Sarah Mychkine, poétesse de la résistance à la librairie à soi.e

Résistance / Capitalisme, colonialisme, hétéropatriarcat. Est-ce qu’on écrit de la poésie pour dire le monde tel qu’il est, ou pour essayer d’en construire un nouveau sur les ruines de l’ancien ? Dans La plaie de l’aube, Sara Mychkine nous initie à la cosmopoésie, cet art de bâtir un nouvel univers mot après mot, vers après vers.

On chemine dans La plaie de l’aube sur une route « osseuse et incendiaire », d’un « pas cendré », en croisant le regard d’une « pupille cramée à l’essence ». On erre dans un monde cassé, en écoutant une voix qui dit la lutte pour se construire et vivre dans une société imprégnée de colonialisme. « Où s’écorche la / parole / des arrière-grands-mères / qui ont œuvré / pour que ces mondes / soient les nôtres ? », s’interroge la poétesse.

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24 heures de résistance

Pour retrouver cette parole, Sara Mychkine s’est donné 24 heures (le temps sur lequel se déroule le recueil). Elle y bâtit une cosmopoésie qui balaye l’ancien monde –dans lequel on vit encore– sur son passage. Sur la forme, page après page, elle brise le rythme des phrases qui deviennent des fragments. 

Sur le fond, elle entraîne dans son sillage les Érinyes (déesses infernales de la mythologie grecque) et leur soif de vengeance, ou encore Aisha Kandisha et sa sexualité menaçante. Une mythologie de la résistance, pour celles et ceux qu’on a fait taire. Une légende empreinte de beauté et de fureur, qui lève le voile sur tous ces récits « cousus à l’envers du silence ». 

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Ce qu’on lit et ce qu’on comprend

Parfois quand on lit de la poésie, il faut accepter qu’on ne comprend pas. Surtout si on lit avec les neurones dont on se sert habituellement pour assembler les mots et leur donner du sens. Il s'agit de lire un vers et de laisser surgir quelque chose de magique, mais pas dans le coin rationnel de notre cerveau. 

Quelle étincelle se réveille en nous quand nous lisons que  « le silence prend feu », que « nos rêves s’échappent de leurs filets pour rejoindre la mer », ou que « les racines du temps s’enroulent » ? Ranimez la flamme, au fil des pages, avec Sara Mychkine. 

 Sara Mychkine,  La plaie de l’aube (éditions blast)

Rencontre à la librairie à soi.e (Lyon 1er), mercredi 21 février à 19h15 (pour réserver)

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