Un festival, trois étoiles

La rédaction | Mercredi 20 septembre 2017

Photo : Quatuor Debussy (c) Bernard Benant


Rosemary Standley et Dom La Nena, Benjamin Clementine, San Fermin, Alela Diane, Piers Faccini et Vincent Segal, Bruce Brubaker plays Philip Glass, Gabriel Kahane, Yael Naim, The Apartments, Pedro Soler et Gaspar Claus, Chris Thile, Thomas Dybdahl... Depuis novembre 2013, ce sont pas moins de 15 concerts, organisés en partenariat avec Rain Dog Productions, qui ont régalés les spectateurs dans le cadre des Petit Bulletin live. L'idée : inviter un artiste à se produire dans un lieu exceptionnel, atypique, ou les deux : Chapelle de la Trinité, Théâtre des Ateliers, Temple Lanterne, Sucre, Subsistances ou Comédie Odéon. Des artistes confirmés ou à découvrir dans une configuration musicale parfois inédite et souvent intime.

La formule a fait ses preuves et quelques heureux, à commencer par nous, mais nous avons décidé de la modifier. Après tant de concerts parsemant la saison musicale, place à un format festival dont la première édition, en collaboration avec Les Grands Concerts se tiendra les 27, 28 et 29 octobre à la Chapelle de la Trinité, là même où a débuté l'aventure Petit Bulletin live. Une nouvelle étape musicale qui conserve néanmoins quelques fondamentaux puisque trois artistes viendront ici délivrer leurs classiques en acoustique, accompagnés pour deux d'entre eux par le Quatuor Debussy, et pour le troisième par le violoncelliste Gaspar Claus, deux entités musicales ayant fait le bonheur des Petit Bulletin live. Trois artistes et non des moindres, aux univers marqués et très différents, en la personne de Cocoon, Keren Ann et Rover. On vous en dit plus ici. Bienvenue au Petit Bulletin festival !

KEREN ANN

Attachée depuis quelques temps à présenter son répertoire sous une forme différente, intimiste, se rapprochant de la manière dont elle compose ses chansons, comme elle le fit avec les concerts “One Night Alone” où elle se produisait en solo, Keren Ann vient nous rendre visite dans une approche qui, si elle n'est pas très éloignée, n'en est pas moins différente et qui plus est inédite. Cette fois, toujours armée de sa guitare, la chanteuse franco- néerlandaise à la production métronomique (sept albums en quinze ans), enrichira son œuvre de la présence du caméléon baroque-pop qu'est le Quatuor Debussy. Au programme, des titres de son dernier disque You're gonna get love, sorti en 2016 et enregistré entre Brooklyn et Paris, ainsi que de nombreux classiques de son impeccable discographie. Entre les chansons de Keren Ann et le voile de douceur dans lequel le Quatuor Debussy va les envelopper, vous allez en avoir, de l'amour, soyez-en sûrs.

COCOON

On se souvient du succès de Cocoon il y a une dizaine d'années, de ses tubes d'une douceur tantôt amère, tantôt sucrée. Si Mark Daumail a mis le projet entre parenthèses pendant quelques années, le temps de vivre l'aventure solo qui le chatouillait, le voici revenu dans son cocon séminal, avec le bien nommé Welcome Home, paru l'an dernier. Sans Morgane Imbeaud, cette fois mais, ça et là, bien accompagné, sur des duos avec Natalie Prass et Matthew E. White, également producteur de l'album. C'est aussi seul en scène et en acoustique, que le Clermontois viendra rendre compte de la qualité des compositions qui émaillent ce qui est sans doute son plus beau disque à ce jour. Des chansons intimes, jusque dans la chair de leur auteur, qui brillent pourtant, comme souvent chez Cocoon, par leur légèreté pop et même, d'un certain éclat soul. On a hâte de découvrir ces morceaux empreints du dépouillement qu'impose l'exercice acoustique en solitaire.

ROVER

Un premier album éponyme qui l'a mis sur la carte du rock français en 2012, un second qui en a élargi le territoire en 2015, une chose est sûre, Timothée Régnier aka Rover, chanteur, musicien auteur-com- positeur et arrangeur XXL, et sa musique ne passent pas inaperçu. C'est encore plus vrai, oserait-on dire, sur scène où l'incandescence intérieure de ce grand timide explose au visage du public, allouant à des compositions déjà majestueuses un incroyable sup- plément d'âme et d'intensité. Avec le projet Out of the blue, Rover a choisi de donner encore plus d'éclat à cet exercice, par le jeu, cette fois, de l'intimité re- constituée du studio, de la fabrique de morceaux, cet endroit magique et inaccessible. C'est donc un grand moment de communion et de partage qui s'annonce avec ceux qui connaissent son œuvre, comme ceux qui auront la curiosité de la découvrir. Un moment que la présence d'un invité très spécial, accompagna- teur d'un soir et de luxe, en la personne du violoncelliste Gaspar Claus, ne fera que magnifier.


L'AMI DEBUSSY

Si un mot devait résumer le Quatuor Debussy – un mot qui ne serait pas « talent » ou l'un de ses synonymes –, ce serait sans doute « curiosité ». Car s'il est plus aisé d'avoir du talent pour pouvoir tout jouer, encore faut-il avoir la curio- sité de se laisser porter hors sa prétendue zone de confort : ici, la musique de chambre pour lequel ce type de formation est agencé. Or rien ne rebute le Quatuor Debussy, référence dans son – ses – genre(s) mais aussi à la croisée de bien des chemins musicaux. Sans doute la raison pour laquelle la formation menée par Christophe Collette est aussi demandée tant géographiquement (à l'heure où nous parlons, les voici en tournée en Australie et au Japon) qu'artistiquement, elle qui prend un égal plaisir à désosser le Requiem de Mozart en une fabuleuse prestidigitation qu'à venir fricoter avec des artistes pop. C'est ainsi que le Debussy est devenu un fidèle accompagnateur, aux côtés de l'Américain Gabriel Kahane et de Yael Naim, et pour tout dire un ami des Petit Bulletin Live. Il était plus qu'évident qu'il soit encore de la partie pour une étape aussi importante que cette première édition du Petit Bulletin festival aux côtés de Cocoon et de Keren Ann, pour le plus grand bonheur des artistes concernés. Et sans doute de beaucoup d'autres.

Le Quatuor Debussy
Avec Cocoon le 27 octobre et Keren Ann le 28 octobre, à la Chapelle de la Trinité
Le Quatuor Debussy participe au Petit Bulletin festival avec le soutien du programme ADAMI 365


Cocoon + Chupee Chapel


Chapelle de la Trinité 29-31 rue de la Bourse Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Keren Ann & le quatuor Debussy


Chapelle de la Trinité 29-31 rue de la Bourse Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Rover & Gaspar Claus

Chapelle de la Trinité 29-31 rue de la Bourse Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Stéphane Duchêne | Jeudi 7 octobre 2021

Rover : holydays on Eis

Timothée Régnier, alias Rover, le répète souvent en interview, chez lui, l'inspiration et les compositions doivent moins aux figures dont il a pu faire ses modèles (Bowie, Lennon, Gainsbourg, Brian Wilson) et/ou à l'air du temps musical qu'aux conditions de production dans lesquelles il se trouve au moment d'écrire, de composer et peut-être surtout d'enregistrer. Le lieu où il sévit, les techniques et le matériel utilisé, l'acoustique et l'atmosphère jouant un rôle primordial dans la manière dont le musicien va aborder les choses et conditionnant en bout de chaîne le résultat final. C'est peut-être d'ailleurs en se mettant souvent en quête de lieux singuliers que le chanteur et musicien parvient à conserver cette fraîcheur perpétuelle qui lui donne toujours un peu l'air de débarquer d'une autre planète — chose que l'un de ses incontournables, Bowie, faisait également mieux que personne mais en jouant davantage sur sa propre personne que sur son environnement. Pour Eiskeller, le colosse est allé s'enfermer plus d'une année sous terre dans une glacière désaffectée d

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Le festival de Kahane

Il n'aura échappé à personne que Gabriel Kahane est l'un de nos chouchous, nous qui l'avions invité lors d'un Petit Bulletin Live à livrer son premier concert lyonnais en mars 2016, en compagnie du Quatuor Debussy, puis consacré une Une à son Book of Travelers, sublime auscultation itinérante de l'Amérique de Trump, qui lui avait valu de se produire deux soirs de suite au Théâtre de la Croix-Rousse en avril dernier. Depuis, l'auteur-compositeur-arrangeur, prodigieuse émanation de la génération dorée de la pop US (Sufjan Stevens, Nico Muhly, Bon Iver, Chris Thile...) a encore davantage trimballé ses galo

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Cocoon en acoustique à la Comédie Odéon

Pop | Vu pour la dernière fois à Lyon en octobre 2017, en ouverture du Petit Bulletin Festival à la Chapelle de la Trinité, Cocoon fait son retour sur scène en amont (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 20 mars 2019

Cocoon en acoustique à la Comédie Odéon

Vu pour la dernière fois à Lyon en octobre 2017, en ouverture du Petit Bulletin Festival à la Chapelle de la Trinité, Cocoon fait son retour sur scène en amont de la sortie de Wood Fire, album programmé pour l'automne 2019, avec une mini-tournée acoustique qui passera par les fauteuils rouges et cosy de la Comédie Odéon le 24 juin. Ce Spark Tour – Warm Up Acoustic Shows sera l'occasion pour Mark Daumail de proposer un live épuré rehaussé par la présence de choristes, qui revisitera les classiques de Cocoon, des titres moins connus et évidemment quelques inédits issus de Wood Fire. Mise en vente le 21 mars à la Comédie Odéon et dans les points habituels. On doute qu'il y en ait pour tout le monde.

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Cordes à gogo

Cordes en Ballade | Cordes en ballade, 20e édition ! Toute en joie, en étonnements multiples, en convivialité : le pari initial a dépassé les espérances.

Pascale Clavel | Mardi 19 juin 2018

Cordes à gogo

Depuis 20 ans, Cordes en Ballade est devenu une référence auprès des amoureux d’une musique exigeante, diverse et subtile. La direction artistique, menée depuis l’origine par le Quatuor Debussy, reste terriblement inventive. Douze jours de balades en Ardèche au cœur d’une programmation en forme de patchwork élégant, où chaque festivalier part à la rencontre de musiques improbables. Le Teil, Viviers, Antraigues-sur-Volane, Cruas, Alba-la-Romaine, Privas… partons flâner ! Cette 20e édition s’ouvre à la cathédrale Saint-Vincent-de-Viviers avec un hommage appuyé à Claude Debussy pour le centenaire de sa mort. Suit une programmation riche en expériences décalées : nous entrons de plain-pied dans la cuisine d’Offenbach, avec un concert de parodies d’opérettes où le Quatuor Debussy et les chanteurs solistes d’Orphéon la Compagnie Vocale s’associent pour interpréter ses plus grands tubes. Pour fêter les 20 ans du festival, le Quatuor Léonis se lâche dans un spectacle fou : Éclisse totale. Les musiciens déroulent une musique dans tous ses états, passent du rock

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La Loi n’a pas dû marcher : "En guerre"

On ne Loach rien ! | « Celui qui combat peut perdre. Celui qui ne combat pas a déjà perdu. » Citant Brecht en préambule, et dans la foulée de La Loi du marché, Stéphane Brizé et Vincent Lindon s’enfoncent plus profondément dans l’horreur économique avec ce magistral récit épique d’une lutte jusqu’au-boutiste pour l’emploi. En compétition à Cannes 2018.

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

La Loi n’a pas dû marcher :

Quand la direction de l’usine Perrin annonce sa prochaine fermeture, les représentants syndicaux, Laurent Amédéo en tête, refusent la fatalité, rappelant la rentabilité du site, les dividendes versés par la maison-mère allemande aux actionnaires, les sacrifices consentis. Une rude lutte débute… Nul n’est sensé ignorer La Loi du marché (2015), pénultième réalisation de Stéphane Brizé, qui s’intéresse à nouveau ici à la précarisation grandissante des ouvriers et des employés. Mais il serait malvenu de lui tenir grief d’exploiter quelque filon favorable : cela reviendrait à croire qu’il suffit de briser le thermomètre pour voir la fièvre baisser. Mieux vaudrait se tourner vers les responsables de ces situations infernales conduisant le vulgum pecus à crever de préférence la gueule fermée. Des responsables que Brizé, et Lindon son bras armé, désignent clairement, révèlent dans leur glaçant cynisme et la transparence de leur opacité.

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Gaspar Claus & Casper Clausen : de l'autre côté du miroir

Pop | Tout semblait les opposer mais tous les a ramenés l'un vers l'autre, à commencer par une troublante histoire familiale aux ramifications portugaises. Le violoncelliste Gaspar Claus et le chanteur danois d'Efterklang Casper Clausen en ont tiré un étonnant projet, enregistré à Lisbonne et publié il y a deux ans qu'ils viennent présenter à l'Épicerie Moderne.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 avril 2018

Gaspar Claus & Casper Clausen : de l'autre côté du miroir

La carpe, le lapin, on connaît l'histoire. C'est un peu celle de Gaspar Claus et Casper Clausen, deux quasi homonymes dont les personnalités semblent se regarder en miroir. L'un, Gaspar Claus, est français et né en 1983, « un jour d'été harassant ». L'autre, Casper Clausen, est danois, il a vu le jour un an plus tôt « une nuit d'hiver glacé. » L'un vit le jour, l'autre la nuit. L'un est un violoncelliste aux pouvoirs de Protée, l'autre est le chanteur d'un groupe caméléon, Efterklang. Mais l'histoire dans l'histoire ne s'arrête pas là quand il s'agit d'envisager une collaboration pour un peu plus que la blague : leurs grand-pères respectifs Hans-Gert Claus et Helmer Clausen, ont tous deux fréquenté à l'hiver 1954 le Bairro Alto, le mythique "quartier haut" de Lisbonne, y viva

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Le Petit Bulletin Festival #1 sur vos écrans

Vu à la TV | Vous n'étiez pas présent les 27, 28 et 29 octobre dernier pour la première édition du Petit Bulletin Festival à la Chapelle de la Trinité ou vous avez simplement (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 21 décembre 2017

Le Petit Bulletin Festival #1 sur vos écrans

Vous n'étiez pas présent les 27, 28 et 29 octobre dernier pour la première édition du Petit Bulletin Festival à la Chapelle de la Trinité ou vous avez simplement envie de revivre l'émotion de ces concerts ? Ça tombe bien, en guise de cadeau de Noël, les meilleurs moments des trois concerts du festival, captés par Séquence SDP, seront diffusés sur TLM (Télé Lyon Métropole) pendant les fêtes selon le calendrier suivant : Cocoon avec le Quatuor Debussy : le 25 décembre à 21h. Rover : le 26 décembre à 20h. Keren Ann et le Quatuor Debussy : le 27 décembre à 20h. Quelle meilleure manière pour se remettre en douceur des agapes de Noël qu'un festin de musique ?

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Au charbon ! : "Makala"

ECRANS | de Emmanuel Gras (Fr, 1h36) avec Kabwita Kasongo, Lydie Kasongo…

Vincent Raymond | Mardi 5 décembre 2017

Au charbon ! :

Kabwita bâtit sa maison. Afin d’acheter les tôles destinées à recouvrir le toit, il entreprend de fabriquer du charbon qu’il ira vendre sur le marché de Kowelzi. Alors s’engage un très long processus : coupe du bois, calcination, acheminement “à dos d’homme” et cycle de lourds sacs… Dûment récompensé par le Prix de la Critique sur la Croisette, ce film oscille — sans avoir vocation à trancher, d’ailleurs — entre documentaire et fiction ; flirte parfois avec le suspense pour s’achever par une envolée mystique. Captivant par sa pure élégance formelle, avec ses plans enveloppants (voire caressants), Makala est un film quasi marxiste, dans la mesure où il matérialise toutes les étapes de la production d’un — très exigu — capital, conquis par un forçat de la terre. Emmanuel Gras saisit du labeur l’abrutissante mécanique hypnotique, l’ingratitude de la rétribution, comme il montre l’aisance des intermédiaires ou le racket ordinaire opéré par les forces de l’ordre. D’aucuns pourraient se gausser devant la croisade dérisoire de Kabwita, arguant

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Petit Bulletin Festival #1 : clap de fin !

Pop Contemporaine | La première édition du Petit Bulletin Festival s'est achevé ce dimanche 29 octobre en La Chapelle de la Trinité. Une première réussie avec trois concerts complets mais surtout trois moments hors-du-temps dans la droite ligne de l'ambition du festival : proposer des concerts pas comme les autres. Ce qui fut fait et pas qu'un peu avec Cocoon, Keren Ann et Rover. Petit bilan pour la bonne bouche.

Stéphane Duchêne | Lundi 30 octobre 2017

Petit Bulletin Festival #1 : clap de fin !

Ça y est, c'est terminé et le moins que l'on puisse dire c'est que c'est passé vite. Le Petit Bulletin Festival s'est achevé dimanche soir après trois soirs de concerts vibrants en une Chapelle de la Trinité comble à chaque fois. De public, mais aussi d'émotions. Tout avait commencé le vendredi soir avec la création opérée par Cocoon et baptisée Chupee Chapel. Accompagné de la pianiste et chanteuse Thea et, sur certains morceaux, du Quatuor Debussy, c'est un Mark Daumail aux anges qui entamait le concert par un Cathedral joué au milieu du public et sans micro, avant de délivrer un mélange des classiques de Cocoon (On my way, Hummingbird, Tell me, Comets, Sushi) et d'extraits de son dernier album, W

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Rover « La petite enfance des chansons »

Petit Bulletin Festival | Au sortir d'une longue tournée consécutive à la sortie de son deuxième album, Let It Glow, Rover remet le couvert avec Out Of The Blue, nouveau concept scénique qui le voit revenir aux sources de la création de ses chansons et qui passe par le Petit Bulletin festival, en compagnie du violoncelliste Gaspar Claus.

Stéphane Duchêne | Mercredi 20 septembre 2017

Rover « La petite enfance des chansons »

Comment s'est passé l'après Let it Glow et la tournée qui s'en est suivi ? Rover : C'était une très belle tournée, très dense et très riche. Très inspirante. La première tournée, on a tendance à davantage la subir qu'on ne la vit, tout va très vite. La deuxième on prend le temps, ça permet d'être pleinement dans la musique. C'est différent. Ce n'est pas forcément mieux, mais différent. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Les débuts ont été chaotiques du fait des attentats du Bataclan. Le disque était sorti une semaine avant. On a fait la tournée dans ce contexte avec ce genre d'émotion très forte qu'on n'arrive pas à expliquer. Mais ces émotions, la musique permet de les vivre, et de les assimiler un tout petit peu. Quelle est l'origine du projet scénique Out Of The Blue ? En quoi consiste-t-il ? Out Of The Blue signifie en anglais “sorti de nulle part”. Ça fait référence à quelque chose qu

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Keren Ann "À cœur et à cordes"

Petit Bulletin Festival | ​Dans le cadre unique de la Chapelle de la Trinité, Keren Ann honorera l'invitation du Petit Bulletin festival de venir illuminer d'arrangements pour cordes ses plus belles chansons avec la complicité de l'indispensable Quatuor Debussy. Un exercice que l'auteur-compositrice affectionne particulièrement.

Stéphane Duchêne | Mercredi 20 septembre 2017

Keren Ann

Depuis 2000, Keren Ann est l'une des grandes figures de ce qu'on appela jadis “la nouvelle chanson française”. Révélée par La Biographie de Lukas Philipsen et la chanson Sur le Fil, en même temps que par l'album Chambre avec vue, co-écrit avec Benjamin Biolay pour le vénérable Henri Salvador, énorme succès commercial et critique, la chanteuse franco-néerlandaise n'a cessé d'imposer sa patte intimiste au long une discographie qui lui a valu des comparaisons avec ses aînées Françoise Hardy ou Claudine Longet, tout autant qu'avec des figures du folk comme Joni Mitchell ou Leonard Cohen. Voyageant sans cesse entre la France, les Etats-Unis et Israël, Keren Ann l'a également beaucoup fait musicalement, s'associant avec l'Islandais Bardi Johansson pour le projet Lady & Bird et enregistrant à New-York des disques aussi importants que Nolita et l'éponyme Keren Ann, hommage sur du velours au Velvet Underground

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Cocoon « Le Quatuor Debussy, c'est la cerise sur le gâteau »

Petit Bulletin Festival | 10 ans après le succès de Chupee, tube emblématique de Cocoon jamais passé de mode, son maître d'œuvre Mark Daumail vient clore au Petit Bulletin festival la tournée de son troisième album de folk gracile et anglophone, Welcome Home, par un concert très particulier pour quatuor à cordes. Un événement baptisé Chupee Chapel que le Clermontois attend avec impatience.

Stéphane Duchêne | Mercredi 20 septembre 2017

Cocoon « Le Quatuor Debussy, c'est la cerise sur le gâteau »

Le premier album de Cocoon a dix ans cette année, le projet a connu une petite éclipse de quelques années, entrecoupée notamment de votre album solo. Le retour à Cocoon a-t-il été quelque chose de naturel ? Une sorte de retour à la maison, comme peut l'indiquer le titre de l'album, Welcome home ? Mark Daumail : Complètement. Cocoon, c'est mon projet de toujours, celui d'avant le succès. Je l'ai laissé un peu de côté avec le départ de Morgane, qui était avec moi sur les deux premiers albums. Mais en même temps, comme il y a eu un impact assez fort de Cocoon à un moment, on continuait à m'en parler beaucoup. Et puis mon fils est né pendant l'exploitation de mon album solo, malheureusement avec des problèmes de santé. Il a dû être hospitalisé et là on est parti avec mon épouse pour un tunnel d'hôpital. C'est là que je me suis retrouvé à reprendre la guitare acoustique, et sans m'en rendre compte à faire un disque de Cocoon, dans les règles

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Cordes en Ballade, le festival vagabond

Cordes en Ballade | Pour sa 19ème édition, le festival Les Cordes en Ballade nous emmène parcourir le monde entier à la rencontre des "cultures en harmonie". Au cœur de l’Ardèche méridionale, le Quatuor Debussy, initiateur de l’évènement, a su conquérir un large public.

Pascale Clavel | Mardi 20 juin 2017

Cordes en Ballade, le festival vagabond

Ce festival de musique classique itinérant ne ressemble à aucun autre. Depuis sa création, il est poussé par une exigence de grande qualité artistique et une volonté constante d’ouvrir le répertoire classique à d’autres formes musicales. Une douzaine de concerts en dix jours dans un cadre merveilleux et souvent inattendu : en plein air, dans des églises romanes, au beau milieu d’une longue randonnée. Le Quatuor Debussy vient même d’inaugurer des siestes musicales. Dans un monde en tensions permanentes, le thème qui traverse Cordes en Ballade ne peut que séduire : "cultures en harmonie", où comment nos différences peuvent nous rapprocher, comment la musique peut casser les frontières ? Rien d’anecdotique, le tout puissamment tricoté pour offrir un moment d’harmonie et de fraternité. En ouverture du festival, dans la cathédrale Saint-Vincent de Viviers, le Quatuor Debussy et le violoniste Jasser Haj Youssef nous invitent à un moment de métissage musical, entre un orient et un occident aux sonorités chaudes, aux influences multiples. Un autre soir, à l’église Saint-Louis de Villeneuve de Berg, c’est une autre hi

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Le Petit Bulletin Festival, première !

Festival | C'est décidé ! Nous lançons notre propre festival, en partenariat avec nos amis de Rain dog productions et en coréalisation avec Les Grands Concerts ! La suite logique des PB Live itinérants, qui se sont baladés dans la cité depuis novembre 2013, accueillant Benjamin Clementine ou encore Gaspar Claus & Pedro Soler. Cette première édition du Petit Bulletin Festival se déroulera du 27 au 29 octobre, à la Chapelle de la Trinité.

Sébastien Broquet | Mardi 13 juin 2017

Le Petit Bulletin Festival, première !

Trois artistes majeurs de la scène pop française vous invitent à découvrir leur "atelier", en se produisant en solo. Sans les musiciens qui les entourent habituellement sur scène, Cocoon, Keren Ann et Rover replongent à la source de leur inspiration et livrent des versions intimes, proches des premières ébauches de leurs compositions. En accord parfait avec l’acoustique de la Chapelle de la Trinité, Le Petit Bulletin Festival a convié des musiciens classiques (cordes, quatuor, violoncelle) à les rejoindre sur scène pour des collaborations inédites. Cocoon On se souvient du succès de Cocoon il y a une dizaine d'années, de ses tubes d'une douceur tantôt amère, tantôt sucrée. Si Mark Daumail a mis le projet entre parenthèses pendant quelques années, le temps de vivre l'aventure solo qui le chatouillait, le voici revenu dans son cocon séminal, avec le bien nommé Welcome Home, paru l'an dernier. Sans Morgane Imbeaud, cette fois mais, ça et là, bien accompagné, sur des duos avec Natalie Prass et Matthew E. White, également producteur de l'album

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Teaser : Notre concert Petit Bulletin Live du 9 Novembre 2016

MUSIQUES | Pedro Soler & Gaspar Claus au Temple Lanterne le 09/11/2016 Dialogue empreint de finesse entre un père et son garçon, noué autour du flamenco, la (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 20 octobre 2016

Teaser : Notre concert Petit Bulletin Live du 9 Novembre 2016

Pedro Soler & Gaspar Claus au Temple Lanterne le 09/11/2016 Dialogue empreint de finesse entre un père et son garçon, noué autour du flamenco, la rencontre musicale entre le guitariste Pedro Soler et son fils le violoncelliste Gaspar Claus tisse avec subtilité et virtuosité des liens entre l’Andalousie et les musiques improvisées : un voyage onirique, pur moment de joie nomade. Toutes les informations sur notre site Petit Bulletin Live

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Belle de journées

Festival | Peut-être est-ce parce que la période sent bon la rentrée, les cahiers neufs et le retour des ennuis domestiques, mais il semble qu'une fois de plus les (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 8 septembre 2016

Belle de journées

Peut-être est-ce parce que la période sent bon la rentrée, les cahiers neufs et le retour des ennuis domestiques, mais il semble qu'une fois de plus les effectifs de la classe 2016 de ces Belles Journées sises en terre berjalienne, ont comme un goût de tête de classe, de best-of de la dernière année scolaire, de revue de bêtes à concours, de troupe d'élite pour classe prépa rock. Entre (nos) chouchous de longue date (Mensch, Harold Martinez) dont on ne sait plus très bien s'ils accompagnent notre évolution ou nous la leur, nos coups de foudre plus récents (Grand Blanc, Rover) annoncés mais convertis tout de même en grande claque, celle de la surprise de surpasser nos attentes (l'album de Grand Blanc, le second LP de Rover) et valeurs sûres indéboulonnables de la chanson française comme Arman Méliès (on repense avec émoi à son grand incendie), le culte Dominic Sonic ou La Grande Sophie encore, on compte quelques valeurs montantes comme Broken Back. Parmi elles, s'il faut se pencher sur un espoir à chérir, ce s

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Pedro Soler & Gaspar Claus pour ouvrir la prochaine saison

PB Live | Dialogue empreint de finesse entre un père et son garçon, noué autour du flamenco, la rencontre musicale entre le guitariste Pedro Soler et son fils le (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 18 mai 2016

Pedro Soler & Gaspar Claus pour ouvrir la prochaine saison

Dialogue empreint de finesse entre un père et son garçon, noué autour du flamenco, la rencontre musicale entre le guitariste Pedro Soler et son fils le violoncelliste Gaspar Claus tisse avec subtilité et virtuosité des liens entre l’Andalousie et les musiques improvisées : un voyage onirique, pur moment de joie nomade que l'on pourra savourer en PB Live la saison prochaine. Ce sera le mercredi 9 novembre, dans un cadre soigné : le Temple Lanterne, dans le 1er arrondissement. Les deux protégés du label Infiné (Bachar Mal-Khalifé, Rone, Clara Moto...) trouveront là un écrin à leur juste mesure pour dévoiler les merveilles de leur dernier album récemment paru, Al Viento, poursuivant ces échanges de cordes familiaux entamés dès 2011 avec Barlande, à l'initiative du fils, alors enregistré à New York.

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Gabriel Kahane : « Trouver le meilleur moyen de raconter une histoire »

MUSIQUES | Aussi à l'aise en balade folk qu'en musique de chambre, Gabriel Kahane, nouveau petit génie de la pépinière pop de Brooklyn, saute moins les barrières des genres musicaux qu'il ne les évite avec grâce. The Ambassador, son album consacré à l'histoire et à la géographie... de Los Angeles, sa ville natale, laisse ainsi ses talents multiples de compositeur, conteur et arrangeur exploser à la face de l'auditeur. En attendant de se présenter aux Subsistances le 24 mars en Petit Bulletin Live avec le Quatuor Debussy, l'intéressé s'est livré à une longue explication de textes.

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 mars 2016

Gabriel Kahane : « Trouver le meilleur moyen de raconter une histoire »

Quand Philip Glass [prince de la musique répétitive et/ou minimaliste mais pas que NDLR] a commencé à sortir de son pré-carré expérimental pour se tourner vers des esthétiques plus pop, il a beaucoup été critiqué. Aujourd'hui, les choses sont très différentes. La génération musicale dont vous êtes issu, on pense à Nico Muhly, Sufjan Stevens, Ellis Ludwig-Leone de San Fermin, Bryce Dessner de The National – souvent élevés dans l'académie musicale, diplômés de formation classique – semble absolument attachée à briser les barrières entre les genres, composant indifféremment de la pop qui ressemble à de la musique de chambre, du folk, des ballets. On apprend, quand on lit vos interviews, que cette question du genre vous indiffère totalement pour ne pas dire qu'elle vous agace beaucoup. Gabriel Kahane : Absolument. L'obsession du genre à notre époque est le produit d'une vision étroite des choses. Jusqu'à l'avant-guerre, avant cette espèce de décollage de l'académisme musical, nous avons au moins trois siècles pendant lesquels les compositeurs que l'on qualifiera de classique étaient vraiment engagés sur le terrain de la musique vernaculaire et de la musique f

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L'esprit de Kahane

MUSIQUES | Virtuose aux talents multiples comme New York en a produit de bien beaux ces derniers temps, compositeur — au sens classique du terme — songwriter, storyteller, Gabriel Kahane est surtout un génie, d'une grande humilité, de la variation sur un même thème. Il le prouve sur le sublime album The Ambassador, dédié aux mystères de Los Angeles, que ce caméléon vient nous présenter en PB Live.

Stéphane Duchêne | Jeudi 31 mars 2016

L'esprit de Kahane

Dans L'Esprit de Caïn, un film mineur de Brian de Palma, le Dr Carter Nix, psychiatre et fils de psychiatre, a développé au cours de son enfance des personnalités multiples qui reviennent le hanter. Il est à la fois Carter mais aussi Josh, un garçon apeuré, Margot, et surtout Caïn, son double maléfique. Un trouble de la personnalité, certes musicale, c'est toujours ce que nous évoque cette scène new-yorkaise (Nico Muhly, Sufjan Stevens, Bryce Dessner de The National). Élevés au grain de la formation académique et de l'expérimentation tout autant qu'exposés à l'ère du temps pop, tout se passe comme si chacun d'eux, pris de schizophrénie, avait développé un "monstre" intérieur à plusieurs têtes qu'il faudrait nourrir par tous les moyens : ballet le lundi, pièce de danse le mardi, tube pop le mercredi, morceau de chambre le jeudi, concert acoustique le vendredi et avec orchestre le samedi. À bout de genre Cet Esprit de Caïn c'est aussi un peu l'Esprit de Kahane. Gabriel de son prénom. Moins connu dans nos contrées, cet autre new-yorkais ne déroge guère à la description que l'on vient de faire de ses amis. Alliant avec la m

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« Enregistrer sur un chant céleste »

MUSIQUES | Après l'impressionnant Aqualast, le vagabond Rover, revenu de tout et surtout de partout, passe avec succès l'épreuve de la confirmation avec Let it Glow. Réussissant le tour de force, aux commandes de cette étrangeté apatride qui fait sa singularité, de faire plus avec moins et de sonner cosmique avec des méthodes d'enregistrement terre à terre. Rencontre du troisième type et du second album prévue à l'Epicerie moderne.

Stéphane Duchêne | Mercredi 27 janvier 2016

« Enregistrer sur un chant céleste »

Avec ton premier album Aqualast, tu es passé en quelque mois d'une vie à reconstruire après ton expulsion du Liban, au succès, à la médiatisation, aux récompenses, à des centaines de dates. Comment as-tu encaissé ça ? Rover : Il y a une forme de violence dans ce passage de l'intimité de l'écriture à une exposition plus large, mais elle est assez positive, d'autant que ça n'a pas été un succès radical basé sur un seul titre. J'avais déjà connu l'exposition médiatique, même si elle était moindre, avec mon groupe au Liban : ça a été moins brutal que si j'avais eu 20 ans et aucune expérience. C'est beaucoup de joie qu'un label vous accorde la possibilité de faire un disque, de pouvoir s'y exprimer sans contrainte. On est pris dans une espèce de tourbillon, il y a une ampleur médiatique qui nourrit le projet. Une forme de reconnaissance aussi : les Victoires de la Musique, la télévision. On s'installe un peu dans le paysage et c'est une situation très confortable pour envisager un deuxième disque. Justement, après la réclusion de l'écriture d'

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Rover : Étranger en pays étrange

MUSIQUES | Dans l'Exode de la Bible, version King James, Chapitre 2, verset 22, voici comment Moïse justifie de nommer l'un de ses fils Gershom : (qui (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 26 janvier 2016

Rover : Étranger en pays étrange

Dans l'Exode de la Bible, version King James, Chapitre 2, verset 22, voici comment Moïse justifie de nommer l'un de ses fils Gershom : (qui signifie « étranger en ces lieux ») : « For (…) I've been a stranger in a strange land ». Autrement dit, « un étranger en pays étrange ». Un homme de l'exil permanent. L'expression inondera la pop culture. Donnant son titre, à des dizaines de chansons, des Byrds à U2, et surtout, à un fameux roman des années 60 de Robert Heinlein, comptant le retour sur terre d'un astronaute, seul survivant d'une mission sur Mars, qui d'un coup se sent étranger sur sa propre planète. Le pitch rappelle peu ou prou celui de L'Homme qui venait d'ailleurs, le film Nicolas Roeg qui fit de Bowie l'alien le plus classe de tous les temps. Cet étranger, au vu de son parcours de vie et à l'écoute de ses disques, ce pourrait être Timothée Régnier aka Rover. Né en France, Timothée a grandi à l'étranger, de New-York à ce Liban dont il a été chassé comme un malpropre pour un problème de visa, atterrissant après un détour par Berlin seul en Bretagne, d

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Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

MUSIQUES | Entre Polna, Neil Young, les Insus et même le retour du plus si jeune Jon Spencer (porté pâle au printemps), les aînés seront là en force en 2016. Mais la jeune garde veille et ne s'en laissera pas compter.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

Jon Spencer aime tellement nos panoramas de rentrée – il en a déjà fait la Une – qu'il parvient même à y figurer deux fois par an. On l'annonçait en septembre dernier, voilà qu'on le réannonce pour le 6 mars à l'Épicerie Moderne. Avec bonheur, puisque si nous le faisons, c'est que le trio du New-yorkais avait dû annuler à la dernière minute cet automne pour raisons de santé. Tout va mieux, donc tout va bien, et cela indique peut-être que cette année 2016 sera légèrement moins pénible que la précédente – raccrochons-nous aux branches, tant qu'il y a encore des arbres. Or des branches, même vieilles, il se trouve qu'il en repousse, en témoigne une tripotée de reformations plus ou moins récentes de groupes plus ou moins relous à l'oreille (Louise Attaque au Transbo le 29 mars, Elmer Food Beat au CCO le 6 avril) dont la palme revient bien sûr aux Insus, soit Téléphone sans fille (n'y allez pas, c'est complet) – rayon nostalgie de jeunesse, on préférera de loin se consacrer à Nada Surf, qui ne s'est jamais déformé, le 26 avril à l'Epicerie. Ah, tiens on allait oublier Polnareff

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Yael Naim de retour en avril

MUSIQUES | Ça y est, le Petit Bulletin Live additionnel de Yael Naim et du Quatuor Debussy (le 31 janvier à la Chapelle de la Trinité) est lui aussi complet. Vous (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 18 décembre 2015

Yael Naim de retour en avril

Ça y est, le Petit Bulletin Live additionnel de Yael Naim et du Quatuor Debussy (le 31 janvier à la Chapelle de la Trinité) est lui aussi complet. Vous savez ce qu'on dit : jamais deux sans trois. Notez donc que tout cet intrépide petit monde (dont on peut entendre une première collaboration sur l'EP Older Revisited) se retrouvera le 9 avril, cette fois à la Salle Rameau, et une fois encore sous notre bannière oculaire.

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Yael Naim : c'est complet, mais...

MUSIQUES | Il y a peu, nous avions le regret de vous annoncer l'annulation du PB Live de San Fermin – le groupe ayant choisi de prendre ses distances (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 25 novembre 2015

Yael Naim : c'est complet, mais...

Il y a peu, nous avions le regret de vous annoncer l'annulation du PB Live de San Fermin – le groupe ayant choisi de prendre ses distances avec le climat menaçant qui est le nôtre en ce moment. Cette fois, nous avons le plaisir de vous faire savoir que celui scellant les retrouvailles de Yael Naim et du Quatuor Debussy le 30 janvier à la Chapelle de la Trinité est complet. Pour la peine, ils remettront le couvert le lendemain, le 31 donc, au même endroit. Au figuré hein ! http://www.petit-bulletin.fr/live/yael-naim.html

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La musique de chambre sans domicile fixe

ACTUS | ​Le lyrique a l’Opéra, le symphonique l’Auditorium, le baroque la Chapelle de la Trinité… Mais : et la musique de chambre ?

Philippe Yves | Mardi 22 septembre 2015

La musique de chambre sans domicile fixe

À Lyon, la question se pose pour les mélomanes en quête d'intimité, du plaisir d’écouter la musique en petit format, comme pour ceux qui préfèrent l’épure des sonates et quatuors aux grands raouts orchestraux. Où écouter – et dans de bonnes conditions sonores – de la musique de chambre ? L’offre de concerts est pourtant abondante et de qualité, mais les lieux pas toujours appropriés. À l’ONL, les membres de l’orchestre se produisent dans l’immensité du plateau de l’Auditorium, tandis que ceux de l’Orchestre de l’Opéra investissent le cadre sublime – mais acoustiquement discutable – du Grand Studio du Ballet. L’association Fortissimo, elle, présentera une septième saison de concerts alléchante en invitant de très beaux artistes à se produire dans le cadre peu glamour et si mal identifié du Palais de la Mutualité – Salle Édouard Herriot (vous connaissez ?) où, là encore, l’écrin n’est pas à la hauteur. Dis, Molière, quand reviendras-tu ? Et pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. Le joyau lyonnais de la musique de chambre, c’est assurément la Salle Molière, port idéal en tout point de la musique de chambre (600 places, acoustique cha

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Yaël Naïm et le Quatuor Debussy en PB Live

MUSIQUES | À la faveur d'un concert d'après Fourvière au Lavoir Public, le 15 juin dernier, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 septembre 2015

Yaël Naïm et le Quatuor Debussy en PB Live

À la faveur d'un concert d'après Fourvière au Lavoir Public, le 15 juin dernier, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable, plus travaillée et surtout plus publique (la capacité du Lavoir étant ce qu'elle est). La chanteuse et le quatuor baroque se retrouveront donc le 30 janvier 2016 en la Chapelle de la Trinité pour un PB Live forcément exceptionnel (ils le sont toujours) qui revisitera avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de Yael. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties. Informations et préventes : http://www.petit-bulletin.fr/live/yael-naim.html

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Cordes en Ballade - Du 2 au 14 juillet à Viviers (07)

MUSIQUES | «Le violon, de deux choses l’une ; ou tu joues juste, ou tu joues tzigane.» Cet été, Les Cordes en Ballade tordent le cou à cette chanson de Bobby Lapointe et prennent pour thème "Alla Zingarese" : à la tzigane. Philippe Yves

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Cordes en Ballade - Du 2 au 14 juillet à Viviers (07)

Chaque été, le versatile Quatuor Debussy quitte Lyon pour faire vibrer les cordes sensibles des villages d’Ardèche lors de son festival Les Cordes en Ballade. Une quinzaine de jours durant, concerts, masterclasses et rencontres ont pour décor les églises, chapelles, cours et cloîtres du département. Les Debussy, directeurs artistiques du festival, ont beau être les instigateurs de ces ballades, ils n’oublient pas pour autant d’être partageurs et invitent à les rejoindre de brillants solistes, mais aussi des nouveaux talents, au sein d’une académie pour jeunes quatuors européens. L’âme tzigane, thème de cette édition 2015, c’est l’art du contraste : passer de l’allégresse au plus vibrant pathos en un claquement d’archet. Et le programme de cette 17e édition sera riche en contrastes, dessinant des allers-retours entre folklore, klezmer et musiques savantes. Des voyages qui s’annoncent passionnants et mettent en évidence l’influence que le folklore hongrois a exercé sur des compositeurs tels que Brahms, Dvorak, Bartok, Liszt ou les contemporains Kurtag (fil rouge du festival) et Philippe Hersant. Côté solistes, on re

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"Opus" : musique de haute voltige

SCENES | En 2013, les Nuits de Fourvière étaient illuminées par "Opus", rencontre au sommet de la compagnie Circa et du quatuor Debussy le temps d'une vision sublimée d'un art collectif. Bonne nouvelle, celles de 2015 le sont aussi. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 9 juin 2015

René Magritte, surréaliste belge adepte de l'illusion, peignait en 1929 La Trahison des images avec au centre de la toile une pipe et en sous-titre «Ceci n'est pas une pipe». La création Opus, définie comme du cirque puisqu'il faut une case, pourrait être sous-titrée «Ceci n'est pas du cirque», tant c'est bien plus que cela. Comme le peintre susmentionné, la compagnie Circa et le quatuor Debussy, à l'origine de cette magnétique proposition, sont également adeptes de l'illusion et de l'enchantement. De peinture il n'est donc pas question ici mais d'un spectacle d'une grande virtuosité mêlant danse et nouveau cirque, dont les 14 acrobates de la compagnie australienne Circa (venue l'an passé avec le troublant et féerique Beyond) se font les fervents représentants, accompagnés par le quatuor Debussy, ensemble lyonnais qui depuis plus 25 ans réinvente la musique de chambre. C'est dans leur amour partagé pour les compositions du russe Chostakovitch que la collaboration a émergé, dont les notes mélodiques se sont transformées en narration visuelle où les corps repoussent sans cesse leurs limites dans le jeu, qu'il soit musical ou e

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Cordes en voyage

MUSIQUES | En plein cœur de l’Ardèche, le Festival Cordes en Ballade prépare une seizième édition latine. Le Quatuor Debussy à la commande depuis l’origine, on s’attend à de l’inattendu, forcément ; à de l’humour et du décalage parfois ; à de la haute volée musicale toujours. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 26 juin 2014

Cordes en voyage

Le Quatuor Debussy, par tous ses projets, bouscule sans modération la chose artistique, revigore nos oreilles endormies. Le festival Cordes en Ballade, dont il a la charge, ne fait pas exception. Ses trois dernières éditions ont même impulsé une dynamique encore plus inattendue : en 2011, "On en pince pour les cordes" explorait la musique française par le biais des cordes pincées ; l'année suivante, "Welcome America !" déroulait une humoristique "Route 07" musicale, homologue ardéchoise de la fameuse Route 66 ; enfin, en 2013, Cordes en Ballade avait ébloui par un mélange subtil de musique classique, contemporaine et de jazz, sous l'intitulé "De Bach à Haydn, la musique en héritage". Pour l’édition 2014, un cran supplémentaire est franchi. Avec "Viva Latina !", c’est tout un répertoire coloré et sensuel qui nous est donné à entendre. Une programmation sur les pas des conquistadors qui nous emmènera au Portugal, en Amérique du Sud et en Espagne.   Métissage, éclectisme et jubilation   Ils exultent toujours, les Debussy, lorsqu’ils concoctent une nouvelle programmation. Cette édition les voit se lâcher un peu plus, et c'est peu dire que l

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Comme un poisson dans l'opéra

SCENES | Sept ans après sa création à (feu) la Biennale du Théâtre jeune public, voici revenir "Jérémy Fisher", conte lyrique sur l’altérité et le courage d’être soi. On replonge. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 3 juin 2014

Comme un poisson dans l'opéra

Le récit tient en une phrase : un couple de pêcheurs engendre un enfant aux mains palmées et qui se recouvre d’écailles en grandissant. De cette histoire tragique et fantasmagorique, écrite par Mohamed Rouabhi en 2002, Michel Dieuaide a fait, cinq ans plus tard, un conte lyrique destiné aux enfants. Les travaux d'une telle importance à l'adresse des futurs spectateurs de "grandes" pièces sont rares ; ceux qui ne les considèrent pas comme un public au rabais encore plus. Le prestigieux Quatuor Debussy et sans cesse renouvelée Maîtrise de petits chanteurs de l’Opéra sont aux commandes de celui-ci. Michel Dieuaide, ancien co-directeur de la Biennale du Théâtre jeune public et du Théâtre des Jeunes années – avant qu’il ne devienne le TNG avec Nino d’Introna – assure lui la mise en scène, organisant le plateau comme un large espace de lecture, avec un îlot central d’où est dite l’histoire et des galets parsemés tout autour comme autant de sièges pour les enfants de la Maîtrise qui, même lorsqu’ils ne chantent pas, sont totalement acteurs du spectacle. Le Quatuor n’est lui non plus pas relégué à une fosse, mais parti prenante du dispositif - au point d'être parfois pris à part

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The Rover

ECRANS | Après "Animal Kingdom", David Michôd pratique un étonnant hara-kiri commercial avec ce film post-apocalyptique qui tient autant de Beckett que de "Mad Max", c’est-à-dire une véritable provocation au divertissement-roi. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 juin 2014

The Rover

The Rover, c’est Mad Max rencontre En attendant Godot. Rien que ça. Dès le carton pré-générique, on nous annonce que l’action se déroule en Australie quelques années «après la chute». La chute de quoi ? Du pays ? Du monde ? De l’économie ? Peu importe, car ce futur est saisi au présent, dans toute sa désolation, avec paysages arides et personnages hagards dont les motivations paraissent dérisoires. C’est le cas d’Eric, vagabond errant dans une bagnole qu’il a le malheur de se faire piquer par une bande de gangsters hallucinés, ayant laissé pour mort un des leurs, Rey, après un braquage qui a mal tourné. L’impassible Eric (sobre et étonnante composition de la part de Guy Pearce, d'ordinaire cabotin) va donc former un tandem improbable avec Rey (Robert Pattinson, excellent, dont la carrière post-Twilight prend un virage passionnant), soit un homme froidement brutal et un autre à moitié idiot et à moitié crevé, qui vont passer une heure quarante à arpenter les routes australiennes pour retrouver une voiture. Post-cinéma Si

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Cannes 2014, jour 4. Aux armes !

ECRANS | "The Rover" de David Michôd. "The Disappearence of Eleanor Rigby" de Ned Benson. "It follows" de David Robert Mitchell. "Les Combattants" de Thomas Cailley.

Christophe Chabert | Dimanche 18 mai 2014

Cannes 2014, jour 4. Aux armes !

S’ennuie-t-on au cours de ce festival de Cannes ? Oui, un peu, beaucoup parfois ; alors à la guerre comme à la guerre, on ose ce que l’on n’avait jamais osé jusque-là : laisser tomber la compétition, et se promener à travers les séances des sections parallèles, pour espérer y trouver des films stimulants, différents, bref, autre chose que de l’art et essai formaté, long et plombé. À ce petit jeu, The Rover, présenté en séance de minuit, repousse les limites de la bizarrerie. De la part du réalisateur d’Animal kingdom, David Michôd, rien ne laissait présager un tel virage ; si son premier film était puissant et abouti, il s’inscrivait dans un genre codifié — le film de gangsters — et sa mise en scène cherchait avant tout une forme d’efficacité sans refuser pour autant d’apporter de réelles innovations. Avec The Rover, Michôd fait exploser toutes les catégories et signe le premier film post-apocalyptique beckettien, que l’on pourrait réduire à ce pitch : deux hommes, l’un à moitié idiot, l’autre impavide, recherchent à travers une Australie désolée une voiture. Point. Le premier plan, qui montre pendant une minute Guy Pea

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Les Quatre Poptastiques

MUSIQUES | Pour un soir et pour Just Rock ?, le Transbo dégaine le plus improbable et le plus beau plateau de super-héros pop qui soit : la Grimes du Vercors, un chic type nommé Daisy, un pilote de chasse et un géant au nom de 4x4. Le résultat : sublime. Oui, grâce à nos pouvoirs magiques on y était et on vous raconte. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 octobre 2013

Les Quatre Poptastiques

Imaginez un Instant T, comme le chante Peau dans son splendide clip. Il est très tard en ce 23 octobre et quatre drôle de personnages devisent timidement dans le salon Louis-Philippe qui sert de loge au Transbordeur : une fille à la Peau synthétique, un garçon nommé Daisy, un type en nage sous sa combi spatiale et son casque de pilote de Mig-28, et une armoire à glace aux traits féminins et en manteau noir capable de tout envoyer valser dans la pièce d'un simple accès de charisme («Hé ho doucement avec mes fauteuils Voltaire» s'écrie le maître de maison). Un film de David Lynch ou, ce qui revient au même, un rêve sous antihistaminique ? Non : le programme de la soirée du 23 octobre au Transbordeur. Sans doute la soirée phare de cette édition de Just Rock? : Peau, Daisy Lambert (aucun lien), Cascadeur et Rover, réunis tout exprès pour vous envoyer au 7e Ciel et qui vient d'y parvenir.   Last Aqualast

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Le freak, c’est chic

MUSIQUES | Du freak, du fou, de la créature cramée, de l’inclassable, de l’incassable, du fragile, du fracassé, du fracassant, du marginal, du réfractaire, du réfracté, du revenant, du rêveur, du malade, du rageux, cet automne musical va en faire pleuvoir de partout. Du chelou comme à Gravelotte, qu’il va tomber. De belles tronches de vainqueur et des paluches pleines de talent, des noms à coucher dehors, du génie à la pelle, attaqué à la pioche. Ah, inquiétante étrangeté quand tu nous tiens ! Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

Le freak, c’est chic

Comme pour toute saison, tout événement, tout lancement, il nous faut un parrain, un type dont la stature et l'aura donnent immédiatement le ton. C'est Florent Pagny en total look peau de zobi à la Star Academy ou Alain Delon tenant des propos contre-intelligents sur l’homosexualité dans C à vous. Car oui, souvent, on a affaire à un type qui peut partir en vrille à tout moment, se mettre à dire n'importe quoi, comme n'importe quel parrain dans n'importe quel événement familial, ou comme un parrain de la mafia un peu sur les nerfs. C'est très bien, ça fait parler. Nous aurions pu assez logiquement choisir le parrain rock Don Cavalli, d’origine italienne et d’aspiration amerloque, comme tout parrain qui se respecte, et dont Les Inrocks qualifient avec raison la production de «rock tordu et primitif», quelque part entre la sève de Johnny Cash et les débordements d’un Beck. Bref, l’éternelle histoire du type né au mauvais endroit au mauvais moment et qui s’en accommode par le voyage intérieur (sur son dernier disque il va même jusqu’en Asie). En plus, dans le civil,

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Il pleut des cordes

MUSIQUES | Pour la quinzième édition de Cordes en Ballade, intitulée "De Bach à Haydn, la musique en héritage", le quatuor Debussy a mijoté une programmation culottée et jouissive, remplie de petits objets musicaux rares. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Mardi 18 juin 2013

Il pleut des cordes

Quinze ans que le Quatuor Debussy imagine avec Cordes en Ballade un festival pour tous, les érudits et les grands connaisseurs de musique de chambre comme les vacanciers en tongs assoiffés de beauté. Quinze ans qu'il fidélise au cœur de l'Ardèche un public toujours plus en demande et fait venir les interprètes les plus prestigieux que compte la musique contemporaine et, cerise sur les cordes, renouvelle la forme même de l'événement, fort des parti pris et de l'audace artistique qu'on lui connaît - quel que soit le projet, quel que soit le lieu, ses membres ont toujours des idées plein leur tête bien faite. Cordes en Ballade respire en effet la santé et cette édition 2013, qui déroulera le tapis rouge pour Bach et Haydn d'une façon aussi singulière que décalée et émouvante, ne devrait pas changer la donne.  Bizarre, bizarre… Dans un contrepied dont ils ont le secret, les Debussy ont invité marionnettistes, danseurs de hip hop et musiciens de jazz à magnifier les œuvres des deux maîtres du baroque aux côtés de la violoniste Hélène Schmitt et de la violoncelliste Ophélie Gaillard. La soi

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The Thick White Duke

MUSIQUES | Après "Cascadeur" l'an dernier, Rover est sans doute la révélation pop française de cette année. Un ovni romantique et bowie, dandy et bestial qui devrait envoûter par sa seule présence, les spectateurs du festival Changez d'Air. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 avril 2012

The Thick White Duke

Pour évoquer les «géants de la pop», on peut utiliser comme seul critère le gabarit et avoir de très beaux résultats musicaux : que l'on songe à Brian Wilson des Beach Boys (qui n'aurait jamais pu tenir sur un surf), Antony (qui derrière sa voix de vieille blues woman a la taille d'un buffle) et aujourd'hui Win Butler d'Arcade Fire (fameux joueur de basket) ou Sébastien Tellier (le Christ version Pépitos). Bien entendu cela exclut nombre de crevettes comme Brian Jones, Bob Dylan, David Bowie, Neil Hannon mais fort heureusement, l'important, comme le disait si justement un jour Amanda Lear, ce n'est pas la taille, c'est le goût. Alors oui c'est vrai, ce qui frappe en premier chez Rover, Timothée Régnier de son vrai nom, c'est cette masse pareille à celle d'un trou noir sur pattes, combattant lettré ou écrivain romantique de combat qui aurait fait le tour du Monde et en porte le poids sur ses larges épaules voûtées. En ce qui concerne Rover : de la Suisse aux États-Unis, en passant par le Liban, d'où il fut expulsé en 2006 pour atterrir en Bretagne. Le tour du monde des disques aussi : de Bowie aux Beach Boys, de Dylan aux Beatles. Le Big Four. 

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Musique de chambre avec vue

MUSIQUES | Dans le monde confidentiel de la musique de chambre, le Quatuor Debussy fait office d’ovni bienvenu. Il propose à l’infini des rencontres avec des univers artistiques étonnants : choc esthétique assuré. Depuis plus de vingt ans, les quatre instrumentistes font le bonheur des mélomanes avides de nouveautés fines et réjouissantes. Rencontre avec Christophe Collette, la force tranquille du Quatuor. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Dimanche 26 février 2012

Musique de chambre avec vue

Que dire de votre identité ? De cette pâte sonore qui vous rend si reconnaissable ?Christophe Collette : On nous a toujours dit, depuis les premières notes que nous avons jouées, que nous avions une sorte de "palette française". Certains quatuors mettent en avant une virtuosité, une puissance sonore. Notre définition du son se trouve plus dans la finesse, dans la transparence, dans l’équilibre entre les voix. Ce qui fait notre force, c’est que nous allons souvent nous confronter aux autres arts. La saison prochaine nous allons nous frotter au monde de la marionnette : nous préparons un très beau spectacle avec la Compagnie Émilie Valantin autours d’un conte de Perrault et des quatuors de Haydn. Nous allons également nous confronter au jazz, au tango, au slam, au rap. Nous avons toujours envie de décloisonner. Le changement de violoncelliste, voilà une saison, a t-il fragilisé l’identité du Quatuor ?Ce changement était volontaire et s’est fait dans la douceur puisque nous avons répété quatre mois avec les deux violoncellistes. Contrairement à ce qu’on peut penser, un changement, s’il est bien préparé, reste un enrichissement p

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L’opéra a du nez

MUSIQUES | L’Opéra de Lyon ouvre sa saison avec un Nez d’anthologie, étonnant et déconcertant, celui de Dimitri Chostakovitch, compositeur russe plus connu pour sa musique de chambre sombre et bouleversante, que le quatuor Debussy fera entendre en parallèle de l'événement. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 29 septembre 2011

L’opéra a du nez

Le Nez, qui vient d’avoir un vif succès au Festival d’Aix cet été, arrive à Lyon et les mélomanes de tous poils vont être séduits, c’est certain. Le triomphe d’Aix n’est pas dû au hasard. Prenons un bon chef à la tête de l’orchestre de l’opéra — Kazushi Ono ; un plasticien-metteur en scène hors cadre, au regard décalé et amusé sur le monde de l’opéra — le Sud-africain William Kentridge ; et une œuvre peu connue d’un compositeur russe visible mais pas trop : vous obtiendrez un moment singulier, une expérience unique. Le Nez, c’est tout d’abord une nouvelle surréaliste de Nicolas Gogol, avant de devenir le premier opéra de Dimitri Chostakovitch, écrit lorsque le compositeur avait 24 ans. L’intrigue peut paraître simple : Platon Kovaliov découvre un matin que son nez a disparu. Passé un moment de stupeur, il part à sa recherche. Après de nombreuses et loufoques péripéties, le nez reviendra a sa place. Les audaces de cette œuvre ont vite été sanctionnées : le Nez fut interdit par le régime soviétique en 1930, juste après sa création. Sous la baguette de Kazushi Ono, l’orchestre se donne sans compter et offre avec générosité toute l’ironie et l’âpreté de la partition, montre toutes l

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2.011, l'été “101”

MUSIQUES | Lundi 25 juillet

Dorotée Aznar | Mardi 12 juillet 2011

2.011, l'été “101”

Bien qu'elle soit supérieurement douée pour écrire des chansons, Keren Ann est longtemps restée dans l'ombre. D'Henri Salvador, d'Emmanuelle Seigner, de Suzanne Vega... Et même de Benjamin Biolay, son alter ego et vieux comparse de studio. Si le Trash Yéyé a eu besoin de La Superbe pour récolter sa moisson de lauriers, il aura bien fallu six albums à Keren pour se faire un prénom. Jouer les gangsters, affublée d'un gun et d'une coupe au bol, sur la pochette de 101, pour capter l'attention. 101 comme le psaume de l'Ancien Testament qui porte ses initiales. 101 comme le titre d'un autre album, le mythique live de Depeche Mode. Une référence qui, on l'espère, lui rendra toute la lumière qu'elle mérite lors de son concert aux Nuits de Fourvière. En live et en blonde, l'Israelo-hollandaise apparaît comme une dominatrice, qui règne sur son groupe avec la fougue de celle «qui dormira dans la tombe». Histoire, peut-être aussi, de rappeler qu'elle n'est pas née de La Dernière Pluie. Et qu'avec plus d'un live tour dans son sac, elle pourrait même faire de l'ombre à Bryan Ferry. SL

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Rattrapage

MUSIQUES | Vendredi 15 juillet

Dorotée Aznar | Mardi 12 juillet 2011

Rattrapage

Ceux qui avaient raté, il y a deux ans, le show tout en bisounourseries et en bavardages de Cocoon ont l'occasion ici de se rattraper. Quelque chose nous dit qu'elle ne se reproduira pas de sitôt, sauf à faire du duo Clermontois un résident du Théâtre antique. Pour d'autres, il s'agira plutôt de pallier la défection lyonnaise de Junip cette année à L'Épicerie Moderne pour enfin découvrir sur scène le magnifique premier (c'est pas trop tôt) album du groupe fantôme du folkeux suédois Jose Gonzalez. SD

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Son nom est trouble

MUSIQUES | C’est tout auréolée de la réussite de son dernier album “101“ que Keren Ann viendra nous rendre visite au Théâtre antique de Fourvière le 25 juillet. Regard sur le parcours de cette chanteuse à l’irrésistible fragilité. François Cau

Dorotée Aznar | Mardi 12 juillet 2011

Son nom est trouble

Si l’on se cantonnait à des éléments disparates de sa biographie artistique, on aurait de furieuses raisons de ne jamais Ô GRAND JAMAIS prêter ne serait-ce qu’une oreille à la production discographique de mademoiselle Keren Ann Zeidel. Elle débute sa carrière en 1998 en campant une agent du Mossad dans K d’Alexandre Arcady, certes l’un des moins mauvais films du terrible réalisateur, mais tout de même. L’année suivante, elle bifurque sur la voie musicale et décroche un premier succès public au sein de son groupe Shelby avec le single 1+1, dont les fortes résonances post-adolescentes pourraient se résumer à travers les paroles «La Terre tourne comme une orange amère, je peins en vert l’univers». Plus récemment, son nom s’est retrouvé dans la liste des soutiens publics à la création d’Hadopi, aux côtés de M Pokora et Camaro. On en profite pour rappeler à quel point la primauté de l’anecdotique nuit gravement au bon sens critique, et une fois mises de côté ces informations, on encourage fortement à plonger dans la discographie de Keren Ann. LES PROMESSES DANS L’OMBRE D’ailleurs, si l’on voulait apporter des gages de qualité pour sa défense, on citerait illico

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Requiem de Mozart

MUSIQUES | Pendant le Festival Mozart, le très fameux Requiem va sonner, mais de manière toute particulière et déroutante. Le lundi 28 mars, dans la grande salle de (...)

Pascale Clavel | Jeudi 17 mars 2011

Requiem de Mozart

Pendant le Festival Mozart, le très fameux Requiem va sonner, mais de manière toute particulière et déroutante. Le lundi 28 mars, dans la grande salle de l’Opéra de Lyon, le Quatuor Debussy donne une transcription pour quatuor à cordes de l’œuvre vocale la plus jouée dans le monde. Scandale ? Pas du tout. Le texte n’existe plus ? Celui qui fait tout le sens religieux de l’œuvre ? Et bien le Quatuor Debussy a réussi l’impensable. Sous cette forme – et grâce à un travail de recherche très intelligent – le Requiem ne perd pas une once de spiritualité, il reste d’une puissance émotionnel rare, d’une beauté mystique étonnante. Une nouvelle lecture pleine d’esprit. PC

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Cocoon

MUSIQUES | Si l'on se souvient du film "Cocoon" de Ron Howard, on se rappellera qu'il parlait de personnes âgées qui découvraient la jeunesse éternelle. Sans doute le (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 4 février 2011

Cocoon

Si l'on se souvient du film "Cocoon" de Ron Howard, on se rappellera qu'il parlait de personnes âgées qui découvraient la jeunesse éternelle. Sans doute le duo de Clermont-Ferrand, au Transbordeur lundi 14 février, n'arbore-t-il pas ce nom par hasard. S'ils ne sont pas encore des vieillards, loin de là, ils ont en revanche su rester jeune et attachés à un univers fait d'animaux extraordinaires, de fées et de comètes fantastiques. De là, ils tirent des albums de comptines pour adultes au sens de la narration aiguisée et aux arrangements précieux. Que l'on s'y attache ou pas dépend certainement un peu de l'état de l'enfant qui sommeille (ou pas) en nous. SD

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Cocon de Lyon

MUSIQUES | Électro / Difficile d’importer au Ninkasi le décor digne de planète Tatooine qui fait tout l’exotisme du prestigieux club de Sven Väth. À Francfort, le (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 27 novembre 2009

Cocon de Lyon

Électro / Difficile d’importer au Ninkasi le décor digne de planète Tatooine qui fait tout l’exotisme du prestigieux club de Sven Väth. À Francfort, le Cocoon est par essence un temple du noctambulisme qui défie tous les superlatifs. Pourtant, même si la salle de Gerland ne peut pas transformer ses murs carrés en triangles, ni imposer une soucoupe volante en lieu et place de la scène, l’association Elektro System réalise toujours des prouesses pour décorer le Kao dans l’esprit SF du club allemand. Salle maculée de blanc, réalisation de mobiles et de tentures spécialement conçus par un décorateur et une couturière «sur mesure», vidéos fournies par les Vj’s Cocoon eux-mêmes, scénographie coordonnée par l’équipe de maître Sven… Comme le souligne Gregg d’Elektro System : «Cocoon ne laisse rien au hasard. C’est tout un concept artistique et technique qui est encadré par le staff de Francfort». Pour sa quatrième édition, la soirée de Lyon entend donc bien mettre le paquet pour transporter les clubbers dans un cosmodrome d’hédonisme et d’ailleurs, un outre-monde de transe où la Fête avec un grand F sera conduite, entre autres, par le live d’Extrawelt. Electro minimale de rigueur, b

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Les montagnards ne sont pas las

MUSIQUES | Musique / On connaît les propriétés minérales des sommets volcaniques du Massif Central. Elles expliquent sans doute la vitalité actuelle de la scène musicale (...)

| Mercredi 9 mai 2007

Les montagnards ne sont pas las

Musique / On connaît les propriétés minérales des sommets volcaniques du Massif Central. Elles expliquent sans doute la vitalité actuelle de la scène musicale auvergnate. Car si on ne sait pas, comme le dit la pub, si quand un volcan s'éteint un être s'éveille, ce qui semble clair c'est qu'à chaque fois un groupe émerge, faisant de Clermont-Ferrand une place de plus en plus forte de la musique hexagonale. Cocoon en est l'un des derniers avatars de qualité. Quand les Elderberries ou les Kissinmas cavalent sur les sommets de la région comme des dahus dératés, le duo (un gars, une fille) arpente d'un pas tranquille leur versant folk aux côtés d'Helian in the Sun (mélange de Bert Jansch sous aligot et de Nick Drake passé au charbon) ou The Delano Orchestra (dans une veine neurasthénique à la Mark Linkous). Et, l'air de rien, Cocoon emporte tous les suffrages : révélés fin 2006 par le flair de la compile CQFD des Inrocks, découverte du dernier Printemps de Bourges, les voilà Lauréats du tremplin Eurockéennes 2007. Collègues de label des excellents Hey Hey My My, ils contribuent déjà discrètement à hisser une école française folk d'un éclectisme stupéfiant à la hauteur de ses consœurs am

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