Reines à l'arène : "Marie Stuart, Reine d'Ecosse"

Marie Stuart, Reine d'Ecosse
De Josie Rourke (ÉU, Ang, 2h07) avec Saoirse Ronan, Margot Robbie...

Drame / De Josie Rourke (É-U-G, 2h04) avec Saoirse Ronan, Margot Robbie, Jack Lowden…

Son récent veuvage renvoie la jeune reine de France Marie Stuart dans son Écosse natale, où son trône est convoité par sa parente Elizabeth Ière d’Angleterre, laquelle se verrait bien doublement couronnée. Marie lui fait part de ses vues sur Albion. Diplomatie, trahisons et guerre à l’horizon…

La Favorite vient récemment de prouver qu’il était possible d’être fidèle à l’esprit d’une époque en adoptant une esthétique décalée et volontairement anachronique. Sur un sujet voisin (grandeurs et misères des monarques britanniques) Marie Stuart offre a contrario l’exemple d’un dévoiement calamiteux de l’Histoire à la limite du révisionnisme, gâchant un bon sujet par des intentions politiquement correctes nuisant à la véracité et à l’authenticité factuelles d’un film semblant, en apparence, soigner le moindre détail au nom de son idée du “réalisme“.

Ce n’est pas tant la lecture “féministe“— le terme est, là encore, anachronique — dans la gouvernance jumelle de Mary et Elizabeth qui pose problème : avant même que la notion soit définie, elle existait de fait. Mais cette enviable mixité ethnique que Josie Rourke donne à voir, autant parmi le peuple que la cour, jamais entachée par la moindre friction, alors que la haine coule par torrents entre papistes et anglicans. Que de tolérance en Grande-Bretagne, 150 ans avant l’abolition de l’esclavage !

Autant l’on peut comprendre une discrimination positive, et une obligation d’engager des comédiens représentant la diversité humaine dans des productions se déroulant dans un temps contemporain ; autant l’imposer dans des décors historiques cultivant par ailleurs l’obsession perfectionniste de la reconstitution relève du non-sens et de l’hypocrisie. Car le décalage qui s’ensuit donne à douter de la validité, du sérieux, de l’intérêt de l’ensemble. Dommage, il y avait un enjeu politique et humain.

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