Christophe Moulin : « Le brassage, c'est aussi mixer food, bières et musiques »

Ninkasi | Pour ses vingt ans, le Ninkasi s'est offert un lifting : rendez-vous le 16 octobre pour un lieu multiple repensé autour d'une programmation toujours plus éclectique où se croiseront jusqu'en décembre Arrested Development, The Stranglers ou encore Tété. On en parle avec Christophe Moulin, le programmateur.

Sébastien Broquet | Mardi 19 septembre 2017

Photo : © Hugo Juillard


Quel retour feriez-vous de votre première année de programmateur du Ninkasi ?

Christophe Moulin : Il y a un an, nous avons commencé les travaux, dont nous ne récoltons pas encore les fruits. C'était une année de transition, mais aussi de complication pour le public, pour les artistes - les backstages étant en travaux. On s'en excuse encore ! C'était une année d'expérimentation, sans pouvoir aller au bout du geste. Ça va vraiment démarrer le 16 octobre : là on va commencer à dérouler la machine telle qu'on l'a réfléchie il y a deux ans.

Je garde de très bons souvenirs comme The Game, ou encore la Ninkasi Urban Week où l'on a pu investir l'espace urbain, notre travail sur le Mur7 avec Birdy Kids. C'est ma touche personnelle, cette porosité entre la salle et le quartier. J'ai du mal à rester en place ! C'est normal que les habitants n'entrent pas obligatoirement dans une salle de concerts qui reste un cube fermé. Mais le concert doit sortir à l'extérieur, lui.

C'était aussi l'année du retour au Kao, après une longue absence, de la techno qui tape, un peu extrême. C'est un style que je revendique pleinement car il m'a vu naître : fin 80's, quand j'allais dans les raves, on commençait avec Jérôme Pacman, puis ça jouait techno et on finissait hardcore avec Manu le Malin ou Laurent Hô : il n'y avait pas de chapelles.
Le Ninkasi étant un lieu de brassage et un terrain de jeu tellement génial, on ne s'interdit rien. Et on peut proposer tous les jours des concerts gratuits, c'est unique et ça permet de lutter contre l'institutionnalisation du lieu. Ici, c'est ouvert tout le temps : on peut finir une soirée techno à 7h et ouvrir à 8h pour un vide-dressing...

Qu'est-ce que le public va trouver de nouveau ?

Quasi tout aura été refait, retouché ou agrandi. À part l'intérieur de la salle du Kao que nous ne pouvions pas toucher. Le fonctionnement va être complètement différent. On a voulu reconstituer un tout cohérent et unifier. Que ce soit un projet lisible et ça va se manifester par une seule entrée, via l'esplanade, où sera désormais la billetterie. Certains croyaient que le Kao et le Ninkasi étaient deux projets différents, on veut changer ça. Dans la première salle, tous les jours il y aura un concert gratuit. Puis, il y aura le Kao, pour ceux qui ont un billet. Et entre les deux, un espace nommé le Club où les gens pourront boire un verre.

Côté programmation : le lundi, on reste salsa. Le mardi, on garde les groupes locaux. Le mercredi, les coups de cœur du programmateur, sur de l'émergence nationale, comme Malo'. Le week-end, des DJs résidents. Le jeudi, des formules apéritives bien travaillées telle une "programmation culinaire" avec des produits régionaux et des créations exclusives pour le Ninkasi, comme le saucisson à la bière noire que l'on a sorti. 80% des produits à la carte sont régionaux, on veut arriver à 100%. Le brassage, c'est aussi mixer food, bières et musiques.

Et au Kao le week-end, du clubbing, souvent avec des collectifs locaux et très axé bass music, très anglais. Et des concerts en début de soirée.

Et pour fêter les vingt ans ?

On a conçu la programmation avec un temps fort entre le 16 octobre et le 10 novembre. Et d'autres concerts jusqu'à la fin de l'année. Le mardi 17 octobre, c'était symbolique et très important que les premiers artistes à fouler la nouvelle scène du café soient locaux. J'ai toujours voué un culte à Jarring Effects, qui a vraiment marqué la scène lyonnaise. High Tone est le groupe que j'ai le plus programmé à Caen. Il y aura donc une carte blanche à Jarring avec Filastine, Eustache McQueer... Le mercredi 18, Tété et Carmen Maria Vega : ils vont profiter de l'occasion pour faire des morceaux ensemble. Le 21, c'est le booker Wart qui amène Madben, Acid Arab, Cléa Vincent et Salut c'est Cool. En une semaine, on regroupe ainsi presque toute les musiques : c'est ça, le Ninkasi.


Pour fêter ses vingt ans de brassage, tout court mais aussi culturel et surtout musical, le Ninkasi a, sans doute par déformation professionnelle, mis les petits plats dans les grands s'agissant des concerts qui vont parsemer cet automne anniversaire. La liste étant longue comme le bras (plus d'une vingtaine de dates), il convient ici d'en tirer la substantifique moelle.

Parmi les grosses pointures, on retiendra la venue d'Arrested Development qui fête personnellement ses 25 ans, l'allumette suédoise Jay-Jay Johanson, les inextinguibles quoi que pas mal remaniés Stranglers, le Klub des Loosers, ainsi que des amis de la maison comme Carmen Maria Vega, Jim Murple Memorial, les Fatal Picards et Jarring Effects, pour une carte blanche. À chacun ensuite de composer son burger musical.

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Avec le retour des beaux jours, et même – qui sait ? – des « jours heureux », et bientôt tous vaccinés d'ici quinze jours-trois mois, voilà qu'on va pouvoir réinvestir l'extérieur jusqu'à des 20h, 20h30, tomber sinon les masques du moins chemises et t-shirts, sortir les pantacourts et les mini-jupes, gonfler les torses et pointer les seins vers l'azur même, si on veut – c'est fait pour ça les jours heureux, non ? Eh bien voilà qu'arrive à point nommé le premier album des rookies lyonnais du moment, Ponta Preta, qui pourrait bien être la bande son idéal de ces prémices estivales. La chose a pour nom Tits Up et résonne donc comme une invitation à se dépoitrailler, y compris à se dépoitrailler l'esprit qui commence à sérieusement sentir le renfermé et la chaussette confite. Un titre qui est aussi, les fins limiers de la pop moderne l'auront compris, un clin d'œil plus ou moins avoué au Surf's Up des Beach Boys. Car ces jeunes surfers en partie révélés il y a deux ans — cette douce éternité —, par le

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Avec la rentrée, commencent les tremplins musicaux qui livrent généralement leurs verdicts avant l'été. Sauf cette année où, chacun l'aura noté, tout est un peu à l'envers. C'est donc fin septembre que sont tombés comme des fruits trop mûrs les lauréats du tremplin découverte À Thou bout d'chant et du Ninkasi Music Lab. Le temple de la rue de Thou siégeait pour sa finale du côté de la Comédie Odéon et a désigné deux vainqueurs : le duo Enoïa remportant le prix du public et Oscar les Vacances et ses chansons de slacker made in France, celui du jury. Du côté du Ninkasi, ce sont les popeux zinzins d'Arche qui ont emporté l'adhésion – ici, pas vraiment de vainqueur même si un peu quand même – à l'issue de la soi

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Alors certes, au Ninkasi Musik Lab, c'est un peu comme à l'École des fans, on aime à dire que tout le monde a gagné, ce qui n'est pas faux. Il n'empêche que le grand finale de la saison sert aussi à départager les trois protagonistes sélectionnés : Claire Days, Effigie et Ponta Preta. Le 15 mai dernier, devant un Kao comble, c'est Ponta Preta qui a été désigné par le jury, séduit par ce surf-rock pétri de facilités et toujours au bord de la crise aiguë de nonchalance. Pour la peine le groupe lyonnais se voit gratifié d'un accompagnement artistique et financier d'un an d'une valeur de 5000 euros pour lui permettre de se développer. Et comme Claire Days et Effigie écumera les festivals locaux cet été (24h de l'Insa, Woodstower, Lyon Street Food Festival). Attendez vous à ce que l'on reparle d'eux.

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Point d'énorme fête avec têtes d'affiches ni de rétrospective, pour ce 19e anniversaire du Ninkasi qui pointe le bout de la truffe la semaine prochaine, mais une volonté de s'afficher brasseur de musiques autant que de houblon avec deux soirées mettant en avant les artistes locaux accueillis durant la pause estivale en résidence de création, l'un des axes forts que le lieu veut impulser depuis sa reprise en main artistique par l'échappé du Cargo, Christophe Moulin. Culottes Courtes, Scampi (photo) et Mary seront ainsi à l'affiche le mardi 13, et Honest, Segfault et XI le lendemain. Jeudi, les DJ résidents Maggy Smiss et Oskar Lewel gardent la main. Avant, surtout, une party sous l'égide du label Embrace le vendredi 16 : UK house toute la nuit avec l'esthète Clément Bazin (déjà repéré aux côtés de Woodkid), mais aussi Crayon, The Geek & VRV et surtout Daze, le tout en live dans la salle du Kao. À noter que

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16.06.16 > LA PLATEFORME KIBLIND #57 Cherchez pas à comprendre le line-up de cette soirée, allez-y, c'est tout. D'un concours de pétanque molle à un apéro mix en compagnie de la radio RTU et du festival Heart of Glass, Heart of Gold, en passant par des DJ sets du crew Groovedge, de Sacha Mambo et The Pilotwings, les dessins réalisés en direct et projetés de la bande de Mauvaise Foi, des stands d'activistes et de la bonne bouffe, Kiblind a décidé de régaler toute la nuit. Boum. 17.06.16 > OBAMO CAFÉ MIDNIGHT RAVERS C'est l'un des projets les plus passionnants sorti des fourneaux de Jarring Effects ces derniers temps : Midnight Ravers est un projet mené par Dom Pete

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Walk the Walk #4 | Quatrième épisode de notre virée en Jamaïque sur les traces de Brain Damage, qui se confronte à une nouvelle légende : l'immense Willi Williams.

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Willi Williams, c’est le single extrait de cet album, c’est aussi l’artiste qui t’a accompagné sur scène à la sortie du disque : qu’est-ce qu’il y a eu de plus entre vous, lors de cette rencontre ? Martin Nathan : Le choix du single n'a pas été simple. J'aurais pu choisir en effet quasiment n'importe quel titre de l'album, tant j'étais satisfait des prestations des différents intervenants. Par contre, quand il a fallu choisir qui j'allais inviter à venir me rejoindre pour tourner en Europe, je n'ai pas hésité. Wiili m'a instantanément convaincu par sa simplicité, sa disponibilité, son efficacité en studio, sa voix, son aura. De plus, le fait que son hit Armagideon Time, qui l'a promu au statut de légende, ait été repris par The Clash en 1980, est fondateur pour moi. C'est l'un des marqueurs de la collision qu'il y a eu à l'époque entre certains jamaïcains et punk rockers anglais, soit l'un des métissages sociaux-culturels les plus intéressants de ses dernières années. Imaginez le plaisir et la fierté qui furent les miens au moment de r

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Festival 6e Continent | Rockeur adepte des sons électroniques dès la première heure, moderniste enregistrant des albums consacrés au répertoire chaabi ou raï, bringueur parfois limite ou phénomène de scène dingue d’Elvis, chroniqueur avisé de notre époque, Rachid Taha est un caméléon, une utopie et un manifeste à lui tout seul.

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Le Ninkasi Kao remet la pression

Pourquoi le Ninkasi relance l'activité de concerts au Kao maintenant ? La raison est lointaine et dépasse de très loin mon arrivée, le 1er mars dernier. Les concerts s'étaient arrêtés depuis 2009, quand les pouvoirs publics ont décidé de ne plus verser de subventions à l'association Kao Connection, qui portait alors cette activité. Nous avons décidé de relancer un projet culturel fort, pas seulement des concerts qui n'en sont qu'une partie, mais aussi de développer un soutien aux groupes émergents, de l'accompagnement, des résidences, un soutien en communication... La production de concerts va faire partie d'un ensemble cohérent, utilisant les différents espaces du lieu. C'est une envie de mettre le pilier musique au cœur du projet avec Christophe Fargier, le directeur, au delà du simple concert : le Ninkasi est un ensemble formidable, on ne se refusera rien. Pour quelle direction artistique ? Nous n'avons aucune subvention aujourd'hui, donc nous sommes dans une économie toujours précaire. Mais nous voulons un projet ambitieux, pertinent, au cœur de la ville et collaboratif avec les différentes associations lyonnaises, c

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Les nuits fauves d'Acid Arab

MUSIQUES | Leur nom claque comme un slogan. Leur musique est abrasive comme… de l’acide, oui. Acid Arab incarne ce pays tel qu’on l’aime : multiple et singulier, fureteur et se foutant des conventions pour inventer - en l’occurrence un nouveau son. Hervé Carvalho, co-fondateur du groupe avec Guido Cesarsky, nous explique ça par téléphone avant leur venue au Petit Salon.

Sébastien Broquet | Mercredi 10 février 2016

Les nuits fauves d'Acid Arab

Acid Arab aurait pu naître dans un autre endroit que le quartier métissé et populaire où vous vivez à Paris ? Hervé Carvalho : Ça aurait pu naître ailleurs. Guido vit là-bas, dans le 10ème arrondissement de Paris. Mais Acid Arab, ce n'est pas la musique d’un quartier, c’est la musique de France, telle que nous voyons ce pays. Ce n’est pas juste une histoire de métissage, c’est la France actuelle - même si des gens refusent de la voir ainsi. Guido c’est beaucoup intéressé à ce quartier, il a bossé avec les patrons d’un bar kabyle, Les 9 Billards. Je viens d'une zone de brassage culturel, le Sud de la France : je suis fils d'immigrés portugais et j'ai grandi avec des Pieds-noirs, des Arabes, des mecs de l'Est... Comme tout le monde, j'ai écouté du raï commercial dans les années 90. Le projet débute dans un festival en Tunisie, Pop in Djerba : comment s’est passé cette "révélation" ayant mené à la création d'Acid Arab ? On est parti mixer avec Guido sur ce festival à Djerba, grâce à notre soirée Chez Moune : on jouait acid et disco, mais sur cette date on a préparé un set pour l’occasion, avec des morceaux du Maghr

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Au Transbo, Jarring Effects fête ses 20 ans

MUSIQUES | C'est une bourde lexicale qui n'a l'air de rien, mais qui en dit long sur le désintérêt de nos élites territoriales pour la culture modérément (...)

Benjamin Mialot | Mardi 8 décembre 2015

Au Transbo, Jarring Effects fête ses 20 ans

C'est une bourde lexicale qui n'a l'air de rien, mais qui en dit long sur le désintérêt de nos élites territoriales pour la culture modérément marchande : lors de la conférence de presse de la Fête des Lumières, elles ont présenté Jarring Effects (dont des affiliés devaient mettre en musique la nouvelle création du Theoriz Crew aux Brotteaux) comme un «groupe lyonnais très connu»... alors qu'il s'agit d'une maison de disques indé, en passe de fêter son vingtième anniversaire. L'occasion de dénoncer une autre méprise, consistant à la réduire à une anti-chambre de l'électro-dub made in France (High Tone, Ez3kiel, Brain Damage...), alors que son activisme lui a par la suite attirée les faveurs des amateurs éclairés de bass music au sens large (du dubstep primordial de Scorn à l'electronica à large spectre d'Aucan), mais aussi de hip-hop (toxique chez Oddateee, cinéphile chez Al'Tarba) et de noise (en compilant Hint et en révélant Picore). Partisan du métissage, fut-il géographique ou textural, JFX est aussi à l'initiative de collaborations intercontinentales d'une enthousiasmante cohérence. Il y eut d'abord Cape Town Effects, qui actait l'émerg

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Pourquoi la Suède ignore-t-elle Jay-Jay Johanson ?

MUSIQUES | Avant le concert du Suédois au Transbordeur, on pose cette question capitale.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 octobre 2015

Pourquoi la Suède ignore-t-elle Jay-Jay Johanson ?

The Hives ; Loney, Dear ; I'm from Barcelona ; Jose Gonzales ; The Knife ; Peter Björn and John ; The Tallest Man on Earth ; Peter Von Poehl ; Frida Hÿvonen ; The International Noise Conspiracy... Même en ne s'en tenant qu'aux artistes déjà cités dans ce journal (on en oublie sûrement et on vous épargne les mastodontes passés et présents toutes disciplines confondues – ABBA, Roxette, Ace of Base, Don et Neneh Cherry, Robyn, EST...), les Suédois sont aussi présents dans nos oreilles que les Anglo-Saxons. D'ailleurs c'est simple, la Suède est le troisième exportateur de musique au monde. Et c'est à Stockholm que l'on compte le plus de studios d'enregistrement par habitant, abritant une armée de faiseurs de tubes pop que les plus grandes stars US s'arrachent pour transformer une mélodie en son de tiroir-caisse. Sauf qu'à vivre et produire dans un pays d'exportation, on en vient à n'être pas soi-même importé. Tel un Patrick Devedjian victime collatérale de l'« ouverture » sarkozyste, Jay-Jay Johanson, qui connut ses premiers succès en France (au point d'y vivre un temps, à Strasbourg, et de constater qu'on ne s'y ennuyait pas assez pour écrire) et a toujours enre

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Jay-Jay Johanson : l'homme 100 visages

MUSIQUES | Dites aux filles qu'il est de retour en ville. 20 ans de carrière, 10 albums, le moral toujours dans les chaussettes, l'échalas suédois, 46 ans, est toujours là et bien là, cachant derrière un masque de lassitude fait de chausse-trappes esthétiques et d'auto-recyclage permanent les mille facettes d'un immuable talent triste. La preuve en dix albums avant son concert au Transbordeur.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 octobre 2015

Jay-Jay Johanson : l'homme 100 visages

Whiskey (1996) Interminable silhouette fantôme, cheveu jaune, chemisette remontée sur des bras trop maigres : voilà le dégingandé crooner apparu en 1996 avec l'ovni Whiskey qui fêtait tristement les agapes entre Chet Baker, autre grand timide efflanqué à la grâce schlass, et Portishead. À coups de scratches insensés, de crooning à l'inquiétante étrangeté (un falsetto comme trafiqué) et de sampling raffiné (le Fish Beach de Michael Nyman sur I'm Older Now), ce Suédois venu du jazz et du design invente un "easy-listening" si malaisant qu'il donne l'impression de sonner génialement faux. Une claque de grande classe administrée en gant de velours. Tattoo (1998) Parmi les confirmations livrées par ce deuxième disque : le « têtard couinant » (© Bayon de Libération) s

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2 Bal, toujours aussi efficace

MUSIQUES | Deux de perdus, deux de retrouvés. Alors que La Cliqua (ou du moins ce qu'il en reste) devait se produire dans le cadre du 18e anniversaire du Ninkasi, (...)

Benjamin Mialot | Mardi 8 septembre 2015

2 Bal, toujours aussi efficace

Deux de perdus, deux de retrouvés. Alors que La Cliqua (ou du moins ce qu'il en reste) devait se produire dans le cadre du 18e anniversaire du Ninkasi, ce sont finalement d'autres MCs habitués des rubriques "Que sont-ils devenus ?" qui viendront souffler les bougies : 2 Bal, alias G-Kill et Doc TMC, rescapés d'un temps révolu où la rue n'était pas un terrain de workout comme les autres et où le beatmaking consistait à convaincre son prochain de rouler du bassin plutôt que des mécaniques. On parle bien sûr des années 90, âge d'or du rap français en général et francilien en particulier (Scred Connexion, ATK, X-Men...) dont, selon l'histoire officielle, les jumeaux de Seine-et-Marne écrivirent les prémices dès la sixième. Celle avec un grand H retiendra leur contribution à la mythique BO de Ma 6té va crack-er (La Sédition, 1996) et l'album 3 x plus efficace (même année), classique instantané de boom bap gaillard et néanmoins décontracté – Poètes de la mort sample le jeu Mortal Kom

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Gloire à l'art de rue

MUSIQUES | Devenu en quelques «coups de cœur» bien sentis la place forte du rap haut du front, le Ninkasi passe la démultipliée en consacrant une semaine entière de sa (...)

Benjamin Mialot | Mardi 3 mars 2015

Gloire à l'art de rue

Devenu en quelques «coups de cœur» bien sentis la place forte du rap haut du front, le Ninkasi passe la démultipliée en consacrant une semaine entière de sa programmation aux cultures urbaines. Débutée pendant le bouclage de ce numéro, la Ninkasi Urban Week, c'est le nom de l'événement, se poursuit jusqu'au 8 mars avec notamment deux soirées musicales qui s'annoncent lourdes de fou (désolé). D'un côté (le 6 au Kao), un concert donnant à entendre le rap francophone dans toutes ses nuances : méditerranéen et mature chez Demi Portion, aboulique et finaud chez l'atypique Beny le Brownies (le Earl Sweatshirt de la Haute-Savoie, pour le dire vite) et bondissant et revenu de tout dans le cas du pionnier du Seine-Saint-Denis Style Busta Flex – il n'a d'ailleurs jamais aussi bien kické que sur Sexe, violence, rap et flooze (2000), son deuxième album. De l'autre (le lendemain au Kafé), un plateau tentaculaire de platinistes du cru emmené par DJ Format, vétéran britannique du frottage de vinyle et camarade de chambre, au sens moqueur du terme, de Jurassic 5 – et auteur de deux albums à la belle patine 70

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L'âge de déraison

MUSIQUES | «- Ce soir-là..., - vous rentrez aux cafés éclatants, / Vous demandez des bocks ou de la limonade... / - On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans / Et (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 9 septembre 2014

L'âge de déraison

«- Ce soir-là..., - vous rentrez aux cafés éclatants, / Vous demandez des bocks ou de la limonade... / - On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans / Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.» écrivait Arthur Rimbaud du haut de sa fringante et géniale précocité. Bon, pour les tilleuls sur la promenade on n'est pas sûr. Mais pour le reste, le café éclatant, les bocks, la limonade maison, et l'envie de faire les foufous, on peut penser qu'on tient là une description assez fidèle de ce que pourraient être les 17 ans du Ninkasi. A ceci près qu'il y aura aussi un bœuf – musical, s'entend – pour ouvrir des festivités qui dureront pas moins de cinq jours (du 10 au 14 septembre). Et qui comprendront l'un de ces fameux et surréalistes blind tests d'Harry Cover et DJ Stéphane – champions du monde de rébus – une journée enfants à la Guitoune, la présence de la résidente Maggy Smiss et de la référence hip-hop DJ Sly. Mais aussi, et surtout, un concert qu'on annonce assez dingue avec les électro-rocko-classieux marseillais de Nasser et une révélation pop multicolore lyonnaise, An

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Promenons-nous dans les bois

MUSIQUES | «La pluie a tout emporté, les canards, les oignons, / La pluie a tout emporté, nos guenilles, nos haillons.» fredonnait Thomas Fersen. L'an passé, elle a même (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 26 juin 2014

Promenons-nous dans les bois

«La pluie a tout emporté, les canards, les oignons, / La pluie a tout emporté, nos guenilles, nos haillons.» fredonnait Thomas Fersen. L'an passé, elle a même emporté Woodstower, interrompant prématurément le highly anticipated concert de Eels. Refroidis par ce vilain coup du sort (et sans doute un peu à court d'un autre genre de liquide), ses organisateurs ont décidé de se retirer de la course à la tête d'affiche pour mieux se recentrer sur la spécificité de leur festival : ses atours de fête foraine éphémère – passés les 23 et 24 août, la nature du Grand Parc de Miribel-Jonage reprendra ses droits. D'un sound-system sous-marin à un espace rétrogaming en passant par un DJ set 100% slows, Woodstower fourmillera donc plus que jamais de rendez-vous décalés. La programmation musicale fera quant à elle dans le hip hop aux sourcils froncés via le concasseur (et quar

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Rainbow warriors

MUSIQUES | Hollande, Italie, Angleterre, Allemagne, Suisse, Belgique... Pour son quinzième anniversaire, le Riddim Collision se fait plus cosmopolite que jamais. C'est toutefois en Afrique du Sud que le festival des «musiques alternatives» créé par le label Jarring Effects a déniché ses invités les plus excitants : les rappeurs intercontinentaux de Cape Town Effects et le pionnier de la bass music Sibot. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 30 octobre 2013

Rainbow warriors

Cette semaine, la Maison de la Danse accueille en résidence la compagnie Via Katlehong, fondée dans l'un des townships les plus insalubres de Johannesburg, la capitale économique de l'Afrique du Sud. Après elle, ce sera au tour de la chorégraphe Dada Masilo, elle aussi issue de l'une de ces zones résidentielles dans lesquelles, sous l'Apartheid, étaient parquées les populations à la peau un peu plus chargée en mélanine que celle des colons européens, d'investir le lieu pour une relecture black et gay du Lac des cygnes. Le label indépendant Jarring Effects, lui, profitera ce week-end du quinzième anniversaire de son festival, le Riddim Collision, pour présenter la concrétisation de Cape Town Effects, projet mené en étroite collaboration avec son homologue du Cap, Pioneer Unit. Coïncidence ? Aucunement.  De Paris, où la Gaieté Lyrique déroule depuis la rentrée un panorama complet de la scène artistique contemporaine de Johannesburg, à Lans-en-Vercors, où le Hadra Trance Festival a fait l'été dernier de l'Afrique du Sud son invitée d'honneur, ils sont de plus en plus nombreux à porter leur regard le long des côtes au

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La rentrée des clubs

MUSIQUES | Un ravalement par-ci, un partenariat par-là : le Sucre a beau monopoliser toute l'attention médiatique, les autres repaires à noctambules de la ville ne sont pas en reste question nouveautés. Tour des propriétaires. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 20 septembre 2013

La rentrée des clubs

Si le milieu électro a longtemps déploré l'absence d'un club au sens berlinois du terme, il n'a pas attendu l'ouverture du Sucre pour se doter de lieux de vie nocturne où poser ses valises de vinyles. Rien que sur l'année écoulée, ils sont deux à avoir ouvert leurs portes pour la première fois. D'un côté le Platinium, qui après une première saison aux mains de Doop Event est aujourd'hui géré par Touche Française. Un passage de relais sans incidence sur la ligne artistique (prédominance de la house, notamment lors de nouvelles soirées mensuelles baptisées Club Sofa) et pour cause : Touche Française assurait déjà sa direction artistique. De l'autre le Terminal, propriété de Doop Event justement, qui a souhaité se consacrer pleinement à cette intime et modulable boîte noire dévolue à la techno et à la house. Ils sont rejoints cette saison par un troisième lieu, le Distrikt XII, situ

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Le Ninkasi a 16 ans

MUSIQUES | Le Ninkasi soufflera prochainement sa seizième bougie. L'occasion pour le tentaculaire brasseur de lancer sa saison musicale, avec cinq jours de (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 30 août 2013

Le Ninkasi a 16 ans

Le Ninkasi soufflera prochainement sa seizième bougie. L'occasion pour le tentaculaire brasseur de lancer sa saison musicale, avec cinq jours de festivités (du 11 au 15 septembre, au Kafé et au Kao) durant lesquels se produiront, entre autres, ses DJs maison, les groupes les plus convaincants des scènes ouvertes qui ont jalonné la saison précédente (on avoue un faible pour le garage atrabilaire de Little Garçon) et surtout les Uzual Suspektz et le S-Crew (un satellite de L'Entourage), deux collectifs rapologiques des plus prometteurs. Programme complet ici : http://www.ninkasi.fr

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Quand la ville gronde

MUSIQUES | Ne jamais employer l'expression "envoyer du gros". C'est l'une des règles élémentaires du journalisme musical. Comme toutes les règles, elle a son exception : on peut y recourir pour parler de bass music, cette frange souterraine et tonitruante des cultures électroniques, et des événements qui la promeuvent, à l'image de l'impeccable Rumble Festival. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 1 mars 2013

Quand la ville gronde

La scène se déroule au printemps 2003, à Clermont-Ferrand. Ce soir-là, la Coopérative de Mai accueille Fred Avril, compositeur de musiques de film dont la carrière pop fut aussi honnête qu'éphémère. Sa prestation, elle, n'a rien d'extraordinaire et le public le fait savoir en éclusant bruyamment ses bières. Soudain, il se saisit d'un potard géant et le tourne d'un cran. Un monstrueux bourdonnement s'échappe des enceintes. Silence dans la salle. Les vêtements se décollent des peaux comme des masques peel off. Il le tourne d'un cran supplémentaire. Les cages thoraciques résonnent au point qu'on ne s'entend plus battre du cœur. Encore un cran. La situation devient limite supportable. Avril reprend son set. Soulagement et déception dans l'assistance, encore saisie de cette impression unique d'être à la fois en pleine conscience de soi et sur le point d'exploser tel un œuf dans un micro-ondes. Impression qu'une seule musique nous aura fait éprouver depuis : la bass music. Marée de basses Autant dire que nous n'étions pas les derniers à nous réjouir lorsque, en 2011, est né le Rumble Festival, événement tout entier consacré à cette appellation d'ori

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Année Erotic ?

MUSIQUES | On ne vous fera pas l'affront de vous traduire le nom d'Erotic Market, même notre bilingue d'ancien Président de la République aura compris. De toute manière, (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 19 octobre 2012

Année Erotic ?

On ne vous fera pas l'affront de vous traduire le nom d'Erotic Market, même notre bilingue d'ancien Président de la République aura compris. De toute manière, il suffit d'écouter quelques secondes de ce jeune groupe lyonnais pour que le marché de l'érotisme s'empare de vous comme une jeune fashionista d'un cachemire à moins 70% un jour de soldes. Il n'y avait guère qu'Echo Orange, maison d'énergumènes comme Fireball FC, Daisy Lambert ou The Rebels of Tijuana, pour se faire souteneur d'un projet aussi allumé et addictif (aidé en cela par le Grolektif et Jarring Effects en un curieux mélange de genres). Lequel est manifestement en train d'aguicher au-delà du périphérique lyonnais puisque le buzz – celui du râle de l'amour physique – fait son petit bonhomme de chemin avec un taux de pénétration non négligeable. La faute à un titre qui commence à pas mal tourner : Rumblin', méla

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Quel Damage ?!

MUSIQUES | High Damage, comme son titre l'indique, c'est la rencontre, sous l'égide Jarring Effects, le choc, entre High Tone et Brain Damage. Ne pas s'attendre (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 avril 2012

Quel Damage ?!

High Damage, comme son titre l'indique, c'est la rencontre, sous l'égide Jarring Effects, le choc, entre High Tone et Brain Damage. Ne pas s'attendre pour autant à pertes et fracas, ni à des «damage» collatéraux dévastateurs. D'une part, parce que High Tone est habitué de ce genre de duel amical labellisé «In a dubtone session» (Kaltone avec Kaly Live Dub, Zentone avec Zenzile...). D'autre part, parce qu'on est ici dans le clash, le crash, mais au ralenti, tout en infra-basses et rythmique electro-dub traîne la patte, le tout rehaussé de filtres sur les voix, échos, reverbs et clins d'œil world jusqu'au moyen et même à l'extrême orient. Qu'est-ce qui fait dès lors que l'on reste assez imperméable à ce bon disque d'électro-dub ? Le fait qu'il soit sans surprise ? Le fait qu'il soit répétitif par essence autour de sa base électro-dub ? Le fait que le genre ait quelque peu fait son temps et vieillisse assez mal (ou est-ce nous ?) ? Le fait qu'il n'y ait guère dans ce genre précisément de juste milieu entre une musique d'ambiance à écouter chez soi en comatant, ou en live, secoué de basses et emporté par la houle ? Pour le tenants de la seconde option, ça se passe au

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100 dessus-dessous

MUSIQUES | Musique / De l’eau a coulé sous les ponts du Rhône depuis Fantasques Hits, la première compilation très «dub des pentes» de Jarring Effects sortie en 1998. Cent références plus tard, JFX a plus que déchiré cette étiquette. La preuve par cinq titres choisis sur leur triple compile, FX 100, qui augure de sang neuf et de collisions multiples. Propos recueillis par Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Vendredi 9 septembre 2011

100 dessus-dessous

Le morceau historique : Royale Salute de Brain Damage & Sir Jean Monsieur Mô, directeur du label : Une bombe dans son registre. Ici Brain Damage retourne à ses racines reggae-dub, qui sont aussi les racines de Jarring. Même si l’ensemble de la compile reflète davantage l’ouverture du label sur le hip-hop, l’électro et les OVNI, la rencontre entre Brain Damage et Sir Jean est représentative du concept : pour cette centième référence, on a privilégié les collaborations et les remixes. On ne voulait pas faire une rétrospective classique. Le remix qui remue : Spank d’High Tone remixé par Niveau Zero C’est tout à fait le genre de remix qui remue de l’intérieur. On est loin ici du côté dub sound-system des premiers High Tone. Spank (issu de leur dernier album) subit un lifting dubstep par Niveau Zero, la valeur montante du genre. Il injecte une profondeur et une puissance colossales au titre original, et le résultat reflète bien la patte sombre et cérébrale qu’on aime retrouver sur les dancefloors. Parfait pour danser dans sa tête. La collaboration la plus (d)étonnante du tracklisting : Juniper de Filastine Y La Bamba (Filastine remix). Un morceau folk inclass

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L'Anniv' avec Prohom

MUSIQUES | Musique / Indifférent aux décennies ou aux chiffres ronds, chaque année, le Ninkasi fait comme tout le monde et fête son anniversaire. Entrant dans (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 10 septembre 2010

L'Anniv' avec Prohom

Musique / Indifférent aux décennies ou aux chiffres ronds, chaque année, le Ninkasi fait comme tout le monde et fête son anniversaire. Entrant dans l'adolescence en bouclant sa treizième année, fêtant les 10 ans du Kao, le brasseur agitateur de culture, à l'aube d'une mue spectaculaire en termes d'infrastructures, met une fois de plus les petits plats dans les grands pour souffler ses bougies : la fête oscille entre ripailles à base de levure (pain, bière) et manifestations culturelles tous azimuts : battles de Dj's, soirée électro (avec Galacticut), scènes découvertes, etc. Et puis pour les amateurs de musique auxquelles les agapes donnent des ballonnements, un joli concert coup de cœur avec en vedette le bel Anglo-italien aux mèches folk, Piers Faccini, qui enchanta l'année dernière la scène du Marché Gare avec les titres de son superbe "Two Grains of Sand". Un concert qui permettra également de retrouver (gratuitement) sur la scène du Kao, dont il fit certaines des belles heures : Philippe Prohom. Sans doute le candidat idéal à cette fête d'anniversaire était-il ce beau parleur-chanteur dont la carrière vieille elle aussi de 13 ans (1997, date de ses véritables débuts musicaux)

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Dossiers en cours : Le Ninkasi Kao

MUSIQUES | MORCEAUX CHOISIS DE SUJETS CULTURELS QUI FÂCHENT / DOSSIER : LE NINKASI KAO

Dorotée Aznar | Mardi 18 mai 2010

Dossiers en cours : Le Ninkasi Kao

Depuis septembre dernier et après sept ans d'existence, l'association Kao Konnection a cessé son activité dans le secteur des musiques actuelles. Le Ninkasi Kao est donc devenu une salle ouverte à la location, sans projet culturel et l'association est en cours de dissolution. Interpellé sur l'implication de la Ville de Lyon dans le Kao, Georges Képénékian, adjoint à la Culture, maintient sa position. «Christophe Fargier (directeur du groupe Ninkasi, NdlR) souhaitait transformer le Kao en Smac (scène de musiques actuelles), mais nous n'étions et ne sommes pas en situation financière de créer une telle structure». L'adjoint concède que le Kao était un «superbe outil» mais, selon lui, «à un moment, on se frotte à la réalité et on réalise que cela ne marche pas. Christophe Fargier a estimé qu'il lui fallait 40 000 euros de plus. Mais la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a». Seule concession envisagée par la Ville de Lyon, une aide financière versée aux groupes émergents locaux qui se produiraient au Kao. Mais selon Georges Képénékian, «Christophe Fargier ne va pas arrêter de faire de la musique, il va continuer mais peut-être sans le soutien direct de la Ville». C

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Ninkasi sans souci

MUSIQUES | Bar-brasserie / Après Ampère, Opéra, Ferrandière et bien sûr Gerland, c'est dans le 8e arrondissement qu'un nouveau Ninkasi s'est implanté. À quelques pas du (...)

Dorotée Aznar | Mardi 16 février 2010

Ninkasi sans souci

Bar-brasserie / Après Ampère, Opéra, Ferrandière et bien sûr Gerland, c'est dans le 8e arrondissement qu'un nouveau Ninkasi s'est implanté. À quelques pas du métro Sans Souci et de la Manufacture des tabacs, cette déclinaison du bar-brasserie désormais célèbre à Lyon, capte le public étudiant de Lyon 3 mais pas uniquement, comme le constate Sandrine Mileri, co-gérante du lieu : «nous avons aussi tous les personnels des nombreux bureaux environnants qui viennent déjeuner et le week-end, ce sont des gens du quartier, c'est assez familial». À la carte, toujours les hamburgers, les salades et les bières maison dont certaines sont renouvelées tous les trimestres : la fruitée et celle de saison. La firme Ninkasi a aidé Sandrine Milesi et son mari à financer cette nouvelle enseigne et, peu à peu, l’objectif est que les gérants deviennent les seuls propriétaires comme c'est actuellement le cas pour le café Ferrandière. Si le couple Milesi a une certaine liberté pour aménager son établissement, la patte Ninkasi est immédiatement identifiable avec ses couleurs grises, rouges et oranges. Comme dans chaque établissement de l'entreprise, les soirées musicales sont gratuites. Tous les jeudis soi

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Riddim rédemption

MUSIQUES | Festival / Collision des rythmes et mutation des genres, le festival de Jarring Effects impose sa vision alternative de l’électro. Trois nuits en marge du confort et du conformisme au Marché de Gros. Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Vendredi 25 septembre 2009

Riddim rédemption

Cette année, les mauvaises langues qui prétendent que le Riddim rassemble trop souvent un public sorti du rayon bières de Lidl et des artistes aussi sexy qu’un cirque interlope de Groznyï seront priés d’aller cracher leur médisance ailleurs. Car cette onzième édition pourrait bien en remontrer à ceux qui daubent sur le dub en oubliant que Jarring est avant tout un label pluriel. Même si, «rootsitude» oblige, la soirée du vendredi restera dévolue au dub maison (High Tone, Twelve & Rico…) et aux sound systems d’obédience jamaïcaine, le reste de la programmation sort allègrement des sentiers battus par la génération sweat-treillis des petits-fils de King Tubby. Le hip-hop, notamment, se taillera la part du lion sur les deux scènes du samedi. De l’imprononçable K-The-I ??? aux inimitables performances buccales d’Under Kontrol (champions du monde du beatboxing), du bon vieux rap US d’Oddateee aux accents grime de Ben Sharpa, ce plateau «bass culture» proposera tout ce qu’il faut pour renouer avec l’ombilic du groove «pô pô pô». Mais la collision des rythmes ne se limitera pas cette année à un vaste panel de beats et de breaks, si représentatif soit-il de l’underground électrophile. Avis

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Re-maquille toi

MUSIQUES | Révélation / "Les gens n'ont malheureusement aucune culture. Ils ont tendance à ne pas savoir que la techno de Detroit a été créée par des gros noirs qui (...)

Jerôme Dittmar | Jeudi 26 mars 2009

Re-maquille toi

Révélation / "Les gens n'ont malheureusement aucune culture. Ils ont tendance à ne pas savoir que la techno de Detroit a été créée par des gros noirs qui cachaient sous leurs platines vinyles des fusils à pompe. Il ne faut pas oublier ça" explique Grems, rappeur et leader hystérique du groupe Rouge à Lèvres. "En France, de toute façon, ça suce des bites et les artistes n'ont pas les couilles de créer leur propre truc à eux" paraphe-t-il de façon assez cinglante. Certes. Il en aura fallu une belle paire pour faire jaillir l'entité Rouge à Lèvres, excellente surprise de cette nouvelle édition de l'Original. Alors qu'ils écoutent Moodyman et Kerri Chandler il y a cinq ans, le rappeur Grems et son metteur-en-son Le 4Romain s'interrogent benoîtement : "Pourquoi personne n'a jamais rappé sur ce genre de musique ?", en l'occurrence la house chaleureuse et la techno colorée extraite du cœur de Detroit, ville aux relents industrielles. N'étant pas du genre à tourner autour du pot, les acolytes se mettent aussitôt au travail. En 2005 sort Maquille-toi, condensé de violence sexuelle bon enfant, de rap salace et de rythmes électroniques assez distinguées. Le rappeur John 9000 et l'ultra-habile

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Chaud le cas Kao

MUSIQUES | Musique / Dans un contexte déjà alarmant pour les musiques actuelles, le Ninkasi Kao et l'association Kao Connection, au pied du mur financier, viennent de lancer un signal de détresse à leurs spectateurs et à la Ville de Lyon. Antoine Allegre

Jerôme Dittmar | Vendredi 13 février 2009

Chaud le cas Kao

La présentation de la mi-saison du Ninkasi Kao a eu un goût amer. What's going on ? L'association Kao Connection s'occupe depuis près de huit ans du projet culturel de la salle de concert le Ninkasi Kao ; un projet culturel soutenu par un partenaire privé, le Ninkasi, chaîne de restauration ayant développé cinq enseignes à Lyon intra-muros et une à Saint-Étienne. Du point de vue du financement public, la Kao Connection commence sérieusement à tirer la langue. "Notre demande de financement auprès de la ville de Lyon est de 120 000 euros, ce qui est concrètement trois fois moindre que ce qui se pratique sur le plan national (ndlr : la moyenne étant de 360 000 euros)" confie Jean-Marie Potier, administrateur de Kao Connection et programmateur du Kao. En plus d'un contexte économique frileux et du désengagement de l'Etat — par le biais de la DRAC — la Kao Connection n'a finalement touché que 60 000, puis 20 000 euros (soit 80 000 euros au total) émanant de la délégation culture de la Ville de Lyon. "C'est un peu la douche froide. On programme avec le couteau sous la gorge. Là où une SMAC peut se permettre de perdre en moyenne 2500 euros par concerts, nous, nous sommes obligés

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South Africa is the future

MUSIQUES | Le label lyonnais Jarring Effects entretient avec soin ce que l'on peut appeler sa filière sud-africaine. Ne surtout pas entendre par là de sombres (...)

Jerôme Dittmar | Vendredi 12 décembre 2008

South Africa is the future

Le label lyonnais Jarring Effects entretient avec soin ce que l'on peut appeler sa filière sud-africaine. Ne surtout pas entendre par là de sombres histoires de psychotrope et autres sordides traites d'humains. En 2003, le duo parisien Interlope signé chez Jarring procède à un échange culturel avec des groupes étrangers dont les sud-africains The Constructus Corporation, têtes pensantes du label African Dope. C'est ainsi que les petits gars de chez Jarring Effects découvrent un pan complètement insoupçonné et décomplexé de la nouvelle musique d'Afrique du Sud, construite sur les cendres encore fumantes de l'apartheid. Soufflés par le côté mutant de ce son hip hop-électro synthétique et hystérique, les liens se nouent. Un mail. Deux. Un concert de Real Estate Agent. Puis de Sibot. Suivi de près par Marcus Wormstorm. Puis vinrent Playdoe et Ben Sharpa. Jusqu'à cette date du 29 octobre 2006 où sort la compilation Cape Town Beats, condensé de musique électronique et rap distillé par ces musiciens originaires d'Afrique du Sud. Au-delà d'une indéniable affinité commune pour la musique partant facilement en sucette, la démarche et l'histoire du label sud-africain African Dope ressemblent

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Kaiser sosies

MUSIQUES | Musique / Les Kaiser Chiefs et leur rock tapageur, mélange de l'électro-pop martiale de DAF et du lyrisme bonhomme de Dexy's Midnight Runners, font pléthore (...)

| Mercredi 24 janvier 2007

Kaiser sosies

Musique / Les Kaiser Chiefs et leur rock tapageur, mélange de l'électro-pop martiale de DAF et du lyrisme bonhomme de Dexy's Midnight Runners, font pléthore d'émules sur le front du rock dansant. Et puisque eux-mêmes rechignent toujours à venir étrenner en terre lyonnaise leur ahurissante version live et éthylique d'Apocalypto («Y'a plus de Guinness les gars, sacrifions un ampli !»), on peut toujours se rabattre sur leurs petits frères : The Sunshine Underground (également originaires de Leeds) et The Automatic (pensionnaires du même label : B-Unique). L'un comme l'autre produisent ce rock goguenard et ouvrier qui roule les «r», avale la moitié des mots, et pose dans les magazines tout en prenant bien soin d'y paraître plus abruti et houblonné qu'une guenon alcoolique. The Sunshine Underground lorgne vers la grandiloquence froide de Bloc Party ou la morgue de Hard-Fi, mais, devant son nom à un titre des Chemical Brothers, refuse de choisir entre électro aguicheuse et rock précambrien. The Automatic, Gallois sauvageons, raniment l'euphorie potache de Super Furry Animals (avec qui ils partagent leur producteur). Plus punk et plus bas de plafond, ils n'en taillent pas moins volontiers

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Second Life

MUSIQUES | Musique / Razorlight est le genre de groupes qu'on attend toujours un peu au tournant, en général avec un flingue chargé. Et ce, pour d'immuables raisons (...)

| Mercredi 7 février 2007

Second Life

Musique / Razorlight est le genre de groupes qu'on attend toujours un peu au tournant, en général avec un flingue chargé. Et ce, pour d'immuables raisons quand il s'agit de rock britannique : pantalons moulants et bottines luisantes, têtes à bourre-pifs, et leader hâbleur, ici Johnny Borrell, au brushing façon bolduc et aux propos risibles du style : «je suis le nouveau messie du rock, aimez-moi et je sauverai vos âmes souillées par les Kooks, mes ennemis jurés». Leur premier album, Up all night, n'avait pas calmé nos a priori : une poignée de singles tranchants, certes, mais emballés dans du flan. Bref, comme beaucoup de leurs aînés de la «grande» époque britpop (Cast, Shed Seven, Menswear et 16 000 autres dont les noms nous échappent) et trop de leurs contemporains, les Razorlight étaient voués à ne pas survivre au second album et à retourner vendre des talonnettes dans quelque boutique de Muswell Hill. Sauf que non. Si Razorlight, album éponyme donc, reste un disque de pure pop britannique, il se démarque par le haut du tout-venant de la production actuelle. Pour la première fois depuis longtemps dans le rock anglais, on n'y trouve aucun éloge aux Clash ou aux Cure, usés jusqu'à

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Super champion

MUSIQUES | Musique / Star au Québec, Champion aura mis deux ans pour arriver jusqu'à chez nous et imposer son électro-rock hypnotique à l'esprit large. Premier contact scénique au Ninkasi Kao le 7 février. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 7 février 2007

Super champion

La France a beau avoir «des valeurs communes sur la liberté et la souveraineté du Québec», il semble évident que ces valeurs s'arrêtent quand on arrive sur le terrain musical. Ah ! quand il s'agit de nous envoyer la première chanteuse beuglante, c'est sûr que l'Hexagone est presque une terre d'asile ; mais pour le reste... Il aura fallu près d'un an pour que le premier Arcade Fire se retrouve chez les disquaires d'ici, et le cas de Champion (Maxime Morin à l'état civil) est encore plus éclairant. Plus d'un Dj a fait importer depuis belle lurette ses productions et en alimentait ses playlists, mais aucune maison de disques n'avait jugé bon de relayer sur le territoire français le succès remporté au Québec par son premier album, Chill'em all. Pourtant, les beats électro, les riffs de guitare et l'anglais chanté par une voix suave et soul ont a priori une certaine faculté à traverser les frontières... Mieux vaut tard que jamais, deux ans après, nous voici enfin en mesure de recevoir ce brillant électron libre dont la musique a de quoi ravir les férus de dancefloor comme les nerds scotchés à leur myspace. Tables et têtes tournantes D'abord Dj réputé à Montréal, Champion se lasse de n

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Le fils préféré

MUSIQUES | Musique / Jakob Dylan, Adam Cohen, Rufus Wainwright, Ziggy Marley, nombreux sont les «fils de» qui ont embrassé, avec plus (Jeff Buckley) ou moins (...)

| Mercredi 28 février 2007

Le fils préféré

Musique / Jakob Dylan, Adam Cohen, Rufus Wainwright, Ziggy Marley, nombreux sont les «fils de» qui ont embrassé, avec plus (Jeff Buckley) ou moins (Chris Stills) de réussite, la carrière de leur illustre géniteur. Mais s'il en est un pour qui se jeter à l'eau ressemblait à un saut de l'ange dans les ennuis, c'est bien Sean Lennon, l'enfant-roi de John et Yoko. D'autant que son demi-frère Julian (le Jude de Hey Jude) avait déjà essuyé les plâtres (et les quolibets) dans les années 80 avec ses vaines tentatives discographiques. Sean, lui, avait, pour son premier disque, Into the Sun (1998), évacué toute comparaison en signant, sur le label des Beastie Boys, un album qui flirtait davantage avec l'underground new-yorkais et la curiosité brindezingue de maman qu'avec les mélodies british de papa. Huit ans plus tard, il s'est pourtant décidé à en découdre avec l'héritage paternel sur Friendly Fire, collection morbide de fines ballades beatlesiennes sur le destin tragique de son meilleur ami (après avoir piqué la copine de Sean, il s'est tué en moto, c'est ballot). Mais, pied de nez au mythe familial, ses indéniables qualités de compositeur vont plutôt fouiner du côté de Brian Wilson, Ell

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Assiette anglaise

MUSIQUES | Musique / Hasard du calendrier, cette semaine l'assiette lyonnaise ne se remplira quasi exclusivement que de mets anglais (ou, disons, britanniques). (...)

| Mercredi 7 mars 2007

Assiette anglaise

Musique / Hasard du calendrier, cette semaine l'assiette lyonnaise ne se remplira quasi exclusivement que de mets anglais (ou, disons, britanniques). En attendant plus roboratif avec The Rakes, Bloc Party, Kaiser Chiefs ou The Stranglers, le hors-d'œuvre est plutôt varié avec The Servant, Kasabian et, pour alléger le tout, le pâtre(-ick Bruel) irlandais, Damiiiiieeeen Rice. Si The Servant doit son nom à un film plutôt fascinant de Joseph Losey, sa musique l'est nettement moins. Elle n'est pour autant pas déplaisante : rien que du très classique, très calibré et à l'occasion très efficace qui fait de The Servant un chouchou du public pop sur la foi de quelques titres détonnant comme Orchestra et d'une attitude savamment péteuse (si Lou Reed entend un jour le geignard Hey Lou Reed, il les déculottera devant tout le monde). Il y a dix ans, en pleine ère britpop, The Servant aurait été grand mais c'est oublier qu'en Angleterre les trains n'arrivent plus jamais à l'heure. La problématique Kasabian est à peu près la même, on les annonçait énormes et tarés (ils portent le nom d'une adepte de Charles Manson, ce qui est très effrayant). C'est quand Noel Gallagher d'Oasis s'est mis à clamer

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Glandeurs et décadence

MUSIQUES | Musique / Sensation anglaise de la saison, les Klaxons ont choisi le Kao pour annoncer la fin du monde avec Myths of the near future, fusion rigolarde et millénariste. Entre cauchemar new wave et rave en couleur. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 mars 2007

Glandeurs et décadence

Le futur, c'est déjà tout de suite. Alors qu'on ne cesse de nous alarmer à coups de docu-fictions et de rapports d'experts sur ce que sera notre vie dans un avenir plus ou moins proche (60° à l'ombre, de l'eau jusqu'aux genoux, une retraite de misère et même plus de pétrole pour donner du goût aux chewing-gums anti-tabac), un trio de zozos anglais baptisé Klaxons débarque avec un album annoncé comme le futur du rock anglais. Son titre : Myths of the Near Future, emprunt à l'écrivain d'anticipation JG Ballard. Derrière le collage surréaliste qui orne la pochette et l'élan prophétique qui l'accompagne, on ne peut s'empêcher d'y voir un pied de nez à cette tendance dure du rock anglais dont nous avons déjà parlé : cette propension à prophétiser l'avenir, à inventer et mythifier trois fois par semaine des courants aux noms fumeux (grebos, twee-pop, shoegazing...), plus éphémères que des papillons de réverbères, et annonçant généralement le retour d'un improbable messie rock garant d'un nouvel âge d'or. Choisir la vie Époque oblige, les Klaxons, nés entre Londres et Stratford-upon-Avon, patrie de Shakespeare, ont été, comme d'autres avant eux (Arctic Monkeys en tête) révélés par le s

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«Pas de recherche de discours»

MUSIQUES | Entretien / S. trio noise-rock prometteur, auteur de l'album Amant Coma et co-lauréat 2007 de Dandelyon. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 21 mars 2007

«Pas de recherche de discours»

Le nom et la figure de l'éléphant S. : Ce nom ne détermine rien de précis. On tenait à cette idée de lettre unique. S., c'est court, incisif. Quant à l'éléphant qui revient sur toutes nos pochettes, on trouve que son côté pachydermique et mélancolique colle bien à notre musique. L'album On essaie souvent de partir d'improvisations et d'en garder les moments les plus intenses. On a commencé à travailler comme ça pour notre première maquette, Rock n'roll is a prostitute, une impro de deux heures qu'on a remontée. Pour Amant Coma on a tout enregistré live sans la voix à Montélimar. La moitié des morceaux de l'album vient d'improvisations. Le chant en français Faire du rock en français c'est casse gueule, mais ça donne aux textes une autre dimension. Quand un groupe chante en anglais c'est souvent pour masquer l'absence de textes et c'est vite ridicule. Les nôtres sont construits avant tout sur des univers, il n'y a pas de recherche de discours. C'est davantage une musicalité et une atmosphère. Après on n'y arrive pas forcément à chaque fois, le risque c'est d'être un peu lourdingue. Les concerts Au début, on ne connaissait personne et on a pas mal galéré pour jouer av

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Que Touaregs viennent...

MUSIQUES | Musique / Quel est donc ce groupe si important pour que des gens aussi vénérables que Thom Yorke, Dominique A. et Elvis Costello en vantent les louanges (...)

| Mercredi 18 avril 2007

Que Touaregs viennent...

Musique / Quel est donc ce groupe si important pour que des gens aussi vénérables que Thom Yorke, Dominique A. et Elvis Costello en vantent les louanges ? Non pas la dernière sensation venue d'Amérique, mais d'authentiques Touaregs du désert réunis sous le nom de Tinariwen... Aujourd'hui, ils figurent avec les Congolais de Konono n°1 au sommet de ce vaste fourre-tout nommé «world music». Car la musique de Tinariwen, que l'on définit hâtivement comme un «blues du désert», c'est en fait du rock, du vrai, avec des guitares incroyables capables de riffs à la puissance démesurée, un foutu sens de la mélodie, des voix à la musicalité impressionnante et surtout une énergie à déplacer les dunes ou, chez vous, à pousser les murs de l'appartement. En concert, il doit être difficile de résister à ces guerriers ayant troqué leurs armes contre des instruments et leurs cris contre des chants de paix et de réconciliation. Mais il faut aussi absolument se procurer l'album (Aman Iman) qui bénéficie d'un travail éditorial comme on en voit peu de nos jours chez les majors : chaque chanson est reproduite phonétiquement, traduite et commentée, mettant en valeur toute la richesse textuelle, poétique et

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