Martin Scorsese : un Prix Lumière en majesté

ECRANS | Immense cinéphile et cinéaste majeur, Martin Scorsese avait depuis le début le profil d’un prix Lumière parfait. Son sacre aura lieu au cours de l’édition 2015 du festival Lumière, dont la programmation, même incomplète, est déjà enthousiasmante. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 18 juin 2015

Plus encore que Quentin Tarantino, qui est un peu son héritier débraillé et furieux, Martin Scorsese avait depuis la création du festival Lumière la stature parfaite pour recevoir un Prix Lumière. D'abord parce que son apport au cinéma est considérable ; ensuite parce que sa passion pour la conservation et la redécouverte des films est au diapason de la mission que se sont fixée Thierry Frémaux, l'Institut Lumière et le festival : célébrer le patrimoine cinématographique comme une histoire vivante qu'on se doit de conserver et de diffuser aux générations nouvelles.

Il aura donc fallu attendre sept années où Scorsese n'a pas chômé — quasiment un film par an, et quels films ! pour qu'il vienne recevoir à Lyon le précieux trophée qui ira grossir sa collection déjà bien chargée — Palme d'or cannoise pour Taxi Driver, Oscar du meilleur réalisateur pour Les Infiltrés… Ce sera de plus l'occasion unique de revoir son œuvre, dont le moins que l'on puisse dire est qu'elle raconte le cinéma américain contemporain mieux qu'aucune autre.

Violence et passions

Débutée dans le sillage de son ami John Cassavetes (Who's That Knocking at My Door) avant un crochet par l'écurie Roger Corman (Bertha Boxcar) elle trouve sa voie avec le terrassant Mean Streets, où il s'affirme comme le cinéaste des rues de New York, de ses petits gangsters et du conflit qui s'instaure entre la faute et le pardon, entre la violence et le salut.

Thème qu'il prolonge ensuite via sa collaboration au long cours avec Robert De Niro : qu'il joue les chauffeurs de taxi investi d'une mission à l'héroïsme idéologiquement trouble (Taxi Driver), un boxeur victime de son orgueil, de sa jalousie et de ses pulsions (Raging Bull), un apprenti comique cherchant par tous les moyens à obtenir son quart d'heure de célébrité (La Valse des pantins), un boss discret mais impitoyable du crime organisé (Les Affranchis), un repris de justice décidé à se venger de son avocat corrompu (Les Nerfs à vif) ou encore un maniaque du contrôle qui pense pouvoir gérer sa vie comme on gère un casino de Las Vegas (Casino), l'acteur a été le vecteur des plus grandes réussites du Scorsese première période.

Période où son style, avec sa caméra frénétique, son goût du rock'n'roll et ses spectaculaires flambées de violence, bouscule le cinéma hollywoodien par sa liberté de ton et de formes, fruit d'un héritage cinéphile monstrueux et parfaitement digéré. Car Scorsese sait qui sont ses maîtres — comme il le montre dans ses deux «voyages» cinéphiles, documentaires essentiels où il se promène à travers le cinéma américain puis le cinéma italien : Michael Powell, dont l'épouse Thelma Schoonmaker deviendra sa monteuse attitrée, la Nouvelle Vague française, le néo-réalisme italien mais aussi les classiques américains (Ford, Hitchcock, Welles, Fuller, Preminger)…

C'est ce goût juvénile et insatiable du cinéma qui lui a sans doute permis de se réinventer aux tournants des années 2000 : malgré l'échec de Gangs of New York, il trouve une nouvelle jeunesse au contact de Leonardo Di Caprio, avec qui il a déjà tourné quatre autres films, et pas des moindres : Aviator, Les Infiltrés, Shutter Island et Le Loup de Wall Street, qui a mis une claque à tout le monde lors de sa sortie. À 70 ans passés, Scorsese a toujours la gnaque et l'envie de cogner sur les mœurs de ses contemporains, et il n'a de toute évidence pas dit son dernier mot.

Du bis, du sabre, de l'horreur et tout Pixar

Comme si ce majestueux Prix Lumière ne suffisait pas, le festival a dévoilé une partie de sa programmation qui, elle aussi, a carrément de la gueule : à l'occasion de la sortie de son livre The Act of Seeing, Nicolas Winding Refn viendra présenter une carte blanche, une exposition et donnera des conférences sur sa passion pour le cinéma d'exploitation ; une rétrospective sera consacrée aux années Toho d'Akira Kurosawa avec des films et des documents inédits ; Julien Duvivier sera à l'honneur avec quelques-uns de ses films les plus célèbres ; la Gaumont fêtera ses 120 ans avec une programmation spéciale tirée de son catalogue tandis qu'on célébrera un autre anniversaire, celui des 100 ans de Technicolor ; un hommage sera rendu à Jean Yanne, génial acteur et réalisateur ; Sophia Loren et Alexandre Desplat compteront parmi les invités du festival ; au rayon raretés, on découvrira l'œuvre d'une cinéaste russe, Larissa Chepitko, dont on ne connaissait même pas l'existence.

Quant à la Nuit du cinéma à la Halle Tony Garnier, elle est placée sous le signe de la "peur" avec quatre films fantastiques à tous les sens du terme et qui foutent effectivement les jetons : The Thing (le Carpenter, pas son remake, hein…), La Nuit des morts-vivants, Evil Dead (l'original, là aussi…) et Insidious — d'ailleurs, il est réjouissant de voir James Wan aux côtés des maîtres de l'horreur que sont Raimi, Romero et Carpenter. Quelques titres ont déjà filtré concernant les grandes projections, et ce n'est pas rien non plus : Out of Africa, Docteur Jivago ou la énième director's cut de Blade runner.

Enfin, last but not least, Lumière proposera rien moins qu'une intégrale Pixar à l'occasion des trente ans du studio — et à mi-chemin de la sortie de Vice-versa et du Voyage d'Arlo. Si vous avez bien lu notre Une de la semaine dernière, vous pouvez imaginer notre joie intense à cette annonce !

Lumière 2015
Du 12 au 18 octobre

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Pete Docter : « depuis que le son existe dans un film d’animation, le jazz en a fait partie »

Soul sur Disney+ | Coréalisateur de "Soul", Pete Docter s’est virtuellement adressé à la presse française pour présenter sa quatrième réalisation de long-métrage au sein des studios Pixar. Trois questions, trois réponses…

Vincent Raymond | Lundi 28 décembre 2020

Pete Docter : « depuis que le son existe dans un film d’animation, le jazz en a fait partie »

En quoi votre approche a-t-elle changée de Monstres & Cie à Soul ? Pete Docter : Quand j’ai commencé sur Monstres & Cie, je n’avais aucune idée de ce que je faisais — d’ailleurs ça n’a pas changé : je ne sais toujours pas ce que je fais ! Je me jette à l’eau. Faire un film, c’est un peu être bloqué jusqu’au moment où vous sentez que quelque chose prend : un personnage, un thème, un sentiment… Dans le cas de ce film, c’était plus un sentiment ou une circonstance de la vie. Chaque film est différent, et il faut avoir confiance dans le chaos inhérent, dans le processus créatif et ne pas arriver avec une idée préconçue : laissez aller et gardez en tête que personne ne sait ce que vous faites ; il faut simplement y aller. Comment avez-vous décidé d’amener le jazz dans ce film ? Au départ, c’était un choix esthétique : nous cherchions quelque chose de sympa à regarder. Depuis que le son existe dans un film d’animation, le jazz en a fait partie : si on pense à Betty Boop et nombre des premiers films de Disney, il y avait du jazz. L’énergie, l’esprit

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Le vagabond des limbes : "Soul", un Pixar privé de salles

Sur Disney+ | Narrant les tourments d’une âme cherchant à regagner son corps terrestre, le nouveau Pixar résonne étrangement avec la situation du monde du cinéma actuellement au purgatoire et peinant à retrouver sa part physique (la salle). "Soul", un nouvel opus existentialiste à mettre au crédit de Pete Docter. Sur Disney+ le 25 décembre.

Vincent Raymond | Mardi 22 décembre 2020

Le vagabond des limbes :

À quelques heures d’intervalle, Joe Gardner se voit proposer un job à plein temps dans le collège où il est prof de musique et de rejoindre un prestigieux quartette de jazz. Cela pourrait être le jour de sa vie… sauf que c’est aussi celui de sa mort. Refusant ce destin contrariant, l’âme de Joe cherche à faire marche arrière mais se retrouve propulsée dans le “Grand Avant“ — des limbes où on lui confie la charge de préparer une future âme (la terrible 22) à sa naissance… Annoncé pour la fin du printemps 2020, à cette époque si lointaine (novembre 2019…) où ses premières images dévoilées en avant-première de La Reine des Neiges 2 laissaient pressentir l’évidence d’une sélection cannoise, Soul aura connu un sort inédit pour un probable blockbuster Pixar : son torpillage par une pandémie, conduisant la maison-mère à le basculer d’emblée sur sa plateforme, Disney+. Ni les regrets des (nombr

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Les Frères Dardenne Prix Lumière 2020

Prix Lumière 2020 | Deux fois deux Palmes d’Or succèdent donc au double palmé Francis Ford Coppola, et recevront donc le Prix Lumière le vendredi 16 octobre à Lyon. Croisons-les doigts pour que rien n’entrave cette prophétie…

Vincent Raymond | Jeudi 16 juillet 2020

Les Frères Dardenne Prix Lumière 2020

De premières annonces fin mai avaient révélé quelques lignes fortes de la programmation de cette 12e édition du Festival Lumière : un hommage à Michel Audiard à l’occasion du centenaire de sa naissance, une rétrospective Clarence Brown. Si l’on se doutait que le ou la futur récipiendaire ne serait pas américain·e, rien ne laissait supposer qu’il ou elle serait double ! Mais après tout, quoi de plus normal pour célébrer le 125e anniversaire du Cinématographe par les Frères Lumière que célébrer deux frères de cinéma, les Dardenne. Indissociables comme le furent les Taviani ou le sont les Coen ou les Washowski, les “frères“ comme les surnomment avec affection leurs comédiens sont à l’instar de Ken Loach ou Stéphane Brizé les principaux représentants d’un cinéma ancré dans une réalité sociale et brute. Dépourvus d’effets, de musique, au plus près des corps et des situations, leurs films confrontent volontiers des gens ordinaires à des cas de conscience ou des enjeux moraux.

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"Roubaix" : prix Jacques Deray

ECRANS | (À lire à haute voix, façon Stéphane de Groodt) « —Prenons les paris, ce sera Roubaix. —Quoi donc ? —Le César, à Paris le 28 février. —Sauf si Ly l'a, (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

(À lire à haute voix, façon Stéphane de Groodt) « —Prenons les paris, ce sera Roubaix. —Quoi donc ? —Le César, à Paris le 28 février. —Sauf si Ly l'a, évidemment. —Quel lilas ? —Non, le Ly, Ladj. —Le Ly qui l'Oscar n'a pas eu ? —Celui-là même. —Admettons. —Mais à Lyon, sans pari, Roubaix aura le 22 son Prix. -De consolation ? —Non, Deray. —Comme Odile ? —On s'égare… —D’ailleurs pourquoi la Gare de Lyon est à Paris et pas à Roubaix ? —Parce que Paris est tout petit pour ceux qui Zem comme nous d'un si grand amour… » etc. Roubaix À l’Institut Lumière ​le samedi 22 février

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Il faut savoir finir un rêve : "Toy Story 4"

Pixar | Quand Fourchette, la nouvelle arrivée dans la tribu des jouets de Bonnie, se fait la malle, Woody part aussitôt à sa recherche. Sa quête lui fera découvrir de bien étranges antiquités, mais aussi retrouver un amie depuis longtemps perdue de vue

Vincent Raymond | Mercredi 26 juin 2019

Il faut savoir finir un rêve :

Réussir un départ n’est jamais chose aisée. Pourtant, on se prend à espérer : et si la série Toy Story s’achevait en apothéose, saisissant au vol la splendide occasion offerte par la conclusion de ce quatrième opus — c’est-à-dire en se refermant sur un sentiment de frustration en renonçant par avance (et par principe) à toute idée de spin off ou de préquelle ? Parlant autant de l’abandon, de la transmission, du deuil de l’enfance, ce quatrième épisode invite à une rupture raisonnable : lorsque les enfants sont trop grands pour continuer à s’inventer des histoires avec leurs jouets (et que ceux-ci sont encore aptes, donc peuvent éviter l’Enfer de Toy Story 3) ils les confient à de plus jeunes dans une boucle infinie. L’adulte reste avec ses souvenirs, qu’il peut réactiver à loisir, ou rematérialiser en se procurant une réplique de son doudou auprès d’un antiquaire — qui n’est rien d’autre qu’un magasin de souvenirs pour nostalgiques. C’est de cette étoffe nostalgique qu’est tissée Toy Story 4, pour le meilleur, comme pour le pire.

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BO d'un Prix Lumière : Coppola en morceaux

ECRANS | Il a pour toujours associé à l’écran l’odeur du napalm au petit matin aux envolées de Wagner, incité au silence par quelques notes de Nino Rota ou donné de furieuses envies de danser la tarentelle dans un mariage. Si Francis Ford Coppola possède ce lien si particulier avec la musique, il le doit sans nul doute à son père Carmine, lui-même compositeur et chef-d’orchestre. Mais également crédité notamment aux génériques des Parrain ou d’ Apocalypse Now.

La rédaction | Mardi 11 juin 2019

BO d'un Prix Lumière : Coppola en morceaux

La playlist est également disponible sur spotify. Par Vincent Raymond & Stéphane Duchêne

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Francis Ford Coppola, 11e Prix Lumière

Festival Lumière | Le Prix Lumière 2019 sera décerné à Francis Ford Coppola au cours de la 11e édition du Festival Lumière qui se tiendra du 12 au 20 octobre à Lyon.

Vincent Raymond | Mardi 11 juin 2019

Francis Ford Coppola, 11e Prix Lumière

Il est le premier cinéaste à avoir remporté l’Oscar pour un film et sa suite (Le Parrain et Le Parrain 2e partie), à avoir décroché deux Palmes d’Or “de l’ère moderne“ (Conversation secrète et Apocalypse Now)… Producteur, scénariste, monteur, viticulteur, à la fois figure tutélaire du Nouvel Hollywood et patriarche d’une impressionnante dynastie de cinéma, Francis Ford Coppola succède donc à son camarade Martin Scorsese (2015, également passé chez Roger Corman) et à Jane Fonda (2018) — deux autres grandes figures du Nouvel Hollywood. Âgé de 80 ans, Coppola qui n’a plus sorti de long-métrage depuis 2012 et son fascinant Twixt, n’a pour autant pas pris sa retraite et développe de nouveaux projets. Il profitera peut-être de sa venue à Lyon entre les 12 et 20 octobre prochains pour en révéler la teneur. Le Prix Lumière, qui constitue une reconnaissance pour la contribution du récipiendaire au cinéma mond

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10e Festival Lumière : ce sera… Jane Fonda

Festival Lumière | Le patron de l’Institut Lumière avait promis une surprise pour marquer les 10 ans du Festival Lumière. Il a de fait pris tout le monde de court en annonçant la remise du 10e Prix Lumière la comédienne et productrice Jane Fonda, le 19 octobre prochain à Lyon.

Vincent Raymond | Lundi 11 juin 2018

10e Festival Lumière : ce sera… Jane Fonda

Les pronostiqueurs en sont pour leurs frais, qui s’imaginaient déjà, après Wong Kar-wai, célébrer quelque prestigieux cinéaste étasunien rue du Premier-Film. C’était aller un peu vite en besogne et oublier que la règle définissant les modalités d’attribution du “Nobel“ du cinéma possède une élasticité remarquable : les récipiendaires sont désignés sur des critères reposant « sur le temps, la reconnaissance et l’admiration ». C’est ainsi que la comédienne Catherine Deneuve avait été distinguée, sans qu’elle ait jamais réalisé — à la différence de son prédécesseur Gérard Depardieu — le moindre film. Dès lors, tout était possible. Jane Fonda apparaît comme un choix indiscutable et logique. Indiscutable, car sa carrière d’actrice, sanctionnée par deux Oscar pour Klute (1971) et Retour (1978), compte une cargaison de classiques allant des Félins de René Clément (1964) à On achève bien les chevaux (1969) de Pollack, de La Poursuite impitoyable (1966) de Penn à La M

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Et le prix Lumière 2018 est... Jane Fonda !

Festival Lumière | Le prix Lumière 2018, qui marque les 10 ans de l'événement, est connu : il s'agit de Jane Fonda, célèbre actrice et productrice américaine. Et militante (...)

Sébastien Broquet | Lundi 11 juin 2018

Et le prix Lumière 2018 est... Jane Fonda !

Le prix Lumière 2018, qui marque les 10 ans de l'événement, est connu : il s'agit de Jane Fonda, célèbre actrice et productrice américaine. Et militante féministe de longue date, donc symbole fort en cette année post-Weinstein. Le festival se déroulera du samedi 13 au dimanche 28 octobre 2018 dans toute la métropole lyonnaise.

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Os secours des ancêtres : "Coco"

Animation | Un petit Mexicain parcourt le Royaume des Morts pour déjouer une malédiction familiale et obtenir une bénédiction en retour. Coutumier des quêtes en milieu hostile (Monstre & Cie, Le Monde de Nemo), Lee Unkrich pousse plus loin le curseur et emporte les cœurs. Signé Pixar.

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Os secours des ancêtres :

Depuis qu’une aïeule a été abandonnée par son guitariste d’époux, la famille de Miguel a banni toute musique de sa vie. C’est donc un drame quand le garçonnet avoue, le Jour des Morts en plus, se destiner lui aussi à la guitare. Miguel espère trouver du soutien auprès de ses ancêtres… S’il faut aux sceptiques une preuve supplémentaire de l’existence d’un particularisme artistique des studios Pixar au sein de l’empire Disney, Coco tombe à pic : il constitue même une manière de manifeste. Là où les productions issues de la maison mère misent sur un arsenal codifié d’éléments rassurants pour fédérer leurs publics — schématisons : la quête d’une princesse entrelardée par des torrents de chansons —, la branche spécialisée dans les images de synthèse s’aventure dans des territoires insolites, plus stupéfiantes encore du point de vue narratif que technique. Une “originalité” artistique autorisée parce qu’elle s’avère globalement payante… notamment du côté du tiroir-caisse. Notes en sourdine Même si la musi

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Lee Unkrich & Darla K. Anderson : « montrer Frida Kahlo dans la mort, c’est de la pure imagination »

Coco | Pilier de Pixar, le réalisateur de Monstres & Cie, du Monde de Nemo ou de Toy Story 2 & 3, Lee Unkrich est à nouveau à la manœuvre pour Coco, qu’il évoque avec sa productrice Darla K. Anderson.

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Lee Unkrich & Darla K. Anderson : « montrer Frida Kahlo dans la mort, c’est de la pure imagination »

Quel est le point de départ de Coco ? Lee Unkrich : L’inspiration est tout simplement venue du Mexique, dont j’appréciais depuis toujours le Día de muertos — le Jour des morts. Quand j’ai commencé à écrire sur ce sujet, je me suis rendu compte qu’il n’y avait aucune histoire sur cette fête, c’était une idée assez unique. Au fur et à mesure de mes recherches, j’ai découvert combien l’idée du souvenir de sa famille y était important. Il y avait là le potentiel pour une histoire universelle, drôle, dramatique, visuellement très belle et avec un vrai cœur. Ça m’a touché. Avez-vous conçu le Pays des morts comme un miroir à celui des vivants, puisqu’on y boit, mange, dort ? LU : Non, on n’a pas pensé à cette notion de miroir, mais on a fait beaucoup de recherches pour la préparation, ce qui nous a aidés pour concevoir Santa-Cecilia, la ville du monde des vivants où vit Miguel. Évidemment, on ne pouvait pas faire de recherches pour le monde des ancêtres, alors on a fait appel à l’imagination. On aurait pu faire n’importe quoi, mais on voulait vraiment que ça “respire” mexicain, que ce

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Prix Lumière 2017 : Wong Kar-wai et les autres

Festival Lumière | Retour aux fondamentaux pour le Prix Lumière 2017 : un cinéaste sera récompensé le 22 octobre prochain à Lyon et il s’appelle Wong Kar-wai.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juin 2017

Prix Lumière 2017 : Wong Kar-wai et les autres

On ne vous fera pas lanterner comme le patron de l’institut Lumière, qui avec son affable et coutumière cruauté a fait durer le suspense 90 minutes en truffant sa présentation de force anecdotes, digressions ou boutades : Wong Kar-wai sera le 9e récipiendaire du Prix Lumière. Un choix audacieux qu’il convient tout d’abord de saluer : à présent que le Festival est installé, avec des spectateurs·rices fidélisé·e·s et acquis·es à sa cause, il peut user de sa jeune notoriété pour célébrer des personnalités moins “évidentes” que Catherine Deneuve. Pour quitter l’axe Europe-Amériques. Et populariser le travail d’un artiste à la carrière plus discrète ayant cependant exercé une influence considérable sur ses contemporains. Car même si le monde entier a succombé à son hypnotique “hit” In the Mood for Love (2000), dont la rythmique visuelle et musicale est immédiatement reconnaissable par le grand public, l’œuvre du cinéaste shanghaïen appartient à un registre plus art et essai. Grâce à ce Prix, le grand public aura ainsi l’occasion de découvrir non seulement l’intégralité de ses

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Wong Kar-wai, prix Lumière 2017

Festival Lumière | le prix Lumière sera décerné cette année au réalisateur Hong-kongais Wong Kar-wai !

Lisa Dumoulin | Jeudi 15 juin 2017

Wong Kar-wai, prix Lumière 2017

La nouvelle vient de tomber : le prix Lumière sera décerné cette année au réalisateur Hong-kongais Wong Kar-wai ! A L'origine du chef d'oeuvre In the mood for love, il a aussi réalisé 2046 et My Blueberry nights. Le Prix Lumière est attribué par l'Institut Lumière chaque année depuis 2009 à un(e) cinéaste pour récompenser une contribution exceptionnelle à l'histoire du cinéma. Wong Kar-wai fera donc suite à Catherine Deneuve l'an dernier, Martin Scorsese, Pedro Almodovar, Quentin Tarantino, Ken Loach, Gérard Depardieu, Milos Forman et le tout premier, Clint Eastwood. le Festival Lumière se tiendra cette année du 14 au 22 octobre.

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Martin Scorsese : « je vis toujours avec Silence »

C'est à moi que tu parles ? | Lors de son bref passage en France, Martin Scorsese a brisé le silence pour évoquer celui qui donne le titre à son nouveau film. Morceaux choisis et propos rapportés de sa conférence de presse.

Vincent Raymond | Mardi 7 février 2017

Martin Scorsese : « je vis toujours avec Silence »

Votre titre est accompagné au générique de début par un réel silence. Doit-il s’entendre comme un constat ou une injonction ? Martin Scorsese : C’est une façon d’attirer l’attention du spectateur, mais aussi une forme de méditation intime, car ce film exige une concentration du public. Nous venons tous du silence et nous allons tous y retourner ; alors autant s’y habituer et s’y sentir bien. Qu’est-ce qui vous a autant attiré dans le livre de Shūsaku Endō ? J’ai été attiré — obsédé, devrais-je dire — par l’histoire qu’il raconte. Pour moi, il parle d’une manière extraordinaire de la façon d’accepter la spiritualité qui est en nous. Sa résonance est toute particulière de nos jours, alors que le monde rencontre de grands changements technologiques et que des faits horribles se déroulent. J’espère que cette histoire — donc le film — pourra ouvrir un dialogue en montrant que la spiritualité existe, puisque qu’elle est une part intégrante de notre humanité profonde. Vous avez porté ce projet

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8e Festival Lumière : On en sait (beaucoup) plus

ECRANS | Le voile est à présent levé sur la programmation du prochain festival, qui aura pour invitée centrale et Prix Lumière Catherine Deneuve du 8 au 16 octobre prochains.

Vincent Raymond | Mercredi 7 septembre 2016

8e Festival Lumière : On en sait (beaucoup) plus

Outre les annonces déjà effectuées en juin dernier (voir notre article : Prix Lumière 2016 : Catherine Deneuve), quelques jolies surprises viendront réjouir les amateurs de belles bobines… L’hommage à la Reine Catherine, Buster Keaton, Marcel Carné, la rétrospective consacrée au femmes à Hollywood ou à la réalisatrice Dorothy Arzner, on savait déjà. Tout comme l’invitation à Walter Hill (yeah !) ou à Jean-Loup Dabadie et la Nuit Bande de potes destinée à dérider un fond de l’air morose. Ce dont on ne se doutait pas, c’est qu’il y aurait encore des programmes complets qui pointerait le bout de leur nez ! À commencer par une sélection concoctée par un ancien Prix Lumière, Quentin Tarantino, qui a eu l’idée très habile de choisir des films portant le millésime 1970 — les associant pour certains en “double bill“ : Love Story, Deep End, L’Oiseau au plumage de cristal, La Dame dans l’auto avec des l

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Prix Lumière 2016 : Catherine Deneuve

Festival Lumière | Pour la première fois de sa jeune histoire, le Festival Lumière (étendu à neuf jours, du 8 au 16 octobre prochain) couronnera une reine, Catherine Deneuve.

Vincent Raymond | Lundi 20 juin 2016

Prix Lumière 2016 : Catherine Deneuve

Le voile a été levé sur les grandes lignes de la 8e édition du Festival Lumière et sur son invitée principale, la comédienne française Catherine Deneuve, qui se verra remettre le précieux Prix le 14 octobre prochain à la Salle 3000. Elle sera la seule des récipiendaires du Prix Lumière à n’avoir jamais réalisé de film. Mais faire figure d’exception n’aura rien pour lui déplaire : depuis plus d’un demi-siècle qu’elle trône au zénith du 7e art, l’actrice aux deux Césars a toujours cultivé son indépendance d’esprit — un sorte de chic bourgeois parfaitement libertaire qui la rend si fascinante. Égérie de Truffaut, après avoir été muse de Demy et de Polanski, inspiratrice absolue de Téchiné, sa filmographie est un paysage renversant d’intelligence et de continuité, allant de Buñuel et Chabrol à Bercot, en passant par Desplechin, Lars von Trier, Ozon et Cavalier. Sections spéciales Impossible pour le moment de connaître ni le nombre, ni les titres des films présentés (encore moins celui d’ouverture ; alors celui de clôture…). En revanche, les grandes rétrospectives ont été révélées. Poursuivant le travail accompli autour

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"The Neon Demon" : l'objet du désir

Critique | Retour en grâce pour NRW — c’est ainsi qu’il sigle son nom au générique — avec un conte initiatique : celui d’une gamine partant à la conquête du monde de la mode. Le récit d’une ambition dévorante et dévorée, à la superbe… superbe.

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

Comme une promesse, ou une métaphore de cette foire aux vanités qu’est l’industrie de la mode, la première séquence de The Neon Demon offre un condensé glaçant de sang, de flashes et de voyeurisme. Mais on aurait tort de se fier à ce que l’on a sous les yeux : derrière la splendeur et la perfection sans défaut de l’image ; derrière les surfaces lisses et les miroirs, tout est factice. La beauté pure n’existe pas, et lorsqu’elle surgit sous les traits de Jesse, elle est perçue comme une anomalie, une monstruosité dans cet empire des apparences et de l’illusion. Un élément discordant qui va se corrompre en pervertissant son entourage — la pomme cause-t-elle le ver, ou bien le ver détruit-il la pomme ; toujours est-il que la réunion des deux gâte l’ensemble. Talent haut Aux antipodes de la superficialité clinquante de l’ère des supermodels, et de sa foule de mondains papillonnant dans la lumière,

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Nicolas Winding Refn : « La créativité n’a aucune limite »

The Neon Demon | Revenu bredouille de Cannes, The Neon Demon avait pourtant tout pour plaire à George Miller : c’est un film d’horreur adolescent. Explications par ce pince-sans-rire élégant qu’est Nicolas Winding Refn.

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

Nicolas Winding Refn : « La créativité n’a aucune limite »

Pourquoi avoir jeté votre dévolu sur le milieu de la mode ? En fait, je ne l'ai pas choisi, je voulais faire un film sur la beauté. Tout le monde a un avis sur cette notion : soit pour la considérer comme étant dépourvue d’intérêt, soit comme étant une valeur absolue. Même si elle apparaît largement dans de nombreuses facettes de notre vie, c’est évidemment dans l'univers de la mode qu’elle est la plus célébrée. Nous vivons dans un monde totalement obnubilé par la beauté, elle est devenue une obsession artistique et générale. Cette “monnaie” n’a jamais été dévaluée, mais sa durée de vie devient de plus en plus éphémère et se récolte de plus en plus jeune. The Neon Demon n’est-il pas plus particulièrement un film sur l’intoxication par la beauté — ce qui, au passage, vous a fait encourir un risque de surdose en dirigeant Elle Fanning ? (rires) Il n’y aurait pas de film sans Elle, c’est sûr ! La diversité d’opinions qui existent sur ce thème est très intéressante. Les gens partent d

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Le Voyage d’Arlo

ECRANS | Après avoir conquis les esprits et les cœurs au printemps grâce à Vice-Versa, le studio Pixar sort son second film de l’année. Est-ce une si bonne nouvelle que cela ?

Vincent Raymond | Mardi 24 novembre 2015

Le Voyage d’Arlo

Comme il y a des années à treize lunes, 2015 aura donc été celle aux deux Pixar. Mais le calendrier se révèle aussi implacable que trompeur : sorti après Vice-Versa, Le Voyage d’Arlo aurait dû le précéder d’un an, si son réalisateur initial Bob Peterson n’avait pas été remercié et si, surtout, le projet avait été plus solide. Malgré, les changements d’équipes, les remaniements de scénario ; malgré, enfin la garantie de qualité théorique que constitue le label Pixar, c’est un film malade qui nous est donné à voir. Aussi bancal et minuscule que le héros-titre au sortir de son œuf immense et prometteur. Oh, la technique n’est pas en cause : la représentation des décors et de la nature frise la perfection… jusque dans ses imperfections ; quant à la relative laideur des personnages (ou, à tout le moins, leur graphisme sommaire, digne d’un patatoïde de classe maternelle), elle semble destinée à rappeler au spectateur qu’il se trouve bien devant un univers factice, un simulacre de monde, et non des prises de vues réelles. Le plus désolant en effet, c’est le manque de fluidité dans une narration faite de soubresauts et d’entrechocs ; l’extrême prévisibilité d

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Jean-Paul Belmondo à Lumière

ECRANS | Deux ans après l'hommage que lui a rendu par Quentin Tarantino en ouverture, Jean-Paul Belmondo fait son retour au festival Lumière. Il accompagnera (...)

Benjamin Mialot | Mardi 6 octobre 2015

Jean-Paul Belmondo à Lumière

Deux ans après l'hommage que lui a rendu par Quentin Tarantino en ouverture, Jean-Paul Belmondo fait son retour au festival Lumière. Il accompagnera son fils Paul mardi 13 octobre à 15h au Pathé Bellecour pour assister à la projection de Belmondo par Belmondo, le documentaire qu'il lui consacre avec le concours de Régis Mardon. Plus d'infos sur le film Billetterie

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Affichez-vous avec Nicolas Winding Refn

CONNAITRE | Lorsque que vous aurez découvert le hobby de Nicolas Winding Refn, vous ne serez plus étonné par la musique qu’il choisit pour habiller ses œuvres — ni par (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2015

Affichez-vous avec Nicolas Winding Refn

Lorsque que vous aurez découvert le hobby de Nicolas Winding Refn, vous ne serez plus étonné par la musique qu’il choisit pour habiller ses œuvres — ni par aucune d’entre-elles, d’ailleurs. Le réalisateur de Drive et de Pusher, qui pratique en effet les lumières hurlantes et les sonorités aussi tranchées que des sashimis par goût de l’authenticité référentielle, collectionne les affiches de films. Pas celles des chefs-d’œuvres du 7e art, à l’instar de Gaspar Noé ; plutôt les productions de seconde zone diffusées dans les salles interlopes : films de blaxploitation, érotiques ou sous-séries Z. Des affiches aux tons criards, aux slogans aguicheurs, généralement ornées de dames nues et de messieurs menaçants. Acquéreur d’un énorme lot auprès d’un autre collectionneur, le journaliste Jimmy McDonough, NWR (comme les initiés, appelez-le par ses initiales) a contemplé l’étendue de ses richesses et pris une sage décision : réunir dans un ouvrage 316 de ces réalisations graphiques. Contribution à l’histoire souterraine et déviante de la communication cinématograph

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Lumière 2015 : le mystère Desplat

ECRANS | Georges Delerue, Michel Legrand, Maurice Jarre, Gabriel Yared et désormais, Alexandre Desplat. Aussi prolifique que ses prestigieux aînés, le compositeur (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2015

Lumière 2015 : le mystère Desplat

Georges Delerue, Michel Legrand, Maurice Jarre, Gabriel Yared et désormais, Alexandre Desplat. Aussi prolifique que ses prestigieux aînés, le compositeur a enfin rejoint cette année le cercle fermé des Français récompensés pour leurs partitions à Hollywood, après 6 cérémonies infructueuses. C’est The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson qui lui a valu sa statuette… alors qu’il était également en lice avec Imitation Game de Morten Tyldum. Deux films rigoureusement différents, mais Desplat est coutumier du grand écart. Travaillant avec une égale facilité dans tous les styles, sans opérer de distinction pour les supports — il n’accorde pas moins d’attention à un téléfilm qu’à une superproduction — Desplat s’inscrit dans la fidélité, ajoutant volontiers de nouveaux noms à son palmarès. Compositeur attitré de Jacques Audiard et de Florent Emilio-Siri depuis toujours, il est devenu celui de Wes Anderson, de Polanski, de Matteo Garrone, de Clooney… Mais si chacun s’accorde à reconnaître à Desplat son talent, la richesse de ses arrangements et son incroyable polyvalence, le grand public serait bien en peine de siffloter l’u

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Lumière 2015 : au Ciné-Mourguet, vive la péloche !

ECRANS | En moins d’une décennie, la projection cinématographique a migré du support pellicule 35mm classique au numérique : désormais, les films arrivent dans les (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2015

Lumière 2015 : au Ciné-Mourguet, vive la péloche !

En moins d’une décennie, la projection cinématographique a migré du support pellicule 35mm classique au numérique : désormais, les films arrivent dans les salles sur des disques durs, et non plus sur bobines. Les exploitants n’ont eu d’autre choix que de s’adapter, donc de s’équiper — bénéficiant il est vrai d’aides professionnelles et territoriales. Dans la Métropole lyonnaise, tous les sites est désormais passé au numérique. Se défaisant au passage de ses archaïques projecteurs, faute de place, d’usage et de moyens. Tous ? Pas exactement : l’institut Lumière conserve naturellement, en sa qualité de musée vivant du cinéma, de quoi effectuer une projection à partir de n’importe quel source. Autre exception notable, le Ciné Mourguet de Sainte-Foy-lès-Lyon, bien connu pour sa Caravane des cinémas d’Afrique. Flambant neuf (il a été inauguré en septembre 2014), ce petit complexe a opté pour le double équipement dans ses deux salles, rachetant même un projecteur 35mm. Il faut préciser que, parmi les très nombreux bénévoles qui font vivre ce cinéma associatif classé art et essai, figurent d’authentiques passionnés de la pellicule, aptes à valoriser cette richesse.

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Lumière 2015 : qui êtes-vous, Larissa Chepitko ?

ECRANS | Qui êtes-vous Larissa Iefimovna Chepitko ? De vous, on ne sait presque rien ; à peine a-t-on déchiffré un jour votre nom figurant au palmarès de la Berlinale, (...)

Benjamin Mialot | Mardi 6 octobre 2015

Lumière 2015 : qui êtes-vous, Larissa Chepitko ?

Qui êtes-vous Larissa Iefimovna Chepitko ? De vous, on ne sait presque rien ; à peine a-t-on déchiffré un jour votre nom figurant au palmarès de la Berlinale, parmi les récipiendaires de l’Ours d’Or. On radote beaucoup sur Jane Campion et sa Palme en 1993, mais en 1977, vous étiez déjà la deuxième femme à recevoir la récompense suprême à Berlin. C’était pour L’Ascension, votre quatrième long métrage. Vous n’en ferez pas d’autre : un accident de voiture deux ans plus tard, alors que vous préparez votre film suivant, Les Adieux à Matiora, vous emporte en compagnie d’une partie de votre équipe de tournage. Vous n’avez que 41 ans. Vous n’aurez pas eu le temps d’accompagner l’évolution de l’URSS comme vous l’auriez souhaité ; de goûter à la Pérestroïka et à l’assouplissement du régime. En mourant pendant le règne de Brejnev, vous avez été statufiée dans l’oubli comme cinéaste soviétique. Et "soviétique", même si l'on est ukrainienne comme vous ; même si l’on a connu dans sa carrière, comme vous, les foudres de la censure, cela reste une tache indélébile. Cela vous politise à votre insu, vous marginalise. Ajoutez à cela

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Lumière 2015 : Scorsese, un cinéphile parmi nous

ECRANS | ​Proposer à un amateur de cinéma de faire escale au festival Lumière, c’est comme donner à un bec sucré l’opportunité de passer la nuit dans une pâtisserie. Et quand Martin Scorsese s’infiltre aux fourneaux, comment résister à la tentation de goûter à toutes les délices qu’il se propose de servir ? Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2015

Lumière 2015 : Scorsese, un cinéphile parmi nous

Même si le festival Lumière ne débute que le lundi 12 octobre, Martin Scorsese est déjà parmi nous. Sur les murs, les abribus, les vitrines et surtout, dans les esprits. D’aucuns attribuent sa venue en terres lyonnaises à la proximité de l’hommage que lui consacre la Cinémathèque française (dès le 14 octobre). On mettra volontiers cette conjonction sur le compte du hasard : même s’il ne fait pas son âge, Scorsese est désormais entré dans une période de sa vie où se succèdent les honneurs et les life achievements. Lui qui, pendant des lustres, a attendu qu’on lui remette son Oscar (c’était en 2007), parcourt aujourd’hui la planète de musées en célébrations — le MoMa de New York achève en ce moment même une exposition-rétrospective présentant une partie de sa collection personnelle d’affiches. Cela, bien évidemment, sans que Marty ne cesse de tourner. Ni de voir des films : s’il exerce depuis près d’un demi-siècle son métier de cinéaste, il n’a certes pas abandonné sa carrière de cinéphile, engagée une quinzaine d’années plus tôt. Un comble pour cet homme qui a renoncé à la prêtrise : Scorsese semble entré en cinéphili

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La rentrée de l'Institut Lumière

ECRANS | Frappé par la perte de son historien maison Raymond Chirat fin août, l'institut Lumière trompe son deuil en s'investissant sur tous les fronts. La frénésie scorsesienne semble contagieuse…

Vincent Raymond | Mardi 1 septembre 2015

La rentrée de l'Institut Lumière

La rentrée s’est déjà effectuée rue du Premier-Film. Tristement, d'abord, avec la disparition de l'une des mémoires des lieux ; l'un de ceux qui, avec Bernard Chardère, avaient milité pour que Lyon se dote, à l'endroit où le 7e art était né, d'une institution cinématographique digne de ce nom. Cruelle ironie du sort : Raymond Chirat est mort la veille de la soirée de reprise de saison. Une saison ne célébrant plus d'énigmatique chiffre moyennement rond (les 120 ans de l'invention du Cinématographe, à l'instar de la Maison Gaumont), mais qui s'annonce conquérante sur le site historique, comme hors les murs. Dans la ligne de mire, le Festival Lumière (du 12 au 18 octobre) avec un hommage à Pixar, une Nuit de la Peur et le Prix Lumière décerné au cinéaste Martin Scorsese. Pour réviser son œuvre récente, les quatre films qu’il a tournés avec sa nouvelle muse Leonardo DiCaprio (Aviator, Les Infiltrés, Shutter Island et Le Loup de Wall Street) seront projetés en septembre. La salle du Hangar accueillera également Costa-Gavras à l’occasion d’une jolie rétrospective (le grand Const

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La Révolution Pixar

ECRANS | Vice-versa, chef-d’œuvre absolu signé Pete Docter, est un nouveau cap pour la révolution initiée depuis vingt ans par les studios Pixar dans le cinéma d’animation. Ou comment une bande de geeks sont venus bousculer le monstre Disney, qui n’est pas parvenu à tuer leur créativité. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

La Révolution Pixar

«Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?». On ne sait pas si John Lasseter et ses camarades des studios Pixar ont lu Lamartine, mais ils auraient pu graver cette fameuse citation au frontispice de leurs bureaux. Au moins en ont-ils donné une version 2.0 à travers leur mythique logo : une lampe fait des bonds comme à pieds joints, lançant des œillades de lumière au spectateur avant d’aller écraser et remplacer le i de Pixar. L’objet doté de personnalité, de vie et d’humour : un véritable credo à la source de leurs premiers travaux, mais aussi l’amorce de la révolution Pixar. C’est d’abord un pied-de-nez à la tradition Disney : là où la firme du haut château s’intéressait avant tout aux héros des contes classiques — de Blanche-neige à Pinocchio — et à l’humanisation des animaux — Bambi, Dumbo, la centaine de dalmatiens ou encore les Aristochats — Pixar choisit de laisser la figure humaine dans l’ombre et ne se consacre à nos amis les bêtes que si celles-ci lui autorisent un changement radical d’échelle. Avec les deux Toy Story et Mille et une pattes, réalisés par le grand manitou John Lasseter (épaulé par le non moins influent Andre

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Vice-versa

ECRANS | Les studios Pixar et Pete Docter donnent une singulière lecture de ce que l’on appelle un film-cerveau en plongeant dans la tête d’une fillette de onze ans pour suivre les aventures de… ses émotions ! Aussi ambitieux qu’intelligent, drôle, émouvant et exaltant, voici une date majeure dans l’histoire du cinéma d’animation. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

Vice-versa

Vice-versa tombe à pic pour rappeler deux choses essentielles : d’abord, que les studios Pixar sont de grands aventuriers du cinéma, des pionniers qui ne se reposent pas sur leurs lauriers et semblent se nourrir de défis toujours plus ambitieux. Il a fallu huit ans au génial Pete Docter, déjà auteur de Monstres et compagnie et de Là-haut, pour venir à bout de Vice-versa ; on comprend à sa vision à quel point tous les projets montés par le studio entre temps n’étaient que des récréations — parfois formidables comme Toy Story 3 ou Rebelle, parfois décevantes comme les suites de Cars et de Monstres et Compagnie — en attendant d’accoucher de cette œuvre majeure. Deuxième rappel : le cinéma d’animation n’est pas, comme trop de productions Dreamworks ou Disney récentes ont eu tendance à l’affirmer, une recette commerciale visant à séduire les bambins

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Cannes 2015, jour 6. Et Pixar fût…

ECRANS | "Vice Versa" de Pete Docter

Christophe Chabert | Mercredi 20 mai 2015

Cannes 2015, jour 6. Et Pixar fût…

Lundi matin, 11h. Alors que commençait la deuxième moitié du festival sous le signe d’interrogations diverses et variées résumables en : «Est-ce que c’est un bon cru, cette édition 2015 ?», la lumière est apparue sur l’écran du Théâtre Lumière, et tout a soudain été bouleversé. Nous en premier, en sanglots durant les quinze dernières minutes du film, puis systématiquement lorsqu’on l’évoquait aux gens qui ne l’avaient pas encore vu ; mais aussi l’ordre d’un festival qui, jusque-là, manquait singulièrement de hiérarchie. La lumière, c’est celle de Vice Versa (Inside Out) de Pete Docter, dernier-né des studios Pixar, et c’est peu de dire qu’il s’agit d’un événement considérable, un classique instantané du cinéma et une date dans l’histoire de l’animation. Surtout, c’est le genre de choc dont on ne se remet pas, une projection qui restera à jamais gravée dans nos mémoires, petite bille bleue et jaune stockée quelque part au fond de notre conscience que des mains agiles iront régulièrement ressortir pour nous refoutre le frisson, les larmes aux yeux et le sourire aux lèvres. Car ce que raconte Vice Versa, dans un élan méta-phys

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"Raging bull", la passion du christ-boxeur

ECRANS | Après dix ans à se chercher des anti-héros dans les marges de la société, le cinéma américain entamait les années 80 en poussant un cran plus (trop ?) loin les (...)

Christophe Chabert | Mardi 3 juin 2014

Après dix ans à se chercher des anti-héros dans les marges de la société, le cinéma américain entamait les années 80 en poussant un cran plus (trop ?) loin les choses, inventant une poignée de flamboyants héros négatifs. Orgueilleux, aveugles, bêtes, cyniques ou tout cela en même temps, ils hantent des œuvres aussi essentielles que La Porte du paradis de Cimino ou Scarface de De Palma. De tous, Jake La Motta est sans doute le plus retors : ce boxeur, qui fut un des rares blancs à aller décrocher un titre de champion du monde au nez et à la barbe de ses adversaires blacks, était dans le privé un monstre paranoïaque, jaloux et profondément égocentrique, ce qui le conduira à une suite de choix désastreux qui ruineront sa carrière et sa famille avant de l’envoyer faire un petit tour en taule. Dans Raging Bull, sous la caméra de Scorsese — et dans la peau extensible d’un De Niro plus vrai que nature — la vie de La Motta devient une passion christique, manière habile de contourner les écueils de la bio filmée — pas aussi en vogue à l’époque

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Le Loup de Wall Street

ECRANS | La vie de Jordan Belfort, courtier en bourse obsédé par les putes, la coke et surtout l’argent, permet à Martin Scorsese de plonger le spectateur trois heures durant en apnée dans l’enfer du capitalisme, pour une fresque verhovenienne hallucinée et résolument burlesque, qui permet à Di Caprio de se transcender. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 27 décembre 2013

Le Loup de Wall Street

«Greed is good». C’était la maxime de Gordon Gecko / Michael Douglas dans le Wall Street d’Oliver Stone. Un film de dénonce balourd qui a eu pour incidence contre-productive de transformer Gecko en héros d’une meute d’abrutis cocaïnés et irresponsables, trop heureux de se trouver un modèle ou un miroir selon le degré d’avancement de leur ambition. Jordan Belfort, auquel Martin Scorsese consacre cette bio filmée de trois heures et à qui Leonardo Di Caprio prête ses traits, est de cette génération-là, celle qui a eu Gecko pour modèle et son slogan comme obsession. Le film, passé son prologue provocateur — grosse bagnole et coke à même l’anus d’une prostituée — attrape d’ailleurs son héros dans un instant paradoxal : le lundi noir de 1989 où, alors qu’il s’apprête à concrétiser son rêve et devenir courtier à Wall Street, la bourse plonge et avec elle une partie de l’économie mondiale. Faux départ, retour à zéro : l’itinéraire de Jordan Belfort s’édifie sur un moment de purge financière supposée assainir le système et qui ne fait que préparer l’avènement d’une corruption plus grande encore, par de jeunes loups ayant tiré les leçons du passé… L’important, ma

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Jackie Brown pour accompagner le Prix Lumière à Tarantino - Actualisée

ECRANS | C’est finalement Jackie Brown, troisième film de Quentin Tarantino, adapté du regretté Elmore Leonard et qui réunissait la star de la blaxploitation Pam (...)

Christophe Chabert | Mercredi 18 septembre 2013

Jackie Brown pour accompagner le Prix Lumière à Tarantino - Actualisée

C’est finalement Jackie Brown, troisième film de Quentin Tarantino, adapté du regretté Elmore Leonard et qui réunissait la star de la blaxploitation Pam Grier, le fidèle Samuel L. Jackson mais aussi Robert De Niro, Bridget Fonda, Michael Keaton et Robert Forster, qui sera projeté le vendredi 18 octobre à l’Amphithéâtre-Centre de Congrès de Lyon, pour accompagner la remise du Prix Lumière à son réalisateur. La soirée commencera à 19h45 par la remise du Prix et la projection aura lieu à 21h30 après une entracte. La billetterie, ouverte ce jeudi à 13h, a été littéralement prise d'assaut, si bien que toutes les places sont parties en quelques heures ! Le festival annonce toutefois que quelques unes seront sans doute remises en vente le soir-même à l'Amphithéâtre.

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Monstres Academy

ECRANS | Déception pour le nouveau Pixar : la greffe entre l’univers de "Monstres et Cie" et celle du film de campus ne prend qu’à moitié, et le scénario paraît bien attendu par rapport à celui du précédent "Rebelle". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Dimanche 7 juillet 2013

Monstres Academy

On se souvient avec émotion de Monstres et Cie, peut-être le film qui a fait basculer Pixar dans la cour des grands. L’allégorie sur l’entertainment hollywoodien s’y déployait à travers un récit mené tambour battant et passant par toutes les émotions possibles — la moindre des choses pour un film où le carburant était justement une émotion, en l’occurrence la peur. Plutôt que de lui donner une suite, le studio a choisi de retourner aux origines de ses héros et de greffer l’univers des terreurs d’élite sur celui du teen movie. Sully et Bob "retournent" donc à l’université, avec un antagonisme fort : le premier n’est que le descendant un peu glandeur d’une légende de l’effroi, le deuxième est un gringalet qui veut réussir malgré ses maigres atouts et met toute son énergie dans un bachotage effréné. Le campus est à peine différent de ceux qui forment l’ordinaire du cinéma adolescent américain : des nerds et des bullies, des confréries et des soirées entre étudiants… C’est la première déception du film : plutôt que de renouveler les code

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Only God forgives

ECRANS | Nicolas Winding Refn rate le virage post-Drive avec ce film vaniteux qui ressemble à l’œuvre d’un chef décorateur surdoué cherchant sans y parvenir quelque chose à raconter. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 22 mai 2013

Only God forgives

Quand on avait découvert Drive, Nicolas Winding Refn n’était plus un inconnu : la trilogie Pusher et le génial Bronson avaient déjà montré l’étendue de son talent et de ses ambitions. Si surprise il y avait, c’était celle d’un cinéaste qui synthétisait dans une forme pop et romantique un creuset d’influences et de codes qu’il arrivait à régénérer. Avec Only God forgives, Winding Refn tombe dans son propre maniérisme et ce qui hier relevait du plaisir se transforme ici en effort désespéré pour faire autre chose que de l’imagerie pure et simple. L’argument, en soi, n’est pas plus original que celui de Drive : en Thaïlande, deux frères vivotent entre matchs de boxe et trafics de drogue. Le plus âgé, dans un coup de folie, tue une prostituée, avant d’être à son tour massacré par le père éploré, poussé dans son geste par un flic sadique adepte du karaoké. Débarque alors la maman de la fratrie, qui va pousser le frangin survivant à accomplir sa vengeance. Destockage à Bangkok Passons sur le sous-texte

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Road Mover

MUSIQUES | Sorti d'une hype assez discrète par le succès planétaire de son "Nightcall" en ouverture du "Drive" de Nicolas Winding Refn, le Parisien Kavinsky poursuit pied au plancher avec l'album "Outrun", bande-son rétro-futuriste des pires et meilleurs fantasmes d'excès de vitesse. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 19 avril 2013

Road Mover

2'43''. C'est le temps qu'il aura fallu à Kavinsky pour devenir culte. Soit la durée du générique de Drive de Nicolas Winding Refn. Dans toutes les salles, la même réaction, renforcée par l'incroyable concordance de la musique et de l'image léchée du réalisateur danois : «qu'est-ce que c'est que ce truc ?!». Ce truc c'était Nightcall, passé relativement inaperçu deux ans plus tôt, lors de sa sortie en maxi, – le "relativement" est important, car avant cela, Kavinsky avait tout de même tourné avec Daft Punk et SebastiAn sur la fois de quelques EPs. Cette petite merveille de rétro-futurisme 80's où Lovefoxx (CSS) dialogue avec ce qui semble être la «Chose» de John Carpenter sous le patronage libidineux de Giorgio Moroder, devenait d'un coup le morceau sur lequel, effectivement, on voulait conduire pendant des heures. Cela tombe bien puisque Kavinsky, né Vincent Borgeley, ne compose que des musiques à se taper des crampes aux mollets et des crises d'épilep

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Lumière, clap de début

ECRANS | Ce lundi, le festival Lumière démarre à la Halle Tony Garnier avec sa rituelle soirée d’ouverture pleine de "stâââârs" qui monteront sur scène pour en donner le (...)

Christophe Chabert | Jeudi 4 octobre 2012

Lumière, clap de début

Ce lundi, le festival Lumière démarre à la Halle Tony Garnier avec sa rituelle soirée d’ouverture pleine de "stâââârs" qui monteront sur scène pour en donner le coup d’envoi. OK. Mais il y aura aussi au cours de cette soirée un grand film et un grand cinéaste à l’honneur, ce qui est quand même l’essentiel pour un festival qui s’intéresse au patrimoine cinématographique. En l’occurrence Jerry Schatzberg et son Épouvantail daté 1973, parfait résumé de ce Nouvel Hollywood qui s’intéressait aux outsiders de l’Amérique et les emmenait sur les routes pour des trajets autant physiques qu’existentiels. Au centre, le tandem Hackman/Pacino, l’un jovial, l’autre torturé, soit une certaine idée de la perfection dans le jeu. La mise en scène de Schatzberg capte leur énergie entre désir de classicisme (le Scope, les grands espaces) et modernité (un fabuleux travail de déconstruction sonore et visuelle qu’il avait déjà expérimenté dans Portrait d’une enfant déchue, son premier film). Le lendemain, c’est bombance avec le début des grandes rétros

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Alice au pays des mères vieilles

ECRANS | Trésor caché dans la filmographie de Martin Scorsese, "Alice n’est plus ici" est de retour sur les écrans, et il ne faut pas louper ce conte réaliste aux accents country folk, sans doute le film le plus estampillé Nouvel Hollywood du réalisateur de "Raging Bull". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 21 septembre 2012

Alice au pays des mères vieilles

Écran carré, technicolor, décor de studio à la facticité étudiée, costumes aux étoffes chamarrées, musique toute de cordes lyriques : la première scène d’Alice n’est plus ici ressemble à un sample tiré d’un mélodrame des années 50, quelque part entre Minnelli et Michael Powell. C’est le fantasme d’Alice enfant, que le monde ressemble à une féerie hollywoodienne, un conte aux couleurs sucrées où les rêves de petites filles deviennent réalité. Rupture. L’écran s’allonge de quelques mètres, les couleurs se font ternes, la musique vire au groove funky, et la petite maison sur la colline typiquement américaine s’est transformée en bicoque branlante aux murs défraîchis. C’est le quotidien d’Alice (Ellen Burstyn), avec un gamin capricieux, un mari fatigué par un travail abrutissant, et pas grand-chose d’autre à faire que le ménage et la cuisine. En un clin d’œil, Martin Scorsese fait basculer son film de l’Eden perdu du cinéma classique au réalisme sans fard du Nouvel Hollywood. Alice n’est plus ici est l’œuvre où ce changement de paradigme s’exprime ouvertement, même si Scorsese crée au fil du récit un dialogue beaucoup plus subtil que ce contraste de départ

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Lumière est un long film fleuve tranquille

ECRANS | Plus éclatée que lors des éditions précédentes, la programmation de Lumière 2012 ménagera films monstres, raretés, classiques restaurés, muets en musique et invités de marque. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 6 septembre 2012

Lumière est un long film fleuve tranquille

Elle aura tardé à arriver, mais la voici, presque définitive — manquent encore le film d’ouverture et le film choisi pour la remise du Prix Lumière à Ken Loach : la programmation du festival Lumière 2012. Autant dire tout de suite que par rapport à ce qui avait été annoncé en juin, beaucoup de choses ont changé ou se sont affinées : ainsi, la rétro Ken Loach se concentrera sur la deuxième partie de sa carrière, de Raining stones à Route Irish, avec en guise de curiosité le téléfilm Cathy Come Home. En revanche, plus de traces des raretés du cinéma américain des années 70, remplacées par l’intégrale de la saga Baby Cart, fameux sérial cinématographique hongkongais avec son samouraï promenant un bébé dans une poussette. Six films qui auront droit à une journée de projection au Cinéma opéra, ce qui marque d’ailleurs une des tendances du festival cette année : les marathons cinématographiques. Que ce soient les quinze heures de The Story of film (documentaire monstre sur l’histoire du cinéma), les 4h15 d’Il était une fois en Amérique dans sa versio

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Rebelle

ECRANS | Mais qui arrêtera les studios Pixar ? Leur retour à une histoire originale après deux prolongations de franchises maison donne lieu à une pure merveille, chef-d’œuvre scénaristique et leçon de mise en scène animée. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Samedi 4 août 2012

Rebelle

Il était une fois une princesse écossaise qui rêvait de prendre les armes et de changer son destin, ne plus être la femme promise à un mariage de compromis pour préserver le Royaume des divisions claniques mais se transformer en aventurière romanesque. Cet argument a tous les atours d’un standard Disney, un genre de Raiponce en plus rugueux et féministe. Mais Rebelle est une production Pixar qui, une fois encore, taille des croupières à tous ses concurrents dans l’animation contemporaine. On a pu aimer les progrès effectués chez Dreamworks ou saluer un exploit du côté de l’hexagone (l’excellent Ernest et Célestine, à sortir en décembre) ; mais il faut le reconnaître : Pixar rappelle chaque été qui est le patron, que ce soit en transformant sa franchise la plus populaire en réflexion sombre sur la Shoah (Toy story 3) ou, comme ici, en se lançant dans une histoire originale qui, ce n’est pas la moindre de ses qualités, s’avère VRAIMENT originale. Peau d’ours Qu’on se le dise, Rebelle est un chef-d’œuvre de scénario. Son premier acte, qui s’achève sur le concours des prétendants et le refus de la belle Merida de

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Ken Loach : un Prix Lumière en rouge et noir

ECRANS | Après trois semaines de suspense, c’est finalement le réalisateur anglais, chef de file d’un cinéma social plus noué qu’on ne le croit, qui se verra décerner le quatrième Prix Lumière en octobre prochain. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 12 juillet 2012

Ken Loach : un Prix Lumière en rouge et noir

Les rumeurs laissaient entendre que le quatrième lauréat du Prix Lumière serait à chercher du côté des États-Unis. Surprise : c’est finalement un nouveau cinéaste européen qui fait figure d’heureux élu, puisqu’il s’agit du Britannique Ken Loach, 76 ans en juin dernier, et une filmographie imposante d’une trentaine de longs-métrages, dont la production s’est accélérée à l’aube des années 90, sans doute sa période la plus incontestablement passionnante. Loach démarre, comme beaucoup de ses compatriotes cinéastes à l’époque (Frears, Mike Leigh…) à la télévision, avant de franchir le cap du grand écran en 1967 avec Poor cow (Pas de larmes pour Joy), beau mélodrame avec un formidable Terence Stamp. Dès ce premier film, Loach, à travers un réalisme synchrone avec les nouvelles vagues qui naissent un peu partout dans le monde, s’intéresse aux classes populaires anglaises et à leurs difficultés d’existence, même si le film cherche aussi à capter l’élan amoureux de la jeunesse dans un mouvement pop typique de l’Angleterre sixties. Deux ans plus tard, Kes propulse Loach dans la cour des grands. Le film e

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Hugo Cabret

ECRANS | Sous couvert d’un conte familial aux accents dickensiens, Martin Scorsese signe une œuvre ambitieuse et intemporelle, où il s’empare de la 3D pour redonner vie au cinéma des origines et à un de ses maîtres, Georges Méliès. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Mercredi 7 décembre 2011

Hugo Cabret

Dans la première partie d’Hugo Cabret, le jeune orphelin Hugo délaisse un temps les horloges de la Gare Montparnasse pour emmener sa nouvelle amie Isabelle au cinéma. Elle n’y est jamais allée, son père — qu’elle appelle Papa Georges — vouant une haine inexplicable envers ses images en mouvement. Dans cette salle obscure où les deux gamins sont rentrés clandestinement, on diffuse Monte là-dessus, avec Harold Lloyd suspendu dans le vide se retenant aux aiguilles d’une immense pendule. Ce parallèle entre les activités d’Hugo et la fiction qu’il regarde n’est pas ce qui intéresse la mise en scène de Martin Scorsese. En effet, le cinéaste ne cherche pas la rime mais le contraste. Car si l’image du film dans le film reste obstinément dans sa 2D originelle, celle des deux enfants face à lui est en 3D, et les rayons lumineux du projecteur découpent à la perfection leurs silhouettes avant de se jeter hors de l’écran vers le spectateur, à son tour émerveillé. En quelques plans, Scorsese trace un pont fulgurant entre l’image cinématographique des débuts du XXe siècle, muette, en noir et blanc, plate mais véhiculant l’émotion naïve des films pionniers, et celle, colorée,

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Drive

ECRANS | Déjà remarqué avec la trilogie Pusher et le brillant Bronson, Nicolas Winding Refn s’empare d’un polar de série B trouvé par son acteur Ryan Gosling et le transforme en magnifique geste de mise en scène, jouissif d’un bout à l’autre, remettant au goût du jour les élans pop du cinéma des années 80. Christophe Chabert

François Cau | Mercredi 28 septembre 2011

Drive

Dix minutes chrono. Il suffit de dix minutes pour que Nicolas Winding Refn fasse battre notre pouls au rythme de son nouveau film. Dix minutes chrono, c’est le temps (réel) que met un mystérieux chauffeur sans nom (Ryan Gosling) pour conduire une poignée de voyous masqués et les aidés à accomplir un casse parfait, sans accroc ni violence. La méticulosité du personnage, sa science de la route, des distances, du temps qu’il faut à une voiture de police pour arriver sur les lieux du crime, fusionne avec celle du cinéaste, expert en fluidité cinématographique qui se paye le luxe de souligner son art en laissant bourdonner un beat techno métronomique et hypnotique sur la bande-son, au diapason de son découpage et de son montage. Au terme de cette introduction étourdissante, on a redécouvert le sens du mot virtuosité, ce bonheur de se laisser absorber dans un spectacle jouissif. Sexy beast À vrai dire, on ne se hasardera pas à louer les qualités scénaristiques de Drive. On peut même dire que le script n’a rien de renversant, et qu’entre de mauvaises mains, il aurait pu donner une série B anodine qui aurait fini sa route directement dans les bacs DVD. Le

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Cannes jour 10 : Bonne conduite

ECRANS | Drive de Nicolas Winding Refn. This must be the place de Paolo Sorrentino.

Dorotée Aznar | Samedi 21 mai 2011

Cannes jour 10 : Bonne conduite

Dans la dernière ligne droite du festival, celle où l’on risque à tout instant la sortie de route, les organisateurs de ce Cannes 2011 ont eu la bonne idée de programmer un film qui s’appelle Drive. C'est logique et bienvenu, car le nouveau Nicolas Winding Refn, qu'on l'aime ou pas, a fait l'effet d'un shoot de red bull sur les festivaliers. Le cinéaste danois avait tenté une première fois l'aventure hollywoodienne avec Inside job (rien à voir avec le docu coup de poing sorti l'an dernier), dont l'échec public et critique l'ont renvoyé direct et la rage au cœur vers son pays natal. Depuis, entre la fin de sa trilogie Pusher, l'incroyable Bronson et le très personnel Valhalla Rising, Winding Refn est devenu un des cinéastes qui compte dans le paysage mondial. Mais Drive n'a rien d'un film personnel, c'est une commande ouvertement commerciale qu'il a reprise au pied levé et sur laquelle il a pu déverser sa cinéphilie et son incontestable talent de metteur en scène. On y suit un cascadeur de cinéma qui, la nuit tombée, devient chauffeur pour des hold-ups millimétrés. Un super-héros à l'enve

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Toy story 3

ECRANS | C’est une habitude dont on ne se lasse pas : Pixar domine cette année encore les débats en matière de divertissement intelligent, avec ce troisième volet des aventures de Woody et Buzz l’éclair qui propose une allégorie enlevée sur le temps qui passe. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Dimanche 11 juillet 2010

Toy story 3

Dix ans ont passé depuis le deuxième "Toy story". Les studios Pixar ne cherchent pas à cacher cette longue absence : ils en font le point de départ du troisième volet. Andy n’est plus un gamin, c’est un adolescent qui s’apprête à quitter le domicile familial pour aller à la fac. Que va-t-il faire de ses jouets, déjà réduits à s’inventer des films d’action improbables au fond d’une malle en osier ? Au grenier, à la poubelle ou dans une garderie voisine ? Le temps a passé et "Toy story" en fait donc son enjeu souterrain. La vieillesse, qui était déjà le sujet de "Là-haut", est ici traitée sur un mode plus allégorique que mélancolique. Pour Woody, Buzz l’éclair et leurs copains, il ne s’agit pas de rester jeunes, mais de gérer cette éternelle jeunesse en se trouvant un territoire plus accueillant. Ce sera donc Sunnyside, une garderie qui fait d’abord figure de paradis, avant de révéler un piège terrible en forme d’enfer carcéral, les jouets s’y étant organisés en castes, avec ses dominants et ses dominés. Le shérif est en prison Pixar nous a habitué au fil des années à ces multiples et passionnants niveaux de lectures ; mais on n

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«Une atmosphère de film noir»

ECRANS | Entretien / Martin Scorsese, réalisateur de "Shutter island". Propos recueillis par CC

Christophe Chabert | Mardi 16 février 2010

«Une atmosphère de film noir»

Adaptation «J’ai d’abord lu le scénario de Laeta Kalogridis, et j’ai été très ému par l’histoire de Teddy Daniels, mais aussi surpris par les différents niveaux du récit. En l’espace de deux jours, j’ai relu le scénario, puis le livre de Dennis Lehane. Cela n’a fait que confirmer mon sentiment : cette adaptation était un véritable défi». Références«"Titicut follies" de Frédérick Wiseman est la référence-clé du film. Je l’ai montré à toute l’équipe pendant la préparation, et le docteur Gallagher, un des médecins du film, est devenu notre conseiller principal pour "Shutter island". L’autre film important sur la folie, c’est "Shock corridor" de Samuel Fuller. Mais c’est un tel classique que l’on ne peut que l’évoquer comme un mantra, en espérant que notre film sera aussi bon… Par ailleurs, mes souvenirs des années 50 sont ceux d’une époque gouvernée par la paranoïa. Enfant, j’avais peur de mourir dans l’explosion de la bombe atomique. C’était une atmosphère de film noir, comme celles des films que j’ai projetés pendant le tournage». Di Caprio«Après "Les Infiltrés

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Le Dj Scorsese se met au contemporain…

MUSIQUES | Musique / Lors des premiers plans de Shutter Island, on entend un bruit de cornes de brume assourdies accompagnant l’arrivée du bateau sur l’île. Ce n’est (...)

Christophe Chabert | Mardi 16 février 2010

Le Dj Scorsese se met au contemporain…

Musique / Lors des premiers plans de Shutter Island, on entend un bruit de cornes de brume assourdies accompagnant l’arrivée du bateau sur l’île. Ce n’est pas du sound design, mais les premières notes du thème d’ouverture de l’extraordinaire musique concoctée pour le film par Scorsese et son superviseur musical, Robbie Robertson, mythique guitariste de The Band. Plutôt que d’écrire un score traditionnel, Scorsese lui a demandé de rassembler plusieurs morceaux existants, d’en isoler certaines parties et de créer un nouveau morceau à partir de ces éléments. Un vaste copier-coller qui évoque le travail mené par 2Many Dj’s, mais qui s’en éloigne aussi radicalement puisque les tubes en question sont ceux des grands compositeurs de musique contemporaine : John Adams, Giorgi Ligeti, Krzysztof Penderecki, Max Richter ou Nam June Paik. On voit ici un raccord supplémentaire entre Shutter island et Shining, qui piochait déjà dans le répertoire contemporain pour créer sa bande-son tétanisante. Mais Scorsese utilise aussi la musique comme un commentaire parfois très fin de l’action. On ne s’en rend pleinement compte qu’à l’écoute de la bande originale du film, qui «déplie»

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Shutter Island

ECRANS | Cinéma / Avec "Shutter Island", Martin Scorsese adapte le thriller de Dennis Lehane, retrouve Leonardo Di Caprio et confirme son nouveau statut, unique à Hollywood, de cinéaste de studio personnel et audacieux. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 février 2010

Shutter Island

La brume se lève sur Shutter island, un matin de 1954. Un bateau s’apprête à accoster avec à son bord deux détectives, Teddy Daniels et Chuck Aule, appelés pour une enquête mystérieuse : sur cette île au large de Boston où l’on soigne des criminels atteints de déficience mentale, une des patientes, Rachel Solando, a disparu sans explication. Au fil de sa plongée dans l’univers fermé et oppressant de Shutter island, Teddy Daniels va voir ressurgir les traumas de son passé : ses années de soldat pendant la Deuxième Guerre mondiale où il participa à l’ouverture du camp de Dachau, puis la mort de sa femme et de ses enfants… Le dernier film de Martin Scorsese suit ainsi avec fidélité les méandres du roman éponyme de Dennis Lehane, et ce jusqu’à son twist final. Autant dire tout de suite que les lecteurs du bouquin en seront quitte pour l’effet de surprise ; étrangement, ceux qui ne le connaissent pas risquent aussi de deviner assez vite le pourquoi du comment tant Scorsese, cinéaste tout sauf roublard, se refuse à perdre le spectateur dans un labyrinthe de fausses pistes. De plus, cette transposition cinématographique fait surgir, par un effet de calque, ce qui était sans do

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Bronson

ECRANS | Avec un acteur principal habité et de circonvolutions esthétiques incroyablement maîtrisées, Nicolas Winding Refn nous démontre avec brio que oui, une biographie filmée peut avoir un point de vue dans sa mise en scène. François Cau

Dorotée Aznar | Jeudi 9 juillet 2009

Bronson

Le monologue introductif impose illico le personnage comme son traitement cinématographique. Toute sa vie, Michael Peterson a voulu devenir célèbre. C’est donc en habit de clown blanc qu’il vient commenter à son public imaginaire les différentes étapes de son existence, avec une causticité des plus bourrines. Le braquage minable d’un bureau de poste, les années d’incarcération, ses coups d’éclat derrière les barreaux, l’interlude saisissant en hôpital psychiatrique, les émeutes et autres prises d’otages, sa courte libération (69 jours avant de retourner à l’ombre), son changement de patronyme lors de combats clandestins, l’enfer des cellules d’isolement… Bronson est une brute, une force de la nature conchiant toute forme d’autorité, aux motivations mal dégrossies, dont Nicolas Winding Refn livre sa propre vision kaléidoscopique. Le réalisateur ne propose aucune justification à la violence de ses actes, ne cède jamais à une empathie complaisante, mais crée un dispositif cinématographique complexe, puissamment sensoriel, un marabout-de-ficelle visuel dont le seul lien n’est autre que ce colosse imprévisible. Grande évasion Bien

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