Jeunesse des rencontres

Christophe Chabert | Mercredi 15 janvier 2014

Pas évident d'organiser en janvier un festival consacré au cinéma français quand celui-ci garde ses meilleurs films pour Cannes… Drôle d'endroit pour des rencontres réussit malgré tout cette année encore à proposer un programme certes éclectique, certes inégal — cf notre Flop 10, où figuraient deux des films présentés ici — mais cohérent. C'est dans le documentaire et le film "jeune public" que le festival réussit ses plus belles pioches, avec les avant-premières de La Cour de Babel de Julie Bertuccelli et de Minuscule de Thomas Szabo et Hélène Giraud.

Bertuccelli filme une année scolaire dans une classe d'accueil d'un collège parisien, où se retrouvent des enfants de toutes origines pour rattraper leur retard en français. Cette somme d'expériences individuelles dessine une carte des troubles politiques mondiaux — juifs persécutés en Serbie, liberté bafouée des femmes en Afrique, violence urbaine en Colombie — et leur parole témoigne de l'importance que ses jeunes mettent dans la réussite de leurs études — sans que la cinéaste ne la transforme en leçon à l'attention des élèves français branleurs, suivez mon regard…

Minuscule, adapté d'une pastille télé, est un époustouflant film d'aventures en 3D sans dialogue relatant l'odyssée d'une coccinelle, depuis une boîte à sucre jusqu'à une fourmilière assiégée, une sorte de Gravity pour enfants drôle et virtuose.

Sinon on recommandera le rattrapage du délicat 2 automnes 3 hivers de Sébastien Betbeder — présenté par un de ses acteurs, Bastien Bouillon — et la carte blanche à l'incontournable Bertrand Tavernier — il présentera aussi deux westerns ce samedi à l'Institut Lumière. En plus de son Quai d'Orsay, il a choisi ce qui est sans conteste son meilleur film : Coup de torchon, géniale transposition de Jim Thompson dans l'Afrique coloniale.

Drôle d'endroit pour des rencontres
Aux Alizés de Bron, du 22 au 26 janvier.


Minuscule - La vallée des fourmis perdues

De Thomas Szabo, Hélène Giraud (Fr, 1h29) animation

De Thomas Szabo, Hélène Giraud (Fr, 1h29) animation

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Dans une paisible vallée, des fourmis noires vivent une série d’aventures extraordinaires après la découverte d’une boîte de sucres, un trésor convoité également par les terribles fourmis rouges !


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Le Festival Lumière dévoile ses dates

Cinéma | L’annonce que les triskaïdékaphobes redoutaient, mais que les cinéphiles — qui sont quand même plus nombreux — attendaient avec impatience vient d’être (...)

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Le Festival Lumière dévoile ses dates

L’annonce que les triskaïdékaphobes redoutaient, mais que les cinéphiles — qui sont quand même plus nombreux — attendaient avec impatience vient d’être officialisée : le 13e Festival Lumière aura bien lieu « à Lyon et dans sa Métropole du samedi 9 au dimanche 17 octobre 2021. » Autrement dit, les multiples effets dominos post-Covid ayant frappé le calendrier des rendez-vous cinématographiques internationaux n’affecteront pas celui de la manifestation consacrée au cinéma classique et de patrimoine, qui demeure vissée à la première quinzaine d’octobre. S’il est trop tôt pour annoncer le ou la future récipiendaire du Prix Lumière (cela n’empêchera pas le ban et l’arrière-ban de recycler leurs pronostics), on peut sans trop s’avancer imaginer qu’un moment d’importance sera consacré à celui qui fut l’une des pierres angulaires de l’Institut et du Festival,

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Bertrand Tavernier (1941-2021)

Disparition | Un mois avant son quatre-vingtième anniversaire, le jour du centenaire de Simone Signoret, Bertrand Tavernier est décédé dans sa propriété de Sainte-Maxime. C’est davantage qu’un cinéaste ou que le président de l’Institut Lumière qui disparaît avec lui : un amoureux total et sincère des films et de ceux qui les font, un promoteur de leur restauration et de leur projection. Sa trace n’est pas près de s’effacer.

Vincent Raymond | Vendredi 26 mars 2021

Bertrand Tavernier (1941-2021)

En ouverture de ce qui demeurera son ultime long-métrage sorti sur grand écran, Voyage dans le cinéma français (2016), Bertrand Tavernier avait placé une citation de Jean-Luc Godard : « il y a quelque chose qui nous lie, Bertrand et moi, c’est que nous sommes tous les deux les enfants de la Libération et de la Cinémathèque ». Certes, on ne peut que relever les concordances objectives dans la formation puis le parcours des deux hommes qui les a fait converger plus d’une fois — et ce en dépit de leur onze années d’écart. Tavernier fut l’attaché de presse de Pierrot le fou de JLG (1965), l’année où celui-ci rafla l’Ours d’Or à Berlin pour Alphaville, récompense que Tavernier emporterait en 1995 pour L’Appât… Tous deux sont des enfants d’une bourgeoisie intellectuelle provinciale, qui vont trouver dans le cinéma une sorte épiphanie, passeront par l’adoration compulsive de l’ère des cinés-clubs, une phase (de) critique avant de s’emparer d’une caméra pour tourner… Mais si avec le temps Godard n’a eu de cesse d’étrécir son audienc

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Bertrand Tavernier est mort

Disparition | On vient d’apprendre la disparition à 79 ans du cinéaste, scénariste et producteur Bertrand Tavernier, par ailleurs président de l’Institut Lumière depuis sa création en 1982. Une perte immense.

Vincent Raymond | Jeudi 25 mars 2021

Bertrand Tavernier est mort

Né à Lyon en 1941, celui qui fut attaché de presse et critique avant de s’emparer de la caméra en 1964 pour son premier court-métrage, puis en 1973 pour son premier long L’Horloger de Saint-Paul, aura signé une des œuvres les plus prolifiques et éclectiques du cinéma français contemporain. Sans pour autant renier ses précurseurs à la différence de la génération précédente — Bertrand Tavernier n’hésitera pas à travailler avec les scénaristes Aurenche et Bost conspués par la Nouvelle Vague. Touchant à tous les styles, du polar à l’anticipation en passant par le documentaire ; manifestant en homme engagé son amour pour le rétablissement de la justice sociale (L. 627, Histoires de vies brisées…), le jazz (Autour de minuit), le cinéma (l’extraordinaire Laisser Passer, Voyage à travers le cinéma Français), sa filmographie est émaillée de nombreux prix — il fut le premier récipiendaire du César du réalisateur en 1976 pour Que la fête commence

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Bertrand Tavernier sur Netflix : ça commence aujourd’hui

Plan Canapé | Après Truffaut, Demy, Sautet, Resnais, la plateforme de streaming continue d’élargir son offre en inscrivant dès ce 1er mars quelques-unes des premières œuvres de Bertrand Tavernier. Une mise en bouche avant l’intégrale ?

Vincent Raymond | Lundi 1 mars 2021

Bertrand Tavernier sur Netflix : ça commence aujourd’hui

Rien n’arrête l’appétit de Netflix. Au moment où son concurrent direct Disney lance une plateforme, Star, ayant vocation à le titiller sur le segment “adulte” en proposant notamment des films ou des séries du patrimoine, la firme de streaming opère un nouveau coup d’éclat médiatique en intégrant à son volumineux catalogue cinq titres d’un emblématique auteur français : Bertrand Tavernier. Outre le fait qu’il s’agit pour la plupart d’œuvres parmi les plus primées et célèbres de la première partie de carrière du cinéaste lyonnais (L’Horloger de Saint-Paul (photo), Que la fête commence, Le Juge et l’Assassin, Coup de torchon, La Vie et rien d’autre), elles sont paradoxalement signées par un éminent cinéphile dont on sait l’attachement pour la projection en salle et son soutien au travail d’édition sur support physique des films, qu’il relaie sur son blog. Mais aussi par celui qui assume les f

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L’Institut Lumière aux rayons X de la Chambre Régionale des Comptes

Cinéma | Coutumier d’une certaine discrétion, parfois autarcique, l’Institut Lumière a été contraint à plusieurs séances de rayons X économiques prescrites par la Chambre Régionale des Comptes. Le bilan vient d’être rendu public : si la santé est plutôt correcte, le médecin formules quelques recommandations. Et pour commencer, de bien suivre les protocoles…

Vincent Raymond | Mercredi 24 février 2021

L’Institut Lumière aux rayons X de la Chambre Régionale des Comptes

La CRC (Chambre Régionale des Comptes) vient de publier trois Rapports d’observations définitives portant sur trois structures ayant leur siège rue du Premier-Film : Association Institut Lumière, Société Cinémas Lumière, Société Sortie d’Usine Productions. Trois études connexes puisque la même entité, l’Institut Lumière, les unit et la même personne, Thierry Frémaux, les chapeaute. Trois mémoires mettant au jour non ces

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Une parité hors pair

Drôle d’endroit pour des rencontres | Pourquoi attendre un compte rond pour célébrer les Rencontres du cinéma français de Bron ? Figure d’exception notable dans le paysage métropolitain, voire hexagonal, le festival des Alizés a souvent pris de l’avance sur les autres. Pas seulement grâce à ses avant-premières…

Vincent Raymond | Mardi 28 janvier 2020

Une parité hors pair

Chaque année depuis 1991, le festival brondillant consacré au cinéma français Drôle d’endroit pour des rencontres projette aux Alizés des films majoritairement inédits et accueille nombre de professionnels et professionnelles, en se souciant davantage de critères qualitatifs des œuvres et de la disponibilité des cinéastes que de leur genre. Toutefois, la proportion des réalisatrices, productrices, comédiennes, scénaristes et autres artistes ou techniciennes y paraît toujours plus importante qu’ailleurs — étant mis à part le Festival de Films de Femmes de Créteil, dont l’intitulé a, révérence parler, un je-ne-sais-quoi d’ostracisant ou de réducteur aujourd’hui. Si après octobre 2017 et le scandale Weinstein, l’ensemble de l’industrie et les tutelles ont multiplié les déclarations d’intentions (comme l’annonce d’un bonus de 15% dans les subventions pour les films dont les équipes sont exemplaires en matière de parité) ou les résolutions (la création du

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Tavernier, Huston et Lang à l’Institut Lumière

Reprise | L’Institut Lumière fait d’une pierre deux, voire trois coups, en conviant son président Bertrand Tavernier pour un rendez-vous autour de la réédition de son (...)

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Tavernier, Huston et Lang à l’Institut Lumière

L’Institut Lumière fait d’une pierre deux, voire trois coups, en conviant son président Bertrand Tavernier pour un rendez-vous autour de la réédition de son pavé d’entretiens avec des cinéastes d’Hollywood, Amis Américains. Tout juste auréolé d’une Étoile d’Or remise à Marrakech par son ami Harvey Keitel, le cinéaste-historien dédicacera son volumineux ouvrage à l’entracte de la soirée composée de deux films — difficile de faire moins. D’abord, Quand la ville dort (1950) de John Huston (Asphalt Jungle, à ne pas confondre avec While the City Sleeps, La Cinquième Victime de Fritz Lang), qui vit Sterling Hayden, bien avant L’Ultime Razzia, camper le cerveau d’un casse. Suivra fort logiquement puisque le cycle Fritz Lang bat son plein à l’Institut Lumière, une réalisation américaine du maître allemand, Espions sur la Tamise / Le Ministère de la peur (1944). Adapté de Graham Greene, ce thriller d’espionnage censé se dérouler en Angleterre mêle malgré lui le personnage de Ray Milland à

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Thomas Szabo & Hélène Giraud : « il y a une loi intrinsèque à l’univers de Minuscules »

Minuscules 2 | Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le film qui conjugue entomologie et épopée en saluant Spielberg et Walt Disney. Il se murmure même qu’un troisième volet de Minuscules est en préparation. Conversation avec les deux auteurs de la série et des deux films…

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Thomas Szabo & Hélène Giraud : « il y a une loi intrinsèque à l’univers de Minuscules »

D’où vient votre passion pour les insectes ? Thomas Szabo : On habitait à la campagne tous les deux. Tout vient de notre plaisir d’observation, qu’on a voulu faire perdurer. Le premier volet cinématographique était-il conçu pour être unique, ou l’idée du serial flottait déjà puisque Minuscules a commencé par une série ? TS : Comme un film unique. Évidemment, vu le succès et la mode de faire des suites, de fil en aiguille on nous a demandé d'en faire une ; on l’a faite. Et maintenant que c’est devenu une habitude, on a mis un petit easter egg final de manière à ce que ce soit simple pour une éventuelle suite — pour Retour vers le futur, comme ils n’avaient pas prévu de suite et qu’ils avaient une chute géniale, ils se sont arraché les cheveux pour coller à ce que raconte le personnage à la fin. Quant au le premier Minuscules, il avait été initié par le fait que la série avait eu beaucoup de succès : c'est toujours le succès qui lance. Mais il nous

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Coccinelle, bête à bon 2 : "Minuscule 2 - Les Mandibules du Bout du Monde"

Animation | De Thomas Szabo & Hélène Giraud (Fr, 1h32) avec Thierry Frémont, Bruno Salomone, Stéphane Coulon…

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

 Coccinelle, bête à bon 2 :

Alors que la famille coccinelle est sur le point d’hiberner, l’enfant terrible de la famille se retrouve expédié en Guadeloupe. Suivant son instinct paternel, l’héroïne de l’opus précédent s’envole à la rescousse de sa progéniture, bénéficiant au passage de l’aide de la fourmi et de l’araignée… Il n’est pas donné à tout le monde de se renouveler en préservant ses fondamentaux. C’est pourtant ce qu’ont accompli Thomas Szabo & Hélène Giraud par deux fois, en tirant un long-métrage de leur série d’animation d’abord, puis en lui offrant cette suite — on devrait d’ailleurs plutôt parler de “continuité darwinienne“, étant donné qu’il y a évolution et amélioration techniques. Empruntant la grammaire des documentaires animaliers contemporains qui anthropomorphisent et héroïsent leurs sujets, les cinéastes la décalent d’un cran sur un mode parodico-épique ; un ton hybride (et un contraste) répondant la forme, puisque arthropodes et autres bestiaux conçus en images de synthèse sont, rappelons-le, incorporés dans des décors réalisés en prises de vues réelles. En s’inscr

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Drôle d’endroit pour des rencontres à Bron

Festival | C’est un fait acquis depuis bientôt trente ans : en janvier, le rendez-vous du cinéma français est brondillant. Aux Alizées, les équipes défilent, à la rencontre (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 janvier 2019

Drôle d’endroit pour des rencontres à Bron

C’est un fait acquis depuis bientôt trente ans : en janvier, le rendez-vous du cinéma français est brondillant. Aux Alizées, les équipes défilent, à la rencontre d’un public toujours curieux (et nombreux) afin de présenter leurs nouveautés — et souvent des premiers-nés. Ce sera le cas avec le très bon film de prétoire — mais pas que — Intime conviction de Antoine Raimbault, inspiré de l’affaire Viguier, où Olivier Gourmet campe un très convaincant Éric Dupond-Moretti, de Les Drapeaux de papier signé par le tout jeune Nathan Ambrosioni avec Noémie Merlant (également présente), Christophe Lemasne pour Moi, Maman, ma mère et moi ou Romain Laguna pour Les Météorites. Quelques habituées feront le déplacement, comme Julie Bertuccelli, ici dans la veine fiction pour La Dernière Folie de Claire Darling (inaugurant le festival) ou Fabienne Godet avec Nos vies formidables — qui était venue en 2006 pour son premier long avec Sauf le respect que je vous dois. Vedette des festi

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Tir groupé au Comœdia

Avant-Première | Semaine faste au Comœdia qui enchaîne les venues d’équipes (et donc les avant-premières). C’est tout d’abord Thomas Szabo, coréalisateur du nouvel opus (...)

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

 Tir groupé au Comœdia

Semaine faste au Comœdia qui enchaîne les venues d’équipes (et donc les avant-premières). C’est tout d’abord Thomas Szabo, coréalisateur du nouvel opus Minuscule (Les Mandibules du Bout du Monde) qui se posera pour présenter ce film d’animation mercredi 5 décembre à 15h30. Le lendemain, Mia Hansen-Løve et son actrice Aarshi Banerjee viendront évoquer Maya, puis ce sera au tour de Louis Garrel et Laetitia Casta de venir mercredi 12 décembre à 20h accompagné du film qu’ils interprètent tous deux et que le premier réalise, L’Homme fidèle. Il va y avoir encore du beau monde photographié par Nicolas Spiess. Au Comœdia les mercredi 5, jeudi 6, mercredi 12 décembre

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En attendant Jane Fonda

Institut Lumière | Star majuscule de l’automne dans le quartier Monplaisir (et l’ensemble de la Métropole), la future récipiendaire du 10e prix Lumière verra un choix de ses (...)

Vincent Raymond | Lundi 3 septembre 2018

En attendant Jane Fonda

Star majuscule de l’automne dans le quartier Monplaisir (et l’ensemble de la Métropole), la future récipiendaire du 10e prix Lumière verra un choix de ses films projetés en guise d’hommage lors du festival. Pour mettre le public en appétit, et permettre à certaines œuvres risquant de ne pas bénéficier d’une séance entre les 13 et 21 octobre, l’Institut en programme trois extraites de la carrière de Jane Fonda ; trois moments assortis de présentation ou de conférences pour se remémorer le parcours de cette icône ayant marqué tant la pellicule par ses rôles que la vie politique mondiale par ses engagements. C’est Julia (1977) de Fred Zinnemann qui ouvrira le bal le 13 septembre, durant les séances de présentation du festival. Inspiré par un épisode de la vie de l’autrice et scénariste Lillian Hellman, ce drame se déroulant durant les prémices de la

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Un bon vent aux Alizés

Festival | Janvier est un mois durant lequel on se souhaite une bonne année et où l’on espère effectuer de belles rencontres. Pour voir son vœu exaucé, inutile (...)

Vincent Raymond | Mardi 23 janvier 2018

Un bon vent aux Alizés

Janvier est un mois durant lequel on se souhaite une bonne année et où l’on espère effectuer de belles rencontres. Pour voir son vœu exaucé, inutile d’attendre les beaux jours : le festival des Alizés à Bron tient chaque année cette promesse de mettre en relation le public de ses salles avec les auteurs et talents émergents qui ont fait la saison écoulée ou qui feront celle à venir. En plus d’un quart de siècle d’existence, longue est la liste de ces cinéastes, producteurs, scénaristes et comédiens à avoir inscrit leur nom à l’affiche de Drôle d’Endroit pour des Rencontres. Une liste qui s’enrichit cette année de visiteurs combatifs. Dès l’ouverture jeudi 25, c’est le militant Gilles Perret qui chauffera la salle à rouge avec L’Insoumis, portrait (flatteur) de Jean-Luc Mélenchon suivi durant la dernière présidentielle. Suivra le lendemain l’inauguration avec le (mal nommé, pour le coup) La Fête est finie, premier long-métrage de Marie Garel-Weiss en sa présence ainsi que de ses comédiennes Zita Hanrot et Clémence Boisnard. Égalemen

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"Voyage à travers le cinéma français" : c’était sa première séance

ECRANS | Bertrand Tavernier raconte son rapport affectif aux films qui l’ont construit, dévoile son Panthéon intime. Édifiant, enthousiaste, touchant : trois quarts de siècle d’un compagnonnage actif avec le cinéma, à tous les points de vue et d’écoute.

Vincent Raymond | Mardi 11 octobre 2016

Bertrand Tavernier ne pouvait choisir meilleur public que celui du Festival Lumière — manifestation organisée par l’institut homonyme, qu’il préside, dans la ville où il est né — pour présenter les premières séances du documentaire-somme retraçant son parcours. Car davantage qu’une audience acquise, celle-ci se révèlerait surtout réceptive au projet de ce ciné-fils/cinéphile, l’accompagnant bien volontiers dans l’exploration de sa mémoire d’ogre. Promis depuis des années, ce Voyage dans le cinéma français offre un retour très personnel aux sources primitives de sa passion pour l’écran d’argent ; aux origines de sa curiosité fervente et contagieuse, devenue avec les années prosélytisme chaleureux en faveur de tous les types de cinémas, peu importent les chapelles, du moment qu’ils lui apportent du plaisir — son emploi immodéré du superlatif absolu et de l’épithète “formidable” est d’ailleurs légendaire. Oncle Tatave, celui qui se souvient de tous les films Tout aussi prodigieuse se révèle sa mémoire cinématographique, presque indissociable du contexte folklorique des séances qu'il ressuscite : le voisin fa

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À Vaulx Jazz comme des images

ECRANS | Chaque édition d’À Vaulx Jazz donne l’occasion de rappeler combien fécondes peuvent être les noces entre ce genre musical et le cinéma, combien intacte demeure leur complicité.

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

À Vaulx Jazz comme des images

L’un et l’autre nés à la fin du XIXe siècle, ces deux vecteurs d’expression populaire ont prospéré en marge dans les rues ou les foires, avant de se tailler leur place parmi les disciplines artistiques considérées comme ”nobles“. On en arrive même à un formidable paradoxe aujourd’hui, où tout film pourvu d’une bande originale jazzy se trouve d’emblée doté d’une aura de raffinement vintage, voire d’un brevet d’intellectualisme woodyallenien ! Parfaites girouettes, les mentalités ont une stabilité comparable aux gouvernements de la IVe République… Quatuor de choc Justement, parmi les quatre films retenus dans la programmation de cette année figure un classique de cette époque : Rendez-vous de juillet (1949). Signé par Jacques Becker, le Howard Hawks français, ce film aspire l’air ambiant autant qu’il s’en inspire — en particulier celui des caveaux jazz ayant fleuri après la Libération à Paris. Révélant les comédiens Maurice Ronet et Nicole Courcel, il a aussi le flair de capter les notes du jeune Claude Luter et de ses “Lorientais”. Revendiquant en musique des goûts éclectiques (« de Duke Ellington

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La Cour de Babel

ECRANS | Un an dans une classe d’accueil parisienne avec des adolescents venus de tous les pays du globe : un beau documentaire de Julie Bertuccelli qui, en adoptant un point de vue local, dresse une carte des troubles qui agitent le monde. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 11 mars 2014

La Cour de Babel

L’école, nouveau lieu d’élection du documentaire français ? Le triomphe d’Être et avoir, la Palme d’Entre les murs — une fiction, certes, mais avec de gros morceaux de réalité à l’intérieur — et le succès au long cours du très réac’ Sur le chemin de l’école pointent en tout cas la salle de classe comme miroir d’une société, de ses conflits, de ses espoirs et de ses doutes. Avec La Cour de Babel, Julie Bertuccelli opère une parfaite synthèse de tous ces films-là, posant sa caméra pendant un an dans une classe d’accueil parisienne, c’est-à-dire un "sas" de remise à niveau pour adolescents étrangers fraîchement arrivés en France. Il y a là une institutrice modèle — Brigitte Cervoni — des élèves attachants, certains très doués — Felipe, un Chilien qui raconte son histoire dans une BD particulièrement inspirée, Andromeda, une Roumaine à l’intelligence éclatante et au regard débordant de bienveillance — et d

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Minuscule, la vallée des fourmis perdues

ECRANS | De Thomas Szabo et Hélène Giraud (Fr, 1h29) animation

Christophe Chabert | Mercredi 22 janvier 2014

Minuscule, la vallée des fourmis perdues

Il fallait pas mal de culot pour réaliser un blockbuster animé pour enfants made in France qui repose : 1) sur un jeu quasi-abstrait entre les échelles, digne de Del Toro dans Pacific Rim ; 2) sur l’absence de dialogues, remplacés par des bruitages aussi irréalistes qu’hilarants qui donnent à sa bande-son des allures de symphonie cartoonesque et psychédélique ; 3) sur des climax totalement déments, comme cette descente d’une rivière à l’intérieur d’une boîte à sucres ou cette attaque de fourmilière à base de feux d’artifices et de cure-dents — pastiche amusé de la mythique séquence du gouffre de Helm dans Le Seigneur des anneaux. Minuscule fonctionne en tout cas et cette odyssée d’une coccinelle qui prête main-forte à des fourmis noires pourchassées par des fourmis rouges prend, par l’effet conjoint de la 3D, du photoréalisme et d’une mise en scène extrêmement méticuleuse dans son découpage et ses mouvements, des allures de production expérimentale déguisée en film tout public. À quelques faiblesses près — l’épisode dans la maison, claire

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2 automnes 3 hivers

ECRANS | Un joli film signé Sébastien Betbeder, à la fois simple et sophistiqué, qui raconte des petites choses sur des gens ordinaires en tentant de leur donner une patine romanesque, comme un croisement entre les chansons de Vincent Delerm et celles de Dominique A. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 18 décembre 2013

2 automnes 3 hivers

Les histoires d’amour entre trentenaires, l’angoisse de l’âge adulte, les instants fugaces, les départs et les retrouvailles, les films qui font partie de la vie et les chansons qu’on fredonne… 2 automnes 3 hivers a à peu près tout pour se faire détester par ceux qui fustigent un cinéma d’auteur français désespérément étriqué. Et Vincent Macaigne, metteur en scène de théâtre devenu "star" d’une génération de cinéastes l’utilisant dans son propre rôle d’ahuri lunatique et bégayant, y tient un des rôles principaux, ce qui ajoute au potentiel d’irritation de ce film signé Sébastien Betbeder. Pourtant, malgré l’étroitesse de son rapport au monde, malgré la fragilité de son propos, 2 automnes 3 hivers possède un charme tout à fait singulier et une réelle audace derrière son apparente modestie. Betbeder tente un grand écart entre la simplicité de ce qu’il raconte et la sophistication de son dispositif, qui emprunte à la littérature, au théâtre et surtout à de nombreux artifices purement cinématographiques. Les Amants parallèles Un matin, en allant faire son jogging, Arman croise Amélie ; comme il veut revoir cette belle inconnue, il retourne courir,

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Quai d’Orsay

ECRANS | De Bertrand Tavernier (Fr, 1h54) avec Thierry Lhermitte, Raphaël Personnaz, Niels Arestrup…

Christophe Chabert | Mercredi 30 octobre 2013

Quai d’Orsay

Le cinéma de Bertrand Tavernier ne brille pas par sa légèreté ; d’où étonnement de le voir s’emparer de la BD de Blain et Lanzac relatant sur un mode de comédie picaresque le passage au ministère des Affaires étrangères de Dominique de Villepin, rebaptisé Alexandre Taillard de Worms. Grand bien lui en a pris : c’est son meilleur film depuis des lustres, malgré ses évidentes faiblesses. Adoptant le point de vue du candide Arthur Wlaminck, recruté pour s’occuper du «langage» au sein du cabinet, Tavernier met en lumière le bordel intégral que le ministre sème autour de lui, mélange d’égocentrisme, de cuistrerie, de copinage et d’agitation pure et vaine. Tant qu’il reste dans l’enceinte du Quai d’Orsay, le film est franchement plaisant, notamment grâce à la double prestation de Lhermitte et Arestrup, antinomiques comme le feu et la glace. La lourdeur de Tavernier revient dès qu’il en sort, notamment pour aller filmer les scènes parfaitement inintéressantes entre Arthur et sa compagne, aération inutile d’un récit qui méritait plus de radicalité. Se plaçant sous la Présidenc

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ACID animé

ECRANS | À Cannes, la semaine de l’ACID (Association pour le Cinéma Indépendant et sa Diffusion), qui aime à sa définir comme le Off du festival, fait figure de salon (...)

Christophe Chabert | Mercredi 25 septembre 2013

ACID animé

À Cannes, la semaine de l’ACID (Association pour le Cinéma Indépendant et sa Diffusion), qui aime à sa définir comme le Off du festival, fait figure de salon des refusés. On y trouve à la fois les films qui n’ont pas eu les honneurs d’être choisis dans les sélections officielles et parallèles — on se demande pourquoi parfois, comme dans le cas de La Bataille de Solférino, sur les écrans depuis quinze jours, qui vaut quand même mieux que Tip Top et La Fille du 14 juillet, pour rester dans le cadre franco-français — et des objets généralement inclassables. Car l’ACID, c’est le triomphe du docu intime ou engagé, du micro-budget et du world cinéma. En témoigne la programmation de cette année, que le Comoedia reprend ce week-end : Andrew Kötting, auteur du remar

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Tavernier, Fuller : deux révoltés

CONNAITRE | Lors du dernier festival Lumière, Bertrand Tavernier semblait en colère contre la tournure que prenait le système de production français des studios, (...)

Dorotée Aznar | Lundi 12 décembre 2011

Tavernier, Fuller : deux révoltés

Lors du dernier festival Lumière, Bertrand Tavernier semblait en colère contre la tournure que prenait le système de production français des studios, participant au parfum de mélancolie qui avait imprégné la manifestation et ses invités. Cela éclaire sans doute cette soirée qui lui est consacrée à l’Institut Lumière mardi 20 décembre. D’abord, il dialoguera avec Thierry Frémaux et Noël Simsolo, à qui il a consenti de donner une série d’entretiens parus le mois dernier sous le titre Le Cinéma dans le sang. Il y retrace sa carrière à travers ses rencontres décisives, notamment avec les grands cinéastes hollywoodiens d’hier (Ford, Walsh) ou d’aujourd’hui (Scorsese, Tarantino). Le titre du livre trahit cette passion cinéphile, mais aussi ce besoin de tourner qui semble aujourd’hui se compliquer pour lui. Est-ce un hasard s’il présentera, pour la deuxième partie de la soirée, le film d’un autre grand révolté, Samuel Fuller ? J’ai vécu l’enfer de Corée (1950) élabore ce qui deviendra son thème de prédilection : la guerre filmée du point de vue du simple soldat (ce que Fuller a été), sans romantisme ni héroïsme, au plus près de la réalité. Avec une économie de série B

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La Princesse de Montpensier

ECRANS | De Bertrand Tavernier (Fr, 2h19) avec Lambert Wilson, Mélanie Thierry…

Christophe Chabert | Mardi 26 octobre 2010

La Princesse de Montpensier

Nicolas Sarkozy a involontairement remis Madame de La Fayette à la mode. Après "La Belle Personne" de Christophe Honoré (d’après "La Princesse de Clèves"), Bertrand Tavernier s’attaque à "La Princesse de Montpensier". Pour le moderniser ? Non, le film est une reconstitution d’époque proprette, très qualité française. Pour en faire ressortir la pertinence ? À la rigueur, on voit bien qu’à travers le personnage de Mademoiselle de Mézières, qui oscille romantiquement entre l’homme promis et l’homme aimé, c’est la question toujours d’actualité de la liberté féminine qui est envisagée. Mais le film est littéralement aspiré par un académisme plombant, que la caméra en mouvement perpétuel dissimule à grand peine. Cela se traduit par une absence de quotidienneté frappante, des scènes d’action pataudes, un texte étouffe-chrétien et surtout la raideur quasi cadavérique des jeunes acteurs recrutés pour l’occasion. Que Tavernier ait choisi de les faire jouer comme dans une dramatique télé de l’ORTF, laissant aux seuls Lambert Wilson et Michel Vuillermoz le droit d’apporter un peu de liberté dans le film, en dit long sur son affinité avec son sujet : une certaine perplexité, sinon un vrai mé

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Dans la brume électrique

ECRANS | Cinéma / Tiré d’un roman noir de James Lee Burke, ce film américain de notre Tavernier national ne manque ni d’ambition, ni de bons acteurs, mais d’un rythme suffisamment prenant pour faire tenir ensemble son complexe écheveau d’intrigues. CC

Christophe Chabert | Jeudi 9 avril 2009

Dans la brume électrique

Longtemps attendue, sortie directement en DVD aux Etats-Unis dans une version raccourcie d’une vingtaine de minutes, cette adaptation de James Lee Burke par un Bertrand Tavernier délocalisé pour l’occasion sur le sol américain intriguait. Mais assez vite, la déception pointe son nez. Ce que l’on peut reprocher d’ordinaire au cinéma de Tavernier (sa lourdeur démonstrative, l’épaisseur de ses dialogues) est pour une fois mis en sourdine : Dans la brume électrique possède une certaine fluidité d’exécution et une attention réelle aux personnages dont on ne cherche pas à expliquer toutes les motivations. En revanche, là où le cinéaste se casse les dents, c’est pour trouver un rythme à cet enchevêtrement ambitieux d’intrigues courant sur près de cent cinquante ans. Pas de pays pour un vieuxLes crimes d’aujourd’hui, crapuleux, ceux d’hier, raciaux, et ceux, fondateurs, de la guerre de sécession, se rejoignent donc dans la ballade désabusée d’un flic alcoolique et humaniste, Dave Robichaud, fort justement campé par le toujours parfait Tommy Lee Jones. Mais ce récit touffu paraît pourtant particulièrement délié, plein de temps morts, comme une accumulation indolente de séquence

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Amicalement. Bertrand.

ECRANS | Pour finir en beauté l’événement Tavernier de l’Institut Lumière, un week-end de films américains choisis et présentés par le cinéaste-cinéphile illustrera le beau livre paru chez Actes Sud. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 15 janvier 2009

Amicalement. Bertrand.

D’abord, un mot sur Amis américains, le livre de Bertrand Tavernier. On a dit un peu vite qu’il s’agissait d’un recueil d’entretiens, mais il ne faudrait pas oublier les analyses consacrées à chaque cinéaste par Tavernier. Il s’y avère un formidable commentateur de cinéma, capable d’englober dans ses textes tous les aspects d’une œuvre, des variations de mise en scène jusqu’aux thèmes et aux idées qui relient chaque film. Sans vouloir faire de la nostalgie rance, on a un peu perdu cette manière de regarder les films, de communiquer des plaisirs de spectateur au plus près de ses émotions, tout en conservant une mémoire du passé pour manier des perspectives historiques. Une petite leçon, donc, qui va s’accompagner le week-end prochain d’une grande : la confrontation avec les films présentés par Tavernier au public de l’Institut Lumière. Des spectateurs gâtésChoix surprenant, d’ailleurs, car on n’y retrouve pas les piliers du livre que sont John Ford, Henry Hathaway ou André de Toth, ni les amis récents que sont Joe Dante, Tarantino et Alexander Payne. Tavernier a même profité de l’occasion pour rajouter un chapitre inédit et bienvenu avec l’hommage rendu au récemme

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Amis américains

CONNAITRE | La réédition d’Amis américains est un événement à plus d’un titre. Non seulement il reprend, dans une version luxe (en grand format avec près d’un millier (...)

Christophe Chabert | Jeudi 27 novembre 2008

Amis américains

La réédition d’Amis américains est un événement à plus d’un titre. Non seulement il reprend, dans une version luxe (en grand format avec près d’un millier d’illustrations) les textes et entretiens avec les cinéastes, célébrés ou peu connus, de la première édition (de Ford à Altman en passant par les vrais «amis» de Tavernier que sont De Toth, Daves ou Boetticher, et les «blaklistés» du MacCarthysme) ; mais il y ajoute une passionnante préface où l’intervieweur est interviewé (par Thierry Frémaux) et trois nouvelles interviews inattendues avec Alexander Payne, Joe Dante et Quentin Tarantino. Stimulantes par leur érudition gourmande, elles permettent de jeter un éclairage sur des personnalités dont les cinémas se rejoignent par un même souci de s’inscrire dans une histoire des images, classique ou iconoclaste. Un livre indispensable ! Amis Américains (Actes Sud/Institut Lumière).

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Intégrale Tavernier à l’Institut Lumière

ECRANS | Bertrand Tavernier est un cas à part dans l’histoire récente du cinéma français : de tous les cinéastes apparus dans les années 70, il est un des seuls à n’avoir (...)

Christophe Chabert | Jeudi 27 novembre 2008

Intégrale Tavernier à l’Institut Lumière

Bertrand Tavernier est un cas à part dans l’histoire récente du cinéma français : de tous les cinéastes apparus dans les années 70, il est un des seuls à n’avoir jamais cessé de tourner pour le cinéma (à la différence des cinéastes à éclipses que sont Séria, Thomas, Boisset, Jessua ou même Garrel !). Son œuvre semble aujourd’hui estimée à sa juste valeur, ses meilleurs films étant aussi ses plus populaires (Le Juge et l’assassin, Coup de torchon, Un dimanche à la campagne, Autour de minuit, La Vie et rien d’autre, L627, L’Appât et Capitaine Conan). Dans cette rétrospective, le plus rare reste l’activité documentaire de Tavernier. Son chef-d’œuvre sur la guerre d’Algérie notamment (La Guerre sans nom), mais aussi les films qu’il a réalisés sur la banlieue (De l’autre côté du périph’) ou la double-peine (Histoires de vies brisées). Intégrale Tavernier jusqu’au 25 janvierWeek-end hommage les 13 et 14 décembre.

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Gentleman Bertrand

ECRANS | Rencontre avec Bertrand Tavernier, cinéaste-cinéphile revendiqué, à l’occasion de la rétrospective de l’Institut Lumière et de la réédition de son livre «Amis américains». Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 27 novembre 2008

Gentleman Bertrand

Petit Bulletin : La nouvelle version d’Amis américains, avec trois interviews nouvelles, surprend par ce choix de trois cinéastes-cinéphiles, ce qui n’était pas le cas des cinéastes que vous aviez interviewés pour la première édition.Bertrand Tavernier : C’était pour aborder la raison d’être du livre, à savoir un livre écrit par un cinéaste qui est aussi cinéphile. J’ai pu écrire sur un certain nombre de réalisateurs et de scénaristes qui, à l’époque où je parlais avec eux, n’étaient pas vraiment reconnus. Budd Boetticher, c’est la première interview, Herbert Biberman, c’est la seule interview… Il y avait deux manières de prolonger ce livre : ou on continuait vers les nouveaux metteurs en scène et il n’y avait pas de frontière. J’aurais pu ajouter des interviews de gens que j’ai rencontrés comme Clint Eastwood, les frères Coen, Scorsese... Mais avec Thierry Frémaux, il nous a paru plus intéressant de prendre un autre angle, de trouver des gens proches de moi qui, dans leur propre pays, affichaient le même genre d’idées et qui parfois écrivaient. Joe Dante inonde les gens de mails et a beaucoup écrit dans Video Watchdog, Tarantino a fait connaître toutes ses opinio

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