Verdir la ville

Parc du Zénith | Quid de la nature en ville ? Les municipalités tentent de résoudre cette quadrature du cercle. Villeurbanne comme Lyon y sont vigilantes. Démonstration avec le parc du Zénith tout juste ouvert.

Nadja Pobel | Mardi 3 juillet 2018

Photo : © Muriel Chaulet / Gilles Michallet


Dans le plus vaste arrondissement de Lyon, le 3e, le manque de verdure était net. Voilà que le parc du Zénith inauguré le 20 juin pallie partiellement ce manque. 8000 m² de terrain s'offrent au visiteur dans un espace entièrement réhabilité au fil des années. Car au commencement était l'industrie... C'est ici que successivement les entreprises Rochet-Schneider, Berliet puis Renault-Véhicules Industriels ont été implantées. RVI fut transformé en friche culturelle le temps de sa mutation. Finie cette vitrine lyonnaise vieille d'un siècle et demi en plein cœur de ville. La production s'est arrêtée dans les années 90 et l'usine a été démolie en 1999. Ce qu'il en reste est exposé au Musée de l'Automobile à Rochetaillée-sur-Saône.

Avant que n'ouvre ce parc, c'est tout l'environnement qui a été remodelé avec l'ouverture de différents établissements : la SEPR (Société d'Enseignement Professionnel du Rhône), Croix-Rouge Formations (métiers du sanitaire et du social), l'école Émile Cohl (apprentissage des métiers du dessin), sa petite sœur EcohlCité (spécialiste de la fresque murale) ainsi que l'association pour la formation professionnelle des industries de l'ameublement et la fédération compagnonnique des métiers du bâtiment. À ce pôle s'est ajouté en novembre la 16e bibliothèque municipale du dense réseau lyonnais, la dénommée Marguerite Yourcenar.

Jardins partagés

Et voici que la biodiversité s'installe à son tour. Le parc du Zénith ne comprend pas seulement une prairie, des aires de jeu et du mobilier urbain (et un terrain de pétanque !), il y a aussi une zone humide avec bassins alimentés par l'eau pluviale recyclée des toitures de l'école Émile Cohl. Car, à Lyon comme ailleurs, le souci du recyclage des ressources naturelles est prépondérant et leur protection également via le "zéro phytosanitaire". Le parc du Zénith n'est qu'une étape supplémentaire d'un plan espace vert au long cours.

D'ici à 2020, c'est 23 M€ qui auront été dépensés durant ce plan de mandat – celui-ci coûte 2, 98 M€. Les réalisations à venir concernent les créations du parc promenade Élise Rivet (5e, printemps 2019), du square Boisard / Gambetta (3e, février 2020), la poursuite de l'aménagement du parc Blandan, secteur du Fort (7e, été 2019), le réaménagement du Clos Jouve (4e, février 2020), l'aménagement du jardin Parmentier, (7e, printemps 2019) ou les plus imposantes ouvertures du nouvel espace "Forêts d'Asie" au parc de la Tête d'Or (mai 2020) et les terrasses-jardins du quai Saint-Antoine (2021).


À Villeurbanne, nature en reconquête

Une exposition du Rize l'année dernière nous le rappelait : la nature a longtemps été l'ennemie de l'urbanisation, car elle était difficile à contenir quand la tendance était de maîtriser l'espace. Pire, par la saleté véhiculée (boue, terre...), elle était synonyme de maladie alors que la bétonisation était garante d'hygiénisme ! Finis les taudis, place aux Gratte-Ciels.

La sœur jumelle de Lyon a rapidement compris la nécessite de récréer des espaces verts avec notamment, en 1929, un des tous premiers jardins d'enfants, dans l'enceinte d'un particulier, le jardin Adolphe-Lafont (quartier Ferrandière). Aujourd'hui la végétalisation de la ville est l'une des clés pour s'adapter au changement climatique et, depuis son 3e mandat amorcé en 2014, le maire Jean-Paul Bret a créé 10 000 m² de parcs ; certes loin des 45 hectares de son plus grand espace, la Feyssine, mais la résistance de la nature se mesure aussi à des actions plus modestes comme la création d'une mare et de "crapaducs" dans le quartier Maisons-Neuves après la découverte d'alytes accoucheurs (une espèce protégée de crapauds) ou des haies arbustives au square Vaclav-Havel pour abriter les hérissons. Très prochainement, ouvriront les bien-nommés parc Elie-Wiesel (en 2019, quartier des Buers) et Jorge-Semprun (fin 2018, vers la Soie).

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