Red Cross story

MUSIQUES | Au Théâtre de la Croix-Rousse, le tout frais directeur Jean Lacornerie met en scène West Side Story, LA comédie musicale entre toutes, dans une version concert. Il explique ici son goût pour le genre, et le choix de cette approche. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 8 décembre 2011

Quel est ce lien puissant qui vous unit à la Comédie Musicale depuis si longtemps ?
JeanLacornerie :
Plus je mets en scène des comédies musicales, plus j'ai envie d'en faire. Comme beaucoup de monde, j'en ai vu au cinéma. Puis j'ai eu l'occasion de mettre en scène une œuvre de Kagel en Caroline du sud, j'ai passé quelques jours à New-York et je suis allé voir des comédies musicales au théâtre. Là, j'ai trouvé une forme musicale qui m'intéressait énormément. La comédie musicale, c'est d'abord du théâtre. J'ai monté un Bernstein puis, de fil en aiguille, j'ai pu voir à quel point ce répertoire était riche. Je pense que le public français aime la comédie musicale mais n'en connaît qu'une petite partie. Dans ce répertoire il y a une énergie, l'expression d'une joie de vivre qui est très agréable.

Pourquoi donner West Side Story en version concert, dans une conception presque intime ?
C'est une version concert améliorée. Nous ne faisons que la partie musicale pour 5 percussionnistes, 1 pianiste et 4 chanteurs. Nous avons fait abstraction des dialogues. Lorsque Gérard Lecointe, membre fondateur des Percussions Claviers, a fondé son groupe, il était dans une Académie musicale avec Bernstein ; Gérard a fait un arrangement de West Side Story à l'oreille et l'a joué à Bernstein ; Bernstein lui a donné immédiatement l'autorisation de jouer cet arrangement. Je travaille avec l'idée de projeter des images, comme une sorte de scénario de la pièce qui permettra aux spectateurs de se refaire le film. L'œuvre est suffisamment forte pour être ramenée à quelque chose d'essentiel : on enlève les ballets, les paroles, on regarde au plus près un seul élément de cette comédie musicale.

Le texte a encore beaucoup de résonances aujourd'hui. Comment ne pas en faire trop ?
Les questions posées, celles de l'intégration, du territoire, de la délinquance restent justes et contemporaines. On est plus ou moins dans le cliché mais l'œuvre entière joue avec ces clichés. Je laisse le spectateur avoir sa vision, je n'aime pas appuyer, on risque d'écraser à force d'appuyer. Le spectateur doit avoir sa part d'interprétation. Je n'ai pas de volonté d'actualisation obligée de l'oeuvre. En juin, je vais faire un travail avec des amateurs à qui je vais proposer d'actualiser à leur manière West Side Story.

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Cinq finalistes pour la direction du Théâtre de la Croix-Rousse

Mercato | Cinq dossiers ont été retenus parmi les 25 candidatures à la succession de Jean Lacornerie à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse.

Sébastien Broquet | Mercredi 29 juillet 2020

Cinq finalistes pour la direction du Théâtre de la Croix-Rousse

Jean Lacornerie, par choix personnel, quittant ses fonctions à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse le 31 décembre prochain, les tutelles se sont lancées en quête de son — ou sa — successeur. Les représentants et représentantes de la Région, de la Drac et de la Ville se sont ainsi réunis le jeudi 23 juillet pour étudier les 25 dossiers de candidatures déposés. Les finalistes retenus ont jusqu'au 7 septembre pour affiner leur projet, qui sera ensuite auditionné par le jury le 21 septembre. Cinq candidats et candidates ont été retenus, que voici : - Un premier duo, avec le musicien et metteur en scène Camille Rocailleux, issu du Conservatoire national supérieur de musique de Lyon, qui a fondé et co-signé les spectacles de la compagnie de danse ARCOSM de 2001 à 2016. Il a collaboré avec Jérôme Savary ou la chanteuse Camille et fondé la compagnie EVER en 2013, mêlant spectacle vivant et technologie. Il fait équipe avec A. Favr

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Jean Lacornerie quitte le Théâtre de la Croix-Rousse

Mercato | Le directeur du Théatre de la Croix-Rousse, Jean Lacornerie, quittera ses fonctions à l'issue de la convention qui prend fin le 31 décembre 2020. À (...)

Nadja Pobel | Vendredi 17 janvier 2020

Jean Lacornerie quitte le Théâtre de la Croix-Rousse

Le directeur du Théatre de la Croix-Rousse, Jean Lacornerie, quittera ses fonctions à l'issue de la convention qui prend fin le 31 décembre 2020. À 56 ans, il choisit « pour des raisons personnelles » de tourner cette page-là, à un moment où ce théâtre se porte très bien. Très heureux de cette aventure il continue, après sa création récente The Pajama Game, de bâtir la saison 2020-2021 qu'il dévoilera au printemps prochain. Sa collaboratrice Anne Meillon, directrice déléguée, fera elle valoir son droit à la retraite en juillet prochain.

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"The Pajama Game" : la grève en chantant

Comédie Musicale | Jean Lacornerie et Gérard Lecointe signent avec The Pajama Games une impeccable comédie musicale sur fond de lutte des classes.

Nadja Pobel | Mardi 17 décembre 2019

Dire que The Pajama Game est le spectacle idéal de la fin d'année serait un peu court et surtout très réducteur. La comédie musicale que signent Jean Lacornerie et Gérard Lecointe - avec le chorégraphe Raphaël Cottin - est simplement une excellente production. Le metteur en scène (directeur du théâtre de la Croix-Rousse) et le directeur musical (directeur du Théâtre de la Renaissance), à l’œuvre sur scène comme percussionniste, ont eu l'excellente idée, après leur collaboration notamment pour Bells are Ringing, de dégotter cette création de George Abbott et Richard Bissell de 1954, récemment jouée par Harry Connick Jr. et portée à l'écran par Stanley Donen en 1957. Les ouvrières d'une usine de fabrication de pyjamas sont en grève pour obtenir une augmentation de salaire et lorsque la cheffe du syndicat tombe amoureuse du nouveau directeur exécutif, ce dernier fait face au big boss (devenu ici une voix dans un haut-parleur), fouille dans l

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Ciné-Mystère

ECRANS | Vous connaissez, bien entendu, le principe de la séance mystère ; à part le titre du film projeté, rien n’est caché au public : ni le jour (dimanche 18 (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

Ciné-Mystère

Vous connaissez, bien entendu, le principe de la séance mystère ; à part le titre du film projeté, rien n’est caché au public : ni le jour (dimanche 18 novembre), ni l’heure (18h), ni le lieu (l’Aquarium Ciné-Café). On peut même vous dire que le choix de ce mois a été confié à un voisin croix-roussien, Jean Lacornerie, qui a eu carte blanche en amont de sa nouvelle création, L’Opéra de quat’sous. Vous en savez beaucoup, en fait… Ciné-Mystère À l’Aquarium Ciné-Café ​le dimanche 18 novembre à 18h

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Les créations de la saison fait maison par les directeurs

Théâtre | Focus sur les créations ou reprises concoctées par les directeurs et directrices des théâtres de la métropole, de Claudia Stavisky à Louise Vignaud.

Nadja Pobel | Lundi 10 septembre 2018

Les créations de la saison fait maison par les directeurs

Si Joris Mathieu passe son tour après des années foisonnantes (reprise de son très dark Frères sorcières et tournée d'Artefact et Hikikomori, souvent à l'étranger), c'est Christian Schiaretti qui sera le directeur de structure le plus prolifique. Initialement en poste jusqu'au 31 décembre 2019, il sera finira en fait son contrat fin de saion 2019-20 et coordonnera bien le centenaire du TNP en 2020. Dans les prochains mois, il sera omniprésent : outre la reprise de La Leçon (mai) et la création de La Voix humaine avec la magnétique Sylvia Bergé-de-la-Comédie-Française (octobre), il s'attelle à deux mastodontes : Victor ou les enfants au pouvoir de Roger Vitrac (mars), fable cruelle dont Antonin Artaud fut le premier "montreur" et L'Échange de Paul Claudel (décembre). Au vu de l'explication de texte qu'en a faite Schiaretti lui-même lors des Langagières (festival réitéré en mai), il est sûr que sa lecture en sera acérée, infiniment réfléchie tant la diction et les césures qu'il en a alors proposées étaient soupesées « Il faut respecter le vers clau

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Le soliloque vire au polar

Théâtre de la Croix-Rousse | Pour sa deuxième création de la saison, Jean Lacornerie change radicalement de genre et confie à Elizabeth Macocco le soin délicat d'incarner une vieille femme vigoureuse. Réjouissante petite forme.

Nadja Pobel | Mardi 14 février 2017

Le soliloque vire au polar

On l'avait laissé en novembre avec un Opéra de quat'sous pimpant et peuplé de marionnettes, revoici Jean Lacornerie dans un autre endroit du théâtre qu'il dirige depuis 2010, le studio, très peu usité ces dernières années. Entre deux murs, il y fait déambuler Faila, 93 ans, en proie à un agresseur qu'elle est parvenue à berner en l'enfermant dans une pièce de son appartement. Il va geindre, baragouiner sans que jamais ne nous parviennent directement ses mots. Écrit par l'auteur argentin contemporain Federico Jeanmaire, ce texte qui n'avait rien de théâtral se révèle être une formidable matière à jeu, tant ce soliloque vire au polar. Qui est derrière cette porte en train de s'acharner sur la poignée ? Quel âge a-t-il ? Quels sont ses liens avec la victime ? Peu à peu, se dévoile une histoire qui reflète tout autant la réalité de la lutte des classes sociales (il est pauvre, elle est bourgeoise) que la psychologie d'une femme rapidement devenue orpheline après que sa mère, entichée d'un pilo

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L'Opéra de quat'sous : misère en lumières

SCENES | Avec des musiciens intégrés au jeu, un décor non-naturaliste, des marionnettes à taille humaine, Jean Lacornerie signe un Opéra de quat'sous très homogène, plein d'allégresse et de liberté.

Nadja Pobel | Mardi 8 novembre 2016

L'Opéra de quat'sous : misère en lumières

Postulat de départ : remonter aux origines de cette œuvre écrite en six mois à peine par Kurt Weill et Bertolt Brecht en 1928. Ainsi, une traduction a été commandée à René Fix pour s'éloigner de tous les remaniements que le dramaturge berlinois a rajouté au fil des décennies et les chansons sont interprétées en allemand. Les mots sont crus et raccords avec l'énergie noire que développent les chefs de pègre : le criminel Macheath et son rival Peachum. Polly, la fille de ce dernier tombée dans les bras du premier s'en trouve même surnommée la « pute à gangster » et quand il s'agit de qualifier cette période trouble, elle est « pourrie. » Tout ce qui aurait pu entraver le rythme ou la compréhension a été gommé. Et loin d'appauvrir la pièce, cette propension à aller vite la sert. À commencer par la rapidité de jeu de Vincent Heden qui virevolte sur les tables de l'écurie (qui ressemble plus, et fort à propos, à un atelier d'usine) et entre les piles de cartons. C'est lui qui donne le la. Et ses a

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Théâtre made in Lyon : Tour d'horizon des créations maison

De Stavisky à Lacornerie | Inchangés depuis des lustres pour la plupart, les directeurs des grandes scènes de Lyon creusent scrupuleusement leur sillon, en montant des textes attendus.

Nadja Pobel | Mardi 6 septembre 2016

Théâtre made in Lyon : Tour d'horizon des créations maison

Incroyable ! Christian Schiaretti aura l'honneur d'imaginer le centenaire du TNP en 2020 : en poste depuis 2002, il a été reconduit à la tête de l'établissement jusqu'à fin 2019 ; son contrat arrivait à échéance en décembre. En cette rentrée, il revient, après un Bettencourt Boulevard bancal, à l'auteur qu'il a le mieux transposé à la scène depuis son arrivée : Aimé Césaire. Il reprend Une saison au Congo (du 2 au 10 décembre), créé en 2013 puis signera La Tragédie du roi Christophe (du 19 janvier au 12 février). Dans la première, il avait su organiser clairement la conquête de l'indépendance de ce pays et la chute de son héros pacifiste Lumumba grâce à une alchimie entre sa troupe habituelle du TNP et des comédiens du collectif burkinab

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Jules Verne par les PCL : calme plat

SCENES | Le pari de transposer "Vingt mille lieues sous les mers" sur un plateau de théâtre était osé. Si la partie musicale, assurée par les Percussions Claviers de Lyon, est impeccable, le reste manque de chair et de mouvement.

Nadja Pobel | Mardi 13 octobre 2015

Jules Verne par les PCL : calme plat

L’épopée maritime de Jules Verne se déployant à l'échelle de toutes les mers, la circonscrire à une scène n'était pas gagné d'avance. Cette difficulté, la metteur en scène Emmanuelle Prager a choisi de la scinder en deux : une imagerie d'Étienne Guiol, jeune diplômé d'Émile Cohl, et le récit fidèle du texte, confié à trois comédiens filmés face caméra sur un fond uni. Soit les péripéties du scientifique Pierre Aronnax, missionné pour tenter de neutraliser une créature qui sème la terreur dans les eaux du globe : non pas un gigantesque narval comme il le soupçonnait, mais un sous-marin, le Nautilus, piloté par un certain Capitaine Nemo qui, lancé dans une bataille personnelle misanthropique, les kidnappent lui et son domestique Conseil. Ces héros modernes ne sont malheureusement jamais vraiment incarnés. Pourtant constitutive du texte, la notion de mouvement est la grande absente de ce travail – Olivier Borle, Baptiste Guiton et Renaud Golo donnant l'impression de lire un prompteur là où il leur faudrait souligner l'émotion et la noirceur de cette incroyable aventure. Au point que même les aquarelles de Guiol, projetées en alternance avec les séquences vidéo e

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La Renaissance en immersion avec Jules Verne

SCENES | Gérard Lecointe ouvrira la saison du Théâtre de la Renaissance les 8, 9 et 10 octobre avec Vingt mille lieues sous les mers, un spectacle musical (...)

Nadja Pobel | Mardi 6 octobre 2015

La Renaissance en immersion avec Jules Verne

Gérard Lecointe ouvrira la saison du Théâtre de la Renaissance les 8, 9 et 10 octobre avec Vingt mille lieues sous les mers, un spectacle musical appréciable dès 9 ans – et repris le 17 au Théâtre de Villefranche. Ce n’est pas la première fois que le directeur se confronte au jeune public, puisqu’il avait déjà travaillé sur les contes de Perrault il y a sept ans. Avec les virtuoses Percussions Claviers de Lyon qu’il dirige par ailleurs, Lecointe, associé à Emmanuelle Prager, se lance dans ce qui pour lui est «l’œuvre la plus adaptable» de Jules Verne, enveloppée dans une trame musicale tissée à partir des partitions de Debussy, Dukas, Roussel et Saint-Saëns, tous contemporains de l’auteur. À leurs côtés, Etienne Guiol, diplômé de l’école Émile Cohl, assurera la création multimédia, à partir d'un dispositif à base d'écrans et de pans de tulle sur lesquels seront projetées des séquences de jeu tournées l'été dernier. Jamais les acteurs incarnant le capitaine Nemo, Arronax et l’assistant Conseil ne seront présents physiquement sur le plateau. Une absence d’incarnation que devr

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Les reprises de 2015/2016

SCENES | Si vous les avez raté, un rattrapage s’impose. D'abord Bigre! (Croix-Rousse, 29 septembre au 3 octobre), hilarante comédie sans (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Les reprises de 2015/2016

Si vous les avez raté, un rattrapage s’impose. D'abord Bigre! (Croix-Rousse, 29 septembre au 3 octobre), hilarante comédie sans paroles sur l’ultra moderne solitude. Au même endroit Jean Lacornerie reprend ce qui est (avec Roméo et Juliette) sa comédie musicale la plus aboutie, Mesdames de la Halle (11 au 28 décembre). De son côté, au milieu d’une saison presque entièrement dédiée au langage, le TNP fait place aux délicats balbutiements de En courant, dormez par Olivier Maurin (6 au 15 avril), alors que la Renaissance reprend la foutraque Visite de la vieille dame (23 au 2

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La saison 2015/2016 du Théâtre de la Croix-Rousse

ACTUS | Ludique et politique est le visuel de la nouvelle plaquette (une croix faite de craies fragilisées) du Théâtre de la Croix-Rousse. Ludique et politique (et du coup franchement excitante) sera sa saison 2015/2016. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 31 mai 2015

La saison 2015/2016 du Théâtre de la Croix-Rousse

Des Fourberies de Scapin décapées au karcher par Laurent Brethome, le crépusculaire Mon traître d'Emmanuel Meirieu, David Bobée et son Lucrèce Borgia à (trop) grand spectacle... L'entame de la saison 2014/2015 du Théâtre de la Croix-Rousse fut l'une des plus fulgurantes qu'on ait connue depuis l'arrivée à sa direction de Jean Lacornerie. La rentrée 2015/2016 est bien partie pour soutenir la comparaison, ne serait-ce que parce qu'elle s'ouvrira sur la reprise du Bigre de Pierre Guillois, comédie muette «à voir et à revoir» (du 29 septembre au 3 octobre) selon la formule consacrée car aussi hilarante qu'ingénieuse. Suivront : une prometteuse transposition des conseils pour accéder à un trône et le conserver de Machiavel dans l'univers férocement contemporain du stage de formation par Laurent Guttmann (Le Prince, du 6 au 16 octobre) ; le retour, sous bannière Nimis Groupe, d'une partie des singuliers Belges du Raoul collectif (Le Signal du promeneur) avec Ceux que j'ai rencontrés ne

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Victor Bosch revient à la comédie musicale

ACTUS | Le directeur du Radiant-Bellevue convie Jean Lacornerie au générique de son futur spectacle "Forever Young". Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 4 mai 2015

Victor Bosch revient à la comédie musicale

Déjà producteur de Kirikou et Karaba, du Petit Prince et, surtout, de la success story Notre-Dame de Paris, Victor Bosch reprend du service dans l'univers des comédies musicales. Du 15 octobre au 30 janvier, il présentera sur la scène parisienne de Bobino Forever Young, non sans l'avoir rôdé début octobre au Radiant-Bellevue, à Caluire, qu'il dirige depuis 2012. Forever Young a été créée à Hambourg il y a trois ans et a déjà rencontré un vif succès en Allemagne et en Espagne. La version française qu'il présentera n'aura toutefois, dit-il, "rien à voir avec ce qui a été fait". Ainsi, s'il est question dans les déclinaisons étrangères de six retraités qui, en 2060, se souviennent de leur jeunesse et des tubes qui l'ont rythmée (Bee Gees, Madonna, Daft Punk...), avec ce que cela suppose de gags gériatriques et de démarches branlantes, ici, les comédiens interprèteront des trentenaires projetés dans le futur. Pour mener à bien ce spectacle, Victor Bosch a fait appel à Jean Lacornerie. Le directeur et metteur en scène du Théâtre de la Croix-Rousse, qui a toujours allié théâtre et musique (et s'est récemment

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La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

ACTUS | De New York à Séoul, du conte philosophique à la relecture de ghetto movie, de la rumba au baroque : à la rentrée, la volonté de Dominique Hervieu de présenter la danse sous ses formes les plus variées ne faiblira pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 27 avril 2015

La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

Heureux soient ceux qui ont manqué l'arrivée de Maguy Marin à Ramdam, elle sera à l'honneur du prochain "Archipel" de la Maison de la danse. Succédant à Découflé, elle reprendra son chef-d’œuvre May B et Bit, sa création pour la Biennale 2014 (fin février début mars), ainsi que Singspiele, dernier spectacle co-écrit avec David Mambouch qu'elle présente justement à Ramdam cette semaine (mi-mars, au TNP). La saison 2015/2016 de la Maison de la danse sera marquée par trois autres temps forts. D'abord, un mois (novembre) de festivités autour de New York. Jean Lacornerie et les Percussions Claviers de Lyon y reprendront leur remarquable version de la comédie musicale téléphonique Bells Are Ringing, tandis que le CNDC Angers dansera, notamment, un Event (un patchwork de fragments de chorégraphies) du maître post-moderniste Merce Cunningham. Surtout, on y retrouvera Bill T. Jones le temps d'un pur exercice formel autour du Quatuor de Ravel et de La Jeune fille et la mort de Schubert, et le très en vue Kyle Abr

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"Batèches", l'opéra à vingt-deux mains des PCL

MUSIQUES | Nommé il y a un an à la tête du Théâtre de la Renaissance, Gérard Lecointe n’en a pas pour autant abandonné les Percussions Claviers de Lyon, cet (...)

Nadja Pobel | Mardi 17 mars 2015

Nommé il y a un an à la tête du Théâtre de la Renaissance, Gérard Lecointe n’en a pas pour autant abandonné les Percussions Claviers de Lyon, cet ensemble avec lequel il fait le tour du monde depuis trois décennies. Cette semaine, il endosse ainsi ses habits de musicien pour s’associer au groupe Sixtrum, cousin québécois des PCL, le temps d'une création qui mettra en relief la poésie de Gaston Miron, projetée en fond de scène. Méconnu en France, cet auteur décédé en 1996 est une figure assez populaire outre-Atlantique, notamment via sa lutte pour la défense de la langue française et l’affirmation de l’identité québécoise. Sa poésie, très imagée et même lyrique, aborde toutefois des thèmes plus universels (l’amour, l’insatisfaction, la mort...), au point que le compositeur Patrick Burgan la compare à un livret d’opéra. C’est à ce dernier qu'est revenue, sept mois durant, la composition de Batèches, du nom d'un juron canadien traduisible par "baptème". «C'est plus de travail que pour un orchestre symphonique dit-il, car un même instrument a des multiplicités folles selon les baguettes utilisées.» Les PCL n'ont semble-t-il pas

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Des amants détonnants

SCENES | Grâce à l’Opéra de Lyon, Jean Lacornerie signe la première adaptation en France du compact "Roméo et Juliette" de Boris Blacher. Et tient enfin sa grande mise en scène en tant que directeur du théâtre de la Croix-Rousse. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 3 mars 2015

Des amants détonnants

Les contraintes ont du bon. Bien sûr, la production de l’Opéra de Lyon offre à Jean Lacornerie plus de moyens qu’il n’en a probablement jamais eus, à tout le moins des moyens que le théâtre de la Croix-Rousse seul ne pouvait déployer. Reste qu'une fois cette question financière évacuée, force est de constater que le canevas serré de cette pièce a obligé le metteur en scène à être concis, précis et inventif. Par le passé, depuis son arrivée dans ce théâtre en 2010, Lacornerie avait signé de très enthousiasmantes versions de Mesdames de la halle et, sur un ton plus désinvolte, de la comédie musicale Bells are ringing en novembre 2013. Mais Jean Lacornerie s’était aussi accordé des parenthèses qui, bien que se voulant légères, n’étaient guère un amusement pour le spectateur, comme l’inachevé Broadway melody ou très récemment des

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Am stram GRAME

MUSIQUES | La musique classique s’étire et s’expose sur plusieurs siècles. Nous le savons, mais nous l’oublions. Elle s’étend même si loin que la musique contemporaine (...)

Pascale Clavel | Mardi 6 janvier 2015

Am stram GRAME

La musique classique s’étire et s’expose sur plusieurs siècles. Nous le savons, mais nous l’oublions. Elle s’étend même si loin que la musique contemporaine paraît souvent futuriste en comparaison. Ainsi de celle que, à partir du 22 janvier, donneront à écouter pendant presque 2 mois les Journées GRAME, véritables bouffées d’air du temps qui contrasteront avec les programmations que nous vous commentions en début de saison : l'Opéra et ses "jardins mystérieux", l'Auditorium et son intégrale Brahms, la Croix-Rousse et le Roméo et Juliette 39-45 de Jean Lacornerie... Concerts (comme celui du collectif SR9TW, qui revisite Tom Waits), performances (de Félix Lachaize, qui rendra compte d'un d'un mois de field recordings à Taipei) ou théâtre musical (Chants d'hiver, expédition polaire sur fond de Schubert), tous les moyens y seront bons pour secouer notre cocotier et montrer la vivacité de la création actuelle. On en profitera pour jeter une oreille attentive à la nouvelle création des Percussions Claviers de Lyon de Gérard Lecointe, directeur du Théâtre de la Renaissance – où se tient le gros des Journées GRAME – à l'appétit artistique d'ogr

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Deuxième départ

SCENES | Après un premier tiers de saison assez calme, l’activité théâtrale s’intensifie nettement cette rentrée. Entre stars de la scène locale et internationale, créations maison et découvertes à foison, revue de détails. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 6 janvier 2015

Deuxième départ

Une Biennale de la danse enchaînée avec les vacances de la Toussaint auront bien grévé la dynamique théâtrale de ce début de saison, sauf à la Croix-Rousse qui a, en apnée, aligné Laurent Brethome, Emmanuel Meirieu, David Bobée et Pierre Guillois. Le rythme n'y faiblira pas en 2015 avec notamment les très attendus Elle brûle (mars) du duo féminin Mariette Navarro / Caroline Guiela Nguyen et Discours à la nation (avril), manifeste d'Ascanio Celestini dont s’est emparé David Murgia du Raoul Collectif. Claudia Stavisky se confrontera elle à nouveau à un texte britannique après le très réussi Blackbird, en montant pour la première fois en France En roue libre (j

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Votre 31, sucré ou pimenté ?

MUSIQUES | A l’Opéra de Lyon, entre deux représentations de Rusalka, c'est du pur sucre que nous propose la soprano Felicity Lott pour le passage à la nouvelle année, le (...)

Pascale Clavel | Mardi 16 décembre 2014

Votre 31, sucré ou pimenté ?

A l’Opéra de Lyon, entre deux représentations de Rusalka, c'est du pur sucre que nous propose la soprano Felicity Lott pour le passage à la nouvelle année, le temps d'un programme comme on les aime dans ces moments-là : un bonbon presque trop doux pour nos papilles, la douce idée qu’en sortant de ce concert, tous nos vœux seront exaucés. L'Anglaise, qui maitrise soit dit en passant le français sur le bout des doigts – ses interventions toutes en humour sont autant de petites pépites joyeuses entre chacune des pièces qu’elle interprète – arrive en effet avec, dans sa hotte, des airs à se vautrer par terre : du Strauss pour que chacun se mette à valser, Offenbach et sa Grande-duchesse de Gérolstein... De quoi chantonner, s'enivrer malgré soi et simplement être heureux, parce qu’il y a dans ces musiques légères-là une sensation de bien-être immédiat, et qu’en belle cerise sur le gâteau, Felicity Lott, honorant son prénom, sait la magnifier. A l’Auditorium, la soirée se veut plus pimentée, avec un ciné-concert de West S

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Menu: plaisirs, repas léger

SCENES | Après une grosse création la saison dernière, l'enjoué et pimpant Bells are Ringing, Jean Lacornerie s'offre cette année une forme plus légère avec un tour de (...)

Nadja Pobel | Mardi 4 novembre 2014

Menu: plaisirs, repas léger

Après une grosse création la saison dernière, l'enjoué et pimpant Bells are Ringing, Jean Lacornerie s'offre cette année une forme plus légère avec un tour de chant sur le thème du plaisir, invitant pour l'occasion le chanteur lyrique Jean-Paul Fouchécourt, collaborateur régulier des prestigieux Berliner Philarmonikern Boston Symphony Orchestra ou les Musiciens du Louvre. Accompagné au piano par le ténor Jamal Moqadem, actuel directeur artistique du Studio de l'Opéra de Lyon, il livre un concert hétéroclite puisque figurent au générique Offenbach, Rameau, Mozart mais aussi Serge Lama et Charles Trénet. Autant de répertoires entre lesquels Jean Lacornerie tisse un fil rouge grâce à une mise en scène qui instille des éléments de jeu et d'interaction avec le public. Un sac à main emprunté à un spectateur ou un jeu sur les costumes sont ainsi autant de prétextes à triturer la figure du couple, à questionner le mariage et la fidélité et aussi, bien sûr, à soulever la question du genre, tandis que le magicien Thierry Collet apporte à l'ensemble une part de fantaisie avec de

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L'Auditorium à la fête

MUSIQUES | A l'Auditorium cette saison, c’est champagne. Quarante bougies pour le lieu, soixante-dix pour son chef Leonard Slatkin, de nouveaux événements étonnants... De la musique comme s’il en pleuvait, de l’Amérique en découverte, de la danse, et même une intégrale des symphonies de Brahms. Une saison qui risque le trop ? Pascale Clavel

Pascale Clavel | Mardi 23 septembre 2014

L'Auditorium à la fête

Jean-Marc Bador, directeur de l’Auditorium, a posé son style et la maison doit suivre. Il dépoussière, a envie, pense vite... Trop selon certains. Pourtant, il offre au public un choix inouï, varié, éclectique, sans perdre pour autant de vue l’option symphonique. «Une saison toute en couleurs qui porte au plus haut l’exigence artistique tout en s’aventurant avec délectation hors des sentiers battus». C'est ainsi qu'il nous résume son programme. Le décor étant posé, regardons de plus près ce patchwork musical. A commencer par les dix jours de fête qui marqueront les quarante années d’existence de l’Auditorium et qui verront, comme un cadeau, Serge Baudo donner le 8 février La Symphonie fantastique, lui qui avait dirigé cette même œuvre le 14 février 1975 à l’ouverture de l’Auditorium. Séquence émotion donc. Plusieurs fils rouge traversent le reste de la programmation. Les compositeurs américains, chers à Slatkin, vont ainsi côtoyer leurs homologues français, explorant ensemble les univers musicaux particuliers des deux pays. On entendra notamment Porgy and Bess (le 11 décembre) et We

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Diète à la maison

SCENES | Qu’ont cuisiné les directeurs des grandes salles pour cette saison ? En marge des spectacles qu’ils accueillent, ils mitonnent d'ordinaire leurs plats en arrière-salle mais cette saison, hormis à la Croix-Rousse, c’est régime. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 9 septembre 2014

Diète à la maison

C’est ce qui s’appelle un été pourri : non seulement Météo France a enregistré, sur la période juillet-août, le plus fort cumul de précipitations dans l’Hexagone depuis 1959, mais comme si cela ne suffisait pas, Christian Schiaretti, directeur du TNP, a dû en plus affronter des vents contraires. Pour son retour au festival d’Avignon après des années de disette sous l’ère Archambault-Baudrillier, son didactique quoique passionnant Mai, juin, juillet s’est en effet pris une volée de bois vert de la part de la presse nationale, en même temps que le poste d’administrateur général de la Comédie Française lui échappait. Son dossier ayant mystérieusement disparu entre la rue de Valois et le palais de l’Elysée, il n’a jamais été remis au chef de l’Etat qui a choisi Éric Ruf, aux dépens également du candidat dépêché en dernière minute (Stéphane Braunschweig ) par l’ex-ministre de la culture Aurélie Filippetti. Les camouflets sont une denrée bien partagée. Toujours est-il qu’au TNP, dont il reste directeur au moins jusqu’en 2016, il n’avait de toute façon pas prévu de création en 2014-2015, notamment à cause de la diminution de son budget, amputé de 250 000€ (sur un total

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Tendre est la nuit

SCENES | The Tender Land est une œuvre millefeuille qui parvient à apporter de la finesse et de la douceur à un sujet tout à fait abrupt et cruel. Nous sommes dans (...)

Nadja Pobel | Dimanche 26 janvier 2014

Tendre est la nuit

The Tender Land est une œuvre millefeuille qui parvient à apporter de la finesse et de la douceur à un sujet tout à fait abrupt et cruel. Nous sommes dans le Midwest américain, dévasté par la crise économique qui sévit dans les années trente. Un couple de paysans ruiné, les Moss, s'est sacrifié pour payer des études à sa fille mais celle-ci, au moment de faire fructifier son apprentissage, préfère suivre deux vagabonds de passage. Tous les espoirs d'une vie meilleure s'effondrent alors. Bien avant d'être un spectacle que Jean Lacornerie a créé en mars 2010 et qu'il reprend aujourd'hui, cet opéra fut écrit en 1954 par Aaron Copland, qui venait alors de découvrir Louons maintenant les grands hommes, livre pour lequell'écrivain américain James Agee et le photographe Walker Evans avaient intégré trois familles de farmers pour mieux dire leur quotidien. Marqué par deux photos – une femme d'une tristesse insondable et une jeune fille légèrement plus enjouée – Copland, associé à son librettiste Erik Johns, en tira deux actes ici restitués à diverses échelles. Il y a bien sûr les acteurs-chanteurs, mais aussi de petites marionnettes qu'ils manipulent (sous la houlette de la spéc

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New York sous cloche

SCENES | En rajeunissant la comédie musicale "Bells Are Ringing", Jean Lacornerie signe un divertissement de grande qualité... mais qui peine tout de même à soutenir la comparaison avec les productions anglo-saxonnes. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 21 novembre 2013

New York sous cloche

Au milieu du plateau trône une façade, posée sur une tournette telle une vitrine de jeu télévisé. Côté face se dévoile le bureau d'une opératrice téléphonique, Ella Peterson, godiche esseulée qui se plait à recueillir sous de fausses identités les confidences des abonnés : un acteur en mal de rôles, un dentiste se rêvant compositeur, un dramaturge peinant à boucler le script qui fera de lui l'idole du tout-Brooklyn... C'est l'appartement de briques de ce dernier qui se découpe côté pile, havre de paresse et de débauche où, au terme de quelques quiproquos - courtoisies également d'un flic suspectant Susanswerphone, la compagnie employant Ella, d'être une maison close, et d'un mafieux travesti en mélomane cherchant à y installer une opération de paris clandestins -, batifoleront ces deux tourtereaux au bout du rouleau (et du fil).  Mais c'est à cour et à jardin que se joue la réussite de l'adaptation signée Jean Lacornerie de Bells Are Ringing (ou Amélie Poulain chez les bookmakers)

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Livraison à domicile

SCENES | Les prochaines créations des directeurs-artistes des grandes maisons. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 6 septembre 2013

Livraison à domicile

TNP Christian Schiaretti monte Le Roi Lear de Shakespeare (du 10 janvier au 15 février) à la demande de (et avec) l’acteur rocailleux et monumental Serge Merlin. Le comédien avait déjà interprété ce rôle sous la direction de Matthias Langhoff avec une grosse machinerie dont il souhaite se débarrasser ici. Ca tombe bien, Schiaretti n’a pas son pareil pour mettre en avant le texte, ici traduit par Yves Bonnefoy. Célestins Déjà joué 44 fois cet été dans la cour du château de Madame de Sévigné à Grignan, Chatte sur un toit brûlant, mis en scène par Claudia Stavisky, ouvrira durant un mois (du 19 septembre au 20 octobre) la saison des Célestins. Théâtre de la Croix-Rousse Bells are ringing, c’est la création dont Jean Lacornerie rêve depuis longtemps. Triomphe à Broadway dès sa création en 1956 avant d’être porté à l’écran par Vincente Minelli, ce spectacle n’a jamais encore été joué en France. Ce

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Images et sons de cloche

SCENES | Durant le week-end de Pâques, les Subsistances ressuscitent la création avec une dizaine de spectacles en tous genres et accessibles à petits prix. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 22 mars 2013

Images et sons de cloche

Inoxydable laboratoire du spectacle vivant, Les Subsistances poursuivent leurs week-ends de petits ou grands spectacles, avec une ribambelle d’artistes de tous poils à découvrir. Il n’y a dans la programmation de Ca cloche que deux exceptions à l’inconnu : le metteur en scène et directeur du Théâtre de la Croix-Rousse Jean Lacornerie, et le musicien et comédien Denis Mariotte, compagnon de route et de création de la chorégraphe Maguy Marin. Mais ces deux-là se lancent aux Subsistances dans de bien étranges aventures artistiques. Jean Lacornerie monte ainsi deux créations autour de la musique du compositeur américain Ben Johnson, proche de John Cage et défenseur de la musique dite microtonale dans la lignée d’Harry Partch (attention, ça fait un peu mal aux oreilles au début). L’un des deux spectacles portera sur les lettres de Calamity Jane à sa fille, confiée à une famille d’accueil (on le comprend !) en Angleterre. «Ben Johnston invente un phrasé musical au plus près de la langue parlée, au plus près du souffle de la mère qui se confie. Le lyrisme surgit quand vient la révolte, les aigus claquent quand vient

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Tout le théâtre qu’il aime

SCENES | Adepte du théâtre musical, dont il fait la ligne claire du Théâtre de la Croix-Rousse depuis son arrivée à sa tête en 2010, Jean Lacornerie réadapte et prolonge (...)

Nadja Pobel | Vendredi 14 décembre 2012

Tout le théâtre qu’il aime

Adepte du théâtre musical, dont il fait la ligne claire du Théâtre de la Croix-Rousse depuis son arrivée à sa tête en 2010, Jean Lacornerie réadapte et prolonge pour les fêtes de fin d’année Applause, créé précédemment à la Renaissance d’Oullins. En piochant dans les comédies musicales américaines, il reprend à son compte leur discours de célébration des métiers du spectacle. Et notamment celui de comédien, à la vie beaucoup moins glamour et pailletée en coulisse que sur scène. Les metteurs en scène «intellos»,  les critiques et globalement l’hypocrisie du milieu, se font joyeusement dégommer par une équipe de chanteurs fidèles au metteur en scène, à l'image de Laurence Pelly, Sophie Lenoir ou Jacques Verzier. Mais cet hommage, pourtant indubitablement tendre et sincère, aux gens de théâtre dits «bizarres» ne parvient pas à masquer une approximation de jeu, un manque de coordination au plateau et surtout le fait que l'ensemble se résume à un mille-feuilles, une succession de scènes sans cohérence évidente oscillant entre le grotesque assumé mais pénible (voir la reprise de Shakespeare avec souffleuse improvisée) et le tour de chant maît

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Ciel, mon théâtre !

SCENES | Changements de direction à la tête des théâtres, nouvelles infrastructures, orientations artistiques différentes pour les lieux existants… Ces bouleversements vont-ils modifier en profondeur le paysage théâtral lyonnais ? Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 5 septembre 2011

Ciel, mon théâtre !

Rarement les institutions culturelles lyonnaises, et notamment les théâtres, auront connu de tels bouleversements. Dans un milieu dans lequel les directeurs ont la réputation (et souvent l’habitude) de rester en fonction autant que faire ce peut, parfois bien au-delà du raisonnable, on a assisté la saison dernière à des changements profonds. À l’échelle locale, le plus médiatique fut sans doute celui occasionné, en juillet 2010, par le décès de Philippe Faure, directeur du Théâtre de la Croix-Rousse depuis 1994 et dont la succession a été le révélateur d’un malaise profond chez les metteurs en scène de la région. Dans les semaines qui ont suivi l’annonce de la disparition de Philippe Faure, dix-sept candidats ont fait connaître leur volonté de prendre la direction du lieu. Une grande partie d’entre eux était composée de metteurs en scène à la recherche d’un lieu dans lequel établir leur compagnie, un lieu dans lequel créer leurs spectacles et, finalement, un moyen de sortir d’une forme de précarité. Et le tollé provoqué par la décision de la Ville de Lyon (propriétaire du théâtre) de ne pas lancer d’appel à candidatures pour le recrutement d’un nouveau directeur ne dit pas autre ch

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«Faire entrer le théâtre musical à la Croix-Rousse»

SCENES | Entretien / Jean Lacornerie, nouveau directeur du Théâtre de la Croix-Rousse. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 13 décembre 2010

«Faire entrer le théâtre musical à la Croix-Rousse»

Petit Bulletin : Vous êtes-vous porté candidat pour la direction de ce théâtre ?Jean Lacornerie : Oui, c’était une volonté de ma part de quitter le Théâtre de la Renaissance. J’ai eu l’occasion de parler de cette volonté avec la Ville et j’ai donc décidé de présenter un projet pour prendre la direction du Théâtre de la Croix-Rousse. Quelles sont les grandes lignes de ce projet ?Il s’agit de faire entrer le théâtre musical à la Croix-Rousse. C’est l’objet de mon travail de metteur en scène et je veux en faire l’un des axes forts de ce théâtre. Je veux également inscrire ce théâtre dans la ville et travailler avec les habitants. Je crois beaucoup en des spectacles qui font participer les gens. Il faut construire ensemble sur un plateau et réussir à fabriquer un projet artistique et pas seulement sympathique. Quelle sera désormais la place du théâtre dramatique dans ce lieu ?Un volet consacré au théâtre dramatique est absolument nécessaire. Je souhaite présenter des artistes régionaux à la Croix-Rousse même si, en raison de la taille du plateau, il ne s’agira pas d’artistes débutants mais plutôt d’une sorte de «deuxième émergence», des jeunes

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Broadway sur Rhône

MUSIQUES | Un Réveillon américain à l’Auditorium, ça ne se boude pas. Léonard Bernstein et Georges Gershwin sont à l’honneur avec des extraits de West Side Story et d’un Américain à Paris. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Vendredi 10 décembre 2010

Broadway sur Rhône

Le soir du 31, à l’Auditorium, le public va entendre de belles choses musicales qui collent à nos inconscients collectifs depuis quelques décennies. Léonard Slatkin, à la tête de l’Orchestre national de Lyon pour cette soirée exceptionnelle, est attendu avec joie pour ce programme cotillon, serpentins et autres bulles musicales, lui qui remplacera Jun Märkl à la tête de l’Institution à partir de la saison 2011-2012. Cette soirée sera l’occasion d’entendre des extraits de West Side Story et d’un Américain à Paris ; plongeons-nous donc dans le contexte où ces œuvres ont émergé. Créé en 1957, inspiré de Roméo et Juliette, transposé dans un univers contemporain new-yorkais, West Side Story a tout d’abord divisé le public et la critique. Sur scène, des gangs s’affrontent, les américanos contre les portoricains et la critique trouve l’œuvre trop violente et trop crue. Le compositeur, Léonard Bernstein, veut simplement redonner un souffle à cette tragique histoire et affirmer un discours jeune, violent. Bien sûr, en filigrane, le compositeur dénonce et critique un système américain incapable d’intégrer ses jeunes immigrés. La musique de Bernstein se veut révoltée, puissante, sensuelle, to

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Il voulait jouer cabaret

SCENES | Entretien / Jean Lacornerie, directeur du Théâtre de la Renaissance (à Oullins) présente Tempo Cabaret, la première édition d’un festival dédié au cabaret, sous toutes ses formes. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Vendredi 4 septembre 2009

Il voulait jouer cabaret

Petit Bulletin : Pourquoi vous lancer dans l’organisation d’un festival de Cabaret ?Jean Lacornerie : Cela fait longtemps que nous programmons du théâtre musical à la Renaissance et nous avions envie de «marquer le coup» avec un festival. Le cabaret est une forme que le public adore, et nous aussi ! J’ai voulu interpréter l’idée du cabaret en m’appuyant sur deux notions : l’adresse au public et la générosité inhérente à cette forme. Vous ne vous contentez pas de proposer du «vrai» cabaret travesti… Non, il y aura du cabaret travesti, mais on va également explorer l’opéra et même les musiques électroniques. Avez-vous l’ambition de proposer un «panorama» du cabaret ?Non, je ne souhaite plutôt montrer que le théâtre musical vient se loger dans beaucoup de niches. Tempo Cabaret pourrait donc être une sorte de photographie de l’état du théâtre musical. En termes pratiques, comment va se dérouler le festival ?L’idée, c’est qu’il se passe au moins trois événements par soirée, du jeudi 10 au dimanche 13 décembre. Nous allons investir le Bac à Traille à Oullins, transformé en lieu de représentation et le Clacson pour les scènes ouvertes.

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De Broadway à Oullins

MUSIQUES | Comédie musicale / Jean Lacornerie met en scène pour la première fois en France "Lady in the dark", une comédie musicale qui révolutionna Broadway en… 1941. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Vendredi 18 avril 2008

De Broadway à Oullins

On sait que les ondes de choc entre les États-Unis et la France sont lentes, lourdes, voire hypocritement inexistantes. Il a donc fallu attendre 2008 et un directeur de théâtre fou de comédies musicales pour entendre un chef-d’œuvre écrit il y a plus de 60 ans ! On connaît le duo Kurt Weill / Bertolt Brecht, leur façon de travailler, l’un compositeur de génie, l’autre dramaturge d’exception. Leur fameux Opéra de quat’sous n’est plus a présenter. On connaît beaucoup moins le trio Kurt Weill / Moss Hart / Ira Gershwin (le grand frère de l’autre…) qui fit exploser les codes de la comédie musicale avec cet objet insolite et inédit Lady in the dark. L’intrigue est d’une modernité troublante : à New York, Liza Elliot, la rédactrice en chef d’un grand magazine de mode, a tout pour être heureuse : amour, succès, fortune. Mais voilà, elle est déprimée et se résout à consulter un analyste célèbre. Dans le secret de son cabinet comme dans son travail, elle ordonne et résiste. Seuls ses rêves remplis de musiques lui permettent de s’évader. Questions presque prémonitoires : la place de la femme qui, confrontée au pouvoir ne sait qu’adopter les codes masculins, la liberté individuelle, l’e

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