Au musée Guimet, la vie culturelle va reprendre dès septembre avec la Biennale d'art contemporain

Politique Culturelle / La Ville de Lyon va rouvrir l'ancien musée Guimet, dans le 6e arrondissement, sous la forme d'une friche culturelle temporaire, ouverte aux acteurs et institutions locales. Premier acte d'envergure : la Biennale d'art contemporain y prendra place dès septembre, en sus de Fagor-Brandt et du MAC.

La tête sous l'eau depuis le coup de Trafalgar concocté par le président de la Métropole et normalement allié Bruno Bernard (qui a annoncé la fermeture de la friche culturelle de Fagor-Brandt, transformée en dépôt TCL), la Ville de Lyon a trouvé un moyen pour rebondir et s'offrir enfin une communication positive d'ampleur dans le champ culturel : l'adjointe à la Culture avait ciblé, dès les premiers jours de remous, l'ancien musée Guimet comme possible lieu d'avenir pour les acteurs culturels, répétant à l'envi le besoin d'un lieu de type "friche culturelle" intra-muros. Elle a réussi à se faire entendre d'un Grégory Doucet qui a fini par prendre la mesure de l'échec de la décision Fagor-Brandt, après l'avoir un peu prise à la légère. Coup double, il donne aussi des gages, par cette décision, à Nathalie Perrin-Gilbert qui commençait à se lasser d'arbitrages défavorables pour elle, comme lors de la mini-crise au sein des adjoints au moment de réattribuer les portefeuilles des Grands Événéments (incluant la Fête des Lumières) et du Tourisme d'une Victoire Goust démissionnaire : si certains élus visaient les compétences Tourisme, NPG aurait bien vu atterrir dans son escarcelle celle des Grands Événements qui aura finalement échu à Audrey Hénocque.

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Le maire avait visité au début de son mandat l'ancien musée et souhaitait lui conserver une vocation culturelle, lui ayant trouvé « une âme ». Mais aucune idée n'était en vue, comme pour d'autres endroits de la ville (une faiblesse récurrente dans la préparation du mandat écologiste, comme pour l'ancienne École des Beaux-Arts par exemple). Vexée par la décision unilatérale du président de la Métropole, consciente aussi du danger pour la réussite de son mandat à la tête de la Culture si des institutions comme la Biennale d'art contemporain, Nuits Sonores et d'autres venaient à toutes quitter la ville pour Oullins (La Saulaie) ou Villeurbanne (usines Bobst) circa 2024, Nathalie Perrin-Gilbert a vite ciblé ce bâtiment vide, qui devait initialement accueillir les Ateliers de la Danse voulus par Dominique Hervieu et l'ancien exécutif, mais qu'elle avait finalement exilé dans le 8e arrondissement, au sein du groupe scolaire Kennedy, pour limiter des coûts jugés trop élevés. NPG a finalement gagné son arbitrage : le musée Guimet, durant deux années et demi (et peut-être plus), accueillera une programmation culturelle en continu. Et ce, dès septembre 2022, avec la Biennale d'art contemporain qui va s'installer pour quatre mois, jusqu'en décembre, dans ses murs. Isabelle Bertolotti, directrice du MAC et co-directrice des Biennales, nous explique : « nous aurons plusieurs lieux dans l'espace public ou patrimoniaux pour cette Biennale, dont Guimet et Fagor-Brandt qui seront emblématiques. Nos deux commissaires, à qui j'avais demandé un fort ancrage local, ont visité plusieurs endroits, des catacombes à Guimet, et ce dernier lieu les a enthousiasmés. Ils en ont parlé au maire qui avait promis de s'y intéresser. Nous aurons une programmation d'artistes sur place, dans un musée fermé depuis longtemps, qui sera dans son jus. On va imaginer des choses pour ce lieu magique : nous sommes super contents, ça va donner une ampleur exceptionnelle à la Biennale et lui permettre de vraiment s'ancrer à l'international dans cette période compliquée. Peut-être que la Biennale suivante occupera encore Guimet. »

500 000€ de subvention pour les travaux

Pour ce faire, une subvention d'un montant de 500 000€ sera soumise au vote du conseil municipal en mars, ou plus probablement en mai, au bénéfice des Biennales — à charge pour cette structure, désormais présidée par Gérard Debrinay, d'assurer les travaux de remise en état des lieux qui serviront donc à d'autres par la suite, comme cela avait été fait, déjà, pour Fagor-Brandt. Il est à noter que ces 500 000€ seront alloués en plus du budget culture prévu dans la PPI. Parmi les travaux qui seront effectués : le sous-sol, le rez-de-chaussée et le premier niveau seront nettoyés, ce qui inclut la grande salle, la galerie des vitrines et des espaces pour des ateliers. Un ascenseur sera remis en état, les fluides (électricité et eau) également. Le lieu bénéficiera alors d'un ERP de type Y (comme pour les musées), le but n'étant pas d'y organiser des concerts par la suite.

Dès janvier, d'autres opérateurs investiront les lieux. Sont pressentis des institutions et différents acteurs culturels établis de la Ville qui souhaiteraient proposer des manifestations ou tester des formats différents. Un appel à projets devrait aussi être lancé afin d'ouvrir à tous les possibilités d'occuper le lieu. La réflexion est encore en cours dans les couloirs de l'Hôtel de Ville. Si le dénominateur commun et principal est donc la culture, un regard attentif devrait être porté plus précisément sur les programmations à destination de la jeunesse et de l'enfance ou encore sur les propositions de type "immersives" : le théâtre mis en scène par Joris Mathieu, dont le TNG qu'il dirige sera bientôt fermé pour travaux, est un nom qui plaît aux décisionnaires. Bien sûr, vu l'ERP visé, les arts visuels seront privilégiés. Nathalie Perrin-Gilbert semble tenir à faire du musée Guimet un lieu d'expériences artistiques durant ces presque trois années — si 2023 et 2024 sont actées, 2025 est encore en suspens — et la possibilité d'établir des liens avec le parc de la Tête d'Or est aussi explorée. Enfin, une nouvelle vie s'annonce pour cet ancien musée Guimet resté fermé au public bien trop longtemps.

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