Les 18 coups de 2018

Les Films du semestre | Avant d’enflammer le dancefloor du réveillon en éclusant (avec modération) la sangria cuvée Gaspar Noé, il vous reste quelques films à siroter. Auxquels vous pouvez ajouter des Animaux fantastiques, des Portraits XL d’Alain Cavalier, ou une visite du Donbass…

Vincent Raymond | Lundi 3 septembre 2018

Photo : © Magali Bragard


Les Frères Sisters de Jacques Audiard (19 septembre)

Escorté par son inséparable partenaire et coscénariste Thomas Bidegain, Jacques Audiard traverse l'Atlantique pour conter l'histoire de deux frères chasseurs de primes contaminés par la fièvre de l'or. Porté par l'inattendue fratrie John C. Reilly/Joaquin Phoenix — à l'œil puant le vice et la perversité — ce néo western-pépite empli de sang et de traumas ne vaut pas le coup, non, mais le six-coups !


Un peuple et son roi de Pierre Schoeller (26 septembre)

Pierre Schoeller semble multiplier les résonances entre 1789 et 2018 dans cette épopée à hauteur d'Histoire et de personnages qui semble fusionner L'Exercice de l'État et Versailles. Le projet est un peu bancal, mais la distribution hallucinante et terriblement d'actualité. Alors, ça ira, ça ira…


Amin de Philippe Faucon (3 octobre)

Chronique de la vie d'un travailleur sénégalais, entre sa famille restée au pays et son existence en France, Amin marque le retour de Philippe Faucon après le triomphe de Fatima (2015). L'humaniste, toujours à l'œuvre, élargit son spectre et semble s'être “dardennisé“ dans ce portrait embrassant non seulement les problématiques de son personnage-titre, mais aussi celles de celles et ceux qui le côtoient. Et ne vous fiez pas à son affiche trompeuse : la relation avec Emmanuelle Devos n'occupe qu'une part infime de l'histoire.


Girl de Lukas Dhont (10 octobre)

Nouveau venu très prometteur, Lukas Dhont a renversé la Croisette avec cette histoire de Lara, jeune ballerine de quinze ans se battant pour rester dans une prestigieuse école de danse, mais aussi pour accélérer sa transition de garçon en fille. Où l'on découvre qu'une famille aimante ne suffit pas, et que la cruauté en apparence anodine des adolescents peut mener au drame. Un film fort et tenu, qui doit énormément à l'interprétation d'une stupéfiante maturité de Victor Polster.


Dilili à Paris de Michel Ocelot (10 octobre)

Depuis Kirikou et la Sorcière (1998) chaque film de Michel Ocelot est ardemment attendu. Moins par les enfants que les adultes, d'ailleurs, appréciant l'originalité stylistique de ce conteur refusant de se soumettre aux diktats censoriaux. Petite déception ici avec cette histoire de jeune Kanake menant une enquête dans le Paris de la Belle Époque : si la forme reste splendide, la structure narrative pêche et le défilé ininterrompu de célébrités (Marie Curie, Proust, Eiffel, Pasteur, Sarah Bernhardt, Louise Michel etc.) tient du carnaval. Dommage.


The Predator de Shane Black (17 octobre)

Roi du buddy movie, Shane fut le créateur de L'Arme fatale avant de passer à la réalisation avec Kiss Kiss Bang Bang ou The Nice Guys. On le vit aussi comme interprète dans Predator (1987) de John McTiernan, franchise qui a depuis fait des petits et dont il dirige ici le quatrième rejeton. Ça peut être chaud…


The House that Jack Built de Lars von Trier (17 octobre)

Dans la tête d'un serial killer aux ambitions (prétentions) esthétiques démesurées, Lars von Trier semble comme chez lui. D'aucuns diront que le personnage de psychopathe joué par Matt Dillon lui ressemble comme le gant gauche d'un chirurgien ressemble à son chiral droit. Vénéneux et inventif, ce film manipulant la suggestion parvient à faire sortir le public craintif lors d'une séquence promettant une mastectomie sur blonde vivante. On ne sait plus à quel sein se vouer…


Cold War de Paweł Pawlikowski (24 octobre)

L'amour au temps de la Guerre froide entre deux Polonais, un compositeur et une chanteuse, d'un côté puis de l'autre du rideau de fer. L'immense Paweł Pawlikowski conjugue la rigueur quadrangulaire en noir et blanc de Ida (2013) avec la sensualité débordante de My Summer of Love (2005) pour une romance dramatique et jazzy habitée par des spectres parentaux. Un Prix de la mise en scène à Cannes à valeur d'hommage — et de consolation ?


Bohemian Rhapsody de Dexter Fletcher (31 octobre)

Rami Malek campe Farrokh Bulsara, autrement dit le fantasque Freddie Mercury, dans ce biopic du meneur du groupe Queen. Une production au long court, ayant subi de nombreuses avanies, — dont la plus tonitruante fut la mise à l'écart du réalisateur Bryan Singer. Mais il ne fallait pas espérer moins d'un film retraçant le parcours de l'une des plus extravagantes stars que le rock ait jamais connues…


En liberté ! de Pierre Salvadori (31 octobre)

C'est bon de rire, parfois. Salvadori, de retour à la comédie, transforme Adèle Haenel en policière veuve de flic héroïque découvrant que son défunt conjoint était un ripou. Décidée à réhabiliter les victimes, elle cause son pesant de dommages collatéraux. Outre de joyeux moments de burlesque, Salvadori livre une intéressante réflexion sur le mensonge ainsi que sur la narration, qui n'est pas sans évoquer Le Magnifique de Philippe de Broca.


Loro de Paolo Sorrentino (31 octobre)

Après Nanni Moretti et son caustique Caïman (2007), au tour de Sorrentino de se pencher sur l'épineux cas de Berlusconi, histoire de donner sa propre version du parcours du bonhomme. Vu la manière dont il avait assaisonné cette vieille canaille d'Andreotti dans Il Divo (2008), on peut s'attendre à du réjouissant. Naturellement, c'est l'incontournable Toni Servilo qui endosse ici la défroque (et la perruque, et les fausses dents…) du Cavaliere.


Heureux comme Lazarro d'Alice Rohrwacher (7 novembre)

La vie d'un groupe de paysans italiens contemporains maintenus hors du monde en servage par une marquise avaricieuse, et la singulière destinée de l'un d'entre eux, Lazarro, innocent et bienheureux. Teinté de réalisme magique, ce conte qui n'est pas sans évoquer Olmi et Pasolini, a valu à Alice Rohrwacher le Prix du scénario à Cannes.


Kursk de Thomas Vinterberg (7 novembre)

On avait quitté Thomas Vinterberg évoquant ses souvenirs d'enfance dans La Communauté (2017) ; il persiste d'une certaine manière dans le huis clos avec ce récit inspiré par la tragédie du sous-marin nucléaire russe passé par le fond avec son équipage en 2000. Au générique de cette superproduction internationale, le réalisateur de Submarino retrouve Matthias Schoenaerts (après Loin de la foule déchaînée) et dirige Colin Firth, Léa Seydoux ou encore Max von Sydow.


Les Chatouilles de Andréa Bescond & Eric Métayer (14 novembre)

De son seule-en-scène à succès sur un sujet pourtant difficile (les actes pédophiles dont elle a été victime enfant de la part d'un ami de la famille), la comédienne et réalisatrice Andréa Bescond a livré avec Éric Métayer une adaptation cinématographique forte gardant certains codes du théâtre pour ouvrir son récit et même jouer avec – notamment lorsqu'elle invite sa psy dans ses souvenirs. L'un des films qui a le plus fait parler de lui dans la sélection Un certain regard du dernier Festival de Cannes, auréolé d'une distribution prestigieuse – Karin Viard et Clovis Cornillac en parents qui n'ont rien vu, Pierre Deladonchamps en prédateur duplice, Carole Franck en thérapeute investie… AM


Astérix - Le Secret de la Potion Magique d'Alexandre Astier & Louis Clichy (5 décembre)

Le succès artistique, critique et public de Astérix : Le Domaine des dieux (2014) exigeait que Alexandre Astier & Louis Clichy remissent le couvert pour un nouvel opus. C'est chose faite avec ce long métrage dont, comme le titre le laisse sous-entendre, on ne sait pas grand-chose, outre le fait que la vénérable et historique voix du héros a changé de mains — si l'on ose dire. L'immarcescible Roger Carel ayant fait valoir ses droits à la retraite, Astérix parlera donc à travers la bouche de Christian Clavier. Sic transit gloria mundi


Leto de Kirill Serebrennikov (5 décembre)

Encore un biopic de chanteur rock : Victor Tsoï, à la notoriété circonscrite à l'ex-URSS et à quelques pays frères. Ce précurseur de la new wave soviétique au sein du groupe Kino a inspiré le metteur en scène et Kirill Serebrennikov (récemment assigné à résidence par Poutine) pour cette biographie somptueusement photographiée en noir et blanc s'offrant des digressions métaphoriques façon comédie musicale. Une histoire de la rébellion artistique encore d'actualité.


Une affaire de famille de Hirokazu Kore-eda (12 décembre)

Inattendue Palme d'or, ce film tendre présente le quotidien d'une famille de petits escrocs vivant d'expédients malhonnêtes mais pourvus d'un grand cœur : ils n'hésitent pas à recueillir une gamine maltraitée. Un argument tout simple, du classicisme à revendre et beaucoup d'affect ; voilà qui tombera juste pour les fêtes de fin d'année.


Miraï, ma petite sœur de Mamoru Hosoda (26 décembre)

On ne cesse de le seriner dans ces pages, mais il faut que vous en preniez conscience : Mamoru Hosoda est le plus grand des cinéastes d'animation nippons, surtout lorsqu'il parle de l'enfance. La voici encore au centre de l'histoire de Miraï, petite fille dont la naissance bouleverse la vie de son grand-frère Kun. La suite ? Elle sera sans nul doute fantastique à bien des égards, et à découvrir au lendemain de Noël. Un pur cadeau.

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Week-end d’automne en Isère

ESCAPADES | Vous faites quoi ce week-end ? Voici quelques idées pour profiter des belles couleurs de la nature, sans oublier de goûter les spécialités locales dans les plus jolis coins d’Isère : aventure et réconfort à seulement quelques kilomètres de Lyon ! L’automne est arrivé, les feuilles rougissent et l’air se rafraîchit… mais ce n’est pas une raison pour rester enfermé ! Pour changer des balades en forêt à la recherche des châtaignes et champignons (pour les plus connaisseurs) on vous propose quelques idées d’excursions à quelques kilomètres de Lyon, pour le week-end ou la journée !

Article Partenaire | Samedi 16 octobre 2021

Week-end d’automne en Isère

©Jocelyn Chavy Rando avec vue Rien de tel que la rando en automne ! Fini les grosses chaleurs, on s’équipe d'un bon bonnet, thermos et pique-nique aux petits oignons ! A cette époque, les panoramas valent le détour grâce au manteau doré que revêt la végétation. Au-dessus du lac de Paladru (à 1h de Lyon) l’itinéraire de la Pierre de Libre Soleil est le paradis des traileurs mais convient aussi très bien aux balades familiales. Pour une balade entre nature et pierres anciennes, le château de Bressieux (1h15 de Lyon) en Nord-Isère fait voyager dans le temps mais aussi dans le parc naturel de Chambaran. Pour passer la nuit sur place et profiter à fond, rendez-vous au gîte de la Tour

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L'OL signe avec Live Nation pour son Arena

Décines | C'est la major américaine du divertissement Live Nation qui programmera, sans exclusivité, la future Arena de l'OL à Décines.

Sébastien Broquet | Vendredi 15 octobre 2021

L'OL signe avec Live Nation pour son Arena

Et finalement, c'est Jean-Michel Aulas qui aura ouvert la porte lyonnaise à l'un des mastodontes du divertissement mondialisé, jusqu'ici absents de la cité et de ses environs : c'est Live Nation qui sera l'opérateur non exclusif de la future OL Arena. Autant dire que l'équilibre savamment construit au fil des années au sein de l'écosystème lyonnais des musiques actuelles va être mis à rude épreuve, la major américaine n'ayant pas pour habitude de faire de sentiment quand elle veut s'accaparer un marché ou un territoire. Cette fois, il est évident que la Halle Tony-Garnier va avoir un concurrent de poids sur le secteur des grosses tournées. Ce qui place encore une fois la Ville de Lyon, son maire Grégory Doucet et son adjointe à la Culture Nathalie Perrin-Gilbert — par ailleurs présidente de la Halle Tony-Garnier — en difficulté suite à une décision de leur allié à la Métropole, Bruno Bernard, qui a avalisé la création de cette Arena sans se soucier de l'impact sur les structures existant déjà sur le territoire lyonnais. Le gentleman agreement permettant au festival Nuits de Four

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Les annulations se suivent sans se ressembler aux Célestins

Théâtre | Après avoir appris que Outside n’aurait pas lieu (du 22 au 24 octobre) car les équipes de Kerill Serebrennikov n’ont pas obtenu de laissez-passer des autorités françaises, c’est au tour de Habiter le temps de Michel Didym d’être annulé.

Nadja Pobel | Jeudi 14 octobre 2021

Les annulations se suivent sans se ressembler aux Célestins

Prévu du 16 au 20 novembre, le spectacle Habiter le temps de Michel Didym ne se jouera pas aux Célestins, suite à l’ouverture d’une enquête préliminaire pour viol par le parquet de Nancy et à la publication d’une enquête dans le journal Libération du 1er octobre au sujet du comportement du metteur en scène envers de jeunes comédiennes depuis une dizaine d’années. Si le Théâtre des Célestins dit « respecter le travail en cours de la justice — à ce jour, l’enquête préliminaire se poursuit et Michel Didym reste présumé innocent », la direction affirme ne pouvoir « rester sourde aux nombreuses voix qui se sont exprimées, ni assurer auprès de l’auteur, des comédiens, comédiennes, techniciens et techniciennes engagées sur ce spectacle, des conditions sereines de représentation. L’engagement des Célestins au service des spectateurs, des artistes confirmés ou en

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Roselyne Bachelot à Lyon ce vendredi pour le Festival Lumière

Politique Culturelle | Roselyne Bachelot sera de retour ce vendredi à Lyon. Au programme : le Festival Lumière bien entendu, la ministre de la Culture assistant en soirée à la (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 13 octobre 2021

Roselyne Bachelot à Lyon ce vendredi pour le Festival Lumière

Roselyne Bachelot sera de retour ce vendredi à Lyon. Au programme : le Festival Lumière bien entendu, la ministre de la Culture assistant en soirée à la remise du prix Lumière à la cinéaste Jane Campion. Mais avant cela, elle rendra visite à deux institutions locales liées au 7e art : la CinéFabrique de Claude Mouriéras, une école qui attire l'attention puisque le président Emmanuel Macron a récemment annoncé la création d'un second établissement à Marseille. Enfin, la ministre se rendra également à Villeurbanne, désignée capitale de la culture en France pour 2022, afin de visiter le Pôle Pixel qui devrait être un lieu phare de cette année exceptionnelle et qui accueille en ce moment l'exposition Effets spéciaux, crevez l'écran !. Un déjeuner est également prévu en préfecture.

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Netflix à la CinéFabrique de Lyon

Éducation | Grosse rentrée pour la CinéFabrique ! Le 2 septembre dernier, le chef de l’État en personne annonçait lors de sa visite à Marseille l’ouverture prochaine dans (...)

Vincent Raymond | Mercredi 13 octobre 2021

Netflix à la CinéFabrique de Lyon

Grosse rentrée pour la CinéFabrique ! Le 2 septembre dernier, le chef de l’État en personne annonçait lors de sa visite à Marseille l’ouverture prochaine dans la cité Phocéenne d’un second établissement pour l’école de cinéma, fondée et dirigée par Claude Mouriéras à Lyon. Vendredi 8 octobre, Ted Sarandos, l’un des patrons de Netflix, profitait de sa présence au Festival Lumière — où la plateforme présente quatre films et réseaute à pleins tuyaux pour espérer infléchir la chronologie des médias en France, voire obtenir de figurer dans la sélection compétitive en Cannes… — pour rencontrer les étudiants de la CinéFabrique et annoncer soutenir des bourses scolaires dans le cadre du programme “Éducation à l’image”. Ce partenariat s’ajoute à ceux déjà conclus par la société de Scotts Valley avec d’autres établissements d’enseignement français tels que la Fémis, l’école des Gobelins ou Kourtrajmé. Enfin, vendredi 15 octobre, c’est la ministre de la Culture Roselyne Bachelot

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Le Comœdia fait L’Événement

Avant-Première | La Forme de l’eau, Roma, Nomadland… Depuis 2017, l’avant-première lyonnaise de la projection du Lion d’Or de Venise prenait place dans la programmation (...)

Vincent Raymond | Lundi 11 octobre 2021

Le Comœdia fait L’Événement

La Forme de l’eau, Roma, Nomadland… Depuis 2017, l’avant-première lyonnaise de la projection du Lion d’Or de Venise prenait place dans la programmation du Festival Lumière. Cette année, elle a bien lieu pendant ledit festival mais en marge de la manifestation et à l’initiative du Comœdia : en effet, l’adaptation d’Annie Ernaux par Audrey Diwan, L’Événement, vient d’être programmée pour ce samedi 16 octobre à 19h en présence de la réalisatrice également récipiendaire du Grand Prix de Saint-Jean-de-Luz. Un événement dans l’événement, dont l'annonce est survenue la veille de l'annonce de la non-retenue du film pour représenter la France dans la course à l'Oscar du film étranger (Titane lui a été préféré…) et l'avant-veille de sa sélection au Festival de Sarlat du 9 au 13 novembre prochain. On en reparlera bien évidemment.

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Le cinéma Le Zola change de directeur

Villeurbanne | Changements imminents au Cinéma Le Zola ! À quelques semaines du Festival du Film Court (42e édition et seconde de l’année, du fait des reports covidiens), (...)

Vincent Raymond | Lundi 11 octobre 2021

Le cinéma Le Zola change de directeur

Changements imminents au Cinéma Le Zola ! À quelques semaines du Festival du Film Court (42e édition et seconde de l’année, du fait des reports covidiens), Olivier Calonnec le directeur du mono-écran villeurbannais quitte non seulement son poste mais aussi la région. À 38 ans, il rejoint sa Bretagne natale et s’apprête à prendre la direction d’un établissement de Vannes… début novembre. L’Association pour le cinéma, qui gère le seul cinéma de Villeurbanne, se met donc en campagne pour trouver un ou une successeur. L’enjeu est d’importance : outre l’exploitation ”ordinaire” des films de cette salle très dynamique classée art & essai, le Zola programme trois festivals (Film Court, Reflets du Cinéma Ibérique et Latino-américain, Ciné O’clock…) et sera sans nul doute l’un des lieux-clefs de "Villeurbanne 2022, capitale de la culture" l’an prochain.

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Nuits de Fourvière : triple M en juin prochain

Festival | Il vous a manqué, M ? Voilà en tout cas deux ans que l'homme-lettre n'est pas monté sur scène — la dernière fois c'était en décembre 2019 — et le (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 11 octobre 2021

Nuits de Fourvière : triple M en juin prochain

Il vous a manqué, M ? Voilà en tout cas deux ans que l'homme-lettre n'est pas monté sur scène — la dernière fois c'était en décembre 2019 — et le connaissant ça doit autant le démanger que ça démange ses fans. Qu'on se rassure, voici le grand retour en live de l'avatar de Mathieu Chedid qui dans la foulée de l'annonce de la tournée de son nouveau spectacle vient d'annoncer trois dates consécutives — pour éponger l'appétit des M-ophiles — aux prochaines Nuits de Fourvière. C'est pour les 20, 21 et 22 juin au Théâtre Antique, donc — ou d'autre ? Ne nous précipitons pas, l'ouverture des réservations attendra le 11 mars 2022.

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"Mourir peut attendre", un dernier James Bond pour Daniel Craig : mourir et laisser vivre

Espionnage | Sorti de sa retraite pour contrer une pandémie terroriste (et se venger de Blofeld), Bond se découvre de nouveaux ennemis… et des alliés et alliées inattendues. Retardé depuis 18 mois, l’ultime épisode interprété par Daniel Craig clôt par un feu d’artifice inédit son cycle d’aventures dans la peau de l’agent britannique. Défense de spoiler !

Vincent Raymond | Mercredi 6 octobre 2021

Après avoir porté un sérieux coup à l’organisation criminelle Spectre et capturé son chef Ernst Stavro Blofeld, James Bond s’octroie une escapade italienne en compagnie de Madeleine Swann. Leur tête-à-tête romantique va être contrarié par plusieurs fantômes de leurs passés respectifs, les contraignant à une rupture brutale. Cinq ans plus tard, Bond est tiré de sa retraite par son ami Felix Leiter de la CIA, après qu’un savant russe retourné par le MI6 a été enlevé avec une redoutable arme biologique de sa confection… Tourné et finalisé avant la pandémie, retardé à cause d’icelle, Mourir peut attendre traite donc d’une… pandémie. Ou du moins du combat de James Bond contre une puissance terroriste cherchant à déclencher une attaque bactériologique (pour faire simple) à l’échelle planétaire. Un argument réactualisant celui de Au Service Secret de Sa Majesté (1969) de Peter Hunt, lui-même produit au moment de l’épidémie de grippe de Hong Kong. La fatalité a de ces ironies… Seul épisode interprété pa

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Peinture Fraîche, toujours plus technologique

Street Art | La troisième mouture du festival Peinture Fraîche marque à la fois une transition et un retour de la vie culturelle. Un festival qui s’inscrit dans l’air du temps : zoom sur les innovations amenées par le directeur artistique, Cart'1.

Alpha Saliou Diallo | Mercredi 6 octobre 2021

Peinture Fraîche, toujours plus technologique

Sous la direction artistique de Cart’1, ce festival est une prise de température du street art aujourd’hui et à l'international. Une cinquantaine d’artistes sont réunis durant un mois dans un spot, la Halle Debourg, confirmant l’implantation de Lyon sur la carte mondiale de la discipline. Peinture Fraîche 2 était une introduction aux nouvelles technologies dans le street art. L'édition 3 lui consacre une place centrale avec l’essentiel des œuvres en réalité augmentée via l’application dédiée et la caméra de nos smartphones. « J’aime bien rappeler que le spray de peinture est une évolution technologique, que son premier but était de colorier du mobilier avant de faire des fresques, puis les artistes s’en sont emparés » explique Cart’1. Une complémentarité rétine-téléphone : là où l’écran marque habituellement une distance entre virtuel et instant présent, il devient dans cette édition la clé ouvrant les portes d’une second

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Sylvain Vallée et Mark Eacersall dédicacent "Tananarive" ce week-end à Lyon

Bande Dessinée | L'illustre Sylvain Vallée s'associe au scénariste Mark Eacersall pour un premier roman graphique réjouissant et drôle, Tananarive : en dédicaces à Lyon ce week-end.

Sébastien Broquet | Jeudi 7 octobre 2021

Sylvain Vallée et Mark Eacersall dédicacent

Sylvain Vallée fait partie des héritiers de la ligne claire classique dont il a su s'extraire pour la faire évoluer au plus proche de ses sujets, souvent portés par la grande Histoire, comme avec Il était une fois en France — meilleure série à Angoulême en 2011 — qui évoquait l'occupation et la collaboration durant la Seconde guerre mondiale. Il était alors en tandem avec Fabien Nury, il s'associe cette fois avec Mark Eacersall (également primé à Angoulème avec GoSt 111 en 2020) pour un roman graphique (sa première incursion hors d'une série) au scénario beaucoup plus léger : l'histoire d'une vie pépère qui bascule dans le road trip, d'un notaire à la retraite nommé Amédée qui s'offre un premier voyage au volant d'un coupé dépucelé pour l'occasion. Héros sur le retour L'ouvrage se nomme Tananarive, et à la base, ce devait être un film avec Jean-Pierre Marielle — qui n'aura, vous l'avez compris, jamais vu le jour. C'est drôle, enlevé, rebondissant et plaira aux amateurs de buddy movie comme aux lecteurs des Vieux Fourneaux — les héros so

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Les Papillons d’Or Fragiles à l'Espace 44

SCENES | Quand Shakespeare rencontre les séries télé, ça donne Les Papillons d’Or Fragiles : une pièce de théâtre réunissant un comédien et une violoncelliste, qui composent l’histoire d’un acteur pris entre deux feux.

Article Partenaire | Lundi 4 octobre 2021

Les Papillons d’Or Fragiles à l'Espace 44

“ Victor Vivier va enfin jouer le Roi Lear. Le jeune, talentueux et médiatique metteur en scène Stanislas Beaupain l’a choisi pour incarner le rôle-titre. C’est l’aboutissement de sa carrière, son plus grand rêve d’acteur. Mais Victor a été pendant plus de trente ans le héros d’un feuilleton à succès : Peut-il se débarrasser du personnage qui lui colle à la peau ? Seul, dans sa loge, à quelques heures de la première, Victor lutte contre le trac, les doutes, et les souvenirs. “ Voici le pitch de la nouvelle pièce de Sandrine Bauer, jouée à l’Espace 44 du 12 au 24 octobre. Le spectacle est donc centré autour du personnage de Victor, acteur chevronné, installé dans un confort quotidien, qui se retrouve confronté au problème du choix d’une vie, mais aussi de la sécurité de l’emploi. Choisir entre le risque flamboyant et la sécurité ronronnante, c’est un dilemme récurrent du comédien mais pas que : la pièce aborde ici une problématique universelle. Un duo jeu et violoncelle Victor est donc l’unique personnage de la pièce mais il n’est pas seul sur scène : joué par Philippe Saïd, il est accompagné par

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Aux Célestins, Love, à la folie

Théâtre | Bouleversant, intimidant par tant de sensibilité, Love est un immense spectacle de théâtre dans lequel Alexander Zeldin nous convie dans un foyer d’urgence de l’aide sociale britannique.

Nadja Pobel | Mercredi 6 octobre 2021

Aux Célestins, Love, à la folie

C’est un fils quadra, tatoué, un peu gros, qui lave les cheveux de sa vieille mère incontinente dans l’évier, avec une casserole et du liquide vaisselle. C’est une gamine qui dit qu’elle a froid, c’est un homme qui s’agace qu’une autre lui ai piqué sa tasse parce qu’il n’a que ça et elle s’excusera de son erreur involontaire, c’est un père qui, faute d’avoir honoré un rendez-vous à l’agence pour l’emploi, voit ses allocations supprimées et l’obligation, en dernier recours, d’aller à la banque alimentaire. Du pathos ? Certainement pas. Love n’est pas un petit précis illustré de la misère à l’heure du néo-libéralisme, dans un pays qui n’a pas manqué d’être pionnier en la matière sur ce vieux continent européen. L’auteur et metteur en scène britannique de 36 ans, Alexander Zeldin, neveu de l’historien des Passions françaises, ne construit pas des personnages pour donner corps à un propos mais parce qu’il les aime, les estime, il leur rend leur dignité. C’est bien toute l’affaire de ce spectacle créé en 2016, vu en France en 2018 et sans cesse reporté depuis, qui trouve son origine dans la lecture d’un rapport à l’intention d’un important

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Ne jetez plus : donnez avec Solid’aire

ACTUS | Vous les avez peut être aperçu sillonnant les rues du 7e et 3e arrondissements : ces drôles de vélos bleus aux allures de camionnettes du futur ont été acquis par le Foyer Notre Dame des Sans Abri qui lance son dispositif Solid’aire, un service de collecte de dons en triporteur électrique.

Louise Grossen | Jeudi 7 octobre 2021

Ne jetez plus : donnez avec Solid’aire

L’association Notre Dame des Sans Abri qui a pour devise "Accueillir – Héberger – Accompagner – Insérer" poursuit sa lutte contre la précarité en développant un réseau de commerçants se portant volontaires pour être récipendiaires de dépôts de dons de petits volumes : vêtements, livres, jouets, petit électroménager, vaisselle, outils etc… Le but ? Encourager la revalorisation de petits objets et créer de l’emploi. Comment ? Les structures partenaires se voient attribuer des caisses dans lesquelles n’importe qui peut déposer des objets dont il souhaite se séparer. « Les dons sont ensuite collectés en triporteur et redistribués aux personnes accompagnées par l’association, ou remis en vente dans nos Bric à Brac. Ce nouveau dispositif est avant tout un excellent prétexte de support à l’insertion professionnelle des employés de l’atelier » nous explique Vincent Chevallier, coordinateur du dispositif. L’atelier Si l’on connait bien ses actions d’accueil, d’accompagnement ou même son bric à brac, l’atelier vélo du Foyer Notre Dame des Sans Abri reste parfois méconnu des habitants et habitantes.

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Bulle Ogier : « Maîtresse est le film le plus joyeux que j’ai fait »

Festival Lumière | Discrète et indispensable égérie du cinéma de la fin des années 1960 à nos jours, Bulle Ogier figure parmi les invitées d’honneur de cette 13e édition du Festival Lumière. Sa présence, et celle de tous les personnages féminins libres qu’elle a incarnés, relève d’une évidence à quelques jours de la remise du Prix Lumière à Jane Campion, dont Bulle Ogier peut être considérée comme une inspiratrice et précurseuse. Conversation avec une idole…

Vincent Raymond | Mercredi 6 octobre 2021

Bulle Ogier : « Maîtresse est le film le plus joyeux que j’ai fait »

Trois films dans lesquels vous jouez vont être présentés durant le Festival Lumière. Avez-vous participé au choix de leur programmation ? Bulle Ogier : Thierry Frémaux et Maelle Arnaud ont choisi La Salamandre d’Alain Tanner et Céline et Julie vont en bateau de Jacques Rivette. Même si je considère que c’est plutôt le film de Juliet Berto et de Dominique Labourier, je suis très contente de le présenter pour Juliet, Jacques et d’autres qui ne sont plus là comme Suzanne Schiffman qui a travaillé au scénario. Et parce que c’est un film joyeux de Rivette — peut-être même le seul qui soit joyeux. Un film d’été alors que Le Pont du Nord est un film d’hiver. Ils avaient aussi choisi La Vallée parce qu’ils disaient que c’était un tournant de la fin des années 1960-début des années 1970 ; à la place j’ai pris Maîtresse. J’ai appris après qu’il passait à la télé — ce que je ne pouvais pas imaginer, étant donné qu’on est dans une période de régression un peu puritaine — alors que

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Laboratoire artistique, trois artistes à l'Orangerie

Art Contemporain | Trois artistes, nées dans les années 1980 et vivant à Lyon, exposent pour la première fois dans leur ville d’adoption. Et investissent pour l'occasion un lieu (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 7 octobre 2021

Laboratoire artistique, trois artistes à l'Orangerie

Trois artistes, nées dans les années 1980 et vivant à Lyon, exposent pour la première fois dans leur ville d’adoption. Et investissent pour l'occasion un lieu singulier : l’Orangerie du Parc de la Tête d’Or. Cet espace, vaste et difficile à occuper, s’avère être idoine pour leurs œuvres en lien avec la nature, l’hybridité entre les espèces, la métamorphose et la représentation de la matière… La luxuriance de certaines œuvres de Silène Audibert résonne avec la végétation du parc. L’attrait pour la pierre de Jeanne Held fait écho à la minéralité de l’Orangerie. Et les formes animales qui se devinent parfois dans les aquarelles de Handan Figen font lien avec la faune alentour. L’accrochage entremêle les œuvres des trois jeunes femmes (sculptures, dessins, gravures…) avec bonheur. Le visiteur est frappé (comme le titre de l’exposition l’indique : Curiosités d’être(s)) par l’aspect curieux, expérimental, en deven

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"Le Dernier Duel" de Ridley Scott : boucherie à l’arène

Drame | Une querelle entre nobliaux moyenâgeux se transforme en duel judiciaire à mort quand l’un des deux viole l’épouse de l’autre. Retour aux sources pour Ridley Scott avec ce récit où la vérité comme les femmes sont soumises au désir, à l’obstination et à la vanité des hommes.

Vincent Raymond | Lundi 11 octobre 2021

France, fin du XIVe siècle. Tous deux écuyers au service du comte d’Alençon, Jean de Carrouges et Jacques Le Gris présentent des tempéraments opposés : quand le premier — un va-t-en-guerre impulsif — agace, le second obtient par son esprit en cour les bonnes grâces de son seigneur. Une rivalité va sourdre entre les deux hommes, s’amplifiant avec les années pour atteindre son sommet lorsque Marguerite, l’épouse de Jean, accuse Jacques de l’avoir violée pendant que son mari était à la guerre. Devant le roi et devant Dieu, Jean demande réparation lors d’un duel… Selon un adage bien connu, un auteur aura beau faire (ou contrefaire), il écrira toujours le même livre. D’une simple pelote de laine, l’on peut également tricoter toutes les formes que l’on désire, en variant les points… Puis défaire et refaire son ouvrage à l’envi tant que le fil ne rompt pas. On ignore si Ridley Scott taquine l’aiguille ; ce dont est sûr, c’est qu’il ferraille depuis toujours avec certaines obsessions. Dont la figure “matricielle“ du duel — e

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Angelin Preljocaj avec Deleuze et Hendrix au festival Chaos Danse

Danse | Pour sa nouvelle création, Angelin Preljocaj donne mouvements et figures à la musique de Jimi Hendrix et… à la voix du philosophe Gilles Deleuze (des (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 6 octobre 2021

Angelin Preljocaj avec Deleuze et Hendrix au festival Chaos Danse

Pour sa nouvelle création, Angelin Preljocaj donne mouvements et figures à la musique de Jimi Hendrix et… à la voix du philosophe Gilles Deleuze (des extraits d’enregistrements de ses cours à Vincennes, notamment celui sur Spinoza) ! Huit danseurs de haut vol sont rassemblés pour l’occasion, entre explosions de riffs de guitare et voix posée et onctueuse de Deleuze. Preljocaj a toujours été admiratif du philosophe et l’a ici associé avec Hendrix parce que, selon lui, ces deux-là ont ouvert de grandes brèches libératrices dans leurs domaines respectifs. Deleuze/Hendrix sera jouée les 12 et 13 octobre au Théâtre Astrée à Villeurbanne et ce spectacle ouvre la saison du festival Chaos Danse 2021-2022.

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Thugs Life à l'Aquarium avec Patrick Foulhoux

Documentaire Rock | Dans sa belle série de soirées docu-rock à l'Aquarium, le Marché Gare propose Come On People ! (2009) qui revient sur la trajectoire du meilleur groupe de rock français que personne ne connaît, Les Thugs d'Angers, chouchous du label Sub Pop de l'apogée grunge, un quatuor de moines-soldats que la postérité n'a jamais intéressé.

Stéphane Duchêne | Jeudi 7 octobre 2021

Thugs Life à l'Aquarium avec Patrick Foulhoux

« Bonsoir, on est Les Thugs, on vient d'Angers ! ». Quiconque a eu la chance de voir Les Thugs en concert dans leurs fastes années peut témoigner du fait que sur scène vous aviez là, avec cette petite dizaine de mots, l'intégralité du discours dispensé dans la soirée par Éric Sourice, préposé au crachoir. Introduction lapidaire avant un set sans temps morts, déroulé pied au plancher et donc sans paroles. D'aucuns diraient qu'il en va alors des Thugs comme de Maxwell qualité filtre : ce n'est pas la peine d'en rajouter. Les titres joués et l'énergie dispensée parlant pour eux-mêmes, et pour l'esprit punk des origines, célébré pendant vingt ans dans une explosion de décibels. C'est émus par le do it yourself de 1977, révélé dans la chambre angevine par les Sex Pistols et son sorcier aux dents vertes Johnny Rotten, que les frères Sourice, Éric (guitare) et Christophe (batterie), à peine sortis de l'adolescence, commencent à brutaliser des instruments électrifiés sur fonds d'accords chiches (mi, la, ré, pas plus), font et défont leurs armes dans les sous-sols d'un HLM parfumés à la mort aux rats. En 1983, naisse

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Jaja, du vin nature dans le Vieux-Lyon

Caviste | Qui l’eût cru ? La cave la plus engageante de la rentrée se situe dans le Vieux Lyon, ou plutôt à Saint-Georges. Inauguration officielle fin octobre.

Adrien Simon | Mercredi 6 octobre 2021

Jaja, du vin nature dans le Vieux-Lyon

Antoine Kochen a hissé le pavillon du vin nature il y a quelques années déjà, rue Leynaud : face au passage des Créateurs d’abord au Café Cousu, qu’il transforma ensuite, avec son frère, en Odessa. En parallèle il organisait des événements signés Jaja Power, dont un festival de début d’été. De confinement en confinement, le voilà maintenant caviste à un jet de pierre de la cathédrale Saint-Jean. Que s’est-il passé ? « D’abord, j’ai fait du vin. Avec Édouard Adam, un vigneron de l’Hérault. Quand je suis revenu, tout était fermé, on a commencé à organiser de la livraison de vin, on nous contactait sur les réseaux sociaux, on livrait le soir dans notre voiture, parfois jusque loin, en banlieue. » Le "on" ce sont les complices : Chloé Courbière, Laura Jalbert...« Au bout d’un moment, on a eu envie d’avoir pignon sur rue, on a visité ce local et c’était parti. » Dans le Vieux-Lyon ? « On a quitté les pentes, il y a tout ce qu’il faut là-bas, alors qu’ici… »

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Lyon : Yard fait un petit

Pizzeria | Des pizzas de compèt’, des vins natures qui déboitent, la Montée de la Grande-Côte : la recette du cool ? C'est celle de ce nouveau Yard.

Adrien Simon | Mercredi 6 octobre 2021

Lyon : Yard fait un petit

On connaissait Culinaries, dealeur de produits top, présent dans le 6e, à Paris et sur Internet. Et puis Yard, bar à vins naturels, son comptoir en béton, une terrasse sur la place des Tapis (à la Croix-Rousse) et des planches de came Culinaries. L’empire s’étend avec un mixte pizza-pif dans un petit local plus bas, dans les Pentes. Autour du four importé de Modène, on retrouve Giovanni Urbano (ex-Casa Nobile, le fameux repaire italien face à l’Hôtel-Dieu). Qui envoie des Yard (16€) : une pâte fermentée 48h, faite à la romaine, donc croustillante et des supers produits. Outre la tomate et la mozzarella, Giovanni ajoute ici de la stracciatella, fromage des Pouilles, qui équivaut au cœur de la buratta, ultra-crémeux et en plus aromatisé à la truffe blanche. C’est la marque franco-apulienne (un père dans les Pouilles, un fils à Lyon) Olio Di Serra qui l’importe. Pour couronner le tout, Yard y ajoute des tranches de jambon d

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Feuilles d'automne, le 7e salon Lyon Art Paper

Dessin | Lyon Art Paper est un salon entièrement consacré au dessin contemporain, dont la septième édition rassemble 68 artistes.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 7 octobre 2021

Feuilles d'automne, le 7e salon Lyon Art Paper

Depuis maintenant plusieurs années, le dessin a le vent en poupe et les événements (expositions, foires…) qui le mettent en avant se sont multipliés, en France comme à l’étranger. À Lyon, le salon Lyon Art Paper est aujourd’hui bien installé parmi le paysage artistique de la ville, avec déjà six éditions à son actif. La septième rassemblera 68 artistes (représentés ou non par une galerie) qui ont pour support commun le papier, mais dont les techniques (aquarelle, crayon, collage, impression numérique…) sont aussi diverses que les styles et les univers. Expressionnistes en diable Chaque année, le salon décerne un prix et en 2020, les jeunes artistes Cléo Duplan et Nicolas Cluzel en ont été les lauréats. Une exposition focus leur sera consacrée au sein du salon, ainsi qu’en parallèle à la galerie L’œil écoute (du 8 au 30 octobre). Source principale d’expression pour la Marseillaise Cléo Duplan, le dessin s’affirme chez elle comme un souffle d’images aux références multipl

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Rover : holydays on Eis

Rock | Timothée Régnier, alias Rover, le répète souvent en interview, chez lui, l'inspiration et les compositions doivent moins aux figures dont il a pu faire ses (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 7 octobre 2021

Rover : holydays on Eis

Timothée Régnier, alias Rover, le répète souvent en interview, chez lui, l'inspiration et les compositions doivent moins aux figures dont il a pu faire ses modèles (Bowie, Lennon, Gainsbourg, Brian Wilson) et/ou à l'air du temps musical qu'aux conditions de production dans lesquelles il se trouve au moment d'écrire, de composer et peut-être surtout d'enregistrer. Le lieu où il sévit, les techniques et le matériel utilisé, l'acoustique et l'atmosphère jouant un rôle primordial dans la manière dont le musicien va aborder les choses et conditionnant en bout de chaîne le résultat final. C'est peut-être d'ailleurs en se mettant souvent en quête de lieux singuliers que le chanteur et musicien parvient à conserver cette fraîcheur perpétuelle qui lui donne toujours un peu l'air de débarquer d'une autre planète — chose que l'un de ses incontournables, Bowie, faisait également mieux que personne mais en jouant davantage sur sa propre personne que sur son environnement. Pour Eiskeller, le colosse est allé s'enfermer plus d'une année sous terre dans une glacière désaffectée d

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Déportation : le dernier convoi

Histoire | C’est le rappel de ce qu’a été le jusqu’auboutisme de la répression et de l’horreur nazie qui s’expose en quatorze panneaux dans la cour de la prison – (...)

Nadja Pobel | Jeudi 7 octobre 2021

Déportation : le dernier convoi

C’est le rappel de ce qu’a été le jusqu’auboutisme de la répression et de l’horreur nazie qui s’expose en quatorze panneaux dans la cour de la prison – désormais mémorial national – de Montluc à Lyon. De là, environ 500 personnes, Juifs et résistants, hommes et femmes, montent dans des camions. Direction Lyon Perrache. Le train 14 166 démarre le 11 août 1944, alors que le débarquement allié avait eu lieu deux mois plus tôt en Normandie. Mais dès lors, nous est-il rappelé, « la police allemande déchaîne une violence qui franchit un nouveau seuil ». Au cours des divers textes donnés à lire, ces douze jours sont reconstitués en égrenant le temps, l’horreur de l’attente : « l’embarquement s’étire durant des heures, sous une chaleur écrasante — il fait 37 degrés à Lyon ». Le train — de voyageurs et non de marchandises comme la Gestapo de Klaus Barbie en utilisent habituellement — devait se rendre dans différents camps de la région parisienne. Face aux sabotages des résistants et à la Libération imminente de Paris (le 25 août), il ira à Natzweiler-Struthof, Ravensbrück et Auschwitz-Birkenau. La liste des victimes,

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Eliz Murad : l'Arabe du turfu

Portrait | Rangée du duo Teleferik avec lequel elle officia pendant dix ans, la chanteuse-musicienne-autrice-compositrice Eliz Murad, Franco-libanaise, désormais installée et travaillant entre Lyon et Saint-Étienne, vient de publier son premier EP solo, Apocalypsna, qui marque un virage musical dans sa carrière mais prolonge une constante : allier le bon vieux rock au chant en arabe.

Stéphane Duchêne | Jeudi 7 octobre 2021

Eliz Murad : l'Arabe du turfu

La grande légende du rock raconte que les Happy Mondays, cette bande de zinzins primo-délinquants ayant conquis Manchester puis la planète indé avec un futé mélange de soul-dance queutarde et d'indie-rock dessalé en traînant — avant une épiphanie en vendant des saloperies stupéfiantes — dans les escaliers des boîtes "deux salles deux ambiances". La fusion de danse et de rock aurait alors fait masse dans les cervelles à rude épreuve de Shaun Ryder & friends qui en auraient tiré leur joyeux gloubiboulga pour party people exigeants et désinvoltes. Tout cela n'a pas grand-chose à voir avec Eliz Murad qui vient de produire depuis Lyon son premier EP solo, Apocalypsna, après dix ans passés au sein du duo parisien Teleferik, et pourtant. Franco-libanaise née à Paris de parents exilés, Eliz a grandi en écoutant Nirvana et consorts dans sa chambre auxquels venaient se superposer en arabe les voix de Fairuz, légende libanaise, ou d'Oum Kalthoum, mythe égyptien, qu'écoutait sa mère. Une collision qui dans l'esprit mixte fait très tôt germer l'idée, l'envie, d'entendre du r

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Philippe Le Guay : « on a tous en nous des choses que l’on refoule »

L’Homme de la cave | Décrivant la mécanique du complotisme et du harcèlement, le nouveau Philippe Le Guay éclaire le présent par le passé et met en lumière les penchants sinistres de l’âme humaine. Conversation avec le cinéaste et ses interprètes, François Cluzet et Jérémie Renier.

Vincent Raymond | Mercredi 13 octobre 2021

Philippe Le Guay : « on a tous en nous des choses que l’on refoule »

D’où vient cet “homme de la cave” ? Est-il une métaphore ? Philippe Le Guay : Absolument. C’est la conjonction de plusieurs choses. D’abord une histoire, et puis un thème autour d’une sorte de fléau contemporain qui est le complotisme — ces gens capables de dire inlassablement : « est-ce que la vérité est vraiment la vérité ? Il faut se méfier des vérités officielles, on va poser des questions… », non pas pour arriver à une vérité plus haute comme ça doit être le cas pour les savants et les historiens, mais pour brouiller la vérité. Enfin, avec le fait que le personnage de Françoise Cluzet est dans une cave, il y a quelque chose de beaucoup plus émotionnel, d’angoissant, qui se rattache à la grande tradition du thriller. Cette conjonction a été un détonateur. Un tel film, qui explore des zones sombres de la nature humaine comme les souterrains d’un immeuble, oblige-t-il à sortir des choses que l’on refoule ? PLG : On a tous en nous des choses que l’on refoule : des démons, des mauvaises pensées, des mauvaises pulsions. Et tout à coup, à l’occasion d’un film, v

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Institut Lumière : Irène Jacob est la nouvelle présidente

Cinéma | Avec la disparition de Bertrand Tavernier au printemps dernier, l’Institut Lumière avait non seulement perdu son cofondateur, mais aussi le président de (...)

Vincent Raymond | Jeudi 30 septembre 2021

Institut Lumière : Irène Jacob est la nouvelle présidente

Avec la disparition de Bertrand Tavernier au printemps dernier, l’Institut Lumière avait non seulement perdu son cofondateur, mais aussi le président de son association. Le conseil d’administration s’est donc réuni pour pourvoir à non à son remplacement, mais à sa succession. Et c’est une présidente qui a été élue à l'unanimité, la comédienne et romancière Irène Jacob. Révélée au grand public par sa prestation dans La Double Vie de Véronique (1991) de Krzysztof Kieślowski qui lui valut le Prix d’interprétation féminine à Cannes, Irène Jacob mène depuis une carrière internationale et éclectique, préférant l’exigence et à la fantaisie aux contraintes du star system. Si elle née à Paris en 1966, elle possède des attaches lyonnaises d’où était originaire son père, le physicien Maurice Jacob (1933-2007). Elle débutera son mandat avec le temps fort de l’année pour l’Institut : le Festival Lumière du 9 au 17 octobre prochains, qui remettra son prix homonyme à Jane Campion.

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Ridley Scott : « tous les personnages sont importants pour moi »

Le Dernier Duel | Boulimique de films, féru d’histoires et d’Histoire, jamais à court d’expérimentations, Ridley Scott reprend les armes et les routes de France pour dépeindre un crime moyenâgeux. Propos rapportés lors de sa conférence de presse parisienne.

Vincent Raymond | Lundi 11 octobre 2021

Ridley Scott : « tous les personnages sont importants pour moi »

Votre premier long-métrage s’appelait Les Duellistes et celui-ci, Le Dernier Duel. Qu’est-ce qui vous fascine tant dans les duels ? Ridley Scott : Mais… chaque jour de ma vie est un duel ! Je suis en duel avec les studios, ou avec les uns ou avec les autres… Si vous ne pouvez pas supporter le stress, ne faites pas le même métier que moi ! (sourire) Quand j’ai tourné Les Duellistes, j’avais 40 ans et déjà pas mal réussi dans le domaine de la publicité. Du fait de cette réussite, je craignais de perdre l’envie de faire des films. Comme j’étais allé partout en France pour les pubs, pour le livre transformé en scénario, je ne pouvais penser qu’à la Dordogne. Du côté de Sarlat, sur le lieu où l’on souhaitait tourner, j’ai dû aller à la mairie avec le script du film pour validation. La mairie m’avait demandé : « hum… vous voulez faire un film ici ? — oui. — portant sur des affaires sexuelles ? — non. — avec Brigitte Bardot ? — dans le genre Michael Winner ? — non. — OK, c’est bon. » Comment avez-vous procédé pour la reconstitution, extrê

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Alex Vizorek : « je ne m’attendais pas à ce que l’humour soit ma meilleure facette »

Humour | À quelques jours de son nouveau spectacle au centre culturel Charlie Chaplin à Vaulx-en-Velin le samedi 9 octobre, rencontre avec celui qui a choisi de se rire de la mort : l'humoriste / journaliste / animateur télé / animateur radio / comédien, Alex Vizorek.

Louise Grossen | Mercredi 6 octobre 2021

Alex Vizorek : « je ne m’attendais pas à ce que l’humour soit ma meilleure facette »

Télévision, radio et nouveau spectacle : vous dormez parfois ? Peu. Tout le monde voulait faire les choses en septembre à cause de cette angoisse de devoir refermer. J’ai fait des dates de report, la rentrée radio et la télévision… Ce rythme, je ne pourrai pas le tenir sur la longueur, c’est clair. Et pourtant, vous avez fait un billet sur le sommeil pendant le confinement ? Putain de sa mère… c’est vrai, il faudrait sans doute que je me réécoute. Je me suis rendu compte que jusqu’en juin 2022, j’ai deux week-ends de libres. Tout le reste, c’est le boulot. Mais j’adore ça ! Je suis l'héritier d’un patronyme polonais de mineur… Moi, je ne descends pas à la mine. Je monte sur scène et c’est plutôt joyeux. Présentez-nous Ad vitam, votre nouveau spectacle... La thématique, c’est la mort. Dans toutes ses nuances. Je parle du comportement aux enterrements, de la vie, de la mort en philosophie, de la petite mort — le cul — et je parle de la mort dans l’art qui a inspiré énormément d’artistes. Ça fait un

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Tanguy Viel : « je trouve les gens très tolérants à la domination »

Littérature | Lorsque Laura, jeune femme de retour dans sa ville natale, demande une faveur au maire sur les conseils de son boxeur de père, également chauffeur de l'édile, débute une tristement banale affaire d'emprise qui conduira à la vengeance la plus triviale. À la suite d'Article 353 du Code pénal, Tanguy Viel, à Passages le 12 octobre, livre avec La Fille qu'on appelle le deuxième acte d'un diptyque judiciaire, qui ausculte la question du consentement. Où les phrases s'enroulent jusqu'au vertige autour d'une colère qui sourd jusqu'à l'explosion.

Stéphane Duchêne | Jeudi 7 octobre 2021

Tanguy Viel : « je trouve les gens très tolérants à la domination »

Au départ de votre livre il y avait le désir d'écrire sur la boxe, de faire votre Raging Bull, avez-vous dit. Comment est né La Fille qu'on appelle, comment son sujet — la question de l'emprise et du consentement — a-t-il fini par dépasser votre désir initial ? Tanguy Viel : Cela s'est fait en deux temps très distincts. J'ai en effet d'abord rêvé un roman de boxe qui s'est un peu écroulé sur lui-même. Et puis quelques mois plus tard est née cette figure de jeune fille. C'est au moment où les deux se sont rencontrés, le boxeur et la jeune fille, que j'ai senti que je tenais le roman, comme si l'un était nécessaire à l'autre. Je crois que la boxe donne une dimension romanesque, mythologique à une histoire qui sans cela serait trop triviale à mon goût. Il y a dans le livre comme l'écho des innombrables affaires ayant éclaboussé le monde, disons, politico-culturel. Jusqu'à présent vos livres se voulaient très romanesques, hors du réel. Quand on s'approche, comme vous le faites ici, de l'actualité, comment maintenir le cap d'une ambition vér

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"L'Homme de la cave" de Philippe Le Guay : le démon intérieur

Thriller | Un négationniste s’installe dans la cave d’une famille juive et lui pourrit la vie tout en faisant croire qu’elle le persécute. Aidé par un François Cluzet effrayant, Philippe Le Guay renoue avec l’acuité mordante à laquelle il avait depuis longtemps renoncée dans cette illustration de la perverse religion du complotisme et de la manière dont ses apôtres fidélisent, en flattant leurs plus bas instincts ou les brossant dans le sens du poil, de nouveaux séides.

Vincent Raymond | Mercredi 13 octobre 2021

Paris, de nos jours. Parce qu’il n’en a pas l’usage, Simon Sandberg vend la cave de l’appartement familial. Parce qu’il a confiance, il accepte l’offre de Jacques Fonzic, prof grisonnant et plaintif en quête d’un local pour entreposer les affaires de sa défunte mère. L’affaire conclue, Fonzic va habiter le réduit et révéler son vrai visage : celui d’un négationniste, instillant son venin partout dans l’immeuble et surtout dans la famille Sandberg, rescapée de la Shoah. L’enfer commence… N’était la traditionnelle mention figurant au générique indiquant que l’argument est tiré de faits réels, l’on pourrait croire à un conte philosophique tant il y a d’études de caractères, de portraits sociologiques, d’interprétations métaphoriques et/ou psychanalytique et de morales à tirer dans cette histoire. À bien des égards, elle est exemplaire : contemporaine et universelle, également — hélas, pourrait-on ajouter. La stratégie du coucou ; du ver dans le fruit… Suborneur cauteleux, d’autant plus pervers et dangereux qu’il se vêt des oripeaux de victime pour mieux mettre à bas les siennes, Fon

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Cinq expos à voir en octobre à Lyon

Bons Plans | Notre sélection d’octobre est comme à l’accoutumée hétéroclite, tant en ce qui concerne les lieux que les genres artistiques, mais fait ce mois-ci la part belle aux jeunes artistes.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 11 octobre 2021

Cinq expos à voir en octobre à Lyon

Simon Lazarus La galerie Kommet inaugure son nouvel espace d’exposition dans le quartier de la Guillotière en y invitant Simon Lazarus. Venant du graffiti et de l’univers du design graphique, l’artiste s’intéresse ici aux rapports que nous entretenons avec les technologies récentes, les nouveaux matériaux, les utopies architecturales. Il présente un ensemble d’œuvres aux formes variées qui dialoguent les unes avec les autres, dont une impressionnante architecture imaginaire, entre cathédrale, ruine industrielle et grille abstraite… Simon Lazarus, T/IMBER ! À la galerie Kommet jusqu’au 20 novembre Silène Audibert, Handan Figen et Jeanne Held Pendant une quinzaine de jours seulement, vous pourrez découvrir à l’Orangerie les travaux de trois jeunes artistes vivant à Lyon, mais peu exposées dans cette ville. Toutes les trois expérimentent des formes nouvelles et singulières, que ce soit à travers le dessin et l’influence de la nature (chez Silène Audibert), l’aquarelle et le hasard (

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Guillaume Canet, Nicole Garcia : les avant-premières en présence de l'équipe à découvrir cette quinzaine à Lyon

Cinéma | Avant, pendant et après le Festival Lumière, les avant-premières se poursuivent. Sur un mode militant d’abord avec l’insubmersible Gilles Perret pour Debout (...)

Vincent Raymond | Mercredi 6 octobre 2021

Guillaume Canet, Nicole Garcia : les avant-premières en présence de l'équipe à découvrir cette quinzaine à Lyon

Avant, pendant et après le Festival Lumière, les avant-premières se poursuivent. Sur un mode militant d’abord avec l’insubmersible Gilles Perret pour Debout les femmes ! (qu’il a à nouveau coréalisé avec François Ruffin) au Comœdia le vendredi 8 à 20h ; ce même Comœdia qui accueillera Nicole Garcia pour une séance exceptionnelle de sa nouvelle réalisation, Amants, le lundi 11 à 20h — qu’elle présentera sans ses comédiens Pierre Niney et Stacy Martin. Enfin, c’est Lui qui bouclera la boucle. Lui ? C’est Guillaume Canet, à la fois auteur, réalisateur et interprète du film tourné pendant l’entre-deux confinement (et l’arrêt de la production de son Astérix), à découvrir au Pathé Bellecour le mardi 19 à 20h.

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Vincent Maël Cardona présente "Les Magnétiques" dans les salles du GRAC

Avant-Première | On parle régulièrement dans ces colonnes du programme Ciné Collection des salles du GRAC qui propose chaque mois sur les écrans de ce groupement régional de (...)

Vincent Raymond | Mercredi 6 octobre 2021

Vincent Maël Cardona présente

On parle régulièrement dans ces colonnes du programme Ciné Collection des salles du GRAC qui propose chaque mois sur les écrans de ce groupement régional de salles indépendantes de (re)voir des copies restaurées de films du patrimoine à travers des programmes thématiques éclectiques et de qualité. L’actualité du Festival Lumière, gigantesque coup de rétro-projecteur sur l’Histoire du 7e Art — nous incite à mettre le focus sur une autre démarche du GRAC, tout aussi précieuse : ses “tournées“ visant à soutenir un film d’actualité (avant ou juste après sa sortie), promenant son réalisateur ou un membre de son équipe à la rencontre des publics de son vaste réseau. Du dimanche 17 au vendredi 22 octobre, c’est à un petit marathon que va se plier Vincent Maël Cardona en escortant son premier long-métrage Les Magnétiques, retraçant sous forme romancée l'épopée des radios libres et de la libération des ondes en 1981. Une formidable incarnation de ces années de son et d

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Festival Lumière : les grandes projections

Classiques du Cinéma | La taille compte au cinéma. Pour d’évidentes raisons d’homothétie et de proportionnalité : plus l’écran sera grand, plus l’œuvre pourra l’investir et restituer (...)

Vincent Raymond | Mercredi 6 octobre 2021

Festival Lumière : les grandes projections

La taille compte au cinéma. Pour d’évidentes raisons d’homothétie et de proportionnalité : plus l’écran sera grand, plus l’œuvre pourra l’investir et restituer d’émotion, de plaisir… La section Grandes projections offre à TOUS les films cette seconde, troisième, millième occasion de renaître à leur dimension originelle, dans une salle. Populaires, spectaculaires, noirs ou introspectifs, les huit titres de cette édition font voyager dans l’immensité galactique du patrimoine. Au rayon western, on aura le choix entre l’école “néo-trad” incarnée par Impitoyable de Clint Eastwood (1992), la tendance philosophique représentée par Jeremiah Johnson de Sydney Pollack (1972) ou bien la parodie italienne incarnée par On l’appelle Trinita d’Enzo Barboni (photo, 1970). Pour le versant épique, on hésitera (ou pas) entre le Saladin de Youssef Chahine (1963), Out of Africa de Sydney Pollack (1985), voire avec Outrages de Brian De Palma (1989)

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Festival Lumière : silence, on ouvre !

Cinéma | Renouveler la cérémonie d’ouverture d’un festival dédié au cinéma de patrimoine tient à la fois de l’oxymore et du mythe de Sisyphe puisqu’il faut (...)

Vincent Raymond | Mercredi 6 octobre 2021

Festival Lumière : silence, on ouvre !

Renouveler la cérémonie d’ouverture d’un festival dédié au cinéma de patrimoine tient à la fois de l’oxymore et du mythe de Sisyphe puisqu’il faut sempiternellement refaire du neuf avec de l’ancien… tout en maintenant les plaisante traditions — notamment, la déclamation solennelle par le chœur des talents présents mâchouillant dans un sabir incompréhensible et désynchronisé le sésame lançant officiellement les festivités : « nous déclarons ouvert Lumière 2021 etc. ». Bien sûr, il faut s’attendre à des hommages à celles et ceux qui ne sont plus, aux devancières et devanciers de Jane Campion ; des surprises sans doute, mais aussi une prometteuse création originale conjuguant hier et aujourd’hui : un ciné-concert autour du Caméraman de Buster Keaton et Edward Sedgwick (1928), accompagné en direct au piano par Vincent Delerm. On peut difficilement trouver plus parfait symbole d’amour, de cinéma et d’amour du cinéma jusque dans la liturgie obstinée de sa fabrication que cette virevoltante comédie sentimentale où le héros, en se positionnant face à l’

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Unis par la vie : les sorties cinéma du 6 et du 13 octobre à Lyon

En salles | Nul besoin d’être marié pour voguer dans un même bateau et partager les pires tempêtes : ancêtres et descendants, frère et sœur, amis et amies, collègues… Peu importent les équipiers, du moment qu’on arrive à bon port…

Vincent Raymond | Mercredi 6 octobre 2021

Unis par la vie : les sorties cinéma du 6 et du 13 octobre à Lyon

En règle générale, c’est vers la famille qu’on se tourne pour trouver du secours en cas de pépin. De préférence, la sienne. Sauf dans Tralala (le 6 octobre) des frères Larrieu où, sur un quiproquo, un chanteur vagabond est pris pour le fils prodigue d’une lignée d’hôteliers de Lourdes… On aurait bien aimé aimer la comédie musicale composée par le duo Cherhal/Belin. À demi Demy, cette histoire de double s’avère hélas bancale ; en cause, des numéros chantés-dansés manquant de fluidité ainsi qu’une intrigue éparpillée faisant regretter le visionnaire Les Derniers Jours du monde. Une fin vécue dans Petite Sœur (le 6 octobre) de Véronique Reymond & Stéphanie Chuat suivant la relation entre un comédien gravement malade et sa jumelle, dramaturge persuadée qu’un retour sur scène aura des bienfaits thérapeutiques. La distribution étourdissante (les fusionnels Nina Hoss-Lars Eidinger, enfants d’une Marthe Keller azimutée, Thomas Ostermeier en bonus…) tempère la gravité de ce drame suisse intime où le deuil se fabrique en direct. On tient là un film précieux, d’une douloureuse beaut

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On a testé un week-end en amoureux dans la maison d'hôte Plaine et Colline

Article Partenaire | En route pour une nouvelle balade ! On vous emmène dans la plaine de la Bièvre, à une heure de Lyon, pour un week-end détente et découverte.

Article Partenaire | Lundi 27 septembre 2021

On a testé un week-end en amoureux dans la maison d'hôte Plaine et Colline

Pour vous aussi, les vacances ne sont plus qu’un lointain souvenir ? La rentrée est passée et on a déjà tous besoin d’un week-end au vert. Pour remédier à ça, nous avons testé le site Evasion ISHERE pour dénicher une expérience de séjour original.Nous avons indiqué nos dates, notre budget et que nous cherchions un séjour en couple. Nous sommes tombés sur la maison d'hôte Plaine et Colline, qui propose l’hébergement bien sûr mais aussi un repas créole. Une petite recherche sur les activités à faire dans les environs, et c’est parti !Voici le récit de notre week-end. Vendredi 18h Les collègues sont salués, les valises et nous-mêmes sommes à bord de la voiture de location. Nous quittons Lyon par l’autoroute A 43. Après

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Le long des lônes

Rhône | Elles ne sont pas spectaculaires mais les lônes du Rhône sont un paysage apaisant entre la route très fréquentée et le fleuve qui les ceinturent. De quoi aussi aller s’élever sur les coteaux viticoles tout proches. Île du Beurre, de la Platière, Condrieu et Malleval. En route sur les abords plein est du parc régional du Pilat.

Nadja Pobel | Jeudi 7 octobre 2021

Le long des lônes

Long de 813 km, au tiers situé dans sa patrie de naissance, la Suisse, le Rhône a été dompté notamment par la CNR, Compagnie Nationale du Rhône dans les années 50 avec la mise en eau du barrage de Génissiat, le deuxième sur le fleuve après celui de Cusset en 1899. Ces aménagements de l’humain pour ses besoins ont fait des lônes, ses bras secondaires, un havre de paix pour la nature, calmes et stagnantes. Les Lônes Île du Beurre Rien à voir avec ce qui se tartine au petit matin, mais avec un dérivé du mot "bièvre" ancien nom du castor, principal habitant du lieu qui sort de ses planques surtout vers 20h car cette masse animale (entre 25 et 30 kg et de 100 à 130 cm dont 20 à 30 cm de queue !) est dit crépusculaire et nocturne. Pour les autres espèces, il faudra vous armer de jumelles et de patience et il est fort possible que vous découvriez des castors donc, ou de nombreux oiseaux comme le pic vert, le pic noir ou ses confrères plus petits pic épeiche et pic épeichette. Ces indications sont simplement documentées dans les observatoires, cabanes en bois où chacun peut s’approcher au plus près de l’eau sans être vu des anima

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Bruno Bernard transforme Fagor-Brandt en entrepôt TCL, les Biennales, Lyon Street Food et Nuits sonores sont SDF

Politique Culturelle | La Biennale de la Danse et celle d'Art Contemporain, Nuits sonores et le Lyon Street Food Festival : quatre institutions culturelles de grande envergure se retrouveront SDF en 2023 et sont à l'heure actuelle sans solution de repli, suite à la décision du président de la Métropole Bruno Bernard de transformer Fagor-Brandt en entrepôt TCL, sans concertation préalable avec les occupants culturels pour les reloger ailleurs.

Sébastien Broquet | Jeudi 30 septembre 2021

Bruno Bernard transforme Fagor-Brandt en entrepôt TCL, les Biennales, Lyon Street Food et Nuits sonores sont SDF

Les anciennes usines Fagor-Brandt transformées en local technique du Sytral, afin de stocker les tramways, entre autres. C'est ce qui va se passer à horizon début 2023. Mauvaise nouvelle pour le milieu culturel et événementiel lyonnais, qui avait posé son empreinte sur ce lieu immense depuis quelques années maintenant : Nuits sonores, Lyon Street Food Festival et les Biennales de la Danse et d'Art Contemporain se déroulaient là-bas. Bien sûr, la réhabilitation de Fagor-Brandt, qui est une friche industrielle, était dans l'esprit de tous. Mais pas si vite. Et pas sans concertation préalable. Surtout en ce qui concerne les Biennales, qui avaient investi financièrement pour réhabiliter les lieux et pensaient rester quelques années sur place. C'est une surprise Isabelle Bertolotti, directrice du Musée d'Art Contemporain et de la Biennale d'Art Contemporain, est très claire lorsque nous lui posons la question : « nos bureaux sont là-bas, pas seulement nos événements. La Biennale d'Art Contemporain se déroulera bien en 2022 à Fagor-Brandt, mais pour la Bienn

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La Halle Tony Garnier reprend vie avec la musique de Hans Zimmer

Concert | On ne l'attendait pas si tôt : la Halle Tony Garnier a pu réouvrir ses portes le mardi 21 septembre, à l'occasion d'un concert consacré aux reprises des thèmes (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 23 septembre 2021

La Halle Tony Garnier reprend vie avec la musique de Hans Zimmer

On ne l'attendait pas si tôt : la Halle Tony Garnier a pu réouvrir ses portes le mardi 21 septembre, à l'occasion d'un concert consacré aux reprises des thèmes de Hans Zimmer (non présent) par un orchestre dirigé par son collaborateur Gavin Greenaway. Qui marquait aussi le retour de la société de production lyonnaise Eldorado & co, elle aussi contrainte à l'arrêt depuis mars 2020. Si le public a répondu présent — 6000 personnes —, les divers contrôles à l'entrée ont provoqué un afflux de spectacteurs à la dernière minute ; et le début du concert s'en est ressenti : peu d'ambiance à l'arrivée des musiciens, deux premiers morceaux passés un peu inaperçus alors que les retardataires s'installaient. Le show a ensuite pu prendre toute sa mesure : thèmes célèbres réarrangés pour la scène, tel The Dark Night. Et puis, d'un coup, s'insèrent des vidéos grand format de Zimmer lui-même, commentant les morceaux, saluant le public en version enregistrée, confortablement installé dans son studio, conversant avec Ron Howard avant

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Rencontre avec André Dussollier et François Ozon : « j’aime les défis, les choses un peu extrêmes »

Tout s’est bien passé | Comme toujours impressionnant dans le rôle d’un vieil homme diminué par un AVC (et odieux) demandant à sa fille de l’aider à mourir, André Dussollier est au centre du nouveau film de François Ozon. Tout sauf mortifère, ce voyage au cœur d’une pure névrose familiale traversé d’éclats franchement burlesques, est adapté du récit d’une ancienne coscénariste du cinéaste, Emmanuèle Berhneim. Rencontre avec le réalisateur et son acteur.

Vincent Raymond | Vendredi 24 septembre 2021

Rencontre avec André Dussollier et François Ozon : « j’aime les défis, les choses un peu extrêmes »

Vous avez hésité avant d’adapter le livre d’Emmanuèle Bernheim… François Ozon : En 2013, elle m’avait envoyé les épreuves son livre en me demandant si ça m’intéressait parce que plusieurs réalisateurs voulaient l’adapter. Je l'ai lu et l’ai trouvé très beau — elle m’avait raconté un peu l’histoire de son père. Mais je lui avais que je me sentais pas capable de raconter son histoire : c’était tellement personnel, tellement intime… Et la connaissant, je ne voyais pas trop où trouver ma place. J’ai passé mon tour. Là-dessus, Alain Cavalier a voulu faire un film avec elle (comme Pater avec Vincent Lindon) où elle jouait son propre rôle, elle a dit OK, et là elle a développé un cancer assez fulgurant dont elle est décédée. Le film de Cavalier s’est alors transformé en documentaire, Être vivant et le savoir. Après sa mort, j’ai relu le livre et tout d’un coup, je n’ai plus vu ce m’avait fait peur en 2013 — le sujet, la fin de vie, le suicide assisté — mais autre chose : la famille, son rapport à son père, la responsabilité d’organiser quelque chose comme ça et le poids que ça avait a

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FREE'STIVAL 2021 : LE FESTIVAL DES BONS PLANS ÉTUDIANTS

ACTUS | Parce qu’être étudiant ne se cantonne pas à aller à la fac, manger des pâtes, picoler le jeudi et réviser ses partiels, le Crous de Lyon revient les 24 et 25 septembre avec le Free’stival : l’événement dédié aux bons plans étudiants. Au programme : deux jours de découvertes, de rencontres, et d’ateliers pour guider les étudiants dans leurs démarches et les accompagner au mieux dans cette aventure.

Article Partenaire | Mardi 21 septembre 2021

FREE'STIVAL 2021 : LE FESTIVAL DES BONS PLANS ÉTUDIANTS

Qui ? Où ? Comment ? Combien ça coûte ? Rendez-vous au 145 avenue Jean Jaurès dans le 7e arr. Les ateliers artistiques, cuisine, yoga, sport et DIY sont uniquement sur inscription. Le reste de l'événement est accessible en entrée libre sur présentation du passe sanitaire. De la musique, évidemment Pendant 2 jours, Chylorama, le dj qui n’abandonnerait ses vinyles pour rien au monde, puisera dans sa collection pour proposer des sets à base de Raw funk, Hip Hop head, Sweet soul et Hard groove. Accrochez-vous ! Vendredi soir, Brigade Fantôme (rap) et la fanfare techno LGMX seront présents dès 19h pour vous ambiancer. Pause danse entre deux shows avec une initiation bachata et salsa de Salsa4water à 18h. Samedi 25, c'est l'artiste Anna, lauréate du concours d

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Thomas Dossus : « les musiques électroniques ne sont pas acceptées au sein du ministère de la Culture et c'est un vrai problème »

Politique | Un sénateur qui cite Laurent Garnier, qui défend au fil des mois et de ses interventions le monde de la nuit et les musiques électroniques, y compris les raves ? Ce discours est encore peu fréquent. On en discute avec l'intéressé, Thomas Dossus, étiquetté EELV et ancien DJ amateur.

Sébastien Broquet | Mercredi 22 septembre 2021

Thomas Dossus : « les musiques électroniques ne sont pas acceptées au sein du ministère de la Culture et c'est un vrai problème »

Vous êtes intervenu plusieurs fois ces derniers mois au sujet des musiques électroniques et de la vie nocturne au Sénat, à propos de la crise Covid au départ, mais en allant plus loin ensuite, en défendant l'aspect culturel des clubs. C'est un combat mené en particulier par le collectif Bar-Bars. Qu'est-ce qui vous a amené à les suivre ? Thomas Dossus : Quand je suis arrivé au Sénat [NdlR : en 2020], j'ai tout de suite dit : on étudie le budget de la culture. On s'est aperçu que nous sommes sur une culture très institutionnelle, que la culture que moi je vis, que je pratique, n'est pas du tout reconnue par le ministère. J'ai trouvé ça décalé. J'ai commencé à creuser le sujet, à me rendre compte qu'il y avait à Lyon et ailleurs une envie de faire reconnaître la culture club, celle des musiques électroniques, je suis tombé évidemment sur la tribune publiée par Laurent Garnier. Je me suis saisi du sujet. Au fur et à mesure des confinements, on s'est rendu compte que ces établissements allaient être les premiers à fermer et les derniers à rouvrir. Il y avait donc un véritable enjeu pour t

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Nettoyons Lyon : « on a sorti 60 tonnes de déchets »

Écologie | Modèle d'initiative citoyenne, Nettoyons Lyon, association fondée par deux amis — Nicolas Navrot et Maximilien Bouffard-Roupé —, fête sa première année d'actions concrètes, consistant à nettoyer fleuve, parcs ou places de tous leurs déchets. Tout en sensibilisant.

Sébastien Broquet | Mercredi 22 septembre 2021

Nettoyons Lyon : « on a sorti 60 tonnes de déchets »

Comment est né Nettoyons Lyon ? Nicolas Navrot : Avec un petit groupe d'amis. On était trois. Au bout de deux semaines, dix. Des potes. On s'est concentrés à la base sur la pêche à l'aimant. Je suis photographe, j'étais souvent dehors. Durant les pauses de midi, quand la lumière n'était pas propice à la photographie, on s'est dit avec mon ami et cofondateur, Maximilien Bouffard-Roupé, tiens qu'est-ce qu'on peut faire ? On avait chacun dans nos placards un aimant, issu d'une petite mode de quelques mois ayant suivi la mise en avant par un YouTubeur de la pêche à l'aimant. Tout le monde s'était dit que ce serait génial de trouver des choses historiques en jetant un aimant dans un fleuve. Nous, ce n'était pas du tout notre cas : on remontait une quinzaine de trottinettes électriques par jour... Des scooters, parfois. Pas ce que l'on attendait, du tout ! Donc, prise de conscience. Au début, on allait ramasser dans les fleuves avec ce petit groupe d'amis, même à la main, sous les ponts : pneus, fours, trottinettes, etc. Moi, réseaux sociaux oblige, j'ai une grosse communauté en tant que photographe

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Aux Clochards Célestes, variations sur le même t’aime pour Joséphine Chaffin et Clément Carabédian

Théâtre | Au Théâtre des Clochards Célestes, une radiographie douce-amère des couples d’artistes par deux comédiens et metteurs en scène : Joséphine Chaffin et Clément Carabédian.

Nadja Pobel | Vendredi 24 septembre 2021

Aux Clochards Célestes, variations sur le même t’aime pour Joséphine Chaffin et Clément Carabédian

La profession de son épouse ? « Me rendre heureux » confie Gustav Mahler au micro de la radio imaginaire concoctée par l’autrice Joséphine Chaffin et le comédien (notamment pour Christian Schiaretti) Clément Carabédian. Durant une heure, ce duo signe aussi la mise en scène et explore de façon ludique, parfois légèrement didactique (comme durant le passage sur la féminisation des noms de métier) mais surtout habile la place de la créatrice en couple avec un créateur. Dans la peau de l’intervieweuse, Joséphine Chaffin ne questionne à son micro que des hommes. Malher voit en son épouse celle qui lui permet de se construire et non la compositrice qu’elle est aussi, Chopin s’agace : c’est lui qui a fait George Sand. Francis Scott Fitzgerald signe seul ce qu’il co-écrit avec son épouse Zelda. Niki de Saint-Phalle et Jean Tiguely établissent, eux, un rapport d’égalité. Dans un rythme enlevé (Beyoncé et Jay-Z passent aussi par ici, ainsi que Burton / Taylor, Varda / Demy…), les deux fondateurs de la compagnie Superlune maitrisent très bien la joute oratoire et la narration induite par la radio — passage d’an

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Le rock en France, par ceux qui n'en jouaient pas

Histoire | Une somme signée Grégory Vieau, auscultant soixante années de presse rock en France, version papier : une certaine vision de la culture.

Sébastien Broquet | Mercredi 22 septembre 2021

Le rock en France, par ceux qui n'en jouaient pas

Il n'en existait aucun, alors Grégory Vieau l'a fait. Pas un ouvrage ne traitait jusqu'ici de la presse rock en France, et ce pigiste œuvrant pour Kiblind, pour Arte ou encore New Noise et Vice a décidé de s'atteler à la tâche : Une histoire de la presse rock en France a ainsi vu le jour en cette fin d'été, auscultant chronologiquement cette longue histoire pas si connue en dehors des parcours des titres mythiques — Actuel en tête, qui avait fait l'objet chez le même éditeur, Le Mot et le Reste, d'un excellent ouvrage signé Perrine Kervran et Anaïs Kien en 2010. C'est son premier livre et l'histoire contée est passionnante : ça part du jazz, puisqu'il faut bien un ancêtre déjà contre-culturel mais pas encore rock, où écrit alors un certain Boris Vian, mais ça débute vraiment avec Disco Revue en 1961 — de là prend forme la culture d'une nouvelle classe d'âge auparavant inconnue, désormais bien identifiée car devenue consommatrice à part entière : les adolescents. Gene Vincent et Johnny Hallid

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Outsiders, la nouvelle galerie street art de Lyon

Galerie | Le réseau des galeries lyonnaises continue de s’étendre avec la réouverture d’Outsiders, qui convie Onemizer pour une exposition solo. Après une année semée d’empêchements et d’incertitudes, la troisième galerie du nom est pressée de mettre en mouvement ses différents projets notamment à destination de la création émergente lyonnaise.

Sarah Fouassier | Jeudi 23 septembre 2021

Outsiders, la nouvelle galerie street art de Lyon

Peut-être avez-vous aperçu de votre œil aguerri le changement de propriétaire du 24 rue des Remparts d’Ainay. Anciennement Galerie SBK, c’est aujourd’hui Outsiders qui a installé ses toiles depuis octobre 2019 dans un quartier où l’on croise une galerie d’art à peu près tous les 50 mètres. Si se lancer dans l’ouverture d’un lieu marchand d’art semble risqué en 2021, à l’heure où beaucoup ferment, il l’est sans doute moins pour des galeries orientées vers les arts urbains qui déchaînent quelques passions déraisonnables — on pense évidemment à l’autodestruction de la Petite Fille au ballon rouge de Banksy qui sera remise en vente aux très chères enchères le 14 octobre prochain chez Sotheby’s. Onemizer, le street artiste convié pour cette première exposition de l’année chez Outsiders fait d’ailleurs référence à l’œuvre du plus célèbre vandale de Bristol dans l’une de celles qu’il présente jusqu’au 2 octobre. Cyril Valade de son identité civile fait partie de l’écurie Outsiders au milieu d'une petite vingtaine d’artistes urbains représentés par la galerie. On y trouve les inévitables Keith Haring, Shepard Fairey o

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Opéra de Lyon : pour une saison sans anicroche

Opéra | Après deux saisons perturbées par la crise sanitaire, l'Opéra de Lyon rouvre ses portes avec une saison qui reste fidèle à sa vocation d'innovation, de créativité et d'ouverture.

Yannick Mur | Jeudi 23 septembre 2021

Opéra de Lyon : pour une saison sans anicroche

Verdi et ses bouffons Cette année, deux œuvres du compositeur italien sont au programme : Falstaff et Rigoletto. Avec le premier, c'est un homme de cour à l'âme de bouffon qui est mis en scène. Dans le deuxième, nous assistons à la tragédie du bouffon de cour qui possède l'âme d'un prince. Bien que quarante-deux ans séparent leur création, ces deux opéras ont une place particulière dans l'œuvre de Verdi. Pour Rigoletto (du 18 mars au 7 avril), le maître s'est battu contre la censure afin d'imposer le livret d'après Le roi s'amuse de Victor Hugo. Quant à Falstaff (du 9 au 23 octobre), issu du répertoire shakespearien, le compositeur s'est laissé convaincre d'écrire un dernier chef-d'œuvre et qui plus est, une comédie. Dirigé par le chef Daniele Rustioni, le Lyonnais Stéphane Degout poursuit son exploration du répertoire verdien en interprétant Ford dans Falstaff ; et dans Rigoletto, le Duc de Mantoue sera chanté par le ténor sicilien Enea Scala qui a été la révélation au public de l'opéra dans La Juive en 2016. Trois femmes à la

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Célestins : "Skylight" de Claudia Stavisky, bataille rangée

Théâtre | Les acteurs ne peuvent pas tout. Si bons et engagés soient Patrick Catalifo et Marie Vialle dans la dernière création de Claudia Stavisky, Skylight, ils ne parviennent pas à gommer le simplisme du texte de David Hare.

Nadja Pobel | Mercredi 22 septembre 2021

Célestins :

« T’aurais pu réussir comme moi » lui lance-t-il au visage, le mépris en bandoulière qui ne le quittera pas. Tom, costard-cravate, la cinquantaine, vient de faire irruption chez Kira, vingt ans de moins. Durant six ans, elle fut son amante avant que l’épouse officielle — désormais défunte — du premier, amie de la seconde, ne découvre tout. Ils ne se sont pas revus depuis. Elle était serveuse puis gérante dans l’un de ses nombreux restaurants, la voici devenue prof auprès des gosses difficiles d’une banlieue londonienne. Elle aime écouter les gens dans son long trajet quotidien en bus pour prendre le pouls de la société post-thatchérienne ; lui s’énerve que ses nouveaux collègues, ces « petits cons formés en école de commerce », portent une Rolex. À chacun sa sensibilité. Jamais l’auteur David Hare ne cite l’ancienne Dame de fer dans ce texte dont la première a eu lieu en 1995 au National Theater de Londres, cinq ans après qu’elle a quitté le pouvoir. À cette époque, l’écrivain a perdu de sa verve passée, sa radicalité s’est émoussée. En 1970, il créé Slag

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