Scènes Découvertes, balle au centre

Politique Culturelle | La Ville de Lyon a décidé de remettre en jeu le label des huit Scènes découvertes de la cité. Pour chacune d'entre elles, l'enjeu est important tant l'aide financière et la mise en réseau bénéficient à ces structures souvent fragiles mais au travail sur l'émergence primordial.

Sébastien Broquet | Jeudi 4 novembre 2021

Photo : © Mona Bonetto


Le dispositif Scènes découvertes est l'une des grandes réussites des mandats successifs de Gérard Collomb et de l'adjoint à la Culture qui a initié ce projet, Patrice Béghain. Initié en 2002, l'opération visait à aider les jeunes artistes à trouver de premières scènes, s'épanouir, répéter mais aussi à se faire repérer par des professionnels sensibilisés à la programmation de ces lieux labellisés. Une sorte de "second palier", après la formation, avant le passage vers une vie d'artiste professionnel. Un sas de transition dont l'autre but était bien évidemment d'offrir au public lyonnais un regard permanent sur les bouillonnantes scènes artistiques locales à moindre coût. Le tout, avec le soutien financier et une aide à la communication de la Ville de Lyon. La Drac abondait aussi financièrement. Au départ, seules les salles de théâtres étaient concernées : Les Clochards Célestes, l'Élysée, l'Espace 44 et les Marronniers. En 2006, le dispositif a été élargi à la danse et aux musiques actuelles. Et la Région Rhône-Alpes (pas encore Auvergne), alors dirigée par le socialiste Jean-Jack Queyranne, a rejoint le dispositif à son tour, lui offrant une stabilité accrue.

Malgré quelques soubresauts, comme en 2009, la pertinence de ces Scènes découvertes ne s'est jamais démentie et en 2010 le cirque a rejoint le dispositif. Aujourd'hui, huit salles de Lyon sont labellisées : les Clochards Célestes (théâtre), le Théâtre des Marronniers (théâtre), le Théâtre de l’Élysée (théâtre), l’Espace 44 (théâtre), le Croiseur (danse), À Thou Bout d’Chant (chanson), le Kraspek (musiques) et l’École de Cirque‐MJC Ménival (cirque). Lors de la saison 2018/2019, ces huit scènes avaient accueilli 60 000 spectateurs et spectatrices pour 380 spectacles.

Ce dispositif des Scènes découvertes, l'adjointe à la Culture de la nouvelle municipalité a décidé d'en faire un outil de sa politique : Nathalie Perrin-Gilbert avait affirmé dès la campagne électorale vouloir dynamiser l'émergence et la création. L'une des raisons de la coupe opérée dans la subvention de l'Opéra de Lyon (500 000€) était aussi, à budget constant, de trouver les moyens de mieux soutenir ce dispositif, qui correspond pleinement à son discours comme il le faisait déjà au temps de Patrice Béghain. Certaines, comme À Thou Bout d'Chant ou les Clochards Célestes ont déjà vu leurs subventions augmenter (de 5000€ pour le théâtre nouvellement dirigé par Martha Spinoux-Tardivat). Mais l'adjointe, qui s'est lancée dans une grande remise à plat de la politique culturelle de la Ville, a décidé — comme pour le NTH8 et le Théâtre des Asphodèles — de lancer un nouvel appel à projets pour ces labellisations Scènes découvertes : « après un bilan positif du dispositif, la Ville de Lyon, la DRAC et la Région ont décidé de relancer un appel à projet à l’échéance des conventions qui les lient avec les lieux du réseau. «

« Ces lieux, soutenus par les partenaires publics, se sont engagés à programmer des spectacles d’équipes artistiques nouvelles et/ou d’une approche artistique innovante, à proposer un accompagnement professionnel renforcé des artistes, à favoriser la rencontre avec le public » dit encore le texte publié pour l'appel à candidatures. Ce nouvel appel à projet Scènes Découvertes porte sur la période 2022, 2023, 2024. Les conventions pourront être renouvelées une fois sans nouvel appel à projet, après un bilan partagé avec les partenaires publics. Les lieux candidats peuvent être localisés dans tous les arrondissements de Lyon mais, nouveauté, les disciplines visées sont élargies : les lieux d'arts de la rue, visuels ou autres peuvent candidater.​ Les lieux candidats doivent avoir « au cours des années précédentes, joué un rôle significatif en faveur de l’émergence artistique ». Les dossiers sont à déposer avant le 26 novembre. En janvier, les lieux préselectionnés seront auditionnés. Avant arbitrage en février puis présentation en juillet.

A priori, le chiffre de huit Scènes découvertes sera conservé. Ce qui veut dire que si un projet retient l'attention de la Ville et de ses partenaires, d'autres pourraient perdre leur labellisation. Il est possible que pour équilibrer les disciplines, une scène de théâtre, largement représenté, perde son label. Du côté du Croiseur, où l'activité danse est beaucoup moins visible — surtout en direction du public —, la question peut se poser sérieusement aussi.

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Lyon : deux théâtres remis en jeu

Politique Culturelle | La Ville de Lyon vient de lancer une série d’appels à projets concernant les théâtres des 3e et du 8e arrondissements (actuels Théâtre des Asphodèles et NTH8). Ils seront ainsi peut-être confiés à de nouvelles équipes. Arbitrage prévu en février/mars, pour une mise en application dans ces lieux dès septembre 2022.

Nadja Pobel | Jeudi 4 novembre 2021

Lyon : deux théâtres remis en jeu

Après que les grandes institutions culturelles lyonnaises (Opéra, Subs, Célestins, Villa Gillet, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, CNSMD, ENSATT, Bibliothèque municipale, Biennales de Lyon, Musée d’Art Contemporain…) ont vu leurs directions renouvelées ces dernières années, c’est au tour de celles de moindre envergure d’être — peut-être — concernées. Si les appels à

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Fagor-Brandt, ce sera jusqu'en novembre 2023

Politique Culturelle | L'utilisation temporaire de Fagor-Brandt est prolongée jusqu'en novembre 2023, à la demande des acteurs culturels occupant le lieu. Mais rien n'est résolu pour la suite qui, au contraire, semble se compliquer, la Métropole n'ayant rien anticipé.

Sébastien Broquet | Lundi 18 octobre 2021

Fagor-Brandt, ce sera jusqu'en novembre 2023

Toutes et tous étaient arrivés à la réunion de concertation du lundi 4 octobre au matin avec un mot d'ordre commun : obtenir la prolongation de l'utilisation de Fagor-Brandt jusqu'à fin 2023, et non janvier comme voulu par le président de la Métropole. Histoire de se laisser un peu de temps pour trouver une solution de repli, Bruno Bernard ayant mis tout le monde devant le fait accompli. Tout le monde, c'était : Vincent Carry (Nuits sonores), Émeric Richard (Lyon Street Food Festival), Isabelle Bertolotti (Biennale d'Art Contemporain), Dominique Hervieu (Biennale de la Danse) et le régisseur des Biennales. Du côté de la Métropole, étaient présents trois membres du cabinet du président, mais aucun élu : Julien Rolland (directeur général adjoint du Grand Lyon), Cyrielle Chatelain (conseillère culture) et Ludovic Chambe (conseiller urbanisme et logement au cabinet). La réunion fut cordiale, des excuses fu

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Benjamin Petit : « atteindre d'ici trois, quatre ans le véritable potentiel du Marché Gare »

SMAC | Rénové – et même pratiquement reconstruit – de fond en comble sur son site de Confluence, le nouveau Marché Gare ne rouvrira pas avant le printemps 2022 mais l'équipe bénéficiera d'un outil propre à satisfaire de nouvelles ambitions. On a fait le point sur le projet avec Benjamin Petit, son directeur, et Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture de la Ville qui a fait grimper considérablement l'enveloppe municipale en même temps que la subvention allouée à la SMAC lyonnaise.

Stéphane Duchêne | Mercredi 22 septembre 2021

Benjamin Petit : « atteindre d'ici trois, quatre ans le véritable potentiel du Marché Gare »

Le projet a beaucoup évolué notamment pendant la démolition d'une partie de l'ancien Marché Gare. Comment a-t-il pris forme, avec quel nouvel engagement de la Ville ? Nathalie Perrin-Gilbert : Au départ, on avait une enveloppe Ville de 500 000€, aujourd'hui elle s'est engagée à auteur d'1, 5M€, la Métropole 2M€ : on a un projet de 3, 5M€ mais parce que le projet s'est amélioré au fur et à mesure. Benjamin Petit : C'est vrai qu'il y a eu ce premier programme, ensuite il y a eu une nouvelle ambition portée par la Ville sur cet équipement. Mais il n'y a pas eu une escalade du budget, c'est l'enveloppe qui a été revue à la hausse. C'est à partir de là qu'on a pensé un nouveau projet plus ambitieux dans lequel on a pu faire passer nos idées pour cet équipement. Quel regard portez vous sur le projet tel qu'il est aujourd'hui ? NPG : Sur le projet culturel, je suis ravie d'hériter de cette décision concernant le Marché Gare, qu'une nouvelle salle dédiée aux musiques actuelles se développe comme cela. La Ville de Lyon veut conforter ses deux SMAC, le Marché Gare et le Pér

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Lyon : une Fête de la Musique en modèle réduit

MUSIQUES | Alors, Fête de la Musique ou pas ? Au-delà des errances du ministère de la Culture, de la contre-communication de la Ville de Lyon qui désire s'ériger en défenseur des artistes, entre annulations diverses, lundi soir et jauges vite complètes, il ne va pas être si simple d'écouter de la musique ce soir.

Sébastien Broquet | Lundi 21 juin 2021

Lyon : une Fête de la Musique en modèle réduit

« Nous vous avons invité cet après-midi pour vous informer que, à l'initiative du ministère de la Culture, en étroite coopération avec les grands médias, dans la soirée du 21 juin, soirée du solstice d'été, la musique (...) va prendre possession des trottoirs, des fenêtres, des places, des chaussées, des parcs, des jardins, des cours, des cours de casernes aussi bien que d'autres endroits moins inhabituels. » C'est ainsi que Jack Lang, le 1er juin 1982, annonçait la création de la Fête de la Musique, quelques mois après l'élection de François Mitterrand. 39 ans après sa création en vingt jours, c'est peu dire que l'édition 2021 ne suscite pas grande émotion en comparaison. Il aura fallu attendre le dernier moment pour écrire quoi que ce soit sur cette Fête de la Musique, chaotique à souhait dans son organisation, sa communication, sa validation. Ordres et contre-ordres, annulations et confirmations, reprogrammations et décrets contradictoires, déclarations de plus en plus ahu

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Grand Hôtel-Dieu : pour NPG, « l'époque des artistes non rémunérés est révolue »

Lyon | L'appel à participation gratuite de musiciens à une scène ouverte estivale au sein du Grand Hôtel-Dieu est restée en travers de la gorge de nombre d'artistes qui se sont exprimés sur les réseaux sociaux du centre commercial. L'adjointe à la Culture Nathalie Perrin-Gilbert a réagi vertement.

Sébastien Broquet | Jeudi 17 juin 2021

Grand Hôtel-Dieu : pour NPG, « l'époque des artistes non rémunérés est révolue »

« Une scène ouverte pour célébrer la performance artistique » : c'est ainsi qu'est présentée la programmation estivale et musicale du Grand Hôtel-Dieu, qui a installé dans la cour St-Henri une scène pour des concerts devant se dérouler tout l'été, dès le samedi 19 juin à 20h, jour où est programmée l'artiste folk Thaïs Té. Et c'est gratuit. Pour le public... Mais aussi pour les artistes : aucune rémunération n'est prévue pour eux. Et c'est bien là que se niche le problème. Le gros problème. Car nombre d'entre eux ont vivement réagi sur les réseaux sociaux à l'appel à projets lancé sur Instagram et Facebook. Pour résumer l'avis quasi général, le temps de l'artiste rémunéré en visibilité pour se faire connaître, c'est terminé. Musicien, c'est un travail, comme un autre. Sur Facebook, l'organisation a répondu ainsi : « cette scène ouverte s'adresse essentiellement à des artistes en devenir. Nous souhaitons permettre à de jeunes artistes et groupes locaux de présenter leur talent en mettant à leur disposition une scène et

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Denis Trouxe : « une décision courageuse »

Opéra de Lyon | L'ancien adjoint à la Culture de Raymond Barre, Denis Trouxe, donne à son tour son avis sur la décision de flécher une partie — 500 000€ — de la subvention municipale de l'Opéra de Lyon vers de nouveaux projets.

Vincent Raymond | Vendredi 19 mars 2021

Denis Trouxe : « une décision courageuse »

Dans le dossier de la réattribution d’une fraction de la subvention municipale de l’Opéra vers des nouveaux projets et structures culturels, une voix ne s’était pas faite entendre : celle de Denis Trouxe, qui fut l’adjoint à la Culture de Raymond Barre (1995-2001) — il fut à l’initiative des Subsistances — avant de présider quelques années le Théâtre de la Renaissance à Oullins. Il comprend sans ambiguïté la proposition de Nathalie Perrin-Gilbert, sa lointaine successeure, au nom de la jeune création. Verbatim. « Je la ressens courageuse ! Je mesure toute la difficulté : ça a été mon objectif quand j’étais aux commandes de faire glisser l’argent de certaines institutions vers la création. Parce qu’il y a d’un côté les arguments logiques de l’Opéra qui poursuit des objectifs de rayonnement et qui a besoin de fonds pour y parvenir ; et d’un autre côté la création qui se débat comme elle peut, avec de petits moyens… À

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Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

Urbanisme | Presqu’une décennie après sa désaffection, le Collège Truffaut (Lyon 1er) attaque la seconde grande phase des travaux qui lui permettra d’enfin rouvrir ses portes. Et d'élargir le spectre de ses visiteurs en changeant d’affectation : en 2022, le vénérable bâtiment accueillira notamment une crèche, des logements étudiants, un hostel et un prometteur pôle piloté par Lyon BD Organisation, le Collège graphique…

Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

C’est la fin d’une histoire, ou plutôt d’une parenthèse, et le début d’une autre qui se profilent au Collège Truffaut. D’abord école de filles et de garçons à son ouverture en 1887, puis collège jusqu’à sa désaffection en novembre 2013, l’imposant édifice aura ensuite occupé bien des conversations et des esprits : la question de sa reconversion cristallisant les différences de visions politiques, urbanistiques et sociales entre les élus de la mairie du 1er arrondissement, de la mairie centrale et de la Métropole — propriétaire du site. Occupé, le Collège l'aura d’ailleurs été durant cette longue phase, de façon temporaire à plusieurs reprises : dès décembre 2013 par un collectif citoyen pour reloger des familles à la rue (l’affaire avait valu à la maire du 1er d’alors, Nathalie Perrin-Gilbert qui avait participé au mouvement, d’être placée en garde à vue) ; puis en mai 2016 par des opposants à la Loi Travail ayant laissé de leur passage force slogans tagués.

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Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, Georges Képénékian et Loïc Graber | Les trois prédécesseurs de Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture, se prononcent sur l'annonce qui secoue le monde culturel lyonnais depuis quelques heures : la baisse de 500 000€ de la subvention municipale à l'Opéra de Lyon, somme réaffectée à d'autres projets et lieux culturels tels que la CinéFabrique. Magnéto.

Vincent Raymond | Vendredi 5 mars 2021

Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, adjoint à la Culture (2001-2008) de Gérard Collomb : Je n’ai jamais eu l’habitude de juger publiquement les décisions de mes prédécesseurs ou de mes successeurs, que ce fût quand j’étais DRAC ou adjoint. Georges Képénékian, adjoint à la Culture (2008-2017) de Gérard Collomb : Nathalie Perrin-Gilbert dit que ce n’est pas une punition. Mais c’est quand même une punition chez elle : elle a eu une telle hargne pendant toutes ces années au sujet du rapport que l’on avait fait sur les frais de Serge Dorny, malgré la mise au point que j’avais essayé de gérer — en reconnaissant qu’il y avait bien eu des anomalies, j’ai travaillé avec Serge Dorny. Mais elle a quelque chose de vengeur. Loïc Graber, adjoint à la Culture de Georges Képénékian (2017-2018) et Gérard Collomb (2018-2020) : Il y a des problèmes de forme et de fond dans cette annonce. Le premier problème, de forme, c’est la précipitation : la Ville, membre de droit de l’Opéra, ne dit rien en décembre lorsque le budget est voté ; et quelques jours avant le conseil

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Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

500 000€ réaffectés vers d'autres structures | Richard Brunel, futur directeur de l'Opéra, et Serge Dorny, l'actuel dirigeant du lieu, ont vivement réagi à l'annonce de la baisse de la subvention de l'Opéra de Lyon.

Sébastien Broquet | Vendredi 5 mars 2021

Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

Suite à la confirmation dans nos colonnes par Nathalie Perrin-Gilbert de la baisse prochaine de la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000 euros, qui portera la subvention de fonctionnement à 7M€ annuels au lieu de 7, 5M€ dès cette année si la proposition est votée lors du conseil municipal des 25 et 26 mars prochains, les deux directeurs — l'actuel, Serge Dorny, et le futur, Richard Brunel (actuellement en résidence au sein de l'Opéra pour Mélisande), ont réagi vivement — le premier par un communiqué de presse, le second en sortant de répétition ce jeudi soir. « Des impacts conséquents » pour Richard Brunel Richard Brunel nous a ainsi déclaré : « concernant l'annonce de la Ville sur cette baisse de 500 000€, je laisse Serge Dorny réagir au nom de l’Opéra. Ce que je puis dire c'est que je n’ai, moi-même, pas été directement contacté et informé par l'adjointe à la Culture de cette décision qui semble acqu

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La Ville de Lyon supprime 500 000 euros par an de subvention à l'Opéra

Politique Culturelle | Coup de tonnerre à l'Opéra de Lyon : la Ville, par l'intermédiaire de son adjointe à la Culture, a décidé d'ôter 500 000€ par an de subvention au lieu dirigé par Serge Dorny pour quelques mois encore. Ce dernier a été prévenu il y a trois jours. Nathalie Perrin-Gilbert nous explique la raison de ce choix, qu'Étienne Blanc fustige.

Sébastien Broquet | Jeudi 4 mars 2021

La Ville de Lyon supprime 500 000 euros par an de subvention à l'Opéra

C'est Frédéric Martel, journaliste à France Culture, qui a dévoilé l'information ce jeudi via Twitter et que nous pouvons confirmer : la Ville de Lyon a décidé de réduire la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000€ par an. C'était annoncé durant la campagne, Nathalie Perrin-Gilbert avait alors déclaré dans nos colonnes : « oui, il va y avoir une réorientation au sein de ce budget. Je ne veux pas la présenter comme une punition aux institutions, leur dire qu'ils ont fait du mauvais travail. (...) Je souhaite qu'il y ait un audit indépendant qui soit réalisé, notamment, sur la gestion de l'Opéra de Lyon. » De 7, 5M€ à 7M€ par an Après les paroles de campagne, place aux actes et l'adjointe a donc pris sa décision, qui a été annoncée à

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Festivals d'été, faut pas rêver

Situation (sanitaire) : c'est compliqué | Si la ministre de la Culture se montre optimiste dans ses récents propos concernant les festivals d'été, c'est surtout parce qu'elle occulte tout ce qui concerne la jeunesse et les musiques qui se dansent, du rock à la techno en passant par le rap. Une vision "OK boomer" et bourgeoise de la culture qui laisse sur le carreau un pan entier de la création, et les emplois qui vont avec. Et des publics désemparés, à qui l'on fait croire à tort qu'ils pourront vivre normalement cet été. Explications et tour d'horizon des festivals lyonnais.

Sébastien Broquet | Mardi 2 mars 2021

Festivals d'été, faut pas rêver

C’est la pagaille. Euphémisme ! Solidays, Hellfest, Glastonbury, Garorock — ou Foreztival dans notre région : plusieurs des plus gros festivals européens prennent les devants et ont d’ores et déjà annoncé l'annulation de leur édition 2021. D'autres dévoilent comme si de rien n’était leur programmation et mettent en branle leur billetterie. Et Roselyne Bachelot continue de patauger dans une communication illisible, récupérant au passage l'idée des concerts test à Paris et Marseille dont elle n'est pas à l'origine (un écran de fumée pour les festivals : on ne voit pas à quoi les résultats, obligatoirement tardifs, leur serviront, a contrario des scientifiques — car il sera impossible pour la majorité d'entre eux d'appliquer les mêmes process sanitaires que lors de ces concerts soigneusement encadrés et gourmands en personnels ; à quoi bon essayer d'en organiser

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Martha Spinoux-Tardivat, la pétillante nouvelle directrice des Clochards Célestes

Théâtre | À 34 ans, Martha Spinoux-Tardivat vient d’être nommée directrice des Clochards Célestes, où elle exerçait déjà en accompagnant avec entrain tant les artistes que les spectateurs et spectatrices. Portrait.

Nadja Pobel | Jeudi 18 février 2021

Martha Spinoux-Tardivat, la pétillante nouvelle directrice des Clochards Célestes

Depuis six années, Martha Spinoux-Tardivat est un phare aux Clochards Célestes. Enjouée, professionnelle tant à l’égard des compagnies invitées que du public, des professionnels et des étudiants qui parfois font halte pour leur formation dans ce théâtre de 49 places. Martha est arrivée sous l’ère d’Élisabeth Saint-Blancat et aura prolongé son apprentissage aux côtés de Louise Vignaud dans la foulée. Le 27 août dernier, elles étaient réunies sur la place Chardonnet pour un hommage à la comédienne-directrice décédée d’un cancer six jours plus tôt. Une cérémonie simple, chaleureuse et émouvante pour celle qui porta haut, de 1986 à 2017, cette maison fondée en 1978. Alors, quand Louise Vig

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Au pôle Arts vivants de Vaise, toujours des craintes quant à l’avenir

Bibliothèque | Dans nos colonnes, l’adjointe à la culture Nathalie Perrin-Gilbert, interpellée via une pétition des usagers du département Art vivants de la médiathèque de Vaise, affirmait le mois dernier qu’il n’était « pas question de démanteler ce pôle Arts vivants, bien au contraire ! ». Une partie du personnel doute de l’application de cette volonté.

Nadja Pobel | Jeudi 18 février 2021

Au pôle Arts vivants de Vaise, toujours des craintes quant à l’avenir

Le pôle Arts vivants de Vaise est en réorganisation. Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture de la Ville de Lyon, a récemment présenté son projet pour sa refonte. Marc Fintzi, délégué syndical SUD, en est « très content » — mais il dit « craindre que l’administration ne bouge pas » et soit sourde aux paroles de l'élue, qui affirme notamment que le « même nombre de personnes dédiées au pôle » serait conservé, notamment en recrutant un bibliothécaire dédié suite au départ à la retraite de la personne qui occupait le poste précédemment. C’est là que le bât blesse pour le syndicaliste. La fiche de recrutement est selon lui trop vague : « c’est un poste qui s’occupe de coordination transversale et non de la création. Ce n’est pas tellement "arts vivants " ». Plus précisément, il est question d’assurer « la gestion, l’animation et le développement du pôle Arts vivants et Création — Ce pôle couvre les domaines suivants : Littérature

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Les Clochards Célestes annulent leur saison

Théâtre | Ils sont les premiers à Lyon, certainement pas les derniers. À l'instar de ce qu'a fait le Centre Dramatique National de Toulouse en janvier, le théâtre des Clochards Célestes annonce tirer un trait sur le reste de sa saison face à l’incertitude perpétuelle d’une date de réouverture des lieux culturels.

Nadja Pobel | Mercredi 3 février 2021

Les Clochards Célestes annulent leur saison

Aux Clochards Célestes, 14 spectacles sont reportés à l’an prochain — dont le Subutex, adapté de Virginie Despentes, qui devait clore le calendrier à l’orée de l’été. Tant d’autres depuis septembre avaient déjà dû rester au placard... « Alors qu'on nous demande de rester en suspens, prêts à ouvrir quand on nous donnera enfin le feu vert, à une date indicible, je fais le choix de reporter intégralement la saison du Théâtre des Clochards Célestes à l'année prochaine. Puisque cette saison est exceptionnelle, assumons-la comme telle. Attendre le mois de mai pour savoir s'il sera possible ou non de jouer en juin, c'est demander aux compagnies programmées de se maintenir dans le qui-vive ; leur proposer d'ores et déjà un report, c'est leur offrir la possibilité de penser l'avenir. Et c'est nous l'offrir aussi » affirme la directrice Louise Vignaud dans un communiqué paru ce mercredi 3 février. Et c’est probablement là, la plus grande marque de considération due aux spectateurs et spectatrices comme a

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Thierry Pilat, nouveau directeur de la Halle Tony Garnier

Mercato | Pour succéder à l'historique Thierry Téodori, qui prendra sa retraite en juin prochain, c'est Thierry Pilat qui a été choisi par la nouvelle municipalité. Le Lyonnais, qui était jusqu'ici directeur du Fil — la SMAC de Saint-Étienne —, fait son retour sur sa terre natale en prenant en main l'avenir de la Halle Tony Garnier, dans un contexte difficile nourrissant plusieurs questions.

Sébastien Broquet | Jeudi 21 janvier 2021

Thierry Pilat, nouveau directeur de la Halle Tony Garnier

Elle aura pris son temps, la nouvelle municipalité, pour acter le choix de son candidat. Ou du moins multiplié les étapes. Il faut dire que l'enjeu est de taille : cette Halle Tony Garnier est régulièrement revendiquée comme étant le naviral amiral de la flotte des salles de l'agglomération lyonnaise. Et, bonus, elle rapporte de l'argent à la Ville. Entre 200 000€ et 400 000€ par an, selon les années. Bon, bien sûr, beaucoup moins en 2020 : et cette crise sanitaire qui a plombé les finances et vidé la salle de ses concerts et salons divers, a en plus sérieusement questionné le modèle, déjà interrogé préalablement par l'évolution du secteur du divertissement (la précédente équipe municipale se posait presque les mêmes questions il y a deux ans) : quid de la concurrence de l'Arena ? Quand reprendront les grosses tourn

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Le pôle Arts vivants de la BM de Vaise ne sera pas démantelé

Lyon | Inquiets du devenir du département Arts vivants de la BM de Vaise, les usagers ont interpellé en ce début d'année, via une pétition, l'adjointe à la Culture de la Ville de Lyon, Nathalie Perrin-Gilbert, qui leur répond.

Nadja Pobel | Lundi 18 janvier 2021

Le pôle Arts vivants de la BM de Vaise ne sera pas démantelé

Le 2 janvier dernier, des « usagers du département Art vivants — amateurs, professionnels du spectacle vivant, étudiants, éditeurs, intervenants, ou usagers "lambdas" — de la médiathèque de Vaise » se mobilisaient au sujet de la restructuration en cours de ce pôle, afin de le « sauvegarder ». Et lançaient une pétition à l’adresse de l’adjointe à la Culture de la Ville de Lyon en décriant notamment la nouvelle organisation du personnel car « la polyvalence sera de mise. C’est donc une accumulation de temps partiels qui va être attribuée à la thématique. En rassemblant ces morceaux, nous arrivons à la moitié du temps de travail initialement dévolue au fonctionnement de l’ancien département ». La pétition a obtenu 1972 signatures au lundi 18 janvier. L’objectif étant d’en récolter 2500. Contactée à ce su

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Nathalie Perrin-Gilbert : « les journalistes, les universitaires, les artistes sont les premiers menacés »

Politique | Lyon, ville refuge pour les artistes et intellectuels menacés dans leurs pays : c'est le projet acté par Nathalie Perrin-Gilbert et Grégory Doucet, qui vont faire de notre cité un membre du réseau international ICORN dans les prochaines semaines. Explications.

Sébastien Broquet | Mardi 20 octobre 2020

Nathalie Perrin-Gilbert : « les journalistes, les universitaires, les artistes sont les premiers menacés »

Vous avez pour projet de faire de Lyon une ville accueillant les artistes réfugiés en danger dans leur pays. Pouvez-nous nous expliquer en quoi ça consiste ? Nathalie Perrin-Gilbert : La Ville de Lyon va rejoindre le réseau ICORN, un réseau de villes refuges, prévu notamment pour les demandeurs d'asile, mais pas que. C'est un réseau anglo-saxon au départ, très actif pour la protection des artistes dans le monde. En France, seules Paris et Poitiers font partie de ce réseau. Avec le maire de Lyon, avec l'adjointe en charge des Relations Internationales Sonia Zdorovtzoff et moi-même, on a décidé de rejoindre ce réseau. Barcelone, par exemple, en fait partie : lors de mon voyage dans cette ville, j'avais rencontré la maire Ada Colau, et ce qui m'avait intéressé dans sa politique, c'était sa capacité à affirmer des valeurs et à mettre en adéquation valeurs et actes. Et sur ce sujet de l'accueil, elle l'a fait très vite. En tant qu'adjointe à la Culture, l'accueil des artistes menacés me concerne tout particulièrement. Ça rejoint un autre de mes combats anciens, celui pour les droit

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La Salle Rameau, revue et corrigée

Lyon | Le projet de nouvelle Salle Rameau a pris du retard, pour cause de crise sanitaire, mais son futur était aussi une question au vu des changements à la tête de la Ville : on fait le point.

Sébastien Broquet | Lundi 19 octobre 2020

La Salle Rameau, revue et corrigée

Dans la foulée de l'abandon des Ateliers de la Danse au Musée Guimet, ça aurait pu être l'un des dossiers chauds de la rentrée dans le monde culturel : le devenir de la Salle Rameau, projet désormais porté par le promoteur immobilier La Compagnie de Phalsbourg et pour la partie contenu par Scintillo, la société de Steven Hearn. On sait qu'alors maire du 1er arrondissement, Nathalie Perrin-Gilbert n'avait pas été tendre avec ce choix opéré par l'ancien exécutif. Certaines sources disant même que l'attitude du jury réuni en octobre 2018 avait été plutôt clémente pour ce dossier qui provisionnait une somme conséquente pour les travaux, beaucoup moins avec celui porté par le promoteur Carré d'Or et l'agence Urban Project de Damien Beaufils (le troisième projet, emmené par Les Chevaliers du Fiel, partait de bien

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Élisabeth Saint-Blancat est décédée

Disparition | Élisabeth Saint-Blancat s'en est allée. Celle qui fut la directrice de 1986 à 2017 du Théâtre des Clochards Célestes est décédée des suites d'un cancer le 19 août, (...)

Nadja Pobel | Vendredi 28 août 2020

Élisabeth Saint-Blancat est décédée

Élisabeth Saint-Blancat s'en est allée. Celle qui fut la directrice de 1986 à 2017 du Théâtre des Clochards Célestes est décédée des suites d'un cancer le 19 août, à 75 ans. Elle n'aura cessé de voir des spectacles (plus de 200 par an) dans les grandes structures mais aussi les MJC, les hangars pour voir ce que les jeunes artistes fabriquaient et les accompagner dans leur éclosion. Joris Mathieu (cie Haut et Court), Ivan Pommet (Théâtre Mu), Quentin Dubois et tant d'autres sont nés auprès d'elle. Un chaleureux hommage lui a été rendu sur la place Chardonnet au soir de ses obsèques, jeudi 27. Ses proches ont rappelé à quel point cette comédienne, danseuse, chanteuse était obsédée par la justesse et clamait à l'envi « Merci la vie ! »

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Nathalie Perrin-Gilbert : « la politique culturelle doit irriguer l’ensemble du projet municipal »

Élections Municipales 2020 | Rien n’est joué, concernant ces élections municipales, en particulier car le très fort taux d’abstention, le contexte particulier du premier tour et le jeu des alliances peuvent encore venir chambouler les pronostics. Reste que lors de ce premier round, Lyon a placé assez largement en tête la liste écologiste menée par Grégory Doucet. Lequel s’est allié depuis avec La Gauche Unie de Sandrine Runel et Lyon en Commun, mené par Nathalie Perrin-Gilbert. Comme dévoilé par Rue89Lyon, c’est la maire du 1er arrondissement qui deviendrait adjointe à la culture — et troisième adjointe — si Grégory Doucet l’emporte, comme elle nous le confirme officiellement pour la première fois, dévoilant ici les grands axes de son programme pour les six années à venir en cas de succès.

Sébastien Broquet | Mercredi 10 juin 2020

Nathalie Perrin-Gilbert : « la politique culturelle doit irriguer l’ensemble du projet municipal »

Si Grégory Doucet est élu maire de Lyon, confirmez-vous que vous seriez son adjointe à la culture ? Nathalie Perrin-Gilbert : Oui, c’est officiel. Il a choisi de dévoiler dans Libération le nom de sa potentielle première adjointe, Audrey Henocque. Je suis ravie de ces éventuelles nouvelles fonctions — il faut parler au conditionnel, je me garde bien de penser que l’élection est gagnée d’avance. Ça fait partie des délégations qui me motivaient considérablement. Par goût personnel, pas forcément la meilleure des raisons, mais ce serait mieux d’avoir un ou une adjointe portée par son sujet. Mais aussi, par conviction. On parle d’un « monde d’après », c’est à la mode, et je pense qu’il va falloir refonder un contrat social et écologique pour la ville de Lyon. La culture va être un pilier

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Plug & Play : 10e

Rock | Par tous les Saints, comme le temps file. Voilà déjà qu'arrive la 10e édition du festival Plug & Play initié par le Kraspek Myzik, ce nid d'aigle de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 14 janvier 2020

Plug & Play : 10e

Par tous les Saints, comme le temps file. Voilà déjà qu'arrive la 10e édition du festival Plug & Play initié par le Kraspek Myzik, ce nid d'aigle de la musique sans compromis perché sur les Pentes. L'événement, particulièrement copieux, investit bien entendu ce lieu historique du caf'conc' lyonnais et ce dès ce jeudi avec l'Envoutante et Slamouraï, suivi de deux dates le lendemain et surlendemain : carte blanche au Label Dur & Doux puis Schvédranne à la rencontre de Jack Hirschman. Ainsi de suite chaque semaine du jeudi au dimanche jusqu'au 20 février. Le tout ponctué de dates hors les murs : Sirius, Périscope, Farmer et une clôture en grande pompe et gros son au Kao avec Lofofora.

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Entrée des artistes

SCENES | Sous le premier mandat de Gérard Collomb, son adjoint à la Culture d'alors avait imaginé relier les salles qui programment des artistes émergents. Voici que (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 octobre 2019

Entrée des artistes

Sous le premier mandat de Gérard Collomb, son adjoint à la Culture d'alors avait imaginé relier les salles qui programment des artistes émergents. Voici que ces Scènes Découvertes font leur rentrée, ce mercredi 16 octobre de 16h à 20h sur la place de la République, avec mini-concerts et spectacles gratuits proposés par À Thou Bout d'Chant, Le Croiseur, l'École de Cirque de Lyon, l'Espace 44, le Kraspek Myzik, les Clochards Célestes, l'Élysée et les Marronniers. De quoi avoir un avant-goût live de leur saison.

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Louise Vignaud : « Du temps pour créer ! »

Les Clochards Célestes | C'est ce qui s'appelle une passation de pouvoir réussie. À 29 ans, la metteuse en scène Louise Vignaud succède à Élisabeth Saint-Blancat à la tête des Clochards Célestes avec bienveillance et cohérence et propose une saison plus qu'alléchante dédiée à la jeune création.

Nadja Pobel | Mardi 5 septembre 2017

Louise Vignaud : « Du temps pour créer ! »

Quelles étaient vos intentions lorsque vous avez postulé à ce théâtre ? Louise Vignaud : En tant que jeune metteuse en scène, je me suis demandée ce qui était important pour ma génération. Du temps pour créer ! Ici, c'est donc un lieu de découvertes (NdlR, il est labellisé comme tel par les tutelles Ville-Région-DRAC) il faut le maintenir et soutenir la nouvelle création. Comment le faire, concrètement ? J'ai choisi des compagnies qui seront présentes deux mois (un mois de plateau, douze soirs de représentations) pour mener à bien une recherche et qui changeront tous les deux mois. On soutient le processus de répétitions car je sais en tant que metteuse en scène que j'en ai besoin. Il s'agit du Théâtre Oblique, de la Compagnie Démembrée, du collectif la Onzième, des Non-alignés et la Doze. Pendant leur présence, quatre d'entre eux vont montrer d'autres projets : ils

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Henhouse Prowlers : les positions des missionnaires

Bluegrass | Missionnaires du bluegrass aux quatre coins du monde, les chicagoans d'Henhouse Prowlers, habitués aux grands écarts géographiques et musicaux, viennent transformer pour un soir le Kraspek Myzik en ambassade des États-Unis de la country.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 mars 2017

Henhouse Prowlers : les positions des missionnaires

Né dans le Kentucky au cœur des montagnes des Appalaches, ce bandeau de montagnes contre lequel sont venus se fracasser les chariots et les rêves de nombreux pionniers, le bluegrass, mélange de blues et de musique traditionnelle anglo-irlandaise, n'avait guère vocation à quitter cette région. Pourtant, grâce à quelques autres pionniers et passeurs, musicaux ceux-là, il a essaimé dans l'Amérique entière, sans jamais que l'on puisse renier sa provenance. Les Henhouse Prowlers de Ben Wright en savent quelque chose, qui, depuis Chicago, en sont devenus de vaillants ambassadeurs, rôdant chaque jour que Dieu fait dans le grand poulailler musical américain. Mais aussi en Europe et, plus surprenant, en Afrique, puisqu'on les a vu tourner au Congo, Ouganda, Rwanda, Nigéria et en tout une dizaine de pays du continent, à la demande du programme American Music Abroad du Département d'État Américain, mêlant diplomatie, échange culturel et jam au débotté avec les musiciens locaux. Chop my money Attachés à dépoussiérer ce genre beaucoup plus souple à l'usage que ses prédicats pourraient l'indiquer, les Henhouse Prowlers sont tou

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Le Kraspek Myzik met l'underground en lumière

Plug and Play | Durant un mois, le Kraspek Myzik, important lieu des pentes dédié aux groupes issus de l'émergence, fait son festival : Plug and Play.

Sébastien Broquet | Mardi 10 janvier 2017

Le Kraspek Myzik met l'underground en lumière

Il faut grimper, inexorablement. Et pousser la porte, invariablement, pour pénétrer l'antre du Kraspek Myzik. Là, tout le mois de janvier, se déroulera le festival Plug and Play. C'est Muriel Brunod (aujourd'hui au Bal des Fringants), ancienne programmatrice du lieu, qui a lancé l'événement. « Elle voulait un festival on branche, on joue : c'était simple, l'idée » nous explique Franck Guscioni, l'actuel co-programmateur en compagnie de Ludivine Gibert. « Un truc tout fou qui s'enchaîne pendant quinze jours, avec des trucs pas possibles et de belles découvertes. D'année en année, les programmateurs se sont succédés, j'en suis à mon 4e festival et j'essaye de faire vivre les valeurs mises en place au départ » continue Franck, Ludivine complétant : « Cette année, on a essayé de ramener un truc plus sombre, plus alternatif. C'est une programmation 100% française. Julien Gasc et François Virot ! C'est génial d'avoir ce plateau au Kraspek. Le reste de la programmation, c'est vraiment dans une veine pas connue qui joue habituellement au Grrrnd Zero, que l'on a envie de ramener sur une scène plus institut

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Cœurs de rockeuses

In Uterock | « Atteindre une espèce de transe, même quelques secondes, comme quand tu baises ou tu danses… c’est ça mon kiff ! » clame Julia, guitariste du groupe garage (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 10 janvier 2017

Cœurs de rockeuses

« Atteindre une espèce de transe, même quelques secondes, comme quand tu baises ou tu danses… c’est ça mon kiff ! » clame Julia, guitariste du groupe garage Little Garçon. « L’improbable m’anime. J’adore aller à contre-sens, à l’inverse des idées reçues » raconte Lydie, la batteuse des Toxic Frogs (punk celtique). Leur point commun : être une femme musicienne dans un groupe de rock, univers souvent masculin. Et s’être fait brosser le portrait dans le livre d’Emma Cordenod (l'auteure) et Aurélien Maillet (le photographe), In Uterock. Douze musiciennes d'Auvergne-Rhône-Alpes sont ici croquées. Elles racontent leur parcours, leur place en tant que femme dans le rock, leur motivation « car il en faut pour se faire une place au panthéon du rock à talons » dixit Franck Guscioni, le co-programmateur et coordinateur du Kraspek Myzik, qui signe la préface. Un ouvrage en rouge et noir permettant de découvrir ces groupes par le prisme de leurs personnalités féminines, illustré des belles photographies d’Aurélien Maillet. Soirée de la

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François Virot : « Les aberrations techniques ont leur rôle »

Indie Pop | François Virot (Clara Clara) fait son grand retour en solo avec Marginal Spots, paru en décembre sur Born Bad Records : à savourer live dans le cadre d'une sublime soirée du label au festival Plug & Play, le 23 janvier.

Gabriel Cnudde | Mardi 10 janvier 2017

François Virot : « Les aberrations techniques ont leur rôle »

Peux-tu nous présenter ce dernier album, Marginal Spots ? François Virot : Je pourrais le présenter par rapport à mon premier album, Yes or no (2008), mais ce ne serait pas forcément une bonne idée vu le temps qui sépare les deux. Entre-temps, il y a quand même eu deux albums de Clara Clara et deux albums de Réveille. J'ai assez peu de recul sur cet album pour le moment. C'était juste des morceaux que je jouais au local, à un moment où je n'avais pas trop d'actualité. J'étais assez libre de faire ce que je voulais. Quand j'ai vu que j'avais quatre ou cinq morceaux qui tournaient bien, j'ai commencé à penser à un album. Avec certains morceaux, j'ai volontairement tenté d'aller voir ailleurs pour donner un peu d'air au disque. J'ai du mal à en parler dans son ensemble, j'arrive plus à parler des morceaux. La critique avait été très bienveillante envers ton premier album solo. As-tu ressenti une pression particulière en écrivant le second ? Non, justement parce que c'était longtemps après. Je pense que certains se rappellent du premier, d'autres n

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Louise Vignaud, nouvelle directrice des Clochards Célestes

SCENES | Après avoir fait en trente ans du théâtre des Clochards Célestes un lieu incontournable pour la jeune création, Élisabeth Saint-Blancat reprend son métier de (...)

Nadja Pobel | Vendredi 9 décembre 2016

Louise Vignaud, nouvelle directrice des Clochards Célestes

Après avoir fait en trente ans du théâtre des Clochards Célestes un lieu incontournable pour la jeune création, Élisabeth Saint-Blancat reprend son métier de comédienne et passe la main en douceur à Louise Vignaud, officiellement en fonction cet été. Issue du département mise en scène de l'ENSATT, elle a déjà assisté Michel Raskine, Richard Brunel ou récemment Claudia Stavisky sur Tableau d'une exécution. Elle signera dans la Célestine en janvier son quatrième spectacle, Tailleur pour dames de Feydeau.

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Cartes d'étudiants : les bons plans

Les bons plans étudiants | C'est le bon temps ! Un étudiant n'est pas bien riche, mais il peut profiter des nombreuses tarifications très avantageuses qui lui sont plus ou moins réservées.

Nadja Pobel | Mardi 4 octobre 2016

Cartes d'étudiants : les bons plans

La carte culture Créée il y a un an, cette carte est un sésame pour la ville et ses structures culturelles. Et il se trouve qu'il y en a beaucoup. Au commencement, il y avait la carte de bibliothèque qui existe toujours au prix de 10€ (18-25 ans) et 18€ pour les plus âgés : elle permet d'emprunter vingt documents différents tous supports confondus (finie la division entre livre, CD, DVD) quel que soit votre lieu de domiciliation. Couplé à la carte musée, cette carte culture offre pour 15€ (18-25 ans) ou 38€ la gratuité aux musées Gadagne (histoire de la ville de Lyon et marionnettes du monde), Imprimerie, Beaux-Arts, Art contemporain, CHRD et même le musée Malartre consacré à l'automobile situé à Rochetaillé mais dont Lyon est propriétaire. En vente dans tous ces lieux (à l'exception de ce dernier), la carte culture offre aussi des réductions dans les salles de spectacles de la ville et alentours (Célestins, Croix-Rousse, TNP, Auditorium, Opéra...), à l'Institut Lumière ou à son musée attenant. Renseignements : www.lyon.fr ou dans les lieux concernés Pass culture

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Les bottes de trente lieues d'Elisabeth Saint-Blancat

Théâtre des Clochards Célestes | Trente ans qu’Élisabeth Saint-Blancat est aux manettes du théâtre des Clochards Célestes, créé en 1978 : elle en a fait un lieu incontournable de découvertes pour petits et grands. Rencontre avec une directrice exigeante et épanouie.

Nadja Pobel | Mercredi 4 mai 2016

Les bottes de trente lieues d'Elisabeth Saint-Blancat

Quand Yves Barroz, qui avait fondé le théâtre des Clochards Célestes à la place d'une épicerie à la fin des années 70, demande à une jeune comédienne toulousaine de reprendre le lieu, elle hésite, n'ayant jamais trempé dans le volet administratif de son art. Mais elle accepte. Nous sommes au printemps 1986 : Élisabeth Saint-Blancat, 40 ans, va pouvoir mettre sa curiosité insatiable au service d'une structure. Si elle n'a l'expérience que des grands lieux (son mari d'alors, Jacques Rossner, l'assistant de Planchon, était directeur du CDN du Nord), elle a chevillé au corps ce goût de la découverte qui l'amène à la fin des 60's à arpenter les coulisses du TNP où travaillent Samy Frey, Francine Bergé. En 2016, elle voit toujours plus de 200 à 300 pièces par an ! C'est avec ce bagage irremplaçable qu'aux Clochards, elle fonde de nombreux (feu) festivals, dont les Aulecquiades consacré aux auteurs contemporains ou ETC dédié à la jeunesse (le Off des rencontres internationales pour le théâtre, l'enfance et la jeunesse initié au Théâtre des Jeunes Années). Ces deux axes, ADN de son théâtre, sont aussi le socle de son exigence. Comédienne à Mouffetard devan

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Vont, vivent et deviennent

En acte(s) | Grozny Panzani Paradis, de Samuel Pivo ; Ton tendre silence me violente plus que tout, de Joséphine Chaffin : que se trame-t-il, (...)

Nadja Pobel | Mercredi 4 mai 2016

Vont, vivent et deviennent

Grozny Panzani Paradis, de Samuel Pivo ; Ton tendre silence me violente plus que tout, de Joséphine Chaffin : que se trame-t-il, derrière ces titres singuliers ? Ce sont des textes de théâtre écrits sur commande, passée par Maxime Mansion, un comédien sorti de l’ENSATT, ancien membre de la troupe permanente du TNP et initiateur du projet En Acte(s) avec la compagnie La Corde rêve, qu’il dirige avec Elisa Ruschke. Objectif : donner la possibilité à de jeunes auteurs de se confronter directement à la scène, les sortir du confinement de leur chambre d’écriture puisque les classiques (Shakespeare, Marivaux, Molière…) écrivaient pour être portés très rapidement au plateau, rappelle Maxime Mansion. Depuis octobre 2014, à raison d’un lundi par mois (huit par saison), une pièce sur un thème libre mais lié à l’actualité, ne devant pas dépasser une heure de jeu et ne mobilisant pas plus de cinq comédiens est présentée. Pas d’effet technique ni de mise une scène — mais une mise en espace —, trois semaines d’apprentissage de texte pour les comédiens et à peine plus de huit jours de répétition avant la publication de la pièce : voilà les ingrédients d

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Scènes découvertes en quête d'avenir

SCENES | Les Scènes découvertes craignent des lendemains sombres. Enquête au sein de celles dédiées au théâtre et à la danse, malmenées depuis que l’accord Ville-État-Région n’a pas été reconduit sous sa forme initiale en ce début d'année : du Croiseur à l'Espace 44, l'inquiétude prime.

Nadja Pobel | Mardi 22 mars 2016

Scènes découvertes en quête d'avenir

La culture est une affaire de passionnés. André Sanfratello, directeur de l'Espace 44, a été contraint de vivre de sa retraite quand la DRAC s'est retirée du projet, en 2010 : il a ainsi pu maintenir le salaire de ses cinq salariés en supprimant le sien. Mais la Ville vient de lui retirer 5000€ supplémentaires. Désolé, il constate qu’on lui « prend les petites sommes qu’il a pour survivre. » Ce qui ne l’empêchera pas de fêter les trente ans de son théâtre, du 26 avril au 30 mai. Au Croiseur, seule Scènes découvertes dédiée à la danse, un salarié est devenu bénévole pour pérenniser l'activité d'un lieu subissant la même punition de la DRAC. La plus grande salle de ce dispositif, située dans un quartier moins central à Gerland, est privée de ses 37 000€ annuels, en plus des 5000€ déjà amputés en 2015. Son directeur et fondateur Didier Vignali s'est séparé de deux de ses six permanents. Pour trouver de la trésorerie, il loue la salle à des organisateurs de concerts (cf. Cobra en janvier, organisé par les Briques du Néant). Malgré un « flou absolu » quant à son avenir, il maintient une programmation, dont la Biennale off de la danse et le Frako (avec les

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Ryley Walker, fils de ses pairs folk

MUSIQUES | Prononcez les mots "folk" et "finger-picking", ajoutez vaguement quelque allusion à la mélancolie, même vague, et une propension au lyrisme discret et (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 septembre 2015

Ryley Walker, fils de ses pairs folk

Prononcez les mots "folk" et "finger-picking", ajoutez vaguement quelque allusion à la mélancolie, même vague, et une propension au lyrisme discret et on va vous balancer dans les pattes la discographie entière de Nick Drake (aïe, Five Leaves Left, ouille, Bryter Layter) et quelques clins d'œil appuyés à celle de Tim Buckley. Ryley Walker n'a guère dû échapper à cela, lui qui se situe esthétiquement à mi-chemin des deux précités – lorgnant même dangereusement du côté du jazz hybridé dont a tâté Buckley Sr. après ses sublimes et pourtant incomprises envolées folk. Et pas très loin non plus de Bert Jansch. N'oublions pas John Martyn, puisque le titre de l'album Primerose Green pourrait être une référence directe du Chicagoan au songwriter de New Malden. Les spécialistes l'auront compris, Ryley Walker ne fait pas dans le paillard ou le festif et encore moins dans le contemporain. De fait, la mélancolie qui l'habite est encore ce qu'il y a de plus contemporain chez lui, tant ses disques sont les reflets de ce que l'on devrait avoir envie de composer après une bo

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Le Kraspek Myzik : 10 ans d'activisme indie

MUSIQUES | Depuis le début de l'année, le Kraspek Myzik fête son dixième anniversaire. L'occasion de revenir en compagnie de Nicolas Tiran, l'un de ses fondateurs, sur l'histoire de ce singulier «espace de diffusion et de création de musique indépendante». Valentine Martin

Benjamin Mialot | Mardi 5 mai 2015

Le Kraspek Myzik : 10 ans d'activisme indie

L'aventure commence en 2003, avec une association au nom redoutable : Lerocképamort. Elle compte alors trois fondateurs, jeunes et passionnés de musique – Nicolas Tiran, le dernier encore actif, est aujourd'hui son président, autour duquel gravite une trentaine de bénévoles. Dès le départ, leur mission s'impose d'elle-même, nette et sans concession : faire découvrir au public des artistes et des groupes de musique amateurs ou en voie de professionnalisation. Dans cette idée, Lerocképamort organise des concerts et se lance dans une activité de disquaire. Mais le besoin d'un local se fait rapidement sentir. Deux ans plus tard, l'association acquiert en bas des pentes de la Croix-Rousse le Kafé Myzik, alors vacant et pile dans ses moyens. «On connaissait déjà un peu le lieu avoue Nicolas Tiran. On savait comment il fonctionnait et ce qu'on pouvait en faire». Le Kafé Myzik devient le Kraspek Myzik, une salle de concert à taille très humaine (80 places) doublée d'un espace de vente de disques à l'écart des circuits traditionnels. Tous les styles de musique y sont représentés, du rap au folk en passant par l'électro. Une incongruité pour une assoc

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Pass Découvertes : 4€ la place !

SCENES | Pour la deuxième saison consécutive, les "Scènes Découvertes" de Lyon proposent un Pass Découvertes théâtre, danse, cirque et musique. Ce Pass est vendu 32 € et (...)

Nadja Pobel | Jeudi 5 septembre 2013

Pass Découvertes : 4€ la place !

Pour la deuxième saison consécutive, les "Scènes Découvertes" de Lyon proposent un Pass Découvertes théâtre, danse, cirque et musique. Ce Pass est vendu 32 € et donne droit à une entrée pour deux personnes dans quatre de ces huit salles du réseau Scène Découvertes : - A Thou Bout d’Chant - Ecole de Cirque de Lyon - Espace 44 - Kraspek Myzik - Scène 7 / le Croiseur - Théâtre des Clochards Célestes - Théâtre de l’Elysée - Théâtre des Marronniers Avec une offre très attractive quant au prix (les places reviennent à 4 €) et la diversité de la proposition artistique, les Scènes Découvertes participant à l’opération veulent inciter les spectateurs à découvrir la richesse d’un réseau accordant une place privilégiée aux nouveaux artistes.

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Saines découvertes

MUSIQUES | La vocation de Plug & Play, festival sis dans le microscopique Kraspek Myzik (60 places en bourrant bien) : «organiser un festival intra-muros (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 6 janvier 2012

Saines découvertes

La vocation de Plug & Play, festival sis dans le microscopique Kraspek Myzik (60 places en bourrant bien) : «organiser un festival intra-muros avec une programmation un peu plus poussée que d'habitude.» Pour Olivier Ferrier, programmateur, la priorité est de «soutenir la nouvelle scène lyonnaise, mais pas que, avec des entrées à 5€ et un système de pass». Une manière de continuer le travail effectué tout au long de l'année par la petite salle de la montée Saint-Sébastien. Mais aussi l'occasion de présenter des artistes plus reconnus comme Slow Joe, Fabio Viscogliosi ou même Les Marquises, «susceptibles eux d'évoluer dans de plus grandes salles» : «Slow Joe ce sera un peu particulier, en acoustique, avec des guests. On est vraiment content de l'avoir mais je préfère parler des groupes émergents». Comme par exemple Paloma, Vesper Land ou Erwan Pinard, trois artistes qui tiennent à cœur au programmateur. Le festival qui a eu la bonne idée d'investir une période plutôt pauvre en concerts, le mois de janvier, sera ainsi l'occasion de faire de véritables et très certainement étranges rencontres co

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Chanson de gestes

SCENES | Théâtre / Parfois avec trois bouts de ficelles, un texte ardu en prose, il est possible de faire un très bon spectacle. Encore faut-il avoir une bonne (...)

Nadja Pobel | Mercredi 16 novembre 2011

Chanson de gestes

Théâtre / Parfois avec trois bouts de ficelles, un texte ardu en prose, il est possible de faire un très bon spectacle. Encore faut-il avoir une bonne dose de talent et un sens du spectacle (au sens noble du terme). C’est précisément ce que possède la jeune compagnie La Nouvelle Fabrique. Issus de l’ENSATT, les acteurs, scénographe et créateur-son qui la composent s’amusent avec l’écrivain absurde russe Daniil Harms. C’est déjà la quatrième fois qu’ils triturent ses écrits de la première moitié du XXe siècle. Dans La Vieille (aux Clochards Célestes jusqu’au 3 décembre), le récit grince, couine, rugit, se murmure. Outre Thomas Fitterer, acteur principal en grande forme, ses acolytes, la pianiste Anne Rauturier et le bruitiste metteur en scène Colin Rey, donnent à la pièce des airs de film d’animation. Pourtant l’univers n’a rien de commun avec celui de Tex Avery ou Woody Woodpecker. Une vieille dame meurt chez un jeune homme qui cherche à se débarrasser de cet encombrant cadavre en même temps qu’il laisse filer la jeune femme pour qui il vient d’avoir un coup de foudre. En une heure de temps, sa cavale effrénée dans les rues de Saint-Pétersbourg ne manque jamais de souff

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Courtes scènes

SCENES | Ils sont seuls en scène et, pour une durée de spectacle inférieure à une heure, ils se lancent sur un plateau presque nus, quasiment sans accessoire. De (...)

Nadja Pobel | Jeudi 31 mars 2011

Courtes scènes

Ils sont seuls en scène et, pour une durée de spectacle inférieure à une heure, ils se lancent sur un plateau presque nus, quasiment sans accessoire. De jeunes acteurs et metteurs en scène proposent au Théâtre des Clochards Célestes trois pièces par soir, jusqu'au dimanche 10 avril. Hormis «Pénélope et vice-versa» que nous n'avons pas vu, qui est un spectacle de clowns, les deux autres sont du théâtre. Dans «Monologue sans titre» et «Ta lettre, enfin !», les comédiens Baptiste Jamonneau et Guillaume Pigé campent des personnages en attente, l'un de son père qui ne vient pas le sauver de la misère dans laquelle il s'enfonce et l'autre, sur un ton moins réaliste et plus romantique, attend des nouvelles de sa fiancée. Malgré des maladresses dues à l'aridité de l'exercice (un seul en scène), ces deux jeunes artistes font aussi preuve de beaucoup d'inventivité. NP

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Transmyzikales

MUSIQUES | Festival / En marge d'une programmation déjà enthousiasmante, le Kraspek Myzik fait son festival en février. Ca s'appelle Plug & Play. Le principe : brancher son instrument et jouer. Ben ouais. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 28 janvier 2011

Transmyzikales

On a parfois tendance à oublier que point il n'est besoin de disposer d'un hippodrome, des terres en laissées en jachère par un vieil oncle ou même d'une grande cause humanitaire à défendre avec tambours, trompettes et Pascal Obispo, pour organiser un bon petit festival de musique. Lorsque celui-ci a lieu à quelques encablures des programmations redondantes des grandes migrations estivales, ce n'est pas plus mal. Et lorsque le lieu qui accueille est à peine plus grand qu'une tête d'épingle, bon, disons une grosse tête d'épingle, ça peut avoir son charme. Et ça n'empêche pas de convier quelques jolies tête d'affiche, comme on dirait : à la bonne franquette. C'est tout à fait le principe du festival Plug & Play, ci-devant établi au Kraspek Myzik et mis en branle par l'association rattachée Lerockepamort. Un événement en parfaite adéquation avec la jolie programmation pop-folk déjà délivrée par la petite salle au nom Krakra. Ainsi verra-t-on débarquer la belle rennaise Laetitia Sheriff pour un set solo des plus ébouriffants. Une bien belle soirée puisqu'en première partie, il sera également permis de tomber amoureux d'Arianna Monteverdi, une Dolly Parton réincarnée (même si la vraie n

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Théâtre Suppose que la mer soit sucrée

SCENES | Il est quasiment impossible de trouver des spectacles pour les touts petits. Avec "Suppose que la mer soit sucrée" Carine Pauchon propose une pièce pour (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 12 février 2010

Théâtre
Suppose que la mer soit sucrée

Il est quasiment impossible de trouver des spectacles pour les touts petits. Avec "Suppose que la mer soit sucrée" Carine Pauchon propose une pièce pour les bébés à partir de 6 mois. Un texte contemporain, un travail sur la langue des signes, des camaïeux de couleur, une création sonore et une robe de douze mètres qui se transforme au fil du spectacle. Un spectacle à découvrir au Théâtre des Clochards Célestes, jusqu'au 19 février.

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Bal des festivals

SCENES | Théâtre / Plutôt que de débuter une saison par le premier spectacle d'une longue liste, de plus en plus en de théâtres choisissent de faire place aux jeunes compagnies et aux découvertes lors d’un festival de rentrée. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 28 août 2009

Bal des festivals

Le Théâtre des Clochards Célestes n'a pas attendu la nouvelle «mode» des festivals de rentrée. Depuis douze ans, Élisabeth Saint-Blancat, la programmatrice du lieu, tente de mélanger différents publics. La formule est immuable : un spectacle jeune public à 18 heures puis deux ou trois autres pour les adultes dès 19 heures. Et, contrairement aux années précédentes, l'horaire de chaque spectacle n'est pas précisé afin que les spectateurs ne viennent pas faire leur marché en piochant juste un concert ou une pièce. Le but est bien de réunir le public sur l'ensemble de la soirée comme le prouve le tarif attractif de 11€ par soir. Au programme, du théâtre bien sûr mais aussi des lectures, de la musique, des contes par de très jeunes compagnies qui ont répondu à un appel à projets ou par des artistes plus expérimentés. Parmi eux, Guy et Yves Prugnier vont lancer leur nouvelle création, «Correspondances». Fabrique de théâtreOffrir un patchwork de créations au public et une rampe de lancement pour les compagnies : voilà le double objectif des toutes les structures d'accueil. «Nous pouvons ainsi donner une échéance de représentation aux artistes ou leur proposer un lieu de représ

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Scènes à découvert

SCENES | Théâtre / Le label Scène découverte créé il y a sept ans est en danger. Quatre théâtres (Les Clochards Célestes, l'Élysée, l'Espace 44 et les Marronniers) ont pour (...)

Nadja Pobel | Jeudi 29 janvier 2009

Scènes à découvert

Théâtre / Le label Scène découverte créé il y a sept ans est en danger. Quatre théâtres (Les Clochards Célestes, l'Élysée, l'Espace 44 et les Marronniers) ont pour mission d'accompagner la création contemporaine et sont liés depuis 2002 à l'État et à la Ville de Lyon par une convention triennale. La dernière en date arrivait à échéance le 31 décembre. Elle n'a été pas reconduite, plaçant leurs directeurs dans la plus grande incertitude quant à la poursuite de la saison. André Sanfratello, de l'Espace 44, a fait une pause dans les répétitions de sa prochaine pièce d'après Calaferte «car je ne sais pas si je pourrai payer les comédiens». La Ville, qui a versé en 2007 195 000€ à ces structures (contre 96 000€ versés par la DRAC), affiche un soutien ferme pour renouveler cet accord et apporte déjà une trésorerie immédiate afin que les théâtres puissent régler leurs factures et charges de ce début 2009. La DRAC, qui avait jeté un froid en janvier, en faisant la sourde oreille pour fournir des subventions, semble commencer à considérer le dossier mais rien n'est fixé. Au-delà des chiffres se pose la question de l'utilité de cette mission de découverte qui incombe à ces quatre sall

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