Les 10 expos à voir ou revoir cet été

ARTS | On en a parlé lors de leur vernissage ; on en remet une couche cet été comme elles sont toujours à l'affiche. Suivez-nous !

Charline Corubolo | Mardi 5 juillet 2016

Photo : Marion Lindner


Obey Propaganda – A vision for our planet

Jusqu'au 23 juillet

Obey, pour certains, c'est une marque, pour d'autres c'est du vandalisme, pour les derniers carrément le néant de référence. Obey, c'est en fait le visage d'André The Giant, catcheur français, et la démarche artistique de Shepard Fairey, street artist américain. Exposé à Spacejunk dans le cadre du Street Art Fest, il dévoile des œuvres engagées envers l'environnement, pour une plongée colorée dans l'art sérigraphique.
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L'Art du Canard

Jusqu'au 30 juillet

Le groupe d'artistes allemands Interduck investit le couvent Saint-Cécile des éditions Glénat et s'amuse avec l'histoire de l'art en glissant des canards dans des tableaux de maîtres scrupuleusement (et parfaitement) reproduits. On se retrouve alors, par exemple, face à une Joconde avec un bec… En découle une exposition ludique et plaisante, ce qui n'est déjà pas si mal.
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Cristina Iglesias

Jusqu'au 31 juillet

Si les montagnes qui encerclent Grenoble vous lassent, rendez-vous au Musée de Grenoble pour pénétrer dans la nature séduisante mais désenchantée de l'artiste espagnole Cristina Iglesias. Questionnant l'architecture grâce à la sculpture, elle crée un nouvel environnement fait de puits, de labyrinthes et de moucharabiés, où l'eau, toujours, guide le parcours.
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Le spectacle des rues & des chemins, Joseph Apprin photographies 1890-1908

Jusqu'au 28 août

Apprin, prénommé Jospeh, n'était pas seulement greffier au XIXe siècle, c'était aussi un photographe amateur à l'œil aiguisé qui a su capter la vie iséroise de son temps avec une certaine modernité. Découvert récemment par Jean-Louis Roux, critique d'art grenoblois, l'ensemble s'expose au Musée de l'Ancien Évêché tel un miroir, en noir et blanc et vieux de 100 ans, de notre cuvette adorée.
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Briser la glace

Jusqu'au 4 septembre

Abolir la distance entre l'art, le visiteur et le lieu d'exposition, tel est le dessein de la dernière proposition du Magasin. Pensé comme une expérience ludique, le parcours est ponctué d'œuvres privilégiant l'échange et la manipulation par le jeu, pour faire de l'art contemporain un espace quotidien évolutif. Ou comment briser les rapports élitistes, et pas seulement la glace.
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Nunavik, en terre inuit

Tout l'été

Si vous avez besoin d'échapper à la chaleur étouffante de l'été, les solutions sont multiples : il y a les salles climatisées des cinémas, les rayons glaces des supermarchés et l'échappée inuite en plein Nunavik, au Musée dauphinois. Glissade sur la banquise dans la région de l'Arctique, grand ours blanc impérial et harpons pour la pêche givrée, cette exposition est aussi glacée qu'un Mister Freeze.
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Tsiganes, la vie de bohème ?

Tout l'été

Ce qui est sûr, c'est qu'au Musée dauphinois, ils aiment nous faire voyager ; et pour cela ils n'hésitent pas à sortir les roulottes des placards. Par une scénographie encore une fois foisonnante et immersive, l'exposition nous plonge en plein univers tsigane avec des photographies et des témoignages pour tenter de répondre à la question énoncée dans le titre.
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Ausencias / Absences

Tout l'été

Évoquer l'absence n'est jamais chose aisée, pourtant, le photographe argentin Gustavo Germano y arrive avec finesse et émotion. S'intéressant aux « disparitions forcées » perpétrées lors des dictatures argentine et brésilienne, il reproduit des clichés de famille vieux de 30-40 ans. La mise en perspective des deux photographies crée un parallèle troublant, rappelant l'importance du travail de mémoire. À découvrir au Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère.
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Monstru'eux, vous trouvez ça normal ?

Tout l'été

On ne sait pas encore si on trouve ça normal, mais ce qui est sûr, c'est que cette proposition sous forme de double exposition est amusante, tout en étant inquiétante. Inquiétante par sa dimension intelligence artificielle façon Steven Spielberg à la Casemate, amusante au Muséum avec ces animaux tout droit sortis d'un Tim Burton. Il ne manquerait plus que Scully et Mulder débarquent pour compléter le tableau.
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Paysage ou l'étrange idée du beau

Tout l'été

Paysage, en veux-tu en voilà : le Musée Géo-Charles propose lui aussi sa vision sur cette question en art. Mettant en parallèle des peintres de renom tels que Corot ou Courbet, et des artistes contemporains comme Jean-Marc Rochette et Michel Frère, l'exposition tend à dévoiler les différentes représentations de la nature en art. Si pour la pertinence scénographique, on repassera, un détour est recommandé ne serait-ce que pour la toile de Courbet et les peintures de Rochette.
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Obey Propaganda - A vision for our planet

Sérigraphies de Shepard Fairey
Spacejunk 19 rue Génissieu Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


L'art du canard

Exposition collective d'Interduck
Couvent Sainte-Cécile 37 rue Servan Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Cristina Iglesias

Installations et sculptures
Musée de Grenoble Place Lavalette Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Le spectacle des rues et des chemins. Joseph Apprin, photographies (1890-1908)

Visite guidée
Musée de l'Ancien Évêché 2 rue Très-Cloîtres Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Briser la glace

Le Magasin des Horizons Site Bouchayer-Viallet, 8 esplanade Andry Farcy Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Ausencias/Absences

Photographies de Gustavo Germano sur les personnes qui ont disparu à l'époque des dictatures militaires en Argentine et au Brésil
Musée de la Résistance et de la Déportation 14 rue Hébert Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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« Le punk, c'est un terrain de jeu »

Livre | Auteurs de l’ouvrage "Grenoble Calling, Une histoire orale du punk dans une ville de province", chroniqué dans ces pages la semaine dernière, Nicolas Bonanni et Margaux Capelier ont accepté de répondre, par e-mail, à nos questions.

Damien Grimbert | Jeudi 29 avril 2021

« Le punk, c'est un terrain de jeu »

Quand et comment est né le projet de ce livre ? Clairement, on s'est lancé-e-s dans ce projet parce qu'on participe à cette scène. On n'a pas du tout une posture de journalistes ou de sociologues, et, il faut le dire, on n'a aucune méthode scientifique. Nicolas vit depuis une vingtaine d'années à Grenoble, Margaux y a passé cinq ans. On a des regards et des parcours différents mais c'est un univers qui nous tient à cœur depuis longtemps. C'est bien en tant que participant-e-s qu'on s'est embarqué-e-s dans ce projet. On était intrigué-e-s par ce qui s'était passé dans cette ville "avant". Des lieux, des collectifs dont on avait seulement entendu parler... Le squat des Hell's Angels derrière la gare, par exemple, qu'est-ce que c'est que ça ? Donc oui, clairement il y a tout un pan de ce qui est raconté dans le bouquin qu'on ignorait complètement avant de s'y plonger. On en a profité pour tâcher de reconstituer le chemin qui avait amené à aujourd'hui, et essayer de rendre hommage à des personnes et des collectifs qui ont beaucoup œuvré et qui ne sont plus là. Grenoble Calling fonctionne sur le principe de "l’histoi

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Cinémas : chronique d’une reprise espérée

ECRANS | Comme si de rien n’était, ou presque… La 93e cérémonie des Oscar s’est tenue le 25 avril, avec deux mois de retard par rapport aux années précédentes. Pendant ce temps, la planète cinéma demeure encore et toujours suspendue à l’évolution favorable d’une cohorte d’indicateurs, espérant une réouverture pérenne des salles. Résumé des épisodes précédents et état des lieux avant un retour (incertain) mi-mai.

Vincent Raymond | Mercredi 28 avril 2021

Cinémas : chronique d’une reprise espérée

La fermeture des salles de cinéma s’est désormais installée dans le paysage culturel et économique : à la différence de la période mars-juin 2020, elle constitue depuis fin octobre une parenthèse qui n’en finit plus de se refermer. Et les rebondissements incessants de la crise sanitaire, dignes d’un film catastrophe à l’issue incertaine, comme sa gestion internationale cacophonique, rendent le futur immédiat illisible. Partout dans le monde. Ainsi, si l’on jette un coup d’œil aux pays limitrophes de la France, seule l’absence d’harmonisation fait figure de cohérence : si la Belgique n’envisage pas de réouverture avant début juin (avec une jauge limitée à 200 personnes), l’Allemagne la retarde encore en envisageant d’exiger la présentation d’un test Covid négatif de moins de 24h. Les salles sont en revanche ouvertes au Luxembourg (depuis janvier avec distanciation et couvre-feu à 23h), en Espagne (suivant les restrictions locales des régions), en Suisse (depuis le 19 avril avec masque, distanciation et jauge), en Italie (depuis le 26 avril, avec couvre-feu à 22h)… Et la France ?

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Grenoble est exotique

ESCAPADES | Marmottes, chamois, tétras lyres, canards colverts… Voir toujours les mêmes bestioles dans le coin peut être assez lassant. Heureusement, Grenoble innove aussi avec la nature et l’arrivée de nouvelles plantes et espèces exotiques, changement climatique oblige. Et pour compléter tout ça, direction la fontaine ardente du Gua. C’est le deuxième volet de nos bizarreries grenobloises, côté nature (qu’on aime beaucoup !)

Jérémy Tronc | Vendredi 23 avril 2021

Grenoble est exotique

Le gecko migre à Grenoble Plutôt familière des pays du pourtour méditerranéen et généralement près des côtes, la tarente de Maurétanie a été signalée à Grenoble pour la première fois en 2018. Cette espèce de gecko est arrivée dans la capitale des Alpes sous l’effet du changement climatique. Très bien adaptée à l'homme, on peut fréquemment la voir sur les murs, en particulier près des éclairages où se trouvent les insectes la nuit. Les tarentes affectionnent les zones pierreuses et les broussailles clairsemées. L’animal semble ainsi particulièrement se plaire dans les secteurs de la Porte de France et de l’Esplanade. L’association Nemeton (un biolab grenoblois) y organise des promenades d’observation lorsque des chaleurs plus importantes sont durablement installées. On appréciera alors les prouesses de la tarente : ce petit gecko nocturne est en effet un animal vif, capable de courir sur toutes les surfaces, même dénuées de la moindre prise, et de sauter très rapidement, par exemple du sol à une branche. Infos pratiques D'autres renseignements sont à découvrir sur le site Internet de Nemeton (

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Grenoble Calling, odyssée punk

CONNAITRE | Retracer 40 ans d’histoire du punk à Grenoble, des années 80 à nos jours, c’est l’audacieux défi dans lequel se sont lancés Nicolas Bonanni et Margaux Capelier, dont l’ouvrage "Grenoble Calling" vient de paraître aux éditions Le Monde à l’envers.

Damien Grimbert | Mercredi 21 avril 2021

Grenoble Calling, odyssée punk

C’est une histoire souterraine, dont beaucoup ignorent jusqu’à l'existence : depuis maintenant plusieurs dizaines d’années, le punk dispose à Grenoble d’une base extrêmement active et inventive, d’une effervescence impressionnante – concerts, festivals, fanzines, disquaires, distributeurs, squats et autres lieux éphémères… Farouchement underground, privilégiant l’autogestion, le "Do It Yourself" et la culture des réseaux et du bouche-à-oreille, rétif à toute forme d’institutionnalisation, de marchandisation et de médiatisation, à Grenoble comme ailleurs, le mouvement punk se vit bien plus qu’il ne se donne à voir. Une sorte d’univers parallèle mu par ses propres codes et convictions, inclusif dans sa démarche mais par nature invisible aux yeux du plus grand nombre. Autant dire qu’en retracer l’histoire sur près de quarante années constituait une gageure qui, aussi passionnante soit-elle, semblait de prime abord quasi impossible à relever. C’est pourtant ce qu’ont réussi à faire les auteurs de Grenoble Calling en s’appuyant sur une méthode éprouvée : après s’

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Grenoble impressionne Edmond Baudoin

Rencontre | Reconnu comme l'un des pionniers de la bande dessinée contemporaine et autobiographique, Edmond Baudoin est en résidence à Grenoble depuis trois mois sur invitation du réseau de bibliothèques, dans le cadre du Printemps du livre. Avec son pinceau et sa bouteille d’encre de Chine, il parcourt les rues de la ville pour dessiner des portraits au hasard de ses rencontres. Ce projet, nommé "Grenoble en portrait(s)", fera l’objet d’une exposition et sans doute d’un livre. Nous avons pu le rencontrer, un peu trop rapidement, et lui poser quelques questions. Une parole parfois espiègle, toujours humble et pourtant si riche.

Jérémy Tronc | Vendredi 12 mars 2021

 Grenoble impressionne Edmond Baudoin

Comment vous y prenez-vous pour réaliser les portraits des habitants ? Il me suffit de me mettre devant les personnes, quand elles ont enlevé leur masque, et de dessiner. En même temps, je leur pose une question et je discute avec elles. Le portrait que je tire est ensuite échangé contre la réponse à ma question. Je ne le garde pas pour moi : je l’offre. Pas tout de suite : les bibliothèques ont l’intention de monter une exposition avec l’ensemble de mes dessins. Je m’applique le plus possible pour mes portraits mais j’en rate parfois. Les personnes ne m’en veulent pas. Comme pour Picasso, quand ce n’est pas exactement le visage de la personne, ce sera ce visage ! Vous êtes donc allé à la rencontre des personnes dans la rue ? Avec les cafés et les restaurants fermés, c’est difficile. D’habitude, je me mets dans un restaurant et je dessine la personne qui est en face, si elle accepte. C’est facile. Mais j’ai aussi fait des visites dans des endroits qui aident les gens, comme l’association Point d’eau pour les migrants, et là c’était simple d’enlever le masque. Des gens viennent chez moi quand je les invite ou c’est moi qui

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Petits écrans et hautes montagnes

Télé | L’automne dernier, on aurait à coup sûr aimé découvrir les films des Rencontres CinéMontagne autrement que lors d’un rendez-vous digitalisé ! En attendant l’annonce de l’édition 2021, on pourra toujours voir quelques films de montagne sur TéléGrenoble au cours de la soirée du dimanche 28 février.

Martin de Kerimel | Dimanche 28 février 2021

Petits écrans et hautes montagnes

Au mois de novembre dernier, leurs organisateurs espéraient pouvoir accueillir quelque 20 000 curieux au Palais des Sports de Grenoble et dans toute une série de salles partenaires. Patatras ! La faute encore à ce maudit coronavirus, il n’en a rien été : les 22e Rencontres CinéMontagne, elles aussi, ont dû se contenter d’une édition virtuelle – sans la moindre petite rencontre « en présentiel ». Vous avez tout raté et vous auriez envie de rattraper le coup ? Un bon tuyau : TéléGrenoble diffuse plusieurs films de montagne, regroupés sous le titre Libre comme l’air, dimanche 28 février, à 21h. On y découvrira Aconcagua (notre photo), le récit d’un homme parti traverser la Cordillère des Andes… en parapente et bivouac ! Sous d’autres latitudes, on fera également connaissance avec Aziz Elmssaid, un jeune pêcheur marocain devenu l’un des meilleurs pilotes de vol de proximité, le long des falaises d’Aglou, ainsi qu’avec des enfants malgaches, eux aussi parapentistes, et qui pourraient avoir trouvé dans la pratique de ce sport extrême une manière de créer leur propre emploi ! Enfin, le programme se complètera avec It’s a bird thing, un fi

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Boire et déboires des micro-brasseurs grenoblois

GUIDE URBAIN | Le marché des bières artisanales n’est plus ce qu’il fut depuis que le coronavirus dicte ses périodes d’ouverture aux bars et aux restaurants. Les micro-brasseurs locaux, touchés mais pas coulés, préfèrent voir le verre à moitié plein et fondent leurs espoirs sur une évolution positive de la situation sanitaire et le beau temps qui annonce de nouvelles soirées mousse. En attendant, la vente à emporter les aide à passer cette période compliquée. Après notre épisode 1 au Ptit Labo, on vous donne d’autres bons tuyaux.

Jérémy Tronc | Jeudi 25 février 2021

Boire et déboires des micro-brasseurs grenoblois

Chez Docteur D : le malade boosté par Vitamine C À la fois brasseur et bar, comme le Ptit Labo, Docteur D écoulait l’intégralité de sa production dans la vente de bière à la pression. La fermeture de son établissement l’a obligé à trouver un système D pour liquider ses brassins et faire face aux charges de son commerce. Damien Veau, le gérant, a investi dans une unité d’encanettage afin de pouvoir proposer de la vente à emporter. « Les canettes conservent mieux les propriétés organoleptiques de la bière et le bilan écologique est meilleur que le verre, même recyclé », assure Damien, qui s’est associé au studio graphique grenoblois Vitamine C pour créer les étiquettes correspondant aux différentes recettes. La vente à emporter lui permet de maintenir une toute petite partie de son activité. « J’ai brassé seulement deux fois depuis le deuxième confinement. Cela correspond à une chute de 90% de ma production habituelle ». Heureusement, les habitués du bar sont restés fidèles à l’enseigne. « Certains clients viennent clairement pour me soutenir. C’est un achat solidaire mais ils sont aussi contents de pouvoir faire déguster mes bières à des non-habi

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Cinémas et festivals : en attendant la reprise (et le printemps)

ECRANS | D’habitude, lorsque débutent les vacances d’hiver, l’année cinéma est déjà bien entamée : les premiers festivals ont eu lieu et les suivants annoncent la couleur (ou du moins leur programmation). La fermeture des salles change la donne, mais ne signifie pas l’effacement de la saison : durant cette période d’hibernation forcée, le printemps des écrans se prépare. Panorama*…

Vincent Raymond | Lundi 8 février 2021

Cinémas et festivals : en attendant la reprise (et le printemps)

Jamais, en 125 ans d’histoire cinématographique, les salles n’auront été aussi longtemps fermées. Dimanche 7 février, cela a fait exactement 100 jours depuis le 30 octobre que les cinémas ont été contraints de baisser les rideaux, soit un jour de plus que lors du premier confinement, entre les 14 mars et 22 juin 2020. Si l’on mesure notre rage de spectateur, on imagine la souffrance des exploitants, programmateurs et organisateurs de festivals incapables de se projeter — sans mauvais jeu de mots — dans l’immédiat et forcés de composer au jour le jour. Pour certains, l’attente aura été fatale : le Festival de l’Alpe d’Huez a ainsi jeté l’éponge. Devant initialement se dérouler fin janvier, sa 24e édition avait un temps envisagé se décaler du 23 au 28 mars avant de renoncer, en accordant toutefois un "label" aux films qu’elle avait sélectionnés, comme Cannes l’an passé. Pas de quoi rire pour les rois de la comédie en altitude. En salle ou en ligne ? Suivant dans le calendrier, Voir Ensemble, le rendez-vous à destination du jeune public

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Bières Edmond : le sans alcool artisanal made in Grenoble

C'est nouveau | Brasserie / Émilie Yana et Sébastien Dué défendent Edmond, une marque dont ils espèrent qu’elle changera l’image du zéro degré.

Sandy Plas | Mardi 6 octobre 2020

Bières Edmond : le sans alcool artisanal made in Grenoble

Jusque-là, la bière sans alcool était généralement synonyme de boisson pas très engageante, un peu trop aromatisée et trop sucrée. Mais ça, c’était avant que les Grenoblois Émilie Yana et Sébastien Dué se penchent sur la question. Après plusieurs mois de recherches, ils ont mis sur pied leur propre brevage, répondant au doux nom d’Edmond. Mais loin de ce qu’on trouve dans les rayons des grandes surfaces, leur bière se destine avant tout « à ceux qui aiment la bière », explique Émilie. Avec leur recette, ils bluffent leur entourage et réfléchissent peu à peu à créer leur entreprise, convaincus qu’une véritable demande existe. « Nous voulions sortir de l’idée qu’une bière sans alcool se destine uniquement aux femmes enceintes. Il y a un marché plus large que ça », défend Émilie. Surtout, les deux fondateurs veulent faire évoluer le regard que la société porte au "sans-alcool". « On veut déringardiser les boissons sans-alcool, en montrant que même si on ne boit pas, on peut quand même sortir. » Sans devoir, au passage, se résoudre à comm

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"Mon grand-père et moi" : Pépé le pique-toit

Cinéma | ★☆☆☆☆ De Tim Hill (É.-U., 1h38) avec Robert De Niro, Oakes Fegley, Uma Thurman… En salles dès le 7 octobre

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Son grand-père squattant sa chambre, Peter, 10 ans, lui déclare la guerre. Comme l’ancêtre se prend au jeu, les ripostes s’enchaînent ainsi que les dommages collatéraux… Ne vous laissez pas berner par l’affiche ni le titre français : ce pur nanar fiscal où figure De Niro (mais aussi Christopher Walken, Uma Thurman ou Jane Seymour) n’a aucun lien avec la série de Jay Roach et Ben Stiller. Calibrée pour une sieste de boomer ventripotent, cette comédie du genre "rediffusion" eût mérité Seth Rogen ou Judd Apatow au générique pour être a minima subversive. À défaut, comptez un seul éclat de rire : lorsque De Niro montre sa bite par accident à son gendre pour la seconde fois. C’est peu.

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"Fin de siècle" : si c’était à refaire…

ECRANS | ★★★☆☆ De Lucio Castro (Arg., 1h24) avec Juan Barberini, Ramón Pujol, Mia Maestro…

Vincent Raymond | Mardi 22 septembre 2020

Barcelone, de nos jours. Deux hommes s’offrent une nuit d’amour. Une relation sans lendemain ? Peut-être que non, d’autant qu’elle a sans doute un "avant-hier", quelque part entre les limbes du rêve, du souvenir ou du fantasme… Il faut attendre la fin de la première partie pour comprendre le titre, et ce renvoi vingt ans en arrière, à cette autre époque d’incertitudes que fut le changement de siècle, où le mal dominant s’appelait Sida et non Covid-19. C’est là que le film change de dimension, devient onirique et prend de la profondeur. Là qu’il cesse d’être un chromo touristique (de fort belle facture) pour gagner en mystère. Preuve qu’il faut laisser du temps au temps…

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Éléonore : Aime ma sœur !

ECRANS | ★☆☆☆☆ De Amro Hamzawi (Fr., 1h25) avec Nora Hamzawi, Julia Faure, Dominique Reymond…

Vincent Raymond | Mardi 22 septembre 2020

Éléonore : Aime ma sœur !

Bavarde impénitente, gaffeuse patentée, en panne d’amour, Éléonore accepte un job alimentaire d’assistante chez un éditeur de romans érotiques. Elle va mettre le souk, mais dans l’intérêt général… Transposant son histoire pour que sa sœur Nora puisse l’interpréter, Amro Hamzawi signe une comédie sentimentale désuète pour l’export, pleine de cartes postales et de Parisiennes trop agaçantes mais sexy (ô-l’amûr-jolie-madmoizel). Hors d’âge et relativement dispensable.

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Le plus petit multiplexe du monde

ECRANS | Du vendredi 17 au dimanche 19 juillet, l’association A Bientôt J’espère organise au beau milieu du Trièves, en plein cœur de la forêt d’Esparron, "Les Vacances au risque du réel", un multiplexe éphémère dédié au cinéma documentaire, réunissant quarante films hors du commun. Décryptage d’une initiative passionnante qui affiche d’ores et déjà complet.

Damien Grimbert | Mardi 7 juillet 2020

Le plus petit multiplexe du monde

Imaginez : un endroit fascinant, méconnu et reculé, en pleine forêt, où personne ne se rend jamais ou presque. Une clairière pour bivouaquer, un ancien ermitage en ruines et une ferme/refuge situés à une dizaine de minutes de sentier et, un peu plus loin, un canyon pour se baigner. C’est ce décor improbable que l’association A Bientôt J’espère a décidé d’investir pour le transformer, trois jours durant, en un multiplexe éphémère composé de six salles improvisées pouvant accueillir chacune… entre 10 et 25 personnes. On l’imagine aisément, dans un cadre pareil, l’objectif n’est pas de projeter les derniers blockbusters hollywoodiens, loin s’en faut. Fruit d’une résidence annuelle organisée dans le cadre de Paysage > Paysages, événement culturel porté par le Département de l’Isère, Les Vacances au risque du réel se donnent au contraire pour objectif de « questionner le paysage tout en s’inscrivant à l’intérieur de ce paysage », comme l’explique Cyril Hugonnet, concepteur de l’événement aux côtés de Loïc Cloez. « Chaque année, on part toujours avec une feuille blanche : on a sillonné le Trièves, on a visité plein de lieux, rencontré plein de gens… E

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Isabelle Stragliati : « Une approche plus libre de la radio »

Documentaire radiophonique | Peut-être plus connue du public grenoblois sous le nom de Rescue, son alias de DJ, Isabelle Stragliati est également l’autrice de créations radiophoniques ambitieuses. La dernière d’entre elles, le documentaire "Virginie, Virginia, Simone et moi", explore et interroge l’engagement féministe d’hier et d’aujourd’hui. Rencontre.

Damien Grimbert | Mardi 7 juillet 2020

Isabelle Stragliati : « Une approche plus libre de la radio »

En quoi consiste la création radiophonique ? Isabelle Stragliati : Le terme permet d’englober un certain nombre de pratiques radiophoniques qui ne rentrent pas forcément dans les cases "traditionnelles" de la radio (reportage, émission musicale, débat, table ronde, information…). C’est une approche plus libre de la radio, affranchie des contraintes habituelles de format, de durée et de structure, qui permet de donner naissance à des formes un peu hybrides empruntant à différents genres, courants et influences : interview, documentaire, fiction, musique, field recording… Comment y es-tu venue ? C’est venu assez tard. J’ai commencé la radio de manière assez conventionnelle, avec une émission hebdomadaire sur Radio Campus Grenoble dans laquelle je partageais mes trouvailles musicales. Par la suite, j’ai commencé à y travailler et ça m’a permis de découvrir tous les aspects de la pratique : technique, communication, programmation, coordination… Ce qui m’a progressivement amenée vers la création radiophonique, que je ne connaissais pas vraiment : j’ai participé à un atelier à Marseille avec Radio Ca

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"Mon ninja et moi" : doudou et dur à la fois

Animation | De Anders Matthesen & Thorbjørn Christoffersen (Dan., 1h21) animation

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

Depuis que sa mère s’est remise en ménage, Alex a hérité d’un "demi-frère" de son âge qui le tyrannise à la maison et au collège. Quand son oncle excentrique lui offre une poupée de ninja magique ramenée de Thaïlande, Alex pense tenir sa revanche. Mais la contrepartie sera rude… La toute neuve société de distribution Alba Films tient sa première authentique pépite avec ce long métrage danois méritant d’être le succès d’animation de l’été 2020. Mon ninja et moi marque en effet une réjouissante révolution dans l’univers plutôt corseté et policé des productions destinées au "jeune public" (vocable flou qui rassemble des bambins jusqu’aux ados). À présent que tous les studios d’animation ont globalement atteint une excellence technique comparable à celle développée par Blue Sky, Dreamworks ou Pixar et uniformisé leur style graphique, le récit (et son traitement) est devenu l’ultime refuge de la singularité. Un retour aux fondamentaux pour spectateurs blasés des prouesses visuelles asymptotiques. Auteur et coréalisateur de Mon ninja et moi,

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"La Forêt de mon père" : aux racines de la folie

ECRANS | De Vero Cratzborn (Bel.-Fr.-Sui., 1h31) avec Léonie Souchaud, Ludivine Sagnier, Alban Lenoir…

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

Élagueur, Jimmy vient de se faire licencier parce qu’il agissait bizarrement. À la maison, son comportement lunatique devient difficile à supporter pour sa femme et ses trois enfants. Jusqu’à une crise qui lui vaut d’être interné. Mais Gina, son aînée de 15 ans, ne parvient pas à l’accepter… Censée être vécue à travers les yeux de la grande ado, comme en atteste le possessif au singulier du titre, l’histoire se diffracte un peu pour être vue également à travers les yeux de ses cadets et de sa mère. On perd en pure subjectivité, mais on gagne quelques contrepoints utiles pour composer, avec du recul, un tableau familial plus précis et assembler les pièces du tableau clinique de la maladie psychique de Jimmy. Bien sûr, l’élément végétal est abondant, fondateur, aussi enveloppant qu’inquiétant dans La Forêt de mon père, puisque c’est le territoire dans lequel cet “homme des bois“ évolue, au premier degré. Cette forêt est également mentale, un dédale à l’intérieur duquel il s’égare sans trouver de sortie, où il tente même d’aspirer les siens. Il faut mettre

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"Brooklyn Secret" : Mari à tout prix ?

ECRANS | D'Isabel Sandoval (É.-U. et Phi., 1h29) avec Isabel Sandoval, Eamon Farren, Ivory Aquino...

Vincent Raymond | Mardi 23 juin 2020

Aide-ménagère d’origine philippine, Olivia s’occupe d’Olga, grand-mère juive de Brooklyn dont le petit-fils prodigue Alex vient de rentrer au bercail. Espérant obtenir des papiers définitifs en épousant un Étasunien contre rémunération, Olivia a un secret : elle est née homme… Présenté lors du dernier festival Écrans Mixtes, ce nouveau film d’Isabel Sandoval tresse plusieurs fils avec une délicatesse rare : chacun des brins pris à part a beau nous être familier (pour avoir figuré dans la trame d’œuvres précédentes), leur agencement compose ici un motif des plus harmonieux, où cohabitent, sans qu’aucun jamais ne recouvre l’autre, plusieurs discours comme autant de voix témoignant de conditions particulières. La situation d’Olivia, dans l’espoir d’une régularisation, fait ainsi écho à celle de la génération d’Olga et de la communauté juive de Brighton Beach. Un temps, on croirait voir une mise en images de la chanson de Mort Shuman, Brooklyn by the Sea. Bruit de fond nourrissant l’inquiétude ambiante, des fragments de discours de Trump contextualisent

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"Les Parfums" : Et néanmoins patronne…

Cinéma | De Grégory Magne (Fr., 1h40) avec Emmanuelle Devos, Grégory Montel, Gustave Kervern…

Vincent Raymond | Mardi 23 juin 2020

En galère de boulot, Guillaume devient le chauffeur d’Anna Walberg, "nez" indépendante dans l’univers de la parfumerie et femme si exigeante qu’elle a épuisé tous ses prédécesseurs. Mais Guillaume va s’accrocher en lui tenant tête. Une manière de leur rendre service à tous les deux… Devenu un visage familier grâce à la série 10%, Grégory Montel avait éclos en 2012 aux côtés du regretté Michel Delpech dans le très beau L’Air de rien, première réalisation de Stéphane Viard et… Grégory Magne. Après l’ouïe, celui-ci s’intéresse donc à l’odorat mais conserve peu ou prou un schéma narratif similaire puisque son héros ordinaire-mais-sincère parvient à nouveau à redonner du lustre à une vieille gloire recluse prisonnière de son passé et/ou ses névroses, tout en s’affirmant lui-même ; la différence majeure réside dans le fait qu’une relation fatalement plus sentimentale que filiale se noue ici entre les protagonistes. Loin d’être une bluette à l’anglaise où les deux tourtereaux roucoulent après avoir fait chien et chat pendant l’essentie

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The Demon Inside

"The Demon Inside" : satanique son père | De Pearry Reginald Teo (É.-U., 1h27) avec Robert Kazinsky, Peter Jason, Florence Faivre…

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

The Demon Inside

Affecté par la mort de son épouse et traité pour troubles schizophréniques, Joel élève son fils Mason aidé par une baby-sitter mais sous surveillance d’une psy. Lorsque d’étranges phénomènes conduisent un exorciste à s’intéresser à Mason, son foyer chancelant bascule pour de bon… Qu’on aimerait ne pas avoir à renvoyer cette triste série B' à Friedkin, étant donné qu’elle semble insister davantage sur le ressenti douloureux du malade psychique que sur le tintouin grand-guignolesque de la liturgie de dépossession. Sauf que… Trop occupé, sans doute, à peaufiner son décor bleu éteint et à triturer l’esthétique de ses images subjectives, joliment irisées façon kaléidoscope, Pearry Regnald Teo n’a pas jugé utile de proposer quelque nouveauté dans la représentation de l’exorcisme d’un gamin : voix rauque borborygmant du latin, pustules diverses, reflux œsophagien sur curés… Pas l’once d’une nouveauté audacieuse au tableau. Mais le pompon, en ce XXIe siècle censément spirituel, c’est lorsque le prêtre convainc le père aux abois que sa pratique magique est légale, garantie par « le premier amendement ». Aussi imparable, justifié et d’actualité que le port d’

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Voyez comme on danse

Rencontre | Déjà hôte des artistes Aline Fayard et Rémy Héritier, le Pacifique accueille Mathilde Monfreux dès le 11 mars. La danseuse, chorégraphe et performeuse va proposer des ateliers autour de la question du soin. Nous l’avons rencontrée.

Martin de Kerimel | Mardi 10 mars 2020

Voyez comme on danse

Éveiller le corps grâce à l’imaginaire. Lui redonner la parole. Décaler le regard que chacun porte sur soi-même. Ce sont quelques-uns des objectifs d’une série d’ateliers organisés au Pacifique, le centre de développement chorégraphique national. Dans trois projets, la structure collabore avec ses partenaires de l’Espace de vie sociale, de la Bibliothèque Alliance, de la Papothèque et de l’Accorderie. Elle cherche également à mobiliser plus largement, en ouvrant certaines journées d’ateliers à toutes les personnes intéressées. Mathilde Monfreux est la troisième artiste invitée à entrer dans la danse. Elle s’en réjouit et explicite pleinement sa démarche : « Pour moi, cette expérience – Le corps comme relation – consiste à travailler sur le soin que l’on peut avoir pour soi-même, pour les autres et pour son environnement. L’idée de soin comprend une notion de réversibilité. En lien avec l’improvisation, la danse permet un dialogue constant entre nos mondes intérieur et extérieur. » Toucher, être touché En tout, la danseuse et chorégraphe animera quatre rencontres "grand public", les 11 mars, 6 mai, 24 et 26 juin. Elle proposera aux particip

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« Diffuser la culture du Maghreb et Moyen-Orient »

Événements | « Une semaine d’événements pluridisciplinaires pour dévoiler la richesse du Maghreb et du Moyen-Orient. » C’est par ces quelques mots que Ludmilla Moulin, (...)

Nathalie Gresset | Mardi 18 février 2020

« Diffuser la culture du Maghreb et Moyen-Orient »

« Une semaine d’événements pluridisciplinaires pour dévoiler la richesse du Maghreb et du Moyen-Orient. » C’est par ces quelques mots que Ludmilla Moulin, vice-présidente de l’association organisatrice de la manifestation, décrit la 4e édition de la Semaine du monde arabe, qui se déroule du 18 au 21 février, principalement à Sciences Po Grenoble. « Pour nous, l’objectif est de diffuser la culture incroyable de cette région du monde, qui ne se résume pas à ses conflits. Chaque année, on propose de nouvelles activités et explore de nouvelles thématiques. » Projection d’un documentaire retraçant le parcours d’une jeune Palestinienne de Gaza pour partir étudier à l’étranger, concours d’éloquence, stage de danses orientales… sont quelques-uns des événements qui rythment cette semaine. « Parmi les temps forts, nous allons recevoir l’ambassadeur du Liban en France, Rami Adwan, qui animera aux côtés de Daniel Meier, docteur en sociologie politique, la conférence "1920-2020 : quel bilan pour le Liban ?". » Pour conclure sur une note musicale et festive, la Belle Électrique recevra vendredi 21 février le groupe de musique électro-orientale

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Hot 8 Brass Band : vivre et mourir à la Nouvelle-Orléans

Concert | La vie est plus forte que tout : c'est un peu le message de la musique du Hot 8 Brass Band, venu tout droit de la Nouvelle-Orléans et qui débarque à la Source samedi 8 février. Un moment à ne pas manquer.

Damien Grimbert | Mardi 4 février 2020

Hot 8 Brass Band : vivre et mourir à la Nouvelle-Orléans

Les fanfares, pour ou contre ? Quand il s’agit uniquement de se servir de leur fascinant potentiel d’attractivité pour flatter de manière consensuelle "les gens qui aiment quand ça bouge", forcément on serait plutôt contre. Quand il s’agit de rendre un hommage vibrant, authentique et passionné à la résilience et à la culture musicale de la ville qui les a vu naître et grandir, c’est évidemment une toute autre histoire. Et c’est sans équivoque dans la deuxième catégorie que s’inscrit le Hot 8 Brass Band, une fanfare née dans les rues de la Nouvelle-Orléans qui emprunte aussi bien au folklore jazz historique de la ville qu’à des styles plus contemporains comme le rap, le funk, la bounce, sans oublier quelques reprises de tubes incontournables signés par Marvin Gaye, Stevie Wonder ou Joy Division. Pleinement inscrits dans la culture de leur ville, les membres du Hot 8 Brass Band (qu’on avait pu découvrir en activité au sein de la fabuleuse série Treme de David Simon, le créateur de The Wire) en ont payé le prix fort : depuis leur création, pas moins de cinq membres du groupe ont perdu la vie, fauchés par la violence de rue ou la maladie. Mais comme toujours à la N

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"La Dernière Vie de Simon" : des débuts prometteurs

ECRANS | Les grands débuts de Léo Karmann réalisateur de long-métrage offre un film fantastique à la française tout à fait séduisant. Une histoire d'ados qui bascule également dans le drame ou le mélo. Vivement recommandée !

Vincent Raymond | Mardi 4 février 2020

À part Thomas et Madeleine, personne ne connaît le secret de Simon, petit orphelin capable de prendre l’apparence de ceux qu’il touche. Quand Thomas est victime d’un accident, Simon le remplace sans prévenir qui que ce soit. Dix ans plus tard, Simon va "ressurgir"… Du fantastique à la française ! C’est-à-dire héritier de la (bonne) littérature de la fin du XIXe siècle, du Horla de Maupassant, de L’Homme à l’oreille cassée d’About, de La Cafetière de Gautier, tous ces romans et nouvelles ayant profité du mouvement positivo-scientiste pour entrouvrir les volets du paranormal, pendant que Jules Verne conservait une rigueur toute cartésienne. Ici, point de pyrotechnie ni de super-héros en cape et collants, mais l’instillation perpétuelle du doute et de l’inquiétude : sur les visages, dans les regards, et même dans la douceur fluide des mouvements de caméra. Conte fantastique, La Dernière Vie de Simon tient également de l’habile réflexion identitaire, métaphorisant la dualité intérieure que peut ressentir un enfant adopté, même si l’amour qu’il reçoit de sa famille d’accueil lui permet de développer a

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"Merveilles à Montfermeil" : corbeille et somme

Cinema | De et avec Jeanne Balibar (Fr., 1h49) avec également Emmanuelle Béart, Ramzy Bedia…

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Fraîchement séparés, Joëlle et Kamel se côtoient tous les jours au sein de l’équipe municipale de Montfermeil. La maire, une illuminée, rêve, entre autres excentricités années 1980, d’implanter une école de langues démesurée dans cette cité de banlieue. Cela n’arrangera pas leurs relations… Intrigante et prometteuse, la séquence d’ouverture montrant le couple Balibar/Bedia se disputant en arabe devant une juge des divorces abasourdie aurait pu – dû ? – constituer l’alpha et l’oméga de cette pseudo comédie politique, mais authentique catastrophe artisanale. Première réalisation solo de la comédienne-chanteuse intello (récemment enrubannée d’un hochet républicain, dans la même promotion que le patron de BlackRock), ce "machin" a faux sur toute la ligne. La forme, tout d’abord : écrit et joué en dépit du bon sens, il offre à une troupe de bobos hors sol vêtue arty sexy l’occasion de glapir du cri primal dans un simulacre pathétique de Rendez-vous en terre inconnue. Le fond, ensuit

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Drôles de mamans

Humour | De retour à Grenoble, Valérie Vagné et Émilie Geymond s’amusent à secouer le cocotier de la maternité. Les femmes qu’elles incarnent sont sincères, mais bien loin d’être parfaites. Autant en rire avec elles !

Martin de Kerimel | Mardi 17 décembre 2019

Drôles de mamans

Valérie Vagné approche de la cinquantaine. Cela ne la traumatise pas, mais elle raconte – avec le sourire – qu’elle trouve désormais quelque peu incongru d’être sur scène dans un rôle de jeune maman. La plaisanterie dure pourtant depuis une dizaine d’années : c’est en effet en 2010 qu’elle a écrit Les mères veillent, ce spectacle qu’elle joue en duo avec Émilie Geymond, sa fidèle complice en (fausse) indignité maternelle. Pas question d’accabler les comédiennes pour le comportement discutable de leurs personnages : on sait que c’est pour rire ! L’auteure assume un petit côté grinçant, parfois mal compris : sa comparse et elle ont beau s’habiller en rose pour afficher leur fantaisie, il arrive que certains membres du public prennent leurs blagues très au sérieux. Allez savoir, peut-être qu’il n’est pas facile de rire avec celui qui se moque de vos propres travers… Tendre ironie Une mère qui refuse d’aller chercher son enfant perdu dans un grand magasin, une autre qui s’est fait un lifting sans assumer vraiment sa maternité, une troisième qui cache un ballon sous ses vêtements pour avoir une place assise dans le bus… Les différents modèles choisis pa

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"Séjour dans les monts Fuchun" : vaste comme une saga, calme comme le fleuve

ECRANS | De Gu Xiaogang (Chi., 2h30) avec Qian Youfa, Wang Fengjuan, Zhang Renliang…

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Hangzhou, Chine. Dans un restaurant, la doyenne d’une famille célèbre son anniversaire, avec le protocole et le respect dus à son rang. Ses descendants mettent en sourdine leurs querelles (d’argent, principalement). Ce sont eux que l’on va suivre, dans ce pays en mutation… Feng Xiaogang (I Am Not Madame Bovary), Dong Yue (Une pluie sans fin), Ho Wi-ding (Face à la nuit), Jia Zhangke (Les Éternels) et maintenant Gu Xiaogang… Les cinéastes chinois contemporains ne craignent plus, dans tous les sens du terme, d’évoquer la récente évolution économique de leur pays, ainsi que les spectaculaires conséquences urbanistiques et/ou sociétales en découlant. Bouleversant les paysages à vitesse grand V, autant que ceux qui les habitent, ces chamboulements s’accompagnent de placements et de corruption ; leurs erratiques issues aiguisent les tensions entre les frères, déjà avivées par l’obligation morale de s’occuper à tour de rôle de la doyenne. Gu Xiaogang montre la fracturation de la famille, le poids des traditions, les difficultés de la jeunesse pour s’émanciper de ce carcan,

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"Jeune Juliette" : gros câlins

Cinema | D'Anne Émond (Qué., 1h37) avec Alexane Jamieson, Léanne Désilets, Robin Aubert…

Vincent Raymond | Mardi 10 décembre 2019

Précoce et obèse, Juliette souffre d’une vie qu’elle juge médiocre, banale et quasi solitaire, malgré un père aimant et un grand frère vaguement protecteur. L’approche des vacances d’été exacerbant les sentiments, des déclarations d’amour vont éclore en tous sens. Parfois inattendues. Si vous êtes familier du journal Spirou, vous connaissez sans doute les BD Tamara (dont l’héroïne est en surpoids) et surtout Les Nombrils du duo québécois Dubuc & Delaf narrant le quotidien de lycéennes ; Jeune Juliette s’inscrit précisément à l’intersection de ces deux séries en jetant sur l’âge des possibles un regard certes bienveillant mais dénué de complaisance ou d’hypocrisie. Anne Émond filme davantage que son excellente comédienne Alexane Jamieson : elle capte l’absence d’une mère carriériste et le manque qui en découle, la naissance du désir ou l’angoisse de ne pas être désiré, mais aussi les instants de solitude et les blessures narcissiques propres à l’adolescence. Sans donner l’impression de faire catalogue ni un film à thèse, la cinéaste aborde nombre de situations d’exclusion liées

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"Une vie cachée" : celui qui croyait au Ciel et à la terre

Cinema | L’inéluctable destin d’un paysan autrichien objecteur de conscience pendant la Seconde Guerre Mondiale, résistant passif au nazisme. Ode à la terre, à l’amour, à l’élévation spirituelle, ce biopic conjugue l’idéalisme éthéré avec la sensualité de la nature. Un absolu de Malick, en compétition à Cannes en 2019.

Vincent Raymond | Mardi 10 décembre 2019

Sankt Radegund, Autriche, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Fermier de son état, Franz Jägerstätter refuse par conviction d’aller au combat pour tuer des gens et surtout de prêter serment à Hitler. Soutenu par son épouse, honni par son village, il sera arrêté et torturé… Il convient d’emblée de dissiper tout malentendu. Cette "vie cachée" à laquelle le titre se réfère n’évoque pas une hypothétique clandestinité du protagoniste, fuyant la conscription en se dissimulant dans ses montagnes de Haute-Autriche pour demeurer en paix avec sa conscience. Elle renvoie en fait à la citation de la romancière George Eliot que Terrence Malick a placée en conclusion de son film : « Car le bien croissant du monde dépend en partie d’actes non historiques ; et le fait que les choses n’aillent pas aussi mal pour vous et moi qu’il eût été possible est à moitié dû à ceux qui vécurent fidèlement une vie cachée et reposent dans des tombes que l'on ne visite plus. » Un esprit saint Créé bienheureux par l’Église en 2007, Jägerstätter est de ces forces tranquilles dont Malick ne pouvait que raffoler : un mixe entre la haute élévation spirituelle d’un homme c

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"Le Mans 66" : the mans of Le Mans

Cinema | De James Mangold (É.-U., 2h33) avec Matt Damon, Christian Bale, Jon Bernthal…

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

Seul Américain à avoir remporté Le Mans, Carroll Shelby s’est reconverti dans la vente de voitures. Quand Henry Ford junior fait appel à lui pour construire la voiture capable de détrôner Ferrari, il saute sur l’occasion. D’autant qu’il connaît le pilote apte à la conduire : l’irascible Ken Miles… L’actualité a de ces volte-face ironiques… Sortant précisément au moment où le mariage PSA-Fiat (Chrysler) vient d’être officialisé, Le Mans 66 débute par la fin de non recevoir de Ferrari de s’allier à Ford, l’indépendante Scuderia préférant assurer ses arrières dans le giron de Fiat. Un camouflet, une blessure narcissique qui va précipiter l’industriel de Détroit dans une lutte orgueilleuse avec en ligne de mire la couronne mancelle. Est-ce de l’émulation (puisqu’il y a un enjeu technologique pour les deux sociétés en lice) ou bien la traduction d’un complexe psychologique de la part de leurs dirigeants ? On ne manquera pas de faire un lien avec la conquête

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James Mangold : « "Le Mans 66" est un film dramatique adulte, pas un film pop corn »

ECRANS | Après sa parenthèse Marvel (et le tranchant "Logan"), James Mangold revient à un biopic et aux années soixante avec cette évocation d’une "course" dans la plus prestigieuse des courses automobiles, Le Mans. Interception rapide lors de son passage à Paris.

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

James Mangold : «

La quête du Mans par Ford ressemble beaucoup à la quête de la Lune par la Nasa à la même époque. Avez-vous l’impression d’avoir fait un film d’astronautes sur la route ? Quelle était la dimension symbolique qu’avait la course du Mans ? James Mangold : Je pense que pour Ford, gagner Le Mans revenait à se prouver quelque chose. La conquête de la Lune était en effet aussi une compétition, puisqu’il fallait arriver les premiers sur la Lune, en particulier avant les Russes. Le film essaie de montrer que gagner une course, c’est bien plus qu’une victoire de coureur automobile : c’est aussi celle de l’amitié, de l’équipe et d’une marque. Quel est votre rapport aux voitures ? J’ai un Land Rover. Les voitures, ce n’est pas l’alpha et l’omega pour moi. Mais le XXe siècle a été défini par la voiture ; elle a changé nos vies. À une époque, chaque homme ou femme possédait son propre cheval, sa propre monture pour aller où bon lui semblait. Ford est arrivé en faisant que la voiture soit abordable pour tous. Ensuite, ça a été le règne des autoroutes. Même aujourd’hui, quand on entre dans ces boîte de mé

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Le baroque à San Francisco avec Alonzo King et "Händel & Common ground"

Danse | Éblouissant, énigmatique, envoûtant, inventif ! Ces qualificatifs élogieux ne sauraient rendre compte de l'immense talent de l'un des plus grands (...)

Monique Bonnefond | Mardi 12 novembre 2019

Le baroque à San Francisco avec Alonzo King et

Éblouissant, énigmatique, envoûtant, inventif ! Ces qualificatifs élogieux ne sauraient rendre compte de l'immense talent de l'un des plus grands chorégraphes outre-Atlantique. Véritable « Ballet master de notre temps » selon William Forsythe, Alonzo King célèbre l'union de la danse et de la musique à travers deux perles qui allient techniques classique et contemporaine. Avec Händel, la musique des corps des danseurs aux lignes épurées joue une partition subtile et émouvante qui entre en résonance avec la noblesse de la musique baroque du compositeur allemand. La musique et la danse s'accordent à nouveau dans Common Ground, véritable hommage qu'Alonzo King, en association avec le Kronos Quartet, rend à sa ville natale, San Francisco. Une ville en mouvement, métissée, tournée vers l'avenir, reconnue pour l'excellence de sa danse et son multiculturalisme. Les musiciens du célèbre quatuor à cordes accompagnent les danseurs, eux aussi des "masters", emportés dans une chorégraphie inventive, sensuelle et vibrante à l'instar de la ville californienne. Händel & Common ground

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Jérémy Clapin : « J’ai dû détruire le roman pour construire le film »

ECRANS | Avant de remporter le Grand Prix de la Semaine de la Critique (une première pour un film d’animation) et le Cristal à Annecy, le premier long-métrage de Jérémy Clapin a connu une lente maturation en dialogue et confiance avec son producteur ainsi que l’auteur du roman (et coscénariste) Guillaume Laurant.

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

Jérémy Clapin : « J’ai dû détruire le roman pour construire le film »

Comment le livre dont est inspiré J’ai perdu mon corps, Happy Hand, vous est-il tombé entre les mains ? Il semble vous avoir été destiné… Jérémy Clapin : On le doit à mon producteur, Marc du Pontavice. Il a demandé à me rencontrer en 2011 après avoir vu mes courts-métrages : dans tous mes films, il y a un élément fantastique qui vient interroger la réalité. Cette intrusion du fantastique me permet d’aborder des thèmes plus délicats à aborder frontalement, d'éclairer certaines zones d’ombre. Ce n’est pas un fantastique gratuit juste parce qu’il est spectaculaire ; il parle d’autre chose que du sujet lui-même. Comme dans le réalisme magique dans la littérature sud-américaine ? Oui : la combinaison des deux crée une autre réalité qu’on accepte en tant que telle. Et ces éléments fantastiques et réels sont séparés, chacun appartenant à leur monde, ils fabriquent une autre réalité. Mais c’est très présent aussi dans la littérature asiatique, japonaise, notamment chez Murakami, où le fantastique n’est pas sur-appuyé : il arrive comme un élément naturaliste, s’impose en tant que tel, on ne

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"J'ai perdu mon corps" : cinq doigts de génie

ECRANS | Une main séparée de son corps entreprend de le retrouver. À partir de cet argument de conte noir, Jérémy Clapin confectionne une fable animée sentimentale fantastique, ode sensorielle pétrie de nostalgie et d’élégance graphique. Un bijou qui fera date.

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

Sectionnée à la suite d’un malencontreux accident, la main du jeune Naoufel part à la recherche de son corps. Se dévoilent au fur et à mesure de ses pérégrinations, leur passé commun et les circonstances de leur séparation. Une histoire de rupture(s), de mort et aussi d’amour(s)… Proclamons-le sans ambages : J’ai perdu mon corps mérite de connaître le même succès que Ma vie de courgette. Il n’est pas anodin que ce premier long-métrage ait ainsi emballé des jurys aussi différents que ceux de Cannes et d’Annecy : mêlant ses lignes narratives et temporelles distinctes, il tisse une étoffe singulière à la suavité accentuée par son essence graphique, ainsi que son ambiance gothico-surréaliste. Clapin fait ici entendre clair et fort cette voix si particulière qui rendait ses courts-métrages fantastiques fascinants de proximité et de poésie. L’on pourrait croire qu’un membre autonome susciterait la peur, l'horreur ou le dégoût

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Rencontres Ciné Montagne : les arts aux sommets

Festival | Le Palais des sports de Grenoble accueille jusqu'au 9 novembre la 21e édition du festival. Au programme : du cinéma, de la musique, des rencontres. Suivez le guide !

Nathalie Gresset | Mardi 5 novembre 2019

Rencontres Ciné Montagne : les arts aux sommets

« Présenter la montagne sous toutes ses formes et à travers ses différentes disciplines. » Organisées sur une semaine par la Mission Montagne de la Ville de Grenoble, les Rencontres Ciné Montagne se déroulent au Palais des sports jusqu’au samedi 9 novembre. Elles font la part belle à la projection de films, mais pas seulement. Si les 25 métrages aux paysages dantesques présentés lors de cette 21e édition constituent le cœur de ce rendez-vous incontournable pour les amoureux des sommets, les organisateurs de l’événement souhaitent également aborder la montagne « à travers d'autres dimensions artistiques » afin de « créer des temps de surprise, montrer la montagne sous un autre angle et toucher un public plus important », explique Virginie Lacroix, programmatrice et chargée de mission sur l’événement. Ainsi, le duo trip-hop et électro Aora Paradox ouvrira le bal avec un ciné-concert mercredi soir sur la thématique du solo, « une composition autour d’un montage vidéo spécialement réalisée pour l’occasion ». Les festivités se poursuivront jeudi avec la compagnie Les Impondérables

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"L'Audition" : partitions

ECRANS | De Ina Weisse (All.-Fr., 1h35) avec Nina Hoss, Simon Abkarian, Serafin Gilles Mishiev…

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

Au quotidien, Anna est l’incertitude faite femme. Mais tous au Conservatoire reconnaissent sa rigueur de professeure de violon. Alors, lorsqu’elle repère Alexander en audition, on lui laisse carte blanche. Se doute-elle que le préparer aux concours va chambouler jusqu’à sa vie familiale ? En apparence cousu de fil blanc – ou plutôt de ce noir épais tissant l’étoffe des drames –, ce portrait d’une femme entre deux âges, entre deux hommes, entre deux vies et finalement entre deux enfants, captive par son habileté à déjouer les clichés. La réalisatrice allemande Ina Weisse ne s’abandonne jamais à la facilité, ni à une démonstrativité superflue : il suffit de quelques plans, d’une poignées de mots et de regards pour mesurer les relations troubles entre Anna et son père… et comprendre l’origine probable de son exigence disproportionnée comme de son instabilité. Mais L’Audition est aussi un film sur le désir artistique maladif et la jalousie : accordant une attention toute maternelle à Alexander – avant d’être obsessionnelle –, Anna en néglige son propre fils Jonas, violoniste lui aussi. Un fils auquel, de surcroît, elle

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Droit de regard sur les vacances : notre sélection de propositions jeune public

Jeune public | Pour ce numéro de trois semaines qui couvre l’entièreté des vacances scolaires, la rédaction du Petit Bulletin s’est mise en mode jeune public avec une sélection de propositions culturelles à vivre avec des enfants. Exposition, cinéma, concert et spectacle : suivez-nous !

La rédaction | Mardi 15 octobre 2019

Droit de regard sur les vacances : notre sélection de propositions jeune public

Une exposition pour « sensibiliser les enfants à la montagne » Avec, comme l’écrivait Stendhal (on connaît nos auteurs au PB), « au bout de chaque rue, une montagne », Grenoble semble être la ville idéale pour proposer l’exposition Petits Monts et merveilles, destinée aux 3-6 ans et organisée par la Casemate (le centre de culture scientifique local) dans le cadre de sa "Saison pour la planète". « Nous vivons entourés de montagnes et c’est important de sensibiliser les enfants à ce sujet. Certains vivent en ville, n’ont pas forcément la chance d’y aller, et cette exposition est aussi l’occasion de la leur faire découvrir », explique Armelle Chaléon, médiatrice à la Casemate. Une fois passées les portes du lieu, les enfants se retrouvent immergés dans l’univers montagnard à travers divers jeux et activités, m

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"Un monde plus grand" : esprit, es-tu là ?

ECRANS | De Fabienne Berthaud (Fr., 1h40) avec Cécile de France, Narantsetseg Dash, Tserendarizav Dashnyam…

Vincent Raymond | Jeudi 24 octobre 2019

Après la mort de son compagnon, Corine (Cécile de France) part au fin fond de la Mongolie pour se changer les idées. Alors qu’elle enregistre le son d’une cérémonie chamanique, elle entre dans une transe violente, révélant des dons de chamans insoupçonnés. Une lente initiation va alors commencer… Il faut attendre le générique de fin pour apprendre qu’il s’agit d’un biopic. En soi, le détail n’a pas ou peu d’importance qui ne change rien dans le parcours de Corine. Indirectement, il résonne avec le sous-thème du film : la sérendipité (ou fortuité). En l’occurrence, le spectateur constate la véracité de l’histoire en étant entré dans une fiction comme Corine a découvert son "don" alors qu’exilée dans le travail à mille lieues du lieu de sa douleur, elle entamait son travail de deuil. S’il laisse une grande part au mystère et à l’inconnu, Un monde plus grand ne verse pas pour autant dans l’ésotérisme : il inscrit a contrario le processus chamanique dans le cartésianisme occidental, Corine étant le trait d’union lui permettant d’être scientifiquement étudié. Dommage cependant que Fabienne Berth

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"Debout sur la montagne" : là-haut, y a pas débat

ECRANS | De Sébastien Betbeder (Fr., 1h45) avec William Lebghil, Izïa Higelin, Bastien Bouillon…

Vincent Raymond | Mardi 29 octobre 2019

Quinze ans après leur enfance montagnarde, trois amis se retrouvent dans leur village d’origine à l’occasion des funérailles du grand frère de l’un d’entre eux. Leurs rêves de jeunesse disloqués, ils constatent que la vie d’adulte donne plus souvent des raisons de pleurer que de rire… Sébastien Betbeder a de la constance, il faut le lui reconnaître. N’aimant rien tant que les histoires de copains en quête d’une forme de retrouvailles dans un milieu plutôt hostile, le prolifique cinéaste décline son thème chéri dans tous les environnements et avec toutes les configurations possibles. Après l’île de Marie et les Naufragés, le grand Nord enneigé du Voyage au Groenland, la bourgade d’altitude constitue ici une suite logique pour le sympathique trio. Quant à la réunion entre potes, si elle est entravée par le poids d’un passé commun traumatique alourdi par les blessures intimes de chacun, son issue offre une délivrance générale façon absolution. Jonglant avec les peurs d

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"Mon chien Stupide" : chienne de vie !

ECRANS | De et avec Yvan Attal (Fr., 1h45) avec également Charlotte Gainsbourg, Pascale Arbillot, Éric Ruf…

Vincent Raymond | Jeudi 24 octobre 2019

Jadis écrivain prometteur, Henri (Yvan Attal) n’a rien produit de potable depuis des années. La faute en incombe, selon lui, à sa femme et ses enfants qu’il accuse de tous ses maux. Lorsqu’un énorme molosse puant et priapique débarque ex nihilo dans sa vie, il y voit un signe bénéfique du destin. Les personnages perdant toute inhibition pour cracher une misanthropie sans filtre au monde entier emportent facilement la sympathie du public, qui aimerait bien souvent se comporter comme eux. Incorrect au plus haut degré, l’égotique Henri est de cette race d’anars domestiques en ayant soupé des convenances et du masque social ; peu lui chaut de dire ses quatre vérités à son épouse ou à sa progéniture. En cela, il évoque beaucoup le narrateur d'American Beauty (1999) – dont on se demande par ricochet s’il n’a pas été inspiré par le roman posthume de John Fante que Yvan Attal adapte ici. Mais aussi cet autre écrivain obsessionnel et râleur héros de Kennedy et moi (1999), campé par Jean-Pierre Bacri. D’ailleurs, cela peut-être l’enseignement principal de Mon chien stupide, Yv

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"Au bout du monde" : Kurosawa sous le ciel de l'Ouzbékistan

ECRANS | De Kiyoshi Kurosawa (Jap.-Ouz.-Qat., 2h) avec Atsuko Maeda, Ryô Kase, Shôta Sometani…

Vincent Raymond | Mardi 22 octobre 2019

Présentatrice d’une émission japonaise de découvertes géographiques, Yoko est en reportage en Ouzbékistan. Aux nombreuses difficultés pimentant son tournage s’ajoute une mélancolie intime qui l’occupe hors caméra. Samarcande et Tashkent sont si loin de Tokyo… Tout comme les compatriotes de sa génération et des suivantes, tels Kore-eda ou Kawase, Kiyoshi Kurosawa manifeste une certaine porosité à l’Occident tranchant avec l’esprit d’insularité ordinairement attribué aux artistes nippons. Deux ans après son escapade parisienne pour Le Secret de la Chambre noire, il jette son dévolu sur l’Ouzbékistan, plus proche géographiquement du Japon mais porteur d’un exotisme mystérieux. Et même si ce film est sans le doute le plus étranger au genre fantastique qu’il ait jamais réalisé, Au bout du monde se trouve traversé par une impression de bizarrerie et de déphasage constants. Ce trouble n’a rien de surnaturel : Yoko ne parlant pas l’ouzbek, éprouvant

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Le Monde au coin de la rue : documentaires sur tapis rouge

Événement | Du mercredi 9 au vendredi 18 octobre, c'est à la Maison des habitants du centre-ville de Grenoble que ça se passera grâce à l'association À Bientôt J’espère.

Damien Grimbert | Mardi 8 octobre 2019

Le Monde au coin de la rue : documentaires sur tapis rouge

C’est une tradition désormais bien établie : chaque année, l’association À Bientôt J’espère investit dix jours durant le quartier Alma-Très-Cloîtres pour y proposer un cinéma éphémère tout entier voué au documentaire de création. Si l’on n’a pas pu, loin s’en faut, voir l’intégralité des films projetés, on peut néanmoins vous recommander quelques temps forts comme le cabaret d’ouverture, programmé par les détenus de la Maison d’arrêt de Varces. L’occasion de découvrir le court-métrage Les Misérables de Ladj Ly, décliné par la suite en long-métrage avec le succès que l’on sait (Prix du Jury au dernier Festival de Cannes), Les Indes Galantes, dernier court du réalisateur de Braguino Clément Cogitore ou encore Le Saint des voyous de Maïlys Audouze, passionnante conversation entre un ex-voyou et sa fille. À ne pas manquer non plus, les « cafés-doc » du matin : outre Un Solo Amore, déjà évoqué dans ces pages lors de

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"Vous êtes jeunes, vous êtes beaux" : battling vieux

ECRANS | De Franchin Don (Fr., 1h40) avec Gérard Darmon, Josiane Balasko, Patrick Bouchitey…

Vincent Raymond | Mardi 1 octobre 2019

À 73 ans, Lucius (Gérard Darmon) se sait condamné à brève échéance. Mais il a encore du jus. Alors, quand on lui propose contre un petit pactole de participer à des combats clandestins entre "vieux", il accepte. Pour se prouver qu’il existe encore. Ou pour sa chère Mona (Josiane Balasko), qui sait ? Inutile de frapper la viande pour attendrir. La preuve avec ce premier long-métrage de Franchin Don aux lisières de la série blême et du surréel onirique lynchéen, dont la stylisation extrême s’ajoute à un propos fort ainsi qu’à une interprétation solide. Or, si c’est un plaisir de retrouver Josiane Balasko déployant ce registre dramatique qu’elle a déjà offert à Guillaume Nicloux ou François Ozon, voix basse et gravité à fendre les pierres, tout comme Patrick Bouchitey en clown épuisé et Denis Lavant en meneur de jeu méphistophélique, il est plus surprenant de voir Gérard Darmon distribué dans une "non-comédie" – et qui plus est, au premier rôle. Quel dommage que les cinéastes n’aient pas l’imagination de Franchin Don, car Darmon se révèle aussi brillant que touchant dans cet emploi sacrificiel rappelant à bien des égards

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Théâtre : quinze pièces pour une saison parfaite

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Des créations très attendues, des succès enfin à Grenoble, des découvertes... Suivez-nous dans les salles grenobloises et de l'agglo.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Théâtre : quinze pièces pour une saison parfaite

La Buvette, le tracteur et le curé Et voici la nouvelle pièce de l’inénarrable humoriste dauphinois Serge Papagalli, qui sera créée début octobre et tournera ensuite dans pas mal de villes autour de Grenoble. Avec toujours cette fameuse famille Maudru, dont Aimé, le chef de famille (Papagalli lui-même, parfait), et Désiré, le neveu un peu attardé (Stéphane Czopek, grandiose). Où cette fois, visiblement, il sera question d’une énième reconversion de cet agriculteur à la retraite, mais aussi d’un curé un peu strict nouvellement venu. Vivement les retrouvailles ! À partir d’octobre dans de nombreuses villes de l’Isère Tournée complète sur www.papagalli.fr Incertain Monsieur Tokbar

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"Edith, en chemin vers son rêve" : conte d’automne

ECRANS | De Simon Hunter (G.-B., 1h42) avec Sheila Hancock, Kevin Guthrie, Amy Manson…

Vincent Raymond | Mardi 17 septembre 2019

À la mort de son époux impotent, l’octogénaire Edith envoie enfin paître sa fille pour accomplir ce qu’elle n’a pu réaliser avec son père : escalader le Mont Suilven en Écosse. Sans préparation, dotée d’un caractère revêche, elle aura bien besoin de l’aide de Jonny, un jeune guide du cru… Avec son minois de Carrie-Anne Moss version 2050, Sheila Hancock est un visage moins connu – donc moins attendu – pour cet emploi que les incontournables Maggie Smith, Judi Dench ou la jeune Charlotte Rampling ; elle convient donc parfaitement pour incarner ce mixte de rigidité et de fatalisme : "Edie" sait que son escapade s’inscrit dans une parenthèse forcément brève, ouverte par le trépas d’un mari, et qui se refermera par sa propre mort. Dans ce court laps de liberté, malgré les convenances et la désapprobation de sa fille, elle reprend en main son indépendance en refusant d’intégrer un Ehpad. Ce (long) préambule, traitant de la réappropriation d’une destinée confisquée par un homme dominateur puis invalide, s’avère plus intéressant que la partie randonnée : accomplir un exploit sportif lorsque l’on est diminué est certes en soi une autre forme d’émancip

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Jour & Nuit 2019 : notre sélection d'artistes à ne pas manquer

Festival | Huitième édition pour le festival Jour & Nuit de l’association MixLab, qui se déploiera comme l’an passé pendant trois jours dans et autour de la Belle électrique (dont cette dernière est gestionnaire). L’occasion de faire le point, avec la subjectivité qui nous caractérise, sur les artistes à ne surtout pas manquer entre jeudi 5 et samedi 7 septembre. Par Stéphane Duchêne et Damien Grimbert

La rédaction | Mardi 3 septembre 2019

Jour & Nuit 2019 : notre sélection d'artistes à ne pas manquer

H-Burns Bim ! À peine sorti au printemps dernier le Midlife d'H-Burns que déjà l'on dégainait le qualificatif trompe-la-mort : Midlife serait « le meilleur album » du sieur Renaud Brustlein, après Kids we own the summer (2017) et Night moves (2015). Soit l'affirmation est un tantinet marseillaise (la sardine, le Vieux-Port, tout ça), soit notre Drômois préféré continue sans relâche(ment) l'ascension qui lui fait office de carrière, comme on jogge mollement le dimanche matin à l'heure des croissants. Il faut bien admettre que la vérité est sans doute proche de la deuxième hypothèse. Midlife, s'il évoque subliminalement une crise de la quarantaine, n'en est pas moins l'un de ces bijoux égarés entre pop et folk, mélancolie (Actress, Sister…) et bonheur braque (Crazy ones en tête) sur un terrain où les merveilles mélodiques poussent comme du chiendent. Du grand H. Vendredi 6 septembre sur la grande scène The Psychotic Monks Pou

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La rentrée ciné 2019, au(x) fil(ms) des semaines…

ECRANS | Sortie triomphalement au printemps, "Parasite" de Bong Joon-ho, la Palme d’or du dernier Festival de Cannes, laisse un boulevard aux films de l’automne, qui se bousculent au portillon. À vous de les départager ; ex aequo autorisés.

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

La rentrée ciné 2019, au(x) fil(ms) des semaines…

18 septembre Avec Portrait de la jeune fille en feu, Céline Sciamma (Bande de filles, Tomboy, Naissance des pieuvres...) filme, sur fond de dissimulation artistique, le rapprochement intime et intellectuel de deux femmes à l’époque des Lumières. Une œuvre marquée par la présence invisible des hommes, le poids indélébile des amours perdues et le duo Noémie Merlant / Adèle Haenel. Prix du scénario à Cannes. À la même date, venu de Venise et des étoiles, Ad Astra, dans lequel James Gray embarque Brad Pitt pour un voyage galactique – après le Tarantino, Brad place ses billes pour l’Oscar. 25 septembre Dans un futur proche, un petit village aid

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"Les Hirondelles de Kaboul" : cachée

ECRANS | de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec (Fr., 1h33) animation

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

Dans l’Afghanistan asservi par les talibans, le jeune couple formé par Mohsen et Zunaira tente de résister à la terreur quotidienne. Mais lors d’une dispute, la belle Zunaira tue par accident son amant. Elle est aussitôt incarcérée sous la garde du vieux Atiq, en attendant d’être exécutée… À l’instar de Parvana, autre film d’animation renvoyant à l’Afghanistan des années de fer et de sang (hélas pas si lointaines), cette transposition du roman de Yasmina Khadra raconte plusieurs mises à mort, symboliques et réelles, consécutives à la prise du pouvoir par les talibans et à leur doctrine fondamentaliste. Certes, les autrices Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec prennent quelques libertés avec le texte initial pour "sauver" un personnage, en lui octroyant ici des scrupules qu’il n’a pas à l’origine, mais elles ne dévoient pas globalement le sens de ce conte moral au finale aussi marquant symboliquement que visuellement. Le choix de l’animation trouve ici to

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Dix expos à (re)voir pour un été au frais

ARTS | Un été en ville peut se vivre à l’air libre, comme on vous le conseille dans les premières pages de ce numéro. Mais il peut aussi se vivre dans un musée, en parfaite connexion avec des œuvres d’art. Alors zoom sur dix expositions que nous avons déjà chroniquées avec enthousiasme et qui sont toujours à l’affiche pendant ces vacances.

La rédaction | Mardi 2 juillet 2019

Dix expos à (re)voir pour un été au frais

La plus événementielle Immense figure du street art, l’États-unien Shepard Fairey présente à l’Ancien Musée de peinture plus de 600 œuvres qui reviennent sur trente ans de carrière militante. Un gros morceau qui en met plein la vue ! Et un art syncrétique nourri de nombreuses influences allant du constructivisme russe au pop art, saupoudré d’un goût prononcé pour les formes autoritaires de propagande – car pour faire passer certains messages politiques, Shepard Fairey n’hésite pas à faire dans l’efficacité simpliste. Malheureusement, ceux qui sont à l’aise avec les valeurs qu’il brocarde (consumérisme, nationalisme, militarisme) sont bien meilleurs en la matière – en atteste les élections récentes de Trump et Bolsonaro. Obey : 30 years of resistance À l’Ancien Musée de peinture jusqu’au dimanche 27 octobre La plus barrée

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"Pauvre Georges !" : canadian beauty

ECRANS | De Claire Devers (Fr-Bel-Can, 1h53) avec Grégory Gadebois, Mylène MacKay, Monia Chokri…

Vincent Raymond | Mardi 2 juillet 2019

Enseignant français exilé au Québec, Georges le taciturne vit avec son épouse à la campagne. Un jour, il surprend Zack, un gamin déscolarisé, fouillant leur maison. Georges va jeter son dévolu sur cet ado un brin pervers et tenter de lui faire raccrocher le lycée, au grand dam de ses proches… Avec son ambiance de banlieue tranquille peuplée de gens aisés en apparence comme il faut (mais révélant à la première occasion de violentes névroses quand ils n’affichent pas leur ridicule de parvenus) et son protagoniste las d’absorber sans regimber la médiocrité ambiante et saisi par la crise de milieu de vie, cette adaptation-transposition d'un roman de Paula Fox ne peut qu’évoquer American Beauty (1999) de Sam Mendes : Georges va faire voler en éclats les conventions qui l’oppressent, dût-il en payer le prix. À la différence du héros de Mendes, c’est davantage au profit des autres que du sien que se déclenche cette petite révolution dont Zack est le catalyseur. Trop rare au cinéma, la réalisatrice Claire Devers fait preuve ici d’une délicieuse – et bienvenue – causticité vis-à-vis des ectoplasmes contemporains, en réhabilitant ceux qui pass

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La Fête du Travailleur alpin : « Célébrer 90 ans d’existence est exceptionnel »

Festival | Faut-il encore présenter la Fête du Travailleur alpin ? Du 28 au 30 juin, cette véritable institution iséroise organisée par des militants communistes célèbrera à Fontaine son 90e anniversaire. Comme à son habitude, cette petite Fête de l’Huma fera la part belle aux concerts (Flavia Coelho, Kery James, Médine…), débats politiques et animations diverses, le tout placé sous le signe de « l’engagement, la solidarité et la fraternité » – tout un programme ! L’occasion aussi de se pencher sur l’histoire et les coulisses du festival avec Simone Torres, sa nouvelle directrice.

Nathalie Gresset | Mardi 18 juin 2019

La Fête du Travailleur alpin : « Célébrer 90 ans d’existence est exceptionnel »

Quelle est l’histoire derrière la Fête du Travailleur alpin ? Simone Torres : L’histoire de la fête est indissociable de celle du journal du même nom. L’événement est né en 1929, soit un an après la création de la revue par Paul Billat, son premier rédacteur en chef, et François Campiglia, secrétaire régional du Parti communiste français (PCF) de l’époque. Avec l’interdiction du PCF pendant la Seconde Guerre mondiale, la fête tout comme le journal ont été suspendus, même si ce dernier continuait de paraître clandestinement. Il faudra attendre 1945 pour la reprise officielle des festivités. La fête a pas mal voyagé dans l’agglo depuis sa création, en s’installant d’abord à Saint-Martin-d’Hères, puis Sassenage, Grenoble, Uriage et aujourd’hui Fontaine. Et le nombre de participants a lui aussi bien évolué : on est passé de 40 personnes lors de la première édition à plus de 5 000 ces dernières années. Célébrer 90 ans d’existence est aujourd’hui quelque chose d’exceptionnel pour une fête associative car entre les coupes budgétaires, le manque de relève et l’instauration de nouvelles normes (comme la sécurité), il est parfois diffi

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