Bonnes étoiles à Fourvière

CONNAITRE | Et voici la programmation complète (ou presque, tant elle est riche) des Nuits de Fourvière 2012 ! Certains événements étaient déjà connus, mais s’y ajoutent d’excellentes surprises, qu’elles soient musicales ou théâtrales… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 26 mars 2012

Photo : Ben Harper, aux Nuits de Fourvière le mardi 17 juillet


Les fuites ayant été nombreuses cette année (mais comment, à l'heure d'internet, garder sous cloche pendant trois mois les dates de tournée d'artistes que leurs fans observent comme le lait sur feu ?), on savait déjà que Les Nuits de Fourvière 2012 allaient envoyer du lourd.

Cela faisait un bail que les organisateurs rêvaient d'accueillir Björk (le 30 juin), et ce sera donc chose faite cette année, après le lancement (passé un peu inaperçu) de son album concept multimédia Biophilia. Rêve aussi avec la reformation des Stone Roses (le 25 juin), groupe culte de la brit-pop flamboyante des années 90, dont le concert s'est inscrit in extremis dans la programmation. Enfin, retour en force de Bartabas, certes un habitué du festival, mais avec une de ses productions XXL, Calacas, où les cavaliers célèbrent la fête des morts mexicaine déguisés en squelettes sur leurs toujours impressionnantes montures (du 11 juin au 17 juillet au Parc de Parilly). Mais tout cela, on le savait déjà, donc.

De A à Ben

En revanche, deux poids lourds s'ajoutent à la liste : Ben Harper (le 17 juillet), qu'on a vu beaucoup arpenté les festivals d'été ces dernières années mais qui n'avait pas fait de halte lyonnaise depuis un bail. Et le lendemain, 18 juillet, surprise de dernière minute, rien moins que Bob Dylan himself, qui n'était pas venu dans les théâtres romains depuis 1994. Là, on peut le dire, il y a de la légende dans l'air. Niveau rock et pop, l'affiche est belle cette année, à commencer par la présence de Dominique A (le 18 juin à l'Odéon) qui donnera à Fourvière l'exclusivité lyonnaise de sa nouvelle tournée, célébrant à la fois les vingt ans de La Fossette (première partie du concert) et la sortie (aujourd'hui même) de son dernier album Vers les lueurs. Bonne nouvelle : le retour d'Antony (and the Johnsons) pour un concert dans la lignée de celui qu'il avait donné à Fourvière avec les musiciens de l'orchestre de l'Opéra de Lyon (le 6 juillet).

Deux folkeux de grande classe se joignent à la fête : la belle Alela Diane d'un côté (le 12 juillet) et le fantastique Bon Iver de l'autre (le 30 juillet). Incontournable sur les scènes mondiales, les Anglais électro-pop de Metronomy se frotteront à la scène du grand théâtre le 5 juillet, tandis que la veille, ce sera le rock efficace de Kasabian qui mettra le feu aux pierres de Fourvière. Là encore, les programmateurs nous ont réservé une jolie surprise : c'est l'excellent Hanni El Khatib qui officiera en première partie !

Passons au made in France cher à François Bayrou : le 28 juin Jane Birkin proposera une création en première française, «Serge Gainsbourg et Jane via Japan», le 27 juin Yannick Noah invitera Manu Dibango à le rejoindre sur scène (et Vieux Farka Touré fera l'ouverture du concert !!!), le 26 juillet Camille fera entendre la version live de son Ilo Veyou (avec, joie ! Fránçois and the Atlas mountains en première partie) et le 27 juillet Dionysos déclinera son tout nouveau tout beau Bird'n'roll en compagnie de Carmen Maria Vega… Dernière belle et grande nouvelle : le concert solo de Neil Hannon, alias The Divine comedy (le 14 juin), dandy pop qui passera la soirée avec les spectateurs de Fourvière dans le cadre intimiste de l'Odéon.

Tour du world

La world music, un des points forts de la programmation de Fourvière, joue cette année la carte du classique avec une soirée brésilienne autour de Gilberto Gil (le 25 juillet), une nouvelle invitation lancée à Rodrigo y Gabriela (le 14 juillet), une nuit indienne avec Anoushka Shankar et Zakir Hussain (le 13 juillet). Sans oublier nos préférés, les bluesmen touaregs de Tinariwen le 23 juillet à l'Odéon.

On sort de la musique et on se rapproche de la danse avec la nouvelle création de cette grande dame du flamenco qu'est María Pagés, Utopía (les 24 et 25 juillet). Danse toujours avec un nouveau chapitre de la longue amitié qui lie le festival à Sylvie Guillem (les 12, 13, 15 et 16 juin), pour une création à partir de chorégraphies signées William Forsythe, Mats Ek et Jiri Kylián (du solide, donc). Dans un tout autre genre, les Nuits de Fourvière accueillent pour la deuxième fois un battle de danse hip-hop le 15 juillet…

Le Bourgeois et le Président

Enfin, Fourvière, c'est aussi du théâtre, et cette année le festival a mis le paquet pour son spectacle d'ouverture en accueillant en première française rien moins que la mise en scène de Denis Podalydès autour du classique de Molière Le Bourgeois Gentilhomme (du 5 au 10 juin à l'Odéon). On est par ailleurs ravi d'apprendre que Michel Raskine proposera une nouvelle création tirée de Thomas Bernhard, Le Président (sous le chapiteau de l'esplanade, du 15 au 28 juin) ; ce sera, petit événement, la première depuis sa "retraite" du Point du Jour. Le festival recevra aussi André Wilms pour deux soirées où il récitera des textes de Robert Walser et Odön Von Orvath, accompagné par la musique de Mahler et Brahms interprétée par l'ensemble Franui (les 1er et 2 juillet).

On n'a pas tout cité, bien entendu, notamment une programmation cirque qui, d'année en année, gagne en richesse et en cohérence, mais d'année en année, le festival gagne en envergure, investissant tous les espaces des théâtres romains, toutes les formes et tous les domaines. On aura à peine assez d'un été pour en faire le tour complet !


Les Nuits 2012

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Nuits de Fourvière : en juillet, ce sera jauge pleine

Festival | Plus de monde, mais pas pour autant de réouverture de la billetterie globale. On vous explique.

Nadja Pobel | Jeudi 10 juin 2021

Nuits de Fourvière : en juillet, ce sera jauge pleine

Ce mercredi 9 juin au soir, alors que la France entamait son deuxième palier de déconfinement — il faut désormais se munir d’un pass sanitaire valide pour entrer dans une enceinte de plus de 1000 personnes —, Dominique Delorme s’est exprimé devant le public des Nuits de Fourvière qu’il dirige. À compter du 1er juillet, en accord avec le préfet du Rhône Pascal Mailhos et la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, il n’y aura plus de réduction de jauge du public. C’était annoncé, de même que la levée du couvre-feu à cette date, dans le calendrier de déconfinement énoncé par Emmanuel Macron le 29 avril dernier. Mais cela devait se faire « selon la situation sanitaire locale » et était soumis à l’autorisation des préfets. Celui du Rhône a donc donné le feu vert aux Nuits de Fourvière. Mais attention, cela n’engendre pas la réouverture de la billetterie, ou alors au cas par cas et à une date encore inconnue. En effet : il y a des listes d’att

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Nick Cave aux Nuits de Fourvière en 2022

Festival | Les fans de Nick Cave n'ont sans doute pas oublié, ni ne se sont remis du magistral concert perpétré par l'Australien en juillet 2013 à Fourvière, en sortie du (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mai 2021

Nick Cave aux Nuits de Fourvière en 2022

Les fans de Nick Cave n'ont sans doute pas oublié, ni ne se sont remis du magistral concert perpétré par l'Australien en juillet 2013 à Fourvière, en sortie du classieux Push the sky away. Parmi ces fans, l'une des plus hardcore, Sophie Broyer arrivée l'an dernier aux fonctions de programmatrice des Nuits de Fourvière – et qui n'a guère eu l'occasion d'étrenner de manière satisfaisante ses grandes compétences. Elle se rattrapera manifestement l'an prochain puisque viennent d'être annoncés non pas un mais deux concerts du Cave et de ses Bad Seeds, les 6 et 7 juin 2022 sur la scène du théâtre antique. Certes, ce n'est pas demain la veille – et d'ailleurs la billetterie n'ouvrira pas avant l'année prochaine – mais c'est toujours de la belle perspective de vrai monde d'après. Ce soir là, on repensera sans nostalgie à 2020 et 2021 et on kiffera

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Nuits de Fourvière : notre sélection concerts

Festival | Pour leur grand retour, les Nuits de Fourvière ont fait avec les contraintes – et sans doute un peu les moyens du bord – pour concocter un programme 2021 digne de ce nom. Avec beaucoup de têtes d'affiches françaises et plus d'internationaux qu'on ne pourrait le penser. Une édition finalement très voyageuse. Tour d'horizon.

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mai 2021

Nuits de Fourvière : notre sélection concerts

La chance aux chansons (françaises) Conjoncture sanitaire – et absence presque totale de tournées internationales – oblige, les Nuits ont surtout donné – plus qu'à l'habitude, déjà bien ancrée – la chance aux chansons. Avec l'idée que dans la chanson (française), tout est bon. D'où un tableau All-star de vedettes françaises (ou francophones) qui comprend quand même Alain Souchon, Benjamin Biolay, Philippe Katerine, Catherine Ringer (qui vient enfin chanter les Rita Mitsouko), Jane Birkin, Louis Chedid, Stephan Eicher, la révélation pop-chanson Suzane et même François Morel qui se paie un orchestre symphonique – celui du Conservatoire à Rayonnement Régional. Un vrai plateau (télé) de Victoires de la Musique, comme à la maison mais (enfin) hors-les-murs. Voyage à Lyon Tant qu'à faire et peut-être plus que d'habitude, les Nuits ont profité de ce contexte à la mobilité entravée pour opter pour le voyage immobile en s'offrant une édition aux accents très lyo

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Lyon : Nuits de Fourvière, le grand retour

Festival | Oui – trois fois youpi ! – les Nuits de Fourvière auront bien lieu cette année en juin et juillet. Avec au menu, une édition quelque peu adaptée – horaires, jauges, mesures barrières – mais surtout une édition en vrai, avec des gens. On vous détaille la programmation ici, où vous pourrez retrouver une bonne partie des têtes d'affiche et spectacles empêchés l'an dernier.

La rédaction | Lundi 3 mai 2021

Lyon : Nuits de Fourvière, le grand retour

La Biennale de la Danse, des fidélités, quelques reports de l’édition avortée et au final pas moins de onze propositions théâtre-cirque-danse aux Nuits de Fourvière cette année qui se dérouleront en très grande partie aux amphithéâtres et puis tout près, chez les voisins du 5e arrondissement (ENSATT et Point du Jour) jusqu’à faire un pas à la Renaissance d’Oullins. L’ouverture du festival se fera le 1er et 2 juin à 19h30 (attention horaires avancés en raison du couvre-feu), en collaboration avec la Biennale de la Danse devenue estivale, avec Alarm clocks are replaced by floods and we awake with our unwashed eyes in our hands … a piece about water without water signé de la chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin qui retrouve pour l’occasion la chanteuse Camille après leur première collaboration sur l’album Ilo Veyou de cette dernière. L’interprète (qui se fait aussi danseuse) sera également au générique de Comprendre, en tant que co-compos

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Jérôme Bub nouveau président des Nuits de Fourvière

Politique | Pour peu, l’information serait passée inaperçue si le principal intéressé ne l’avait révélée sur Twitter : l’élu métropolitain EELV Jérôme Bub a été désigné mardi 20 octobre nouveau président des Nuits de Fourvière.  

Vincent Raymond | Mercredi 21 octobre 2020

Jérôme Bub nouveau président des Nuits de Fourvière

Fin juillet dernier, le Conseil métropolitain avait, au milieu d’un flot de délibérations, choisi ses neuf élus chargés de former le conseil d’administration de la régie personnalisé des Nuits de Fourvière, festival dépendant de sa juridiction, parmi lesquels Cédric Van Styvendael, maire de Villeurbanne ou Véronique Dubois Bertrand, maire du 3e arrondissement de Lyon. Il a depuis désigné son président en la personne de Jérôme Bub en remplacement de Myriam Picot, ancienne vice-présidente à la Culture à la Métropole et… présidente du Musée des Confluences — où Fanny Dubot vient de lui succéder, comme au siège de maire du 7e arrondissement de Lyon. Élu grignerot de la circonscription Lônes et Coteaux, le nouveau venu dans l’assemblée de la rue

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Camille de Toledo : « un temps autre s’est ouvert »

Podcast | Camille de Toledo, écrivain et chercheur, repense sa résidence croisée initiée à Lyon en un rendez-vous de conversations à distance, chaque mardi. Toujours sous l'égide de l’École Urbaine de Lyon, la Fête du Livre de Bron et l’European Lab. Il nous explique.

Sébastien Broquet | Mardi 9 juin 2020

Camille de Toledo : « un temps autre s’est ouvert »

Vous remodelez votre cycle de résidence et de rencontres à Lyon en une forme nouvelle, des conversations nocturnes chaque dimanche soir : pouvez-vous nous présenter ce concept et comment il va se dérouler ? Camille de Toledo : Je crois ardemment aux vertus d’une conversation croisée entre les arts et les sciences humaines, entre une poétique et une politique, entre thérapeutique et savoir. C’est à cette intersection que nous avons lancé avec l’École Urbaine de Lyon, la Fête du Livre de Bron et l’European Lab, en janvier dernier, le cycle "Enquêter, enquêter, mais pour élucider quel crime ?". Nous vivons aujourd’hui à l’heure d’une très vaste révélation d'un "crime terrestre", ce qu’on nomme également en droit un écocide, même si la notion n’est pas encore, hélas, reconnue pénalement. Quand nos affaires humaines, à l’échelle planétaire, ont été interrompues par cet

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Nuits de Fourvière confirme l'annulation intégrale de son édition 2020

Covid-19 | C'est par un succinct communiqué que Nuits de Fourvière vient confirmer ce qui était inévitable : il n'y aura pas d'édition 2020 du festival (...)

Sébastien Broquet | Mardi 14 avril 2020

Nuits de Fourvière confirme l'annulation intégrale de son édition 2020

C'est par un succinct communiqué que Nuits de Fourvière vient confirmer ce qui était inévitable : il n'y aura pas d'édition 2020 du festival lyonnais. « Suite aux dispositions d’ordre public annoncées par le Président de la République le 13 avril 2020, le Festival des Nuits de Fourvière est annulé. Cette édition devait être présentée du 2 juin au 31 juillet. Les conditions de cette annulation seront précisées dans les prochains jours. (...) En 2021 le festival aura 75 ans, nous allons résolument nous engager avec les artistes vers l’avenir pour perpétuer ce rendez-vous créé en 1946. »

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Le Felyn Festival annulé, Nuits de Fourvière au moins en partie également

Covid-19 | Emmanuel Macron l'a annoncé : les festivals et grands rassemblements ne pourront avoir lieu avant, a minima, la mi-juillet.

Sébastien Broquet | Lundi 13 avril 2020

Le Felyn Festival annulé, Nuits de Fourvière au moins en partie également

Lors de son intervention télévisée le lundi 13 avril, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé que les festivals et grands rassemblements resteraient interdits « au moins jusqu'à mi-juillet ». Ce qui de facto met fin à la première édition du Felyn Festival, qui devait se tenir en juin au Parc OL avec en particulier Red Hot Chili Peppers et Bad Bunny, comme aux Nuits de Fourvière, qui devaient débuter le 2 juin. La fin des Nuits des Nuits de Fourvière étant prévue le 31 juillet, il reste encore un léger doute sur la tenue des festivités après le 15 juillet, mais il semble peu probable que cet événement puisse se tenir au vu des annulations successives des tournées des artistes et des gros festivals européens durant tout l'été. Le Printemps de Pérouges, prévu du 11 au 28 juin avec en particulier Sting, ne pourra se tenir également. Nuits sonores, qui a choisi de repousser ses dates du 22 au 26 juillet, est en suspens.

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Liam Gallagher, Thom Yorke et Woodkid seront à Fourvière cet été

Nuits de Fourvière | À l'approche du printemps tombe le programme de l'été, du moins du côté de Fourvière dont les Nuits vont une fois de plus occuper nos soirées de juin et juillet. Revue d'effectif du casting musical de cette édition 2020, toujours enrichi du programme parallèle des Salons de musique.

Stéphane Duchêne | Mardi 10 mars 2020

Liam Gallagher, Thom Yorke et Woodkid seront à Fourvière cet été

Passer aux Salons Commençons par Les Salons de musique des Nuits, cette extension intimiste et indoor des Nuits de Fourvière chargée de proposer une sorte de contre-programmation. La chose débutera avec un énième projet de l'intenable saxophoniste Thomas de Pourquery : Von Pourquery accompagné de chœurs du Conservatoire à Rayonnement Régional (2 juillet). Suivront le trio de multi-instrumentistes Bernard Lubat, André Minvielle et Fabrice Vieira (3 juillet), le Valetti Quintetto (5 juillet) formé par le même Minvielle, Raphaël Imbert, Beer-Demander et Serge Valtetti à la création et production ; un hommage à Henri Crolla, sorte de Django Reinhardt napolitain avec Dominic Cravic, concert suivi du film Le Bonheur est pour demain avec Crolla et Higelin (7 juillet) ; le spectacle Si oui, oui, Si non, non, où le jazz rock d'Albert Marcoeur rencontre les appétences contempora

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L’art vivant brille aux Nuits

Nuits de Fourvière | Hormis un spectacle d’ouverture sans grand suspens ("Message in a Bottle"), la programmation arts vivants de cette édition des Nuits de Fourvière s’annonce de très haut vol avec notamment la crème de l’émergence en théâtre et deux pépites absolues dans le domaine du cirque.

Nadja Pobel | Mardi 10 mars 2020

L’art vivant brille aux Nuits

Passons vite sur ce Message in a bottle, tout juste créé à Londres et dont les seules dates françaises auront lieu à Lyon. La chorégraphe Kate Prince n’aurait-elle pas pu s’atteler à un répertoire moins attendu pour déployer son travail de danse-théâtre ? Elle devrait en tout cas mêler les tubes du chanteur Sting à une danse très physique et hip hop comme elle le fait dans sa compagnie du Zoo Nation depuis presque vingt ans. Passée cette ouverture, le grand théâtre des Nuits sera le terrain de spectacles très attendus et plein de promesses comme le Room with a view (20 et 21 juillet) où la jeune et engagée compagnie (La) Horde et le ballet de Marseille qu’elle dirige depuis peu s’allie à Rone. Le musicien électro les a invités à dialoguer avec lui sur la notion d’effondrement dans une vraie-fausse carrière blanche où 18 danseurs tentent de résister à la délinquance. Au vu du talent des uns et des autres, le résultat créé en ce début mars au Châtelet à Paris est attendu avec impatience. Toujours dans cet écrin de pierres ancestrales, le Cirque acrobatique de Tanger présente

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Des débuts prometteurs : "La Dernière Vie de Simon"

Fantastique | À part Thomas et Madeleine, personne ne connaît le secret de Simon, petit orphelin capable de prendre l’apparence de ceux qu’il touche. Quand Thomas est victime d’un accident, Simon le remplace sans prévenir qui que soit. Dix ans plus tard, Simon va “ressurgir“…

Vincent Raymond | Mardi 4 février 2020

Des débuts prometteurs :

Du fantastique à la française ! C’est-à-dire héritier de la (bonne) littérature de la fin du XIXe siècle, du Horla de Maupassant, de L’Homme à l’oreille cassée d’About, de La Cafetière de Gautier — tous ces romans et nouvelles ayant profité du mouvement positivo-scientiste pour entrouvrir les volets du paranormal, pendant que Jules Verne conservait une rigueur toute cartésienne. Ici, point de pyrotechnie ni de super-héros en cape et collants, mais l’instillation perpétuelle du doute et de l’inquiétude : sur les visages, dans les regards, et même dans la douceur fluide des mouvements de caméra. Conte fantastique, La Dernière Vie de Simon tient également de l’habile réflexion identitaire, métaphorisant la dualité intérieure que peut ressentir un enfant adopté — même si l’amour qu’il reçoit de sa famille

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À l'école de l'Anthropocène : Les Soucis de la terre

Réflexion | Pour sa deuxième édition, la déjà indispensable École de l'Anthropocène réinvestit les Halles du Faubourg pour passer notre ère à la question et – peut-être – sauver le monde.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 janvier 2020

À l'école de l'Anthropocène : Les Soucis de la terre

Au vu du succès rencontré par sa première édition et du délitement toujours plus inquiétant du monde (poke l'Australie), nous voici de retour À l'école de l'Anthropocène — cette époque, la nôtre, où les activités humaines ont un impact important sur la biosphère — pour une vaste semaine de réflexion portée par l'École Urbaine de Lyon. L'idée, défendue pa son directeur Michel Lussault : « débattre des questions liées aux défis que nos sociétés vont devoir affronter en raison des effets du changement global dont les manifestations sont de plus en plus flagrantes. » « Faire école » c'est bien ici ce dont il s'agit au rythme de cours, ouverts à tous, aussi denses que passionnants, dans le sillage de spécialistes pluridisciplinaires . À celà viennent s'ajouter débats ("A-t-on eu raison d'inventer l'agriculture ?", "Faut-il attendre un post-capitalisme réparateur ?"), ateliers et

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Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir : "Les Éblouis"

Drame | Depuis que sa famille a rejoint la communauté chrétienne de Luc-Marie, Camille a vu sa mère sortir de son apathie dépressive. Mais les règles et les rites qui lui sont imposés, ainsi qu’à ses frères, l’étouffent. Camille sent bien l’anormalité de cette aliénation souriante, au nom de la foi…

Vincent Raymond | Mardi 19 novembre 2019

Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir :

Dans une semaine faste en films d’épouvante, Les Éblouis ne dépare pas. S’inspirant de ses souvenirs personnels, la comédienne Sarah Suco signe un premier long-métrage d’autant plus effrayant qu’il se passe d’effets en décrivant au jour le jour et à travers les yeux d’une adolescente, les conséquences du mécanisme d’embrigadement sectaire. Comment un loup aux allures débonnaires se déguise en berger pour attirer à lui les proies qu’il a flairées fragiles — en l’occurence, la mère de Camille, dépressive et flétrie dans son existence. Et parvient à tout obtenir d’eux grâce à un conditionnement culpabilisateur. Se revendiquant du christianisme et pratiquant une lecture très personnelle des Écritures, la “communauté“ déviante de Luc-Marie est l’un de ces trop nombreux cercles de fêlés prétendant détenir la Vérité en droite ligne et se permettant sur cette assertion les pires outrages. La preuve que tous les monothéismes peuvent produire des brebis frappadingues — sans parler des polythéismes. S’il est en revanche une vérité indubitable, c’est celle que les interprètes dégagent — sont-ils possédés par les person

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La femme à la caméra : "Camille"

Biopic | Jeune photographe fascinée par l’Afrique, Camille Lepage part en indépendante couvrir les remous en Centrafrique qui déboucheront sur la guerre civile. Sans couverture, elle va plus loin que les photo-reporters de guerre professionnels. Au risque de se perdre…

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

La femme à la caméra :

C’est un double, voire un triple film que Boris Lojkine signe ici. D’abord, évidemment, un portrait de Camille Lepage (1988-2014) au cours des derniers mois de son intense existence. Le biopic d’une journaliste investie par la nécessité d’éveiller les consciences occidentales à l’imminence du drame centrafricain, mais aussi d’une jeune femme piégée par sa trop grande proximité avec son sujet. Une proximité affective se retrouvant dans sa pratique photographique, puisqu’elle cadre physiquement au plus près des événements et des gens, mais qui dénote également un manque de recul dans son approche. Ce qui conduit à l’insoluble question éthique de la photographie de guerre : celui (ou celle) qui la réalise peut-il/doit-il rester neutre lorsqu’il témoigne d’une situation ? À côté de confrères expérimentés accrédités par les grands quotidiens, se conduisant en expats hautains et désabusés pouvant partir le lendemain pour un théâtre d’opération à l’autre bout du monde, Camille possède une connaissance du terrain qui

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Christophe Honoré : « je ne suis pas sorti de ma chambre d’adolescent »

Chambre 212 | Rêverie mélancolique et sensuelle dans une chambre d’un hôtel du “libre et change“, Chambre 212 est un film très sérieux sous ses airs de fantaisie sentimentale. Et vice-versa. Explications de l’auteur, le prolifique Christophe Honoré…

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Christophe Honoré : « je ne suis pas sorti de ma chambre d’adolescent »

Auriez-vous le fantasme d’observer les fantômes de votre propre jeunesse ? Christophe Honoré : J’ai l’impression qu’on est toujours très peuplé par — je ne sais pas si l’on peut appeler ça des fantômes de sa jeunesse — ces “moi“ successifs que l’on a été. À certains moments de ma vie, je ne crois pas être si éloigné de la personne que j’étais quand j’avais 20 ou 30 ans. C’est ce que dit le film : on est souvent très nombreux à l’intérieur de soi ! Des gens que l’on n’a pas croisé pendant des années vous donnent souvent l’impression qu’ils vous revoient vieilli alors que vous pensez être toujours avec les mêmes aspirations, les mêmes goûts que quand vous aviez 25 ans… De la même manière, dans le milieu professionnel ou les moments amoureux plus intimes, on a des âges différents : c’est très rare que l’on soit conforme à son âge véritable. On fluctue énormément d’un âge à l’autre, et ces fantômes de la jeunesse ne sont pas tant des fantômes que des personnes bien réelles, et bien bruyantes, à l’intérieur de soi. Quel “âge intérieur“ aviez-vous lorsque vous avez commencé à écr

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La clef des songes : "Chambre 212" de Christophe Honoré

Drame sentimental | Vingt ans après le début de son idylle avec Richard, Maria quitte le domicile conjugal pour faire le point dans l’hôtel d’en face, chambre 212. La nuit étant propice aux prodiges, Maria est submergée par les fantômes de ses amours du temps jadis, et ceux de son conjoint.

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

La clef des songes :

Chambre 212 est un peu une version sentimentale (et érotisée) du Christmas Carol de Dickens, où le personnage visité par des esprits du passé et se baladant dans des uchronies ne serait plus Scrooge l’avaricieux mais une quadragénaire random en plein cas de conscience. Et où les apparitions — en l’occurrence des doubles de ses amants d’antan — seraient plus désorganisées. Cette fantaisie grave oscillant entre le réalisme cru du drame sentimental et une artificialité assumée, comme elle module du cocasse au bizarre, évoque le cinéma de Blier où tous les temps et destins se superposent dans un cauchemar quantique ; où les personnages coexistent parfois sous divers âges et visages. On ne s’étonnera donc pas que le réalisateur de Merci la vie ! compte parmi les remerciements au générique. Christophe Honoré déploie ici tout son savoir-faire (qu’on sait immense) pour restituer la cotonneuse sensation d’une nuit blanche hantée par l’onirisme. Malgré son inventivité transmédiatique, malgré ses comédiens et comédiennes, malgré Apollinaire, son film laisse toutefois l’impression d’u

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Metronomycon

Pop | « Metronomy pour toujours », voici la devise qui présente, fort modestement, le dernier album des popeux ultimes que sont Joseph Mount et sa (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 octobre 2019

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« Metronomy pour toujours », voici la devise qui présente, fort modestement, le dernier album des popeux ultimes que sont Joseph Mount et sa bande, de passage à l'Amphi 3000 ce 11 octobre : la pochette représente un volcan en éruption dont l'écoulement de lave trace à même ses flancs l'inscription Metronomy Forever. Pour toujours, peut-être, mais aussi partout tant le groupe du Devon semble pour allumer son feu d'artifices de tubes, piocher dans le grand fourre-tout de ses influences : des Cars (le terrible Insecurity), à un Prince glam (l'irrésistible Salted Caramel Ice Cream, le funky-soul suave The Light qui lorgne aussi vers Daft Punk), le grunge même (sur un pastiche électronisé à la sauce minimale Upset My Girlfriend), le rock slacker (Lately) et tout un tas d'autres genres (house, disco), de postures, digérées, délivrées, ressuscitées avec gourmandise. « N'est pas mort à jamais qui dort dans l'éternel » dit le Necronomicon Lovecraftien, ici repensé en hymne à la vie pop.

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20 concerts pour l'automne

Nos bons plans | Sélection drastique, forcément subjective, des vingt concerts qu'il ne faut surtout pas rater en cette saison : suivez le guide.

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20 concerts pour l'automne

Baptiste W. Hamon Surprise : le plus français des countrymen, métis musical revendiqué de Townes Van Zandt et Jacques Bertin, trop méconnu à notre goût, est revenu il y a quelques mois avec Soleil, Soleil Bleu. Si l'on retrouve quelques balises country (l'ami Will Oldham / Bonnie "Prince" Billy est toujours de la partie), celles-ci jalonnent un territoire bien plus pop et orchestré. Et l'art de "l'écrivage" de chanson (le songwriting, quoi) de notre W., de prendre une nouvelle ampleur. À Thou Bout d'Chant le jeudi 3 octobre Metronomy En rentrant en Angleterre pour accoucher de Metronomy Forever, l'ex-néo-parisien Joseph Mount semble avoir retrouvé le mojo tubesque partiellement égaré sur Summer 08, celui qui l'avait vu accoucher de Love Letters, Monstruous, The Look, The Bay ou Corinne, sur ses précédentes saillies. Bonne nouvelle quand on sait que Metronomy vient livrer tout cela avec la fantaisie scénique qu'on lui connaît

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New Order : Les cendres du tempo

MUSIQUES | Né sur les cendres d'un groupe à l'esthétique post-punk radicale et singulière, Joy Division, et dans le sillage du suicide de son fascinant chanteur, Ian Curtis, New Order est sans doute, comme aucun groupe avant ou après lui, un exemple de résilience artistique sans précédent et de révolution quasi permanente. Ou comment une formation orpheline d'un leader au charisme et à l'inspiration incandescente a su se réinventer aux frontière du rock et de la musique électronique pour devenir, toutes esthétiques, l'un des groupes les plus influents de sa génération. Et encore aujourd'hui l'une des plus belles machines à danser du paysage live contemporain. Le mythique groupe de Manchester sera l'une des têtes d'affiche des Nuits de Fourvière, le 28 juin prochain.

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New Order : Les cendres du tempo

Au tournant des décennies 70 et 80, Manchester abrite l'un des groupes les plus fascinants qu'il ait été donné de voir. Une créature post-punk atypique baptisée Joy Division, portée par le charisme fantomatique et la voix d'Outre-tombe du crooner zombie Ian Curtis, jeune homme marié bien sous tout rapport, timide maladif mais aussi écorché vif et sauvage et de surcroît lourdement épileptique, amoureux de littérature et fanatique de Jim Morrison et Iggy Pop. Curtis concentre à lui seul toute la poésie fossile et l'inquiétante étrangeté d'un groupe que complète un trio d'irréductibles trublions : le guitariste Bernard « Barney » Sumner, son ami d'enfance le sémillant bassiste au style inimitable Peter « Hooky » Hook et un métronome humain à la batterie, le dénommé Stephen Morris, qui a vendu le mobilier de sa chambre comme bois de chauffage pour s'acheter une batterie. « Généralement Ian était plus réservé et plus calme, raconte Peter Hook, mais il pouvait devenir complètement dingue » (1) A Manchester, il est « le type au blouson avec marqué « Hate » dans le dos »

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Iver en été

Folk Pop | Une soirée avec Bon Iver, voilà ce que nous promettent les Nuits de Fourvière en ce jour. Or, il faut bien reconnaître qu'il est peu de manière de passer une (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

Iver en été

Une soirée avec Bon Iver, voilà ce que nous promettent les Nuits de Fourvière en ce jour. Or, il faut bien reconnaître qu'il est peu de manière de passer une soirée surprenante que de la passer en compagnie du projet musical de Justin Vernon. Déjà vu sur la scène de Fourvière en 2012, le petit génie du Wisconsin revient en majesté. Son dernier album en date 22, A Million accuse déjà trois années et avait surpris (ce qui en soi n'était pas une surprise) par son caractère expérimental poussant à l'envie une sorte d'électro folk r'n'bisant dans des retranchements quasi surnaturels et surtout schizophréniques. Un peu à l'image de la carrière de l'intéressé, bâtie sur une dialectique de la dépression et de la grâce. Mais il faut aussi savoir que Vernon, toujours fascinant en live, pourrait bien livrer quelque avant-goût d'un nouveau disque qui semble imminent et que les premiers extraits annoncent plus classiques. Au sens boniverien du terme, bien entendu. Bon Iver

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Cher Watson

Pop | Ceux qui ont découvert Patrick Watson un peu par hasard l'an dernier, à Fourvière même, ont sans doute eu la curiosité et le temps de se familiariser avec la (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

Cher Watson

Ceux qui ont découvert Patrick Watson un peu par hasard l'an dernier, à Fourvière même, ont sans doute eu la curiosité et le temps de se familiariser avec la pop grandiose et planante du Canadien. Ceux qui le suivent depuis Wooden Arms, l'album qui a révélé par chez nous ce compositeur de la trempe d'un Sufjan Stevens et d'un Conor O'Brien (Villagers) ne manqueront sans doute pas la soirée proposée par la maison Fourvière. Soit la pop de Watson toute entière abandonnée aux envolées de l'Orchestre National de Lyon. On ne sait que trop pour l'avoir maintes fois constaté aux Nuits de Fourvière ce que ce genre d'accompagnement orchestral peut avoir de grandiose et d'inoubliable dans un lieu pareil (de Woodkid à Antony Hegarty (par deux fois), de Seu Jorge à... IAM) pour ne pas penser que le moment risque de s'ancrer profondément dans les souvenirs du public de ce 8 juillet. Patrick Watson avec l'O

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Meilleurs vieux

Radio Nostalgie | Avec l'été des festivals revient en général l'heure de la nostalgie musicale et la programmation en cascade d'anciennes gloires de la pop, venues la plupart du temps rejouer leurs plus belles années (et les nôtres). Une tendance particulièrement lourde cette année. État des vieux. Euh... des lieux.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

Meilleurs vieux

Alors que Phil Collins vient d'enflammer le Parc OL pour achever de convaincre qu'il n'était pas plus fini que mort, en dépit de ses avanies médicales et que Mark Knopfler, chanteur et guitariste des iconiques bluesmen autoroutiers de Dire Straits est lancé dans une tournée d'adieu qui passe par la Halle Tony Garnier le 19 juin et par le festival Guitare en Scène en juillet, le business du dinosaure rock semble n'avoir jamais été aussi vivant que cette année en festival. Oh, la chose n'est pas nouvelle et il n'est point, on le sait, de festival digne de ce nom sans sa dose de grands anciens venus remuer un peu la fibre nostalgique d'un public toujours enclin à revivre en musique ses jeunes années. Rien de tel, à vrai dire pour rameuter les foules endormies par la torpeur estivale et/ou qui n'ont plus vraiment l'œil rivé sur l'actualité musicale et le dernier clip d'Eddy de Pretto. Mais cette année donne pourtant l'impression que le curseur est monté d'un cran. Alors, occasions faisant le larron, difficultés à dénicher de nouveaux talents ou des têtes d'affiches, constat froid du vieillissement de la population (et par là des idoles), volonté de s'assurer une

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Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

Jazz à Vienne | Une semaine après Fourvière, c'est au tour de Jazz à Vienne d'annoncer un programme d'autant plus touffu qu'il ne s'étale que sur une quinzaine du 28 au 13 juillet. En voici les grandes et incontournables lignes.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mars 2019

Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

16 jours, 250 concerts (dont les trois-quarts sont gratuits) et 1000 artistes. Voilà trois chiffres qui suffisent à résumer le force de frappe démultipliée de Jazz à Vienne. Impossible donc d'en faire la recension complète. Mais pour ce qui est de sa vitrine principale, le Théâtre Antique, le festival ouvrira comme chaque année les portes imaginaires par un concert destiné aux enfants des classes primaires, confié cette fois à Raphaël Imbert. Qui livrera une version de son très américain Music is my hope, primé aux Victoires du Jazz 2018 et qui déambule avec bonheur sur les traces de la soul et du gospel. Une belle entrée en matière dès 10h du matin, le 28 juin, qui précédera... Raphaël Imbert le soir-même mais au sein du projet Up Above My Head réunissant Camille, Sandra Nkaké et son initiateur Raphaël Lemonnier, qui revisite les black convict songs entonnés jadis dans les prisons du Sud des États-Unis par les repris de justice durant leurs travaux forcés.

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Luchini, édition très limitée : "Le Mystère Henri Pick"

Comédie | De Rémi Bezançon (Fr, 1h40) avec Fabrice Luchini, Camille Cottin, Alice Isaaz…

Vincent Raymond | Mardi 5 mars 2019

Luchini, édition très limitée :

Une éditrice découvre dans une bibliothèque pour manuscrits refusés le roman d’un pizzaïolo breton que personne n’a jamais vu écrire une ligne de son vivant. Publié, le livre est un succès et suscite les doutes d’un critique télévisuel qui mène l’enquête en compagnie de la fille de l’écrivain… Si l’on met de côté les invraisemblances en chaîne du dénouement (qu’on ne révèlera pas ici) et les revirements incessants du personnage joué par Camille Cottin — rivalisant avec le chat de Schrödinger, puisqu’elle est à la fois l’alliée et l’ennemie de l’enquêteur tentant de prouver que son père est un imposteur —, on peut trouver crédible de voir Fabrice Luchini pratiquer la dissection littéraire avec l’opiniâtreté d’un microtome et le flux verbal d’un Onfray croisé Sollers. Dommage, en revanche, que Rémi Bezançon, lui, ne semble pas croire assez à son intrigue pour oser un vrai thriller, préférant une version édulcorée pour soirée télé où le bon mot et la pirouette tranquille viennent par convention conclure chaque séquence. Un exemple

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De nouveaux noms pour Nuits de Fourvière

Festival | En attendant le 12 mars, jour du grand dévoilement de la programmation du festival, les Nuits de Fourvière nourrissent de temps à autre la (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 8 février 2019

De nouveaux noms pour Nuits de Fourvière

En attendant le 12 mars, jour du grand dévoilement de la programmation du festival, les Nuits de Fourvière nourrissent de temps à autre la curiosité du spectateur en dévoilant quelques noms en guise de mise en bouche. Et non des moindres, puisqu'on apprend ce vendredi la venue de Cat Power le 5 juillet mais aussi celle de pas moins de trois poids lourds du rock progressif : le King Crimson de Robert Fripp et les inoxydables Magma de Christian Vander se partageant la scène le 2 juillet avant la venue du batteur de Pink Floyd, également producteur de Gong et du Rock Bottom de Robert Wyatt, Nick Mason le 21 juillet. La suite au prochain épisode et le 15 mars pour la mise en vente.

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Bartabas de retour à Fourvière

Nuits de Fourvière | Du 14 juin au 24 juillet, durant trente représentations, Bartabas sera de retour aux Nuits de Fourvière, sous chapiteau au parc de Parilly pour (...)

Nadja Pobel | Mardi 29 janvier 2019

Bartabas de retour à Fourvière

Du 14 juin au 24 juillet, durant trente représentations, Bartabas sera de retour aux Nuits de Fourvière, sous chapiteau au parc de Parilly pour présenter sa création de l'automne 2017, Ex Anima. Crépusculaire et sidérante, cette proposition est vierge de présence humaine ! Les chevaux (et quelques loups et volatiles) livrent la partition seuls. La billetterie ouvre le 29 janvier à 14h (places de 24€ à 53€).

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Un Brin de Folie : café de flore

Café botanique | Un lieu pour boire un thé, admirer les bouquets, goûter des pâtisseries, décider de repartir avec une plante, revenir pour un atelier floral : c’est le pari du café botanique Un Brin de Folie et c’est réussi.

Lisa Dumoulin | Lundi 14 janvier 2019

Un Brin de Folie : café de flore

À deux pas des Terreaux et de sa place tristement grise et dénuée de verdure, le café botanique Un Brin de Folie rééquilibre le paysage. À la fois café et fleuriste, le lieu est couvert de plantes du sol au plafond : des terrariums, des fleurs coupées ou séchées, des plantes en pots, des vases et des cache-pots, des couronnes et des bouquets… De quoi prendre son shoot de chlorophylle et d’oxygène, idéal toute l’année mais encore plus en cette période hivernale, histoire de commencer l’année avec un peu de soleil, fût-il légèrement contrefait. Pour une exposition maximale, privilégiez la mezzanine et son mur peint en jaune soleil : effet placebo assuré. Autre option, le fauteuil en rotin (coussins et plaids inclus) lové près d’une illustration botanique ancienne représentant un tournesol épanoui. À la tête de ce havre de paix Presqu’îlien se trouvent Marion Berger et Camille Boutleux. Marion, la fleuriste, a tenu plusieurs années son magasin de fleurs à Châtillon d’Azergues et s’est spécialisée dans la confection de terrariums. Avant de se lancer à Lyon, elle testa son activité en faisant des dépôts-vente da

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Les festivals se dévoilent

Rentrée Festivals | Pour les festivals comme pour la météo, il n'y a plus de saison : zoom sur les noms d'ores et déjà dévoilés de Nuits sonores et Nuits de Fourvière, et sur la programmation de Transfer et des Chants de Mars.

La rédaction | Mardi 8 janvier 2019

Les festivals se dévoilent

Transfer Pour sa troisième édition, qui s'étale sur trois soirs entre Transbordeur et Épicerie Moderne, le festival Transfer « de musiques indépendantes et intrépides » va en faire voir de toutes les couleurs aux indie fans. Celles du psychédélisme d'abord à travers ses deux principales têtes d'affiche que seront Jacco Gardner, qui vient présenter Somnium, son troisième album entièrement instrumental, et les très perchés Temples. Mais aussi Toy et dans une certaine mesure les Norvégiens azimutés de Pom Poko. Ajoutez à cela, entre autres, la cold wave classieuse de Lebanon Hanover, la pop ombrageuse et élégiaque de Marble Arch, le trio de Leeds Drahla, les Bristoliens de Lice protégés du label d'Idles, le noise expérimental des Américains de Health, et, plus proche de nous, le garage punk de Johnny Mafia, l'indie rock des Valentinois d'Off Models, et la folk vaporeuse du lyonnais Raoul Vignal et vous obtenez les ingrédients d'un festival qui s'annonce en effet intrépide. Au Transbordeur et à l'Épicerie Moderne les 8, 9 et 10 mars

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M aux Nuits de Fourvière les 26 et 27 juin 2019

Nuits de Fourvière | Non content d'avoir dévoilé le 22 novembre le tracklisting de son prochain album, Lettre infinie, à paraître le 29 janvier prochain, ainsi que le premier (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 26 novembre 2018

M aux Nuits de Fourvière les 26 et 27 juin 2019

Non content d'avoir dévoilé le 22 novembre le tracklisting de son prochain album, Lettre infinie, à paraître le 29 janvier prochain, ainsi que le premier titre qui en est extrait, Superchérie, voilà que M s'annonce à la prochaine édition des Nuits de Fourvière, deux ans seulement après un passage remarqué avec son projet Lamomali. Le chanteur aux cheveux lettrés y investira le Grand Théâtre deux soirs de suite, les 26 et 27 juin. Pour se jeter sur les billets, il faudra néanmoins être un peu patient, la billetterie ouvrant mi-mars. Mais au moins, on est prévenu.

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Dominique A : haut, bas, fragile

L'Album | Dominique A l'affirme dans l'interview qu'il nous a accordé : il a toujours été vieux. C'est pourtant vers une seconde jeunesse que le musicien de 50 (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 novembre 2018

Dominique A : haut, bas, fragile

Dominique A l'affirme dans l'interview qu'il nous a accordé : il a toujours été vieux. C'est pourtant vers une seconde jeunesse que le musicien de 50 ans se tourne avec La Fragilité, revenant, comme au temps de La Fossette, il y a un plus d'un quart de siècle, mais aussi de La Musique – deux de ses albums préférés – à l'intimité de sa chambre. Là où s'épanouit l'épure de l'enregistrement solitaire sur un 8-pistes en la seule compagnie d'une boîte à rythmes et, surtout, de la guitare acoustique aux nylons usés achetée au moment de La Mémoire neuve (1995). Une sorte de contre-pied à Toute Latitude, sorti au printemps et brûlant de rage électro-rock (la terreur sourde de Corps de ferme à l'abandon...). Ici, la chose éclôt en douceur avec La Poésie, écrite au lendemain de la mort de Leonard Cohen et de l'élection de Donald Trump le jour suivant, deux sacrés coups portés à la poésie du monde. Poé

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Dominique A : « les chansons phagocytent ma vie »

Chanson | À l'occasion de ses cinquante ans, Dominique Ané dit A n'a pas fait les choses à moitié avec deux albums explorant deux versants de sa palette esthétique et un livre qui retrace sa vie et son parcours en chansons. L'occasion, au moment de sa venue au Radiant et à la librairie Musicalame, de faire le point sur une riche carrière.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 novembre 2018

Dominique A : « les chansons phagocytent ma vie »

Vous avez fêté vos 50 ans cette année. Une année particulièrement riche pour vous avec deux albums, Toute Latitude au printemps et La Fragilité cet automne, deux tournées et un livre, Ma vie en morceaux. Y-avait-il de votre part une manière de la marquer cette année d'une pierre blanche, de dresser une sorte de bilan ? Dominique A : De marquer le coup oui, de faire en sorte d'en finir avec un cycle, certaines façons de faire, un certain rythme : un disque tous les trois ans, une tournée dans la foulée. Mais un bilan non ! Ça, on me le sort à chaque album et j'en ai un peu marre (rires). De toute façon, un disque marque toujours quelque chose de l'ordre du check-up créatif. Moi, ce sont les retours des gens qui me renseignent sur mon degré de pertinence par rapport à tel ou tel projet. Vous publiez donc Ma vie en morceaux (Flammarion) dan

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Pierre Salvadori « c’est le film où Camille me complète et comprend le mieux mon univers »

En liberté ! | L’accord entre un cinéaste et son compositeur est la clef invisible de nombreuses réussites cinématographiques. Pierre Salvadori le confirme en évoquant sa collaboration harmonieuse avec Camille Bazbaz sur En Liberté ! Avec, en prime, un solo de Pio Marmaï…

Vincent Raymond | Mardi 30 octobre 2018

Pierre Salvadori « c’est le film où Camille me complète et comprend le mieux mon univers »

Ce n’est pas la première fois que vous travaillez avec Camille Bazbaz… Pierre Salvadori : C’est le quatrième film ensemble après Comme elle respire, Les Marchands de sable, Hors de prix… Pio Marmaï (surgissant) : Quelle fripouille celui-ci. J’adore ! Il a une identité musicale ce film, c’est un chef-d’œuvre — César ou je meurs ! T’imagines, le roublard ? Je veux voir son costume ! Vous l’auriez vu, à Cannes. On avait un look… PS : Moi je m’en fous de l’avoir, mais je prie pour que Camille retire un peu de gloire. Entre nous, c’est une vieille histoire. Comment vous êtes-vous rencontrés ? Par la musique, dans les années 1990. Dans le XVIIIe arrondissement, il y avait un endroit qui s’appelait l’Hôpital Éphémère, un squat, avec des peintres où il avait son studio de répétition. J’allais voir ses concerts, j’étais un peu fan. Quand j’ai appris qu’il adorait Les Apprentis, on s’est ren

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Balzac au pied des lettres au Théâtre de la Renaissance

Théâtre | Aimer ou posséder ? Cette question ancestrale est au centre de l'adaptation d'Eugénie Grandet par une jeune troupe de Nouvelle Aquitaine qui se prend les pieds dans le tapis de l’adaptation romanesque.

Nadja Pobel | Mardi 2 octobre 2018

Balzac au pied des lettres au Théâtre de la Renaissance

Il l'énonce dans ses intentions : « il n'y a ici pas de distribution de rôles ». Le metteur en scène (de la compagnie Le Temps est Incertain mais on Joue Quand Même) Camille de La Guillonnière n'attribue pas de personnages à ses six comédiens faisant ainsi circuler la parole car, dit-il « c'est vraiment l'écriture de Balzac que nous voulons porter au plateau ». Finement découpée et adaptée, elle s'entend effectivement sans émouvoir toutefois, sous l'éteignoir de phrases dites simultanément par plusieurs d'entre eux, comme un chœur inutile. Eugénie, fille d'un homme avare, qui ira jusqu'à ne pas soigner son épouse car cela a un coût, se prend d'amour pour son cousin. Le père de celui-ci ayant fait faillite, le patriarche s'oppose à cette liaison. Dans un décor simple et efficace fait de fenêtres mobiles, ce récit se déroule simplement mais manque de souffle. « Nous verrons cela » D'où vient que très régulièrement, les metteurs en scène refusent de dialoguer outre mesure les textes non-théâtraux qu'ils adaptent ? Bien sûr, nulle règle n'impose cette forme mais force est de constater dans c

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"L'Amour est une fête" : et le film, une défaite

Cul-cul | de Cédric Anger (Fr, 1h59) avec Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Camille Razat…

Vincent Raymond | Mercredi 19 septembre 2018

Vous qui entrez dans la salle, abandonnez tout espoir de tomber sur un équivalent de Boogie Night à la française. Narrant l’infiltration de deux flics dans l’univers des peep-shows et du X des années 1980 parisiens, ce pensum n’en a ni le rythme, ni la folie. Présente-t-il quelque gravité dramatique, des attraits comiques insoupçonnés ? Pas davantage. Diable… Oserait-il, alors, s’appuyer sur ce décor ou ce contexte favorable pour créer un authentique film érotique doté d’une intrigue ? Pas plus que Yann Gonzalez avec sa (dé)pantalonnade Un couteau dans le cœur : on se trouve en présence de cinéastes qui vendent hypocritement l’idée du soufre, en craignant d’en prononcer le nom, et passent leur film à moquer leurs aînés du cinéma bis ou Z, tout en les pillant et les contrefaisant (mal) à coup de néons roses et de cheveux peroxydés. Ne parlons pas hommage, puisqu'il s’agit de dérision. Il n’y a là ni amour, ni fête ; d’ailleurs, ce n’est ni fait, ni à faire… Seule lumière au tableau : la B.O. de Grégoire Hetzel, et la mélancolie mélodique de ses part

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Léo Love Caniveau : "Sauvage"

Drame | Un film de Camille Vidal-Naquet (Fr, 1h39) avec Félix Maritaud, Eric Bernard, Philippe Ohrel…

Vincent Raymond | Mardi 28 août 2018

Léo Love Caniveau :

Pour se fournir sa came quotidienne, Léo se vend ici ou là à des hommes, traînant son corps délabré de SDF sur les pavés parisiens. Des occasions de s’en sortir se présentent à lui parfois, mais il préfère vivre dans l’instant présent, l’adrénaline du fix et la sueur des corps incertains… Venir après Van Sant, après Téchiné, après Chéreau, après Genet, enfin après tout le monde en somme, dans la contre-allée de la représentation des éphèbes clochardisés vendant leur corps contre au mieux une bouffée de drogue, c’est déjà risqué. Mais ensuite tomber dans le maniérisme esthétique du pseudo pris sur le vif (avec coups de zooms en veux-tu, en voilà, rattrapage de point), dérouler les clichés comme on enfile des perles (boîtes gays nids à vieux fortunés, musicien vicieux rôdant tel le vautour…) pour nous conduire à cette fin prévisible comme si elle avait été claironnée… Était-ce bien nécessaire ? L’ultime plan, en tant qu’évocation indirecte de Verlaine, a plus d’intérêt, de force et de sens que bien des simagrées précédentes. On peut également sauver une ou deux répliques, assez bien troussées — elles.

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Tout premier concert à Lyon pour Belle & Sebastian

Nuits de Fourvière | Plus de vingt ans de carrière, dont quelques années et albums cultes, et pas un concert lyonnais pour les Écossais de Belle & Sebastian. Les amateurs de cette pop ouvragée aux accents folk et mélancoliques peuvent mourir tranquille, réparation est (enfin) faite par les Nuits de Fourvère.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Tout premier concert à Lyon pour Belle & Sebastian

Si vous avez eu entre 20 et 30 ans au milieu des années 90, pratiquez la religion de la pop inventive et du rock indé anglo-saxon, et êtes un tant soit peu casanier, alors il se peut que l'annonce de la venue de Belle & Sebastian à Fourvière vous ait fait comme un petit frisson dans l'échine. Et pour cause, la troupe d'âmes sensibles de l'esthète Stuart Murdoch n'avait jamais jusque-là fait de détour par Lyon et il est probable que vous ne les ayez jamais vu en concert. Un frisson venu de loin faisant naturellement écho à celui ressenti lors de l'entrée tout en entrechats de la formation écossaise dans un paysage pop qui rugissait alors d'accords brit pop et de petites frappes au menton haut et au verbe court, dont Belle & Sebastian est l'antithèse. À l'origine du groupe, on trouve Stuart Murdoch, héros très discret et fatigué chronique (il est atteint d'encéphalomyélite myalgique, ce qui l'empêche d'étudier) se réfugiant dans une sorte d'isolement musical qui nourrira sa pratique musicale comme les thèmes de ses chansons. Lorsqu'il crée Belle & Sebastian

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Nuit de folie : "Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête"

Comédie | de Ilan Klipper (Fr, 1h17) avec Laurent Poitrenaux, Camille Chamoux, Marilyne Canto…

Vincent Raymond | Mardi 22 mai 2018

Nuit de folie :

Jamais remis d’avoir publié un roman encensé voilà vingt ans, Bruno traîne sa dépression, vivant en peignoir dans une colocation, lutinant sa voisine à l’occasion. Quand un jour débarquent à l’improviste famille, ami et une demoiselle, il n’imagine pas qu’on veut l’interner… Pour son bien. Inégale dans son rythme et dans sa forme — peut-être pour restituer le tempérament bipolaire de son héros — cette comédie a des allures de film court s’étant doté d’un prologue pour devenir un (tout juste) long-métrage. Ici chez lui comme sur scène, Laurent Poitrenaux s’y dénude volontiers pour meubler l’espace en soliloquant, se montrant tour à tour fragile, extraverti et inquiétant face à cet envahissement inquisitorial orchestré par une mère juive assez gratinée. On sombrerait dans l’anecdotique simple si Ilan Klipper n’avait l’idée avant le dénouement de dynamiter la structure de son récit en disséminant des flashes proleptiques, rappelant les éclats pulsatiles des étoiles de son

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Miou-Miou : « L’époque est à l’autocensure »

Larguées | La moindre des choses, quand on a eu 18 ans en 1968, est d’entretenir vivace l’impertinence de l’esprit. Miou-Miou ne s’est jamais conformée aux règles. Ce n’est pas aujourd’hui qu’elle va commencer. Entretien à l’occasion de la sortie de Larguées d’Éloïse Lang.

Vincent Raymond | Mardi 17 avril 2018

Miou-Miou : « L’époque est à l’autocensure »

Eloïse Lang affirme que vous êtes d’une liberté totale. C’est la liberté de Françoise, le personnage qu’elle vous a offert, qui vous a décidée à accepter le film ? Miou-Miou : Alors non ce n’est pas que pour ça ; c’est l’ensemble : l’histoire, l’écriture… Il y a des phrases que je n’avais jamais entendues, des tirades lapidaires, formidables, vraiment superbes. Et je me suis aperçue en lisant le scénario et en voyant le film que je pratiquais, moi, une autocensure inconsciente. De quelle nature ? Si j’avais fait un film, je n’aurais pas mis de la drogue, des clopes, du rhum, de la baise… Des trucs libres et naturels, finalement. C’est là que je me suis rendue compte que je pratiquais une autocensure inhérente à l’époque, aux réactions incroyables, aux interdictions, aux choses procédurières… Sans m’en rendre compte, inconsciemment, comme nous tous, j’ai l’impression. C’est dans le sens où : pas fumer, pas boire, toutes ces choses où on se dit que ça va être interdit au moins de 12 ans, etc. Toutes ces choses qu’elle a mis avec fluidité, et c’est là où je me suis rendu

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Réunion de Famille : "Larguées"

Comédie | de Éloïse Lang (Fr, 1h32), avec Miou-Miou, Camille Chamoux, Camille Cottin…

Aliénor Vinçotte | Mardi 17 avril 2018

Réunion de Famille :

Le scénario tient en une phrase : deux sœurs, Rose et Alice, l’une célibataire déjantée et sans-gêne, l’autre mariée responsable et sage, organisent un voyage à La Réunion pour tenter de remonter le moral de leur mère, Françoise, délaissée par son mari pour une trentenaire. Pas besoin d’éruption volcanique pour mettre le feu aux poudres... Même si, au premier abord, le synopsis manque d’originalité, avec ses personnages caricaturaux, on se laisse séduire par le cocktail étonnant formé par Miou-Miou et Camille Cottin — la première signant au passage son retour sur grand écran, avec pas moins de trois films cette année. Ici, les répliques fusent, les situations burlesques s’enchaînent grâce aux plans foireux de Rose, qui va devoir assumer de voir sa mère flirter avec l’animateur belge du club de vacances. Les deux actrices brisent les tabous du célibat et abordent sous un regard humoristique des sujets plus graves traversant toute vie. Comme celle de Félix, gamin venant de perdre sa mère, que Rose va prendre sous son aile — mention au jeune interprète, au jeu d’acteur touc

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Viens pas chez moi, j’habite avec une copine : "Ami-ami"

Comédie | Vaste famille ayant donné naissance au meilleur (L’Auberge espagnole) comme au pire (Five), la comédie-de-colocation-entre-potes s’enrichit d’un nouveau (...)

Vincent Raymond | Mercredi 17 janvier 2018

Viens pas chez moi, j’habite avec une copine :

Vaste famille ayant donné naissance au meilleur (L’Auberge espagnole) comme au pire (Five), la comédie-de-colocation-entre-potes s’enrichit d’un nouveau rejeton tentant le vaudeville contemporain sans pour autant recourir à la grivoiserie. Louable effort compensant les maladresses d’usage d’un premier film alternant potacherie classique et audaces scénaristiques. Le cœur brise par son ex-, le “héros” de ce badinage s’installe avec sa meilleure copine, en tout bien tout honneur. Une nouvelle histoire d’amour lui cause un double embarras : il n’ose avouer à sa conquête qu’il “vit“ avec une amie, laquelle se montre plus que jalouse : possessive. Si le côté “Guerre des Rose” avec saccage majuscule de l’appartement sent le réchauffé, reconnaissons que le réalisateur Victor Saint Macary surprend en renversant une situation très convenue : ici, ce n’est plus le mec qui rompt un pacte d’amitié homme-femme et en détruit l’harmonie mais bien l’amie éconduite — sortir du schéma du mâle forcément prédateur a d’ailleurs pour effet de désorienter cert

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Julien Clerc : 50 ans de carrière aux Nuits de Fourvière

Plus Loin | 50 ans déjà (ça file, non ?) que Julien Clerc promène son cœur de rocker et ses trémolos sur des scènes toujours plus acquises à sa cause. Pour fêter cela, (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 20 octobre 2017

Julien Clerc : 50 ans de carrière aux Nuits de Fourvière

50 ans déjà (ça file, non ?) que Julien Clerc promène son cœur de rocker et ses trémolos sur des scènes toujours plus acquises à sa cause. Pour fêter cela, "Julien" sera l'invité des Nuits de Fourvière, le 4 juillet prochain au Grand-Théâtre (on garde son calme les places ne seront en vente que le 16 mars à 14 h). À noter que cette même édition des Nuits s'ouvrira avec une pièce du chorégraphe Mourad Merzouki. Pour le reste de la programmation, en revanche, il faudra patienter encore un peu.

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Trésors (jeunes) publics : "Des trésors plein ma poche"

Animation | de Ana Chubinidze, Natalia Chernysheva, Camille Müller & Vera Myakisheva (Fr, 0h35) animation

Vincent Raymond | Mardi 26 septembre 2017

Trésors (jeunes) publics :

Il était une fois un bonhomme miniature, un dragon mélomane, une araignée tricoteuse, un écureuil amateur de luge, une baleine et une poule voulant voler. Il était une fois six réalisatrices à l’origine de ces histoires. Quand il n’en réalise pas lui même, le studio valentinois Folimage aime à rassembler des courts-métrages à destination du tout jeune public dans des programmations à l’éclectisme graphique réjouissant. Les six films ici présentés remplissent leur office, même si comme dans tout trésor qui se respecte, certains joyaux brillent davantage que d’autres. Par exemple, on remarque ici l’aquarelle d’Alena Tomilova sur Le Nuage et la Baleine rappelant évidemment Le Moine et le Poisson de Michael Dudok de Wit ; ou bien La Luge de Olesya Shchukina, qui n’est pas sans évoquer le style anguleux, voire atome, de l’illustration jeunesse de la fin des années 1950.

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Vincent Dedienne : cap sur le cinéma !

ECRANS | Alors qu'il termine sa tournée le 31 décembre avec son seul-en-scène Il se passe quelque chose (à guichets fermés au Radiant et au Toboggan), Vincent (...)

Nadja Pobel | Jeudi 21 septembre 2017

Vincent Dedienne : cap sur le cinéma !

Alors qu'il termine sa tournée le 31 décembre avec son seul-en-scène Il se passe quelque chose (à guichets fermés au Radiant et au Toboggan), Vincent Dedienne passe devant la caméra. Dans une interview qu'il nous a accordé ce mercredi 20 septembre, il nous précise qu'il tourne très prochainement dans un film de Marie-Castille Mention-Schaar (réalisatrice du Ciel attendra), un film choral dans lequel il joue le fils de Nicole Garcia. À leurs côtés se trouvent Clotilde Courau, Gustave Kervern, Carmen Maura. Ensuite, il tournera dans Premières vacances, écrit par Camille Chamoux et réalisé par Patrick Cassir avec Camille Cottin, Jérémie Elkaim et Jonathan Cohen. Enfin viendra un film avec Josiane Balasko en janvier. Au théâtre, il sera Porte Saint-Martin dès le 16 janvier dans Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux, mis en scène par Catherine Hiegel avec Nicolas Maury (vu chez Cantarella et dans 10 pour cent) et Clotide Hesmes.

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Polars en vacances

Quai du Polar | Vendredi 21 et samedi 22 juillet, Quais du Polar va donner un sens nouveau au fameux oxymore “soleil noir”… tout en vous permettant de prendre des couleurs.

Vincent Raymond | Vendredi 21 juillet 2017

Polars en vacances

À l’occasion de la manifestation nationale Partir en Livre, l’association lyonnaise organise deux après-midi de festivités littéraires en plein air dans le parc de l’Institut Lumière. Au programme, des rencontres avec l’autrice Camille Brissot (photo), des ateliers BD, maquillages ciné et jeux de société avec les illustratrices Evemarie et Sandrine Goalec mais également des jeux de piste ainsi que l’incontournable visite du Musée du Cinéma ! Si vous préférez le farniente et arrivez les mains dans les poches, un espace détente et une librairie vous attendent. Ah, inutile d’essayer de les voler : vous pourrez même en gagner sur place… Inscriptions sur www.quaisdupolar.com

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Benjamin Clementine, le fantôme de la Liberté

Pop | Programmé à Fourvière, Benjamin Clementine, figure spectrale du piano-voix venu d'ailleurs, est enfin de retour sur scène et avec un single Phantom of Aleppoville qui lui va comme un linceul et annonce la suite, magnifique et toujours aussi aventureuse.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 juin 2017

Benjamin Clementine, le fantôme de la Liberté

Benjamin Clementine s'est toujours avancé comme un spectre. Lorsqu'il arrive sur scène, orné de son manteau noir, c'est bien à une rencontre paranormale que l'on a l'impression d'avoir affaire. Or on le sait les spectres, fantômes ou esprits frappeurs, quelle que soit la manière dont on les nomme seraient avant tout des entités intranquilles coincées entre les vivants et les morts par un flot de souffrances irrésolues les empêchant de franchir la frontière d'un autre monde – si tant est que ce monde fut possible. C'est sans doute pourquoi sa musique est à ce point capable de nous hanter. Parce qu'elle est la complainte d'un spectre habillé de noir, une ombre sur de l'ombre, de la noirceur sur de la noirceur, de la souffrance sur de la souffrance. Ce n'est sans doute pas un hasard si l'un des morceaux qui a fait décoller la popularité du géant anglais avait pour titre Condolence, avec cette impression qu'on n'avait jamais rien entendu de tel, et que pourtant, il y avait là quelque chose de familier. Dans cette chanson, où il se disait né d'un néant consécutif à un orage, il chantait, cette drôle d'impression de déjà vu : « I swear, that you

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Mirage de l'Atlas

Pop | Déjà présents sur la scène du théâtre antique en 2012, c'est avec davantage de bouteille et de notoriété que revient Frànçois & the Atlas Mountains. (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 20 juin 2017

Mirage de l'Atlas

Déjà présents sur la scène du théâtre antique en 2012, c'est avec davantage de bouteille et de notoriété que revient Frànçois & the Atlas Mountains. Entre-temps sont sortis Piano Ombre, album de l'envol, critique comme esthétique, et Solide Mirage, paru en ce début d'année. Un disque enregistré en Belgique qui se veut, comme c'est l'ère du temps, plus politique, et léger changement de line-up oblige, musicalement ré-orienté – et parfois désorientant. Où l'on retrouve donc, un peu différemment et en français dans le texte seulement, la grâce dansante et la candeur poétique de Frànçois Marry et ses troupes, jamais autant à leur affaire que quand il s'agit d'enflammer une scène avec des morceaux retravaillés ad hoc. Ce qui donne toujours une envie supplémentaire d'aller vérifier ce dont leurs disques sont capables une fois mis en scène. S'agissant-là de la première (la seule ?) date française de cette tournée Solide Mirage, peut-être faut-il se précipiter. Yann Tiersen + Frànçois & The Atlas Mountains Au Théâtre antique de Fourvière le mercredi 7 juillet

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Pet Sounds : le son Wilson aux Nuits de Fourvière

Pop | Événement aux Nuits de Fourvière : Brian Wilson, grand maître d'œuvre des Beach Boys, vient célébrer son chef d'oeuvre Pet Sounds, album mythique et concurrent sérieux au titre de meilleur album d'une pop music qu'il contribua à révolutionner, l'élevant au rang d'art majeur.

Stéphane Duchêne | Mardi 20 juin 2017

Pet Sounds : le son Wilson aux Nuits de Fourvière

L'année même des cinquante ans de Sgt. Pepper, se pose fatalement la question de savoir quel est le meilleur album pop de tous les temps. Dans la balance, on trouve bien sûr Sgt. Pepper – sinon on n'en parlerait pas – mais aussi deux ou trois autres pépites du Fab Four : Rubber Soul, Revolver, l'album blanc, les avis divergent... Mais comme il n'y a pas que les Beatles dans la vie, d'autres vous répondront que le meilleur candidat à opposer à l'œuvre tardive des Beatles est celle d'un génie fou de 23 ans (à l'époque), qui en 1966 accoucha d'un album intitulé "Bruits d'animaux de compagnie", Pet Sounds. Un disque dont on pourrait dire qu'il est lui aussi un album des Beatles. Car c'est en se comparant à la grandeur des liverpudliens et à leur Rubber Soul que Brian Wilson – puisque c'est de lui qu'il s'agit – a fomenté son propre chef d'œuvre contre vents, marées et attaques de panique. Un disque des Beach Boys, mais composé en solo et assumé comme tel. À l'époque, les Beach boys sont considérés comme un boys band des plus efficaces et Wilson comme un redout

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Plume sur le départ

Nuits de Fourvière | 33 ans après sa naissance, le Cirque Plume vit son ultime spectacle, une bien nommée Dernière saison avant que cette troupe avant-gardiste du nouveau cirque plie définitivement son chapiteau. A quelques mois de s'installer aux Nuits de Fourvière, Bernard Kudlak, le directeur se confiait.

Nadja Pobel | Mardi 20 juin 2017

Plume sur le départ

Ils ont voulu mettre la rêverie et l'esprit vagabond sur un plateau, ils ont inventé le cirque sans animaux, rendant aux humains leur part d'animalité (No animo mas anima, 1990). Alors que les arts du cirque n'étaient pas institutionnalisés en CNAC, les membres de Plume ont défriché un nouveau. Voilà l'épilogue de leur histoire. Qu'est-ce que le cirque pour vous ? Bernard Kudlak : La culture du cirque a à voir avec l'inconscient. Le mot "poétique" n'était pas bien vu à nos débuts. Il fallait être plus guerrier que poète. Le cirque est un art resté longtemps marginal, avec pour fait essentiel de partager un large public sans étiquette sociale. À quoi va ressembler cette Dernière saison ? Nous sommes des gens de la campagne, des indiens, des apaches (sic), on travaille sur les feuilles, la mer... On va créer une 5e saison. On se baladera notamment dans une forêt, cet endroit interdit avec des fuyards, des réprouvés, des immigrés, des hommes sauvages... On sera quinze : sept circassiens et huit musiciens, des Catalans, Italiens, Argentins.

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Les Nuits de Nadja - Le Petit Bulletin aux Nuits de Fourvière #2

Les Nuits de Nadja | Les Nuits de Nadja se poursuivent avec cette deuxième émission dans laquelle nous vous emmenons à la découverte du célèbre italien Mario Tronca et de son Orchestra Piazza di Vittorio, du multiartiste Aurélien Bory sur les planches de l'ENSATT et du retour des Belges de la compagnie Marius.

Nadja Pobel | Jeudi 8 juin 2017

Les Nuits de Nadja - Le Petit Bulletin aux Nuits de Fourvière #2

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"Bled Runner" aux Nuits de Fourvière : Fellag indépendant !

Humour | Avec ce spectacle en forme de florilège des précédents, l'humoriste algérien prouve qu'il n'a rien perdu de sa superbe.

Nadja Pobel | Mardi 20 juin 2017

C'est l'histoire d'un spectacle recomposé à partir d’anciens. Mais ce n'est pas une facilité, plutôt un constat : la réalité accrédite malheureusement ce que Fellag livre depuis plus de vingt ans dans ses seul-en-scène. Dans Bled Runner, il y a cette scène d'un attentat à la valise piégée, écrite pour Petits chocs des civilisations en 2011 : on jurerait que c’est plus récent... En remontant à son enfance dans les années 1950, l'Algérois trace ainsi, l'air de rien, une histoire française sur ce sujet encore si crispant, comme l'attestent les vives réactions ayant fait suite aux propos d'Emmanuel Macron, alors en campagne, qualifiant cette colonisation de crime contre l'humanité. Fellag choisit le terrain du saltimbanque, évoque les femmes « qui sentent l'huile d'olive et la menthe » et se moque du ramadan « qui rend livide et agressif » sans que jamais ce ne soit un potentiel sujet de discorde. Au contraire : il fait œuvre de pacification, grâce à une forme d'humour et surtout de tendresse pour ces deux pays qui sont les siens. La langue est au cœur de son propos. Celles qu'il a app

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