Didier Tronchet signe son Que sais-je ? (ou presque)

Vincent Raymond | Mardi 22 mars 2016

Photo : © DR


Didier Tronchet est un homme de goût. Une preuve ? Ce Nordiste voyageur a préféré à l'exotisme équatorien — très surfait, demandez autour de vous — le charme incomparable de notre métropole rhodanienne ; une ville qui pousse le raffinement jusqu'à nommer une de ses artères du 6e arrondissement en son honneur (ou quasiment).

Illustrateur, cinéaste, romancier, scénariste, le père de Raymond Calbuth et Jean-Claude Tergal offre parfois à sa prolifique plume de plaisantes diversions, en rédigeant pensées, chroniques et autres aphorismes gouvernés par l'absurde élémentaire. Traitant de tout (donc de n'importe quoi), classés dans l'anarchie d'un désordre analphabétique, ces billets ont été réunis en une sotie (forcément inégale) et justement baptisée L'Univers à peu près, petit imprécis de culture approximative.

Entre deux considérations sur l'anatomie, le croustillant de la chips ou le devenir du monde gouverné par les poulpes, le lecteur ne manquera pas d'apprécier l'usage que l'auteur fait de la langue française — qu'il tient en haute estime : les plus savoureuses des entrées sont “Procrastination” et ”Langage”. Si « mal nommer les choses ajoute à la misère du monde », disait (en gros) Camus, les évoquer dans un à-peu-près complice et avec légèreté contribue à l'adoucir. VR

Didier Tronchet
À la librairie L'Étourdi le mercredi 23 mars à 18h30

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"Les Fantômes de Séville" : on refait le match

Euro 2021 | Tronchet se penche dans une fiction très réaliste sur le traumatisme du Mundial 82 : la demi-finale sévillane de sinistre mémoire qui vit la Mannschaft écrabouiller les Bleus… À lire en ces temps d'Euro pas glorieux pour la bande à Deschamps.

Vincent Raymond | Mardi 29 juin 2021

Non, Tronchet n’est pas obsessionnel ; disons qu’il a de la suite dans les idées. Quand il ne pédale pas sur sa monture, il théorise ou dessine sur la bicyclette (Petit Traité de vélosophie) ; s’il n’est pas en train d’écrire un roman, il en signe l’adaptation BD ou cinématographique ; lorsqu’il ne part pas à la recherche de Jean-Claude Rémy, auteur-compositeur-interprète qu’il idolâtrait dans les années 1970, il métaphorise sa quête dans l’album Le Chanteur Perdu et enregistre un titre avec lui. Et quand il ne joue pas au foot (autre passion de sa prolifique existence), il écrit sur… un match ! Mais pas n’importe lequel : la mère de toutes les défaites amères ou, si l’on est optimiste, le combat épique ayant valu à l’équipe de France d’échouer pendant une demi-génération avant de vaincre son signe indien germanique et d’accéder au Graal suprême en 1998 face au Brésil.

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Lyon BD Festival : là où les dessins s'animent

Bande Dessinée | Officiellement, la 16e édition du Lyon BD Festival se tient les 12 et 13 juin. Mais chacun sait que, dans les faits, le rendez-vous de la bande dessinée a commencé depuis une septaine déjà. Rien à voir avec quelque éviction prophylactique : entre le off et le in, c’est tout le mois de juin qui est contaminé par le 9e art. Et aussi, surtout, l’ensemble de la vi(ll)e de Lyon…

Vincent Raymond | Vendredi 11 juin 2021

Lyon BD Festival : là où les dessins s'animent

Les éditeurs feront sans doute un peu grise mine cette année du fait de l’absence de barnum place des Terreaux accueillant les stands à leurs couleurs — et leurs auteurs. Mais le pragmatisme l’emportant toujours sur la déception, ils se consoleront vite en considérant le verre rempli à ras-bord : la tenue en présentiel d’un des plus grands festival de bande dessinée de France, avec un programme conforme en ambition, en diversité et propositions, avec ceux déployés lors des éditions précédentes — on imagine les trésors d’inventivité qu’il aura fallu mettre en œuvre ! Fidèle à sa philosophie, Lyon BD poursuit en effet cette politique du “décloisonnement“ qui a fait son succès en révélant l’infini extraordinaire des interactions potentielles entre, d’une part, un art séquentiel lui-même multiple dans ses modes d’expression, et de l’autre toutes les disciplines culturelles et/ou les lieux les abritant dans la cité. En gagnant de nouveaux à sa cause chaque année, telle la Biennale de la Danse pour cette édition. Ça repart en live ! Au-delà des dédicaces (lesquelles ont toujours cour

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Lucie Campos : « trouver les formes d'un retour à une interaction plus forte avec le public »

Littérature Live Festival | Au début du mois mai, la Villa Gillet annonçait le remplacement des Assises Internationales du Roman par le Littérature Live Festival. Un nom et une formule qui, si tout va bien, devraient laisser place au Festival International de Littérature de Lyon en 2022. Lucie Campos, directrice de la Villa Gillet et instigatrice de ces changements, nous explique pourquoi et comment.

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mai 2021

Lucie Campos : « trouver les formes d'un retour à une interaction plus forte avec le public »

Après une édition numérique des Assises Internationales du Roman, la Villa Gillet présente cette année le Littérature Live Festival. Pourquoi ce changement d'identité, jamais anodin pour un festival ? Lucie Campos : je suis arrivée l'an dernier en tant que nouvelle directrice de la Villa Gillet avec un projet qui impliquait à la fois de consolider les acquis d'une maison qui a une très grande légitimité à l'international et de changer des choses. La Villa Gillet porte depuis 14 ans un festival de littérature qui s'est appelé depuis 2007 les Assises Internationales du Roman. Elle continuera bien évidemment de porter un festival qui sera pour l'avenir le Festival International de Littérature de Lyon, avec pour domaine d'action et d'interrogation la littérature dans son sens le plus large. C'est là le principal changement : quitter la forme unique du roman qui fais

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Kamal Hakim & Mohamad Kraytem, deux auteurs libanais en résidence à Lyon

Bande Dessinée | En résidence à Lyon avec le festival Lyon BD et le programme NAFAS de l’Institut Français, les deux auteurs-illustrateurs libanais Mohamad Kraytem et Kamal Hakim vont partager pendant dix semaines leurs regards et dessins via notre compte Instagram. Faisons connaissance avec ces deux talents aussi complices que complémentaires…

Vincent Raymond | Lundi 10 mai 2021

Kamal Hakim & Mohamad Kraytem, deux auteurs libanais en résidence à Lyon

Vous êtes en résidence à Lyon grâce au programme NAFAS de l’Institut français. Avez-vous postulé ? Kamal Hakim : On a été sélectionnés, mais j’avoue ne pas connaître les coulisses officielles. On s’est retrouvés, et c’est tout. Tu as un truc à ajouter ? Mohamad Kraytem : Pour moi, je me suis juste levé le matin, j’ai checké mes mails, j’ai été très surpris parce que je ne m’y attendais pas. C’était l’époque du confinement, en novembre ; j’étais presque déprimé, en train de travailler à Beyrouth, de vivre ma routine. Ça m’a juste rendu très heureux. En arrivant, qu’avez-vous trouvé de plus inspirant d’un point de vue graphique dans la géométrie et la géographie lyonnaise ? KH : Ça commence avec l’architecture : rien que le prétexte des traboules. Déjà, tu rentres dans l’histoire des traboules. Pour un Libanais, tu te dis : tout est une question de faufilades pour n

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Villa Gillet : Les Assises Internationales du Roman font place au Littérature Live Festival

Festival | À l'occasion de la nouvelle édition de son festival de littérature internationale, la Villa Gillet en profite pour en changer l'identité en proposant désormais le Littérature Live Festival, un festival hybride qui jongle entre présentiel, duplex et numérique. Parce que les contraintes sanitaires l'exigent et que c'est peut-être l'avenir. Présentation de cette vraie-fausse première édition qui se tiendra du 25 au 30 mai.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Villa Gillet : Les Assises Internationales du Roman font place au Littérature Live Festival

L'an dernier en plein cœur du marasme sanitaro-culturel que nous appellerons dans quelques années "La Grande Annulation", la Villa Gillet et sa nouvelle directrice Lucie Campos avaient refusé d'abdiquer et profité du confinement pour revoir intégralement la copie présentielle des Assises du Roman et livrer un festival entièrement numérique. Laquelle s'était déroulée à la lisière du déconfinement du 11 au 17 mai. Cette année, la Villa Gillet innove encore un peu plus, quand bien même cela relèverait-il davantage du changement de ligne que de l'adaptation aux circonstances. Car la mutation est d'envergure, qui repose notamment sur un changement de nom du festival qui anime chaque année, depuis quatorze ans et depuis Lyon, la scène littéraire internationale. Le live comme façon de faire En effet, les Assises Internationales du Roman ne sont plus, place au Littérature Live Festi

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Mathieu Diez, directeur de Lyon BD : « il est temps pour moi de me redéfinir »

Mercato | À la tête du festival Lyon BD depuis sa création en 2006, Mathieu Diez annonce son départ pour de nouveaux horizons… Il laisse une enviable place vacante pour une institution culturelle riche de projets, solidement amarrée dans le paysage lyonnais, contribuant à son rayonnement international et produisant un festival réputé, à l’édition 2021 prometteuse…

Vincent Raymond | Mardi 13 avril 2021

Mathieu Diez, directeur de Lyon BD : « il est temps pour moi de me redéfinir »

Nous sommes à trois mois de la prochaine édition du Lyon BD Festival. Alors que les annulations de manifestations pleuvent, le festival est-il bien maintenu ? Mathieu Diez : Il est maintenu et confirmé aux 11-12-13 juin pour le cœur de la manifestation. Tous les partenaires du festival sont à nos côtés parce qu'on pense qu’il y a un espace raisonnable et de bonnes chances. Bien sûr, cela tient à la réouverture des lieux culturels à la mi-juin (et donc de l’Hôtel de Ville, qui n'est pas vraiment un lieu culturel mais il faut qu'il puisse nous accueillir, de concert avec les institutions culturelles), ce qui est assez crédible. Et si elle s’accompagnait de contraintes fortes, on a montré qu'on savait faire lors de la Saison d’automne l’an dernier — notamment le concert Acid Arab. On saura faire, autant pour pour le week-end que durant tout le mois de juin. Parce que ce ne sera pas un “mini“ Lyon BD : on a quand même un programme important. Même si on doit supprimer les stands éditeurs, intenables pour des raisons sanitaires, le festival se tiendra sur 60 lieux dans la ville, ave

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Collège Truffaut : Lyon BD au tableau d’honneur

Bande Dessinée | Parmi les futurs locataires du Collège Truffaut réhabilité figure Lyon BD Organisation, l’association à la tête du festival homonyme depuis quinze ans et à la manœuvre d’une foultitude d’événements en lien avec les univers graphiques tout au long de l’année. Son projet ? Le Collège Graphique.

Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : Lyon BD au tableau d’honneur

Un (presque) retour aux sources géographiques pour Lyon BD Organisation. À l’origine créée sur le plateau de la Croix-Rousse, où s’étaient tenues les premières édition du festival, l’association avait dévalé la colline pour trouver refuge sur les quais du Rhône. La manifestation initiale a depuis pris l’ampleur que l’on sait, travaillé avec tous les lieux culturels de la Métropole ou presque, coproduit des spectacles, des expositions ; édité des ouvrages, tendu des passerelles entre Lyon et le monde, en tissant des liens entre auteurs, autrices, lecteurs, lectrices… Actrice incontournable du paysage — de l’écosystème — BD lyonnais, Lyon BD Organisation se positionne également comme un partenaire économique de nombreux artistes et membres de la filière BD locale (scénaristes, coloristes, illustrateurs, éditeurs…), tout particulièrement auprès des talents émergents. L’équipe ne pouvait être qu’intéressée par le cahier des charges du Collège Truffaut.

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Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

Urbanisme | Presqu’une décennie après sa désaffection, le Collège Truffaut (Lyon 1er) attaque la seconde grande phase des travaux qui lui permettra d’enfin rouvrir ses portes. Et d'élargir le spectre de ses visiteurs en changeant d’affectation : en 2022, le vénérable bâtiment accueillira notamment une crèche, des logements étudiants, un hostel et un prometteur pôle piloté par Lyon BD Organisation, le Collège graphique…

Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

C’est la fin d’une histoire, ou plutôt d’une parenthèse, et le début d’une autre qui se profilent au Collège Truffaut. D’abord école de filles et de garçons à son ouverture en 1887, puis collège jusqu’à sa désaffection en novembre 2013, l’imposant édifice aura ensuite occupé bien des conversations et des esprits : la question de sa reconversion cristallisant les différences de visions politiques, urbanistiques et sociales entre les élus de la mairie du 1er arrondissement, de la mairie centrale et de la Métropole — propriétaire du site. Occupé, le Collège l'aura d’ailleurs été durant cette longue phase, de façon temporaire à plusieurs reprises : dès décembre 2013 par un collectif citoyen pour reloger des familles à la rue (l’affaire avait valu à la maire du 1er d’alors, Nathalie Perrin-Gilbert qui avait participé au mouvement, d’être placée en garde à vue) ; puis en mai 2016 par des opposants à la Loi Travail ayant laissé de leur passage force slogans tagués.

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Djamolidine Abdoujaparov, abdou fessiers

Tour de France | Onze consonnes et dix voyelles. Djamolidine Abdoujaparov, c'est d'abord un patronyme digne d'un alphabet au quasi complet et c'est aussi une géographie. (...)

Nadja Pobel | Vendredi 11 septembre 2020

Djamolidine Abdoujaparov, abdou fessiers

Onze consonnes et dix voyelles. Djamolidine Abdoujaparov, c'est d'abord un patronyme digne d'un alphabet au quasi complet et c'est aussi une géographie. Celle de l'Ouzbékistan qui réapparaît quand Gorbatchev accepte de laisser tomber le rideau de fer. Abdou est l'un des rares non-européens du vélo à l'époque. C'est aussi, enfin, des jambes. Une paire de mollets qui auraient pu le mener à tourner en rond sur les pistes de son Tashkent natal. Mais non, avec l'équipe de l'URSS il découvre l'Italie — où il vit encore — et décide qu'il sera un pro de la route. Abdou se souvenait lors d'un entretien en 2013, dans l'indispensable Pédale, « on disait que je faisais tomber tout le monde, alors que je n'ai jamais fait de mal à personne. La route est grande, si tu veux passer à gauche vas-y. Si tu veux passer à droite vas-y ». Il s'est pris les pieds tout seul dans la balustrade sur les Champs en 91 quand il ramène le premier de ses trois maillots verts à Paris. Ce nostalgique du communisme « où les gens étaient égaux et la vie plus belle » a décroché 9 étapes sur le Tour, contre 12 à son rival aussi beau parleur qu'il est taiseux, Mar

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Lyon BD Festival 2020 : finalement, si !

Bande Dessinée | Par un ironique coup du destin, 2020 estampillée “Année nationale de la BD” par le Ministère de la Culture rend tristement compte d’une vérité profonde du (...)

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Lyon BD Festival 2020 : finalement, si !

Par un ironique coup du destin, 2020 estampillée “Année nationale de la BD” par le Ministère de la Culture rend tristement compte d’une vérité profonde du secteur : sa souffrance — ce n’est pourtant pas faute de la hurler aux oreilles des tutelles ou du législateur ! Après la remise du rapport Racine en début d’année (et la “réception” du chef de l’État à Angoulême), le coronavirus n’a pas amélioré la précarité des autrices et auteurs, annulant toutes les manifestations publiques. Toutes ? Il en est une, entre Rhône et Saône qui, résiste encore et toujours : le Lyon BD Festival. Il organise même du 12 au 14 juin un « joyeux non-festival » en ligne, mise en bouche de la célébration de ses quinze ans, histoire de patienter jusqu’à l’automne. Au programme, des jeux et des expositions ! L’une consacrée à l’auteur de l’affiche 2020, le protéiforme Mathieu Sapin (aussi à l’aise dans l’univers jeune public que l’heroic fantasy ou la chronique politique) ; l’autre aux mouvements de contestations à l’échelle du globe vus par l

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D’autres vies que les nôtres

Bande Dessinée | La BD offre au lecteur la possibilité de déménager à chaque image, en le faisant changer de case. Et quand elle est biographique, elle lui permet aussi de changer de vie. Ça ne se refuse pas, en ce moment…

Vincent Raymond | Lundi 20 avril 2020

D’autres vies que les nôtres

Yolo. Vous frissonnez à la perspective de voire paraître à la rentrée des tombereaux de romans hermétiques interrogeant la problématique du moi physique confronté à une surface contrainte, mais ouvrant concomitamment à la verticalité abyssale de l’insondable cosmogonie existentielle ? Vous avez raison : la presse a vu éclore les premières feuilles de ces camuseries de comptoir sous les plumes soudainement bucoliques de citadins et citadines hors-sol, pressés de partager l’extraordinaire insolite de leur existence. Au moment où le pays — le monde entier — est censé partager le même quotidien reclus, d’aucuns s’empressent de nous faire comprendre que leur banalité n’a rien de commun avec la nôtre ; laissons-les à leur exceptionnelle… exception. À leurs autobiographies creuses ne cherchant même plus à se déguiser en autofictions, préférons celles et ceux qui sacrifient à l’exercice décidément plus humble de la biographie — même si, à travers leur sujet, il parlent toujours un peu d’eux-mêmes. Avec une mention spéciale pour les auteurs de BD. Parce qu’ils ont autant l’habitude de l’endurance solitaire que du travail en collaboration, cette école de modesti

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Festival Sport, Littérature et Cinéma : Complètement foot

Institut Lumière | Au milieu des hommages (à Poulidor), des films, des invités prestigieux (Platini, Killy, Luc Dardenne) et d'une thématique tournée vers l'olympisme, le toujours très éclectique Festival Sport, Littérature et Cinéma réserve la part du lion au football. Avec la promesse de nous aider à cerner notre amour de ce jeu.

Stéphane Duchêne | Mardi 28 janvier 2020

Festival Sport, Littérature et Cinéma : Complètement foot

Il y a cette maxime sur le football et la morale qu'énonça un jour le gardien du Racing Universitaire d'Alger, Albert Camus ; Sartre lisant L'Équipe dissimulé dans les pages du Monde ; Marguerite Duras conversant dans Libération avec un retraité nommé Platini qu'elle compare à un ange... Et quand Montherlant écrit en 1927 : « il a conquis le ballon et seul, sans se presser, il descend vers le but adverse. / Ô majesté légère, comme s'il courait dans l'ombre d'un dieu ! », il n'a jamais vu jouer Best ou Rocheteau mais à coup sûr, il parle d'eux. De là, ce lien indéfectible du football et d'une élite culturelle qui ne l'a pas toujours assumé. Longtemps le culte du jeu et des joueurs fut réservé à la vulgarité d'un peuple célébrant ses veaux d'or dans la folie propre aux foules théorisées par Gustave Lebon. Les choses ont bien changé et sans doute le

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L'Afrique et le reportage à l'honneur

Lyon BD Festival | Le Ministère de la Culture l'a décidé : 2020 sera l'année de la bande dessinée. C'est aussi l'année de l'Afrique, côté culture. Et donc, une année chargée pour le Lyon (...)

Sébastien Broquet | Mardi 7 janvier 2020

L'Afrique et le reportage à l'honneur

Le Ministère de la Culture l'a décidé : 2020 sera l'année de la bande dessinée. C'est aussi l'année de l'Afrique, côté culture. Et donc, une année chargée pour le Lyon BD Festival emmené par Mathieu Diez, qui fait feu en tous lieux, des Subsistances accueillant Cy à l'Auditorium lançant des concerts dessinés. Mais le gros morceau reste les 15 ans du festival, les 13 et 14 juin prochain. Parmi la dizaine d'auteurs africains conviés, notons Elyon's, Barly Baruti, Didier Kassaï et Marguerite Abouet. Baruti va aussi participer à un projet croisé avec la Biennale de la Danse, croquant le défilé en compagnie de Benjamin Flao. Autre focus : la BD reportage. Et pour les premiers noms que l'on peut dévoiler, voici les confirmés : Trondheim, Pénélope Bagieu, Mathieu Sapin, Emmanuel Guibert, Bezian, Anne Goscinny, Julie Rocheleau, Lisa Mandel, Guy Delisle ou encore Judith Vanistandel. Lyon BD Festival En divers lieux les 13 et 14 juin

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Divorce à la tunisienne : "Noura rêve"

Drame | Son époux incarcéré, Noura a refait sa vie avec Lassad et attend avec impatience que son divorce soit prononcé. Son mari étant libéré plus tôt que prévu, Noura doit faire profil bas pour ne pas risquer cinq ans de réclusion pour adultère, ni perdre ses enfants et son travail…

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

Divorce à la tunisienne :

De la condition féminine dans les pays du Maghreb post Révolution de Jasmin ? Oui et non. Car si l’histoire de Noura s’inscrit dans le sillage des réalisations tunisiennes rendant compte de la difficile situation des femmes dans une société conditionnée par l‘emprise patriarcale — à l’instar de l’exemplaire La Belle et la Meute de Kaouther Ben Hania —, elle pourrait tout aussi bien (ou mal) se dérouler en France, où rappelons-le puisque cela ne semble pas beaucoup émouvoir en haut lieu, 129 femmes ont été tuées par leurs compagnons (ou ex-) depuis le début 2019. Il n’y a pas de meurtre de conjoint ou conjointe dans Noura rêve, plane toutefois en permanence une menace diffuse de violence. Verbale, psychologique et légale, elle fait de l’épouse en attente du jugement de divorce, la captive de son

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L'Afrique à l'honneur du prochain Lyon BD Festival

Bande Dessinée | Et donc, la bande dessinée s'empare même des théâtres ! Et autres news du neuvième art, pour vous préparer à une année 2020 où il sera partout, partout, partout, partout (et souvent sous le patronnage du Lyon BD Festival).

Sébastien Broquet | Mardi 1 octobre 2019

L'Afrique à l'honneur du prochain Lyon BD Festival

L'année sera dessinée ou ne sera pas. Depuis la prise de pouvoir du Lyon BD Festival, qui a tissé sa toile tel un Spiderman dans toute la ville, attirant nombre de dessinateurs venus s'installer par ici, poussant les musées à se pencher sur cet art — la formidable exposition Corto Maltese au Musée des Confluences — ou encore à l'exportation avec une virée à la Foire du Livre de Francfort, la cause est désormais entendue. Ainsi, le Théâtre des Célestins à son tour cède aux sirènes de la ligne claire et confie une carte blanche au festival du 18 au 29 décembre prochain avec le spectacle Zaï Zaï Zaï Zaï adapté de Fabcaro et mis en scène par Paul Moulin pour huit comédiens et comédiennes (également au Théâtre de Vénissieux le mardi 15 octobre), l'exposition Badass — Les Nouvelles Héroïnes avec en point d'orgue une journée (le lundi 23 décembre) dédiée au genre a

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Gavissime : "Le Mariage de Verida"

Drame | de Michela Occhipinti (It, 1h34) avec Sidi Mohamed Chinghaly, Verida Beitta Ahmed Deiche, Aichetou Abdallahi Najim…

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

Gavissime :

Mauritanie, de nos jours. L’existence de Verida tourne autour du salon de beauté de sa grand-mère et de ses deux amies. Ses parents ayant décidé de la marier, elle entame non sans renâcler un rite prénuptial destiné à la faire grossir : le gavage. Une coutume entre torture et hypocrisie… Il n’est pas rare de voir des fictions à destination quasi exclusive du public des pays occidentaux vitupérer telle ou telle survivance d’une coutume archaïque, affirmant généralement la mainmise du patriarcat sur la population féminine : excision, obligation de se couvrir dès l’adolescence, mariages forcés, etc. Misant beaucoup sur leur valeur documentaire, elles reproduisent en général la forme du film-dossier en respectant des standards cinématographiques schématiques. Cette catégorie de films pointe évidemment l’odieuse différence de traitements entre hommes et femmes, mais aussi les petits arrangements avec la tradition ou la religion permettant d’accomplir toutes les entorses aux règles que l’on désire… tant qu’elles demeurent à l’abri des regards. Ici, les femmes ont souffert de leur “régime“, mais le perpétuent sur leurs filles sans fin, se

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Tant de temps forts

La Programmation | « Il faut que tout change pour que rien ne change » disait le prince de Lampedusa. Certes, les travaux de la place des Terreaux contraignent (...)

Vincent Raymond | Samedi 8 juin 2019

Tant de temps forts

« Il faut que tout change pour que rien ne change » disait le prince de Lampedusa. Certes, les travaux de la place des Terreaux contraignent le festival à ranger son chapiteau et à réintégrer le Palais de la Bourse pour sa librairie et une partie des rencontres, mais les autres lieux (Hôtel de Ville, Comédie Odéon, Opéra, Musées, etc.) demeurent dans le dispositif. Nouveauté majeure : une ouverture accessible au public vendredi 7 juin à 20h sous forme de concert dessiné au Transbordeur (en présence de tous les invités et du duo Charlie Adlard/Julien Limonne). Pour le reste, deux jours de spectacles, expositions, rencontres, dédicaces avec plus 150 autrices et auteurs internationaux dont : Pénélope Bagieu, Cy., Baudoin, Bill Morrison, Aurélie Neyret, Guillaume Long, Boulet, Tronchet, Bastien Vivès, Davodeau, Deloupy, B-Gnet, Marion Cluzel, Aurélien Maury, Alexandre Kha, Jibé, Alexis Nesme, Fabien Toulmé… De substantiels changements sont en revanche à attendre quand Lyon BD intégrera son nouveau site des Pentes l’an prochain, en 2020 qui se trouvera être l’année nationale

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Marc-Antoine Mathieu : « sans convention, pas de transgression »

Lyon BD Festival | En invitant Marc-Antoine Mathieu à créer une exposition dans le parking de la Fosse aux Ours, Lyon BD Festival accueille pour la première fois un auteur fascinant dont l’œuvre entre Kafka, Borges et les Monty Python ne cesse d’ouvrir de nouvelles voies narratives, ludiques et théoriques. Attention, événement !

Vincent Raymond | Samedi 8 juin 2019

Marc-Antoine Mathieu : « sans convention, pas de transgression »

Jeu de contraintes, mises en abyme, réflexivité, modification de la structure de l’objet-livre… D’où vous vient ce besoin de “défaire“ la bande dessinée pour, paradoxalement “faire de la bande dessinée“ — et ce depuis L’Origine, si l’on ose ce jeu de mots ? Marc-Antoine Mathieu : La catastrophe, l’incongru, le “disruptif” (pour employer un mot à la mode) me viennent toujours à l’esprit à un moment ou à un autre, au cours des rêveries qui précèdent l’écriture d’une histoire. Ces rêveries forment un terrain singulier, où l’on ne contrôle pas tout et d’où émergent nos penchants, nos inclinations ; chez moi, ils s’appellent décalage, cassure, brisure de symétrie, différences d’échelles... Parfois quelque chose survient, qui nous étonne nous-mêmes : alors le travail commence. Est-ce sa “potentialité” qui vous a séduit dans le gris, couleur plurielle et universelle ? Sa potentialité et sa contrainte — mais ce sont peut-être une seule et même chose... Quand j’utilise le noir et blanc de manière radicale, j’aborde la lumière comme signe, comme concept, au même titre

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Deena Abdelwahed : « mon rêve c'est d'inventer un genre de musique électronique »

Nuits sonores | Son album "Khonnar", sorti sur Infiné à l'automne, a façonné un son empruntant autant à la techno warpienne qu'au renouveau électronique maghrébin. Exigeant, intelligent, palpitant, l'univers de la Tunisienne Deena Abdelwahed a d'emblée pris une place à part sur la scène actuelle. On en parle avec elle avant sa venue en live à Nuits sonores.

Sébastien Broquet | Mardi 28 mai 2019

Deena Abdelwahed : « mon rêve c'est d'inventer un genre de musique électronique »

Vous avez une approche très "laboratoire" de la composition. Considérez-vous le studio, tel un Lee Scratch Perry, comme un instrument de musique à part entière ? Effectivement : c'est voulu, ce côté laboratoire. Je voulais voir si je pouvais faire quelque chose de très personnel, que l'on ne pouvait pas mettre dans une case. Mon rêve, c'est d'inventer un genre de musique électronique ! Comment du coup passer à la formule live, que vous présentez à Nuits sonores ? Je donne plus d'importance au chant. J'essaye de plus improviser, aussi, sur les arrangements de la chanson elle-même. Je mélange l'approche du studio et celle du DJ. J'ai ainsi la liberté de prendre un morceau et de le déconstruire, pour qu'il ne soit pas figé comme dans l'album. C'est un choix : je voulais avoir toute ma concentration sur le chant. Vous chantez sur le disque, des textes engagés, forts. Chanter soi-même, c'est une manière de ne pas se cacher, de ne pas trahir vos idées ? Oui. Cet album est un début, un premier p

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Viens dans mon comics trip

Lyon BD Festival | Lyon accueillera les 8 et 9 juin la 14e édition du Lyon BD Festival. Dévoilée lundi matin, la programmation réunit une cinquantaine de grands noms internationaux parmi lesquels Pénélope Bagieu, Étienne Davodeau, ou encore Charlie Adlard…

Nina Roussel | Mardi 30 avril 2019

Viens dans mon comics trip

Cette année, le grand rendez-vous BD du mois de juin retourne au Palais de la Bourse, travaux sur la place des Terreaux obligent. Aux côtés dudit Palais et de l’Hôtel de Ville, qui formeront le “centre névralgique de l’événement”, le festival et ses quelques 200 artistes s’inviteront dans une dizaine de lieux de la Presqu’île lyonnaise. Étienne Davodeau, auteur de Lulu femme nue, Catherine Meurisse (Les Grands Espaces), Bill Morrisson, l’illustrateur des Simpsons ou encore le Britannique Charlie Adlard, dessinateur de la fameuse série The Walking Dead figurent au rang des invités. Une exposition sera consacrée à ce dernier au Musée d’Art Contemporain. Marc-Antoine Mathieu, qui a cette année “carte blanche”, Aurélie Neyret (Les Carnets de Cerise) et Pénélope Bagieu, à qui une exposition était consacrée lors de la dernière édition, seront également au rendez-vous. La soirée d’ouverture aura lieu au Transbordeur le 7 juin. Grande première : elle sera désormais ouverte au public. Cette “Lyon BD Festival Party” en partenariat avec Media

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Soap qui peut ! : "Tel Aviv on Fire"

Le Film de la Semaine | Un apprenti scénariste palestinien peu imaginatif se fait dicter les rebondissements de la série politico-sentimentale sur laquelle il trime par un gradé israélien. Sameh Zoabi répond à l’absurdité ambiante par une comédie qui ne l’est pas moins… À hurler de réalisme et de rire.

Vincent Raymond | Mercredi 3 avril 2019

Soap qui peut ! :

Trentenaire velléitaire, Salam vient de trouver un job sur la série de propagande Tel Aviv on fire que produit son oncle. Comme il réside à Jérusalem et que le tournage s’effectue à Ramallah, il doit chaque jour passer par un checkpoint dirigé par Assi, un officier israélien qui devient conseiller occulte de la série, avant de tenter d’en infléchir la direction… Quand les larmes sont inopérantes et la colère inaudible, alors il reste l’humour. La dérision s’avère sans doute l’arme la plus efficace lorsqu’il s’agit d’aborder une situation politique verrouillée depuis des lustres, voire des siècles. À condition, évidemment de la manier avec intelligence et sans esprit partisan ; c’est-à-dire en pointant les comportements irréfléchis de chacun afin de renvoyer tous les protagonistes dos à dos plutôt que face à face, en les faisant rire ensemble de leurs travers mutuels et non les uns contre les autres — comme dans Les Aventures de Rabbi Jacob. Sameh Zoabi montre que la bêtise ne peut se prévaloir d’aucun passeport : elle adopte seulement des modulations différentes en fonction des car

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Charlie Adlard, dessinateur de Walking Dead, invité au Lyon BD Festival

Bande Dessinée | Ce festival n'en finit plus de grandir et d'attirer les grands noms : ainsi, sont déjà confirmés des pointures comme le forcément très attendu Charlie Adlard (...)

Sébastien Broquet | Mardi 8 janvier 2019

Charlie Adlard, dessinateur de Walking Dead, invité au Lyon BD Festival

Ce festival n'en finit plus de grandir et d'attirer les grands noms : ainsi, sont déjà confirmés des pointures comme le forcément très attendu Charlie Adlard (Walking Dead) et Catherine Meurisse (ex-Charlie Hebdo), mais aussi Marc-Antoine Mathieu, Chloé Cruchaudet, Reinhard Kleist, Alfred, Aude Picault et Cyril Pedrosa... Autant d'auteurs et autrices qui dédicaceront au Palais de la Bourse (le retour !) et à l'Hôtel de Ville, mais comme l'ADN de Lyon BD, c'est aussi de ne pas se focaliser sur les signatures, des recontres et spectacles auront lieu à la Comédie Odéon et à l'Opéra. On note en terme de « production maison » dixit Mathieu Diez, le directeur : « une grande exposition qui parcourera le renouveau de la BD franco-belge, désormais emblématique d’une Europe francophone de la bande dessinée moderne et rayonnant sur le monde avec une centaine d’auteurs exposés, construite en co-production avec la Suisse et la Belgique. Côté spectacle vivant, on retrouvera Charlie Adlard, le dessinateur de Walking Dead à l’Opéra de Lyon, une création autour du travail d’Edmond Baudoin, un spectacle m

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Réfugiés : la migration en BD

Bande dessinée | Avec la série Réfugiés d’Arte Reportage et à travers les témoignages d’une quarantaine d’auteurs et autrices de bande dessinée sur les grandes crises migratoires, l’exposition explore la manière dont le 9e art se fait porte-voix et miroir d’une époque.

Lisa Dumoulin | Mardi 5 juin 2018

Réfugiés : la migration en BD

2016 : la série multimédia d’Arte Reportage s’achève à Calais et Grande-Synthe. Le projet : envoyer des groupes d’artistes (cinéaste, photographe, écrivain et illustrateur) raconter les camps de réfugiés et ramener leur vision, différente de celle d’un journaliste, forcément décalée par rapport au prisme ordinaire de l’information. Cinq terres d’exil ont été abordées : Beldangi au Népal, Kawergosk en Irak, Burj el-Barajneh au Liban, Breidjing au Tchad ainsi que Calais et Grande-Synthe en France. Résultat : cinq documentaires, un livre, et un site Internet qui regroupe et présente tous les travaux. 2018 : la “jungle” de Calais est démantelée, un nouveau chapitre s’écrit, le Lyon BD Festival s’associe à Arte et envoie une nouvelle équipe. Dont la dessinatrice Lucie Castel qui réalise la bande-dessinée Nurah. La première partie de l’exposition présente en détail le projet d’Arte Reportage, tandis que la deu

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Cinq expos à voir en juin

Sélection | Les cinq expositions à voir absolument avant l'été, de Jacques Truphémus le Lyonnais au méconnu photographe chinois LU Yangpeng.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 juin 2018

Cinq expos à voir en juin

Jacques Truphémus et Jérémy Liron au Musée Paul Dini Il y a peu de points communs a priori entre la peinture atmosphérique de Jacques Truphémus (1922-2017) et celle, plus moderniste et architecturée, de Jérémy Liron (né en 1980)... Si ce n'est, peut-être, une certaine mélancolie diffuse et embrumée chez Truphémus, solaire et urbaine chez Liron, insistant sur la fragilité des formes et des choses. L'exposition est, en tout cas, une belle occasion de découvrir deux œuvres fortes sur le traitement de l'espace et le rapprochement du dehors et de l'intime. Jacques Truphémus et Jérémy Liron​, Les silences de la peinture Au Musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône jusqu'au 16 septembre Adel Abdessemed au Musée d'Art Contemporain Dans une courte vidéo, Adel Abdessemed (né en 1971 à Constantine) est soudain perforé d'un javelot, alors qu'il déambule dans son atelier... Une mise en scène symbolique pour un artiste qui se veut littéralement traversé par la violence et l'actualité du monde. Ses œuvres ne cessent d'agir et

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Wonder Women

Lyon BD Festival | 250 autrices et auteurs invités pour plus de 170 évènements à travers 50 lieux. Par son histoire et son écosystème, Lyon s’impose comme l’une des capitales européennes de la bande-dessinée. Et sans doute comme la plus féministe.

Lisa Dumoulin | Mardi 5 juin 2018

Wonder Women

« Cette année, plus de la moitié des projets sont réalisés par des autrices » indique Mathieu Diez, directeur du Lyon BD Festival. Une parité que l’on peut applaudir, d’autant plus qu’elle existe depuis le début, sans que l’organisation ne s’astreigne à des considérations genrées. Le festival est depuis toujours axé sur la jeune création, et la jeune génération compte beaucoup de femmes. Sandrine Deloffre, coordinatrice générale explique : « C’est une problématique à laquelle on fait attention, par exemple nous avons travaillé avec HF Rhône-Alpes sur la place des autrices dans la BD, nous avons aussi créé l’exposition Héro(ïne)s il y quatre ans avec JC Deveney, qui questionne la place de la femme dans les personnages de bande-dessinée en inversant les genres. » Les héros deviennent des héroïnes, les rôles et les situations s’inversent. Tintin devient Tintine, Gaston devient Gastonne, aux côtés de Supermeuf, la femme d’acier, Lucky Lucy qui se coltine un fiancé colla

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Adel Abdessemed au MAC : à cœurs et à cris

L'exposition | Avec l’exposition L'Antidote, Adel Abdessemed signe son grand retour dans un bel engouement teinté de controverse.

Sarah Fouassier | Mardi 13 mars 2018

Adel Abdessemed au MAC : à cœurs et à cris

Thierry Raspail lui donna rendez-vous dans dix ans lorsqu’en 2008, Adel Abdessemed exposa au Magasin de Grenoble. Le directeur du MAC, aujourd'hui en fin de mandat, voit enfin cette exposition installée aux 2e et 3e étages du musée, la qualifiant « d'ode à la condition humaine. » Un hymne qui forme un corps, une totalité organique libérée de toute torpeur, de toute bienséance avec comme point de départ une flèche qui transperce le corps de l’artiste : « c’est la violence du monde qui me lance cette flèche » nous dit-il. Pas d'exposition sans polémique Au second étage, des vidéos rythment la visite, des boucles emplies de bruits qui tapent, cognent l’oreille et le cœur. Et qui les transpercent à la vue de Printemps, qui montre des coqs pendus par les pattes contre un mur, en train de brûler vifs. Une vidéo exposée à Doha et qui suscita l’indignation obligeant le Mathaf, Arab Museum of Modern Art, et aujourd’hui le MAC, à expliquer le geste de l’artiste et ses conditions de production. Dans un communiqué de presse datant du lundi 12 mars, le musée explique :

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Adel Abdessemed : « mon art est un art de la responsabilité »

Art Contemporain | L’artiste franco-algérien vient de fêter ses 47 ans. Celui que l’on appelait l’enfant terrible de l’art contemporain ne décolère pas. Et pour cause : la violence qui embrase le monde s’agite toujours, avec autant de férocité. Une violence qu’il regarde en face, droit dans les yeux, n’en déplaise à certains.

Sarah Fouassier | Mardi 13 mars 2018

Adel Abdessemed : « mon art est un art de la responsabilité »

Adel Abdessemed se clame homme libre dès l'adolescence. Amazigh, en langue berbère. Il se rapproche très vite d’artistes locaux et intègre l’École des Beaux-Arts d’Alger, au moment où le pays entre dans une décennie noire traumatisée par le terrorisme. Cette institution qualifiée par les intégristes « d'école du pêché » parce qu'ouverte sur le monde, subira un événement terrible en mars 1994 : son directeur Ahmed Asselah, défenseur de la démocratie et opposant à l'intégrisme, est assassiné avec son fils, dans l’enceinte même de l’école. Sous la menace, Adel choisit de gagner sa liberté au prix de l’exil. La violence s’immisce alors dans le corps de son œuvre. Résister pour mieux œuvrer Lyon et plus particulièrement son École des Beaux-Arts accueille le jeune artiste, qui se fera remarquer rapidement de par sa pratique et son culot. Il se souvient de ses années d'études durant lesquelles « j’ai donné autant que j’ai reçu » et où il a rencontré Julie, sa future épouse et mère de ses cinq enfants, « un soir dans un pub du Vieux-Lyon, l’Antidote, autour d’un verre de Guinness

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Casa, avant le chaos ? : "Razzia"

Le Film de la Semaine | Après Much Loved, Nabil Ayouch poursuit son auscultation des fractures du Maroc contemporain. Derniers instants avant le cataclysme dans un Casablanca qui n’a plus rien à voir avec l’image idéalisée par Curtiz.

Vincent Raymond | Mardi 13 mars 2018

Casa, avant le chaos ? :

Maroc, entre les montagnes de l’Atlas et Casablanca, en 1982 et 2015. Portraits croisés de plusieurs personnages en proie au durcissement du régime et des mœurs, aux préjugés, alors que le religieux gagne du terrain et que les différences sociales mènent à un inévitable chaos… Cette manière de brasser les époques et les protagonistes autour d’une communauté de destins (et de cet événement final annoncé par le titre, cristallisant les tensions, rancœurs et humiliations accumulées) rappelle le “cinéma-choral” à la Iñarritu ou le Magnolia de Paul Thomas Anderson. Mais Ayouch ne le fait pas glisser vers ce pan-humanisme lyrique à la mode il y a une dizaine d’années. Les temps ont changé ; un voile de désenchantement s’est abattu sur le monde, douchant les espérances. Y compris celles suscitées par les Printemps arabes. Empire chérifien, fais-moi peur Jadis apprécié à Rabat pour l’aura internationale dont ses œuvres bénéficiaient,

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Original Watts : des planches et des galettes

Disquaire & BD | Un disquaire ou un libraire ? Les deux mon capitaine ! Des vinyles et des bandes dessinées, ce sont les deux composants de Original Watts, cette boutique atypique et pourtant tellement évidente : quels sont les deux ingrédients d’un bon week-end de février ? Vous l’avez dans le mille.

Lisa Dumoulin | Mardi 6 février 2018

Original Watts : des planches et des galettes

On a failli passer devant sans la remarquer tant l’échoppe est discrète, sur quelques petits mètres de trottoir. Les platines devant la vitrine et les rayonnages de BD nous ont tapé dans l’oeil, le temps que l’information monte au cerveau, on fait quelques pas en arrière et on pousse la porte. Dans la boutique tout en longueur, sont alignés d’un côté des vinyles, de l’autre des bandes dessinées. Sur du mobilier en bois de palette et métal réalisé sur mesure par New old factory, un copain des proprios. On comprend vite que Original Watts, c’est une histoire de famille. C’est Xavier et David Barnier, deux frères. David a fondé la maison d’édition Original Watts il y a 6 ans. Grand fan de BD, il est aussi pompier professionnel dans la vie. A la même période, son frère Xavier commence son activité de disquaire sur les marchés de la ville de Lyon, en itinérant, le week-end “je présentais déjà un peu de BD, surtout du Comics”. C’est lui qui tient la boutique et David participe aux salons, comme Angoulême la semaine dernière.

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Les Sportives en Lumière

Sport, Littérature & Cinéma | La cinquième édition du festival Sport, Littérature & Cinéma est largement consacrée aux femmes ce week-end, à l'Institut Lumière.

Sébastien Broquet | Mardi 30 janvier 2018

Les Sportives en Lumière

C'est l'histoire d'un rendez-vous excitant qui nous laisse un peu sur notre faim, cette année. D'un festival pas commun, ramenant le sport dans le monde des intellos, nous rappelant que le cyclisme a engendré quelques-unes des plus belles pages de la littérature française et que le film de boxe est un genre à part entière empli de chefs d'œuvre. Que le football, s'il garde malheureusement en France son image beauf, fait intégralement partie de la pop culture en Angleterre. Sport, Littérature & Cinéma, c'est cette histoire et bien plus encore : une riche idée de Thierry Frémaux, directeur de l'Institut Lumière, ardent supporter de l'OL, qui de plus accompagne le récent boom éditorial autour des livres consacrés au sport. Mais si les quatre précédentes éditions nous avaient aguiché, celle-ci semble plus maigre : épuisement de la formule ou fatigue passagère, l'avenir le dira. Reste que l'on déniche quelques pointes d'intensité au cœur de ce programme largement dédié aux femmes. Oui, le mil

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Marion Montaigne : « Et en plus, Thomas Pesquet a de l’humour »

Bande Dessinée | L’autrice de la désopilante et néanmoins érudite série Tu mourras moins bête a collé aux basques du charismatique astronaute Thomas Pesquet durant son entraînement. Encore un peu et elle partait en orbite avec lui…

Vincent Raymond | Mardi 12 décembre 2017

Marion Montaigne : « Et en plus, Thomas Pesquet a de l’humour »

Vous voici donc devenue une spécialiste de la vulgarisation scientifique… Marion Montaigne : (rires) On m’a demandé un jour si j’avais décidé de prendre ce créneau parce qu’il y avait un vide… Je suis incapable de faire une étude de marché ! Je fais ce qui me botte, et je constate qu’il y a une curiosité en retour. Avant d’entreprendre cet album sur Thomas Pesquet, j’ai été tentée de me “mettre un peu en danger” et de m’essayer à la fiction. Mais quand un boulanger sait bien faire la baguette, il ne se lance pas dans la charcuterie (rires). Et puis, pouvoir rencontrer un astronaute, c’est le fruit de huit ans d’évolutions. Cela ne serait pas arrivé au bout d’un an de blog. Peut-être que je m’améliore… Comment expliquer l’engouement inédit pour Thomas Pesquet ? C’est vrai qu’on n’a pas autant parlé de Claudie Haigneré en 1996 ni de Léopold Eyharts en 2008. Là, ce sont les réseaux sociaux qui ont fait le gros du travail. Et le fait qu’une coupole soit arrivée en 2008 dans la station spatiale permettant de faire des photos hallucinante

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Joyeuse Nawell : "C’est tout pour moi"

Comédie | de Nawell Madani & Ludovic Colbeau-Justin (Fr, 1h43) avec Nawell Madani, François Berléand, Mimoun Benabderrahmane…

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Joyeuse Nawell :

Encore un self-biopic ?! Et d’une stand-upeuse en plus, qui malgré son jeune âge prétend nous narrer son incroyable parcours contrarié vers le succès ? En effet. Mais défiez-vous des a priori : en dépit d’un argument cousu de fil blanc et d’un charmant égocentrisme bien canalisé, Nawell signe une très agréable comédie “auto-centrée“, avec la dose de distance, de dérision et de griffures pour éviter le prospectus ou le mélo, qui de surcroît tient sur la longueur. Combien “d’épopées” d’artistes s’essoufflent après vingt minutes ayant duré sept heures ? Nawell Madani s’est certes nourrie d’épisodes réels pour construire son film. Mais la part de vécu authentique comme le contexte de la découverte de sa vis comica importent peu : l’essentiel étant que le personnage qu’elle interprète à l’écran ait une cohérence dramatique solide. Singulièrement, ce n’est pas la battante, la performeuse efficace ni la belle plante qui ressort de ce portrait, mais la candide ; la jeune femme sincère dont une meute de vautours aux aguets (escrocs et/ou confrères de la scène) profitent sans complexe.

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Décroissance : de la simplicité volontaire

Décroissance | Cinquante penseurs d’horizons et d’époques très différents se penchent sur l’un de nos problèmes contemporains majeurs : la question de la croissance économique. Un ouvrage aussi intéressant que richement illustré.

Lisa Dumoulin | Mardi 27 juin 2017

Décroissance : de la simplicité volontaire

« Tous les gars sincères et pas trop bêtes qui se penchent sur le problème de la pollution arrivent logiquement à la même conclusion quels que soient les horizons d’où ils viennent. C’est notre société industrielle et nataliste qui est polluante et il n’y a pas d’autre alternative que de la détruire ou de crever. (...) Seulement voilà, le temps ne travaille pas pour nous et nous avons toutes les chances, si on peut appeler ça des chances, d’être atomisés, asphyxiés ou dissous dans l’eau de source avant même que le cinquième des connards qui consomment pour consommer aient compris de quoi il retourne. » écrit en 1975 Pierre Fournier, dessinateur et journaliste à Hara Kiri et Charlie Hebdo. Plus sobrement, l’économiste et banquier dans le tiers-monde François Partant écrit en 1982 dans La Fin du développement : « Ce n‘est pas seulement parce que la Terre est une planète aux dimensions finies qu’une croissance économique indéfinie est impossible. C’est aussi parce que l’homme est lui-même un être fini. » L’idée selon laquelle la croissance économi

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"Les derniers jours d'une ville" de Tamer El Said : Le Caire, traits confidentiels

ECRANS | de Tamer El Said (Fr, 1h19) avec Khalid Abdalla, Hanan Youssef, Bassem Fayad…

Vincent Raymond | Mardi 27 juin 2017

Khalid est cairote, cinéaste, séparé de sa copine et en recherche d’un appartement. Chacune de ces caractéristiques correspond à une petite apocalypse en cette année fatidique 2009, dans une ville qui commence à mugir, puis rugir contre le pouvoir en place. Drôle d’objet que cette chronique dont on ne saurait dire s’il s’agit d’un documentaire arrangé ou d’une pure fiction, parce qu’il donne à percevoir avec acuité et naturel plusieurs visages du quotidien du Caire. Elle a l’incommensurable atout d’être signée par un amoureux fou de sa ville autant que Woody Allen peut l’être de New York ou Moretti de Rome. Pour autant, Khalid n’est pas un autarcique : à son journal intime, il greffe des pages empruntées à ses confrères moyen-orientaux ou arabes vivant dans leur pays des frémissements comparables ou de pires soubresauts. Ce mélange entre insignifiant, semi-impudique, personnel et collectif, scandé par des tranches d’Histoire dramatique confère une incroyable tonalité réaliste. Et fait que le film “prend” — aux tr

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Mathieu Diez : « œuvrer pour décloisonner la bande dessinée »

Lyon BD Festival | Déjà douze ans d'existence, et une influence sans cesse grandissante : le Lyon BD Festival initié par Mathieu Diez n'en finit plus d'aimanter le meilleur de la bande dessinée sous toutes ses formes, surtout celles qui innovent, vers notre ville. On en parle avec le directeur.

Sébastien Broquet | Mardi 6 juin 2017

Mathieu Diez : « œuvrer pour décloisonner la bande dessinée »

#Topo L'idée de ce nouveau prix réunissant Lyon BD, Le Monde et Sofia, c'était de remettre à plat notre système : il n'avait pas évolué, ne correspondait plus au festival. On voulait un prix qui nous ressemble, ouvert aux nouveaux modes d'expression, aux nouveaux terrains explorés. On s'est associé au Monde, qui a beaucoup d'initiatives allant dans le même sens que nous, comme récemment le blog de Lisa Mandel. C'est un prix pour un projet protéïforme, qui vient œuvrer pour décloisonner la bande dessinée : il va être remis cette année à la revue Topo. Les nommés sont à ce titre tout aussi intéressants que le primé. C'était dur de trancher, mais Topo, c'est un gros coup de cœur et ça répond à un enjeu important pour la BD : les enfants en lisent, les ados aussi, les adultes peuvent l'assumer, mais au lycée ça reste un peu caché, ce n'est pas encore admis, et Topo répond à ce public-là. #Allemagne Ça découle de l'invitation qui m'a été faite d'œuvrer à la représentation de la bande dessinée française lors de la prochaine Foire du Livre de Francfort : c'est une opportunit

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M & M : Sapin & Rabagliati à l’honneur !

Lyon BD Festival | Parmi la foultitude de crayons affûtés attendus cette année, deux pointures vont faire l’objet d’un focus mérité : le Québécois Michel Rabagliati (créateur de la (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 juin 2017

M & M : Sapin & Rabagliati à l’honneur !

Parmi la foultitude de crayons affûtés attendus cette année, deux pointures vont faire l’objet d’un focus mérité : le Québécois Michel Rabagliati (créateur de la série Paul) ainsi que le Dijonnais Mathieu Sapin. Le premier exposera ses planches (Morceaux choisis) en l’Hôtel de Ville, interprétera une œuvre au Musée des Beaux-arts et sacrifiera au beau rite de la rencontre avec le public lors des tables rondes et des dédicaces. Quant au second, bien connu pour ses expériences immersives (à Libération, à L’Élysée, sur le tournage du Gainsbourg de Sfar et plus récemment aux côtés de Depardieu), il se livrera face à la foule du Lumière Terreaux durant une heure — tout en dessinant, on en est persuadé — avant de revenir le 19 juin au Comœdia pour présenter l’avant-première de son documentaire consacré aux salles de cinéma, Macadam Pop Corn. Miam !

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Thomas Dybdahl : Norway of life

Portrait | Superstar pop en Norvège, et injustement méconnu sous de nombreuses autres latitudes, Thomas Dybdahl livre de disque en disque une discographie insaisissable et indispensable, mélancolique mais lumineuse. Une rareté à ne surtout pas manquer lors d'un "Petit Bulletin Live" d'exception à la Comédie Odéon.

Stéphane Duchêne | Lundi 15 mai 2017

Thomas Dybdahl : Norway of life

On a coutume de dire que « nul n'est prophète en son pays », variation du chapitre 6 verset 4 de l'évangile de Marc qui avance qu' « un prophète n'est méprisé que dans son propre pays. » S'agissant de Thomas Dybdahl, on touche vite aux limites de la vérité des Saintes-écritures. Car à supposer qu'un chanteur soit une sorte de prophète, lui l'est justement surtout dans son pays. Ce qui est surprenant, c'est bien qu'il ne le soit pas ailleurs. Pop-star adulée en Norvège, collectionneur de n°1 et de Grammys locaux (les Spellemanprisen), Dybdahl débute et clôt ses tournées à domicile devant des milliers de personnes, parfois avec un orchestre symphonique, et entre les deux parcourt l'Europe tel un chemin de Damas, pour se produire en solo dans de modestes salles de Salzbourg, Anvers, Prague ou Poznań à la recherche d'un public qui ne le connaît que trop peu, mais quand c'est le cas l'adore. Et si cela fait quinze ans que ça dure, le musicien de 38 ans s'en accommode très bien : « Il y a vraiment quelque chose à retirer de la position d'outsider. En Norvège, je suis catalogué comme un artiste pop et même commercial. Quan

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Petit Bulletin Live : Thomas Dybdahl en 15 clips

MUSIQUES | En Petit Bulletin Live à la Comédie Odéon le 21 mai, Thomas Dybdahl, c'est 15 ans d'une impeccable carrière et de morceaux à frémir. En 15 clips ou sessions live, 15 morceaux piochés au long de la riche discographie du songwriter norvégien, nous vous faisons revivre ces 15 ans en guise d'amuse-bouche (ou oreille) en attendant le moment de vérité en live.

Stéphane Duchêne | Vendredi 19 mai 2017

Petit Bulletin Live : Thomas Dybdahl en 15 clips

Love's lost – That Great October Sound (2002) Adelaïde – That Great October Sound (2002) From Grace – That Great October Sound (2002) Tomorrow stays the same – That Great October Sound (2002) Cecilia – Stray Dogs (2003) Less Morale & More Caffeine – Stray Dogs (2003)

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La BD à Lyon : des gaufriers au pays des bugnes

Bande Dessinée | Formation, création, édition, distribution… Si la BD dispose aujourd’hui à Lyon d’un réseau d’énergies et de talents aussi enthousiaste que dynamique, elle ne le doit pas au hasard, mais à un patient labeur.

Vincent Raymond | Mercredi 26 avril 2017

La BD à Lyon : des gaufriers au pays des bugnes

Mi-octobre, la France sera l’invitée d’honneur de la kolossal Foire du Livre de Francfort, où une belle délégation d’auteurs de bande dessinée est attendue. LyonBD y sera pour, notamment, dévoiler son nouveau projet numérique : Ping-Pong — un dialogue transmedia entre illustrateurs français et allemands dans la lignée des Webtrip déjà publiés. Auparavant, en juin, le 12e festival lyonnais aura accueilli plus de 230 auteurs et au moins autant de visiteurs que les années précédentes (80 000 en 2016). Sans compter la fréquentation des expositions BD en cours… Une toute petite décennie aura suffi à Lyon pour être reconnue à l’international comme la nouvelle place forte hexagonale de la BD, taillant des croupières à la capitale angoumoisine — pourtant riche de l’antériorité de son prestigieux festival et d’une somptueuse Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, qui semble ronfler benoîtement sur ses lauriers passés. Mathieu Diez, directeur du LyonBD festival, évoque modestement « un alignement de planètes ». Toute métaphore astronomiq

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Joe Bel en ouverture de Thomas Dybdahl à la Comédie Odéon

Petit Bulletin Live | C'est la Lyonnaise Joe Bel qui ouvrira le 21 mai pour le Norvégien Thomas Dybdahl lors du Petit Bulletin Live qui se tiendra à la Comédie Odéon. De retour du (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 28 mars 2017

Joe Bel en ouverture de Thomas Dybdahl à la Comédie Odéon

C'est la Lyonnaise Joe Bel qui ouvrira le 21 mai pour le Norvégien Thomas Dybdahl lors du Petit Bulletin Live qui se tiendra à la Comédie Odéon. De retour du Canada, où elle vient d'enregistrer son premier album attendu de pied ferme, la chanteuse-auteure-compositrice soul-folk au groove unique nous fera le cadeau de se produire pour la première fois en solo depuis un bon moment. Une raison de plus d'arriver à l'heure, à 19h tapantes et même avant.

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Jazz à Vienne : Hommages et Mary J. Blige

Jazz | Jazz à Vienne qui regarde souvent et encore vers l'avenir, en faisant mûrir en son sein les jeunes talents, jette un joli coup d'œil cette année au passé et à ses disparus sous la forme d'une demie-douzaine d'hommages, parmi lesquels Fela, Prince ou David Bowie. Sans compter quelques autres morceaux de choix (De La Soul, Mary J. Blige...) pour tous les goûts.

Stéphane Duchêne | Lundi 27 mars 2017

Jazz à Vienne : Hommages et Mary J. Blige

Si la 37e édition de Jazz à Vienne s'ouvrira sur un concert du Joe Cocker italien Zucchero en la soirée du 29 juin ; si l'événement du festival sera sans doute pour certains le retour de De La Soul en mode live band, le 1er juillet, et le même soir un concert hip-hop symphonique qui verra l'ONL, dirigé par Issam Krimi, accompagner MC Solaar, Ärsenik et BigFlo & Oli, rencontre inédite et mariage a priori improbable de la scansion rap et de la grandeur symphonique ; si le prodige aux 10 millions d'albums Jamie Cullum risque d'emporter tous les suffrages du public, c'est surtout le nombre d'hommages à des artistes disparus qui marque cette programmation 2017 du festival. Fela Day Cela commence le 2 juillet avec l'anniversaire des vingt ans de la disparition du père de l'afrobeat Fela Kuti auquel Jazz à Vienne consacrera une journée hommage gratuite. Au pr

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B-gnet fait rimer BD et antiquité

Bande-dessinée | Après Jibé et Obion, le musée gallo-romain de Lyon lance un troisième projet avec le 9e art : c’est le Lyonnais B-gnet qui prend le relais.

Sébastien Broquet | Mardi 14 février 2017

B-gnet fait rimer BD et antiquité

Trente planches sorties de l’imagination du dessinateur et scénariste B-gnet, cet adepte du visuel ou du mot qui en cache un autre : le niveau 3 du musée gallo-romain porte sur ses murs une œuvre qui détonne des sculptures antiques... Un délice de subtilité que l’on retrouve dans cette collaboration avec le festival Lyon BD, initiée par Alexandra Coste, responsable de l’action culturelle du musée. Le cadre : une île expérimentale, à l’image de Jurassic Park, où le véritable conservateur du musée, Hugues Savay-Guerraz, se transforme en John Hugues César et élève ses propres dieux à Antique Parc. Une archéologue et son stagiaire, pendu à son téléphone, sont entraînés malgré eux. Pour l’histoire, ouvrez grand les yeux. « Ne nourrissez pas les dieux ! » Les dieux et les mythologies s’y croisent : Jupiter et son fils Mercure, la déesse Diane ou le vrombissant Hercule. La dangereuse gorgone (oui, à l’époque, il aurait été préférable d’avoir son smartphone pour la tuer) et les cyclopes sont aussi de la partie. L’espri

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Thomas Dybdahl en Petit Bulletin Live

PB Live | Découvert en 2002 avec un chef d'œuvre notoirement passé sous le radar, ...That Great October Sound, qu'ouvrait un titre lourd de sens, From Grace, voilà 15 (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 15 février 2017

Thomas Dybdahl en Petit Bulletin Live

Découvert en 2002 avec un chef d'œuvre notoirement passé sous le radar, ...That Great October Sound, qu'ouvrait un titre lourd de sens, From Grace, voilà 15 ans que Thomas Dybdahl, véritable star en Norvège, nommé aux Grammys US en 2013, régale ses fans de sa folk-soul vaporeuse. Six albums plus tard, tous n°1 en Norvège, ce songwriter de velours dont l'héritage va de Nick Drake à Jeff Buckley n'a rien perdu de son génie mélancolique et aventureux. Rare dans nos contrées, Thomas Dybdahl nous fera l'honneur de venir distiller en solo un peu de sa grâce unique et de son dernier album en date, The Great Plains, lors d'un Petit Bulletin Live à la Comédie Odéon le 21 mai. Mise en vente ce mercredi 15 février.

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Hola à Ali, hello à Alain, heil à Leni

Sport, Littérature & Cinéma | Hommages, venues d’idoles et film maudit sont au programme de cette 4e édition du festival Sport, Littérature et Cinéma.

Vincent Raymond | Mardi 24 janvier 2017

Hola à Ali, hello à Alain, heil à Leni

Fin janvier, les amateurs et/ou pratiquants de disciplines sportives ont rendez-vous à l’Institut Lumière, où l’année a débuté sur les chapeaux de roues. Voilà qui devrait rappeler de bons souvenirs à l’invité d’honneur Alain Prost, qui assistera le 27 à une projection de Weekend of a Champion (2013), le documentaire que Frank Simon et Roman Polanski consacrèrent au pilote Jackie Stewart. La veille, l’ouverture sera “poignante” à plus d’un titre, avec l’hommage rendu à Muhammad Ali. Disparu l’an dernier, le champion devenu roi, totem puis légende revivra sur l’écran dans When We Were Kings (1996) de Leon Gast. Une soirée d’autant plus symbolique que la toute récente médaillée d’or de boxe aux Jeux olympiques de Rio, Sarah Ourahmoune, est attendue. L’œil de Berlin Mais le festival, grâce à sa composante “colloque”, aborde aussi les sujets d’actualité, comme de grands thèmes transversaux entre la littérature, le cinéma et l’histoire. Sont ainsi prévus au menu : une causerie sur la candidature de Paris aux JO 2014 par Thierry Rey, ou un point sur la restauration du patrimoine cinématographique du Co

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Sabrina Ouazani : Chacune sa voix, chacune son chemin

Portrait | Séduit par sa fougue, Édouard Baer a récrit pour elle le premier rôle de Ouvert la nuit, initialement destiné à un comédien. Une heureuse inspiration qui donne à Sabrina Ouazani une partition à sa mesure.

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Sabrina Ouazani : Chacune sa voix, chacune son chemin

Il n’y a pas eu de trimestre en 2016 sans qu’elle figure sur les écrans, enchaînant des films pour le moins éclectiques : la comédie Pattaya de Franck Gastambide, le biopic inspiré de l’affaire Kerviel L’Outsider de Christophe Barratier, et enfin les drames Toril de Laurent Teyssier et Maman à tort de Marc Fitoussi. Et 2017 s’engage sous les mêmes auspices, puisqu’après avoir partagé avec Édouard Baer la vedette du pléthorique Ouvert la Nuit, on la retrouvera deux fois d’ici le printemps. À 28 ans depuis la dernière Saint-Nicolas, dont (déjà) plus de la moitié de carrière, Sabrina Ouazani a le vent en poupe. Elle possède aussi un sourire ravageur, volontiers prodigué, qui s’envole fréquemment dans de tonitruants éclats communicatifs. On n’aurait pas à creuser longtemps pour faire rejaillir son tempérament comique ; pourtant c’est davantage vers la gravité de compositions tout en intériorité que les réalisateurs l’ont aiguillée, l’obligeant à canaliser son intensité native. La faute à Abdel Le cinéaste Abdellatif

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"3 000 Nuits" : Femmes au bord de la prise de guerre

ECRANS | de Mai Masri (Pal-Fr-Lib-Jord-ÉAU-Qat, 1h43) avec Maisa Abd Elhadi, Nadira Omran, Raida Adon…

Vincent Raymond | Mardi 3 janvier 2017

Israël, 1980. Soupçonnée de connaître un terroriste, l’institutrice palestinienne Layal est emprisonnée et condamnée à huit ans de réclusion. Une peine d’autant plus lourde qu’elle est enceinte, et mêlée à des détenues israéliennes de droit commun… Menace d’attentats, état d’urgence, situation d’exception… Sinistre suite logique, poursuivie par la rétention abusive ou dans des conditions dégradantes au fond d’une cellule. Voilà qui catalyse de plus vives insurrections, et fabrique les ripostes du lendemain avec ces victimes collatérales en second que sont les enfants. Collé à des faits bien précis, ce film aurait pu il y a peu nous sembler très éloigné dans l’espace et le temps ; il trouve désormais une violente actualité. Au-delà de la dénonciation des exactions scandaleuses de Tel-Aviv et de l’arbitraire pratiqués sur des femmes (pour certaines innocentes des faits reprochés), il nous fait entendre cette double antienne : aucun camp n’aura jamais le monopole de l’inhumanité ; ceux qui tiennent la matraque imposent leurs lois. À la fois drame historique et thriller carcéral, 3 000 Nuits aurait pu, par la vertu du huis clos, être une pièce de théâtre

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 6 décembre 2016

Insomniaque

10>12>16 LE SUCRE DEENA ABDELWAHED Chez Infiné, l'on sait choisir avec soin les artistes que l'on signe tout en évitant soigneusement les clichés. Et avec Deena Abdelwahed, c'est peu dire que les têtes pensantes du label ont visé juste : échappée de la scène underground tunisienne, où elle a débuté comme chanteuse d'un groupe de jazz nommé So Soulfull, adepte de DJ sets et de lives électroniques épatants et novateurs, repérée aux Transmusicales, Deena s'invite au Sucre. Épicé. 10>12>16 6e CONTINENT IMHOTEP Le genre de soirée que l'on kiffe : une virée du côté de Guillotière en compagnie du maître des sons à Marseille, l'homme derrière IAM et auteur d'albums downtempo et instrumentaux renversants, dont le seul "rival" serait Doctor L... Au 6e Continent, Imhotep sortira les galettes chaudes pour ambiancer le dancefloor de suaves riddims reggae, de hip-hop non

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BD Webtrip : “Chers correspondants…“

BD Webtrip | Sous l’égide des Entretiens Jacques-Cartier — qui favorisent les brassages d’idées entre le Canada et la France — deux festivals majeurs de bande dessinée (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

BD Webtrip : “Chers correspondants…“

Sous l’égide des Entretiens Jacques-Cartier — qui favorisent les brassages d’idées entre le Canada et la France — deux festivals majeurs de bande dessinée ont noué depuis cinq ans de fructueuses relations : le festival de la BD francophone de Québec et le LyonBD festival. Ce jumelage fraternel a donné naissance à des résidence d’artistes, des invitations mutuelles, ainsi qu’à d’intenses sessions de réflexions sur les métiers de l’illustration et les particularismes vécus de chaque côté de l’Atlantique. Mais également à des projets éditoriaux dont le dernier en date, Correspondances, sort de presse. Il compile six mois d’échanges entre quatre auteurs de la Belle Province et quatre ressortissants de l’Hexagone ; six mois de découvertes réciproques, de comparaisons et d’interrogations amusées. L’anodin flirte avec l’intime de la création, la description sociétale voisine avec la sociologie fine d’une profession, et la variété des styles proposés garantit une lecture captivante. La genèse de cet album sera dévoilée durant la première partie d’une journée d’étude à l’École Bellecour (10h30 à 12h), l’après

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Ce que peut la littérature : Éric Vuillard, l'interview.

Entretien avec Éric Vuillard | Éric Vuillard trace depuis 2010 un parcours exigeant et émouvant dans la littérature française, rendant aux oubliés de l'Histoire une chair. Avec 14 juillet, il redonne vie aux anonymes ayant fait vaciller l'Ancien Régime. Bouleversant.

Nadja Pobel | Mardi 27 septembre 2016

Ce que peut la littérature : Éric Vuillard, l'interview.

Vous traitez d'un moment très précis, le 14 juillet, et pour autant, vous traitez aussi d'un mouvement dans sa durée quand « la protestation ne cessa point ». Qu'est-ce qui vous intéresse le plus ? Eric Vuillard : Il y a deux choses. Toute révolte se fait sur un fond structurel d’inégalités très fortes vécues au long cours. Évidemment que l'Ancien Régime n'est pas devenu inégalitaire d'un seul coup. Ce qu'il y a de particulier avec le XVIIIe siècle est que le taux d'éducation a monté, que la bourgeoisie est devenue puissante et surtout que pendant toutes les dernières décennies qui précédent la Révolution française, il y a des problèmes alimentaires extrêmement importants et des révoltes chroniques un peu partout en province. Et ce phénomène nouveau de la ville, de Paris, avec ses faubourgs ouvriers, des problèmes de chômage et, comme on dit aujourd'hui, de pouvoir d'achat avec une répression militaire, royale féroce. Vous employez le terme de « chômeur » et « chômage ». Est-ce que ces termes existaient à l'époque ? Oui mais c'est en effet un a

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L’île fleurie prône le vivre ensemble

CONNAITRE | On a trouvé un remède à la morosité ambiante : L’île fleurie, une fable illustrée ultra-joyeuse contant les aventures rock’n’roll de personnages tous plus barrés les uns que les autres, à lire dès le 1er octobre.

Julie Hainaut | Mardi 27 septembre 2016

L’île fleurie prône le vivre ensemble

Un crocodile végétalien maître Yogi, une coccinelle fan d’armagnac, deux gobies (des poissons capables d’évoluer hors de l’eau) casse-cou, deux tortues punk qui tentent d’aider une participante à Koh-Lanta qui regrette amèrement son inscription, un crapaud rasta, une brebis qui refuse de finir en méchoui et d’autres personnages aussi singuliers qu’attachants se retrouvent catapultés suite à une tornade sur une île des Caraïbes. Plus que survivre, ces héros bien perchés vont devoir apprendre à vivre ensemble. Tout au long des 150 pages, on se réjouit, on sourit, on rit, même, et on oublie quelques instants les récents propos honteux de Laurent Wauquiez considérant que « la diversité nous grignote déjà beaucoup trop ». Dans L’île fleurie, la diversité est une force. « J’ai commencé à écrire l’histoire pour divertir une amie un peu déprimée, je lui envoyais quelques lignes par sms pour la faire sourire. Puis j’ai continué à les partager avec mon amoureuse puis des amis. Tous étaient très enthousiastes. Très vite, j’ai décidé d’en faire un bouquin, et de l’illustrer » explique l’auteur Nicolas Coltice, également enseignant-cherch

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