Les 10 concerts à voir en mai

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 mai 2016

Photo : © DR


Harold Martinez

Alors que l'on vient d'apprendre la venue à l'automne du Wovenhand de David Eugene Edwards, on pourra patienter durant ce mois de mai avec son plus proche cousin, pour ne pas dire frère en blues et visqueux. Visqueux au bon sens du terme car cette musique plus habitée qu'une masure aux mille fantômes se nourrit aussi à des milliers de kilomètres de distance (Harold Martinez vient de Nîmes) du même vibrato indécrottable de maître vaudou que celui de Mr Edwards. Une fois qu'elle vous a piqué, vous voilà zombifié.

Au Kraspek Myzik le jeudi 12 mai


Me First and the Gimme Gimme Gimmes

Il y a des super-groupes, des groupes à concepts, des cover band, eh bien Me First and the Gimme Gimme Gimmes est les trois à la fois, poussant les trois bouchons dans leurs plus improbables extrémités. Qu'on s'accroche, ce punk band (formé de membres de Lagwagon, No Use for a Name ou NOFX) a sorti des albums des reprises thématiques (les comédies musicales, le r'n'b, les divas), enregistré un live durant une bar-mitsva, collé un riff d'Offspring sur une chanson traditionnelle juive et se plaisent à tordre les paroles des plus grands classiques de la pop et de la variété. N'importe quoi ? Oui. Et c'est le but.

Au Jack Jack le jeudi 12 mai


Les Innocents

En l'espace d'une année, avec leur magnifique Mandarine, album d'un come-back guère attendu mais pour le moins réussi, opéré dans la plus grande simplicité (quelques chansons et la vérité, cela suffit souvent), Les Innocents, loin d'avoir fait le tour du sujet, auront au moins fait le tour de Lyon. Concert de rappel pour les plus assidus ou de rattrapage pour les plus étourdis, les voici cette fois, pour leur troisième passage, au Kao.

Au Kao le jeudi 12 mai

Aquagascallo

Nom valise à emporter en tournée en couchant de préférence dehors, Aquagascallo c'est un petit bout d'histoire de la pop française commençant avec Hyperclean, se poursuivant avec Aquaserge (puis épisodiquement avec Tame Impala, Forever Pavot, Melody's Echo Chamber, Dorian Pimpernel) et empruntant des sentiers solitaires. Il y a quelques temps, Benjamin Glibert (émargeant toujours chez Aquaserge, Julien Gasc et Julien Barbagallo se sont retrouvés pour reprendre des titres d'Aquaserge mais aussi des deux derniers cités. Le couvert est remis par ces piliers porteurs du collectif La Souterraine. Drôle de cocktail à déguster sans modération. Avec en guise d'apéritif, les désormais indispensables Odessey & Oracle.

Au Sonic le samedi 14 mai

The Skatalites

Légendaire formation venue de Jamaïque, The Skatalites poursuit sa mission en propulsant tout autour de la planète le son des swinging sixties de Kingston, de génération en génération. Soit un ska sexy, virtuose, empreint de sonorités américaines (rhytm'n'blues, jazz bebop) au service d'un répertoire impeccable incluant les plus grands classiques de l'île.

Au Kao le dimanche 15 mai


Grimme

On a découvert Grimme à l'occasion d'une série d'articles sur les préselections du Printemps de Bourges et, immédiatement, ce talent inouï nous a frappé (difficile d'oublier un titre comme Lorship Lane, présent sur son premier EP). D'autant plus que l'intéressé avait évolué dans des sphères bien plus turbulentes et bruyantes du rock local (Azrael, XxMariani) que cette inclassable pop ouvragée livrée sous ce nom aux accents de conte. Point de meilleure occasion que de découvrir, si ce n'est déjà fait à l'occasion de la release party de son premier album, en version orchestrale.

À Bizarre ! le vendredi 20 mai


Françoiz Breut

Même quand elle est produite par Adrian Utley (Portishead), ce qui s'entend bien, même quand ses atmosphères évoquent les thèmes burtoniens de Danny Elfman, même quand elle parle zoologie, comme c'est le cas sur le récent Zoo, donc, Françoiz Breut fait du Françoiz Breut. Et même quand Françoiz Breut fait du Françoiz Breut, cette petite poésie évoquant la magie menue des boîtes à musique, on ne s'en lasse pas. Qui plus est, en concert son charme ondulatoire est toujours aussi envoûtant. Et pour le coup raccord avec le magnétisme lynchien de ses voisins d'un soir Elysian Fields.

À l'Epicerie Moderne, avec Elysian Fields, le mecredi 25 mai

Baptiste W. Hamon

Il ne sera pas seul sur scène qu'il partagera avec O et Nicolas Michaux mais enfin ça y est, voilà enfin Baptiste W. Hamon à Lyon. Depuis le temps qu'on l'attendait. Certes, ce countryman d'AOC 100% française à la langue de chez nous mais à la psyché française avait frôlé la capitale des Gaules lors des Nuits étoilées de Dardilly (voir Petit Bulletin n°826). Mais on ne l'avait jamais vu intra-muros, d'autant qu'entre temps, Hamon a sorti son premier long format, enregistré à Nashville chez un membre de Lambchop avec Will Oldham en invité d'honneur. C'en est un que nous font les programmateurs lyonnais en invitant ce (jeune) grand monsieur.

Au Marché Gare, avec O. et Nicolas Michaux, le jeudi 26 mai

Steve Gunn

C'est avec une régularité plutôt métronomique que Steve Gunn organise ses passages à Lyon. À un jour près, il se sera passé tout juste un an depuis son dernier passage au Sonic. Ce qui laisse une nouvelle chance à ceux qui le ratent avec la même régularité. Gunn c'est le troisième larron de l'ex-triumvirat formé Adam Granduciel (The War on Drugs, qu'on attend toujours de pied ferme) et Kurt Vile. C'est beaucoup de psychédélisme mais jamais chargé et une inspiration au cordeau. Un Gunn qui tire en plein cœur mais des fleurs plutôt que des balles. Fut-ce des fleurs à épine.

Au Sonic le vendredi 27 mai

Tambour Battant

Ce duo est l'un des plus passionnants de la scène électronique française : ultra actif sur la scène bass music, il délivre des lives calorifères où leur énergie décuple celle d'un dancefloor acquis à la cause, dans un feeling très rock'n'roll aux infrabasses omniprésentes. Non content d'affoler les scènes, la paire a aussi monté un label réputé, Château Bruyant, dont les fers de lance sont aussi à l'affiche de cette soirée : Niveau Zéro le king du dubstep made in France, The Unik et Nikitch, l'un des chouchous de Gilles Peterson.

Au Ninkasi Kao le vendredi 27 mai


Harold Martinez + Zacharie

Folk blues
Kraspek Myzik 20 montée Saint-Sébastien Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


The Skatalites + Ackee Saltfish


Le Kao Ninkasi Gerland, 267 rue Mérieux Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Les Innocents

Le Kao Ninkasi Gerland, 267 rue Mérieux Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Aquagascallo + Odessey & Oracle

Sonic En face du 4 quai des Étroits Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


O + Nicolas Michaux + Baptiste W. Hamon

Marché Gare 34 rue Casimir Périer Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Maître Grimme

Pop | Victor Roux aka Grimme nous avait sacrément tapé dans l'oreille avec son EP de 2015 et son album de 2017, The World's is all wrong but it's allright, qui (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 juin 2021

Maître Grimme

Victor Roux aka Grimme nous avait sacrément tapé dans l'oreille avec son EP de 2015 et son album de 2017, The World's is all wrong but it's allright, qui l'avaient installé, en ce qui nous concerne du moins, comme un des plus beaux artisans de la pop hexagonale chiadée. Et l'on était assez impatient de la suite aux annonces répétées de son changement d'idiome, le musicien passant de l'expression en anglais (alpha et oméga de la pop) à l'oral de français. Non sans une certaine appréhension. Totallement dissipée à l'écoute d'Un hôtel une étoile en 2020 et plus encore avec la sortie ce printemps d'Un manteau pour l'hiver, où la puissance cinématographique de ses chansons, l'onirisme de ses arrangements continuent de tisser une œuvre singulière, un monde à part. Grimme, Un manteau pour l'hiver (Vibrations sur le fil / Inouïe distribution)

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Festival Ninkasi : par ici la rentrée ?

Ninkasi | Histoire d'attaquer la saison automnale à la gorge et peut-être de forcer le destin des concerts post-Covid, le Ninkasi a remis sur la table son festival de rentrée, avec les moyens du bord mais pas mal de talent, dans l'organisation et sur scène. 34 artistes, 20 lieux, 97% de locaux, 100% de fun. Et surtout des concerts, nom de dieu !

Stéphane Duchêne | Mercredi 15 juillet 2020

Festival Ninkasi : par ici la rentrée ?

Alors, certes on ne sait pas si la saison automnale aura lieu mais son lancement lui, oui — enfin si tout va bien — grâce au Festival Ninkasi, qui se veut depuis sa création l'an dernier le starter de la saison. Peut-être faut-il y voir pour le brasseur de bière et de culture, une manière de forcer le destin. De rester positif et de conserver quelques perspectives comme le clame le patron Christophe Fargier. Bien sûr, le Ninkasi a dû s'adapter à la situation et c'est une programmation en circuit beaucoup plus court (pas d'internationaux, parce que Covid, frontières et tout le bazar) qui s'annonce — et même plus que cela puisqu'on compte 97% de locaux, chiffre officiel confié par Fabien Hyvernaud, directeur général de Ninkasi Musiques qui s'exprime ci-dessous —, constitué notamment de quelques reports de concerts du printemps mais pas que. Pour tout voir du 5 au 13 septembre, il faud

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Les Chansons de l'Innocence

Pop | Confirmant, cinq ans après Mandarine, leur retour aux affaires, les Innocents font de 6 1/2 le terreau de la confrontation de talents plus habiles à se vivre dans l'exponentiel que dans la simple addition.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 janvier 2020

Les Chansons de l'Innocence

Quelle fut belle cette reformation des Innocents, du moins de ses deux têtes pensantes, Jipé Nataf et Jean-Christophe Urbain, il y a cinq ans maintenant. Parce qu'on retrouvait bien entendu avec joie et tendresse ces deux orfèvres pop, auteurs dans la confrontation de leurs innocences, de quelques unes des plus belles pages de la pop française de la fin du siècle dernier. Mais surtout parce qu'on sentait là un pas de deux précautionneux, quelque chose comme une parade amicale, une relation qu'il fallait retisser en douceur, sans maladresse. Cela avait donné Mandarine, plus proche de ces Innocents en demi-teinte dénichés jadis en regardant derrière l'évidence de ces tubes 90's qui avaient tant séduit les radios et colonisé les cerveaux. Il s'agissait alors pour le duo, en composant tout à deux, d'avancer dans le consensus, de

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Baptiste W. Hamon : « changer pour ne pas rouiller »

Chanson country | Artisan d'une country marquée par l'Americana, chantée dans la langue de Barbara, Baptiste W. Hamon s'en écarte pourtant sur le très beau Soleil, Soleil Bleu, ouvert à d'autres sonorités. Il s'en explique avant son passage à À Thou bout d'chant.

Stéphane Duchêne | Mardi 1 octobre 2019

Baptiste W. Hamon : « changer pour ne pas rouiller »

À l'écoute de tes disques, il semble que tu aies grandi avec dans une oreille une radio branchée sur la chanson française à l'ancienne et dans l'autre une platine vinyle diffusant de la country... Baptiste W. Hamon : Il y a un peu de ça, en effet. J'ai commencé à écouter du folk et de la country à 17-18 ans : Johnny Cash, Townes Van Zandt, John Prine. Je découvrais un monde qui me fascinait, des poètes extraodinaires. J'ai longtemps trouvé ringarde la vieille chanson française qu'écoutaient mes parents, jusqu'à me rendre compte que l'équivalent d'un Van Zandt ou d'un John Prine en France dans les années 60-70 c'était peut-être Barbara, Moustaki ou Reggiani. Ç'a été quelque chose de très libérateur, parce qu'écrivant alors en anglais, j'étais frustré par les limites que m'imposait une langue qui n'était pas la mienne, de ne pas pouvoir pousser le texte au plus loin. Grâce à eux j'ai pu commencer à m'exprimer vraiment. Sur Soleil, Soleil Bleu, ton deuxième album, tu sembles néanmoins t'écarter

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Steve Gunn, ombre est lumière

Folk | Éternel second couteau, brillant, affûté et du meilleur métal, certes, Steve Gunn n'est jamais vraiment parvenu à imposer une personnalité qui semblait attirer l'ombre. C'est peut-être enfin le cas sur The Unseen in Between, album de deuil qui paradoxalement semble assumer de chercher la lumière.

Stéphane Duchêne | Mardi 26 mars 2019

Steve Gunn, ombre est lumière

On s'est peut-être mépris sur Steve Gunn. Car en dépit du mini-culte dont le guitariste fait l'objet dans certains cercles indés et chez les amateurs de folk pointu, le Philadelphian n'a jamais vraiment dépassé sa réputation d'homme-lige des démiurges Adam Granduciel (The War on Drugs), Kurt Vile et Kevin Morby ou d'héritier putatif mais discret d'un Michael Chapman (légende qu'il a épaulé pour son disque du cinquantenaire de carrière notamment), d'un John Fahey et de l'American primitive guitar ou, si l'on regarde de ce côté ci de l'Atlantique, d'un Bert Jansch. Ce, malgré une œuvre en solo considérable marquée par des disques importants. Sans doute parce que, comme on le disait dans un précédent article, Steve Gunn semblait n'avoir « que faire de sa surcompétence », ou du moins ne pas savoir qu'en faire, ne pas totalement parvenir à s'assumer en songwriter à part entière. Entendons par là : à s'impliquer personnellement et complètement, à mettre autre chose sur

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En bonnes voix

Festival | Centrée sur dix lieux de la belle Calade autour de Villefranche, le Festival Nouvelles voix en Beaujolais s'offre une fois encore, du 12 au 18 novembre, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 novembre 2018

En bonnes voix

Centrée sur dix lieux de la belle Calade autour de Villefranche, le Festival Nouvelles voix en Beaujolais s'offre une fois encore, du 12 au 18 novembre, une belle moisson de talents en devenir et parfois même un peu installés dont certains affichent déjà complets comme les coqueluches (belges) du moment Angèle et Tamino. Mais que les gourmets se rassurent ils pourront satisfaire leur curiosité de bien des manières et sur bien des esthétiques : du hip-hop de la véloce Tracy de Sá à la ténébreuse chanson électro de Terrenoire, de l'électro pop androgyne de Malik Djoudi à la country francophone de l'excellentissime Baptiste W. H

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Les Contes de Grimme

Pop | Petit prodige pop lyonnais et maître dans l'art du teasing, Victor Roux aka Grimme l'est aussi dans celui de la composition et des arrangements. Après avoir fait mariner ses suiveurs, il livre enfin un premier album lumineux : The world is all wrong but it's all right.

Stéphane Duchêne | Mardi 28 mars 2017

Les Contes de Grimme

Voilà deux ans que Grimme tourne sur nos radars, entre présélection aux Inouïs du Printemps de Bourges, EP impeccable, concerts aventureux (une date à Bizarre! avec un orchestre de quarante musiciens), et un art du vidéo-clip et de l'artwork plutôt avancé, censé vous circonscrire un univers. Deux années passées à l'affût d'un premier long format synonyme de nouvelles chansons, qui ont su se faire attendre. Or voilà que la chose arrive enfin puisque le dénommé Victor Roux a accouché de The world is all wrong but it's all right. Accouché c'est bien le mot puisque sur le premier titre, celui qui donne son intitulé à l'album, on peut entendre un nourrisson pleurer au second plan d'un morceau qui, entre tocades de pianos et cuivres éplorés quasi morriconiens, promet le meilleur pour la suite. À savoir : onze morceaux impeccables, série ininterrompue de gestes pop réussis. Définition à l'emprunt fitzgeraldien pour cerner une personnalité musicale et la classe qu'elle se trimballe. Machine à rêves

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Insomniaque

MUSIQUES | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 18 octobre 2016

Insomniaque

22>10>16 NINKASI KAO EZ! #43 Amateurs de bass music, cette soirée va vous combler : c'est un best of du label Château Bruyant qui est ici convié, avec celui qui est sans doute le meilleur représentant du dubstep dans nos contrées, Niveau Zéro, accompagné d'un duo calorifère sur scène (Tambour Battant), d'un DJ passionnant repéré par Gilles Peterson (Nikitch) et enfin de The Unik : clairement pas une nuit pour âmes sensibles, mais les adeptes de breaks tropicalisés et de basses massives vont se caler sur le beat. Heavy. 22>10>16 LE PETIT SALON KEVIN SAUNDERSON Voici venir le quota de légende techno hebdomadaire dans la ville : et pour le coup, c'est rien moins que l'un des trois fondateurs du genre à Détroit, Kevin Saunderson, qui fait une halte au Petit Salon... On lui doit ce qui est devenu un mouvement de masse, mais aussi quelques hits absolus continuant de réveiller n'importe quel dan

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Belle de journées

Festival | Peut-être est-ce parce que la période sent bon la rentrée, les cahiers neufs et le retour des ennuis domestiques, mais il semble qu'une fois de plus les (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 8 septembre 2016

Belle de journées

Peut-être est-ce parce que la période sent bon la rentrée, les cahiers neufs et le retour des ennuis domestiques, mais il semble qu'une fois de plus les effectifs de la classe 2016 de ces Belles Journées sises en terre berjalienne, ont comme un goût de tête de classe, de best-of de la dernière année scolaire, de revue de bêtes à concours, de troupe d'élite pour classe prépa rock. Entre (nos) chouchous de longue date (Mensch, Harold Martinez) dont on ne sait plus très bien s'ils accompagnent notre évolution ou nous la leur, nos coups de foudre plus récents (Grand Blanc, Rover) annoncés mais convertis tout de même en grande claque, celle de la surprise de surpasser nos attentes (l'album de Grand Blanc, le second LP de Rover) et valeurs sûres indéboulonnables de la chanson française comme Arman Méliès (on repense avec émoi à son grand incendie), le culte Dominic Sonic ou La Grande Sophie encore, on compte quelques valeurs montantes comme Broken Back. Parmi elles, s'il faut se pencher sur un espoir à chérir, ce s

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Les 10 concerts à voir en septembre

Musique | La concurrence (ou les confrères) prenant leur temps pour redémarrer la saison en mode diesel, c'est une certaine péniche du quai des Étroits, qui ce mois-ci fait figure de bon élève boulimique, alignant comme des perles les concerts de musique pas comme les autres. Septembre sera (surtout) Sonic ou ne sera pas.

La rédaction | Jeudi 1 septembre 2016

Les 10 concerts à voir en septembre

Daniel Romano Les fans hardcore de l'ancien Daniel Romano ont sans doute eu du mal à reconnaître leur protégé canadien lorsqu'ils ont posé l'oreille sur Mosey, son dernier album, puis constaté qu'il avait troqué le costume de dandy à Stetson – et les chansons crincrin qui allaient avec – pour une veste de jogging. Finie (pour le moment) la country pliant (magnifiquement) le genou devant les figures d'Hank Williams ou Merle Haggard, Romano a ici sorti le couteau suisse musical et donne l'impression de balayer d'un revers de main sa discographie précédente à coups de pop cinématographique, emphatique ou intime, reliant par la grâce du fil invisible d'un songwriting impressionnant Morricone, Dylan, Newman, Hazlewood. Et surtout l'ancien Daniel avec le nouveau, génial dans toutes les configurations. Au Sonic le mardi 13 septembre

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Françoiz Breut dans l'espace

Pop | Avec un album léger comme l'air, baptisé Zoo, Françoiz Breut livre un nouveau chapitre d'une cartographie des sentiments en forme de contes de fées valant tickets pour l'infini étoilé.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mai 2016

Françoiz Breut dans l'espace

Les amateurs de cette Miss courant d'air, passant comme le Brr de son nom dans nos oreilles depuis plus de 20 ans, ne le savent que trop bien : la discographie de Françoiz Breut est pour une large part une cartographie spatio-temporelle étalée sur 20 à 30 000 jours. Françoiz aime les lieux, les villes (Portsmouth, Tarifa, Bruxelles...), y compris les villes allongées sur le dos, les terrains plus ou moins vagues, les ravins et les routes, peut-être parce qu'elle aime avoir La vie devant soi autant que derrière et par dessus tout avoir Le don d'ubiquité. C'est parce que d'une certaine façon et d'une façon certaine, la jeune femme est toujours dans La Conquête, titre du morceau qui ouvre son dernier album, Zoo, au texte sibyllin et cosmique, l'amour « qui brille comme une étoile énigmatique où la lumière ne s'éteint jamais ». Conquête spatiale car pour emballer cet univers d'où bruine la poussière d'étoiles, il y a la production de l'astronome de Porstishead, Adrian Utley, oscillant entre trip-hop vaporeux, doux dub aux résonances western (Loon-plage) et atmosphères à la Danny Elfma

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La dream pop de Grimme

Pop | Est-ce la preuve qu'avec l'âge, pourtant pas bien avancé, on s'adoucit ? Ou celle que le talent permet non seulement de bouffer à tous les râteliers mais (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 17 mai 2016

La dream pop de Grimme

Est-ce la preuve qu'avec l'âge, pourtant pas bien avancé, on s'adoucit ? Ou celle que le talent permet non seulement de bouffer à tous les râteliers mais surtout de s'asseoir aux plus belles tables ? Toujours est-il que quand un ancien noiseux lyonnais dévoile son côté pop, ça fait son effet, comme Cédric de La Chapelle, passé de la noise savante de S. à la soul-pop dévastatrice née de sa rencontre avec le regretté Slow Joe. Victor Roux, lui, a produit des décibels en cascade et quinconce chez Azrael ou les déflagrants XX Mariani aux côtés de Laurent Lamarca avant d'opérer avec Grimme un surprenant virage esthétique à 360° dont les échos nous parviennent depuis bien deux ans. Un projet musical dans lequel l'image tient une place prépondérante puisque Victor pratique aussi les arts numériques et chaque morceau de l'album à paraître cet automne sera jumelé d'un clip — c'est déjà le cas de Lordship Lane. Mais le fait est que ses chansons (Painting Flowers, As friends of Fighters) sont telles, si belles, qu'elles produisent leurs p

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The Skatalites : l'orchestre national de la Jamaïque

Train to Skaville | Les mythiques Skatalites, qui ont façonné un son typiquement jamaïcain, nourri du rythme ska et d'emprunts au bebop, sont de passage au Ninkasi Kao.

Sébastien Broquet | Mardi 10 mai 2016

The Skatalites : l'orchestre national de la Jamaïque

Nous sommes en 1963, à Kingston, du côté de Brentford Road. Là, une bande de jamaïcains se retrouvent tous les jours, jammant ensemble, enregistrant, composant, prenant son temps. Ce n'est pas encore un groupe, mais il s'agit déjà d'une invention majeure : Clement Coxsone Dodd avait à ce moment-là décidé de monter son propre studio et de sortir en 45t les titres que les musiciens le squattant lui donnaient, a contrario d'une méthode alors en vogue : adapter les succès de la soul américaine. En laissant ouvert ce studio à un groupe maison, les laissant imaginer et inventer, il créa un précédent notoire. Car ce groupe devint The Skatalites et lança totalement le ska, qui restait alors discret même si les radios l'adoptèrent rapidement, friandes de ce rythme rapide, qui plus est produit localement. Ceux qui formaient ce groupe, de Jackie Mitoo le génial organiste à Don Drummond le légendaire tromboniste, en passant par le trompettiste Ba Ba Brooks, le bassiste Lloyd Brevett (qui fut l'un des premiers à troquer sa contrebasse pour la basse électrique, révolutionnant là encore la musique locale en ralentissant son jeu et amenant par là-même le rocksteady), les chanteurs Lo

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Aquagascallo, belle bête underground

Pop | Hydre à trois têtes pop psychédélique, Aquagascallo est né de l'esprit de trois éminents membres du collectif/label/labo La Souterraine. Et poursuit pour quelques temps sa petite vie de super groupe éphémère. Profitons-en avant que la créature ne disparaisse à jamais.

Stéphane Duchêne | Mardi 10 mai 2016

Aquagascallo, belle bête underground

Ils sont trois, ils sont toulousains, ils sont musiciens et ont décidé de réunir leurs talents au sein d'un super-groupe dont le nom combine les appellations, patronymes et sobriquets de chacun afin de chanter ce que l'on appellera leurs grands succès. Émile & Images ? Non. La créature à laquelle il est fait référence ici, Aquagascallo, est un peu moins effrayante en dépit de son nom à coucher dehors (encore qu'Émile & Images ne soit pas un nom qui garantisse de coucher sous abri), et pourrait s'il existait une telle profession beaucoup intéresser les cryptozoologistes du rock. Car Aquagascallo est un groupe sans en être un, existe sans exister, un groupe imaginaire qui monte sur scène pour de vrai. Résumons- nous : dans Aquagascallo, il y a Aqua comme dans Aqua Serge (représenté ici par Benjamin Glibert), Gasc, comme dans Julien Gasc (dont on vous a déjà vanté le Cerf, biche et Faon, et allo comme dans Julien Barbagallo, également membre de Tame Impala. Les trois musiciens toulousains qui se

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Elysian Fields et Françoiz Breut

MUSIQUES | Fascinante théorie des degrés de séparation mise en application par l'Épicerie Moderne. Françoiz Breut collabora en son temps avec Calexico (à Feyzin en avril). (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 2 mars 2016

Elysian Fields et Françoiz Breut

Fascinante théorie des degrés de séparation mise en application par l'Épicerie Moderne. Françoiz Breut collabora en son temps avec Calexico (à Feyzin en avril). Lesquels collaborèrent avec Jean-Louis Murat sur son fameux Mustango où l'on retrouvait également (de même que sur l'album Bird on a Poire) Elysian Fields. Ce sont bien la première et ces derniers qui feront scène commune le 25 mai, une scène déjà foulée par chacun d'eux, pour présenter respectivement leurs 6e et 10e albums.

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Baptiste W. Hamon et sa chanson de pays

MUSIQUES | Aux Nuits Givrées à Dardilly, se produira une étrange créature de la scène folk française : Baptiste W. Hamon ; genre de Townes Van Zandt chantant dans la langue de Barbara une country 100% Americana aux accents made in France. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 2 février 2016

Baptiste W. Hamon et sa chanson de pays

D'usage, les countrymen portent des casquettes siglées de marques d'outillage, de bières, ou de tout ce qui fait signe d'Americana. Baptiste W. Hamon porte bien une casquette de ce genre. Mais dessus, il est inscrit chablis, ce fameux vin de l'Yonne tant célébré par Guy Roux. Cela suffit à symboliser l'univers de Baptiste W. Hamon, celui d'une country, en français, qui sent davantage le chablis que le bourbon de Virginie. C'est pourtant par l'anglais que Baptiste a commencé d'assumer son amour de l'Americana, avec le groupe Texas in Paris. Avant de s'apercevoir que ce français qui lui servait à noircir depuis longtemps des cahiers de poésie n'était pas antinomique avec un genre qui consiste à raconter des histoires, souvent intimes, même quand il s'agit d'évoquer les autres. Ce choix radical, si difficile voire impossible à faire pour nombre de ses congénères, est chez lui un non-choix parce qu'il est évidence. Hamon ne cherche ni à gommer ses aspirations américaines (il a d'ailleurs joué au festival SXSW et enregistré au Texas), ni ses réflexes de chanteur français. Jamais il ne s'agit de franciser un folklore américain, encore moins d'épicer à la sauce US

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Le beau geste frère des Innocents

MUSIQUES | Loin du tapage, JP Nataf et Jean-Christophe Urbain ont ravivé avec l'impeccable "Mandarine" la flamme mélomane des Innocents. Réhabilitant au passage le souvenir parfois faussé d'un groupe qui compte au final beaucoup plus que l'enfilade de tubes pop livrée deux décennies durant.

Stéphane Duchêne | Mardi 13 octobre 2015

Le beau geste frère des Innocents

Chienne de vie. Vraiment. Quand on voit la vitesse à laquelle s'est rempli le Transbordeur à l'annonce d'un concert surprise des Insus (soit Téléphone reformé en mode clando pour faire genre) et qu'on constate avec quelle discrétion est accueilli le retour des Innocents, eh bien messieurs dames, on vous le dit comme on le pense, quelque chose branle dans le manche, il y a du mou de veau dans l'hygiaphone et le monde est décidément «aussi parfait qu'il est plat» – c'est-à-dire surtout plat. Parce que, si on peut se permettre de parler un peu musique, les Innocents c'est quand même un autre Finistère que Téléphone. Ironique, quand on songe que les deux groupes ont été portés par une ribambelle de tubes dopés par les radios. Sauf que. Concernant Téléphone, il y a les tubes, taillés pour les stades ou les soirées quadras qui dégénèrent après minuit, mais c'est tout. Du côté des Innocents, il y a les tubes aussi, mais ceux-ci cachent un énorme malentendu. Geste frère, frères de geste Car lorsqu'on écoutait, dans les années 80-90, tous leurs hits (on vous fait grâce de la liste), on n'écoutait pas vraiment. On se laiss

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Rentrée musique : 20 concerts à ne pas manquer

MUSIQUES | De mémoire de rats de salle de concert, cette rentrée musicale est l'une des plus chargées que la ville ait connue. Qu'à cela ne tienne, ce ne sont pas dix concerts que nous vous avons tagués comme "incontournables" cette année, mais une vingtaine. Faites chauffer les boules Quiès.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 septembre 2015

Rentrée musique : 20 concerts à ne pas manquer

Aline / Tigran / Jay Jay Johanson / Is Tropical Après avoir bu et dansé jusqu'à plus soif, bien profité de la belle hype initiée par Regarde le ciel, les Ex-Young Michelin ont pris la route du studio ICP de Bruxelles (temple du rock contemporain) à la rencontre de Stephen Street, mythique producteur et/ou ingénieur des Smiths (il fut le sage-femme de The Queen is Dead, t'as qu'à voir !), de Morrissey et de quatre albums de Blur. Le résultat, bien inspiré (et intitulé La Vie électrique), dégouline forcément de guitares cristallines et de rythmiques 80's dévalées en frenchy dans le texte. Quelque part entre les Smiths donc, les Triffids et un Daho d'époque moins daté. Aline est là, manquerait plus qu'elle revienne. Stéphane Duchêne Le 9 octobre au Marché Gare C'est un fait, le Tigran est un genre de prodigieux caméléon musical dont le génie serait profondément agaçant s'il n'avait pas la mansuétude d'en faire profiter les autres. Ce pianiste jazz (sur le papier uniquement), on l'a connu sous

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Steve Gunn, au top du folk

MUSIQUES | La dernière fois où l'on s'est fait engueuler en public, c'était à cause de Steve Gunn, quand un scénariste BD lyonnais armé d'une bière nous a lâché : «C'est (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 26 mai 2015

Steve Gunn, au top du folk

La dernière fois où l'on s'est fait engueuler en public, c'était à cause de Steve Gunn, quand un scénariste BD lyonnais armé d'une bière nous a lâché : «C'est quand même incroyable que tu ne sois pas venu à Steve Gunn la dernière fois, c'est vachement bien, t'as intérêt à venir quand il repasse en mai.» Steve Gunn de retour, on a donc coché la case dans notre calendrier, et pas seulement à cause de cette injonction. Parce qu'aussi c'est "vachement bien" (et l'on pourrait presque s'arrêter là). La musique de Steve Gunn est celle d'un maître zen qui n'a que faire de sa surcompétence. Proche d'Adam Granduciel (The War on Drugs) et de Kurt Vile qui lui voue un véritable culte, Gunn est le dernier des trois à faire parler de lui par ici. Cela fait pourtant pas loin de dix ans qu'il aligne les albums lumineux, jusqu'à Way Out Weather l'an dernier, chef-d'œuvre d'aboutissement pour ainsi dire, qui le voit transposer les mélodies et les structures musicales des Appalaches et, avec elles, les Appalaches tout entières, en un autre cosmos – le tout depuis Brooklyn. Renversantes par l'évidence cachée derrière leur sophistication, ses psych-folk-songs do

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Le Circuit Nuits Sonores 2015 en trois étapes

MUSIQUES | Trois étapes du Circuit Nuits Sonores à ne pas manquer : Warm Soda au Marché Gare, Blawan au Petit Salon et Somaticae au Sonic. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

Le Circuit Nuits Sonores 2015 en trois étapes

Étape 7 La musique à guitares n'ayant quasiment pas droit de cité dans la programmation "officielle" de Nuits Sonores cette année, c'est (notamment) du côté du Marché Gare qu'il faudra zoner pour se faire un fix d'électricité. Á l'affiche : le blues à seize chevaux-vapeur d'Harold Martinez, le post-punk du troisième type (et à effets secondaires) de I Love UFO et, surtout, le garage à moustaches et frisottis 70's de Warm Soda – emmené par l'ex Bare Wires Matthew Melton, proche du regretté Jay Reatard. Et Maria Rockmore, la plus rock'n'roll des selectas à chromosomes XX – aucun rapport avec le bon Jamie.

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La nuit de Château

MUSIQUES | «Ne jamais faire confiance à un type qui après avoir été un punk joue de l'électro» prévenaient les Wampas. Didier et ses copains édentés auraient pu formuler le même (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 février 2015

La nuit de Château

«Ne jamais faire confiance à un type qui après avoir été un punk joue de l'électro» prévenaient les Wampas. Didier et ses copains édentés auraient pu formuler le même avertissement à propos d'un metalhead devenu producteur de dubstep, mais ils auraient pour le coup eu tort : le Parisien Niveau Zero a suivi un tel parcours – et arboré un temps une chevelure arachnéenne à faire passer Sinsémilia pour un bataillon d'apprentis Jacques Dessange – sans que cela l'empêche de s'imposer en une paire d'albums, dont le terrible Jasmine, bande-son âcre et tellurique du Printemps arabe, comme un pilier de la bass music hexagonale. Massif le pilier, à l'instar du reste de l'édifice Château Bruyant, du nom du radar à basses fréquences qu'il co-manœuvre avec le duo marseillais Tambour Battant – qui fait dans la ghetto-tech/house/whatever et le fait bien – et auquel le Transbordeur consacrera une "label night" ce samedi 28 février. Outre ces trois châtelains (manque à l'appel The Unik, mais il se ratt

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Le blues est une musique chaude

MUSIQUES | Si l'on pense, au prétexte que – comme disait Jojo – tout vient de là, le blues est uniforme, il convient d'aller faire un tour au festival Grésiblues (dans (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 26 juin 2014

Le blues est une musique chaude

Si l'on pense, au prétexte que – comme disait Jojo – tout vient de là, le blues est uniforme, il convient d'aller faire un tour au festival Grésiblues (dans le Grésivaudan du 29 juin au 4 juillet) pour y applaudir, notamment, deux bluesmen français. Lesquels, enfants, n'ont même pas trempé leurs pampers dans le Mississippi. On découvrira alors toute l'étendue de cette musique, son infini delta, pourtant jailli de la même minuscule source. Mr. Bo Weavil, parti d'un blues tout ce qu'il y a de plus traditionnel, dégaine à présent la trancheuse à jambon pour livrer une musique hybride où les instruments vintages le disputent aux machines, le hip-hop au psychobilly, le naturel à la voix filtrée, rappellant en cela l'une de ses connaissances, Don Cavalli, les deux étant des piliers de la scène blues françaises. De l'autre côté du spectre se situe Harold Martinez, dont on vous a déjà parlé. Harold Martinez, son Dead Man et ses ambiances ad hoc, entre enterrement jarmuschien, prêche vaudou à la 16 Horsepower et transe malaisante qui déch

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Alléchants de mars

MUSIQUES | Festival de chanson française, Les Chants de Mars est à l'image de cette dernière. On y trouve, pour qui a un rapport légèrement problématique à la chanson (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mars 2014

Alléchants de mars

Festival de chanson française, Les Chants de Mars est à l'image de cette dernière. On y trouve, pour qui a un rapport légèrement problématique à la chanson française, à boire et à manger. De la variété benête à la Renan Luce à la grande Françoiz Breut ou Barcella, sorte d'Henri Dès pour adultes qui n'a pas son pareil pour vous forer une mélodie dans le crâne. Des talents installés, comme les french countrymen de La Maison Tellier, mais surtout une invraisemblable armada lyonnaise (et environnante) qui permet de se rendre compte de la richesse quantitative et qualitative de la chanson locale d'expression française.  Le tremplin "Et en plus elles chantent", bien sûr, qui chaque année révèle sa chanteuse d'avenir (ou pas), mais aussi cette année les inévitables Max Lavegie (homme lige de Carmen Maria Vega et figure de Gourmets Recordingz), Reno Bistan, Balmino, Pan (from Grenoble) et comme une cerise sur ce drôle de gâteau, notre chouchou Daisy Lambert, qui ne manque pas de dénoter positivement – mais où diable Daisy ne dénote-t-il pas ? 

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On dirait le sud (sauvage)

MUSIQUES | A Nîmes, il n'y a pas le Mississippi. Pas même le Rhône. Le seul delta qu'on y connaisse est celui des autoroutes A9 et A54. Pourtant la musique d'Harold (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 décembre 2012

On dirait le sud (sauvage)

A Nîmes, il n'y a pas le Mississippi. Pas même le Rhône. Le seul delta qu'on y connaisse est celui des autoroutes A9 et A54. Pourtant la musique d'Harold Martinez sonne comme si il avait grandi dans les sédiments du "Père de l'Amérique", là où, au cœur du bayou de Louisiane, l'eau et la terre ne font plus qu'un, quand l'une ne recouvre pas accidentellement l'autre. Avec son blues sudiste comme un drapeau confédéré, sa voix qui rappelle le David Eugene Edwards de 16 Horsepower et Wovenhand – auquel, on le dit en amateur, il n'a rien à envier en intensité – et charrie la gravité fantomatique et grotesque du Southern Gothic, Martinez aurait pu figurer sur la BO des formidables Bêtes du Sud Sauvage. Sur Birdmum, premier album plein de banjos, de bottleneck et de percussions qui pèsent une tonne (courtoisie de son acolyte à la main lourde Fabien Tolosan), il est ainsi question de faucons, de serpents, de lacs boueux, de pluies acides et plus généralement d'éléments et de sentiments aussi déchaînés que la musique animiste et tellurique qui les raconte. Repéré i

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Just Folk ?

MUSIQUES | Entre découverte musicale (dé)branchée et déambulation urbaine, le Parcours Folk marque la première étape du festival Just Rock ? Et pas la moins intéressante. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 octobre 2012

Just Folk ?

À Lyon, on aime les parcours, les traboulages en tout genre qui vous font dégringoler d'une partie de la ville à l'autre pour y dénicher des trésors insoupçonnés seulement connus de quelque guide à moustache. Sans doute conscient de cette réalité lyonnaise, le festival Just Rock ? a initié en guise d'ouverture son propre Parcours Folk, où il s'agit ni plus, ni moins que de déambuler d'un coin à l'autre de la ville, de lieux improbables en endroits qui le sont moins, à la découverte de petits trésors folk parfois également insoupçonnés mais pas toujours. La règle pour les artistes n'étant pas forcément, comme l'indique l'intitulé de l'événement de jouer spécifiquement du folk, mais de se produire en version acoustique. Pour certains, les folkeux notamment, l'exercice est naturel, ceux-ci ayant rarement l'électricité. Pour d'autres un peu moins mais c'est aussi ce qui fait le charme de l'exercice. Trio féminin, chant, guitare, contrebasse, poussé au conservatoire, Jüne n'aura pas de problème d'adaptation avec son folk jazz entêtant (entêté?), à voir à l'heure du shopping (14h) place des Célestins. Après quoi l'on pourra passer chez le libraire, en l'occurrence Expé

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Françoiz, Dom et les autres : le best-of

MUSIQUES | Le Twenty-Two Bar (1995) avec Dominique A C'est elle qu'on aperçoit au premier plan de la pochette de La Mémoire Neuve. La fille avec la grosse guitare du (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 27 septembre 2012

Françoiz, Dom et les autres : le best-of

Le Twenty-Two Bar (1995) avec Dominique A C'est elle qu'on aperçoit au premier plan de la pochette de La Mémoire Neuve. La fille avec la grosse guitare du clip qui révéla Dominique A au grand public, c'est elle aussi. Le climax d'une fructueuse relation musicale (et un temps amoureuse) avec un Monsieur A qui la poussera vers une carrière solo. Dominique A - Le Twenty-two bar par DominiqueA-Official Ballad of Cable Hogue (2002) et Keeper of the Flame (2012) avec CalexicoSur le live World drifts in, elle chante les couplets en Français du titre phare de Calexico. Elle y reprend aussi Si tu disais en duo avec Joey Burns, qui lui rendra la pareille sur un titre d'Un

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Houle sentimentale

MUSIQUES | Pour reprendre quelque mots de son classique "Si tu disais", et les retourner contre elle : si Françoiz Breut disait «on y va», on n'hésiterait pas, «que (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 27 septembre 2012

Houle sentimentale

Pour reprendre quelque mots de son classique "Si tu disais", et les retourner contre elle : si Françoiz Breut disait «on y va», on n'hésiterait pas, «que ce soit pour une ville ou pour un bled, un bout de terre paumée», pour Le Nord, Porstmouth, Tarifa et même Cherbourg, sa ville natale, alors qu'on n'a jamais de parapluie sur nous. Et même si ce ne devait être que L'Affaire d'un jour, pour elle on se faderait des orchestres de Verre pilé. On la laisserait même jouer au docteur, se livrer sur nous à cette Chirurgie des Sentiments qui donne son titre à son dernier album. On y retrouve, comme sur toute sa discographie, cette sensation de houle sentimentale pour amoureuse insaisissable, ces chansons qui tanguent entre vie à faire et amours défaits, entre clair et obscur (Potron Minet, L'Éclat du jour

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A cœur ouvert

MUSIQUES | Quatre ans après A l'Aveuglette, Françoiz Breut est de retour avec "La Chirurgie des Sentiments" et un concert à l'Epicerie Moderne. À cette occasion, elle se confie de bon cœur sur ce disque du changement dans la continuité. Et sur le reste : la musique, l'écriture, la vie, Bruxelles... Texte et entretiens: Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 27 septembre 2012

A cœur ouvert

La Chirurgie des sentiments est un titre qui pourrait facilement résumer votre discographie...Françoiz Breut : Sans doute parce que je continue d'y décortiquer le sentiment amoureux. Mais j'y parle aussi de plein d'autres choses (rires). Je travaille un peu par phases : les idées arrivent et d'autres par-dessus, puis elles reviennent. Je construis mes textes et mes albums à partir de cette succession d'idées. Quant à la chanson qui donne son titre à l'album, elle parle du fait qu'on a beau essayer d'être rationnel, le cœur est toujours là qui nous fait faire des choses auxquelles on n'aurait pas forcément pensé. Et c'est très bien, parce qu'au fond, on en a besoin. Le premier titre de l'album, BXL Bleuette, est consacré à Bruxelles, où vous vivez. L'amour des villes, la géographie, le voyage, c'est une autre constante de votre œuvre...C'est vrai : depuis le premier disque, je suis passée par Tarifa, par Portsmouth, par Dunkerque. J'ai aussi parlé des villes en général dan

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Françoiz Breut

MUSIQUES | Les dernières fois qu'on avait entendu sa voix, c'était sur un sublime duo enregistré avec Frànçois & the Atlas Mountains, puis sur l'album Tucson Songs (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 14 septembre 2012

Françoiz Breut

Les dernières fois qu'on avait entendu sa voix, c'était sur un sublime duo enregistré avec Frànçois & the Atlas Mountains, puis sur l'album Tucson Songs avec ses complices de Calexico. Françoiz a si souvent été une «deuxième voix» (parce que tous les garçons sont amoureux d'elle et veulent chanter avec) qu'on en oublie presque qu'elle est une figure de proue de la chanson française, la vraie : le véritable pendant féminin de Dominique A, si toutefois les chanteurs marchaient par paire. Écrite à la pointe sèche et chantée d'une voix de satin, les chansons de Mlle Brr piquent autant qu'elles ne caressent. La preuve avec l'album qui accompagne cette tournée, quatre ans après À l'Aveuglette, le trop bien nommé La Chirurgie des Sentiments dont le premier extrait Werewolf nous a déjà arraché le cœur d'un coup de patte. Françoiz BreutÀ l'Epicerie ModerneJeudi 4 octobre

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Le Blues de la rentrée

MUSIQUES | En cette rentrée musicale, Lyon a, comme tout un chacun, le blues. Sauf qu'en l'espèce, c'est plutôt très bon signe et annonciateur d'un automne riche en fibre musicale. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 13 septembre 2012

Le Blues de la rentrée

Inutile de présenter le blues du dimanche soir, c'est une réalité identifiée (quasi) scientifiquement. On sait d'ailleurs depuis cet été – en tout cas, pour ce que ça vaut, un sondage l'a montré – que le blues du dimanche soir commence en réalité le dimanche... matin pour atteindre un pic vers 16h13 – la science est implacable et précise comme une Rolex. Prenons donc ce phénomène et multiplions-le par la racine carrée de la rentrée scolaire, que multiplie la nostalgie d'un été doré, moins les bouchons et les marmots qui braillent à l'arrière du Kangoo, plus l'arrivée imminente de l'automne, et la perspective d'un dimanche après-midi de novembre devant Michel Drucker, et vous obtenez une sorte de super blues du dimanche soir : le blues de la rentrée. Avec ceci de spécifique qu'il peut – cela a été établi par nos soins à l'aide d'une savante approximation – durer jusqu'à Noël. Talk about the blues Car même si l'on s'en tient à un strict point de vue musical, notre rentrée 2012, «elle vient de là, elle vient du blues», comme dit notre poète national. Ça a même commencé très fort le 4 septembre dernier, le jour même de la rentrée scolaire (comment

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Frànçois le Frànçais

MUSIQUES | Avec E Volo Love, Frànçois & the Atlas Mountains a trouvé sa voix dans l'égarement musical. Parti des Charentes, passé par l'Angleterre, étranger en pays étrange, il entraîne l'auditeur sur la trace d'un absolu pop aussi attachant que sans attache. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 25 novembre 2011

Frànçois le Frànçais

A la réception du premier disque de Frànçois & the Atlas Mountains, Plaine inondable, sorti de nulle part et sans prévenir, on pouvait légitimement se demander d'où venait cet ovni au patronyme et à la musique difficile à localiser sur le Google Maps musical mondial. Il fallait attentivement décrypter la pochette et attendre la deuxième chanson de l'album, l'addictif Be Water (Je suis de l'eau),  pour être fixé. À la sortie d'E Volo Love, on sait au moins qui c'est Raoul, enfin François Marry, jeune Charentais un temps exilé en Angleterre. Pour y faire quoi ? De la brit-pop ? Pas vraiment. «Mind the gap», disent les avertissements du métro londonien. Et ici, le gap est immense, y compris avec ce premier album qui contenait pourtant toutes les promesses ici tenues. E Volo Love est un étrange objet volant : mélange de pop apatride et de chanson française faussement tarte quand il s'agit de chanter, avec une certaine affectation, dans la langue charentaise, ce qui n'est pas toujours le cas (on y chante aussi en anglais avec l'accent français et parfois faux). Sédiments Ça commence un peu comme 50% de

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Les saisons du plaisir

MUSIQUES | Une figure emblématique de la scène française et une jeune louve assoiffée de sons : Françoiz Breut et Camille se partagent la scène du Ninkasi Kao pour une soirée à coup sûr touchée par la grâce. Emmanuel Alarco

| Mercredi 27 avril 2005

Les saisons du plaisir

Il est des grands disques qui vous claquent à la gueule dès les premières secondes ; d'autres, plus vicieux, ne vous inoculent leur philtre d'amour qu'après plusieurs visites. Avec Une saison volée, Françoiz Breut nous démontre que la règle vaut aussi pour les "petits disques". Après plus de quatre ans d'attente, la première impression laissée par ce troisième album fut, en effet, plutôt mitigée : passée la reprise enlevée d'un très beau titre du dernier Jérôme Minière, les plages défilaient sans heurt, donnant l'impression que les valeureux bâtisseurs de chansons qui avaient offert leurs services s'étaient à quelques exceptions près, servis dans leurs fonds de tiroir. Le temps a passé, nous ramenant malgré tout à l'objet du délit, en façonnant inexorablement le relief pour finalement atténuer les creux et magnifier les sommets. Pour un Herman Düne en petite forme (Please be angry), un autre plus inspiré, en duo avec Joey Burns de Calexico (qui, excusez du peu, joue de la contrebasse sur la moitié de l'album) ; pour une virée en Espagne un peu pâlichonne, une perle en Italien signée Fabio Viscogliosi ; pour un entêtant KM 83 (dans le plus pur s

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