Tout pourri

L'Annulairede Diane Bertrand (Fr-All-Ang, 1h40) avec Olga Kurylenko, Marc Barbé...Et partir d'une belle idée inspirée de Jean-Pierre Jeunet (confectionner les émotions du passé dans des objets qu'on appellerait spécimens et qui, comme la madeleine de Proust, en un instant raviverait les souvenirs), Diane Bertrand fait naufrage : ratant aussi bien le réalisme (de l'usine, des marins), que l'onirisme (le laboratoire improbable à spécimens fait surtout office ici de décor vide pour film fauché), elle finit en désespoir de cause par vouloir ajouter un doigt d'érotisme benêt (ils sont deux, ils s'ennuient en quatre murs, que peut-il se passer ?). Un tissu de niaiserie inutilement stylisé.Anthony Zimmerde Jérôme Salles (Fr, 1h30) avec Yvan Attal, Sophie Marceau...Il nous a fallu une heure d'Anthony Zimmer pour lâcher les vannes et essayer d'être plus drôle que ce nanar exemplaire qui rejoint ainsi la clique des "mauvais films tournés à Nice" (en passe de devenir un genre en soi dans le cinéma français). Jérôme Salles, qui avait déjà torpillé Lynch et Cronenberg avec le scénario de Troubles (un autre beau navet de 2005), massacre ici Hitchcock avec un total professionnalisme. Blancs de 20 secondes entre chaque réplique inepte, scènes d'action filmées à la va-comme-j'te-pousse, twist final débile, acteurs largués... Racontons notre passage préféré : l'incunable scène des escaliers où Attal a tout le loisir de mater le cul de Sophie Marceau, vu qu'ils doivent bien se farcir quatre étages en temps réel sans échanger un mot. Du grand cinéma !Baby-sittorDe Adam Shankman (EU, 1h31) avec Vin Diesel, Brittany Snow, Brad GarrettéAvant même d’avoir vu le film, on sait déjà plus ou moins à quoi s’en tenir. Vin Diesel, dernière incarnation du héros baraque et viril tellement en vogue dans les années 80, transformé par le biais d’un rebond scénaristique foireux, en super-nounou dépassé par la suractivité d’une marmaille qui lui en fait voir de toutes les couleursé Après tout pourquoi pas ? Mais même pas foutu d’assumer son script ultra-putassier, Baby-Sittor se targue en plus de leçons de morale douteuses, tout en lorgnant allègrement vers la pourtant pas fameuse série des Maman, j’ai raté l’avion lors de scènes finales ridiculisant les méchants voisins nord-coréens (gag). Résultat un fatras pas drôle et consensuel au possible, qui n’est pas près de nous réconcilier avec le genre ingrat que constitue la comédie familiale. On pardonnera néanmoins ce faux pas à Vin Diesel, homme de contraste, qu’on retrouvera à l’affiche du prochain Sydney Lumet puis du péplum Hannibal, qu’il a lui-même réalisé.Brice de Nicede James Huth (Fr, 1h38) avec Jean Dujardin, Clovis Cornillac, Elodie Bouchez...Bon, faut dire que pendant un moment, on avait beau coincer sur Un gars, une fille, on le trouvait quand même sympa le gars Jeannot et on était prêt à lui accorder le bénéfice du doute. L'an dernier, sa belle prestation dans Le Convoyeur de Nicolas Boukhrief avait même failli le faire basculer du bon côté de la force... Mais là, pas de bol, en adaptant pour le grand écran son personnage cybernétique fétiche, Dujardin nous offre un formidable specimen de comédie française pas drôle (un genre à part entière, depuis quelque temps !) et rajoute quelques casseroles à son attelage. Oui mais bon, 4 millions d'entrées, un véritable phénomène générationnel, blablabla... On voudrait pas la jouer vieux con mais pour le coup, cette génération, on est plutôt content de ne pas en être !Coup de foudre à Bollywoodde Gurinder Chadha (GB-EU, 1h51) avec Aishwarya Rai, Martin Henderson...Le film de Gurinder Chadha (le déjà tout palôt Joue-la comme Beckham) est quasiment un cas d'école, un coup d'éclat dans la catégorie "idée pas terrible exploitée de façon catastrophique". Le but : mélanger le cinéma masala à une trame de Jane Austen, en profitant du mini-engouement actuel autour de Bollywood. Première faute de goût immonde : opposer la somptueuse Aishwarya Rai, déesse vivante en Inde, à Martin Henderson, star de l'hilarant film de motard Torque, dieu vivant dans le milieu du tuning. Sous le coup de ce couple des plus incongrus, le film enchaîne les vignettes maniérées, les séquences chantées-dansées atrocement guindées et les dialogues interminables. Hollywood peut dormir sur ses deux oreilles, le cinéma indien n'est pas encore prêt de lui botter son joli petit cul. Hitch d'Andy Tennant (EU, 1h58) avec Will Smith, Eva Mendes...Pour sa première comédie romantique, sa majesté Will Smith s'octroie le rôle d'un "expert en séduction", un VRP du coeur donnant ses conseils de drague aux plus désespérés. Histoire de bien mettre en valeur l'un des acteurs les plus surestimés d'Hollywood, on lui adjoint un petit gros à lunettes rigolo (son interprète, Kevin James, s'en sort avec une dignité étonnante), ridicule dès qu'il fait deux pas, ainsi qu'un quota féminin agréable au regard mais dont le développement du personnage ferait pleurer Michael Bay. Passons sur cette comédie uniquement vouée à élargir l'audience de son interprète principal, et concentrons-nous sur une info nettement plus cruciale : le réalisateur Andy Tennant est le seul acteur commun de Grease et Grease 2. Etonnant, non ?Imposturede et avec Patrick Bouchitey (Fr, 1h40) avec Laeticia Chardonnet...Qu'il est loin le temps où Lune Froide, premier long réalisé par Bouchitey, venait secouer le paysage tranquille du cinéma français en y faisant souffler une brise noire, vitale et morbide à la fois, comme un grand rire glacial et inquiet. De tout cela, il ne reste rien dans Imposture : aussi figé que son prédécesseur était libre, le film s'installe mollement dans les conventions du thriller, surlignant ses effets pour créer de l'atmosphère, s'égarant dans de vaines tirades sur la littérature et l'acte créatif quand il veut élever le débat. Sans parler du casting : Bouchitey paralysé par la peur de trop en faire, Chardonnet échappée d'une mauvaise prod' Besson... Comment ça, Imposture, c'est une prod' Besson ? Décidément, quand ça veut pas, ça veut pas...La Maison de Cirede Jaume Collet-Serra (EU, 1h53) avec Elisha Cuthbert, Chad Michael Murray, Paris Hilton...Et s'afficher ainsi avec une telle arrogance, l'opportunisme hollywoodien finira bien par se manger un mur. Voici une "relecture" d'un classique horrifique, s'inspirant plus des récents remakes du genre (le Massacre à la Tronçonneuse de 2003 en tête) que de son glorieux modèle, surfant sur la "hype" du survival teenage gorgé de jeunes stars venues du petit écran. Atmosphères toc, rebondissements crétins assaisonnés de gore pouet-pouet : c'est bien simple, du réalisateur au moindre second rôle, personne ne semble y croire. Après avoir passé la séance à scruter le public par pur désoeuvrement, on vérifiera que la mort de Paris Hilton est bien la seule scène à susciter une réaction. Apparemment, le film aurait gagné à monter cette séquence en boucle et à s'appeler "On achève bien les bimbos".Les Poupées russesde Cédric Klapisch (Fr-Ang, 2h15) avec Romain Duris, Kelly Reilly, Audrey Tautou...Cinq ans après L'Auberge Espagnole, sitcom sympa parfumée à l'europhilie naïve humant l'air du temps d'un communautarisme light, Cédric Klapisch met les pieds dans le plat avec cette suite longue et peu ragoûtante où l'on apprend des choses fondamentales comme : la trentaine, c'est dur ; les bobos, ils ont besoin de s'acheter une conscience à Porto Alegre ; à la télé, ils sont un peu cons ; en Angleterre, on boit de la bière dans les pubs... Ecrit avec des moufles, filmé à coups de gimmicks sinistres, Les Poupées Russes s'enfonce dans un lâche cynisme où on ne peut plus croire en rien. Amour, amitié, politique, création : tout est peanuts pour Klapisch. Juste monnaie de sa pièce : c'est aussi ce que vaut son film.Rayde Taylor Hackford (EU, 2h30) avec Jamie Foxx...On en a mangé du biopic cette année, et pas que du bon ! Pour cette Fête du cinéma, ne reste plus que le pire d'entre eux : l'infâme Ray de Taylor Hackford, qui cumule de manière presque admirable tous les défauts du genre. La liste ! La liste ! Le "génie" expliqué par les malheurs de l'existence (aveugle, ça suffit pas, faut aussi que le frère se noie dans une bassine !) ; les défauts du héros excusés au nom de ce même "génie" (génie qui, concernant Ray Charles, est plus un génie du marketing que de la musique, plutôt opportuniste) ; et la performance de Jamie Foxx qui imite comme dans un show de Patrick Sébastien les tics de son modèle. Le tout à coups de flashbacks sépia, de coupures de presse en surimpression et de lumières rasantes dans les clubs de jazz... Et ce niveau-là, le mot "cliché" n'est même plus assez fort !Shall we dance ?de Peter Chelsom (EU, 1h46) avec Richard Gere, Jennifer Lopez...Après Docteur T et les femmes, La Prophétie des ombres ou Infidèle, le nouveau nanar de Richard Gere qui, depuis Pretty woman il y a quinze ans, n'a pas tourné un seul bon film. Quant à Jennifer Lopez, elle poursuit sa carrière de Ben Affleck à gros seins : plus nunuche tu meurs (Coup de foudre à Manhattan), incapable d'attirer le grand public (qui a vu Un mariage trop parfait ?). On prend les mêmes et on recommence avec ce “Cleany dancingî où une prof de danse fait tourner de l'oeil un avocat bien rangé sans jamais le toucher. C'est rapidement le spectateur qui tourne en bourrique devant autant de pudibonderie et de connerie sentimentale.Tout pour plaire de Cécile Telerman (Fr, 1h45) avec Mathilde Seigner, Anne Parillaud...Elles sont trois, coincées comme des greluches entre la trentaine, la quarantaine et leurs mecs pas terribles. Elles ont la pêche, puis le blues et tchatchent jusqu'à ce que mort s'ensuive (si seulement...). Tout comme la réalisatrice Cécile Telerman, Sex in the City, on trouve ça plutôt pas mal. Maintenant, que les choses soient claires : ce genre de fantaisie, pour peu qu'elle soit bien dialoguée, passe sans encombre le format trois quart d'heure. Rajoutez une heure et Mathilde Seigner en Carrie Bradshaw vociférante et vous obtiendrez un produit tellement générationnel et calibré qu'il a l'avantage de s'oublier dans la foulée. Pas vusAmityvilled’Andrew Douglas (EU, 1h30) avec Ryan Reynolds, Philip Baker HalléSous l’impulsion de Michael Bay, remake d’un des classiques du cinéma d’horreur, où un bon père de famille décime toute sa famille, pensant être sous l’emprise de voix maléfiques provenant des murs de la maison qu’ils viennent d’acheter.Le Démon de midide Marie-PŠscal Osterrieth (Fr, 1h30) avec Michèle Bernier, Simon AbkarianéAnne découvre que son compagnon, Julien, avec qui elle vit depuis 15 ans, entretient une liaison (crise de la quarantaine oblige). Elle décide de l’accepter et prend le parti d’en rire.Douches Froidesd'Antony Cordier (Fr, 1h42) avec Johan Libéreau, Salomé Stévenin...A 17 ans, Mickael est capitaine de l'équipe de judo et prépare le bac. Tout irait bien si sa famille n'avait pas des problèmes d'argent chroniques. Et surtout s'il n'était pas étrangement tenté de partager sa petite amie.Les Invisiblesde Thierry Jousse (Fr, 1h25) avec Laurent Luca, Margot Abascal...Avec son ami No‘l, Bruno crée de la musique électronique. Il ne vit que pour sa recherche musicale. Bruno écoute, enregistre et compose. En même temps qu'il est en passe de signer avec une productrice, il tombe amoureux d'une voix féminine (Lisa) qu'il écoute sur un réseau téléphonique. Madagascard’Eric Darnell et Tom MacGrath (EU, 1h30) animationDes animaux se la coulent douce dans le zoo de Central Park. Mais Marty, le zèbre, décide de découvrir le monde et s’évade grâce à une bande de pingouins. Il atterrit avec ses amis à Madagascar, et découvre la jungle, la vraie.Musica Cubanade German Kral (All, 1h28) documentaireMusica Cubana suit la destinée de jeunes talents cubains guidés par le légendaire P’o Leiva, musicien chanteur du fameux Buena Vista Social Club.My summer of lovede Pawel Pawlikowski (Ang, 1h26) avec Natalie Press, Emily BluntéMona, jeune fille de 16 ans, s’ennuie dans le Yorkshire entre des aventures sans lendemain et un frère en pleine crise mystique. Quand débarque Tamsin, jolie fille torturée et rebelle, elle comprend qu’elle peut changer de vie.Sa mère ou moide Robert Luketic (EU, 1h35) avec Jennifer Lopez, Jane Fonda, Michael VartanéElle trouve l’homme de sa vie, mais elle devra subir la fureur de sa future belle-mère, décidée à briser le couple pour garder son fils. Pour ceux que le trio Lopez-Fonda-Vartan ferait trembler, signalons que Robert Luketic est l’ingénieux réalisateur de La Revanche d’une blonde et de Rendez-vous avec une star.Le septième jourde Carlos Saura (Esp, 1h43) avec Victoria Abril, José Garcia...Dans la chaleur aride de l'Espagne rurale, dans un village, deux familles se disputent depuis des années les limites de propriété de leurs terres. Isabel, adolescente et fille aînée d'une des familles, tente de découvrir l'origine de cet horrible conflit...Les trois chambres de la mélancoliede Pirjo Honkasalo (Finlande, 1h46) documentaireLes enfants victimes de la guerre en Tchétchénie au fil de trois chapitres ou chambres.

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