La Ville de Lyon supprime 500 000 euros par an de subvention à l'Opéra

Politique Culturelle | Coup de tonnerre à l'Opéra de Lyon : la Ville, par l'intermédiaire de son adjointe à la Culture, a décidé d'ôter 500 000€ par an de subvention au lieu dirigé par Serge Dorny pour quelques mois encore. Ce dernier a été prévenu il y a trois jours. Nathalie Perrin-Gilbert nous explique la raison de ce choix, qu'Étienne Blanc fustige.

Sébastien Broquet | Jeudi 4 mars 2021

Photo : © Opéra de Lyon


C'est Frédéric Martel, journaliste à France Culture, qui a dévoilé l'information ce jeudi via Twitter et que nous pouvons confirmer : la Ville de Lyon a décidé de réduire la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000€ par an. C'était annoncé durant la campagne, Nathalie Perrin-Gilbert avait alors déclaré dans nos colonnes : « oui, il va y avoir une réorientation au sein de ce budget. Je ne veux pas la présenter comme une punition aux institutions, leur dire qu'ils ont fait du mauvais travail. (...) Je souhaite qu'il y ait un audit indépendant qui soit réalisé, notamment, sur la gestion de l'Opéra de Lyon. »

De 7, 5M€ à 7M€ par an

Après les paroles de campagne, place aux actes et l'adjointe a donc pris sa décision, qui a été annoncée à Serge Dorny cette semaine et qui sera proposée au vote du conseil municipal les 25 et 26 mars prochain. « J'ai une politique culturelle à mener, nous a déclaré ce jeudi Nathalie Perrin-Gilbert, sur laquelle je me suis engagée durant la campagne. Qui consiste en ce que j'estime être une meilleure répartition des aides, entre des esthétiques, des disciplines, entre le secteur subventionné et l'indépendant. La question est : comment on remanie cette politique culturelle ? Je m'étais aussi engagée à redoter le fonds dédié à la création. Aujourd'hui, c'est 1, 8M€ à la Ville. Je veux monter à 3 puis 5M€ d'ici la fin du mandat. Il faut commencer maintenant. J'ai la chance d'avoir un budget qui représente à peu près 19% du total de la Ville. Il n'a pas baissé, contrairement à certaines villes qui rognent sur la culture. Le maire avait pris cet engagement : je suis donc à budget constant — même si les 4M€ du fonds d'urgence ont été un plus. Pour réorienter, il faut que je fasse des coupes quelque part. Aujourd'hui, l'Opéra de Lyon, c'est un budget de fonctionnement de 38M€ par an. La Ville aide à plus de 50% de ce budget. Exactement pour un montant de 17, 5M€. Avec de la mise à disposition de personnel qui est valorisée 10M€ — ce qu'épingle régulièrement la Chambre Régionale des Comptes : on va aussi s'atteler à cette question. Et puis, 7, 5M€ par an en subvention de fonctionnement. C'est cette subvention qui passe à 7M€ dès cette année. Sachant que la Ville de Lyon, par ailleurs, met à disposition de l'association le bâtiment de l'opéra. Et on met à leur disposition d'autres bâtiments dans la ville. Par exemple, sur le Palais Saint-Jean il y a la Maîtrise de l'Opéra. Ils ont d'autres locaux qu'ils se gardent bien de valoriser... Vous le verrez dans la PPI, on va aussi continuer à faire les travaux d'entretien du bâtiment. Tout ceci, ce sont des coûts, des coûts, des coûts... »

Une coupe assumée, l'opposition scandalisée

Nous avons contacté Étienne Blanc, président du groupe droite, centre et indépendants à la Ville de Lyon et Sénateur du Rhône qui nous a déclaré : « comme l'a indiqué Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la culture de la Ville de Lyon, cette semaine en commission, les nouvelles priorités de l'exécutif se feront à budget constant, dès 2021. Depuis six mois la majorité Verts / extrême-gauche, fidèle à son obsession de la décroissance, détruit tous les symboles du rayonnement de Lyon. En supprimant 500 000€ du budget de l'Opéra, pilier des institutions culturelles lyonnaises, c'est un premier pas vers l'idéologie des Verts et de l'extrême-gauche en matière culturelle et une participation à l'affaiblissement de Lyon. Comme cela a été fait à Grenoble, on sacrifie l'excellence culturelle qui fait la grandeur de Lyon, au profit d'une certaine conception de la culture ouverte à tous les courants idéologiques en vogue à l'extrême-gauche. Après la rééducation du goût, nous passons à la rééducation culturelle des Lyonnais ? »

Nathalie Perrin-Gilbert assume : « oui, dès 2021 il y aura des réorientations dans la politique culturelle. Mais je n'aurai jamais un discours anti-opéra : on a besoin d'un opéra à Lyon. Je n'ai pas du tout un discours anti-élites, et je le dis clairement à mes collègues. Mais je trouve que l'aide accordée à l'Opéra, on peut la diminuer sans le mettre en danger. Ils ont quand-même 4M€ de fonds de trésorerie. Même si on prend cette décision cette année, ils ont de quoi faire face. Et pour après, ce sera la question que l'on abordera avec le nouveau directeur, Richard Brunel : comment il calibre son projet ? »

CinéFabrique sera subventionnée pour la première fois

L'adjointe à la culture poursuit en appelant les autres collectivités à augmenter leur soutien : « l'État met 6, 5M€ sur l'Opéra, la Région et la Métropole sont à peu près à même hauteur, 2, 5M€. Je dis que c'est un équipement structurant, qui rayonne bien au-delà de la Ville, il faut peut-être que les autres collectivités participent davantage si elles le souhaitent. Mais pour mener un projet qui correspond à notre politique à la Ville — soutien à la création, ouverture à d'autres publics, tenir compte des nouveaux usages et des pratiques —, il faut que je réoriente et que je me donne des marges de manœuvre. Je vais vous donner des exemples : lors de ce même conseil municipal, on va voter une délibération qui concerne les huits Scènes découvertes de la ville, on commence déjà à augmenter le budget de certaines : À Thou Bout d'Chant un peu, ou encore 5000€ pour les Clochards Célestes. Le message est : on va vers l'accompagnement de la création et de l'émergence. Autre chose, pour la première fois, la Ville entre dans l'aide au fonctionnement de la CinéFabrique, qui se trouve dans le 9e arrondissement. 50% des étudiants sont des boursiers. On va aider cette école à hauteur de 100 000€ sur le fonctionnement. Ça fait cinq ans qu'ils existent, ils avaient toujours eu une réponse négative de la Ville. »

Consolation pour l'Opéra : dans la même journée, le président de LDLC, Laurent de la Clergerie, a annoncé lui faire un don de 50 000€ (ainsi que des dons d'un même montant pour l'Auditorium, le Théâtre des Célestins et les Nuits de Fourvière) afin de soutenir la culture en difficulté pendant la crise Covid, alors que son groupe d'informatique s'en est lui bien sorti durant la période.

Nous avons contacté Serge Dorny, le directeur de l'Opéra, qui n'a pas encore donné suite à nos sollicitations. [update : Serge Dorny et Richard Brunel ont réagi à cette annonce, à lire ici]

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Lyon : une Fête de la Musique en modèle réduit

MUSIQUES | Alors, Fête de la Musique ou pas ? Au-delà des errances du ministère de la Culture, de la contre-communication de la Ville de Lyon qui désire s'ériger en défenseur des artistes, entre annulations diverses, lundi soir et jauges vite complètes, il ne va pas être si simple d'écouter de la musique ce soir.

Sébastien Broquet | Lundi 21 juin 2021

Lyon : une Fête de la Musique en modèle réduit

« Nous vous avons invité cet après-midi pour vous informer que, à l'initiative du ministère de la Culture, en étroite coopération avec les grands médias, dans la soirée du 21 juin, soirée du solstice d'été, la musique (...) va prendre possession des trottoirs, des fenêtres, des places, des chaussées, des parcs, des jardins, des cours, des cours de casernes aussi bien que d'autres endroits moins inhabituels. » C'est ainsi que Jack Lang, le 1er juin 1982, annonçait la création de la Fête de la Musique, quelques mois après l'élection de François Mitterrand. 39 ans après sa création en vingt jours, c'est peu dire que l'édition 2021 ne suscite pas grande émotion en comparaison. Il aura fallu attendre le dernier moment pour écrire quoi que ce soit sur cette Fête de la Musique, chaotique à souhait dans son organisation, sa communication, sa validation. Ordres et contre-ordres, annulations et confirmations, reprogrammations et décrets contradictoires, déclarations de plus en plus ahu

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Grand Hôtel-Dieu : pour NPG, « l'époque des artistes non rémunérés est révolue »

Lyon | L'appel à participation gratuite de musiciens à une scène ouverte estivale au sein du Grand Hôtel-Dieu est restée en travers de la gorge de nombre d'artistes qui se sont exprimés sur les réseaux sociaux du centre commercial. L'adjointe à la Culture Nathalie Perrin-Gilbert a réagi vertement.

Sébastien Broquet | Jeudi 17 juin 2021

Grand Hôtel-Dieu : pour NPG, « l'époque des artistes non rémunérés est révolue »

« Une scène ouverte pour célébrer la performance artistique » : c'est ainsi qu'est présentée la programmation estivale et musicale du Grand Hôtel-Dieu, qui a installé dans la cour St-Henri une scène pour des concerts devant se dérouler tout l'été, dès le samedi 19 juin à 20h, jour où est programmée l'artiste folk Thaïs Té. Et c'est gratuit. Pour le public... Mais aussi pour les artistes : aucune rémunération n'est prévue pour eux. Et c'est bien là que se niche le problème. Le gros problème. Car nombre d'entre eux ont vivement réagi sur les réseaux sociaux à l'appel à projets lancé sur Instagram et Facebook. Pour résumer l'avis quasi général, le temps de l'artiste rémunéré en visibilité pour se faire connaître, c'est terminé. Musicien, c'est un travail, comme un autre. Sur Facebook, l'organisation a répondu ainsi : « cette scène ouverte s'adresse essentiellement à des artistes en devenir. Nous souhaitons permettre à de jeunes artistes et groupes locaux de présenter leur talent en mettant à leur disposition une scène et

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Denis Trouxe : « une décision courageuse »

Opéra de Lyon | L'ancien adjoint à la Culture de Raymond Barre, Denis Trouxe, donne à son tour son avis sur la décision de flécher une partie — 500 000€ — de la subvention municipale de l'Opéra de Lyon vers de nouveaux projets.

Vincent Raymond | Vendredi 19 mars 2021

Denis Trouxe : « une décision courageuse »

Dans le dossier de la réattribution d’une fraction de la subvention municipale de l’Opéra vers des nouveaux projets et structures culturels, une voix ne s’était pas faite entendre : celle de Denis Trouxe, qui fut l’adjoint à la Culture de Raymond Barre (1995-2001) — il fut à l’initiative des Subsistances — avant de présider quelques années le Théâtre de la Renaissance à Oullins. Il comprend sans ambiguïté la proposition de Nathalie Perrin-Gilbert, sa lointaine successeure, au nom de la jeune création. Verbatim. « Je la ressens courageuse ! Je mesure toute la difficulté : ça a été mon objectif quand j’étais aux commandes de faire glisser l’argent de certaines institutions vers la création. Parce qu’il y a d’un côté les arguments logiques de l’Opéra qui poursuit des objectifs de rayonnement et qui a besoin de fonds pour y parvenir ; et d’un autre côté la création qui se débat comme elle peut, avec de petits moyens… À

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Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

Urbanisme | Presqu’une décennie après sa désaffection, le Collège Truffaut (Lyon 1er) attaque la seconde grande phase des travaux qui lui permettra d’enfin rouvrir ses portes. Et d'élargir le spectre de ses visiteurs en changeant d’affectation : en 2022, le vénérable bâtiment accueillira notamment une crèche, des logements étudiants, un hostel et un prometteur pôle piloté par Lyon BD Organisation, le Collège graphique…

Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

C’est la fin d’une histoire, ou plutôt d’une parenthèse, et le début d’une autre qui se profilent au Collège Truffaut. D’abord école de filles et de garçons à son ouverture en 1887, puis collège jusqu’à sa désaffection en novembre 2013, l’imposant édifice aura ensuite occupé bien des conversations et des esprits : la question de sa reconversion cristallisant les différences de visions politiques, urbanistiques et sociales entre les élus de la mairie du 1er arrondissement, de la mairie centrale et de la Métropole — propriétaire du site. Occupé, le Collège l'aura d’ailleurs été durant cette longue phase, de façon temporaire à plusieurs reprises : dès décembre 2013 par un collectif citoyen pour reloger des familles à la rue (l’affaire avait valu à la maire du 1er d’alors, Nathalie Perrin-Gilbert qui avait participé au mouvement, d’être placée en garde à vue) ; puis en mai 2016 par des opposants à la Loi Travail ayant laissé de leur passage force slogans tagués.

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Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, Georges Képénékian et Loïc Graber | Les trois prédécesseurs de Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture, se prononcent sur l'annonce qui secoue le monde culturel lyonnais depuis quelques heures : la baisse de 500 000€ de la subvention municipale à l'Opéra de Lyon, somme réaffectée à d'autres projets et lieux culturels tels que la CinéFabrique. Magnéto.

Vincent Raymond | Vendredi 5 mars 2021

Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, adjoint à la Culture (2001-2008) de Gérard Collomb : Je n’ai jamais eu l’habitude de juger publiquement les décisions de mes prédécesseurs ou de mes successeurs, que ce fût quand j’étais DRAC ou adjoint. Georges Képénékian, adjoint à la Culture (2008-2017) de Gérard Collomb : Nathalie Perrin-Gilbert dit que ce n’est pas une punition. Mais c’est quand même une punition chez elle : elle a eu une telle hargne pendant toutes ces années au sujet du rapport que l’on avait fait sur les frais de Serge Dorny, malgré la mise au point que j’avais essayé de gérer — en reconnaissant qu’il y avait bien eu des anomalies, j’ai travaillé avec Serge Dorny. Mais elle a quelque chose de vengeur. Loïc Graber, adjoint à la Culture de Georges Képénékian (2017-2018) et Gérard Collomb (2018-2020) : Il y a des problèmes de forme et de fond dans cette annonce. Le premier problème, de forme, c’est la précipitation : la Ville, membre de droit de l’Opéra, ne dit rien en décembre lorsque le budget est voté ; et quelques jours avant le conseil

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Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

500 000€ réaffectés vers d'autres structures | Richard Brunel, futur directeur de l'Opéra, et Serge Dorny, l'actuel dirigeant du lieu, ont vivement réagi à l'annonce de la baisse de la subvention de l'Opéra de Lyon.

Sébastien Broquet | Vendredi 5 mars 2021

Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

Suite à la confirmation dans nos colonnes par Nathalie Perrin-Gilbert de la baisse prochaine de la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000 euros, qui portera la subvention de fonctionnement à 7M€ annuels au lieu de 7, 5M€ dès cette année si la proposition est votée lors du conseil municipal des 25 et 26 mars prochains, les deux directeurs — l'actuel, Serge Dorny, et le futur, Richard Brunel (actuellement en résidence au sein de l'Opéra pour Mélisande), ont réagi vivement — le premier par un communiqué de presse, le second en sortant de répétition ce jeudi soir. « Des impacts conséquents » pour Richard Brunel Richard Brunel nous a ainsi déclaré : « concernant l'annonce de la Ville sur cette baisse de 500 000€, je laisse Serge Dorny réagir au nom de l’Opéra. Ce que je puis dire c'est que je n’ai, moi-même, pas été directement contacté et informé par l'adjointe à la Culture de cette décision qui semble acqu

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Festivals d'été, faut pas rêver

Situation (sanitaire) : c'est compliqué | Si la ministre de la Culture se montre optimiste dans ses récents propos concernant les festivals d'été, c'est surtout parce qu'elle occulte tout ce qui concerne la jeunesse et les musiques qui se dansent, du rock à la techno en passant par le rap. Une vision "OK boomer" et bourgeoise de la culture qui laisse sur le carreau un pan entier de la création, et les emplois qui vont avec. Et des publics désemparés, à qui l'on fait croire à tort qu'ils pourront vivre normalement cet été. Explications et tour d'horizon des festivals lyonnais.

Sébastien Broquet | Mardi 2 mars 2021

Festivals d'été, faut pas rêver

C’est la pagaille. Euphémisme ! Solidays, Hellfest, Glastonbury, Garorock — ou Foreztival dans notre région : plusieurs des plus gros festivals européens prennent les devants et ont d’ores et déjà annoncé l'annulation de leur édition 2021. D'autres dévoilent comme si de rien n’était leur programmation et mettent en branle leur billetterie. Et Roselyne Bachelot continue de patauger dans une communication illisible, récupérant au passage l'idée des concerts test à Paris et Marseille dont elle n'est pas à l'origine (un écran de fumée pour les festivals : on ne voit pas à quoi les résultats, obligatoirement tardifs, leur serviront, a contrario des scientifiques — car il sera impossible pour la majorité d'entre eux d'appliquer les mêmes process sanitaires que lors de ces concerts soigneusement encadrés et gourmands en personnels ; à quoi bon essayer d'en organiser

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Au pôle Arts vivants de Vaise, toujours des craintes quant à l’avenir

Bibliothèque | Dans nos colonnes, l’adjointe à la culture Nathalie Perrin-Gilbert, interpellée via une pétition des usagers du département Art vivants de la médiathèque de Vaise, affirmait le mois dernier qu’il n’était « pas question de démanteler ce pôle Arts vivants, bien au contraire ! ». Une partie du personnel doute de l’application de cette volonté.

Nadja Pobel | Jeudi 18 février 2021

Au pôle Arts vivants de Vaise, toujours des craintes quant à l’avenir

Le pôle Arts vivants de Vaise est en réorganisation. Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture de la Ville de Lyon, a récemment présenté son projet pour sa refonte. Marc Fintzi, délégué syndical SUD, en est « très content » — mais il dit « craindre que l’administration ne bouge pas » et soit sourde aux paroles de l'élue, qui affirme notamment que le « même nombre de personnes dédiées au pôle » serait conservé, notamment en recrutant un bibliothécaire dédié suite au départ à la retraite de la personne qui occupait le poste précédemment. C’est là que le bât blesse pour le syndicaliste. La fiche de recrutement est selon lui trop vague : « c’est un poste qui s’occupe de coordination transversale et non de la création. Ce n’est pas tellement "arts vivants " ». Plus précisément, il est question d’assurer « la gestion, l’animation et le développement du pôle Arts vivants et Création — Ce pôle couvre les domaines suivants : Littérature

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Thierry Pilat, nouveau directeur de la Halle Tony Garnier

Mercato | Pour succéder à l'historique Thierry Téodori, qui prendra sa retraite en juin prochain, c'est Thierry Pilat qui a été choisi par la nouvelle municipalité. Le Lyonnais, qui était jusqu'ici directeur du Fil — la SMAC de Saint-Étienne —, fait son retour sur sa terre natale en prenant en main l'avenir de la Halle Tony Garnier, dans un contexte difficile nourrissant plusieurs questions.

Sébastien Broquet | Jeudi 21 janvier 2021

Thierry Pilat, nouveau directeur de la Halle Tony Garnier

Elle aura pris son temps, la nouvelle municipalité, pour acter le choix de son candidat. Ou du moins multiplié les étapes. Il faut dire que l'enjeu est de taille : cette Halle Tony Garnier est régulièrement revendiquée comme étant le naviral amiral de la flotte des salles de l'agglomération lyonnaise. Et, bonus, elle rapporte de l'argent à la Ville. Entre 200 000€ et 400 000€ par an, selon les années. Bon, bien sûr, beaucoup moins en 2020 : et cette crise sanitaire qui a plombé les finances et vidé la salle de ses concerts et salons divers, a en plus sérieusement questionné le modèle, déjà interrogé préalablement par l'évolution du secteur du divertissement (la précédente équipe municipale se posait presque les mêmes questions il y a deux ans) : quid de la concurrence de l'Arena ? Quand reprendront les grosses tourn

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Le pôle Arts vivants de la BM de Vaise ne sera pas démantelé

Lyon | Inquiets du devenir du département Arts vivants de la BM de Vaise, les usagers ont interpellé en ce début d'année, via une pétition, l'adjointe à la Culture de la Ville de Lyon, Nathalie Perrin-Gilbert, qui leur répond.

Nadja Pobel | Lundi 18 janvier 2021

Le pôle Arts vivants de la BM de Vaise ne sera pas démantelé

Le 2 janvier dernier, des « usagers du département Art vivants — amateurs, professionnels du spectacle vivant, étudiants, éditeurs, intervenants, ou usagers "lambdas" — de la médiathèque de Vaise » se mobilisaient au sujet de la restructuration en cours de ce pôle, afin de le « sauvegarder ». Et lançaient une pétition à l’adresse de l’adjointe à la Culture de la Ville de Lyon en décriant notamment la nouvelle organisation du personnel car « la polyvalence sera de mise. C’est donc une accumulation de temps partiels qui va être attribuée à la thématique. En rassemblant ces morceaux, nous arrivons à la moitié du temps de travail initialement dévolue au fonctionnement de l’ancien département ». La pétition a obtenu 1972 signatures au lundi 18 janvier. L’objectif étant d’en récolter 2500. Contactée à ce su

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Nathalie Perrin-Gilbert : « les journalistes, les universitaires, les artistes sont les premiers menacés »

Politique | Lyon, ville refuge pour les artistes et intellectuels menacés dans leurs pays : c'est le projet acté par Nathalie Perrin-Gilbert et Grégory Doucet, qui vont faire de notre cité un membre du réseau international ICORN dans les prochaines semaines. Explications.

Sébastien Broquet | Mardi 20 octobre 2020

Nathalie Perrin-Gilbert : « les journalistes, les universitaires, les artistes sont les premiers menacés »

Vous avez pour projet de faire de Lyon une ville accueillant les artistes réfugiés en danger dans leur pays. Pouvez-nous nous expliquer en quoi ça consiste ? Nathalie Perrin-Gilbert : La Ville de Lyon va rejoindre le réseau ICORN, un réseau de villes refuges, prévu notamment pour les demandeurs d'asile, mais pas que. C'est un réseau anglo-saxon au départ, très actif pour la protection des artistes dans le monde. En France, seules Paris et Poitiers font partie de ce réseau. Avec le maire de Lyon, avec l'adjointe en charge des Relations Internationales Sonia Zdorovtzoff et moi-même, on a décidé de rejoindre ce réseau. Barcelone, par exemple, en fait partie : lors de mon voyage dans cette ville, j'avais rencontré la maire Ada Colau, et ce qui m'avait intéressé dans sa politique, c'était sa capacité à affirmer des valeurs et à mettre en adéquation valeurs et actes. Et sur ce sujet de l'accueil, elle l'a fait très vite. En tant qu'adjointe à la Culture, l'accueil des artistes menacés me concerne tout particulièrement. Ça rejoint un autre de mes combats anciens, celui pour les droit

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La Salle Rameau, revue et corrigée

Lyon | Le projet de nouvelle Salle Rameau a pris du retard, pour cause de crise sanitaire, mais son futur était aussi une question au vu des changements à la tête de la Ville : on fait le point.

Sébastien Broquet | Lundi 19 octobre 2020

La Salle Rameau, revue et corrigée

Dans la foulée de l'abandon des Ateliers de la Danse au Musée Guimet, ça aurait pu être l'un des dossiers chauds de la rentrée dans le monde culturel : le devenir de la Salle Rameau, projet désormais porté par le promoteur immobilier La Compagnie de Phalsbourg et pour la partie contenu par Scintillo, la société de Steven Hearn. On sait qu'alors maire du 1er arrondissement, Nathalie Perrin-Gilbert n'avait pas été tendre avec ce choix opéré par l'ancien exécutif. Certaines sources disant même que l'attitude du jury réuni en octobre 2018 avait été plutôt clémente pour ce dossier qui provisionnait une somme conséquente pour les travaux, beaucoup moins avec celui porté par le promoteur Carré d'Or et l'agence Urban Project de Damien Beaufils (le troisième projet, emmené par Les Chevaliers du Fiel, partait de bien

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Nathalie Perrin-Gilbert : « la politique culturelle doit irriguer l’ensemble du projet municipal »

Élections Municipales 2020 | Rien n’est joué, concernant ces élections municipales, en particulier car le très fort taux d’abstention, le contexte particulier du premier tour et le jeu des alliances peuvent encore venir chambouler les pronostics. Reste que lors de ce premier round, Lyon a placé assez largement en tête la liste écologiste menée par Grégory Doucet. Lequel s’est allié depuis avec La Gauche Unie de Sandrine Runel et Lyon en Commun, mené par Nathalie Perrin-Gilbert. Comme dévoilé par Rue89Lyon, c’est la maire du 1er arrondissement qui deviendrait adjointe à la culture — et troisième adjointe — si Grégory Doucet l’emporte, comme elle nous le confirme officiellement pour la première fois, dévoilant ici les grands axes de son programme pour les six années à venir en cas de succès.

Sébastien Broquet | Mercredi 10 juin 2020

Nathalie Perrin-Gilbert : « la politique culturelle doit irriguer l’ensemble du projet municipal »

Si Grégory Doucet est élu maire de Lyon, confirmez-vous que vous seriez son adjointe à la culture ? Nathalie Perrin-Gilbert : Oui, c’est officiel. Il a choisi de dévoiler dans Libération le nom de sa potentielle première adjointe, Audrey Henocque. Je suis ravie de ces éventuelles nouvelles fonctions — il faut parler au conditionnel, je me garde bien de penser que l’élection est gagnée d’avance. Ça fait partie des délégations qui me motivaient considérablement. Par goût personnel, pas forcément la meilleure des raisons, mais ce serait mieux d’avoir un ou une adjointe portée par son sujet. Mais aussi, par conviction. On parle d’un « monde d’après », c’est à la mode, et je pense qu’il va falloir refonder un contrat social et écologique pour la ville de Lyon. La culture va être un pilier

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Le directeur du Ballet de l'Opéra licencié

Opéra de Lyon | Le conseil d'administration de l'Opéra de Lyon a décidé de licencier le directeur du Ballet, Yorgos Loukos, suite à des faits de discrimination envers une danseuse.

Sébastien Broquet | Mardi 11 février 2020

Le directeur du Ballet de l'Opéra licencié

Il avait été condamné, en appel, en décembre dernier pour discrimination pour avoir demandé le non-renouvellement du contrat d'une danseuse à son retour de congé maternité : Yorgos Loukos, directeur du Ballet de l'Opéra, a été licencé en ce début février, suite à une session extraordinaire du conseil d'administration. Ce licenciement était souhaité par le syndicat des artistes professionnels, le SNAM-CGT, qui avait publiquement pris position suite à la condamnation du désormais ancien directeur, pour des faits remontant à 2014, à 1 500 euros d'amende avec sursis et à 5 000 euros de dommages et intérêts à verser à la plaignante, Karine Marion, qui était alors salariée de l'Opéra en CDD depuis cinq années. Un sixième renouvellement de contrat lui aurait offert la possibilité de passer en CDI. Mais à son retour de congé maternité, elle reçoit au contraire une lettre de non-renouvellement de celui-ci. Yorgos Loukos assène ses arguments auprès de la Ville de Lyon : « faiblesse physique et stylistique » et « style trop classique ». Mais lors d'un entretien enregistré par la danseuse quelques jours plus tard, il précise sa p

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Richard Brunel est le nouveau directeur de l'Opéra de Lyon

Mercato | C'est Richard Brunel qui va succéder à partir du 1er septembre 2021 à Serge Dorny à la tête de l'Opéra de Lyon. Franck Riester, ministre de la Culture, a validé le choix du jury en fin de journée.

Sébastien Broquet | Mardi 22 octobre 2019

Richard Brunel est le nouveau directeur de l'Opéra de Lyon

La fumée blanche s'est finalement échappée du toit de l'Hôtel de Ville lyonnais ce mardi : le successeur de Serge Dorny (qui s'en va diriger l'Opéra de Bavière) à la tête de l'Opéra de Lyon se nomme bel et bien Richard Brunel. L'information est restée un temps au conditionnel, car on attendait depuis la semaine dernière la validation définitive par Franck Riester et le ministère de la Culture du choix du jury. Approbation souhaitée rapidement avant le conseil d'administration de l'Opéra, prévu en novembre... D'où le lancement par la mairie d'un commmuniqué de presse en milieu d'après-midi, avant la validation finale, pour mettre visiblement un petit "coup de pression" à Paris, qui tardait un peu trop aux yeux de Gérard Collomb à confirmer le choix du jury lyonnais. Frank Riester a finalement validé ce choix de nommer Richard Brunel deux heures plus tard, peu après 18h ce mardi 22. Relancé durant l'été faute de candidats convaincants, mais aussi – même s'il ne faut pa

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Une saison de bon goût

Opéra de Lyon 2019/2020 | La saison 2019/2020 de l'Opéra de Lyon suscite comme chaque année de l'étonnement, tant l'audace artistique est devenue une marque de fabrique de la maison lyonnaise.

Yannick Mur | Mardi 4 juin 2019

Une saison de bon goût

Directeur depuis 2003, Serge Dorny a su donner à l'Opéra de Lyon une image qui rayonne bien au delà des frontières nationales. Ce travail fut récompensé en 2017 avec le prix de "Meilleure Maison d'Opéra" lors des International Opera Awards. Cette année encore, l'Opéra de Lyon est nominé dans quatre catégories, ce qui lui permet de se hisser au niveau des opéras les plus prestigieux du monde. C'est avec Guillaume Tell de Rossini que débute la saison. Si l'ouverture figure parmi les plus célèbres pages musicales, l'opéra ne connaît pas le même succès et n'est que très peu représenté. Une opportunité à saisir pour les amateurs de vocalises rossiniennes. C'est Tobias Kratzer qui œuvrera à la mise en scène après son Tannhäuser attendu cet été au festival de Bayreuth. Verdi lecteur de Hugo Deux Verdi sont également à l'affiche. En novembre, Ernani sera donné en version de concert à l'Auditorium sous la baguette de Daniele Rustioni et en mars, c'est Rigoletto qui sera donné dans une mise en scène confiée au jeune artiste allemand Axel Ranisch. Considéré comme une œuvre de jeun

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Seu Jorge : Black Starman

Nuits de Fourvière | Pour qui se souvient du marin brésilien qui transformait du David Bowie en poésie carioca sur le pont d'un rafiot dans La Vie Aquatique de Wes Anderson, alors la venue de Seu Jorge à Fourvière, dans le cadre d'une tournée hommage au Thin White Duke, est un événement digne d'une grande marée. Grand moment de saudade en perspective que les embruns de l'Orchestre de l'Opéra de Lyon pourraient bien transformer en larmes de joie.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 juillet 2018

Seu Jorge : Black Starman

Un marin brésilien au bonnet rouge du nom de Pele Dos Santos, interprétant du David Bowie en portugais sur le pont d'une Calypso d'opérette, baptisée le Belafonte, cela aurait pu ne constituer que quelques scènes anecdotiques de La Vie Aquatique (2004) l'un des films les plus cultes – même si souvent décrié – du cinéaste texan Wes Anderson, lui qui aime tant faire regorger ses œuvres de détails croustillants. Au lieu de cela, elles devinrent elles-mêmes cultissimes et firent de leur interprète, le chanteur et acteur brésilien Seu Jorge, pourtant déjà largement reconnu dans son pays, une icône. Sans doute, ce qui avait alors marqué à l'époque s'ancrait-il dans le contraste entre ces moments de pure poésie musicale, presque inexplicables sur le moment (pourquoi diable la musique de Bowie est-elle si sublime en brésilien, accompagnée d'une simple guitare acoustique ? Transposée ici en bossa nova, là en samba triste ?) et l'ambiance plutôt frappadingue des aventures d'océanographes documentaristes menés par Bill Murray, partis explorer les f

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Serge Dorny prend la tête de l'Opéra National de Bavière

Opéra de Lyon | Serge Dorny va quitter l'Opéra de Lyon : le gouvernement du land allemand de Bavière vient d'annoncer ce mardi sa nomination en tant que directeur (...)

Sébastien Broquet | Mardi 6 mars 2018

Serge Dorny prend la tête de l'Opéra National de Bavière

Serge Dorny va quitter l'Opéra de Lyon : le gouvernement du land allemand de Bavière vient d'annoncer ce mardi sa nomination en tant que directeur général de l'Opéra National de Bavière, dont il prendra les commandes le 1er septembre 2021. Il va prendre la place de Nikolaus Bachler, en fin de mandat. Le Belge, âgé de 56 ans, avait été directeur de l'Orchestre Philharmonique de Londres et de La Monnaie à Bruxelles avant de prendre la direction de l'Opéra de Lyon, où son mandat a été marqué par des succès artistiques indéniables et une reconnaissance internationale, mais aussi par une polémique entourant des abus autour de ses notes de frais. Il était à la tête de l'établissement lyonnais depuis 2003 et le restera jusqu'en août 2021.

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De l'agitation à l'Opéra

Opéra de Lyon | Les notes de frais de Serge Dorny ont été dévoilées et épluchées par le pure player Médiacités. Une partie des salariés s'est offusqué de leur contenu, dans un communiqué.

Sébastien Broquet | Mardi 23 mai 2017

De l'agitation à l'Opéra

Voici donc que surgit une nouvelle affaire de notes de frais dans le milieu de la culture lyonnaise. La seconde en quelques mois : la Chambre Régionale des Comptes avait déjà épinglé la gestion manquant de rigueur de Guy Walter (directeur de la Villa Gillet), entraînant un resserrement du budget de cette structure par les collectivités locales. Cette nouvelle histoire de notes concerne cette fois Serge Dorny, le directeur de l’Opéra de Lyon. C’est un tout nouveau pure player, Médiacités, qui a révélé l’affaire le mardi 9 mai, signant avec éclat son lancement entre Rhône et Saône, en mettant en ligne une enquête consécutive à l’épluchage de 3500 copies des notes de frais du directeur. Premier constat : les autorités de tutelle sont encore prises au dépourvu. Suite à la première affaire, il ne semble donc pas qu’un audit sur les notes de frais des grandes structures subventionnées ait été réalisé, visant à clarifier et encadrer le fonctionnement de ces frais, nécessaires à la bonne marche des ces maisons il

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Serge Dorny : « Il faut avoir la nostalgie de l'avenir »

Opéra de Lyon | Rencontre avec le directeur de l'Opéra de Lyon, Serge Dorny, pour évoquer cette saison de transition voyant son chef permanent, Kazushi Ono, s'envoler vers d'autres cieux, remplacé à la rentrée par le jeune espoir italien qu'est Daniele Rustioni.

Sébastien Broquet | Mardi 17 janvier 2017

Serge Dorny : « Il faut avoir la nostalgie de l'avenir »

C'est la dernière saison de votre chef permanent, qui s'en va en juin. Serge Dorny : Kazushi Ono est un chef extrêmement moderne. Normalement, un chef s'intéresse à la musique, à la partition. Mais le monde a changé : tout ce qui est action citoyenne, vis à vis des territoires en difficulté, des publics scolaires, des réseaux associatifs, l'Opéra de Lyon, étant un acteur citoyen, s'y investit énormément. Il n'est pas automatique qu'un directeur musical le fasse. Kazushi Ono y a participé de façon active, il était très enthousiaste, au point qu'il a importé cette démarche dans les projets qu'il porte au Japon. C'est vraiment quelqu'un avec qui j'ai pu construire ce projet et l'enraciner dans la maison. Il est moderne, car il a compris que ça se passe sur scène et dans la fosse, mais aussi hors les murs ; dans la cité, dans les banlieues éloignées. Cet accès au plus large public possible doit se gagner au quotidien. J'ai eu un partenaire, là-dessus. Un chef moderne, c'est aussi avoir une attention particulière envers les partitions d'aujourd'hui. Pas seulement célèbrer le passé en jouant le grand réperto

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De l’audace à l'Opéra de Lyon !

Opéra de Lyon | Voici une saison d'opéra dans la continuité de ce que Serge Dorny a pour habitude de tricoter : un subtil mélange des genres. Neuf opéras, un festival axé sur (...)

Pascale Clavel | Mardi 20 septembre 2016

De l’audace à l'Opéra de Lyon !

Voici une saison d'opéra dans la continuité de ce que Serge Dorny a pour habitude de tricoter : un subtil mélange des genres. Neuf opéras, un festival axé sur les Mémoires, de nouvelles productions et des re-créations, voilà le programme. Kazushi Ono, quant à lui, entame sa dernière saison en tant que chef d’orchestre permanent : il passera le relais au jeune chef italien Daniele Rustioni en septembre 2017. La saison s’ouvre avec L’Ange de feu de Serge Prokofiev, œuvre rare à la scène, complexe dans son intrigue, riche dans son écriture, elle reste une partition des plus séduisantes du 19e siècle. Confiée pour la mise en scène à Benedict Andrews, L’Ange de feu sera l’occasion de réentendre avec plaisir Laurent Naouri dans le rôle de Ruprecht. En novembre, pour la joie des petits et des grands : le retour de L'enfant et les sortilèges de Ravel, conte savoureux écrit par Colette pour le compositeur. Le vidéaste Grégoire Pont en rajoute dans la féérie et crée une véritable sur

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Incendie dans un entrepôt de l'opéra à Venissieux

ACTUS | Coup de chaud pour l'opéra de Lyon : un incendie s'est déclaré le lundi 28 mars dans un entrepôt, là où sont construits et stockés ses décors, a révélé Le (...)

Sébastien Broquet | Mardi 29 mars 2016

Incendie dans un entrepôt de l'opéra à Venissieux

Coup de chaud pour l'opéra de Lyon : un incendie s'est déclaré le lundi 28 mars dans un entrepôt, là où sont construits et stockés ses décors, a révélé Le Progrès dans son édition du mardi 29 mars. Ce bâtiment appartenant à la ville de Lyon est situé à Vénissieux, il est prêté à l'opéra depuis 1974. Heureusement, peu de dégâts à signaler : un véhicule dans lequel le sinistre s'est déclaré selon les premières constatations, et du matériel de construction, mais aucun décor n'a brûlé ; même s'il reste à établir les dégâts causée par les fumées mais aussi par l'eau lors de l'intervention des pompiers. Ces derniers, qui ont engagé près de cinquante hommes, sont intervenus peu avant 20 heures après un signalement des voisins.

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Brigade du Ballet : session de janvier

SCENES | Au fil de la saison 2015/2016, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses et à (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 6 janvier 2016

Brigade du Ballet : session de janvier

Au fil de la saison 2015/2016, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses et à raconter le fruit de cette rencontre. Vous êtes rédacteur, photographe, vidéaste, dessinateur ou même preneur de son ? Adressez-nous votre candidature motivée par email (brigadeduballet@petit-bulletin.fr) et rejoignez notre brigade de chroniqueurs-amateurs. Vos mini-reportages seront publiés sur les sites du Petit Bulletin et de l’Opéra de Lyon. La prochaine session se tiendra le mercredi 13 janvier, autour du programme Révolution(s). Vous avez jusqu'au 8 pour vous manifester. Bonne chance à tous !

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À l'Opéra, une Carmen endiablée

SCENES | Le Ballet de l'Opéra s'aventurant habituellement sur les terres de la danse contemporaine, il est surprenant de le découvrir au milieu d'une (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 novembre 2015

À l'Opéra, une Carmen endiablée

Le Ballet de l'Opéra s'aventurant habituellement sur les terres de la danse contemporaine, il est surprenant de le découvrir au milieu d'une scénographie très théâtrale, en costumes et... sur pointes ! Ceux, en l'occurrence, de deux pièces de Roland Petit (1924-2011), auteur de plus de cent cinquante créations et chorégraphe difficilement classable. Entre académisme et innovation (l'introduction, par exemple, de gestes du quotidien dans ses pièces), entre théâtralité et abstraction, Roland Petit s'est essayé à tous les genres, signant quelques chefs-d’œuvre (Le Jeune homme et la mort en 1946 notamment) comme des spectacles plus légers (dans le domaine du music-hall, à la télévision ou pour Hollywood). L'Arlésienne (1974) et Carmen (1949), les deux oeuvres sur une musique de Bizet au programme du Ballet, sont représentatives de sa danse "patchwork" où les pirouettes et les figures classiques le disputent à de plus singulières positions "en dedans" ou à des chutes et des mouvements au sol. Les danseurs semblent plus à l'aise et motivés dans Carmen, spectacle aux décors hauts en couleurs (signés par le peintre espagn

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Brigade du ballet - C'est reparti !

SCENES | Au fil de la saison 2015/2016, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses et à raconter le (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 30 septembre 2015

Brigade du ballet - C'est reparti !

Au fil de la saison 2015/2016, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses et à raconter le fruit de cette rencontre. Vous êtes rédacteur, photographe, vidéaste, dessinateur ou même preneur de son ? Adressez-nous votre candidature motivée par email (brigadeduballet@petit-bulletin.fr) et rejoignez notre brigade de chroniqueurs-amateurs. Vos mini-reportages seront publiés sur les sites du Petit Bulletin et de l’Opéra de Lyon. La prochaine session se tiendra le mercredi 14 octobre, autour du spectacle programme Carmen / L'Arlésienne. Vous avez jusqu'au 7 pour vous manifester. Bonne chance à tous !

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Jiří Kylián entre au répertoire du Ballet de l'Opéra

SCENES | «Je pense que tout mon travail parle de l'amour et de la mort» déclara un jour le chorégraphe tchèque Jiří Kylián (né en 1947). Ce maître du néo-classicisme, épris (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 1 septembre 2015

Jiří Kylián entre au répertoire du Ballet de l'Opéra

«Je pense que tout mon travail parle de l'amour et de la mort» déclara un jour le chorégraphe tchèque Jiří Kylián (né en 1947). Ce maître du néo-classicisme, épris de musicalité et de pureté du mouvement, décline ces thèmes existentiels fondamentaux dans des univers spectaculaires hétéroclites : l'abstraction vive et minimale de 27'52'' (2002), la théâtralité onirique et baroque de Bella Figura (1995) ou le dispositif intimiste et émouvant de Heart's Labytinth, pièce créée il y a trente ans en hommage à une danseuse de sa compagnie qui s'était suicidée. Ces trois pièces seront interprétées par les danseurs du Ballet de l'Opéra (du 8 au 16 septembre à l'Opéra) et, à cette occasion, la fabuleuse chorégraphie de 27'52'' fera son entrée dans le répertoire de la compagnie. Pièce pour six interprètes dont le titre est aussi sa durée précise, 27'52'' déploie ses mouvements vifs et tranchants à travers la musique sous haute tension de Dirk Haubrich, inspirée de la Symphonie nº 10 de Mahler et de quelques vers de Charles Baudelaire. On y retrouve le thème du couple et de la rencontre amoureuse, dans u

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La Brigade du Ballet

SCENES | Quand une douzaine d'artistes amateurs accèdent aux coulisses de l'Opéra de Lyon et que le Petit Bulletin se fait une petite place à leurs côtés... Dans les coulisses des coulisses !!

Benjamin Mialot | Vendredi 5 juin 2015

La Brigade du Ballet

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Coup d'oeil sur la saison 2015/2016 de l'Opéra de Lyon

ACTUS | Fort d'un solide casting de nouvelles têtes (Wouajdi Mouawad, Dominique Pitoiset, Jeanne Candel...) et d'habitués (Olivier Py, Laurent Pelly, David Marton...) et fidèle à sa volonté de donner à voir à la fois la modernité du répertoire et la vitalité de la création contemporaine, l'Opéra de Lyon placera sa saison 2015/2016 sous le signe de l'humanisme. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 14 mars 2015

Coup d'oeil sur la saison 2015/2016 de l'Opéra de Lyon

La présentation de la saison 2015-2016 de l'Opéra de Lyon a débuté par une confirmation : celle de la nomination de Daniele Rustioni en tant chef permanent. D'ici sa prise de fonction en septembre 2017, le jeune prodige italien de 32 ans dirigera notamment La Juive, fastueuse romance inter-religieuse qui valut à Jacques Fromental Halévy les louanges de Wagner, sur une mise en scène d'Olivier Py. Une production d'autant plus symbolique qu'elle s'inscrira dans le traditionnel festival de l'Opéra (fin mars et début avril 2016), dédié cette fois à l'Humanité, journal emblématique... Ah non. D'après nos notes, il présentera en fait des œuvres disant la nécessité de lutter contre les intégrismes, dont une création mondiale : Benjamin, dernière nuit, un biopic du génie tourmenté Walter Benjamin (en partenariat avec la Biennale Musiques en scène, avec l'écrivain Régis Debray au livret, Bernhard Kontarsky à la direction et John Fulljames à la mise en scène). Un double programme mettant en lumière des compositeurs passés par le ghetto de Terezin –

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Un nouveau chef à l'Opéra de Lyon

MUSIQUES | Il ne prendra ses fonctions qu'en septembre 2017 (pour un mandat de cinq ans), mais son nom est déjà sur toutes les lèvres : Daniele Rustioni vient (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 12 mars 2015

Un nouveau chef à l'Opéra de Lyon

Il ne prendra ses fonctions qu'en septembre 2017 (pour un mandat de cinq ans), mais son nom est déjà sur toutes les lèvres : Daniele Rustioni vient d'être nommé à la succesion de Kazushi Ono à la tête de l'orchestre de l'Opéra de Lyon. D'ici là, ce jeune chef italien de 32 ans, formé à Milan, passé par le Covent Garden de Londres et remarqué la saison passée sur Simon Bocanegra, se produira à deux reprises : au printemps 2016 pour La Juive de Halévy et pour les fêtes de fin d'année avec la Nuit à Venise de Johann Strauss.

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Rejoignez les Brigades du Ballet

MUSIQUES | Les Candidatures pour la prochaine Brigade du ballet (mercredi 18 février pour le programme Forsythe) sont ouvertes ! Au fil de la saison, l’Opéra de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 janvier 2015

Rejoignez les Brigades du Ballet

Les Candidatures pour la prochaine Brigade du ballet (mercredi 18 février pour le programme Forsythe) sont ouvertes ! Au fil de la saison, l’Opéra de Lyon et Le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses. Vous êtes apprenti blogger, photographe, vidéaste ou dessinateur ? Rejoignez notre brigade de chroniqueurs-amateurs et racontez le fruit de cette rencontre sur les sites du Petit Bulletin et de l’Opéra de Lyon ! Adressez-nous votre candidature motivée à : brigadeduballet@petit-bulletin.fr   Plus d'informations : http://www.opera-lyon.com/page/la-brigade-du-ballet Sessions précédentes : http://www.petit-bulletin.fr/lyon/membre-27829.html

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Devenez petite souris dans les coulisses du Ballet de l’Opéra de Lyon !

SCENES | La saison prochaine, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses du spectacle Les (...)

Nadja Pobel | Mercredi 2 juillet 2014

Devenez petite souris dans les coulisses du Ballet de l’Opéra de Lyon !

La saison prochaine, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses du spectacle Les Labyrinthes du coeur (dès le 1er septembre) et à raconter le fruit de cette rencontre.   Vous êtes apprenti blogger, rédacteur, photographe, vidéaste ou dessinateur ? Adressez-nous votre candidature motivée par email à brigadeduballet@petit-bulletin.fr avant le 18 août et rejoignez notre brigade de chroniqueurs-amateurs.   Au fil des spectacles, les meilleurs mini-reportages (écrits, filmés, dessinés…) seront publiés sur les sites du Petit Bulletin et de l’Opéra de Lyon.   Bonne chance à toutes et à tous, et que les plus inspirés gagnent.  

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Textures de voix

ARTS | «Le costume est devenu un acteur déterminant de la scénographie d'un opéra. On voit d'abord avant d'entendre» lance Maximilien Durand, directeur du Musée des (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 22 avril 2014

Textures de voix

«Le costume est devenu un acteur déterminant de la scénographie d'un opéra. On voit d'abord avant d'entendre» lance Maximilien Durand, directeur du Musée des Tissus. Et Serge Dorny, directeur de l'Opéra de Lyon, de préciser : «Le budget de production des costumes est aujourd'hui très important, à part égale avec les décors». Les deux institutions ont décidé de présenter, en une séduisante mise en scène, 130 costumes d'opéras et de ballets de danse correspondant aux vingt dernières années de création de l'Opéra de Lyon. La sélection s'est opérée en fonction de la qualité des habits et des spectacles les plus marquants de cette période (Trois sœurs et Lady Sarashina de Peter Eötvös, La Flûte enchantée mise en scène par Pierrick Sorin, etc.). Le parcours se décline en salles thématiques ("Figures de l'altérité", "Héros et héroïnes", "Femmes fatales"...) et propose à chaque fois des cartels très précis, à la fois sur les productions et les techniques de couture. Les costumes habillent des mannequins masqués et certaines salles s'avèrent tout simplement impressionnantes 

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Opéra de Lyon : une saison au-delà du réel

MUSIQUES | Revenu de Dresde sans jamais être parti de Lyon, Serge Dorny a présenté sa douzième saison à la tête de l’Opéra de Lyon, placée sous le thème "Au-delà du réel". Decryptage. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 14 avril 2014

Opéra de Lyon : une saison au-delà du réel

«L’art incite à dire ce qu’on voit et à voir ce qu’on voit». En citant Charles Péguy, Serge Dorny affirme vouloir montrer ce qu’on ne voit plus dans cette nouvelle saison : de l'émotion et de la réflexion, tout en flirtant avec le fantastique. Il donne pour ce faire libre cours à une nouvelle génération d’artistes, dont deux feront leur première apparition sur les scènes françaises, les metteurs en scène Stefan Herheim (pour Rusalka de Dvorak en décembre) et Martin Kusej, homme de théâtre venu de Munich (Idoménée de Mozart en janvier/février). L’Opéra poursuit par ailleurs sa complicité avec Jean Lacornerie du Théâtre de la Croix-Rousse. Il s’attaquera cette année au Roméo & Juliette version Boris Blacher qui, en 1943, déplace l’intrigue shakespearienne dans le IIIe Reich (en février/mars). Il mettra également en scène Le Roi et moi, spectacle jeune public (décembre). Cette saison, qui s’ouvre avec Le Vaisseau fantôme de Wagner mis en scène par Alex Ollé et La Fura dels Baus (octobre) sera comme les précédentes

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Serge Dorny nommé à l'Opéra de Dresde

MUSIQUES | L'Opéra de Dresde (Dresden Semperoper) vient d'annoncer la nomination du Belge Serge Dorny au poste d'intendant. L'actuel directeur de l'Opéra de Lyon (...)

Nadja Pobel | Mardi 17 septembre 2013

Serge Dorny nommé à l'Opéra de Dresde

L'Opéra de Dresde (Dresden Semperoper) vient d'annoncer la nomination du Belge Serge Dorny au poste d'intendant. L'actuel directeur de l'Opéra de Lyon depuis dix ans succédera à l'Allemande Ulrike Hessler, dont le poste était resté vacant depuis son décès à Munich le 30 juillet 2012, à partir de la saison 2015-2016.

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L’opéra se fait justice

MUSIQUES | De tous les festivals qu’il a tricoté depuis son arrivée à la tête de l’opéra, Serge Dorny livre le plus spectaculaire, le plus visionnaire et le plus culotté : Justice/Injustice, qui réunit une création mondiale, trois œuvres contemporaines, des metteurs en scène au geste pur et des chefs faisant entendre une musique aux partis pris insensés et jubilatoires. Explications avec l'intéressé. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Lundi 25 mars 2013

L’opéra se fait justice

Le festival Justice/Injustice ne devrait-il pas s’appeler Festival Robert Badinter ?Serge Dorny : Non. J’ai une estime énorme pour Robert Badinter, je le vénère, je suis un "Badinterâtre", à la fois au niveau de l’engagement, de l’éthique, de la personne même. Mais l’opéra Claude, dont il signe le livret, est une œuvre parmi plusieurs. Quand je vois le festival, je vois quatre œuvres : Le Prisonnier de Dallapiccola et Erwartung de Schoenberg, Fidelio de Beethoven et une création mondiale, une nouvelle commande, à partir d'un texte de Victor Hugo, écrite par Robert Badinter et composée par Thierry Escaich. Bien évidemment le librettiste Badinter est une personne immense. Il a une place importante, le personnage est fascinant, intellectuellement et humainement. Sa détermination et son engagement sont exceptionnels. J’ai eu le privilège de travailler avec lui depuis quelques années et au-delà de la commande, j’ai rencontré un être à part.Comment s'est monté Claude ?C'est lors d’un dîner qu'il m’a pa

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Puccini plus, ni moins…

MUSIQUES | Savoureuse idée que ce festival "Puccini Plus" à l'Opéra de Lyon, marathon de trois semaines où l'œuvre du compositeur est confrontée à celle de ses contemporains, dessinant un début de XXe siècle foisonnant d'idées nouvelles. Entretien avec le directeur de l'Opéra Serge Dorny et présentation des œuvres et de leurs metteurs en scène. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 19 janvier 2012

Puccini plus, ni moins…

Serge Dorny, le directeur de l’opéra de Lyon, a une marotte, une obsession bienvenue pour les mélomanes lyonnais. Il aime l’idée du Festival, cette concentration musicale pur jus, ce plongeon total dans une esthétique précise. Pour cette saison, il a choisi des lectures doubles et triples d’un début de XXe siècle où tout était possible. Un Puccini méconnu tout d’abord parce qu’en choisissant Il Trittico, Serge Dorny nous fait découvrir trois œuvres courtes rarement données sous leur forme pleine et originelle. Et puis un Puccini confronté à ses confrères contemporains à l’écriture toute nouvelle. Dans l’interview qui suit, Serge Dorny défend bec et ongles l’idée d’un seul chef d’orchestre pour l’ensemble du Festival. Seulement voilà, Lothar Koenigs vient de déclarer forfait quelques jours avant la première. Dorny a donc choisi… deux chefs dans l’urgence. Gaetano d’Espinosa dirige le Triptyque et Bernhard Kontarsky sera à la baguette pour les autres œuvres. Espérons que la multiplication des chefs aura le même effet que la multiplication des pains : un vrai miracle ! Comment vous est venue cette idée de confronter trois œuvres assez confidentiell

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Le Ballet s'empare de Balanchine

SCENES | En regardant l'impressionnant répertoire du Ballet de l'Opéra de Lyon, on se dit qu'il n'y manque pas beaucoup des grands chorégraphes du XXe Siècle. George (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 8 décembre 2011

Le Ballet s'empare de Balanchine

En regardant l'impressionnant répertoire du Ballet de l'Opéra de Lyon, on se dit qu'il n'y manque pas beaucoup des grands chorégraphes du XXe Siècle. George Balanchine en fait partie et, pour la première fois, le Ballet interprétera l'une de ses pièces phares, Concerto Barocco, sur le Concerto pour deux violons en ré mineur de Bach (du 17 au 23 décembre à l'Opéra). Né en 1904, Balanchine rejoint les ballets de Diaghilev dans les années 1920, collabore très tôt et à de multiples reprises avec le compositeur Igor Stravinski (ils signeront une trentaine de pièces ensemble) puis émigre aux États-Unis au début des années 1930. Il y fondera le célèbre New York City Ballet. Artistiquement, le chorégraphe a renouvelé la danse classique en la libérant des pesanteurs de la narration et de l'illustration, au profit d'un formalisme épuré voire abstrait, tout en s'appuyant toujours sur une partition musicale au rôle essentiel. C'est ce que l'on pourra vérifier dans Concerto Barocco avec de nombreuses analogies formelles entre la musique de Bach et les mouvements et gestes abstraits des dix danseurs. Ce programme sera complété par deux p

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Du nez et de l’air

MUSIQUES | De l’audace dans les deux grandes maisons lyonnaises, du culot et de l’inattendu : l’Opéra et l’Auditorium se transcendent. Il faut le redire, Lyon a su se doter de deux orchestres à rayonnement international ; c’est rare et c'est bon. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 15 septembre 2011

Du nez et de l’air

A l’Opéra, la saison est réjouissante. Chostakovitch et un Nez très attendu en ouverture, un Parsifal qui n’avait plus retenti depuis 35 ans, une petite opérette d’Offenbach peu connue, le retour d’une brillante Carmen… Comment dire ? L’Opéra de Lyon se porte bien. La neuvième saison de Serge Dorny est éclectique, surprenante tant par les œuvres choisies que par les points de vus de chefs d’orchestres et de metteurs en scènes talentueux. Le fil conducteur, dont Serge Dorny a fait sa marque de fabrique, sera cette saison la quête. Sujet vaste, un peu fourre-tout mais qui a l’intérêt de rassembler nombre d’opéras. Le Nez arrive d’Aix où il a eu un franc succès. La mise en scène éblouissante de Kentridge y est pour beaucoup, la direction de Ono également. Parmi les autres productions, L'Enfant et les sortilèges de Ravel partagera une soirée enfance cruelle avec Le Nain d’Alexander von Zemlinski. Dans les audaces de l’année, citons Terre et cendres, opéra du compositeur contemporain Jérôme Combier, inspiré du roman d’Atiq Rahimi. Un conte sur la quête de la rédemption et de l’harmonie face à l’horreur de la guerre. L’incontournable Festival sera consacré à Puccini. Les trois opéras cho

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Serge Dorny Ou… l’homme qui célèbre les femmes

MUSIQUES | Lorsqu’on entre dans le bureau de Serge Dorny, directeur de l’Opéra de Lyon, on ne sait jamais quand on en ressort. L’homme entre en scène et raconte son Festival. Propos recueillis par PC

Pascale Clavel | Dimanche 6 mars 2011

Serge Dorny
Ou… l’homme qui célèbre les femmes

Petit Bulletin : Un Festival par saison, c’est votre idée depuis votre arrivée à l’Opéra de Lyon. Ce Festival Mozart a-t-il une place particulière ?Serge Dorny : Pour moi, ce Festival Mozart, c’est la célébration d’un cycle que nous avons construit au fil du temps. Il y a quelques années, j’ai annoncé que nous allions élaborer certains cycles : Pouchkine/Tchaïkovski, Bellini… Ce Festival Mozart/Da Ponte est un projet artistique développé depuis longtemps avec Adrian Noble. Nous voulons montrer la cohérence qui existe entre les trois chefs-d’œuvre aux univers différents mais aux liens dramaturgiques évidents. Ce n’est pas chose quotidienne que de voir et d’entendre les trois Mozart/Da Ponte de manière consécutive. Même au Métropolitan Opéra à New-York les trois œuvres n’ont jamais été données face à face. Le mélomane va-t-il trouver un plus dans cette immersion totale ?C’est une lecture que l’on propose, celle d’un musicien, le chef d’orchestre Stefano Montanari ; d’un metteur en scène, Adrian Noble et d’une œuvre. C’est intéressant de voir quelles sont les résonnances entre les différentes œuvres. Un vaste traité de l’amour décrit trois étapes de la v

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Un Russe peut en cacher un autre

MUSIQUES | À l’Opéra de Lyon, chaque printemps, un Festival éclot. Impulsé par Serge Dorny dès 2003, ce rendez-vous séduit par son originalité, ses prises de risques artistiques et la variété des propositions musicales. Pascale Clavel

Dorotée Aznar | Vendredi 23 avril 2010

Un Russe peut en cacher un autre

Cette saison, l’Opéra de Lyon annonce un Festival Pouchkine. On peut s’en étonner, même si l’homme est le plus grand écrivain russe du XIXe siècle, il n’est pas compositeur. Par ce choix, Serge Dorny a certainement voulu montrer à quel point le père de la littérature soviétique a en revanche été la source d’inspiration de compositeurs d’exception. Ce Festival s’annonce prometteur : en plat de résistance, trois des plus grands opéras de Tchaïkovski d’après des œuvres de Pouchkine. Mazeppa, Eugène Onéguine, La Dame de Pique viendront redire, par des éclairages divers, l’errance humaine la plus radicale. En périphérie, le public pourra entendre des Mélodies russes ainsi que les scènes dramatiques Mozart et Salieri de Rimski-Korsakov, toujours d’après Pouchkine. On l’a compris, l’écrivain russe reste l’épicentre du Festival. Tchaïkovski, quant à lui, est le compositeur romantique à part qui ne regarde ni du côté du groupe des cinq dont faisaient pourtant parti Borodine ou encore Rimski-Korsakov, ni vers l’incontournable Wagner. On est toujours ébahi par ses larges architectures orchestrales comme par ses récitatifs étonnamment mélodiques. Jeune chef et vieux loup des plateaux

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La saison des amours

MUSIQUES | La programmation 2010-2011 de l’Opéra de Lyon s’annonce riche, généreuse, abondante et surprenante. De la Trilogie mozartienne au très attendu Tristan de Wagner, Serge Dorny propose du lourd, mais pas uniquement. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 11 mars 2010

La saison des amours

Un thème comme fil conducteur chaque saison. C’est le parti pris de Serge Dorny depuis qu’il dirige l’Opéra de Lyon. Même si le procédé est un peu convenu, il permet quelques fantaisies et donne une certaine cohérence à l’ensemble. La saison qui s’achève n’en finit pas de se questionner sur l’errance humaine. La saison prochaine, le fil conducteur est aussi passionnant que dangereux : «jeux de couples». Thème éternel du répertoire lyrique, le couple traverse tous les âges. Bien sûr, il permet un vaste choix d’œuvres ; l’opéra ne cesse de jouer avec le désir, l’amour, le désamour, la haine et la mort. Dans les autres options que Serge Dorny a impulsées dès son arrivée, le festival annuel tient une place privilégiée. Il sera consacré la saison prochaine à Mozart et à sa fameuse trilogie : Cosi Fan Tutte, Les Noces de Figaro et Don Giovanni. Les trois œuvres seront jouées dans un temps très concentré, ce qui donnera une lecture passionnante, en vitesse accélérée, de cette folle histoire humaine. Adrian Noble en signe la mise en scène qu’il situe, comme cette saison avec son Don Juan, dans une Amérique du XXe siècle très fière d’elle-même. Il n’y a pas que Mozart……Il y a au

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Chassé croisé à l’ONL

MUSIQUES | Orchestre / Pour l’un, Laurent Langlois, nouveau directeur général de l’Auditorium/ONL, c’est une première saison, celle de tous les dangers. Pour (...)

Pascale Clavel | Jeudi 17 septembre 2009

Chassé croisé à l’ONL

Orchestre / Pour l’un, Laurent Langlois, nouveau directeur général de l’Auditorium/ONL, c’est une première saison, celle de tous les dangers. Pour l’autre, Thierry Escaich, compositeur en résidence, c’est la dernière saison, celle du bilan, celle qui clôt un travail riche et approfondi avec l’orchestre. En fil conducteur, omniprésent depuis quatre saisons, Jun Märkl, on trouve un chef qui a su développer une belle cohérence au sein de l’ONL, qui a su mieux que quiconque transmettre le plaisir et la rigueur de jouer ensemble et a donné des ouvertures musicales surprenantes par une programmation audacieuse. Le nouveau directeur général, Laurent Langlois, est un homme d’action et n’a pas attendu que cette saison passe pour marquer son empreinte. Dès la rentrée, sous son impulsion, trois belles nouveautés s’installent. La série ‘Chefs d’œuvres’ viendra au secours d’un public potentiel qui n’ose que rarement franchir les portes de l’Auditorium avec un prix très accessible proposé pour entendre des œuvres du grand répertoire. Cette saison, rien de moins que le Requiem de Verdi, la Symphonie Jupiter de Mozart et la 7e de Beethoven. Dans les nouveautés encore, la série ‘Orchestres invités’

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Le héros errant

MUSIQUES | Opéra / Depuis quelque temps, Serge Dorny, directeur général de l’Opéra, affectionne les fils conducteurs. Une année ‘le héros perdu’, une autre, ‘l’amour (...)

Pascale Clavel | Jeudi 17 septembre 2009

Le héros errant

Opéra / Depuis quelque temps, Serge Dorny, directeur général de l’Opéra, affectionne les fils conducteurs. Une année ‘le héros perdu’, une autre, ‘l’amour impossible’. Cette saison, l’errance est au cœur du projet artistique. L’errance à l’opéra, c’est un fil bien pratique puisque tous les livrets ont un héros en quête d’une vérité, de lui-même ou de tout autre chose. Le début de la saison marque le ton avec l’hypnotique ‘Don Juan’ de Mozart qui resurgit dans une mise en scène d’Adrian Noble. Cet opéra transcende les foules depuis l’origine, le public s’y précipite parce que l’errance de cet homme, de femme en femme, nous rappelle notre propre impossibilité à être libre. Le chef permanant, Kazushi Ono, dirige en octobre un concert «autour de Roméo et Juliette» où les œuvres de Prokoviev, Berlioz et Gounod se confrontent. Trois façons d’aborder l’amour impossible, trois écritures musicales extraordinairement riches et envoûtantes. En novembre, les chœurs de l’opéra sont mis en devant de scène. Dirigée depuis 1995 par Alan Woodbridge, cette formation d’excellence, chantera deux des plus grandes pages chorales de la musique française, le ‘Requiem’ de Duruflé ainsi que le ‘Requiem’ de

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Labyrinthe des passions

MUSIQUES | Musique / Le festival Héros Perdus proposé par l'Opéra de Lyon regroupe trois œuvres atypiques et musicalement très différentes, réunies par leurs thèmes et les trajectoires de leurs personnages. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 15 janvier 2009

Labyrinthe des passions

La saison dernière, le Japon et son théâtre Nô s’invitaient à l’Opéra de Lyon pour un festival sensuel et poétique où l’on a pu entendre avec délectation la Lady Sarashina du compositeur hongrois Peter Eötvös. Cette saison, le pari est tout autre. Ce festival Héros perdus peut sembler sombre, inaccessible et inquiétant. Laissons les préjugés au beau milieu du hall et entrons dans chaque œuvre programmée avec curiosité musicale, avidité littéraire et appétit intellectuel. Quant au miroir fulgurant que les trois opéras vont tendre ostensiblement à notre humanité fragile, il faudra s'en méfier, nous risquons d’être atteint. Ce triptyque fonctionne aussi parce que chacun aborde un genre unique. Le Joueur de Serge Prokofiev reste un opéra de forme classique en quatre actes ; Dans la colonie pénitentiaire de Philip Glass est un opéra de chambre pour quintette à cordes, deux chanteurs et deux comédiens ; quant au Vin herbé de Frank Martin, il s’agit d’un oratorio profane pour douze chanteurs et huit instruments. Nous serons en face de trois opéras où les héros perdus sont aveuglés par le chemin qu’ils choisissent et n’ont qu’une obsession qui les mène à la mort ou à la folie. Le décor est

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Miroir, mon beau miroir…

MUSIQUES | Entretien / Serge Dorny, directeur de l'Opéra National de Lyon. Propos recueillis par Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 15 janvier 2009

Miroir, mon beau miroir…

Petit Bulletin : Après un festival Japon tout en sensualité, vous apportez un festival puissant où la folie, la déchéance et la mort ne sont jamais loin. Comment entrer sans appréhension dans les trois opéras programmés ?

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Chef durable

MUSIQUES | Opéra / Serge Dorny jubile, le directeur général de l’Opéra National de Lyon a trouvé chaussure à son pied. Kazushi Ono, chef japonais est nommé pour cinq saisons, l’orchestre a retrouvé un guide. Le chef permanant ressuscite à l’opéra. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Dimanche 14 septembre 2008

Chef durable

Après Gardiner, Nagano, Langrée ou encore Fischer, il y eu comme un vide sidéral sur le poste du chef d’orchestre à l’Opéra. Plus personne pour donner aux musiciens cette envie de faire corps, plus de guide pour la cohérence du groupe. Bien sûr, d’excellents chefs sont passés, repassés avec chaque fois des parti pris uniques mais rien ne remplace cette fonction de permanence qui établie un véritable son à l’orchestre, qui fait l’excellence d’un ensemble. On pourrait se satisfaire de l’idée qu’un orchestre doit simplement être dirigé par de bons chefs, quels qu’ils soient. Mais un chef permanent donne pourtant à l’orchestre toute son identité. Pour ceux qui pensent encore que sous le titre se cache une grosse arnaque, soyez pleinement rassurés : Kazushi Ono sera très présent puisqu’il va diriger deux productions dans l’année sachant que l’opéra de Lyon en donne huit ou neuf par an. Il va assumer des productions sur Lyon, des productions en tournée (l’une est prévue au Japon la saison prochaine) et participera au recrutement des musiciens de l’orchestre. Initialement, lorsque Serge Dorny est arrivé à l’opéra, il a voulu un chef à ses côtés. «J’ai toujours eu l’ambition d’avoir

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Quid novi ?

MUSIQUES | Opéra / Quoi de nouveau ? Et bien, y’a d’la joie, voilà le printemps et avec lui la traditionnelle période où l’opéra annonce, dévoile, révèle sa future et remarquable saison. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 10 avril 2008

Quid novi ?

Sans être révolutionnaire, la saison 08/09 de l’opéra de Lyon a du chien. Serge Dorny, directeur général heureux, lève le voile sur une programmation vaste, où s’entrechoquent opéras, danses et musiques symphoniques. Nous n’échapperons pas à Mozart, et encore moins à Verdi, piliers indéboulonnables, rassurants et bienvenus ! Outre ce socle incontournable, la programmation est résolument éclectique et revendiquée comme telle. Côté chefs d’orchestre et metteurs en scènes, l’affiche est alléchante. Jérémie Rhorer dirigera La Clémence de Titus mise en scène par un Georges Lavaudan encore et toujours à l’affût de renouveau. On retrouvera Emmanuel Krivine pour La Chauve Souris de Johann Strauss au moment des fêtes de fin d’années. Le nouveau chef permanent de l’opéra, Kazushi Ono (qui prendra ses fonctions en septembre 2008) dirigera le joueur de Prokofiev ainsi que la version complète et rare de Lulu de Berg mise en scène par Peter Stein, très installé à l’Opéra de Lyon. Après Gardiner, Nagano, Fischer et Langré, l’opéra renoue avec le chef permanent. Kazushi Ono va avoir cette délicieuse tâche qui consiste à donner un son, une cohésion, une harmonie à l’ensemble de l’orchestr

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