J'aime (pas) la chanson française

MUSIQUES | Au Petit Bulletin nous avons cette réputation, en laquelle nous croyons parfois nous-mêmes, qui veut qu’à l’instar du titre des opus du dessinateur Luz, «[On] n'aime (toujours) pas la chanson française». La preuve que si, un peu. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

On a beau eu noircir des Unes sur Françoiz Breut, la révélation Daisy Lambert, faire des ronds de jambes à Emilie Loizeau, Jean-Louis Murat, Benji Biolay, ou même ce drôle d'animal qu'on appelle Fauve – qui revient d'ailleurs déverser sa bile casse-gueule au Festival Nouvelles Voix à Villefranche – rien n'y fait. Une réputation, ça vous colle à la peau comme le pansement du Capitaine Haddock, tout ça parce qu'on n'est pas à fond sur Calogero – et ce n'est pas avec Circus, son opéra pop, que ça va s'arranger – ou que Jean-Jacques Goldman n'est pas notre français préféré.

Le truc c'est qu'appréhender la notion de chanson française c'est comme essayer d'attraper un très gros saumon, c'est une notion qui se débat – pas de rapport, à part l'idiome, et encore, entre  Brigitte Fontaine (14 novembre au Radiant), Mylène Farmer (on s'en fout, c'est odieusement complet) et Zaz, qu'on propose de fusionner avec Zazie et Zaho, en Zaziezaho, histoire de faire baisser de deux tiers leur taux de nuisance, en plus on rigolerait bien. Alors plouf, plouf (saleté de saumon) que retenir quand même de cette saison à venir en termes de ritournelle franchouillarde ?

Pendentif


D'abord que le Radiant-Bellevue de Caluire se tire la part du (Grand) Lyon en la matière. L'on pourra voir le 8 octobre Jean-Louis Murat faire étape de sa tournée Toboggan, lui que, dit-on, plus personne ne voulait recevoir ici, rapport à son trop plein de bile. Le Radiant remplira également deux fois sa salle (ne cherchez plus, y a plus rien à vendre) avec la petite fiancée de la France branchée (tremble Mimie Mathy !) : Vaness' Paradis, au dernier album à forte teneur en Biolay. Défileront également l'ex-fan des 60's Jane Birkin – bon, chanson franglaise là, le 15 novembre, mais super manière de tester l'acoustique du lieu – le fou chantant Jacques Higelin, le 19, et les vieux-jeunes BB Brunes, le 8. Oui, vu comme ça, le Radiant c'est vintage, limite Musée Grévin (la momie IAM y rôderait, et on y exposerait même des Têtes Raides).

Mais celui que l'on attend à l'Épicerie Moderne, de pied ferme mais le genou tremblant comme celui de Dick Rivers, c'est le grand Bertrand Belin (le 18 octobre). Enfin, côté fun, après La Femme, Aline et Granville l'an dernier, designers de paysages francophones et d'hymnes pop balnéaires, voici venus leurs collègues de Pendentif (le 20 novembre à la Marquise) avec un album tout frais, tout sucré. Peut-être bien le petit bijou d'une chanson française qui ne choisit plus entre rock, pop et variété. Et réussit sur toute la ligne.


Jacques Higelin


Radiant-Bellevue 1 rue Jean Moulin Caluire
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Bertrand Belin + H-Burns & cuivres

Pop française
Épicerie Moderne Place René Lescot Feyzin
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Nastassja Martin : rouge baiser

Story | Dans un sublime récit baptisé Croire aux fauves, l'anthropologue Nastassja Martin raconte sa terrible rencontre avec un ours, sa reconstruction physique et psychologique et l'étrange métamorphose qu'elle induit. Un texte infiniment poétique qui est aussi une plongée dans l'intimité du travail des anthropologues, ces chamanes de notre temps.

Stéphane Duchêne | Mercredi 12 février 2020

Nastassja Martin : rouge baiser

«L’ours est parti depuis plusieurs heures maintenant et moi j’attends, j’attends que la brume se dissipe. La steppe est rouge, les mains sont rouges, le visage tuméfié et déchiré ne se ressemble plus. » Ainsi débute Croire aux fauves, sans exposition, sans les présentations d'usage, à vif, avec pour tout décor connu : la steppe. Une femme gît dans ce paysage, en sang, la mâchoire broyée et le cuir chevelu cisaillé. Elle vient de croiser un ours. De trop près. Drôle d'endroit pour une rencontre ? Plutôt deux fois qu'une : à cet endroit, sur un plateau glaciaire du Kamtchatka, d'ordinaire les ours ne s'aventurent guère – il n'y a rien pour faire bombance. Le truc, c'est que les humains non plus. Sauf ce jour-là donc, où la femme a vu l'ours et avec lui sa dernière heure arriver avant que l'animal, inexplicablement, ne se ravise. Cette femme, c'est l'autrice elle-même, Nastassja Martin, anthropologue élevée au savoir du grand Philippe Descola et spécialisée dans l'étude des peuples arctiques sur un terrain de jeu immense allant de l'Alaska à la Sibérie extrême-orientale. On avait ainsi pu lire, dans Les Âmes sauvages, le récit de son séjour chez

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Brigitte Fontaine, l'inadaptée

Chanson | La reine des kékés repasse par nos contrées avec quelques nouvelles chansons dans sa poche et un guitariste repéré chez Bashung pour l'accompagner : à ne pas rater.

Sébastien Broquet | Mardi 8 octobre 2019

Brigitte Fontaine, l'inadaptée

Omniprésente, Brigitte. La vraie, pas le fade duo, mais bien la Fontaine, celle qui s'est offert des collaborations avec l'Art Ensemble of Chicago ou encore Sonic Youth (deux titres encore inédits !) et ne semble pas prête de voir la source de son inspiration se tarir : cette année, on l'a suivie sur les étals des libraires avec son recueil de poèmes intitulé Paroles d'Évangiles, aux Éditions Le Tripode (avec une cover signée Enki Bilal). On l'a croisée sur grand écran cet été, dans le documentaire Hauts les filles ! de François Armanet et Bayon. On attend son nouvel album, le premier depuis 2013 et J'ai l'honneur d'être. Et la voici repartie sur les routes pour une longue tournée qui la voit passer par le Radiant-Bellevue ce mercredi 16 octobre, si tout va bien (à l'heure où nous bouclons, la dame a annulé sa date du 5 octobre à Nice pour une blessure à la cheville, mais le show lyonnais n'est pas remis en cause selon Mediatone, le producteur). Look de libellule À 80 balais fêtés pendant la dernière canicule, Brigitte Font

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Ris amer : "Joker"

Le Film de la Semaine | La douloureuse naissance de l’antagoniste de Batman en mode rite initiatique sadique et parcours contre-résilient. Bouc émissaire virant bourreau, Joaquin Phoenix est plus qu’inquiétant dans cette copie-carbone du cinéma des 70’s. Un interloquant Lion d’Or.

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Ris amer :

Atteint d’un trouble mental lui provoquant d’irrépressibles fous-rires, Arthur Fleck vit seul avec sa mère grabataire. Effectuant des prestations de clown pour survivre, il ambitionne de se lancer dans le stand-up. Mais rien ne se passe comme prévu, et une spirale infernale l’aspire… Un déclassé humilié par tous dans une grande métropole en crise devenant un héros populaire après avoir commis un acte délictuel ; un humoriste raté se vengeant de ses échecs sur son idole… Une quarantaine d’années environ après Taxi Driver (1976) et La Valse des Pantins (1982), Martin Scorsese vient donc de recevoir (par procuration) le Lion d’Or de la Mostra pour un film portant nombre de ses “stigmates“ — ne manque guère qu’un petit fond de religiosité chez le personnage principal —, mais aussi payant un lourd tribut à Sidney Lumet (Network, Un après-midi de Chien) comme à DePalma, dont le Blow Out (1981) brille au fronton d’un cinéma de Gotham. Todd Philipps a en effet signé avec Joker un

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20 concerts pour l'automne

Nos bons plans | Sélection drastique, forcément subjective, des vingt concerts qu'il ne faut surtout pas rater en cette saison : suivez le guide.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 septembre 2019

20 concerts pour l'automne

Baptiste W. Hamon Surprise : le plus français des countrymen, métis musical revendiqué de Townes Van Zandt et Jacques Bertin, trop méconnu à notre goût, est revenu il y a quelques mois avec Soleil, Soleil Bleu. Si l'on retrouve quelques balises country (l'ami Will Oldham / Bonnie "Prince" Billy est toujours de la partie), celles-ci jalonnent un territoire bien plus pop et orchestré. Et l'art de "l'écrivage" de chanson (le songwriting, quoi) de notre W., de prendre une nouvelle ampleur. À Thou Bout d'Chant le jeudi 3 octobre Metronomy En rentrant en Angleterre pour accoucher de Metronomy Forever, l'ex-néo-parisien Joseph Mount semble avoir retrouvé le mojo tubesque partiellement égaré sur Summer 08, celui qui l'avait vu accoucher de Love Letters, Monstruous, The Look, The Bay ou Corinne, sur ses précédentes saillies. Bonne nouvelle quand on sait que Metronomy vient livrer tout cela avec la fantaisie scénique qu'on lui connaît

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Bertrand Belin : le livre de la jungle

Littérature | En amont de son passage aux Nuits de Fourvière, le chanteur et romancier Bertrand Belin se fend d'une halte à Musicalame. L'occasion d'évoquer son troisième roman, Grands Carnivores, qui au fil d'une écriture virtuose déchiquète les mécanismes de la peur comme carburant d'une société sauvage.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 avril 2019

Bertrand Belin : le livre de la jungle

« Puisqu'ils ne sont ni visibles, ni nulle part, hélas, il faut donc qu'ils soient partout ». « Ils » ce sont les fauves, échappés d'un cirque, la faute à un employé qui a laissé ouverte des cages qu'il a pourtant refermées (sic) – on ne saura jamais le fin mot de l'histoire –, des fauves, lions, tigres, on ne sait, en liberté dans une ville indéterminée d'un Empire dont on ne nous dit que le déclin certain et le froid qui cingle comme une « gifle orientale ». Mais c'est aussi la peur qui s'installe alors en ville, se répandant comme un virus, plus sûrement une rumeur, nappée d'irrationnel et de fantasmes mal placés (« le faux vrai se devait d'avoir l'air encore plus vrai que du vrai vrai »). « Ils » ce pourrait être n'importe quoi, n'importe qui, et donc, par association, l'autre, celui qu'on exècre parce qu'il est une menace, ou qui est une menace parce qu'on l'exècre. À l'image de cette figure témoin qu'est le « récemment promu nouveau directeur des entreprises de ressorts et boulons », un arriviste confit dans le rance de ses valeurs, et de son antithèse de frère honni et jalousé, artiste-peintre coupa

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Bertrand Belin : des hommes qui tombent

Rock | Sur Persona, son récent dernier album, ce drôle d'oiseau de Belin continue d'élaguer son verbe, de débroussailler le langage, pour faire surgir la poésie contradictoire et empathique d'un monde qui se promet au feu et condamne à la chute des hommes qu'on ne regarde déjà plus.

Stéphane Duchêne | Mardi 12 mars 2019

Bertrand Belin : des hommes qui tombent

Énigmatique, cryptique, sec comme un coup de bec, de plus en plus le verbe et donc le chant belinien semblent évoluer vers l'abstraction. On le constate à chacun de ses albums, le Breton Bertrand va toujours plus loin vers ce far west d'épure et de chanson à l'os, son plat de plus en plus traditionnel. Mais c'est sans doute à force de « parler en fou » (de Bassan), ainsi qu'il le confessait sur un précédent disque, Cap Waller ; à force de jouer la poésie d'un hasard qui n'en est pas vraiment un, d'une contingence et il faut bien le dire, d'une élégance folle, d'une sorte de désinvolture imitant la pose et la pause du dandy-moqueur, qu'il trouve sa manière de solidification, déjoue la question de la profondeur par le superficiel apparent, affronte la réalité comme le pic-vert attaque l'arbre, à coups aussi répétés que millimétrés. Si un disque de Bertrand Belin symbolise cette approche singulière, c'est sans doute Persona, où le chanteur-guitariste-auteur-compositeur-conteur démontre à quel point ce "parler fou" est le langage de la lucidité, se nou

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Carte blanche à Jean-Louis Murat

ECRANS | Porté par le souffle de son nouvel album Il Francese, le fier amant de la terre arverne Jean-Louis Murat marque une étape dans une salle dont le nom fait (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

Carte blanche à Jean-Louis Murat

Porté par le souffle de son nouvel album Il Francese, le fier amant de la terre arverne Jean-Louis Murat marque une étape dans une salle dont le nom fait écho à son millésime 2013 : Toboggan. Dans sa grande polyvalence, le lieu décinois abrite également un cinéma ayant offert à l’auteur-compositeur-interprète une carte blanche ; celui-ci a porté son choix sur deux œuvres italiennes post-néoréalistes : L’Or de Naples de Vittorio De Sica (1954) et Accatone de Pasolini (1961). À (re)voir avant et après le concert. Carte blanche à Jean-Louis Murat Au Toboggan les v​endredi 23 à 18h et dimanche 25 novembre à 18h30

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Lesbien descendu ? : "Un couteau dans le cœur"

Sapho-melon | de Yann Gonzalez (Fr, 1h42) avec Vanessa Paradis, Nicolas Maury, Kate Moran…

Vincent Raymond | Mardi 26 juin 2018

Lesbien descendu ? :

Productrice de séries Z porno gay, Anne digère mal sa rupture avec Loïs, sa monteuse. À ses finances déclinantes s’ajoute une épidémie de meurtres sanglants ravageant son équipe, laissant indifférente la police en cette fin des années 1970. Pourtant, Anne s’obstine à tourner… Copains comme cochons, Yann Gonzalez et Bertrand Mandico ont biberonné aux mêmes sources filmiques et partagent le désir de fabriquer un cinéma pétri de leurs références esthétiques. Mais quand le réalisateur des Garçons sauvages bricole un univers cohérent et personnel où affleure un subtil réseau d’influences savamment entremêlées, Gonzalez produit un bout-à-bout de séquences clinquantes et boiteuses se réfugiant derrière l’hommage à Argento, Jess Franco, Jean Rollin — qui sais-je encore parmi les vénérables du genre horrifico-déshabillé — pour en justifier la kitschissime maladresse ou l’outrageuse complaisance. Tout ici semble procéder d’une extrême roublardise. En premier lieu le choix de “l’icône” Vanessa Paradis, dont les qua

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Ça craint en Ukraine : "Frost"

Là-balte si j’y suis | de Šarūnas Bartas (Lit-Fr-Ukr-Pol, 2h) avec Mantas Janciauskas, Lyja Maknaviciute, Andrzej Chyra, Vanessa Paradis…

Vincent Raymond | Mardi 27 mars 2018

Ça craint en Ukraine :

Pour dépanner un ami, Rokas et Inga acceptent de convoyer une camionnette humanitaire de Lituanie en Ukraine. Sauf que la zone n’est pas si facile d’accès en période de guerre — une guerre dont Rokas n’avait même pas idée, et qui intrigue ce jeune homme sans but… Cinéaste du politique, voire du géopolitique, Bartas ne pouvait rester insensible à la situation ukrainienne et au chaos qu’elle produit. Un chaos mâtiné d’incertitudes et de danger, conforme à l’ambiance inquiétante de ses premiers films, explorant par la contemplation le flou des frontières et de l’attente. Pourtant, c’est par une structure des plus linéaires que Bartas engage son récit : il faut que ses deux protagonistes se perdent, littéralement ; qu’ils éprouvent la réalité de la guerre en discutant avec des “humanitaires” pour qu’ils se trouvent — ou du moins parviennent à orienter leur boussole intérieure. La curiosité de Rokas, cette irrépressible pulsion le menant au plus près du danger — histoire d’en apprécier la réalité mais aussi de tester le hasard — rappelle la démarche de John Locke, hér

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The Limiñanas : son à la catalane

Le Disque | C'est tout l'art des Limiñanas que de convoquer sur un album des invités aussi disparates que Pascal Comelade, au piano, Peter Hook et sa basse mélodique, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 20 mars 2018

The Limiñanas : son à la catalane

C'est tout l'art des Limiñanas que de convoquer sur un album des invités aussi disparates que Pascal Comelade, au piano, Peter Hook et sa basse mélodique, Emmanuelle Seigner – trois habitués –, Bertrand Belin ou Anton Newcombe sans s'éparpiller façon puzzle. Peut-être parce que le duo (enrichi) de Cabestany a, sous ces oripeaux garage, toujours navigué sur pas mal de fronts esthétiques - on peut en avoir un aperçu sur la toute récente compilation I've Got Trouble in Mind Vol. 2 qui recense des raretés, notamment quelques belles reprises de Polnareff (Time will tell), les Kinks (Two Sisters avec Anton Newcombe), The Lords of the New Church (Russian Roulette) ou... le chant de Noël Silent Night en version mariachi. Peut-être aussi parce que la force du concept, jamais ramenard, toujours en toile de fond, suffit à donner du liant à l'ensemble comme une musique de film imaginé. Sur Shadow People, le groupe raconte

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En corps, encore ! : "Vivir y Otras Ficciones"

Semi-docu | de Jo Sol (Esp, 1h25) avec Antonio Centeno, Pepe Rovira, Arántzazu Ruiz…

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

En corps, encore ! :

Sur son fauteuil roulant, Antonio milite activement pour l’assistance sexuelle des personnes handicapées. Mettant à disposition sa chambre d’amis afin qu’une prostituée puisse s’acquitter de cette mission, il s’attire les foudres de son entourage : Laura, son aide-soignante, et Pepe, son assistant de vie — lequel bataille de son côté avec ses propres démons… Entre documentaire et fiction, Vivir y Otras Ficciones ne cache pas sa dimension “manifeste” en faveur de la reconnaissance des accompagnants sexuels — rappelant en cela l’excellente comédie dramatique de Jean-Pierre Sinapi, Nationale 7 (2000). Son protagoniste, Antonio, a le loisir de développer tout son argumentaire face à des interlocuteurs incarnant la réticence de la société face à ce que lui revendique comme un droit : le vieux Pepe oppose la “morale“ (le sexe restant tabou), la jeune Laura s’insurge contre l’exploitation humaine que l’accompagnement implique, le service étant rémunéré, à l’instar de la prostitution. Si le film souffre d’une technique inégale, il compe

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Démise en scène : "Maryline"

ECRANS | de Guillaume Gallienne (Fr, 1h47) avec Adeline D'Hermy, Vanessa Paradis, Alice Pol…

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

Démise en scène :

Venue de sa province, Maryline se rêve comédienne. Outre la blondeur attachée à son prénom si lourd à porter, elle dégage un je-ne-sais quoi séduisant les cinéastes. Las ! Son incapacité à fendre l’armure la plombe et elle végète, quand elle ne s’auto-détruit pas dans l’alcool… La bonne nouvelle, c’est que Guillaume Gallienne a renoncé à jouer dans son second long-métrage — il nous devait bien cela, après avoir doublement imposé sa présence dans Les Garçons et Guillaume, à table ! La mauvaise, c’est le choix de la presque jeune Adeline D’Hermy, empruntée au Français. Son visage marqué est dépourvu de la cinégénie requise pour ce rôle : on ne perçoit jamais la radieuse séduction censée émaner de son personnage. La malheureuse semble pourtant se donner du mal pour être à la hauteur ; sans beaucoup de succès : on est plus enclin à la conspuer avec ses opposants qu’à éprouver de la compassion pour elle. Paradoxalement, le réalisateur parvient à tirer de ce malaise un effet productif à la toute fin, quand Maryline au

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Un Poing c’est court

ECRANS | La 17e édition de ce festival citoyen débute avec, comme à son habitude, un premier week-end tout entier dévolu à la projection de ses quatre programmes de (...)

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Un Poing c’est court

La 17e édition de ce festival citoyen débute avec, comme à son habitude, un premier week-end tout entier dévolu à la projection de ses quatre programmes de compétition (parmi lesquels Ennemis intérieurs de Sélim Azzazi, deux fois primé à Villeurbanne) et sa carte blanche au réalisateur tunisien Ibrahim Letaïef, ancien lauréat de la manifestation. Le festival se poursuivra encore une semaine avec des rencontres, ateliers, débats et projections, jusqu’à la traditionnelle Nuit du court (permettant de revoir Vous m’aimerez de Julien Sauvadon) vendredi 20, que suivra le lendemain la soirée de palmarès. Un Poing c'est court Au Cinéma Les Amphis à Vaulx-en-Velin du 13 au 21 Janvier

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Festival du film court de Villeurbanne : L’enfance du 7e art

37e festival du film court de Villeurbanne | Si la fusion Auvergne/Rhône-Alpes a porté le mastodonte clermontois au top des rendez-vous régionaux dédiés aux courts-métrages, celui du Zola conserve (malgré un budget trop modeste) l’avantage de l’antériorité, de la convivialité et de la curiosité.

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Festival du film court de Villeurbanne : L’enfance du 7e art

Année après année, le Festival du film court de Villeurbanne demeure LE refuge pour spectateurs avides de propositions cinématographiques inédites. La preuve avec cette 37e édition, parcourue par un souffle de nouveautés, perceptible notamment dans les 44 films de sa compétition européenne — sa principale sélection —, et accentuée par une étonnante surreprésentation d’enfants. D’enfants à naître, dans le superbe court animé de Roshanak Roshan, Yalda où une Iranienne exilée révèle sa crainte de devenir mère, ou d’êtres infantilisés, à l’instar du protagoniste de Nabelschur. Signé par la prometteuse Eliza Petkova, ce film à la direction artistique impeccable montre un jeune homme garrotté par une mère mutique et possessive à l’amour odieusement destructeur. Renouveau allemand Observateurs, messagers, parfois dépositaires de secrets écrasants, les enfants entrent dans un monde terrifiant auquel ils ne sont pas préparés : la fillette kurde réfugiée chargée d’annoncer un diagnostic médical à sa mère de Il Silenzio, ou le môme découvrant que son père doit dém

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Brigitte Fontaine annule son concert de vendredi

Théâtre de Vénissieux | Pour des raisons de santé, Brigitte Fontaine annule son concert initialement prévu ce vendredi 7 octobre au Théâtre de Vénissieux. Le (...)

Nadja Pobel | Mardi 4 octobre 2016

Brigitte Fontaine annule son concert de vendredi

Pour des raisons de santé, Brigitte Fontaine annule son concert initialement prévu ce vendredi 7 octobre au Théâtre de Vénissieux. Le remboursement des places est possible dès aujourd'hui, auprès de la billetterie du théâtre : 04 72 90 86 60.

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Le café Arsène casse la croûte

Restaurant | Les anciens tenanciers de l'Escarcelle convoquent l'esprit (pas suranné mais rénové) des bistrots à la française dans un ancien atelier de bijoutier du 1er arrondissement.

Adrien Simon | Mardi 28 juin 2016

Le café Arsène casse la croûte

On avait lu que deux trentenaires — déjà connus pour leur resto sous les Chartreux : l'Escarcelle, aujourd'hui fermé — voulaient se lancer dans le « vieux café-comptoir à la française, où l'animation ne s'arrêterait jamais. » Ils annonçaient, près de l'Opéra, un vrai (de vrai) bistrot, où l'on pourrait manger un sandwich au bar en lisant la presse ; boire une pression en consultant ses mails ; tenir le crachoir auprès du patron ; avaler un plat du jour sur des banquettes en skaï. Et les patrons de convoquer l'esprit des années 20 : café Arsène, donc. Avant d'arriver, on s'imaginait un vieux zinc en reprise, à l'instar du Café du Rhône, ou du Bistrot des Fauves. Pas du tout. On a l'impression d'un grand cube creusé directement dans la pierre, s'ouvrant via une grande double-porte en bois. Au centre, un énorme comptoir, tout neuf, massif et cubique lui aussi. Autour, des tables hautes, pour boire un coup vite fait. Le long des murs, quelques banquettes en cuir encore brillantes, et au plafond (haut, le plafond) une suspension monumentale. Ok : new look, le café-comptoir. C'est l'atelier d'architecte lyonnais D

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Maxime Delcourt : Fiers de ne rien faire

Chanson Engagée | De 1968 à 1981, l'Hexagone est parcouru d'un vent libertaire et inventif s'immisçant au cœur de ses chansons et portant les premiers groupes de pop du pays. Le journaliste Maxime Delcourt en conte la génèse dans un livre et lors d'une conférence.

Sébastien Broquet | Mardi 24 mai 2016

Maxime Delcourt : Fiers de ne rien faire

« Il y a des années où l’on a envie de ne rien faire » : cette baseline ultime de Saravah, label pas comme les autres initié par Pierre Barouh, lui-même directeur artistique pas commun, est devenu le titre d'un livre de Maxime Delcourt paru l'an dernier aux excellentes éditions Le Mot et le Reste. Lequel Barouh, du Japon où il passe aujourd'hui une bonne partie de son temps, nous écrivait il ya quelques années : « Depuis mon adolescence, j'ai toujours été imprégné de l'obsession de L'Autre rive (titre d'une chanson inscrite dans l'album Le Pollen), mais je me considère plus promeneur que nomade... » Cette promenade sur l'autre rive, l'auteur du livre nous y convie au fil des pages contant les petites et la grande Histoire d'un genre, la chanson, qui en France aussi a connu ses chemins de traverse pendant un peu plus de dix ans. Comme dans ce studio prêté justement par Pierre Barouh au génial combo de free-jazz, l'Art Ensemble of Chicago, en 1969 et donnant naissance à cet album indémodable de Brigitte Fontaine, Comme à la radio : elle passait justement par là avec des textes sous le bras et les grava en compagnie de

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Mandarines

ECRANS | de Zaza Urushadze (Est/Geo, 1h26) avec Lembit Ulfsak, Elmo Nüganen, Georgi Nakashidze…

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

Mandarines

Davantage que le suave parfum de leurs zestes, ces Mandarines exhalent l’odeur du sang et de la poudre — une fragrance tenace, nourrie par l’absurdité d’un conflit et la bêtise des belligérants. Comme dans un conte sartrien, des ennemis sont ici contraints de cohabiter pour espérer vivre ou supporter de survivre ; dépasser des antagonismes de principe et apprendre à se connaître. On a déjà vu moult films se déroulant dans le contexte d’une guerre user de l’humour noir pour en prouver l’inanité. Parfois, l’excès d’ironie et la surabondance de la farce-faisant-pouët traduisent un intérêt très superficiel pour le sujet (voir le récent A Perfect Day) ; parfois, on se trouve touché par la sincérité de la démarche, et la volonté de planter une graine parabolique dans l’œil du spectateur. Le fruit que nous propose de cueillir Zaza Urushadze est amer, acide ; au moins a-t-il une saveur. VR

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Le beau changement de cap de Betrand Belin

MUSIQUES | Vous savez comment sont les critiques : dès qu'un musicien francophone commence à se forger une identité, ils n'aiment rien tant qu'à l'ébrécher à coups de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 8 décembre 2015

Le beau changement de cap de Betrand Belin

Vous savez comment sont les critiques : dès qu'un musicien francophone commence à se forger une identité, ils n'aiment rien tant qu'à l'ébrécher à coups de comparaisons plus ou moins farfelues avec des anglo-saxons – remember notre «Morrissey du Loir-et-Cher» pour parler de Michel Delpech ? Depuis dix ans qu'il écrit certaines des pages les plus dextrement concises de la chanson en langue française, Bertrand Belin n'a pas échappé à la règle. On a dit de lui qu'il avait l'élégance pop pince-sans-rire d'un Baxter Dury. On a reconnu dans son écriture le perfectionnisme trompeusement monotone d'un Bill Callahan. On a même vu dans sa délicatesse bluesy vacillante le fantôme de Johnny Cash – son timbre et son phrasé de baryton un peu schlag n'y sont pas étrangers. Autant de points cardinaux et quelques autres qui, s'ils aident à s'orienter dans sa discographie, ne permettent pas de s'y repérer pour autant. Car c'est un continent bien à lui que défriche Bertrand Belin depuis une décennie, biotope après biotope. Après les immensités country de Parcs, Cap Waller le voit longer une espèce de désert côtier, en ce qu'il y conj

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Gerson fait son cirque

SCENES | Cette semaine au café-théâtre, on nous rejoue l'affrontement de David et Goliath – mais en match amical, d'après les intéressés. Dans le rôle du mastodonte, la (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 30 septembre 2015

Gerson fait son cirque

Cette semaine au café-théâtre, on nous rejoue l'affrontement de David et Goliath – mais en match amical, d'après les intéressés. Dans le rôle du mastodonte, la "succursale" lyonnaise de Juste pour Rire, dont nous vous détaillions ici-même le programme la semaine dernière. Dans celui du poids plume, l'Espace Gerson qui organise en frontal la troisième édition de son festival maison à la Salle Rameau. Pas sûr qu'il terrasse son "adversaire", d'autant que l'événement est cette année ramassé sur deux dates (vendredi 2 et samedi 3 octobre), mais peu importe, l'essentiel est qu'il demeure fidèle à sa vocation d'offrir de l'exposition aux humoristes en développement. Six d'entre eux prendront part au traditionnel tremplin ouvrant chaque soirée. Nos favoris : Bruce Fauveau et ses sketchs astucieusement minimalistes (un tour du monde bruité, un mime de la ponctuation d'une lettre de rupture) et Larry Benzaken, écrivain inaccompli au cynisme joliment verbeux, qui auront l'honneur d'ouvrir, respectivement, pour le procrastinateur au grand cœur Arnaud Cosson et Warren Zavatta, pet

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La rentrée musique côté chanson et french pop

MUSIQUES | Ah, la France et sa diversité. Elle sera belle cette année, entre piliers indéboulonnables, y compris de nos salles lyonnaises, comebacks attendus, jeunes gens modernes (indé ou pas) pétris de talents et éternels relous. Rien que de très classique dans un paysage toujours très ouvert. Pour ne pas dire trop.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté chanson et french pop

Si la rentrée musicale "française" est surtout affaire de reformation (voir page 4), la programmation saisonnière est aussi le théâtre du retour perpétuel de figures qui, elles, ne se sont jamais séparées. Et pour cause : elles sont seules. Un exemple ? Stephan Eicher ? Visiblement pas tant que ça, en tout cas il doit rapporter puisqu'on le reverra du côté du Radiant (7 octobre), mais cette fois-ci pour rejouer ses tubes à grands renforts étranges de carillons, de tuyaux d'orgues et de bobines Tesla. Changement de formule également pour Jean-Louis Murat (au Théâtre de Villefranche le 12 octobre) qui poursuit sa tournée Babel sans le Delano Orchestra. Cela ne devrait pas décourager ses fans, qui sont hardcore ou ne sont pas. Un peu comme ceux de Corbier qui, lui, fait des infidélités à A Thou Bout d'Chant pour se payer un Transbo (le 10 octobre). Cap sur Belin Tout cela ne rajeunissant personne, penchons nous sur la génération montante qui se taillera la part du Lyon, entre

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Foreztival, une drôle de ménagerie

MUSIQUES | Dans la forêt lointaine, on entend le hibou, d'accord. Mais dans le Forez lointain, qu'entend-on ? Cette année, principalement le Birdy Nam Nam, drôle (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Foreztival, une drôle de ménagerie

Dans la forêt lointaine, on entend le hibou, d'accord. Mais dans le Forez lointain, qu'entend-on ? Cette année, principalement le Birdy Nam Nam, drôle d'oiseau à six pattes – depuis que DJ Pone est allé voir ailleurs si le ciel y était plus bleu – qui n'a de cesse d'emmener le hip-hop instrumental vers de nouveaux horizons, là où ses suiveurs, paresseuses poules aux œufs d'or, se contentent d'en picorer les racines black ad nauseam. Mais aussi le Fauve, inoffensive bestiole dont le cri, sorte de logorrhée de fan de Diabologum en pleine mue, a tendance à nous rendre fou de la gâchette (de fusil hypodermique, on n'est pas des bêtes). Et puis des punks en voie d'extinction (Les Sheriff), une chimère afro-funk (Vaudou Game), un ex-lion au régime strict de vers libres (Kacem Wapalek), des mélodies électroniques serpentines (charmées par Fakear) ou encore des animaux migrateurs se repérant par écholocalisation de basses fréquences (les pionniers du french dub High Tone, featuring le MC halluciné Oddateee)

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Bruits de saison

MUSIQUES | Est-ce parce qu'on commence à être habitué à ce genre de cirque ? Toujours est-il que non, le bruit qui accompagnera la venue lyonnaise d'une Christine & the Queens au sommet du succès ne suffira pas à éclipser le reste d'une programmation de fort belle facture. Et vous savez quoi ? C'est tant mieux. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

Bruits de saison

En matière de musique, la hate est un fruit de saison, savamment cultivée par les réseaux sociaux, par ce fléau mondial que constitue l'aigreur d'estomac – surtout en sortie de fêtes de fin d'année –, par quelques médias victimes d'hypocondrie culturelle et, il faut bien le dire, par ceux qui la provoquent. On a ainsi droit comme ça à un ou deux boucs émissaires par an cristallisant les crispations d'une certaine branchitude mal définie. On ne vous fera pas languir plus longtemps : après Woodkid, Stromae et Fauve (qui reviendra, le 2 avril, en grande surface qui plus est, puisqu'à la Halle Tony Garnier, ramasser des forêts de cœurs avec les doigts et sans doute quelques seaux de merde), c'est au tour de Christine & the Queens (4 mars au Transbordeur) d'énerver son monde sur le thème : talent fou ou blague de l'année ? Alors oui, dans ces cas-là, o

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Fête du livre de Bron 2015 : les premiers noms

CONNAITRE | Qu'est-ce qu'on a en commun ? C'est la question que se posera la 29e édition de la Fête du livre de Bron du 4 au 8 mars prochain. Tenteront d'y répondre (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 18 décembre 2014

Fête du livre de Bron 2015 : les premiers noms

Qu'est-ce qu'on a en commun ? C'est la question que se posera la 29e édition de la Fête du livre de Bron du 4 au 8 mars prochain. Tenteront d'y répondre les auteurs suivants : Olivier Adam, Florence Aubenas, Silvia Avallone, Ramona Badescu, John Burnside (en dialogue avec José Carlos Somoza), Alain Choquart, Pierre Dardot, Patrick Deville, Simonetta Greggio, Serge Joncour, Olivier de Solminihac,   Laurent Mauvignier, Hubert Mingarelli, Raphaële Moussafir, Sylvain Prudhomme, Eric Reinhardt (le temps d'une lecture musicale avec Bertrand Belin), Eugène Savitzkaya, Eric Vuillard (notre cover boy de la rentrée littéraire, en dialogue avec Olivier Rolin) ou encore Valérie Zenatti.

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La Halle Tony Garnier a 100 ans

MUSIQUES | C'était en 1914, souvenez-vous (mais si, faites un effort) : sur une commande du maire Edouard Herriot, Tony Garnier mettait la touche finale à la fameuse (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 2 octobre 2014

La Halle Tony Garnier a 100 ans

C'était en 1914, souvenez-vous (mais si, faites un effort) : sur une commande du maire Edouard Herriot, Tony Garnier mettait la touche finale à la fameuse halle qui porte aujourd'hui son nom, censée abriter abattoirs et marché aux bestiaux. La Première Guerre mondiale en décida temporairement autrement. Réquisitionnée, elle  casernes et usine d'armement avant de retrouver sa fonction. Devenu à terme une salle de spectacles, l'endroit fête donc ses cent ans. Et c'est nous qui sommes bien contents. Déjà parce que la Halle en profitera, comme vous le savez, pour "investir" toutes les salles qui comptent à Lyon (Breton au Marché Gare le 21 novembre, Deltron 3030 au Transbordeur le 27, Owen Pallett à l’Épicerie Moderne le 6 décembre...). Mais aussi parce que la fête se prolongera en 2015 avec l'accueil de belles pointures parmi lesquelles le duo blues-rock The Black Keys (7 mars), les vieilles gloires du nu-metal System of a Down (14 mars, date unique en France qu'on espère plus calme que celle de 2005), Ennio Morricone (18

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Vanessa Paradis revient aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | Après une première date à guichet fermé, Vanessa Paradis aurait dû se produire une seconde fois aux Nuits de Fourvière en compagnie des musiciens du (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 juin 2014

Vanessa Paradis revient aux Nuits de Fourvière

Après une première date à guichet fermé, Vanessa Paradis aurait dû se produire une seconde fois aux Nuits de Fourvière en compagnie des musiciens du Conservatoire à Rayonnement Régional - et de son compagnon et chef d'orchestre d'un soir Benjamin Biolay. C'était compter sans la gronde des intermittents qui, de mystérieuses promotions du premier album de The XX en journées de grève, entraina l'annulation de ce retour. Bonne nouvelle, Vaness' revisitera bel et bien une seconde fois ses Love Songs aux Nuits de Fourvière : ce sera le 27 juillet à 21h30. A croire que les histoires d'amour ne finissent pas toujours mal. Les billets seront en vente à partir du 27 juin à 11h.

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L'été indien

CONNAITRE | D'une bataille de pigments en l'honneur des désormais octogénaires Gratte-Ciel à leur programmation musicale, pour le moins bariolée et forte en gueule(s), Les Invites de Villeurbanne s'annoncent plus polychromes que jamais. Balayage de spectre. Stéphane Duchêne et Benjamin Mialot

Stéphane Duchêne | Mardi 17 juin 2014

L'été indien

«Aux Invites, exit la grisaille». C'est par cette parole que débute la présentation des Invites, le festival urbain et gratuit de Villeurbanne. Cette année, plus encore que les précédentes, Patrice Papelard et ses équipes y joignent le geste, et pour cause : 2014 coïncide avec le quatre-vingtième anniversaire des Gratte-Ciel, ce quartier si emblématique du vivre ensemble à la villeurbannaise que sa skyline rehausse le logo de la Ville. Entre l'inauguration en leur cœur d'une monumentale passerelle éphémère le long de laquelle s'étaleront des portraits de riverains et un final inspiré par la Holi, cette tradition hindouiste qui consiste à s'emplâtrer avec son voisin à coups de poudres bigarrées, tout concourra donc à contraster avec leur auguste blancheur.   Côté interventions in situ, on en verra aussi de toutes les couleurs. Du jaune notamment, celui de la colossale nacelle au pied et au sommet de laquelle les danseurs de la compagnie Beau Geste déploiero

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L'amour à la française

MUSIQUES | Revenue au sommet sous l'impulsion de Benjamin Biolay, Vanessa Paradis, cette délicate pâte à modeler, retrouve son Pygmalion le temps d'une paire de concerts avec l'orchestre du CRR de Lyon. Un événement "made in" Nuits de Fourvière. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 10 juin 2014

L'amour à la française

Plus de vingt-cinq ans que Vanessa Paradis navigue dans le monde de la chanson française, sous-catégorie variété haut de gamme. Une longévité remarquable pour celle qui n’écrit pas (ou si peu) ses morceaux : le pari, risqué, la rend dépendante d’autres. Mais ce serait sans compter sur ce mystère qui lui permet de subtilement diffuser sa sève, pour que les disques qu’on lui écrit semblent venir directement d’elle. Normal, puisqu’elle s’est souvent associée à des auteurs-compositeurs de renom, principalement des hommes, avec lesquels il lui est arrivée d'entretenir une relation plus que professionnelle – fut-elle amicale ou amoureuse. Serge Gainsbourg en 1990 pour le moins cul-cul qu’il n’y paraît Variations sur le même t’aime, Lenny Kravitz en 1992 pour l’envoûtant (et tout en anglais) Vanessa Paradis, ou encore Matthieu Chédid et quelques autres musiciens de la même veine en 2000 pour l’écrin Bliss 

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Vanessa Paradis se dédouble à Fourvière

MUSIQUES | Rapidement complet, le concert de Vanessa Paradis (et Benjamin Biolay à la direction musicale) aux Nuits de Fourvière ne restera pas sans suite : elle (...)

Benjamin Mialot | Lundi 19 mai 2014

Vanessa Paradis se dédouble à Fourvière

Rapidement complet, le concert de Vanessa Paradis (et Benjamin Biolay à la direction musicale) aux Nuits de Fourvière ne restera pas sans suite : elle reviendra au Grand Théâtre lundi 16 juin. Ouverture de la location à partir du jeudi 22 mai, 11h.

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Fauve qui peut

MUSIQUES | Il est peu de groupes cultes qui peuvent se permettre le luxe de décevoir dès leur premier album. Après le buzz grandissant né fin 2012 sur le net, un EP cinglant baptisé "Blizzard" et un véritable raz-de-marée de concerts sold out, la montagne Fauve a, avec "Vieux Frères", accouché d'une souris. "Génie" déjà essoufflé ou créature en pleine mutation ? Il faudra attendre la suite pour le savoir, annoncée pour l'automne. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mars 2014

Fauve qui peut

Lors de la première venue de Fauve dans les environs, au Théâtre de Villefranche, on avait souligné dans ces pages-même l’éventualité qu’à plus ou moins court terme, de cette étincelle devenue feu de forêt il ne resterait plus qu’un paysage désolé. Piétiné par l’élan des fans, parti en torche. Fauve avait tout pour exploser en vol et on était près à souffler sur les braises, à balancer de l’essence, parce que c'est ainsi que ç'aurait été le plus beau – «Better to burn out than to fade away» chanta Neil Young, offrant ainsi bien malgré lui à Kurt Cobain la plus mauvaise des idées et la meilleure des épitaphes, éclaboussée sur un mur. C’était au moment de Blizzard, EP en forme de coups au foie et de retour d’une certaine foi. Et si au final "le phénomène Fauve", décortiqué façon papillon jusque dans les pages "Evénement" de Libération – assorti d'une courte critique écrite «du bout des doigts» – cloué aussi, au mur, au pilori, par bien d’autres - y compris dans les pages du même Libération par l’inénarrable "Bourre-paf" de Garrigos et Roberts -, parodié, moqué – bien maigre rançon de la gloire à vrai dire – connaissait la pire d

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Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

CONNAITRE | 65 spectacles, 170 levers de rideau, des rendez-vous au TNG, à Gadagne ou à la Maison de la danse : les Nuits de Fourvière s'annoncent plus foisonnantes que jamais. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 mars 2014

Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

L'an passé, nous saluions le starpower de la soixante-huitième édition des Nuits de Fourvière. Maintenant que nous connaissons la teneur de la soixante-neuvième, nous voilà contraints de revoir notre jugement à la baisse : en termes d'éclat et de densité, la programmation de 2014 est à celle de 2013 ce que la Grande Nébuleuse d’Andromède est à la Voie Lactée. Le principal artisan de ce saut hyperspatial qualitatif n'est autre que Richard Robert, transfuge des Inrockuptibles qui semble avoir avoir définitivement trouvé ses marques de conseiller artistique. Impeccablement équilibré entre reconnaissance de phénomènes franco-belges (Phoenix,  Fauve et Stromae), concerts événementiels (un hommage à Robert Wyatt, Benjamin Biolay qui dirigera un orchestre pour sa nouvelle muse, Vanessa Paradis), rappels de la suprématie de la pop d'outre-Manche (le collectif multimédia Breton, Damon Albarn pour son premier album solo, Franz Ferdinand, Miles Kane), passages ob

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Fauve aux Nuits de Fourvière

MUSIQUES | Alors qu'il est en passe de remplir une vingtaine de fois le Bataclan, on apprend que le phénomène Fauve (dont nous avions causé à l'occasion de sa première (...)

Benjamin Mialot | Mardi 4 février 2014

Fauve aux Nuits de Fourvière

Alors qu'il est en passe de remplir une vingtaine de fois le Bataclan, on apprend que le phénomène Fauve (dont nous avions causé à l'occasion de sa première incursion en terres lyonnaises), dont le premier album vient de sortir, se produira aux Nuits de Fourvière dimanche 15 juin. Il rejoint ainsi Etienne Daho, Phoenix, les Pixies et Stromae, premières têtes d'une affiche musicale qui s'annonce colossale.

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La Loi du retour

MUSIQUES | A force de la pratiquer, on le sait, la programmation musicale n’est régie par rien d’autre que les antiques lois de l’éternel retour. Nouvelle année, nouveau printemps, perpétuel recommencement. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 janvier 2014

La Loi du retour

On peut, en cette période d’Epiphanie généralisée et à la manière de Nietzsche dans le Gai Savoir, voir l’«éternel retour du même» comme une malédiction ou une bénédiction. C’est tout l’enjeu de l’expérience humaine. Pour ce qui nous intéresse ici, gageons qu’il faille prendre le mouvement renouvelé des saisons musicales, la succession des «cycles de manifestation», pourrions nous-dire en tordant un concept si cher à l’essayiste Pacôme Thiellement, comme une chance de (re)vivre des instants essentiels. A ceux pour qui rater un concert équivaut à passer à côté de sa vie, quelle belle saison s’ouvre devant vous après un automne de carême : auriez-vous loupé, en vrac, le lutin démiurgique Woodkid (le 21 février à la Halle), les exorcistes de la «Mauvaise Nouvelle» Fauve («Ne crains rien, car je suis avec toi. (…) Je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite triomphante

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Trouver la voix

MUSIQUES | Si l'on excepte Woodkid et Fauve qui ont fait sauter la banque en quelques heures et ne sont plus à présenter – pour cela il faudrait que leurs fans (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 15 novembre 2013

Trouver la voix

Si l'on excepte Woodkid et Fauve qui ont fait sauter la banque en quelques heures et ne sont plus à présenter – pour cela il faudrait que leurs fans laissent un peu de places aux autres –, Nouvelles Voix est, comme son nom l'indique et avec la même régularité que le Beaujolais Nouveau, voué à la découverte d'artistes en devenir. Le tout étant de savoir où exactement est placé le curseur du "devenir". Pour le reste, Nouvelle Voix étend cette raison sociale à un champ toujours plus élargi d'esthétiques : chanson bien sûr avec Maissiat, Barcella et Sophie Maurin, rock (celui pour enfants de The Wackids et celui qui leur fait peur par Darko), pop(s) (Edward Barrow, Pegase, Puggy) et même country-folk québécois avec Lisa Leblanc, quelque part entre Linda Lemay (non, ne partez pas !) et Mama Rosin. Sans oublier la place laissée à la scène locale avec le duo du bayou jurassien Catfish, les propositions indécentes d'Erotic Market, l'inépuisable catch & shoot de Taïni & Strongs et Victor, le régional de l'étape

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Pendentif, petit bijou

MUSIQUES | On vous bassine suffisamment avec une exégèse permanente des noms de groupe pour ne pas passer à côté de celui-ci : Pendentif. En toute honnêteté, l’un des pires (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 14 novembre 2013

Pendentif, petit bijou

On vous bassine suffisamment avec une exégèse permanente des noms de groupe pour ne pas passer à côté de celui-ci : Pendentif. En toute honnêteté, l’un des pires noms qu’on ait vu passer (les fanfares festives et formations alterno sont par principe hors-concours). Du moins il pourrait l’être s’il n’était en parfaite cohérence avec le groupe qui le porte : un petit bijou de pop fantaisie qui se balance en rythme et se porte en sautoir – et même carrément en plongeoir à ce que nous dit la chanson Riviera, au croisement de la Lio primale et des singles de chez Sarah Records. Des histoires de piscine, d’embrassades de vacances, un côté carte postale surexposée mais un peu jaunie. De la petite famille du rock "made in french" dont on vous avait causé il y a quelques mois, Pendentif est sans doute, si ce n’est le membre le plus médiatisé, du moins le plus exaltant. Surtout depuis qu’on a pu voir l'

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Les mots Belin

MUSIQUES | Salué en 2010 pour le splendide "Hypernuit" et de retour à Lyon pour présenter "Parcs" à l’Épicerie Moderne, Bertrand Belin se bonifie au fil des albums, en quête d’une forme d’ascèse textuelle. Comment parler de son travail quand on est un homme de peu de mots ? Réponse ici avec l’intéressé. Propos recueillis par Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 octobre 2013

Les mots Belin

Votre dernier album, Parcs, voit vos textes toucher à une forme d’épure de plus en plus marquée. Comme s’ils étaient guidés par la musique et le rythme plus que par le sens… Bertrand Belin : C’est l’un de mes points d’intérêt que de travailler sur la nature des textes, d’aller vers quelque chose qui présente quelques traits originaux, une singularité. Dans la diversité du paysage de la chanson française, j’essaie d’apporter quelque chose d’un peu saillant et de voir la place que ça peut prendre dans la modernité d’aujourd’hui. Pour moi, une chanson ne se résume pas aux textes. En France, nous appréhendons d’ailleurs généralement la musique anglo-saxonne sans se préoccuper du fond du texte : nous ne sommes pas tous suffisamment anglophones pour comprendre toutes les paroles de Dylan. Du coup, dès lors qu’on chante en français devant un public français, le sens du texte a tendance à prendre immédiatement le dessus, souvent au détriment de ce qu’on a glissé de sens dans la musique. Y-a-t-il chez vous une volonté de déconstruire l

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Le beau Blizzard

MUSIQUES | Passé en quelques mois du statut de buzz autogéré à celui de phénomène de foire perpétuellement sold out, le collectif Fauve redéfinit les contours du rock français à coups de spoken word qui se mord la langue. A n'écouter qu'au premier degré. Comprendre : en grelottant dans le "Blizzard", du titre de son premier EP. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 24 mai 2013

Le beau Blizzard

«Toutes choses égales par ailleurs», comme disent les sociologues, Fauve n'est égal à rien, cultive la différence jusqu'à porter le signe "≠" en blason. Quand certains clament «on boit et puis on danse», ici, on vomit d'avoir trop trinqué ; on régurgite des logorrhées dégorgées sans filtre, à ravaler comme telles au risque du dégoût ; on cristallise moins la pensée par le verbe qu'on ne la dynamite pour en ramasser les miettes. Se ramasser soi-même à la petite cuiller pour charrier des tractopelles d'illusions à retrouver. Raviver une lueur d'espoir à laquelle on s'accroche comme à la poignée d'herbe qui nous suspend à la falaise. Les influences sont pourtant là, prégnantes et avouées comme les Pixies, le Wu-Tang, Lou Reed, ou fantomatiques : on ne peut s'empêcher d'entendre là l'écho, c'est le mot, d'une formation de jeunes révoltés qui ne disait pas son nom, The Feelies. Fauve, c'est The Boy with the Perpetual Nervousness au carré.

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En plein Air

MUSIQUES | «Décrassons-nous les oreilles», prône le Festival Changez d’Air, coton-tige géant à l’appui. Mais plutôt que de s’enfoncer ledit objet jusqu’aux tréfonds de (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 16 mai 2013

En plein Air

«Décrassons-nous les oreilles», prône le Festival Changez d’Air, coton-tige géant à l’appui. Mais plutôt que de s’enfoncer ledit objet jusqu’aux tréfonds de l’oreille interne – ce qui est fortement déconseillé par l’ORL moyen, on préfèrera se caresser la touffe ciliaire – ben oui, c’est comme ça que ça s’appelle, on n’y peut rien – à l’écoute des divers invités de son édition 2013 : la douce Tachka, le très (trop ?) aérien Yan Destal, le trio folk féminin Théodore, Paul & Gabriel (oui, elles ont des prénoms de garçons, et alors ? Joni Mitchell aussi) et bien sûr notre chouchou Denis Rivet. Mais ne nous cachons pas derrière notre coton-tige, l’attraction de l’événement sera bel et bien Bertrand Belin et la découverte en avant-première du successeur de son terrible Hypernuit. La chose s’appelle Parcs et le confirme en chevalier noir de la chanson française. Comme si les fantômes de Bashung et Johnny Cash visitaient les contrées country de Bill Callahan (Smog) ou les forêts welches de Rodolphe Burger. Pétri de références qui sont autant d’infinies étendues littéraires (Cormac McCarthy,

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Made in french

MUSIQUES | Dans le sillage de Granville et La Femme, de passage à Lyon cette semaine, une poignée de groupes hexagonaux se réapproprient la langue française en miroir d'une certaine idée de la France, fantasmée comme un paradis perdu qu'il faudrait rapatrier. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 avril 2013

Made in french

«Le rock français, disait John Lennon, c'est comme le vin anglais». Y ajouter du français, ce serait donc comme le couper à l'eau, on le sait depuis toujours, voire à l'huile de moteur. A son inimitable manière, Jean-Louis Murat résumait ainsi le problème dans Les Inrocks de la semaine passée : «Dès que tu as basse-batterie, ta chanson est dépassée. Tu voulais faire une berline et tu te retrouves avec un semi-remorque». C'est pourtant avec une certaine légèreté de ton et la langue nullement chargée d'un trop lourd héritage – littéraire côté français, rock côté anglo-saxon – qu'une nouvelle génération de popeux a réinvesti la très casse-gueule combinaison mélodies anglophones/idiome francophone. La chose n'est pas nouvelle, a connu des tendances, des écoles (les labels Village Vert et Lithium), mais à vrai dire on n'avait pas vu pareil (épi-?) phénomène depuis l'agonie prématurée de baby rockers (Naast, Brats, Second Sex, Plastiscines...) trop vites portés aux nues d'une France qui rock et qui roll et précipités tout aussi rapidement dans les oubliettes

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Les Invites de Villeurbanne 2012 : Invites pour tout le monde

CONNAITRE | Programmation des Invites de Villeurbanne 2012 : Le festival villeurbannais « pas pareil » vient de dévoiler sa foisonnante, éclectique programmation entre théâtre, danse, spectacles de rue, mimes, marionnettes, veaux, vaches, cochons, couvées, Didier Super en Christ sur BMX, des Grumaux, des carottes, et bien sûr de la musique de qualité à savourer en famille pour pas un rond. Stéphane Duchêne

Christophe Chabert | Lundi 23 avril 2012

Les Invites de Villeurbanne 2012 : Invites pour tout le monde

«Les Grumaux sont toujours là où on ne les attend pas». Il n'y a qu'aux Invites que l'on peut vous présenter de cette manière un (ou des) artiste(s) présent(s) – en l'occurrence, ici, des voltigeurs à mi-chemin de Mad Max et des Marx Brothers, les Demi-frères Grumaux. Bienvenue au festival pas pareil qui, dans les rues de Villeurbanne et pour la modique somme de rien, opère un retour à ces festivités d'antan où l'on montrait des ours à la foule pendant qu'un acrobate cracheur de feu tentait de prendre le dessus sur un joueur de flûte. On exagère à peine. Didier Christ Superstar Or donc, les Invites viennent de dévoiler leur programmation, qui contient de Grumaux mais pas que. Au rayon saltimbanque bien bancal, Didier Super devrait faire le boulot avec sa désormais célèbre – bien que non encore joué à Broadway, sans doute pour d'obscures histoires de contrats – comédie musicale, sobrement intitulée Didier Super La Comédie Musicale! (Et si Didier Super était la réincarnation du Christ ?). Où il est question de milliardaire dépressif, de témoins de Jéhovah, et d'un président de la Républ

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Café de Flore

ECRANS | Café de Flore avait le potentiel pour faire décoller le spectateur. Jean-Marc Vallée, réalisateur québécois de C.R.A.Z.Y, a voulu avec son nouveau long combiner (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 27 janvier 2012

Café de Flore

Café de Flore avait le potentiel pour faire décoller le spectateur. Jean-Marc Vallée, réalisateur québécois de C.R.A.Z.Y, a voulu avec son nouveau long combiner deux histoires dans un même scénario. La première, en 2011, est celle d’un DJ montréalais tiraillé entre son ex-femme et son nouvel amour ; la seconde, dans le Paris des années 1960, raconte le combat et l’amour inconditionnel d’une mère pour son fils trisomique. La partie "parisienne" est, de toute évidence, la mieux maîtrisée. Mais jusqu’ici pas de lien entre les deux si ce n’est la musique, à savoir ce morceau de Matthew Herbert qui sert de fil conducteur et de titre au film. Malheureusement, le spectateur se perd dans les envolées lyriques, la longueur de certaines scènes et ces incessants va-et-vient temporels. L’histoire part dans tous les sens et au fur et à mesure, on s’agace de ne pas connaître ce lien qui réunit les deux histoires. Il faut patienter un bon moment pour enfin comprendre le rapport entre ces destins. Le voile se lève par le biais d’un personnage de second plan ; et c’est par la voie de l’esprit et de l’irrationnel que l’on trouve l’explication finale. Un dénouement mystique, donc

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Dire Fontaine

MUSIQUES | Amateurs de Brigitte Fontaine, soyez-au rendez-vous de l'Espace culturel Saint-Genis-Laval le 27 janvier pour un moment qui s'annonce unique en son (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 20 janvier 2012

Dire Fontaine

Amateurs de Brigitte Fontaine, soyez-au rendez-vous de l'Espace culturel Saint-Genis-Laval le 27 janvier pour un moment qui s'annonce unique en son genre. Dame Brigitte vous y fera la totale et un tour complet du propriétaire – à savoir son cerveau au fonctionnement si particulier – au cours d'une lecture musicale qui risque de laisser des traces. Première bonne nouvelle, la première partie du show et l'accompagnement de Brigitte seront opérés par le compagnon-homme de main-coach-muse-dresseur de la Fontaine (la Brigitte a un peu tendance à partir dans tous les sens), à savoir Areski Belkacem avec lequel elle travaille (et vit, donc) depuis des lustres et qui sait comment tirer la substantifique moelle de sa douce follasse, le Saint-Homme. Dans une sélection de ses nombreux textes : chansons, poèmes, livres – anciens comme L'Inconciliabule et Chroniques du bonheur ou récents comme Le Bon Peuple du Sang – l'ex-reine des zazous, des connes (c'est elle qui l'a dit) et du théâtre expérimental, piochera la matière d'une lecture qui ne ressemble à aucune autre, mélange de talk-over, de glossolalie qui fuit et de chanson borderline. Bref, du Brigitte – l'expression n'aura jamais eu aut

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Drôle de rentrée

SCENES | Humour / Après une fin d’année euphorique, la saison continue sur un rythme plus pépère, entre prolongations des succès avérés (Pipo et Molo dans Hollywood et (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 23 décembre 2011

Drôle de rentrée

Humour / Après une fin d’année euphorique, la saison continue sur un rythme plus pépère, entre prolongations des succès avérés (Pipo et Molo dans Hollywood et côtes de bœuf au Boui-boui jusqu’au 3 mars, le retour de Monsieur Fraize et son one man show au Rideau rouge du 31 janvier au 7 mars) et changement dans la continuité (au Complexe du rire, Jacques Chambon poursuit son O.P.A. sur la scène comique avec Un petit coup de blues, qu’il a écrit et qu’il met en scène jusqu’au 28 janvier, et Bilan provisoire, son one qu’il défendra du 6 au 28 avril). Quelques dates sont toutefois à retenir : on est curieux de découvrir le one woman show de Zazon, découverte sur France 4, qui se lance en public avec la même dose d’humour caustique (au Boui-Boui du 3 au 28 avril) ; quant à l’excellent Didier Bénureau, il présentera à la Salle Rameau son dernier spectacle, Indigne, le 28 avril. Niveau grosses pointures, les très populaires Audrey Lamy (Dernières avant Vegas, le 29 mars) et Thomas Ngijol

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Le Lièvre et la torture

MUSIQUES | Musique / Avec Grand Lièvre et après deux ans de silence, l'Arverne atrabilaire Jean-Louis Murat revient en douceur vers les sommets, entre blues minimal et langue à la renverse. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 30 septembre 2011

Le Lièvre et la torture

«Qui veut voyager loin ménage sa monture» dit l'opticien amateur de poney. Murat, disquaire trop prolifique sujet aux égarements, a finalement eu pitié de la bête de somme, deux ans durant. Il faut parfois savoir prendre ses distances, «se mettre aux anges» comme il disait époque Lilith. Aux anges, ou au placard, quand sa maison de disque lui aurait mis le mors aux dents et le joug sur la carcasse, pas bouger, rien dépenser, pas même soi. L'auteur de Suicidez-vous le peuple est mort aurait même pensé à «se perdre de vue». Comprendre, pour l'angoissé de la partoche blanche, perdu de recherche, pour mieux se retrouver : «Dans une chanson bienvenue, ne plus être clinique». Mais l'artisan, lorsqu'il ne met pas l'ouvrage sur le métier a les doigts gourds. Quand le poète n'étale pas ses mots sur quelque surface, ils lui dégueulent de la bouche comme excès de bile (le chanteur, justement, aurait été opéré de la poche à bile qu'il avait, on le sait, profuse et diarrhéique). Tant et si bien que deux ans sans disque de Murat, on était au bord d'appeler les secours quand il nous devança avec Grand Lièvre : «L'art du silence aura ma peau

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Bonnie Prince Billy (Jean-Louis Murat)

MUSIQUES | Déplacez les volcans d’Auvergne sur les contreforts des Appalaches, et vous constaterez que le Prince Will Oldham a plus d’un point commun avec (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 15 septembre 2011

Bonnie Prince Billy (Jean-Louis Murat)

Déplacez les volcans d’Auvergne sur les contreforts des Appalaches, et vous constaterez que le Prince Will Oldham a plus d’un point commun avec Jean-Louis Murat : l’amour de la country made in Nashville, par exemple, mais aussi et surtout cette prolifique boulimie qui pousse les deux bonhommes à sortir plusieurs disques par an. En 2011 pour autant, l’un et l’autre s’en tiendront à une seule livraison. Pour Bonnie Prince Billy, ce sera Wolfroy Goes To Town (sortie le 31 octobre). L’occasion d’entendre, on l’espère, un meilleur successeur à The Wonder Show Of The World, lors de son concert à l’Epicerie Moderne. Parce que la BO de This Must Be The Place a beau remettre Lay & Love au (bon) goût du jour, elle nous rappelle surtout que ses meilleures chansons datent – comme celles de JLM – de vieux albums mille fois sillonnés. Bonnie Prince BillyÀ l’Epicerie Moderne, mardi 18 octobre. Jean-Louis MuratAu Kao, mercredi 12 octobre.

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Belin l’enchanteur

MUSIQUES | Musique / Son troisième album, "Hypernuit", a enfin fait sortir Bertrand Belin de la confidentialité, révélant un artisan précieux de la chanson française, brillant par sa singularité et son écriture inimitable. À ne pas rater cette semaine à l’Épicerie Moderne. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 2 février 2011

Belin l’enchanteur

Arnaud Fleurent-Didier ou Florent Marchet en ont fait l’expérience : ce n’est pas forcément avec son meilleur album que l’on retient l’attention du public. Question de stratégie promotionnelle ou de formatage, toujours est-il que la maturation ne va pas forcément avec la maturité. C’est un peu ce qui arrive à Bertrand Belin. Son deuxième album, "La Perdue", est passé inaperçu ; sa dernière venue à Lyon, en première partie de Dominique A., avait à peine été annoncée par l’organisateur du concert. Et pourtant, sur disque comme sur scène, Belin a littéralement ensorcelé toux ceux qui avaient daigné l’écouter. Car "La Perdue" était l’œuvre d’un alchimiste, un magicien dont on ne comprend toujours pas, après une bonne centaine d’écoutes, la formule pour produire des chansons si entêtantes. Il n’y a pas beaucoup d’ingrédients dans cette potion-là : la voix de l’interprète, grave, ténébreuse, possède une musicalité discrète ; les arrangements sont minimaux, une guitare électrique, acoustique ou un banjo, une légère batterie à l’arrière-plan. Et les textes ne s’étalent pas sur des pages, mais se rétractent en quelques mots comme des phrases amputées (un exemple, "La Tranchée" : «J’avais un

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Brigitte Fontaine

MUSIQUES | Fontaine, comme son nom l’indique, est intarissable. Quarante ans déjà qu’elle officie, discrète et néanmoins incontournable, sur le front d’un rock qui (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 10 décembre 2010

Brigitte Fontaine

Fontaine, comme son nom l’indique, est intarissable. Quarante ans déjà qu’elle officie, discrète et néanmoins incontournable, sur le front d’un rock qui assume les rides et les rimes les plus crues («Je suis vieille et je vous encule, avec mon look de libellule»). Fofolle et instinctive, elle s’impose surtout comme une luciole subversive qui éclaire, haut les cœurs et d’un beau doigt d’honneur, une scène alternative qui se ressource dans sa colère. Samedi 18 décembre au Transbordeur, la féé Kéké sera accompagnée du fidèle Areski Belkacem, pour un show forcément rock et farci d’humour loufoque. SL

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Murat en son Palais

CONNAITRE | Temps fort des Musicales du Palais, Jean-Louis Murat investit le Palais Idéal du célèbre facteur de Hauterives où les univers de ces deux artisans stakhanovistes devraient communier à merveille. Stéphane Duchêne

Dorotée Aznar | Vendredi 19 juin 2009

Murat en son Palais

Festival - Musique / «Plus opiniâtre que moi se mettre à l’œuvre», disait Ferdinand Cheval. Opiniâtre, le facteur de Hauterives l’était, qui a construit au long d’un labeur de 33 ans, de 1879 à 1912, son «palais idéal» au moyen de cailloux et matériaux ramassés sur sa tournée, pour passer le temps. Le Palais du facteur Cheval est ainsi entré à la postérité comme un fleuron de l’architecture naïve. Recevant les hommages successifs des surréalistes, du cinéaste Chris Marker et de Gérard Manset, le monument fut classé en 1969 par le ministre de la Culture de l’époque, André Malraux. On ne sait si Jean-Louis Murat a un jour entendu cet appel à l’ouvrage, toujours est-il que l’Auvergnat a lui aussi fait de l’opiniâtreté le fil de sa très prolifique carrière. «Fils de paysan»Depuis Mustango en 1999, Murat écrit, compose et publie un album par an, parfois davantage, au moyen des états d’âme qu’il ramasse lui aussi en tournée, ou chez lui dans son massif d’Auvergne. Non pas artiste mais artisan, s’attelant à la tâche chaque jour que Dieu fait, au saut du lit, quand d’autre se contentent péniblement du minimum syndical au rythme d’un album

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