Les 10 expos à voir ou revoir cet été

ARTS | On en a parlé lors de leur vernissage ; on en remet une couche cet été comme elles sont toujours à l'affiche. Suivez-nous !

Charline Corubolo | Mardi 5 juillet 2016

Photo : Marion Lindner


Obey Propaganda – A vision for our planet

Jusqu'au 23 juillet

Obey, pour certains, c'est une marque, pour d'autres c'est du vandalisme, pour les derniers carrément le néant de référence. Obey, c'est en fait le visage d'André The Giant, catcheur français, et la démarche artistique de Shepard Fairey, street artist américain. Exposé à Spacejunk dans le cadre du Street Art Fest, il dévoile des œuvres engagées envers l'environnement, pour une plongée colorée dans l'art sérigraphique.
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L'Art du Canard

Jusqu'au 30 juillet

Le groupe d'artistes allemands Interduck investit le couvent Saint-Cécile des éditions Glénat et s'amuse avec l'histoire de l'art en glissant des canards dans des tableaux de maîtres scrupuleusement (et parfaitement) reproduits. On se retrouve alors, par exemple, face à une Joconde avec un bec… En découle une exposition ludique et plaisante, ce qui n'est déjà pas si mal.
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Cristina Iglesias

Jusqu'au 31 juillet

Si les montagnes qui encerclent Grenoble vous lassent, rendez-vous au Musée de Grenoble pour pénétrer dans la nature séduisante mais désenchantée de l'artiste espagnole Cristina Iglesias. Questionnant l'architecture grâce à la sculpture, elle crée un nouvel environnement fait de puits, de labyrinthes et de moucharabiés, où l'eau, toujours, guide le parcours.
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Le spectacle des rues & des chemins, Joseph Apprin photographies 1890-1908

Jusqu'au 28 août

Apprin, prénommé Jospeh, n'était pas seulement greffier au XIXe siècle, c'était aussi un photographe amateur à l'œil aiguisé qui a su capter la vie iséroise de son temps avec une certaine modernité. Découvert récemment par Jean-Louis Roux, critique d'art grenoblois, l'ensemble s'expose au Musée de l'Ancien Évêché tel un miroir, en noir et blanc et vieux de 100 ans, de notre cuvette adorée.
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Briser la glace

Jusqu'au 4 septembre

Abolir la distance entre l'art, le visiteur et le lieu d'exposition, tel est le dessein de la dernière proposition du Magasin. Pensé comme une expérience ludique, le parcours est ponctué d'œuvres privilégiant l'échange et la manipulation par le jeu, pour faire de l'art contemporain un espace quotidien évolutif. Ou comment briser les rapports élitistes, et pas seulement la glace.
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Nunavik, en terre inuit

Tout l'été

Si vous avez besoin d'échapper à la chaleur étouffante de l'été, les solutions sont multiples : il y a les salles climatisées des cinémas, les rayons glaces des supermarchés et l'échappée inuite en plein Nunavik, au Musée dauphinois. Glissade sur la banquise dans la région de l'Arctique, grand ours blanc impérial et harpons pour la pêche givrée, cette exposition est aussi glacée qu'un Mister Freeze.
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Tsiganes, la vie de bohème ?

Tout l'été

Ce qui est sûr, c'est qu'au Musée dauphinois, ils aiment nous faire voyager ; et pour cela ils n'hésitent pas à sortir les roulottes des placards. Par une scénographie encore une fois foisonnante et immersive, l'exposition nous plonge en plein univers tsigane avec des photographies et des témoignages pour tenter de répondre à la question énoncée dans le titre.
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Ausencias / Absences

Tout l'été

Évoquer l'absence n'est jamais chose aisée, pourtant, le photographe argentin Gustavo Germano y arrive avec finesse et émotion. S'intéressant aux « disparitions forcées » perpétrées lors des dictatures argentine et brésilienne, il reproduit des clichés de famille vieux de 30-40 ans. La mise en perspective des deux photographies crée un parallèle troublant, rappelant l'importance du travail de mémoire. À découvrir au Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère.
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Monstru'eux, vous trouvez ça normal ?

Tout l'été

On ne sait pas encore si on trouve ça normal, mais ce qui est sûr, c'est que cette proposition sous forme de double exposition est amusante, tout en étant inquiétante. Inquiétante par sa dimension intelligence artificielle façon Steven Spielberg à la Casemate, amusante au Muséum avec ces animaux tout droit sortis d'un Tim Burton. Il ne manquerait plus que Scully et Mulder débarquent pour compléter le tableau.
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Paysage ou l'étrange idée du beau

Tout l'été

Paysage, en veux-tu en voilà : le Musée Géo-Charles propose lui aussi sa vision sur cette question en art. Mettant en parallèle des peintres de renom tels que Corot ou Courbet, et des artistes contemporains comme Jean-Marc Rochette et Michel Frère, l'exposition tend à dévoiler les différentes représentations de la nature en art. Si pour la pertinence scénographique, on repassera, un détour est recommandé ne serait-ce que pour la toile de Courbet et les peintures de Rochette.
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Obey Propaganda - A vision for our planet

Sérigraphies de Shepard Fairey
Spacejunk 19 rue Génissieu Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


L'art du canard

Exposition collective d'Interduck
Couvent Sainte-Cécile 37 rue Servan Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Cristina Iglesias

Installations et sculptures
Musée de Grenoble Place Lavalette Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Le spectacle des rues et des chemins. Joseph Apprin, photographies (1890-1908)

Visite guidée
Musée de l'Ancien Évêché 2 rue Très-Cloîtres Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Briser la glace

Le Magasin des Horizons Site Bouchayer-Viallet, 8 esplanade Andry Farcy Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Ausencias/Absences

Photographies de Gustavo Germano sur les personnes qui ont disparu à l'époque des dictatures militaires en Argentine et au Brésil
Musée de la Résistance et de la Déportation 14 rue Hébert Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Les mélodies du bonheur par Poupard

Synth pop | Ils ont débarqué sur la scène grenobloise il y a quatre ans. Avec un vieil orgue arrangeur kitsch, un nom en hommage à Patrick Dewaere dont ils reprirent Le (...)

Hugo Verit | Mardi 18 janvier 2022

Les mélodies du bonheur par Poupard

Ils ont débarqué sur la scène grenobloise il y a quatre ans. Avec un vieil orgue arrangeur kitsch, un nom en hommage à Patrick Dewaere dont ils reprirent Le Policier – eh oui, Patrick Dewaere a un peu chanté dans sa courte carrière –, de beaux vers crus de Georges Bataille plein les poches, des ritournelles enfantines et des histoires poignantes de jeux télé. Ça s’appelait Poupard et on n’avait jamais vu ça. C’était étrange et déroutant. En 2019, le duo sortait un deuxième album plus accessible, dansant à souhait, fourmillant de tubes tarabiscotés et néanmoins rassurants avec, en guise de conclusion, l’une des plus tendres comptines du monde (Nous avons joué tous les deux). On était toujours un peu déroutés, mais déjà séduits. Derrière les textes gentiment obscènes et l’ironie bienveillante de la partition, sourdait une joie immense et fort communicative. Une joie que l’on retrouve dans Cérémonie Malgache, paru le 10 janvier. Un troisième album très bref (18 minutes) dans lequel Poupard chante comme on ne l’a jamais entendu chanter. Car la grande nouveauté et la grande réussite de cet opus, ce sont les mélodies : travaillées avec beaucoup de

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Échange avec Vincent Lindon pour "Un autre monde"

Festival Télérama | Pour sa cinquième collaboration avec son cinéaste fétiche Stéphane Brizé (qui réunit ici à nouveau devant sa caméra le couple qu’il formait en 2009 avec Sandrine (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

Échange avec Vincent Lindon pour

Pour sa cinquième collaboration avec son cinéaste fétiche Stéphane Brizé (qui réunit ici à nouveau devant sa caméra le couple qu’il formait en 2009 avec Sandrine Kiberlain dans Mademoiselle Chambon), Vincent Lindon troque le costume du vigile ou de l’employé d’usine pour celui du cadre — une "montée en gamme" sociale ouvrant à d’autres problématiques, non moins réalistes. Présenté en compétition à Venise, Un autre monde (notez l’ironie triste du titre…) est ici projeté dans le cadre du festival Télérama et assorti d’un échange en direct avec le comédien, selon toute vraisemblance par vidéotransmission compte tenu des circonstances sanitaires. Mais ne nous plaignons pas : les cinémas sont ouverts ! Un autre monde mardi 25 janvier à 20h au cinéma Le Club

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"Un monde" de Laura Wandel : la cour des mille raclées

Le coup de cœur | Portant sur la mécanique pernicieuse du harcèlement scolaire et interprété par deux enfants déchirants de vérité, ce premier film miraculeux est une merveille de délicatesse autant qu’un tour de force de réalisation. Un choc absolu et sans nul doute une future référence sur le sujet.

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

C’est la rentrée à la "grande école" pour Nora qui redoute d’être séparée de son aîné Abel, lequel a d’autres chats à fouetter dans la cour de récréation. Parce qu’il va s’opposer à ce que sa cadette soit bizutée, Abel devient le nouveau bouc émissaire des terreurs de la primaire. Témoin de ces sévices, Nora va désespérément tenter d’alerter les adultes. En vain, jusqu’à ce qu’un fait grave n’oblige l’institution scolaire à réagir… Il est actuellement une vague naissante, ou une vogue pour des films brefs s’attachant sans fioriture ni digression à leur sujet ainsi qu’au monde réel... Comme une douce alternative à la domination écrasante des blockbusters, rouleaux compresseurs flirtant avec les 3h de bastons filmées sur fond vert, avec des acteurs partiellement virtuels et des enjeux de plus en plus hermétiques aux béotiens — dans la mesure où ils s’inscrivent dans des "univers" addictifs fonctionnant en vase clos, reproduisant l’efficacité gravitationnelle des trous noirs qui ne relâchent jamais la matière (spectatorielle) qu’ils ont capturée. Ces "films d’à-côté" ont compris la nécessité d’aller à l’essent

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Le dévot de Devos

SCENES | Depuis 2018, le comédien et humoriste François Morel tourne partout en France avec un spectacle sur Raymond Devos et son sens du comique si particulier, (...)

Aurélien Martinez | Mardi 18 janvier 2022

Le dévot de Devos

Depuis 2018, le comédien et humoriste François Morel tourne partout en France avec un spectacle sur Raymond Devos et son sens du comique si particulier, lettré et poétique – « Est-ce en remettant toujours au lendemain la catastrophe que nous pourrions faire le jour même que nous l'éviterons ? » se demandait-il par exemple. Dans J’ai des doutes, l’ex-Deschiens et chroniqueur sur France Inter reprend les sktechs de son idole, accompagné sur scène d’un pianiste qui a mis certains textes en musique. En résulte une aventure presque hors du temps qui prend le temps d’installer son propre tempo, en 1h30 tendres mais, parfois, étendues. J'ai des doutes jeudi 20 janvier à l’Hexagone de Meylan, complet

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Fred Cavayé : « Je me suis un peu autocensuré pour ne pas tomber dans le plagiat »

Interview | Après y avoir déjà présenté en avant-première "Pour Elle" et "À bout portant", Fred Cavayé avait réservé l’exclusivité de son nouveau film "Adieu Monsieur Haffmann" au Festival de Sarlat. Bien lui en a pris : son drame se déroulant durant l’Occupation a remporté le Grand prix du public et le Prix d’interprétation pour Sara Giraudeau. Toujours prompt à parler fabrication, Fred Cavayé raconte l’histoire de ce film dans l’Histoire. Rencontre sarladaise…

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Fred Cavayé : « Je me suis un peu autocensuré pour ne pas tomber dans le plagiat »

Qu’est-ce qui vous a amené à aborder ce sujet et cette époque ? Fred Cavayé : Beaucoup de choses : l’envie date de très longtemps. Le point de départ, c’est un roman de Michel Audiard, La nuit, le jour et toutes les autres nuits, qui parle de la Libération et notamment des femmes qui se sont fait tondre. Les salauds sous l’Occupation, c’est un sujet qui avait été assez peu abordé. J’avais le souvenir de films comme Lacombe Lucien ou du formidable téléfilm Au bon beurre avec Roger Hanin. Alors quand Jean-Philippe Daguerre, l’auteur de la pièce Adieu Monsieur Haffmann, m’a envoyé le texte, je n’ai pas voulu le lire (je préférerais découvrir la pièce une fois montée), je m’en suis fait mon histoire avec le peu que j’en savais. Or sa pièce est ailleurs, en vérité, pas sur ce sujet-là. Comme j’ai la chance d’avoir de bons producteurs et d’être ami avec Jean-Philippe Daguerre de longue date, je leur ai proposé d’adapter d’une manière peut-être plus libre en faisant dévier

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Tania de Montaigne : « Peut-être qu’enfin, Claudette Colvin va faire partie de l’Histoire »

Théâtre | C’est l’histoire de Claudette Colvin, jeune fille afro-américaine qui, en 1955 dans l’Amérique ségrégationniste, quelques mois avant la fameuse Rosa Parks, refuse de céder son siège à une passagère blanche. En portant sur le plateau son essai "Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin", l’autrice Tania de Montaigne livre un seule-en-scène passionnant sur une héroïne oubliée du mouvement des droits civiques. Ça valait bien une interview avant le passage du spectacle par l’Espace Aragon de Villard-Bonnot, vendredi 7 janvier.

Aurélien Martinez | Mardi 4 janvier 2022

Tania de Montaigne :
« Peut-être qu’enfin, Claudette Colvin va faire partie de l’Histoire »

Avant d’être un spectacle, Noire a d’abord été un livre, que vous avez sorti en 2015… Tania de Montaigne : Oui. Il appartient à une collection chez Grasset, créée par Caroline Fourest et Fiammetta Venner, qui s’appelle "Nos héroïnes". L’idée de Caroline et Fiammetta était de demander à des autrices d’écrire sur une femme qui aurait fait l’histoire mais qui, pour une raison ou une autre, n’aurait pas été retenue par cette histoire. Pour en être, il fallait donc que je trouve une femme pas connue qui gagnerait à l’être ! Après une errance de quelques semaines, je me suis souvenue qu’à un moment, je voulais écrire une nouvelle sur la symbolique du bus, différente selon les moments, les pays, les cultures… Et le bus le plus connu pour moi, à l’époque, était celui de Rosa Parks. Au fil de mes lectures, j’avais griffonné deux lignes sur une adolescente qui aurait pu être Rosa Parks mais qui ne l’avait pas été pour diverses raisons. J’ai proposé ce point de départ à Caroline et Fiammeta, en leur disant que je voulais bien creuser

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Le Montagnard, fondu de fromage

Miam | Quand on rentre dans un restaurant de fondues et raclettes, il faut s’attendre à supporter la décoration folklorique de rigueur : nappes ou rideaux (...)

Jérémy Tronc | Mardi 4 janvier 2022

Le Montagnard, fondu de fromage

Quand on rentre dans un restaurant de fondues et raclettes, il faut s’attendre à supporter la décoration folklorique de rigueur : nappes ou rideaux vichy rouge, lambris, outils et skis antiques aux murs. Tout pour nous rappeler que l’habitat de montagne ressemble rarement à cela. Au restaurant Le Montagnard (ouvert le 11 novembre), les patrons ne se sont pas embarrassés à faire semblant. En reprenant l'établissement gastronomique Gillio, ils ont conservé son design élégant et sobre, gommant le fuchsia un peu criard de certains pans de murs pour les agrémenter d’éléments de décoration évoquant Grenoble et ses montagnes, dont les affiches colorées et épurées style Mid Century de Monsieur Z. Bon point pour la déco. Emmental fatal La carte est assez longue. Sur trois pages sont proposées des salades, des planches fromage et/ou charcuterie, six variétés de raclette et dix de fondue. On opte pour une classique et une aux lardons, « c’est une fondue classique avec des lardons dedans », nous explique l’un des patrons. Ce n’est pas plus compliqué que ça et on suppose celles aux cèpes ou aux oignons mitonnées sur le même principe. La texture des fondues est

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J'aime la Bonne Pâte !

Resto | On peut aimer l’esprit de Noël et être fatigué des recettes fantaisistes de tante Suze, qui pousse toujours le bouchon un peu (...)

Eloïse Bonnan | Mardi 4 janvier 2022

J'aime la Bonne Pâte !

On peut aimer l’esprit de Noël et être fatigué des recettes fantaisistes de tante Suze, qui pousse toujours le bouchon un peu trop loin. Pour mettre fin à cette période de gastronomie anarchique, le Petit Bulletin s’est rendu à deux pas des halles Sainte-Anne, pour s'offrir un plat de pâtes. « Nous nous sommes connus dans la sécurité bancaire et avons profité d’un plan de départ pour lancer le projet », explique Julien, l’un des deux associés des restaurants La Bonne Pâte. On n’aurait pas dit mieux pour vendre ce concept de pâtes fraîches, sauces et desserts maison qu’en l’appelant de la sorte. Les yeux en cœur, nous avons dégusté la variété de pâtes de la semaine. De généreuses tagliatelles à la sauce de Noël, toutes en crème et morilles avec pecorino par-dessus. L’assiette était aussi généreuse que tante Suze. Naturellement, nous avons tenté le tiramisu spéculos et caramel beurre salé pour co

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Les sorties cinéma de la quinzaine

En salle | Les films qu'on a vus avant leur sortie, et ceux qu'on n'a pas (encore) vus... Revue de détail des deux prochaines semaines au cinéma.

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Les sorties cinéma de la quinzaine

Indispensables ! ★★★★☆ Licorice Pizza de Paul Thomas Anderson (É.-U, 2h13) avec Alana Haim, Cooper Hoffman, Sean Penn… En salle le 5 janvier Critique à lire ici ★★★★☆ Twist à Bamako de Robert Guédiguian (Fr.-Can.-Sén., 2h) avec Alicia Da Luz Gomes, Stéphane Bak, Issaka Sawadogo… (05/01) Juste après l’indépendance malienne, un responsable révolutionnaire chargé de porter la bonne parole socialiste dans les villages bambara s’éprend d’une jeune femme de son âge mariée de force. La romance va se heurter à la fatalité… Loin de sa géographie coutumière, Guédiguian tourne

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Roland Garros à l'affiche : fenêtres sur court

Affiches | Le geste, le court, la foule, les objets ou les joueurs eux-mêmes… Il y a mille façons d’aborder le tennis en images. Une diversité que l’on pourra (...)

Hugo Verit | Mardi 4 janvier 2022

Roland Garros à l'affiche : fenêtres sur court

Le geste, le court, la foule, les objets ou les joueurs eux-mêmes… Il y a mille façons d’aborder le tennis en images. Une diversité que l’on pourra retrouver lors de l’exposition Roland Garros à l’affiche qui, comme son nom l’indique, regroupe la totalité des affiches du tournoi international français (soit 41 propositions) réalisées entre 1980 et 2021 par des artistes comme Ernest Pignon-Ernest, Fabienne Verdier ou Pierre Alechinsky. Parmi les pièces les plus intéressantes, citons celle de Joan Miró (reprise posthume de son tableau Street Singer qui, finalement, n’a rien à voir avec le tennis malgré la présence opportune de cette grosse boule jaune en plein milieu) mais aussi l’affiche déconcertante de Jaume Plensa en 2005 : « En noir et blanc, austère, fortement saturée, elle a été très critiquée et très incomprise à l’époque. L’artiste avait en fait décidé de traiter l’alternance de bruit et de silence caractéristique de Roland Ga

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Affolante Amazonie

Expo | Aussi luxuriante et foisonnante que la forêt à laquelle elle est consacrée, l’exposition "Amazonie[s], forêt-monde" au Musée dauphinois propose un parcours passionnant mêlant histoire, ethnographie et politique. À ne pas manquer !

Benjamin Bardinet | Mardi 4 janvier 2022

Affolante Amazonie

« Nous, on n’a rien inventé […]. Mais les palassissis (les blancs) eux ont inventé les voitures, les avions, les fusées, les bus, les trains... » Rapportée par Miquel Dewerer-Plana dans le cadre de son projet photographique présenté à la fin de l’exposition, cette assertion d’un jeune amérindien de Guyane a quelque chose de profondément attristant. En effet, à ses yeux, le rapport technologico-productif que les occidentaux entretiennent au monde s’impose comme le seul honorable, alors même que les populations dont il est issu en ont souvent fait les frais – et c’est là le premier mérite de cette exposition que de le souligner à travers un parcours historico-thématique savamment construit. Après une introduction qui permet de prendre conscience de l’ampleur du sujet qu’il se propose d’explorer, ce parcours s’ouvre sur une salle consacrée aux recherches archéologiques, qui nous rappelle que les traces de présence humaine sur le territoire amazonien remontent à 13 000 ans avant J.C. Rapidement, est ensuite abordée l’arrivée des conquistadors ainsi que la terreur et la fascination qu’ils éprouvent face à ces autochtones emplumés dont les représentations et les des

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Grégory Montel - Jérôme Bonnell : « Ce qui a l’air essentiel est caché »

Interview | Jonas n’arrive pas accepter une rupture d’avec Léa, alors il se réfugie dans le café en face de chez elle pour lui écrire une longue missive, sous l’œil bienveillant du bistrotier. Orfèvre en délicatesse, Jérôme Bonnell signe un nouveau bijou avec deux Grégory, Montel et Gadebois. Quand un bar parisien devient le centre d’un monde en une journée. Rencontre dans le bar en question…

Vincent Raymond | Vendredi 10 décembre 2021

Grégory Montel - Jérôme Bonnell : 
« Ce qui a l’air essentiel est caché »

Grégory, connaissiez-vous le cinéma de Jérôme Bonnell ? Grégory Montel : Certains de ses films m’avaient bouleversé, notamment J’attends quelqu’un avec Florence Loiret-Caille, que j’avais découvert au ciné-club de Dignes-les-Bains, quand j’étais au Cours Florent. Pourquoi vous a-t-il choisi ? GM : En fait, Jérôme avait eu un gros coup de cœur pour un truc que j’avais fait, il y a une dizaine d’années, L’Air de rien, mon premier “gros” film, avec un réalisateur qui est devenu mon frère d’armes, Grégory Magne. Ça avait eu une jolie vie, une existence, ça m’avait permis aussi de découvrir les César par les “révélations“. Après, 10 pour cents est venu confirmer et un film comme celui-ci, c’est devenu

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Cécile Ducrocq - Laure Calamy : « La prostitution sans misérabilisme ni glamour »

Une femme du monde | Prolongeant leur aventure commune débutée en court-métrage (La Contre-allée, présenté à la Semaine de la Critique en 2014 et couronné d’un César en 2016), Cécile Ducrocq et Laure Calamy donnent vie à un personnage de prostituée se démenant pour trouver de quoi payer l’école de son fils. Rencontre.

Vincent Raymond | Vendredi 10 décembre 2021

Cécile Ducrocq - Laure Calamy : 
« La prostitution sans misérabilisme ni glamour »

Avant Une femme du monde, il y a eu le court La Contre-allée où l’on retrouve quasiment le même personnage de prostituée. Comment avez-vous glissé de ce court à ce premier long ? Cécile Ducrocq : À l’origine des films, il y toujours des rencontres ou des images. La Contre-allée est partie d’une image, de prostituées noires que j’avais vues dans des camionnettes près du Stade de Gerland, à Lyon. Et c’était une image bouleversante, qui m’a hantée assez longtemps parce qu’elle était à la fois tragique — parce qu’on imagine tout ce qu’il y a derrière ce filles qui sont jetées sur le trottoir —, et en même temps très belle, parce que ces femmes étaient très belles, très maquillées, éclairées à la bougies. Il y avait une image cinématographique très forte. Donc

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Jeunes Bobines : dites 33 !

Festival | Qui, des parents ou des enfants, se réjouira le plus du retour du festival Jeunes Bobines ? Mis en suspens l’an dernier pour cause de (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 décembre 2021

Jeunes Bobines : dites 33 !

Qui, des parents ou des enfants, se réjouira le plus du retour du festival Jeunes Bobines ? Mis en suspens l’an dernier pour cause de vous-savez-quoi, ce rendez-vous plaçant “les jeunes acteurs à l’honneur” intéresse la famille dans son ensemble par l’étendue de sa programmation (une quarantaine de films longs ou courts y sont présentés, à destination d’un public allant de 3 à 13 ans), par le nombre de ses animations (gratuites) émaillant les séances et — last but not least — par sa judicieuse inscription dans le calendrier pile entre Noël et le Jour de l’an. Composé d’une compétition arbitrée par un jury pro (où figure notamment la réalisatrice de La Traversée, Florence Miailhe, qui participera à un échange autour de son film) et un jury jeune, il abrite également deux sections thématiques : Petites Bobin

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Droits aux putes ! “Une femme du monde” de Cécile Ducrocq & ”Au cœur du bois” de Claus Drexel

ECRANS | Le hasard place le même jour sur les écrans deux beaux films qui, bien qu’opposés dans la forme, mettent en scène des prostitué·es témoignant de leur désir d’exercer leur profession. Une singularité de regard courageuse, à une époque où souffle un puritanisme de tartuffes.

Vincent Raymond | Mercredi 8 décembre 2021

Droits aux putes ! “Une femme du monde” de Cécile Ducrocq & ”Au cœur du bois” de Claus Drexel

D’un côté, un documentaire sur les travestis/trans/prostitué(e)s du Bois de Boulogne, que la caméra de Claus Drexel cadre en plan fixe à toutes les saisons de l’année, recueillant leurs confidences sur leur vie au quotidien, leur travail du sexe et ce qui les a conduits à le pratiquer. De l’autre, une fiction de Cécile Ducrocq où une mère courage se tue à la tâche en multipliant les passes pour payer une école de cuisine privée à son grand dadais d’ado qui tourne mal. Si dans les deux cas, il n’y a pas d’héroïsation ni d’érotisation de la prostitution, il n’y a pas non plus de misérabilisme ou d’apitoiement de dame-patronnesse sur le sort des protagonistes. Ce qui n’empêche pas les films d’être magnifiquement photographiés, offrant ici des natures mortes sublimes ; là des plans dignes de Schatzberg ou de pochettes de 33 tours. Des hommes et des femmes… Dans Une femme du monde,

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Regards sur le point de vue : leurs yeux, mon œil

Expo interactive | Surpris par les courtes et froides journées d’automne, vous vous retrouvez à ne plus savoir quoi faire de la marmaille qui vous (...)

Benjamin Bardinet | Lundi 29 novembre 2021

Regards sur le point de vue : leurs yeux, mon œil

Surpris par les courtes et froides journées d’automne, vous vous retrouvez à ne plus savoir quoi faire de la marmaille qui vous court dans les pattes tous les week-ends ? À Échirolles, le Centre du Graphisme a une solution pour vous : l’exposition Mon œil, regards sur le point de vue ! À l’origine de ce projet, une web-série produite par le centre Pompidou et dont l’ambition est de permettre aux enfants (et aux ados) de découvrir le monde de la création à travers des petits films d’animation réalisés par cinq artistes – graphistes ou illustrateurs. Réalisée en écho à cette série, l'exposition invite ces mêmes artistes à proposer des installations interactives qui permettent aux (jeunes) visiteurs de découvrir certains procédés

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Écran Total pour plaisir total

Festival | Au Scrabble, cette semaine compterait triple vu la densité de la programmation. La 19e édition d’Écran Total mérite en effet pleinement son nom et tient, (...)

Vincent Raymond | Mardi 16 novembre 2021

Écran Total pour plaisir total

Au Scrabble, cette semaine compterait triple vu la densité de la programmation. La 19e édition d’Écran Total mérite en effet pleinement son nom et tient, avec 21 films au menu, la promesse de son slogan — « un autre regard sur le cinéma ». Sans section thématique prédéfinie (outre la traditionnelle et indispensable case jeune public), il permet toutefois de suivre des itinéraires informels correspondant aux grandes tendances de sa sélection. Ainsi est-il possible de privilégier une dominante environnementale avec Rouge, Barrages - L’eau sous haute tension, l’excellent La Croisade de Louis Garrel, La Panthère des Neiges… Ou bien de se focaliser sur des questions sanitaires et sociales, toujours pregnantes, avec Ceux qui travaillent (sur l’exploitation par le capitalisme), La Fracture (sur l’hôpital et les Gilets jaunes — combo), Une vie démente (sur Alzheimer), Debout les femmes ! (sur les métiers du lien),

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"Golden Door", exode sicilien

ECRANS | Révélé au grand public par son deuxième film Respiro (2002), à la fois lumineux de sensualité salée et douloureux d’oppression morale sicilienne, Emanuele (...)

Vincent Raymond | Mardi 2 novembre 2021

Révélé au grand public par son deuxième film Respiro (2002), à la fois lumineux de sensualité salée et douloureux d’oppression morale sicilienne, Emanuele Crialese signait quatre ans plus tard une étonnante fresque historique avec Golden Door, alias Nuovomondo. Relatant le désir d’une vie meilleure en Amérique pour les damnés de la terre sicilienne (encore) au début du XXe siècle, les déconvenues naissant durant un voyage où les migrants sont entassés comme des marchandises. Et surtout celles les attendant à l’arrivée à Ellis Island, où s’opère une sélection drastique — « le premier programme d’eugénisme à grande échelle » selon le cinéaste. S’il est abrupt et méticuleusement réaliste dans sa reconstitution (il ne déparerait d’ailleurs pas dans la filmographie des Taviani ou de Ermanno Olmi), Golden Door s’offre aussi des éclats de poésie métaphorique, à l’image de son final voyant ses protagonistes nager avec peine dans une mer de lait, lestés par leur vêtement mais p

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Les Rencontres Ciné Montagne reviennent au Palais des Sports

ACTUS | Jusqu'au 6 novembre, les Rencontres Ciné Montagne reviennent au Palais des Sports, après l’édition numérique de l’an dernier. Un programme soigneusement préparé par la Mission Montagne dévalera bientôt sur Grenoble !

Eloïse Bonnan | Mercredi 20 octobre 2021

Les Rencontres Ciné Montagne reviennent au Palais des Sports

Célèbre entre les festivals de film de montagne, les Rencontres Ciné Montagne à Grenoble connaissent chaque année une forte affluence. Pour la 23e édition, les Rencontres devraient retrouver la chaleur d’un public présent en salle. En prime, un pan de la formule en ligne précédente offrira la possibilité de voir des films gratuits sur la chaîne de télévision TéléGrenoble (canal 38 de la TNT) ou depuis le site cine-montagne.com. La montagne porte autant de pratiques que de protagonistes, méritant tous autant qu'ils sont leur célébration ! Les 24 films présentés lors des 5 soirées-ciné de 20h à 0h30, avec une thématique par jour, nous en feront prendre la mesure. Ainsi de nouveaux sujets de réflexions et de débats sur la montagne devraient émerger et alimenter les prochaines Rencontres de 2022. La soirée du mardi 2 novembre sera par ex

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Fabrice Montoya : « C'est schizophrénique, j’ai le sentiment de devenir Alain Bar »

ACTUS | Marchand d’art, Fabrice Montoya tisse depuis des années des liens avec l’un de ses artistes, le graveur savoyard Alain Bar. A tel point que ce dernier lui a vendu, de son vivant, l’intégralité de son œuvre, et surtout son nom. Une histoire peu commune, autant que le parcours de ce Grenoblois qui a exercé pendant une quinzaine d’années, avant de se reconvertir dans l’art, le métier de détective privé.

Valentine Autruffe | Mardi 2 novembre 2021

Fabrice Montoya : « C'est schizophrénique, j’ai le sentiment de devenir Alain Bar »

Depuis 2018, vous êtes propriétaire de l’œuvre et du nom du graveur Alain Bar, qui vit toujours en Tarentaise. Qui est-il pour vous ? Alain Bar est un graveur, né en 1947. En tant que marchand d’art, je m’occupais d’une dizaine d’artistes dont lui. Une confiance, une amitié peut-être – je l’espère – s’est installée entre nous. Parmi les dix artistes que j’avais, c’est du côté d’Alain Bar que j’avais le plus de sensibilité, car je suis un ancien sportif, or, toute son œuvre repose sur le mouvement. J’ai donc repris à sa demande, en 2018, la société qui s’occupe du fonds Alain Bar. J’ai la propriété physique et intellectuelle de l’œuvre. On se voit régulièrement, toujours chez lui. Il m’apprend à graver, et on parle de lui. Il existe très peu de photos, de souvenirs, alors j’essaie de remonter le fil de sa vie - sa vie professionnelle. Quel était l’intérêt pour lui de vous céder son travail et son nom ? Son intérêt, c’était que son

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"Le Peuple Loup" : rameutez-vous au ciné !

Dès 8 ans | Irlande, au Moyen Âge. Son père ayant été chargé par le fourbe seigneur local d'exterminer les loups de la forêt voisine, la jeune et intrépide Robyn rêve de (...)

Vincent Raymond | Vendredi 22 octobre 2021

Irlande, au Moyen Âge. Son père ayant été chargé par le fourbe seigneur local d'exterminer les loups de la forêt voisine, la jeune et intrépide Robyn rêve de l’aider. Au cours d’une promenade, elle fait la connaissance de Mebh, mi-fillette, mi-louve, qui lui fera changer d’avis… Dire qu’on a failli manquer ce joyau ! Un bruit (heureusement démenti par les faits) laissa un temps croire que Le Peuple Loup annocé il y a tout juste un an sur les écrans (!) rejoindrait Mulan ou Soul sur une plateforme SVOD sans passer par la case grand écran. C’eût été un incommensurable gâchis car comme tous les films d’animation ouvragés par Tomm Moore, sa magnifique singularité mérite de se déployer en salle. Car il reviste la légende du loup-garou (devenant ici des Wolfwalkers) autant qu’il s’approprie l’imagerie graphique celtico-médiéval pour concevoir une esthétique audacieusement rétro et spectaculairement lisible dans son design. Cette fusion spectaculaire, déjà explorée dans Brendan et le Livre de Kells et Le Chan

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Simon Augade à l’œuvre

ARTS | Les fidèles de Détours de Babel ont pu découvrir à l’occasion des derniers brunchs du festival qu’il se passait des choses assez fascinantes dans le cloître du (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 19 octobre 2021

Simon Augade à l’œuvre

Les fidèles de Détours de Babel ont pu découvrir à l’occasion des derniers brunchs du festival qu’il se passait des choses assez fascinantes dans le cloître du musée Dauphinois. En effet, depuis un mois, l’artiste Simon Augade entreprend d’investir ce magnifique espace avec une installation d’envergure, qui dialogue avec l’architecture singulière du lieu. Réalisée à l’occasion de sa résidence de création, cette gigantesque structure en bois, inspirée des racines échasses propres aux mangroves, semble surgir de terre et s’y replonger plus profondément encore. D’ici le 11 décembre donc, jour de son inauguration officielle, vous avez l’occasion unique de voir une œuvre en train de se faire. Et si jamais vous êtes curieux de discuter avec l’auteur de cette singulière sculpture, vous êtes invités par le musée Dauphinois à le rencontrer le samedi 4 décembre, à 11h.

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Le Monde au coin de la rue, histoires d’ici et d’ailleurs

Festival | Dédié aux multiples facettes du documentaire de création, le festival "Le Monde au coin de la rue", initié par l’association A Bientôt J’espère, revient cette année encore investir le quartier Alma-Très-Cloîtres. Décryptage d’une initiative passionnante.

Damien Grimbert | Mardi 5 octobre 2021

Le Monde au coin de la rue, histoires d’ici et d’ailleurs

C’est une mission pour le moins ambitieuse, dont "Le Monde au coin de la rue" s’acquitte néanmoins avec un succès renouvelé année après année : faire découvrir à une multiplicité de spectateurs venus d’horizons différents la frange la plus défricheuse du cinéma documentaire, en projetant des films « dont on n'a la plupart du temps jamais entendu parler ». Un objectif qui, pour être mené à bien, implique pour l’équipe d’A Bientôt J’espère une incursion prolongée dans la vie du quartier et de ses habitants. Comme l’explique Cyril Hugonnet, « chaque année, on passe beaucoup de temps à arpenter les rues, à boire des cafés, à manger des kebabs pour rencontrer les gens, les structures qui font du travail social ou qui ont leurs activités dans le quartier. Et à partir de ces rencontres, qui petit à petit s’additionnent et nous permettent de créer des liens, on va penser à des films, et à des manières de les montrer, qui vont résonner avec ce qu’on a ressenti comme enjeux dans le quartier. Derrière chacun de ces films, il y a souvent une rencontre, et même si on ne va pas l’expliciter, on sait pourquoi ces films sont là ». Cinéma éphémère

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"Le Dernier Duel" : boucherie à l’arène

Le film de la semaine | Une querelle entre nobliaux moyenâgeux se transforme en duel judiciaire à mort quand l’un des deux viole l’épouse de l’autre. Retour aux sources pour Ridley Scott avec ce récit où la vérité comme les femmes sont soumises au désir, à l’obstination et à la vanité des hommes.

Vincent Raymond | Mardi 5 octobre 2021

France, fin du XIVe siècle. Tous deux écuyers au service du comte d’Alençon, Jean de Carrouges et Jacques Le Gris présentent des tempéraments opposés : quand le premier — un va-t-en-guerre impulsif — agace, le second obtient par son esprit en cour les bonnes grâces de son seigneur. Une rivalité va sourdre entre les deux hommes, s’amplifiant avec les années pour atteindre son sommet lorsque Marguerite, l’épouse de Jean, accuse Jacques de l’avoir violée pendant que son mari était à la guerre. Devant le roi et devant Dieu, Jean demande réparation lors d’un duel… Selon un adage bien connu, un auteur aura beau faire (ou contrefaire), il écrira toujours le même livre. D’une simple pelote de laine, l’on peut également tricoter toutes les formes que l’on désire, en variant les points… Puis défaire et refaire son ouvrage à l’envi tant que le fil ne rompt pas. On ignore si Ridley Scott taquine l’aiguille ; ce dont on est sûr, c’est qu’il ferraille depuis toujours avec certaines obsessions. Dont la figure "matricielle" du duel — et par duel, on comprend opposition frontale, rugueuse et continue — modelant l’essentie

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Ainsi chante Ramona Córdova

Folk | Pour illustrer la singularité de Ramona Córdova, qui n'est pas que musicale, il faudrait évoquer la manière dont il est apparu dans le paysage musical. Un (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 5 octobre 2021

Ainsi chante Ramona Córdova

Pour illustrer la singularité de Ramona Córdova, qui n'est pas que musicale, il faudrait évoquer la manière dont il est apparu dans le paysage musical. Un premier album, The Boy who floated freely, encensé par la critique, et plus de nouvelles pendant sept ans avant de réapparaître comme une fleur avec Quinn to new relationships. Entre temps, tour du monde, vagabondage et à peu près tout sauf l'idée d'un plan de carrière. Depuis, il faut le reconnaître, l'Arizonien ne s'est heureusement pas pour autant complu dans un laisser-aller décennal à la Laurent Voulzy. Au contraire, il fait preuve d'une régularité de métronome et même carrément olympienne : quatre ans entre chaque disque. C'est bien le minimum pour continuer de livrer des perles folk aux allures d'herbes folles et imprévisibles. Si l'on retrouve sur Naïve, le long format paru cette année, la voix haut-perchée/enfantine/passablement cynoque de Ramona, elle s'accompagne ici d'arrangements aussi foutraquement lo-fi (Mouth of Autumn) que parfois baroques – obédience musique de chambre fermée à double tour autour d'un enfant génial, quelque part entre l

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Ridley Scott : « Tous les personnages sont importants pour moi »

Le Dernier Duel | Boulimique de films, féru d’histoires et d’Histoire, jamais à court d’expérimentations, Ridley Scott reprend les armes et les routes de France pour dépeindre un crime moyenâgeux. Propos rapportés lors de sa conférence de presse parisienne.

Vincent Raymond | Mardi 5 octobre 2021

Ridley Scott : « Tous les personnages sont importants pour moi »

Votre premier long métrage s’appelait Les Duellistes, et celui-ci, Le Dernier Duel. Qu’est-ce qui vous fascine tant dans les duels ? Ridley Scott : Mais… chaque jour de ma vie est un duel ! Je suis en duel avec les studios, ou avec les uns ou avec les autres… Si vous ne pouvez pas supporter le stress, ne faites pas le même métier que moi ! (sourire) Quand j’ai tourné Les Duellistes, j’avais 40 ans et déjà pas mal réussi dans le domaine de la publicité. Du fait de cette réussite, je craignais de perdre l’envie de faire des films. Comme j’étais allé partout en France pour les pubs, pour le livre transformé en scénario, je ne pouvais penser qu’à la Dordogne. Du côté de Sarlat, sur le lieu où l’on souhaitait tourner, j’ai dû aller à la Mairie avec le script du film pour validation. La Mairie m’avait demandé « Hum… vous voulez faire un film ici ? — Oui. — Portant sur des affaires sexuelles ? — Non. — Avec Brigitte Bardot ? Dans le genre Michael Winner ? — Non. — OK, c’est bon. »

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Un dimanche à Babel

Festival | Deux occasions encore de bruncher en musique avec Détours de Babel, dimanche 26 septembre et dimanche 3 octobre au Musée Dauphinois, toute la journée à (...)

Valentine Autruffe | Mardi 21 septembre 2021

Un dimanche à Babel

Deux occasions encore de bruncher en musique avec Détours de Babel, dimanche 26 septembre et dimanche 3 octobre au Musée Dauphinois, toute la journée à compter de 10 heures. Cette formule est devenue « un moment précieux très apprécié par le public », se félicite Benoît Thiebergien, directeur du festival. Des capsules live, échantillons de la riche programmation, s’enchaînent et permettent au public de picorer ce qui lui plaît. Nous (on l’a déjà dit), on aime particulièrement Call to Prayer, à entendre le 26 septembre, ainsi que la voix de Climène Zarkan avec Sarāb. Quant au 3 octobre, on se laissera volontiers emmener en voyage amoureux – hâl – par le franco-iranien Keyvan Chemirani, et emporter par le violon-voix d’Anzhela Simonyan. Idéal pour une première rencontre avec le monde de Détours de Babel, le brunch est accessible sur tarif au choix de 3€ à 20€.

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Saint-Martin-d'Hères : Mon Ciné se refait une beauté

ECRANS | Réouverture le 8 septembre de Mon Ciné à Saint-Martin-d’Hères, après un été rythmé par les travaux : nouvel écran, rafraîchissement des peintures, rénovation des sols, (...)

Valentine Autruffe | Mardi 7 septembre 2021

Saint-Martin-d'Hères : Mon Ciné se refait une beauté

Réouverture le 8 septembre de Mon Ciné à Saint-Martin-d’Hères, après un été rythmé par les travaux : nouvel écran, rafraîchissement des peintures, rénovation des sols, de quoi accueillir le public dans des conditions optimales. Gageons qu’il viendra en nombre pour la soirée spéciale programmée par la salle le 16 septembre, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. Delphine et Carole, insoumuses, un documentaire sur la rencontre entre la comédienne Delphine Seyrig et la vidéaste Carole Roussopoulos, sera projeté. Leur engagement teinté d’un humour insolent, sur fond de féminisme seventies, est retracé avec affection par la réalisatrice Callisto Mc Nulty, la petite-fille de Carole Roussopoulos.

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Scènes obliques : en route vers l'Espace interculturel de la montagne

ESCAPADES | Vendredi 17 et samedi 18 septembre, l'association Scènes obliques, à qui l'on doit chaque été l'exigeant festival L'Arpenteur, proposera dans le Grésivaudan la deuxième édition de ses Rendez-vous au manoir, préfiguration d'un futur et intrigant Espace culturel international de la montagne.

Aurélien Martinez | Mardi 7 septembre 2021

Scènes obliques : en route vers l'Espace interculturel de la montagne

De la musique (des Balkans, avec Stracho Temelkovski), des projections (de courts-métrages documentaires par Tomas Bozzato avec un groupe d'élèves du collège Belledonne) ou encore d'autres propositions assez atypiques (comme une pièce radiophonique immersive de Jean-Manuel Warnet sur une expédition au Groenland) : avec la deuxième édition de ses Rendez-vous au manoir, l'équipe de l'association Scènes obliques continue le travail qu'elle mène à l'année dans le Grésivaudan, notamment avec son festival L'Arpenteur. Tout en annonçant la suite, ambitieuse. « Avec ces Rendez-vous, on essaie déjà d’esquisser ce que sera l'Espace culturel international de la montagne (ECIM) sur lequel on travaille depuis trois ans, avec l'idée d'en faire un centre culturel de rencontre, du nom de ce label d'État su

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La Belle Braderie, une première signée Les Mondaines

Conso | Rendez-vous dimanche 19 septembre dans le centre-ville de Grenoble pour une braderie orientée artisanat local, des ateliers DIY et 10 heures de musique live.

Valentine Autruffe | Mardi 7 septembre 2021

La Belle Braderie, une première signée Les Mondaines

Un événement commercial Label Ville, "pimpé" par Les Mondaines : dimanche 19 septembre l’hyper-centre de Grenoble (rues de Bonne, de Sault, Millet et de la Poste) accueille la première édition de La Belle Braderie. « On a sourcé une trentaine de créateurs locaux, mixés avec les plus belles boutiques de Grenoble », résume Noemi Martinelli, co-fondatrice des Mondaines. En faisant appel à ces dernières, l’idée d’Emmanuel Lenoir, président de Label Ville (le groupement des unions commerciales de Grenoble), était de donner un coup de jeune à la traditionnelle braderie de rentrée, afin qu’elle soit davantage qu’un étalage des stocks des boutiques. « C’est une façon de militer pour une consommation locale, avec des artisans qui se sont engagés pour prop

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Les films à voir (ou non) dans la quinzaine

Théma | L’amour donne du cœur au ventre, fait parfois partir sur un coup de tête, et peut convoquer bien d’autres mécaniques corporelles. Comme pas mal de films de la quinzaine. Attention : on ne prend pas toujours son pied…

Vincent Raymond | Mardi 7 septembre 2021

Les films à voir (ou non) dans la quinzaine

Commençons bien évidemment cet inventaire par la tête. Celle qui fait défaut et se vide sous les assauts de la maladie dans Supernova de Harry Macqueen (08/09). On y suit le road trip d’un couple d’amants sur les traces de leur histoire, initié par le premier (Stanley Tucci en écrivain atteint de démence sénile) sous le prétexte que le second (Colin Firth en pianiste) aille donner un récital. Derrière la balade romantique se profile l’inéluctable question de la maladie, du déclin et du libre choix de sa mort — bientôt évoquée dans le Ozon —, toutes traitées avec élégance et pudeur. Un film parfait pour des débats. Plus léger est Les Amours d’Anaïs (photo) de Charline Bourgeois-Tacquet, inégale comédie sentimentale cousue main pour Anaïs Demoustier sur une tête folle irrésolue, charmeuse et agaçante, hésitant entre deux hommes, une femme, sa thèse… C’est très Nouvelle Vague dans la forme et l’esprit — certes, avec parfois de grosses ficelles bien prévisibles — mais empli d’une légèreté solaire et sensuelle ainsi que de quelques (trop rares) éclats burlesques évoquant un mixte

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Fabien Mauro : « La science-fiction japonaise est regardée avec distance »

Pop culture | Auteur d’un ouvrage somme consacré au cinéma de science-fiction japonais ("Kaiju, Envahisseurs & Apocalypse", aux Éditions Aardvark), Fabien Mauro sera l’un des invités de la première édition du Japan Alpes Festival, les 18 et 19 septembre à EVE. Rencontre.

Damien Grimbert | Mardi 7 septembre 2021

Fabien Mauro : « La science-fiction japonaise est regardée avec distance »

Quelles ont été tes premières portes d’entrée vers la pop culture japonaise ? Comme beaucoup de gens de ma génération, essentiellement via les jeux vidéo sur console et les séries d’animation japonaises qui passaient à la télévision. Mais également les séries de super sentai, ces équipes de super héros colorés. C’était ma première introduction à ce qu’on appelle le tokusatsu, c’est à dire des productions japonaises (films, séries…) à base d’effets spéciaux. Le tokusatsu rassemble toutes les techniques que l’on associe traditionnellement à l’imaginaire fictionnel japonais : le travail sur les effets optiques, les maquettes miniatures, les comédiens qui enfilent des costumes pour incarner des monstres ou des mecha.... Enfin, l’attente de la sortie du Godzilla de Roland Emmerich m’a amené à m’intéresser au Godzilla originel de 1954, qui venait de sortir en vidéo, ce qui m’a permis de découvrir tout l’univers du kaiju eiga, les films de monstres japonais. Je suis tombé littéralement amoureux de ce

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Danse avec Patrick

ECRANS | Plaisir kitsch et régressif comme seules les années 1980 étaient capables d’en offrir, Dirty Dancing est la définition même du "feel-good movie" : un film (...)

Damien Grimbert | Mardi 24 août 2021

Danse avec Patrick

Plaisir kitsch et régressif comme seules les années 1980 étaient capables d’en offrir, Dirty Dancing est la définition même du "feel-good movie" : un film qui ne révolutionne certes pas l’histoire du cinéma mais n’en procure pas moins un moment de réconfort bienvenu au spectateur pas trop regardant sur les ficelles scénaristiques et la subtilité des dialogues. Soit une histoire d’amour "interdite" entre une jeune fille timide et un professeur de danse rebelle dans un camp de vacances américain des années 1960, qui accumule à peu près tous les clichés propres au genre. Projection en plein air gratuite vendredi 27 août à 21h dans la cour du Musée de la Résistance, dans le cadre de l’exposition temporaire Vous n’irez plus danser ! Les bals clandestins 1939-1945 (inscription obligatoire).

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"Annette" de Leos Carax : noces de son

Ouverture Cannes 2021 | Espéré depuis un an, avec son titre qui est une quasi anagramme d'attente, le nouveau Carax tient davantage de la captation d’un projet scénique que de ses habituelles transes cinématographiques. Vraisemblablement nourrie de son histoire intime, cette mise en abyme du vampirisme trouble entre artistes, artistes et modèles, artistes et environnement familial, dépose presque toute fragilité en multipliant les oripeaux chic, glamour et trendy. Parfait pour le tapis rouge de l’ouverture de Cannes, moins pour l’émotion…

Vincent Raymond | Mercredi 7 juillet 2021

Figurer en ouverture sur la Croisette n’est pas forcément une bonne nouvelle pour un film. A fortiori cette année, après deux ans de disette. Car ce que le Festival attend de sa première montée des marches, c’est qu’elle amorce la pompe à coup de stars, de strass et de flashs fédérateurs. L’œuvre qui abrite ces premiers de cordée se trouve souvent reléguée à l’enveloppe de luxe et encourt surtout le risque d’être vite oblitérée d’abord par le reste de la sélection, puis par le temps. On n’aura pas la cruauté de rappeler quelques pétards mouillés du passé… Cochant les cases de la notoriété grand public et auteur, Annette souscrit également à d’autres paramètres prisés par les festivals : une dénonciation à travers la comédie musicale cinématographie de l’égotisme des gens de la "société du spectacle", à l’instar du All That Jazz (Palme d’Or 1980) de Bob Fosse o

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Mange ta prairie !

ESCAPADES | Mauve, lierre terrestre, consoude, plantain, bardane… Ces plantes sauvages comestibles abondent en milieu urbain mais elles nous sont pour la plupart étrangères. Un lien avec le végétal rompu que Mathilde Simon, formatrice ethnobotanique, vous propose de retisser au cours de sorties nature, le nez dans l’herbe, les sens en éveil.

Jérémy Tronc | Vendredi 28 mai 2021

Mange ta prairie !

Pour vous, c’est une banale prairie, un carré d’herbe ou un parc où jouer au mölkky. Pour Mathilde Simon, c’est un vivier, un espace de cueillette de plantes comestibles, aromatiques ou médicinales. Lors de notre sortie d’initiation à l’arboretum Ruffier-Lanche sur le campus de Saint-Martin-d’Hères, quelques mètres de marche ont suffi à la jeune femme pour repérer la mauve sylvestre, là où nous aurions posé notre plaid à pique-nique sans nous douter que nous écraserions la douce Malva sylvestris (son nom latin). Sacrilège ! « La mauve est entièrement comestible. Elle a été cultivée comme plante potagère au temps de la Grèce antique et on retrouve tout au long de l’histoire des utilisations en phytothérapie, notamment pour les muqueuses irritées. Je l’utilise personnellement pour épaissir certains potages », explique Mathilde aux participants qui photographient, prennent des notes, sentent, touchent et goûtent les plantes tout au long du circuit riche en découvertes. « Pour des sorties courtes comme celle-ci, je privilégie une approche sensorielle des plantes. L’odorat, le goût, le toucher accrochent mieux les personnes et complètent ce que l’on pe

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« Le punk, c'est un terrain de jeu »

Livre | Auteurs de l’ouvrage "Grenoble Calling, Une histoire orale du punk dans une ville de province", chroniqué dans ces pages la semaine dernière, Nicolas Bonanni et Margaux Capelier ont accepté de répondre, par e-mail, à nos questions.

Damien Grimbert | Jeudi 29 avril 2021

« Le punk, c'est un terrain de jeu »

Quand et comment est né le projet de ce livre ? Clairement, on s'est lancé-e-s dans ce projet parce qu'on participe à cette scène. On n'a pas du tout une posture de journalistes ou de sociologues, et, il faut le dire, on n'a aucune méthode scientifique. Nicolas vit depuis une vingtaine d'années à Grenoble, Margaux y a passé cinq ans. On a des regards et des parcours différents mais c'est un univers qui nous tient à cœur depuis longtemps. C'est bien en tant que participant-e-s qu'on s'est embarqué-e-s dans ce projet. On était intrigué-e-s par ce qui s'était passé dans cette ville "avant". Des lieux, des collectifs dont on avait seulement entendu parler... Le squat des Hell's Angels derrière la gare, par exemple, qu'est-ce que c'est que ça ? Donc oui, clairement il y a tout un pan de ce qui est raconté dans le bouquin qu'on ignorait complètement avant de s'y plonger. On en a profité pour tâcher de reconstituer le chemin qui avait amené à aujourd'hui, et essayer de rendre hommage à des personnes et des collectifs qui ont beaucoup œuvré et qui ne sont plus là. Grenoble Calling fonctionne sur le principe de "l’histoi

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Cinémas : chronique d’une reprise espérée

ECRANS | Comme si de rien n’était, ou presque… La 93e cérémonie des Oscar s’est tenue le 25 avril, avec deux mois de retard par rapport aux années précédentes. Pendant ce temps, la planète cinéma demeure encore et toujours suspendue à l’évolution favorable d’une cohorte d’indicateurs, espérant une réouverture pérenne des salles. Résumé des épisodes précédents et état des lieux avant un retour (incertain) mi-mai.

Vincent Raymond | Mercredi 28 avril 2021

Cinémas : chronique d’une reprise espérée

La fermeture des salles de cinéma s’est désormais installée dans le paysage culturel et économique : à la différence de la période mars-juin 2020, elle constitue depuis fin octobre une parenthèse qui n’en finit plus de se refermer. Et les rebondissements incessants de la crise sanitaire, dignes d’un film catastrophe à l’issue incertaine, comme sa gestion internationale cacophonique, rendent le futur immédiat illisible. Partout dans le monde. Ainsi, si l’on jette un coup d’œil aux pays limitrophes de la France, seule l’absence d’harmonisation fait figure de cohérence : si la Belgique n’envisage pas de réouverture avant début juin (avec une jauge limitée à 200 personnes), l’Allemagne la retarde encore en envisageant d’exiger la présentation d’un test Covid négatif de moins de 24h. Les salles sont en revanche ouvertes au Luxembourg (depuis janvier avec distanciation et couvre-feu à 23h), en Espagne (suivant les restrictions locales des régions), en Suisse (depuis le 19 avril avec masque, distanciation et jauge), en Italie (depuis le 26 avril, avec couvre-feu à 22h)… Et la France ?

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Grenoble est exotique

ESCAPADES | Marmottes, chamois, tétras lyres, canards colverts… Voir toujours les mêmes bestioles dans le coin peut être assez lassant. Heureusement, Grenoble innove aussi avec la nature et l’arrivée de nouvelles plantes et espèces exotiques, changement climatique oblige. Et pour compléter tout ça, direction la fontaine ardente du Gua. C’est le deuxième volet de nos bizarreries grenobloises, côté nature (qu’on aime beaucoup !)

Jérémy Tronc | Vendredi 23 avril 2021

Grenoble est exotique

Le gecko migre à Grenoble Plutôt familière des pays du pourtour méditerranéen et généralement près des côtes, la tarente de Maurétanie a été signalée à Grenoble pour la première fois en 2018. Cette espèce de gecko est arrivée dans la capitale des Alpes sous l’effet du changement climatique. Très bien adaptée à l'homme, on peut fréquemment la voir sur les murs, en particulier près des éclairages où se trouvent les insectes la nuit. Les tarentes affectionnent les zones pierreuses et les broussailles clairsemées. L’animal semble ainsi particulièrement se plaire dans les secteurs de la Porte de France et de l’Esplanade. L’association Nemeton (un biolab grenoblois) y organise des promenades d’observation lorsque des chaleurs plus importantes sont durablement installées. On appréciera alors les prouesses de la tarente : ce petit gecko nocturne est en effet un animal vif, capable de courir sur toutes les surfaces, même dénuées de la moindre prise, et de sauter très rapidement, par exemple du sol à une branche. Infos pratiques D'autres renseignements sont à découvrir sur le site Internet de Nemeton (

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Grenoble Calling, odyssée punk

CONNAITRE | Retracer 40 ans d’histoire du punk à Grenoble, des années 80 à nos jours, c’est l’audacieux défi dans lequel se sont lancés Nicolas Bonanni et Margaux Capelier, dont l’ouvrage "Grenoble Calling" vient de paraître aux éditions Le Monde à l’envers.

Damien Grimbert | Mercredi 21 avril 2021

Grenoble Calling, odyssée punk

C’est une histoire souterraine, dont beaucoup ignorent jusqu’à l'existence : depuis maintenant plusieurs dizaines d’années, le punk dispose à Grenoble d’une base extrêmement active et inventive, d’une effervescence impressionnante – concerts, festivals, fanzines, disquaires, distributeurs, squats et autres lieux éphémères… Farouchement underground, privilégiant l’autogestion, le "Do It Yourself" et la culture des réseaux et du bouche-à-oreille, rétif à toute forme d’institutionnalisation, de marchandisation et de médiatisation, à Grenoble comme ailleurs, le mouvement punk se vit bien plus qu’il ne se donne à voir. Une sorte d’univers parallèle mu par ses propres codes et convictions, inclusif dans sa démarche mais par nature invisible aux yeux du plus grand nombre. Autant dire qu’en retracer l’histoire sur près de quarante années constituait une gageure qui, aussi passionnante soit-elle, semblait de prime abord quasi impossible à relever. C’est pourtant ce qu’ont réussi à faire les auteurs de Grenoble Calling en s’appuyant sur une méthode éprouvée : après s’

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Grenoble impressionne Edmond Baudoin

Rencontre | Reconnu comme l'un des pionniers de la bande dessinée contemporaine et autobiographique, Edmond Baudoin est en résidence à Grenoble depuis trois mois sur invitation du réseau de bibliothèques, dans le cadre du Printemps du livre. Avec son pinceau et sa bouteille d’encre de Chine, il parcourt les rues de la ville pour dessiner des portraits au hasard de ses rencontres. Ce projet, nommé "Grenoble en portrait(s)", fera l’objet d’une exposition et sans doute d’un livre. Nous avons pu le rencontrer, un peu trop rapidement, et lui poser quelques questions. Une parole parfois espiègle, toujours humble et pourtant si riche.

Jérémy Tronc | Vendredi 12 mars 2021

 Grenoble impressionne Edmond Baudoin

Comment vous y prenez-vous pour réaliser les portraits des habitants ? Il me suffit de me mettre devant les personnes, quand elles ont enlevé leur masque, et de dessiner. En même temps, je leur pose une question et je discute avec elles. Le portrait que je tire est ensuite échangé contre la réponse à ma question. Je ne le garde pas pour moi : je l’offre. Pas tout de suite : les bibliothèques ont l’intention de monter une exposition avec l’ensemble de mes dessins. Je m’applique le plus possible pour mes portraits mais j’en rate parfois. Les personnes ne m’en veulent pas. Comme pour Picasso, quand ce n’est pas exactement le visage de la personne, ce sera ce visage ! Vous êtes donc allé à la rencontre des personnes dans la rue ? Avec les cafés et les restaurants fermés, c’est difficile. D’habitude, je me mets dans un restaurant et je dessine la personne qui est en face, si elle accepte. C’est facile. Mais j’ai aussi fait des visites dans des endroits qui aident les gens, comme l’association Point d’eau pour les migrants, et là c’était simple d’enlever le masque. Des gens viennent chez moi quand je les invite ou c’est moi qui

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Petits écrans et hautes montagnes

Télé | L’automne dernier, on aurait à coup sûr aimé découvrir les films des Rencontres CinéMontagne autrement que lors d’un rendez-vous digitalisé ! En attendant l’annonce de l’édition 2021, on pourra toujours voir quelques films de montagne sur TéléGrenoble au cours de la soirée du dimanche 28 février.

Martin de Kerimel | Dimanche 28 février 2021

Petits écrans et hautes montagnes

Au mois de novembre dernier, leurs organisateurs espéraient pouvoir accueillir quelque 20 000 curieux au Palais des Sports de Grenoble et dans toute une série de salles partenaires. Patatras ! La faute encore à ce maudit coronavirus, il n’en a rien été : les 22e Rencontres CinéMontagne, elles aussi, ont dû se contenter d’une édition virtuelle – sans la moindre petite rencontre « en présentiel ». Vous avez tout raté et vous auriez envie de rattraper le coup ? Un bon tuyau : TéléGrenoble diffuse plusieurs films de montagne, regroupés sous le titre Libre comme l’air, dimanche 28 février, à 21h. On y découvrira Aconcagua (notre photo), le récit d’un homme parti traverser la Cordillère des Andes… en parapente et bivouac ! Sous d’autres latitudes, on fera également connaissance avec Aziz Elmssaid, un jeune pêcheur marocain devenu l’un des meilleurs pilotes de vol de proximité, le long des falaises d’Aglou, ainsi qu’avec des enfants malgaches, eux aussi parapentistes, et qui pourraient avoir trouvé dans la pratique de ce sport extrême une manière de créer leur propre emploi ! Enfin, le programme se complètera avec It’s a bird thing, un fi

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Boire et déboires des micro-brasseurs grenoblois

GUIDE URBAIN | Le marché des bières artisanales n’est plus ce qu’il fut depuis que le coronavirus dicte ses périodes d’ouverture aux bars et aux restaurants. Les micro-brasseurs locaux, touchés mais pas coulés, préfèrent voir le verre à moitié plein et fondent leurs espoirs sur une évolution positive de la situation sanitaire et le beau temps qui annonce de nouvelles soirées mousse. En attendant, la vente à emporter les aide à passer cette période compliquée. Après notre épisode 1 au Ptit Labo, on vous donne d’autres bons tuyaux.

Jérémy Tronc | Jeudi 25 février 2021

Boire et déboires des micro-brasseurs grenoblois

Chez Docteur D : le malade boosté par Vitamine C À la fois brasseur et bar, comme le Ptit Labo, Docteur D écoulait l’intégralité de sa production dans la vente de bière à la pression. La fermeture de son établissement l’a obligé à trouver un système D pour liquider ses brassins et faire face aux charges de son commerce. Damien Veau, le gérant, a investi dans une unité d’encanettage afin de pouvoir proposer de la vente à emporter. « Les canettes conservent mieux les propriétés organoleptiques de la bière et le bilan écologique est meilleur que le verre, même recyclé », assure Damien, qui s’est associé au studio graphique grenoblois Vitamine C pour créer les étiquettes correspondant aux différentes recettes. La vente à emporter lui permet de maintenir une toute petite partie de son activité. « J’ai brassé seulement deux fois depuis le deuxième confinement. Cela correspond à une chute de 90% de ma production habituelle ». Heureusement, les habitués du bar sont restés fidèles à l’enseigne. « Certains clients viennent clairement pour me soutenir. C’est un achat solidaire mais ils sont aussi contents de pouvoir faire déguster mes bières à des non-habi

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Cinémas et festivals : en attendant la reprise (et le printemps)

ECRANS | D’habitude, lorsque débutent les vacances d’hiver, l’année cinéma est déjà bien entamée : les premiers festivals ont eu lieu et les suivants annoncent la couleur (ou du moins leur programmation). La fermeture des salles change la donne, mais ne signifie pas l’effacement de la saison : durant cette période d’hibernation forcée, le printemps des écrans se prépare. Panorama*…

Vincent Raymond | Lundi 8 février 2021

Cinémas et festivals : en attendant la reprise (et le printemps)

Jamais, en 125 ans d’histoire cinématographique, les salles n’auront été aussi longtemps fermées. Dimanche 7 février, cela a fait exactement 100 jours depuis le 30 octobre que les cinémas ont été contraints de baisser les rideaux, soit un jour de plus que lors du premier confinement, entre les 14 mars et 22 juin 2020. Si l’on mesure notre rage de spectateur, on imagine la souffrance des exploitants, programmateurs et organisateurs de festivals incapables de se projeter — sans mauvais jeu de mots — dans l’immédiat et forcés de composer au jour le jour. Pour certains, l’attente aura été fatale : le Festival de l’Alpe d’Huez a ainsi jeté l’éponge. Devant initialement se dérouler fin janvier, sa 24e édition avait un temps envisagé se décaler du 23 au 28 mars avant de renoncer, en accordant toutefois un "label" aux films qu’elle avait sélectionnés, comme Cannes l’an passé. Pas de quoi rire pour les rois de la comédie en altitude. En salle ou en ligne ? Suivant dans le calendrier, Voir Ensemble, le rendez-vous à destination du jeune public

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Bières Edmond : le sans alcool artisanal made in Grenoble

C'est nouveau | Brasserie / Émilie Yana et Sébastien Dué défendent Edmond, une marque dont ils espèrent qu’elle changera l’image du zéro degré.

Sandy Plas | Mardi 6 octobre 2020

Bières Edmond : le sans alcool artisanal made in Grenoble

Jusque-là, la bière sans alcool était généralement synonyme de boisson pas très engageante, un peu trop aromatisée et trop sucrée. Mais ça, c’était avant que les Grenoblois Émilie Yana et Sébastien Dué se penchent sur la question. Après plusieurs mois de recherches, ils ont mis sur pied leur propre brevage, répondant au doux nom d’Edmond. Mais loin de ce qu’on trouve dans les rayons des grandes surfaces, leur bière se destine avant tout « à ceux qui aiment la bière », explique Émilie. Avec leur recette, ils bluffent leur entourage et réfléchissent peu à peu à créer leur entreprise, convaincus qu’une véritable demande existe. « Nous voulions sortir de l’idée qu’une bière sans alcool se destine uniquement aux femmes enceintes. Il y a un marché plus large que ça », défend Émilie. Surtout, les deux fondateurs veulent faire évoluer le regard que la société porte au "sans-alcool". « On veut déringardiser les boissons sans-alcool, en montrant que même si on ne boit pas, on peut quand même sortir. » Sans devoir, au passage, se résoudre à comm

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"Mon grand-père et moi" : Pépé le pique-toit

Cinéma | ★☆☆☆☆ De Tim Hill (É.-U., 1h38) avec Robert De Niro, Oakes Fegley, Uma Thurman… En salles dès le 7 octobre

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Son grand-père squattant sa chambre, Peter, 10 ans, lui déclare la guerre. Comme l’ancêtre se prend au jeu, les ripostes s’enchaînent ainsi que les dommages collatéraux… Ne vous laissez pas berner par l’affiche ni le titre français : ce pur nanar fiscal où figure De Niro (mais aussi Christopher Walken, Uma Thurman ou Jane Seymour) n’a aucun lien avec la série de Jay Roach et Ben Stiller. Calibrée pour une sieste de boomer ventripotent, cette comédie du genre "rediffusion" eût mérité Seth Rogen ou Judd Apatow au générique pour être a minima subversive. À défaut, comptez un seul éclat de rire : lorsque De Niro montre sa bite par accident à son gendre pour la seconde fois. C’est peu.

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"Fin de siècle" : si c’était à refaire…

ECRANS | ★★★☆☆ De Lucio Castro (Arg., 1h24) avec Juan Barberini, Ramón Pujol, Mia Maestro…

Vincent Raymond | Mardi 22 septembre 2020

Barcelone, de nos jours. Deux hommes s’offrent une nuit d’amour. Une relation sans lendemain ? Peut-être que non, d’autant qu’elle a sans doute un "avant-hier", quelque part entre les limbes du rêve, du souvenir ou du fantasme… Il faut attendre la fin de la première partie pour comprendre le titre, et ce renvoi vingt ans en arrière, à cette autre époque d’incertitudes que fut le changement de siècle, où le mal dominant s’appelait Sida et non Covid-19. C’est là que le film change de dimension, devient onirique et prend de la profondeur. Là qu’il cesse d’être un chromo touristique (de fort belle facture) pour gagner en mystère. Preuve qu’il faut laisser du temps au temps…

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Éléonore : Aime ma sœur !

ECRANS | ★☆☆☆☆ De Amro Hamzawi (Fr., 1h25) avec Nora Hamzawi, Julia Faure, Dominique Reymond…

Vincent Raymond | Mardi 22 septembre 2020

Éléonore : Aime ma sœur !

Bavarde impénitente, gaffeuse patentée, en panne d’amour, Éléonore accepte un job alimentaire d’assistante chez un éditeur de romans érotiques. Elle va mettre le souk, mais dans l’intérêt général… Transposant son histoire pour que sa sœur Nora puisse l’interpréter, Amro Hamzawi signe une comédie sentimentale désuète pour l’export, pleine de cartes postales et de Parisiennes trop agaçantes mais sexy (ô-l’amûr-jolie-madmoizel). Hors d’âge et relativement dispensable.

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Le plus petit multiplexe du monde

ECRANS | Du vendredi 17 au dimanche 19 juillet, l’association A Bientôt J’espère organise au beau milieu du Trièves, en plein cœur de la forêt d’Esparron, "Les Vacances au risque du réel", un multiplexe éphémère dédié au cinéma documentaire, réunissant quarante films hors du commun. Décryptage d’une initiative passionnante qui affiche d’ores et déjà complet.

Damien Grimbert | Mardi 7 juillet 2020

Le plus petit multiplexe du monde

Imaginez : un endroit fascinant, méconnu et reculé, en pleine forêt, où personne ne se rend jamais ou presque. Une clairière pour bivouaquer, un ancien ermitage en ruines et une ferme/refuge situés à une dizaine de minutes de sentier et, un peu plus loin, un canyon pour se baigner. C’est ce décor improbable que l’association A Bientôt J’espère a décidé d’investir pour le transformer, trois jours durant, en un multiplexe éphémère composé de six salles improvisées pouvant accueillir chacune… entre 10 et 25 personnes. On l’imagine aisément, dans un cadre pareil, l’objectif n’est pas de projeter les derniers blockbusters hollywoodiens, loin s’en faut. Fruit d’une résidence annuelle organisée dans le cadre de Paysage > Paysages, événement culturel porté par le Département de l’Isère, Les Vacances au risque du réel se donnent au contraire pour objectif de « questionner le paysage tout en s’inscrivant à l’intérieur de ce paysage », comme l’explique Cyril Hugonnet, concepteur de l’événement aux côtés de Loïc Cloez. « Chaque année, on part toujours avec une feuille blanche : on a sillonné le Trièves, on a visité plein de lieux, rencontré plein de gens… E

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Isabelle Stragliati : « Une approche plus libre de la radio »

Documentaire radiophonique | Peut-être plus connue du public grenoblois sous le nom de Rescue, son alias de DJ, Isabelle Stragliati est également l’autrice de créations radiophoniques ambitieuses. La dernière d’entre elles, le documentaire "Virginie, Virginia, Simone et moi", explore et interroge l’engagement féministe d’hier et d’aujourd’hui. Rencontre.

Damien Grimbert | Mardi 7 juillet 2020

Isabelle Stragliati : « Une approche plus libre de la radio »

En quoi consiste la création radiophonique ? Isabelle Stragliati : Le terme permet d’englober un certain nombre de pratiques radiophoniques qui ne rentrent pas forcément dans les cases "traditionnelles" de la radio (reportage, émission musicale, débat, table ronde, information…). C’est une approche plus libre de la radio, affranchie des contraintes habituelles de format, de durée et de structure, qui permet de donner naissance à des formes un peu hybrides empruntant à différents genres, courants et influences : interview, documentaire, fiction, musique, field recording… Comment y es-tu venue ? C’est venu assez tard. J’ai commencé la radio de manière assez conventionnelle, avec une émission hebdomadaire sur Radio Campus Grenoble dans laquelle je partageais mes trouvailles musicales. Par la suite, j’ai commencé à y travailler et ça m’a permis de découvrir tous les aspects de la pratique : technique, communication, programmation, coordination… Ce qui m’a progressivement amenée vers la création radiophonique, que je ne connaissais pas vraiment : j’ai participé à un atelier à Marseille avec Radio Ca

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"Mon ninja et moi" : doudou et dur à la fois

Animation | De Anders Matthesen & Thorbjørn Christoffersen (Dan., 1h21) animation

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

Depuis que sa mère s’est remise en ménage, Alex a hérité d’un "demi-frère" de son âge qui le tyrannise à la maison et au collège. Quand son oncle excentrique lui offre une poupée de ninja magique ramenée de Thaïlande, Alex pense tenir sa revanche. Mais la contrepartie sera rude… La toute neuve société de distribution Alba Films tient sa première authentique pépite avec ce long métrage danois méritant d’être le succès d’animation de l’été 2020. Mon ninja et moi marque en effet une réjouissante révolution dans l’univers plutôt corseté et policé des productions destinées au "jeune public" (vocable flou qui rassemble des bambins jusqu’aux ados). À présent que tous les studios d’animation ont globalement atteint une excellence technique comparable à celle développée par Blue Sky, Dreamworks ou Pixar et uniformisé leur style graphique, le récit (et son traitement) est devenu l’ultime refuge de la singularité. Un retour aux fondamentaux pour spectateurs blasés des prouesses visuelles asymptotiques. Auteur et coréalisateur de Mon ninja et moi,

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