La rentrée musique côté jazz et world

MUSIQUES | Du côté de l'AOC "world, soul, jazz, etc.", le fourre-tout est de rigueur, les talents pluriels et les esthétiques en quinconce. Si bien qu'on ne sait plus où donner de la tête. Eh bien c'est juste ici, un peu partout.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

C'est comme souvent le Rhino jazz qui va donner le tempo de la rentrée jazz. Mais tel le rhinocéros, l'événement, une fois lancé, court dans tous les sens et c'est dans trois départements que le spectateur doit se mettre en mode safari. Tout le monde n'étant pas équipé d'une jeep, contentons-nous ici des haltes lyonnaises : outre Tigran (voir page 4), se présenteront l'étrangeté électro-jazz-blues Yom (à l'Opéra le 12 octobre), Vincent Perrier qui va «bopper avec Django» à la Clé de Voûte le 23 ou encore le duo Donkey Monkey, croisement de jazz et de rock japonais, oui madame, le 24 au Périscope.

Un Périscope qui garde son cap de chaudron expérimental. Citons pêle-mêle : Emmanuel Scarpa et François Raulin (aucun lien) pour leur Tea Time le 1er octobre, le violoniste Régis Huby et son projet Equal Crossing dont on a lu, sans rire, qu'il promettait une «ambiance frottis» ; ou encore le 13 novembre le chelou Finlandais Mikko Innanen. Et pour la bonne bouche, Cannibales et vahinés, où l'on retrouve G.W. Sok de The Ex, grand ami des musiques pas comme les autres.

White world

Côté "grands noms", on fera dans le classique avec les énièmes venues de Diana Krall, le 3 octobre à la Salle 3000 et de Melody Gardot à Villefranche, le 4 décembre ; de l'un des maîtres du piano jazz italien Stefano Bollani (à l'Opéra les 8 et 10 octobre) ; le Glenn Miller Orchestra (sans Glenn Miller évidemment) le 27 novembre à la Bourse du Travail ; et les Canadiens du Souljazz Orchestra au Marché Gare le 15 octobre.

Ce qui nous amène du côté soul de la force, avec un doublé Nicole Willis and the Soul Investigators puis Faada Freddy au Transbo, les 18 et 19 octobre. Le 9 novembre, c'est l'irrésistible Curtis Harding qui dévalisera l'Épicerie et le cœur des spectatrices. Mais la soul ne suffit pas. Le monde lui si, ou plutôt la world selon l'AOC : avec le blues touareg de Terakaft (8 octobre, Épicerie) et Aziz Sahmaoui, accompagné d'une université toute entière, celle du Gnawa, le 1er décembre au Transbo.

Enfin, pour ceux à qui Alpha Blondy (au Radiant le 30 octobre) ou Ibeyi (aux Nouvelles Voix le 20 novembre) semblent trop communs, on conseillera l'OVNI DakhaBrakha (Villefranche le 16 décembre), qui passe la tradition ukrainienne à la moulinette de la post-modernité, preuve ultime que si quiconque pense à la world, au jazz ou à la soul en termes de musiques noires, il a un train de retard.

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Jazz à Vienne : les derniers noms dévoilés

Festival | Jazz à Vienne complète sa programmation avec quatre nouvelles soirées de choix.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Jazz à Vienne : les derniers noms dévoilés

Bien décidé à se tenir à peu près normalement, à partir de fin juin Jazz à Vienne avait annoncé la majeure partie de sa programmation début avril. La voici désormais complète avec l'ajout de quelques noms et non des moindres, qui avancent le début des festivités au 23 juin. Le festival allobroge vient en effet d'annoncer la tenue de quatre nouvelles soirées au théâtre antique. Le 24 juin d'abord, une soirée New Generation en compagnie du Portico Quartet et du Tigran Hamasyan trio (plus les talents Adami Jazz Gauthier Toux et Nils Petter Molvaer). Le 26 juin ensuite pour une soirée Brésil avec deux amis de longue date Seu Jorge & Rogê, enfin sur scène ensemble, et une carte blanche à Lucas Santana. Le samedi 3 juillet sera lui consa

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Carmelo, on peut réserver

Pizzeria | Faut-il faire la queue près d’une heure pour une pizza margherita ? Non, mais réserver dans la nouvelle brasserie italo-branchée du groupe Big Mamma, pourquoi pas.

Adrien Simon | Mercredi 14 octobre 2020

Carmelo, on peut réserver

Un midi, l'hiver dernier, on échoua à se restaurer dans une nouvelle pizzeria de la rue Neuve. Quelques jours plus tôt, la soirée d’ouverture de ce Carmelo, garnie d’influenceuses, avait submergé Instagram. Pendant plusieurs semaines, la rue Neuve resta donc remplie d'affamés poireautant — comme nous ce jour-là. Alors qu’on nous annonçait une heure d’attente, un badaud osa la question qui ramène sur terre : « mais qu’a-t-elle donc de si spécial cette pizzeria ? ». Las, on rebroussa chemin, tout en pensant à la réponse : Carmelo est le nouvelle enseigne d’un malin groupe de restauration : Big Mamma. Une success story made in HEC. Ses deux fondateurs ont tous deux été élèves à Jouy-en-Josas. L’un, Tigrane Seydoux, est issu d'une famille bien connue dans le monde du cinéma, a poursuivi sa route aux côtés de Stéphane Courbit (Endemol, Betclic, mais aussi le palace Les Airelles à Courch’). Ce dernier a des parts dans My Major Company, start-up dont Victor Lugger, le second larron, fut le DG. Big Mamma c’est le blockbuster censé réconcilier la critique et le populo : une cuisine familiale a

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Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

Jazz à Vienne | Une semaine après Fourvière, c'est au tour de Jazz à Vienne d'annoncer un programme d'autant plus touffu qu'il ne s'étale que sur une quinzaine du 28 au 13 juillet. En voici les grandes et incontournables lignes.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mars 2019

Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

16 jours, 250 concerts (dont les trois-quarts sont gratuits) et 1000 artistes. Voilà trois chiffres qui suffisent à résumer le force de frappe démultipliée de Jazz à Vienne. Impossible donc d'en faire la recension complète. Mais pour ce qui est de sa vitrine principale, le Théâtre Antique, le festival ouvrira comme chaque année les portes imaginaires par un concert destiné aux enfants des classes primaires, confié cette fois à Raphaël Imbert. Qui livrera une version de son très américain Music is my hope, primé aux Victoires du Jazz 2018 et qui déambule avec bonheur sur les traces de la soul et du gospel. Une belle entrée en matière dès 10h du matin, le 28 juin, qui précédera... Raphaël Imbert le soir-même mais au sein du projet Up Above My Head réunissant Camille, Sandra Nkaké et son initiateur Raphaël Lemonnier, qui revisite les black convict songs entonnés jadis dans les prisons du Sud des États-Unis par les repris de justice durant leurs travaux forcés.

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The Souljazz Orchestra, machine à danser

Groove | Ottawa, Canada : de là, se propage depuis 2002 un groove aussi inlassable que pluriel, mutant au gré des années, incarné par Pierre Chrétien et sa bande du (...)

Sébastien Broquet | Mardi 10 octobre 2017

The Souljazz Orchestra, machine à danser

Ottawa, Canada : de là, se propage depuis 2002 un groove aussi inlassable que pluriel, mutant au gré des années, incarné par Pierre Chrétien et sa bande du Souljazz Orchestra qui font escale au Marché Gare ce mardi 17 octobre. Né dans la marmite afrobeat si vivace qui s'est mis à bouillir tout autour du monde après la mort du maître Fela Kuti, le Souljazz Orchestra s'est émancipé du beat de Lagos dans une succession d'albums, huit au total, dont le dernier né, Under Burning Skies, vient tout juste de paraître. Toujours signé sur le label londonien Strut qui herberge le groupe depuis sept ans, cet opus garde la base afro funk, conserve les plus récentes influences caribéennes (Tambour à deux peaux) mais intègre en sus un son parfois plus 80's avec l'apport des claviers de cette époque (Holla Holla), pour une percée vers un disco mutant et créolisé qui fait mouche à chaque escale. De l'imparable : un conseil, pensez à vous échauffer avant le concert, ne prenez pas le risque de le débuter les muscles froids, vous risqueriez le claquage.

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La patte de Tigran Hamasyan au Radiant

Jazz | Toujours au sommet, cette fois du Mont Ararat où son dernier disque puise son inspiration, Tigran Hamasyan revient après plusieurs années hors des sentiers battus au piano solo, formule qui l'a révélé comme un prodige du jazz et de la musique contemporaine.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 avril 2017

La patte de Tigran Hamasyan au Radiant

Tigran Hamasyan construit souvent ses disques en opposition aux précédents, comme s'il s'agissait de ne jamais reproduire la même formule et de changer sinon de visage – son style reste néanmoins reconnaissable entre tous –, du moins de masques, qui sont chez lui autant de nuances. Ainsi avait-on eu droit avec Shadow Theater à ce qui ressemblait beaucoup à un album de pop, contribuant à extraire pour de bon Tigran de son image de pianiste jazz et à magnifier ses talents de mixeur de genres : musique classique, contemporaine, traditionnelle, jazz, rock... Un disque qui reste sans doute à ce jour le plus impressionnant du jeune Arménien. Le suivant Mockroot revenait un peu plus aux basiques : le jazz, la musique arménienne, une expression du piano solo qui n'appartient qu'à lui, mais avec des intrusions rock très tendues, à la fois héritières du métal, mais aussi des expressions folkloriques du Caucase. Puis Tigran avait reculé de quelques siècles pour se produire dans des églises avec un chœur de chambre afin d'interpréter de la musique religieuse arménienne du Ve siècle (ce qui donna l'album Luys i Luso).

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Édouard Baer : “Je rêvais de constituer une troupe de cinéma”

Rencontre | On se l’imagine souriant, légèrement décoiffé, la main fouillant la poche droite de sa veste à la recherche d’un hypothétique briquet ou d’un trousseau de clefs fantôme. Et c’est ainsi qu’il apparaît, affable, érudit et charmeur. Tel qu’en lui-même, et en Luigi, son lui-autre…

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Édouard Baer : “Je rêvais de constituer une troupe de cinéma”

Quelle est la distance entre votre personnage, Luigi, et vous-même ? Édouard Baer : Elle est totale parce que j’ai vraiment écrit un personnage de fiction à partir de choses que je connais ou que j’ai vécues ; à partir de gens que j’ai croisés, comme Jean-François Bizot [NDLR le créateur d’Actuel et de Nova] que j’admirais ou certains producteurs de cinéma. J’ai mélangé des sentiments, des peurs et des envies… Luigi, c’est moi, très exagéré, en bien et en mal : il est beaucoup plus enthousiasmant, plus courageux et, j’espère, plus sombre, plus menteur et manipulateur. Si on se croit suffisant pour être un personnage de cinéma, il faut aller voir un psy ! Même les grands maîtres de l’ego-cinéma comme Woody Allen — qui, dans la vraie vie, fait de la boxe — s’inventent un personnage de fiction. Que vous a apporté Benoît Graffin, votre co-scénariste, dans l’écriture d’un film en apparence aussi personnel ? Il a été une sorte d’accoucheur pour ce road movie que je ne voulais pas linéaire, ni plat. J’avais lu ses scénarios pour Pierre Salvadori (H

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La bonne altitude

L’Arpenteur | Chaque été, de nombreux petits festivals se lancent dans une programmation pluridisciplinaire, avec du théâtre, de la musique, des lectures… Un choix qui (...)

Aurélien Martinez | Mardi 21 juin 2016

La bonne altitude

Chaque été, de nombreux petits festivals se lancent dans une programmation pluridisciplinaire, avec du théâtre, de la musique, des lectures… Un choix qui a le mérite de balayer large, mais qui donne parfois l’impression d’un joyeux mais pas toujours très cohérent fourre-tout. Ce qui n’est pas le cas de l’Arpenteur, sans doute l’une des manifestations estivales iséroises les plus passionnantes. Peut-être parce qu’elle est pensée par une équipe dirigée par un homme qui est surtout auteur : Antoine Choplin. Peut-être aussi parce qu’on est dans un espace-temps particulier : celui de la montagne (le massif de Belledonne), au cœur d’une géographie qui donne son sous-titre au festival : « théâtre pentu et parole avalancheuse ». Résultat : les propositions de l’Arpenteur sont souvent surprenantes, voire décalées, avec notamment tout un travail autour de la marche : des lectures poétiques dans un refuge, des promenades où chacun devient lecteur… Mais, comme chaque année, il y a aussi des spectacles plus classiques (dont beaucoup nous sont inconnus, ce qui n’est pas plus mal), à vivre tranquillement assis, que ce soit à l’écou

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Yom, countries for the Old Man

MUSIQUES | La terre étant ronde, du moins aux dernières nouvelles, plus l'on se dirige vers l'Ouest plus on a de chances d'arriver à l'Est. En définitive, du Far West au (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 mars 2016

Yom, countries for the Old Man

La terre étant ronde, du moins aux dernières nouvelles, plus l'on se dirige vers l'Ouest plus on a de chances d'arriver à l'Est. En définitive, du Far West au Far East, il n'y a pas loin. Bien entendu cela vaut pour la musique, cette grande voyageuse. Les Américains le savent plus que d'autres, eux qui ont importé de l'Est (Afrique pour le blues, Allemagne pour le bluegrass) la musique de l'Ouest. Yom va plus loin. Yom est un cowboy, un cowboy français et clarinettiste, un cowboy d'origine yiddish dont le père a grandi en Amérique. Ça vous imprègne un homme, surtout s'il est comme lui porté sur les expérimentations, les boutures musicales autant que le déterrage de racines. Avec ses Yiddish Cowboys et Songs for the Old Man, du côté d'À Vaulx Jazz le 9 mars, Yom fait le lien entre cette musique de la peine née en Europe de l'Est et sa cousine de déracinement, la country. Donnant l'impression que le Danube a creusé le Grand Canyon et que les Appalaches sont filles des Carpates. Surtout, la terre étant ronde, la mélancolie est à la fois départ, destination et chemin. SD

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DakhaBrakha : la transe à l'ukrainienne

MUSIQUES | "Tradition et modernité", ce vieux débat pour philosophes bachoteurs. Le voici pourtant incarné, loin du cliché, par DakhaBrakha : un étrange quatuor qui, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 décembre 2015

DakhaBrakha : la transe à l'ukrainienne

"Tradition et modernité", ce vieux débat pour philosophes bachoteurs. Le voici pourtant incarné, loin du cliché, par DakhaBrakha : un étrange quatuor qui, depuis une bonne décennie, arpente les villages d'Ukraine à la recherche de chansons populaires, de récits oraux, et les met en musique avec à la fois ce qu'offre la tradition locale et les moyens de l'époque autant que du village global. Soit trois chanteuses en chapka issues de l'univers des polyphonies slaves qu'accompagnent un homme, Marko, ainsi que des rythmes hip-hop, des beats électro, des basses dub. Tout ça pour accoucher d'une transe post-moderne et post-mondiale où l'on perçoit yodel et percussions africaines ou venues d'Asie. Manière de réhabiliter une identité et une culture ukrainienne placées sous le joug, on ne le sait que trop, de la puissance russe. Mais DakhaBrakha le fait sans affirmation nationaliste. Bien au contraire : dans le décloisonnement des frontières par la musique et non par les chars, dans une ouverture européenne et mondialiste qui, sans doute sans le savoir (il s'agissait d'un vieux projet théâtral), rattrapée par les événements, s'inscrit en plein dans l'esprit de Maïdan.

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À l'Auditorium, le requiem de Tigran

MUSIQUES | Habitué des festivals de jazz (notamment lyonnais) découvert par Stéphane Kochoyan de Jazz à Vienne, on a tendance à oublier que Tigran Hamasyan a étudié en (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 octobre 2015

À l'Auditorium, le requiem de Tigran

Habitué des festivals de jazz (notamment lyonnais) découvert par Stéphane Kochoyan de Jazz à Vienne, on a tendance à oublier que Tigran Hamasyan a étudié en premier lieu cette musique à Erevan, où sa famille déménagea lorsqu'il était enfant (il est né à Giumri). On est donc peu étonné que ce pianiste-caméléon ait eu besoin de rendre au pays de ses racines plus encore qu'il ne l'a fait par le passé. On est encore moins étonné qu'il fasse en cette année 2015 qui marque le centenaire du début du génocide arménien – reconnu à ce jour et sous ce terme par 23 pays dans le monde en dépit de ses 1, 5 millions de victimes. Or, c'est bien le devoir de mémoire qui est au cœur du projet de Tigran : livrer un «requiem contre l'oubli». Pour cela, il s'est attaché les services du Yerevan Chamber State Choir (un choeur de chambre traditionnel arménien) et a adapté solennellement des pièces musicales arméniennes traditionnelles ou religieuses. Réunies sur un disque, leur destin principal est d'être joué dans cent lieux de culte à travers le monde. À l'Auditorium, le 9 octobre, Tigran fera une petite entorse à cette i

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Rentrée musique : 20 concerts à ne pas manquer

MUSIQUES | De mémoire de rats de salle de concert, cette rentrée musicale est l'une des plus chargées que la ville ait connue. Qu'à cela ne tienne, ce ne sont pas dix concerts que nous vous avons tagués comme "incontournables" cette année, mais une vingtaine. Faites chauffer les boules Quiès.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 septembre 2015

Rentrée musique : 20 concerts à ne pas manquer

Aline / Tigran / Jay Jay Johanson / Is Tropical Après avoir bu et dansé jusqu'à plus soif, bien profité de la belle hype initiée par Regarde le ciel, les Ex-Young Michelin ont pris la route du studio ICP de Bruxelles (temple du rock contemporain) à la rencontre de Stephen Street, mythique producteur et/ou ingénieur des Smiths (il fut le sage-femme de The Queen is Dead, t'as qu'à voir !), de Morrissey et de quatre albums de Blur. Le résultat, bien inspiré (et intitulé La Vie électrique), dégouline forcément de guitares cristallines et de rythmiques 80's dévalées en frenchy dans le texte. Quelque part entre les Smiths donc, les Triffids et un Daho d'époque moins daté. Aline est là, manquerait plus qu'elle revienne. Stéphane Duchêne Le 9 octobre au Marché Gare C'est un fait, le Tigran est un genre de prodigieux caméléon musical dont le génie serait profondément agaçant s'il n'avait pas la mansuétude d'en faire profiter les autres. Ce pianiste jazz (sur le papier uniquement), on l'a connu sous

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Cordes en Ballade - Du 2 au 14 juillet à Viviers (07)

MUSIQUES | «Le violon, de deux choses l’une ; ou tu joues juste, ou tu joues tzigane.» Cet été, Les Cordes en Ballade tordent le cou à cette chanson de Bobby Lapointe et prennent pour thème "Alla Zingarese" : à la tzigane. Philippe Yves

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Cordes en Ballade - Du 2 au 14 juillet à Viviers (07)

Chaque été, le versatile Quatuor Debussy quitte Lyon pour faire vibrer les cordes sensibles des villages d’Ardèche lors de son festival Les Cordes en Ballade. Une quinzaine de jours durant, concerts, masterclasses et rencontres ont pour décor les églises, chapelles, cours et cloîtres du département. Les Debussy, directeurs artistiques du festival, ont beau être les instigateurs de ces ballades, ils n’oublient pas pour autant d’être partageurs et invitent à les rejoindre de brillants solistes, mais aussi des nouveaux talents, au sein d’une académie pour jeunes quatuors européens. L’âme tzigane, thème de cette édition 2015, c’est l’art du contraste : passer de l’allégresse au plus vibrant pathos en un claquement d’archet. Et le programme de cette 17e édition sera riche en contrastes, dessinant des allers-retours entre folklore, klezmer et musiques savantes. Des voyages qui s’annoncent passionnants et mettent en évidence l’influence que le folklore hongrois a exercé sur des compositeurs tels que Brahms, Dvorak, Bartok, Liszt ou les contemporains Kurtag (fil rouge du festival) et Philippe Hersant. Côté solistes, on re

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Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

MUSIQUES | Entre éternels retours et renouvellement forcenés des talents, Jazz à Vienne continue pour sa 35e édition de puiser aux sources du jazz tout en se posant en laboratoire de la musique de demain. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

On pourrait dire cela de chacune des éditions de Jazz à Vienne, mais c'est particulièrement vrai pour celle-ci : elle marque un retour aux sources, et même plusieurs. D'abord avec une ouverture en forme d'hommage et de déclaration d'amour à la ville-mère du jazz, La Nouvelle Orléans. Où l'on croisera entre autres Dee Dee Bridgewater, mais aussi la fascinante Leyla McCalla, et dont le point d'orgue sera la présence, peu commune, du pianiste, chanteur, auteur-compositeur et surtout producteur de R'n'B originel Allen Toussaint. Comme chaque année, c'est un retour aux sources en chaîne qui s'opère derrière. Retour un peu permanent avec l'éternel comeback de figures comme George Benson ou Didier Lockwood, mais aussi de genres oubliés, avec le légendaire Golden Gate Quartet, qui prêche le gospel depuis 80 ans, et Gilberto Gil et Caetano Veloso, ce couple inspiré qui mit le feux aux poudres de la musique brésilienne (et de la musique tout court) à la fin des années 60 pour accoucher d'un mouvement qu'on appela tropicalisme. Dans le genre all-stars, ne pas manquer n

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Gérard Guyomard, peintre du plaisir

ARTS | Peintre libre et licencieux, Gérard Guyomard présente plusieurs oeuvres des années 1960 aux années 1980 à la galerie Pallade. Un artiste du plaisir, du rire et de toutes les libertés formelles. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 mai 2015

Gérard Guyomard, peintre du plaisir

Gérard Guyomard (né en 1936) fait partie de cette «bande de copains» de la figuration narrative qui, dans les années 1960, se révoltait contre l'hégémonie de la peinture abstraite en France. Un peu moins connu que ses comparses (Jacques Monory, Peter Klasen, Télémaque, Rancillac...) dont l'un vient de faire l'objet d'une grande rétrospective au Musée d'art contemporain (Erró), ce peintre mi-anar mi-égrillard est pourtant l'auteur d'une œuvre importante et prolifique. «Certains ont fait de la figuration politique, moi j’étais contestataire à ma façon en introduisant de l’érotisme dans mes toiles» nous disait-il en 2006 lors d'un entretien à la Galerie Pallade, déjà. Si la société de consommation et l'imagerie populaire font partie de ses grandes sources d'inspiration, l'érotisme est effectivement très présent, avec force femmes dénudées aux poses lascives ou plus que suggestives : «L’érotisme, si je puis dire, je ne le fais pas exprès, il vient tout seul. La pornographie et l’érotisme font partie de la vie et je serais frustré s’ils ne se retrouvaient pas sur mes toiles. Ces formes sont belles en soi. J’ai besoin de ça, mais je ne pourrais pas l’an

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L’œil du Tigran

MUSIQUES | En clôture de Saint-Fons Jazz et en co-production avec Jazz à Vienne, l’Auditorium accueille Tigran Hamasyan et son Shadow Theater. L’occasion d’assister à l’impressionnante métamorphose d’un jeune prodige jazz en créature pop ubiquiste, dotée d’une vision panoramique de son art. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 24 janvier 2014

L’œil du Tigran

En une poignée d’années et quelques albums, Tigran Hamasyan s’est posé en figure incontournable et indispensable du paysage musical. On devrait dire du jazz puisque c’est de là qu’il vient, mais ce serait par trop réducteur. Car dès le départ, tous ceux qui ont croisé sa route ou ses disques ont supposé que le jeune Arménien allait vite déborder du cadre (on le découvrira ainsi prochainement à l’œuvre sur le deuxième album de la pépite pop Cascadeur), arracher le costume d’interprète virtuose et d’improvisateur génial, trop étroit pour un tel talent. Un talent qui en sus vient du punk et ne l’a jamais vraiment quitté. Pas plus qu’il ne se défait de la marque culturelle de son pays. Matière volatile Son Shadow Theater est bien, comme son nom l’indique un théâtre d’ombres – discipline qui plus est partie prenante de la culture arménienne – éclairant l’évolution esthétique permanente du musicien. Un théâtre où viennent s’agiter dans un époustouflant jeu de cache-cache le folklore arménien, enseigné par son mentor Vahagn Hayrapetyan ; l’épouvantail rock, musique du père ; le vieux spectre jazz, découvert grâce à son oncle ; la "freakerie"

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Oiseaux Jazz

MUSIQUES | Qui dit été dit festivals, qui dit festivals dit jazz, qui dit jazz dit Jazz à Vienne, point de rencontre annuel de la grande migration des jazzeux du monde entier. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 21 juin 2012

Oiseaux Jazz

Avec l'été et l'avènement des festivals, on assiste chaque année à une migration qui pourrait nous rappeler celle de certains volatiles sensibles au climat (oies, grues, etc...). Chaque été, à la même période, c'est la grande transhumance des jazzmen, irrésistiblement attirés par la qualité du climat français, et ici, rhonalpin, et la qualité de ses sites antico-historico-touristiques. Parmi ceux-ci, le théâtre antique de Vienne n'est pas le moins prisé. Or, la notoriété et le talent de ces drôles d'oiseaux aux cris étranges, trompettistes, saxophonistes, chanteurs, pianistes, guitaristes, n'est pas sans attirer de concert toute une foule d'amateurs qui, elle aussi opère une migration vers ce lieu de rassemblement, comme le fauve attiré par la pause réhydratation d'un troupeau de flamands roses. Cette année, à Vienne, les oiseaux sont encore une fois loin de se cacher pour mourir même si une partie d'entre-eux n'est pas de prime jeunesse. Mais ce sont eux qui ont construit la légende du jazz et par là d'un festival qui n'a de jazz que la raison sociale, car toutes les espèces de m

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Fortichimmo

MUSIQUES | Très orientée «nouveaux talents» en plus de quelques valeurs sûres, Fort en Jazz joue cette année la politique de l'offre rafraîchissante et du talent juvénile qui transpire par tous les pores du jazz et de ses dérivés. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 31 mai 2012

Fortichimmo

Allez, avouez – faute avouée à moitié pardonnée comme disait mémé avant de nous coller une gifle au lieu de deux – quand on vous dit pianiste d'origine arménienne à Fort en Jazz, vous pensez immédiatement : André Manoukian. N'ayez pas honte, cela a également été notre cas. Eh bien si vous passez faire un petit tour à Francheville à l'occasion de Fort en Jazz, vous en ressortirez grandi en terme de «moi je connais un pianiste d'origine arménienne qui déchire, je peux te dire que c'est une autre came que Dédé Manoukian (qui pourtant n'est pas manchot)». Car oui, le Tigran Hamasyan dont il est question est un peu une bête de pianiste. Qui en plus, enfonce une autre idée reçue trop tenace selon laquelle le piano-jazz serait chiant à mourir (et Michel Petrucciani, il est pas mort peut-être ?). À même pas 25 ans, le jeune Tigran, passé par le Thelonious Monk Institute of Jazz et l'université de South California a remporté tout ce que le monde du jazz compte de prix et fait le tour du monde, quand d'autres peinent, à cet âge, à faire le tour du quartier. Avec son savant mélange de folklore arménien et de jazz, ce fan de rock ouvrira Fort en Jazz en conclusion d'une rés

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