Biotop(e) pop

MUSIQUES | Ah, cette scène locale et sa fâcheuse tendance à rester figée dans ce circuit court que chérissent tant les épiciers bio, sans parvenir à mener une carrière durable au-delà du périph’. On s’en est presque fait une raison tout en ayant choisi d’en ignorer les raisons. D'autant que ce n'est qu'à moitié vrai. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

C'est un fait, il y a fort longtemps que la scène pop lyonnaise ne s'est pas aussi bien portée, qualitativement comme quantitativement. Les anciens sont toujours là et n'en finissent plus de se renouveler, à l'image des Purple Lords, qu'on n'attendaient plus, avec leur splendide Slow Motion Trip d'il y a quelques mois, de Prohom dont la sortie ces jours-ci de l'album Un Monde pour soi sera fêtée le 10 novembre au Périscope, et de Denis Rivet (King Kong Vahiné) dont on avait vanté les mérites du Tout Proches. Après avoir connu les honneurs des Inouïs du Printemps de Bourges, il verra sa tournée française passer par le festival Just Rock ? en compagnie d'Emily Jane White. 

Le Chic Type Daisy Lambert, toujours alangui dans les bacs, y sera également à l'affiche en soutien de Cascadeur et Rover (classe !), le 23 octobre au Club Transbo. Ses camarades d'Erotic Market, eux, s'en iront érotiser le festival Nouvelles Voix en Beaujolais, et les Taïni et Strongs le "sadiser" (respectivement les 22 et 23 novembre) en attendant, dans les deux cas, l'album. Celui qu'annonce Joe Bel sera mini, un «bébé album» néanmoins «fat», en réponse au dépouillé In the City, à même de rendre grâce (à tous les sens du terme) au groove inflammable de la pétroleuse hip pop (le 13 novembre à l'Épicerie Moderne, le 21 au Marché Gare).

Nettoyage à sec

Abondance de biens… favorise les projets parallèles, voire perpendiculaires : comme Follow Me Down, l'EP taillé en forme de tube du Colo Colo de Jean-Sébastien Nouveau (Les Marquises, Immune) et Martin Duru (Immune). Le Lauren Stuart and the Book of Love (disponible le 1er octobre et le 11 octobre à la Marquise) de François Serin, suite du Lauren Stuart & the Golden State of Mind de 2009, n'est pas aussi éloigné de sa maison mère Déjà Vu. Les influences s'y nourrissent d'autant plus à la mangeoire brit pop qu'on y chante dans la langue des Gallagher.

On l'a connu électronicien (ANI), voici Pierrick Monnereau dans une bien étrange entreprise de nettoyage à sec de la musique avec Nickel Pressing (cette semaine en première partie d'Is Tropical). Et n'oublions pas les projets passablement timbrés d'une autre violoniste, Agathe Max (son extatique Dangerous Days mérite qu'on en reparle très vite), de l'intenable François Virot et de l'étrange bestiole basse-batterie Alligator (le 5 octobre au Périscope). Dans cette lignée à tête chercheuse mais ne lésinant pas sur leur côté pop, garder aussi un œil sur Alexis & the Brainbow, par exemple le 7 novembre au Marché Gare, où on les découvrit cette année en première partie d'Eugene McGuinness. Tout comme les Salmon Fishers (cf. page 20) on parie que dans un clignement ils s'envoleront sous d'autres cieux.


Lauren Stuart + Dear Paula + guest

Folk pop
La Marquise 20 quai Augagneur Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Lispector + Alligator + François Virot


Le Périscope 13 rue Delandine Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Is tropical + Nickel pressing

Pop électro
Marché Gare 34 rue Casimir Périer Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Hubert Mounier dans la place

Chanson | C'est à la suite du concert hommage donné par Benjamin Biolay en juillet 2018 à Fourvière que la scène lyonnaise à commencé à mûrir l'idée d'un projet autour de cette (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 octobre 2019

Hubert Mounier dans la place

C'est à la suite du concert hommage donné par Benjamin Biolay en juillet 2018 à Fourvière que la scène lyonnaise à commencé à mûrir l'idée d'un projet autour de cette grande figure de la pop hexagonale mais aussi locale. Très vite, dans le sillage du chanteur Stan Mathis et des Chic Types, l'idée d'un concert fait son chemin puis d'un disque produit par Stardust ACP. La fine fleur de la scène chanson-pop de Lyon picore alors des titres dans le répertoire de Mounier et de l'Affaire Louis Trio pour en enregistrer des relectures au studio Magneto de They Call Me Rico : on y retrouve, en plus de tous les précités, Kent, un vieil ami, Carmen Maria Vega, Buridane, Joe Bel, Denis Rivet, Billie et quelques autres sur un vinyle à sortir le 5 novembre. Le même jour aura lieu dans la grande salle du Transbordeur une release party en présence de tous les intéressés (hormis Joe Bel en tournée au Canada et Kent) où tout ce petit monde dansera sur la chic planète d'Hubert. La chose est gratuite, mais l'on compte dé

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Joe Bel fait de beaux rêves

Pop | Il aura fallu peut-être plus de temps que prévu pour que celle dont on tirait le portrait il y a déjà cinq ans ne publie enfin son premier album. (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 13 novembre 2018

Joe Bel fait de beaux rêves

Il aura fallu peut-être plus de temps que prévu pour que celle dont on tirait le portrait il y a déjà cinq ans ne publie enfin son premier album. Entre-temps bien sûr, la jeune femme a produit des EP, pas mal tourné et même joué dans un film, Tout pour être heureux, dont elle signa une partie de la BO. Cet album, Joe Bel en a rêvé, elle l'a appelé Dreams, et on présume qu'il est à la hauteur de ses songes. D'abord parce qu'il est magnifiquement réalisé par Marcus Paquin (The National, Arcade Fire, Timber Timbre). Ensuite parce qu'en neuf titres d'une grande précision, on y retrouve la chanteuse telle qu'en elle-même : tantôt vibrante de simplicité aux commandes de ballades au piano (Before), à la guitare (I Believe) ou subtilement mais richement arrangés (Dreams, That Belongs to me, le sublime In the Morning) ; tantôt irrésistible de groove, comme sur le hit No, N

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On commence par l'apéro au Transbo, on finit par rouler sur des patins

Les Bons Plans de la Semaine | Un bon plan par jour jusqu'à la rentrée : fuyez l'ennui, suivez le guide. Direction le Transbordeur mercredi soir pour la Summer Session du Petit Bulletin, on clôture ensuite le Bal des Fringants, avant un final endiablé dimanche sur des patins à roulettes.

La rédaction | Mercredi 4 juillet 2018

On commence par l'apéro au Transbo, on finit par rouler sur des patins

Mercredi 4 juillet - Summer Session L’apéro avec l’équipe du Petit Bulletin Chaque année, c’est désormais une tradition, toute l’équipe du Petit Bulletin vous convie à fêter son dernier numéro couvrant tout l’été (on sera de retour le 5 septembre) en sirotant quelques mojitos et mauresques au Transbordeur, où nous investissons la scène extérieure pour deux concerts de pépites à découvrir : Perez en premier lieu, qui vient de sortir son second album, où la pop électronisante du Bordelais enchante les fans de ce Daho post-house. Et en ouverture, on savourera le retour aux couleurs new wave tout aussi 80’s de la paire lyonnaise Spitzer. Il est probable que quelques membres de notre équipe se saisissent également des platines… On compte sur vous ! Au Transbordeur à 19h Jeudi 5 juillet - rock Dernière danse aux Fringants Un dernier bal comme une dernière danse. Le 6 juillet, comme nous vous l'annoncions le mois dernier, le Bal

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Soirée coquine avec Erotic Market

R&B | Erotic Market est de retour avec Queendoms, album voguant vers le r&b, diablement sexy et drivé par Rosemary Martins, désormais seule. À savourer au Marché Gare vendredi.

Sébastien Broquet | Mardi 6 mars 2018

Soirée coquine avec Erotic Market

Seule. Solo aux commandes, Rosemary Martins (de son vrai nom Marine Pellegrini) a laissé son binôme Lucas Garnier s'échapper vers d'autres cieux pour piloter à sa guise le vaisseau Erotic Market qui, forcément, prend la tangente. Oh ! il y a toujours ces beats électroniques qui structurent l'édifice, mais ils ont pris un sacré coup de groove. Ce qui disparaît nettement, balayé, c'est l'influence rock : bonjour le r&b sauvage et sexy, ambiance Missy Elliott voire Kaytranada, porté par un timbre se rapprochant souvent de Santigold. Les textes de ce nouvel opus baptisé Queendoms sont à l'avenant, questionnant la femme et sa place aujourd'hui, ou encore une société pervertie par l'ego, soutenus par un flow capable de muter, alternant scansions rappées ou parties chantées, plus mélodiques et plus coquines, aussi. Erotic Market nouvelle mouture ? Plus sexy, finalement, moins frontalement cul. Mais pas si solo, en fait. Plus collectif, même : Rosemary Martins s'est entourée de deux beatmakers pour l'épauler, pour partager, utilisant les recettes du hip-hop, fuyant l'aspect "groupe" du

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"Permafrost" : le nouvel album de Denis Rivet

Chanson | Avec Permafrost, le Lyonnais Denis Rivet livre un nouvel album de l'entre-deux, celui d'un univers qui se déglace et se réchauffe au gré de chansons hivernales en apparence mais solaire en profondeur. 

Stéphane Duchêne | Mardi 6 février 2018

« Ici, la vie est rude / J'en ai pris l'habitude / J'aime ces terres arides / Et ces hivers humides / Et la neige et le froid / Les piqûres d'aoûtats (...) Et si jamais tu passes / Quand l'orage menace / Remets-toi vite en route / Ne laisse pas le doute / J'en ai vus plantés là / Qui ne repartaient pas. » Voici comment débute Permafrost, le nouvel album du Lyonnais Denis Rivet avec lequel les amateurs de chanson-rock ont au fil des années pris leurs habitudes. Entre une rythmique minimaliste, le ressac d'arpèges cristallins et un synthétiseur sédaté, Rivet pose le décor. Celui d'un disque dont le titre dit tout. Le permafrost c'est ce sol perpétuellement gelé des régions septentrionales qui semble figurer ici la manière dont les paysages du Grand Nord infusent sur l'état de l'âme jusqu'à la cristallisation complète. Mais c'est peut-être aller un peu vite en besogne que de prendre cela, uniquement cela, pour argent comptant. Je me souviens D'aussi loin qu'on se souvienne, Denis Rivet a toujours rendu compte des zones grises de la vie. Sur Tout proches (2012), il explorait le thème de l'ambivalence entre l

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Rivet au casque

Chanson | À quelques semaines de la sortie de son nouveau disque baptisé Permafrost, dont on vous dira prochainement tout le bien qu'on en pense, le chanteur (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 21 novembre 2017

Rivet au casque

À quelques semaines de la sortie de son nouveau disque baptisé Permafrost, dont on vous dira prochainement tout le bien qu'on en pense, le chanteur Denis Rivet, ce conteur hors-pair des zones grises de la vie, se fend d'une initiative pour le moins originale : organiser une séance d'écoute au casque tout confort (canapé, boisson) sise au Ciné-café Aquarium (10 rue Dumont dans le 4e arrondissement), en partenariat avec le TNG. Contre 15€, en plus de la prestation précitée, on pourra acquérir le dit album. Une écoute qui s'accompagnera, pour mieux s'immerger dans l'univers de Denis Rivet, de la projection sur écran géant des photos réalisées par Fabrice Buffart pour la pochette de l'album et se poursuivra par un échange avec l'intéressé mené par Arnaud Bonpublic, animateur sur la webradio Les Enfants du Rhône. Cela se passera le dimanche 26 novembre au long de trois séances successives (14h, 16h, 18h) pour lesquelles il es

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Who's (Born) Bad ?

MUSIQUES | Quand on lui parle de la tournée anniversaire qui vient couronner la belle décennie musicale du label Born Bad, JB Guillot avoue qu'il se serait bien passé (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 2 mai 2017

Who's (Born) Bad ?

Quand on lui parle de la tournée anniversaire qui vient couronner la belle décennie musicale du label Born Bad, JB Guillot avoue qu'il se serait bien passé d'un tel raout, que son emploi du temps est bien assez chargé et qu'il se serait plutôt fait un cadeau à lui-même. Pourtant cette tournée est bien là, elle existe - « il y avait beaucoup de demandes » avoue-t-il. Comme existe encore Born Bad, le label phare du renouveau rock et pop français, en réalité né en 2006. Parfois au grand étonnement de son fondateur, rocker alternatif qui souhaite à l'origine remettre à l'heure les pendules de l'indépendance déréglées par son expérience de directeur artistique en major (voir interview). Premier groupe signé, comme un symbole : Frustration – « meilleur groupe de post punk français », précise-t-il – dont le batteur est propriétaire de la boutique Born Bad à laquelle s'adosse le label sur les modèles de Rough Trade ou New Rose. D'entrée, Born Bad se veut « très cocardier », soucieux de défendre la contre culture française : de rééditions de pépites françaises 60's, 70's, 80's, oubliées (« une façon de revendiquer une f

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Joe Bel en ouverture de Thomas Dybdahl à la Comédie Odéon

Petit Bulletin Live | C'est la Lyonnaise Joe Bel qui ouvrira le 21 mai pour le Norvégien Thomas Dybdahl lors du Petit Bulletin Live qui se tiendra à la Comédie Odéon. De retour du (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 28 mars 2017

Joe Bel en ouverture de Thomas Dybdahl à la Comédie Odéon

C'est la Lyonnaise Joe Bel qui ouvrira le 21 mai pour le Norvégien Thomas Dybdahl lors du Petit Bulletin Live qui se tiendra à la Comédie Odéon. De retour du Canada, où elle vient d'enregistrer son premier album attendu de pied ferme, la chanteuse-auteure-compositrice soul-folk au groove unique nous fera le cadeau de se produire pour la première fois en solo depuis un bon moment. Une raison de plus d'arriver à l'heure, à 19h tapantes et même avant.

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Sathönay en concert secret

MUSIQUES | Un duo, un solo et un trio pour réviser ses mathématiques et ses esgourdes : c’est d’abord Arnaud Rivière & Rodolphe Loubatière qui marient bidouillage (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 17 janvier 2017

Sathönay en concert secret

Un duo, un solo et un trio pour réviser ses mathématiques et ses esgourdes : c’est d’abord Arnaud Rivière & Rodolphe Loubatière qui marient bidouillage électronique et percussions, puis Cyril M. et ses objets improbables qui offrent une expérience musicale chaque fois renouvelée, enfin Sathönay qui rassemble Nico Poisson, François Virot et Léonore Grollemund et fusionne musiques traditionnelles proche-orientales et psyché-pop à l'occidentale. Une soirée surprenante s’annonce ce jeudi 19 janvier (écrire à jesuisanxieux@gmail.com pour connaître le lieu, qui est secret).

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François Virot : « Les aberrations techniques ont leur rôle »

Indie Pop | François Virot (Clara Clara) fait son grand retour en solo avec Marginal Spots, paru en décembre sur Born Bad Records : à savourer live dans le cadre d'une sublime soirée du label au festival Plug & Play, le 23 janvier.

Gabriel Cnudde | Mardi 10 janvier 2017

François Virot : « Les aberrations techniques ont leur rôle »

Peux-tu nous présenter ce dernier album, Marginal Spots ? François Virot : Je pourrais le présenter par rapport à mon premier album, Yes or no (2008), mais ce ne serait pas forcément une bonne idée vu le temps qui sépare les deux. Entre-temps, il y a quand même eu deux albums de Clara Clara et deux albums de Réveille. J'ai assez peu de recul sur cet album pour le moment. C'était juste des morceaux que je jouais au local, à un moment où je n'avais pas trop d'actualité. J'étais assez libre de faire ce que je voulais. Quand j'ai vu que j'avais quatre ou cinq morceaux qui tournaient bien, j'ai commencé à penser à un album. Avec certains morceaux, j'ai volontairement tenté d'aller voir ailleurs pour donner un peu d'air au disque. J'ai du mal à en parler dans son ensemble, j'arrive plus à parler des morceaux. La critique avait été très bienveillante envers ton premier album solo. As-tu ressenti une pression particulière en écrivant le second ? Non, justement parce que c'était longtemps après. Je pense que certains se rappellent du premier, d'autres n

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Tout pour être heureux

ECRANS | de Cyril Gelblat (Fr, 1h37) avec Manu Payet, Audrey Lamy, Aure Atika, Joe Bel…

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

Tout pour être heureux

Ses yeux de cocker l’ont conduit à prêter sa voix au chien Bill ; sa barbe de trois jours et son poil grisonnant semblent le condamner à des emplois d’épave en rupture de famille, de copine, de boulot (mais qui arrivera bien par s’en sortir, allez) assistant à leur propre déchéance avec une fatalité lasse… Peut-être que Manu Payet devrait envisager le rasage de près pour accéder à des rôles différents, ne tournant pas autour du nombril d’un quadra bobo exprimant son ressenti de victime d’une précarité sournoise, tout ça parce qu’il a craqué le lacet de sa Stan Smith droite — sa préférée. Ce n’est en tout cas pas avec cette comédie fatiguée, espérant sans doute se parer de l’épithète “dramatique” parce qu’elle ne se boucle pas totalement en faveur du héros, qu’il sort de sa zone de confiance. Dommage pour Audrey Lamy qui, elle, arrive à faire quelque chose de son maigre personnage.

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Daisy Lambert, plus haut, plus pop

MUSIQUES | Daisy's back. Le dandy christophien et charismatique, qu'on avait laissé homme à femmes au prénom de fille avec son album Chic Type, reviendra à la rentrée avec (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 23 juin 2015

Daisy Lambert, plus haut, plus pop

Daisy's back. Le dandy christophien et charismatique, qu'on avait laissé homme à femmes au prénom de fille avec son album Chic Type, reviendra à la rentrée avec un disque tout neuf qui commençait à se faire désirer et dont il vient présenter "aux amis" quelques morceaux au Toï Toï. Ce sera le disque d'un homme et donc d'un artiste changé : volontairement moins séducteur – «no need» nous dit-il laconiquement, pour cause de situation amoureuse plus que comblée. Un disque qui «regarde vers le haut», plus haut, higher donc comme le prouve un morceau à propos duquel il faut maintenir l'effet de surprise. Mais aussi De l'autre côté – single en puissance, à notre avis – d'«un ego dissout dans l'amour». Et de fait, pour ce disque, Daisy Lambert a pris le parti de s'entourer davantage. De sa femme qui participe amoureusement aux c(h)oeurs, de son ami Charles Baptiste, autre phénomène arpentant le même univers chanson-pop barré mais délicat où la distinction bon goût/kitscherie n'est qu'une vue de

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Grégoire Le Du, manager en développement durable

MUSIQUES | A la tête de l'agence de management Grande Route et du tout neuf label Archipel cofondé avec le studio Mikrokosm, Grégoire Le Du s'est spécialisé depuis une dizaine d'années dans l'accompagnement d'artistes en développement. Mûrissant au passage une philosophie quelque peu à contre-courant de l'image que l'on peut se faire de ce métier, où les idéalistes auraient encore leur place. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mai 2015

Grégoire Le Du, manager en développement durable

«J'ai cette chance d'être suffisamment romantique pour me satisfaire de ce que l'artiste fera plutôt que de ce qu'il fait.» Cette phrase de Grégoire Le Du – fondateur de Grande Route, qui manage entre autres les carrières prometteuses de Joe Bel et 2080 – plusieurs fois répétée et déclinée au cours du même entretien sur son métier, peut paraître quelque peu sibylline. Il faut pourtant, entre les lignes, la comprendre comme l'acceptation qu'un artiste puisse à un moment donné faire sa (grande) route sans ce manager spécialisé dans l'émergence. Sans faire de lui un Bartleby de la chose, un type qui, comme le héros de Melville, «préférerait ne pas», ce discours et la mise en pratique qui l'accompagne dénote quelque peu dans une profession que, vue de l'extérieur, on imagine volontiers pratiquée par des types qui se barrent avec la caisse : «C'est une philosophie, une question de tempérament dit-il. Je viens de la musique, j'en fais, ce qui me permet de travailler sans arrière pensée.» C'est en effet en plusieurs temps que Grégoire s'est découvert une passion pour l'émergence et le développement et a forgé sa vision du métier.

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Julien Gasc, beau gibier pop

MUSIQUES | Attention, nuage de petits génies au Café du Rhône. On ne présente plus ici François Virot, multi-activiste d'une scène qu'on n'oserait qualifier d'indé locale, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 21 avril 2015

Julien Gasc, beau gibier pop

Attention, nuage de petits génies au Café du Rhône. On ne présente plus ici François Virot, multi-activiste d'une scène qu'on n'oserait qualifier d'indé locale, puisque François est bien plus qu'indé et un peu plus que local, mais c'est l'idée. Quant à Odessey & Oracle, ce fut fait il y a quelques mois à la sortie de leur invraisemblable tirage épo(p)nyme. On nous rétorquera que Julien Gasc aussi, puisqu'on vous l'avait introduit à l'occasion de Plug & Play, le petit raout cosmique du Kraspek. Mais ce fut par trop chiche. Depuis l'an dernier, Gasc se balade avec un drôle de truc baptisé Cerf, biche et faon. Ce truc étant un disque qui achève de polir sa déjà belle réputation dans les milieux autorisés. Son style, c'est autre chose, de proprement insaisissable. Majesté du cerf, grâce bondissante de la biche et maladresse espiègle du faon, Gasc c'est tout cela. A la fois Tellier lo-fi pas fatigué (ni surtout fatigant), Dan

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Le Grolektif, une bande à part

MUSIQUES | D'abord regroupement informel de jeunes jazzmen en mal de sensations scéniques, le Grolektif est aujourd'hui un modèle de foisonnement et de résilience DIY. A la veille de son 11e anniversaire et de la 4e édition de son festival étendard, récit d'une belle aventure commune. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 31 mars 2015

Le Grolektif, une bande à part

«Pourquoi les collectifs se multiplient-ils ?» se demande en Une de son tout premier numéro la revue trimestrielle Théâtre(s) Magazine. Fondateur du Grolektif, au même titre qu'une quinzaine d'autres diplômés du Conservatoire de Lyon et de l’École National de Musique de Villeurbanne, Romain Dugelay a sa petite idée sur la question : «C'est une réaction face à une certaine économie et un certain climat.» Á rebours de l'austérité libérale et du retour de l'ordre moral (moins de bruit, moins de blagues, moins de mélanges), cette forme d’organisation un rien utopique s'impose en effet de plus en plus, dans le champ culturel mais pas que, comme le meilleur moyen non seulement d'assumer les risques économiques inhérents à la création, mais aussi de remettre en cause certains acquis artistiques. Et ça, le Grolektif l'a compris dès 2004. Les petits bals perdus Á l'époque, âgés d'une vingtaine d'année, frais émoulus de leurs hautes écoles et pour beaucoup multi-instrumentistes, Romain Dugelay et ses compagnons sont mus par un simple besoin, commun à tous les jeunes diplômés : celui de passer

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Purple reigns

MUSIQUES | C'est devenu une tradition dans nos pages, permise par la rareté – et la qualité toujours renouvelée, il faut bien le dire – de leurs concerts : quand les (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 17 février 2015

Purple reigns

C'est devenu une tradition dans nos pages, permise par la rareté – et la qualité toujours renouvelée, il faut bien le dire – de leurs concerts : quand les Purple Lords sont programmés, cette fois-ci à la Marquise, le 21 février, on se sent un peu obligé – moralement obligé – d'en parler. Déjà, comme on l'expliquait, parce que ça n'arrive pas tous les jours ; parce qu'on a fait une croix sur l'idée qu'ils feraient un jour carrière puisque eux-mêmes semblent y avoir renoncé non sans un certain panache – mais quand on est un Lord, on ne fait pas carrière – et qu'on les retrouve donc avec d'autant plus de plaisir désintéressé. Et aussi parce que voir ceux qui s'appelaient jadis The Purple Lords of the Sonic Church relève un peu du pèlerinage – surtout quand on y retrouve à la basse une autre figure d'un petit âge d'or lyonnais : Sébastien Goguey alias Selar. Et que s'assurer qu'ils sont toujours là quelque part, en capacité de dégainer leurs Black Rider ou Real Cowboys Wear Mascara suffit à nous persuader que ce groupe écraserait d'un coup de talon n'importe quelle concurrence,

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En bonnes voix

MUSIQUES | Dix ans déjà que, depuis les contreforts du Beaujolais, le festival Nouvelles Voix vendange les nouveaux talents pour tenter de dresser un portrait de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 18 novembre 2014

En bonnes voix

Dix ans déjà que, depuis les contreforts du Beaujolais, le festival Nouvelles Voix vendange les nouveaux talents pour tenter de dresser un portrait de la musique – tendance chanson plutôt – d'aujourd'hui et surtout de demain. En offrant d'ailleurs à peu près pour tous les goûts – tendance chanson plutôt, donc, mais en fait pas que. On ne s'étonnera alors pas d'y retrouver certains de nos chouchous locaux comme Pethrol, à deux doigts de gagner le statut de premiers de cordée qu'ils méritent. Mais aussi, Nouvelles Voix ratissant plus large, esthétiquement comme géographiquement, parfois même très loin, des découvertes (ou des "à découvrir si ce n'est déjà fait") comme le Bordelais Talisco (vu cet automne à Just Rock?), l'Israëlienne aux instruments venus d'ailleurs Lior Shoov, les Toulousains pluridisciplinaires de Kid Wise ou encore Klô Pelgag, Québécoise quelque peu extra-terrestre (d'où sans doute, ce nom crypto-Klingon). Et puis comme on fête une décennie (ou peut-être que ça n'a rien à voir, après tout), le festival s'offre une belle soirée de gala. En tête d'affiche Hollysiz,

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Bonjour tristesse

MUSIQUES | Tout est triste, rien n'est grave. Voilà à peu de chose près une définition de notre époque. Une double définition même : manière d'apprendre à relativiser ce qui va (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 28 octobre 2014

Bonjour tristesse

Tout est triste, rien n'est grave. Voilà à peu de chose près une définition de notre époque. Une double définition même : manière d'apprendre à relativiser ce qui va mal ou justement de pointer le relativisme ambiant, désensibilisant, dévitalisant. Denis Rivet a sûrement choisi entre ces deux options. Qu'il nous permette de croire que son album,  marqué du sceau d'une rupture qui reste à digérer, se balance dans cet entre-deux. L'attaque est d'ailleurs frontale : mur de guitares brûlantes parce que glaçantes (Autour du grand feu, Tu disais), écriture, comme toujours chez Rivet – le bien nommé ? – vissée à l'économie, cueillant à froid.   Après l'excellent EP Tout proches, Tout est triste, rien n'est grave montre un Denis Rivet qui a fait du chemin sans s'éloigner de ses proches (Mikaël Cointepas mais aussi Frédéric Bobin et Philippe Prohom, présents pour deux duos), ni de Tout ce qui [le] tient et

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Lyon's Club

MUSIQUES | Qu'elle soit un concept fumeux ou pas, la scène musicale lyonnaise est là et bien là. La preuve avec ce petit passage en revue – non exhaustif – d'un automne rock'n'gone. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Lyon's Club

Lors d'une discussion en ligne portant sur les coiffeurs, leurs pronostics de football et l'Olympique de Marseille, un grand connaisseur du rock et de bien d'autres choses nous lâcha, magie d'un fil de discussion : «le concept de groupes lyonnais, well... ». Certes, toute personne rejetant l'idée que l'on puisse être Lyonnais juste «parce qu'on a fait sécher ses chaussettes une fois à Lyon», comme nous l'a récemment exposé notre critique cinéma maison, souscrira sans mal à cette réflexion. Mais on ne va pas faire comme si "ces gens-là" n'existaient pas puisqu'ils ne cessent de nous prouver le contraire. Telle Billie, qui nous prépare quelques remixes des titres de son album Le Baiser. L'excellent album de Denis Rivet – ex-King Kong Vahiné pour les intimes – est à venir, lui, le 30 octobre, et Denis jouera un peu partout pendant cet automne à commencer par ce même jour, le

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Bien frappé

MUSIQUES | Cette année encore, le festival d'été de la Ville de Grenoble a frappé très fort en termes de programmation : l'éventail est non seulement toujours aussi large, (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 26 juin 2014

Bien frappé

Cette année encore, le festival d'été de la Ville de Grenoble a frappé très fort en termes de programmation : l'éventail est non seulement toujours aussi large, mais en plus le beau linge est de la plus belle étoffe. Question éventail, une belle tranche sera notamment donnée au maloya avec la présence de Maya Kamati et de la grande Christine Salem – cette dernière dans un exercice d'hybridation avec ses amis de Moriarty. Pour le reste, toutes les esthétiques imaginables sont représentés ou presque : reggae (Ki-Mani Marley, fils de qui vous savez, Meta & the Cornerstones), blues sous toutes ses déclinaisons, du swing à l'électro (Stracho Temelkovski, They Call Me Rico, St.Lô), électro, elle-même en tous genres, avec une forte inclination tout de même pour ses versants pop et indie rock (As Animals, Natas Love You, As a New Revolt)... Au-delà de ce brassage, le Cabaret Frappé n'a pas son pareil pour attirer dans ses filets ces jeunes chanteuses irrésistibles qui nous font perdre tout sens commun et nous rendent plus prosélytes qu'un témoin de Jéhovah, à l'instar de l'éblouissante Joe Bel et de la ténébreuse Lou Ma

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La fête à la maison

MUSIQUES | Quel est l'idiot qui a eu cette idée folle d'inventer la fête de la musique, pour en plus la caser le même jour qu'Argentine-Iran et Nigeria-Bosnie ? Faut-il à ce point détester l'être humain ? Puisque c'est comme ça, voici une sélection des festivités avec pleins de Lyonnais dedans, même si pas assez. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 juin 2014

La fête à la maison

La fuite des cerveaux, qu'on appelle ça. Chaque 21 juin, on constate avec un peu plus d'amertume mêlée de joie – pour eux, surtout – que certains des meilleurs éléments de la scène lyonnaise exportent leurs talents pour aller fêter la musique avec des gens qu'on connaît même pas. Prenons (c'est une image) par exemple Erotic Market, qui déplace pour l'occasion son petit commerce amoureux à Beauvais. Même si l'on veut bien admettre qu'il est fort charitable d'apporter un peu d'érotisme bootylicious dans la vie des Beauvaisien – déjà que la Picardie pourrait disparaître –, il y a de quoi être furax de se voir lâchés au moment où on a le plus besoin de nos meilleurs éléments pour couvrir le grand vacarme populaire du musicien du dimanche entendant bien prouver que oui, la France a un incroyable talent et qu'en plus c'est lui – il sait jouer I've Got You Under My Skin avec un poireau à coulisses. Pire, certains de nos chers groupes lyonnais restent même chez eux en attendant que ça passe (ce sont les mêmes qui ne font pas la vaisselle pour la Journée de la femme, honte à eux). Folk progre

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Un Prohom, un vrai

MUSIQUES | Grand-frère idéal d'une scène locale pour laquelle il n'est jamais avare d'un conseil ou d'un coup de main, Prohom, auteur l'an dernier du très beau "Un monde pour soi", reste un artiste multi-cartes qui, ayant tout connu, n'a jamais lâché l'affaire. On le retrouve en double dose de live avec un disque enregistré au Poche (Béthune) et en chair et en os au Marché Garé. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 3 juin 2014

Un Prohom, un vrai

C'est une chanson intitulée J'aimerais que tu sois morte que Prohom avait choisie l'an dernier en guise de préambule à son album, Un monde pour soi. Dans le clip, la dépouille d'une jeune fille portée à bout de bras. Une image marquante dans laquelle on aurait pu voir l'allégorie d'un Prohom portant la désillusion, le souvenir, la dépouille d'un succès qu'on promettait fulgurant (Prix Sacem en 2000, découverte du Printemps de Bourges en 2001) et qui le fut un temps (deux albums chez Universal, une poignée de chansons mémorables, des centaines de dates) avant que l'industrie du disque, telle la grenouille de la fable devenue trop grosse, ne s'effondre sur elle-même, emportant nombre d'artistes avec l'eau de son bain sale. Il en aurait fallu bien plus pour venir à bout de l'énergie inaltérable de ce chanteur (et tellement d'autres choses) pas tout à fait comme les autres qui a toujours su recycler sa rage et ses colères dans une chanson française électro-rock souvent fracassante. 

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Blahblahrella

MUSIQUES | Pour assumer le buzz bourdonné par Erotic Market ces derniers mois, il fallait au minimum un album bien branlé. C'est encore mieux puisque "Blahblahrians" donne carrément envie de se foutre à poil et de faire le sexe avec ses amis, Dame Nature ou même un parcmètre pour une grande partouze post-apocalyptique. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 15 avril 2014

Blahblahrella

A l'heure où le "bla bla" (ou "blah blah" en anglais, magie de la traduction) est devenu un sport de combat, Erotic Market a été bien inspiré d'intituler son très attendu Blahblahrians (en rayon le 28 avril), contraction, on l'aura compris sans être sémiologue, de «blah blah» et de «barbarians». Bref un bien beau barbarisme au service d'une musique du passage à l'acte un rien vandale. Le duo constitué de Lucas Garnier et Marine Pellegrini avait déjà passablement retourné la moquette et repeint les murs du paysage musical façon bordel aux reliefs ondulants avec la rampe de lancement Rumblin'. De live habités en tremplins souvent gravis haut la main en passant par des articles suscitant une curiosité toujours plus large – dans le Guardian récemment – la carrière du groupe n'aura été jusqu'ici qu'un buzz de plus en plus assourdissant dont le climax aura sans doute été la censure de son dernier clip – on y voyait des gens faire le sexe. Blahblahrians arrive donc à point nommé pour asseoir, ou disons coucher, un peu les choses.

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Alléchants de mars

MUSIQUES | Festival de chanson française, Les Chants de Mars est à l'image de cette dernière. On y trouve, pour qui a un rapport légèrement problématique à la chanson (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mars 2014

Alléchants de mars

Festival de chanson française, Les Chants de Mars est à l'image de cette dernière. On y trouve, pour qui a un rapport légèrement problématique à la chanson française, à boire et à manger. De la variété benête à la Renan Luce à la grande Françoiz Breut ou Barcella, sorte d'Henri Dès pour adultes qui n'a pas son pareil pour vous forer une mélodie dans le crâne. Des talents installés, comme les french countrymen de La Maison Tellier, mais surtout une invraisemblable armada lyonnaise (et environnante) qui permet de se rendre compte de la richesse quantitative et qualitative de la chanson locale d'expression française.  Le tremplin "Et en plus elles chantent", bien sûr, qui chaque année révèle sa chanteuse d'avenir (ou pas), mais aussi cette année les inévitables Max Lavegie (homme lige de Carmen Maria Vega et figure de Gourmets Recordingz), Reno Bistan, Balmino, Pan (from Grenoble) et comme une cerise sur ce drôle de gâteau, notre chouchou Daisy Lambert, qui ne manque pas de dénoter positivement – mais où diable Daisy ne dénote-t-il pas ? 

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La menace fantôme

MUSIQUES | On s’étonne encore – pétri de conventions que l’on doit être – que le Black Rebel Motorcycle Club vienne hanter, au risque de la mise à sac, le très bien mis (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 4 février 2014

La menace fantôme

On s’étonne encore – pétri de conventions que l’on doit être – que le Black Rebel Motorcycle Club vienne hanter, au risque de la mise à sac, le très bien mis Radiant-Bellevue, plus habitué à accueillir en son sein les chantres de la variété policée ou de l’humour qui ne demande qu’à faire rire. Si police il y a, ce sera pour mettre fin aux exactions de ce drôle d’engin qu’est le trio rock psyché californien. A ceci près que l’affaire risque moins de virer au Sabbat biker qu’à la veillée funèbre vu l’ambiance de leur dernière production, gentiment baptisée Specter at the Feast. Un spectre à la fête, donc. Celui de l’ingénieur du son du groupe et père du chanteur Robert "Turner" Levon Been, subitement décédé pendant la tournée du précédent album, laissant le ténébreux trio – d’autant plus ténébreux qu’il a rarement vu la lumière – tout à sa douleur, tentant d’exorciser le malheur à travers un album noir comme le souvenir. Une fois n’est pas coutume – faut-il donc que les pires malheurs surviennent pour qu’on se réinvente ? – le groupe est ici à son meilleur dans la complainte endeuillée, lorsque le tempo est au plus bas, lui qui nous avait plutôt

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Trouver la voix

MUSIQUES | Si l'on excepte Woodkid et Fauve qui ont fait sauter la banque en quelques heures et ne sont plus à présenter – pour cela il faudrait que leurs fans (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 15 novembre 2013

Trouver la voix

Si l'on excepte Woodkid et Fauve qui ont fait sauter la banque en quelques heures et ne sont plus à présenter – pour cela il faudrait que leurs fans laissent un peu de places aux autres –, Nouvelles Voix est, comme son nom l'indique et avec la même régularité que le Beaujolais Nouveau, voué à la découverte d'artistes en devenir. Le tout étant de savoir où exactement est placé le curseur du "devenir". Pour le reste, Nouvelle Voix étend cette raison sociale à un champ toujours plus élargi d'esthétiques : chanson bien sûr avec Maissiat, Barcella et Sophie Maurin, rock (celui pour enfants de The Wackids et celui qui leur fait peur par Darko), pop(s) (Edward Barrow, Pegase, Puggy) et même country-folk québécois avec Lisa Leblanc, quelque part entre Linda Lemay (non, ne partez pas !) et Mama Rosin. Sans oublier la place laissée à la scène locale avec le duo du bayou jurassien Catfish, les propositions indécentes d'Erotic Market, l'inépuisable catch & shoot de Taïni & Strongs et Victor, le régional de l'étape

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La Bel verte

MUSIQUES | «Je ne sais pas où je vais mais je sais comment j’aime marcher». C’est sur ces mots de Joe Bel que se terminait le portrait que nous lui avions (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 14 novembre 2013

La Bel verte

«Je ne sais pas où je vais mais je sais comment j’aime marcher». C’est sur ces mots de Joe Bel que se terminait le portrait que nous lui avions consacré en mars dernier. Depuis, sans savoir où elle allait mais avec sa démarche à elle, plutôt chaloupée si l’on en croit sa musique, la demoiselle, déjà largement remarquée, a fait du chemin. Au printemps, la Bel a suivi le cosmique Asaf Avidan le long d’un tour d'Europe achevé sur la scène de l’Olympia. Immersion idéale dans les exigences d’une tournée et de cette confrontation à un public pas acquis d’avance qui constitue le lot de toute première partie – qui plus est dans un format guitare-voix facilement casse-gueule. D’autres dates ont suivi, dont un improbable stade des Alpes à Grenoble, en ouverture toujours de Ms Dynamite – un surnom qui pourrait tout aussi bien aller à cette Iséroise aux racines franco-hispano-américaines installée à Lyon. Manière de fêter cette année un peu folle, Joe Bel a droit à un Marché Gare en tête d’affiche sur les terres qui l’ont en partie révélée. L’occasion de distiller aussi, en groupe

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Les Quatre Poptastiques

MUSIQUES | Pour un soir et pour Just Rock ?, le Transbo dégaine le plus improbable et le plus beau plateau de super-héros pop qui soit : la Grimes du Vercors, un chic type nommé Daisy, un pilote de chasse et un géant au nom de 4x4. Le résultat : sublime. Oui, grâce à nos pouvoirs magiques on y était et on vous raconte. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 octobre 2013

Les Quatre Poptastiques

Imaginez un Instant T, comme le chante Peau dans son splendide clip. Il est très tard en ce 23 octobre et quatre drôle de personnages devisent timidement dans le salon Louis-Philippe qui sert de loge au Transbordeur : une fille à la Peau synthétique, un garçon nommé Daisy, un type en nage sous sa combi spatiale et son casque de pilote de Mig-28, et une armoire à glace aux traits féminins et en manteau noir capable de tout envoyer valser dans la pièce d'un simple accès de charisme («Hé ho doucement avec mes fauteuils Voltaire» s'écrie le maître de maison). Un film de David Lynch ou, ce qui revient au même, un rêve sous antihistaminique ? Non : le programme de la soirée du 23 octobre au Transbordeur. Sans doute la soirée phare de cette édition de Just Rock? : Peau, Daisy Lambert (aucun lien), Cascadeur et Rover, réunis tout exprès pour vous envoyer au 7e Ciel et qui vient d'y parvenir.   Last Aqualast

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Démocratie pop

MUSIQUES | Jusqu'ici prometteuse fanfare pop, les Salmon Fishers sont devenus en 5 ans bien plus que les "Arcade Fire Lyonnais" : une formation ambitieuse qui se paie le luxe de fonctionner comme une petite démocratie et redonne un peu de sens au terme "rock indépendant". Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Lundi 23 septembre 2013

Démocratie pop

La phrase est entrée dans l'histoire avec son auteur. Ayant pourtant pratiqué bugne à bugne les plus vils autocrates du XXe siècle, le crapaud Winston Churchill lança un jour avec ce flegme qui sied aussi bien aux Britanniques qu'aux batraciens : «La démocratie est le pire des régimes à l'exception de tous les autres». Il n'imaginait alors sûrement pas que l'adage s'appliquerait à la lettre à une matière bien différente de la politique : le rock 'n' roll. A la lettre... à l'exception de son exception, justement : en matière de rock, «la démocratie est le pire des régimes», point barre. Quand un groupe n'est pas l'émanation d'un cerveau omnipotent, il peut éventuellement fonctionner en double régence (chanteur-guitariste la plupart du temps), plus rarement en triumvirat romain. Cela finit généralement mal : la couverture, la toge, les lauriers, la couronne, sans parler de ses joyaux, n'étant jamais assez grands ni nombreux pour tout le monde. Bref en la matière, la démocratie c'est l'anarchie maquillée en bordel.

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Un été bœuf

MUSIQUES | Ça alors ! Comme le temps passe vite. L'hiver a peine terminé voici venir le 21 juin, l'été et la Fête de la Musique. Ah ! Comme l'envie de tout voir est grande ! Mais comme c'est impossible, voici notre sélection rock-pop-jazz-variété, totalement subjective et non exhaustive. «100 % pur bœuf» assure l'organisateur, mais garantie sans flûte à bec. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Vendredi 14 juin 2013

Un été bœuf

Cette année à Lyon, la fête de la musique est, nous dit-on, garantie «100 % pur bœuf» et sera entièrement financée par Findus et la fratrie Spanghero (l'une de ces deux informations est fausse, l'autre contient un merveilleux jeu de mots). Surtout, le credo de cette année, c'est matin, midi et soir – ce qui fait beaucoup de bœuf, on vous l'accorde. Il faudra donc par exemple prendre une RTT ou profiter de sa pause de midi pour aller voir le joli plateau composé du prometteur folkeux Adam Wood et du plus pop... Poppy (en duo avec Silène) au Musée des Beaux-Arts entre 12h et 14h. Pour ceux dont la pause sandwich est trop courte, Adam Wood rejouera en fin de journée place Johannès Ambre, en groupe cette fois. Rappelons en tout cas que chaque année, le 21 juin est l'occasion de découvrir certains nouveaux talents. Remember Joe Bel l'an dernier et le chemin parcouru depuis. Elargis ton monstre Parmi les scènes emblématiques de l'événement, celle de Lerockepamort – associé au Marché Gare, au Périscope, à Thou Bout

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En plein Air

MUSIQUES | «Décrassons-nous les oreilles», prône le Festival Changez d’Air, coton-tige géant à l’appui. Mais plutôt que de s’enfoncer ledit objet jusqu’aux tréfonds de (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 16 mai 2013

En plein Air

«Décrassons-nous les oreilles», prône le Festival Changez d’Air, coton-tige géant à l’appui. Mais plutôt que de s’enfoncer ledit objet jusqu’aux tréfonds de l’oreille interne – ce qui est fortement déconseillé par l’ORL moyen, on préfèrera se caresser la touffe ciliaire – ben oui, c’est comme ça que ça s’appelle, on n’y peut rien – à l’écoute des divers invités de son édition 2013 : la douce Tachka, le très (trop ?) aérien Yan Destal, le trio folk féminin Théodore, Paul & Gabriel (oui, elles ont des prénoms de garçons, et alors ? Joni Mitchell aussi) et bien sûr notre chouchou Denis Rivet. Mais ne nous cachons pas derrière notre coton-tige, l’attraction de l’événement sera bel et bien Bertrand Belin et la découverte en avant-première du successeur de son terrible Hypernuit. La chose s’appelle Parcs et le confirme en chevalier noir de la chanson française. Comme si les fantômes de Bashung et Johnny Cash visitaient les contrées country de Bill Callahan (Smog) ou les forêts welches de Rodolphe Burger. Pétri de références qui sont autant d’infinies étendues littéraires (Cormac McCarthy,

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Chercher le garçon

MUSIQUES | Dandy minute, romantique rieur, crooner "tongue-in-chic" à l'ambivalence assumée, Daisy Lambert dévoile l'univers rétro-futuriste d'un étonnant "Chic type" sur un premier album émouvant et jouissif parce qu'émotif et jouisseur. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 12 avril 2013

Chercher le garçon

Ton album Chic Type est plutôt déroutant mais il l'est encore plus pour qui t'a découvert avec la chanson et le clip qui l'ont précédé. N'as-tu pas eu peur que ce single, My Pearl, un tube plutôt pas sérieux, ait donné une fausse image de toi et de ta musique ?Daisy Lambert : Disons que c'était une sorte d'apéritif... Et puis le tube, faut pas se mentir, c'est un désir commun à pas mal d'artistes. On est aussi là pour être aimé. Avec My Pearl, j'ai eu envie de faire plaisir à la caissière comme au lecteur de Télérama, mais c'est bien sûr complètement illusoire. Pourquoi avoir attend

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Docteur Daisy et Mister Love

MUSIQUES | Comme d'autres grattent pour dénicher le cochon sous l'homme et les draps, il faut parfois écailler l'artiste pour y dénicher le "chic type". C'est le cas (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 12 avril 2013

Docteur Daisy et Mister Love

Comme d'autres grattent pour dénicher le cochon sous l'homme et les draps, il faut parfois écailler l'artiste pour y dénicher le "chic type". C'est le cas pour Daisy Lambert, dont le premier effort ne se laisse apprivoiser ni comme un disque pop à l'efficacité rétro ni, encore moins, comme le premier disque de variété venu. Il faut l'écouter et le réécouter pour qu'il vous emporte, qu'il vous prenne, comme Dominique De Villepin entendait prendre la France. Parce que derrière le micro, derrière le masque du dandy un peu branque, se cache un musicien à la sensibilité à fleur de peau et à la pudeur ad hoc. Qu'importe si sur la ballade désabusée Odéon, un des deux titres de l'album réalisés par Frédéric Lo (Daniel Darc, Stephan Eicher...), qui très rapidement ne vous lâche plus, Daisy chante un peu beaucoup comme Marc Lavoine – après tout ce n'est pas tous les jours qu'on nous donne envie de réévaluer Marc Lavoine. Les références de Daisy Lambert sont à mille lieues de celles qu'ont a l'habitude de croiser dans l'époque pop actuelle, en tout cas pas quand on les mélange toutes ensembles : Jean-Michel

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Bel(le) épine

MUSIQUES | Révélation 2012 du net et de la scène lyonnaise et (déjà) égérie d'une marque de jeans, Joe Bel, piquante rousse à la musique ondulatoire, cultive des hectares de paradoxes personnels qui imprègnent des textes hérissés de noirceur. Une dialectique qui permet à cette timide volontaire de tracer sa route en naviguant à vue, préférant le voyage et la démarche chaloupée à la certitude du terminus. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 14 mars 2013

Bel(le) épine

« Une voix, une guitare, des cheveux roux et une robe verte». Voici Joe Bel telle qu'elle s'est pensée et définie lorsque l'ancienne hypokhâgneuse et étudiante en Histoire de l'Art qu'elle fut a décidé de tout envoyer balader – frayeur familiale vite passée – pour assumer enfin ses envies de musique. Envies taraudantes mais longtemps refoulées pour cause de timidité quasi-maladive mais qui se soigne, un peu. Que la musique, au final, soigne même si, elle le sait, on ne se refait jamais vraiment. Encore que : il n'y a qu'à la voir en Ondine terrestre dans le clip de No, No – à ce jour, son meilleur titre disponible – beauté nature et regard d'abord perdu, robe de sauvageonne égarée en forêt bientôt hivernale, puis tunique verte de Diane chasseresse au regard gentiment prédateur. Charme privilégié des beautés brutes qui se sont découvertes sur le tard, commençant à peine à s'apprivoiser dans le regard des autres – ici, toujours par ce même moyen, à la fois détourné et premier : la musique.  Cette musique d'une simplicité biblique, mais pas si évidente à circonscrire : Joe y découpe les mot

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Si loin, tout proche

MUSIQUES | Souvent qualifié de Dominique A lyonnais depuis l'époque King Kong Vahiné, Denis Rivet souffre la comparaison mais ne s'y réduit pas. Échappé en solitaire avec le très beau mini-album "Tout Proches", ce chanteur de l'entre-deux vient d'être sélectionné pour représenter Rhône-Alpes au Printemps de Bourges. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Lundi 21 janvier 2013

Si loin, tout proche

«Dimanche, 18 heures, c'est déjà lundi / les dernières lueurs / tombent dans la nuit / dans ton cœur / il y a de la mélancolie / sur la route du fort / il y a la pluie». Rédiger un portrait de Denis Rivet un dimanche d'hiver en écoutant en boucle son Dimanche, 18h, voilà qui plonge illico dans le syndrome du dimanche soir. C'est un fait, que ce soit avec Le Bruit des Touches ou King Kong Vahiné (lauréat de feu Dandelyon en 2006), Denis Rivet, 37 ans, a toujours su mettre des mots sur ces petites sensations indéfinissables, ces impressions fugaces, ces sidérations qu'on ne saurait forcément nommer mais qui nous traversent sans cesse. Jusqu'à ce qu'un jour, un scientifique distrait se penche sur la question en trébuchant et nous invente le «syndrome du dimanche soir», «la colique d'avant piscine», ou «la boule au ventre de l'Amour qui passe». « Près des voies ferrées » Comme ce Monsieur A auquel on l'a beaucoup comparé, mais avec une patte bien à lui, preuve que la comparai

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Diamants sur canopée

MUSIQUES | A la découverte du haut du panier rock européen, la première tournée d'Europavox s'arrête à Lyon avec trois groupes qui n'ont aucun mal à évoluer quelques dizaines de pieds au dessus du plancher des vaches, dont l'excellent Great Mountain Fire. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 janvier 2013

Diamants sur canopée

La canopée est l'étage supérieur d'une forêt généralement tropicale et exposée directement au soleil. Certains arbres la dépassent pour mieux accéder aux rayons du soleil quand les plus petits restent dans l'ombre, ce qui leur complique durablement la vie – la vie d'un arbre étant déjà ce qu'elle est. Car oui dans la forêt tropicale, il y a un peu une course à la canopée consistant à s'élever pour pouvoir grandir et inversement. On n'y avait pas forcément pensé avant, mais à l'écoute de Canopy, le premier album de Great Mountain Fire, on peut y voir une métaphore de la musique pop – l'exigeante, pas celle qui sort des robinets à soupe de la TNT. Une recherche de l'élévation pour accéder à la lumière. De la même manière la pop alimente un écosystème à la faune et à la flore propres, où chaque chose en nourrit une autre. À l'auditeur de s'y balader comme sur certains ponts suspendus au dessus de la canopée malaisienne. La canopée, les Belges de Great Mountain Fire n'en ont sans doute pas vu grand chose – malgré une honnête pluviométrie, la forêt tropicale belge laisse à désirer –, en revanche leur écosystème pop est d'une richesse qui donne le vertige (se

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Le Riddim bat la démesure

MUSIQUES | La World Wrestling Entertainment Inc., la plus grande promotion de catch du monde, organise tous les ans depuis 1988 le Royal Rumble, un événement dont (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 2 novembre 2012

Le Riddim bat la démesure

La World Wrestling Entertainment Inc., la plus grande promotion de catch du monde, organise tous les ans depuis 1988 le Royal Rumble, un événement dont le principal combat voit une trentaine de participants gagner le ring à tour de rôle, dans le but de s'en expulser les uns les autres jusqu'au dernier. Là où ça devient bizarre, c'est qu'il plane sur ledit combat une malédiction : tous les types qui sont entrés en quatorzième position ont vu leur carrière s'effondrer et/ou leur vie prendre fin prématurément. Si nous en faisons état ici, c'est parce qu'en apprenant, à une semaine du coup d'envoi de la quatorzième édition du Riddim Colision, l'annulation de la venue du beatmaker californien Nosaj Thing, l'une de ses têtes d'affiche, on s'est demandé si quelqu'un chez Jarring Effects/Active Disorder n'avait pas tiré le mauvais numéro dans une carrière antérieure. Vérification faite, il n'en est rien, le festival devrait donc se dérouler sans autres encombres. Tant mieux, car il y a une fois de plus du très bon. En tête The Oscillation, quatuor briton donnant dans le rock altérateur de perception (mercredi 7 au Clacson), nos petits chouchous d'

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Bourges : le Grand huit des présélectionnés

MUSIQUES | On connaît désormais les huit projets musicaux sélectionnés pour les sélections régionales du Printemps de Bourges. Ils s'affronteront amicalement les 14 et 15 (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 29 octobre 2012

Bourges : le Grand huit des présélectionnés

On connaît désormais les huit projets musicaux sélectionnés pour les sélections régionales du Printemps de Bourges. Ils s'affronteront amicalement les 14 et 15 décembre en live au Centre culturel de Viviers (Ardèche) afin de gagner une place parmi les désormais fameuses Découvertes du Printemps (23 au 28 avril 2013). Il s'agit de : Denis Rivet, Erotic Market, Broc, Metastaz, The Architect, Kacem Wapalek, Ni et Golden Zip. Les pronostics sont ouverts et les préférences permises. Résultat des courses en janvier.

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Année Erotic ?

MUSIQUES | On ne vous fera pas l'affront de vous traduire le nom d'Erotic Market, même notre bilingue d'ancien Président de la République aura compris. De toute manière, (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 19 octobre 2012

Année Erotic ?

On ne vous fera pas l'affront de vous traduire le nom d'Erotic Market, même notre bilingue d'ancien Président de la République aura compris. De toute manière, il suffit d'écouter quelques secondes de ce jeune groupe lyonnais pour que le marché de l'érotisme s'empare de vous comme une jeune fashionista d'un cachemire à moins 70% un jour de soldes. Il n'y avait guère qu'Echo Orange, maison d'énergumènes comme Fireball FC, Daisy Lambert ou The Rebels of Tijuana, pour se faire souteneur d'un projet aussi allumé et addictif (aidé en cela par le Grolektif et Jarring Effects en un curieux mélange de genres). Lequel est manifestement en train d'aguicher au-delà du périphérique lyonnais puisque le buzz – celui du râle de l'amour physique – fait son petit bonhomme de chemin avec un taux de pénétration non négligeable. La faute à un titre qui commence à pas mal tourner : Rumblin', méla

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Just Folk ?

MUSIQUES | Entre découverte musicale (dé)branchée et déambulation urbaine, le Parcours Folk marque la première étape du festival Just Rock ? Et pas la moins intéressante. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 5 octobre 2012

Just Folk ?

À Lyon, on aime les parcours, les traboulages en tout genre qui vous font dégringoler d'une partie de la ville à l'autre pour y dénicher des trésors insoupçonnés seulement connus de quelque guide à moustache. Sans doute conscient de cette réalité lyonnaise, le festival Just Rock ? a initié en guise d'ouverture son propre Parcours Folk, où il s'agit ni plus, ni moins que de déambuler d'un coin à l'autre de la ville, de lieux improbables en endroits qui le sont moins, à la découverte de petits trésors folk parfois également insoupçonnés mais pas toujours. La règle pour les artistes n'étant pas forcément, comme l'indique l'intitulé de l'événement de jouer spécifiquement du folk, mais de se produire en version acoustique. Pour certains, les folkeux notamment, l'exercice est naturel, ceux-ci ayant rarement l'électricité. Pour d'autres un peu moins mais c'est aussi ce qui fait le charme de l'exercice. Trio féminin, chant, guitare, contrebasse, poussé au conservatoire, Jüne n'aura pas de problème d'adaptation avec son folk jazz entêtant (entêté?), à voir à l'heure du shopping (14h) place des Célestins. Après quoi l'on pourra passer chez le libraire, en l'occurrence Expé

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Supergator

MUSIQUES | Comme chaque année, le festival itinérant Les Nuits de l'Alligator se livre à un épuisant tour de France à la recherche des racines du blues et de tout ce qui s'en approche. Heureux les Lyonnais qui ont droit à une étape fort goûteuse de l'événement. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 février 2012

Supergator

Le film d'alligator, ou de crocodile, ou de caïman, est devenu un genre à part entière de la catégorie épouvante. Scénario type : une bande d'abrutis baguenaude à la recherche d'un saurien géant dont ils pensent pouvoir tirer le portrait en toute impunité. Mais comme rien ne se passe jamais comme prévu, c'est finalement le crocodile qui les trouve et comme il n'a pas son Leica sur lui, il bouffe tout le monde et s'en retourne barboter dans une mare de sang. Avec des titres tels que Crocodile, Crocodile 2, Lake Placid, Supergator ou... Solitaire, le seul intérêt du genre est des permettre à des réalisateurs (Tobe Hooper, Steve Miner, souvent pire) ou acteurs (Michael Vartan, le neveu de Sylvi

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Daisy d'avenir

MUSIQUES | Doucement mais sûrement, la chose est en train de faire le tour de la toile. La chose, c'est le clip, réalisé par le talentueux Olivier Héraud, de My Pearl, (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 6 janvier 2012

Daisy d'avenir

Doucement mais sûrement, la chose est en train de faire le tour de la toile. La chose, c'est le clip, réalisé par le talentueux Olivier Héraud, de My Pearl, single de Daisy Lambert, jeune chanteur pop lyonnais qui fait déjà débat. La preuve, au sein de cette rédaction les comparaisons pas toujours raccords ont fusé : «Helmut Fritz lyonnais» (notre rédac' chef), «qu'est-ce que c'est que ce truc ?» (notre spécialiste théâtre), «Daisy qui ?» (notre critique art et danse) ou «moi j'aime bien» (votre serviteur, jamais avare d'un avis tranché). Déjà un type qui se fait appeler Daisy, c'est louche. Surtout quand le clip nous présente cet irrésistible séducteur de jeunes filles n'ayant d'yeux que pour une vieille femme à Yorkshire (à moins que ça ne soit l'inverse). Le malentendu semble bien être la sève qui nourrit ce lyonnais dont le label, le toujours très pop et bien inspiré Echo Orange, nous signale qu'il est à ranger du côté «Air Bashung Tellier Gainsbourg Katerine». Allez donc vous débrouiller avec ça. Et c'est pourtant vrai, à l'écoute de morceaux (Santorin, La Femme Fontaine, Le Nuage

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A découvrir absolument

MUSIQUES | Cette belle saison automnale qui s'annonce sera aussi l'occasion de découvrir une flopée de nouveaux talents venus d'un peu partout — et même de Lyon. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 15 septembre 2011

A découvrir absolument

Dans le calendrier musical c'est souvent à l'automne, saison du renouveau de la programmation, que viennent fleurir les nouvelles plantes. Le parfum de nouveauté, les effluves de talent, la promesse d'une renommée et, souvent, le succès d'un disque, viennent chatouiller les narines (et les oreilles) du programmateur averti, qui souvent en vaut deux. Ainsi fait-on déjà, sans doute, de Selah Sue une sorte d'Amy Winehouse flamande (et surtout vivante). Il faut dire que la jeune Belge (22 ans et donc encore en course pour le club des 27, ouf !) a le cheveu blond comme la bière, la voix amère comme le picon et le disque (déjà) de platine. À ce niveau là, on ne peut plus guère parler de découverte, mais sur une scène lyonnaise, le Transbordeur le 4 novembre, c'en sera une. Non loin de là, en Wallonie, le Ninkasi, toujours sous le coup d'un «Coup de cœur», est allé nous dénicher Applause, preuve que la pop belge est décidément fertile en talents. En revenant, les gens de Gerland sont passés chercher les excellents Concrete Knives, que la fièvre de la pop afrophile à la Vampire Week-end est allée saisir du côté de Caen. Voilà deux groupes dont on devrait reparler, ces derniers repas

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L'Anniv' avec Prohom

MUSIQUES | Musique / Indifférent aux décennies ou aux chiffres ronds, chaque année, le Ninkasi fait comme tout le monde et fête son anniversaire. Entrant dans (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 10 septembre 2010

L'Anniv' avec Prohom

Musique / Indifférent aux décennies ou aux chiffres ronds, chaque année, le Ninkasi fait comme tout le monde et fête son anniversaire. Entrant dans l'adolescence en bouclant sa treizième année, fêtant les 10 ans du Kao, le brasseur agitateur de culture, à l'aube d'une mue spectaculaire en termes d'infrastructures, met une fois de plus les petits plats dans les grands pour souffler ses bougies : la fête oscille entre ripailles à base de levure (pain, bière) et manifestations culturelles tous azimuts : battles de Dj's, soirée électro (avec Galacticut), scènes découvertes, etc. Et puis pour les amateurs de musique auxquelles les agapes donnent des ballonnements, un joli concert coup de cœur avec en vedette le bel Anglo-italien aux mèches folk, Piers Faccini, qui enchanta l'année dernière la scène du Marché Gare avec les titres de son superbe "Two Grains of Sand". Un concert qui permettra également de retrouver (gratuitement) sur la scène du Kao, dont il fit certaines des belles heures : Philippe Prohom. Sans doute le candidat idéal à cette fête d'anniversaire était-il ce beau parleur-chanteur dont la carrière vieille elle aussi de 13 ans (1997, date de ses véritables débuts musicaux)

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Le Plaisir de chanter

MUSIQUES | Musique / François Virot, chanteur-musicien, sort ces jours-ci un premier album folk aussi intelligent qu’accessible, simple et direct comme son auteur. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 17 octobre 2008

Le Plaisir de chanter

On attrape François Virot au réveil. Il est pourtant 14 heures… Mais il donnait la veille un concert à Berlin, et l’embarquement était à 5 heures ce matin. Merci Easy Jet… François Virot nous raconte d’ailleurs qu’à cause d’eux, il a dû changer de guitare, la première ayant été définitivement égarée lors d’un précédent voyage. Pas beaucoup dormi donc, un peu hirsute aussi. Café et cigarettes roulées nécessaires pour mettre en route l’interview. Et voilà François Virot prêt à défendre son premier album, Yes or no. Enfin, défendre… Quand on lui demande le moment où il a eu l’impression d’écrire des chansons abouties, il répond : Jamais. Et il ajoute : C’est toujours un peu mieux qu’avant. Mais j’ai du mal à écouter l’album aujourd’hui, je trouve ça un peu pourri… En retraçant avec lui sa courte biographie (il n’a que 24 ans), on comprend que cette insatisfaction est surtout le fruit d’un désir d’apprendre et de désapprendre. D’où lui vient l’envie de faire de la musique ? J’avais un grand frère, j’ai juste fait comme lui.Quand ce mimétisme a-t-il débuté ? Assez tôt, j’avais sept ans. J’ai essayé de jouer de la guitare, et j’ai arrêté à neuf ans. Je n

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Le jour des Seigneurs

MUSIQUES | Musique / Sur leur page Myspace, les Purple Lords citent, au rayon influences, quelques prestigieux duos de frères ennemis du rock dont les frictions (...)

| Mercredi 30 mai 2007

Le jour des Seigneurs

Musique / Sur leur page Myspace, les Purple Lords citent, au rayon influences, quelques prestigieux duos de frères ennemis du rock dont les frictions ont produit quelques-uns des meilleurs disques de l'Histoire : Tom VerlaineRichard Lloyd de Television, Keith RichardsBrian Jones des Stones ou encore Lou ReedSterling Morrison du Velvet. Est-ce parce que les deux principaux protagonistes du groupe, le chanteur-guitariste David Guillaume et le guitariste Alban Jamin, s'accomplissent dans une saine émulation ? Possible. C'est en tout cas régulièrement ce qui fait avancer les groupes : souvent affiliés à une école purement garage, les Purple Lords s'en émancipent en réalité de plus en plus sans pour autant se renier, comme sur le récent 4 titres Jump The Next Train. Le résultat : un mélange de rock possédé à la Jon Spencer, de décadence glam et d'efficacité stonienne labellisée «Electric Dandy Rock n'Roll». Losing Edie, qui rappelle le Supergrass des débuts, ou le très 50's The San Antone Ring permettent de mesurer à quel point la rythmique des Purple Lords tient fermement une baraque prise d'assaut par les guitares : ces riffs chewing-gums si caractéristiques du groupe, frôlant la dégr

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