Voyage au bout des Nuits

MUSIQUES | Après avoir dévoilé il y a un mois, sa nouvelle programmation diurne et des événements spéciaux de premiers choix, Nuits Sonores annonce enfin le plat de résistance qui lui donne son nom : son contenu nocturne. Avec comme invité d'honneur de cette 10e édition forcément exceptionnelle : Lyon. Stéphane Duchêne

Christophe Chabert | Mardi 28 février 2012

Photo : Four Tet


Pour beaucoup d'amateurs de musique électronique et de musique indé, c'est la fin d'un long et beau suspense. Car si, il y a un mois, Nuits Sonores avait déjà dévoilé une bien cossue production diurne et quelques grands noms chargés des événements exceptionnels (New Order, Mudhoney), nous voilà enfin en mesure de dévoiler le contenu de la programmation nocturne de l'événement, dont le nom est, rappelons-le NUITS sonores. Mais avant toute chose, une information prime, essentielle pour ceux qui avaient déjà programmé leur GPS en direction de la Sucrière pour les jours J (ou les Nuits N, donc). Il y a une dizaine de jours, Nuits Sonores a décidé de changer de lieu principal pour accueillir ses ébats nyctalopes.

Ce n'est donc plus la Sucrière qui abritera les chercheurs de sons nocturnes mais l'ancienne usine Brossette sise dans le 7e au cœur de Gerland (à deux pas de Grnd Zero Gerland). Une opportunité qui s'accompagne d'un coup de cœur pour ce site à l'ambiance industrielle si chère à Nuits Sonores qui rappellera un peu l'usine SLI de l'édition 2009. Et qui permet également de monter la jauge d'accueil à 10 000 fous dansant. La Sucrière n'en deviendra pas pour autant un endroit surfait puisqu'elle sera toute entière consacrée à l'accueil d'un groupe qui le mérite : New Order. Mais ça, vous nous direz, on le savait déjà.

Lyonno-lyonnisme

Des noms, des noms, vous entend-on, vociférer entre vos dents. On y vient. D'abord préciser que pour ses 10 ans, après Tokyo, Montréal, Londres etc. Nuits Sonores a eu la fameuse idée de confier son éternelle carte blanche à... Lyon. Un juste retour de choses tant les artistes et activistes musicaux lyonnais ont œuvré depuis dix ans au développement de cet événement désormais international.

C'est donc toute une pléiade de musiciens et artistes lyonnais inonderont la programmation de Nuits en Jours : Arandel, Hervé AK, Zero, Spitzer, Scratch Bandits Crew, Richard Bellia pour un hommage photographique à la scène locale, et même... Jean-Michel Jarre, qui animera sa Red Bull Academy Session lors d'un entretien à l'Hôtel de Ville le 16 mai à 14h. A l'occasion de l'inauguration un hommage sera également rendu par Arandel, Danger et Acid Washed, à son mythique album Oxygène, là où pour beaucoup tout a commencé en matière de musique électronique. Une inauguration exceptionnelle à l'Hôtel Dieu qui verra aussi The Hacker présenter une création tout exprès pour les 10 ans de Nuits Sonores. Quand c'est la fête, c'est la fête.

!!!

Si l'on n'est pas trop fatigué par le programme diurne, les apéros sonores, les projets Extra – qui réservent quelques belles loufoqueries telles qu'un hommage à Jean-Jacques Rousseau, une boum pour bébés ou un championnat du monde de chaises musicales –, ou si l'on n'a pas les yeux rougis d'un trop pleins d'Images Sonores (la partie «visible» de Nuits Sonores), on pourra applaudir, on pourra attaquer très fort dès la première nuit. Avec par exemple, le légendaire James Murphy des DFA Records, les tout foufous !!! (prononcer chk, chk, chk, même si ça n'est pas tellement plus facile), Simian Mobile Disco, Seth Troxler et James Holden, dont le set en 2007 nécessitait un rappel cinq ans plus tard. Ou encore Chris & Cosey, duo survivant des expérimentations électroniques des années 80 et Etienne Jaumet, moitié de Zombie Zombie (également à l'œuvre sur le John Cage Project, en journée).

Le deuxième jour, ou plutôt la deuxième nuit, le traditionnel circuit électronique sera l'occasion d'aller à la rencontre d'une quinzaine de villes du monde entier, ou plutôt des DJ et labels qui s'y ébattent en remuant la tête, à l'invitation de structures lyonnaises : au programme New York, Stuttgart, Berlin Manchester, Londres, Leeds, Ibiza et …Dijon, capitale bien connue de la moutarde, mais pas que.

Ten Years After

Si l'on est sensible aux accents hip-hop, on se dirigera en priorité vers la scène 1 de la nuit 3 avec Scratch Bandits Crew, Kool Keith, MF Doom ou Busy P (derrière lequel se cache Pedro Winter) tandis que la scène 2 sera sans doute accaparée par la prestation très attendue et qu'on osera en toute subjectivité présenter comme l'événement phare des Nuits  : Caribou vs Four Tet, un mariage de la carpe (ou du caribou) et du lapin qui pourrait bien ouvrir les portes de l'enfer, à défaut de celles du paradis.

Enfin, l'un des gros événements de cette édition aura lieu lors de la Nuit 4 - qui accueillera des pointures dubstep, telles que XXXY, Kode9 ou Jay Weed ainsi que de la crème berlinoise bien fouettée : Danny Benedittini, Troy Pierce, Mark Houle - avec le Ten Years Secret Stage. Le principe est simple : de hauts dignitaires passés par Nuits Sonores ces 10 dernières années viendront mixer incognito devant un public qui écoutera d'autant mieux qu'il aura les yeux bandés. Preuve ultime et hautement symbolique, que quelle que soit sa programmation – qui reste à 90% inconnue du profane –, Nuits Sonores est devenu un festival où l'on se rend les yeux fermés.

Nuits Sonores
Du 16 au 20 mai
http://www.nuits-sonores.com

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Hôtel71, l'aventure intérieure

Tiers-Lieu | C'est le dernier né des projets de Arty Farty : un incubateur (pardon, un "creative hub") dédié à la culture et aux médias transformé en spot de conférences où l'on boit des coups. Bienvenue à Hôtel71.

Sébastien Broquet | Mardi 8 octobre 2019

Hôtel71, l'aventure intérieure

Avant de commencer, précisons : Hôtel71 n'est pas H7. Même si l'immeuble est adjacent, même si Arty Farty est aussi dans le coup. Et n'est pas Heat, non plus, qui est le food court accolé à ces deux spots. Si H7 est le lieu totem de le french tech locale, Hôtel71, inauguré le 25 septembre dernier, est la maison des fondateurs de Nuits sonores qui ont essaimé un peu partout dans la ville et au-delà (bientôt un second food court Heat à Montreuil !). Un tiers-lieu où les bureaux de l'association sont désormais installés, mais où dans les étages de cet ancien hôtel particulier se croisent d'autres acteurs culturels ou médiatiques établis ou en devenir. C'est aussi un incubateur, même si on nous a bien expliqué qu'il ne fallait pas employer ce mot. Vincent Carry, le directeur, l'explique ainsi dans son éditorial : « c’est le sens que les équipes d’Arty Farty et de Culture next, avec tous leurs partenaires et soutiens, veulent donner à Hôtel71: une maison pour transmettre et outiller les acteurs culturels et m

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Arty Farty souffle ses 20 bougies

Musiques Électroniques | Derrière Nuits sonores, Le Sucre et l'European Lab, il y a une association, Arty Farty, qui fête ses vingt ans d'existence en investissant durant trois jours l'Auditorium, temple du classique.

Sébastien Broquet | Mardi 12 mars 2019

Arty Farty souffle ses 20 bougies

Pas de grand nom ni de véritable surprise, mais des copains, des expériences, un lieu presque inédit pour ce genre de fête et un concert final qui devrait faire couler quelques larmes et confirme l'Auditorium en spot désormais incontournable de la musique de film : tel est le programme des trois jours de festivités concoctés par l'association Arty Farty pour ses vingt ans. En commençant par la fin, l'on déniche la seule véritable tête d'affiche de ce mini-festival : Arnaud Rebotini, figure imposante de la scène électronique depuis les années 90, auréolé en 2018 d'un César pour sa musique composée pour l'émouvant 120 Battements par minute, film de Robin Campillo contant l'apparition en France du SIDA, les combats d'Act-Up - dont il était partie prenante - et du nécessaire Didier Lestrade, rythmés par une house music salvatrice que ce dernier chroniquait en défricheur au sein du quotidien Libération. Rebotini a parfaitement rendu la symbiose entre les luttes et cette musique alors intimement liée aux clubs gay (La Luna), lui rendant sa force politique et son âme militante qu'elle a aujourd'hui largement égarée alors que DJs comme clubb

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Arty Farty fête ses vingt ans avec Arnaud Rebotini

Anniversaire | Trois jours de festivités à l'Auditorium pour fêter les vingt ans de l'association Arty Farty, à l'origine du festival Nuits sonores : voici le programme dévoilé.

Sébastien Broquet | Mercredi 16 janvier 2019

Arty Farty fête ses vingt ans avec Arnaud Rebotini

Arty Farty, l'association derrière Nuits sonores, est née en 1999 - quelques années avant le lancement du festival électronique lui-même, en 2003. Depuis, d'autres projets ont essaimé, de déclinaisons à Bruxelles et Tanger en passant par l'European Lab puis plus récemment Attable. C'est donc l'anniversaire d'un acteur majeur de la cité qui se fête à l'Auditorium, sur trois jours, du vendredi 15 au dimanche 17 mars prochain. Le programme vient d'être dévoilé : après une inauguration le vendredi 15 dans l'Atrium, place est laissée à l'émission de télévision Tracks (sur Arte) pour une nuit immersive à base de performances et de déambulations, dont le détail sera donné ultérieurement. La fête se poursuivant en mode clubbing avec le DJ américain Rrose, adepte d'une techno expérimentale, qui sera accompagné d'un fidèle du festival et ancien de l'équipe, P.Moore. Garçon Sauvage investit l'Auditorium Samedi 16, après une session de Mini Sonore à destination des kids, et deux programmes Extra! (un blind test de Nina & Simone et un karaoké techno), l'O

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Heat, un nouveau food court à Lyon

Food | Un nouveau food court, Heat, ouvrira ses portes en avril 2019 à Confluence.

Lisa Dumoulin | Jeudi 30 août 2018

Heat, un nouveau food court à Lyon

Après La Commune du côté de Gerland, c'est le quartier de Confluence qui verra arriver un food court nommé Heat, au sein de l'incubateur H7 qui s'installera dans les murs de la Halle Girard s'étendant sur 5000 mètres carrés. Ancienne chaudronnerie construite en 1857, elle deviendra en avril 2019, date d'ouverture prévue, l’emblème de l’écosystème numérique de la métropole. Un lieu dédié aux start-ups du numérique qui aura son food court ouvert à tous : Heat. Porté par Toast, toute nouvelle filiale de Culture Next, présidé par l'association Arty Farty, la halle couverte de 600 mètres carrés sera composée de kiosques d'alimentation et de boisson et d'espaces assis au centre. Un espace modulable grâce à sa structure en containers avec pour ambition d'anticiper les tendances de la street food et de se questionner sur le restaurant de demain.

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Salle Rameau : La Compagnie de Phalsbourg et Steven Hearn emportent la mise

Salle Rameau | La Salle Rameau va accueillir un culture market, un espace food, et la salle de spectacles sera réhabilitée pour accueillir cirque, concerts et conférences.

Sébastien Broquet | Jeudi 4 octobre 2018

Salle Rameau : La Compagnie de Phalsbourg et Steven Hearn emportent la mise

On connaît le lauréat de l'appel d'offres lancé par la Ville de Lyon pour gérer la Salle Rameau : il s'agit du projet porté par le promoteur immobilier Compagnie de Phalsbourg, associé pour l'aspect artistique à Steven Hearn (Scintillo) et Rémy Bergeron (Papamaman Productions). Par communiqué, la Ville de Lyon indique : « Le comité d’examen qui s’est tenu aujourd’hui (NdlR : jeudi 4 octobre), composé du maire de Lyon Georges Képénékian, de l’adjoint aux finances Richard Brumm, de l’Adjointe à l’Immobilier Nicole Gay, de l’adjoint à la Culture Loïc Graber, ainsi que de Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement, a proposé de désigner à la majorité La Compagnie de Phalsbourg, comme lauréat de la consultation pour la réhabilitation de la salle Rameau. Cette proposition sera soumise à l’approbation du conseil municipal. » Les projets portés par Carré d'Or (avec Urban Project) et les Chevaliers du Fiel sont

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L'Échappée belge : razzia sur la douffe

Block Party | Samedi, la rue Chevreul prendra des allures de capitale belge. Courrez-y, ça n’a lieu qu’une fois.

Julie Hainaut | Mardi 13 mars 2018

L'Échappée belge : razzia sur la douffe

Le printemps n’a jamais été aussi proche et on aspire qu’à une seule chose : observer les nuages périr dans le soleil et fêter ça à grand renfort de pépites culturelles et culinaires tout droit venues de Bruxelles. Parce qu’il a beau dracher souvent en Belgique, une chose est sûre : qu’importe la météo, les Belges ont toujours la frite (humour français, pardonnez-nous). Pendant sept heures, le plat pays nous dopera le moral à travers une food block party campée dans l’un des coins les plus gourmands de la ville, le 7e arrondissement. Au programme : du manger belge, du boire belge et de la musique belge (il devrait y avoir sept artistes). Le paradis, en somme. On a hâte (entre autres) de goûter les brioches spéculoos concoctées par le Kitchen Café, le pain à la bière et les brioches aux trois chocolats (belges, forcément) d’Antoinette, de boulotter les frites fraîches maison made in Les Innocents, de danser au son du surdoué DC Salas et de dé

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Attable : la grande bouffe

Festival Food | Pour un week-end, Lyon redevient capitale européenne de la cuisine. De celle qui, selon les organisateurs du festival Attable, secoue « le grand (...)

Adrien Simon | Mardi 13 mars 2018

Attable : la grande bouffe

Pour un week-end, Lyon redevient capitale européenne de la cuisine. De celle qui, selon les organisateurs du festival Attable, secoue « le grand cocotier culinaire ». Qui "décaraffonne" les codes. Or, Dieu sait qu'il y en a, des traditions gastronomiques (qui a dit "lourd héritage" ?) à Lyon. Mais comment ruer dans ces brancards-là ? Attable assume de s'appuyer sur la jeunesse cuisinière : celle qui n'a pas attendu les étoiles Michelin pour mettre les mangeurs des métropoles européennes à ses pieds. Mais que peuvent bien faire ces cuistots, devenus rockstars malgré eux, en déplacement à Lyon ? Fomenter un banquet en hommage au grand Paul ? Les artistes locaux (cols tricolores et étoilés + jeune génération) s'occupent déjà du tribute dominical (ce dimanche, À la Piscine). Montrer qu'il n'y a pas qu'en Rhône, qu'on sait bouffer ? On le savait déjà, et on salive d'avance en pensant à la nourriture autrichienne (!), genre marmotte fermentée et foie gras vegan, que prépareront samedi soir (

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Arty Farty lance un nouveau festival : Attable

Food | Un nouveau festival, entièrement consacré à la culture food, prend place dans le calendrier lyonnais en mars prochain : Attable.

Sébastien Broquet | Lundi 5 février 2018

Arty Farty lance un nouveau festival : Attable

C'est désormais officiel : Arty Farty, ne se contentant pas d'un festival dédié aux musiques électroniques ayant fait sa renommée (Nuits sonores) et d'un forum pensant la culture et l'Europe (European Lab), lance un tout nouvel événement consacré à la culture food : Attable. Cette première édition, qualifiée de « pilote » par les organisateurs, se déroulera sur trois jours du vendredi 16 au dimanche 18 mars, et prendra place uniquement dans le 7e arrondissement qui est actuellement le quartier de prédilection d'Arty Farty : Nuits sonores se déroulera aux anciennes usines Fagor-Brandt et l'European Lab dans les locaux de la faculté. Surtout, c'est en ces contrées qu'est située la première expérience dans le monde culinaire lancée par ces aficionados de Kraftwerk : À La Piscine, restaurant qu

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À La Piscine plonge dans le grand bain

Restaurant | Le projet porté par Arty Farty prend vie. Le restaurant À La Piscine ouvre ses portes ce vendredi 12 mai, dans un cadre au fort potentiel : la (...)

Corentin Fraisse | Vendredi 12 mai 2017

À La Piscine plonge dans le grand bain

Le projet porté par Arty Farty prend vie. Le restaurant À La Piscine ouvre ses portes ce vendredi 12 mai, dans un cadre au fort potentiel : la piscine du Rhône. Son équipe veut remettre le partage, la convivialité et la famille au centre de la table. Dans un cadre magnifique au bord du Rhône, on pourra manger à toute heure, en étant bercé par des playlists en accord avec les différents moments de la journée. Atmosphère conviviale, décoration astucieuse et épurée, des prix abordables (moins de 30€/menu), un large choix de bières et une carte des vins de la vallée du Rhône... Tout est réuni pour que la sauce prenne : on revient plus en longueur sur le sujet dès que l'on a testé. À La Piscine Quai Claude Bernard, Lyon 7e Ouvert de 7h30 à minuit du mercredi au vendredi ; le samedi de 9h à minuit ; le dimanche de 10h à 20h

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Le sommeil attendra

CONNAITRE | 10 ans sans dormir. Son titre même en atteste : dans ce genre de livre rétro-introspectif et, il faut le dire, sans malice aucune, un peu autocélébrateur, (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 30 novembre 2012

Le sommeil attendra

10 ans sans dormir. Son titre même en atteste : dans ce genre de livre rétro-introspectif et, il faut le dire, sans malice aucune, un peu autocélébrateur, on trouve toujours plein de chiffres, ayant trait à la quantité de café avalé, aux nombres de bénévoles endormis sur un canapé (ou décédés), et ici aux nombres de lieux investis (plus de 300). Il ne faut toutefois en retenir qu'un, évoqué par Vincent Carry, M. Nuits Sonores, en introduction : 1 cm. Celui qu'en dépit d'une croissance quasi exponentielle à tous les niveaux, le festival n'a jamais entendu céder à l'exigence artistique mais aussi territoriale qui est la sienne. Dix ans sans dormir, c'est long, surtout vers la fin, surtout quand entre deux festivals on ne dort visiblement pas tellement plus. Toute cette histoire, ce livre vous la dévoile d'un bloc dans lequel on picore, des débuts balbutiants mais déterminés du festival Arty Farty au triomphe de la dixième édition, de la nécessité de la danse dans notre société aux spécificités tous azimuts de la ville de Lyon et de l'histoire de sa musique. Témoignages, portofolio, pages (cartes) blanches aux artistes – dont certaines ont failli le

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Nuits sonores, suivez le guide

MUSIQUES | Perdus dans la programmation de Nuits sonores ? Voici quelques propositions pour vous aider pendant le festival. Un guide avec une liste, non exhaustive, d’événements sélectionnés par Le Petit Bulletin et classés, pour vous simplifier les jours et les nuits.

Dorotée Aznar | Mardi 15 mai 2012

Nuits sonores, suivez le guide

          MERCREDI 16 MAI   # NUIT 1Aux Anciennes usines Brossette de 21h à 5h Kate Wax (Nuit 1 – Scène 2 – 22h)Kate Wax est suisse et sa techno lyrique a la particularité ridiculiser notre Émilie Simon nationale… Bass Drum of Death (Nuit 1 – Scène 3 - RBMA Stage – 22h45)Toute la musique que ces deux-là aiment, elle vient de là, et elle vient du blues. Et comme «qui aime bien châtie bien», Bass Drum of Death  lui font subir les pires outrages. Chez eux, ça sent le jean imbibé de bière tiède, les caves humides, les caisses claires détendues et les médiators fondus. !!! (Nuit 1 – Scène 1 – 23h45)Pour le bien de votre casier judiciaire, veillez à vous assurer de la non-présence de représentants des forces de l'ordre avant d'assister au set de ces New-Yorkais : leur disco-punk est aussi explosif et psychostimulant qu'un ecstasy coupé à la nitroglycérine. James Murphy (Nuit 1

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Nuits sonores 2012 - Sélection Circuit Électronique

MUSIQUES | Pour se mettre en jambes, voici notre sélection pour le Circuit Électronique, jeudi 17 mai.

Dorotée Aznar | Lundi 14 mai 2012

Nuits sonores 2012 - Sélection Circuit Électronique

#1 - 23h30 Kouyate et Neerman (Circuit Électronique – Bamako ! Palmwine Afro Party)Le premier, Malien, est un virtuose du balafon. Le second, Français, est plutôt vibraphone. Ensemble, ils produisent une musique à la croisée du patrimoine mandingue et du ramdam électrique de Sonic Youth. Et dans le genre friction des cultures, c'est autre chose que Amadou & Mariam. Au Marché Gare, jeudi 17 mai à 23h30 ; 2 euros   #2 – 1h Frustration (Circuit Électronique - Born Bad Night)Le meilleur du french rock'n'roll est chez Born Bad, disquaire parisien devenu label à l'automne 2006. Frustration, quintet versé dans le post-punk tendu et incisif à la Wire, fut le premier intégrer son catalogue. Vous voyez à quel sophisme on aboutit ? Au Clacson, jeudi 17 mai à 1h ; 2 euros   #3 – 2h Rodriguez Jr. (Circuit Électronique – Elektro System Loves Mobilee)Elie Semoun et Frank Dubosc ont fait beaucoup de tort au nom Rodriguez avec leurs sketchs franchouillards. Ce jeune Mont

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Blue Sunday

MUSIQUES | Autant si Téléphone se reformait, on reprendrait deux fois des moules, comme disait Desproges, autant l'annonce de la reformation de New Order et surtout leur venue à Lyon le dimanche 20 mai en clôture de Nuits Sonores, nous laisse tout chose.

Stéphane Duchêne | Vendredi 11 mai 2012

Blue Sunday

Quand ils ont fini de s'envoyer des gobelets de bière à la tête, le fan de rock et celui d'électro se mettent d'accord sur une chose et cette chose s'appelle New Order, formation née des cendres de Joy Division et du cadavre de son chanteur Ian Curtis. Car en son temps, le début des 80's, New Order a inventé non pas le rock électronique (Kraftwerk l'avait fait avant) mais le rock électro qui se danse, et pas qu'un peu. Permettant au passage à la décennie 80 de vivre la dictature des synthés dans la dignité, à coups de tubes fédérateurs (Blue Monday, Bizarre Love Triangle). Surtout, après maintes traversées du désert et prises de bec (le bassiste Peter Hook a pris la tangente), New Order n'a jamais vieilli opérant plusieurs come-back, dont un saisissant aux débuts des années 2000 avec deux albums beaucoup plus «retour du rock». En attendant les Stone Roses, autre exemple de fusion entre pop et danse de Saint-Gui, à Fourvière en juin, New Order marque la première étape d'une «fooking» invasion mancunienne, comme on dit dans le nord de l'Angleterre. Stéphane Duchêne

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J'ai dix ans

MUSIQUES | Au début était la curiosité. Celle qui étreint tout amateur de musiques «electronic & indie» à l'aube du dévoilement de la programmation annuelle de Nuits Sonores. Puis vint l'impatience. Celle qui ronge ledit amateur alors qu'il bosse son cardio en vue d'honorer ce pass payé l'équivalent de quinze paquets de clopes. À quelques heures du grand plongeon dans l'abîme de décibels qu'est la dixième édition du festival, l'heure est désormais à la prise d'élan. Et par extension, à la prise de recul. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 8 mai 2012

J'ai dix ans

Nuits Sonores, événement de niche (même si consacré à la dernière révolution musicale en date) devenu en une décennie un modèle de viabilité (son taux d'auto-financement dépasse les 80%) et l'un des principaux atouts de la ville de Lyon en termes d'attractivité, aurait toutes les raisons de se reconvertir dans le tressage de couronnes de lauriers. Or, dans ce secteur sclérosé par le mimétisme qu'est le marché des festivals (cet été, rien qu'en France, Zebda est annoncé sur pas moins de trente-six dates et Orelsan, Shaka Ponk, 1995 et Skip the Use sur une vingtaine chacun), s'il est un rendez-vous annuel dont la cohérence et la singularité n'ont pas été entamées par les années et le succès, c'est bien celui-ci. Un plan béton À quoi cela tient-il ? Principalement à une double ambition de laquelle l'association Arty Farty, qui tient les rênes du mastodonte, n'a jamais dévié, et que Vincent Carry, cofondateur et actuel directeur des Nuits, présente en ces termes : «Nous sommes partis du constat que la deuxième ville de France ne disposait pas d'événement majeur en matière de musiques électroniques, qu'il y avait un manque. Un manque d'autant pl

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Nuits de noces

MUSIQUES | On a tout essayé. La livraison de cigarettes en chocolat comme la brûlure par mégots, le versement de pots-de-vin comme l'application d'alcool à brûler sur (...)

Benjamin Mialot | Mardi 1 mai 2012

Nuits de noces

On a tout essayé. La livraison de cigarettes en chocolat comme la brûlure par mégots, le versement de pots-de-vin comme l'application d'alcool à brûler sur les muqueuses, l'offrande d'éphèbes et de pucelles comme l'enfermement dans une vierge de fer. Mais rien à faire, Arty Farty ne nous a rien lâché quant à l'identité des « Dj's les plus emblématiques de l'histoire de Nuits Sonores» qui composeront le 19 mai son «10 years secret stage». Pas grave, ce n'est pas comme si les nuits qui donnent son nom au festival n'affichaient pas une fois encore une programmation aux airs de dictionnaire biographique de l'électro indé. A la lettre K, par exemple, on notera la présence du secret Kode9, pionnier du dubstep et fondateur du label de référence Hyperdub. Deux consonnes plus loin saute aux yeux celle du New-Yorkais James Murphy, qui, depuis plus de vingt ans, travaille à l'abolissement des frontières entre musique à guitares et musique à machines (avec le succès que l'on sait, que ce soit à la tête du label DFA ou à celle du groupe LCD Soundsystem). Il en va ainsi de tout l'alphabet, ou peu s'en faut. C comme le corrosif et cérébral Clark

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Panier Garnier

MUSIQUES | Voilà, c'est fini. Quand retentira la dernière note du set de quatre heures que donnera Laurent Garnier ce mercredi 21 décembre à la Plateforme, les Échos (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 16 décembre 2011

Panier Garnier

Voilà, c'est fini. Quand retentira la dernière note du set de quatre heures que donnera Laurent Garnier ce mercredi 21 décembre à la Plateforme, les Échos Sonores ne seront plus. Faudra-t-il les pleurer ? Non. Car pour une fois, l'argent et la municipalité ne sont pour rien dans cette affaire. Après sept années passées à faire éclore les fines fleurs de la culture électronique (impossible de toutes les citer, il y en a près de 250) aux quatre coins de l'agglomération et au vu de la saine concurrence apparue depuis sur ce créneau (comme les soirées Destructuré et Fantasy du collectif Elektrosystem, ), Arty Farty a estimé qu'il était temps de passer à autre chose. En l'occurrence à des rendez-vous mettant l'accent sur la création numérique, dont on reparlera en temps et en heure. Pour l'heure, quoi de plus censé que de laisser le soin de poser le point final à celui par qui tout a commencé ? Bien sûr, tout a déjà été dit sur Laurent Garnier : sur ses débuts de Dj à la mythique Hacienda de Londres à la fin des années 80, sur sa stature d'ambassadeur de la techno et des rave parties, sur ses qualités sans cesse renouvelées de passeur... Bien sûr, toutes les blagues capillaires ont d

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Échos au crépuscule

ACTUS | Insomniaque / C’est bientôt la fin pour les Échos sonores : arrivés à leur centième rendez-vous, ils couperont définitivement le son… Une dernière salve qui est aussi, pour Arty farty, un moyen de préparer un avenir chargé. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Dimanche 13 novembre 2011

Échos au crépuscule

Créés dans la foulée de la deuxième édition de Nuits Sonores, les Échos sonores ont permis à Lyon de se replacer sur la carte de l’électro et du clubbing hype, et pas seulement le temps d’une semaine de festival. Pensés comme un pendant régulier de ce grand raout annuel, mais aussi comme sa vitrine auprès du public lyonnais, les Échos sonores ont beaucoup navigué durant ces sept années ; si La Plateforme a accueilli la majorité de leurs escales, ils se sont aussi amarrés du côté de Jazz à Vienne, du DV1, de l’Épicerie Moderne à Feyzin, des Subsistances et du Transbordeur, notamment depuis le changement de sa direction. Quant aux artistes invités, ils représentent une histoire fidèle de ce qui s’est passé en matière de musique électronique depuis 2003 : de la déferlante Justice au culte Squarepusher, du phénomène Birdy Nam Nam au vétéran Kevin Saunderson, toutes les esthétiques, des plus fashion aux plus alternatives, sont passées par les Échos. Comme un drôle de présage, un des habitués du rendez-vous, Dj Medhi, n’a pas pu honorer la cinquième date qu’il devait faire à Lyon sous ce label pour cause de chute mortelle, et ce l’année où les Échos sonores ont décidé de baisser le ri

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Electro - ÉCHO SONORE

MUSIQUES | Let the children technoEn 2010 à Nuits Sonores, Pedro Winter alias Busy P, le créateur d’Ed Banger, avait applaudi le public lyonnais en jurant qu’il (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 10 février 2011

Electro - ÉCHO SONORE

Let the children technoEn 2010 à Nuits Sonores, Pedro Winter alias Busy P, le créateur d’Ed Banger, avait applaudi le public lyonnais en jurant qu’il reviendrait. Alors le revoilà, avec dans ses bagages une toute nouvelle compile, Let The Children Techno, qui ressemble à une photo de famille. Au premier plan, on retrouve bien sûr les poulains de Pedro (Sebastian, Breakbot et Dj Mehdi, qui seront sur scène avec lui). Mais au-delà d’un son perce-muraille, le clan Ed Banger, c’est aussi tous les proches, les pros, les amis, qui partagent avec Busy P la vision d’un dancefloor secoué du bocal. Arty Farty en faisant partie, pas étonnant que «la famille» s’arrête au Transbordeur, jeudi 17 février, pour un Écho Sonore dédié aux huit ans du label. Les rejetons de Justice y feront le plein de BPM. SL

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Label Voisine

MUSIQUES | Musique / On ignore souvent que la Suisse regorge de talents musicaux autres que nos très imposables compatriotes. Arty Farty et La Belle Voisine nous (...)

| Mercredi 24 janvier 2007

Label Voisine

Musique / On ignore souvent que la Suisse regorge de talents musicaux autres que nos très imposables compatriotes. Arty Farty et La Belle Voisine nous démontrent le contraire avec un quintette de groupes pas piqués des Edelweiss. Au menu : Husky qui a choisi d'importer la surf music circa 1966 à Fribourg. Le résultat oscillant entre les Ramones, un Johnny Cash en chemise à fleurs et Rémy Bricka l'homme orchestre. Car Husky est un one man band, jouant simultanément de la guitare, du clavier et de la batterie. Mais allez donc trouver des copains surfeurs au pays de la carpe frite. Au rayon junk food cette fois, Hell's Kitchen. Ce quartier de Manhattan connu pour son insalubrité notoire, donne aussi son nom à un trio venu de Genève qui rôtit un blues tout aussi insalubre et tripier, étrangement éloigné de toute idée de convention. Une cuisine de l'enfer qui mélange vieux apôtres originels (Son House ou Robert Johnson) et fornications satanico-vaudou entre Black Sabbath et 16 Horsepower. Autre team Genevois, What's wrong with us semble, comme son nom l'indique, se demander ce qui ne va pas chez lui. Beaucoup de choses en fait, tant cette musique véhicule d'inquiétante étrangeté. Sur le

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