Chambon, et même très bon

Dorotée Aznar | Vendredi 21 octobre 2011

Théâtre / Il y a une méthode Jacques Chambon, une formule qui a fait ses preuves et qu'on retrouve pièce après pièce : prenez deux personnages qui n'ont rien en commun, enfermez-les dans un lieu unique, agitez longuement et laissez monter la sauce comique. Ça s'appelle la comédie des contraires et Francis Veber, en son temps, l'avait déjà inscrite régulièrement à son menu. Chez Jacques Chambon, les différences se jouent sur le degré de mélancolie qui finit par infuser au milieu de l'humour, sur des notations sociales ou politiques qui s'immiscent dans les creux de l'intrigue… Mais avec Ta gueule !, il ne cherche qu'une seule chose : l'efficacité pure, le burlesque effréné, le gag qui tabasse. Et ça marche : difficile de trouver spectacle plus drôle actuellement à l'affiche. La partition, comme d'habitude, a été écrite sur mesure, et Chambon lui-même s'est emparé du personnage de Jean-Claude, prof dépressif et cocu, avec une manifeste jubilation. Maître de la rupture (guettez le «Bon, j'vais m'laver les dents»), ne reculant jamais face au ridicule des situations (la grandiose scène de l'entraînement téléphonique en est la meilleure illustration), il envoie du lourd sur scène. Si lourd qu'il faut la solidité terre-à-terre de Dominique Palandri, ici en truand italien à l'accent exagérément lyonnais, pour y répondre sans se laisser déborder. L'ensemble avance à un rythme d'enfer, emporté par ce tandem redoutable et une écriture impeccable, entièrement focalisée sur le pur plaisir du jeu. Et, par contagion, sur celui du spectateur. Christophe Chabert

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« On fait de l'humour street »

Stand-up | Ils sont les visages du stand-up lyonnais et à l’ombre de l’institution que représente les cafés-théâtres traditionnels, ils tentent d’imposer leur propre style. Portrait d’une troupe ambitieuse qui émerge dans le sillage de Hermann et Yanisse Kebbab.

Elliott Aubin | Mardi 14 janvier 2020

« On fait de l'humour street »

« Ici, à La Grooverie, on ne cherche pas à être en concurrence avec les cafés-théâtres. Deux cultures différentes ! On fait de l’humour street. Et on l’assume complètement » nous lâche Hermann, l'organisateur. « C’est à nous de prouver que nous avons des idées, de la créativité. On a lancé ces plateaux pour se donner l’opportunité de jouer régulièrement » poursuit-il. Ce soir-là à La Grooverie, à quelques pas de la place Sathonay, un petit groupe commence à se réunir. Les premières vannes fusent, on entend quelques chambrages... On se raconte les dernières prestations, le public s’installe doucement. Hermann est à l’initiative de ce plateau de stand-up, intitulé Blue Monday. Il briefe ses comédiens et comédiennes, les consignes sont simples : six à sept minutes chacun. Ils seront une dizaine. Certains monteront pour la première fois sur scène.

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Réveillonnez en humour !

Café-Théâtre | Que vous soyez néophytes ou adeptes, le réveillon est une date idéale pour se ruer dans les café-théâtres. Le 31 décembre, il y en a pour tout le monde, les petits comme les grands, ceux qui ont envie de rire comme ceux qui veulent redécouvrir les classiques.

Gabriel Cnudde | Mardi 13 décembre 2016

Réveillonnez en humour !

Milady en sous-sol Alors qu'Alexandre Astier et Jean-Christophe Hembert viennent d'achever la tournée de l'Exo Conférence, d'autres acteurs de la série Kaamelott investiront le Boui Boui le soir du réveillon avec une pièce délirante. Avec Jacques Chambon (Merlin dans Kaamelott) aux commandes, Milady en sous-sol revisite La Belle au bois dormant. Sauf que cette fois-ci, le prince charmant se fait laminer par le dragon, laissant la princesse, jouée par Chrystel Rochas, seule dans son donjon. Jusqu'à l'arrivée d'Eddie, le prince de la lose, interprété par Aurélien Portehaut (Gauvin dans Kaamelott). S'en suit une myriade de dialogues absurdes entre deux personnages qui n'ont rien à faire ensemble. Portée par deux acteurs talentueux et un texte juste, Milady en sous-sol revisite un conte vieux comme le monde. Jouissif. Au Boui Boui à 17h15 Sois parfaite et t'es toi ! Si le café-théâtre permet avant tout de rire et de passer un bon moment, il est aussi un art qui permet de véhiculer un message. Avec Sois parfaite

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Le Kraspek remet le courant

MUSIQUES | Les cavaliers ont coutume de dire que lorsqu'on tombe de cheval, il faut remonter immédiatement sur sa monture, sans quoi on se laisse attraper par la (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 5 janvier 2016

Le Kraspek remet le courant

Les cavaliers ont coutume de dire que lorsqu'on tombe de cheval, il faut remonter immédiatement sur sa monture, sans quoi on se laisse attraper par la peur, on hésite, on s'étiole, on commence à traîner dans l'écurie en pyjama et on passe à côté du titre de sauts d'obstacles de la vie. Soit. C'est en tout cas une sorte de variante musicale et DIY de cette théorie que nous proposent les gens de Plug & Play alors que les frimas du mois de janvier nous maintiennent dans la torpeur des lendemains de fête et les questionnements existentiels sur l'année à venir (2016, année de la b.... ou nouvelle année de merde ?). Et ils sont forts pour ça, il faut bien le reconnaître. Pour nous tirer du lit un samedi avec en guise de warm up une intégrale de Ta Gueule. Pour nous promettre de la joie à coups de mots-valises et de poésie qualifiante : du cabaret punk à paillettes, une histoire d'amour, de la furie stellaire instrumentale, du stoner pseudo math-rock déluré (là pas de doute, si tu veux la définition du truc, c'est en venant au Kraspek que tu la trouveras, pas dans le Robert des noms crades). Pour nous annoncer de l'indé de chez indé (le label pop AB Reco

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Une Belle au bois dormant tout sauf assomante

SCENES | Ça commence un peu comme une perversion de Joël Pommerat. Si la Belle au bois dormant, Berthe de son petit nom, s'est piqué le doigt sur un fuseau, ce (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 octobre 2015

Une Belle au bois dormant tout sauf assomante

Ça commence un peu comme une perversion de Joël Pommerat. Si la Belle au bois dormant, Berthe de son petit nom, s'est piqué le doigt sur un fuseau, ce n'est pas sous l'emprise de la fascination, mais pour se soustraire à son ennuyeuse condition de princesse. Le souci, c'est que le preux chevalier censé la réveiller a vécu heureux et eu beaucoup d'enfants avec une autre – ou succombé aux embûches menant à sa ronflante promise. Du coup, c'est Eddie, un naze de la cambriole, qui va s'y coller 536 ans plus tard. À partir de là, Jacques Chambon, auteur de ce Milady en sous-sol, reprend ses droits – l'auguste et le clown blanc, la dichotomie freudienne, vous connaissez la chanson de geste. Car tout sépare Eddie et Berthe, y compris des siècles d'évolution des mœurs et des droits : elle est cash et pragmatique, lui est hypersensible et philosophe, et Chambon n'aurait pu leur trouver meilleurs interprètes que le couple Chrystel Rochas / Aurélien Portehaut. Non seulement parce que les bouilles polissonnes de la première et le timing de star du muet du second font tout le sel de quiproquos plus ou moins attendus – le cinéma ayant déjà pas mal exploré

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La rentrée café-théâtre 2015/2016

SCENES | Deux festivals, de nouvelles pièces d'auteurs chéris, le retour d'un illustre représentant de la trop lointaine école anglo-saxonne... La saison café-théâtre démarre plutôt fort.

Benjamin Mialot | Mardi 8 septembre 2015

La rentrée café-théâtre 2015/2016

En temps normal, il est presque inconvenant de parler d'une "rentrée" en matière de café-théâtre, les lieux homonymes ne connaissant de pauses que celles qui précèdent les punchlines de leurs invités. Cette saison 2015/2016 n'a cependant rien d'habituel ; pour preuve, elle s'ouvrira, passée la traditionnelle Semaine de l'humour (10€ dans les lieux participants, du 16 au 27 septembre) sur deux festivals. À gauche l'arlésienne Juste pour Lyon, émanation à crinière du célèbre raout canadien Juste pour rire qui, du 28 septembre au 7 octobre, investira en off la plupart des salles de musculation des zygomatiques de la ville. La programmation officielle sera elle délocalisée au casino Le Lyon Vert et verra se succéder les solitaires-en-scène les plus prometteurs du moment : la soundbank humaine Jibé (qui commence à faire son trou chez nos cousins d'Amérique), le chic type survitaminé Vérino (pour une édition spéciale de son inglorious comedy club, en présence notamment du couple star de Bref), la team Jocelyn Flipo (Alex Ramirès, Yann Guillarme, Gérémy Crédeville.

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Jacques Chambon dépasse les bornes

SCENES | De Jacques Chambon, on connaît surtout son talent pour renouveler les figures de l'auguste et du clown blanc dans des comédies de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 3 février 2015

Jacques Chambon dépasse les bornes

De Jacques Chambon, on connaît surtout son talent pour renouveler les figures de l'auguste et du clown blanc dans des comédies de mœurs – au sens où elles disent en creux quelque chose des déséquilibres sociaux de l'époque – à la mécanique plus huilée que le corps d'un adepte du massage Nuru. Sa prochaine création (le 6 février au Karavan, puis les 27 et 28 à la MJC Monplaisir), mise en scène par Patricia Thévenet, sera l'occasion de le découvrir sous un jour plus grave – ou de le redécouvrir, pour qui s'était laissé imprégné par la mélancolie de Plein phare. Inspirée par les pires scissions communautaires du XXe siècle (mur de Berlin, guerres de Yougoslavie, barre de séparation israélienne...), Les Sentinelles se veut en effet «une tragédie burlesque sur l'incapacité des hommes à se reconnaître d

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Pas juste pour rire

SCENES | L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une (...)

Benjamin Mialot | Mardi 6 janvier 2015

Pas juste pour rire

L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une tentative similaire de son complice Jacques Chambon, Les Sentinelles (20 février au Karavan), une intrigante «tragédie burlesque sur l’incapacité des hommes à se reconnaître dans l’autre». Autre auteur et metteur en scène pas-que-drôle, Jocelyn Flipo présentera lui Sale mentor (à

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Ta gueule, pour de bon

SCENES | Un professeur d'histoire-géographie au bout du rouleau et un criminel sur les dents se retrouvent par le plus malheureux des hasards dans une même (...)

Benjamin Mialot | Mardi 4 novembre 2014

Ta gueule, pour de bon

Un professeur d'histoire-géographie au bout du rouleau et un criminel sur les dents se retrouvent par le plus malheureux des hasards dans une même clinique psychiatrique. Débute alors un huis clos verbal dont les deux protagonistes ne sortiront pas intacts. Tel est le pitch de Ta gueule !, pièce écrite, mise en scène et à moitié interprétée par Jacques Chambon en 2009 et reprise du 5 au 15 novembre à L'Espace Gerson. Une comédie des contraires comme lui seul sait en trousser, et qui a ceci de particulier qu'elle est sa plus aboutie, alors même qu'elle est totalement exempte des sous-textes mélancoliques et sociaux qui font par ailleurs la particularité de son écriture – et l'intérêt de Plein phare, son plus bel accomplissement en tant qu'auteur. Sans doute, justement, parce qu'

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Rires enregistrés

SCENES | Moins féconde que la précédente, la saison café-théâtre 2014/2015 n'en demeure pas moins réjouissante, entre reprises de spectacles qui gagnent à être connus et défilé de têtes qui le sont déjà. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 septembre 2014

Rires enregistrés

En cette rentrée, les cafés-théâtres lyonnais ont des airs de champs en jachère : à leur programme figurent  nombre de reprises d'une saison 2013/2014 exceptionnellement riche en créations. Côté one-man-show, on retrouvera ainsi avec plaisir Jefferey Jordan (aux Tontons Flingueurs, jusqu'au 2 octobre), Karim Duval (même endroit, en octobre), François Martinez (idem), Yann Guillarme (au Boui Boui, en janvier et février), Alex Ramirès (au Boui Boui également, jusqu'au 30 décembre), Gérémy Crédeville (au Complexe du Rire, en novembre et décembre) ou encore

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Le conte est con

SCENES | Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. D'accord, mais quid des turpitudes qui jalonnent une vie ? Le prince a-t-il trompé la princesse avec (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 26 juin 2014

Le conte est con

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. D'accord, mais quid des turpitudes qui jalonnent une vie ? Le prince a-t-il trompé la princesse avec une ribaude ? Hypothéqué le château pour couvrir les frais médicaux de son beau-papa de suzerain ? Donné une leçon au gang de fils de palefreniers qui rackettait son petit dernier ? Le café-théâtreux à tout faire Jacques Chambon (Le Phare, Troubles de l'élection, Fin de race...) a sans doute les réponses à ces questions.

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Minuit, l'heure du rire

SCENES | Nul besoin de s'exercer à la photographie en Patagonie ou de s'essayer à l'équitation en Laponie (entre autres "bons plans" formulés par les professionnels du tourisme) pour passer un réveillon insolite. Il suffit de franchir le seuil de l'un des nombreux café-théâtres de la ville. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 décembre 2013

Minuit, l'heure du rire

Une fois n'est pas coutume, le café-théâtre se taille la part du lion en matière de comptes à rebours festifs. Rien que dans le réseau dirigé par Stéphane Casez, ce sont pas moins de seize spectacles qui s’enchaîneront du milieu d'après-midi aux derniers coups de minuit. Dans le lot, pas mal de comédies un peu lourdingues, de celles qu'on promeut au Festival d'Avignon au volant d'une rosalie, mais aussi de belles occasions de (re)découvrir certains de nos coups de cœur. A la Comédie-Odéon par exemple, si vous n'avez toujours pas cédé à notre prosélytisme pro-Jocelyn Flippo, vous aurez la chance de le faire face à ce qui est pour l'instant son chef-d’œuvre, la désarmante romcom sur fond de crise d'identité sexuelle Loving Out. Le Rideau Rouge, lui, se lèvera notamment sur Les Loose Brothers, énergique et doux-amer "two-men-show" dans lequel Aurélien Portehaut et Yann Guillarme composent un savoureux duo d'artistes ratés jouant le tout pour le tout. Yann Guillarme qui

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Portier de nuit

SCENES | «La comédie des contraires, c'est du pur Jacques Chambon, et ça marche à tous les coups». Ainsi débutaient, dans notre agenda, les quelques lignes (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 29 novembre 2013

Portier de nuit

«La comédie des contraires, c'est du pur Jacques Chambon, et ça marche à tous les coups». Ainsi débutaient, dans notre agenda, les quelques lignes recommandant Plein phare. Ainsi pourraient débuter tous les papiers consacrés à une pièce basée sur un texte du stakhanoviste Jacques Chambon. Surtout quand il en assure lui-même la mise en scène et/ou l'interprétation, comme c'est le cas avec Troubles de l'élection, programmé à La Maison de Guignol jusqu'au 28 décembre. Soit la rencontre de Bertrand Ballandard (Chambon, qui use et abuse de son irrésistible air hébété), favori à l'élection présidentielle tout juste rescapé d'un attentat, et de Francis (Laurent Lacroix), réceptionniste d'un hôtel limousin miteux. 

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Baroque & Plus si affinités

MUSIQUES | Vous souvenez-vous de Monsieur Plus, ce guilleret moustachu qui s'évertuait, à coups de bousculades opportunes, à rendre plus appétissants et plus savoureux (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 13 novembre 2013

Baroque & Plus si affinités

Vous souvenez-vous de Monsieur Plus, ce guilleret moustachu qui s'évertuait, à coups de bousculades opportunes, à rendre plus appétissants et plus savoureux les biscuits Bahlsen ? Eh bien Franck-Emmanuel Conte est un peu le Monsieur Plus du baroque : avec Le Concert de l'Hostel Dieu, l'ensemble qu'il a fondé voilà deux décennies, il n'a de cesse de le sortir de sa zone de confort, soit en se penchant sur des répertoires méconnus, soit en le confrontant à d'autres disciplines – on ne lui souhaite toutefois pas de finir, comme le croqueur de tuiles, noyé dans la Seine dans l'indifférence générale. Une démarche qu'il pousse un cran plus loin cette saison avec la création de Baroque & Plus, un festival tout entier dédié au dépoussiérage de cette musique ornementale et contrastée.  Au programme de sa première édition : du théâtre avec l'immense Jacque

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L'île aux grands enfants

SCENES | Avec deux reprises et une nouvelle création (Smart Faune, que nous vous recommandons à l'aveuglette) au Complexe du Rire et une résidence au Karavan (pour (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 13 septembre 2013

L'île aux grands enfants

Avec deux reprises et une nouvelle création (Smart Faune, que nous vous recommandons à l'aveuglette) au Complexe du Rire et une résidence au Karavan (pour une comédie footballistique intitulée Carton rouge), le prolifique Jacques Chambon est l'un des hommes forts de la rentrée café-théâtrale. Nous vous le sous-entendions la semaine passée, nous vous le confirmons maintenant que nous l'avons vu à l’œuvre dans Fin de race, délirant huis clos post-apocalyptique que Gilles Graveleau met en scène et co-interprète avec lui à Gerson jusqu'à la fin du mois. Car Chambon y est, avec sa voix de doubleur de séries d'animation japonaises et son physique de gamin tombé dans une fontaine de sénescence, tout simplement désopilant en last man on Earth amnésique et régressif prêt à tout pour se taper avant le mythomane qui lui sert de compagnon d'infortune (Graveleau, impeccable mais plus timoré) une belle blonde chargée de perpétuer la race humaine (Alexandra Bialy, qui aurait pour le coup mérité un rôle un peu moins bateau). Sa performance n'empêche pas Fin de race d'être perfectible e

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Le café-théâtre veille au grain

SCENES | Une nouvelle salle l'an passé, un nouveau festival cette saison : bien que tous ses acteurs ne s'y retrouvent pas, le secteur du rire confirme sa vitalité. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 8 septembre 2013

Le café-théâtre veille au grain

L'an passé, à cette période, le milieu du café-théâtre était en passe d'être bousculé par l'ouverture de la Comédie-Odéon. Cette rentrée, plus calme, est l'occasion d'en tirer un premier bilan. Il fait d'état d'une seule victime : le Complexe du Rire qui, à une poignée de lointaines reprises près (comme le solo sportif de Yoann Metay, du 19 mars au 5 avril), ne propose quasiment plus que de l'impro et des comédies mineures dont on doute que la Semaine de l'humour (du 5 au 20 octobre), ce dispositif visant, un peu comme Balises, à promouvoir et éclaircir les nombreuses programmations du secteur, suffira à nous les rendre amusantes. D'autant que l'Espace Gerson s'en est désolidarisé pour mieux «faire son festival» (du 26 au 28 septembre à la salle Rameau, où se produiront d'ailleurs le toujours frondeur Christophe Alevêque le 10 octobre et la pétillante Bérengère Krief le 21 décembre). On en reparlera le moment venu, pas seulement parce

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Et les sentiments bordel ?

SCENES | Un critique a (trop) souvent tendance à se comporter comme un explorateur : quand il foule une contrée nouvelle, il veut être le premier à en dessiner les (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 14 février 2013

Et les sentiments bordel ?

Un critique a (trop) souvent tendance à se comporter comme un explorateur : quand il foule une contrée nouvelle, il veut être le premier à en dessiner les contours, quitte à voir des courants, des mouvements et des scènes là où ne poussent que les fruits du hasard. Nous ne sommes pas exempt de ce défaut. Aussi, en découvrant Jocelyn Flipo et son romantisme, assez inédit dans le milieu très unidimensionnel de l'humour, nous sommes-nous empressés de nous demander s'il était le seul à faire vibrer d'un même élan fibres comiques et cordes sensibles. Mais plutôt que de lui prêter des affinités conjecturales, nous lui avons directement posé la question : «Je n'appartiens pas à une confrérie d'auteurs, mais j'ai effectivement l'impression que les gens travaillent de plus en plus à transmettre des émotions aux spectateurs, qui eux-mêmes sont de plus en plus demandeurs. On est en période de crise, on est forcément plus réceptif à tout ce qui met en avant l'humanité des gens. On a besoin de sentir que l'autre est meilleur que ce l'on croit». Sur Lyon, deux noms lui semblent valider cette théorie : celui de Jacques Chambon, le Merlin de Kaamelott, pour Plein phare

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Un drôle de réveillon

SCENES | La nouvelle, datée du 29 novembre, est tombée comme un couperet : cette année, France 3 ne diffusera pas son traditionnel bêtisier. Il flotte depuis comme une odeur de fin de règne. Sauf chez ceux qui savent que, pour achever un cycle calendaire sur une bonne marrade, c’est au café-théâtre que ça se passe. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 15 décembre 2012

Un drôle de réveillon

On les aime bien, tous ces gens qui font tourner les cafés-théâtres du coin. Ne serait-ce que parce que leur travail contribue à améliorer les fonctions cognitives de ceux qui en bénéficient – pour nous qui passons la majeure partie de notre temps à nous écouter réfléchir, ce n’est pas négligeable. Mais s’ils pouvaient remettre leur agenda à zéro plus en douceur, ça nous arrangerait. Non parce que faire le tri dans une quarantaine de propositions artistiques, voilà un travail herculéen… Ca va que c’est peut-être la dernière fois que nous nous en acquittons, et qu’il nous donne l’occasion de vous redire tout le bien que l’on pense de Dans ta bulle, une pièce aussi drôle qu’émouvante et servie par trois acteurs parfaits, dont Léon Vitale, qui incarne tous les seconds rôles masculins de cette histoire – librement inspirée des BD de Domas – d’un garçon optimiste pensant que le sourire est une arme de séduction massive. Pour le meilleur et pour le rire Ce numéro se concluant par un portrait d’Alexandre Astier, poursuivons par une révérence aux

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Le Blues du businessman

SCENES | Avec "Un petit coup de blues", Jacques Chambon ressort son petit manuel de la comédie efficace, y ajoutant ce qu’il faut de nouveautés pour éviter la redite, et incorporant dans son univers deux comédiens hors norme : Nicolas Gabion et Damien Laquet. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Vendredi 6 janvier 2012

Le Blues du businessman

Prémisse A : soit un énergumène généralement à l’ouest de son époque, gentiment benêt et donc profondément attachant. Exemple : un gardien de nuit qui occupe ses heures de travail à répéter un show musical où il (ré)incarne Elvis Presley. Prémisse B : soit un spécimen typiquement contemporain et du coup représentatif d’un siècle matérialiste, individualiste et gouverné par l’avoir et le pognon. Exemple : un cadre stressé marié à une femme dépensière et récemment viré par un supérieur encore plus beauf que lui. Axiome A : réunissez-les dans un lieu d’où ils ne peuvent sortir ni l’un, ni l’autre — au besoin, inventer tous les prétextes possibles pour les retenir à l’intérieur. Axiome B : débrouillez-vous pour qu’ils se mettent sur la gueule avec un maximum de dialogues percutants et de vannes grinçantes. Axiome C : révélez que l’idiot n’est pas forcément celui que l’on croit, que le bon sens n’est pas obligatoirement du côté de l’idéologie dominante, et que répéter quelques vérités essentielles (on n’a qu’une vie, autant ne pas la dépenser en essayant de la gagner) n’a jamais fait de mal à personne. En gros, vous obtenez une bonne comédie de Jacques Chambon, et c’est ce qu’est

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L’humour sur son 31

SCENES | Ce 31 décembre 2011 ne verra pas que péter les bouchons de champagne ; il pètera aussi les records du nombre de spectacles comiques programmés dans les salles. Dans cette orgie, pointons nos coups de cœur, sorte de caviar de l’humour lyonnais. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 8 décembre 2011

L’humour sur son 31

Près de quarante spectacles programmés, une cinquantaine de représentations au total : le 31 décembre à Lyon, c’est la fête de l’humour. Il est vrai qu’en matière de théâtre, on n’a pas encore trouvé un programmateur suffisamment suicidaire pour proposer au public un Shakespeare de 3 heures ou un Sarah Kane par Claude Régy. Donc place à la comédie, même si heureusement, les spectacles à l’affiche ne font pas que dans le gros comique qui tâche (le vin rouge s’en chargera bien assez ce soir-là) et la rigolade façon otarie bourrée (le champagne s’occupera pour sa part de cette mission peu périlleuse). C’est plutôt un best of de la saison qui envahit les salles, ce qui permet aussi de constater que celle-ci a été riche et variée, avec des découvertes et des confirmations, des one man shows originaux et des pièces de qualité. Best of 2011 Honneur à notre découverte maison : le trublion Alex Ramirès et son one dans l’univers des séries (aux Tontons flingueurs à 18h). Comédien à l’élasticité proche d’un Jim Carrey évoluant dans un monde fait de références geeks habilement digérées, Ramirès fait partie des jeunes acteurs lyonnais sur lesquels il faut désormais compter.

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Réveillons le rire

SCENES | Comme chaque année pour le réveillon du 31, la programmation des cafés-théâtres se démultiplie dans de nombreuses salles de la ville en plus de leurs lieux habituels. Tour d'horizon des très nombreux spectacles qui dérident les zygomatiques avant le grand saut en 2010. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 10 décembre 2009

Réveillons le rire

Les Français ont-ils besoin de rire pour boucler une année 2009 morose ? La réponse tient en quelques chiffres. Le soir du 31 décembre, vingt-neuf spectacles de café-théâtre (soit une dizaine de plus que l'an dernier) sont annoncés à Lyon pour pas moins de cinquante-cinq représentations. Le succès de ce type de divertissement ne se dément pas, bien au contraire. Les salles prennent donc leurs quartiers d'hiver dans des lieux aux jauges plus importantes loués pour l'occasion. C'est ainsi que les programmateurs du Boui-Boui investissent les espaces disponibles de la Cité Internationale avec la reprise de «Mon colocataire est une garce» à l'auditorium Pasteur, le diptyque «Homme / femme mode d'emploi» à l'auditorium Lumière et surtout les indétronables «Arrête de pleurer Pénélope» et «Monologues du pénis» dans l’Amphithéâtre (la salle 3000). La Salle Victor Hugo a quant à elle été réquisitionnée pour «Du plaisir et des médocs». Le Boui- Boui et le Rideau rouge accueillant aussi, comme quasiment chaque jour de l'année, des spectacles, ce sont donc plus de 7000 spectateurs qui sont attendus dans tous ces lieux ! Les organisateurs espèrent rencontrer logiquement encore cette année un lar

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Si c’était eux…

SCENES | Théâtre / Loin des mœurs du théâtre institutionnel, deux auteurs-acteurs ont créé Si c’était L., tragi-comédie romantique reprise actuellement à l’Acte 2 théâtre. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 12 février 2009

Si c’était eux…

Si Claude Allègre avait été ministre de la culture, il aurait sûrement traité le théâtre de «mammouth». Mais plutôt que de le dégraisser, il mériterait surtout d’être plus échevelé et hirsute. L’esprit qui a animé l’équipe de Si c’était L… pour créer leur comédie romantique n’a cependant rien d’un acte militant. Pas de théorie, mais plutôt du «faire», du culot et une culture qui n’est iconoclaste que pour les gardiens du temple théâtral. Emmanuel Pinto et Nicolas Musili ressemblent aux deux personnages qu’ils se sont écrits : de jeunes adultes qui ont gardé une part d’adolescence, élevés au cinéma américain, aux séries télé et aux jeux vidéos. On peut même voir le pitch de la pièce comme une métaphore de cet entre-deux : la fille dont ils étaient amoureux, morte dans un accident de voiture, «réapparaît» trois ans plus tard sous un nouveau nom, voisine du dessus au comportement franc du collier bousculant l’équilibre léthargique dans lequel les deux colocataires s’étaient lentement lovés. Éternel retour de l’aimée ou nostalgie d’un temps qu’on rêve d’arrêter dans une adulescence fragile ? Mais achtung ! Si c’était L… n’est pas un pensum, juste une comédie qui choisit de rire à coups

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Appelez-le Arthur...

CONNAITRE | Télévision / Découvert sur les planches lyonnaises avec Le Jour du Froment, Alexandre Astier donne une suite à son court-métrage Dies Irae en reprenant le créneau de Caméra Café sur M6. Kaamelott : 3 minutes 30 quotidiennes pour découvrir les dessous burlesques des Chevaliers de la Table Ronde. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 22 décembre 2004

Appelez-le Arthur...

En 2002, Alexandre Astier s'offre une année faste... Alors qu'il écrit et interprète sous la direction de Jean-Christophe Hembert le formidable Jour du Froment au Théâtre de la Croix-Rousse, il prépare en parallèle un court-métrage intitulé Dies Irae. On y découvre les Chevaliers de la Table Ronde aux prises avec une réalité très quotidienne, glosant dans un langage contemporain très fleuri sur les problèmes qu'ils rencontrent dans leur quête (poussive) du Graal. Une galerie de portraits croqués avec ce sens du dialogue percutant qui est déjà en train de faire la réputation d'Astier, redoublé par sa prestation en Arthur colérique, loin de la noblesse habituelle du premier Roi de Bretagne. Dies Irae confirme l'aptitude d'Astier à travailler un rythme imparable, mais aussi, plus inattendu, son œil de réalisateur, le film étant composé avec un soin inattendu pour du court métrage comique. Les ratés de la table ronde"Mon agent m'a dit que cette idée marcherait bien dans un format court, explique Astier. Je n'aurais pas couru après un truc télé parce que ce n'est pas mon monde, mais elle avait raison, ça s'y prêtait. C'est pour ça qu'on a enquillé sur des pilotes autoproduit

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Magicien à tout faire

SCENES | Portrait / C'est lui le Merlin un peu branque de la série Kaamelott. Jacques Chambon fait aussi des apparitions dans des téléfilms et, on le sait moins, (...)

| Mercredi 15 novembre 2006

Magicien à tout faire

Portrait / C'est lui le Merlin un peu branque de la série Kaamelott. Jacques Chambon fait aussi des apparitions dans des téléfilms et, on le sait moins, il a joué pour Planchon dans une pièce produite par le TNP. En bon gymnaste, il fait surtout depuis le début de sa carrière de grands écarts entre ce qu'il ne peut pas dissocier, le café-théâtre et le théâtre classique. Il consent néanmoins à dire que les deux univers ont un manque cruel de curiosité réciproque. «Je sais depuis longtemps qu'il faut savoir faire plusieurs choses pour survivre dans ce métier». C'est pas le tout mais «faut faire croûter les enfants, et ils ont bon appétit», note-t-il au passage. Il faut tenter de vivre de cette scène «indispensable» et d'avancer dans une carrière de comédien. Pas simple. Alors plutôt que d'attendre que le théâtre institutionnel lui ouvre grand les bras, il fait son travail là où on le lui permet. «On peut faire des choses bien en café-théâtre, de la comédie intelligente, avec du fond», assure-t-il. D'autant qu'il ne joue et n'écrit pas que ça. Sa pièce Nous crions grâce écrite à partir de lettres de soldats a tiré les larmes à plus d'un spectateur. Par ailleurs, la comédie qu'il a écr

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