"Vision" brandit l'étendard du rap underground

Documentaire | Par nous, et pour nous. Tel est le crédo de Vision, documentaire mais pas que — c'est aussi une mixtape —, conçu par Maxence Vacher et Cyril Giet, qui veulent mettre en lumière la scène rap lyonnaise. Sur YouTube dès maintenant.

Lola Mison | Jeudi 22 octobre 2020

Photo : © Mona Bonetto


Les prémices de ce projet viennent d'un constat : la scène rap locale n'est pas assez soudée, ni mise en avant. Maxence Vacher, vidéaste plus connu sous le nom d'Amax.mp4 et Cyril Giet, beatmaker aka High Teig, habitués à travailler ensemble depuis quelques années, ont donc décidé d'y remédier. Leur volonté : créer des rencontres parmi les différents acteurs de l'industrie du rap lyonnais et faire découvrir ces artistes au public. Maxence explique ainsi la démarche : « on n'a pas envie de se considérer comme média, même si on va créer du contenu qui peut s'apparenter à du journalisme. On veut juste être des créateurs, qui choisissent ce qu'ils font et avec qui. Le plus de Vision, c'est que nous en sommes à l'origine, on est super libres sur notre proposition artistique : on ne répond pas à la demande d'un client. »

Mazoo

Le premier volet, tout juste paru, est composé d'un documentaire et d'une mixtape. Pendant plus d'un an, Amax.mp4 et High Teig ont suivi une quinzaine d'artistes lyonnais dans leurs différentes étapes de création artistique et musicale : l'écriture, le choix de l'instrumental, les sessions studio ou encore la réalisation de leur clip. Parmi eux, on peut retrouver Mazoo, Ocho Punch, Asura, Egzagone... High Teig a produit toutes les tracks du documentaire et les instrumentaux de la mixtape, Amax.mp4 s'occupant des images et de tous les clips.

Maxence raconte comment l'idée du documentaire leur est venue : « à la base, on voulait juste faire une mixtape clipée par Cyril et moi, sans gros enjeux derrière, pour kiffer. Et avec le temps, ça a pris de l'importance, il y a eu le docu, des bonus ; on s'est dit que Vision, c'était plus que ce projet initial. On aimerait faire monter tous ces artistes, tout ce mouvement, par nous-mêmes — pas avec des gens qui s'y intéressent comme les gros médias mainstream, sans connaitre ou même essayer de connaître. »

Ultra underground

Comme l'expliquent les artistes présents dans le documentaire, « avoir la vision », c'est suivre ses envies et propager ses idées. S'écouter. Et surtout, créer ce que l'on veut, avec les moyens du bord. Ce que l'on relève souvent concernant le rap lyonnais, c'est qu'il est ultra underground, qu'il ne suit pas obligatoirement les chemins déjà tracés par les gros artistes avant eux. « L'idée, c'est de faire d'autres gros projets comme celui-ci, sur le long terme, et entre eux, de faire plein de petits contenus comme des interviews, des minis documentaires ou même des sessions acoustiques avec des musiciens. Mais ce n'est pas tout à fait défini encore... ». Le documentaire Vision est visible sur YouTube depuis avril et la mixtape (19 titres) sera disponible sur toutes les plateformes de streaming à partir du 30 octobre.

Vision release party
À Boomrang le vendredi 23 octobre à 16h (sur réservation)
5 rue de l'Épée, Lyon 3e

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New Order : Les cendres du tempo

MUSIQUES | Né sur les cendres d'un groupe à l'esthétique post-punk radicale et singulière, Joy Division, et dans le sillage du suicide de son fascinant chanteur, Ian Curtis, New Order est sans doute, comme aucun groupe avant ou après lui, un exemple de résilience artistique sans précédent et de révolution quasi permanente. Ou comment une formation orpheline d'un leader au charisme et à l'inspiration incandescente a su se réinventer aux frontière du rock et de la musique électronique pour devenir, toutes esthétiques, l'un des groupes les plus influents de sa génération. Et encore aujourd'hui l'une des plus belles machines à danser du paysage live contemporain. Le mythique groupe de Manchester sera l'une des têtes d'affiche des Nuits de Fourvière, le 28 juin prochain.

Stéphane Duchêne | Vendredi 21 juin 2019

New Order : Les cendres du tempo

Au tournant des décennies 70 et 80, Manchester abrite l'un des groupes les plus fascinants qu'il ait été donné de voir. Une créature post-punk atypique baptisée Joy Division, portée par le charisme fantomatique et la voix d'Outre-tombe du crooner zombie Ian Curtis, jeune homme marié bien sous tout rapport, timide maladif mais aussi écorché vif et sauvage et de surcroît lourdement épileptique, amoureux de littérature et fanatique de Jim Morrison et Iggy Pop. Curtis concentre à lui seul toute la poésie fossile et l'inquiétante étrangeté d'un groupe que complète un trio d'irréductibles trublions : le guitariste Bernard « Barney » Sumner, son ami d'enfance le sémillant bassiste au style inimitable Peter « Hooky » Hook et un métronome humain à la batterie, le dénommé Stephen Morris, qui a vendu le mobilier de sa chambre comme bois de chauffage pour s'acheter une batterie. « Généralement Ian était plus réservé et plus calme, raconte Peter Hook, mais il pouvait devenir complètement dingue » (1) A Manchester, il est « le type au blouson avec marqué « Hate » dans le dos »

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Hook division

Post Punk | Durablement brouillés depuis 2007 – après maintes bouderies historiques – le New Order officiel et son bassiste historique et tout aussi officiel s'écharpe (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 30 avril 2019

Hook division

Durablement brouillés depuis 2007 – après maintes bouderies historiques – le New Order officiel et son bassiste historique et tout aussi officiel s'écharpe depuis pour déterminer qui aura la garde du patrimoine musical de ce monument mancunien et de son prédécesseur Joy Division. Aucun compromis n'ayant été établi, le sécessionniste Hooky a entrepris depuis 2010, année de fondation de Peter Hook & The Light, de décliner en live – et en parallèle de ses anciens collègues – le catalogue des deux piliers de Factory Records. Le concept : une tournée, un album, joué dans son intégralité. Cette fois, à l'Épicerie Moderne en ce 3 mai, Hook et sa "lumière" s'attaquent à Substance, doublette de best-of de New Order ET Joy Division. Comme un pied de nez, il précédera d'un peu moins de deux mois la venue en terre lyonnaise de ses meilleurs ennemis ( le 28 juin à Fourvière), leur grillant ainsi la politesse. Laquelle politesse n'a de toute manière jamais été le fort de ce jovial grincheux.

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Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches ce week-end

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 4 octobre 2016

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches ce week-end

07>10>16 LE SUCRE FUNKINEVEN C'est l'une des bonnes nouvelles de la rentrée : l'arrivée du petit génie de la house qu'est Funkineven aux commandes d'une nouvelle résidence au Sucre. Patron de Apron Records, celui dont le véritable patronyme est Steven Julien s'est affirmé comme l'un des producteurs les plus intéressants de sa génération, mais aussi comme un DJ couvrant tout le spectre de la dance telle qu'on l'entend : avec lui, James Brown peut se caler sur un classique acid house sans heurt. Pour l'accompagner, Brassfoot. Hédonisme. 07>10>16 CAFE GALERIE P.MOORE Le retour de P.Moore, c'est la surprise de ces derniers mois, à l'instar du come-back d'Emmanuel Top : c'est peu dire

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 6 septembre 2016

Insomniaque

09.09.16 > BELLONA DJ SNEAK Les soirées In Osmose With ont fait le bonheur de L'Ambassade, emmenées de main de maître par Julien Kano et faisant la part belle à la house music. En cette nouvelle saison, elles migrent vers la péniche Bellona avec une première de très, très haut niveau en compagnie de l'historique DJ Sneak, légende de la house de Chicago (comme Paul Johnson et Green Velvet, qui le signa sur son label Cajual) qu'il a largement contribué à populariser dans nos contrées où il eut une influence considérable : la disco filtrée, donc la french touch, c'est lui. Teacher. 09.09.16 > LE SUCRE DISCWOMAN Encore une prog' impeccable au Sucre ce soir avec le collectif & label new-yorkais Discwoman, dont le credo est limpide : mettre en l'air les femmes queer et transgenre de la scène électronique. Illustration avec Avalon Emerson, pépite issue de la scène techno de San Francisco, DJ Haram venue de Philadelphie où elle dirige le club ATM, mêlant avec une

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Biennale de la danse 2016 : Ce qu'il faut voir

Biennale de la Danse | La 17e Biennale de la Danse garde la tête haute et le tour de bras généreux, malgré un budget au rabais, embrassant une fois encore tous les styles de danse contemporaine actuels. Parmi les trente-sept spectacles proposés, en voici huit à ne pas manquer.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2016

Biennale de la danse 2016 : Ce qu'il faut voir

Israel Galvan, Flacomen Le « danseur des solitudes » comme l'appelle le critique et historien d'art Georges Didi-Huberman fait son retour sur les scènes lyonnaises, avec un solo datant de 2014, accompagné de musiciens free jazz et flamenco. On sait, et on n'arrête pas d'admirer, la capacité du chorégraphe-danseur à tordre en tous sens les codes du flamenco et à en extraire la pulpe fondamentalement tragique. Galvan hisse ce tragique à la condition de tout individu, montrant, avec humour ou pas, ces forces qui nous traversent et se heurtent à l'intérieur de soi. Ces forces antagonistes qui sont aussi au cœur dialectique de tout geste, de tout mouvement dansé. À la Maison de la Danse du 14 au 16 septembre Yuval Pick, Are Friends Electric ? À l'instar de Galvan, le Lyonnais

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Insomniaque - Semaine du 11 au 17 décembre

MUSIQUES | 14.12 Le grand bal sixties Le métro, ce «lieu de charme» où les «rencontres incroyables» et les «moments de grâce» sont monnaie courante, s'agrandit : il (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 5 décembre 2013

Insomniaque - Semaine du 11 au 17 décembre

14.12 Le grand bal sixties Le métro, ce «lieu de charme» où les «rencontres incroyables» et les «moments de grâce» sont monnaie courante, s'agrandit : il est désormais possible de rallier Oullins via la ligne B. Who cares ? Le Clacson cares, d'autant que ce développement coïncide avec le cinquantième anniversaire de la MJC. Elle le fera savoir en abritant un bal rock'n'roll animé par une bande locale de garageux durs à la tâche (d'huile), The Cavemen Five, et un groupe tout aussi local de surfeurs ignorant le sens de l'expression "

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Let's folk !

MUSIQUES | Où qu'il puise ses origines éparpillées, le folk aura toujours été une affaire de transmission. C'est bien là l'esprit de la double rencontre organisée à la (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 25 janvier 2013

Let's folk !

Où qu'il puise ses origines éparpillées, le folk aura toujours été une affaire de transmission. C'est bien là l'esprit de la double rencontre organisée à la Maison du Livre, de l'Image et du Son de Villeurbanne. D'abord, autour de l'ouvrage Folk et Renouveau (Le Mot et le Reste), publié en 2011 par Bruno Meillier et l'immense Philippe Robert : une plongée dans pas moins de neuf décennies d'americana, d'Harry Smith à Bon Iver, en passant par les incontournables Dylan, Donovan, Young, Jansch et consorts pour comprendre non seulement d'où elle vient mais également où elle va. À ce titre, il sera aussi utile d'aller à la rencontre de Yann Tambour, alias Stranded Horse, petit gars du Cotentin bercé au rock anglais et toqué de kora, instrument traditionnel mandingue dont la pratique est traditionnellement réservée à la caste des griots mais dont il fait son miel en même temps qu'une drôle de tambouille, entre folk, musique africaine et pop anglo-saxonne. Sur le sublime Humbling Tides, il reprenait par exemple

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Motorama

MUSIQUES | Calendar (Talitres)

Stéphane Duchêne | Lundi 12 novembre 2012

Motorama

On a tous reçu un jour dans notre boîte aux lettres le prospectus d'un marabout africain comme il en existe des milliers, des prospectus en tout cas (on en connaît même qui en font collection). Lequel voyant-médium-génie-marabout promet de faire revenir l'être aimé en trois jours, de redresser les pénis tordus (un accident est si vite arrivé, et allez donc trouver un redresseur de pénis un dimanche) ou même de régler un problème informatique, bref de réduire un certain nombre de problèmes de la vie courante auxquels chacun finit un jour par être confronté. Il en existe même, ne nous demandez pas pourquoi, qui font « redémmaré les motos russes », en Français dans le texte, ce qui n'est pas la moins fascinante des facultés, vous en conviendrez. Bien sûr, encore faut-il disposer d'une moto russe et que celle-ci soit en panne. La probabilité en est il est vrai assez faible, encore que le fait de remplir la première condition (posséder une moto russe), accroît considérablement la seconde (qu'elle soit en panne). Vous avez déjà vu rouler une moto russe, vous ? CQFD.   Le fait est que le

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Fra-ter-ni-té

MUSIQUES | On vous avait déjà parlé, au moment des Nuits de l'Alligator à l'Epicerie Moderne, de cet ahurissant trio suisse nommé Mama Rosin qui n'avait rien trouvé de (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 6 juillet 2012

Fra-ter-ni-té

On vous avait déjà parlé, au moment des Nuits de l'Alligator à l'Epicerie Moderne, de cet ahurissant trio suisse nommé Mama Rosin qui n'avait rien trouvé de mieux pour passer le temps que de s'adonner au rock cajun et à la musique zydeco. Bref, à un Jambalaya musical forcément plus proche de la tambouille créolo-louisiannaise que de la fondue des alpages. Des fondus de musique américaine traditionnelle, de vieux vinyles introuvables et de musiciens cultes, c'est bien ce que sont Les Frères Souchet, tels qu'on les appelle, lorsqu'ils se produisent non plus en trio mais en duo, affranchi de leur batteur et dans un schéma davantage tourné vers le country blues en reluquant les Appalaches. Les voilà donc qui viennent animer le bal du 14 juillet du Transbordeur. Outre qu'il soit étonnant qu'un bal du 14 juillet ait lieu au Transbordeur, notons également qu'il aura lieu le 13 afin de ne pas empêcher demoiselles et damoiseaux, d'aller hanter les casernes de pompiers le jour de la Fête nationale. Pour revenir à nos moutons suisses, il y a fort à parier que la piste de danse sente fort la sueur

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Nuits sonores – Dimanche 20 - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 5.

Benjamin Mialot | Lundi 21 mai 2012

Nuits sonores – Dimanche 20 - Report

L'envie n'y était plus. Dans le même état d'inadéquation au monde et de fatigue émotionnelle qu'un explorateur de retour d'un continent jusqu'alors inconnu, on ne se voyait pas embarquer pour une nouvelle destination. Il y avait encore tant à découvrir de la première. Surtout, on ne voyait pas comment New Order, malgré toute la symbolique entourant sa venue, allait pouvoir soutenir la comparaison avec le parangon d'hédonisme que fut la nuit précédente. C'est le concert de Mudhoney qui a commencé à nous ouvrir les yeux. Un vrai beau concert de rock'n'roll, économe en artifices et généreux en décibels, donné dans le club du Transbordeur devant un petit comité d'enthousiastes du Seattle sound. Tout ce qu'on attendait, en somme, des guignolos with an attitude que ce sont révélés être les cautions électriques des NSDays. De New Order, «simple» légataire de Joy Division devenu dès sa troisième année d'existence (soit en 1983) l'une des formations les plus influentes de la planète, on n'attendait en revanche pas grand-chose. En tout cas ri

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Laisse les gondoles

MUSIQUES | Vision sérénissime / C’est Venise qu’on déroule sous nos pieds au CNSMD de Lyon pour une immersion totale et savoureuse dans la ville de tous les (...)

Pascale Clavel | Jeudi 10 novembre 2011

Laisse les gondoles

Vision sérénissime / C’est Venise qu’on déroule sous nos pieds au CNSMD de Lyon pour une immersion totale et savoureuse dans la ville de tous les fantasmes. On connaît tous le rayonnement artistique de Venise des siècles durant. L’omniprésence de la musique, ici dans les plus belles églises d’Europe, là sur les gondoles, ou encore dans les ruelles et là-bas à l’Opéra de la Fenice. Vision sérénissime proposé par le CNSMD nous conduit à travers le temps dans une ville singulière et inattendue. Après une nuit d’ouverture où musique contemporaine et musique baroque se sont emmêlées, vont se croiser jusqu’au 14 décembre des compositeurs et des œuvres de toute époque, s’entrechoquer des esthétismes divers en lien étroit avec cette ville puissamment mystérieuse. Dans ce cadre somptueux, le département de musique ancienne apporte sa joyeuse contribution : le 22 novembre, la classe de violon baroque offre une soirée "Sonates Vénitiennes" à l’issue d’une master-class de Suzanne Scholz. Des sonates à Venise et nous voilà partis pour un extraordinaire voyage musical accompagnés de Vivaldi, Scarlatti… De quoi rêver les yeux ouverts, de quoi respirer pour un instant le même air que c

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Control

ECRANS | D'Anton Corbijn (Ang, 1h59) avec Sam Riley, Samantha Morton...

Christophe Chabert | Mercredi 3 octobre 2007

Control

S'attaquer à la légende d'un artiste est un exercice périlleux. Surtout lorsque celui-ci est aussi vénéré et fantasmé que Ian Curtis, chanteur et parolier de Joy Division, disparu à l'âge de 23 ans. Chaque fan s'attendra à ce que le film ne s'adresse à lui et à personne d'autre, que chaque plan mettant en scène son idole soit une glorification ajoutant sa pierre à l'édifice. Anton Corbijn, photographe et clippeur ayant côtoyé Curtis, a su à ce titre couvrir ses arrières, tout en optant pour des partis pris visuels et narratifs tranchants. Il adapte le livre de Deborah Curtis (veuve du chanteur et productrice du film avec Tony Wilson, ancien responsable de Factory Records), et s'est adjoint les services des musiciens originels pour une partie de la bande-son. Mais son optique est de s'intéresser à l'homme plus qu'à ses créations (même s'il sacrifie, en une occasion malheureuse, à une explication de texte expéditive). Corbijn transpose ses obsessions esthétiques (un noir et blanc organique, des jeux déstabilisants sur la profondeur de champs, qui isolent ici le sujet jusqu'à le marginaliser totalement) à une trame diffuse, refusant toute épate. Sam Riley, interprèt

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