À mater & à manger

Grand Cuisine Cinéma Club | Le Grand Cuisine Cinéma Club retend la toile et remet le couvert pour un second festival de mets et de films, dont une avant-première goûtue : à savourer sans modération.

Adrien Simon | Mardi 13 décembre 2016

Photo : © DR


C'était en septembre de l'année dernière : un festival de cinéma (le premier du genre) offrant autant à voir qu'à manger. Pour la première édition du Grand Cuisine Cinéma Club, les spectateurs-dîneurs enchaînaient douze heures de films (documentaires, animation, fiction et courts-métrages) sur la cuisine, et de tapas apparus à l'écran (du houmous pour accompagner Hummus not war, des ramens pour suivre Tampopo...).

Mat Gallet (Nuits sonores, Le Sucre) et sa bande recommencent ce week-end dans une formule moins boulimique, avec un nombre restreint de convives et une sélection filmique plus resserrée. En parallèle, quelques-uns des jeunes chefs lyonnais les plus en vue du moment « cuisineront en live, pendant les séances, dans la salle » pour (en plus de nombreuses surprises) servir un vrai repas, à table.

Le thème de cette seconde édition ? La disruption. Ce terme technique (pour qualifier par exemple un claquage électrique détruisant l'isolation d'un milieu ; ou une livrée de poissons dont les bandes et les taches trompent les prédateurs) est devenu un concept économique à la mode (pour désigner une rupture technologique ou en terme d'image de marque). La disruption en cuisine, ce serait le fait de faire sauter les carcans, de tromper son monde, de secouer un milieu encroûté. « Régulièrement, certaines personnes explosent les codes de la cuisine, bousculent les marchés, réinventent tout. Parfois à partir de rien. C'est à ces personnes-là que nous consacrons cette édition » explique Mat Gallet. Or la rupture et le renouvellement concernent aussi l'univers du film culinaire, actuellement en plein essor. « Il y a dix ans sortaient cinq food films par an (dont quatre mauvais). En 2016 ? Rien que pour préparer le festival, j'en ai vu 300… Le Web et les médias sociaux ont bousculé la donne. »

Parmi les films présentés ce week-end, notons — outre des histoires « d'inventeurs d'eau ou de saveurs téléchargeables sur Internet » — l'avant-première de Noma au Japon, consacré aux pérégrinations nippones de René Redzepi et de son équipe. Pour rappel : le Danois est le chef du Noma, considéré comme l'un des meilleurs restaurants du monde. Son établissement de Copenhague étant en cours de déménagement (il va bientôt s'installer dans une ancienne friche du quartier hippie de Christiania, transformée en ferme urbaine), Redzepi s'est reconverti, à temps partiel, en cuisinier itinérant. Il a notamment officié à Sidney, on l'a vu le mois dernier à Paris, et il s'apprête à s'envoler pour le Mexique, pour tenir (seulement pour quelques semaines) un restaurant en plein air dans la ville côtière de Tulum.

À chaque fois, il évite de servir hors-sol les plats de son Noma (très inspirés par le terroir danois). Aussi prospecte-t-il plusieurs semaines à l'avance pour élaborer un menu (de 14 plats, quand même) en adéquation avec l'endroit où il pose ses casseroles. « Alors que lui et sa team sont au top du top, ils inventent à la fois le restaurant gastronomique éphémère mais aussi une nouvelle méthodologie pour créer en cuisine », explique-t-on au Grand Cuisine. C'est ce processus de recherche et d'élaboration qui a été filmé par Maurice Dekkers alors que l'équipe du Noma s'était installée pendant deux mois au Japon.

Pour sustenter des spectateurs affamés par les images, ce sont les chefs lyonnais de la Bijouterie, de Substrat et des Apothicaires qui ont été choisis par Mat Gallet et ses acolytes : « Je me suis dit qu'il fallait monter la brigade éphémère la plus dingue et la plus brillante qui soit. Ce sont des makers. Ils vont vite. Droit au but. » Une bande de chefs qui secouent au quotidien le gastro-landernau lyonnais et qui devra, ce dimanche, faire sortir la nourriture de l'écran et s'emparer des sens délaissés par le dispositif cinématographique.

Pour proposer un repas, un banquet (ou une orgie — la forme est gardée secrète) créatif, perturbant, éclatant... disruptif ? Relevons sur ce point la promesse des organisateurs : « Au Grand Cuisine, on essaie de créer les conditions pour que les spectateurs puissent échanger, causer des films ou des plats qu'ils ont mangé. Mais aussi boire des verres, échanger avec les chefs ou simplement pécho le 06 du garçon ou de la fille qui était en bout de table. Et pour créer cet échange, il faut des surprises, de l'imprévu. » Qui mangera verra...

Grand Cuisine Cinéma Club
Au Sucre le dimanche 18 décembre
Deux séances à 11h30 et 19h30 ; 45€
Réservation sur Internet indispensable : http://grand-cuisine.fr


Grand cuisine cinéma club - édition Disruption


Le Sucre 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Lyon Street Food Festival : on a testé

Food | Jeudi 16 septembre s’ouvrait la cinquième édition du Lyon Street Food Festival. On y était, on vous raconte.

Adrien Simon | Vendredi 17 septembre 2021

Lyon Street Food Festival : on a testé

18h, une file commence à se former à l’entrée des anciennes usines Fagor-Brandt, dans le 7e arrondissement de Lyon. À l’intérieur, une ribambelle de cheffes et cuistots attendent de pied ferme la première fournée des quelques dizaines de milliers de visiteurs attendus durant le week end. Les formalités expédiées, QR code par ci, QR code par là, système de paiement dématérialisé à créditer, et on s’enfonce dans la halle principale. Voisinant le stand du MOF Joseph Viola, on retrouve l’équipe de Cocotte, bistrot lyonnais aux accents italiens. Sur leur comptoir une meule de parmesan, évidée, attend qu’on y déverse des louches de risotto aux brisures de truffes, liées minute au fromage italien. On engloutit une coupelle en carton et l’on file vers le stand qui devrait faire le buzz lors de cette édition : celui de l’équipe de La Bijouterie. Qui dévoile pour la première

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"Nomadland" de Chloé Zhao : une reconquête de l’Ouest

Western | Une année en compagnie d’une sexagénaire jetée sur la route par les accidents de la vie. Un road trip à travers les décombres d’un pays usé et, cependant, vers la lumière. Poursuivant sa relecture du western et des grands espaces, Chloé Zhao donne envie de (re)croire à la possibilité d’un rêve américain. Primé au Tiff, Lion d’Or à Venise, Oscar du meilleur film.

Vincent Raymond | Mercredi 9 juin 2021

L’Ouest, le vrai : frappé par la désindustrialisation. Où les baraques préfabriquées sont ouvertes aux quatre vents et les villes devenues fantômes. Où une partie de la population, victime de maladies professionnelles, dort au cimetière et les survivants… survivent comme ils le peuvent. Certains, comme Fern à bord de son vieux van, ont pris la route et joint la communauté des nomades, enchaînant les boulots saisonniers au gré des latitudes. Loin d’ une partie de plaisir, son voyage sera tel un pèlerinage l’obligeant à se priver du superflu, l’autorisant à se défaire du pesant… Inspiré d’un livre-enquête de Jessica Bruder consacré aux victimes collatérales de la crise des subprimes de 2008 (des sexagénaires privés de toit poussés au nomadisme), Nomadland s’ouvre sur un carton détaillant l’exemple de la ville d’Empire dans le Nevada, passée de florissante à miséreuse, et nous fait suivre sa protagoniste en âge d’être à la retraite, cumulant des petits jobs précaires chez les nouveaux rois de l

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Lyon : RoofPop s'installe à la Part-Dieu

Street Food | C’est sur le toit terrasse du centre commercial de la Part-Dieu, au RoofPop, que les Lyonnais prendront de la hauteur cet été pour (...)

Louise Grossen | Vendredi 4 juin 2021

Lyon : RoofPop s'installe à la Part-Dieu

C’est sur le toit terrasse du centre commercial de la Part-Dieu, au RoofPop, que les Lyonnais prendront de la hauteur cet été pour profiter d’un afterwork. Ouvert depuis le jeudi 3 juin, ce nouveau spot fonctionne sept jours sur sept de 11h à minuit. Cette terrasse de 250 m2 gérée par Nomad Kitchens — qui pilote le Lyon Street Food Festival —, promet de rythmer l’été avec sa programmation bouillonnante de mixologues, de chefs et de DJs. Côté food, le RoofPop déballera sa caravane Airstream flambant neuve de laquelle abonderont burgers, tapas et diverses denrées estampillées street food. À accompagner d'une sélection de craft beers et de cocktails pop. Mais, car il y a un mais : le spot est éphémère, et f

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Food Traboule ou la Tour Rose rebootée

Food Court | L'institution gastronomique du Vieux Lyon, franchement rajeunie, se transforme en festival permanent de street food.

Adrien Simon | Jeudi 16 janvier 2020

Food Traboule ou la Tour Rose rebootée

Les petits panneaux destinés aux touristes perdus indiquent encore La Tour Rose. Il faudra bientôt rajouter "2.0" : l'institution prestigieuse n'est plus. Depuis le départ de Philippe Chavent, qui fit beaucoup dans les 90's pour ne pas laisser la gastronomie lyonnaise s'encroûter, elle allait de mal en pis. Mais la voilà rénovée ! Et scindée en deux entités : MiHotel gérant 14 suites, à mi-chemin entre l'appart' et l'hôtel, et donc le Food Traboule. Qu'est-ce ? Un food court, une "aire de restauration", comme on en trouve dans la plupart des grandes métropoles (genre le Mercado da Ribeira de Lisbonne ou le Grand Central Market de L.A.), habituellement dans d'anciennes halles ou hangars. Ici c'est un food court "à la Lyonnaise" donc fier de son passé. Notez : on est à la fois en plein cœur du quartier Unesco, dans les murs d'un ancien étoilé Michelin, lui-même dans la rue (du Bœuf) la plus étoilée de France. L'Ovni a été baptisé en grande pompe ce mardi 14 janvier. On aurait dit qu'on inaugurait la Cité de la Gastronomie, la vraie — celle de l'Hô

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Saucisse party à la Croix-Rousse

Restaurant | En face du Substrat, bien ancré sur le plateau, vient d'ouvrir une annexe à saucisses : des petites, des grosses, au porc voire au poisson, à croquer sur chaise haute avec un verre de vin nature.

Adrien Simon | Mardi 8 octobre 2019

Saucisse party à la Croix-Rousse

Un samedi de rentrée et un problème : où manger après une séance au ciné Saint-Denis, sur le plateau ? À 100m de là, ça s'agite dans un petit local de la rue Pailleron. Surprise ! Dans la cuisine toute neuve de ce comptoir spécial apéro et faim de nuit, on trouve Hubert Vergoin. Dans une première vie, Hubert fut sommelier chez Bocuse, puis à la Rotonde. Il aiguisa ses couteaux à l'Harmonie des Vins, avant d'ouvrir sa propre sandwicherie, à Tassin. Mais ce n'est qu'en 2013 qu'il se fit vraiment connaître : grâce à Substrat. Le resto ouvre quasiment en même temps que le Café Sillon et le Kitchen Café, tous deux à la Guillotière. Or, les trois vont vite incarner le rafraîchissement de la cuisine lyonnaise. Le Substrat est vite un succès : « je viens du pinard, du vin nature, du bistrot lyonnais et c'est cette ambiance que je voulais, tout en rénovant les assiettes. On nous l'a reproché au début : quand tu fais un tartare de ca

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Olivier Coussemacq : « La poésie est pour moi un art sublime, suprême »

Nomades | Le cinéma n’a pas de frontière. Le réalisateur français Olivier Coussemacq le prouve en signant un film on ne peut plus marocain, "Nomades". Rencontre (logique) à l’occasion des Rencontres du Sud…

Vincent Raymond | Jeudi 8 août 2019

Olivier Coussemacq : « La poésie est pour moi un art sublime, suprême »

Habituellement, les films traitant des questions de migration du point de vue du Sud sont produits ou réalisés par des Marocains. Quel est votre rapport au Maroc ? Olivier Coussemacq : Cela a été une des difficultés du projet, en effet… Quand j’ai présenté le film à Tanger, en avant-première marocaine dans le cadre du festival du cinéma marocain, on n’a pas reconnu au film son identité marocaine. Quand je suis en France avec ce film, on me dit « Mais c’est un film avec des inconnus en langue arabe ! » J’ai un rapport ancien avec le Maroc, un rapport d’amour surtout, comme pour un certain nombre de pays et des liens anciens avec le Maghreb, ainsi qu’un intérêt pour ce qui n’est pas “nous“. J’ai envie d’aller voir ailleurs pour éviter de trop parler de nous — d’autres le font très bien. Enfin, j’ai eu quelques difficultés dans le passé, à titre intime, avec ma mère que je ne développerai pas et les mères du Maghreb en règle générale, sont des femmes qui m’émeuvent par leurs capacités de résistance, leur générosité. Un caractère de mère amoureuse et protectrice… Les Marocains ne se reconnaissaient pas

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Routes et déroutes du sud : "Nomades"

Drame | Pour dissuader son ultime fils Hossein de seize ans de tenter l’exil illégal vers l’Europe par la voie maritime, Naïma quitte Tanger, direction la campagne du sud. Chez son oncle et sa tante, Hossein se sent coupé du monde moderne et en veut à sa mère…

Vincent Raymond | Jeudi 8 août 2019

Routes et déroutes du sud :

« Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console », dit un proverbe que Hossein pourrait faire sien : son exil dans le sud rural lui permet de relativiser sa situation et de constater les privilèges dont il dispose. Mais relativiser marche dans l’autre sens : comment ne pas vouloir quitter un pays qui interdit à ses locaux l’accès aux hôtels, à moins qu’ils ne soient escortés par les touristes ? Comment ne pas être écœuré de voir sa cousine quasiment “vendue“ à un compatriote établi à l’étranger ? Comment ne pas désespérer de n’avoir pour seul perspective l’exercice de cireur de chaussures — soumis de surcroît à une forte concurrence ? Dans le sillage des brûlots de Nabil Ayouch, Olivier Coussemacq porte un regard intérieur sans concession sur la société marocaine, où la jeunesse et les femmes n’ont le choix qu’entre le désarroi et le désespoir. Demeurent ici en bout de course des graines d’espoir pour la méritante Naïma et par ricochet pour son entêté de fils. Il n’est pas défendu de croire qu’elles fleuriront. Nomade

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Sapnà et Les Apothicaires récompensés à Omnivore

Food | Le festival Omnivore, dédié à la jeune cuisine, s'est tenu ce week-end à Paris. Résultats du palmarès : deux prix sur les dix ont été attribués à des (...)

Lisa Dumoulin | Mercredi 13 mars 2019

Sapnà et Les Apothicaires récompensés à Omnivore

Le festival Omnivore, dédié à la jeune cuisine, s'est tenu ce week-end à Paris. Résultats du palmarès : deux prix sur les dix ont été attribués à des Lyonnais. Rémy Havetz du tout nouveau restaurant Sapnà a obtenu le prix Pâtissier tandis que le duo à la tête du restaurant Les Apothicaires, Tabata et Ludovic Mey, a obtenu le prix Rebelle. Une belle reconnaissance pour deux tables qui renouvellent la cuisine de la ville.

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Art bien urbain

Street Art & Tatouage | Art vivant par excellence, le street art a conquis les murs des galeries mais ne s’arrête pas là : des festivals s'implantent et des liens se tissent avec d’autres disciplines.

Lisa Dumoulin | Mardi 8 janvier 2019

Art bien urbain

Côté expos, c’est chez Superposition que ça se passe, avec le premier solo show de Mani, équilibriste du noir et blanc mêlant fresques murales, dessin et animations, intitulé La mécanique du vide : prometteur (du 31 janvier au 2 mars). Mais aussi avec l’exposition Inking Board du projet Skate Station, deuxième édition de ce rendez-vous mixant les univers du tatouage et du skate : seize tatoueurs lyonnais (dont Pandido, Mathias Bugo, Gladys to meet you...) sont invités à encrer deux skateboards en bois brut, comme ils le feraient sur le bras d'une personne (du 11 au 26 janvier). Côté visites, on guette l’incontournable balade dans les pentes organisée par Nomade Land et Flo 81 le 19 janvier, mais aussi une nouvelle visite insolite sur le street art à la Croix-Rousse, proposée par Les Visites des Filles le 12 janvier. Côté festivals, il ne faudra pas manquer la première édition de Peinture Fraîche qui se tiendra du 3 au

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De nouveau, du travail d'orfèvre à Sapnà

Restaurant | Arnaud Laverdin et Rémy Havetz, qui régalent depuis trois ans à La Bijouterie, ouvrent à deux pas leur nouveau restaurant. Au programme : la même cuisine cosmopolite, des petits plats explosifs et des desserts toujours aussi barrés.

Adrien Simon | Mardi 27 novembre 2018

De nouveau, du travail d'orfèvre à Sapnà

On a croisé la première fois Arnaud il y a trois ans : sa Bijouterie venait d'ouvrir, et il maniait un fumoir, rempli de chocolat noir, en pleine rue Hippolyte Flandrin. Ce grand tatoué représentait mieux que quiconque la nouvelle cuisine lyonnaise, décomplexée par ces chefs trentenaires, souvent descendus de chez Têtedoie (comme ses ex-collègues, désormais à la tête des Apothicaires ou de l'Établi), pour cuisiner plus près de la rue. La Bijouterie, avec ses dimsums déjeunatoires et son menu unique du soir connut rapidement le succès. En deux ans, il a été rejoint par Thomas Pezeril (un ancien de chez Pic) en cuisine, Matteo Bonatto aux bouteilles, et Rémy pour le sucre. « La Bijouterie marchait bien. Je me suis

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Attention aux coulures !

Street Art | Côté street art, c'est une explosion et pas seulement de couleurs ces derniers mois dans la ville. Voici un trait de cette effervescence : à vous de lever le nez pour dénicher le reste.

Lisa Dumoulin | Mardi 12 septembre 2017

Attention aux coulures !

Je me laisse guider Le street art invite à l'errance : la ville est autant sujet que l'œuvre, qui se niche dans ses recoins, se créant son propre écrin dans un contexte mouvant, à l'opposé du musée où la scénographie est pensée pour l'artiste. Initier des virées pour pister les graffeurs sur leur terrain est l'idée futée de Nomade Land et de la galerie Superposition, décidément hyperactive. Flo81, gérant de la boutique spécialisée 81Store, guide ces visites en compagnie d’un artiste invité. Nomade Land mène depuis 2015 ces balades d’un autre genre, zoomant sur les transformations urbaines, la ville en mouvement, main dans la main avec des architectes, des sociologues ou des artistes. Ici, l’art urbain est observé pour ce qu’il révèle de la cité. La balade se déroule dans les pentes, lieu d'expression et d'observation privilégié permettant d'avoir un aperçu dense de la scène actuelle et se clôture par un arrêt à la galerie Superposition, rue Longue, avec l'artiste exposant : le 23 septembre, Wenc partagera son regard avant de présenter ses oeuvres et celles de sa tribu autour des

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Le Lyon Street Food met les petits plats dans les grands

Food | Des chefs colombiens, mexicains et hongkongais, des pâtisseries, des cocktails, et de l'indie pop pour se trémousser et respecter la directive “manger-bouger” : Lyon Street Food met les bouchées doubles pour cette seconde édition.

Lisa Dumoulin | Jeudi 7 septembre 2017

Le Lyon Street Food met les petits plats dans les grands

Faire voyager vos papilles ! Noble ambition, pour le Lyon Street Food Festival. Plusieurs escales sont prévues : déjà, la Colombie, omniprésente ces temps-ci (c'est l’année France-Colombie de l'Institut Français). Les chefs Santiago Torrijos de l’Atelier Rodier à Paris et Victor et Amélie Sanchez d’El Cafetero à Lyon feront découvrir la richesse, parfois méconnue, de leur gastronomie. Pour les kids, des cours de cuisine en espagnol, et pour les parents des masterclass cumbia sont en menu. Et un atelier de cuisine cinq étoiles, mené par le chef Juan Arbelaez du restaurant Nubé (l’hôtel Marignan, sur les Champs-Elysées). Prochain arrêt : Puebla, Mexico en compagnie de Liz Galicia, propriétaire de l’une des plus belles tables du pays, qui vient cuisiner le mole poblano. Hugo et Sandra Boissin du Piquín et Enrique Gomez du Gomex sont aussi de la partie. Changement de cap avec Hong Kong ! De nouveau invitée au festival, la ville est représentée par M.

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Le Lyon Street Food festival revient

Street Food | Le Lyon Street Food festival #2 revient début septembre aux Subsistances

Lisa Dumoulin | Jeudi 6 juillet 2017

Le Lyon Street Food festival revient

Le Lyon Street Food festival revient les 8, 9 et 10 septembre aux Subsistances après le succès de la première édition. Cette année les invités sont Hong Kong, la Colombie dans le cadre de l’année France-Colombie mais aussi Puebla au Mexique, dont la gastronomie est classée au patrimoine de l’Unesco (c’est le seul pays avec la France). Des chefs et cuisiniers de tous horizons viennent donc préparer des plats “de rue”, aux côtés de nos chefs lyonnais tels Les Apothicaires, Mathieu Viannay, Christian Têtedoie, Mamasan, Joseph Viola ou encore le grand Régis Marcon. Nouveauté cette année, le “sugar hangar” dédié aux pâtisseries et mets sucrés, la “cocktail factory” avec des spécialistes de la mixologie (L’Antiquaire, le Black Forest Society, le Groom, la Vermuteria) et aussi un BBQ corner et des food trucks. Mai

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"Noma au Japon" : comment réinventer le meilleur restaurant du monde

ECRANS | de Maurice Dekkers (P-B, 1h33) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 25 avril 2017

Couronné plusieurs années consécutives meilleure table du globe, le Noma de Copenhague se voit confier une carte blanche durant six semaines par le Mandarin Oriental de Tokyo. Pour l’équipe menée par le chef René Redzepi, le défi est de taille : il s’agit en effet de composer une carte nouvelle respectant l’esprit Noma tout en se nourrissant des particularités du terroir japonais. Une course contre la montre et pour les papilles s’engage… On ne saurait mieux expliquer le processus créatif de la haute cuisine, naissant d’une fusion de talents individuels et d’une symbiose d’inspirations sous la houlette d’un chef d’orchestre aux intuitions audacieuses. Capable de tirer le meilleur de chacun, de fuir les évidences gastronomiques et de se remettre en question sans concession, Redzepi apparaît comme un catalyseur et un liant. Sa curiosité et son perfectionnisme contagieux, respectueux de la nouveauté, des cultures, des saveurs ou de l’esthétique, rappellent la démarche de Benjamin Millepied dans l’excellent documentaire

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Mat Gallet : « On a la brigade éphémère la plus dingue et la plus brillante qui soit »

Grand Cuisine Cinéma Club | Ce dimanche a lieu la seconde édition du Grand Cuisine Cinéma Club, un festival de films culinaires, durant lequel on n’oublie pas de manger. Interview avec Mat Gallet, l’un des organisateurs de l’événement.

Adrien Simon | Dimanche 18 décembre 2016

Mat Gallet : « On a la brigade éphémère la plus dingue et la plus brillante qui soit »

Un mot sur l’année dernière : en plus des dix films présentés (six documentaires, deux films d’animation, un long-métrage de fiction et un court-métrage) on pouvait manger des petites assiettes en rapport direct avec les projections : du houmous préparé par Simon Huet pour suivre le film Make hummus not war, des ramens de Yomogi avec Tampopo, une salade thai de Têtedoie en accompagnement de Farang. Le dispositif va changer ? Mat Gallet : Au Grand Cuisine Cinéma Club, on essaye d’imaginer un format d’événement propre à chaque thématique. La première édition tournait autour des foodmaniacs. On l’avait donc construite comme une expérience quasi boulimique : douze heures non stop, une orgie de films et de tapas un peu sexy. Là, avec l’édition #disruption, on se devait de tester un nouveau modèle. Vu les films programmés, il nous semblait important que les cuisiniers puissent vraiment donner leur interprétation des films. On a donc pris le contrepied de tous les conseils qu’on nous donnait. Et plutôt que de faire un événement plus gros, on a choisi de proposer un événement plus concent

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Aux Subsistances, la street cred' sauce Hong Kong

Lyon Street Food Festival | Au premier Lyon Street Food Festival ce week-end, l'on croisera la route des meilleurs food trucks du coin mais pas seulement : des Apothicaires à la Mère Brazier, les top chefs de la ville se la jouent street credibility. Fameux.

Adrien Simon | Mardi 20 septembre 2016

Aux Subsistances, la street cred' sauce Hong Kong

Les food trucks lyonnais se radinent ce week-end aux Subsistances, pour un festival de trois jours autour de la "gastronomie nomade". Les habitués des marchés lyonnais seront ravis de retrouver le bar à jus l’Estanco, le triporteur de Trop Chou ou encore The Rolling Cantine (photo). Ce dernier transformé pour l’occasion en jonque flottante, afin de coller au thème de cette première édition : Hong Kong. Les camions-cuisines assureront le ravitaillement des visiteurs dans la cour, et l'on retrouvera sous la grande verrière des cuisiniers sédentaires s’essayant eux aussi à la bouffe en barquette : les cuistots très en vue du Café Sillon (le dépotant-déroutant resto du 7e), de La Bijouterie (qui joue déjà avec les dim sums dans le 1er), et des Apothicaires (le nouveau spot à ne pas manquer du 6e) y officieront. Tous promettent de se mettre au diapason hongkongais, avec du côté de Tabata et Ludovic Mey (les Apo

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Bistronomie : ces chefs qui bousculent la tradition

GUIDE URBAIN | De Katsumi le précurseur à Tabata & Ludovic les derniers installés, une génération spontanée de chefs voyageurs, connectés et décomplexés explosent les codes de la gastronomie traditionnelle : tour d'horizon.

Adrien Simon | Mardi 22 mars 2016

Bistronomie : ces chefs qui bousculent la tradition

Il fut un temps où la cuisine, en France, n'était pas "cool". Un temps d'avant Instagram, les blogueuses et les yelpeurs ; avant Top Chef, Jamie et Cyril ; avant la "food" (porn, ing, ista) ; avant les brunchs électro, les soirées fooding, les chefs en jean-baskets et tablier bleu. La cuisine en France, à défaut d'être branchée, pouvait être gastronomique, patrimoniale, référence mondiale. Quoique... Fin 90, une certaine presse étrangère la juge « rigide », « ennuyeuse », trop chère. En 2014, le New York Times s'acharne encore : la cuisine française a définitivement implosé ! Mais ses débris sont précieusement ramassés par une flopée de jeunes chefs, (notamment) adeptes de la bistronomie, qui explosent les codes du restaurant de papa et envoient des assiettes mode. À Lyon, parler de bistronomie revient à évoquer En Mets Fait ce qu'il te Plait, improbable chalet au coin des rues Chevreul-Gryphe (la façade a depuis été refaite). Improbable bazar aussi, que son hall d'entrée. Katsumi s'y installe en 1999, seul en cuisine : il décrète que l'on viendra chez lui pour ce qu'il y a dans l'assiette (et les verres) — un point c'est

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Les Apothicaires : l'antre des préparations magiques

GUIDE URBAIN | Début mars a ouvert le très attendu restaurant de Tabatha et Ludovic Mey. Les Apothicaires ? Déjà savoureux.

Adrien Simon | Mardi 15 mars 2016

Les Apothicaires : l'antre des préparations magiques

Sur notre écran de télé, l'on découvrit Tabata un soir de 2012. Top Chef : elle, profilée "méchante-chiante", éliminée ; en pleurs dans les bras du Jedi Marx. Une sombre histoire de canard. « La vie, c’est pas un concours » dixit le sage Piège, juré de l'émission. Les personnages de M6 ont une vie hors du tube cathodique : pas tout à fait identiques, ils font quand même de la cuisine. Et ouvrent des restaurants. Tabata, c'est cinq ans chez l'étoilé Le Bec. Au sortir des écrans, c'est à la tête de Marguerite (brasserie Bocuse) qu'on la retrouve. C'est là qu'elle fourbit son projet avec Ludovic Mey, son second ; bientôt son mari. Mais avant de s’installer dans le 6ème, dans ce local tout en longueur — fine banquette, cuisine ouverte, un grand comptoir/passe-plat en marbre noir — avant donc, le couple mûrit son projet sous le soleil de São Paulo... et à Copenhague. Au Brésil, la patrie de Tabata, Alex Atala (l'un des meilleurs cuistots du monde, paraît-il), les expédie vers « la nouvelle frontière des saveurs », comme il dit : l’Amazonie et Belém. « On ne connaissait pas un c

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Anomalisa

ECRANS | Comme David Lynch, Charlie Kaufman fait partie de ces gens qui, sans le cinéma, seraient à coup sûr devenus un peu fous. Explorant leurs insondables mondes intérieurs, les films qu’ils conçoivent défrichent et déchiffrent des territoires cinématographiques fascinants. C’est encore le cas avec Anomalisa, sa première animation en stop-motion…

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Anomalisa

Depuis ses débuts comme scénariste de Spike Jonze ou Michel Gondry, Charlie Kaufman tire de son crâne des histoires cousines, où les protagonistes éprouvent brutalement une modification dans leur perception de la réalité et sont confrontés à des événements pouvant évoquer des symptômes schizophréniques : surgissement de personnages uniformes ou incarnant l’altérité, disparitions soudaines… Habituellement dévolu à des thrillers ou des films d’épouvante, ces thèmes ont ainsi emprunté avec Kaufman de multiples variations, abordant la comédie surréaliste (Dans la peau de John Malkovich) comme le drame romantique (Eternal Sunshine of the Spotless Mind). Nourri de ses expériences d’auteur, le scénariste a pris parallèlement un tournant plus radical et personnel. Il poussa en effet son questionnement à l’extrême, pour deux films usant de la mise en abyme et interrogeant l’acte de création : Adaptation. (2002) et Synecdoche, New York (2008). Deux œuvres emboîtées sur elles-mêmes, contenant moins de résolutions que d’interrogations, cependant cohérentes avec la démarche de Ka

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Chaque mois au Sucre, le Palma Soundsystem part en live

MUSIQUES | La scène se passe à un concert de Metallica. En prélude à l'insurpassable Master of Puppets, James Hetfield initie avec ses fans le dialogue suivant : (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 octobre 2015

Chaque mois au Sucre, le Palma Soundsystem part en live

La scène se passe à un concert de Metallica. En prélude à l'insurpassable Master of Puppets, James Hetfield initie avec ses fans le dialogue suivant : lui crie «master!», eux répondent en chœur «puppets!». A priori innocent, ce jeu de rôle à gorge déployée, dès lors qu'on prend en considération sa traduction (et le propos originel du morceau, longue métaphore sur l'addiction à la cocaïne), en dit long sur la bienheureuse servilité dont est capable l'Homme, cet éternel ressortissant de la société du spectacle debordienne. Mais il est un rapport de domination sonore plus dérangeant encore : celui liant les DJs (i.e. des control freaks qui ont réussi) aux clubbers, qui guettent les drops comme les camés réclament leur dose – les bras tendus et la bouche pleine de râles vaguement humains. À cette aune, le projet mené depuis 2012 par le trio lyonnais Palma se relève d'une salutaire originalité. Trois garçons, des tas de machines qui clignotent tels les trésors d'un bunker d'Ali Baba et encore plus de possibilités de se jouer en live et avec force improvisations des conventions

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Le Grand Cuisine Cinéma Club, une première

CONNAITRE | D'habitude, les dimanches au Sucre, c'est hamburger. Ce 13 septembre, ce sera truffes, ramen et sauce sriracha, entre autres aliments au menu du Grand (...)

Benjamin Mialot | Mardi 8 septembre 2015

Le Grand Cuisine Cinéma Club, une première

D'habitude, les dimanches au Sucre, c'est hamburger. Ce 13 septembre, ce sera truffes, ramen et sauce sriracha, entre autres aliments au menu du Grand Cuisine Cinéma Club, «le premier événement entièrement dédié aux films et documentaires traitant de la cuisine, l'alimentation ou la foodculture, où vous pouvez manger ce que vous voyez à l'écran». Un banquet gaulois 2.0 ? Oui mais pas que. La food for tought est aussi de mise puisque, entre un court animé mettant en scène des plagistes de barbaque (Wurst, par un animateur de Pixar) et la ressortie d'une comédie japonaise littéralement nounouille (Tampopo), il sera question de condition animale (avec un épisode des Politics of Food de Vice consacré au gavage), de rapport à l'image (Mukbang, qui analyse la mode coréenne du youtubing dînatoire) ou encore de géopolitique (Make Hummus not War, qui fait le point sur la dispute opposant le Liban, la Palestine et Israël quant à la paternité de la purée de pois chiches). En tout, ce ne sont pas moins de dix films qui seront projetés, le temps de trois séances accessibles à

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Insomniaque - Semaine du 22 au 28 mai

MUSIQUES | 23.05 Palma All Night LongLa saison passée, ils ont bien failli reléguer Todd Terje au rang de DJ de warm-up. Cette année, à Nuits Sonores, et bien que se (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 15 mai 2013

Insomniaque - Semaine du 22 au 28 mai

23.05 Palma All Night LongLa saison passée, ils ont bien failli reléguer Todd Terje au rang de DJ de warm-up. Cette année, à Nuits Sonores, et bien que se produisant plus de trois heures avant lui, c'est Vitalic qu'ils ont manqué de priver de son peak time. Autant dire que les sets mi-house mi-techno de Raja, Noma et Reworks, les trois masterminds du collectif lyonnais Palma, sont de ceux qui vous retournent une salle plus sûrement que le Chevalier du Dragon inverse les chutes d'eau. Sceptiques ? Allez donc les écouter cette semaine au Terminal.   24.05 EZ! #12Vous voyez cette séquence du film The Cable Guy dans laquelle Jim Carre

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Le paradoxe Donoma

ECRANS | Réalisé avec 150€ selon son réalisateur Djinn Carrénard, Donoma est en train de provoquer un mini-séisme dans le cinéma français ; comme si le scandale n’était pas de jeter des millions d’euro par les fenêtres dans des navets honteux, mais de tourner en autoproduction et en dehors des règles corporatistes… Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Dimanche 20 novembre 2011

Le paradoxe Donoma

L’événement de la semaine en matière de cinéma français à Lyon, ce n’est pas la sortie avancée des Lyonnais, mais bien celle de Donoma, dans une salle ayant eu le courage d’accueillir ce film produit, tourné et distribué en dehors des clous. Les clous, c’est une profession et l’organisme qui la contrôle, le CNC, qui freinent des quatre fers l’émergence d’un cinéma indépendant en France. Son mécanisme redistributif, forgé à l’époque de Jack Lang, a permis de "sauver" le cinéma français, ou tout du moins d’échapper aux crises que tous les cinémas européens ont connues. Mais le CNC est aussi une instance de régulation de la distribution. Aucun long-métrage ne peut sortir sans le précieux sésame que constitue son visa ; on se souvient de l’incident créé par Éric Rohmer avec L’Arbre, le maire et la médiathèque, dont il avait d’abord tourné un "brouillon" en 16 mm sans demander l’aval du CNC, puis qu’il avait décidé de sortir tel quel. Rohmer avait donc distribué le film lui-même, en direct avec les exploitants. Mais c’était Rohmer… Un réalisateur en «guérilla» Djinn Carrénard, lui, n’est personne. Et pourtant, vingt ans après, son premier film, Donoma

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Donoma

ECRANS | De Djinn Carrenard (Fr, 2h13) avec Emilia Derou-Bernal, Sékouba Doukouré…

Dorotée Aznar | Mercredi 16 novembre 2011

Donoma

Autoproduit pour 150€ (chiffre officiel), Donoma ouvre de toute évidence une brèche dans le système du cinéma français. Mais attention, cette brèche économique salutaire ne se reflète sur l’écran qu’à travers une image brute de chez brut, un son plat et un récurrent problème de focus. Car pour l’essentiel — ce que Djinn Carrenard a à dire et ce qu’il fait passer grâce à ses comédiens, Donoma est un film très français, qui privilégie la parole à l’action, la chronique anecdotique au grand récit. Rien que du déjà-vu (la banlieue, la maladie, la religion, l’amour), mais rarement avec une telle pugnacité pour faire surgir à l’écran une vérité des sentiments âpre, douloureuse, cruelle, parfois lourdingue, parfois touchante. Là où Carrenard se démarque de Maiwenn (l’anti-structure du film et son goût pour le réalisme cru poussent au rapprochement), c’est que lui croit encore à la fiction, à l’épaisseur d’un cinéma qui, même minimaliste dans ses moyens, cherche la fulgurance par un raccord inattendu, une image bizarre, une impasse de dialogue. Imparfait, inégal, trop long, Donoma a un mérite : il réinvente avec innocence et naïveté la manière de filmer des hi

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