Épicerie Moderne, Marché Gare et Trokson : 30 ans à eux trois

MUSIQUES | Hasard du calendrier, trois hauts lieux des musiques dites actuelles fêtent leur dixième anniversaire cette saison : l’Épicerie Moderne, le Marché Gare et le Trokson. Et en fanfare s'il vous plaît.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

Il est aussi vain de vouloir donner du sens à un anniversaire que de chercher à justifier un mariage : dans un cas comme dans l'autre, l'événement est surtout prétexte à faire la chouille avec les copains. Reconnaissons toutefois à l'Épicerie Moderne ses efforts : pour marquer le coup de ses dix ans d'existence, elle s'est mise en quatre pour éditer un livre et un vinyle live commémoratifs. Le premier verra le jour le 17 octobre, dans le cadre d'une journée d'animations (tatouage, photo call, papertoys...) ponctuée par un concert du brass band à tout faire The Soul Rebels. Le second sera prêt pour celui du mètre-étalon (et étalon tout court) rock Jon Spencer (voir page 4).

Deux habitués des lieux verront également leurs prestations "pimpées" pour l'occasion : d'un côté les Melvins (le 2 octobre), de l'autre Patrick Watson. Les parrains malgré eux du grunge se produiront au sortir d'une dégustation de vin en compagnie des œnologues with an attitude de Wine&Noise, tandis que l'élégant songwriter baroque le fera en parallèle d'un débarras de goodies.

À ne pas manquer également à Feyzin (outre ce dont on vous parle par ailleurs) : le hip-hop Motownesque de Clear Soul Forces (1er octobre), le heavy rock so 70's de Uncle Acid & the Deadbeats (20 octobre) et le folk au dépouillement chamanique de José Gonzales (17 novembre).

De la cave au grenier

Du côté du Trokson, c'est évidemment plus modeste – mais pas moins attrayant. Le repaire des musiques qui font friser les rouflaquettes concentrera ses festivités (toutes gratuites) sur le premier week-end d'octobre. Au programme : un grand rassemblement de selectas branchés sur courant alternatif le 1er, un concert de furious punk hispanophone (La URSS) le lendemain et une soirée au Marché Gare (le 3), featuring la reformation d'une gloire locale du hardcore (The Lost Boys) et le rock'n'roll en complet cuir de Atomic Suplex.

Marché Gare qui soufflera lui aussi sa dixième bougie, mais en février, nonobstant, dans le cadre du Riddim Collision, un big up au Transbo avec Peter Kernel et son indie pop épatamment cyclothymique (12 novembre). D'ici là, ne pas manquer les dates des garageux embrumés de Crocodiles (7 octobre), du boogie-men à la voix d'outre-tombe James Leg (4 novembre, avec les non moins white trash Left Lane Cruiser), de la riot grrrl à guitare vintage Sallie Ford (le 5), des funky-popeux polyamoureux de Unknown Mortal Orchestra (le 9) et des post-punks traumatisés par le Printemps érable de Ought (le 24). Ni celles de ceux dont on cause ailleurs. Et surtout pas celle des riffeurs empressés de Zig Zags, qui célébreront au passage... les 20 ans de l'émission de radio viennoise Tous en Tong. Décidément.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Benjamin Petit : « atteindre d'ici trois, quatre ans le véritable potentiel du Marché Gare »

SMAC | Rénové – et même pratiquement reconstruit – de fond en comble sur son site de Confluence, le nouveau Marché Gare ne rouvrira pas avant le printemps 2022 mais l'équipe bénéficiera d'un outil propre à satisfaire de nouvelles ambitions. On a fait le point sur le projet avec Benjamin Petit, son directeur, et Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture de la Ville qui a fait grimper considérablement l'enveloppe municipale en même temps que la subvention allouée à la SMAC lyonnaise.

Stéphane Duchêne | Mercredi 22 septembre 2021

Benjamin Petit : « atteindre d'ici trois, quatre ans le véritable potentiel du Marché Gare »

Le projet a beaucoup évolué notamment pendant la démolition d'une partie de l'ancien Marché Gare. Comment a-t-il pris forme, avec quel nouvel engagement de la Ville ? Nathalie Perrin-Gilbert : Au départ, on avait une enveloppe Ville de 500 000€, aujourd'hui elle s'est engagée à auteur d'1, 5M€, la Métropole 2M€ : on a un projet de 3, 5M€ mais parce que le projet s'est amélioré au fur et à mesure. Benjamin Petit : C'est vrai qu'il y a eu ce premier programme, ensuite il y a eu une nouvelle ambition portée par la Ville sur cet équipement. Mais il n'y a pas eu une escalade du budget, c'est l'enveloppe qui a été revue à la hausse. C'est à partir de là qu'on a pensé un nouveau projet plus ambitieux dans lequel on a pu faire passer nos idées pour cet équipement. Quel regard portez vous sur le projet tel qu'il est aujourd'hui ? NPG : Sur le projet culturel, je suis ravie d'hériter de cette décision concernant le Marché Gare, qu'une nouvelle salle dédiée aux musiques actuelles se développe comme cela. La Ville de Lyon veut conforter ses deux SMAC, le Marché Gare et le Pér

Continuer à lire

Trokson et Bootlegger : Karl Minetto dévoile l'avenir des deux spots rock de Lyon

Rock Bars | Deux ans après l’incendie qui avait ravagé le Trokson, emblématique café-concert des Pentes, et à l’aube de son seizième anniversaire, le repère à rockeurs rouvre ses portes. De l'autre côté de la Saône, son petit frère couche-tard du 5e arrondissement le Bootlegger tire sa révérence et ne reviendra pas post-Covid. Rencontre avec le maître des lieux, Karl Minetto, qui annonce le retour des concerts au Trokson pour fin septembre.

Louise Grossen | Samedi 4 septembre 2021

Trokson et Bootlegger : Karl Minetto dévoile l'avenir des deux spots rock de Lyon

(En fond sonore: R.L. Burnside, See My Jumper Hanging On the Line) L’incendie, puis le Covid et ses confinements… Comment avez-vous traversé ces épreuves ? Karl Minetto : Lors de l’incendie d’octobre 2019, tout a brûlé. Les assurances se sont mises en route très doucement. Ça a été long, d’autant plus avec la pandémie. Tout a été retardé et s’est mal enchainé : les paiements, les artisans, le début des travaux… Si bien qu’ils se sont terminés seulement début juin. Et encore, la salle de concert — en sous-sol — ne sera finie que courant septembre. Maintenant, on a pu rouvrir, le quartier a retrouvé sa terrasse, les copains reviennent, ça fait du bien. Et le Bootlegger ? Je suis en train de vendre le Bootlegger. [NdlR : l'after-club rock du 5e arrondissement, inspiré des lieux clandestins ouverts durant la prohibition aux États-Unis]. Il ne rouvrira pas, du moins, sous ce nom. On av

Continuer à lire

Feyzin : le musicien Alexandre Rochon nommé directeur de l'Épicerie Moderne

Mercato | François Jolivet s'en va, Alexandre Rochon arrive : l'Épicerie Moderne vient de changer de tête.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 juillet 2021

Feyzin : le musicien Alexandre Rochon nommé directeur de l'Épicerie Moderne

Pour ceux qui ont suivi de près l'essor de la scène clermontoise entre la deuxième moitié de la décennie 2000 et du début de la suivante, le nouveau directeur de l'Épicerie Moderne n'est certainement pas un inconnu. En 2006, Alexandre Rochon avait fondé avec un collectif d'artistes le label artisanal et indépendant Kütü Folk spécialisé dans le revival folk (St. Augustine, Leopold Skin...). Un label sur lequel on retrouvait logiquement son propre groupe The Delano Orchestra, drôle de vaisseau aux frontières du folk et du post-rock avec lequel il publia pas moins de cinq albums et multiplia les collaborations, discographique comme sur le Babel de Jean-Louis Murat, ou scénique avec la conception musicale de l'adaptation du cycle de Marie de l'auteur belge Jean-Philippe Toussaint (M.M.M.M). En parallèle, également vidéaste, le Clermontois a beaucoup œuvré à la réalisation de

Continuer à lire

Marché Gare : lancement de la deuxième phase des travaux

Lyon | Le Marché Gare, qui fête ses 15 ans dans le contexte que l'on sait, entre ce printemps dans la deuxième phase de ses importants travaux de rénovation. On en sait désormais un peu plus sur ce lifting qui devrait s'achever en début d'année prochaine pour une réouverture de la salle au printemps 2022.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 mars 2021

Marché Gare : lancement de la deuxième phase des travaux

Voilà un an et demi que le Marché Gare est fermé. Non pas à cause du Covid-19 mais parce qu'à la rentrée 2019, la salle labellisée Smac en 2018 a commencé de subir d'importants travaux de rénovation afin d'offrir un plus bel écrin à ses différentes activités. En attendant, jusqu'à la crise sanitaire, le Marché Gare investissait les scènes de ses confrères pour des concerts hors-les-murs labellisés "L'Équipée sauvage". La démolition des "ailes" du bâtiment-porche étant achevée, les travaux entrent désormais dans leur seconde phase pour une livraison du bâtiment au printemps 2022. Conduit par la SPL Lyon Confluence pour le compte de la Métropole et de la Ville de Lyon, cette seconde phase de travaux comprend notamment une mise aux normes du bâtiment, entrée historique de l'ancien Marché de Gros, dont le projet a choisi de conserver l'identité pour faire le lien entre le quartier historique de Perrache / Sainte-Blandine et le Quartier du Marché en cours de construction. Deux scènes, de l'ambiance Au programme, notamment, une rénovation énergétiq

Continuer à lire

Musiques actuelles : légende d'automne

Covid-19 | Sans aucune visibilité quant à leur conditions d'ouverture pour la rentrée, les diffuseurs de musiques actuelles, pour la plupart désœuvrés, oscillent entre optimisme mesuré, méthode coué et pessimisme radical, y compris à long terme. Un tableau guère réjouissant.

Stéphane Duchêne | Vendredi 10 juillet 2020

Musiques actuelles : légende d'automne

Pour savoir ce que les amateurs de musiques dites actuelles auront à se mettre sous la dent en cette ère pré-"post-Covid", on pourrait se contenter de jeter un œil aux agendas des différentes salles, où l'on trouve ça et là quelques dates (Épicerie Moderne, Transbordeur), parfois beaucoup (Radiant). Problème, ces agendas, en grande partie constitués de reports du printemps, sont pour Cyrille Bonin qui gère le Transbordeur : « un cache-misère ». Un trompe-l'œil même. Car si les discours et les réalités varient en fonction des modèles économiques et d'accueil, une réalité semble inéluctable, qu'énonce Benjamin Petit, coordinateur du Marché Gare : « rouvrir les salles dans les conditions de mesures sanitaires actuelles, c'est inenvisageable. Point. » Alors chacun bricole un peu. Le Ninkasi a maintenu son festival — en plein air du 5 au 13 septembre — et promet quelques concerts de groupes

Continuer à lire

Le Trokson fermé à cause d'un incendie

Faits Divers | Un sinistre s'est déclaré cette nuit au Trokson, café-concert emblématique des Pentes.

Sébastien Broquet | Mercredi 9 octobre 2019

Le Trokson fermé à cause d'un incendie

Le Trokson, lieu de rendez-vous des aficionados de rock sur les pentes de la Croix-Rousse, situé au 110 montée de la Grande-Côte, a été victime dans la nuit de mardi à mercredi d'un incendie et sera fermé « jusqu'à nouvel ordre ». Aucune victime n'est à déplorer, mais les habitants de l'immeuble ont dû être évacués le temps de l'intervention. Le feu, dont la source reste inconnue, s'est déclaré vers 2h du matin dans le bar. Selon Le Progrès, le mobilier du bar a été détruit. Tous les concerts prévus sont annulés.

Continuer à lire

Cher Watson

Pop | Ceux qui ont découvert Patrick Watson un peu par hasard l'an dernier, à Fourvière même, ont sans doute eu la curiosité et le temps de se familiariser avec la (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

Cher Watson

Ceux qui ont découvert Patrick Watson un peu par hasard l'an dernier, à Fourvière même, ont sans doute eu la curiosité et le temps de se familiariser avec la pop grandiose et planante du Canadien. Ceux qui le suivent depuis Wooden Arms, l'album qui a révélé par chez nous ce compositeur de la trempe d'un Sufjan Stevens et d'un Conor O'Brien (Villagers) ne manqueront sans doute pas la soirée proposée par la maison Fourvière. Soit la pop de Watson toute entière abandonnée aux envolées de l'Orchestre National de Lyon. On ne sait que trop pour l'avoir maintes fois constaté aux Nuits de Fourvière ce que ce genre d'accompagnement orchestral peut avoir de grandiose et d'inoubliable dans un lieu pareil (de Woodkid à Antony Hegarty (par deux fois), de Seu Jorge à... IAM) pour ne pas penser que le moment risque de s'ancrer profondément dans les souvenirs du public de ce 8 juillet. Patrick Watson avec l'O

Continuer à lire

SMAC : les musiques actuelles voient triple

ACTUS | En décembre dernier, trois salles de l'agglomération lyonnaise, L'Épicerie Moderne, le Périscope et le Marché Gare ont obtenu de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) le statut de SMAC (Scène de Musiques Actuelles), une première dans le Rhône – et une bonne nouvelle – qui s'inscrit dans la suite logique de la S2M, projet collectif de préfiguration lancé il y a quatre ans.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 janvier 2019

SMAC : les musiques actuelles voient triple

«C'est un peu notre cadeau de Noël », s'enthousiasme François Jolivet, directeur de l'Épicerie Moderne de Feyzin, au sujet d'une décision qui a été annoncée à la veille du 25 décembre. Celle de la labellisation SMAC de trois salles de l'agglomération par la DRAC : l'Épicerie Moderne donc, mais aussi à Lyon le Marché Gare et le Périscope. Cela fait donc trois SMAC d'un coup dans un département, le Rhône, qui n'en comptait jusque-là aucune. La fin d'une anomalie en quelque sorte que Benjamin Petit, administrateur et programmateur du Marché Gare, tempère néanmoins : « le modèle originel du dispositif était surtout dédié à des territoires bénéficiant de très peu d'offre culturelle. On ne s'est intéressé aux grandes villes que dans un second temps, ce modèle ne pouvant alors pas correspondre à un territoire comme Lyon ». « La particularité d'un département comme le Rhône, c'est la diversité des acteurs et il n'y a pas trop de trois SMAC pour tenter de répondre par leur singularité et leur complémentarité aux attentes et au besoin du secteur. On n'oublie d'ailleurs pas

Continuer à lire

Décret son : The sound of silence ?

Salles de concerts | Alors qu'un nouveau "décret son" impose depuis octobre dernier aux diffuseurs de musique (salles de concerts, clubs, festivals) des mesures toujours plus drastiques en matière de régulation du niveau sonore, beaucoup, à commencer par les petits lieux, s'inquiètent de ses conséquences artistiques, techniques et économiques sur leur activité. Petit tour d'horizon de la question avec quelques-uns des acteurs lyonnais emblématiques de la musique live.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 janvier 2019

Décret son : The sound of silence ?

« Hello darkness my old friend... I've come to talk with you again ». C'est un peu l'ouverture du The Sound of silence de Simon & Garfunkel qui semble courir dans les têtes des différents diffuseurs de musique actuelle depuis octobre dernier, date de la mise en application du nouveau décret son n°2017-1244 du 7 août 2017. Un décret dont la plupart des mesures pourraient bien réduire ces diffuseurs au silence, ou en tout cas à quelque chose qui, pour une salle de musiques actuelles (et donc la plupart du temps amplifiées), s'en rapproche dangereusement. Parmi ces mesures, qui concernent également les festivals, y compris en plein air, l'obligation de « ne pas dépasser des niveaux de pression acoustique continus équivalents à 102 décibels pondérés A (...) et 118 décibels pondérés C [en gros, les basses, NdlR] sur 15 minutes », quand le niveau sonore à respecter était jusqu'ici de 105 db. Si sur le papier la différence paraît infime, en réalité, elle est énorme. Stéphane Bony et Thierry Vignard, co-gérants du Sonic, expliquent : « Le son c'est

Continuer à lire

Benjamin Petit : « améliorer les conditions d'accueil du public »

Marché Gare | Repoussé hors-les-murs par des travaux conséquents, le Marché Gare s'offre le temps de cette parenthèse "Une Échappée sauvage", à coups de concerts, de projections et d'animations dans toute la ville. L'occasion de mener une réflexion sur les projets de la salle. Le point avec Benjamin Petit, coordinateur et programmateur du lieu.

Stéphane Duchêne | Lundi 24 septembre 2018

Benjamin Petit : « améliorer les conditions d'accueil du public »

Il était question un temps que vous déménagiez, le bâtiment étant censé être détruit, finalement il va être largement rénové et le Marché Gare pérennisé. Benjamin Petit : En effet, la salle a toujours été en sursis du fait de sa situation et du projet Lyon Confluence. Ç'a laissé cours à des rumeurs de déménagement, de destruction mais il n'y a jamais eu de projet alternatif concret. En revanche, il y a toujours eu un flou et cet avenir incertain a beaucoup conditionné le développement du Marché Gare. On a eu la confirmation qu'on resterait il y a quatre ans mais le projet définitif, on ne l'a entrevu qu'il y a deux ans. Comment expliquer cette décision ? C'est forcément une volonté politique. Si la ville de Lyon et la SPL en viennent à se dire que la salle doit rester, c'est qu'elle représente des enjeux politiques forts. Ce n'est pas non plus anodin que la labellisation SMAC soit en cours, ça veut dire que la Ville, le ministère de la Culture et la Région croient en notre travail : avec des petits moyens, on a réussi à bâtir une activité de qualité, saine, avec une fréquentation de 1500

Continuer à lire

Cinq concerts pour allergiques aux DJs

Circuit du jeudi | Représentatif de l'éclectisme de la programmation Nuits Sonores, le Circuit propose une volée de concerts en tous genres dans toutes les salles de l'agglo ou presque. Sélection premium.

Stéphane Duchêne | Lundi 30 avril 2018

Cinq concerts pour allergiques aux DJs

Les Filles de Illighadad C'est une énième émanation de la plus en plus riche scène berbéro-touarègue (Tinariwen, Mdou Moctar, Bombino, Group Doueh...), et d'une certaine manière pas la moindre. D'abord parce que – tout est dans le nom – il s'agit-là d'un trio féminin, mené par la flamboyante guitariste Fatou Seidi Ghali – et elles sont rares les femmes guitaristes, dans cette tradition musicale. Ensuite, parce que les Filles transcendent les carcans esthétiques de cette tradition pour les pousser vers un fascinant psychédélisme blues qu'il est urgent de découvrir. Au Marché Gare le jeudi 10 mai à 20h Kid Francescoli Cela fait une quinzaine d'années que le Marseillais Mathieu Hocine officie sous le nom de Kid Francescoli – hommage à l'ancien joueur uruguayen de l'OM. Mais pour lui, le tournant a sans doute lieu au début des années 2010 lorsqu'il rencontre l'Américaine Julia Mink

Continuer à lire

François Jolivet prend les rênes de l’Épicerie Moderne

SMAC | Après treize ans de bons et loyaux services dont trois à la direction, Damien Debard n'est plus à la tête de l’Épicerie Moderne. C'est François Jolivet qui a repris la direction de la salle feyzinoise : nous sommes allés à sa rencontre.

Corentin Fraisse | Mardi 13 juin 2017

François Jolivet prend les rênes de l’Épicerie Moderne

Racontez-nous votre parcours ? François Jolivet : J’ai démarré comme coordinateur dans un réseau régional du Nord-Pas-de-Calais en 2005, le RAOUL (Réseau Associatif des Organisateurs et Utilisateurs de Lieux). C’est l’équivalent de Grand Bureau. Ensuite, j’ai dirigé les 4 Écluses à Dunkerque : une salle de concerts, plus petite que l’Épicerie Moderne. C’est un lieu comparable dans sa gestion, un projet citoyen à la dimension culturelle très forte, avec des activités pour différents publics. Et surtout un soutien à la création et aux porteurs de projets artistiques. D’autres similitudes entre les 4 Écluses et l’Épicerie Moderne ? Les programmations sont à la fois voisines et différentes. La salle est plus petite à Dunkerque, avec un bassin de population de 200 000 habitants ; alors qu’ici, on est sur la troisième métropole de France. La salle des 4 Écluses est vraiment axée sur du jeune projet… mais voisine de l’Épicerie Moderne dans son éclectisme et dans sa volonté de porter des esthétiques "indé", de découverte et de diversité. La grande similitude entre les deux salles, ce sont les projets d’action cul

Continuer à lire

« Que les enfants voient ce que font leurs parents au concert »

L'Épicerie Moderne | Non contente de délivrer l'une des plus belles programmations de musiques actuelles dans l'agglomération, l'Épicerie Moderne est, depuis son ouverture en 2005, à la pointe d'une programmation jeune public qui s'est fait une spécialité de proposer aux enfants les mêmes musiques qu'aux parents. Explications avec Karine Fage, en charge des relations avec les publics et de l'action culturelle.

Sébastien Broquet | Mardi 11 avril 2017

« Que les enfants voient ce que font leurs parents au concert »

L'Épicerie Moderne a sans doute été la première salle de musiques actuelles à proposer des concerts rock pour les enfants. Aviez-vous dans votre convention à l'égard de la municipalité une incitation à faire du jeune public ? Karine Fage : Rien dans la convention ne stipulait que l'on devait mener une programmation à destination des enfants, des familles ou des scolaires. Mais l'idée de l'Épicerie étant d'avoir un projet artistique et culturel le plus ouvert possible, le choix s'est imposé, dès la première année, de faire une proposition à destination des familles, depuis les tout-petits à la fin de l'élémentaire. On l'a intitulé "Les Petites gourmandises". L'idée c'était de proposer des choses sur les différents temps de leur vie : en plus du temps scolaire et du temps de loisir, qui sont des outils pour permettre à des enfants de faire des sorties culturelles qu'ils ne feraient pas avec leurs parents, il fallait aussi privilégier les temps en famille. Les toutes premières saisons, c'était assez discret, mais très vite, on a créé une vraie plaquette dédiée à ces programmes. Aujourd'hui, on a vraiment pris le parti

Continuer à lire

Bootlegger : l’homme qui cache une bouteille dans sa botte

Club | Une pincée de prohibition, un zeste de mystère, le tout arrosé d’une bonne rasade de rock, c’est la recette du Bootlegger, le nouvel after club rock qui manquait à Lyon.

Lisa Dumoulin | Mardi 21 mars 2017

Bootlegger : l’homme qui cache une bouteille dans sa botte

Chicago, 1927. Les speakeasys, ces bars clandestins où l’on peut consommer de l’alcool, interdit par la prohibition, pullulent dans les caves et autres arrières-boutiques. Des tonneaux entiers débarquent par des petits bateaux ultra-rapides, appelés rum runners, depuis Georgetown en Guyane ou Saint-Pierre-et-Miquelon, plaque tournante du trafic, avant d’être acheminés illégalement un peu partout sur le territoire américain. Les contrebandiers, également appelés bootleggers, littéralement les hommes qui cachent des bouteilles dans leurs bottes, sont légion. Lyon, 2017. En bord de Saône, côté Saint-Paul, on cherche le numéro 113. On passe devant sans le voir. Normal, le Bootlegger n’a pas d’enseigne. À la manière des authentiques speakeasys, il n’en aura sans doute jamais. On sonne, la lourde porte s’ouvre. Il n’est pas encore minuit, nous sommes quasiment les premiers. Les pierres apparentes qui font le charme du quartier côtoient des revêtements en bois et brique. Sombre, masculin. Surtout des fauteuils clubs en cuir brun et des tonneaux en guise de table, clin d’œil aux litres d’alcool transportés dans ce conditionnement de choix.

Continuer à lire

Jon Spencer : Acte II

MUSIQUES | Spencer X, le Retour du retour. À l'automne dernier, le trio blues atomique devait venir présenter sur la scène de l'Épicerie Moderne son Freedom (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 2 mars 2016

Jon Spencer : Acte II

Spencer X, le Retour du retour. À l'automne dernier, le trio blues atomique devait venir présenter sur la scène de l'Épicerie Moderne son Freedom Tower : No Wave Dance Party sur lequel, au prétexte de rendre hommage à cette ville résiliente tout en réveillant les fantômes underground de son passé, le lubrique Spencer prenait la Grosse Pomme comme Dominique de Villepin entendait prendre la France. Comme une femme et par tous les boroughs. Ce qu'il fit littéralement (Spencer, pas Villepin) au cours d'une tournée locale à travers le Queens, le Bronx et tutti quanti. Malheureusement, un problème de santé empêcha le groupe de poursuivre sa tournée européenne et ce d'autant plus que le Blues Explosion est comme Yoann Gourcuff : il ne joue qu'à 110% de ses capacités. Tout étant rentré dans ce fameux désordre qui fait l'essence de JSBX, le couvert est remis, Jon Spencer et consorts viennent honorer le 6 mars leur promesse, l'Épicerie Moderne - et tout ce qui passera à portée. SD

Continuer à lire

Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

MUSIQUES | Entre Polna, Neil Young, les Insus et même le retour du plus si jeune Jon Spencer (porté pâle au printemps), les aînés seront là en force en 2016. Mais la jeune garde veille et ne s'en laissera pas compter.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée musique 2016 : anciens et modernes

Jon Spencer aime tellement nos panoramas de rentrée – il en a déjà fait la Une – qu'il parvient même à y figurer deux fois par an. On l'annonçait en septembre dernier, voilà qu'on le réannonce pour le 6 mars à l'Épicerie Moderne. Avec bonheur, puisque si nous le faisons, c'est que le trio du New-yorkais avait dû annuler à la dernière minute cet automne pour raisons de santé. Tout va mieux, donc tout va bien, et cela indique peut-être que cette année 2016 sera légèrement moins pénible que la précédente – raccrochons-nous aux branches, tant qu'il y a encore des arbres. Or des branches, même vieilles, il se trouve qu'il en repousse, en témoigne une tripotée de reformations plus ou moins récentes de groupes plus ou moins relous à l'oreille (Louise Attaque au Transbo le 29 mars, Elmer Food Beat au CCO le 6 avril) dont la palme revient bien sûr aux Insus, soit Téléphone sans fille (n'y allez pas, c'est complet) – rayon nostalgie de jeunesse, on préférera de loin se consacrer à Nada Surf, qui ne s'est jamais déformé, le 26 avril à l'Epicerie. Ah, tiens on allait oublier Polnareff

Continuer à lire

Annulation du concert de Jon Spencer

MUSIQUES | Mauvaise nouvelle pour les amateurs de son rock'n'roll charnel et urbain, Jon Spencer annule l'ensemble de sa tournée européenne pour raisons (...)

Benjamin Mialot | Lundi 9 novembre 2015

Annulation du concert de Jon Spencer

Mauvaise nouvelle pour les amateurs de son rock'n'roll charnel et urbain, Jon Spencer annule l'ensemble de sa tournée européenne pour raisons médicales. Il ne se produira donc pas à l'Épicerie Moderne demain. Plus qu'à espérer un report (et à relire notre article pour patienter). Ou, pour les plus atteints, à se rendre au deuxième concert de l'autre Jojo (à Tony Garnier), qui lui se porte comme un charme.

Continuer à lire

Le blues en rase campagne de Left Lane Cruiser

MUSIQUES | C'est bien connu, l'amour est dans le pré. Mais sachez qu'on peut aussi y croiser les Left Lane Cruiser qui, comme le prouve leur musique, semblent (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 novembre 2015

Le blues en rase campagne de Left Lane Cruiser

C'est bien connu, l'amour est dans le pré. Mais sachez qu'on peut aussi y croiser les Left Lane Cruiser qui, comme le prouve leur musique, semblent passer leur vie en sortie de route dans les champs, mais le pick-up retourné, le nez dans une bouse, une bouteille de Miller Ice dans le fondement. Car il y a dans cette espèce de bottle-(red)-neck blues quelque chose d'irrésistiblement chavirant, comme lorsque, dans un virage trop mal engagé, la vitesse vous déporte dans le sens inverse de celui dans lequel vous vous échiniez pourtant à tourner le volant. Cette sensation est une ivresse et pourtant, au fond, on sait comment tout cela va finir. Surtout pour les Left Lane Cruiser, originaires du nord de l'Indiana mais qui semblent toujours devoir échouer quoi qu'il arrive côté sud de la bagnole, du champs et des États-Unis tout entier, comme éjectés par la force centrifuge – ou pète (plutôt pète en fait). Le tout avec une innocence désarmante qui fait de ces trois bouseux l'équivalent musical des personnages principaux du film Dale & Tucker fightent le mal. Deux adorables têtes de nœud sudistes s'y retrouvent en plein film d'horreur,

Continuer à lire

Le virage rock de Sallie Ford

MUSIQUES | On écoute l'intro de Coulda Been, sur le dernier album de Sallie Ford, et on se dit que quelqu'un a dû complètement dérégler la DeLorean du rock. Ou sont-ce (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 3 novembre 2015

Le virage rock de Sallie Ford

On écoute l'intro de Coulda Been, sur le dernier album de Sallie Ford, et on se dit que quelqu'un a dû complètement dérégler la DeLorean du rock. Ou sont-ce nos oreilles qui mésentendent quelque chose des Breeders circa 1993, basse léchant le fût du Cannonball des sœurs Deal ? Un peu des deux puisque celle que l'on imaginait faire du secrétariat dans une boîte de pub à la Mad Men le jour et jouant en cachette du rock 50s une fois la nuit tombée a complètement changé d'ère, de look et même de groupe. Et au final changé d'airs. Out le Sound Outside, remplacé par un effectif 100 % féminin. Et si rétro il y a toujours, comme, littéralement, dans le clip de Coulda Been, il ne permet pas de voir aussi loin que les 50s. Pourtant, la focale est plus longue qu'il n'y paraît, la Sallie étalant avec ses meufs tout le répertoire des girls groups d'héritage pop garage des années 60 à nos jours (sans omettre d'ajouter l'indispensable clavier sans lequel une telle démarche fait tarte). Et confirme grandement ce qu'on pensait déjà : avec ses faux airs de grande sœur d'Ellen Page, la n

Continuer à lire

Jon Spencer, le roi de New York

MUSIQUES | Sur son dernier album, au prétexte de célébrer une liberté retrouvée symbolisée par la "Freedom Tower", le Jon Spencer Blues Explosion déclare son amour inextinguible à cette vieille femme qu'est la Grosse Pomme. Et le lui dit par tous les trous fumants. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 3 novembre 2015

Jon Spencer, le roi de New York

Jamais aussi à son affaire que lorsqu'il s'agit de jouer les Screamin' Jay Hawkins efflanqués, prêcheur de bon temps à prendre avant que l'Apocalypse ne vienne nous gratter la viande et nous ronger les os, Jon Spencer et son duo d'acolytes qui font trois ravalent leur précédent Meat & Bone pour nous jouer la grand-messe commémorative d'un New York renaissant et néanmoins, pour une part, révolu. Freedom Tower – No Wave Dance Party 2015, voilà l'affaire. La Freedom Tower, c'est donc cette tour de Babel post-moderne célébrant la Liberté autant que son fantôme, le souvenir de la catastrophe et le devoir de redresser la puissance érectile américaine jadis portée par les jumelles déchues. Le superphallus enfin érigé sur l'ancienne béance de Ground Zero, c'est surtout cette vieille hydre de Blues Explosion qui bande comme un démon, un os non pas dans le nez, comme le précité Screamin', mais bien dans le pantalon. Car s'il s'agit de rendre hommage – «Come on fellas, we gotta pay respect» commande Spencer sur l'inaugural Funeral – c'est bien le pantalon sur les genoux, éructant et écumant d'énergie vitale jusqu'au bout

Continuer à lire

Le Trokson, 10 ans de vacarme souterrain

MUSIQUES | Le Trokson fête cette semaine son dixième anniversaire. Retour sur l'histoire, entre heureux accidents et coups de poker payants, du rade le plus électrique des pentes de la Croix-Rousse.

Benjamin Mialot | Mercredi 30 septembre 2015

Le Trokson, 10 ans de vacarme souterrain

On y entre la première fois comme dans ce repaire de bikers où le Terminator fait ses emplettes au début du Jugement dernier : avec le regard, à la fois fasciné et craintif, de l’anthropologue découvrant une tribu dont les mœurs bousculent ses acquis sociétaux. Car c'est là, au Trokson – nom dérivé d'une ode à la picole sur un coin de zinc de Parabellum –, que le gotha du rock'n'roll lyonnais a ses habitudes. Là que, plusieurs fois par semaine, des dizaines de plus ou moins jeunes gens portant haut les signes distinctifs de l'anticonformisme à 220 volts (tatouages, patches, favoris, cuirs, clous...) se réunissent pour écluser dans la bonne humeur et au son de quelque riff tonitruant, fut-il craché par les enceintes cernant le comptoir boisé ou par les amplis installés au fond du caveau que surplombe le bar, accessible par un escalier en colimaçon à peine moins intimidant qu'une perche de feu. Et c'était pire avant. Les copains d'abord Nous sommes au début des années 2000. À l'emplacement actuellement occupé par le Trokson, à l'entame de la montée de la Grande Côte, est posé un tabac. Karl Minetto, barman d

Continuer à lire

Clear Soul Forces, dans le haut du panier hip-hop

MUSIQUES | Sans mic skill, la puissance n'est rien. En tout cas dans le monde merveilleusement grotesque de la lutte à grand spectacle, où le charisme d'un (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 30 septembre 2015

Clear Soul Forces, dans le haut du panier hip-hop

Sans mic skill, la puissance n'est rien. En tout cas dans le monde merveilleusement grotesque de la lutte à grand spectacle, où le charisme d'un catcheur se mesure aussi à sa capacité à électriser les foules en deux temps trois mouvements du larynx. À entendre la façon, alerte et limpide, dont ils usent chacun du leur, E-Fav, L.A.Z., Noveliss et Ilajide, les quatre MCs de Clear Soul Forces, auraient pu faire de phénoménaux talkers, ainsi que l'on nomme les superstars des rings à la reconversion oratoire toute tracée. Nombre d'entre elles ont d'ailleurs droit à une punchline sur le troisième album du désormais quintette – suite à l'arrivée du producteur Nameless – et ce n'est pas qu'une question de malice : grandi à l'ombre des usines mortes et des friches artistiques bien vivantes de son Detroit natal, Fab Five est, plus encore que ses remarquables prédécesseurs, un véritable condensé de la très paradoxale mythologie américaine. Un disque qui, égrenant à coups de pianos glitchés, d'after-beats faussement poussiéreux et de samples ad hoc, les grandes heures de la soul locale (le fameux son Motown) et du rap

Continuer à lire

Rentrée musique : 20 concerts à ne pas manquer

MUSIQUES | De mémoire de rats de salle de concert, cette rentrée musicale est l'une des plus chargées que la ville ait connue. Qu'à cela ne tienne, ce ne sont pas dix concerts que nous vous avons tagués comme "incontournables" cette année, mais une vingtaine. Faites chauffer les boules Quiès.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 septembre 2015

Rentrée musique : 20 concerts à ne pas manquer

Aline / Tigran / Jay Jay Johanson / Is Tropical Après avoir bu et dansé jusqu'à plus soif, bien profité de la belle hype initiée par Regarde le ciel, les Ex-Young Michelin ont pris la route du studio ICP de Bruxelles (temple du rock contemporain) à la rencontre de Stephen Street, mythique producteur et/ou ingénieur des Smiths (il fut le sage-femme de The Queen is Dead, t'as qu'à voir !), de Morrissey et de quatre albums de Blur. Le résultat, bien inspiré (et intitulé La Vie électrique), dégouline forcément de guitares cristallines et de rythmiques 80's dévalées en frenchy dans le texte. Quelque part entre les Smiths donc, les Triffids et un Daho d'époque moins daté. Aline est là, manquerait plus qu'elle revienne. Stéphane Duchêne Le 9 octobre au Marché Gare C'est un fait, le Tigran est un genre de prodigieux caméléon musical dont le génie serait profondément agaçant s'il n'avait pas la mansuétude d'en faire profiter les autres. Ce pianiste jazz (sur le papier uniquement), on l'a connu sous

Continuer à lire

Le Cabaret Frappé en quatre coups de cœur

MUSIQUES | Les choses ont pas mal bougé à Grenoble ces derniers mois depuis l'élection d'un maire vert. Mais pas Cabaret Frappé, festival d'été de la ville, si éco-citoyen que sa programmation semble être le fruit d'un tri de talents hautement sélectif. Exemples. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Le Cabaret Frappé en quatre coups de cœur

Sallie Ford Avec Slap Back (littéralement "gifler en retour" ou "rendre une gifle"), la rockeuse vintage à lunettes Sallie Ford a laissé de côté le revival rock fifties et ses oripeaux de Buddy Holly 2.0 à chromosomes XX pour un garage rock à fort effet décapant sur lequel elle a entièrement pris les rênes après la séparation d'avec The Sound Outside – remplacé par un groupe 100% féminin. Et c'est un peu des Breeders – et même des Pixies parfois – en mode psychédélique que l'on entend au détour de ces pop songs cinglantes.

Continuer à lire

Annulation de la guinguette de l'épicerie moderne

MUSIQUES | Cet après-midi, l'Epicerie Moderne devait tenir sa traditionnelle guinguette, sa familiale fête de clôture en plein air. En raison de l'alerte orange aux (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 4 juillet 2014

Annulation de la guinguette de l'épicerie moderne

Cet après-midi, l'Epicerie Moderne devait tenir sa traditionnelle guinguette, sa familiale fête de clôture en plein air. En raison de l'alerte orange aux orages lancée sur le Rhône pour cet après-midi, la salle et son partenaire, le Centre Social Mosaïque, ont décidé par prudence de tout annuler.

Continuer à lire

La force est avec eux

MUSIQUES | A chaque salle de concerts sa couleur. Rouge viscères pour le Sonic, là où la musique est une question de vie ou de mort, bleu horizon pour l'Épicerie (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 11 septembre 2013

La force est avec eux

A chaque salle de concerts sa couleur. Rouge viscères pour le Sonic, là où la musique est une question de vie ou de mort, bleu horizon pour l'Épicerie Moderne, haut lieu de la pop vagabonde, noir coquard pour le Clacson, l'antichambre du rock qui bastonne… Quant au Ninkasi Gerland, si son hyperactivité (498 dates la saison passée !) nous a longtemps donné le sentiment d'être atteint d'achromatopsie, nous sommes de plus en plus convaincu qu'il est gris bitume. Car il ne se passe pas une semaine depuis la rentrée sans que l'endroit abrite un concert de rap immanquable.   Après Al'Tarba & Lord Lhus et le S-Crew, c'est ainsi au tour de Clear Soul Forces, jeune quatuor de Detroit qui, en un album au titre culotté (Detroit Revolution(s)) et aux productions suintant l'application et le cool par tous les pavillons (l'effet Motown, assurément), a d'ores et déjà rejoint le défunt J Dilla et le

Continuer à lire

Le fils de l'épicière

MUSIQUES | Six ans après son arrivée à Feyzin, Sophie Boyer quitte ses fonctions de directrice de l’Épicerie Moderne. Dès la rentrée, c'est Damien Debard, son administrateur, qui prendra les commandes. Une entrevue bilatérale s'imposait, histoire de déterminer ce que ce passage de témoin va changer pour ce haut lieu des musiques indépendantes. Ou plutôt ce qu'il ne va pas changer. Propos recueillis par Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 23 mai 2013

Le fils de l'épicière

Les directeurs d'équipements ont tendance à s'accrocher à leur poste. Qu'est-ce qui te pousse à partir ?Sophie Broyer : C'est d'abord une décision personnelle : après douze ans à travailler dans des salles de concert, j'ai envie d'apprendre de nouvelles choses. Mais mon départ découle aussi d'une réflexion liée à l'avenir de l’Épicerie Moderne. La salle a huit ans, je suis à sa tête depuis six, avec une équipe qui n'a pas tellement bougé... C'est un bon socle de travail, mais je crois que ce n'est un service à rendre à personne que de rester pour rester. Cela me semble même important de renouveler une direction tous les cinq-six ans, de redonner du dynamisme. La routine dans le milieu culturel, pour moi, c'est un interdit. Que retiens-tu de ton passage ?SB : J'ai l'impression de fonctionner au saut dans le vide. J'ai pris très tôt des responsabilités dans des salles où les choses n'étaient pas simples, notamment parce que je suis une femme. Concernant l’Épicerie Moderne, comme il s'agit de ma première direction, je porte forcément un regard bienveillant sur son

Continuer à lire

Marques et Spencer

MUSIQUES | Après huit ans de hiatus discographique, le Blues Explosion de Jon Spencer revient mettre un grand coup dans la fourmilière blues avec le belliqueux et chaudard "Meat & Bone". Et un concert événement à l’Épicerie moderne. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 23 novembre 2012

Marques et Spencer

On se souvient (ou pas, plus probablement) de cette anecdote de Lara Fabian contant la phrase prononcée un jour par son manager et mari de l'époque : «Ensemble, on ira mettre un coup de tête à la Tour Eiffel et un autre à la Statue de la Liberté» – cette dernière n'aurait rien senti et la Tour Eiffel n'aurait pas souffert. Vous ne voyez pas bien le rapport avec Jon Spencer ? Il est pourtant évident, toute la carrière de Spencer ayant consisté à mettre des coups de têtes musicaux à son auditoire. Et aussi quelques bons coups de reins. A produire, au maximum, une sorte de jamboree explosif et, au minimum, un catfight d'amour vache qui finirait sur l'oreiller. On en a un bel exemple avec le clip de Boss Hog où Spencer et sa femme, la canonissime Cristina Martinez, s'ébattent dans le désert après s'être promis raclée et inhumation. Spencer, diaboliquement beau lui aussi, y apparaît efflanqué comme un chat de gouttière. Il le sera toujours, se permettant même de changer de genre en se faisant incarner par la crevette Winona Ryder dans le clip de Talk

Continuer à lire

The Voice(s)

MUSIQUES | Avant son vin nouveau qui fait la langue bleue, le Beaujolais nous offre chaque année une rasade de «nouvelles voix» dont le spectre est aussi large que (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 9 novembre 2012

The Voice(s)

Avant son vin nouveau qui fait la langue bleue, le Beaujolais nous offre chaque année une rasade de «nouvelles voix» dont le spectre est aussi large que celui des parfums fruités censés agrémenter le goût du Bojolpif. Essentiellement axé sur la dégustation de découvertes, agrémentée de quelques menues têtes d'affiches (Skip The Use, Lewis Floyd Henry, Sallie Ford), le Festival Nouvelles voix en Beaujolais offre à boire et à manger. Qu'il nous soit donc permis de faire notre marché pour y piocher les plus enthousiasmantes trouvailles caladoises de cette année. Comme les Angevins The Dancers qui, malgré leurs têtes de premiers de la classe du genre à vous marcher sur les pieds pendant un slow, portent plutôt bien leur nom, comme si les Concrete Knives avaient découvert les vertus conjuguées des Housemartins et des

Continuer à lire

Revenants

MUSIQUES | À force, les salles lyonnaises sont un peu comme le PMU du coin de la rue, elles finissent par avoir des habitués. Ce qui en dit long sur la qualité de l'accueil de nos salles. Ou sur le fait que Lyon soit bel et bien réapparu sur la carte de France du rock. SD

Stéphane Duchêne | Jeudi 13 septembre 2012

Revenants

Cette saison encore, quelques bienvenues impressions de déjà-vu. Qu'il s'agisse d'artistes quasi bi-annuel comme Dominique A – dont, quoi qu'il arrive, on ne se lasse pas – ou quasi-annuel comme Deerhoof ou The Wedding Present qui (re)vient tout spécialement pour jouer en intégralité l'un de ses albums mythiques Seamonsters. Il y a aussi les chouchous tels le Canadien Patrick Watson – pourtant de plus en plus déroutant – pour lequel l'Épicerie Moderne se damnerait volontiers, comme elle le ferait pour la formation hollandaise The Ex quasiment assignée à résidence, ou ses collègues bruitistes d'A Place to Bury Strangers aka «le groupe le plus bruyant de NY». Autre retours de groupe qu'on a l'impression d'avoir quittés hier : Dark Dark Dark, malheureusement programmé l'an dernier en face de The Chap, et les Caennais de Concrete Knives dont l'avenir, sur le label anglais Bella Union, s'annonce aussi glorieux que leurs hymnes pop sont foux-dingues. Tandis que ceux-ci passeront de la scène du Kafé, à celle plus p

Continuer à lire

Le Blues de la rentrée

MUSIQUES | En cette rentrée musicale, Lyon a, comme tout un chacun, le blues. Sauf qu'en l'espèce, c'est plutôt très bon signe et annonciateur d'un automne riche en fibre musicale. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 13 septembre 2012

Le Blues de la rentrée

Inutile de présenter le blues du dimanche soir, c'est une réalité identifiée (quasi) scientifiquement. On sait d'ailleurs depuis cet été – en tout cas, pour ce que ça vaut, un sondage l'a montré – que le blues du dimanche soir commence en réalité le dimanche... matin pour atteindre un pic vers 16h13 – la science est implacable et précise comme une Rolex. Prenons donc ce phénomène et multiplions-le par la racine carrée de la rentrée scolaire, que multiplie la nostalgie d'un été doré, moins les bouchons et les marmots qui braillent à l'arrière du Kangoo, plus l'arrivée imminente de l'automne, et la perspective d'un dimanche après-midi de novembre devant Michel Drucker, et vous obtenez une sorte de super blues du dimanche soir : le blues de la rentrée. Avec ceci de spécifique qu'il peut – cela a été établi par nos soins à l'aide d'une savante approximation – durer jusqu'à Noël. Talk about the blues Car même si l'on s'en tient à un strict point de vue musical, notre rentrée 2012, «elle vient de là, elle vient du blues», comme dit notre poète national. Ça a même commencé très fort le 4 septembre dernier, le jour même de la rentrée scolaire (comment

Continuer à lire

Big Business is Big Business

MUSIQUES | Jarred Wallen et Coady Willis, les deux actionnaires historiques de Big Business, ont lancé une Offre Publique d'Achat hostile sur l’Épicerie Moderne le (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 8 juin 2012

Big Business is Big Business

Jarred Wallen et Coady Willis, les deux actionnaires historiques de Big Business, ont lancé une Offre Publique d'Achat hostile sur l’Épicerie Moderne le 2 octobre dernier. Ce fut un succès retentissant : attifés comme des gigolos du IIIe Reich, ils passèrent la soirée à violenter les deux batteries des Melvins avec la rigueur et l'impitoyabilité de ces joueurs de tambour qui, dans les fictions antiques (et uniquement dans les fictions antiques : l'instrument était inconnu de nos ancêtres latins), sont chargés de motiver les galériens. C'est donc en terrain conquis et accompagnés par les influents noiseux Unsane (dont le bassiste est, pour la petite histoire, le tour manager des Melvins), qu'ils feront leur retour dimanche 17 juin. L'occasion pour eux de rappeler qu'avant d'être la section rythmique du groupe de metal le plus déglingo de son temps, Big Business est un producteur de décibels sacrément performant. Surtout depuis Mind the Drift (2009), troisième album où sous l'impulsion du guitariste Toshi Kasai, Wallen et Willis ont pris acte de la perfectibilité du modèle basse-batterie pour lequel ils avaient opté à leurs débuts.Benj

Continuer à lire

Sally can dance

MUSIQUES | À première vue, Sallie Ford est le genre de fille que dans le système de caste des lycées américains, on ne calcule pas. Qu'on bouscule même à l'occasion lorsque (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 23 février 2012

Sally can dance

À première vue, Sallie Ford est le genre de fille que dans le système de caste des lycées américains, on ne calcule pas. Qu'on bouscule même à l'occasion lorsque son casier vomit un trop plein de livres, dont on moque les lunettes volées à grand-maman. Bref, le genre de personnage de fausses moches marginales, ou de belles qui cherchent à s'enlaidir, incarnées par Elle Page dans Juno et Bliss ou Amanda Seyfried dans Jennifer's Body (en plus Daria friendly). Sally est pourtant une véritable furie rock 'n roll, tendance rockab'. Et c'est à peine si l'on s'étonne qu'elle vienne du véritable élevage de rock bands à ciel ouvert qu'est devenu Portland, Oregon, où les formations de qualité nous tombent dessus avec la régularité des abondantes précipitations du Nord-Ouest amér

Continuer à lire

Southern (in)confort

MUSIQUES | Jamais avare de surprise en ce qui concerne ses concerts «coups de cœur» le Kafé ajuste son concept en concert «coups de boule», suivi d'un tabassage au (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 9 février 2012

Southern (in)confort

Jamais avare de surprise en ce qui concerne ses concerts «coups de cœur» le Kafé ajuste son concept en concert «coups de boule», suivi d'un tabassage au tesson de bouteille sous des néons clignotants façon Titty Twister (le bar à vampires d'Une Nuit en enfer) ou Double Deuce (le dancing bourre-pif de Road House). En lieu et place des Buffalo Killers promis, des remplaçants de choix : les Left Lane Cruiser, estampillés hillbilly punk blues. Autant dire que ça fleure bon le redneck consanguin prêt à vous découper au fond de sa cave au nom du Christ ou du Southern Comfort, le célèbre rince-cochon local, hautement inflammable. Left Lane Cruiser ou le genre de musique jouée pied au plancher – sur la pedal steel – en roulant à gauche. Non pas parce qu'on aurait adopté les mœurs de conduite anglaises mais parce qu

Continuer à lire

The Melvins

MUSIQUES | À quoi reconnait-on un groupe culte ? Au fait qu'il ait besoin de la déférence de ses héritiers pour sortir du bois. Les Melvins en sont la plus probante (...)

Benjamin Mialot | Lundi 12 septembre 2011

The Melvins

À quoi reconnait-on un groupe culte ? Au fait qu'il ait besoin de la déférence de ses héritiers pour sortir du bois. Les Melvins en sont la plus probante illustration, eux qui, en dépit de la géniale radicalité de leur musique (imaginez du Black Sabbath joué par les pensionnaires d'un sanatorium hanté), de leur presque trente ans de carrière, de leur discographie tentaculaire et de l'invraisemblable choucroute de leur frontman, doivent leur peu de célébrité à l'admiration que leur vouait Kurt Cobain. Autant dire qu'ignorer leur exceptionnelle date lyonnaise relève du pur et simple crime de lèse-majesté.

Continuer à lire

Insidious

ECRANS | James Wan applique le principe du «less is more» dans ce remarquable film d’épouvante à l’ancienne qui rappelle opportunément l’objectif du genre : faire peur ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 7 juin 2011

Insidious

Révélé grâce à un film de vidéoclub opportuniste ayant ensuite connu une exploitation agressivement commerciale (Saw), James Wan aurait pu capitaliser sur ce succès et jouer les mercenaires au sein des studios. Avec une intégrité devenue rare, il a choisi au contraire de rester fidèle à une économie modeste, travaillant avec une ambition tout sauf dérisoire le cinéma de genre comme un territoire où tout n’a pas encore été montré et où le premier degré est indispensable pour susciter des émotions fortes. Après le film fantastique (Dead silence) et le film d’autodéfense (Death sentence), Wan situe Insidious à cheval entre le film de possession et le récit de maison hantée ; il y dépeint une gentille famille américaine qui s’installe dans sa nouvelle demeure. Après quelques alertes — un grenier inquiétant, des apparitions flippantes — Dalton, l’aîné des trois enfants, tombe dans le coma, et la mère est persuadée qu’une force maléfique cherche à s’emparer de son corps — le père est plus sceptique. Le reste de l’intrigue est riche en retournements de situations et climax terrifiants que Wan orchestre avec un indéniable savoir-faire.

Continuer à lire

Il vient de là, il vient du blues

MUSIQUES | C'est l'événement de cette fin d'année : Jon Spencer, mythe vivant du rock'n'roll contemporain (sans lui, pas de White Stripes ou de Strokes), fait escale à Lyon avec son Blues Explosion pour fêter six rééditions discographiques. Benjamin Mialot

Dorotée Aznar | Lundi 6 décembre 2010

Il vient de là, il vient du blues

N'y allons pas par quatre chemins (pratique d'autant plus inutile qu'ils mènent tous à Rome) : Jon Spencer incarne le rock'n'roll dans ce qu'il a de plus excitant. Tant et si bien que, si le genre venait à s'éteindre et si quelque scientifique se mettait en tête de le ressusciter comme d'autres s'y sont essayés à leurs dépens, c'est à partir de l’ADN de cet Américain aux rouflaquettes couleur pétrole qu'il faudrait mener les recherches. Chez lui, pas de reflux gastriques mortels à la mode Jimi Hendrix, ni de penchant pour le grand écart entre déballage de quéquette et publicité télévisée à la Iggy Pop. La mesquinerie narcissique de Keith Richards, la cyclothymie contre-productive d'Anton Newcombe, la fragilité claviculaire de Kurt Cobain ? On n'en trouve pas trace dans la carrière exemplaire qu'a menée Jon Spencer depuis ses débuts noisy à la tête de Shithaus jusqu'à sa récente apparition au festival événement organisé par le label Matador. Du style, de la sauvagerie, du respect et de l'ouverture d'esprit en revanche, le bonhomme en a à revendre. On dirait le sud Des six indispensables rééditions du trio qu'il mène depuis bien

Continuer à lire

Boum Me Tender ! L'Épicerie fête ses 5 ans

MUSIQUES | Voilà déjà une demi décennie de bons et loyaux services pour l'Épicerie Moderne dans le spectacle et les musiques actuelles. En cinq ans, la salle de Feyzin (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 24 septembre 2010

Boum Me Tender ! L'Épicerie fête ses 5 ans

Voilà déjà une demi décennie de bons et loyaux services pour l'Épicerie Moderne dans le spectacle et les musiques actuelles. En cinq ans, la salle de Feyzin nous aura fournis, et continue de le faire, quelques-unes des plus belles émotions musicales de ces dernières années. L'Épicerie soufflera ses bougies vendredi 1er et samedi 2 octobre au cours d'un événement en deux temps baptisé Boum Me Tender. Première étape : un juke-box live autour d'Elvis Presley avec The Good Damn ou encore Mr Day. Et le lendemain à 14h30, l'«électro swing kids party» (whouhou !) à destination des enfants, cible privilégiée de certaines activités du lieu. Entrée libre dans les deux cas. SD

Continuer à lire

Blues en stock

MUSIQUES | L'un des titres emblématiques de Jon Spencer s'intitule Talk about the blues. Un sujet sur lequel le new-yorkais a toujours été très bavard. Que ce soit (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 16 juin 2010

Blues en stock

L'un des titres emblématiques de Jon Spencer s'intitule Talk about the blues. Un sujet sur lequel le new-yorkais a toujours été très bavard. Que ce soit avec Boss Hog (le groupe qu'il forma avec sa femme Cristina Martinez), The Jon Spencer Blues Explosion ou maintenant Heavy Trash, il n'a toujours été question que de ça : quel que soit le style musical adopté en vitrine, l'arrière-boutique résonnait de blues à triturer, à tordre ou à vitrioler pour s'assurer qu'il bouge encore et même qu'il s'agite au gré d'un punk rock digne de la danse de Saint-Gui. Entre pastiche et hommage, recherche musicale et déconstruction bruyante. Même souci du côté de Wovenhand et pourtant le résultat est quasiment aux antipodes de la musique de Spencer. Du blues, David Eugene Edwards, leader de Wovenhand et ancien chamane de 16 Horsepower, a toujours exploré la face sombre et gothique, mythique aussi entre attirance pour la transe indienne et fascination pour les immigrants chrétiens aux mains sales et à l'âme à laver. Un peu à l'image d'une église des pères fondateurs bâtie sur un cimetière indien, ce blues-là est noir comme le souvenir qui ne veut pas s'effacer, porté par la voix habitée de cet homme

Continuer à lire

Gare au Marché Gare

MUSIQUES | Entretien / Nanti depuis le début de l’année d’un nouveau programmateur, le Marché Gare entame la saison avec une programmation bien plus ouverte qu’à l’accoutumée. Explications avec l’intéressé, Benjamin Petit. Propos recueillis par Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 septembre 2009

Gare au Marché Gare

Petit Bulletin : Votre parcours ?Benjamin Petit : Je suis originaire de Lyon où j’ai fait une partie de mes études dont Sciences Po, mais mon expérience professionnelle s’est faite à Paris. Notamment chez Naïve, puis à la mairie de Paris, au cabinet de l’adjoint à la Culture. J’ai également travaillé dans un cabinet d’études et de conseil en projets culturels qui faisait une étude sur les Musiques Actuelles à Paris. Qu’est-ce qui va changer avec votre arrivée ? On ne peut pas cloisonner une salle à une esthétique, on est obligé d’être à la fois généraliste et pointu dans tous les domaines. L’idée globale c’est de fonder la programmation sur un socle rock, et d’aller chercher des compétences, des partenariats sur des esthétiques particulières (Jarring, L’Original, Les Gourmets). Je vais aussi continuer à programmer des groupes locaux, mais ils ne passeront au Marché Gare que parce qu’ils me plaisent. Quel regard portez-vous sur la scène lyonnaise ?J’ai plongé direct dedans et j’ai été très surpris. C’est terrible que la scène locale souffre d’un tel complexe. Quand tu dis que tel ou tel groupe est lyonnais, c’est presque dévalorisant : dan

Continuer à lire

Watson toujours deux fois

MUSIQUES | Sa date à la Marquise en novembre dernier ayant vite affiché complet, beaucoup ont sans doute loupé la première apparition lyonnaise du Canadien Patrick (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 6 mars 2008

Watson toujours deux fois

Sa date à la Marquise en novembre dernier ayant vite affiché complet, beaucoup ont sans doute loupé la première apparition lyonnaise du Canadien Patrick Watson. Bonne nouvelle, l’auteur du très beau Close to Paradise, l’un des bijoux pop de l’an dernier, remet le couvert le 18 mars au Kao qui rappelons-le compte suffisamment de places pour y traîner famille et amis. Les absents n’auront donc «pas d’bon sens».

Continuer à lire

Revenant(s)

MUSIQUES | Musique / L'Épicerie Moderne se fait épicerie fine en accueillant Terry Callier, pionnier de l'hybridation folk américaine. L'occasion de (re)découvrir un artiste culte. Stéphane Duchêne

Christophe Chabert | Mercredi 4 avril 2007

Revenant(s)

Dans les années 80, The Young Ones, une série anglaise quasi inconnue en France, fait passer à la postérité cette phrase prononcée par Neil, un jeune hippie déprimé : «Je me sens comme un disque de Leonard Cohen, personne ne m'écoute jamais». L'étape suivante avant la détresse absolue serait probablement de se sentir comme un disque de Terry Callier. Car s'il est une discographie qu'on imagine plus soumise à l'indifférence du nombre que celle de Cohen, c'est bien la sienne, pourtant d'utilité publique. C'est en 1964 qu'arrive de nulle part (et aussi un peu de Chicago) The New Folk sound of Terry Callier, chef d'œuvre ombrageux et extatique, truffé de traditionals américains et pas très éloigné des productions à venir du séraphin Tim Buckley. Dans cette première moitié des années 60 où la pop music bâtit de solides fondations mais où les panthéons restent à bâtir, Callier pose une pierre importante. Il a alors 18 ans et une voix prodigieuse, entre Buckley, Elvis et le timbre déchiré des conteurs des champs de coton. C'est avec cette voix unique que Callier adjoint au folk, alors trusté par des petits blancs encanaillés dans la contestation (Joan Baez, Bob Dylan, Pete Seeger), ce qu'

Continuer à lire