They are the Walrus

Stéphane Duchêne | Vendredi 28 mai 2010

Disque / Malgré l'autarcisme dans lequel la capitale des Gaules se trouve musicalement maintenue – «d'ici on ne s'échappe pas», dit la malédiction jetée par la fée rock –, Lyon a quand même régulièrement des airs un peu rouquins de Little England, comme on dit «Little Italy». De temps à autres, en effet, un groupe élevé à l'andouillette – A Song, The Green Olive, MINF – surgit avec la certitude musicale de n'être pas d'ici – en apportant même la preuve sonnante et trébuchante – et la volonté de trouver un moyen de s'évader, le plan du métro londonien tatoué sur le corps. La Petite Angleterre de Welling Walrus, produite par Honey Pie Records, siège à deux pas du quartier chinois lyonnais. Ça démarre pied au plancher, teinté d'électro et d'autotuning (ce tuning de la voix pour ceux qui n'aiment pas forcément les auto). À l'énergie, et au riff près, à une griffe près, ça suinte le singe arctique venu d'Albion ("We Are Hype", qui annonce d'entrée la couleur, celle de l'Union Jack, déjà en flammes). Comme un fait exprès les trognes de petite frappe sont à l'avenant et les mélodies querelleuses souvent gagnantes, qu'il soit question de Hooligans ("Hooligans"), de Prince du crime ("Prince of Crime") ou d'Icare ("The Fall of Icarus"). Mais à défier ses idoles le menton relevé, Welling Walrus ne se brûle jamais les ailes. Car le groupe parvient à développer un univers qui lui est propre, avec ses accents rétrofuturistes de swinging london catapulté à l'ère victorienne et sa rythmique saccadée comme du Morse («Walrus» en anglais). Le tout caracolant sur quatorze titres sans la moindre baisse de régime. Hormis pour l'auditeur vieillissant, quelque peu à bout de souffle. SDWelling Walrus «Golden Dawn» (Honey Pie Records)

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