Films en salles le 13 septembre

Le programme des nouveautés pour ce mercredi 13 septembre au ciné : du Gondry avec Le Livre des solutions, du Lilti avec Un métier sérieux, le grand retour de Colargol, l'ours qui chante et le documentaire Loup, y es-tu ?

À voir

★★★☆☆Le Livre des solutions 

Réalisateur inventif mais intransigeant, un brin autocentré et autoritaire, Marc a fui son producteur avec son équipe pour terminer son film chez sa tante dans les Cévennes. Fourmillant d’idées mais incapable de les mener à leur terme, il imagine se cadrer en rédigeant en parallèle le guide ultime des solutions…

Autoportrait de l’artiste en odieux génie s’ingéniant à se faire déchoir de son socle, tentative d’humanisation en forme de mea culpa comique, Le Livre des solutions serait-il La Nuit américaine sauvage de l’auteur de Soyez sympa, rembobinez ? C’est-à-dire une démystification paradoxale renforçant au finale la dimension sacrée de l’objet singulier dont il offre la radiographie ? En dévoilant les coulisses de son art artisanal autant que le caractère de cochon dictatorial de son double campé par Pierre Niney, Gondry montre surtout que l’un et l’autre sont consubstantiels : sa créativité arborescente naît de l’urgence, de l’incapacité à se focaliser dans une direction unique, à déléguer, à faire confiance, à considérer “l’autre“ comme n’étant pas une émanation organique de sa personne. On comprend  mieux la plasticité foutraque et onirique de ses films, on compatit aussi — ça ne doit pas être simple d’être lui, ni (surtout) autour de lui. La tante incarnée par François Lebrun, est un modèle de patience ; Blanche Gardin, dans la peau de sa plus proche collaboratrice, une martyre.

Dans cette anatomie d’un chaos créatif, certaines choses fonctionnent tel l’enregistrement insolite car improvisé de la bande originale avec un orchestre ; d’autres moins car téléphonées (l’apparition *surprise* de Sting annoncée avec insistance dès le début). Mais que ce film cultive en soi l’hétérogénéité est-il réellement un problème ? Avec son héros fourmillant de fulgurances comme d’idées pourries, cela teindrait plutôt de la mise en abyme.

De Michel Gondry (Fr., 1h42) avec Pierre Niney, Blanche Gardin, Françoise Lebrun…


★★★☆☆Un métier sérieux 

Jeune thésard, Benjamin effectue sa première rentrée en collège comme prof de maths. Vite adopté par un groupe de collègues, il découvre les arcanes de l’Éducation nationale, la grandeur et les petites misères du métier d’enseignant…

Voyageant à rebours dans le monde de l’enseignement, Thomas Lilti s’attaque, après l’intégration des internes (Hippocrate) et des étudiants en PACES (Première année) à celui des jeunes profs. La trame (pour ne pas dire la bible) est similaire : on suit grosso modo durant une saison un groupe constitué dans un environnement dépendant d’un service public mis à mal à travers les yeux d’un candide, révélateur de ce qui ne va pas. Les personnages sont caractérisés pour être représentatifs en âge et situations personnelles (pour faire simple, tous ont des soucis familiaux à côté du boulot), autant que les élèves. Et l’on en ressort, si l’on en n’était pas convaincu avant d’entrer, avec l’idée que l’EN est un grand corps malade abandonné par l’État où les profs, dépourvus de moyens, font du mieux qu’ils peuvent pendant que l’administration cherche à minimiser les incidents. Est-ce que c’est nouveau ? Hélas non. Certes, le film reste aussi agréable à voir, comme Le plus beau métier du monde de Lauzier, Vive la République de Rochant, Entre les murs de Cantet… Autant de films ayant eu l’effet d’un cautère sur une jambe de bois du côté du Ministère.

De Thomas Lilti (Fr., 1h41) avec Vincent Lacoste, François Cluzet, Adèle Exarchopoulos…


★★★☆☆Colargol, l'ours qui chante 

Ourson fantasque vivant au Bois-Joli, le gentil Colargol aime la musique mais ne possède aucun talent pour chanter, ce qui le désespère. Les oiseaux, à qui il a rendu un fier service, le prennent en sympathie et lui proposent de l’emmener voir leur roi afin qu’il lui fasse don d’un sifflet qui fait “cui cui“…

Embaumant l’ORTF, avec sa musique composée par Mireille ou son mixte d’animation et de marionnettes franco-polonaises, cette série télévisée avivera la nostalgie d’enfants désormais (au moins) quinquagénaires qui jadis s’ébaudissaient devant les couleurs pétantes de ce programme co-signé par le futur auteur de Il était une fois… l’Homme, Albert Barillé. Certes soignée, la chose a autant vieilli que ses spectateurs, mais elle conviendra fort bien à leurs (tout) petits-enfants comme au cinéma qui accueille pour la première fois ce bout-à-bout des trois premiers épisodes formant une histoire complète. On en ressort avec la rengaine de Colargol dans le crâne et une question en forme de supplique : à quand la même chose pour Chapi Chapo de Lonati & Bettiol sur les thèmes pré-électro de François de Roubaix ?

De Tadeusz Wilkosz, Jadwiga Kudrzycka & Krystyna Dobrowolska (Pol.-Fr., 0h40) animation dès 3 ans…


À la rigueur

★★☆☆☆☆Loup y es-tu ? 

Un centre médico-psycho-pédagogique. Fragments de consultations entre parents, enfants et thérapeutes dans l’espoir de traiter les troubles et surtout d’apporter un mieux-être. Mais rien n’est jamais acquis : chaque situation est différente…

Une étrange mention au générique interpelle : le film a été réalisé avec le soutien de la Région ïle-de-France, qui précise que « la ligne de cette œuvre n’engage que ses auteurs ». Une bien singulière manière de soutenir, laissant entendre plutôt le contraire sans que l’on comprenne vraiment cette réserve. À la vérité, ce qui peut déconcerter, ce n’est pas tant la pluralité des approches, c’est le manque de contextualisation. Bien sûr, il y a l’impératif du secret médical, mais bien des artifices permettent de le contourner pour préserver la confidentialité des patients à l’écran. Ici, on en voit trop ou pas assez dans un désordre créant davantage de confusion pour le spectateur. On comprend par ailleurs l’envie de “poétiser“ par des séquences d'aération symboliques, mais n’aurait-il pas valu privilégier un peu de didactisme à l’attention de chacun que des interludes à base de marionnettes de kermesse ?

De Clara Bouffartigue (Fr., 1h25) documentaire

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