plus à refouler leurs penchants hideux sous le masque des convenances ; on croirait une partie de l'électorat français). Entre les deux, il compose des miscellanées alphabétiques et visuelles d'une grande inventivité, qui révèlera les détails de l'inconscient roumain aux néophytes. D'une prodigieuse richesse dialectique et critique, intensément drôle (même si l'on rit jaune) et surprenant jusque dans son dénouement, ce film inscrit dans ses remerciements feu le groupe de cinéphiles La Loupe — qui incitait plus au partage d'œuvres introuvables qu'au piratage. Et donc, la preuve, à la création.
Un film de Radu Jude (Rou, int-16 ans avec avert., 1h46). avec Katia Pascariu, Claudia Ieremia, Olimpia Mălai… (sortie le 15 décembre)


★★★★☆ Un héros

Asghar Farhadi construit une nouvelle mécanique infernale pour une tragédie absurde où un pauvre bougre se retrouve contraint (par les uns et pour arranger les autres) de revendiquer une bonne action qu'il n'a pas commise. Son geste achèvera de dévaster son existence et de souligner les paradoxes moraux, les veuleries quotidiennes dans une implacable chute de dominos — preuve qu'il ne faut pas rendre service ? Sur fond de dette d'honneur et d'argent, de morale et d'apparences, de vraie vanité déguisée en fausse dévotion, ce portrait toujours ambigu de la société iranienne passé par Cannes part grand favori pour le troisième Oscar du film en langue étrangère de Farhadi.
Un film de Asghar Farhadi (Ir-Fr, 2h07) avec Amir Jadidi, Mohsen Tanabandeh, Sahar Goldust… (sortie le 15 décembre)


À voir

★★★☆☆ Chère Léa

Excellant dans l'art de la délicatesse et la capture des fragilités sentimentales ordinaires, Jérôme Bonnell retrouve Anaïs Demoustier pour cette tendre histoire où un homme, réfugié dans un café pour rédiger une longue lettre à sa maîtresse, se lie d'amitié avec le cafetier au cours d'une journée plus que rocambolesque. Une bromance entre l'électrique Grégory Montel et le rassurant Grégory Gadebois, traversée par de lumineux personnages féminins, et une galerie de portraits de gens de ce bistrot de quartier rappelant le réalisme poétique de Renoir. Une leçon de mise en scène, également : on tire parti rarement aussi intelligemment d'un lieu quasi unique.
Un film de Jérôme Bonnell (Fr, 1h30) avec Grégory Montel, Grégory Gadebois, Anaïs Demoustier… (sortie le 15 décembre)


★★★☆☆ Le Test

Course-poursuite trépidante où une famille régentée par une executive mother survoltée doit trouver qui a bien pu abandonner un test de grossesse positif dans les toilettes, cette comédie joliment décalée, remarquablement bien interprétée (notamment par les jeunes acteurs) ne se prive pas d'écorner les manies éducationnelles des CSP+, ridicules dans leurs interactions “bienveillantes” avec leur progéniture. Une mémorable séance de psychanalyse achève de convaincre que tout ce petit monde est bel est bien névrosé.
Un film de Emmanuel Poulain-Arnaud (Fr, 1h30) avec Alexandra Lamy, Philippe Katerine, Matteo Perez… (sortie le 29 décembre) ​


★★★☆☆ Belle

D'accord, il n'atteint pas les sommets stratosphériques de ses précédents anime — n'empêche : un Mamoru Hosoda demeure un événement. Nouvelle fable sur le hiatus entre le monde réel et son “double” — particulièrement d'actualité ici puisqu'il traite d'un métavers où une ado complexée et solitaire s'épanouit grâce à son avatar, icône de la pop — Belle renoue avec les thèmes chéris de Hosoda et son impressionnante maîtrise graphique (payant son tribut à Satoshi Kon). Du caviar pour les yeux ; on peut toutefois avoir le tympan fragilisé par les chansons…
Un film de Mamoru Hosoda (Jap, 2h02) avec les voix de Louane Emera, Kaho Nakamura, Koji Yakusho… (sortie le 29 décembre)


À la rigueur

★★☆☆☆ La Panthère des neiges

Narrant la traque photographique du félin susnommé au Tibet, ce documentaire n'est autre que le point de départ (et par conséquent le making of) du best seller de Sylvain Tesson, Prix Renaudot 2019 — une de ces écoles de patience et d'auto-exploration-du-moi-intérieur qui font florès de nos jours, transformant leurs auteurs en gourous du développement personnel. Comme le film s'attache à la quête longtemps infructueuse du matou secret, on aurait pu s'attendre à une jolie carte postale dépaysante ; las, la logorrhée de Tesson, dont la voix off meuble le silence d'extraits de son récit, nous prive de la méditation de l'affût et des paysages.
Un film de et avec Marie Amiguet & Vincent Munier (Fr, 1h32) avec également Sylvain Tesson… (sortie le 15 décembre)


★★☆☆☆ Mystère

Une gamine dévastée par la disparition de sa mère retrouve goût à la vie à la campagne en recueillant un chiot en cachette de son père. Seulement, il s'agit en réalité d'un louveteau et sa maison est cernée d'éleveurs hostiles aux loups, alors forcément, ça va coincer. Grâce à une gentille vétérinaire (substitut maternel idéal), tout cela se terminera classiquement bien. Sinon, ce film pose une question fondamentale : Tchéky Karyo s'est-il reconverti en paysan d'alpage à mi-temps ?
Un film de Denis Imbert (Fr, 1h23) avec Vincent Elbaz, Shanna Keil, Marie Gillain… (sortie le 15 décembre)


On s'en passe

★☆☆☆☆ The Cloud in Her Room

On doit sans nul doute au Père Fouettard l'idée de caler juste avant Noël cet objet filmique abstrait et abstrus made in China. Dissimulant vraisemblablement une ou plusieurs histoires derrière sa forme semi-expérimentale un brin tape-à-l'œil et un noir et blanc très esthétique (c'est déjà ça) The Cloud in Her Room raconte possiblement des vestiges de relations sentimentales mais donne surtout l'impression de se contempler. Tigre d'or au festival de Rotterdam en février 2020. Comme quoi…
Un film de Xinyuan Zheng Lu (Chi-H-K, 1h41) avec Zhou Chen, Ye Hongming, Jin Jing… (sortie le 22 décembre)


Nous n'avons pas encore pu voir

Spider-Man : No Way Home de Jon Watts (sortie le 15 décembre)

Tous en scène 2 de Garth Jennings (sortie le 22 décembre)

Matrix Resurrections de Lana Wachowski (sortie le 22 décembre)

The Card Counter de Paul Schrader (sortie le 29 décembre)

The King's Man : Première Mission de Matthew Vaughn (sortie le 29 décembre)

Lamb de Valdimar Jóhannsson (sortie le 29 décembre)

Tromperie de Arnaud Desplechin (sortie le 29 décembre)


Chère Léa

De Jérôme Bonnell (Fr, 1h30) Avec Grégory Montel, Grégory Gadebois, Anaïs Demoustier

De Jérôme Bonnell (Fr, 1h30) Avec Grégory Montel, Grégory Gadebois, Anaïs Demoustier

salles et horaires du film


Après une nuit arrosée, Jonas décide sur un coup de tête de rendre visite à son ancienne petite amie, Léa, dont il est toujours amoureux. Malgré leur relation encore passionnelle, Léa le rejette. Éperdu, Jonas se rend au café d’en face pour lui écrire une longue lettre, bousculant ainsi sa journée de travail, et suscitant la curiosité du patron du café...

Chère Léa est à  l'affiche dans 2 salles le mercredi 19 janvier

Cinéma Maison du Peuple

4 place Jean Jaurès 69310 Pierre-Bénite
Mer 18h, sam 16h, dim 20h

Les Amphis

12 rue Pierre Cot 69120 Vaulx-en-Velin
(en 3D) Mer 20h30, ven 18h, sam 17h, dim 18h30
Chère Léa n'est pas à  l'affiche à  LYON le jeudi 20 janvier
Chère Léa est à  l'affiche dans 1 salle le vendredi 21 janvier

Les Amphis

12 rue Pierre Cot 69120 Vaulx-en-Velin
(en 3D) Mer 20h30, ven 18h, sam 17h, dim 18h30
Chère Léa est à  l'affiche dans 2 salles le samedi 22 janvier

Cinéma Maison du Peuple

4 place Jean Jaurès 69310 Pierre-Bénite
Mer 18h, sam 16h, dim 20h

Les Amphis

12 rue Pierre Cot 69120 Vaulx-en-Velin
(en 3D) Mer 20h30, ven 18h, sam 17h, dim 18h30
Chère Léa est à  l'affiche dans 3 salles le dimanche 23 janvier

Cinéma Bellecombe

61 rue d'Inkerman 69006 Lyon
Dim 17h30

Cinéma Maison du Peuple

4 place Jean Jaurès 69310 Pierre-Bénite
Mer 18h, sam 16h, dim 20h

Les Amphis

12 rue Pierre Cot 69120 Vaulx-en-Velin
(en 3D) Mer 20h30, ven 18h, sam 17h, dim 18h30
Chère Léa n'est pas à  l'affiche à  LYON le lundi 24 janvier
Chère Léa n'est pas à  l'affiche à  LYON le mardi 25 janvier

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La Belle Meunière de retour au TNG

Théâtre | Retour au TNG de cette compagnie de l’Allier qui sublime la matière et les éléments.

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

La Belle Meunière de retour au TNG

En 1999, la plasticienne et scénographe (et collaboratrice de Joël Pommerat) Marguerite Bordat a croisé la route du metteur en scène Pierre Meunier, qui avait créé la compagnie de La Belle Meunière sept ans plus tôt. Ensemble, ils inventent des formes singulières sur les lois de l’apesanteur (Badavlan) ou sur la matière visqueuse qu’est la vase. Cinq laborantins font des recherches sur cette boue, la pensent et l’expérimentent au point que les deux tonnes d’argile et d’eau trimbalées de scène en scène débordent et envahissent l’espace. Voir l’humain tenter de maitriser les éléments naturels, constater qu’il bute sur cette prétendue toute puissance amuse le duo qui signe avec Terairofeu son troisième spectacle à destination du jeune public (dès 6 ans pour cet opus). Les quatre éléments ne sont que des menaces désormais

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Tous azimuts ou presque : quand trois théâtres jouent la complémentarité

Théâtre | Faire de leurs singularités une force de frappe. Voici que Les Subs, les théâtres du Point du Jour et de l’Élysée coordonnent leurs programmations le temps d’un week-end : Azimuts, pour mettre à l’honneur des artistes émergents. Qu’est-ce qu’il y a à l’intérieur ?

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

Tous azimuts ou presque : quand trois théâtres jouent la complémentarité

Dans le foisonnement de ce qui est proposé en théâtre en ce moment, mieux vaut jouer la carte de la complémentarité que de la concurrence. Le Point du Jour, L’Élysée et Les Subs l’ont bien compris à la fois pour le public, les artistes et les professionnels à qui le festival Azimuts est adressé. Il ne s’agit pas là d’étapes de travail, mais bien de pièces abouties comme ce que fabrique Pierre Bidard, formé à l’ENSATT. À l’Élysée, le metteur en scène, installé dans son Orne natale, repéré par le prestigieux prix parisien du Théâtre 13, présente Que se répètent les heures en rapport avec le projet expérimental de la clinique psychiatrique de La Borde où, dans les années 70, un lien nouveau au patient a été inventé, en faisant une partie prenante de la vie de l’établissement. Dans son autre création Il faut tenter de vivre, Pierre Bi

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Une image pas si sage au théâtre Le Fou

Théâtre | C’est un art que le metteur en scène Renaud Rocher maîtrise à merveille. Celui de faire théâtre d’un recueil de témoignages. En 2020, il invitait à suivre les méandres du parcours d’un demandeur d’asile. Voici qu’avec Comme une image, il se confronte à un sujet ample et omniprésent : l’enseignement.

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

Une image pas si sage au théâtre Le Fou

Sans jamais tomber dans la simplicité d’enchainer les récits les uns après les autres, Renaud Rocher les entrecroise sans perdre le spectateur en route. Sans doute parce que chaque personnage (et donc chaque enseignant) a une histoire singulière et forte à transmettre, à commencer par celle d’un homme qui angoisse à la veille de sa première rentrée. Il est en reconversion professionnelle et doute comme un jeune adulte bien qu’il ait, après un long apprentissage et une profonde remise en cause, chevillée au corps, la conviction que sa place est là, parmi les enfants. Dans un décor minimal, où chaque objet remplit plusieurs fonctions, se déploient l’école, bien sûr, mais aussi l’intimité d’un domicile conjugal, la solitude d’un appartement ou encore l’agitation qui règne dans un bistrot. C’est là (appuyés sur le lit soudain devenu table de bar) que se rencontrent un couple de profs rompus à l’exercice du métier, militants de la cause, et une amie instit’ toute aussi passionnée mais fragilisée par l’institution. Même si les discussions sont intéressantes, c’est peut-être le moment de t

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Jérôme Bonnell : « ce qui a l’air essentiel est caché »

Chère Léa | Jonas n’arrive pas à accepter sa rupture d’avec Léa, alors il se réfugie dans le café en face de chez elle pour lui écrire une longue missive, sous l’œil bienveillant du bistrotier. Orfèvre en délicatesse, Jérôme Bonnell signe avec Chère Léa un nouveau bijou avec deux Grégory, Montel et Gadebois. Quand un bar parisien devient le centre d’un monde en une journée. Rencontre dans le bar en question…

Vincent Raymond | Mercredi 15 décembre 2021

Jérôme Bonnell : « ce qui a l’air essentiel est caché »

Grégory, connaissiez-vous le cinéma de Jérôme Bonnell ? Grégory Montel : Certains de ses films m’avaient bouleversé, notamment J’attends quelqu’un avec Florence Loiret-Caille, que j’avais découvert au ciné-club de Dignes-les-Bains, quand j’étais au Cours Florent. Pourquoi vous a-t-il choisi ? GM : En fait, Jérôme avait eu un gros coup de cœur pour un truc que j’avais fait, il y a une dizaine d’années, L’Air de rien, mon premier “gros” film, avec un réalisateur qui est devenu mon frère d’armes, Grégory Magne. Ça avait eu une jolie vie, une existence, ça m’avait permis aussi de découvrir les César par les “révélations“. Après, 10 pour cents est venu confirmer et un film comme celui-ci, c’est devenu faisable de le monter avec Grégory Montel en tête d’affiche. Mais je suis réaliste : autour de moi, il y a Anais Demoustier et Grégory Gadebois — moi qui ai joué avec lui, je peux vous confirmer que c’est une machine guerre. Je le vois encore : il était tellement imposant et merveilleux. Au début, j’ai eu peur, parc

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Hallucinations Collectives : « partager des films dans une salle, c’est un élément constitutif du festival »

Festival | Depuis dix ans que l’Étrange Festival lyonnais est devenu Hallucinations Collectives, il n’a jamais fait faux bond aux amateurs d’“autre cinéma” — et ce, malgré la pandémie. À la veille d’une 14e édition des Hallus adaptée aux circonstances, mais tout aussi alléchante, conversation avec deux des membres du collectif aux manettes, Cyril Despontins et Benjamin Leroy.

Vincent Raymond | Mercredi 25 août 2021

Hallucinations Collectives : « partager des films dans une salle, c’est un élément constitutif du festival »

Commençons par une boutade. Si l’on considère que l'actualité internationale de ces dernières semaines est trustée par les crises climatique, sanitaire, économique, politique et sociale, que Titane a remporté la Palme d’Or ; bref que le monde semble glisser dans une zone bis, doit-on désormais considérer les Hallus comme un festival du cinéma du réel ? Cyril Despontin : Merde ! On s’est fait avoir. Du coup, va falloir faire un autre type de programmation, maintenant (rires). Les gens disent souvent que le fantastique prophétise le futur — dans les films, il est rarement joyeux, donc on espère qu’il n’ira pas toujours dans ce sens là, mais finalement la réalité nous donne tort, mais au moins, on est préparés… Quand il y a eu le premier confinement, les amateurs de fantastique étaient un peu plus préparés à des trucs bizarres… À force de voir ces films, finalement ça arrive et tu dis : « bon bah c’était plus ou moins ce qu’on avait prévu en regardant des films depuis 20, 30 ans». On a peut être été un peu moins choqué parce qu’on était habitué à voir des images bizarr

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100 ans de la radio : « je n’ai jamais parlé dans un micro de ma vie »

Médias | Hommes de radio, pirates des ondes, doux dingues ayant senti le vent tourner à l’aube des années 80 quand Mitterrand élu s’apprêtait à libérer les fréquences : Serge Boissat et Christophe Mahé ont tous deux vécu pied au plancher l’époque baptisée "radios libres". Ils ne se parlaient pas, n’avaient rien à fricoter ensemble, l’un doit son succès aux cocos, l’autre ses débuts à Chirac. Mais ils partagent ce même amour inconditionnel d’un média qui a marqué des générations : la radio. Et sont les deux faces d’une même pièce ayant fait vibrer les ondes lyonnaises des 80’s. Au micro, les deux protagonistes de cette fabuleuse histoire : Serge Boissat, dictateur de la cultissime Radio Bellevue, décédé durant l’été 2018, et Christophe Mahé, entrepreneur à succès et patron de Espace Group. Ce sont les 100 ans de la radio : pump up the volume !

Sébastien Broquet | Mardi 1 juin 2021

100 ans de la radio : « je n’ai jamais parlé dans un micro de ma vie »

Serge Boissat : My name is Serge Boissat. 1973, j’ouvre ma boutique Bouldingue. 1975, mon frère et trois potes montent une structure nommée Veronica. Plein de petits concerts sont organisés, des trucs de rock progressif comme Van Der Graaf Generator ou Caravan. Et les Rolling Stones au Palais des Sports. À un moment, ils ont trop grossi. Jean-Pierre Pommier démarrait, en tant que banquier il a commencé à financer un concert ou deux. Pommier, il a plein de défauts, il m’horripile des fois, même tout le temps… Sauf quand il est bourré. Lui venait de faire Kevin Ayers, bien dans le même style que ce que faisait Veronica. Donc, ils se sont associés. Et ils ont ouvert le Rock’n’Roll Mops. J’y ai passé deux mois et demi. Le Rock’n’Roll Mops, c’est le début

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La Daronne, de Jean-Paul Salomé, 17e Prix Jacques-Deray

Cinéma | « La galérance, elle est finie ! » Retour gagnant pour Jean-Paul Salomé qui avait mis sa carrière de cinéaste entre parenthèses quelques années pour se (...)

Vincent Raymond | Mercredi 3 mars 2021

La Daronne, de Jean-Paul Salomé, 17e Prix Jacques-Deray

« La galérance, elle est finie ! » Retour gagnant pour Jean-Paul Salomé qui avait mis sa carrière de cinéaste entre parenthèses quelques années pour se dévouer à la présidence d’Unifrance — l’organisme en charge du “rayonnement” du cinéma français à l’international. Auréolé d’un joli succès dans les salles françaises avec 421 578 spectateurs — cela, du fait d’une exploitation prématurément réduite puisqu’il était sorti avant la seconde fermeture des salles fin octobre 2020 —, très bien accueilli à l’étranger, son huitième long-métrage La Daronne, adapté du polar homonyme d’Hannelore Cayre vient d’être désigné Prix Jacques-Deray par l’Institut Lumière, succédant à Roubaix une lumière d’Arnaud Desplechin, également distribué par

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VinylesMania : Vinyle, Vidi, Vici au Musée de l'Imprimerie

Graphisme | Au long d'une exposition sacrément futée et fureteuse, le Musée de l'Imprimerie et de la Communication Graphique célèbre le retour aussi triomphal et paradoxal du vinyle ces dernières années, remonte à sa genèse et en explore les singularités. À voir les oreilles grandes ouvertes. Et prolongée jusqu'au 29 août.

Stéphane Duchêne | Mercredi 21 octobre 2020

VinylesMania : Vinyle, Vidi, Vici au Musée de l'Imprimerie

On pourrait appeler "paradoxe du vinyle" le fait qu'un objet symbole du matérialisme moderne ayant connu une extinction de masse se mette à revivre sur le marché alors même que la dématérialisation a triomphé de tous les supports. On a longtemps pensé que le CD, cette invention sonore si révolutionnaire et si pratique, avait définitivement supplanté le disque vinyle. Puis la dématérialisation a fait son œuvre avec l'arrivée du téléchargement (ah, cette époque où il fallait une journée pour télécharger un fichier mp3), puis des plateformes de streaming, et l'industrie du disque a plongé, ringardisant définitivement la forme évoluée du disque. Au final, c'est le dinosaure vinyle qu'on a ressorti des glaces de l'oubli et du grenier de papy pour repeupler les rayons des disquaires et les salons domestiques. Tout cela parce que la dématérialisation, grande pourvoyeuse de nostalgie et de paradoxal désir de possession, a fait du 33t répudié un fétiche, un totem d'appartenance à une caste de (plus ou moins) passionnés. Et si l'on veut comprendre (ou pas) pourquoi, il faut se rendre à l'exposition

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Pas celle que vous croyez : "Miss" de Ruben Alves

Comédie | Une comédie grand public aux accents de feel good movie.

Vincent Raymond | Lundi 26 octobre 2020

Pas celle que vous croyez :

Passer de l’exception à l’acceptation : telle est la situation d’Alex dans Miss, où un jeune homme à demi-marginalisé recherche un épanouissement libérateur en mentant sur son identité et en participant au concours Miss France… Signée Ruben Alves, cette comédie grand public aux accents de feel good movie devrait contribuer à dégetthoïser la situation des personnes transgenres — d’autant qu’elle est tournée avec la transparente complicité du Comité Miss France (qui s’achète ici une image de modernité, alors même que ses statuts poussiéreux prouvent régulièrement leur inadéquation avec la société contemporaine) et de comédiens hyper-populaires, comme Isabelle Nanty ou Thibaut de Montalembert en trav’…ailleuse du sexe au Bois. Mais ce film, qui tient beaucoup du conte d’Andersen, ne tiendrait pas sans la personne ni la personnalité d’Alexandre Wetter, qui fait ex

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Lyon : remise à flot pour L’Aquarium

Ciné-Club | Les aquariophiles savent qu’ils doivent, pour garantir la survie de leurs espèces frétillantes favorites, changer l’eau régulièrement et maintenir une (...)

Vincent Raymond | Vendredi 25 septembre 2020

Lyon : remise à flot pour L’Aquarium

Les aquariophiles savent qu’ils doivent, pour garantir la survie de leurs espèces frétillantes favorites, changer l’eau régulièrement et maintenir une oxygénation optimale. C’est un peu pareil pour l’Aquarium Ciné-Café : à l’aube de sa cinquième saison, le spot croix-roussien mêlant vidéo-club aux 10 000 titres et lieu de projection mixte renouvelle un peu son équipe (Émile Belleveaux succède à Damien Vildrac à la programmation) tout en densifiant son offre : la séance du jeudi soir prend le nom de “Regards croisés“ et se thématise chaque semaine en ciné-débat avec des partenaires (Maison de l’Écologie, CinémAsian, Osez le féminisme, etc.). Le fameux Ciné-Mystère mensuel (comme son nom l’indique : vous venez voir un film sans savoir de quoi il s’agit) double la mise en intercalant un film d’animation pour les adultes — pas uniquement du Bakshi ! Et un podcast radio enregistré en direct, des ateliers (pour tous les âges, notamment les plus jeunes pendant les vacances de la Toussaint), et toujours autant de cartes blanches à des festivals amis… Le mois d’octobre qui pointe le bout de

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Isabelle Huppert : « au cinéma, on ment par définition »

La Daronne | Impossible de la manquer cette semaine à Lyon : sa silhouette est aux frontons de tous les cinémas et vous la croiserez peut-être au gré des rues puisqu’elle vient de débuter le tournage du nouveau film de Laurent Larrivière avec Swann Arlaud. Elle, c’est, évidemment Isabelle Huppert, une des “daronnes“ du cinéma français et celle que Jean-Paul Salomé a choisie pour incarner Patience Portefeux dans son polar. Rencontre.

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Isabelle Huppert : « au cinéma, on ment par définition »

Comment choisissez vous vos rôles ? En fonction de ce que vous auriez envie de voir ou en rupture par rapport à ce que vous avez fait auparavant ? Isabelle Huppert : C’est peut-être plus une question que se pose le metteur en scène que l’acteur. Parce qu’au fond, un acteur a peu de pouvoir sur la possibilité d'un film. Sinon, un peu tout dans la genèse m’attire : entrer dans un personnage, travailler avec un metteur en scène, le dialogue, une phrase qui vous reste dans la tête et qu’on se redit et rien que pour cette phrase on a envie de faire le film… C’est mystérieux de le définir précisément, parce que c’est un processus particulier qui vous amène chaque fois à faire un film. C'est à chaque fois une aventure un peu existentielle : il y a tout un chemin qui vous y mène et qui n’est jamais le même… Quel a été le point de départ de La Daronne ? Le livre, que j’ai lu avant de savoir que Jean-Paul Salomé voulait faire le film. J’ai entendu Anne-Laure Cayre [l’autrice et coscénariste, NdlR] à la radio et, tout de suite, j’ai été très intéressée par ce qu’elle rac

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Shit et chut : Isabelle Huppert rayonne dans "La Daronne"

Son film à l'affiche | ★★★☆☆ De Jean-Paul Salomé (Fr, 1h30) avec Isabelle Huppert, Hippolyte Girardot, Farida Ouchani…

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Shit et chut : Isabelle Huppert rayonne dans

Interprète cachetonnant à la traduction d'écoutes policières, Patience Portefeux trouve un moyen de régler ses ardoises : écouler une cargaison de shit subtilisée à ses propriétaires et devenir fournisseuse en gros. La police va s’escrimer à identifier cette mystérieuse nouvelle “Daronne“… Bardée de slogans qui claquent et d’un logo du festival de l’Alpe-d’Huez, l’affiche mettant en valeur une Isabelle Huppert voilée comme une riche Émiratie tend à faire passer La Daronne pour une comédie. En réalité, il s’agit là, comme pour le personnage de Patience, d’un déguisement dissimulant sa vraie nature de film noir à la croisée des mafias marocaines et chinoises et reposant sur des impératifs sociaux (payer l’EHPAD de sa mère, rembourser les dettes de son défunt mari, aider ses filles) : c’est la nécessité qui fait la hors-la-loi. Et sous cet épiderme de polar affleure un autre film encore, à la tonalité étonnamment mélancolique, nostalgique, où Patience (prénom décidément bien trouvé) peut enfin renouer avec son passé. Celle qui propose dans un langage fleuri mi argotique, mi arabe, à de petites

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François Ozon : « il n’y a pas une manière pour diriger les acteurs »

Été 85 | Retenu dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2020, en compétition au Festival de San Sebastien, Été 85 séduit… Sans doute parce qu’il parle de séduction et renvoie à l’adolescence des spectateurs. En tout cas, à celle de son auteur, François Ozon. Rencontre.

Vincent Raymond | Vendredi 10 juillet 2020

François Ozon : « il n’y a pas une manière pour diriger les acteurs »

La réalisation de ce film a-t-elle été pour une manière d’exécuter un pacte que vous auriez contracté avec vous-même, lecteur de 17 ans découvrant le roman de Aidan Chambers https://fr.wikipedia.org/wiki/Aidan_Chambers? François Ozon : Quand j’ai lu le livre, je n’étais pas encore cinéaste, c’est vrai, j’étais lycéen rêvant de faire du cinéma et je me suis dit que j’adorerais faire ce film, raconter cette histoire… En même temps, j’avais presque plus envie d’en être le spectateur. Peut-être que, déjà, je me sentais trop proche des personnages, je n’aurais pas été capable de raconter l’histoire. J’étais quasiment sûr qu’un réalisateur comme Gus Van Sant, John Hughes ou Rob Reiner aurait pu s’en emparer et faire un teen movie à l’américaine. Mais ça ne s’est jamais fait. Quand j’en ai parlé à Aidan Chambers, qui a 85 ans aujourd’hui, il m’a dit que trois réalisateurs avaient essayé de l’adapter pendant toute cette période, sans succès. Après

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Plus belle la prophétie

Télévision | Le mot a été balancé comme ça, à l'heure où M. Macron se faisait solennel quoi qu'il en coûte : "coronavirus". Incroyable ! Plus belle la vie, le feuilleton populaire de France 3, avait anticipé la pandémie. On vous raconte.

Nadja Pobel | Lundi 23 mars 2020

Plus belle la prophétie

Jeudi 12 mars. L'épisode 4014 de Plus belle la vie est en ligne depuis le matin même et quand sa diffusion commence sur France 3, à 20h15, Emmanuel Macron prend la parole sur toutes les autres chaînes pour sa première allocution de crise. Rien à voir ? Si ! La série de 26' cause de la même chose que le Président. Un nouveau personnage, quadra, est dans la salle d'attente des urgences de l'hôpital de Marseille-Est : « j'ai mal à la tête, je me sens vraiment pas bien » dit-il entre deux quintes de toux et un crachat de sang. Le lendemain, il est décédé. Entre-temps, en clôture de l'épisode de jeudi, la médecin dialogue avec sa mère infirmière : « il souffre d'une pneumopathie très violente et il revient tout juste de chine – Tu penses au SRAS ? - Quoi d'autre ? Les agences sanitaires ont toujours cru à un retour du coronavirus et vu les symptômes et la provenance du patient, y'a pas trop de doutes – Depuis quand il est arrivé aux urgences ? - Il est arrivé à 5h du matin, ça fait 15h – 15h ?! Si c'est vraiment le SRAS on est foutu ! » Voilà comment les scénaristes ont introduit le sujet. Un raccro de dernière mi

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Les mamans et les putains : "Filles de joie"

Drame | Axelle, Dominique et Conso, trois voisines du Nord de la France, franchissent la frontière belge chaque jour pour proposer leurs faveurs en maison close afin d’améliorer un ordinaire misérable. Les rêves en berne, l’usure morale le dispute à la déchéance physique et au mépris des proches…

Vincent Raymond | Mercredi 24 juin 2020

Les mamans et les putains :

Comme chez Brassens, « c’est pas tous les jours qu'elles rigolent/Parole, parole », les trois “filles“ du titre. La joie reste sous cloche dans ce film à la construction aussi subtile que décalée, rendant bien compte de la situation bancale de chacune au sein du groupe, autant que de leur individualité. Nous ne sommes pas ici dans l’habituel configuration des filières de l’Est ou du Sud et des portraits de filles réduites en esclavage par des réseaux mafieux, puisque ces travailleuses du sexe n’ont pas de souteneur. En apparence, seulement : l’argent qu’elles gagnent si péniblement ne leur profite pas, servant à nourrir la mère azimutée et les gosses de l’une, financer les extras des enfants ingrats de l’autre, alimenter les rêves chimériques d’extraction sociale de la troisième… La prostitution est rarement un choix, et le trio composé par Frédéric Fonteyne & Anne Paulicevich ne s’y adonne pas par plaisir. Ce qu’il révèle surtout d’un point de vue sociologique, c’est que le recours au commerce de son corps, jadis réservé aux plus pauvres des plus pauvres, à ce quart-

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Sorties de leur réserve : "Une belle équipe"

Comédie | Un seul point. C’est ce qu’il manque à l’équipe de foot de Clourrières pour assurer son maintien. Sauf que les joueurs ont tous été suspendus après une bagarre. Alors, l’entraîneur monte une équipe féminine pour les trois ultimes rencontres. Et se heurte à l’hostilité machiste du village…

Vincent Raymond | Mardi 14 janvier 2020

Sorties de leur réserve :

Alors qu’il s’apprêtait à en débuter le tournage en 2018, Kad Merad prévenait que ce film n’aurait rien à voir avec Comme des garçons, cette comédie-fiction bâtie sur l’histoire de la première équipe de France de football féminine. On le confirme : Mohamed Hamidi ne s’intéresse ni à la romance ni à la reconstitution historique, mais au — difficile — basculement des mentalités vers une société paritaire, le football étant le symptôme (ou le déclencheur) d'une prise de conscience : troquer le ballon contre la charge domestique ordinairement dévolue à leurs épouses équivaut à une castration pour ces messieurs. Le réalisateur (qui, au passage, remercie ses six sœurs au générique) s’amuse à montrer à quel point la sensibilité masculine est asymétrique : chatouilleux sur leurs “privilèges“ envolés, les hommes sont aveugles au fait que les affiches publicitaires utilisent des corps de femmes afin de vendre n’importe quoi à n’importe qui. Bien

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Benjamin Parent : « J’avais envie de rendre un peu extraordinaire le quotidien »

Un vrai bonhomme | Pour son premier long-métrage, Benjamin Parent s’aventure dans un registre peu coutumier en France : le “coming at age movie“ — une sorte de film d’apprentissage adolescent. Une jolie réussite dont il dévoile quelques secrets. Attention, un mini spoiler s’y dissimule…

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Benjamin Parent : « J’avais envie de rendre un peu extraordinaire le quotidien »

Un thème commun se dégage de votre film Un vrai bonhomme et de Mon inconnue que vous avez co-écrit avec Hugo Gélin : l’uchronie, ou l’idée de permettre à des personnages d’accomplir des destinées alternatives. Est-ce délibéré ? Benjamin Parent : Pas du tout. Dans Mon Inconnue, l’idée d’uchronie vient d’Hugo ; j’ai essayé de développer la dramaturgie sur l’uchronie “la plus intéressante“. Je trouve que l’uchronie permet de raconter l’histoire d’une manière extrêmement drastique, avec ce truc d’inversion absolue des choses : “et si“ on pouvait rencontrer ses parents et qu’on se rendait compte que son père était un blaireau et que sa mère voulait nous choper, qu’est-ce qu’on ferait ? L’uchronie, finalement, c’est un pitch radical, qui permet plein de possibilités et un déploiement de l’imaginaire. Un vrai bonhomme, où le personnage de Léo est une extension de celui de Tom, permet également le déploiement de

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Je mets mes pas dans les pas de mon frère : "Un vrai bonhomme"

Comédie Dramatique | Un adolescent solitaire s’appuie sur le fantôme de son aîné pour s’affirmer aux yeux de ses camarades, de la fille qu’il convoite et de son père qui l’ignorait, perdu dans le deuil de son fils préféré. Une brillante première réalisation signée par le coscénariste de Mon Inconnue.

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Je mets mes pas dans les pas de mon frère :

Ado introverti ayant toujours subi l’aura solaire de de son frère Léo, Tom fait sa rentrée dans un nouveau lycée. Heureusement, Léo est là pour lui prodiguer encouragements et conseils. Sauf que depuis un accident de la route fatal à Léo, celui-ci n’existe plus que dans la tête de Tom… On ne divulgâche rien en dévoilant d’entrée le fait que Léo est ici un personnage imaginaire, puisque Benjamin Parent s’arrange pour lever toute ambiguïté à ce sujet dès la minute 18. Tout l’enjeu de son film n’est pas de fabriquer un mystère à la Shyamalan pour le public, mais d’inclure ce dernier dans la névrose de son héros ; de lui faire partager les affects d’un adolescent mal remis d'un traumatisme et croyant trouver par cet expédient le chemin de la résilience. Mon frère, ce halo Comédie, drame ? Disons dramédie bien tempérée, ce qui constitue un tour de force : rares sont en effet les films hexagonaux capables d’aborder la question adolescente sans s’abandonner à des récits d’amourettes (La Boum), à des pitret

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Rayons les différences ! : "Zibilla ou la vie zébrée"

Animation - dès 3 ans | Un girafon de passage dans la forêt découvre qu’il n’est pas le bienvenu en tant qu’étranger ; des animaux se livrent à une course en vélo à l’approche de l’hiver ; adoptée par une famille de chevaux, Zibilla est la seule zèbre de son école et sujette à une cruelle exclusion…

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

Rayons les différences ! :

Si l’on met entre parenthèses Le Dernier jour d’automne — transition poétique comme du Prévert et ayant la finesse d’un haïku —, Tout là-haut et Zibilla forment un très intelligent diptyque permettant d’évoquer avec les tout-petits la question du racisme et de la xénophobie. Pourquoi certains ont-ils des préjugés liés à la différence ? Que ressent celui ou celle que le groupe rejette ? Racontées sans mièvrerie, pouvant se transposer de manière concrète dans leur quotidien, ces historiettes sont aussi enthousiasmantes pour leur qualité d’animation et leur audace graphique — qui rappelle le goût pour les compositions asymétriques des productions DePatie-Freleng. Un programme lumineux, généreux et bien pensé, signé au passage par trois réalisatrices — tant que cela continuera à être rare, il conviendra de le souligner. Zibilla ou la vie zébrée Un film de Martina Svojikova, Marjolaine Perreten & Isabelle Favez (Fr-Sui-Bel, 0h49)

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Tout est affaire de décors : "La Belle époque"

Romance | La soixantaine dépressive, méprisé par sa femme, Victor se voit proposer par un ami de son fils de vivre une expérience immersive dans des décors reconstituant l’époque de son choix. Victor choisit de replonger dans sa jeunesse, pile la semaine où il rencontra sa future épouse…

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

Tout est affaire de décors :

Nicolas Bedos est-il un jeune vieux ? Si Monsieur & Madame Adelman avait dans son projet l’ambition encyclopédique d’embrasser une (double) vie, La Belle Époque — et bientôt OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire, semble-t-il — accréditent la thèse d’une nostalgie un peu paradoxale pour des années 1970 qu’il n’a pas connues. Se livrerait-on à la psychanalyse de comptoir (avec le personnage de Fanny Ardant, psy reconvertie dans le numérique, on se sent presque autorisé), qu’on y verrait comme un fantasme de résurrection de cette époque où son père, dont il est le clone, régnait au music-hall. Mais laissons cette hypothèse. À peine un « grand film malade » (pour reprendre le mot de Truffaut), plutôt un Leo McCarey mort-né, La Belle Époque agace parce qu’il tape à côté en gâchant une jolie idée. L’argument central, la “guérison amoureuse“ de Victor, se trouve en effet pollué par une sous-intrigue sentimentale déplaçant le centre de gravité vers l’égotique organisateur des reconstitutions — en clair, le metteur en

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Au revoir mon amour : "L'Angle Mort"

Fantastique | Dominick possède depuis l’enfance l’étrange pouvoir de se rendre invisible. Une faculté dont il fait un usage modéré — chaque “passage“ lui coûtant cher en énergie vitale — car elle suscite aussi, surtout, moult quiproquos gênants avec ses proches. Est-ce un don ou une malédiction ?

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

Au revoir mon amour :

Les histoires de couples perturbés par des interférences créées par des mondes parallèles — ésotériques ou psychiques — forment “l’ordinaire fantasmatique“ du cinéma de Bernard & Trividic, collectionneurs de discordances en tous genres. Dancing (2003) et L’Autre (2009) traquaient déjà en effet des irruptions singulières dans ce que l’on nomme la normalité, en adoptant des constructions cinématographiques volontiers elliptiques, mentales ou peu linéaires. Est-ce ici l’influence d’Emmanuel Carrère, qui leur a soufflé l’argument de L’Angle Mort ? Sans déroger à leur propension au fantastique, ce film manifeste un changement de forme radical, adoptant une narration plus posée et une structure de conte contemporain à morale philosophique — comme si Rohmer s’était aventuré dans le registre du super-héros décalé, ou Alphonse Daudet au cinéma. Drame à double niveau sur la question de la disparition du corps social — ce qu’il advient de l’individu lorsque sa présence physique s’évanouit au sens propre, mais aussi lorsque son ex

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Daniel Auteuil et "La Belle Époque" pour l’ouverture du Festival Lumière

Festival Lumière | C'est le film de Nicolas Bedos qui va ouvrir cette édition du Festival Lumière.

Vincent Raymond | Jeudi 10 octobre 2019

Daniel Auteuil et

Après son passage hors compétition sur la Croisette, et avant sa sortie le 6 novembre prochain sur tous les écrans hexagonaux — il avait bénéficié d’une sortie partielle en septembre lorsqu’il était en lice pour représenter la France à l’Oscar du Meilleur film étranger, après avoir fait partie de la sélection Cannes à Lyon en mai —, le deuxième film réalisé par Nicolas Bedos, La Belle Époque fera donc l’ouverture du 11e Festival Lumière ce samedi 12 octobre. Ce choix n’est qu’une demi-surprise : non seulement le film avait été annoncé dès le mois de juin parmi la programmation officielle du Festival dans le cadre de l’invitation à Daniel Auteuil, mais il était étrangement le seul sur la page de la manifestation à ne pas être doté d’informations précises quant au lieu ou à la date de sa projection. Enfin, et c’est un argument de poids, La Belle Époque se déroule dan

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Oiseaux de bon augure : "Le Mystère des pingouins"

Anime | Leur ville inexplicablement envahie par des pingouins, un groupe d’enfants profite des vacances pour enquêter. Un songe astrophysique drapé de poésie mythologique, empli de fantaisie. Et de palmipèdes.

Vincent Raymond | Samedi 17 août 2019

Oiseaux de bon augure :

Garçonnet éveillé mais réservé, Aoyama prend d’incessantes notes sur son entourage. Lorsque des manchots surgissent et s’évanouissent aussi vite qu’ils sont apparus dans sa ville, il cherche à comprendre en compagnie de quelques amis. Et de l’assistante dentaire dont il est (très) épris… Ne vous arrêtez à l’extrême platitude du titre, évoquant un film à destination exclusive du très jeune public ! C’est d’ailleurs un peu la malédiction de nombreux anime, où personnages humains et animaux se côtoient volontiers quant ils ne s’hybrident pas les uns avec les autres ; où des figures divines protectrices de la Nature s’incarnent volontiers dans des créatures réelles ou imaginaires (Pompoko, Porco Rosso, Mon voisin Totoro, Princesse Mononoke, Le Voyage de Chihiro, Les Enfants Loups, Ame & Yuki…) Un florilège de situations reléguées aux contes pour enfants en occident, quand elles constituent l’essence de contes à résonance morale ou philosophique au Japon — dont Takahata, Miyazaki ou Hosoda. Dans un autre registre, la problématique du titre trompeur se posera bientôt avec le très beau Je veux mange

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L'affaire est dans le sac : "Greta"

Thriller | de Neil Jordan (É-U-Irl, int.-12ans, 1h38) avec Isabelle Huppert, Chloë Grace Moretz, Maika Monroe…

Vincent Raymond | Mardi 11 juin 2019

L'affaire est dans le sac :

Serveuse à New York, Frances trouve un soir dans le métro un élégant sac à main. Il appartient à Greta, une excentrique vieille Française qui conquiert vite la jeune fille. Frances découvre alors combien Greta peut se montrer intrusive et inquiétante. Mais n’est-ce pas déjà trop tard ? Depuis combien de temps n'avait-il pas été plaisant de voir Isabelle Huppert à l'écran ; c'est-à-dire appelée pour autre chose qu'un rôle lui donnant le prétexte d'être soit une victime à la passivité suspecte pour ne pas dire consentante, soit une épave bourgeoise — les deux n'étant pas incompatibles ? Neil Jordan a eu le nez creux en pensant à elle : d'ordinaire agaçantes, les minauderies de son jeu se révèlent ici franchement inquiétantes et servent à asseoir la dualité de son personnage de prédatrice : sous des dehors lisses et respectables, sans âge, Greta tient du vampire, auquel il ne faut jamais ouvrir sa porte si l'on veut s'en prémunir, mais qui ne vous lâchera pas si vous l'invitez chez vous. Jordan s'y connaît sur le sujet. Le terme a beau paraître galv

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La Plus Belle Vie du monde au Comœdia

Documentaire | Sarah Balounaïck, ancienne patineuse artistique de haut niveau, s’est intéressée à ce milieu exigeant, dans La Plus Belle Vie du monde, à travers l’histoire vécue (...)

Élise Lemelle | Mardi 21 mai 2019

La Plus Belle Vie du monde au Comœdia

Sarah Balounaïck, ancienne patineuse artistique de haut niveau, s’est intéressée à ce milieu exigeant, dans La Plus Belle Vie du monde, à travers l’histoire vécue d’une construction identitaire particulière, celle de Lorenza, dont elle suit le parcours pendant une saison de compétition intense. Le documentaire sera projeté en présence de la réalisatrice avec laquelle vous aurez l’occasion d’échanger sur ses aspirations et choix de réalisation. Affûtez vos questions ! La Plus Belle Vie du monde Au Comœdia ​le jeudi 23 mai à 20h

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Le crime conserve : "Rebelles"

Comédie | De Allan Mauduit (Fr, avec avertissement, 1h27) avec Cécile de France, Yolande Moreau, Audrey Lamy…

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Le crime conserve :

Une ex-reine de beauté passée du pole-danse à Pôle Emploi, tout juste embauchée dans une conserverie, tue par accident le contremaître qui tentait de l’agresser. Avec l’aide de deux collègues, elle fait disparaître le corps et découvre que le vilain cachait un sacré magot… Cette comédie sociale aux allures de de western made in Hauts-de-France possède de bons atouts dans son jeu, à commencer par son trio d’actrices, rompues à tous les registres, et souvent engagées dans des rôles où l’humanisme affleure sous l’humour. Leur alliance tient de surcroît de la synergie de caractères, rappelant ces buddy movies tels que Comment se débarrasser de son patron (1980) de Colin Higgins, usant de la blague parfois lourdingue pour promouvoir la libération féminine d’une masculinité aussi dominatrice que débile — il y a d’ailleurs ici quelques furieux spécimens d’abrutis. Allan Mauduit aurait toutefois gagné à creuser davantage vers Petits meurtres entre amis (1994), son humour noir restant encore un peu pâle, surtou

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Luchini, édition très limitée : "Le Mystère Henri Pick"

Comédie | De Rémi Bezançon (Fr, 1h40) avec Fabrice Luchini, Camille Cottin, Alice Isaaz…

Vincent Raymond | Mardi 5 mars 2019

Luchini, édition très limitée :

Une éditrice découvre dans une bibliothèque pour manuscrits refusés le roman d’un pizzaïolo breton que personne n’a jamais vu écrire une ligne de son vivant. Publié, le livre est un succès et suscite les doutes d’un critique télévisuel qui mène l’enquête en compagnie de la fille de l’écrivain… Si l’on met de côté les invraisemblances en chaîne du dénouement (qu’on ne révèlera pas ici) et les revirements incessants du personnage joué par Camille Cottin — rivalisant avec le chat de Schrödinger, puisqu’elle est à la fois l’alliée et l’ennemie de l’enquêteur tentant de prouver que son père est un imposteur —, on peut trouver crédible de voir Fabrice Luchini pratiquer la dissection littéraire avec l’opiniâtreté d’un microtome et le flux verbal d’un Onfray croisé Sollers. Dommage, en revanche, que Rémi Bezançon, lui, ne semble pas croire assez à son intrigue pour oser un vrai thriller, préférant une version édulcorée pour soirée télé où le bon mot et la pirouette tranquille viennent par convention conclure chaque séquence. Un exemple

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Un musée ouvert à et vers l'extérieur

Musée d'Art Contemporain | Récemment nommée à la tête du Musée d'Art Contemporain et de la Biennale d'Art Contemporain, Isabelle Bertolotti nous fait part de ses projets et de ses grandes lignes directrices. Où l'on apprend que les anciennes usines Fagor-Brandt pourraient accueillir des expositions après la Biennale et que Nuits sonores va investir le MAC pour un concert.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 12 février 2019

Un musée ouvert à et vers l'extérieur

Début mars, le musée inaugurera un ensemble d'expositions et d'événements autour de la thématique du son. C'est votre premier acte de programmation en tant que directrice du MAC. Quels en sont les enjeux ? Isabelle Bertolotti : Je souhaite que les expositions du musée soient regroupées de manière simple et lisible pour le public autour d'une thématique. Cela permet de montrer nos collections sous un certain angle (en mars avec des œuvres de David Tudor, Terry Riley, Le Monte Young...) et d'inviter de jeunes artistes, tout en ouvrant un champ interdisciplinaire (arts plastiques, musique, performance, concerts, conférences...). Avec cette thématique du son, on peut cheminer de la méditation minimaliste expérimentale de La Monte Young à la communauté de relaxation ASMR qui se développe de manière exponentielle aujourd'hui sur le Web. Des liens se tissent entre l'art, des faits de société, de nouveaux m

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Jeunesse qui rouille fait l’andouille : "Une jeunesse dorée"

Autobiopic | De Eva Ionesco (Fr-Bel, 1h52) avec Isabelle Huppert, Melvil Poupaud, Galatea Bellugi…

Vincent Raymond | Lundi 14 janvier 2019

 Jeunesse qui rouille fait l’andouille :

1979. Rose quitte le foyer où elle est placée pour vivre avec son amoureux, un peintre débutant. Seule condition : suivre son apprentissage. Qu’elle va vite déserter pour se fondre dans les folles nuits d'une boîte parisienne à la mode, en compagnie d’excentriques autodestructeurs… Poursuivant ici après My Little Princess la résurrection de ses souvenirs par le cinéma, Eva Ionesco aborde à présent la stupéfiante (!) époque du Palace, hantée de noctambules vaguement arty-dandy, à qui les années 1980 réservaient de mirifiques promesses — mais aussi son lot de morts violentes. D’où le ton crépusculaire de cet opus, façon gueule de bois et cendrier froid, traversé de fantômes plus ou moins nommément cités (Pacadis, Pascale Ogier, Jacno s’y reconnaissent par flashes) et son cousinage avec les ambiances des Nuits de la pleine lune — tout de même, quel flair le vieux Rohmer avait eu en capturant en temps réel la joie triste de cette jeunesse. Mais hélas pour Ionesco, son auto-biopic décalé se trouve pénalisé par la fausseté de son interprète principale, l

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Désertions et convoitises à la tête des théâtres

Rentrée Théâtre | Étrange rentrée que celle-ci dans le domaine du théâtre. Les spectacles sont multiples, mais rien ne semble immanquable a priori, et des directeurs ou directrices quittent la Ville abruptement... Débroussaillage.

Nadja Pobel | Mardi 8 janvier 2019

Désertions et convoitises à la tête des théâtres

« Cette ville est formidable, je l'adore, mais elle n'est pas dynamisante » déclarait Cathy Bouvard à nos confrères de Lyon Capitale en novembre dernier. La directrice des Subsistances quitte précipitamment mais pas tout à fait par hasard ce navire-phare qu'elle a dirigé avec rigueur et curiosité durant quinze ans et rejoint les Ateliers-Médicis à Clichy-sous-Bois. Lyon n'a pas su garder non plus Marc Lesage, qui, à la co-direction des Célestins a fait de ce théâtre le plus audacieux des mastodontes locaux. Il a désormais les rênes du théâtre (privé) de l'Atelier à Paris. Pierre-Yves Lenoir, co-créateur du Rond-Point avec Jean-Michel Ribes administrateur de l’Odéon aux côtés d’Olivier Py, Luc Bondy et Stéphane Braunschweig le remplace. Il arrive tout droit de la toute nouvelle La Scala (ouverte en septembre dernier) où il était directeur exécutif. . Plus problémat

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Isabelle Bertolotti nommée directrice

Musée d'Art Contemporain | En remplacement de son fondateur Thierry Raspail, parti à la retraite en fin de saison dernière, le Musée d'Art Contemporain accueille à sa tête Isabelle Bertolotti, qui en était jusque-là responsable des expositions.

Sébastien Broquet | Mardi 9 octobre 2018

Isabelle Bertolotti nommée directrice

Tout ça pour ça ? C'était un peu la première pensée venant à l'esprit à l'issue de la conférence de presse annonçant la nomination d'Isabelle Bertolotti, ex responsable des expositions du Musée d'Art Contemporain depuis 1995, au poste de Thierry Raspail, ancien directeur parti à la retraite. Pas que l'heureuse élue ne réponde pas aux critères, loin de là : sa nomination fait une quasi-unanimité dans le petit milieu de l'art lyonnais où elle a su imposer ses compétences reconnues à l'international. Mais surtout, pourquoi avoir attendu si longtemps pour choisir une voie si naturelle et promouvoir les compétences internes ? Selon un élu ayant participé au processus de sélection, la candidature d'Isabelle Bertolotti s'est imposée avec le temps face à la concurrence, car elle a pris soin de présenter un projet ouvert et réfléchi. Elle a insisté sur sa volonté de développement et d'ouverture à l'international. Lors de cette conférence de presse, on a ainsi pu l'entendre affirmer que « le musée des années 80 est très différent de ce qu'est la scène aujourd'hui, il faut tenir compte du dynamisme de la Chine et de l'Afriqu

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Au Zola et au Pathé Bellecour, de nouveaux directeurs

Cinéma | Rentrée rime avec nouveautés. Dans les cinémas lyonnais également, où l’été a donné lieu à quelques métamorphoses ou modifications. Dans les salles comme en coulisses…

Vincent Raymond | Lundi 3 septembre 2018

Au Zola et au Pathé Bellecour, de nouveaux directeurs

L’arrivée de la 4DX dans la salle 10 n’est pas le seul changement d’envergure au Pathé Bellecour. Après cinq années passées à la tête du cinéma historique de la rue de la République, Candice Pelletier a été promue à Paris à la salle des Fauvettes. Et c’est Fabien Lécureuil, actuellement en poste à Rouen, qui devrait lui succéder le 17 septembre prochain. Ce directeur de 32 ans formé à la FEMIS continue d’incarner la volonté de rajeunissement des équipes du groupe, après l’arrivée de Serge Morel au Pathé Vaise début 2017. Zola repart au combat Du côté du Zola de Villeurbanne, c’est une imposante page qui s’est tournée avec le départ du directeur général du cinéma et des festivals Laurent Hugues, après un bail de 23 ans. Pour lui succéder, l’Association pour le Cinéma gérant ce monoécran municipal a choisi un professionnel à la fois jeune, expérimenté et familier des lieux. À 35 ans, Oli

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Serge Boissat, patron de Boul'Dingue, est décédé

Disparition | Figure emblématique de la scène rock lyonnaise, érudit des contre-cultures, féru de bandes dessinées, Serge Boissat est décédé dans la nuit du mercredi (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 2 août 2018

Serge Boissat, patron de Boul'Dingue, est décédé

Figure emblématique de la scène rock lyonnaise, érudit des contre-cultures, féru de bandes dessinées, Serge Boissat est décédé dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 août à l'âge de 66 ans, vaincu par le cancer. Il était l'un des plus anciens bouquinistes de la ville, ayant lancé sa boutique Boul'Dingue en 1974, où l'on peut dénicher raretés et occasions. Mémoire de la scène musicale lyonnaise, ami de Choron et Cavanna, il avait marqué durablement les esprits mélomanes de la ville en assurant la direction d'antenne de Radio Bellevue de 1981 à 1986, recrutant des animateurs qui deviendront célèbres (tels Rachid Taha ou Philippe Vecchi) et donnant à la radio sa couleur musicale exigeante, curieuse et plurielle : Serge avait mis les 20 000 disques de sa collect

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Reum arrangée : "Le Monde est à toi"

Thriller | Un film de Romain Gavras (Fr, 1h34) avec Karim Leklou, Isabelle Adjani, Oulaya Amamra, Vincent Cassel…

Vincent Raymond | Lundi 20 août 2018

Reum arrangée :

Afin de réunir des fonds fissa, François accepte de superviser pour un caïd psychopathe un convoi de drogue d’Espagne vers la France. Le deal tournant au fiasco, François appelle Danny à l’aide. En plus d’être une cheffe de gang, Danny est sa mère… Connu pour sa maîtrise du format clipé (il fut l’un des initiateurs du mouvement Kourtrajmé), Romain Gavras avait fait des débuts timides dans le long-métrage avant de retourner à ses amours brèves. Symphonie ludique flashy et syncopée, Le Monde est à toi découle autant du film de genre soderberghisé que de la réunion de bras cassés guyritchiques. Ce thriller pimpé en récréation bariolée pour enfants pas sages possède, outre un rythme soutenu et une image canon, un argument de poids dans son interprétation plaçant (enfin) Karim Leklou aux avant-postes. Face à lui, Oulaya Amamra confirme que Divines n’était pas un météore, tandis que Cassel joue les hommes de main

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Tout premier concert à Lyon pour Belle & Sebastian

Nuits de Fourvière | Plus de vingt ans de carrière, dont quelques années et albums cultes, et pas un concert lyonnais pour les Écossais de Belle & Sebastian. Les amateurs de cette pop ouvragée aux accents folk et mélancoliques peuvent mourir tranquille, réparation est (enfin) faite par les Nuits de Fourvère.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Tout premier concert à Lyon pour Belle & Sebastian

Si vous avez eu entre 20 et 30 ans au milieu des années 90, pratiquez la religion de la pop inventive et du rock indé anglo-saxon, et êtes un tant soit peu casanier, alors il se peut que l'annonce de la venue de Belle & Sebastian à Fourvière vous ait fait comme un petit frisson dans l'échine. Et pour cause, la troupe d'âmes sensibles de l'esthète Stuart Murdoch n'avait jamais jusque-là fait de détour par Lyon et il est probable que vous ne les ayez jamais vu en concert. Un frisson venu de loin faisant naturellement écho à celui ressenti lors de l'entrée tout en entrechats de la formation écossaise dans un paysage pop qui rugissait alors d'accords brit pop et de petites frappes au menton haut et au verbe court, dont Belle & Sebastian est l'antithèse. À l'origine du groupe, on trouve Stuart Murdoch, héros très discret et fatigué chronique (il est atteint d'encéphalomyélite myalgique, ce qui l'empêche d'étudier) se réfugiant dans une sorte d'isolement musical qui nourrira sa pratique musicale comme les thèmes de ses chansons. Lorsqu'il crée Belle & Sebastian

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Canaille Peluche : "Le Doudou"

Comédie | Employé à Roissy, Sofiane excelle dans les magouilles foireuses et le baratin. Découvrant l’avis de recherche d’un nounours perdu, il espère dans un premier (...)

Vincent Raymond | Mardi 19 juin 2018

Canaille Peluche :

Employé à Roissy, Sofiane excelle dans les magouilles foireuses et le baratin. Découvrant l’avis de recherche d’un nounours perdu, il espère dans un premier temps escroquer des parents aux abois. Mais finit par partager l’obsession du papa excédé : retrouver le précieux doudou. Première réalisation de Philippe Mechelen & Julien Hervé, ce buddy movie des familles se révèle bien plus sympathique que Les Tuche, la série à succès commise par le duo. Car s’y côtoient en bonne intelligence et avec rythme de l’absurde (un maître-chien psychopathe persuadé que son dogue est sa “fille“, des châtelains fin de race et hors d’âge), une pointe d’incorrection (Isabelle Sadoyan, dans son ultime rôle, campe une vieille résistante frappée d’Alzheimer révélant ses sympathies collabo) ainsi qu’une certaine tendresse de mieux en mieux assumée par Kad Merad. Paupière lourde de patriarche à l

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Il faut sauver le partisan Giorgio : "Une Questione privata"

Drame | de Paolo & Vittorio Taviani (It, 1h25) avec Luca Marinelli, Lorenzo Richelmy, Valentina Bellè…

Vincent Raymond | Mardi 5 juin 2018

Il faut sauver le partisan Giorgio :

Italie, 1943. Alors que les affrontements entre la Résistance et les fascistes font rage, Milton découvre que la belle Fulvia dont il pensait être l’amour secret, lui préfère son ami Giorgio, engagé comme lui chez les partisans. Alors, Milton part à la recherche de son camarade, arrêté par les fascistes… Sortant une poignée de jours seulement après le trépas de Vittorio Taviani, cet ultime long-métrage signé par le duo constitué avec Paolo revêt de fait une charge très symbolique : il y est tout de même question d’une inséparable amitié, d’un amour égal et partagé pour un même “objet“ (ici, un sujet prénommé Fulvia, mais qui pourrait être le cinéma), et d’un renoncement sacrificiel. Crépusculaire par son aura, il apparaît nébuleux par sa forme, à travers ces montagnes du Piémont noyées de brouillard donnant à tout une apparence spectrale. La période, enfin, dont il est question, est celle de leur adolescence, déjà approchée dans La Nuit de San Lorenzo (1982). Regard nostalgique vers une période aussi fondatrice que douloureuse, pleine de promesses et cep

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De l'usage des mots au TNP avec Lambert Wilson et Isabelle Adjani

Festival | Ode à la langue, à ceux qui l'inventent et la subliment, Les Langagières version 2018 sont de très haute tenue avec, en guest stars au TNP, Lambert Wilson et Isabelle Adjani pour les servir.

Nadja Pobel | Mardi 22 mai 2018

De l'usage des mots au TNP avec Lambert Wilson et Isabelle Adjani

Lambert Wilson et Isabelle Adjani seront au rendez-vous le 1er juin pour incarner Camus et Maria Casarès et donner voix à leur correspondance enflammée, tout juste publiée. Mais ce casting ne doit pas masquer la richesse de ces douze jours qui sont le reflet le plus net qui soit de la politique que mène Christian Schiaretti depuis son accession à la tête du TNP en 2002 et jusqu'à son départ fin 2019 : les mots. Épaulé par les élus de son cercle de création et de transmission (Baptiste Guiton met en scène Je, d'un accident ou d'amour avec Maxime Mansion, lui-même à l'origine du festival En actes) ou d'anciens acolytes de feu sa troupe (Grammaires des mammifères piloté par le toujours très intéressant Philippe Mangenot), il propose une série de spectacles, de lectures voire de récitals (consacré à Aragon, André Velter...) ou encore "séance de spiritisme" (!) autour de Victor Hugo. Toutes les paroles sont réunies

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Bozon maudit : "Madame Hyde"

Pas fantastique | de Serge Bozon (Fr., 1h35) avec Isabelle Huppert, Romain Duris, José Garcia…

Vincent Raymond | Mardi 27 mars 2018

Bozon maudit :

Prof de physique dans un lycée de banlieue, Madame Géquil est chahutée par ses élèves et méprisée par ses collègues. Un jour, un choc électrique la métamorphose en une version d’elle-même plus conquérante, capable parfois de s’embraser, voire de consumer les autres… Auteur de manifestes puissamment anti-cinématographiques (La France, Tip-Top) et jouissant d’un prestige parisien aussi enviable qu’inexplicable au-delà du périphérique, le redoutable Serge Bozon confirme tout ce qu’il était permis de craindre d’une transposition du roman de Stevenson revêtue de sa signature. Substance fantastique siphonnée (forcément, ce serait convenu), interprétation plate (la stakhanoviste du mois Isabelle Huppert poursuit ici le rôle qu’elle endosse depuis environ dix ans), vision de la banlieue telle qu’elle était fantasmée au début des années 1990, on peine d’ailleurs à comprendre le “pourquoi” de ce film. Son “comment” demeure également mystérieux, avec ses séquences coupées trop tôt, son pseudo humour décalé sinistre

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Moi, en pas mieux : "La Belle et la Belle"

Encore ? | de Sophie Fillières (Fr, 1h35) avec Sandrine Kiberlain, Agathe Bonitzer, Melvil Poupaud…

Vincent Raymond | Mardi 13 mars 2018

Moi, en pas mieux :

Quand Margaux, 20 ans, rencontre Margaux, 45 ans… Chacune est l’autre à un âge différent de la vie. La surprise passée, l’aînée paumée tente de guider la cadette en l’empêchant de commettre les mêmes erreurs qu’elle. Mais qui va corriger l’existence de qui ? À l’instar de nombreux “films du milieu” tels que Camille redouble, ou Aïe de la même Sophie Fillières, il flotte dans La Belle et la Belle comme une tentation du fantastique — mais un fantastique un brin bourgeois, qui ne voudrait pas (trop) y toucher ; admettant sagement les faits disruptifs et restant à plat, en surface, sans déranger le moindre objet. Un effet de style ? Plutôt l’incapacité à créer une ambiance par la mise en scène, puisqu’ici tout se vaut. Vous qui entrez dans ce film, ne redoutez pas les atmosphères à la Ruiz, de Oliveira ou des Larrieu ; ne redoutez rien, d’ailleurs, si ce n’est le mol écoulement du temps. On a coutume de qualifier ces comédies d’auteur redondantes tournées dans des catalogues Ikéa à poutres

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Graines d’Éluard : "Liberté 13 films-poèmes de Paul Éluard"

Animation | de 13 réalisateurs (Fr, 0h42) animation avec les voix de Isabelle Carré, Denis Podalydès, Christian Pfohl

Vincent Raymond | Mardi 6 mars 2018

Graines d’Éluard :

Ils sont 13 jeunes cinéastes achevant leur formation dans les plus prestigieuses écoles d’animation, et toutes et tous ont planché sur quelques vers de Paul Éluard (1895-1952), livrant leur vision originale de son univers poétique. En tout liberté, bien entendu. S’inscrivant dans la suite des programmes de courts-métrages dédiés à Prévert et Apollinaire, ce nouveau florilège de la série En sortant de l’école met en lumière l’œuvre d’un “apparenté surréaliste” dont la notoriété est souvent, hélas, réduite au seul — et incontournable — Liberté… Sa délicatesse, en amour comme en fantaisie, s’avère un combustible merveilleux pour de jeunes illustrateurs dont l’inspiration carbure à l’éclectisme. Et si le tableau final tient du coq-à-l’âne stylistique, des grandes lignes thématiques s’y répondent comme ce sentiment indicible qu’est l’attachement (moins grandiloquent que la passion et plus profond) ou la fascination pour la mer. On notera également quelques stupéfiantes réussites graphiques, tels Poisson de A

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Croisette et causettes : "La Caméra de Claire"

Sieste Cinématographique | de Sang-Soo Hong (Cor du S-Fr, 1h09) avec Isabelle Huppert, Min-Hee Kim, Jang Mi Hee…

Vincent Raymond | Mardi 6 mars 2018

Croisette et causettes :

Dans les rues de Cannes, pendant un festival du film bien connu, Claire se promène avec son appareil à photo instantanées et sympathise avec Manhee, jeune Coréenne récemment virée par sa patronne. Grâce à l’entremise de Claire, les choses vont peut-être s’arranger… Le prolifique Monsieur Hong semble ne plus pouvoir se passer de la comédienne Min-Hee Kim, au centre de ses trois dernières réalisations — c’est-à-dire celles de l’année. La voici endossant le rôle d’une malheureuse promenant sa superbe mine déconfite en bord de plage ou en terrasse de café, pendant qu’Isabelle Huppert vêtue d’une robe jaune caresse des chiens gris, en sur-souriant sans montrer ses dents. Le temps s’étire en palabres, en considérations sur l’acte photographique ou la jalousie pendant que des instruments à cordes jouent une berceuse proposant une insidieuse sieste. Ne serait-ce que par courtoisie, il est inutile d’aller ronfler dans une salle.

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Benoît Jacquot : “Chacun est porteur d’un secret, d’une intimité secrète”

Entretien | Déjà porté à l’écran par Joseph Losey en 1962 avec Jeanne Moreau, le thriller psychologique Eva est à présent adapté par Benoît Jacquot avec Isabelle Huppert dans le rôle-titre. Entretien avec le réalisateur.

Aliénor Vinçotte | Mardi 6 mars 2018

Benoît Jacquot : “Chacun est porteur d’un secret, d’une intimité secrète”

Qu’est-ce qui vous a plu dans cette histoire? Benoît Jacquot : J’avais lu le livre de Chase en cachette à un âge précoce, quand je devais avoir 14 ans, bien avant d’avoir vu Eva de Joseph Losey, sorti sur le grand écran autour de mes 17 ans. Ce film m’avait marqué dans la mesure où je considérais Losey comme un maître à une époque où je commençais à vouloir faire du cinéma. Lorsque j’ai pris connaissance du livre de Chase, je m’étais dit que ce serait un film que je pourrais faire un jour. Cette idée m’a poursuivi de façon régulière pendant longtemps, jusqu’à ce qu’enfin l’occasion se présente. Quant au film de Losey, je ne l’ai pas revu depuis 50 ans. J’en garde un souvenir très imprécis. Je ne peux pas dire qu’il m’ait soit inhibé, soit élancé pour le film que je faisais. Au final, je l’ai réalisé comme si celui de Losey n’existait pas. Il faut croire que c’est un exercice que j’aime bien : j’ai fait à peu près la même chose avec le Journal d’une femme de chambre, qui était encore plus marquant dans

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Clovis Cornillac : « Quel bonheur de faire des films ! »

Entretien | Après Nicolas Vanier et Christian Duguay, Clovis Cornillac signe le troisième et dernier épisode de Belle et Sébastien, adaptation grand écran de la série de Cécile Aubry. Le réalisateur y joue aussi le rôle du méchant.

Aliénor Vinçotte | Vendredi 16 février 2018

Clovis Cornillac : « Quel bonheur de faire des films ! »

Pourquoi autant de temps entre vos deux longs-métrages ? Clovis Cornillac : Entre les deux, j’ai aussi réalisé quatre épisodes de la saison 2 de Chefs, la série télévisée. Même si c’est passionnant, la réalisation demande beaucoup de temps. Belle et Sébastien 3 m’a pris un an et demi, tous les jours jusqu’à aujourd’hui. Mais quel bonheur de faire des films — c’est dément ! Qu’est-ce qui vous a amené à réaliser Belle et Sébastien 3 ? Son producteur Clément Miserez. La proposition en elle-même m’a un peu déstabilisé au début — je ne voyais pas le lien avec moi. C’est à la lecture du scénario que je me suis fait avoir, car l’histoire m’a plongé dans la littérature d’aventures, type nord-américaine comme Conrad, Steinbeck. J’ai alors réalisé que ce genre de films d’aventures n’existe plus en France. On ne nous donne plus la possibilité d’en faire. J’étais aussi très intéressé par les thématiques comme la nature, les animaux, l’enfant et la figure du grand-père. Ce qui m’amusait plus que tout, c’était l’idée de faire un conte, de pouvoir emmener ce film sur des références qu

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Chienne d’arrêt : "Belle et Sébastien 3 : le dernier chapitre"

Pour occuper les enfants pendant les vacances | de et avec Clovis Cornillac (Fr, 1h37) avec également Félix Bossuet, Tchéky Karyo…

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

Chienne d’arrêt :

Comme si la montagne lui tombait sur la tête ! Sébastien, qui a désormais douze ans, apprend que son père veut l’emmener au Canada, loin de ses alpages chéris. Pire que tout, Joseph, un odieux bonhomme débarqué de nulle part, revendique la propriété de Belle et de ses trois chiots… Après deux opus touristiques sentant le foin, le vieux poêle et les années cinquante, on n’attendait plus grand chose de Belle et Sébastien, si ce n’est une nouvelle collection de chandails qui grattent et de guêtres en flanelle. Pur objet de producteurs, confié de surcroît à un réalisateur différent, chaque épisode de ce reboot du feuilleton de l’ORTF a déjà l’air d’être la rediffusion de Heidi contre Totoro. Alors, quelle heureuse surprise que ce volet qui, en plus d’annoncer clairement la fin de la série, le propulse dans une direction inattendue. Comme dans Harry Potter, gagnant en noirceur au fur et à mesure que le héros-titre prend de l’âge, Sébastien s’approche de l’adolescence en se confrontant à l’arrachement et à la perte de ses référents d

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Idiocratie à la française : "Les Tuche 3"

ECRANS | de Olivier Baroux (Fr, 1h32) avec Jean-Paul Rouve, Isabelle Nanty, Claire Nadeau…

Vincent Raymond | Mardi 30 novembre 1999

Idiocratie à la française :

Voir un candidat au programme étique accéder à la magistrature suprême après que son adversaire s’est ridiculisé lors du débat d’entre-deux tours n’a aujourd’hui plus rien d’absurde. Pas plus que d’imaginer le dernier des clampins gouverner une super-puissance. La démocratie est cette chose prodigieuse qui donne parfois au peuple le pouvoir de faire n’importe quoi de sa voix. Prenons le cas des Tuche (2010). Gentil succès dans les salles, son audience record lors de sa diffusion télévisée a commandé la mise en chantier d’une suite désespérante…. mais triomphale au box-office. Un solide argument pour légitimer ce troisième opus — celui de la maturité ? Ah non, on ne parle pas de musique. Ici, Jeff Tuche devient donc président de la République, ce qui contrarie sa vocation de fainéant professionnel. Son épouse Cathy martyrise les cuisiniers de l’Élysée pour arriver à la frite parfaite et leur fille se fait manipuler par un écrivaillon de salon. Bref, c’est le chaos au Château… Baroux et sa troupe ne parviennent toujours pas à trancher ent

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Idiocratie à la française : Les Tuche 3

Comédie | de Olivier Baroux (Fr, 1h32) avec Jean-Paul Rouve, Isabelle Nanty, Claire Nadeau…

Vincent Raymond | Mardi 30 janvier 2018

Idiocratie à la française : Les Tuche 3

Voir un candidat au programme étique accéder à la magistrature suprême après que son adversaire s’est ridiculisé lors du débat d’entre-deux tours n’a aujourd’hui plus rien d’absurde. Pas plus que d’imaginer le dernier des clampins gouverner une super-puissance. La démocratie est cette chose prodigieuse qui donne parfois au peuple le pouvoir de faire n’importe quoi de sa voix. Prenons le cas des Tuche (2010). Gentil succès dans les salles, son audience record lors de sa diffusion télévisée a commandé la mise en chantier d’une suite désespérante…. mais triomphale au box-office. Un solide argument pour légitimer ce troisième opus — celui de la maturité ? Ah non, on ne parle pas de musique. Ici, Jeff Tuche devient donc président de la République, ce qui contrarie sa vocation de fainéant professionnel. Son épouse Cathy martyrise les cuisiniers de l’Élysée pour arriver à la frite parfaite et leur fille se fait manipuler par un écrivaillon de salon. Bref, c’est le chaos au Château… Baroux et sa troupe ne parviennent toujours pas à trancher ent

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Le diable se déshabille en bla-bla : "Que le diable nous emporte"

ECRANS | Le puritanisme de précaution étant le parfum de saison, il est à redouter que ce Brisseau suscite une volée d’anathèmes venant d’apôtres du boycott moral n’ayant, (...)

Vincent Raymond | Mardi 9 janvier 2018

Le diable se déshabille en bla-bla :

Le puritanisme de précaution étant le parfum de saison, il est à redouter que ce Brisseau suscite une volée d’anathèmes venant d’apôtres du boycott moral n’ayant, pour certain·e·s jamais vu une traîtresse image de ses longs-métrages. Depuis sa condamnation devant les tribunaux pour harcèlement et agression sexuelle dans le cadre de son activité de cinéaste, ses opus anciens et récents sont tous entachés de suspicion — d’autant que l’homme n’a pas renoncé à filmer des femmes se dévêtant et s’aimant dans de vastes appartements : Que le diable nous emporte en témoigne. Et sa confidentialité, comme sa fragilité économique, en font une bien commode cible expiatoire : lorsque l’affaire Weinstein a enfin éclaté (et qu’il fallut faire choir des têtes), quelques heures suffirent pour que sa rétrospective prévue pour janvier à la Cinémathèque soit reportée sin

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Vieux routards que jamais : "L'Echappée belle"

ECRANS | de Paolo Virzì (It-Fr, 1h52) avec Helen Mirren, Donald Sutherland, Christian McKay… (sortie le 3 janvier)

Vincent Raymond | Mardi 19 décembre 2017

Vieux routards que jamais :

Ella et John ont décidé de rouler vers le Sud à bord de leur vieux camping-car, comme autrefois, mais à l’insu de leurs enfants — ce qui n’est pas pour les rassurer, car John est atteint d’Alzheimer et Ella d’une autre saloperie. Il s’agit sans doute de leur dernière balade en amoureux… L’affiche et la thématique visent les spectateur·trice·s susceptibles de s’identifier à des comédiens avec qui ils partagent, outre les tracas de l’âge, le privilège d’appartenir à une génération “à part” : celle, notamment de la libération sexuelle ou des luttes contre la guerre au Vietnam. Voir ces témoins du Flower Power sillonner, éberlués, leur Amérique en train de se recroqueviller sur Trump ou se pencher sur les cause de la rupture générationnelle existant entre ces géniteurs décomplexés et leurs enfants bien plus coincés, aurait pu s’avérer captivant. Malheureusement, les considérations socio-politiques passent au second plan, s’effaçant au profit de séquences plus “faciles” en émotions. Et si l’empathie que l’on éprouve pour le duo Mirren-Sutherland atténue l’agacement, elle ne

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Ciné-Mystère à l’Aquarium

ECRANS | À l’approche de Noël, chacun y va de son petit cadeau. L’Aquarium ne fait pas exception en vous proposant une pépite sortie de son coffre à merveilles lors (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 décembre 2017

Ciné-Mystère à l’Aquarium

À l’approche de Noël, chacun y va de son petit cadeau. L’Aquarium ne fait pas exception en vous proposant une pépite sortie de son coffre à merveilles lors de sa traditionnelle séance mensuelle. On rappelle le principe : les spectateurs sont priés de venir pour 18h découvrir un film surprise choisi par Marc Artigau (avec la complicité du Petit Bulletin une fois par trimestre). Une petite présentation précède la projection, et une chaleureuse discussion s’ensuit — avouez que c’est plus attrayant que d’aller piétinement parmi les touristes devant les illuminations. Allez, rejoignez sans hésitation ce précieux rendez-vous ! Ciné-Mystère Au Ciné-Aquarium ​le dimanche 10 décembre à 18h

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