Classe sup'

SCENES | Pétaradante, précise et inventive, la nouvelle promotion du Conservatoire présente le très casse-gueule et ambitieux "Massacre à Paris", mis en scène par un Laurent Brethome plus convaincant que jamais. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 12 mars 2014

Au commencement était le COP-spé, acronyme barbare désignant le Cycle d'Orientation Professionnelle spécialisée du Conservatoire de Lyon, une classe unique en son genre. Le comédien Philippe Sire l'a imaginée il y a de cela huit ans pour des élèves qui envisagent un avenir professionnel dans le spectacle vivant. Les précédentes promotions ont accouché de La Meute, du collectif Bis – deux des toutes meilleures compagnies actuelles en Rhône-Alpes – et d'un groupe adoubé et embauché par Gwenael Morin dans son Théâtre du Point du jour. C'est dire la pression qui repose sur les épaules des douze étudiants actuels à l'heure de faire leurs premières preuves. Pari réussi haut la main cette semaine au Théâtre de l'Elysée.

Non contents d'être attendus au tournant, ils devaient en plus recevoir en héritage un texte marqué à tout jamais du sceau de Patrice Chéreau qui, tout jeune, l'a mis en scène pour l'ouverture du TNP à Villeurbanne au printemps 1972 - les images de la scénographie expressionniste et démesurée de Richard Peduzzi ornent encore les murs du théâtre. Potentiellement encombrante, l'ombre du maître n'a pas effrayé la juvénile équipe, les élèves endossant avec fluidité, et sans que la compréhension n'en souffre, les vingt-trois rôles imaginés par Christopher Marlowe - sans compter les morts.

Pour parvenir à faire exister ce carnage sur le petit plateau de l'Elysée, Laurent Brethome, connu pour son théâtre cash et agité, utilise toutes les trappes de ce petit et néanmoins très modulable plateau, revoie la configuration du rapport scène/salle à la pause (on passe du bi-frontal au frontal), imagine lors du massacre une pluie de chaussures comme autant de victimes qui tombent avec fracas sur la musique composée par Jean-Baptiste Cognet (La Meute encore) et Johan Boutin, inventant des codes répétitifs comme autant de marqueurs destinés à désamorcer lourdeurs et démonstrations trop appuyées (un crachat chorale à chaque prononciation du nom du duc de Guise, un bruit de lame pour chaque personnage mort…). De prime abord étranges ou artificielles, ces virgules deviennent cohérentes à mesure qu'elles aèrent le texte, laissant du même couper s'exprimer des acteurs qui ne sont dès lors plus obligés de se concentrer sur l'aspect didactique du récit (où il est question du déroulement historique de la Nuit de la Saint-Barthélemy et des bisbilles entre Guise et le royaume de France). Au contraire, ils en prennent pleinement possession.

On purge le théâtre

Chaque acteur y trouve son compte, les rôles principaux (comme Thomas Rortais, révélé par Michel Raskine dans son récent et impeccable Triomphe de l'amour) comme les plus petits, les femmes incarnant et rendant crédibles indifféremment des hommes et vice-versa, sans que cela ne pose le moindre problème de réception du message. Sans doute car ce choix de distribution n'est pas intentionnel. Nulle malice en effet à mettre de la féminité dans le personnage du duc d'Anjou ou de la masculinité dans celui de la vieille reine de Navarre.

Paradoxalement, il y a dans ce spectacle tous les travers souvent associés à une jeune troupe qui débute : de la musique (magnifique chanson de Badalamenti version Twin Peaks interprétée par la Reine Margot/Mathilde Mennetrier), de la nudité (un court moment), des cris, des dialogues un peu trop dans les aigus, du sang. Bref, il serait facile d'accuser Brethome de jeunisme. Mais là encore, tout se tient. Car il n'était pas nécessaire de brider la vitalité de ces élèves (qui en ont manifestement à revendre), seulement de la canaliser, sans leur ôter leurs modes d'expression. In fine - et c'est bien la finalité de l'ensemble – ils servent le texte et seulement le texte, ne s'appesantissant pas sur les cadavres ou dépeignant la cour royale comme un monde de hipsters écervelés,  totalement irresponsables et tout entiers tournés vers l'hédonisme, l'égoïsme et le désir constant de vengeance. La résonance avec ce qui se passe en ce moment dans une classe politique française peopolisée, adepte des petits meurtres entre amis, est édifiante. Tout comme ces massacres à la chaîne font douloureusement écho aux tragédies syrienne/vénézuélienne/ukrainienne...

Rien de que très normal, à cette aune, à ce que cette troupe aille bientôt présenter ce travail au Festival des Ecoles supérieures de théâtre, alors que le Conservatoire n'en est pas une ! La pièce passera aussi par la ville où est installée la compagnie de Laurent Brethome (Le Menteur Volontaire), La Roche-sur-Yon, cet été au festival Esquisses.

Il en est peut-être des promos du "Cons'" comme des générations de l'équipe de France de handball. Chacune fait aussi bien que la précédente. Tâchons simplement de leur trouver des surnoms moins idiots que les Bronzés-Barjots-Costauds-Experts.

Massacre à paris
Au Théâtre de l'Elysée, jusqu'au samedi 15 mars


Massacre à Paris

De Christopher Marlowe, ms Laurent Brethome, cie Le Menteur volontaire par élèves du Conservatoire de Lyon
Théâtre de l'Élysée 14 rue Basse-Combalot Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Dom Juan, bloqué dans l’ascenseur social

Théâtre | Mais qui est-il, ce Dom Juan ? Le colérique et survitaminé Nicolas Bouchaud chez Sivadier ? Le rationaliste de Vilar, le jouisseur en proie au doute (...)

Nadja Pobel | Mardi 4 février 2020

Dom Juan, bloqué dans l’ascenseur social

Mais qui est-il, ce Dom Juan ? Le colérique et survitaminé Nicolas Bouchaud chez Sivadier ? Le rationaliste de Vilar, le jouisseur en proie au doute de Lassalle... ou encore l'agnostique qu’Olivier Maurin a récemment présenté au TNP ? Pour Laurent Brethome et Philippe Sire, directeurs des conservatoires de La Roche-sur-Yon et de Lyon, il est un déclassé social, vivant sans le sou comme un étudiant dépendant des alloc', malgré un paternel blindé, rêvant de paillettes et de son quart d’heure de célébrité. Alors, il ne va cesser de s’imaginer plus beau et grand qu’il n’est ; comme le révèlera le quatrième acte, dans un container de fortune qui lui sert de logement au sein duquel il se cogne à tous les angles. Au premier abord, ce n’est pas cela qu’incarne Laurent Brethome, mais un Dom Juan volontairement agaçant, p’tit gars qui roule les mécaniques dans un décor presque vernis sur lequel rien n’adhère ; il dragouil

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Margot aux Célestins

Théâtre | Elle « avance vers nous depuis sa nuit » et Laurent Brethome lui rend la lumière. Margot, adapté de Marlowe, est la pièce avec laquelle le metteur en scène synthétise tout ce qu'il a approché jusque-là : un goût assumé du spectacle au profit d'un texte coriace.

Nadja Pobel | Lundi 22 janvier 2018

Margot aux Célestins

On pourrait lui en faire le reproche mais, à bien réfléchir, il n'y a rien là d'incohérent. Dans le Margot de Laurent Brethome, il y a un peu de l'air du temps théâtral : une pincée de Thomas Jolly (pour une esthétique noire-rouge-blanche et les breloques pas forcément nécessaires en accompagnement de costumes très justes : contemporains et a-temporels), du Julien Gosselin (personnages déclamatoires micro en main – en très courtes séquences il faut le reconnaître), parfois même du Joël Pommerat (ah, la séduisante scène de fiesta post couronnement d'Henri III qui rappelle les images de Ma Chambre froide ! ). Mais il y a, in fine, entièrement Laurent Brethome. En mettant en scène, dans une version délicatement décalée de Dorothée Zumstein, Le Massacre à Paris de Christopher Marlowe qui avait ouvert le TNP villeurbannais en 1972 sous la direction de Chéreau et dans les décors du grand Peduzzi, le Vendéen n'est jamais poseur et d'une fidélité épatante à ce qu'il fut : les corps

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Dans les pas de Margot

Théâtre | C'est sa pièce totale. Seize comédiens pour environ soixante rôles. Laurent Brethome a créé Margot en novembre, après l'avoir déjà esquissé en 2014 avec les (...)

Nadja Pobel | Mardi 9 janvier 2018

Dans les pas de Margot

C'est sa pièce totale. Seize comédiens pour environ soixante rôles. Laurent Brethome a créé Margot en novembre, après l'avoir déjà esquissé en 2014 avec les élèves du Conservatoire de Lyon. Sans moyen, il revisitait déjà la pièce de Marlowe de façon forte et efficace, une montagne de chaussures exprimant la nuit de la Saint-Barthélémy. Là, en 2h35, et avec notamment la dernière des pépites du Cons', Savannah Rol, il donne la pleine mesure de son savoir-faire. Pièce emblématique du TNP (c'est avec l’adaptation de Chéreau que le théâtre ouvrait ainsi ses portes à Villeurbanne en 1972), Margot sera cette fois-ci aux Célestins, du 17 au 23 janvier.

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À l'école de Molière

Théâtre | La promo du Conservatoire de Lyon s'empare cette semaine de quatre Molière en tirant leurs rôles au sort. Qu'est-ce que ce théâtre fleuve ?

Nadja Pobel | Mardi 25 avril 2017

À l'école de Molière

Molière, oui, mais « de Vitez ». Entendez par-là les versions du metteur en scène, acteur et pédagogue Antoine Vitez, montées en 1978 et 79 avec les élèves du Conservatoire national de Paris. Gwenael Morin a repris ce modèle : des comédiens, juste des comédiens ; ceux du Conservatoire régional de Lyon. Cette aventure-là débute en 2013. Et voici qu'après trois ans de jeu, et notamment parce que leur passage unanimement salué aux Amandiers-Nanterre en janvier 2016, a entraîné des sollicitations pour poursuivre l'aventure, ce groupe cède sa place aux nouveaux diplômés sortis il y a moins d'un an de cette formation. C'est avant tout une histoire de passation, dont Gwenael Morin est resté éloigné, laissant à Philippe Mangenot le soin de piloter la suite. En juin dernier, alors qu'ils valident leur diplôme d'études théâtrales, les douze étudiants reçoivent cette proposition de continuer à travailler ensemble et les rôles de Tartuffe, Dom Juan, Le Misanthro

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Magali Bonat se confronte à la brûlante actualité

Théâtre | « Ce matin ô mon noyé mort / ô mon échoué sur la plage / Un homme nu à l’exception / De ton unique chaussette rouge / Restée à ton pied droit quand l’autre / Reste (...)

Nadja Pobel | Mardi 26 avril 2016

Magali Bonat se confronte à la brûlante actualité

« Ce matin ô mon noyé mort / ô mon échoué sur la plage / Un homme nu à l’exception / De ton unique chaussette rouge / Restée à ton pied droit quand l’autre / Reste crispée dans ton poing gauche » écrit Lancelot Hamelin, retraçant le parcours d'un migrant. Parce qu'un jour nos enfants nous accuseront de ne pas avoir regardé ce qui se tramait sur notre territoire, parce que le théâtre mourra s'il se cantonne aux salles fermées et dorées, Magali Bonat, comédienne et professeur au Conservatoire d'art dramatique de Lyon a choisi de monter Vraiment un homme à Sangatte, écrit en 2010 et d'une actualité toujours aussi brûlante. À l'initiative du festival Sens Interdits cet automne, les élèves en dernière année de cycle professionnel en ont donné une version oratorio (récitée, mise en espace et en musique) qu'ils vont reprendre en cette fin avril au CHRD et à la Croix-Rousse. Entre temps, ils auront joué à Calais dans cette — si cruellement nommée — jungle et dans le camp qui ne cesse de croître depuis que celui de Calais a été démantelé pour moitié : Grande Synthe. Par l'entremise de la fondation Abbé Pierre et d'Emmaüs, Magali Bonat a pu

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Avec "Riquet", Laurent Brethome a tout d'un grand

SCENES | Tendre et cruel, fourmillant d’inventions, le "Riquet" version Laurent Brethome est un conte pour petits et grands bouleversant de sincérité et de foi en la force naïve et sublime de l’art théâtral. Après avoir ouvert le In d’Avignon, le voici au Toboggan. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 27 octobre 2015

Avec

Il était une fois… rien du tout, en fait. Déjà chez Charles Perrault, rien ne se passait comme prévu. La fable enfantine avait du plomb dans l’aile, même si elle était empreinte d’un amour courtois et phallocrate, fatalement phallocrate. Le prince moche avait le choix d’épouser une princesse laide et intelligente ou sa sœur, belle et bête. Laurent Brethome, alors gosse vendéen suractif, en lutte contre tout et d’abord lui-même et ses tics nerveux (des "mouvements" comme disent alors joliment les médecins), y avait trouvé un miroir de son monde, pas bien sous tous rapports et dans lequel l’enfance, puisqu'elle déraille, n'a rien de sanctuarisé. Devenu trentenaire et adoubé par la critique, les programmateurs et les spectateurs (un prix Impatience du public pour Les Souffrances de Job, une longue tournée des Fourberies de Scapin qui passera d’ailleurs par Saint-Priest en décembre), Brethome n’a pas oublié sa rencontre avec cette histoire-là et a confié à son complice Antoine Herniotte le soin d’une réécriture qui s’avère piquante, drôle, directe, crue et empreinte d’une constante tendresse. Car quoi ? Quelle est donc l’histoire dans l

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Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Les reprises de 2015/2016

Si vous les avez raté, un rattrapage s’impose. D'abord Bigre! (Croix-Rousse, 29 septembre au 3 octobre), hilarante comédie sans paroles sur l’ultra moderne solitude. Au même endroit Jean Lacornerie reprend ce qui est (avec Roméo et Juliette) sa comédie musicale la plus aboutie, Mesdames de la Halle (11 au 28 décembre). De son côté, au milieu d’une saison presque entièrement dédiée au langage, le TNP fait place aux délicats balbutiements de En courant, dormez par Olivier Maurin (6 au 15 avril), alors que la Renaissance reprend la foutraque Visite de la vieille dame (23 au 2

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Laurent Brethome donne le ton de la saison jeune public

SCENES | Des spectacles à venir, "Riquet" (délesté de sa houppe) est sans conteste le plus émouvant et le plus abouti. Retour sur ce travail de Laurent Brethome qui passera par le Toboggan et tour d’horizon des propositions jeune public de la saison. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 9 septembre 2015

Laurent Brethome donne le ton de la saison jeune public

C’est quoi être différent ? Comment faire avec ce qui manque ? La beauté pour cette fille laide mais intelligente, la jugeote pour sa ravissante sœur, que leur père fatigué de porter la couronne veut marier à un prince repoussant ? De toutes ces aspérités handicapantes, il émane une humanité qu’Antoine Herniotte a su magnifiquement retranscrire dans son adaptation de Riquet et que Laurent Brethome a transposé sur le plateau en éléments très concrets. Les robes de princesse sont en papier froissé, le château se dessine en direct, les baguettes magiques sont des brosses à WC... À cette apparente économie de moyens correspond une débauche de créativité et, surtout, un goût pour une forme artisanale de théâtre qui ramène à des émotions très enfantines. Invité à ouvrir rien moins que le In d’Avignon cet été, Brethome a une nouvelle fois livré un spectacle très organique (la peinture dans Les Souffrances de Job, l'eau dans

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Le Conservatoire, tanière de la Meute

SCENES | Si La Meute existe, c'est grâce au Conservatoire régional de Lyon, où les membres du collectif se sont trouvés. Le responsable et initiateur de cette formation, Philippe Sire, revient pour nous sur ce projet pédagogique peu commun.

Nadja Pobel | Mardi 2 juin 2015

Le Conservatoire, tanière de la Meute

Auréolée de son prix du public au festival du théâtre émergent Impatience en 2014, voici donc La Meute lâchée sous les lambris dorés des Célestins (qui, nous murmure-t-on, n’en sont qu’au début de leur histoire avec elle). Avant cela elle a, à l'instar du collectif Bis – aujourd’hui intégré au théâtre permanent de Gwenael Morin – ou des comédiens Thomas Rortais, Antoine Besson et Charly Marty, fait ses armes au Conservatoire "à rayonnement régional" de Lyon selon un parcours bien particulier : le cycle d’orientation professionnelle. Situé à mi-chemin entre la pratique amateur et l’enseignement supérieur, ce COP a été initié il y a neuf ans par Philippe Sire après qu'il ait fait le constat que l’agglomération lyonnaise, et à plus forte raison la région Rhône-Alpes, recelait un fort potentiel de jeunes désireux de se former afin d’intégrer des écoles telles que l’ENSATT ou la Comédie de Saint-Étienne. Surtout, Philippe Sire a imaginé un projet pédagogique suffisamment complet pour que les élèves échouant à ces concours puissent devenir professionnels malgré tout, accordant une place importante à la dramaturgie et au fait de savoir «pourquoi on fait du théâtre, à que

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Les élèves du Conservatoire font le printemps

SCENES | Pour connaitre le travail du collectif Bis, de La Meute (n'oubliez pas de réserver pour Belgrade du 9 au 13 juin aux Célestins !) ou de Laurent (...)

Nadja Pobel | Mardi 5 mai 2015

Les élèves du Conservatoire font le printemps

Pour connaitre le travail du collectif Bis, de La Meute (n'oubliez pas de réserver pour Belgrade du 9 au 13 juin aux Célestins !) ou de Laurent Brethome, il est certain que le Conservatoire régional de Lyon est une référence en matière théâtrale. Ses élèves produisent parfois, en quelques semaines, des pièces qui valent bien plus que leur estampillage "spectacle de fin d’année", comme ce fut le cas il y a un an avec un Massacre à Paris de haut vol par les élèves du cycle d’orientation professionnelle spécialisée. Du 11 au 22 mai, c’est sous la bannière d’Éclosion[s] que certains d'entre eux interprèteront neuf spectacles, certains d'un format court, au Théâtre des Marronniers, à l’Élysée et au TNG. Preuve s’il en fallait de la vitalité de cette formation, la plupart des auteurs montés sont encore vivants comme Philippe Minyana, Koffi Kwahulé, Marius Von Mayenburg, Lars Noren ou Mark Ravenhill. Pour l’heure, tout est encore en gestation, mais parions que de ces tentatives émergeront des gestes en prise avec le réel et qui

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Laurent Brethome mène Scapin à bon port

SCENES | On l’avait laissé ce printemps avec un épatant travail avec les élèves du Conservatoire de Lyon ("Massacre à Paris"), revoici Laurent Brethome qui rend aux "Fourberies de Scapin" leur noirceur, nous entraînant dans les bas-fonds portuaires armé d’une solide équipe de comédiens. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 7 octobre 2014

Laurent Brethome mène Scapin à bon port

Mille fois joué, vu, lu, Molière est inaltérable. Sa langue et son sens de l’intrigue subjuguent encore, en particulier dans cette comédie entre fils de bonne famille. Laurent Brethome, qui n’en est pas à sa première adaptation d'un classique (Bérénice, On purge bébé), a su en saisir la noirceur sans pour autant condamner – bien au contraire – la farce. Nous voici donc au cœur des docks (à l'origine, l'action se déroule à Naples), entre des cubes métalliques, un brouillard comme émanant d’une mer proche qu’on imagine sans peine. Un décor aux abords duquel Calais et ses camps de migrants ne dépareilleraient pas. Octave voudrait épouser Hyacinthe, mais est promis par son père à une autre. Léandre, lui aussi est empêché par son paternel de se marier à la soi-disant gitane Zerbinette. Au milieu Scapin œuvre pour la paix des ménages en maniant la batte de baseball. Surgit de leurs dialogues non pas une pantalonnade, mais bien le côté obscur de ces pères tout puissants, fussent-ils habillés comme les bandits modernes de la finance (Argante) ou, plus négligemment, comme des dandys ratés (Géronte), leur avarice et leurs petits arrangements avec la justice, corr

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La relève

SCENES | C’est une date qui compte dans l’histoire du théâtre : en mai 1972, en montant Massacre à Paris, texte de Christopher Marlowe ancré dans la nuit de la (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 mars 2014

La relève

C’est une date qui compte dans l’histoire du théâtre : en mai 1972, en montant Massacre à Paris, texte de Christopher Marlowe ancré dans la nuit de la Saint-Barthélémy, Patrice Chéreau ouvrait le bal de l’aventure du TNP, tout juste transféré de Chaillot dans les murs du Théâtre de la Cité à Villeurbanne, que Planchon dirigeait alors. Une pièce que la plupart d'entre nous sont trop jeunes pour avoir vue mais dont la scénographie, signée Richard Peduzzi et immortalisée en photo, imprime fortement les rétines. Cette semaine et jusqu’au samedi 15 mars, au Théâtre de l’Elysée, Laurent Brethome tisse, en reprenant ce texte, un lien filial fort entre le metteur en scène récemment disparu et la jeune promotion du cycle d’orientation professionnelle spécialisée du Conservatoire de Lyon. Des élèves passionnés, issus de formations et zones géographiques éclatées, qui personnalisent la vitalité à nulle autre pareille de cet établissement en prise directe avec le plateau : deux d’entre eux ont monté un lieu d’expérimentation dans le 8e, Le Plongeoir, tandis que La Meute et le Collectif Bis, soit ce qui se fait de plus vif en ce moment dans le jeune théâtre lyonna

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Chéreau s’éteint

SCENES | Metteur en scène majeur du théâtre français de ces quarante dernières années et figure marquante du TNP, Patrice Chéreau s’est éteint ce lundi à 68 ans des suites d’un cancer du poumon. Retour - forcément trop bref - sur la carrière et l’œuvre de cet artiste complet. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 7 octobre 2013

Chéreau s’éteint

Il est des petits trésors qu’on reçoit en héritage, comme un ticket de théâtre rose foncé. Un ticket de Massacre à Paris, qui fait l’ouverture en 1972 du TNP décentralisé à Villeurbanne. Quelques mois plus tôt, Jacques Duhamel, ministre des Affaires Culturelles, a donné cette fameuse appellation à un théâtre de province, le Théâtre de la Cité, bien loin de Chaillot, où il est né. La direction en est confiée à Roger Planchon, déjà dans les murs, qui décide de la partager avec Robert Gilbert et Patrice Chéreau. Ce dernier a alors 28 ans. Il monte cette tragédie sur les jeux de pouvoir de Christophe Marlowe. Sur scène : de la démesure avec de l’eau, un mur taché d’humidité et des tours immenses et expressionnistes imaginées par le fameux scénographe Richard Peduzzi, avec qui Chéreau avait déjà collaboré sur de nombreuses pièces (l’Italiana in Algeri, Richard II…) et avec qui il entretiendra une longue fidelité artistique. Durant l’élaboration de ce spectacle, il note pour lui-même, le 15 février 1972 : «être libre dans le travail, c’est-à-dire faire d’abord une vraie distribution». Car Patrice Chéreau est un formidable directeur d’acte

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Duris sort du bois

SCENES | D’un texte de Koltès, tortueux et rude, Romain Duris fait un spectacle puissant grâce à son talent plus grand encore qu’imaginé. Pour sa première apparition au théâtre, il prouve qu’il a toute sa place sur les planches. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 12 mars 2012

Duris sort du bois

Il ne s’agit pas de faire d’Une nuit juste avant les forêts un référendum pour ou contre Duris (d’autres grands noms l’accompagnent sur l’affiche : mise en scène co-signée par Patrice Chéreau et texte de Bernard-Marie Koltès) mais après 1h30 de spectacle, force est de constater que le comédien, depuis peu au théâtre (exception faite d’un balbutiement dans Grande École de Jean-Marie Besset en 1995), emporte tous les suffrages. Il est fait pour ça. Il faut dire que Romain Duris a bien grandi depuis le succès dont il a très tôt auréolé et sur lequel il a surfé presque malgré lui après les films de Cédric Klapisch (Le Péril jeune, L’Auberge espagnole, Les Poupées russes mais aussi le très réussi Paris). Et puis en un jour béni pour le cinéma, l’immense Jacques Audiard en a fait une petite frappe mélomane qui refuse de suivre le chemin tracé par son magouilleur de père dans De battre mon cœ

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La tragédie du dedans

SCENES | Théâtre / «Toute l’invention consiste à faire quelque chose de rien» écrivait Racine à propos de Bérénice, où le sang ne coule pas et où l’action est réduite à la (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 18 novembre 2011

La tragédie du dedans

Théâtre / «Toute l’invention consiste à faire quelque chose de rien» écrivait Racine à propos de Bérénice, où le sang ne coule pas et où l’action est réduite à la portion congrue. La déchirure est ici intérieure, au sein du corps et de l’esprit, entre l’amour et le désir d’un côté, la raison et la loi sociale de l’autre. Bérénice aime Titus, et lui de retour, mais s’il veut régner sur Rome il lui est interdit d’épouser une reine étrangère. Un troisième monarque, Antiochus, est lui partagé entre son amitié pour Titus et son amour rival et caché pour Bérénice. Ce théâtre des passions et des pulsions réfrénées est plutôt bien rendu par la mise en scène de Laurent Brethome. Il y règne notamment une tension sourde et une ambiance continuellement hantée : il utilise pour cela une musique diffusée à bas volume tout au long de la pièce et de grands voiles noirs translucides à travers lesquels apparaissent des «images» fantomatiques, ou bien entre lesquels rôdent certains personnages. Le travail du délicat chorégraphe Yan Raballand a certainement beaucoup participé à c

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L’art populaire du théâtre

ACTUS | Story / Ce n’est pas une superstition qui se cache derrière le 11.11.11, date de réouverture du TNP de Villeurbanne, mais un hommage à son passé : le lieu a été inauguré le 11 novembre 1920 au Trocadéro, à Paris. Depuis 1972, l’un des plus importants théâtres français est implanté à Villeurbanne. Récit de ce «défi en province». Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 4 novembre 2011

L’art populaire du théâtre

Il y a plusieurs histoires du Théâtre National Populaire. Celle de cette appellation-même née à Paris au Trocadéro et confiée à Firmin Gémier, acteur et metteur en scène. Au sortir de la guerre, après bien des changements de noms, le TNP est aussi l’histoire de Jean Vilar, qui en prend la direction de 1951 à 1963, toujours à Chaillot, puis de Bob Wilson. Parallèlement, à Lyon, un jeune metteur en scène-acteur-auteur crée le théâtre de la Comédie en 1952 (aujourd'hui théâtre des Marronniers). Rapidement à l’étroit dans cette salle de cent places, il veut plus grand mais Lyon ne lui offre rien (Pradel est moins accommodant qu’Herriot) et c’est chez le voisin villeurbannais qu’il trouve hospitalité. Le maire Étienne Gagnaire lui permet de diriger (à 26 ans !) le Théâtre municipal de la Cité. Contrairement à ses missions, Roger Planchon ne poursuit pas la programmation d’opérettes, mais continue à faire ses spectacles dans un lieu de mille places au cœur du Palais du travail. En quinze ans, après avoir monté des classiques, des contemporains (Vinaver dès son premier texte, Aujourd’hui ou les coréens), après des anicroches avec le maire SFIO qui prend Planchon pour un «g

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Toute première fois

SCENES | Théâtre / Laurent Brethome propose son premier grand classique au Théâtre de Villefranche-sur-Saône, Bérénice. «Une leçon d’humilité», pour le jeune metteur en scène. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 10 janvier 2011

Toute première fois

Au sortir du premier «bout-à-bout» du «Bérénice» signé Laurent Brethome, une question se pose : où sont donc passées les «brethomeries» auxquelles nous avaient habituées le jeune metteur en scène ? Peu de «matières» déversées sur scène, des corps pudiques, des acteurs tout en retenue… «Avec l’équipe, nous avons fait de multiples tentatives, mais en multipliant les effets, je me suis aperçu que l’on perdait l’essentiel : le texte de Racine. Bérénice est une leçon d’humilité». Un texte exigeant, difficile à apprivoiser et qui rend les artifices vains dans le meilleur des cas, ridicules dans les pires. Car dans Bérénice, il n’y a que la parole : celle contenue pendant de longues années de l’amant ignoré, celle que Titus refuse de prononcer, celle que Bérénice ne veut pas entendre. On menace souvent de partir dans cette pièce, pourtant les acteurs de cette tragédie ne bougent pas, comme condamnés à dire indéfiniment leur malheur dont la mort ne viendra jamais les soulager. Alors Brethome a souhaité se concentrer sur cette parole, jusqu’à l’épuisement, jusqu’à demander aux acteurs de «déposer» le texte comme un fardeau dont ils ne supporteraient plus le poids. «Llorando por tu amor»

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«Un théâtre de l’insolence»

SCENES | Entretien / Laurent Brethome et Philippe Sire de la Compagnie Le menteur volontaire se présentent en duo pour succéder à Philippe Faure. Propos recueillis par DA

Dorotée Aznar | Jeudi 2 décembre 2010

«Un théâtre de l’insolence»

Petit Bulletin : Laurent Brethome, pourquoi voulez-vous diriger la Croix-Rousse ?Laurent Brethome : Le Théâtre de la Croix-Rousse, c’est un théâtre et une équipe que je connais bien pour y avoir eu mes premiers succès et y avoir développé un important travail d’action culturelle, que ce soit l’animation d’ateliers amateurs, des présentations de chantiers, un travail en milieu carcéral… On vous a incité à postuler ?Laurent Brethome : Je termine mes trois années de résidence au Théâtre de Villefranche. Depuis quelques mois et plus particulièrement depuis les récents succès de mon travail au niveau national, je reçois des encouragements à postuler pour la direction d’un lieu. Mon attachement à Lyon et la possibilité de poursuivre ma collaboration avec Philippe Sire à travers un projet ambitieux et militant m’encouragent à présenter cette candidature. C’est ce lieu en particulier qui vous intéresse ?Laurent Brethome : J’ai songé à postuler à la direction du CDN de Poitiers, mais je n’en avais pas vraiment envie. J’ai un lien très fort avec le Théâtre de la Croix-Rousse, c’est ce lieu en particulier qui m’intéresse effectivement.

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Claques gratuites

SCENES | Théâtre / Nous sommes chez Job, un riche homme d’affaires. Le festin s’achève à peine que les messagers se succèdent pour annoncer à Job une succession de (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 3 mars 2010

Claques gratuites

Théâtre / Nous sommes chez Job, un riche homme d’affaires. Le festin s’achève à peine que les messagers se succèdent pour annoncer à Job une succession de catastrophes. Sans explication, il va tout perdre : ses richesses, ses enfants, la santé, la vie. S’il est question de Dieu, il n’y a pourtant pas de rédemption dans «Les Souffrances de Job» du dramaturge israélien Hanokh Levin. Ici, on ne fait que s'enfoncer toujours plus profond, l’acmé n’est jamais atteint, la souffrance n’a d’autre explication et d’autre but que la souffrance. La pièce est à l’image du supplice du pal auquel Job sera soumis. Quand on s'élève, c'est pour mourir, quand on s'approche du ciel, c'est pour constater qu'il est désespérément vide. Levin triture le poème biblique, l’actualise et nous livre une œuvre noire, violente, sans issue. Qu’y a-t-il après la mort ? Son exploitation commerciale : la mort en direct. Le drame et la farce, l’horreur et le rire, tout est chez Levin. Pour faire entendre le texte, le jeune metteur en scène Laurent Brethome a choisi de travailler essentiellement «par allusions». Pas de violence intolérable sur scène.

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«S’adresser aux intestins du spectateur»

SCENES | Entretien / Laurent Brethome fait partie de ces jeunes metteurs en scène talentueux qui délivrent un véritable discours d’artiste sur leur travail. Rencontre. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Dorotée Aznar | Mercredi 3 mars 2010

«S’adresser aux intestins du spectateur»

Petit Bulletin : "Les Souffrances de Job", réinterprétation théâtrale du mythe biblique par Hanokh Levin (l’un des plus grands auteurs contemporains israéliens), était un texte réputé immontable…Laurent Brethome : C’est effectivement ce qu’on m’a renvoyé pendant trois ans. C’était un défi de mettre en scène cette pièce très baroque et épique, qui mélange tous les genres théâtraux. Pour dire à quel point elle pose question : elle n’a jamais été montée ailleurs qu’en Israël. Il y a un programmateur à Lyon qui m’a dit : "j’ai envie de soutenir ton travail et ta compagnie, mais pas sur un texte comme ça, trop violent, qui fait peur. Je ne sais pas comment va réagir mon public" – j’adore d’ailleurs quand les programmateurs disent : "mon public" ! Pour moi, aujourd’hui, il y a ce qui fait œuvre, et ce qui est de l’ordre de la production. Soit on s’adresse à des spectateurs, soit on s’adresse à des consommateurs. Il est clair que Les Souffrances de Job s’adresse à des spectateurs et fait œuvre : c’est un texte radical, une vision de l’être humain carnassière, violente mais malheureusement très vraie. C’est donc un spectacle qui dérange, mais en bien puisque la majorité d

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Persécution

ECRANS | Passée son introduction intrigante, 'Persécution' fait figure de ratage pour un Patrice Chéreau enfermé comme ses personnages dans une logorrhée sur les impasses de l’amour, filmée avec un volontarisme irritant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 2 décembre 2009

Persécution

La première scène de Persécution est soufflante. C’est sans doute le morceau de cinéma le plus intense jamais filmé par Patrice Chéreau, et on pense alors que le metteur en scène va donner une suite magistrale à son précédent Gabrielle. Dans le métro, des visages anonymes attendent leur station, pendant qu’une SDF circule au milieu des usagers en leur réclamant un euro. Elle s’arrête devant une femme un peu forte et la gifle violemment, sans raison. Témoin de la scène, Daniel (Romain Duris, qui s’agite en pure perte dans le film) s’approche de la fille en pleurs ; pas vraiment pour la consoler, plutôt pour la bombarder de questions et chercher à comprendre le pourquoi de ce geste inexplicable. Ce qui a tendance à aggraver les choses… Surgit alors de nulle part un type visiblement cinglé (Anglade, bien flippant) qui, à son tour, va persécuter Daniel, lui déclarant son amour, s’introduisant chez lui en son absence, le surveillant depuis l’appartement d’en face… Ce premier quart d’heure en forme de poupées russes de l’inquiétude place les personnages dans un monde où la menace semble s’immiscer partout, et en premier lieu dans les endroits les plus quotidiens. Ché

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Nouvelle tête

CONNAITRE | Henry Fourès a été remplacé à la tête du Conservatoire national supérieur musique et danse de Lyon, le premier septembre. Le nouveau directeur, Géry Moutier, (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 2 septembre 2009

Nouvelle tête

Henry Fourès a été remplacé à la tête du Conservatoire national supérieur musique et danse de Lyon, le premier septembre. Le nouveau directeur, Géry Moutier, enseignait le piano au CNSMD de Lyon depuis 1997. Il avait également été professeur et coordinateur au Conservatoire de Reims puis directeur du Conservatoire de Maisons-Alfort pendant sept ans.

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Fais dodo caca mon bébé

SCENES | Théâtre / En re-création, On purge bébé s’autorise un ravalement de façade et un coup de jeune pour prouver que Feydeau n’a pas sombré dans la naphtaline du théâtre de grand-mère. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 20 février 2009

Fais dodo caca mon bébé

Le metteur en scène Laurent Brethome dit de son décor qu’il est «clean façon Ikéa». Certes il y a bien deux, trois chaises repérées dans le catalogue mais elles jonchent le sol et sont amputées de leurs pieds ou de leurs barreaux. Le curseur du dérèglement est là : haut placé. Ça commence comme un Feydeau, diction bien articulée et mise en place de l’intrigue trop simple pour être vraiment passionnante : M. Follavoine attend M. Chouilloux avec qui il espère bien signer le contrat de sa vie en vendant à l’armée française des pots de chambre en porcelaine soi-disant incassables. Rien n’aspire à la tranquillité dans un décor bancal et instable. Les portes sont présentes pour être claquées mais elles ne se referment sur rien, éparpillées qu’elles sont sur scène, tenant juste sur un portique métallique. Mme Follavoine perturbe ce rendez-vous d’affaire accoutrée dans ses dessous de satin et obsédée de voir son fils enfin avaler une purge. Passées les vingt premières minutes rappelant que Feydeau sans fantaisie serait ennuyeux, le spectacle s’accélère. L'élocution se fait plus rapide, les portes font des tours sur elles-

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Chéreau, littéralement

SCENES | Théâtre & Cinéma / Après un été lyrique à Aix-en-Provence, Patrice Chéreau revient au cinéma avec Gabrielle, son 9e film, et repart en tournée pour lire Guibert et Dostoievski. Et si, derrière l'homme de scène devenu cinéaste, se cachait un authentique passeur de mots et de récits ? Christophe Chabert

Marlène Thomas | Mercredi 5 octobre 2005

Chéreau, littéralement

Il le dit encore aujourd'hui : le théâtre n'est plus pour lui. Et cela fait longtemps que Patrice Chéreau le répète. Même si sa création de Phèdre avec Dominique Blanc en 2003 a été acclamée comme un des plus grands spectacles montés sur les planches ces dernières années, Chéreau veut qu'on le regarde comme un cinéaste. Quand il y revient, sur ces planches qui ont assuré sa gloire comme metteur en scène d'abord, comme directeur ensuite, du TNP à Villeurbanne aux Amandiers de Nanterre, c'est avec un texte à la main et lui comme seul interprète : ceci n'est pas de la mise en scène. Pourtant, le texte, il le connaît presque par cœur, capable de le laisser sur la table et de le faire vivre comme le meilleur des tragédiens. Il lit Dostoievski et Guibert, des monologues littéraires : ceci n'est pas du théâtre car Chéreau est "de la vieille école" comme il le dit lui-même. "Je pense qu'au théâtre, on monte des pièces de théâtre". "Restez !" Et au cinéma, visiblement, on adapte de la littérature. Dès son premier film, La Chair de l'orchidée avec Charlotte Rampling, Chéreau s'inspirait d'un polar de James Hadley Chase. Par la suite, i

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