Les immanquables de la saison danse

Sélection | Cinq spectacles pour lesquels la réservation se fait sans hésitation.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 septembre 2017

Photo : East Shadow © DR


Le lynchien : Moeder de Peeping Tom

Après Vader ("le père"), la surprenante compagnie flamande Peeping Tom présente Moeder, deuxième volet de la trilogie Père-mère-enfant. Cette nouvelle pièce, toujours très inspirée par l'esthétique cinématographique et le vacillement entre rêve et réalité de David Lynch, nous entraînera dans des lieux aussi différents qu'un service de maternité, un salon funéraire, un musée ou un studio d'enregistrement !
À la Maison de la Danse les 13 et 14 septembre

L'associé : East Shadow de Jiří Kylián

Le grand chorégraphe tchèque, Jiří Kylián (artiste associé au Ballet de l'Opéra) présente aux Subsistances un duo récent, créé en hommage aux victimes japonaises du tremblement de terre de 2011. Autour d'une table, à l'aube de la vieillesse, deux interprètes tentent de parer au désastre (intime et extime) sur des airs de Schubert et un texte lu de Samuel Beckett (Neither)...
Aux Subsistances ​du 27 au 29 septembre

Le populaire : Nouvelles pièces courtes de Philippe Decouflé

Même si nous ne sommes pas toujours passionnés par son travail, reconnaissons à Decouflé ce qui revient à Decouflé : un sens incroyable du spectacle et du lien au public, un imaginaire baroque et prolifique ! Après plusieurs comédies musicales, le célèbre chorégraphe revient à Lyon et à des formes plus sobres : des duos, des solos ou de brèves pièces de groupe. Il n'y a plus qu'à se laisser emporter...
À la Maison de la Danse ​du 20 au 29 septembre

L'amnésique : Let me change your name de Eun-Me Ahn

Après avoir exploré ses racines culturelles et les danses traditionnelles, l'étonnante chorégraphe coréenne (et star montante de la scène contemporaine mondiale) Eun-Me Ahn change complètement de registre avec une pièce pour neuf danseurs aux lumières et couleurs acidulées, aux mouvements répétitifs proches de la transe et au rythme survolté. Une danse effrénée jusqu'à l'oubli de soi, l'oubli de son nom et de son identité !
À la Maison de la Danse ​les 5 et 6 octobre

Le tempêtueux : Rain de Anne Teresa De Keersmaeker

Trop rare à Lyon, la grande chorégraphe belge Anne Teresa de Keersmaeker reprend l'une de ses pièces phares : Rain créée en 2001 pour dix danseurs sur la musique répétitive de Steve Reich. Comme à son habitude, la chorégraphe signe ici une œuvre à la précision millimétrée en osmose avec la musique, tout en libérant une folle énergie. Rain est tout à la fois une partition ciselée et une tempête de mouvements.
À la Maison de la Danse ​les 20 et 21 mars


East Shadow

De Jiri Kylian
Les Subsistances 8 bis quai Saint-Vincent Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Nouvelles pièces courtes

Par la Cie DCA, chor Philippe Decouflé
Maison de la Danse 8 avenue Jean Mermoz Lyon 8e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Let me change your name

Chor Eun-Me Ahn
Maison de la Danse 8 avenue Jean Mermoz Lyon 8e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Maison de la Danse 8 avenue Jean Mermoz Lyon 8e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Moeder

Par la cie Peeping Tom, chor Gabriela Carrizo
Maison de la Danse 8 avenue Jean Mermoz Lyon 8e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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5 spectacles de danse à ne pas rater cette saison

Danse | Cinq rendez-vous chorégraphiques à ne pas rater ces prochains mois… De la rétrospective concoctée en images de et par Jérôme Bel au spectacle limite de Sciarroni, en passant par les fantasmagories de Peeping Tom.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 28 septembre 2020

5 spectacles de danse à ne pas rater cette saison

Triptyque Kylián Élégance, virtuosité, néoclassocisme : ces trois mots clefs pourraient définir l’œuvre gigantesque du chorégraphe tchèque Jiří Kylián. Pas moins de dix-sept de ses pièces sont inscrites au répertoire du Ballet de l’Opéra. Trois d’entre elles constitueront le programme du Ballet en novembre : Bella Figura et ses images théâtrales explorant la représentation scénique, l’aérienne Wings og Wax autour du mythe d’Icare, et Gods and Dogs où huit danseurs oscillent entre des pôles contraires, entre folie et normalité, maladie et santé, humanité et animalité… Jiří Kylián À l’Opéra du jeudi 12 au dimanche 15 novembre Jérôme Bel, en images et en texte « Rétrospective met en scène mes principales obsessions comme le corps, la culture, le langage, le pouvoir, la vulnérabilité et l’émancipation » dit de sa dernière pièce l’enfant terrible de la danse française Jérôme Bel. Une pièce qui est en l'occu

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Un pas en avant, un pas en arrière

Danse | La deuxième partie de la saison danse s'annonce tout à la fois sous le signe de la découverte et des reprises. Et aussi du retour à Lyon de grands chorégraphes comme Sidi Larbi Cherkaoui, Akram Kahn, Eun-Me Ahn...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 janvier 2020

Un pas en avant, un pas en arrière

Maintenant bien ancrés dans le paysage culturel lyonnais, deux festivals de danse ouvrent l'année avec des chorégraphes méconnus ou cheminant hors des sentiers battus. À partir du 23 janvier, le Moi de la Danse aux Subsistances nous invitera à découvrir un solo de Youness Aboulakoul (danseur pour Christian Rizzo, Olivier Dubois...) autour de la violence, le travail de la compagnie Dikie autour de l'oppression et du soulèvement, et une pièce du chorégraphe lyonnais Alexandre Roccoli. Un peu plus tard (à partir du 9 mars à la Maison de la Danse), la huitième édition de Sens Dessus Dessous rassemblera pêle-mêle la compagnie espagnole La Veronal qui navigue entre danse, théâtre, cinéma et arts plastiques ; Rianto, un jeune artiste javanais ; la dernière création du collectif (La) Horde ; le travail entre écriture et danse de Pierre Pontvianne avec David Mambouch... On retrouvera d'ailleurs le chorégraphe stéphanois Pierre Pontvianne avec le Ballet de l'Opéra qui, du 28 au 30 avril au Toboggan, s'offre un bain de jouvence en invitant trois chorégra

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Anne Teresa De Keersmaeker en mode free

Danse | Anne Teresa de Keersmaeker et Salva Sanchis reprennent, avec une nouvelle distribution d’interprètes, l’une des pièces importantes de la chorégraphe belge, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 1 octobre 2019

Anne Teresa De Keersmaeker en mode free

Anne Teresa de Keersmaeker et Salva Sanchis reprennent, avec une nouvelle distribution d’interprètes, l’une des pièces importantes de la chorégraphe belge, A Love Supreme, créée en 2005. On sait l’importance des liens entre musique et danse chez Keersmaeker, qui vont bien au-delà de leurs rapports habituels chez d’autres artistes. Chez elle, que ce soit avec des musiques classiques (Beethoven, Mahler…) ou plus contemporaines (Steve Reich, Joan Baez…), la danse s’immisce au plus près de la composition musicale, de la structure des partitions, de l’esprit et de la forme des morceaux… Un travail de dentellière qui pour A Love Supreme s’applique à l’album culte de John Coltrane (enregistré en 1964), l’un des albums cruciaux du jazz, annonciateur du virage plus free de son auteur. Chaque danseur est associé à l’un des instruments du quatuor de Coltrane, et est doté, comme dans la musique, d’une grande part d’improvisation et de libert

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Les dix rendez-vous qui vont vous faire valser

Danse | Festivals installés comme Sens Dessus Dessous ou le Moi de la Danse, chorégraphes stars tels Christian Rizzo ou Merce Cunningham, découvertes potentielles : voici les dix dates que les amateurs de danse se doivent de cocher de suite sur leur agenda.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 septembre 2019

Les dix rendez-vous qui vont vous faire valser

Spirituelle La grande chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker tisse toujours des liens singulièrement étroits entre la musique et ses chorégraphies : qu'il s'agisse de musique classique (Beethoven, Mahler...) ou plus contemporaine (Joan Baez, Steve Reich...). Créée en 2005 avec Salva Sanchis, sa pièce A Love Supreme explore l'album éponyme de John Coltrane, album mythique du Free Jazz. Chaque danseur est associé à un instrument du quatuor de Coltrane, et l'écriture précise de De Keersmaeker s'octroie ici une part de liberté et d'improvisation (à l'instar du jazz). Douze ans après, en 2017, la pièce est recréée avec quatre nouveaux interprètes et leurs nouvelles sensibilités. A Love Supreme À la Maison de la Danse du 1er au 3 octobre Technique Les pièces de Merce Cunningham sont d'une difficulté technique rare, et le Ballet de l'Opéra en compte déjà plusieurs à son répertoire. Cet automne, le Ballet présentera deux pièces du maître new-yorkais, créées à vingt ans d'intervalle : Exchange (1978) et Scenario

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Maison de la Danse : quarante balais et du panache !

Danse | La Maison de la Danse fêtera en 2020 ses quarante ans d'existence. Et propose dès cet automne une saison pour le moins alléchante.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 mai 2019

Maison de la Danse : quarante balais et du panache !

La quarantième saison de la Maison de la Danse a du panache : toujours ouverte aux divers courants de la création chorégraphique (nouveau cirque, hip-hop, classique, contemporain...), et riche en grandes figures de la danse contemporaine (Anne Teresa de Keersmaeker, Sidi Larbi Cherkaoui, Akram Kahn, Jean-Claude Gallotta...). On y décèle, aussi, avec joie, une certaine veine lyrique avec la chorégraphie de l'album mythique de John Coltrane, A Love Supreme, signée par Anne Teresa de Keersmaeker et Salva Sanchis (du 1er au 3 octobre). Une pièce d'une grande précision et qui laisse aussi à ses quatre interprètes une part d'improvisation, en écho au free jazz de Coltrane. Le Ballet de Montréal et trois chorégraphes s'emparent quant à eux du répertoire de Leonard Cohen à travers la danse virtuose de quinze interprètes (du 5 au 13 novembre). Enfin, cerise ou légume sur le gâteau lyrique : Gallotta reprend, dix ans après sa création, L'Homme à tête de ch

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Peeping Tom et Maguy Marin ouvrent la Biennale

Biennale de la Danse | La Biennale de la Danse débute, mardi prochain, avec deux chocs chorégraphiques : Maguy Marin et Peeping Tom.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 3 septembre 2018

Peeping Tom et Maguy Marin ouvrent la Biennale

« La danse, et par conséquent le théâtre, n'ont pas encore commencé à exister » écrivait en 1948 Antonin Artaud dans le Théâtre de la cruauté. Cette phrase pourrait nous servir de grigri avant de se lancer dans une nouvelle Biennale de la Danse, avec l'espoir, à chaque édition, d'y être bouleversé, chamboulé dans ses repères artistiques, désorienté... Le cru 2018 s'annonce sous les meilleurs auspices, et, surtout, commence fortissimo avec une nouvelle création de Maguy Marin (Ligne de crête), et la venue à Lyon du collectif bruxellois Peeping Tom pour transmettre au Ballet de l'Opéra l'une de ses pièces phares, 32 rue Vanderbranken (rebaptisée 31 rue Vanderbranken pour l'occasion). On connaissait les affinités de Peeping Tom avec le cinéma en général, et celui de David Lynch en particulier, mais cette pièce-ci est inspirée de Kurosawa et de La Ballade de Narayama, où une vieille dame est contrainte de s'isoler dans une montagne. L'exploration de l'intime (par dix-neuf interp

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Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

Biennale de la Danse | La programmation de la prochaine Biennale de la Danse a été dévoilée cette semaine, et réunit, a priori, tous les ingrédients d'une édition réussie : risquée, créative, pluridisciplinaire.

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 10 juin 2018

Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

À deux exceptions japonaises près, la Biennale de la Danse 2018 est une Biennale européenne. Elle s'annonce donc moins exotique qu'à l'accoutumée, mais plus exigeante artistiquement, et plus aventureuse dans ses formes d'expression... L'un des fils rouges de cette édition est celui des liens entre la danse et les images, images issues des nouvelles technologies notamment. Ce fil rouge ira, par exemple, de l'utilisation par Merce Cunningham (1919-2009) du logiciel informatique DanceForms (mouvements et enchaînements générés par ordinateur) pour sa pièce Biped, à des créations s'étayant sur la réalité virtuelle par le chorégraphe suisse Gilles Jobin ou par le poète circassien Yoann Bourgeois (artiste très présent dans cette Biennale avec trois spectacles). 27 créations et premières Parmi les 42 spectacles programmés en salles, on compte 27 créations et premières françaises qui constituent le cœur de cette Biennale et, bien souvent, celui de nos attentes... Maguy Marin cré

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Classique au cordeau

Danse | C'est un classique de Jiří Kylián (créé en 1991), un classique pour le Ballet de l'Opéra (entré au répertoire en 1997) et un classique de la danse (...)

Nadja Pobel | Mardi 24 avril 2018

Classique au cordeau

C'est un classique de Jiří Kylián (créé en 1991), un classique pour le Ballet de l'Opéra (entré au répertoire en 1997) et un classique de la danse contemporaine tant le chorégraphe tchèque a su avec cette Petite Mort, allier les gestes ancestraux et hautement techniques sur une symphonie de Mozart à son savoir-faire de l'entre-deux, des attitudes esquissées, glissées. Entre les fleurets des danseurs et les corps quasiment unisexes, c'est un accouplement dangereux, intense qui se joue à l'Opéra de Lyon jusqu'au 25 avril. En préambule, No more play (1988, mais nouvellement inscrite au Ballet), avec les mêmes robes de soirées carcans que dans Petite Mort, se dessine déjà, en un groupe restreint (cinq), le jeu d'attraction/répulsion des interprètes. La partie la plus étonnante de la soirée émane de Johan Inger, vingt ans durant soliste et danseur au Nederlands Dans Theatre, longtemps antre de Kylián. Dans Under a day, Nina Simone et Jeff Buckley font écho aux douze danseurs, gangrenés par la noirceu

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Kylian en images et en mouvement

Danse | Artiste associé au Ballet de l'Opéra, le chorégraphe tchèque Jiri Kylian a une double actualité aux Subsistances dès cette rentrée... Il reprend une pièce créée au (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 septembre 2017

Kylian en images et en mouvement

Artiste associé au Ballet de l'Opéra, le chorégraphe tchèque Jiri Kylian a une double actualité aux Subsistances dès cette rentrée... Il reprend une pièce créée au Japon en 2013, après la catastrophe de Fukushima, un duo nommé East Shadow (du 27 au 29 septembre). Cette pièce inspirée du texte, lu en voix off, Neither de Samuel Beckett et baignée d'une sonate pour piano de Schubert est interprétée par l'ancien danseur et chorégraphe Gary Chryst et par la muse de Kylian, Sabine Kupferberg. C'est aussi Sabine Kupferberg qui est au centre d'une installation de photographies (sur une musique de Bach) présentée par Kylian aux Subs toujours, du 15 au 29 septembre.

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Les mères de Peeping Tom

Danse | « Moeder ne parle pas d’une mère, mais de plusieurs mères. On parle de la maternité, de l’absence, du manque. La pièce fouille dans la mémoire et (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 12 septembre 2017

Les mères de Peeping Tom

« Moeder ne parle pas d’une mère, mais de plusieurs mères. On parle de la maternité, de l’absence, du manque. La pièce fouille dans la mémoire et dans le subconscient pour mettre à jour ce que la mère porte comme désirs, peurs, souffrances ou violence » explique Gabriela Carrizo, dont ce sera la troisième visite à Lyon avec sa compagnie Peeping Tom, qu'elle a fondée à Bruxelles en 2000 avec son complice Franck Chartier, dans la foulée de Caravana, une première pièce commune créée l'année précédente. Dans le dossier de présentation de cette œuvre créée en 2016 et présentée à la Maison de la Danse, elle explique : « je voulais un décor qui puisse représenter plusieurs espaces, à l’image de la multiplicité des mères. L’action se déroule dans un musée, mais qui peut aussi être vu comme un lieu d’exposition privé, où seraient exposés des tableaux et des photos de famille. » Elle est née en 1970 en Argentine et, après une formation en danse contemporaine, a émigré en

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Kylián passe-muraille

Danse | Artiste-chorégraphe associé au Ballet de l'Opéra, Jiří Kylián transmet une pièce inédite en France, Sleepless, inspiré par l'univers plastique de Lucio Fontana.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 avril 2017

Kylián passe-muraille

Avec les années, le succès et la reconnaissance, Jiří Kylián (né en 1947 en Tchéquie) commence un peu à se regarder chorégraphier et alourdit parfois ses pièces de passages "sentencieux" et affectés... Reste que le chorégraphe a du talent à revendre et surtout une bonne dose de curiosité qui le pousse à changer d'univers, de création en création. Après Stravinski, Mozart, Debussy ou le romantisme de La Nuit transfigurée de Schöenberg, Kylián s'est penché, en 2004, sur le monde plastique de l'artiste italien Lucio Fontana (1899-1968), connu pour ses toiles monochromes percées ou fendues (les fameux Concetto Spaziale). Les deux artistes partagent un même souci de la spatialité que Kylián, dans un entretien en 2010, rappelle ainsi : « Lucio Fontana a pris un couteau et a détruit la surface monochrome de la peinture. Mais son acte destructeur a donné une nouvelle vie à sa peinture... une 3e dimension. Il a ouvert une porte secrète,

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Danse, un nouvel élan

La Rentrée Danse | L'année chorégraphique 2017 commencera tambour battant avec la deuxième édition du Moi de la Danse (du 26 janvier au 12 février, aux Subsistances), festival (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 janvier 2017

Danse, un nouvel élan

L'année chorégraphique 2017 commencera tambour battant avec la deuxième édition du Moi de la Danse (du 26 janvier au 12 février, aux Subsistances), festival visant à déplier la diversité de nos identités à travers le mouvement. Carolyn Carlson y présentera, par exemple, trois soli inspirés par les éléments naturels (vent, vagues...), le suisse Thomas Hauert une mise à nu de l'ambivalence des sentiments humains sur un madrigal de Monteverdi, et Maud Le Pladec une création à forte teneur autobiographique... Au même moment (du 25 janvier au 3 février), la Maison de la Danse consacrera un "archipel" à l'une des figures les plus connues de la danse contemporaine française, Angelin Preljocaj. Avec trois pièces au programme de cette mini-rétrospective : la reprise du ballet Roméo et Juliette dans des décors d'Enki Bilal créé à Lyon en 1996, une "soirée de duos" traversant plusieurs pièces de Preljocaj, et une création inspirée d'un conte médiéval chinois où le réel et l'imaginaire viennent à se confondre.

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Grandes fugues : un trio pour un quatuor

Opéra de Lyon | Superbe affiche pour le Ballet de l'Opéra de Lyon qui interprète les trois Grandes Fugues de Maguy Marin, d'Anne Teresa de Keersmaeker et de Lucinda Childs. Cette dernière étant venue tout spécialement à Lyon pour y créer sa pièce.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 novembre 2016

Grandes fugues : un trio pour un quatuor

Maguy Marin, Anne Teresa de Keersmaeker, et maintenant Lucinda Childs... que de succès féminins pour Ludwig Beethoven et sa Grande Fugue, l'une de ses dernières pièces musicales, composée entre 1824 et 1825 ! Les trois grandes dames de la danse ont, chacune dans leurs univers dissemblables, été fascinées par ce quatuor à cordes, controversé à l'époque de sa création et aujourd'hui considéré comme le sommet de l’œuvre de Beethoven. Il y entremêle la puissance d'expression dramatique qu'on lui connaît à une forme de composition des plus complexes : une savante combinaison de sonate, de fugue et de variation, ainsi qu'une structure contrapuntique. Inventant sa danse au plus proche des partitions musicales qu'elle entreprend de travailler, on imagine alors la jubilation d'Anne Teresa de Keersmaeker devant un t

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Jiri Kylián, artiste associé à l'Opéra

SCENES | Élégance et rigueur. Deux mots-clés qui pourraient à la fois caractériser l'essentiel de l’œuvre de Jiri Kylián et sa personnalité. Né en 1947 en ex (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 22 mars 2016

Jiri Kylián, artiste associé à l'Opéra

Élégance et rigueur. Deux mots-clés qui pourraient à la fois caractériser l'essentiel de l’œuvre de Jiri Kylián et sa personnalité. Né en 1947 en ex Tchécoslovaquie, plongée alors dans les turpitudes de l'Histoire, le chorégraphe révèle très tôt des dons pour la musique et la danse : il crée sa première pièce (Paradox) à l'âge de vingt-trois ans ! Figure, depuis, de la danse dite "néo-classique", longtemps directeur artistique du Nederlands Dans Theater (NDT) de 1975 à 2004, Kylián a signé un nombre incalculable de pièces dont La Symphonie des Psaumes (1978) ou One of a kind (2000). Nombre d'entre elles sont inscrites au répertoire du Ballet de l'Opéra dont Jiri Kylián sera l'artiste associé pendant trois saisons à partir de septembre 2016. Il y reprendra l'an prochain One of a kind et transmettra au Ballet Sleepless, une pièce créée en 2004 (jamais montrée en France) autour de l'univers du peintre Lucio Fontana. JED

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Peeping Tom : la danse des âmes fêlées

SCENES | Vader de l'étonnante compagnie Peeping Tom ouvre la nouvelle édition du Festival Sens Dessus Dessous, consacré aux formes chorégraphiques singulières et aux chorégraphes émergents.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 mars 2016

Peeping Tom : la danse des âmes fêlées

Quand l'âme humaine est malade ou fêlée, pour en faire le diagnostic comme pour tenter de la soigner, il est bon de la laisser s'exprimer à travers tous ses modes d'expression possibles, semble nous dire la compagnie franco-belge Peeping Tom. Concomitamment, ou successivement : par l'image (théâtrale, cinématographique ou encore surréaliste), par la parole dramatique, le chant et la musique, le mouvement et la danse. Vader (premier volet d'une trilogie sur la famille : Père-Mère-Enfants) nous plonge dans la grande salle des pas perdus d'une maison de retraite. Un espace à priori peu glamour que Peeping Tom met en scène comme une sorte de purgatoire, de limbes Lynchiennes, entre la vie et la mort, la fête et le désespoir. Un fils y traîne littéralement, en début de spectacle, son vieux père qui deviendra dans ces lieux une figure de "patriarche" : tour à tour mythique, moqué, divin, ridicule... Entre rêve et réalité Est-il un être d'exception ou un être délirant ? « La pièce joue sur ce fossé grandissant entre la perception et la réalité dans le corps en déclin et le cerveau sénile. Le temps semble rale

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Rentrée danse 2016 : on the beat

SCENES | Après un bel automne, la saison danse accélère encore le rythme en 2016 et s'ouvre avec le nouveau festival des Subsistances, Le Moi de la Danse, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée danse 2016 : on the beat

Après un bel automne, la saison danse accélère encore le rythme en 2016 et s'ouvre avec le nouveau festival des Subsistances, Le Moi de la Danse, du 14 janvier au 7 février. L'événement questionnera la notion d'identité à travers les œuvres de jeunes chorégraphes : le Lyonnais Alexandre Roccoli, le Portugais Marco Da Silva Ferreira, les inclassables Cecilia Bengolea & François Chaignaud... Maguy Marin viendra aussi y donner une conférence avant de reprendre à Lyon plusieurs de ses pièces : son chef-d'oeuvre May B autour de l'univers de Beckett (du 29 février au 2 mars à la Maison de la Danse), Umwelt (du 3 au 6 février à Ramdam), l'intrigant Singspiele (au TNP du 16 au 24 mars) et sa dernière grande création Bit (au Toboggan les 4 et 5 mars). Du côté des festivals "habituels", on retrouvera Sens Dessus Dessous à la Maison de la Danse du 15 au 19 mars avec une multitude de chorégraphes émergents et une compagnie phare (les Franco-Belges de Peeping Tom qui, avec Vader, nous plongent dans l'ambiance mi-réelle mi-onirique d'une maison de retraite) ; Chaos Danse, consacré à la je

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La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

ACTUS | De New York à Séoul, du conte philosophique à la relecture de ghetto movie, de la rumba au baroque : à la rentrée, la volonté de Dominique Hervieu de présenter la danse sous ses formes les plus variées ne faiblira pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 27 avril 2015

La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

Heureux soient ceux qui ont manqué l'arrivée de Maguy Marin à Ramdam, elle sera à l'honneur du prochain "Archipel" de la Maison de la danse. Succédant à Découflé, elle reprendra son chef-d’œuvre May B et Bit, sa création pour la Biennale 2014 (fin février début mars), ainsi que Singspiele, dernier spectacle co-écrit avec David Mambouch qu'elle présente justement à Ramdam cette semaine (mi-mars, au TNP). La saison 2015/2016 de la Maison de la danse sera marquée par trois autres temps forts. D'abord, un mois (novembre) de festivités autour de New York. Jean Lacornerie et les Percussions Claviers de Lyon y reprendront leur remarquable version de la comédie musicale téléphonique Bells Are Ringing, tandis que le CNDC Angers dansera, notamment, un Event (un patchwork de fragments de chorégraphies) du maître post-moderniste Merce Cunningham. Surtout, on y retrouvera Bill T. Jones le temps d'un pur exercice formel autour du Quatuor de Ravel et de La Jeune fille et la mort de Schubert, et le très en vue Kyle Abr

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Un ballet battant à l'Opéra de Lyon

SCENES | Cette semaine, le détonnant "Drumming Live", chorégraphié par Anne Teresa de Keersmaeker, fait son entrée au répertoire du ballet de l’Opéra de Lyon. Créée en 1998, cette pièce pour douze danseurs a pu être chroniquée en dessins, photos et texte par des amateurs qui ont assisté aux répétitions. À vous de cliquer. NP

Nadja Pobel | Mercredi 8 avril 2015

Un ballet battant à l'Opéra de Lyon

Trois semaines après le début des répétitions, une douzaine de "brigadiers" (des amateurs qui ont répondu à la double sollicitation du Petit Bulletin et de l’Opéra) a pu assister à une séance de travail du ballet de l’Opéra de Lyon en train de s’approprier Drumming Live, pièce basée sur une phrase de danse qui se déploie, se répète, se modifie sans jamais lasser. Son auteur, Anne Teresa de Keersmaeker, connaît le talent de ces danseurs («le ballet de l’Opéra de Lyon a, à mes yeux, une véritable expérience de la danse contemporaine» reconnait-elle volontiers) et a conscience aussi que ses pièces doivent être prises en charge par d’autres que les membres de sa troupe : «il est difficile voire impossible pour ma compagnie Rosas de garder toutes ses créations au répertoire.» Présenté dans sa version live avec de nombreux percussionnistes sur scène, Drumming Live est aussi une des grandes compositions de Steve Reich, musicien minimaliste qui ici envoûte durant une heure d’un spectacle éclatant. Pour voir les travaux des brigadiers, consultez notre espace blog dédié :

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La danse à contre-pied

SCENES | Avant que la danseuse étoile Sylvie Guillem ne vienne faire ses adieux scéniques aux Nuits de Fourvière (du 29 juin eu 2 juillet), l'année 2015 sera riche en (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 janvier 2015

La danse à contre-pied

Avant que la danseuse étoile Sylvie Guillem ne vienne faire ses adieux scéniques aux Nuits de Fourvière (du 29 juin eu 2 juillet), l'année 2015 sera riche en événements chorégraphiques. C'est d'abord Anne Teresa de Keersmaeker qui viendra transmettre, pour la première fois, l'une de ses pièces à une autre compagnie que la sienne, celle du Ballet de l'Opéra de Lyon en l'occurrence (du 7 au 11 avril à l'Opéra). Il s'emparera de Drumming Live, créée en 1998 sur une partition de Steve Reich et qui entrecroise le vocabulaire abstrait et rigoureux de l'artiste belge et une énergie physique explosive. Dans le cadre de la deuxième édition du festival Sens dessus dessous (du 24 au 29 mars à la Maison de la danse), le chantre de la "non danse" Christian Rizzo présentera quant à lui D'après une histoire vraie... Soit un retour à la "danse dansée" propulsant huit danseurs sur les rythmes effrénés de deux batteurs, passant de folklores méditerranéens à de véritables transes rock et tribales. Après ses grandes frasques collectives, le chorégraphe québécois Dave St-Pierre change lui au

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La saison des grands écarts

SCENES | Pour sa première saison à la tête de la Maison de la danse, Dominique Hervieu inaugure deux événements originaux tout en exécutant une sorte de grand écart. Grand (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 4 janvier 2013

La saison des grands écarts

Pour sa première saison à la tête de la Maison de la danse, Dominique Hervieu inaugure deux événements originaux tout en exécutant une sorte de grand écart. Grand écart entre un festival (Le Boom des années 1980) consacré à des figures historiques de la danse, et un autre consacré à une poignée de chorégraphes émergents (Sens dessus dessous du 24 au 27 mai), dont une nouvelle vague rock’n’roll venue du Québec (Frédérick Gravel). Entre-temps, on attend beaucoup de Luc Petton et de son Lac des cygnes (Swan, du 7 au 10 février) exécuté avec de vrais volatiles, du retour de la toujours époustouflante troupe néerlandaise du NDT2, et du spectacle inclassable du collectif bruxellois Peeping Tom, A louer (du 19 au 22 février) : une pièce hantée d’âmes perdues et à l’onirisme cinématographique, croisant danse, théâtre et chant ! Même grand écart de programmation à l’Opéra qui passera allégrement d’un focus alléchant sur l’américaine Trisha Brown (avec des pièces interprétées par sa propre compagnie et d’autres par le Ballet de l’Opéra, du 9 au 17 févrie

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Boom à la Maison

SCENES | Premier temps fort de l’année, «Le boom des années 1980» nous invite, pendant trois semaines et neuf spectacles, à nous replonger dans une bouillonnante et trépidante période de la danse hexagonale. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 3 janvier 2013

Boom à la Maison

«La nouvelle danse française», puisque c'est ainsi que les historiens nomment le courant chorégraphique né à l'époque, fut caractérisée par les spécificités suivantes : «Un goût pour le petit geste, le détail, la sophistication, plus que pour l’exploit... Le développement des scénographies de plus en plus importantes marque une tendance à représenter des espaces clos, ou denses, plutôt que des étendues illimitées. Il indique aussi que la danse française hérite d’une tradition théâtrale riche. C’est peut-être ce dernier trait qui détermine une identité française : le mouvement ne sert pas à se déplacer à travers l’espace, mais s’offre plutôt en miroir à l’intériorité du danseur » (in La Danse au XXe Siècle, Bordas). Ses jeunes représentants, bientôt estampillés «auteurs» (comme il existe un cinéma d’auteur) se nomment alors Dominique Bagouet, Odile Duboc, Régine Chopinot, Joëlle Bouvier, Régis Obadia, Maguy Marin, Jean-Claude Gallotta… Et la nouvelle vague s’étend en dehors des frontières de l’Hexagone avec la Belge Anne Teresa de Keersmaeker, par exemple. Paradis retrouvé De cette dernière on p

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Sylvie Guillem, deux pas sur trois

SCENES | La danseuse étoile, Sylvie Guillem (née en 1965), est l’une des rares interprètes à pouvoir organiser un spectacle en son nom, tout en attirant dans son sillage les meilleurs chorégraphes actuels.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 7 juin 2012

Sylvie Guillem, deux pas sur trois

Après Russell Maliphant et Akram Khan, c’est William Forsyhte, Jirí Kylián et Mats Ek (la crème de la danse néo/classique) qui ont collaboré avec la star pour 6000 Miles Away. Le résultat est discutable, voire un peu paradoxal puisque la pièce la plus forte, signée Jirí Kylián, n’est pas dansée par Sylvie Guillem. Soit en l’occurrence une transposition de 27’52’’, pièce ancienne de Kylián, pour un duo sous très haute tension, formé par Aurélie Cayla et Lukas Timulak. Le chorégraphe tchèque y explore l’une de ses obsessions, le rapport homme-femme, et étonne toujours avec ses rythmes syncopés, ses accélérations, ses figures précipitées. Le tout se déliant peu à peu vers la sensualité, la rencontre, l’érotisme. L’autre duo du programme, signé William Forstyhe et interprété par Guillem, s’avère lui aussi de bonne tenue, sorte d’exercice de style où le chorégraphe manie avec brio sens de l’espace (semblant continuellement «respirer» entre dilatation et contraction), superbes jeux de lumières et virtuosité sèche et tranchante des gestes. Mais ces bonnes impressions se voient «gâchées» par le solo final de Sylvie Guillem créé par Mats Ek. L’ha

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Une Biennale de la danse 2012 très ouverte

SCENES | 15e Biennale de la danse et première biennale sans Guy Darmet, son fondateur, mais sous la houlette de Dominique Hervieu. Pour son premier opus très attendu, la chorégraphe a mis l'accent sur la création (une vingtaine environ) et poursuit par ailleurs l'esprit d'ouverture défini par son prédécesseur. Jean-Emmanuel Denave

Christophe Chabert | Mardi 10 avril 2012

Une Biennale de la danse 2012 très ouverte

En septembre, sur une période plus resserrée, la 15e Biennale de la danse proposera un panel large de «toutes» les danses : du hip-hop de la Cie Käfig ou de Mortal Combat au néoclassicisme de Jiri Kylian (reprise de One of a kind par le Ballet de l'Opéra), en passant par le buto japonais (Ushio Amagatsu de la célèbre Cie Sankai Juku créera une nouvelle pièce à l'Opéra), les danses balinaises de la Troupe des artistes de Sebatu s'inspirant d'Antonin Artaud, les chorégraphies très plasticiennes de Rachid Ouramdane, la danse engagée et survitaminée de la sud-africaine Robyn Orlin, le flamenco puissant et radical du génial Israel Galvan, un spectacle du Ballet Preljocaj s'inspirant d'un écrit de Laurent Mauvignier, un solo concocté par le sulfureux Jan Fabre ou l'imagerie baroque de Philippe Decouflé... Comme à l'accoutumée et pour

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Wiseman / Decouflé : «Désirs» partagés

SCENES | Danse & Cinéma / Dans son dernier documentaire, Frederick Wiseman s’immerge dans le Crazy Horse parisien au moment où Philippe Decouflé en prépare la nouvelle revue, Désirs. Un regard étonné sur cette institution vieillissante doublé d’un beau portrait du chorégraphe. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Vendredi 14 octobre 2011

Wiseman / Decouflé : «Désirs» partagés

Avant même de voir Crazy Horse, le documentaire que Frederick Wiseman consacre au cabaret parisien, le spectateur doit se confronter à ses propres clichés sur cette institution : une revue avec des danseuses nues, bourrée de poncifs sur la femme et sur la France, à l’érotisme chic et à la ringardise calibrée pour hommes d’affaire et touristes. Or, le film est l’histoire de son relooking ; Wiseman arrive au moment où Philippe Decouflé met au point une nouvelle revue, Désirs, la première depuis le décès du fondateur Alain Bernardin. En dix jours, tout le monde donne son accord et le tournage commence ; il durera trois mois, le cinéaste repartant avec 150 heures de rushs, qu’il mettra douze mois à regarder, trier, monter, pour aboutir à un film de 2 heures 15. Avec malice, Wiseman glisse la raison peut-être pas si futile de son intérêt : «J’avais remarqué que les femmes étaient très belles. C’est un bon sujet pour quelqu’un de mon âge [81 ans, NdlR].» L’art et le commerce C’est d’ailleurs par cela que le film débute : le corps des femmes, sublimés par les jeux de lumière inventés par Decouflé. Wiseman commence par les numéros ter

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Une boîte vide

SCENES | Dans Octopus, Decouflé ouvre sa boîte à fantasmes avec, à l’intérieur, huit danseurs aux corps superbes et souvent dénudés, des projections vidéo et deux très bons (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 14 octobre 2011

Une boîte vide

Dans Octopus, Decouflé ouvre sa boîte à fantasmes avec, à l’intérieur, huit danseurs aux corps superbes et souvent dénudés, des projections vidéo et deux très bons musiciens dans la fosse (Labyala Nosfell et Pierre le Bourgeois qui passent allégrement d’une pop éthérée au rock le plus rugueux – un véritable concert qui vaut à lui seul le détour)… On a cru au début que le chorégraphe allait jouer sur la corde de la sensualité : enlacement des corps, caresses des pieds ou des mains, isolement par des lumières rasantes de zones érogènes (jambes, torses…). Ou, à partir d’une très belle et très drôle séquence où une danseuse lit, slame, hurle un poème de l’immense Ghérasim Luca, qu’à l’instar de l’œuvre du poète, la pièce se développerait par contaminations, proliférations, rhizomes de sensations et de mouvements… Mais en définitive, s’appuyant sur une gestuelle mécanique et démonstrative, Decouflé hache ses saynètes et passe du coq à l’âne, répète indéfiniment son savoir-faire malin : une imagerie baroque et creuse qui tourne en rond. JED

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Philippe Decouflé, Octopus

SCENES | Il faut parfois savoir se laisser aller et ne pas bouder son plaisir de s’immerger dans l’univers de Philippe Decoufflé. Un univers toujours nouveau et (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 31 août 2011

Philippe Decouflé, Octopus

Il faut parfois savoir se laisser aller et ne pas bouder son plaisir de s’immerger dans l’univers de Philippe Decoufflé. Un univers toujours nouveau et toujours un peu le même avec ses costumes délirants, ses jeux de lumières stupéfiants, ses dispositifs techniques surréalistes, ses interprètes virtuoses. Octopus créé en 2010 y ajoute une forte dose d’érotisme et quelques détours dans l’univers des défilés de mode ou du boléro de Ravel. Du 12 au 23 octobre à la Maison de la danse.

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Reflets Decouflé

SCENES | Danse / Sur les plateaux de danse ou de «nouveau cirque», les corps font beaucoup «images» en ce moment à Lyon : que ce soit chez Josef Nadj (Entracte) (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 29 janvier 2009

Reflets Decouflé

Danse / Sur les plateaux de danse ou de «nouveau cirque», les corps font beaucoup «images» en ce moment à Lyon : que ce soit chez Josef Nadj (Entracte) avec ses rituels lents et ses gestes hiératiques, ou chez Aurélien Bory (Les Sept planches de la ruse) avec ses grandes constructions géométriques et hypnotiques… Images léchées et esthétiques certes, mais qui s’essoufflent rapidement et laissent peu de traces dans notre mémoire de spectateur… Avec le Solo (2003) de Philippe Decouflé, on aurait pu craindre une sorte de paroxysme en la matière : le chorégraphe est en effet connu pour son imagerie surréaliste, ses personnages délirants, ses spectacles baroques. Mais dans sa pièce à caractère autobiographique, ce ne sont pas les corps qui se transforment en «images» figées, mais les images elles-mêmes qui prennent corps et se mettent en mouvement. Solo n’a ni début ni fin, ni queue ni tête, et propose une dizaine de tableaux, de fragments, d’éclats de danse. La plupart d’entre eux jouent de la démultiplication et de la déformation du corps de Decouflé en ombres chinoises et/ou en images projetées. Le chorégraphe danse avec ses doubles, ou bien, grâce à des trucages vidéo, «dessine» sur

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Kylian, l’âme au corps

SCENES | Danse / Farouche et fragile comme une oiselle, légère et fluide comme un corps de vapeur, une danseuse ouvre en zigzag un chemin de lumière parmi les (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 6 juin 2008

Kylian, l’âme au corps

Danse / Farouche et fragile comme une oiselle, légère et fluide comme un corps de vapeur, une danseuse ouvre en zigzag un chemin de lumière parmi les ténèbres de la scène. Des voix chantées s’élèvent doucement, l’onde d’un violoncelle sinue, un décor architectural abstrait s’éclaire, puis surgissent, issues de nulle part, une deuxième, une troisième, une quatrième danseuse… Des filles, et bientôt des garçons, qui frôlent l’espace, caressent le vide, s’enroulent sur eux-mêmes ou autour de l’autre, partenaire fugace, dans des duos superbes. Les mouvements sont doux ou aigus, vifs ou ralentis, vibratiles ou sûrs, mais toujours délicats, sobres et poignants. Depuis trente ans, Jiri Kylian nous parle d’amour et de mort, d’aliénation et de liberté individuelle, de chute et d’élévation : oui toujours et « seulement » de cela, mais avec quelle grâce, quelle inventivité gestuelle de chaque instant, quel génie du détail et de la forme ! Dans une pénombre bleutée, ses interprètes cherchent un chemin, un peu de lumière, un équilibre, une étreinte ; confrontés aux énigmes de l’existence et sans cesse menacés de solitude et d’abandon. Divisée en trois parties distinctes, One of a kind (créée en

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S'en sortir par le haut

ECRANS | Danse & cirque / Deux grands rendez-vous cette semaine pour les amateurs de danse et de nouveau cirque. Tout d'abord, la reprise au Toboggan du petit (...)

Christophe Chabert | Mercredi 7 mars 2007

S'en sortir par le haut

Danse & cirque / Deux grands rendez-vous cette semaine pour les amateurs de danse et de nouveau cirque. Tout d'abord, la reprise au Toboggan du petit chef d'œuvre de Mathurin Bolze, Tangentes, créé aux Subsistances en 2005. Avec quatre interprètes, un trampoline, un mat chinois, une roue infernale et deux tapis roulants, le tout emballé par le free jazz panique d'Akosh S. Unit joué live, Mathurin Bolze met en scène l'enfer de la mécanique sociale contemporaine : petites mesquineries, compétitions absurdes, bousculades dans le métro d'hommes pressés sous pression, corps moulés et mesurés à l'aune de normes gestionnaires. Il s'agit alors pour les quatre protagonistes de chercher des lignes de fuite à travers quelques pas de danse, des équilibres précaires, des vrilles en apesanteur au dessus d'un trampoline. L'un des temps forts de la saison ! Second rendez-vous : le grand maître de la danse néo-classique, Jiri Kylian, est de passage à Lyon pour transmettre au Ballet de l'Opéra une pièce datant de 1995, Bella Figura. Sur des musiques baroques, Kylian mêle le rêve à la réalité et crée sur scène des «images», à partir de sa maîtrise fabuleuse de la mise en espace des corps, des lumière

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Corps et images bougent ensemble

ECRANS | Danse & cinéma / La danse et le cinéma, main dans la main, font quelques sauts et pirouette ensemble. Et devraient nous réserver cette année quelques belles séquences... Jean-Emmanuel Denave

Christophe Chabert | Mercredi 12 septembre 2007

Corps et images bougent ensemble

Corps en mouvement, images en mouvement : danse et cinéma font bon ménage à Lyon, celle-là s'inspirant de celui-ci dans plusieurs spectacles notables. Premier événement : la superproduction (Victor Bosch de Notre Dame de Paris et France Télévisions sont dans le coup) de Kirikou et Karaba, comédie musicale adaptée du film d'animation de Michel Ocelot qui en signe le livret. Le spectacle est créé à la Maison de la Danse (du 11 au 23 sept.) et se profile à nos yeux sous forme de gros point d'interrogation : sera-ce un attrape-gogos, une pièce surtout destinée aux enfants, ou bien encore un spectacle vif et emporté grâce à la chorégraphie du talentueux et électrique Wayne McGregor (artiste anglais découvert à Lyon lors de la Biennale de la Danse 2004) ? Mystère ! Et qui va bien pouvoir endosser le rôle de Kirikou, petit bonhomme haut comme trois pommes ? Plus on pense à Kirikou, d'ailleurs, plus on se dit qu'il s'agit, au fond, d'un bien drôle d'objet freudien : un bébé qui s'accouche lui-même, mange seul dès sa sortie du tunnel, court en tous sens comme un dératé, réfléchit plus vite que son ombre, sauve son village, devient adulte en un coup de cuillère à pot... Un hyper-actif celui-

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Sa Présidanse

MUSIQUES | Entretien / Christophe Salengro, Président du Groland et danseur chez Philippe Decouflé, notamment dans sa dernière création “Sombrero”, il impose sa silhouette dégingandée comme un authentique contre-pouvoir. Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 10 octobre 2007

Sa Présidanse

Mon premier souvenir de vous, c’est une pub pour Free Time, qui ne passait que dans les cinémas… Christophe Salengro : C’était une chaîne de fast-foods que j’ai réussi à faire couler, j’en suis très fier, faut que je m’attaque à Mac Do maintenant. À l’époque, on pouvait faire tout et n’importe quoi dans les publicités. C’était Etienne Chatiliez qui réalisait, il m’avait choisi sur un casting. Ce n’est pas la première que j’ai faite, mais elle a marché beaucoup. La pub était en deux parties, une première sordide dans une cave avec le hamburger qui dégouline sur les chaussures, une nana qui venait en me demandant “T’as pas 100 balles ?”, des rats qui couraient derrière ; et la deuxième avec un super beau mec, une super nana, mais celle-là personne ne s’en souvient. Je ne sais pas si c’est pour ça que la boîte a coulé… Et avant ce casting… Je suis architecte, je passais mon diplôme à l’époque et j’avais des cours de cinéma. On avait des profs de cinéma comme Jean Rouch. Je voulais être acteur mais je trouvais ça trop compliqué et trop bizarre ; pour faire plaisir à mes parents, je faisais des études sérieuses. J’ai quand même réussi à venir à Paris — je suis provincial, je viens du

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